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Déstabilisation monétaire internationale ?

Les deux gros cochons, partie 2

jeudi 28 avril 2011, par Frédéric Lordon

Renversement de la liquidité internationale ?

Si par une sorte de dialectique un peu scolaire, le premier commentaire a d’abord sursauté à la nouvelle proprement économique de la mise sous surveillance des Etats-Unis (voir Partie 1), puis s’est corrigé pour en minimiser la portée et y voir un « simple avertissement » politique, il serait utile (négation de la négation) de revenir, pour la redramatiser quelque peu, à l’économie du problème. Le parallèle avec l’épisode précédent de « surveillance négative » de 1996 ne tient pas la route une seule seconde, et si c’est sur ce genre de rapprochement que l’on croit pouvoir compter pour se rassurer un peu il va falloir assez vite trouver autre chose. Si les Etats-Unis y sont là encore menacés d’une « panne gouvernementale » du fait d’un accord budgétaire rendu difficile par une cohabitation, ils sont par ailleurs en pleine phase de croissance tirée par la bulle Internet (1996 est l’année où Alan Greenspan parle de « l’exubérante irrationalité ») et à des niveaux de dette publique (comparativement) ridicules. Tout autre est la situation d’aujourd’hui, dominée par des interrogations de solvabilité autrement sérieuses dont seuls les divers privilèges d’hégémonie des Etats-Unis empêchent que soient tirées toutes les conséquences. La possibilité de moyen terme d’une dégradation n’a donc rien d’extravagant et ceci d’autant moins que le schème comparatif « officialisé » par l’avis public (et common knowledge) de Standard & Poor’s est maintenant installé dans les esprits et ne cessera sans doute plus d’y faire son chemin : comment en effet justifier le maintien d’un triple-A pour une économie dont les paramètres objectifs s’écartent de plus en plus visiblement de la moyenne du « club » ? La question est désormais sur la table et n’en sera pas aisément ôtée, il est même à craindre, quel que soit d’ailleurs le cours pris par la politique économique étasunienne, que la suite des événements ne fasse que lui donner plus d’acuité, en tout cas dans un horizon de moyen terme – celui qui est adéquat à la manifestation des effets contre-productifs des plans de rigueur.

Or il faudrait être inconscient pour minimiser les effets d’une éventuelle dégradation des Etats-Unis. L’énormité des masses financières concernées promet quelques intéressantes secousses – même si d’une certaine manière elles portent aussi leur propre antidote puisque le marché des titres étasuniens est le plus liquide du monde. Tout liquide qu’il soit, ce marché devra cependant absorber les mouvements de vente automatiques des investisseurs institutionnels, notamment les fonds de pension, qui sont réglementairement tenus d’adosser leurs passifs à des actifs de qualité supérieure, et doivent opérer les substitutions ad hoc dès que certains d’entre eux perdent la note AAA. Mais il faut aussi imaginer les pertes qu’imposerait aux banques une dévalorisation des Treasuries dont elles détiennent des quantités massives. Frappées du côté de leur actif, elles le seraient également du côté de leur passif puisqu’elles seraient obligées de lever du capital supplémentaire afin de maintenir à flot leurs ratios de solvabilité. En effet les actifs risqués doivent être couverts en fonds propres à des niveaux différenciés en fonction de leur degré de risque (mesuré entre autres par leur notation). Si les Treasuries voient leur niveau de risque réévalué, il faut donc mettre plus de capital en face…

