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Le peuple est-il un enfant ?

lundi 11 avril 2011, par Alain Garrigou

Dans la polémique sur les révélations de Wikileaks [1], un ancien ministre des affaires étrangères français s’indignait sur les plateaux : la politique était selon lui comme les familles, il y a des histoires qu’on ne raconte pas aux enfants. Il faut une certaine fatuité pour oser cette comparaison. Hubert Védrine ne se rendait pas compte qu’il reprenait la vieille justification des élites aristocratiques quand elles refusaient le droit des peuples. Ils n’étaient que des enfants. Le triomphe de la démocratie n’a donc pas balayé le préjugé. Il reste toujours des hommes assez persuadés de leur supériorité pour penser que la politique est réservée aux gens comme eux. Tout en ne doutant pas un instant de leur républicanisme. Hubert Védrine était trop indigné pour voiler son arrogance d’un peu de discrétion. Il donne ainsi des raisons de douter d’une supériorité dont il croit qu’elle l’autorise à la manifester.

Mais ajouteront les esprits bien pensants : il s’agit de politique internationale où le secret a toujours été légitime puisqu’il en va de la sécurité des Etats et de la vie des hommes, que notre époque dangereuse justifie encore plus qu’on le cultive. Les journaux ont expliqué avoir pris des précautions. On ne découvre aucune révélation vitale mais tant pis. Viendrait-il à l’esprit de ses partisans que la diplomatie secrète a quelques défauts suffisamment graves pour que le président Woodrow Wilson ait prétendu l’interdire dans ses quatorze points de janvier 1918.

Les relations internationales sont-elles un domaine aussi exceptionnel ? Il suffit que le peuple déçoive les élites pour que son incapacité soit suggérée sinon accusée. On a vu poindre le verdict avec le référendum sur l’Europe de 2005. Il faut bien croire que l’enjeu était à la portée de tout le monde puisqu’il était soumis à référendum. La classe politique et médiatique l’approuva d’ailleurs à 90 % environ. Quand les électeurs s’avisèrent de donner une majorité au « non », il fallut que cette majorité n’eût pas compris pour rejeter le texte. Trop long, découvrit-on d’ailleurs, mal rédigé, etc… Personne n’avait pu le lire, sous-entendu ceux qui avaient voté « non ». Et les commentaires de retrouver tous les clichés de la psychologie des foules pour disqualifier un peuple inculte, émotif et trompé [2]. Il s’était d’ailleurs si bien trompé qu’on ne le fit pas voter à nouveau comme dans quelques pays voisins mais qu’une nouvelle mouture du texte désignée comme traité de Lisbonne fut ratifiée par le parlement. Le référendum a peut-être reçu un coup mortel dans ce tour de passe-passe où les élites ont démontré qu’elles y voyaient une procédure de ratification de leurs décisions. Pourtant, les mêmes dirigeants stigmatisent ensuite l’incivisme des abstentionnistes : forcément une manifestation de légèreté politique. Il n’est pas si facile d’avoir un peuple à sa convenance, assez actif pour voter mais voter bien, s’intéresser à la politique mais modérément. La crainte des foules révolutionnaires d’antan a disparu mais le peuple est demeuré infantile puisqu’il déçoit toujours les élites. Trop passif ou trop actif, jamais tout à fait à la hauteur.

Les sondages offrent un autre exemple paradoxal où un instrument légitimé comme démocratique s’adresse à un peuple pas tout à fait capable de le comprendre. Il est aisé de comprendre que les sondés ne sont pas forcément sincères et qu’il faut redresser les chiffres dits bruts quand on peut le faire. Ce n’est le cas que pour les intentions de vote mais ce type de sondage occupe une place importante. On sait que les sondeurs ne veulent pas communiquer les chiffres bruts mais seulement les chiffres corrigés. Tyrannie de la transparence, osent les plus exaltés, peu soucieux de contradiction car on croyait que les sondages contribuaient justement à la transparence. La transparence mais pas quand elle nous dérange, a-t-on compris. Secret de fabrication, répètent plus prosaïquement les autres, faisant valoir la concurrence entre eux. C’est bien sûr un argument commercial qui contredit la revendication de scientificité. Règle intangible : un résultat scientifique n’est validé qu’avec la publication de tous les éléments de la démonstration. On ne dit pas que les sondages devraient être rangés au rang des médicaments dont il serait inimaginable de justifier le secret de la composition mais on ne voit pas comment la concurrence pourrait justifier une dérogation spéciale. Le faux bon sens vient facilement au secours : un grand chef ne divulgue pas ses recettes. Il faut ne pas lire les revues gastronomiques pour soutenir cette contre-vérité. Et les sondeurs prétendent-ils faire de la cuisine ? En politique, l’argument est pour le moins maladroit. Pour être, lui aussi, si souvent répété, il faut croire que l’esprit critique est très érodé. La véritable raison ne sera pas révélée : les sondeurs ont peur que les sondages y perdent du crédit. Qu’en somme, ils soient ramenés à ce qu’ils sont.

