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En Libye, le Pentagone à la manœuvre

mercredi 23 mars 2011, par Philippe Leymarie

L’intervention militaire internationale dans le ciel libyen a été jusqu’ici majoritairement américaine, notamment pour des raisons techniques : la France, qui aspirait à un rôle moteur avec la Grande-Bretagne, était mal outillée pour assurer dans l’urgence la coordination d’une coalition multinationale incluant un partenaire aussi dominant que les Etats-Unis. Mais l’US Air Force et l’US Navy, qui exercent le commandement opérationnel et ont assuré plus de la moitié des frappes, vont passer la main à l’OTAN – ce que la France avait cherché jusqu’au bout à éviter…

Actualisé au 25 mars 2011

En dépit d’un lancement en fanfare, la participation française aux combats a été relativement modérée, et cantonnée pour l’essentiel à la région de Benghazi, avec des frappes très sélectives, qui ont détruit moins d’une dizaine de blindés, une piste d’aviation, ainsi qu’un aéronef de l’armée libyenne. L’état-major français insiste cependant sur le « rôle majeur » joué par ses forces, et sur la baisse importante du nombre des victimes civiles, qui était le but recherché. Il a fait valoir également que « la délivrance de l’armement est loin d’être systématique » [1], en raison de la dispersion des forces pro-Kadhafi et de leur imbrication avec la population civile.

Le commandement stratégique de l’opération, côté français, est assuré par le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO), installé dans les sous-sols du ministère de la défense, à Paris. Les vols sont coordonnés par le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA), basé à Lyon. L’entrée en ligne depuis mardi du Charles-de-Gaulle, seul porte-avions européen à propulsion nucléaire, a donné plus de visibilité au dispositif français.

Mais, explique la lettre TTU, spécialisée dans les questions de défense [2], « concrètement, pour la France, l’implication de l’OTAN dans les opérations va obliger à systématiquement effectuer de lourdes planifications et à coordonner les opérations (partage des cibles, des temps et des altitudes de vol...). Le retrait américain va, quant à lui, impliquer le transfert des commandements du Mount Whitney et de Stuttgart vers trois pôles : Naples (qui comprend notamment l’état-major de composante maritime), Izmir (CC Air HQ) et Mons (siège du commandement militaire global de l’OTAN) ».

Rôle-clé

A propos du commandement de l’opération, que les Etats-Unis ne souhaitent plus exercer, la Maison Blanche avait annoncé au milieu de la semaine que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont tombés d’accord pour que l’OTAN puisse « jouer un rôle clef » dans le commandement de l’opération militaire de la coalition internationale en Libye. L’Elysée reconnaissait, un ton en dessous, que Barack Obama et Nicolas Sarkozy « se sont entendus sur les modalités d’utilisation des structures de commandement de l’OTAN en soutien de la coalition ».

La diplomatie française avait cherché à éviter l’implication de l’OTAN, jugée trop marquée politiquement (« occidentale » ), au risque d’effrayer les pays arabes et africains. De plus, selon une position constante de Paris, la vocation de l’OTAN n’est pas d’intervenir au sud de la Méditerranée, notamment en Afrique.

Pour compenser cet échec, Paris a proposé que soit mise en place une « instance de pilotage politique » de l’opération, qui réunira les ministres des affaires étrangères des Etats intervenants ainsi que ceux de la Ligue arabe : ce « groupe de contact », dont la création est considérée comme une victoire par les Français, se réunira pour la première fois mardi prochain, à Londres.

Dressant le bilan du Conseil européen, vendredi matin à Bruxelles, le président français Nicolas Sarkozy a assuré que « le commandement politique n’est pas transféré à l’OTAN ». En outre, pour le moment, faute d’un consensus, « la mission principale des frappes reste à la coalition, et non à l’OTAN », la coalition internationale gardant « la main-mise sur les opérations militaires ». En Libye, a-t-il encore affirmé, « il y avait deux solutions : soit c’étaient les Etats-Unis qui coordonnaient l’opération, soit c’était la machinerie de l’OTAN ».

