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Partie 1 : après les « PIGS », le tour des Etats-Unis et du Royaume-Uni ?

Les deux gros cochons

mardi 26 avril 2011, par Frédéric Lordon

Ainsi donc il va falloir envisager d’agrandir la porcherie… Car deux fameux gorets tapent du groin à la porte.

Au commencement, ils étaient trois petits – les cochons. Grèce, Portugal, Espagne. Et comme il fallait un « I » (pour bien faire PIGS), on eut d’abord l’idée de l’Italie – puisque les crottés sont nécessairement les Méditerranéens. Sauf que ce fut l’Irlande. Et la théorie financière des types et des climats connut un premier accident. La pauvre se prépare des lendemains scientifiques difficiles. Car voici que les Etats-Unis – et bientôt sans doute le Royaume-Uni – commencent à faire parler d’eux. Evénement dans le landerneau des marchés, Standard & Poor’s, le 18 avril, a confirmé le triple-A de la dette souveraine étasunienne, mais en la plaçant sous surveillance négative (outlook negative), avec probabilité d’un tiers d’une dégradation ferme à horizon de deux ans. Se peut-il que la race des seigneurs finisse se roulant dans le purin et poussant grognements ?...

Comme par un effet d’habitat préféré, la finance, culturellement anglo-saxonne, a toujours eu un faible pour ses appartenances. Seule en tout cas une sorte de privilège d’anglo-saxonnité parvenait à rendre compte de certaines distorsions du jugement financier, comme par exemple celle qui cloue le Portugal et l’Espagne au pilori quand la situation objective du Royaume-Uni et des Etats-Unis n’est pas beaucoup plus reluisante (si elle n’est pas plus mauvaise). Les Etats-Unis ont des déficits et des dettes plus dégradés que le Portugal ; l’Espagne, qui est le « meilleur » des quatre (sur la base de ces deux ratios), fait mieux que le Royaume-Uni [1]. Seule la croissance met les Anglo-saxons en position avantageuse, et pour cause : les Britanniques, hors de l’UEM (Union économique et monétaire), ont fortement dévalué la livre (presque 30% contre l’euro), quant aux Etats-Unis, en général grands pourvoyeurs d’anathèmes théorico-idéologiques mais à l’usage des autres, eux n’ont pas eu la bêtise de se mettre sur le dos l’invraisemblable carcan des Européens et mènent depuis trois ans une politique économique puissamment expansive avec déficits à gogo et monétisation à peine dissimulée (quoique encore recouverte de l’aimable euphémisme de Quantitative Easing…)

Par un de ces revirements qui font tout son charme, le commentaire financier est passé de l’état d’alarme lundi 18 avril à la grande placidité mardi 19. On lui accordera à la fois que la nouvelle avait en soi de quoi faire de l’effet et que, assez paradoxalement, les marchés y ont réagi avec une grande modération : passé un pic soudain de quelques heures, le rendement des US Treasuries est revenu à son niveau initial, voire un peu en dessous. Pour achever de banaliser l’événement, on rappelle des épisodes antérieurs de mise sous surveillance négative : le Royaume-Uni en mai 2009, avant d’être restauré dans sa « perspective stable » en octobre 2010 (après le premier budget Cameron-Osborne), ou encore les Etats-Unis déjà en 1996, et pour une situation similaire de blocage politique de « cohabitation » à propos du relèvement du plafond de dette autorisée, manière de dire qu’une surveillance négative, on en sort…

Royaume-Uni : impasse totale de politique économique ?

Passé le coup de semonce de l’annonce, aussi bien les opérateurs que les commentateurs de la finance semblent revenir à leur tropisme de « l’habitat préféré » et faire peu de cas d’une « péripétie ». Il ne faudrait cependant pas pousser trop loin la posture de la grande décontraction. Car la comparaison des Etats-Unis 1996 vs. 2011 n’a pas la moindre pertinence (voir partie 2, à venir). Quant au Royaume-Uni, il s’en est passé depuis 2009, et pas dans le sens du mieux – contrairement à ce que penseront spontanément les investisseurs qui obtiennent des gouvernements à peu près tout ce qu’ils veulent. En l’espèce ils auront été servis au-delà de toute espérance avec le budget 2011 dont la dureté est spécialement faite pour leur plaire. Car le Royaume-Uni se donne pour objectif de faire passer le déficit de 11,1% de PIB pour l’année fiscale 2009-2010 à… 1,5% pour 2015-2016 [2] et à faire baisser le ratio Dette publique/PIB à partir de 2014-2015 [3]. On voit d’ici l’ampleur de la contraction. Seule la magie des accommodations purement verbales à base de « rilance » (Christine Lagarde) ou de « budget for growth » (George Osborne) peut faire croire que de la croissance puisse suivre de pareil traitement. Le Royaume-Uni apporte donc son aimable contribution à la coordination dépressionnaire européenne – et en recueillera lui aussi les prévisibles effets : la prévision de croissance britannique pour 2011 a déjà été réduite de 2,1% à 1,7%, à l’image des enlisements de la Grèce et du Portugal dans des restrictions budgétaires identiquement self defeating.

De la particularité inflationniste…

Mais la particularité britannique, car il y en a une, viendra probablement de la politique monétaire, et pas pour le meilleur. Car, singulier au milieu des pays européens, le Royaume-Uni connaît une inflation dont on avait perdu jusqu’au souvenir – et le projet de budget 2011 est bien obligé de faire avec une hypothèse supérieure à 4% voire atteignant 5%. Il est vrai que le budget précédent n’a pas aidé en cette matière en faisant passer le taux standard de TVA de 17,5% à 20% – dont les effets en termes de recette fiscale nette n’ont d’ailleurs rien d’évident si l’augmentation de taux est dominée par la contraction de la base qui en résultera du fait de la baisse de la consommation. Mais l’inflation britannique a aussi pour origine la dépréciation de la livre. Disons tout de suite que sans ce degré de liberté les dégâts auraient été plus considérables encore dans une économie où le chancre de la finance a pris les proportions qu’on sait (le Royaume-Uni fait partie de ces « cas » où le total des actifs bancaires dépasse tout de même les 400% du PIB – mieux que l’Irlande…), et où la crise était vouée à produire les effets les plus violents – de fait : presque 5% de contraction du PIB en 2009.

Si, toutes choses égales par ailleurs, la dépréciation de la livre était plus que bienvenue (et sans doute regardée avec envie par les pays de la zone euro, coincés dans leurs parités irrévocablement fixes), elle n’a pas pour autant produit de miracles. Alors même qu’elle s’effondre dans la récession, l’économie britannique continue d’enregistrer un déficit de sa balance courante de 1,7% du PIB en 2009, qui se creuse à 2,5% en 2010 avec la reprise de croissance, si faiblarde soit-elle (1,4%) – rappelons à cette occasion qu’on nous bassine avec l’épouvantable déclin de la compétitivité française… dont la balance courante se compare avantageusement avec son homologue britannique (1,9 point de PIB de déficit en 2009, mais 2,1 en 2010 avec une croissance supérieure) ; on ne se souvient pas non plus avoir entendu de prophéties apocalyptiques à propos de l’économie anglaise quand celle-ci naviguait entre 2,5% et 3,5% de déficit courant dans les années 2005-2007, pour ne rien dire des Etats-Unis eux entre 4,5% et 6% [4]... ; se peut-il que les hurlements à la compétitivité répondent davantage à quelque agenda intéressé qu’à des comparaisons statistiques en fait peu inquiétantes ?...

… à la paralysie complète de la politique économique

Toujours est-il que, sans gain très spectaculaire de croissance, la dépréciation de la livre contribue à l’inflation (importée). Or, avec une sorte de norme implicite des banquiers centraux autour de 2%, la Bank of England ne pourra pas rester très longtemps sans réagir face à une inflation comprise entre 4% et 5%. Une succulente ironie veut que ce sont les marchés eux-mêmes qui la conduiront à faire mouvement, au nom de la sacro-sainte « crédibilité » dont il faut rappeler que, sans contenu substantiel a priori, elle ne reçoit pas d’autre sens que « faire ce qui convient pour obtenir l’approbation des investisseurs ». Et les investisseurs n’aiment pas l’inflation, qui entraîne des pertes de valeur réelle des patrimoines – c’est pourquoi d’ailleurs il est toujours particulièrement écœurant d’entendre Jean-Claude Trichet se prévaloir de la défense des petites gens pour justifier les resserrements anti-inflationnistes de la politique monétaire européenne quand l’inflation a toujours érodé le patrimoine de ceux qui en ont et aidé ceux qui n’en ont pas à s’en constituer un grâce à la dévalorisation réelle de leur dette [5].