On ne peut jamais être tout à fait sûr de la sincérité d’une institution financière qui se livre à des prises de positions fracassantes – verbales et financières –, voilà en tout cas que, pour enrichir le tableau, Bill Gross, patron de PIMCO, le plus gros gestionnaire de produits de taux aux Etats-Unis, stupéfie tout le monde en annonçant, il y a un mois, désinvestir en totalité (!) son fonds des US Treasuries. Dans cette affaire, on a du mal à faire la part de l’anticipation éclairée (mais alors quel intérêt de la rendre publique ?), de la pure et simple manipulation de marché par un opérateur dont la voix est spécialement écoutée et reconnue (donc efficace), ou d’une combinaison des deux, l’anticipation « objectivement » et sincèrement formée tentant de se donner pleinement raison à elle-même en entraînant derrière elle le reste du marché. Il n’en reste pas moins que l’événement est marquant, car on a rarement vu pareil signe public de défiance de la part d’un des plus gros opérateurs de ce marché – plus symptomatiquement encore : à l’encontre même de son « habitat préféré » – et, quelle que soit finalement la nature réelle de son intention, le simple fait que puisse être envisagé un « coup » sur ce thème est en soi lourdement significatif.

Mais ce problème qu’on peut voir par le petit bout des calculs spéculatifs, il faut surtout le voir par le gros bout d’une crise possible de la liquidité internationale. Toute celle-ci est par construction accrochée à l’idée cardinale de l’« actif sans risque ». Car même à un univers de risques tel que la finance – ou plutôt pour cette raison précise qu’elle est un univers de risques – il faut bien un ancrage… L’actif sans risque est ce pôle de (relative) certitude auquel s’amarre tout son jeu d’incertitude. Il est la référence qui rend possible une mesure du risque – comme on sait évaluer différentiellement, par des écarts de taux, les fameux spreads. Un régime de la liquidité internationale est construit autour d’un certain actif, le titre souverain attaché à la devise-clé, et à ses structures propres : structures de marché très fortement internationalisées, offrant à la fois volume, profondeur, variété de produits dérivés et d’instruments de couverture, etc. Et aussi une politique monétaire qui, pour demeurer nationale, n’en devient pas moins de fait gestionnaire d’un bien public international et doit se montrer à la hauteur de cette responsabilité. Les bons du Trésor étasuniens remplissent toutes ces conditions… à ceci près que le doute apparaît maintenant sur la réalité de leur qualité « sans risque ». Que peut devenir la finance internationale quand l’actif réputé sans risque est avéré risqué ?! C’est là un événement potentiellement catastrophique, au sens étymologique du terme : renversement. Renversement d’une croyance, et même plus : de la croyance-ancrage.

En attendant la Chine

Assurément nous n’en sommes pas encore là. Mais dans une architecture soumise à d’aussi grandes tensions que la finance internationale depuis 2007, le commencement d’un doute en cette matière est déjà presque de trop. Supposé son ancrage détruit, la finance devient absolument errante. Car, pour toutes ses apologies du risque, elle n’a rien de plus précieux que de ré-identifier au plus vite un nouvel actif sans risque auquel aller s’accrocher bien vite. Le problème tient au fait que la déstabilisation du régime courant de la liquidité internationale par la mise en cause de son ancrage n’a aucunement la propriété de faire surgir spontanément un actif sans risque de remplacement. Car la consécration internationale d’une devise-clé de remplacement est un processus historique long qui vient sanctionner une dynamique économique hégémonique indiscutablement reconnue – comme l’avait été celle des Etats-Unis au sortir de la deuxième guerre. Or un rapide tour d’horizon en cette matière ne fait rien apercevoir de très réjouissant.

Des deux seuls candidats possibles, l’Europe est aux prises avec sa propre crise de dettes souveraines, et la Chine, à laquelle on pense spécialement, ne sera pas mûre avant quelques décennies. Que les Chinois aspirent à cette hégémonie, la chose n’est que trop évidente, mais leurs élites ont la plus haute conscience des rythmes de l’histoire et savent pertinemment que leur moment n’est pas encore venu. Il le sera quand l’économie chinoise sera apte à supporter une réévaluation du renminbi, c’est-à-dire quand le maintien de son taux de croissance à un très haut niveau – vital pour la stabilité politique du pays – ne sera plus dépendant des exportations, donc quand sera achevée la dynamique de constitution et d’institutionnalisation de son marché intérieur, seule à même de soutenir un nouveau régime de croissance autocentrée – pas à l’ordre du jour immédiat.

