Le Monde diplomatique
Accueil du site > Puces savantes > Tout est sous contrôle

Séisme, tsunami et menace nucléaire

Tout est sous contrôle

mardi 15 mars 2011, par Hervé Le Crosnier

Alors que les secours continuent de risquer leur vie autour de la centrale de Fukushima, alors que les ouvriers et ingénieurs sur place ont déjà reçu des doses de radiations qui mettent leur avenir en danger et viennent d’abandonner le terrain, alors que les deux derniers réacteurs de la centrale, pourtant à l’arrêt, semblent prêts à rejoindre ceux dont le cœur a commencé à fondre, il est déjà temps de se poser quelques questions sur le fonctionnement de l’information et de la communication mondiale.

La « communication de crise » est un art difficile : comment éviter de paniquer les populations, tout en respectant l’exigence de vérité ? Comment anticiper suffisamment pour comprendre le fil des événements, tout en se référant aux faits établis ? Enfin, comment mesurer l’impact de l’information sur les récepteurs situés en dehors de la zone de crise ? Les secteurs industriels à l’origine de la crise craignent évidemment un impact durable de ce type d’accident.

A écouter les médias ces derniers jours, une première question vient à l’esprit : pourquoi la dénégation est-elle le modèle standard de l’information de crise ?

Dès ce vendredi 11 mars, par exemple, alors même que tournaient en boucle sur les écrans les terribles images du tsunami, cette langue furieuse de mer noire se dressant au dessus des villes, des habitations, balayant tout sur son passage, emportant véhicules et maisons, malaxant toutes les constructions comme des fétus de paille, les « commentaires » avaient besoin de « chiffrer » l’événement. Les images montraient l’engloutissement des efforts des humains par les forces de la nature... mais la voix n’évoquait que quelques dizaines de morts. Impossible à croire : il y a sous nos yeux bien des centaines de voitures, trains, bateaux devenus jouets des éléments. Cette disjonction entre ce que nous dit d’évidence le simple constat, le fruit de l’expérience du spectateur, et le côté lénifiant du discours doit nous inciter à réfléchir. Donnons-nous le soin de nous informer à des personnes qui auraient à ce point quitté le monde des réalités observables pour se réfugier dans la langue de bois ? Rappelons-nous que cette sous-estimation est un phénomène à répétition, que l’on a déjà connu pour le nombre de victimes du tsunami de l’Océan Indien (plus de 250 000 morts) ou le tremblement de terre d’Haïti (plus de 300 000 morts). Sans parler évidemment des « inquiétudes » pour les Français présents sur les lieux, chiffrage dérisoire (en nombre cumulé, c’est pour chaque famille touchée que cela importe, pas comme information « nationale ») en regard des humains, en l’occurrence japonais, victimes de la catastrophe. Pourtant, une fois annoncé, le premier « chiffre » va devenir une ancre à l’aune de laquelle vont se mesurer les évolutions. Ainsi, cinq jours après, le « bilan officiel » était-il toujours de 3 373 morts (site du Monde.fr, mardi 15 mars, 14 h 05). On appréciera la précision, qui, comme on le sait depuis Jules Verne, est une manière littéraire de donner un semblant de réalité à une fiction.

JPEG - 33.8 ko
Eric Besson sur TF1
« Lorsqu’ils se sont aperçus que sur le réacteur numéro 1 la pression était trop grande, ils ont fait volontairement exploser le bâtiment pour libérer de la vapeur faiblement radioactive ; donc, ils ont fait ce qu’ils devaient faire sur le bâtiment numéro 1. » TF1, dimanche 13 mars

La suite est à l’avenant. Tout était en germe dans cette terrible dénégation. C’est donc depuis cinq jours, alors que l’on recherche les survivants parmi les décombres et que l’on multiplie les découvertes morbides, alors que l’on parle de villes entières emportées, que le discours sur la « crise nucléaire » qui vient ponctuer l’épisode se rédige sur le mode mineur. Il s’agit d’euphémiser en permanence, de mettre en balance chaque information, chaque évidence portée par les images. Nous sommes plongés dans un discours à double détente : susciter l’attente (c’est bon pour l’audimat) et parler des résultats de l’heure précédente (quand la situation était « sous contrôle »). Et se réfugier derrière le discours des officiels, partant du principe qu’il est de la responsabilité des pouvoirs publics de gérer le discours de crise, afin de rassurer les populations, d’éviter les paniques, et de maintenir la Bourse (dont nul n’omet dans la circonstance de relever les hoquets).

Pourtant, toutes celles et tous ceux qui voulaient avoir une idée de la situation pouvaient dès vendredi soir (heure française) regarder les sites d’information des Etats-Unis et lire les analyses de spécialistes, à l’image de l’interview prémonitoire de Kevin Kamps publiée par The Institute for Public Accuracy et reprise rapidement par Joshua Holland, rédacteur du réseau d’information Alternet. Il y était dès ce moment-là clairement expliqué qu’avec les ruptures du courant électrique, la circulation des liquides de refroidissement de la centrale ne fonctionnait plus, et que les groupes électrogènes de secours étaient eux aussi en panne en raison du tsunami. Pas besoin d’être devin, avec cette information entre les mains, pour savoir que la menace était réelle. D’ailleurs, dès ce moment-là, la secrétaire d’Etat américaine, Mme Hillary Clinton, a fait envoyer des fluides de refroidissement.

Sur place va débuter un combat dramatique pour éviter la fusion. Songeons un instant au personnel des centrales : ils (elles) savent que leurs chances de s’en sortir sont devenues faibles, mais ils (elles) vont rester assumer leur mission : il faut confiner l’événement, limiter les dégâts, sauver ce qui reste au Japon, leurs familles, leurs proches, leur pays... et plus encore. Le SMS rendu public d’un travailleur demandant à sa famille de partir et leur disant adieu est le meilleur résumé de la situation.

Et comparons avec le « discours officiel » repris par les médias. Là encore, nous assistons dans les cinq jours à un hiatus énorme entre ce qui est dit et ce qui est fait. Dans la pratique, on instaure une zone d’évacuation, dont le diamètre va d’ailleurs grandir au fil du temps. On distribue de l’iode, on prépare les systèmes de mesure de la radioactivité... Dans le discours, nous aurons deux antiennes qui reviennent en permanence : « les doses reçues ne sont pas dangereuses pour les populations » et « on ne peut pas comparer avec Tchernobyl ». Sous une forme ou sous une autre, « experts », décideurs politiques et économiques et journalistes spécialisés vont s’efforcer de relayer ce message. Pour des raisons de court terme (au Japon notamment), mais surtout d’intérêts biens compris (éviter que l’accident n’ait des conséquences sur la filière en France et dans le monde). L’information qui va être délivrée ne sera jamais une image du réel impitoyable qui se met en place, mais une volonté permanente de « rassurer », au prix de tous les petits arrangements avec la réalité.

Mais peut-on rassurer avec des mensonges ? Les découvertes de Freud et de la psychanalyse sur l’impact du « secret » ne vaudraient-elle pas sur la scène des catastrophes ? Pire encore, comment convaincre un peuple qui connaît les conséquences des irradiations sur le long terme (les ibakushas, survivants d’Hiroshima, malades durant des années) avec des discours lénifiants ? Et pourtant, les discours des dirigeants japonais, repris par nos médias hexagonaux, ont oscillé en permanence entre le paternalisme et l’aveu que la situation n’est plus sous contrôle, entre la litote et l’appel aux institutions internationales.

Quant à la comparaison avec Tchernobyl, essayons de mesurer ce qu’elle représente. L’explosion de la centrale ukrainienne, l’éjection dans la stratosphère du nuage radioactif, et les retombées sur un continent entier serait-elle la seule forme de la catastrophe nucléaire ? Dès lors, tant que l’explosion n’aurait pas eu lieu, il n’y aurait pas de catastrophe nucléaire, comme l’affirmait sans rire samedi Eric Besson, ministre français de l’industrie. Ou cette déclaration hallucinante d’Anne Lauvergeon, présidente d’Areva et à ce titre en responsabilité sur la filière nucléaire : « Je crois qu’on va éviter la catastrophe nucléaire. »

Pendant ce temps, l’accident grimpe régulièrement sur l’échelle de l’International Nuclear and Radiological Event Scale (INES), d’une position 4, signe d’une situation « maîtrisée » et d’un relâchement de matière radioactive important mais limité à l’échelle locale, à la position 6, accident grave... tout près du maximum 7, accordé à Tchernobyl. Pendant ce temps, nous voyons, sur des vidéos diffusées en direct, des explosions dans la centrale. L’un après l’autre, les bâtiments sont soufflés en nuages, qui à chaque fois ne sont pas le grand champignon qui seul serait signe de catastrophe. On nous parle de l’enceinte de confinement comme du dernier rempart, et nous devons être convaincus qu’elle tient encore et tiendra toujours. Là encore, le fossé entre le discours et les faits laisse pantois.

Mais réfléchissons à cette focalisation sur « l’explosion ». Il s’agit d’un double mouvement médiatique : l’attente garde le spectateur en haleine, et les médias, tout comme leurs spectateurs, croient toujours que le monde est un film hollywoodien, avec happy end obligatoire. Mais il s’agit aussi de masquer la réalité de la situation de catastrophe telle qu’elle est déjà en place. Car même si l’expulsion de matière radioactive sur une large distance est évitée — ce qui semble de moins en moins probable au moment où j’écris ces lignes, car les ingénieurs viennent de quitter leur poste compte tenu de l’intensité de la radioactivité —, les matières radioactives sont déjà propulsées sur une large zone. Tokyo, avec ses 35 millions d’habitants, connaît une augmentation rapide de la radioactivité. Alors même que le gouvernement japonais se veut rassurant envers les populations, lundi 14, le porte-avion américain Ronald Reagan, pourtant situé à 150 km, se déplace pour éviter un nuage radioactif. Car le maintien, quand il était encore possible, de la température du cœur passait par des relâchements volontaires ou explosifs de vapeurs chargées de radionucléides, ce qui est signe de catastrophe, avec à l’évidence des conséquences, sur la santé humaine, l’agriculture, l’alimentation...

Cela n’empêchait pas les « experts » de l’Organisation mondiale de la santé, cette même institution qui voyait dans la grippe H1N1 une menace pour la planète, de déclarer : « D’après ce que l’on sait pour l’instant sur les niveaux de radioactivité, le risque de santé publique est minime pour le Japon. » On est alors le lundi 14 mars, et c’est repris dans une dépêche AFP de 18 h. Gregory Hartl, porte-parole de l’OMS, ajoute sans rire : « Cela veut dire que si quelqu’un est touché, les risques ne sont pas très grands. »

Devant la naïveté tant des experts patentés que des médias, nous sommes en droit de soulever quelques questions essentielles pour la société qui émergera de cette catastrophe en cours.

La première concerne la notion de conflit d’intérêt. Habituellement, cette notion désigne des individus devenus experts sur des sujets pour lesquels ils (elles) sont par ailleurs économiquement concernés. Mais dans la situation actuelle, la mansuétude médiatique et politique envers l’industrie nucléaire, la minimisation de la catastrophe, la langue de bois des cinq premiers jours (car gageons que cela va changer radicalement maintenant que la situation est clairement hors contrôle) sont les signes d’une connivence bien plus large, qui touche des secteurs industriels et politiques entiers. Dans cette connivence qui écrase les citoyens de la morgue du savoir élitiste, tout en refusant la confrontation avec d’autres spécialistes qui ne partagent pas le projet des industries concernées, c’est en miroir le signe de la faillite du système techno-industriel à satisfaire les besoins essentiels des populations et à leur assurer paix et sécurité.