Les investisseurs n’aiment pas l’inflation mais il y a plein d’autres choses qu’ils n’aiment pas non plus. Comme le manque de croissance qui n’aide pas au rétablissement des ratios Dette/PIB. Voilà donc que la situation britannique s’annonce périlleuse car si à la restriction budgétaire forcenée s’ajoute le resserrement de la politique monétaire, sans doute l’inflation rentrera-t-elle dans les clous mais il est à peu près impossible que toute croissance y survive. Il est utile de garder en tête en effet que si les économies développées n’ont pas (encore) pris le chemin de la Grande Dépression à l’image de l’enchaînement des années trente, elles ne le doivent qu’à des politiques budgétaires d’abord très contracycliques – celles-là même qui, oui, ont donné les dettes que l’on sait – et à des politiques monétaires de taux quasi-nuls tous (grands) pays confondus. Mais il ne faut pas rêver : le miracle ne persiste pas ôtées les conditions du miracle (qui n’en est donc pas un). Les politiques économiques ne vont pas tarder à le découvrir à mesure qu’elles passent en mode de plus en plus restrictif et qu’elles ferment les uns après les autres les degrés de liberté qui ont au moins permis la surnatation. La contraction budgétaire coordonnée à une échelle inédite est déjà très suffisante en soi pour causer des désastres à horizon de dix-huit mois. Mais si certains se sentent au surplus d’y ajouter la restriction monétaire, après tout pourquoi pas ? On a le droit aux paris un peu joueurs, de toute façon quand ça perd ce sont les populations qui règlent – en l’occurrence l’« addition » promet quand même d’être salée.

Résumons-nous : les politiques économiques ne veulent plus que ce que les marchés veulent, mais les marchés veulent trop de choses et finalement ne savent plus quoi à force de vouloir une chose et son contraire. C’est pourquoi ils peuvent ordonner ceci un jour et puis le lendemain cela qui en est l’exact opposé. Moody’s en 2010 n’a-t-elle pas exhorté le Portugal à l’austérité… puis menacé le Portugal pour cause de croissance insuffisante ? Voilà le maître que les gouvernements dits souverains ont élu, voilà de qui ils sont devenus les marionnettes et dont ils ont « décidé » qu’ils épouseraient toutes les foucades comme autant d’imprescriptibles injonctions ; on leur souhaite donc bon courage – et à nous aussi par la même occasion. Dans cet ordre d’idée le Royaume-Uni – disons Nuf Nuf – va connaître sa douleur. Car sous le coup de la double restriction, budgétaire et monétaire, le ratio Dette/PIB n’est pas près de décroître gentiment comme le veut le projet de budget de 2011 – et George Osborne commence à faire bizarrement « oink » toutes les deux phrases et à sentir pas bon.

Les Etats-Unis, porcorum imperator

Nuf Nuf est sans doute une belle bête, mais il y a aussi Nof Nof (si l’on veut), alias les Etats-Unis, le bestiau à concours. Celui-là, si on le laisse à ses tendances gorettes il va nous faire un malheur. Pour l’instant tout semble aller bien, l’animal ne sent pas la rose mais il est encore présentable. Rappelons tout de même que « aller bien » (ou mal) est un état de fait entièrement asserté par les marchés financiers – n’importe quel pays avec les mêmes paramètres que les Etats-Unis serait déclaré aller mal ; et, déclaré « aller mal », irait mal pour de bon : car un pays jugé mal portant est aussitôt l’objet d’attaques spéculatives qui le poussent pour de bon dans la mal-portance avérée. La pauvre Grèce qui n’était pas en forme reluisante début 2010, mais loin de l’article de la mort, y est fatalement tombée du simple fait des taux d’intérêt ahurissants que lui ont faits des marchés de capitaux décidés à la trouver mourante – et à la rendre effectivement telle ! Car là où, à taux constants, il y avait un chemin de restauration de la solvabilité tout à fait praticable, il n’y a soudain eu plus rien du tout, juste l’enchaînement fatal : bail-out, austérité auto-destructrice, et bientôt défaut au moins partiel.

Même pour les Etats-Unis cependant, 10% de déficit budgétaire persistant et une dette qui va l’amble de 62,7% en 2007 à 102,9% annoncés pour 2012 [6], c’était beaucoup solliciter les indulgences du club et les critères de l’« aller bien ». Et donc Standard & Poor’s. Bien sûr, le marché de titres souverains le plus vaste et le plus liquide du monde, le privilège monétaire de la devise-clé, l’inversion caractéristique du rapport de force qui s’est opéré entre le débiteur et ses créanciers (qu’on pense à la position de la banque centrale et du fonds souverain chinois, gavés de dollars et comme forcés d’en reprendre pour que tout ne s’écroule pas) offrent autant de raisons objectives à ce que la marge d’élasticité des finances publiques étasuniennes soit plus grande que pour n’importe qui d’autre – et partant pour qu’un « événement » comme l’outlook negative du 18 avril soit plus facilement absorbé. Mais le tableau d’ensemble commence à sentir la cour de ferme – et encore Standard & Poor’s n’en livre-t-elle pas tous les éléments.

L’immobilier commercial

Certes l’agence rappelle quelques-uns des impédiments avec lesquels les finances publiques étasuniennes auront à compter. Notamment la facture du sauvetage de Fannie et Freddie, vaste benne à ordure hypothécaire mise à disposition du secteur bancaire privé au frais des contribuables pour le soulager de ses actifs immobiliers dévalorisés – c’est que, lointaine dans les esprits, la crise des subprimes continue, avec un marché immobilier toujours écroulé, par conséquent des situations d’equity negative [7] aussi fréquentes et des taux de défauts des ménages aussi haut. Mais l’immobilier résidentiel n’est pas seul en cause et quoique moins visible, l’immobilier commercial se porte presque aussi mal. Lui également a donné lieu à ces subtiles opérations dont la finance structurée a le secret et notamment à la dispersion des risques de crédit dans des actifs titrisés spécifiques, les CMBS (Commercial Mortgage Backed Securities), devenus tous plus navrants les uns que les autres. 1400 milliards de dollars de ces jolies choses viennent à échéance d’ici 2014 et d’une si belle qualité qu’un rapport du Congressional Oversight Panel de 2010 estime à 300 milliards de dollars la paume possible. Ce qui ne devrait pas aider le secteur bancaire à aller mieux, ni encore moins Fannie et Freddie, à concurrence du volume de déchet qu’elles auront pour mission de reprendre. L’une comme l’autre sont déjà depuis 2008 en état d’insolvabilité technique – ce qui n’a jamais causé la mort de personne pourvu que la liquidité soit maintenue : en l’occurrence elle l’est, et le sera quoi qu’il arrive, sur ordre du gouvernement et aux bons soins de la Réserve Fédérale, qui jamais au grand jamais ne les laisseront tomber. Mais tout de même : cette affaire ne pourra pas durer indéfiniment et il faudra bien envisager le retour des deux agences à l’état d’institutions financières « normales », c’est-à-dire adéquatement recapitalisées (au minimum sous la norme d’un ratio de fonds propres Bâle III de 7%). Le coût total de cette remise à flot pourrait atteindre, dixit Standard & Poor’s les 700 milliards de dollars, soit 2,5 points de PIB en plus du point qui leur a déjà été consacré jusqu’ici…

Les finances locales

Mais il n’y a pas que l’immobilier commercial – dont l’Etat aura à éponger, au moins pour une part, les menus dégâts. Il y a également les finances locales. Une juste comparaison avec les finances publiques européennes exigerait d’être faite à périmètre équivalent, c’est-à-dire en consolidant dette fédérale et dettes locales. Or ces dernières totalisent 21 points de PIB en 2010 – à ajouter aux 70 points de la première, soit 91 points de PIB au final. Et c’est peu dire que les collectivités locales (municipalités, comtés mais surtout Etats fédérés) vont mal. L’équilibre des Etats n’a été assuré qu’à l’aide des transferts du stimulus package (780 milliards de dollars au total) de 2009-2010. Mais celui-ci consommé, et non renouvelé, les Etats sont rendus à l’effondrement de leurs recettes fiscales, aussi déclarent-ils les uns après les autres leurs impasses [8]… et les extravagants moyens que certains envisagent pour les réduire – à la façon du désormais célèbre gouverneur du Wisconsin.