Il y a d’ailleurs fort à parier que ce changement de régime d’accumulation se produira le plus probablement au travers d’une crise monumentale, à l’image de celle qu’avaient traversée les Etats-Unis dans les années trente, crise de croissance typique, c’est-à-dire d’« immaturité » institutionnelle dans une économie se développant à un rythme très intense. Telle est bien la configuration de la Chine actuellement avec un système bancaire dangereusement exposé aux mauvaises créances, des marchés de capitaux dont on peut imaginer qu’ils se développeront bientôt mais au prix d’une dangereuse accumulation de risques et de carences patentées de régulation, mais surtout, l’essentiel : l’inadéquation d’un rapport salarial ultra-flexibilisé à produire la stabilité minimale susceptible de solvabiliser une demande intérieure progressant dans de bonnes conditions de régularité. Ça n’est pas seulement le dévastateur credit crunch et les erreurs de politique économique qui avaient produit la Grande Dépression mais également le fait que la configuration « concurrentielle » du rapport salarial aggravait des mécanismes macroéconomiques tous profondément procycliques. Le plongeon de la conjoncture s’était en effet soldé par la montée du chômage, et surtout par la baisse des salaires nominaux trop élastiques aux déséquilibres du marché du travail en l’absence de tout appareillage institutionnel susceptible de jouer comme force de rappel et de produire des effets contracycliques (salaire minimum, clauses d’indexation variées, revenus de transfert, compromis de protection de l’emploi, etc.). Il en était résulté le crash keynésien parfait, la chute des salaires faisant plonger en séquence la consommation, la demande finale, l’emploi qui à son tour faisait baisser à nouveau les salaires, etc. Pour toute la circonspection qu’appelle ce genre de comparaison, le rapport salarial chinois y fait beaucoup penser, et pour un moment encore.

L’expérience montre abondamment le retard chronique des constructions institutionnelles sur le développement économique, à plus forte raison quand il connaît un rythme aussi effréné, jusqu’à un point où la dynamique économique elle-même cesse d’être soutenable. Il en résulte alors une crise (structurelle) si violente que se trouvent créées les conditions politiques d’un « rattrapage institutionnel » accéléré, et l’entrée dans un nouveau régime d’accumulation, institutionnellement « mature » [1]. La Chine est donc encore en attente de sa « crise de 29 », convulsion majeure probablement seule à même de produire l’avancée institutionnelle capable de la faire entrer dans un régime de croissance autocentrée, tirée par la demande salariale interne. A ce moment, et à ce moment seulement, auront été installées les conditions macroéconomiques structurelles d’un capitalisme chinois doté d’une force de développement interne suffisamment grande pour projeter vers l’extérieur ses aspirations hégémoniques, tolérer l’appréciation de sa monnaie et en faire la nouvelle devise-clé.

Avis de turbulence sur les changes

Mais ce moment ne surviendra pas avant une décennie au moins. Dans l’intervalle, les élites chinoises gèrent avec un parfait sens du long terme la transition nécessairement étirée entre un ordre économique international qui se délite – celui des Etats-Unis – et un autre qui émerge – le leur. Toute la subtilité de la manœuvre consiste à d’ores et déjà prendre acte de l’effacement programmé du dollar et à accompagner son lent déclin sans pour autant que le renminbi ne se réévalue trop fortement puisque l’actuelle configuration du régime d’accumulation chinois ne le permet pas. C’est probablement ainsi qu’il faut comprendre les étonnantes interventions du fonds souverains chinois à la rescousse de la Grèce et du Portugal (sans doute pour des montants limités mais tout de même) : non pas comme un pur jeu de court terme sur les parités mais comme une stratégie transitionnelle de moyen terme visant à maintenir l’euro dans un statut de pôle monétaire international alternatif destiné à éviter un effet de report massif du dollar vers un renminbi pas encore « mûr ». Pour dire les choses de manière imagée, la Chine soutient l’euro comme syndic de faillite du dollar et comme administrateur temporaire – or l’euro, lui-même, étant bien près de voler en éclat, il fallait bien lui donner un coup de main, manière de lui faire rendre son office de stabilisateur de la période intermédiaire… En tout état de cause, l’erreur à ne pas commettre consistait à analyser le mouvement chinois comme le seul indice d’une monnaie européenne agonisante quand il exprime en premier lieu une anticipation de défiance à l’endroit du dollar.