« En l’état actuel, vont subsister une opération de la coalition et une opération de l’OTAN », a reconnu le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen. Les discussions se poursuivent pour « élargir » le mandat de l’alliance aux missions encore dévolues à la coalition, a-t-il ajouté. « La décision de l’OTAN d’assumer le commandement et le contrôle de la zone d’exclusion aérienne, en plus de l’embargo sur les armes déjà en place, est une importante avancée », a estimé le porte-parole du premier ministre britannique David Cameron.

Aube de l’Odyssée

Jusqu’ici, la participation américaine a été largement dominante. Le Pentagone a été le premier à communiquer sur la situation ou sur les buts de guerre, ces derniers jours :

— c’est le chef d’état-major américain, l’amiral Mike Mullen, qui avait annoncé par exemple dimanche 20 mars que la zone d’exclusion aérienne était effective sur tout le territoire libyen (même si, quelques jours plus tard, un Rafale français a détruit sur la base aérienne de Misrati un avion d’entraînement qui venait de s’y poser).

— c’est l’amiral américain Samuel Locklear qui a affirmé, mardi dernier, que les forces loyales au colonel Mouammar Kadhafi continuent de s’en prendre aux populations civiles.

— c’est le vice-amiral Bill Gortney, un haut-responsable du Pentagone, qui a indiqué que plus de 350 avions des 11 pays de la coalition sont impliqués dans les opérations aériennes en Libye, dont un peu plus de la moitié sont américains.

Le nom de code de la partie américaine de l’opération (Odyssey Dawn, « Aube de l’Odyssée ») est largement plus connu dans le monde que celui des Français (Harmattan) ou des Britanniques (Ellamy) ; il a vocation à intégrer sous cette étiquette les diverses participations nationales. Et c’est le tir de plus de cent-vingt missiles de croisière Tomahawk, samedi 19 mars au soir, depuis des navires et sous-marins de l’US Navy, pour neutraliser les défenses aériennes libyennes, qui avait donné le vrai coup d’envoi à l’opération, même si – sur la lancée du « sommet de l’Elysée », et à titre surtout symbolique – l’armée de l’air française avait été choisie pour effectuer les premiers survols du territoire, dans la région de Benghazi [3]. Depuis, les chasseurs et navires américains ont assuré l’essentiel des frappes aériennes.

US Africa command

Les Américains ont exercé également le commandement global de l’opération multinationale, confié officiellement au général Carter F. Ham, chef depuis quelques semaines de l’Africa Command (Africom). Mais il s’agit essentiellement d’un habillage politique, ce commandement américain pour l’Afrique – de création récente et plus orienté vers la formation et le développement que vers l’opérationnel militaire – n’ayant pas les moyens de conduire lui-même l’intervention. Il est d’ailleurs basé à Stuttgart, en Allemagne, et non sur le continent africain (où aucun pays n’avait souhaité l’accueillir).

L’Operational Control (OPCON) – c’est-à-dire le commandement effectif – a été assuré depuis l’état-major des forces américaines en Europe de Ramstein (Allemagne) par l’amiral James G. Stavridis, également commandant des forces de l’OTAN (SHAPE), lui-même relié aux quartiers généraux aériens de Lyon (France) et Northwood (Grande-Bretagne). En mer, le commandement opérationnel a été confié à l’amiral Samuel J. Locklear, chef des forces navales américaines en Europe, également patron du Joint Force Command (OTAN) basé à Naples), et actuellement embarqué à bord du Mount Whitney, navire de commandement de la 6e flotte de l’US Navy (Méditerranée) : la Joint Task Force Odyssey Dawn a pris sous son aile l’ensemble des unités navales de la coalition (une vingtaine d’unités actuellement). Cinq officiers de liaison français, cinq britanniques, deux italiens et deux canadiens sont à bord du Mount Whitney.