Les pensions

Enfin (?), il y a les pensions. Car chose étonnante, au pays des fonds de pension, il y a aussi des problèmes de financement des retraites – inouï ! En effet les caisses de retraite capitalisée des fonctionnaires de l’Etat fédéral seraient sous-capitalisées à hauteur de… 3300 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter 574 milliards de dollars pour les caisses des fonctionnaires locaux (comtés, Etats fédérés) [9]. Bien sûr toutes ces entités sont formellement distinctes de l’Etat fédéral, qui plus est assurées par le PBGC (Pension Benefits Guaranty Corporation). Mais cette dernière a des ressources tragiquement insuffisantes pour faire face à une telle marée financière, d’autant plus que la crise a conduit l’administration Obama à suspendre l’application du Pension Protection Act de 2006 qui pénalisait en sur-cotisations les entreprises dont les engagements actuariels de pension n’étaient pas intégralement financés. Il est tout à fait évident que l’Etat ne pourrait se désintéresser du naufrage de la PBGC (qui a d’ailleurs le statut d’agence gouvernementale) et que les passifs non couverts lui écherront en dernier recours (quand bien même on aura auparavant tout fait pour les minimiser par la réduction à peau de chagrin des pensions versées).

Le temps des marchés contre le temps de la politique économique

Tout ceci commence à faire beaucoup, ce qui signifie à la fois que les pressions venues de la finance pour l’ajustement de la dette étasunienne ne font que commencer… et que, comme pour les autres pays, celles-ci se manifestent au plus mauvais moment, c’est-à-dire en un point du cycle où toute restriction est davantage promise à maintenir les déficits qu’à les réduire – et partant à faire croître le ratio de dette plutôt qu’à le stabiliser. Comme tout le monde, les Etats-Unis pourraient donc bientôt se retrouver face au choix tout à fait enviable d’aller plus mal par restriction forcée ou bien d’aller plus mal de voir ses taux d’intérêt remonter (pour avoir tâché d’éviter d’aller plus mal…) Toute la question est donc de savoir si la politique économique étasunienne parviendra, sous la double pression des marchés financiers et du Congrès républicain, à se tenir à une stratégie intertemporelle optimale dans laquelle l’ajustement des finances publiques n’est engagé qu’une fois la croissance bien réinstallée – et les mesures de relance fermement maintenues jusqu’à ce qu’il en soit ainsi.

La perspective de la fermeture du programme d’achat de bons du Trésor dit QE2 (Quantitative Easing, 2ème phase) de la Réserve Fédérale laisse déjà augurer par elle-même une remontée des taux d’intérêt des Treasuries. La banque centrale étasunienne y aura tout de même consacré 600 milliards de dollars depuis novembre 2010 et largement contribué à contenir le coût de financement de l’un des plus gros déficits des économies développées – il faut croire que la monétisation n’a pas que des tares. Mais QE2 vient à échéance en juin et la question se pose de savoir ce que vont devenir les taux d’intérêt quand la Réserve Fédérale ne sera plus là pour enfourner des quantités massives de bons du Trésor – évidemment remonter, mais au mauvais moment, et surtout : de combien ? Heureusement, et pour toutes les divisons que fait naître au sein de la Réserve Fédérale ses positions, Ben Bernanke semble décidé à poursuivre la stimulation monétaire, fût-ce par des moyens réduits, notamment en réinvestissant en bons du Trésor les titres entrés dans son portefeuille depuis le début de la crise et qui viennent à échéance (comme les actifs hypothécaires titrisés ayant fait l’objet de prises fermes dans les divers programmes de liquidité offerts aux banques en décapilotade) – il pourrait y en avoir pour 17 milliards de dollars par mois [10].

La politique prise en main par les agences

Mais une bonne stratégie intertemporelle, en politique économique comme en n’importe quelle autre matière, est une affaire de patience, c’est-à-dire de tolérance à des inconvénients transitoires. Or, si l’on autorise cette aimable litote, la patience n’est pas le fort des marchés à qui la propriété de liquidité a donné l’habitude des ajustements instantanés et de la satisfaction immédiate du désir patrimonial. Avec parfois l’ombre d’un doute, tel qu’il se manifeste dans les invraisemblables revirements par lesquels les marchés en viennent à reprocher aux gouvernements les effets de ce qu’ils les ont forcés à appliquer… Pour l’heure en tout cas, la finance, dont les agences sont en quelque sorte la voix, a pris son parti – on sait lequel il est. Or cette prise de parti, loin d’être la seule expression d’une opinion comme feignent de le croire les agences (qui s’abritent systématiquement derrière le premier amendement (freedom of speech) de la Constitution étasunienne pour ne jamais encourir la moindre conséquence des inénarrables boulettes qu’elles commettent à répétition), cette prise de parti, donc, est un acte d’immixtion politique qui ne prend même plus la peine de se cacher.

Sous ce rapport, la lecture de la note de Standard & Poor’s est des plus édifiantes [11]. Il y est presque exclusivement question des péripéties parlementaires qui voient s’affronter le plan Obama et le plan Ryan… l’un et l’autre bien d’accord sur l’objectif d’une réduction de déficit cumulé de 4 trillions de dollars à horizon de dix ans, mais toujours divergents quant aux moyens d’y parvenir. Et la note entière n’est qu’une grande exhortation à sortir de ces stériles querelles pour enfin « régler le problème » raison revenue et tous enfantillages mis à part. Voilà donc finalement quel était l’objectif de Standard : peser directement sur le processus politique et, par un coup de cymbales, mettre un terme aux tergiversations et forcer l’accord bipartisan – puisque les Etats-Unis sont en situation de cohabitation.

La palabre parlementaire, ses longueurs, ses atermoiements, tout ça énerve la finance. La démocratie est dispensable puisqu’on sait déjà très bien ce qu’il faut faire – il n’y a qu’à le faire ! Des épisodes tels que celui du 18 avril, mais on en trouverait centaines d’équivalents, ont au moins le mérite de faire percevoir distinctement à quel degré intense la finance fait de la politique : elle se pose en tiers intrus au contrat social, y impose ses réquisits au point d’évincer ceux du peuple, pour finir à la limite par s’ériger en corps politique de substitution – comme en témoignent assez les politiques publiques désormais implicitement ou explicitement (la réforme des retraites !) agencées pour son seul bon plaisir (« conserver à la France son AAA… ») On aurait grand tort de voir là une regrettable mais réversible dérive de la finance – on se demande d’ailleurs what on earth pourrait la convaincre de renoncer aux formidables conquêtes que lui a permis un rapport de force (structurellement armé) ultra-favorable. Sauf miraculeux accès de sainteté, on n’a jamais vu groupe de puissance abandonner de lui-même ses ressources de pouvoir. Le plus caractéristique dans le cas présent tient à l’objectif de l’accord bipartisan poursuivi par les agences, objectif de l’extinction du dissensus politique (trop générateur d’instabilité), de la cessation du conflit des opinions (toujours susceptible de faire renaître des idées indésirables), bref de la négation même de la démocratie en tant qu’elle est essentiellement controversée… et par là source d’incertitude. L’idéal de la finance est unanimitaire : que le peuple se range comme un seul homme ! – derrière les « bonnes » idées bien sûr.

Là encore il ne devrait pas y avoir matière à être surpris, car cette expérience est vieille comme la tutelle des marchés de capitaux sur les politiques économiques. La cahotante désinflation compétitive de feu Pierre Bérégovoy en avait déjà fait l’expérience, souffrant des taux d’intérêt chaque fois que renaissaient les mises en cause du « Franc fort », au point d’ailleurs que, dans une sorte de comble de la soumission incorporée, Michel Rocard, alors premier ministre était allé jusqu’à déclarer que les critiques publiques de la politique économique, à la face des marchés, et en tant qu’elles étaient susceptibles de les alarmer (et de faire remonter les taux d’intérêt) étaient assimilables à une « trahison » – mais tous ces gens ont depuis belle lurette oublié leur contribution historique à l’installation du monde présent, la leur rappellerait-on qu’ils la dénieraient avec la dernière énergie, et pour se refaire la cerise parlent désormais des agissements de la finance comme d’un « crime contre l’humanité » [12]…

(A suivre)

Notes

[1] Avec respectivement, en % de PIB, pour 2009, des couples déficit-dette de (11% ; 68,3%) pour le Royaume-Uni, (11,3% ; 84,6%) pour les Etats-Unis, (9,4% ; 76,1%) pour le Portugal et (11,1% ; 53,2%) pour l’Espagne.