Standard & Poor’s, PIMCO, la Chine : beaucoup de suffrages négatifs prononcés contre les Etats-Unis et une convergence qu’on ne saurait tenir pour négligeable. L’histoire retiendra peut-être ces mois de mars-avril 2011 comme le commencement de la fin du dollar. Dans l’intervalle, que peut-il advenir d’un marché des capitaux qui ne sait plus à quel « actif sans risque » se vouer et dont la devise-clé menace de perdre son statut ? Les opérateurs et les commentateurs de la finance se perdent en conjectures quant à la malheureuse devise qui fera l’objet d’un krach monétaire. Il n’est pas certain que l’hypothèse du krach-X (avec X = dollar, euro, livre ou yen) soit la bonne. L’effondrement d’une monnaie dominante suppose en effet la possibilité d’un « report vers la qualité » (flight to quality)… mais c’est là l’autre nom du retour à l’actif sans risque, or précisément, d’actif sans risque, il n’y a plus ! En l’absence d’ancrage unanimement reconnu, nous sommes plutôt sur le point d’entrer dans un régime de déplacements erratiques de la préférence pour la liquidité. Un scénario plus probable pourrait donc consister en une instabilité grandissante des changes, succession de krachs « partiels » limités, pilotée par l’enchaînement des mauvaises nouvelles régionales : un jour on apprendra que l’impasse financière des retraites capitalisées étasuniennes est encore plus grande que prévu et la solvabilité globale du pays sera questionnée avec plus d’acuité, le dollar chutera avec remontée mécanique de l’euro ; le lendemain ce sont de nouveaux développements de la crise des dettes souveraines européennes qui feront la une et le dollar remontera ; un peu plus tard l’alarme viendra des banques du Royaume-Uni ou bien du ralentissement de sa croissance et ce sera le tour de la livre – probablement le maillon le plus faible du système des « grandes monnaies » puisque l’économie britannique cumule tous les problèmes : banques bien amochées, inflation renaissante, déficit très important, austérité sauvage, croissance brisée, mais avec, à la différence de la zone euro, une monnaie à surface comparativement faible, un marché de changes moins vaste et moins profond, où les mouvements spéculatifs peuvent faire de sérieux dégâts, bref tout ce qu’il faut pour qu’une crise de change y soit et plus probable et plus spectaculaire qu’ailleurs.

A part quoi, évidemment, « la crise est derrière nous ».

Notes

[1] On ne verra pas dans ce « mature » quoi que ce soit qui pourrait ressembler à une fin de l’histoire. Les agencements institutionnels sont toujours des modes de régulation transitoires des contradictions fondamentales du capitalisme, et par là toujours voués à être tôt ou tard débordés par ces contradictions renaissantes, développées dans une direction particulière favorisée par la dynamique même du régime d’accumulation.

97 commentaires sur « Les deux gros cochons, partie 2 »

  • permalien
    28 avril 2011 @13h04   »

    Preum’s.
    Oooolé.
    Facile.

    Eh bien oui « la crise est derrière nous ».
    Belle et bien terminée ; tout va bien m’sieurs-dames, pouvez dormir tranquilles.

    Même que le capitalisme a aussi sauvé la planète en rajoutant l’étiquette bio et le qualificatif vert partout.
    Voilà, nous sommes sauvés.
    Trop fort.

  • permalien candide :
    28 avril 2011 @13h59   « »

    Toujours un régal de vous écouter et de vous lire.
    ça change des économiste de bistro (ou de TV) et des politiques de "la crise est derrière nous" (après "nous ne seront pas touché par la crise")

  • permalien Assurancetourix :
    28 avril 2011 @14h00   « »
    Dures spéculations que celles de la prospective financière...