Le chef d’état-major Mike Mullen a reconnu, au cours de l’émission de TV « Face the Nation », le « rôle leader » des Américains en Libye, pendant la première phase de l’intervention, pour des raisons d’efficacité opérationnelle. Il a affirmé que les état-majors et les forces américaines se positionneront en « arrière-plan », en « soutien » dans les prochains jours, pour laisser leurs alliés européens et arabes « assumer la responsabilité de la mise en œuvre de la zone d’exclusion aérienne ».

Sort de Kadhafi

Concernant les « buts de guerre », on oscille toujours entre la stricte « protection des populations civiles » prévue par la résolution 1973 et la nécessité de venir à bout de Kadhafi et de son régime. Le débat a rebondi à l’annonce de plusieurs frappes ayant touché le complexe résidentiel du numéro un libyen, à Tripoli, dimanche et lundi :

— en visite au Chili, Barack Obama a assuré que « la position américaine est que Kadhafi doit partir » ;

— mais le secrétaire américain à la défense Robert Gates a écarté l’idée d’une frappe qui ciblerait Kadhafi en personne, et fait valoir qu’il serait « mal avisé de fixer des objectifs que nous ne pourrions pas forcément atteindre » ;

— les ministres britanniques des affaires étrangères (William Hague) et de la défense (Liam Fox) ont laissé entendre lundi que cibler directement Kadhafi avec une frappe militaire était une « possibilité » (alors que le général David Richards, leur chef d’état-major, estimait que les forces de la coalition ne devaient pas prendre directement pour cible le « Guide » libyen) ;

— le premier ministre belge, Yves Leterme, est persuadé que l’objectif de « déloger » Kadhafi du pouvoir a été « clairement énoncé » par la communauté internationale ;

— rappelant vendredi à Bruxelles qu’une intervention au sol en Libye était « explicitement exclue », le chef de l’État français a appelé à une stricte application de la résolution 1973 de l’ONU, et estimé que « l’avenir de la Libye, les choix politiques de la Libye (...), c’est le problème des Libyens, ce n’est pas notre problème... Ce qui se passe en Libye crée une jurisprudence, et peut créer la confiance » chez les peuples arabes.

Sur CNN, l’ancien chef d’état-major américain Richard Myers a résumé ces ambiguïtés : « La vérité est que nul ne sait quel critère marque la fin de l’opération. »

Double casquette

L’OTAN, remise en selle en dépit des résistances de la France et de la Turquie, avait fini par valider mardi les plans dressés depuis plusieurs jours par ses militaires pour contribuer à la zone d’interdiction de vol dans l’espace aérien libyen, et au respect de l’embargo sur les armes, « tous les alliés s’étant engagés à s’acquitter de leurs responsabilités en vertu de la résolution des Nations Unies pour arrêter la violence intolérable contre des civils libyens », déclarait alors son secrétaire général A. F. Rasmussen, qui laissait deviner une levée des réserves de la Turquie, jusqu’ici hostile à cette validation.

C’est le commandant des opérations de l’OTAN, l’amiral Stavridis, qui aura la charge d’activer les navires de l’organisation et ses avions dans la Méditerranée centrale : « Ils mèneront des opérations de surveillance, et, si nécessaire, pourront interdire les navires soupçonnés de transporter des armes illicites ou des mercenaires », explique Rasmussen.

L’Italie exigeait que l’OTAN prenne la main, menaçant de ne plus autoriser l’utilisation de ses bases aériennes. De son côté, la Norvège avait suspendu la participation de ses F-16 à la « No Fly Zone » au-dessus de la Libye « tant que la structure de commandement n’est pas définie ». Et les Pays-Bas conditionnaient leur entrée en ligne à « l’exercice d’un commandement et d’un contrôle par l’OTAN ».

