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Qui sont les plus gros producteurs de films ?

mercredi 6 avril 2011, par Kristian Feigelson

La carte dessine une économie d’archipels, mêlant une concentration de flux de production de films autour de pôles traditionnels du cinéma comme Hollywood ou Bollywood dans le monde, et des aires totalement désertifiées comme l’Afrique.

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L’Inde produit deux fois plus de films que les Etats-Unis
Cartographie : Philippe Rekacewicz, 2011.

L’Asie apparaît comme un gros producteur de films, recoupant aussi des productions autres que la fiction mais circulant à l’intérieur de zones géographiques bien circonscrites. L’Inde est par exemple partagée en pôles régionaux autarciques tandis que nombre de films peuvent, comme en Chine, être produits sans être vraiment distribués à l’extérieur.

A la différence des grandes majors hollywoodiennes qui ont su depuis des décennies contrôler et réinvestir les marchés de la distribution à l’extérieur des Etats-Unis en exportant massivement leurs productions. Ce processus a souvent permis de déstabiliser des marchés nationaux, notamment en Europe centrale fragilisée par leurs économies de transition insuffisamment protégées où la production de films n’est plus prioritaire.

Cette Europe accueille plutôt des productions délocalisées de l’extérieur. La situation demeure inégalitaire à l’intérieur de sphères traditionnelles d’influence, avec la Russie qui redéploie aujourd’hui sa production jusqu’ici anémiée. En Europe comme dans quelques pays d’Amérique Latine, la production reste constante malgré des conjonctures économiques difficiles.

Globalement, le cinéma bénéficie toujours d’un fort capital symbolique mais la cartographie de ces flux de production ne signifie pas pour autant une circulation ou une distribution appropriée au niveau local. Au contraire, la fréquentation planétaire se focalise sur un petit nombre de films d’origine essentiellement américaine.

Kristian Feigelson est sociologue, maître de conférences à l’université Paris-III.

7 commentaires sur « Qui sont les plus gros producteurs de films ? »

  • permalien toto :
    7 avril 2011 @02h45   »

    Les pays arabes n’ont pas un grand cinéma !!! Il financent le cinéma hollywood !!!
    La carte n’est pas exhaustif car elle indique que le nombre de film, et pas les parts de marchés, les exportations de films, le nombre de spectateur par films...

  • permalien BAF :
    7 avril 2011 @18h37   « »

    Monsieur Feigelman,

    En tant qu’eminent sociologue, vous apprecierez sans doute que la simple consideration statistique du nombre de productions cinematographiques n’est pas un element tres important dans votre evaluation "quels sont les plus gros producteurs de films ?".
    Le critere important, me semble-t-il, est celui des considerables retombees economique de la production cinematographique au plan global. Depuis mes bureaux a New York et Los Angeles, je tiens ces
    donnees a votre disposition : plus de $100 milliards de contribution economique, hors "Bollywood". A mon avis plus important que les 800 productions "domestiques" indiennes. Combien de ces productions indiennes avez vous visionne avec vos amis depuis, oh disons dix ans ?
    Dans la bonne tradition, helas, du Monde Diplomatique, de plus en plus affirmee, un titre suffit a cacher la realite.
    Je vous remercie de votre commentaire.

    Bernard A. Friedrich
    Los Angeles, Californie

  • permalien Noella :
    8 avril 2011 @00h14   « »

    les productions "domestiques" ?Si le seul critère reste la diffusion en France , évidemment ...Bollywood n’est pas le plus grand producteur à côté de Chennai - Madras -, mais si il y a une certitude ,c’est qu’il ne s’agit pas de production "domestique" et que le marché indien s’étend hors de l’Inde .Les productions occidentales s’épuisent mais en Inde ,elles restent plus que vivaces !C’est un cinéma avec des spectateurs et pas seulement rapportant grâce aux produits dérivés !La comparaison avec le chiffre d’affaire en dollars n’est pas pertinente puisqu’il n’est pas seulement plus productif ; il est largement meilleur marché !Et si on revient en France , combien de spectateurs hors France voient du cinéma français ?Notamment aux U.S.A ?L’inde est le pays du cinéma , tout comme le furent à une certaine époque les U.S.A ; ce qui n’est plus le cas .IL y avait une réelle production multiculturelle auparavant , notamment en Egypte..Le rêve de toutes les faire disparaître comme cette dernière au seul profit d’Hollywood va se cogner à la réalité indienne qui elle ne nie pas la réalité hollywoodienne.Et je peux garantir que quand ce cinéma est découvert et diffusé , il fait des adeptes et saura en faire ,car il a conscience qu’il ne saurait se limiter à une diffusion "domestique" !

  • permalien Basudha :
    8 avril 2011 @17h16   « »

    Ce qui me dérange dans cette article c’est que le créateurs réduit le cinéma indien à Bollywood hors, je suis désolée mais c’est pas le seul genre de cinéma en inde, il ya tollywood, kollywood, mollywood sandalwood, le cinéma bengali et j’en passe. Ce n’est donc pas bollywood qui produit le plus de film au monde mais le cinéma indien dans son ensemble, puisque bollywood ne définit qu’un style parmis tant d’autre en Inde. Vous devrier revoir votre étude.