La seconde a trait au statut de « protecteur de la nation » (pour ne pas dire « petit père des peuples ») que se donnent nos édiles politiques. La stratégie du secret, qui consiste à considérer que les populations ne peuvent pas comprendre et gérer les situations de crise, et que seules les hautes sphères vont disposer des informations et mener une politique de « communication » rassurante, voire lénifiante, va-t-elle toucher à sa fin ? Et comment les acteurs des médias vont-ils se comporter dans les jours qui viennent, et surtout lors de la prochaine crise majeure ? Les frémissements qui font que les médias peuvent oser reconstruire le fil des discours, dénégations et autres manipulations des décideurs, à l’image de cet article du Monde — « Japon : comment le discours du gouvernement français a évolué » — vont-ils continuer ?

(On appréciera que des médias commencent à se départir du discours programmé pour devenir des acteurs de la confrontation entre l’idéologie et la réalité, à l’image de ce clip audio, diffusé ce matin sur France Inter)

France Inter, 15 mars
Extrait de l’émission « Souriez, vous êtes informés ».
IMG/mp3/france-inter-20110315.mp3

Terminons en admirant la façon dont on suppute dorénavant sur l’imminence de la pluie, sur le sens du vent, sur la force des vagues pour déterminer les risques encourus par les populations du Japon (et des pays de la zone Pacifique). Comme des augures de l’Antiquité, la société techno-médiatique en est réduite à espérer des signes du ciel pour conjurer le sort... Si l’humanité dispose de plus de connaissances, il est clair qu’elle n’a pas beaucoup plus de sagesse.

122 commentaires sur « Tout est sous contrôle »

0 | 100

  • permalien Yvan :
    15 mars 2011 @18h05   »

    ... et encore, le simple aspect du nucléaire est une échappatoire offerte aux fanatiques de la croissance pour masquer dans un discours polémique, la vison d’une des plus grandes économies du monde, balayée par un frissonnement de la terre.

    Tout se tient. Le terrible spectacle de la nature qui se déverse a travers nos technologies sophistiquées dans nos consciences de sapiens sapiens nous force a nous interroger sur la futilité de la croissance, donc de la chasse aux énergies, donc du nucléaire.

  • permalien Lemoineau :
    15 mars 2011 @18h08   « »

    "On ne peut pas comparer avec Tchernobyl..." Normal. N’oublions pas que pour nombre de nos observateurs, Tchernobyl n’est pas une catastrophe nucléaire, Tchernobyl est une catastrophe... soviétique !

  • permalien Gédéon :
    15 mars 2011 @18h09   « »

    À chaque pallier de la catastrophe les autorités japonaise se sont empresées de dire que le précédent étaient le maximum atteint. L’aveuglement techno-scientifique le plus religieux qui soit, quand la foi vient se fondre dans une industrie. Tristesse et désolation.

  • permalien Nico33 :
    15 mars 2011 @18h25   « »
    Tout est sous contrôle... en France Uniquement

    Amiante, Hormones de croissance, Tchernobyl... En France tout est toujours sous contrôle, car en FRANCE, nos politiques sont plus forts qu’ailleurs.

    Au détriment de la vie des citoyens... Triste monde.
    Bel article.

  • permalien coink :
    15 mars 2011 @18h26   « »

    Je vous trouve dur : comment feriez-vous pour donner le nombre de morts si vous etiez à la tete du gouvernement japonais dans les heures qui suivent le séisme ?

    Pour donner un chiffre officiel, iL n’y a pas d’autre moyen que de compter et vérifier un par un, vérifier les identités des corps, c’est en soi un travail titanesque et probablement pas prioritaire par rapport à la distribution d’eau potable.

    Pour donner un chiffre estimé, vous oubliez de rappeler la SUR estimation du nombre de morts dans les heures qui ont suivi le 11 sept. Les images peuvent être trompeuses.

  • permalien Notat :
    15 mars 2011 @18h27   « »

    Si tokyo est touché ce sera la fin du nucleaire dans le monde.
    Je pense que Tokyo devrait être évacuée car risquer la vie d’une population de 35 millions d’habitants en pariant sur le sens reste pour moi une folie.
    Mais évacuer veut dire partir sans pouvoir revenir car les radiations ne vont pas partir tout de suite donc c’est une décision trop lourde a prendre pour un gouvernement.
    Résultat, aussi incroyable que ça puisse paraître on risque effectivement la vie de 35 Millions d’habitants sur le sens du vent.

    Contrairement a Tchernobyl il y a 4 réacteurs et un n’est déjà plus isolé, de plus la densité de population étant ce qu’elle est il sera impossible d’évacuer après avoir constater un changement du sens du vent.

    Un scénario à la Tchernobyl n’est donc pas le pire qui puisse arriver car hélas les chances que cette catastrophe devienne une des pires de tous les temps sont tout à fait réelles.

    C’est Affreux et je souhaite évidement me tromper.

  • permalien anco :
    15 mars 2011 @18h28   « »
    merci !

    Merci de dire la vérité et de nous rendre notre dignité.

    Oui, ce système est moribond et, pitoyablement, il n’est pas sur que cette catastrophe suffise à entrer dans la transition d’un autre modèle...
    Jusqu’à quand l’aveuglement dogmatique et/ou le cynisme peut-il aller ?

    Mediapart publie un article d’un sismologue japonais qui avait prédit cette catastrosphe après les incidents précédents

  • permalien Frhm :
    15 mars 2011 @18h29   « »

    Merci de cette pertinence. Cela nous renvoit au "mythe du journalisme" aux journalistes qui, bien trop souvent, ne connaissent pas vraiment les sujets traités et nous assènent des vérités toutes faites.

  • permalien da :
    15 mars 2011 @18h29   « »

    merci pour ton article auquel je souscris totalement.

  • permalien caroline :
    15 mars 2011 @18h31   « »
    pas assez de subjectivité..

    Depuis samedi je ne trouve pas que les médias misent vraiment sur la modération...
    Au contraire, sur les chaînes dites d’informations, l’on diffuse perpétuellement les mêmes images qui tendent plus sur le catastrophisme, des schémas expliqués par divers "pseudo" spécialistes scientifiques, météorologiques et autres...
    Rappelons que depuis cette horreur qui touche le Japon, les "JT" des chaînes généralistes ont fait les meilleurs taux d’audiences..
    Mais lorsqu’il s’agit d’expliquer le risque réel des japonais à l’heure actuelle, l’inertie de l’ambassade française du Japon vis à vis de ses ressortissants français, il n’y a plus personne (mis à part quelques quotidiens..)

  • permalien Albatus :
    15 mars 2011 @18h33   « »
    Tout est sous contrôle... sauf la population ?

    Très bon article. Mais vous oubliez une chose très importante dans votre charge contre les grands méchants conglomérats techno-industriels et l’élite politique ; qu’on le veuille ou non, que ca fasse plaisir à voltaire ou non, les conséquences d’un mouvement de masse d’une population paniquée ne peuvent pas être ignorées en cas de crise. En cas de crise il est du devoir des détenteurs de la puissance publique d’assurer la sécurité et l’intégrité de tous avant (bien avant) d’assurer la transparence médiatique. Imaginez soudainement que la situation évolue et qu’un nuage chargé de radiation à dose mortelle se dirige vers Tokyo ; comment procèderiez-vous ? Évacueriez-vous la population dans le calme (relatif) en annonçant une "mesure préventive", que "tout est sous contrôle" et que "A ce stade il n’y a aucun risque pour la santé humaine" ? Ou bien lâcheriez-vous la nouvelle à grand renfort de hauts parleurs et de SMS dans une mégalopole surpeuplée de 34 millions d’habitants avec les conséquences que l’on imagine. Je vous laisse y réfléchir.

  • permalien pat2011 :
    15 mars 2011 @18h38   « »

    Simple mère de famille dont le fils est au Japon, il était évident que la catastrophe était imminente dès la première explosion.

    Comme vous le dîtes, si l’information était passée à temps, mon fils et ma belle fille enceinte aurait pu très vite passer sur le continent et se mettre à l’abri des retombées. Aujourd’hui c’est plus difficile. Peu de vols, de places...

    Je compare cela à un médecin qui ne dirait pas à son patient qu’il n’en a que pour quelques mois. Comment pourrait-il mettre de l’ordre dans ses affaires ?

    Nous sommes des gens responsables, et les Japonais sont un peuple exemplaire par leur courage et leur dignité dans ce pire moment qui est donner à vivre à leur pays.

    Les Besson, Sarkozy et responsable Areva n’ont trompé personne qu’eux-mêmes. Le gouvernement japonais a également trop minimisé la situation et les Japonais n’envisageaient pas le pire, sauf cet ouvrier qui savait que c’était perdu d’avance...

  • permalien Nikko :
    15 mars 2011 @18h39   « »

    Je ne suis ulcéré d’entendre ces experts, hommes politiques qui avec la complicité des journalistes nous donnent des explications qui s’avèrent fausses le lendemain et qui sans vergogne continuent de nous donner des explications savantes et irréfutables sur la nouvelle situation sans reconnaitre qu’il se sont trompé ( nous ont trompé ) la veille et cela jour après jour. Combien de temps encore allons nous supporter cela ? Merci pour ce très bon article.

  • permalien Gonzalez :
    15 mars 2011 @18h41   « »

    Que dire de plus aprés la lecture de cet excellent article,
    Enfin quelqu’un de sensé, réfléchi et intelligent.
    Merci car je commençai à désespérer à la vue de ce grand cirque médiatique et politique qui semble avoir oublié l’essentiel : les dizaines de milliers de victimes et celles qui pérriront dans les temps à venir...
    signé : un atome humain, perdu dans cette drôle de sociéte...

  • permalien charlotte wilfried :
    15 mars 2011 @18h43   « »

    Merci, relisons Nietzshe et ne laissons plus les hommes " bons" "penser" et décider pour chacun.

  • permalien aurélie :
    15 mars 2011 @18h44   « »

    Excellent article, très bien écrit et qui malheureusement relate très exactement les faits !

  • permalien
    15 mars 2011 @18h49   « »

    La situation n’est pas comparable au 11 Septembre 2001 en ce qui concerne les analyses politiques qui en sont faites puisque cette dernière catastrophe servit de prétexte à l’élite américaine pour se lancer dans une campagne de guerres gratuites à des fins économiques alors que la situation remet en doute le nucléaire dont dépendent approximativement 5% de l’énergie mondiale, plusieurs Etats influents et les milliards que représente le secteur.

    Quant à la difficulté du travail de comptage des victimes que je ne renie pas, elle est un facteur aggravant : pourquoi s’occuper d’un comptage précis, difficile, onéreux, à coups sûr erroné alors que des millions de personnes risquent la mort ou la maladie si ce n’est à des fins politiciennes ?

  • permalien Internaute0 :
    15 mars 2011 @19h01   « »

    Bonjour,

    Premièrement, je regrette que le direct ("live"... un anglicisme de plus... je me souviens d’un article fort intéressant du monde diplomatique de Janvier 2011 qui dénonçait cette dérive... "le monde" et "le monde diplomatique" sont t-ils si éloignés que cela ?) sur lemonde.fr sur la catastrophe nucléaire au Japon ne soit pas aussi libre que le blog du monde diplomatique.
    Bien entendu, je comprends que des questions peu pertinentes ne soient pas mises en ligne mais elles pourrait tout de même suscité une réponse... certains commentaires/questions sont donc "censurés" sans qu’on en connaisse la raison...

    J’en profite donc pour poser ma question ici même si je vous le concède, ce n’est pas le meilleur endroit...
    On nous parle souvent du pire des scenarii qui consisterait en la fusion totale des "barres". Savez-vous si dans ce cas l’évaluation du risque serait réévalué (comme cela fut le cas précédemment du niveau 4 vers le niveau 6) au niveau 7 ?
    Car on nous dit que "ce n’est pas Tchernobyl" mais dans ce cas... cela pourrait l’être...

