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Le scandale Hamouri (II)

par Alain Gresh, 1er mars 2011

Jean-Claude Lefort, ancien député et président de l’Association France-Palestine solidarité, a rendu publique une information intéressante sur le site de solidarité avec Salah Hamouri (« Révélations sur Jean-David Levitte, conseiller diplomatique du président », 27 février).

« Le 29 juin dernier, Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, recevait Denise Hamouri rue de l’Elysée. J’accompagnais cette dernière. Suite à l’entretien, où des propos nouveaux étaient tenus, un communiqué (voir ci-dessous) était publié et mis en ligne sur le site de Salah Hamouri. Jean-David Levitte devait me téléphoner aussitôt pour me demander de retirer celui-ci du site, compte tenu (sic) de la réaction de l’ambassadeur d’Israël en France et que, s’il confirmait ses dires, c’était dans l’intérêt de Salah que de le retirer. Aussitôt demandé, aussitôt fait. »

Ainsi, cédant aux pressions de l’ambassade israélienne, le conseiller promettait quand même d’intervenir, et il est vrai que les propos tenus durant la réunion avec Lefort laissaient entrevoir des ouvertures après un long silence français sur ce scandale de l’incarcération d’un citoyen français par les autorités israéliennes.

Mais, comme le note Lefort, aucune des promesses n’a été tenue. Il a donc décidé de publier le communiqué qui a fait suite à l’entretien avec Levitte.

« Madame Denise Hamouri, la mère de Salah, accompagnée de Jean-Claude Lefort, a rencontré hier lundi 28 juin, rue de l’Elysée, Jean-David Levitte, Conseiller diplomatique du Président de la République, en présence de Nicolas Galey, Conseiller technique sur le Proche et le Moyen-Orient. »

« Le Conseiller diplomatique a indiqué d’emblée que le Président Nicolas Sarkozy aurait une égale attention et une même détermination pour obtenir la libération de Gilad Shalit et de Salah Hamouri. Pour le Président, les deux jeunes sont des Français et il les défendait également. »

« S’agissant de Salah Hamouri, il a été noté par le Conseiller que l’acte d’accusation du tribunal militaire israélien ne mentionne aucun fait ni acte répréhensibles mais une simple “intention”, notion qui relève d’un pur arbitraire. »

« C’est pourquoi, selon le Conseiller, parmi les 2 000 Français détenus à l’étranger, le Président concentre son attention sur les cas les plus patents d’iniquité et donc qu’il serait mobilisé en cela pour obtenir la libération de Salah Hamouri qu’il a déjà, selon le Conseiller, demandée à plusieurs reprises auprès des actuelles autorités israéliennes. »

« Il a été fait observé au Conseiller que ses paroles dénotaient assez nettement de ce qui avait été dit jusqu’ici sur Salah Hamouri et que si les deux cas signalés étaient traités sur un pied d’égalité il était alors difficilement compréhensible que, par exemple, le Président n’ait toujours pas reçu la famille de Salah Hamouri à la différence notable de la famille Shalit. »

(...)

« Il a été rappelé la demande de remise de peine déposée par Salah, aux deux tiers de sa peine accomplie, s’est soldée par un net refus de la Commission ad hoc et par une aggravation des charges portées contre lui. »

« L’idée israélienne selon laquelle Salah, qui est innocent, devrait en plus présenter des “excuses” étant une humiliation inacceptable ajoutée à l’injustice lourde qui le frappe depuis plus de cinq ans. »

« De même il a été redit hautement que l’expulsion de Salah ou son extradition en France était clairement refusée. Salah a le droit comme tout être humain de vivre là où il le souhaite. » (...)

Dans son commentaire, Lefort souligne le changement de ton de l’Elysée, tout à fait notable.

Mais, alors que s’approche le 13 mars, sixième anniversaire de l’emprisonnement de Hamouri, ces propos lénifiants n’ont pas été suivis d’effet. D’où la démarche de rendre publique cette rencontre...

Alors qu’Israël a repris ses bombardements meurtriers sur Gaza, qui « complètent” un blocus toujours destructeur, Alexandre Adler commet un article dans Le Figaro (26-27 février), « Le Moyen-Orient s’articule autour de deux blocs ? Non, trois ! » où il ose écrire que l’occupation israélienne est « débonnaire » et que la Cisjordanie est « virtuellement indépendante ». S’il avait passé ne serait-ce qu’un seul jour en Palestine occupée, il aurait pu mesurer l’inanité de tels propos ; mais n’en demandons pas trop à ce « spécialiste » de la géopolitique.

Alain Gresh

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