S’il ne s’agissait que de quelques corrections à la marge, le crédit des sondages n’en serait pas affecté. Mais si les corrections sont amples ou en d’autres mots si les sondages mesurent directement si mal qu’il faut considérablement corriger, comment peut-on encore leur faire confiance ? Certes, pourrait-on les consoler, c’est un art de corriger et plus ils le font et surtout s’ils le font bien, plus leur travail est bon. Un bon bricolage sur un mauvais outil, cela ne fait pas leur affaire. Ils préfèrent les mystères de la magie. Comme la plupart des humains, les sondeurs raisonnent moins sur une philosophie générale et inavouable de leur métier que sur des cas concrets. Comment les gens comprendraient-ils la publication des chiffres bruts du FN ? 7% pour arriver à publier un chiffre de 14%. « Les gens ne comprendraient pas », assurent-ils, qu’il faille multiplier par deux ce pourcentage pour approcher le chiffre supposé réel des intentions de vote. Chiffre réel est d’ailleurs une contradiction puisque les intentions de vote n’ont que la réalité des sondages, surtout longtemps avant les élections et n’ont guère de valeur que peu de temps auparavant. Mais, il suffit de croire qu’en toute vraisemblance, les votes du FN se situent près de ce niveau corrigé. Quand il y aura des élections.

Voila donc un outil qui se justifie par la démocratie, qui prétend introduire la transparence de l’opinion dans les affaires publiques et qui défend au peuple de citoyens et de sondés de savoir. Bien sûr, ils ne le disent pas dans la presse car ils sentent le risque d’avouer leur préjugé d’un peuple mineur. Ce serait en contradiction avec leurs besoins de sondés conscients et informés que la représentativité des échantillons assimilent à toute la population. Ils en ont trop besoin pour paraître les mépriser. Ils avouent donc mezza voce leur piètre idée de la compétence des citoyens. En privé par contre, ils ne se gênent plus pour dire qu’ils ne comprendraient pas. Eternelle schizoïdie des marchands qui flattent leurs clients et les méprisent à la fois. Comment les sondeurs savent-ils que les « gens », comme ils les appellent, ne sont pas capables de comprendre les corrections ? Ils n’en ont pas fini avec la vieille conception censitaire du peuple enfant.

Notes

[1] Cf. Serge Halimi, « Le secret et les fuites », Le Monde diplomatique, janvier 2011.

[2] Lire « Un air de contre-révolution », Le Monde diplomatique, janvier 2006.

20 commentaires sur « Le peuple est-il un enfant ? »

  • permalien biojm2 :
    11 avril 2011 @14h42   »

    A force de nous prendre pour des idiots, surtout avec le TCE, toute cette bandes d’escrocs de politiciens mériteraient que l’on y mette La Pen en 2012 quitte a ce que ce soit le bordel pour s’en dépâitrer. Après tout c’est notre vie et notre société, elle n’est pas a eux. Je précise que j’ai toujours été anti Le et La Pen mais que là, les autres commencent, eux aussi, sérieusement a me déranger.

  • permalien HN :
    11 avril 2011 @17h30   « »

    Pourtant, les mêmes dirigeants stigmatisent ensuite l’incivisme des abstentionnistes : forcément une manifestation de légèreté politique.