    Merci d’avance si quelqu’un peut m’apporter une réponse.

    [PS : arrive t-il que l’auteur de l’article ou des journalistes du monde diplomatique apportent des commentaires aux différents articles du blog ?]

  • permalien sami :
    15 mars 2011 @19h07   « »

    Je suis en désaccord sur plusieurs points, peut-être parce que je suis moi-même journaliste et que je reçois différemment les informations qui me sont données. Premier point : les journalistes ne peuvent rien inventer et ne peuvent que reprendre les informations qui leurs sont données en terme de nombre de morts par exemple. L’auteur se prend d’ailleurs lui-même au piège lorsqu’il évoque le chiffre de 300 000 morts en Haïti. D’où sort ce chiffre ? Les corps n’ont jamais été comptés dans cette catastrophe là... et il est très clairement envisageable qu’il y en ait eu beaucoup moins. Mais, quand bien même il y en aurait eu 100 000, ou même seulement 10 000, ce serait déjà bien assez horrible. Alors, peut-être faut-il parfois juste se passer de chiffres et laisser constater l’horreur des situations... Les journalistes ne peuvent pas non plus inventer les information concernant l’état des centrales et la réalité des enceintes touchées par les explosions. Voudriez-vous vraiment qu’ils aillent regarder le cœur du réacteur pour vous rapporter ce qui s’y passe ? Il existe certaines limites au dévouement à son métier... Donc là il doit se contenter des propos d’experts, de technocrates ou de décideurs politiques et ne peut que s’autoriser à émettre des doutes... Enfin, second point important, je ne trouve pas qu’en France on ai tenté de modérer la situation bien au contraire. Il n’est que de voir l’agitation du gouvernement, celle des JT et de la presse écrite pour comprendre que la catastrophe est en train de se produire. Il n’y a pas que les mots pour rendre compte d’une situation, tout ce qui se passe autour a aussi du sens... Moi j’entends plutôt des gens dire qu’on en fait trop et qui ont probablement tord.

  • permalien Connecteur :
    15 mars 2011 @19h08   « »
    Aidons-les

    Voici la fin du règne des guerriers !
    La dernière bombe civile vient d’éclater, tandis que les puissances Libérales n’osent avouer la paternité de leurs fomentations.
    Le peuple des connecteurs est en marche, dans le réseau, ils savent recouper les messages, décripter les fausses pistes, construire des passerelles pour se venir en aide.
    Je propose :
    1- l’extinction programmée, de nos cités, des monuments, des autoroutes, pour délester les consommations inutiles d’énergies
    2- l’affrêtement de tous nos navires commerciaux et militaires pour aller sauver les esclaves de la machine productiviste
    3- La démission des politiques et la mise en place de référendums démocratiques locaux

    Ce sera mon vote cantonal !
    Et demain, je descendrai dans la rue, une bougie à la main, en signe de solidarité.

    Merci le monde Diplomatique, où là, il y a : Manière de voir.
    et là un essai : http://blog.tcrouzet.com/le-cinquie...

  • permalien nonukatall :
    15 mars 2011 @19h09   « »

    et c’est d’autant plus comme tchernobyl depuis le départ que tchernobyl non plus ça n’était pas une catastrophe et patati et patatra

  • permalien Hervé Le Crosnier :
    15 mars 2011 @19h16   « »

    Follow on à l’article

    Et tentative de répondre (parfois les auteurs des articles répondent, mais écrire prend déjà du temps,...).

    Sur la panique et le rôle des médias, je crois avoir été clair : c’est effectivement difficile, mais je pense :
    - qu’avec la lucidité on aurait pu prendre des mesures exceptionnelles face à une situation exceptionnelle bien plus tôt
    - les non-dits provoquent encore plus de panique que la réalité, car on quitte le monde du rationnel quand l’événement pourtant attendu et prévisible arrive.
    - enfin, il est raisonnable de remettre les discours propagandistes à leur place. Qui va croire les experts de l’OMS maintenant ? A chaque fois qu’une industrie est en jeu, les voici qui accentuent les dangers (quand la pharmacie avait besoin, comme dans le cas de la grippe H1N1) ou les minimisent (comme actuellement).

    La société technologique est une société du risque. Il convient d’une part d’en rendre les populations conscientes (et ça c’est tout le temps, même hors période de crise... et on ne le voit guère pourtant en dehors des crises) et d’autre part de faire la balance entre les risques et les avantages (et il nous faut pour cela de véritables études indépendantes, avec des scénarios sur le long terme (cf. mon papier précédent).

    Quant à ce qui va se passer maintenant, c’est évident que le niveau 7 sera atteint. Il n’y a pas besoin d’être devin. Après, tout comme les conditions naturelles peuvent provoquer les crises, d’autres conditions naturelles peuvent dévier les trajectoires. Parfois les cyclones évitent les iles... et parfois les vents peuvent emporter les nuages radioactifs et les disperser...

    Après l’évacuation des centrales, il reste une cinquantaine de héros pour se sacrifier afin d’essayer de retarder l’échéance, ce qui peut permettre de trouver des solutions (verser du bitume, ou de l’eau par les airs, comme à Tchernobyl). Hollywood a déjà un scénariste qui planche sur le prochain blockbuster !

  • permalien jeanlo :
    15 mars 2011 @19h21   « »

    JE tenais particulierement a vous féliciter pour votre article fort bien écrit mettant en exergue tous les maux de notre sociéte "moderne".

    Perdu au milieux des explications de pseudo-experts, d’industriels de la filiére nucléaire essayant de sauver les meubles, ou de politiques predateurs toujours a l’affut du moindre temps d’antenne, j’espere que la modestie retouvera sa place dans notre monde...

  • permalien Fanette :
    15 mars 2011 @19h30   « »

    Merci, merci de cette colère bienfaîtrice !

  • permalien Internaute0 :
    15 mars 2011 @19h30   « »

    Merci pour votre analyse et pour votre réponse :)

  • permalien une bille :
    15 mars 2011 @19h32   « »
    Tout est sous contrôle, sauf les "responsables" politiques...

    Après avoir attendu que la neige soit en bas pour pouvoir la ramasser NKM se lance dans une nouvelle "expérience" de communication.

    Certainement dans l’optique de calmer le vulgum pecus elle claironne fièrement :

    Nucléaire : la France va contrôler ses centrales - Europe1.fr - Politique

    Donc... tout va devenir sous contrôle... il était temps !

  • permalien Louison :
    15 mars 2011 @19h32   « »

    @Coink : ne soyez pas naïf, votre exemple de l’estimation de nombre de mort dans les attentats du 11 septembre 2001 sert l’argument : ce jour-là il s’agissait très clairement d’une attaque volontaire et humaine sur le sol américain, on rentre dans le schéma d’une com’ en temps de guerre, sans parler qu’une bonne partie de l’influente intelligentsia journalistique new-yorkaise ont très certainement été pris de panique (ce qui peut se comprendre). Par contre, étrangement, l’estimation du nombre de victime civile lors des attaques sur le sol irakien souffre régulièrement de sous-estimation...

  • permalien Jean-L :
    15 mars 2011 @19h34   « »

    Il est amusant de noter que pour le nucléaire, nos technocrates vont maintenant définir de nouveaux "paliers" de sécurité, de nouvelles normes ayant pour but de conjurer l’invraisemblable. Pour ça, on utilise des probabilités comme base de calcul, on mouline l’ensemble avec de furieux calculs de résistance faisant appel à toutes nos connaissances en physique et logiquement la sécurité est assurée. On communiquera de manière éhonté sur les efforts développés et sur le génie de nos ingénieurs et le mauvais sort ainsi conjuré nous permettra de nous rendormir tranquillement.

    Pas tout à fait cependant... Nous saurons d’instinct que malgré tout notre zèle, nous resterons faible face à l’inimaginable mais à coup sur, nous tacherons de ne pas trop y penser ! Que faire face à ce que l’on ne peut prévoir ? Surement rien, mais il serait alors peut être intéressant de mettre en perspective et de reposer les problèmes de manière simple et surtout d’y répondre de manière encore plus minimaliste pour que le jour de notre désarroi les décisions à prendre puissent être quelque peu efficaces.

    Prenons l’exemple du moment, les centrales nucléaires ; une seule question devrait être posée à nos ingénieurs (et donc à nos décideurs) : pouvez vous refroidir de manière sûre un réacteur coupé de tous systèmes auxiliaires, c’est-à-dire un réacteur complètement sortie de sa situation normale de fonctionnement ?
    Seul un oui ou un non comme réponse scellerait de manière adéquate le destin de la filiale nucléaire, ni plus ni moins...

  • permalien Pepe_ :
    15 mars 2011 @19h37   « »
    En ensuite ?

    Imaginons que les autorités aient divulgué les chiffres exacts, en quoi cela aurait-il changé pour les personnes sur place ?
    (en prenant en compte la remarque de coink)

    Vérité ou non, au final la situation n’aurait certainement pas évoluée pour autant, mis à part peut être alarmer les foules un peu plus, voire créer la panique. Quel est l’intérêt réellement, à part une quête fictive de la vérité ?

    Je comprends la réaction. Je ne vois juste pas de raison de râler, aussi vite, dans ce genre de cas.
    Je m’avance peut être en disant que c’est une réaction typiquement Française.

  • permalien pekin :
    15 mars 2011 @20h07   « »

    "c’est en miroir le signe de la faillite du système techno-industriel à satisfaire les besoins essentiels des populations et à leur assurer paix et sécurité."

    très bon article.

    Si l’on y ajoute la morgue formidable dont ont fait preuve l’ensemble des classes politiques mondiales vis-à-vis des populations exposées et des personnels qui ont sacrifié au moins un partie de leur vie pour sauver les meubles (cf le précédent des nettoyeurs de Tchernobyl), on ne peut qu’être pris d’une admiration nauséeuse pour cette incarnation fascinante du monstre froid de Nietzsche, et d’une infinie tristesse pour toutes ces personnes qui n’ont maintenant, et littéralement, plus que leurs yeux pour pleurer leurs proches et leur vie engloutie par la boue et, bientôt, par les radiations.

  • permalien jgn :
    15 mars 2011 @20h18   « »

    "En cas de crise il est du devoir des détenteurs de la puissance publique d’assurer la sécurité et l’intégrité de tous avant (bien avant) d’assurer la transparence médiatique", nous fait savoir Albatus qui aura, ici, voulu sans doute se faire l’avocat du diable avec un argument plutôt cocasse, si la circonstance pouvait seulement prêter à sourire.

    Comment assurer la sécurité de tous quand on a si visiblement déjà failli en tout sur ce point au moins. Avoir voulu construire des centrales au mépris des conditions géologiques si singulières de cette île, et cela au nom d’un défi particulièrement absurde de concurrencer encore et toujours le vainqueur occidental jusque dans sa folie, son délire de consommation capitaliste, voilà la faillite même de ces prétendus gouvernants qui, précisément, montrent aujourd’hui qu’ils ne gouvernent plus rien, sinon leur seule sécurité personnelle.

    Quand les gouvernants, qui n’ont pas ces soucis de protéger les peuples de mouvements de panique, font œuvre de cynisme dans le mensonge éhonté à propos des faits et du risque nucléaire, ils ne font que se protéger eux-mêmes, comme loyaux VRP des puissants groupes qui font, c’est le cas de le dire, font la pluie et le beau temps... Et c’est évidemment le même souci qui motive ces salariés de la "transparence médiatique", qui doivent d’abord assurer leur salaire de fin de mois. Ils "reçoivent l’information", comme nous le dit Samir, et se hâtent de s’en débarrasser, de la transférer sans autre mise à distance, puisqu’une telle mise à distance serait déjà marque de sédition.