    "L’homme a la conscience d’être Dieu, et il a raison, puisque Dieu est en lui. Il a conscience d’être un cochon et il a également raison parce que le cochon est en lui. Mais il se trompe cruellement quand il prend le cochon pour un Dieu." (Léon Tolstoï)

  • permalien Contribution inutile :
    28 avril 2011 @17h52   « »

    On se demande... N’y a-t-il pas d’analystes auprès de nos gouvernements pour anticiper un minimum ce genre d’évolution, outre les économistes qu’on nous passe à la radio, à la télé ?

    Nos gouvernements sont-ils des kamikazes du "libéralisme" ? des aveugles ? une bande de sombres crétins ?

    Comme tout bourré, allant droit dans le mur, et avec le sourire.

  • permalien Ordonc :
    28 avril 2011 @18h44   « »
    bientôt, la disparition des cochons (fin des tirelires)

    bonjour,

    les crises de change peuvent fonctionner selon le principe de la stratégie du choc et déboucher sur l’avènement (nécessaire braves gens, vous le voyez bien !) d’une "monnaie" mondiale.

    Mais parallèlement aux aléas des mouvements internationaux de liquidités, se cherchant des actifs "sûrs",
    il est une autre liquidité qui, progressivement va disparaître
    = celle qu’on place dans les gros cochons ventrus qui ont une fente sur le dos, les tirelires !

    Car une stratégie est planifiée pour aboutir à la disparition de l’argent liquide, (y compris por les petits achats quotidiens) et elle est appuyée par une magistrale propagande.

    Vous voulez des faits, des révélations, des exemples précis et sourcés ?

    Consulter donc la démonstration très détaillée de l’auteur du forum
    LE SILENCE DES LOUPS (Décryptage d’un monde interdit aux moins de 16 dents)

    MESSAGE N° 40
    Vos désirs sont nos choix, vous paierez comme il nous plaira !
    1ère partie ici : http://www.pro-at.com/forums-bourse...

    2ème partie ici : http://www.pro-at.com/forums-bourse...

    Nous vivons dans un nuage de fumée.

    La cure de désintoxication s’impose.

  • permalien Crapaud Rouge :
    28 avril 2011 @21h20   « »

    Et l’or, c’est pas un actif sans risque ? En tout cas, il a tout l’air d’inspirer une confiance proportionnelle à l’incertitude qui plane sur les marchés.

  • permalien goutelle :
    28 avril 2011 @23h58   « »

    la difficulté de lire Lordon

    Je sais pas comment on peut dire que Lordon est facile à lire (que paradoxalement je lis intensemment, car je sens bien instinctivement qu’il prend le problème par le bon bout et dans toute son ampleur. Et je préfère souffrir dans le "vrai difficile" plutôt que lire quelqu’un dans "le faux, ou le partiel, facile"). Lordon, et ce n’est visiblement pas sa faute mais celle du domaine qu’il traite, est très difficile à lire pour des non initiés à l’économie (et Dieu que les petites comparaisons, souvent comiques, tombent à pic). Et pourtant j’ai fait un bac B dans les années 80. Certes, on sent bien qu’il fait le maximum pour abaisser, quand c’est possible je suppose, la tambouille technique de son exposé. Mais il y a un tas de mécanismes et de présupposés qui échappent complètement à un néophyte, et don on se dit parfois qu’on aimerait bien comprendre le détail. Et puisqu’il est question de démocratie dans cet article, j’ai toujours vu l’accession des économistes au pouvoir comme une façon de ne pas parler clair au citoyen pour contourner la démocratie. "l’embrouiller" comme on dit en bas. Je sais bien que Lordon est justement un désambrouilleur de baratin économique. Mais un "Lordon pour les nuls" serait parfois bien venu....

  • permalien cassure1974.blogspot.com :
    29 avril 2011 @00h54   « »
    @ goutelle

    Quels sont les points d’incompréhension ?