[2] Budget 2011, HM Treasury, mars 2011, p. 2.

[3] Le pic serait atteint en 2013-2014 à 70,9% du PIB pour redescendre à 70,5% en 2014-2015 et à 69,1% l’année suivante, Budget 2011, op. cit.

[4] Données World Economic Outlook 2011, FMI. Et même si l’on ne saurait traiter du déficit courant étasunien comme de n’importe quel autre du fait du statut international du dollar.

[5] A la condition, il est vrai, que les revenus courants soient convenablement protégés par des clauses d’indexation, celles-là mêmes qui ont été détruites au milieu des années 1980.

[6] Données World Economic Outlook 2011, FMI.

[7] On nomme ainsi les cas où la valeur de l’actif s’est dépréciée et est devenue inférieure au montant de la dette qui a servi à le financer.

[8] Une note de Natixis indique les déficits de 21 Etats (sur 50) dont le cumul aboutit à un total de 165 milliards de dollars. Mais on est surtout surpris de l’ampleur des pertes de recettes fiscales mesurable par le ratio du déficit aux recettes notionnelles (des ratios communément à deux chiffres et qui peuvent atteindre 28% pour la Floride, 39% pour l’Etat de New York, 53% pour la Californie… et 65% pour l’Arizona !), voir Patrick Artus, « Les marchés financiers devraient être encore plus inquiets au sujet des Etats-Unis », Flash Natixis, n° 546, 18 octobre 2010.

[9] Robert Novy-Marx et Joshua Rauh, « The Risks and Liabilities of State Sponsored Pension Plans », Journal of Economic Perspectives, vol. 23, n° 4, 2009 ; “The Crisis in Local Government Pensions in the United States, Working Paper NBER.

[10] « Bernanke May Sustain Stimulus to Avoid “Cold Turkey” End to Aid », Bloomberg, 19 avril 2011.

[11] « United States of America AAA/A-1+ Rating Affirmed ; Outlook Revised to Negative », Global Credit Portal, RatingsDirect, Standard & Poor’s, 18 avril 2011.

[12] « Des professeurs de math enseignent à leurs étudiants comment faire des coups boursiers. Ce qu’ils font relèvent, sans qu’ils le sachent, du crime contre l’humanité », Michel Rocard, « La crise sonne le glas de l’ultralibéralisme », Le Monde, 1er novembre 2008.

50 commentaires sur « Les deux gros cochons »

  • permalien
    26 avril 2011 @14h46   »

    Les Irlandais étant catholiques, on était pas vraiment hors-sujet en les assimilant aux cochons méditerranéens...

    Triste monde tragique...

  • permalien charles :
    26 avril 2011 @15h08   « »

    Petite erreur entre trillion et billion dans le 2ème paragraphe de la dernière partie.

    Article très intéressant et j’attends impatiemment la suite du récit des bouffonneries (cochonneries) de notre monde financiarisé... avant espérons-le celui de sa chute !

  • permalien Denys Picard :
    26 avril 2011 @15h21   « »

    Frederic,

    Je ne peux pas dire que c’est le plus limpide de vos articles. En particulier, vos commentaires sur l’inflation. J’ai bien lu la remarque 5, mais toutefois, d’autres facteurs influence les facteurs de richesses face à l’inflation.

    Les ménages moyens n’ont désormais plus de patrimoine et l’inflation, en diminuant leur pouvoir d’achat empêche davantage la création d’un épargne. Les salaires et rémunérations de classes inférieures sont historiquement les dernières à voir des ajustements afin de contrer les effets de l’inflation.

    Ce qui semble des politiques erratiques de la part des dirigeants, est limpide de logiques si on l’aborde avec la compréhension qu’il s’agit avant tout d’une politique de guerre de classe. Nos dirigeants occidentaux, devant la part grandissante du pouvoir asiatique, ont opté pour le modèle économique de la "République à Banane". À cet égard, la provocation volontaire d’une super (et non pas hyperinflation) est volontaire. Une super inflation si situe à des niveaux en deçà de 25%, ou les autorités peuvent encore gardé contrôle sur celle-ci, tout en permettant de détruire de façon presque permanente la force économique de 80% de la population.

    La super inflation était déjà sous-jacente à la stratégie Obama, car son premier plan budgétaire avait comme hypothèse, en 2009, un taux d’inflation moyen de 8% per annum sur 10 ans. Détail dont les médias n’ont absolument pas parlé. Les investisseurs à court terme n’aime pas l’inflation, les nouveaux faux spéculateurs non plus, mais les investisseurs des classes supérieures et bien nanti savent très bien qu’ils ne seront pas très dérangé par celle-ci, surtout si elle se maintient au niveaux des denrées, métaux etc, mais que les salaires, eux, seront à la baisse, comme c’est le cas présentement pour la classe moyenne.

    Révisez les politiques économiques que Milton Friedman et Kissinger avaient proposées à Pinochet en 1973-74, vous y trouverez le patron des actions actuelles. (fixation des salaires et hausses des prix des aliments essentielles par des facteurs de plusieurs 100%).

    Nous vivons une guerre de classe à l’échelle occidentale qui utilise comme champ de bataille un armement financier dans l’espace de l’économie intérieur. S&P comprend ceci très, et tout les leaders de toutes les formations, peu importe le "spectacle démagogue" qu’ils nous offrent sont complice ici. Aux USA, les républicains, les démocrates, les « Tea Party » vendent tous la même merde, ils sont complice !

    À quand nous offrirez vous une attaque en règle des Hayek, Von Mises et Rothbard qui sont la source stratégique de l’argument sophistiques de ces porcs.

    Bien à vous,

    Denys Picard

  • permalien Assurancetourix :
    26 avril 2011 @17h37   « »

    En effet, l’Etat américain vit très au-dessus de ses moyens. En mars dernier, l’administration américaine a perçu 150,9 milliards de dollars d’impôts et de taxes. Mais elle a dépensé sur la même période 339 milliards de dollars. Si on y ajoute le rachat des bons du Trésor arrivés à échéance sur le mois, on atteint même les 1.052,8 milliards de dollars de dépenses. Pour un dollar qui rentre dans la poche de l’Etat, sept en sortent !

    Avec la crise, les recettes de l’Etat américain ont chuté de 18% à environ 15% du PIB, tandis que les dépenses explosaient, passant de 20% à 24%.

    Comme l’écrit Myret Zaki dans son dernier livre "La fin du dollar" :

    « Le billet vert est devenu la plus grande bulle spéculative de l’histoire et va s’effondrer prochainement. Quant aux attaques à l’encontre de l’euro, elles ne sont qu’un écran de fumée pour masquer la faillite de l’économie américaine. »

    « Un krach du billet vert se prépare. Il est inévitable. Le principal risque planétaire actuel, c’est une crise de la dette souveraine américaine. La plus grande économie du monde n’est plus qu’une vaste illusion. Pour produire 14.000 milliards de PIB, les USA ont généré plus de 50.000 milliards de dette totale, qui leur coûte 4.000 milliards d’intérêts par an. »

    Concrètement le rapport de force est en train de changer :
    - la Chine vient tout juste de décider de ne garder en dollars qu’un tiers de ses 3.000 milliards de dollars (en valeur) de réserve de change tout en laissant "semi-flotter" le Yan (en se désolidarisant ainsi du dollar) !
    - La Russie et la Chine ne veulent plus utiliser le dollar pour le commerce entre leurs deux pays.
    - Les "BRICS" ont récemment organisés une conférence en Chine pour discuter de négociation en monnaies nationales plutôt qu’en dollar américain.

    La fin de l’hégémonie du dollar et sa chute est d’ores et déjà acté !

    Celles à venir des bons du Trésor américain, et par la-même des USA (qui ne pourront plus dès lors financer leur déficit et la charge de leur dette pharaonique), en seront les conséquences inévitable qui devrait en découler logiquement d’ici quelques mois...