    Abstentionnisme qu’ils ont eux-mêmes appelé de leurs vœux lors des dernières cantonales, afin de ne pas soutenir le camp adverse... Pour finalement le mettre en cause dans leur défaite.

    C’est toujours l’abstentionnisme qui fait perdre, jamais leur médiocrité. Là où ils restent très fort, c’est encore pour faire passer les vessies pour des lanternes.

    Cdlmt

  • permalien wildleech :
    11 avril 2011 @18h37   « »

    Aujourd’hui les niveaux généraux de connaissance et de culture ne sont plus ceux d’un enfant.
    Mais les classes dirigeantes désirent-elles des populations réellement responsables ou juste des populations "bien" éduquées ?

  • permalien psimon :
    11 avril 2011 @20h09   « »

    Il est étonnant de voir nos hommes politiques nous expliquer que là (la BCE par exemple) c’est trop technique, ou que le temps leur manque.

    Effectivement, il vaut peut-être mieux (pour eux) qu’un grand secret entoure leur décision sous peine de révolte ou de colère.

    Ils sous-estiment le "bon sens populaire" (il suffit d’observer le mépris associé à l’expression).

    Pour mémoire, la transparence est un pré-requis (pas une option !) de la concurrence parfaite. Chiche ?

  • permalien André :
    12 avril 2011 @08h00   « »

    La démocratie vient toujours du peuple, le citoyen à un pouvoir bien plus grand qu’un bulletin de vote.

    Tout individu peut envoyer des mails directement aux ministères, aux élus, aux journalistes pour dire sont opinion.

    Combien d’entre nous on le courage de le faire ???

    Que se passerait il si 1 million de personnes (sur 70 millions) avaient cette démarche ???

    J’ai trouvé un site de démocratie participative unique.
    Il permet de déposer des idées pour sa commune afin d’améliorer ce qui peut l’être.

    http://www.idvilles.com

  • permalien Bruno :
    12 avril 2011 @08h42   « »
    Mélenchon plutôt que Le Pen !

    D’ailleurs, JL.Mélenchon dénonçait les sondages piteux qui, plaçant la Marine au 2ème tour en 2012, servent surtout à favoriser l’UMP et le PS.

    http://www.jean-luc-melenchon.fr/20...

    “Pourquoi cet outil est-il un artefact ?
    A l’entrée, le questionnaire et la façon de questionner biaise les réponses.
    Au milieu, le redressement des résultats bruts obtenus de cette façon est une alchimie de rebouteux.
    A la sortie, la répétition du résultat crée une réalité même si elle n’existait pas avant.
    Les ouvrages de référence sur ce thème ne manquent pas. Ceux qui établissent le caractère scientifique de ces enquêtes n‘existent pas, tout simplement.”

  • permalien chamil :
    12 avril 2011 @10h08   « »
    Un peu de réflexion.

    Pourtant, Pierre Bourdieu rappelait que l’opinion selon laquelle tout le monde précisément a une opinion sur tout est tout autant un leurre, voire une croyance typique des dominants.

    Ne remontons pas au Cens caché de Daniel Gaxie ou Les Partis politiques de Roberto Michels qui feraient passer Hubert Védrine pour un doux réveur.

    Dans un monde où la spécialisation des activités est une réalité toujours plus croissante, il paraît peu discutable que les relations internationales ne sont pas maîtrisées de la même manière par un diplomate, un "CSP++" lecteur régulier du Monde diplo et le spectacteur régulier, peu ou pas diplômé, de TF1.

    Le dire n’est pas être antidémocrate : bien au contraire, le démocrate doit chercher à élever (par l’école publique, par un service public d’information de qualité, par une politique culturelle digne de ce nom, etc...) le niveau de connaissances des citoyens.

    D’ailleurs, n’est ce pas au fond le même postulat de l’inégalité des compétences à un moment T qui fonde le rapport asymétrique entre Mr Garrigou, un des grands politistes français légitime à parler de la construction sociale de l’opinion, et les étudiants qui viennent "se former" à ses cours ?

    Allez, un peu d’humour tout de même...

  • permalien Shiv7 :
    12 avril 2011 @11h07   « »

    Il est étonnant de voir nos hommes politiques nous expliquer que là (la BCE par exemple) c’est trop technique, ou que le temps leur manque.