On notera que cette relève transatlantique, censée être exclusivement militaire et non politique, ne dépaysera pas les Américains, puisque l’amiral Stavridis et l’amiral Locklear ont la double casquette Etats-Unis-OTAN. A l’Assemblée nationale, à Paris, socialistes et communistes s’étaient déclarés hostiles, mardi dernier, à cette entrée en scène de l’OTAN.

L’Union européenne, sous l’impulsion de la France, des pays baltes ou de Malte s’était posé la question de sa participation à une opération de contrôle de l’embargo (pensant également à la question de l’immigration clandestine). Mais la Haute-représentante pour la politique extérieure de l’Union, la britannique Catherine Ashton, avait souhaité éviter toute duplication avec l’OTAN ; et le Royaume-Uni, ainsi que l’Allemagne et l’Italie avaient préféré que la planification et la conduite de l’opération soient assurées par le commandement militaire de l’organisation transatlantique, s’attirant ce commentaire de notre confrère du site Bruxelles2 :

« Si à quelques dizaines de milles de ses côtes, l’Europe doit encore recourir aux moyens américains ou turcs pour assurer une fonction qui relève davantage de la fonction de “gardes-côtes” que de celle d’une force offensive, on peut douter de la volonté de sortir d’un certain infantilisme latent. Ce manque d’autonomie, qui apparait au moment où l’Amérique d’Obama ne considère plus vraiment l’Europe comme une de ses priorités stratégiques, est aussi dangereux. »

Notes

[1] Pour la première fois, jeudi, un appareil français a tiré un missile de croisière Scalp sur un objectif libyen.

[2] TTU n°795, 24 mars 2011.

[3] Les reconnaissances de l’armée de l’air française ont commencé « dès le 4 mars » au-dessus de la Libye, soit quinze jours avant le début de l’offensive alliée, a révélé mardi dernier le premier ministre français, François Fillon, à la tribune de l’Assemblée nationale.

25 commentaires sur «  En Libye, le Pentagone à la manœuvre »

  • permalien Bert :
    23 mars 2011 @16h37   »

    On pouvait supposer que la légitimité de l’attaque militaire reposait sur la résolution de l’ONU. Mais si Khadafi est devenu la cible (directe ou indirecte) de cette opération, il va falloir rechercher une autre source de légitimité. Le devoir d’ingérence, surement, qui découle du devoir de protéger les populations civiles, qui est l’objet de la résolution de l’ONU.
    Lesdites populations sont appelées à se prononcer quant à leur avenir politique, mais à quel moment ? A une date fixe marquant la fin du potentiel militaire de Khadafi ? Après la mort ou le départ du dictateur ? Une fois au pouvoir le conseil représentatif auto-proclamé et reconnu par la France ?
    N’y aurait-il pas de possibilité d’imaginer que Khadafi détient des armes de destruction massive, afin de simplifier, au moins aux yeux des États-Unis et de leurs alliés, la situation ?

  • permalien Yvan :
    23 mars 2011 @17h57   « »

    Le titre est juste quand on sait qu’Obama est rentré dans cette histoire à reculons.

    Il est bon d’appeler un chat un chat et un complexe militaro-industriel, un complexe militaro-industriel.

    Dans cette perspective la tentative de passer la patate chaude à l’OTAN, n’est pas, du tout une bonne nouvelle cette organisation étant connue pour avoir le don de prolonger ad libitum (et + si affinités) les retours sur investissement de ses honorables fournisseurs.

    Pour information... et à titre anecdotique, il y a en France un ministre de la défense dont le nom est Gérard Longuet.