    Plus ploutocratiquement, le fait qu’il existe actuellement une impunité totale pour les criminels financiers de Wall Street mais que ces pratiques sont désormais connus de la plupart des protagonistes devrait contribuer fortement à limiter la marge de manoeuvre des dirigeants américains.

  • permalien cassure1974.blogspot.com :
    26 avril 2011 @18h11   « »
    Dimension épistémologique

    Frédéric Lordon,

    Votre dérision et jeux de mots fonctionnent bien à l’oral, mais à l’écrit c’est pénible !

    Quant au fond, je n’arrive pas à dégager de ce billet une vision plus claire que les avis rendus dans la presse éco-financière.

    Enumérer les composantes de la dettes, comptabilisée ou implicite (« pension gap »), c’est facile, mais ce qui compte c’est d’arriver à un tableau qui permette de dissiper le brouillard qui confine au court-termisme que vous dénoncez chez les autres.

    Ce raisonnement est cavalier :

    « Seule en tout cas une sorte de privilège d’anglo-saxonnité parvenait à rendre compte de certaines distorsions du jugement financier, comme par exemple celle qui cloue le Portugal et l’Espagne au pilori quand la situation objective du Royaume-Uni et des Etats-Unis n’est pas beaucoup plus reluisante »

    Et pour l’Allemagne, faut-il invoquer une privilège de germanité ?! Je vois un privilège taille : par la loi des grands nombres la variabilité de la croissance d’un petit pays est plus grande que celle d’un grand pays. Ensuite, il n’est pas fait mention de la montagne de dette privée, en Espagne, qui s’est investie dans un secteur immobilier devenu sinistré. Ceci qui nous ramène à l’absence de consolidation bilancielle. Bref, l’« habitat préféré » fait un peu écho, en rigueur, à la Théorie de la prédation de Jean-Peyrelevade (Cf mon blog).

    Surtout, votre billet passe à côté de la dimension épistémologique alors que c’est précisément là ou attendrait que s’exerce le talent d’un directeur de recherche de CNRS.

    Qq indices :

    En 1998, après l’annonce par le gouvernement japonais d’un plan de relance de type keynésien, Moody’s dégrada la note de ses obligations de Aaa à Aa2., on pouvait lire dans la presse :

    « Moody’s dimmed its outlook on the rating of the Government yen-denominated debt, typically the safest securities in a country. Moreover, it darkened its view on Japan’s soveriegn ceiling, which is effectively the Government’s ability to repay foreign currency obligations. »

    Ca rappelle quelque chose ?

    15 ans plus tard, la dette est passée de 130% du PIB à plus de 200%, mais les taux bas témoignent de la confiance des marché. La croissance est faible, mais le chômage aussi. Le colmatage intellectuel à l’absence d’évènement majeur venant confirmer la psychose, Jean-Peyrelevade l’exprime à merveille : « La dette publique est un problème interne au Japon », et de conclure : « si l’Etat japonais continue sur la pente actuelle, il deviendra rapidement insolvable » (l’intégralité dans son blog, commentaire du 19 juillet 2010 à 17:20).

    Mais aux Etats-Unis aussi, la dette est détenue par les résidents, contrairement a une idée reçue, et l’épargne des ménages est montée de 0.5% du revenu à 6%…

    Source : businessinsider.com/jeff-gundlach-presentation-2011-4#-5

  • permalien bdch :
    26 avril 2011 @18h22   « »

    Lu sur le blog d’Eric Chevillard (http://l-autofictif.over-blog.com/) :

    "Il mange de l’ordure. Il se roule dans la fange. Mais notre appétit n’est pas si impressionnable et le cochon ne sait plus quoi inventer pour se rendre impropre à la consommation."

  • permalien BA :
    26 avril 2011 @20h04   « »
    Les deux gros cochons s’en tirent bien.

    Même si l’Etat fédéral US est en faillite, même si l’Etat britannique est en faillite, les investisseurs internationaux continuent à leur prêter à des taux très bas.

    Etats-Unis : taux des obligations à 10 ans : 3,318 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Royaume-Uni : taux des obligations à 10 ans : 3,485 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Maintenant, regardons les Etats européens :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,093 %.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,688 %.

    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,902 %.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,456 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 11,679 %.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,589 %.

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,916 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,601 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 24,243 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 23,882 %.

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 17,485 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 15,327 %.

  • permalien Crapaud Rouge :
    26 avril 2011 @21h02   « »

    Plus virulent, plus pétulant, plus pertinent que Jorion et son agonie...

  • permalien Denys Picard :
    26 avril 2011 @21h30   « »

    @cassure1974.blogspot.com :

    Faites attention lorsque vous citez le taux d’épargne, il s’agit du taux d’épargne national mesuré sur les tables de la comptabilité nationale. Alors que ceci est utilisé dans les médias pour indiquer une réussite et un changement d’attitude des ménages, il n’en est rien. Seulement, la baisse de "leverage" (effet de levier) de l’endettement de la classe moyenne a eu pour conséquence de faire baisser la consommation qui était soutenue par l’endettement.

    Donc, cette baisse de consommation nationale fait apparaître un épargne qui était déjà présent mais obstrué en terme comptable par l’effet de surendettement. On peut saluer une baisse de l’endettement des ménages, certainement, mais ceci est du surtout à l’innaccessibilité au crédit, couplé à un coût triplé du crédit sur carte pour les ménage de la classe moyenne, des taux qui sont passés de 8% en moyenne à 24% per annum (taux de république de banane ou d’usururerie). Alors, ce qu’il ne faut pas lire de ce taux d’épargne est une discipline des ménages de mettre de l’argent de côté, ils n’en n’ont pas les moyens, et à regarder l’économie, n’en autont plus jamais les moyens. C’est l’épargne des classes aisées qui soudain apparait sur les tables alors que l’endettement de la classe moyenne diminue. Mais 80% de la population à moins de pouvoir d’achat qu’elle n’en avait il y a 2 ans.

    Donc, oui, les classes aisées se portent mieux, mais cela est vrai pour les 25 dernières années.

  • permalien cassure1974.blogspot.com :
    26 avril 2011 @22h14   « »
    Réponse à Denys Picard

    Merci, d’abord, de m’avoir lu. Vous avez raison les chiffres d’épargnes que je donne ont été piochés qq part dans les médias et mériteraient que je m’apesentisse sur leur véracité & signification.

    Toutefois, je voulais attirer l’attention sur le trou béant dans notre connaissance de la « décennie perdue » au Japon, et je ne crois pas que vos remarques remettent en cause la comparaison que j’amorçais avec les Etats-Unis (je sais bien qu’il y a des différences).

    Ensuite, je ne crois pas, non plus, que le « deleveraging » devrait être mis en opposition avec la notion d’épargne, comme vous semblez le faire. Un exemple vaut mieux qu’un long discours :

    Au début du mois, vous avez $10,000 de dettes et 0$ d’épargne. Epargne nette : -$10,000.

    Vous touchez votre salaire à la fin du mois, soit $2,000. Vous remboursez $1,000 et dépensez le reste, soit $9,000. Epargne nette : -9,000.

    Montant épargné, sur la période : $,1000, soit 50% du revenu.

    Denys Picard, êtes vous d’accord ?

    Enfin, je n’ai strictement rien affirmé au sujet des classes moyennes, alors que vous finissez par « Donc, oui, ... » sur ce point.

  • permalien cassure1974.blogspot.com :
    26 avril 2011 @22h16   « »
    Correction au précédant message

    Vous touchez votre salaire à la fin du mois, soit $2,000. Vous remboursez $1,000 et dépensez le reste, soit $1,000.

  • permalien le deterministe technologique anti utilitariste :-) :
    26 avril 2011 @22h46   « »
    "Les affaires [...], c’est l’argent des autres" A. Dumas

    Ceux qui continuent de se plaindre de la syntaxe, du style et du ton de l’auteur, qui n’ont absolument rien d’abscons mais qui offrent au contraire autant de lucarnes sur un esprit agile et brillant, n’ont qu’à apprendre à lire !

  • permalien Denys Picard :
    27 avril 2011 @01h53   « »

    @ cassure1974.blogspot.com

    Je vous suis, mais ne peut être en accord. Pour comprendre l’épargne nationale il serait préférable de prendre au moins 2 personnes.

    Si l’on efface votre dette parce que vous faites faillite personnelle, vous perdez la responsabilité de votre passif mais aussi votre actif.