    Loin de moi l’idée de défendre les hommes politiques et l’obscurité dont il se drapent pour arriver à certain résultats.

    Mais d’un autre coté il faut bien admettre que notre civilisation est arrivée à une telle technicité spécifique dans tous les domaines, qu’il est impossible pour un non initié d’y comprendre quelque chose, y compris pour les politiques eux même*, car le propre de la politique est non seulement de régir les rapports entre les hommes, ainsi que les rapports entre ces dernier et le pouvoir, mais surtout de médiatiser les rapports entre les hommes et leur milieu ambiant, qui précisément devient incompréhensible par sa complication, pour la majorité d’entre nous.

    Dès lors, l’idée même de démocratie devient complètement illusoire, et la dictature des élites et spécialistes technocrates cantonnés dans leur sphère, une réalité ontologique incontournable.

    Non seulement le peuple est un enfant, mais nos représentants, spécialistes technocrates et élitistes de tout poils tout autant, ce qui me fait émettre l’hypothèse que le réel problème est qu’il n’y a plus de parents nulle part (si il n‘y a plus de parents, il n‘y a non plus, plus d’enfants, ne reste que des individus désabusés qui s’accroche à des simulacres de pouvoir..), nos sociétés étant comme un navire sans capitaine, voguant en mode aléatoire au grés des alizés du profit immédiat et de l’ambition sans lendemain.

    *Dès lors ou le sujet n’est pas la politique elle-même., ce qui est en soi une tautologie (la politique pour elle-même), comme on le voit lors d’élections, ou le but, n‘est pas la médiatisation de l‘homme avec son milieu, mais la simple promotion de slogans au profit de l’ambition d‘individus ou de groupes sectaires déconnectés de la réalité, ou plutôt vivant leur propre réalité fermée en boucle sur elle-même.

  • permalien Yvan :
    12 avril 2011 @12h43   « »

    Et même si le peuple était un enfant... en quoi ça justifierait l’amour malsain pour les enfants des "élites" ?

    A l’attention du censeur : un amour malsain pour les enfants, en politique ça s’appelle du "populisme", quand l’enfant considéré est le peuple.

    Ce n’est pas la peine de faire un blog sur le "régime d’opinion", si c’est pour supprimer les messages dès que le mot "pédophile" est écrit. A moins que votre conception de l’opinion soit limité à un traitement TOR de l’information comme les études que vous prétendez dénoncer.

  • permalien Fa :
    12 avril 2011 @12h53   « »

    A Yvan :

    A l’attention du censeur : un amour malsain pour les enfants, en politique ça s’appelle du "populisme", quand l’enfant considéré est le peuple.

    Moi aussi, j’avais été choquée de voir votre commentaire supprimé.
    Comme quoi, le censeur peut être complétement à côté de l’article... et effacer aussi mon commentaire ;-)

  • permalien
    12 avril 2011 @14h12   « »

    Enfant ou PRIMATE ??

    Comparer "le peuple" à un enfant c’est suggérer qu’un enfant est bête, au point que plutôt que de lui expliquer comment fonctionne la procréation, on leur raconte des histoire sur les cigognes......

    Papa fait l’amour avec maman.....Cliché de notre civilisation catholico - chrétienne, qui nous interdit de "tout" dire aux enfants....

    Mais les peuples européens d’aujourd’hui, baignés dans leur inculture crasse, font plus penser à des primates qu’a des enfants.

    La citoyenneté européenne, est un poids très lourd à porter. Elle est assumée par quelque millions d’individus, et subie par des centaines de millions d’autres individus à travers le monde.

    Le poids de cette citoyenneté exige un citoyen expert, mais aussi et surtout un citoyen HUMAIN !!

    Or aujourd’hui encore on glorifie les guerriers, les avares et les égoïstes, qui servent de modèles à nos sociétés. Tous ceux qui font entendre une voix pacificatrice sont réduits à l’état de "bobo idéaliste" et classés comme "non réaliste".....

    Tant que le culte de la performance constituera l’alpha et l’oméga de la vie occidentale, le peuple sera un primate qu’on ne pourra pas libérer de ses chaînes sans une certaine appréhension..