    Celà dit si on calcule tout les chiffres de chaque production de chaque style on en arrive à en conclure que effectivement l’inde et le plus grand producteur de film au monde, mais pas forcément le plus grand distributeur à travers le monde puisque bizarement beaucoup de pays occidentaux font un blocage lorsqu’il s’agit de diffuser des films indien, dont la france en tête !!! Les seul exception en europe sont, le royaume unis, les pays bas, l’autriche et l’allemagne.

  • permalien jgn :
    11 avril 2011 @08h13   « »
    Qui sont les plus gros matraqueurs ?

    La lecture de ses commentaires est souvent au moins aussi édifiante que celle de l’article censé leur servir de support ; elle permet, pour le moins, de prendre la mesure de ce que l’illettrisme s’est installé dans les mœurs comme une normalité parfaitement admise.

    Ne voit-on pas ici, sur le site du Monde diplomatique, dont le seul titre devrait inciter certains à la prudence, des commentateurs ne sachant pas même déchiffrer le nom de l’auteur et, restant dans la seule bulle de leur fantasme, en travestir la graphie ? C’est ainsi que, pour d’aucun, Feigelson s’écrit désormais Feigelman !

    S’il est au moins une raison à cette négligence, nous la devons au cinéma qui, par sa formidable machinerie, a réussi là où d’autres mécaniques avaient échoué : sidérer à ce point les consciences qu’elle nous en fait oublier le réel et ses éléments, au rang desquels, on pouvait encore compter l’écriture qui s’avéra, durant des millénaires, le seul système de représentation dont disposait la domination pour rendre compte de sa version du réel.

    Les États-unis ne s’y sont pas trompés qui, assez rapidement au regard du caractère récent de l’invention technique, ont littéralement submergé, c’est-à-dire ENVAHI le monde de leur production.
    N’en déplaise à certains commentateurs qui, manifestement ne savent pas lire, il est rendu compte dans l’article - dont le titre est pourtant très clair et précis - de ce que "la fréquentation planétaire se focalise sur un petit nombre de films d’origine essentiellement américaine."

    Même si la richesse générée par une telle fréquentation peut intéresser certains depuis leur officine "a New York et Los Angeles", ce n’est nullement là ce qui me semble à considérer de cette véritable machine de guerre.
    Dirigée contre toute production intellectuelle autonome qui remettrait en question un état de fait, par ailleurs imposé par d’autres méthodes et avec d’autres armes, l’hégémonie nord-américaine - c’est-à-dire marchande -, l’industrie de la distraction est une industrie de l’écrasement des consciences, afin que celles-ci ne résistent pas à l’ingestion de tout ce qu’on peut leur faire avaler dans le cours même de leur sidération.
    Et cette sidération est en effet expérimentée par le cinéma quand ses décors et ses scénarios doivent ensuite se retrouver en grandeur réelle et en 3D dans la vie de tous les jours. En attendant, c’est effectivement un décor de remplacement qui aura été installé dans nos consciences, y installant la terreur et le catastrophisme sortis tout droit de cette industrie hollywoodienne, et sur le mode de laquelle se seront calquées sans plus guère de différence - puisque c’est désormais la norme, le canon admis - toutes les productions de l’industrie planétaire de la distraction, quelle que soit leur localisation.

  • permalien Julien Paris :
    12 avril 2011 @14h01   « »

    Je commence une thèse sur l’industrie des séries TV en Turquie, via une approche cartographique, et je me demandais quel outil SIG vous aviez utilisé pour produire les cartes sur votre blog. Comme tout étudiant, je suis à la recherche de logiciels de SIG intuitifs et surtout opensource.

    Voici l’adresse de mon carnet de recherche, très récent donc encore peu fourni : http://devam.hypotheses.org/

    Merci d’avance !

  • permalien Daniel Sauvaget :
    12 mai 2011 @14h14   «

    Avant toute critique, contestation ou approbation, il serait nécessaire de bien définir l’objet dont on parle : qu’est-ce qu’un film ?
    Le terme n’englobe pas le même type de production en France (en termes juridiques et réglementaires et en matière de financement, et d’éventuels concours de l’Etat) que dans bien des pays, même voisins. La distinction, voire la discrimination, entre oeuvres de fiction ou documentaires (a priori : de long métrage !) relevant de "l’audiovisuel" et celles qui appartiennent au "cinéma" (c’est-à-dire à la diffusion en salles, prioritaire, ou principale, voire unique) n’existe pas partout et ne court pas le long des mêmes frontières.
    Et la multiplicité des actuels modes de diffusion et de rémunération ne simplifie pas la compréhension de statistiques en réalité hétérogènes.
    (à mon avis, cher KF)

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