    Sur les dépenses de comptabilité nationale, les remboursements de capital ne sont pas inscrits. Il y a les paiements d’intérêts. L’épargne nationale est la différence entre les agrégats de la totalité de toutes les formes de revenues et les dépenses dont les impôts, taxes, dépenses à la consommation etc ; la différence est l’épargne nationale.

    Quantité de personnes aux USA se sont endettées en empruntant sur leur résidence par des lignes de crédit, car ils n’arrivaient pas à joindre les deux bouts puisque leur rémunération n’augmentait pas aussi vite que le coup de la vie. Les gens empruntaient pour payer les études de leurs enfants, dont les coûts augmentaient sans cesse, mais dans certains cas pour boucler la fin de mois, bref pour manger, etc...Mais les gens se servaient d’une partie de l’argent emprunté pour rembourser cette même dette. Le secteur bancaire étant remplie d’incompétents et de criminels, les prêts étaient fait sous l’hospice d’anticipation d’actifs qui doubleraient à tout les 5 ans ??? Quand la machine à pèter, ces gens ont vue leur prêt et ligne de crédit rappelés, mais ne pouvaient rembourser n’ayant aucun actif sauf leur maison, que les évaluateurs avaient surestimé.

    Voici un exemple mais cette crise immobilière c’est exprimer de biens des façons. Des fois, on a prêter sur des maisons dans des quartiers défavorisés en convaincant les gens de rénover, ceci à des gens à la retraite avec peu de revenu, les forceant à rénover avec l’aide de professionnel, des maisons en état de décrépitude, dans des villes ou les populations diminuaient du à l’effondrement du secteur manufacturier (donc ou le potentiel d’augmentation de la valeur était inexistant ou même négatif). Sur des maison dont la valeur réelle ne devait être que de 25,000, les prêteurs offraient 50,000 à 75,000 dollars de prêts, mais en s’assurant que cet argent serait utilisé pour des rénovations par des professionnels (proximité des "mortgager" et des gens de la construction) ; vous comprendrez que eux aussi ont tout perdu et ne peuvent faire de l’épargne présentement ; aussi, des familles sans épargne se voyait la possibilité d’acheter des maisons neuves sans mises de fonds, maisons que le marché avait grossièrement surévaluer...ils ont aussi tout perdu et peut-être même leur emploi, donc impossible de faire de l’épargne, etc.

    Ceux qui avaient, faisaient et continuent de faire de l’épargne sont ceux dont les revenues dépassent les dépenses, et aux USA ces gens se situent habituellement dans le premier quintile des échelles de distribution de revenues.

    Bien à vous,

    Denys

  • permalien Crapaud Rouge :
    27 avril 2011 @06h43   « »
    Le dialogue selon Jorion (Paulo, celui qui fait agoniser le capitalisme)

    Quand Jorion ne veut pas publier un com’ qui contredit sérieusement ses thèses, il invente une faute grave et te vire sans discussion. C’est ce qui m’est arrivé le lundi de Pâques.

    Voici le com’ qu’il ne voulait pas publier en réponse à sa vidéo "Le Temps qu’il fait du 22 avril". Le sujet en est la « prime dividendes » que Jorion défend becs et ongles.


    Critique en 3 points :

    A 2’57 : "le capital, c’est-à-dire la chose qui manque pour faire le travail" : préjugé de capitaliste ! Je dirais plutôt que le travail est ce qui manque au capitaliste pour donner une valeur à son capital. Le capital ne peut acheter que du travail, (le travail lui-même ou ses produits), ou des ressources communes exploitables par le travail.

    A 3’14 : "et on va se la partager [la richesse] en fonction de l’effort qui a été consenti" : mais les apports (mot plus juste) consentis de part et d’autre sont incommensurables ! En tant que tel, le capitaliste ne produit aucun effort, il consent seulement à prendre des risques, car il engage la valeur future de son capital. Le travailleur ne prend aucun risque financier et ne s’intéresse qu’à la valeur immédiate de son travail, mais c’est lui qui fournit tout l’effort, physique et intellectuel.

    3) Comme le montre le cas des pêcheurs qui partagent "équitablement" le produit de la pêche avec leur patron, cela ne conduira nullement à limiter ou éviter les excès du capitalisme car on les voit, dans les eaux internationales, surexploiter des zones qui ne sont pas les leurs au grand dam des pêcheurs locaux, on les voit dépasser allègrement les quotas, et rouspéter de la même façon que les patrons.

    Ce mode de partage des richesses, apparemment plus juste, conduirait surtout à diluer davantage les responsabilités, et à affaiblir l’opposition au capitalisme puisque les travailleurs seraient ainsi mis en situation de penser comme les capitalistes.


    A mon avis, c’est surtout le 3ième qui le gêne, parce que son expérience des pêcheurs, en Bretagne et en Afrique, est au cœur de toute son œuvre.

    Jorion ne revient jamais sur une affirmation, c’est sa tactique pour lui donner de l’importance et FAIRE CROIRE qu’elle est juste envers et contre tout. Ce n’est pas un hasard s’il a censuré aussi un com’ où j’ironisais, gentiment, sur le fait qu’il a toujours raison.

  • permalien Assurancetourix :
    27 avril 2011 @10h10   « »
    Les trois gros cochons
  • permalien Maël Picamal :
    27 avril 2011 @10h56   « »

    "Méfiez vous des gens qui élèvent des porcs"
    Snatch

  • permalien Paul Jorion :
    27 avril 2011 @11h57   « »

    J’ai adressé à Frédéric Lordon un courrier relatif aux déçus du Blog de Paul Jorion, et autres défenseurs des droits légitimes du poisson.

  • permalien le deterministe technologique anti utilitariste :-) :
    27 avril 2011 @13h25   « »
    Les saigneurs de cochons

    Les événements n’attendent pas :
    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/8476464/Britain-on-the-edge-of-a-double-dip-recession.html

    Au plaisir de lire la suite. Au rythme où vont les choses, vous pourrez bientot faire la nécrologie du système, à 4 mains avec Mr Jorion bien sur !

  • permalien Franek :
    27 avril 2011 @14h01   « »

    Monsieur Lordon, j’adore vous entendre chez Mermet, mais curieusement, à l’écrit, j’ai dû vous lire à voix haute et imaginer vos intonations pour comprendre ce que vous écrivez.
    Vos phrases sont longues, parfois alambiquées, et si on y ajoute les bons-mots et traits d’humour, ça devient compliqué à lire pour le non-économiste que je suis ! A voix haute, ça passe bien. Vous avez l’écriture radiophonique !
    Sur le fond, merci de votre analyse synthétique.
    J’attends avec impatience que tous les voyants soient au rouge !
    Les drapeaux qui flotteront le seront aussi !

  • permalien le deterministe technologique anti utilitariste :-) :
    27 avril 2011 @14h32   « »
    Une analyse "syntetique" mais toutefois absconse...

    ...selon Franek

    Donc les idées passent quand même, malgré les mots qui, eux, sont inaudibles... ??!

  • permalien cassure1974.blogspot.com :
    27 avril 2011 @16h08   « »
    Réponse à Denys Picard

    @ Denys Picard,

    « Je vous suis, mais ne peut être en accord. Pour comprendre l’épargne nationale il serait préférable de prendre au moins 2 personnes. »

    Ce serait préférable, je ne le nie pas, mais pour l’instant le seul exemple à disposition des lecteurs, c’est le mien, et j’attends le votre (avec 2 agents forcément) afin que nous comprennions ou vous voulez en venir.

    Si c’est mon usage du mot ’épargne’ qui fait obstacle, remplacez le par « remboursement des dettes privées » dans mon message initial, et vous en trouverez la signification.

    La décote de la notation du Japon, aujourd’hui, par S&P, donne de l’actualité au problème que je soulève, que je qualifiais un peu pédantiquement de « épistémologique ».

    Je n’attends pas une dissertation sur Spinoza, mais que quelqu’un expose l’état non satisfaisant de la connaissance sur le sujet, et éventuellement ouvre quelques pistes de réflexions.