  • permalien Shiv7 :
    23 mars 2011 @19h00   « »

    Sur CNN, l’ancien chef d’état-major américain Richard Myers a résumé ces ambiguïtés : « La vérité est que nul ne sait quel critère marque la fin de l’opération. »

    Voilà qui présuppose rien de bon sur la durée du conflit, pas plus que ça du reste ;

    Le nom de code de la partie américaine de l’opération (Odyssey Dawn, « Aube de l’Odyssée »)

    Lapsus symbolique assez révélateur qui révèle non seulement la durée (et ce n’est que l’aube..), mais aussi l’expansion potentielle du conflit hors Libye, sans parler de la consonance civilisationnelle..

    Y a pas à dire, question finesse, l’armée US est imbattable..

    Question stratégie, il semblerait aussi que tout soit fait pour durer, les frappes aériennes pouvant tous au plus.., pas grand-chose..

  • permalien K. :
    23 mars 2011 @19h49   « »

    l’amiral Mike Mullen, chef d’état-major des armées américaines, a rappelé que la résolution 1973 votée à l’ONU vise à protéger les civils, et non à obtenir un changement de régime comme en Irak ;

    Il a également dit, dans la même émission sur CBS, que, ce faisant, « l’issue était très incertaine » et il a « concédé » que l’opération pourrait « déboucher sur une impasse. »

    Et, honni soit qui mal y pense, il a dit qu’il « craignait une attaque au gaz moutarde par les hommes de Kafhafi ».

  • permalien Bert :
    23 mars 2011 @22h29   « »

    "il a dit qu’il « craignait une attaque au gaz moutarde par les hommes de Kafhafi ».

    Aaaah, quand même ! Enfin du sérieux !

  • permalien marc :
    23 mars 2011 @23h31   « »

    Bonsoir. En matière de communication internationale, on frôle des sommets en apprenant (outre les inévitables ADM) que les militaires savent mieux lire les résolutions onusiennes que les politiques :

    Comme ils n’ont pas reçu l’ordre de liquider Kadhafi, il s’y tiennent.
    Ne pouvant en dire autant du respect de leurs Constitutions par les politiques, celà pourrait ressembler à une argumentation pour un gouvernement militaire (mondial ?).

    Les accord internationaux sont aujourd’hui de rang plus élevé que les Constitutions,
    bien qu’ils aient été élaborés par des technocrates sans caution démocratique ou des gouvernements dont le mandat ne comprenait que rarement ces engagements, force est de constater que
    les moyens pour les Peuples de vivre en paix sont les grands absents.
    (Info sans frais à ceux qui ont une Constituante au programme).

    Lorsqu’on lit que l’OTAN, de prime abord écarté, revient par la fenêtre, au grand dam de nos politiques “responsables”,
    il n’y a pas que l’armée US qui soit imbattable question finesse.

    @ Yvan
    Pour Longuet, est-ce que ce lien ne serait pas plus approprié ?

    Bien que chacun ici connaisse probablement Acrimed depuis longtemps,
    On chercherait à susciter un engouement populaire pour une guerre aux objectifs et à la durée indéterminés qu’on ne s’y prendrait pas autrement

    S’il y a un symbole qui peut indigner, émouvoir, ne serait pas aussi celui du piège qui s’est refermé depuis le 16 mars 2011
    place de la Perle ...

  • permalien Ph. Arnaud :
    23 mars 2011 @23h33   « »

    A tous

    Il est proprement stupéfiant que l’on utilise un porte-avion nucléaire, des avions Rafale et des bombes ultrasophistiquées pour démolir des tanks (ou des batteries de DCA) valant des centaines de fois moins que les instruments utilisés contre eux…

  • permalien marc :
    23 mars 2011 @23h38   « »
    suite

    @ Yvan
    Pour Longuet, est-ce que ce lien ne serait pas plus approprié ?