  • permalien Crapaud Rouge :
    29 avril 2011 @07h08   « »

    @goutelle : je ne comprends pas que vous ayez pondu 50 lignes de com’ pour dire que Lordon est difficile à comprendre, alors que 3 lignes auraient sans doute suffit à dire ce que vous ne comprenez pas.

  • permalien tcx32fr :
    29 avril 2011 @08h10   « »
    Vers plus de maturité institutionnelle

    La Chine est donc encore en attente de sa « crise de 29 », convulsion majeure probablement seule à même de produire l’avancée institutionnelle...

    Petit commentaire : et que dire de l’occident !

    Qui de son côté, ne serait pas en attente lui aussi d’une profonde revisite de ses institutions ? Car mettre le corps social sous le joug d’intérêts minoritaires et privés - le capitalisme actionnarial ou bien les banques qui font du chantage à la croissance si on les enquiquine trop à vouloir se protéger d’une nouvelle crise (Bâle III), sans même parler d’exiger que les conditions de création de cette nouvelle crises disparaissent purement et simplement - n’est-il pas simplement la manifestation d’un profond déni de démocratie qui est, jusqu’à preuve du contraire, toujours "le mode de gestion" officiel des républiques occidentales ?

  • permalien Gladiador :
    29 avril 2011 @09h53   « »

    Merci encore professeur Lordon ! Il est une récurrence dans l’erreur de la science économique monétaire dominante. la variable vivante, l’humain. En Espagne le chômage a atteint le record historique de 5 millions de chômeurs mettant en évidence la faillite des réformes imposés.
    C’est le talon d’Achille de l’Europe mais on considère que s’attaquer au chômage et une question périphérique alors que cette crise a été provoqué par la paupérisation de la société qui a mené à un endettement de type pyramidale sans fin. La solution proposée par les décideurs : encore plus de ce qui a provoqué le mal. Moins de pouvoir d’achat, moins de protection sociale, moins d’État, moins d’emploi...
    Cette spirale infernale va très mal se finir car les castes dominantes ne permettrons pas que le système change, étant donné qu’ils ne connaissent que ce système pour rester au pouvoir. Les réformateurs n’auront jamais les rennes du pouvoir !

  • permalien shuniata :
    29 avril 2011 @16h26   « »

    quid des DTS du FMI

    actif dit "sûr" : panier de devises et de MP avec large part aux métaux précieux ?

    les performances passées certes ne préjugent pas des perfs futures : voir le comportement de l’or depuis le début du régime actuel de crises financières, la crise asiatique de la fin des années 90, histoire de ne pas remonter à mathusalem

  • permalien ribol :
    29 avril 2011 @20h53   « »
    MERCI

    Claire et nette.
    Que du plaisir.
    Merci Monsieur Lordon

  • permalien Vincent Schweitzer :
    29 avril 2011 @20h57   « »

    M Lordon il faut que je vous raconte une histoire de cochons. A Madagascar les paysans ont des cochons qu’en général ils ne consomment pas eux-mêmes. Ils revendent cher quand le cochon est gros. Des vulgarisateurs du ministère de l’agriculture leur ont fait remarquer que le coût de l’entretien du cochons valait plus que le bénéfice. Mais les paysans n’ont pas changé leurs habitudes pour autant, continuant de prendre leurs cochons pour des tirelires.
    Et ils ont raison : une crise politique tous les 10 ans (au moins) fait que la rentabilité réélle est meilleure qu’en banque.
    Source H de LAULANIE, "le riz à Madagascar" 2004
    Bon voilà, c’est tout ce que je voulais vous raconter M Lordon de mes 4 ans passés à Madagascar.
    Ah j’oubliais la Zob (Zébu Overseas Board) propose des PEC (plan épargne cochon) pour aider les paysans de la région d’Antsirabé à acquérir un cochon. Ils ont aussi le PEZ (plan épargne zébu), mais çà, c’est hors-sujet.
    http://www.zob-madagascar.org/
    Vincent Schweitzer

  • permalien Nicks :
    29 avril 2011 @22h40   « »

    Un ajustement structurel et politique se prépare probablement, comme une violente éruption volcanique, avec des signes avant-coureurs évidents. L’immobilité conservatrice de nos dirigeants ne fait qu’accélérer le processus.