    Bien à vous,

    ºC

  • permalien Roland :
    27 avril 2011 @17h15   « »

    @Crapaud rouge : Je vous sens colère, là. Vous ne devriez pas accorder tant d’importance à Jorion. A part quelques coups éditoriaux, il se plante régulièrement. Son seul crédit était d’avoir pressenti les subprimes mais nous savons aujourd’hui que beaucoup d’autres avaient parlé, en fait tous ceux qui faisaient partie du système. Il nous a juste fait un coming out, le coté anthropologue étant là pour dissimuler l’ex trader sur le retour.
    La seule vraie question à son propos (et qui peut s’appliquer à d’autres) est comment un illustre inconnu placardisé trouve t-il le crédit et l’audience qu’il à trouvé ?
    Cela ne peut être qu’en manipulant le contenu de son site pour le faire coller avec la doxa, et quelques coups de langue bien placés probablement pour assurer la promotion du tout.
    Cette analyse de Lordon (qu’on compare à Jorion alors que cela me semble sans objet tant la vision des prédateurs est différente chez les deux hommes) me semble beaucoup plus proche de la réalité de ces milieux, de leur psychologie et de leurs méthodes. A la manière d’un Delamarche, Lordon désosse sec.

    Ce qui manque mais qui probablement viendra dans la deuxième partie, ce sont des perspectives à court terme, maintenant que la certitude du haircut mondiale est acquise. Notre ami Ben à probablement annoncé son nouveau QE3 ce soir, et les évènements prennent une tournure irréversible et rapide.

    Bientôt, les masques vont tomber.

  • permalien Crapaud Rouge :
    27 avril 2011 @19h33   « »

    @Roland : oui, je suis très en colère, pour trois raisons. 1) si j’ai usé d’un procédé inadmissible, ce ne put être que par mégarde. Jorion aurait dû se donner la peine de m’expliquer, au lieu d’accuser mon intégrité intellectuelle ; 2) il m’a traité comme un troll alors que j’étais un assidu depuis 2 ans qui avait sympathisé ; 3) certaines de ses thèses ne peuvent pas être prises au sérieux, en particulier son parti pris pour la prime et l’agonie du capitalisme. Comme on le pense à l’Huma, "le capitalisme se porte comme un charme", ce n’est pas parce que ses dégâts en Occident vont aller en s’amplifiant qu’il est en train d’agoniser.

  • permalien Nouchka :
    27 avril 2011 @21h15   « »

    Le problème de Jorion est qu’il s’est complètement planté avec "l’argent mode d’emploi" concernant la création monétaire, et qu’il ne sait plus comment se sortir de ce pétrin... je le plains

  • permalien BA :
    27 avril 2011 @21h27   « »
    Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande, Portugal, Grèce, ... nous sommes tous de gros cochons.

    Mercredi 27 avril 2011 :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,004 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,520 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,875 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,456 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 11,769 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,452 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,650 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,621 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,398 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 24,717 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 18,130 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,184 %.

  • permalien KarimW :
    27 avril 2011 @22h10   « »

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 24,717 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 18,130 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,184 %.

    Les taux à 10 ans sont sérieusement plus faibles que les taux à 3 ans ?

  • permalien kulu :
    27 avril 2011 @23h47   « »
    groinkk

    Je voudrais remercier BA (et son porcinomètre quasi quotidien) qui sans faillir et sans relâche nous tient informé des évolutions plutôt inquiétantes de la situation.
    Salut

  • permalien stan :
    28 avril 2011 @00h57   « »

    @Kulu +1 ;-)

  • permalien Roland :
    28 avril 2011 @01h21   « »

    @Batracien,

    Ok sur votre diag, le capitalisme flamboyant va déménager, mais surement pas agonir. Ce sont les sociétés humaines qui vont être à l’agonie, la prédation devient globale et totale avant fermeture.
    Moi, ce qui me chauffe le plus, c’est que l’idée maitresse de Jorion (interdiction des paris sur les fluctuations des prix) ne peut être instituée que sur le plan mondial, ou à tout le moins par les principaux acteurs économiques à savoir les états, seuls à même et légitimes pour réformer quoi que ce soit. Or je ne vois pas pourquoi des états souverains iraient se tirer une balle dans le pied en s’interdisant de tripoter leur économie (à part en Europe, bien entendu), ça s’est toujours fait comme ça.

    Quant au directoire mondial nécessaire pour appliquer ces mesures, je crains fort qu’il ne se réunisse jamais, au train ou vont les choses, et je dirais même que ouf, tant mieux. Si c’est pour prolonger la spoliation, autant que cela cesse au plus vite, qu’on fasse le ménage et qu’on puisse se mettre au travail sérieux.
    Du coup, si on le suit, il n’y a qu’à attendre que ces messieurs se mettent d’accord en préliminaire. On sera tous lessivés avant qu’ils n’aient pu émettre un semblant d’idée concertée et cohérente, nous avons trois ans rétrospectifs de cafouillages sans nom et de non décisions pour en juger. Et je ne me sens pas trop indulgent, ces derniers temps...
    Je pense que la mondialisation, c’est fini, pour plein de raisons sur lesquelles les décideurs ne peuvent pas grand chose, et tout ce qu’il pourra y avoir comme accords seront des accords de zone restreinte ou bilatéraux, comme au temps de papa... Et encore, même ça, je crois qu’il ne faut pas trop rêver, on est plus en position de dicter quoi que ce soit.

    Et là, paf, tout le château de cartes Jorionesque s’effondre. Finie la nouvelle Babel, on va avoir plus urgent et plus sérieux que ces fumisteries à régler dans les mois qui viennent.

    Mais du coup, à force de parler de Jorion, on finit par saloper le billet de Fredo. Qu’il nous pardonne, il fallait que ça sorte quelque part.

  • permalien Denys Picard :
    28 avril 2011 @03h30   « »

    @cassure1974.blogspot.com :

    Le problème c’est que cela risque d’être un peu long ; nous sommes limités en nombre de caractères.

    5 personnes, revenu : 1,000,000 ; 100,000 ; 40,000 ; 40,000 ;40,000.

    personne 1 : depenses : 800,000 épargne 200,000
    personne 2 : depenses : 90,000 épargne 10,000
    personne 3, 4 et 5
    n’arrive pas a couvrir leurs dépenses donc prennent ligne de crédit de 50,000 sur maison.
    donc, leur dépenses : 90,000 épargne 0 chacun
    Ici on doit comprendre que sur la base personnelle leur épargne est négatif car ils ont une dépense plus grande que leur revenu, mais cela n’est pas traité ainsi lorsque l’on présente l’épargne nationale.
    dans le cas de l’épargne nationale on a :
    Revenus nationaux : 1,220,000 et dépenses nationales 1,160,000 et épargne nationale 60,000 donc à peu prés 5%. Maintenant, les prêts sont rappelé, les 3 personnes à 40,000 de revenu perdent leurs maisons. Ils diminuent leurs dépenses de 50,000. Déménage dans de petit appartement, ne peuvent plus payés leurs assurances santé, ne peuvent plus payés les études de leurs enfants, etc...Ils dépenses naturellement l’ensemble de leurs revenus.
    Maintenant, les revenus de 1 ont augmenté de 50,000 et de 2 de 5,000. leurs dépenses respectivement de 25,000 et de 1,500. Vous avez maintenant 1,275,000 de revenues et 1036,500 de dépenses. Nouvelles éaprgne nationale 238,500, soit près de 18%.
    Maintenant, comprendrez-vous que si le sort de 2 des citoyens c’est améliorés, celui des 3 autres est désastreux. Maintenant, puisque les dépenses ont diminuées, le gouvernement s’endette de 150,000 qu’il redépense pour compenser la perte du niveau de consommation des citoyens 3, 4 et 5. Est-ce que le gouvernement est en meileur posture ?

    Ils est dommage que vous deviez voir Amazon monté de 10% pour avoir le courage de m’adresser la parole Cassure, alors que j’ai été très poli ; c’est à croire que vous êtes lâche comme une lesbiennne et une canadienne.

  • permalien BA :
    28 avril 2011 @08h38   « »
    Réponse à KarimW :

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,398 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 24,717 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 18,130 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,184 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Pour l’Irlande et pour le Portugal, c’est pareil : les taux sont inversés.

  • permalien Th M :
    28 avril 2011 @09h27   « »
    à propos du message précédent

    Je trouve que le site pourrait éviter de publier les propos insultants (cf. la phrase finale ci-dessus sur lesbiennes et canadiennes) qui éloignent, -c’est un euphémisme ! - des propos de F Lordon.