  • permalien Dominique LAIRE :
    12 avril 2011 @17h34   « »

    André,
    Quand on en appel à la « démocratie participative » il faut manier la chose avec précaution. Cette démocratie participative a été développée au travers du « Livre Vert » dont l’auteur n’est autre qu’un certain Mouammar Kadhafi. On connaît le succès remporté par ce concept en matière de démocratie.

    Envoyez donc des mails à qui vous voudrez, ça ne mange pas de pains, personnellement je m’en tiendrai à la démocratie représentative majoritaire avec ses règles en matière « d’électeurs » et « d’élus ». Si celle-ci est mâtinée avec une représentativité proportionnelle, pourquoi pas.

  • permalien schmurrr :
    12 avril 2011 @17h51   « »
    Là n’est pas la question

    La question de la transparence est posée en terme d’enfance - et d’infantilisation - pour ne pas réveiller le monstre : le peuple est une multitude, le peuple est une foule, et sa réaction à telle information est imprévisible pour cette raison.
    Les dirigeants sont des individus qui se regroupent en cercles de pouvoir, et qui craignent l’anonymat et la multitude des foules.
    Les nouvelles technologies, si elles rendent les réactions de foules - comme le lynchage - plus immédiates et pas forcément plus virtuelles, permettent aussi à la foule de construire ses cercles de savoir et de pouvoir, plus vastes, plus complexes, et finalement de construire des continuités de comportement qui la rende plus acceptable et moins monstrueuse pour les cercles de pouvoir.
    Un jour peut-être, c’est l’individu et non la foule qui sera le monstre, dans sa discontinuité.

  • permalien ghaldec :
    12 avril 2011 @20h19   « »

    L’infantilisation commence avec l’idée de représentation elle-même, qu’un penseur comme Castoriadis trouvait insultante, en plus de reposé sur une mystique mal-assumée.
    Ces représentants, qu’en effet l’on désigne à défaut de pouvoir se prononcer sur les lois elles-mêmes, car eux seuls seraient assez experts... Ainsi, l’on demande aux citoyens de se prononcer sur ceux qu’ils estiment être les meilleurs experts, tout en affirmant ces citoyens inexperts — nous serions capables de choisir ceux qui choisiront ensuite, mais incapable de se prononcer sur la valeur d’une loi si ce n’est par un sondage... La "démocratie" représentative a depuis toujours été défendue au nom d’un élitisme (aristocratisme) voué à l’établissement d’une oligarchie (aussi libérale soit-elle), et n’est défendable qu’à partir du préssuposé d’une incapacité des citoyens, ainsi toujours maintenus dans le statut de mineur (au sens Kantien) — et de fait, les élites candidates au statut de représentants ont toujours craint que le pouvoir réelement remis au peuple ne conduise à trop de revendications sociales, qui remettraient en cause le doux confort que leur procure le maintient des inégalités économiques. En un mot, il faut bien etre inégaux politiquement pour qu’on puisse être sur de continuer à l’etre sur le plan économique...

  • permalien marc :
    13 avril 2011 @03h31   « »
    Oui, mais il n’en est plus à sa première dent !

    Le peuple est-il un enfant ?
    Oui, mais il n’en est plus à sa première dent :

    "Le triomphe de la démocratie n’a donc pas balayé le préjugé"
    Triomphe de la démocratie ? on envie votre optimisme !
    n’est-on pas déjà bien engagé dans la dictature par les médias, le fichage, les guerres en cours ?

    "On ne découvre aucune révélation vitale"
    Qui ? la majorité, le peuple ? n’est-il pas endormi ?
    Mesurons qui ne découvre pas ...

    Sarkozy et Vedrines en sont au même point que Wilson :
    le déni.

    La date du ratification du traité de Lisbonne par le parlement est une date sur laquelle les historiens, s’ils existent encore détermineront la fin de la démocratie en Europe.

    S’il ne le disent pas dans la presse c’est tout simplement que le Peuple n’existe plus pour la presse :
    Cit-git la souveraineté populaire.

    @ André
    envoyer des mails directement aux ministères, Est-ce du courage ou un espoir vain, utopique ?
    cf Coluche : cause toujours / la démocratie

    @ Bruno
    Reconnaissons à M. Garrigou l’art de monter une catapulte ...
    Avec JLM comme serveur de pièce d’artillerie, pourquoi pas ?