    @ Ph. Arnaud
    Je me faisait la même reflexion au début de sur l’Irak envahisseur, connaissant le prix des bombes et missiles guidés lasers dont on voyait de bien belles images à la télé

  • permalien Bert :
    24 mars 2011 @10h55   « »

    Effectivement, mais l’avantage de ces engins ultra-sophistiqués, c’est qu’ils sont utilisables depuis de longues distances, dans des conditions de sécurité optimum...pour le pilote.
    De plus, ces armes doivent être utilisées, pour entraîner les pilotes, pour en vérifier le bon fonctionnement, pour en valider le concept et pour faciliter l’écoulement des stocks du fabricant.
    En clair, rien ne vaut une bonne guerre, mais on le savait déjà.

  • permalien K. :
    24 mars 2011 @14h56   « »

    L’intervention militaire internationale dans le ciel libyen a été jusqu’ici majoritairement américaine

    Mais les Libyens sont persuadés qu’elle est française.

  • permalien Nathan :
    24 mars 2011 @16h11   « »

    Ceux qui veulent tchatter avec Bernard-Henri Levy - et je sais qu’il a de très nombreux fans sur ce blog - peuvent le faire à partir de maintenant sur le site du Monde.

    http://www.lemonde.fr/libye/chat/20...

  • permalien antiparapharmaciste primaire :
    24 mars 2011 @19h02   « »

    Un papier peut être sévère mais pas irréaliste me semble-t-il à propos de l’insurrection libyenne :

    - The resistance has foundered on its own indiscipline and farcical ineptitude

  • permalien Seb :
    24 mars 2011 @21h15   « »

    Mon beauf qui est tunisien et qui travaillait encore en Libye il y a quelques semaines prétend avoir vu un des sous-marins libyens prendre la mer avant que l’affaire ne prenne une tournure internationale.

    Un autre sous-marin aurait été ostensiblement exposé pour bien montrer qu’il n’était pas opérationnel.

    Evidemment, ma femme, qui n’est pas tendre avec son petit frêre, m’assure qu’il fait toujours tout ce qu’il peut pour se rendre intéressant et je partage de plus en plus son point de vue...
    On choisit ses amis mais pas son beau-frêre...

  • permalien le journal de personne :
    25 mars 2011 @14h48   « »

    L’érection

    Entre Sarkozy et Kadhafi… il n’y a que ça.
    Tout le reste c’est du blabla… un problème d’érection…
    chacun des deux s’efforce à montrer à l’autre qui est le plus viril des deux membres actifs…
    de l’hémisphère nord et de l’hémisphère sud.
    Qui assurera le coup et qui repartira avec la queue entre les jambes pour une longue traversée du désir.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/Erection/

  • permalien K. :
    25 mars 2011 @20h58   « »

    Dennis Ross a estimé qu’il ne s’agit pas d’une guerre mais d’une « opération humanitaire, » qui plus est « limitée » ("a limited humanitarian intervention, not war.").

    Ce qui a entrainé le courroux de Spencer Ackerman du site “Danger Room” : Que l’on soit d’accord ou pas avec cette guerre, l’appeler autrement est une arnaque.

    Toujours est-il que selon les prévisions de l’OTAN, “l’opération humanitaire”, qui a vu dans les 24 dernières heures la mise à feu de 16 missiles de croisières Tomahawk et 153 sorties aériennes, devrait se prolonger 3 mois.

  • permalien marc :
    25 mars 2011 @21h16   « »

    La question du coût d’un pélot (env 1x10e6E) pour liquider un char ne se poserait que dans la mesure de sa comparaison avec les retombées en matière d’approvisionnement en énergie.
    Chacun peut faire le calcul, et tenter un problème de baignoires sachant que, en Afghanistan le revenu annuel par habitant était de 335 dollars en 2006, population estimée en 2011, 29835392
    avec un PIB par habitant d’environ 40 dollars en 2007 (wikipedia)
    Personnellement je jette l’éponge, le coût humain m’interpellant davantage.