    Contrairement à ce que l’on nous dit, le simple fait du nucléaire n’est nullement la cause. Il n’est que l’énergie dont se nourrit ce système et sa folie dévastatrice, ruineuse de vie. C’est ce système qui est ici mis en question et c’est surtout cela qui ne DOIT pas avoir lieu, et c’est d’abord pouquoi l’industrie médiatique fonctionne à plein régime pour accomplir ce pourquoi elle est faite : faire du fric à propos de rien et QUE ÇA CONTINUE.

    Et c’est aussi pourquoi, en dépit de ses prétendus états d’âme, le nucléaire sera maintenu, envers et contre toute son absurdité ; absurdité de son matériau non renouvelable générateur de guerres, absurdité de son entretien si coûteux en vies humaines, absurdité de ses déchets.

    Mais rien ne saurait le remettre pour autant en question, sinon la fin de ce système, tant son enjeu est celui du maintien de ce système de production de la non-vie, sur lequel les intéressés eux-mêmes n’ont ni contrôle ni même rien à dire, ni sur ses buts, ni, a fortiori, sur ses conditions.

  • permalien vvillenave :
    15 mars 2011 @20h38   « »

    Merci Hervé, je crois que nous étions nombreux à nous sentir indignés comme vous mais peu d’entre nous l’auraient exprimé de façon aussi étayée et méthodique !

  • permalien ingénieur intéressé :
    15 mars 2011 @20h46   « »
    Experts

    Je trouve au contraire qu’il faudrait avoir plus d’experts à la télévision qui expliquent plus en profondeur les risques posées par les réacteurs. Si l’on ne fait plus confiance aux experts, à qui alors ? Aux religieux, aux politiques, aux pecnos du coin ? C’est à chacun de faire en sorte de diversifier ses sources pour pouvoir atteindre la vérité. Si vous cherchez sur internet, vous pourrez avoir de nombreux avis plus ou moins contradictoires d’"experts" du monde entier. A chacun de rassembler ces informations et de faire son opinion. La vérité ne vient jamais par elle-même, il faut aller la chercher.

  • permalien Fa :
    15 mars 2011 @20h49   « »

    @ Sami : "Voudriez-vous vraiment qu’ils aillent regarder le cœur du réacteur pour vous rapporter ce qui s’y passe ?"

    Qu’ils disent tout simplement qu’ils n’en savent rien ! C’est si difficile d’avouer qu’on ne peut pas toujours tout savoir, tout prévoir, même en étant journaliste ?

  • permalien Nathan :
    15 mars 2011 @21h21   « »

    Contrairement à l’auteur de l’article, je ne trouve pas que les médias français ont minimisé les événements au Japon, bien au contraire... Ils ont versé dans un catastrophisme hystérique, ce qui a été payant si l’on en juge les taux d’audience record de TF1 et de France 2 (Laurent Delahousse, spécialiste des chiens crevés et des faits divers s’en est donné à coeur joie ; il me fait de plus en plus penser au journaliste tabloïd avant la lettre que l’on peut voir dans le vieux film de Volker Schlöndorff , “L’honneur perdu de Katherina Blum”). Il est vrai que si cette catastrophe est une terrible réalité pour les Japonais, pour la plupart d’entre nous, elle n’est qu’un spectacle. Et encore, un spectacle bon marché, une sorte de schadenfreude où l’on se réjouit d’être à l’abri d’un cataclysme majeur. Rien à voir avec une tragédie grecque, ce genre qui était censé inspirer crainte et pitié (dixit Aristote) et qui se conclut par une catharsis, c’est-à-dire à la fois par une purgation des émotions et par l’accès à un certain niveau de connaissance morale. Rien de tout ça jusqu’ici. Une exception cependant : l’émission “Le téléphone sonne” de ce soir sur France Inter était intéressante, car on y a appris que l’opérateur industriel Tepco en charge de la centrale de Fukushima est une entreprise 100% privée (alors que les retombées de ses activités, c’est le cas de le dire, concerne l’ensemble des Japonais) et qu’elle a depuis des lustres une très mauvaise réputation au Japon.

  • permalien Nathan :
    15 mars 2011 @21h47   « »

    Un article du New York Times met en question la construction des centrales du type de celle qui fonctionne à Fukushima et en particulièrement, la conception des enceintes de confinement .

    http://www.nytimes.com/2011/03/16/w...

  • permalien Hervé Le Crosnier :
    15 mars 2011 @21h50   « »

    Bonsoir,

    Justement, il me semble que je dis bien que ce qui se passe sur nos média s’apparente à du "spectacle", bon pour l’audimat, suivi de la construction d’un discours lénifiant...

    C’est cette dualité qui est significative.

    Sur TEPCO, vous avez évidemment raison. Ajoutons que les circuits de refroidissement de la centrale de ... Fukushima ont déjà été pointés du doigt pour des fissures dans les tuyaux. La première découverte a eu lieu en juillet 2001, mais fut niée par TEPCO. Par la suite, TEPCO et l’organisme de contrôle japonais (Nuclear and Industrial Safety Agency — NISA) ont déterminé un niveau de "fissures acceptables" qui permet de continuer à faire fonctionner une centrale avec ces défauts durant 5 ans dès lors que la surveillance est intensive. (Nuke Info - Tokyo, sept/oct 2003, num 97).

    Enfin, remarquez que les médias français n’ont pas encore parlé des piscines de refroidissement et de leur contenu, qui étant sans protection sont encore potentiellement plus dangereuses que les réacteurs... On y viendra, ne vous inquiétez pas... ou plutôt inquiétez vous de ce silence.

    Hervé Le Crosnier

  • permalien steph :
    15 mars 2011 @22h43   « »

    bravo. Tout est dit. Article parfait.

  • permalien Benjamin Moriamé :
    15 mars 2011 @22h50   « »
    "Perfection des moyens, vacuité des fins"

    Votre conclusion me fait penser à cette phrase un peu prophétique d’A. Einstein : "Ce qui caractérise notre époque, c’est la perfection des moyens et la vacuité des fins."

  • permalien BN :
    15 mars 2011 @22h51   « »

    Très bon article, tout comme le précédent. Un tout grand merci !

  • permalien chabian :
    15 mars 2011 @23h42   « »

    Article intéressant, mais attention de vouloir conclure alors que la leçon est encore en cours. Prenons l’exemple de l’AIEN qui a minimisé et qui maintenant essaie de prévoir, de ne pas sombrer avec l’exploitant pour sauver ce qui peut l’être de cette industrie.
    Je voudrais rappeler Tchernobyl (les russes minimisaient, déniaient, c’est les suédois qui ont alerté. On a appris très tardivement le sacrifice des pompiers, des ’liquidateurs’) et aussi SEVESO : Ils ont déplacé les populations. Les femmes ont pensé à avorter. Pourquoi ? Tous les poulets et les lapins des fermes étaient morts en quelques heures. Puis les populations n’ont plus eu aucune réponse sérieuse. Ils ont constaté qu’on recommandait de fermer les aérations des voitures, mais qu’on ne nettoyait pas le système à la sortie. Ils sont donc sortis des écoles où ils étaient parqués depuis une quinzaine, ils sont rentrés dans leurs maisons et personne n’est venu les refaire sortir. Récemment, le procès a montré la catastrophe et le déni.
    Ce n’est pas qu’un problème de médias, même si le bruissement des médias et son effet de saturation silencieuse mérite une analyse.

  • permalien jipé :
    16 mars 2011 @00h10   « »

    ok et puis on fait quoi ?

  • permalien Hervé Le Crosnier :
    16 mars 2011 @00h11   « »

    Bonsoir,

    Vous avez raison, les médias sont un symptôme d’un mal bien plus profond, enchassé dans le système global du déni des effets négatifs des technosciences.

    Mais comme tout acteur des société complexes, les médias ont aussi une autonomie relative. Le système est démocratique en ce sens justement que les acteurs ont des marges de manœuvres, mais il se rigidifie quand celles-ci ne sont pas utilisées par leurs membres.

    Or face aux techniques fortement liées à l’économie, notamment à l’économie des groupes de médias (donc ce qui a trait au militaire, aux travaux publics,... bref ce qui au fond a besoin de l’opinion pour faire son business...) ont tendance à susciter l’auto-censure, la "réserve", l’euphémisme,...

    Mais la pression de l’événement, son ampleur et la charge émotive qu’il porte font changer le discours public. Et les médias, qui dans nos pays ne sont justement pas "aux ordres", mais plus prosaïquement "complices", souvent par paresse, mais aussi parce que les alternatives ne sont peut être pas portées ou représentées par des figures susceptibles d’emporter l’opinion. Mais les médias aussi peuvent se réveiller et montrer l’autre face des choses.

    C’est le sens et l’objectif de mon article : faire électrochoc pour que le bon sens, l’usage des yeux et des neurones pour décrypter les situations passe avant la rengaine idéologique. Mais c’est un long travail, je vous l’accorde... qui est semé d’embûches et qui oblige aussi à prendre parfois des raccourcis pour que le discours se clarifie. Bref d’utiliser des ressorts médiatiques.

  • permalien Alonso :
    16 mars 2011 @02h01   « »

    Cette catastrophe nucléaire au Japon, et la façon dont elle est traitée en France, me fait penser à Naomi Klein et à "la stratégie du choc". J’imagine que dans la tête de certains, quand il y a un désastre qui n’est pas le moyen d’imposer des changements (ou même pire pour eux, qu’il est le moyen d’imposer des changements qui ne sont pas souhaités), il faut absolument minimiser le désastre, minimiser le choc, etc.

    Le nucléaire français me fait penser à cette histoire de l’homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages et qui dit "jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien..."

    Et puis, avec le nucléaire français, il y a cette espèce de "syndrome de Titanic". C’est-à-dire, dans le cas du Titanic : décider que "c’est fiable" et ainsi justifier le nombre insuffisant de canots de sauvetage. Ou : penser que, simplement en déclarant que c’est fiable, cela suffit ... c’est complètement délirant ! Même avec le nucléaire japonais qui (j’ai l’impression) était lui réellement fiable, cela semble impossible ! Ça donne l’image qu’en France, avec le nucléaire, c’est comme si on était à bord du Titanic fonçant à toute vitesse vers l’iceberg (la "catastrophe nucléaire") en criant sur les toits "ne vous inquiétez pas, ce bateau est fiable, on peut lui faire confiance".

  • permalien Jean Gasso :
    16 mars 2011 @02h02   « »

    Je suis mal à l’aise devant un tel concert de catastrophisme.

    Si on lit les communiqués officiels AIEA et autre, il n’y a pas du tout l’ambiance d’apocalypse qu’on ressent chez les commentateurs lambda, c’est au contraire très factuel et très précis (si même on a pas autant d’information qu’on souhaiterait, notamment concernant les irradiations, s’il y en a).

    Et s’il s’avère qu’on s’est monté la tête dans notre euphorie paranoïaque, que c’est moins grave que ce qu’on a prétendu, qu’on a fait trop fait marché notre imagination et nos préjugés, quelle seront les conséquences pour notre crédibilité ?

  • permalien aubert_s :
    16 mars 2011 @02h04   « »

    Beau texte, bien écrit, mais qu’avez-vous à proposer pour épargner la santé de ces millions d’habitants ?

  • permalien Schmurrr :
    16 mars 2011 @02h17   « »

    Au cas où vous ne le sauriez pas,
    et au cas où cela vous intéresserait :

    NKM surveille la situation à SPM (Saint-Pierre-et-Miquelon)

  • permalien schtroumpfé ! :
    16 mars 2011 @06h08   « »

    Merci pour cet excellent article. Il faut que ces prises de conscience se généralisent. Marre, marre, de ce système individualiste et destructeur !