    @ Yvan & Fa
    Les suppressions de posts, quand ce n’est pas une question de taille,
    Ca sert à qui ? Encore une timidité d’universitaire ? ou ?
    Vrai qu’après avoir mis du temps à comprendre, ils dégustent maintenant.

    @ M. LAIRE
    Démocratie participative ? façon conseils de quartiers ?
    Pour y croire tout en les laissant continuer à foncer dans le mur ?

  • permalien balley Houssein :
    14 avril 2011 @16h55   « »

    si les peuples éduqués d’Europe sont qualifiés d’enfants que faut-il penser des peuples Africains illettrés ?

  • permalien Shiv7 :
    14 avril 2011 @18h21   « »

    @balley Houssein :

    Un enfant de 10 ans sait lire, ça ne fait pas de lui un adulte.

    Ce n’est pas parce qu’une personne est illettrée, qu’elle n’est pas éduquée.

    L’éducation en dernière analyse étant la faculté de survivre indépendamment de ses parents dans un milieu ambiant.
    Le milieu actuel, je vous l’accorde, impose de savoir lire, mais pas pour être mieux éduqué (dans l’absolu) ou plus évolué, mais simplement pour survivre dans les conditions ambiantes.

    De plus l’éducation telle qu’elle est conçue dans nos sociétés modernes à pour but principal, la survie de l’individu à des fins de rendement optimum, afin d’engraisser un peu plus l’ultra libéralisme économique mondial, faisant fi de l’intérêt holistique (bonheur, éthique, etc.) de la personne humaine.
    En toute rigueur on ne peut plus parler d’éducation, mais plutôt d’endoctrinement à des fins de profits exponentiel.

    Le langage écrit n’est qu’une façon de communiquer qui par rapport à l’orale à l’avantage de pouvoir stoker (dans le temps), puiser et répandre (dans l’espace) une grande quantité d’informations formatées statiquement (sans changement entre la source et la réception).

    Il a par contre le désavantage de faire abstraction du coté vivant* de l’oral, (c’est de la parole en boite), c’est pourquoi les grands maîtres de l’antiquité préféraient ne pas écrire, car l’écris fait abstractions des différences capacitives et captive entre les personnes qui reçoivent le message. Il peut aussi amoindrir la mémoire.

    (Pour plus de détails voir les études très complète de Mc Luhan, puisque vous savez lire.., sur l’évolution des médias de l’oral à l’ordi (Net) et leurs implications sur les sociétés humaines)

    * ainsi, par analogie, les premier jazz men noir refusaient d’enregistrer des disques pour ne pas tuer la vie de leur musique.

  • permalien Marmar :
    15 avril 2011 @21h37   « »

    Les hyperrentiers milliardaires de l’hyperclasse contrôlent la grande majorité des groupes financiers , mediatiques, des instituts de sondages et promeuvent leurs cireurs de bottes dans l’arène politique. A combien de fois estiment -ils leur richesse financière par rapport à la production mondiale : plus de 10 fois ? Comptes plantureux dans les paradis fiscaux pour leurs cireurs de bottes, la censure et la trique pour les autres. Mais ça commence à se savoir.

  • permalien londo :
    21 avril 2011 @20h19   « »

    Ne faut-il pas beaucoup de niaiserie ou de mauvaise foi pour croire que les peuples sont forcement éclairés ?

  • permalien guyôme :
    19 juin 2011 @13h39   «

    "Le triomphe de la démocratie n’a donc pas balayé le préjugé."

    En disant cela sous entendez-vous que la France soit démocratique ? Si oui, il serait intéressant d’avoir quelques arguments dans la mesure où l’argument central de votre texte est qu’en fait peut importe le peuple puisqu’il vote ce qu’on lui dit de voter, ou au pire que l’on ne prend pas en compte son vote... démocratie ? J’ai besoin d’explication(s), s’il vous plait.

    ps : si l’on pouvait éviter d’utiliser les impensés qui fondent nos actions collectives lorsque l’on cherche à mettre en perspective tout ce bazar, ça serait pas mal cool...

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