  • permalien kulu :
    28 avril 2011 @10h32   « »
    Groinnkkkkkkk

    @Denys Picard,
    comme vous êtes un spécialiste de l’épargne, épargnez-nous les nombreuses fautes de grammaire et d’orthographe qui émaillent votre texte et laissent entendre que vous ne comprenez pas totalement tout ce que vous écrivez. Certains ici reprochent régulièrement à Lordon d’être trop "pédant" et incompréhensible mais il sait écrire, ce qui est bien le moins quand on veut expliquer ou démontrer quelque chose. Quant aux insultes que vous proférez...

  • permalien ango :
    28 avril 2011 @10h56   « »

    Ca sent la baie des cochons...

  • permalien Robespierre :
    28 avril 2011 @10h59   « »

    A la place de Monsieur Lordon, je ne m’inquièterais pas trop sur le sort des Etats Unis. Aucune chance qu’ils entrent dans la porcherie. Wall Street, les plus gros Fonds spéculatifs ainsi que les Goldman Sachs et consorts (sans parler des agences de notation), tout cela est comme par hasard "états-unien", ils ne vont quand même pas scier la branche sur laquelle ils sont assis. De plus, les Etats Unis bénéficieront toujours d’un privilège exorbitant, on n’est pas "l’Empire" pour rien et on ne dépense pas 500 milliards de $ (par an) pour l’armée en vain sans parler du soft power. Tant qu’il y’aura des pigeons pour leur prêter de l’argent, ils vivront à crédit comme ils l’ont toujours fait en remboursant avec de la monnaie de singe. Et ce n’est pas pret de s’arrêter car leurs créanciers sont pris dans un engrenage qui fait qu’ils sont obligés de continuer à leur prêter (sinon les $ ne vaudraient plus rien). Pour résumer le reste du monde prête (allez, on va dire donne) aux Etats-Unis pour que ces derniers le dominent. On appelle cela acheter sa propre servitude.

  • permalien youpi :
    28 avril 2011 @11h57   « »

    Yeeeessss !
    Ce passage à vide m’a un peu inquiété, mais je suis ravi du retour du grand F. Lordon, et en forme apparemment.

    Je suppose qu’il a simplement appliqué pendant quelques mois le principe qu’il revendique par ailleurs : se taire quand on n’a rien à dire...

    Merci pour cet article et pour laisser passer tous les commentaires (sans la censure, euphémisée "modération" par "l’équipe" de Jorion).
    :D
    \o/

  • permalien
    28 avril 2011 @23h22   « »
    Merci !

    Je vous trouve dur avec Jorion. Il a le mérite avec Leclerc d’avoir sensibiliser des débutants avec les problèmes économiques.

    Pour le reste heureux de voir aussi la pompe à phynance repartir :-D

  • permalien Vincent Schweitzer :
    29 avril 2011 @15h30   « »

    Merci M LORDON
    Toujours aussi jubilatoire de vous lire
    Continuez on vous aime !

  • permalien pouet :
    29 avril 2011 @20h37   « »

    Merci aussi. Cela faisait longtemps !!!

  • permalien Nicks :
    29 avril 2011 @22h09   « »

    On a en effet rarement vu pouvoir abandonner ses prérogatives de bon gré et c’est bien ce constat des plus lucides qui vous différencie d’un autre commentateur, parfois avisé, parfois totalement à côté du sujet, de l’actualité socio-économique.

    Ce premier volet pertinent d’un nouvel épisode attendu depuis longtemps est en tout cas et j’insiste, toujours aussi bien écrit (ah les ravages de la pensée pré-mâchée et du vite lu, vite oublié auprès de certains commentateurs). Mais s’agissant d’un simple constat prospectif, j’ai hâte de savoir à quel niveau de réflexion s’adosse la suite...

  • permalien tal :
    29 avril 2011 @23h58   « »

    Steagal act et nationalisation selon Delamarche :
    http://lupus1.wordpress.com/2011/04...

    Pour sauver les meubles, une pelle et de l’or au fond du jardin.

  • permalien Pipas :
    1er mai 2011 @22h56   « »
    un peu de respect pour les cochons svp

    Aujourd’hui je suis allé pique-niquer à la montagne et j’ai visité une ferme où j’ai pu voir des cochons. Des petits, des gros, souvent moches, mais quand même : rien de comparable avec les atrocités qui nous dominent, alors merci mille fois pour cet excellent billet, je me jette sur la suite, mais svp, F. Lordon, un minimum de respect pour les cochons.

  • permalien Klak :
    2 mai 2011 @19h56   « »
    Après les cochons, les insectes ?

    US + GB = BUGS

  • permalien Assidu :
    2 mai 2011 @22h10   « »

    Paul Jorion surf sur la crise pour vendre ses bouquins et en profite, car il sait qu’il est éphémère. Il censure et ironise quand il est contredit ou piégé. Sympathique ou demeurant, mais stalinien avec ses lecteurs. En résumé, le personnage est très opportuniste.

  • permalien drlamy :
    3 mai 2011 @20h02   « »

    Je trouve le texte de Robespierre frappé au coin du bon sens : les USA sont LA puissance dominante du point de vue militaire et de loin sur ses premiers riveaux. F. Lordon est brillantissime en économie financière mais il me semble un peu trop oublier la réal politik qui fait que Nof Nof préfèrera embarquer le monde dans une catastrophe militaire plutôt que de " couper la branche sur laquelle il est assis ". Souvenez-vous en 38-39 leurs dirigeants étaient nombreux à admirer Mr Hitler, la grande morale ce n’est pas pour des Lords anglais ou des Kennedy père...

  • permalien Franck :
    4 mai 2011 @14h34   « »

    Une question (idiote, de néophyte, probablement insensée) me taraude : en quoi le défaut de paiement d’un Etat est-il une catastrophe pour cet Etat ? Quel est le scénario ? Moi, l’Etat disons grèc, décide que je ne rembourserai plus ma dette, ou a un taux que je choisi. Quelle conséquences ? la honte ? une difficulté économique selon un mécanisme qui m’échappe ? la guerre faite par les Etats créanciers ?
    Je sais, ça a l’air très bête, mais j’ai du mal à appréhender ce qui se passerait...

  • permalien CD :
    4 mai 2011 @14h43   « »

    j’ai écouté avec delectation F Lordon, que je ne connaissais pas, sur France Culture ce matin. Slama, si disert d’habitude, paraissait bégayer.
    Alors la suite ... les idées sans affect, mais surtout sans mise en œuvre valent peu. Quel est le programme de F Lordon ? et quel parti lreprésentera ses idées en 2012 ? s’agit il de sortir de l ’Euro ou en changer le mode de gestion, quitte à faire sortir les Allemands ? alors qu’est ce qu’on fait ? je n’ai pas l’étincellante intelligence de F Lordon, mais ...je vote.

  • permalien KarimW :
    4 mai 2011 @22h33   « »

    @Franck

    Si le budget de l’état est en déséquilibre, il ne pourra pas ou peu aller sur les marchés pour obtenir des liquidités.

    Par ailleurs, si les banques de cet état sont impactées par le défaut, elles peuvent nécessiter l’intervention publique.

    Maintenant, il arrive un moment ou ces situations deviennent plus gérable que de continuer vers le précipice !

  • permalien Révolté :
    8 mai 2011 @21h03   « »

    J’adore l’assassin passage sur Rocard. Ne dirait-on pas qu’on ne tire pas sur les ambulances ?... Mais quoi de plus légitime, tant qu’elle réussit à klaxonner sur les plateaux télés et se présente comme une sorte de sagesse convocable en live pour alimenter ad nauseam le bla-bla embarqué qui nous gave.

    Sinon, la situation des USA est largement et finement commentée, ce qui ne peut que nous conforter dans l’idée qu’il vont à la banqueroute, et nous aussi. Bon, je vais lire le II des deux gros cochons...

  • permalien le journal de personne :
    10 mai 2011 @18h26   «

    S’immoler par le feu

    Je m’appelle Hélène…Je suis grecque… la Grèce… quelle étrange tendresse ?
    Ma ville natale ne s’écrit plus en lettres capitales
    Athènes mère, marraine !
    J’ai décidé sous l’œil de cette caméra
    De mettre fin à mes jours
    De m’arroser d’essence et de m’immoler par le feu
    Parce que je n’ai pas envie de te céder
    Pour une poignée d’euros

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/02/simmoler-par-le-feu/

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