  • permalien Vella :
    16 mars 2011 @07h23   « »

    Evidences fondamentales... Merci tellement pour votre article lucide.
    Qu’attendons-nous pour faire le ménage ?
    Ce qui se passe au Japon masque d’autres réalités prêtent à exploser prochainement : la chimie dans nos assiettes. Nous sommes bourrés de molécules qui nous empoisonnent. L’industrie alimentaire nous détruit... Qu’attendons-nous pour faire le ménage ?
    Les média nous endorment, rares sont les émissions qui éveillent... jeux débiles, divertissements gras, films violents auxquels une certaine jeunesse s’identifie... STOP... STOP
    Il est encore temps de réparer, sauver, guérir.
    Les pays du arabes nous montrent la voie. Faisons comme eux. Du balai, les Sarkozy, les Bachelot, les grands industriels, les Monsanto et autres...
    Il existe d’autres voies avec d’autres perspectives, nous le savons mais nous n’osons pas encore.

  • permalien Candide :
    16 mars 2011 @08h48   « »

    très bon article ; oui nous devrions réfléchir sur l’avenir de ces "bombes" atomiques. Et combien de morts va-t-il falloir pour que le monde arrête toutes les centrales ? Mais au fait, c’est bien pour l’armée que l’on a commencer à utiliser l’atome ?! Et maintenant c’est pour le "FRIC" de quelques "grossium" !
    Il y a bien longtemps que je ne fais plus confiance au monde politique et ses valets ! tous pour soi-même !
    Mais ne vous faîtes aucun soucis, la radioactivité restera au-dessus du Japon, comme le nuages de Tchernobyl qui n’avait pas son visa pour entrer en France ! Par contre les générations futures (plusieurs dizaines) en profiterons un peu partout sur cette planète bleue que nous ne savons pas sauvegarder.
    Ouf ! cela fait du bien de dire ce que l’on pense !!!

  • permalien christian :
    16 mars 2011 @08h58   « »

    Suite à cette catastrophe planétaire, nos dirigeants devraient prendre, dans les meilleurs délais, les mesures qui s’imposent vraiment :

    1 - Fermer immédiatement (comme en Allemagne ou dans d’autres pays) nos plus vieilles centrales nucléaires et celles qui sont situées sur des sites particulièrement exposés.

    2 - Abandonner progressivement le programme - à haut risque - du nucléaire.

    Il y va de nos vies, de celles de nos enfants et de celles nos petits-enfants...

    Si tel n’était pas le cas : les urnes... lors des élections, pourraient être le moyen le plus approprié de faire entendre les voix du peuple français...

  • permalien jujula malice :
    16 mars 2011 @09h44   « »
    Paranoïa - titre du Monde

    15 mars – 13h15
    Un des réacteurs de Fukushima ne serait plus étanche
    Les habitants de Sendai pris au piège
    Scènes d’horreur dans le Nord-Est
    La radioactivité croît "considérablement"
    Vent de panique sur les Bourses mondiales
    Un accident d’une ampleur historique
    L’Allemagne fait marche arrière sur le nucléaire

    16 mars – 9h05
    Cinq jours de cauchemar à Fukushima
    Comment classe-t-on un accident nucléaire ?
    "Pour l’instant, aucune contamination mondiale"
    Un accident de niveau 6, selon l’ASN
    Les catastrophes vues par les mangas
    Le niveau de radioactivité dix fois plus élevé que la normale
    Le nuage s’est arrêté à la frontière

  • permalien jujula malice :
    16 mars 2011 @09h45   « »

    Frénésie, paranoïa, sensationnalisme, réaction en chaîne politico-médiatique. Vitesse. Immédiateté.Vite, vite. Aaaarg quelle horreur, vont-il mourir sous nos yeux, allons nous tous mourir ???...!!

     :) la réponse est oui. Nous allons tous mourir.

    Pardonnez le sourire, il n’est pas déplacé juste un peu désamorcant de ce qui va suivre car je suis et reste sidéré (euphémisme).

    Sidéré car à couvert de mots synonymes, tout et tout le monde s’autorise 1. des analogies, des rapprochements dont la pertinence est douteuse (à commencer ici avec Tchernobyl) et 2. à souffler - ne serait-ce qu’un brin, sur le charbon du danger qui comme chacun sait est un charbon arrrrrdenté.

    La grippe A. le Tsunami asiatique. La psychose est comme un désir, une excitation qui monte, tjs latente. C’est assez questionnant.

    Je ne nie nullement le drame bien sûr. je reste toutefois interdit devant les réactions qu’il suscirte. Où donc est la mesure et surtout : la réflexion. Celle-ci n’implique-t-elle pas de la lenteur, du temps perdu à comprendre, une première "flexion" afin de pouvoir "re-fléchir" ? elle est le contraire des réactions à chaud. Elle est une réaction refroidie qui démonte tout ce qui est en branle y compris nos propres peurs, nos propres projections.

    Ce matin sur France Inter, Cohen interroge un scientifique. Chaque question tournée et portée vers le drame, quêtant la confirmation d’une catastrophe. Et en face, un bonhomme (dont j’ai oublié le nom) qui répondait avec mesure et surtout une certaine franchise pragmatique (celle d’un connaissant semble-t-il).

    J’ai passé bcp de tps hier à lire et relire des articles de wiki et cie sur le nucléaire, le fonctionnement, ses accidents.

    A la lumière de cette lecture, j’ai le sentiment qu’il y a en Une au final et concernant le Japon bien sûr tout ce qui affole, les ingrédients si appréciés qui font vibrer et donc attirent. L’effroi est si fascinant mais pourquoi se permettre d’innonde les autres de notre propre effroi, pour ne pas tempérer et faire basser la température.

    N’est-ce pas pitoyable de manifester une telle agitation sous prétexte d’information, information qui évidemment, nécessite un minimum de bagages pour être assimilée... Et par bagage, bien sûr, je ne suis pas hautain. j’entends simplement un peu de réflexion construite. Etayé.

    C’est si facile de faire peur. Si facile de questionner, si facile de remettre en question et au moindre doute (qui pourtant n’est pas synonyme de mensonge, ni d’un de drame plus grand) d’affoler.

    Pourquoi l’immédiateté d’un drame, alimentée dans un flux continu, ne questionne-t-elle pas sur les autres drames dont la portée à l’échelle de l’humanité est infiniment plus grande et objectivement plus grave. Le sida par exemple au risque d’évoquer un sujet banalisé.

    Le catastrophisme une tendance pauvre de l’être humain. La confiance est si difficile à acquérir.

  • permalien jujula malice :
    16 mars 2011 @09h52   « »
    Confiance

    Pourtant, elle vaut le coup. non ?

  • permalien thierry :
    16 mars 2011 @09h59   « »

    Intéressant point de vue sur l’ampleur des dommages chiffrés, la magie des chiffres et l’irréalité du chiffre de décès confirmés du tremblement de terre et du tsunami.

    Deux choses cependant : le bilan officiel du tremblement de terre d’Aceh est de 226000 victimes, dont 50000 disparus (250000 est donc une petite approximation sur le mode catastrophique ?). Deuxième point, à lire les infos (BBC), il est clair que l’ASN en France est passé en mode "catastrophe" beaucoup plus tôt que d’autres, en allouant un niveau 6 là où le Japon maintenait un niveau 4 d’incident. C’est particulièrement marqué dans le comportement des français vivant au Japon, qui ont, dans mon cercle personnel, tous évacués Tokyo depuis plusieurs jours. Donc la démonstration est intéressante, mais peut être pas tout à fait alignée sur le réel ? Ou bien mon type de lecture des sources m’incite à prendre suffisamment de recul pour noter les différences d’évaluation et attendre ?

    Vous noterez aussi que certaines explosions ont été causées par des décisions (sans doute erronées) de limiter des rejets radioactifs à courte vie à l’extérieur, de manière à ne pas avoir à annoncer des rejets radioactifs importants.

    Personnellement, je suis plus inquiet du fait que, si bien préparé qu’il soit, face à un tsunami de moindre ampleur qu’à Aceh, le Japon se soit trouvé incapable d’empêcher certaines villes côtières d’être rayées de la carte avec leurs habitants. Mais, ne vous inquiétez pas, l’Indonésie maintient son projet de s’installer un réacteur nucléaire. A Sumatra, aux dernières nouvelles...

  • permalien Nathan :
    16 mars 2011 @10h32   « »

    Tout à fait d’accord avec Jujula malice dont la phrase suivante fait mouche : "L’effroi est si fascinant mais pourquoi se permettre d’inonder les autres de notre propre effroi, pour ne pas tempérer et faire baisser la température."

    Tout à l’opposé de certains médias (dont “Le Monde”) qui versent dans un catastrophisme exagéré dans le seul but de vendre du papier et de faire de l’audience, un spécialiste mettait les événements dans une juste perspective ce matin sur les ondes de la radio belge. Même dans le cas où un nuage radioactif important s’échappait de la centrale et se dirigerait vers Tokyo (comme cela fut le cas à Tchernobyl), les autorités japonaises disposeraient de nombreux moyens pour éviter les effets désatreux des retombées radioactives.

    1. La zone autour des centrales a été évacuée dans un rayon de 30 kilomètres (alors qu’à Tchernobyl, certains habitants sont restés à proximité ou sont revenus par la suite).
    2. La distribution rapide de pastilles d’iode permet d’éviter la cause majeure de mortalité constatée à Tchernobyl : les cancers de la thyroïde chez les enfants.
    3. Contrairement à ce qui s’est passé à Tchernobyl, et qui fut certainement une cause de l’augmentation des cancers, les Japonais évitent d’absorber les aliments en provenance de la région.
    4. L’organisation de la société japonaise, le sang-froid et le sens de la discipline de la population, les moyens techniques considérables dont dispose ce pays rendent peu probable le scénario de Tchernobyl au niveau des retombées, Tchernobyl qui fut lui-même un désastre moyen comparé à d’autres catastrophes comme celle d’Acer ou d’Haïti.

  • permalien Albatus :
    16 mars 2011 @10h33   « »
    Tout (devrait) être sous contrôle

    @jgn (et d’autres) ;

    Je faisais en effet l’avocat du diable et je me permets de précisé mon propos:Il faut de mon point de vue distinguer deux situations fondamentalement différentes.

    La première, celle de la vie de tout les jours, doit être placée sous le signe de la transparence absolue. Si l’on fait l’hypothèse (raisonnable et dont je suis partisan) qu’une masse bien informée devient un peuple capable d’émettre une opinion sur un sujet donné (opinion non pas parfaite mais qui se rapproche plus de ce qu’on pourrait appeler "vérité" que ne le pourrait un dictateur, auto proclamé soit-disant philosophe-roi.) alors toute tentative près ou post catastrophe de masquer ou modifier des informations est un crime contre les processus démocratiques même.

    Le point que je voulais souligner, et que je maintiens, concerne le pendant. Collaborateur de réserve dans un état-major de protection civile et ayant déjà eu la (malheureuse) expérience d’observé un mouvement de panique mon opinion est que le "lâchage" automatique de toute information dans la nature n’est pas forcement le meilleur moyen de sauver des vies et de gérer pareille situation. L’inverse, c’est à dire aucune information ou pas assez est tout aussi nocif car c’est ouvrir en grand la porte aux rumeurs.

    Le mensonge par omission en cas de crise grave et des mouvements de population à organiser peut être justifier temporairement. On ne crie pas "sauve-qui-peut !" dans un cinéma en feu, on allume l’alarme et on dit "veuillez procédez calmement vers les sorties de secours". Je ne trouve rien de choquant à cela.

    Là où il faut s’offusquer, se rebeller, demander des têtes c’est face aux mensonges chroniques, aux copinages politico-industriels, qui précèdent ou suivent ce genre d’événements. Car c’est bien de cela dont nous avons besoin, plus que de savoir MAINTENANT ce qui se passe à Fukushima ; la possibilité d’avoir accès demain à des informations claires et complètes sur l’état des centrales et les risques liés à cette technologie afin qu’une vraie réflexion démocratique puisse se faire.