    @ Seb
    Votre belle famille pourrait être dans le vrai, celà pourrait signifier que Kadhafi et son entourage en sont restés au rôle clef des U-bots de la seconde guerre mondiale. (Condoléances, chacun le sien, le mien est "trader" :)

    Au niveau local, il serait édifiant de s’interroger sur le taux de réactions sur un problème de chiffons (185) versus un problème de politique internationnalle mettant en jeu des vies humaines (15) ...

    @ tous, merci pour les liens.

  • permalien Tanguy :
    25 mars 2011 @21h27   « »

    Merci pour votre article,

    Encore une pise en perspective du "décalage" qui existe entre la réalité et les discours des "politiques" dans les médias de masse.

    Un peu hors sujet, mais je voudrais appeler à manifester une opposition à cette guerre. Personellement, j’ai envoyé un mail de désaprobation à tous les membres "progressistes" de mon parlement qui ont voté l’entrée en guerre de mon pays.

    J’ai suivi l’appel lancé sur Beez-Libreinfo et ai utilisé quelques arguments développé sur leur page consacrée à la Libye.

    Ce genre de geste "ne change pas la face du monde", mais ne rien faire revient à marquer son consentement.

    Bien à vous,

  • permalien
    25 mars 2011 @23h39   « »

    Beez-Libreinfo, malgré les expression pleines de bon sens que l’on y trouve d’un rapide survol, semble être un site intéressant, certes, mais personnel. avec ce qui en découle :
    Pas très encore très vivant : participation, forces de proposition, fédération des initiatives, etc ...
    Ami belge (?), que pensez-vous de M. michel Collon ? ses infos, methodes d’invesigation, ... ?

  • permalien Kely Malaza :
    26 mars 2011 @14h38   « »

    Pauvres occidentaux !
    Au 21è siècle, vous pensez encore imposer vos dictats au monde.
    Et maintenant, c’est vous qui allez faire la révolution libyenne ? c’est vous qui allez faire le choix les dirigeants libyens ? au 21è siècle ? bravo !!
    Vous pouvez colporter vos crimes à des dirigeants arabes et africains vendus, mais non pas au monde entier.
    Une chose qu’on souhaite que vous vous mesurez à des adversaires qui pourraient vous répondre.
    S’en prendre comme une meute à un pays et semer la mort et la destruction, vous savez bien les faire.
    Vous pouvez illustrer par vos littératures ces crimes. Une chose est sûre que ça fait plus d’un siècle que ça dure.
    Décidemment,

  • permalien marc :
    27 mars 2011 @03h27   « »

    Certes, le point de vue des destinataires des missiles devrait être prioritairement entendu. Mais comme ils ont plus urgent à faire en ce moment que de poster ici, il nous faut faire avec ceux que l’on a, en gardant à l’esprit la distinction entre un peuple et son gouvernement, qui ont rarement les mêmes attitudes.
    sans se priver d’autres informations

  • permalien blackjak :
    29 mars 2011 @00h14   « »

    C ’est triste de constater que le regne de la force et de l’hypocrisie internationale sont legitimer par l’ ONU.
    tout laisse penser que l’occident se prepare a detruire le monde, pour des buts inavoués : le petrole heureusement que nous ne sommes plus dupes.
    Apres la Cote d’ivoire, la Lybie et les pays arabes, les interventions militaires de l’ONU vont legitimer un nouveau droit : celui des peuples a se defendre par tous les moyens.
    Nous autres Africains n’allons plus nous laisser faire.

  • permalien Francisco :
    30 mars 2011 @08h58   « »