  • permalien Michel :
    16 mars 2011 @10h39   « »

    En termes pratiques, je me demande si l’Etat français serait capable de distribuer de l’iode rapidement et efficacement. A quelle autorité de l’Etat faut-il poser la question pour avoir une réponse ?

  • permalien Goby :
    16 mars 2011 @11h00   « »

    Trés bon papier. Clair, net comme une faille sismique.

  • permalien jujulamalice :
    16 mars 2011 @11h15   « »
    L’illusion est sous contrôle

    @ Albatus :

    Il y a un hiatus abysa entre accéder à de l’information et savoir. Non ? Qui plus est si l’accès est donné façon wikileaks qui ne se préoccupe pas du véhicule ni de la réception de cette information, je trouve cela ... inquiétant et générateur d’une + grde psychose encore.

    La presse qui a diffusé les info de wikileaks n’a elle-même pas vraiment systématiquement digéré avant de recracher cette info (le Monde s’est efforcé de faire un travail honnête sans pour autant renoncer à ces titres racoleurs) ; se reposer sur des journalistes porte aussi son lot de risques, le premier étant que 90% des journalistes sont des généralistes qui se contentent de relayer l’information sans se l’approprier véritablement, me semble-t-il. Et je vous dis ça, je n’ai pas la télé. :)

    Autre exemple : vous voulez connaître si la rivière qui passe à coté de chez vous est propre, non contaminée ? vous pouvez télécharger les données scientifiques de stations de prélèvements automatiques sur les sites internet des directions de l’environement et voir directement les résultats (vite, vite !). Sans se promener sur des sites scientifiques (qui vous donneront quelles sont les normales, comment comprendre les résultats- - et je pars du principe que le monde tourne rond et que ces données ne sont elles-mêmes pas pervertie), cela peut devenir flippant.

    C’est inquiétant de vouloir toujours tout savoir.

  • permalien skipper :
    16 mars 2011 @11h42   « »

    Excellent article auquel j’adhère

    L’information désinformée, minimisée, orientée....dans quel but ?
    Contrôler ? Que se cache t-il derrière cette volonté de contrôle ?
    Dame "PEUR" de quoi : panique, vérité, responsabilité...
    Et si l’on regardait Dame PEUR en face ! Qui y a t-il derrière la peur ? Dame REALITE !!!
    Chaque être humain est, en conscience, responsable de ce qu’il est, de ce qu’il dit, de ce qu’il pense, de ce qu’il fait...individuellement et collectivement sur cette terre.

    Le nucléaire dans toute sa réalité est un choix humain.
    A nous être humain d’assumer ce choix avec toutes ses conséquences .. avec le facteur "Inconnu" que nous réserve l’existence.

    C’est sur notre vision des choses, notre manière de penser, qu’il y a matière à découvrir, à développer toute la créativité humaine.

  • permalien Fa :
    16 mars 2011 @12h11   « »

    @ Albatus

    "Le point que je voulais souligner, et que je maintiens, concerne le pendant. Collaborateur de réserve dans un état-major de protection civile et ayant déjà eu la (malheureuse) expérience d’observé un mouvement de panique mon opinion est que le "lâchage" automatique de toute information dans la nature n’est pas forcement le meilleur moyen de sauver des vies et de gérer pareille situation. L’inverse, c’est à dire aucune information ou pas assez est tout aussi nocif car c’est ouvrir en grand la porte aux rumeurs."

    Justement, à force d’empêcher les peuples de s’occuper de ce qui les regarde, on en fait des masses ignorants, qu’il faut, par la suite, guider à tout prix.

    De qui se moque-ton ?!

  • permalien Fa :
    16 mars 2011 @12h19   « »

    Pourquoi les masse-médias font souvent du spectacle, du spectaculaire ?

    Exemple :
    Bouygues -TF1, dont l’État français est le premier client, est un grand constructeur, notamment de centrales nucléaires.

    Comment Bouygues exploite ses salariés du nucléaire

    Plusieurs milliers d’ouvriers construisent actuellement le nouveau réacteur nucléaire EPR de Flamanville, en Normandie. Dont plus de 1000 salariés étrangers. Présenté comme le fleuron de l’industrie nucléaire française, supervisé par EDF et piloté notamment par Bouygues, ce chantier s’avère beaucoup plus long et coûteux que prévu. Salariés insuffisamment formés, répression syndicale, hébergement inadapté… les conditions de travail et de sécurité y sont déplorables. Au risque de compromettre la sureté des installations ?

    La suite est là : http://www.bastamag.net/article1463.html

  • permalien Fa :
    16 mars 2011 @12h25   « »

    Entre silence et mensonge. Le nucléaire, de la raison d’état au recyclage « écologique  »
    Lorsqu’on parle du nucléaire, le problème est de savoir par quoi commencer. Dans le tissu de mensonges qui servent à justifier l’emploi de cette technologie, lequel dissiper en premier ? Parmi tous les dangers extrêmes dont il est porteur (risque d’accident, déchets dont on ne sait que faire, prolifération), par lequel commencer ? La question – à l’heure où une nouvelle stratégie se met en place, qui espère le faire apparaître comme un remède « écologique » au réchauffement climatique – est dès lors de comprendre comment il a pu nous être autoritairement imposé.

    La suite est là : http://revuedeslivres.net/articles....

  • permalien parkway :
    16 mars 2011 @13h22   « »

    c’est incompréhensible , tous ces alarmistes !

    Avec Tchernobyl, la frontière française nous protégeait, mais ce que vous oubliez aujourd’hui ce sont les frontières européennes qui le font : nous sommes donc 27 fois mieux protégés !!!

    Et puis avec l’intégrité sans faille de nos dirigeants depuis trente ans, il est révoltant de dénigrer les informations nationales !

    Salauds d’écolos !

    comme dit Mme Lauvergeon, qui s’y connait, elle, nous ne risquons pas une catastrophe majeure...

    Restons donc tous unis, faisons bloc avec la politique nucléaire UMPS depuis trente ans !

    Vive la France ! vive la République ! vive la démocratie !

    Ah ! quel pied ! nous vivons dans un monde formidable...

  • permalien Denys Picard :
    16 mars 2011 @13h37   « »

    Hervé,

    J’aime bien l’aspect général de votre critique, mais vous semblez mélanger deux éléments dont je crois essentielles de les distinguer.
    La culture "quantifieuse" et le quantifiable. Ce désir de prétendre faire du journalisme et d’informer en bombardant la population de chiffres hors de leur contexte, de s’en servir afin de mystifier des événements, de prendre la population en otage psychologiquement et où la population est souvent mal informer. Cela fait parti d’un processus de prise de contrôle mentale de l’individu. Dans ce même processus ont Spiritualise l’environnent pour qu’il se substitue à la religion. On a donc besoin de créer des chiffres symboliques qui n’ont probablement rien à voir avec la réalité. Par exemple, les 200,000 morts de Haiti. Je n’y crois pas. Je crois plutôt qu’il y a eu probablement de 15,000 à 20,000 morts. Mais les médias ont testé les limites de la crédulité et ce sont arrêté à cette limite : 200,000 ; chiffre qui dépasse l’entendement, chiffre qui devient partie d’un mythe quasi spirituel. Tout cela apparente le quantifieux à que l’on appelait la numérologie. Toutefois, la numérologie agissant sur des jeux de chiffres avaient pour fonction de permettre une meilleure transmission de la culture verbale monothéique en agissant sur des fonctions quasi instinctives, ludiques de mémoires et d’habilités humaines. Hors le quantifieux agi plus sur la peur qu’autre chose.
    De confondre le quantifieux avec la science quantitative est une erreur.
    Nous sommes à une époque ou la société nous inflige un modèle spirituelle féminin, Mère Nature, basé sur certains moteurs qui mimiques les grandes religions monothéiste, mais sans leur profondeur et intelligence. Cette insignifiance que vous décriez, c’est cela. Rendre les peuple servile à une spiritualité économiquement efficace et se mariant développement durable...

    Bien à vous,

    Denys Picard

  • permalien Fa :
    16 mars 2011 @14h23   « »
    Menace nucléaire au Japon « Nous sommes enveloppés d’une angoisse invisible » Par Yoko Akimoto (16 mars 2011)

    D’heure en heure, la situation se détériore au Japon. Les réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima semblent hors contrôle. Pour Yoko Akimoto, membre d’Attac Japon, ce que redoutait ceux qui se sont battus, il y a 40 ans, contre la construction de ces centrales nucléaires, est en train de se produire. Témoignage.

    http://www.bastamag.net/article1465.html

  • permalien Fa :
    16 mars 2011 @14h30   « »
    Nucléaire militaire : à quand le débat ? Philippe Leymarie

    Sur la lancée des catastrophes au Japon, on se fait peur avec le nucléaire civil. Mais quid du militaire ? La « dissuasion » – qui absorbe un cinquième du budget des armées – reste l’alpha et l’oméga de la défense française, même si elle paraît en mal d’ennemi identifié. Mais, comme au sujet de l’Afghanistan ou de l’abandon de la défense européenne au profit d’un retour dans le giron américain de l’OTAN, pas de débat, ou presque, en France. Pas plus que sur le « bouclier » antimissile concocté par Washington, autour duquel les Européens vont bien devoir se positionner...

    http://blog.mondediplo.net/2011-03-...

  • permalien plop :
    16 mars 2011 @16h14   « »

    nous savons bien que les nuages s’arretent à nos frontières
    avec le roi du karcher il sera chartérisé n’en doutait

  • permalien Shiv7 :
    16 mars 2011 @18h40   « »

    Si l’humanité dispose de plus de connaissances, il est clair qu’elle n’a pas beaucoup plus de sagesse.

    Excellente chute de l’article, c’est là que ça commence à devenir intéressant et que les réelles questions se posent..

    En préliminaire je dirais une évidence ; la connaissance s’additionne à chaque génération alors que la sagesse est chaque fois à recommencer, la première est quantitative alors que la seconde est qualitative, et il n’y a pas de corrélation directe entre les deux.
    (Contrairement à ce qu’un post plus haut prétend en disant que si il y a un maximum de gens informés et décideurs (démocratie), il y a plus de chance de trouver de bonnes solutions, cette pensée procède d’une vision sentimentale et n’a rien à voir avec la réalité).

    Deuxièmement, toute connaissance quelle qu’elle soit, donne un pouvoir qui en découle et de plus, tout pouvoir à tendance à se corrompre.
    Dès lors il est évident que le pouvoir qu’offre à l’humanité la techno science procède d’une démiurgie menant en droite ligne à une catastrophe prévisible.
    La première raison étant le schisme entre connaissance et sagesse (donneriez vous le bouton du feu nucléaire à un enfant ?) qui ne peut manquer de sans cesse s’agrandir et la seconde étant la corruption que ce pouvoir ne peut manquer d’induire (notre non respect de la terre mère est là pour nous le prouver).

    Suite

  • permalien Shiv7 :
    16 mars 2011 @18h41   « »

    Suite

    Est-ce à dire que toute connaissance est auto destructive ?
    Je ne le pense pas, cette constatation s’adresse particulièrement à la techno science qui à contrario de tout ce qui était considéré comme connaissance chez tous les peuples de tous les temps, à savoir une adéquation ontologique à la réalité (matérielle, spirituelle ou autres), la techno science est dans son essence colonisatrice, prétendant imposer sa réalité en lieu et place de la réalité ontologique de ce qui est. (il y a bien entendu des postures intermédiaire entre ces deux extrêmes)
    Elle s’avère la religion la plus utopique de tous les temps et également la plus idiote étant donné qu’elle ne résiste pas à une simple analyse logique..
    (mais il y a belle lurette que l’on sait que la conduite de l’humanité ne correspond à aucune logique, malgré ce que les Lumières, le rationalisme, le positivisme et le scientisme se targue).

    Concernant le nucléaire, renvoyer la faute sur les gouvernements, les médias, le monde financier ou les scientifiques est ridicule dans la mesure où toutes ces instances finalement (sauf peut être dans leurs excès) procèdes de la vision démocratique, cette dernière étant finalement la moyenne des intérêts particulier de chacun, de se fait chacun à son niveau est responsable de ce qui arrive. Cela est évident dans ce cas précis, le rapport entre l’énergie que chacun consomme et l’énergie nucléaire (irremplaçable actuellement si on conserve notre degré de consommation) étant indiscutable.

    Les seuls innocents dans cette affaire étant les paysans du tiers monde et tous les pauvres qui ne bénéficie aucunement de cet apport énergétique. Je pense en particulier aux paysans chinois qui sont en première ligne et auxquels il m’étonnerait que l’on fournisse les moyens de protection adéquat.

  • permalien amphore78 :
    16 mars 2011 @18h46   « »

    Je trouve votre article remarquable,d’une grande finesse d’analyse et d’une très grande justesse.Certes,les impératifs économiques sont souverains,et le discours -langue de bois qu’on nous a servi relève du choix du maintien de l’ordre avant tout :mentons tant et plus,ainsi pas de panique populaire,sauvons les apparences,sauvons la Bourse et l’industrie nucléaire et à l’image de l’aristocrate se jettant dans le vide et préférant se suicider plutôt que se soumettre à la loi de Christophe Colomb ,dans le film 1492,ne sommes-nous pas "éternels " ?On rendra les comptes entre nous,pseudo-élite qui cherche à endormir les masses qui peuvent bien,pourtant,préjuger de la gravité d’une telle catastrophe,avec le simple bon sens.

  • permalien antiparapharmaciste primaire :
    17 mars 2011 @08h18   « »
    Tout est sous contrôle ! En effet !

    Ce papier de Monsieur Hervé Le Crosnier est tout à fait pertinent, j’ai pour ma part fait mon deuil depuis des décennies d’un système médiatique français qui n’est qu’une vulgaire machine de propagande et son boycott complet me semble une mesure d’hygiène mentale élémentaire.
    Il existe encore ailleurs dans le monde grâce à Dieu des journalistes dignes de ce nom qui font leur travail d’une manière professionnelle auprès de qui on peut s’informer sans se faire lessiver le cerveau, ni supporter la médiocrité de commentaires dignes du Café du Commerce à l’heure du Pastis.
    S’il y avait un palmarès à établir dans les systèmes médiatiques (TV, radio & presse incluse) les plus pourris que je connais, je donnerais vainqueurs ex æquo la Fédération de Russie et la France haut la main !

  • permalien philippe :
    17 mars 2011 @10h57   « »

    Il est évident, naturel et bienvenu que tout soit "sous-contrôle". L’évolution des commentaires des politiques dans les médias au fil des jours depuis cette catastrophe est affligeant. Il vaudrait certainement mieux s’abstenir de donner un avis, faute d’informations sérieuses, que de se sentir obligé de parler pour parler. Ce n’est pourtant que l’attitude habituelle des médias et de leurs personnages contenus.

  • permalien zarone :
    17 mars 2011 @11h29   « »

    J’ai trouvé ce papier très instructif :
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/...

  • permalien Simon Joëlle :
    17 mars 2011 @17h20   « »

    Bravo et merci pour ce bel article .
    Votons donc pour SARKO - PHAGE qui lui contrôle tout si bien !!
    Alertez les français sur les gaz de schiste .
    10 % du territoire français est concerné et aucune information ne circule .
    Regardez les sites et signez les pétitions .

  • permalien Nelly :
    17 mars 2011 @18h18   « »

    Un bon article qui porte à réfléchir.

  • permalien JD :
    17 mars 2011 @18h36   « »

    Tout à fait d’accord, et j’ai une question : le Japon vit avec l’angoisse des tsunamis, alors pourquoi construire les centrales à proximité de la mer ??????? là où il est évident que tôt ou tard elles seront endommagées par les vagues ?

  • permalien Christine delbove :
    17 mars 2011 @19h05   « »

    Je me suis fait la même réflexion que vous quant aux bilans officiels relatant le nombre de morts et les images que nous voyions. Et puis, il suffit de réfléchir un peu pour comprendre qu’il y aura des milliers de morts.
    C’est du n’importe quoi, et il est dommage que les grands médias relayent ce genre d’information ou plutôt de désinformation.

  • permalien Al-riv :
    17 mars 2011 @19h07   « »

    Généralement j’aime lire les articles parus sur Le Monde et je suis d’accord d’une manière générale car ils sont équilibrés. Mais celui-ci m’a déçu de par son ton si dur et très alarmiste. En particulier je n’ai pas apprécié deux des thèmes développés car ils ne sont pas vrais.

    « … va débuter un combat dramatique pour éviter la fusion. » Ceci n’est tout simplement pas possible car la centrale nucléaire utilise la fission nucléaire qui n’est pas la même chose.
    D’autre part, je suis en désaccord de donner des chiffres qui ne sont pas confirmés. L’un des commentaires plus bas l’a écrit très bien : « Pour donner un chiffre officiel, il n’y a pas d’autre moyen que de compter et vérifier un par un, … ». L’attentat de 11 septembre 11, avait tout de suite donné un chiffre très élève ; une estimation qui s’est avéré fausse.

    La personne qui a écrit cet article n’avait pas besoin d’amplifier ces deux « constats » faux, l’article avait déjà beaucoup d’autres thèmes intéressants et « moins faux »

  • permalien Takehisa Kosugi :
    17 mars 2011 @19h23   « »

    Moi, ce qui me fait flipper c’est le discours médiatique/politique dominant sur le "peuple" japonais.
    C’est un tsunami de discours culturaliste qui revient en leitmotiv :

    Le peuple japonais, son sens de la discipline, son courage...ils sont sobres et dignes. L’exemplarité du peuple japonais : son entre-aide, sa noblesse, sa rigueur, sa sérénité et sa résilience...

    Prophétie autoréalisatrice de ce qu’on attendra des futurs Hibakushas ?

  • permalien prudent :
    17 mars 2011 @19h37   « »

    bravo bon travail d’analyse. on assiste actuellement à un cover-up pour sauver le nucléaire dans le monde la déclaration de madame chose-nuk en est un exemple. bravo encore

  • permalien Laurent R. :
    17 mars 2011 @19h51   « »

    Cet article et les messages confirment bien mes craintes. J’ai des amis au Japon et je leur ai dit qu’ils devaient s’en aller au plus vite à l’étranger. Résultat : ils ne me répondent plus croyant que les messages de Tepco, de leur gouvernement et des médias sont vrais... J’espère que les prières de l’empereur seront efficaces.

    Cette histoire me dégoûte.

  • permalien nicolas19721972 :
    17 mars 2011 @20h38   « »

    LE plus indécent dans tout cela, c’est que les gens qui souhaitent en parler se voient rétorquer qu’il faut respecter les japonais victimes de cette horreur, ceci aussi bien par la droite que la gauche. On note bien donc le consensus entre droite et gauche. Le citoyen n’a qu’à accepter sans broncher. Avec un tel système et de tels politiciens et puissants de ce monde, nous risquons de nous enfoncer. A quand une véritable révolution ? Peut-être que les évènements actuels vont faire prendre conscience aux citoyens qu’il faut radicalement changer de système, et changer de représentants politiques. Nous ne pouvons pas continuer ainsi, à quand une révolution (qui sera longue) ?

  • permalien Nadine :
    17 mars 2011 @20h38   « »

    Merci à tous ceux du Monde Diplo d’exister, on se sent parfois si seul !

  • permalien Yann :
    17 mars 2011 @22h59   « »

    Denis Sieffert :

    Le nucléaire a été pensé par nos politiques comme un nouvel instrument de domination coloniale. Quelque chose qui mêlerait au plus haut niveau d’ambition des objectifs scientifiques, économiques et géostratégiques. Le projet nucléaire s’est immédiatement confondu avec l’identité de la France.

    Puisque la décision politique de sortir du nucléaire ne sera pas prise par nos dirigeants hypocrites,

    quelle espérance avoir ?

    Seul le pouvoir du peuple, dans la rue, peut faire tomber ce régime.

    Il nous faudra du courage pour nous unir.

    Je le redis : seule la chute de nos gouvernants hypocrites nous donnera une chance de sauver nos vies.

    Parlez-en autour de vous (une date, un projet, une bouteille d’eau, une casse-croute, un duvet et on campe devant l’Elysée et partout jusqu’à ce qu’ils soient tous jugés pour leurs innombrables crimes - droite comme PS !)

  • permalien Francis :
    17 mars 2011 @23h00   « »

    Merci pour cet article qui me "rassure" quant à mon analyse de la situation.

  • permalien hlene.espesset@pch.gc.ca :
    17 mars 2011 @23h27   « »

    Hélène E. 17 mars 2011. Québec, Canada. 18 heures 35.
    Merci monsieur Crosnier pour cet excellent article et les commentaires qui soulignent les faiblesses de la couverture de la plupart des médias, des associations internationales, des gouvernements et des entreprises lors de cette crise. J’ai suivi au Canada les informations sur CNN (USA) et diverses autres chaînes de TV. Même constat sur la recherche d’images catastrophiques qui vont accrocher les auditeurs. Erreurs répétées. Silence assourdissant et meurtrier de la compagnie TEPCO qui gère ces usines nucléaires avec pour principes premiers le mensonge et le silence. Tentatives d’insérer des informations scientifiques mais les médias n’ont pas assez de temps pour laisser les scientifiques parler. Les gouvernements se protègent. Finalement on trouve plus d’informations sur le Web avec Google et Wikipedia, à condition d’avoir un bon esprit critique. J’ai lu des articles intéressants et bien documentés dans le New York Times, accessible en ligne gratuitement (http://www.nytimes.com).

    Alors que faire ? Ce qui me rassure c’est qu’à l’heure du numérique, du Web, des blogs et des réseaux sociaux numériques et autres, la multiplicité des sources d’information (pas toutes de bonnes qualités !!) finit par ébranler les mensonges et les demi-vérités qu’on veut nous faire gober. Mais on a besoin de journalistes professionnels et indépendants qui savent synthétiser à partir de sources crédibles et fiables. Ceci est fondamental. Est-ce utopiste ? Qui aura assez d’argent pour accéder à des médias payants ?

    Q and A. on the Nuclear Crisis in Japan, NYT, 17 mars 2011, présente les questions des lecteurs et les réponses des journalistes …Pas parfait mais informatif. Cela répond à un besoin de savoir. (http://green.blogs.nytimes.com/2011...).

    Voir aussi cette critique des médias américains : 15 mars 2011, 2:43pm - TV Cable analysis of Japan crisis is lacking : http://www.hollywoodreporter.com/ne...

    Espérons que le pire ne se produira pas ! Pauvre planète ! Le développement durable ne doit pas rester une utopie Il est urgent d’allumer les esprits !

    Hélène E.

  • permalien Siwiduse :
    18 mars 2011 @00h08   « »

    M. Hervé Le Crosnier, en conclusion, c’est le nucléaire qui a causé le tremblement de terre et donc le tsunami qui a tué tant de gens.
    Est-ce mieux être mort ou avoir peur ? "Je préfère être mort car dans ce cas je n’aurais pas peur. Heureux sont ceux qui sont mort, malheureux les vivants, les pauvres".

    Merci de votre leçon idéologique antinucléaire.

  • permalien Yann :
    18 mars 2011 @00h51   « »

    Autre chose :

    C’est aux principaux responsables internationaux du désastre nucléaire d’aller jouer les liquidateurs !

    Ces criminels doivent payer. Une bonne fois pour toutes !