    Détourner l’utilisation des forces armées et justifier une guerre contre une nation sous le prétexte d’y établir la démocratie et porter une “aide humanitaire” à la population est le plus gros mensoge inventé par les gouvernements occidentaux que ne pensent qu’à saccager le pétrole libyen. La tyrannie de Khadafi était connue pendant des décennies, pareil que celles d’autres pays arabes, Pourquoi ces gouvernements qui aujourd’hui se montrent si “démocratisants” n’ont pas dit un seul mot auparavant ? Et pourquoi ce silence sur Barhein , Arabie Saudite, Yemen et autres dictatures atroces ?
    On utilise l’hypocrisie de l’ONU pour inventer un “droit d’ingerence” néocolonial et légitimer des bombardements meurtriers qui ne vont pas affaiblir Kadhafi mais provoquer des milliers de victimes civiles appelés cyniquement “dommages collatéraux”. Ce qui veulent les puissances européennes et les Etats Unis c’est de disposer d’un régime soumis, installé dans la región de Benghasi, où se trouvent les plus grands gisements de pétrole. Le reste c’est du baratin pseudodémocratique.

  • permalien Zoubir :
    30 mars 2011 @17h21   « »

    Justice Minister Mostafa Abdeljalil
    ou encore
    Justice Minister Mustapha Abdeljalil
    ou encore
    Mustapha Mohammed Abud al Jeleil, Ministre de la Justice de Kadhafi jusqu’au 21 février 2011.

    Il serait donc un des libérateurs du (des) peuple(s) de Libye, il va lui falloir de bons alibis !
    Je me demande combien d’exécutions de peine de mort il a annulées ? ...
    Du sang sur les mains, non ... non de l’encre rouge.
    Purée, ’ils’ vont retenir son nom comme celui d’un héro...
    Mais alors, nos héros ... c’est pareil Papa ?
    un lien Amnesty
    http://www.amnesty.org/en/library/a...

  • permalien K. :
    21 avril 2011 @01h16   « »

    L’avion de guerre US Fairchild A-10 Thunderbolt II, déployé au début de la guerre en Libye, aurait l’inconvénient pour le complexe militaro-industriel d’avoir un rapport efficacité/prix bien plus élevé que celui d’avions beaucoup plus chers.

    http://www.lrb.co.uk/blog/2011/04/2...

  • permalien Nathan :
    7 octobre 2012 @12h36   «

    Contrairement à la vision conspirationniste/paranoäque généralement en vogue sur ce blog, l’article de Michael Lewis qui vient de paraître dans le magazine “Vanity Fair”, montre au contraire qu’Obama et ses conseillers étaient très indécis sur la question d’une l’intervention en Libye.

    L’article donne un aperçu très intéressant sur le processus de décision à la Maison-Blanche.

    Before big meetings the president is given a kind of road map, a list of who will be at the meeting and what they might be called on to contribute. The point of this particular meeting was for the people who knew something about Libya to describe what they thought Qad da fi might do, and then for the Pentagon to give the president his military options. “The intelligence was very abstract,” says one witness. “Obama started asking questions about it. ‘What happens to the people in these cities when the cities fall ? When you say Qaddafi takes a town, what happens ?’” It didn’t take long to get the picture : if they did nothing they’d be looking at a horrific scenario, with tens and possibly hundreds of thousands of people slaughtered. (Qaddafi himself had given a speech on February 22, saying he planned to “cleanse Libya, house by house.”) The Pentagon then presented the president with two options : establish a no-fly zone or do nothing at all. The idea was that the people in the meeting would debate the merits of each, but Obama surprised the room by rejecting the premise of the meeting. “He instantly went off the road map,” recalls one eyewitness. “He asked, ‘Would a no-fly zone do anything to stop the scenario we just heard ?’” After it became clear that it would not, Obama said, “I want to hear from some of the other folks in the room.”

    ……………………………….

    The people who operate the machinery have their own ideas of what the president should decide, and their advice is pitched accordingly. Gates and Mullen didn’t see how core American security interests were at stake ; Biden and Daley thought that getting involved in Libya was, politically, nothing but downside. “The funny thing is the system worked,” says one person who witnessed the meeting. “Everyone was doing exactly what he was supposed to be doing. Gates was right to insist that we had no core national-security issue. Biden was right to say it was politically stupid. He’d be putting his presidency on the line.”

    http://www.vanityfair.com/politics/...

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