    Pourquoi accepter que ce soit des innocents - même soit-disant "volontaires" - qui paient de leur vie ??

  • permalien Francis GIRARD :
    18 mars 2011 @01h16   « »
    La sémantique ne cache pas l’horreur et l’effroi ...

    Merci pour votre article qui met chaque chose à sa place !

    Les euphémismes et les tergiversations lexicales de nos "responsables" choquent terriblement .
    Evidemment ce qui se passe au Japon est une CATASTROPHE !... évidemment et chacun le sait depuis le début !
    Même Madame LAUVERGEON et Monsieur BESSON le savent... (pathétiques commentateurs de l’impuissance devant l’horreur et l’effroi) ...
    Ils le savent et nous mentent ...

    Mentir c’est mépriser. Faut -il ajouter ce mépris à la douleur de nos frères d’extrême Orient ?..

  • permalien Pascal Cretton :
    18 mars 2011 @01h31   « »
    Gouvernés par les toons

    Frères humains, il est temps de réaliser une chose pourtant visible depuis longtemps : il y a deux espèces intelligentes sur Terre : les humains et les toons. Les toons nous gouvernent, nous, humains.

    Voilà qui semble audacieux, mais regardez la réalité : quelle espèce pourrait dénier de façon constante le principe de réalité, quelle que soient les conséquences, et s’en tirer sans dommage ? Pas les humains, qui n’ont guère droit à l’erreur face au principe de réalité. Mais les toons, eux, s’en moquent. Aplatis, ils gonfleront dans la minute et reprendront le discours délirant qui était le leur avant.

    Je suis physicien postgradué de l’EPFL, Lausanne. J’ai appris mes leçons de nucléaire comme ceux de ma volée (belle théorie, équations sympas, merci). J’ai aussi appris la statistique. Les séismes sont des événements dont il est possible de calculer la probabilité d’occurrence suivant la région du monde et la période donnée. Cela via les événements qui ont déjà eu lieu, mais aussi sur la base des sciences de la terre. Les séismes sous-marins donnent des tsunamis. Cela, même un enfant peut le comprendre. Donc ce séisme de force 9 suivi d’un tsunami n’est pas une malédiction de Kami japonais, mais une illustration ordinaire de la validité des lois de la physique. Non seulement il devait arriver, mais il en est arrivé et il en arrivera d’autres ailleurs. De ce fait, sans parler de tous les autres problèmes (déchets, prolifération, pollution sur les lieux d’extraction, concentration du pouvoir dans les mains d’une élite etc.), faire des centrales nucléaires avec ou sans confinement, peintes avec des nuages dessus ou non, de génération 1 ou X, procède soit de crétinisme, soit d’une absence de scrupules quant aux conséquences. Comme je ne pense pas que nos élites sont imbéciles, le Rasoir d’Occam me force à en déduire que les gens qui prennent ce genre de décision et les imposent aux autres ne sont pas des humains, mais des toons.

    Après cette catastrophe, qu’elle qu’en soit l’issue que je souhaite la moins pire possible, les toons vont regonfler et nous resservir, frères humains, le même discours délirant. On va par exemple nous dire qu’il faut des règles mondiales de sécurité nucléaire. Les séismes s’en tapent, mais n’oubliez pas que les toons s’en tapent que les séismes s’en tapent. Pour nous autres humains, ce sera à peu près comme si on nous disait que le problème de milliers de camions remplis de nitroglycérine qui rouleraient à tombeau ouvert sur nos routes sera "résolu" en forçant les chauffeurs à faire un permis harmonisé européen et à parler anglais, de manière à pouvoir lire les panneaux indicateurs qui auront alors tous été traduits en anglais, "preuve" que tout est sous contrôle.

    Cher frères humains, nous sommes dans la plus pure tragédie grecque. Salut aux courageux, aux humbles et aux affligés.

  • permalien Fakir :
    18 mars 2011 @03h13   « »
    "Il vaut mieux pomper

    même s’il ne passe rien plutôt que de risquer qu’il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas". (Proverbe Shadok)

    Ce qui vaut pour les ingénieurs de la centrale vaut pour les journalistes : La catastrophe nucléaire est arrosées par les uns à grands seaux d’eau, par les autres avec les mots. On est vraiment chez les Shadoks (en un peu moins drôle).

  • permalien marc :
    18 mars 2011 @03h18   « »
    Tout est sous contrôle - ôl euhnne d’heure konetrhôl (mdr)

    @ Al-riv
    Il ne s’agit pas de fusion nucléaire mais de fusion tout court, comme celle de métaux.
    Cette fusion, si elle concentre la matière fissile en fond de cuve accélèrera la réaction de fission.

    @ pekin très bon post :)

    @ Yann
    La plus proche opportunité, pour une teuf d’enfer,
    c’eut été de se la jouer "pour de vrai" la proclamation de la Commune le 28 mars sur la place de l’Hôtel de Ville
    Souci : même relayés par blogs multiples, sur ce coup là,
    on s’y retrouve à dix pèquenots.
    Mais, celà va sans dire, je suis partant :)

  • permalien RedGuff :
    18 mars 2011 @03h31   « »

    @Jean Gasso :
    "les irradiations, s’il y en a."

    Pour mentir ainsi, vous devez être aussi un toon ! :-(

  • permalien chaton :
    18 mars 2011 @04h19   « »

    Tout à fait d’accord avec votre analyse, sauf sur un point. Dans la plupart des catastrophes de ce genre, on nous donne le nombre de victimes confirmées (donc de corps trouvés). J’écris d’Australie où nous venons de subir les inondations et le cyclone dans le Queensland, les inondations dans le Victoria et les feux de brousse en Australie-Occidentale, suivis du tremblement de terre à Christchurch. Dans tous ces cas, on nous a donné le nombre de victimes confirmées mais aussi une estimation du nombre total de victimes, compte tenu des disparus. Ainsi pour le Japon, aux nouvelles d’hier soir, en ajoutant le nombre de personnes disparues on en était à au-delà de 15 000 victimes. Je ne sais pas quels sont les chiffres donnés par les médias français, mais en général ici, du fait que le Japon est notre premier partenaire commercial et que nous connaissons à peu près tous des Japonais vivant en Australie ou des Australiens qui ont des amis ou parents au Japon, les médias se veulent encore moins alarmistes et plus rassurants que ce qu’on vous dit en France, du moins si j’en juge par le relais du journal de France 2 que nous recevons ici.

    Ce qui semble établi et malheureusement récurrent, c’est que traditionnellement les Japonais ont tendance à étouffer les informations dans l’oeuf (surtout les mauvaises nouvelles, bien sûr) et que même les populations directement affectées reçoivent peu ou pas d’aide, contrairement à ce qui s’est passé dans des circonstances similaires en Australie et en Nouvelle-Zélande. Les populations affectées se sentent abandonnées et non informées. Ici, ce fut le branle-bas de combat et la mobilisation dès que l’imminence du danger fut annoncée et, dans le cas des inondations, bien avant que les flots ne submergent les villes, même si dans bien des cas l’état de préparation était insuffisant. Au Japon, on a l’impression que tout est minimisé, en dépit de toute évidence. Si les pouvoirs publics et les médias étrangers doivent se baser sur les informations officielles japonaises pour informer leur propre public, on est mal barré...

  • permalien Toto :
    18 mars 2011 @09h41   « »

    Allant à l’Est de la Chine, prés de la Corée et donc, pas très loin non plus du Japon et mon épouse y étant déjà, j’ai regardé NHK (télévision japonaise) en streaming à peu près en continu ce week-end pour comprendre ce qui se passait et essayer d’appréhender ce qui allait se passer.

    Un des responsable japonais, je crois que c’était le secrétaire d’état, Yukio Edano, qui rapporte en continue les événements à la population et quelques experts de l’usine nucléaire qui annonçaient déjà entre minuit et 2h du matin, dans la nuit de samedi à dimanche qu’effectivement, tous les circuits de refroidissement étaient en panne et que l’explosion du réacteur n°2 et la fusion étaient inévitables. Les responsables industriels tentaient de minimiser les causes de la panne, mais pas les conséquences, en s’excusant à plusieurs reprise pour la catastrophe en cours et à venir.

    Je suis étonné qu’un simple citoyen qui ne connait presque rien çà ce domaine soit plus au courant qu’un chef de gouvernement qui a, à priori des relations diplomatiques, et qu’un industriel dans ce type de secteur où le nombre de spécialistes est plutôt réduit au niveau planétaire ?

  • permalien bof bof :
    18 mars 2011 @10h13   « »
    Tout est sous contrôle — est-ce vraiment cela qui est raconté ?

    Pour ma part, je n’ai pas trouvé cet article admirable, précis ou autre qualificatif laudatif... J’ai même été très déçu pas son contenu.
    M. Le Crosnier reproche un peu tout et son contraire aux autorités/médias : parfois ils versent dans le catastrophisme (grippe A), parfois, au contraire, dans une retenu mal venue (Fukushima, Tsunami). Et pour couronner le tout, les commentaires des lecteurs du blog vont de temps en temps précisément dans le sens contraire : les journaux font du catastrophisme à propos des événements du Japon pour faire augmenter leur tirage. Bref, on peut tout reprocher, et même son contraire !
    Quelques points précis :
    1) Sur le chiffrage des victimes, que dire ou annoncer ? Le chiffre officiel, issu d’un comptage (morbidement) scientifique : mais dans ce càs-là, on ne connaît le décompte total qu’à la fin, et par définition, on ne fournit que des sous estimations (qui nourrissent les reproches de M. Le Crosnier). Dire que l’on ne connaît pas le chiffre ? Et probablement, des critiques surgiront sur le fait que les autorités savent les vrais chiffres mais les cachent sciemment. Ou bien, l’argument utilisé 2 fois par M. Le Crosnier : "il n’est pas besoin d’être devin" pour savoir que... Alors quelle est votre nombre ou votre évaluation sur l’ampleur de la catastrophe M. Le Crosnier ?
    2) Sur le danger nucléaire : contrairement à ce que vous annoncez, j’ai l’impression que le discours porté par les médias n’est pas verrouillé, que la porte de ces médias est bien ouverte aux anti-nucléaires, qui peuvent s’exprimer autant qu’ils le souhaitent, et (me semblent-ils) ne rechignent pas à l’utilisation d’un certain catastrophisme.
    3) Sur l’argument de la société technologique qui est une société du risque (immédiat aurait probablement ajouté notre très grand philosophe J. Baudrillard). Comme le faisait remarquer jujula malice plus haut dans ce blog, la vie EST risquée. Il n’a pas fallu attendre la technologie pour que des catastrophes immédiates et sapant les certitudes que l’on pouvait avoir sur l’éternité des sociétés : Le Vésuve n’a-t-il pas détruit Pompéi avant la société techologique ? Des Tsunami n’ont-ils pas ravagé le Japon avant le XXIe siècle ? La technologie nous rend-elle vraiment plus vulnérables ? ou peut-on espérer le contraire ?...

  • permalien Eddy Terwinghe :
    18 mars 2011 @10h44   « »
    Le profit avant l’homme...

    Et pendant ce temps, les compagnies aériennes se font un maximum de bénéfices en faisant monter les prix des vols...et aucun gouvernement n’envoie d’avions pour évacuer ne fut-ce que ses ressortissants.
    La vie humaine ne compte PAS face à la cupidité des requins.

  • permalien Lagneau :
    18 mars 2011 @11h19   « »

    Discutez, discutez, braves gens. Mais le pouvoir de l’argent (et donc du nucléaire) continuera à tout écraser sur son passage.
    Le comportement d’Areva vis à vis de la population du Niger vous en donnera un bel exemple.Allez donc voir sur ce site :

    http://www.bastamag.net/article716.html

0 | 100

Ajouter un commentaire