    Un réveil populaire peut-il désamorcer un nouveau cycle de destruction ? Il me semble en tout cas, que c’est la seule solution, à défaut d’être la plus probable...A moins que la prime de 1000 euros... :oB

  • permalien BA :
    30 avril 2011 @14h23   « »
    Les cochons boivent et dansent sur le Titanic.

    Vendredi 29 avril 2011 :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 11,996 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,386 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,957 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,573 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 12,064 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,256 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,518 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,643 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,354 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 23,982 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 17,147 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 15,662 %.

  • permalien Kazou :
    30 avril 2011 @23h27   « »
    Des traders payés en têtes de cochon (véridique !)

    Il y a encore quelques années, en héritage d’un avantage accordé aux salariés des abattoirs anglais, les rémunérations en nature en têtes de cochon, bénéficaient d’une exonération fiscale.

    Les traders y ont trouvé un actif intéressant et ont pris pour habitude d’en recevoir, en complément de leurs bonus habituels. Actifs bien évidemment revendus dès réception (non physique) par la magie des marchés...

    Gordon Brown, alors ministre des finances, a dû prendre des dispositions règlementaitres pour y mettre fin.

    Gageons que l’effet d’apprentissage aurait été plus tangible si plutôt que de faire rentrer la tête de cochon dans l’assiette fiscale (!!) Brown avait mis fin immédiatement à la liquidité dudit actif avec livraison physique aux acquéreurs...

  • permalien Marianne :
    1er mai 2011 @00h22   « »

    Merci pour ces deux articles, pour ce travail de veille qui permet d’extraire de l’actualité les informations significatives et qui passeraient autrement inaperçues, de leur donner leur sens au regard de l’histoire en cours, de l’histoire qui s’écrit sous nos yeux, sans que nous sachions comment réellement "prendre la plume" pour ne plus rester que spectateurs et orienter le récit vers plus d’espoir...

    http://blog-citoyen.over-blog.fr/ar...

  • permalien jboss :
    1er mai 2011 @19h42   « »

    A vous lire je comprends que l’argent que j’économise patiemment depuis des années et que je place sur mon assurance vie pour plus tard, eh bien cet argent sera perdu à terme ! Car les 3 000 milliards des Chinois ou les 1 800 milliards d’assurance vie de Français qu’est-ce face aux 50 000 milliards de dette des américains ? Le jour où la note US sera dégradée mes économies vont fondre. J’aimerais tout de même pouvoir être informé de quand se produira ce cataclysme. Parceque je lis ces longs articles cataclysmiques mais je ne sais toujours pas quand tout cela va arriver, c’est quand même gênant.
    Comme j’ai du mal à voir ce qui est proposé ou entrevu pour sortir par le haut de cette situation, à mon niveau je me dis que si c’est vrai, il vaut mieux que j’achète des forêts ou des appartements, ils seront toujours à moi. Mais collectivement ? J’ai bien entendu Jacques Attali nous expliquer que le salut de l’Europe passera par la possibilité de l’Europe fédérale de s’endetter, comme si endetter l’Europe n’ajoutait pas de dette sur nos têtes. Ce qui en dit long sur ses compétences.
    Et je comprends en vous lisant que vous moquez aussi la rigueur. Donc je ne vois pas vraiment la solution que vous entrevoyez entre la rigueur et la dette.
    Je crois pourtant qu’il existe des possibilités ; la dette des états n’est pas perdue pour tout le monde. Sarkozy a ainsi donné 2 € par consultation aux médecins en janvier dernier, augmentation financée par de le dette. Et les guerres américaines font vivre les officines de mercenaires sans parler des marchands d’arme. La dette est pour moi largement une ponction que les politiques s’autorisent tant que c’est possible seulement pour enrichir certains. Lesquels accumulent sans vergogne et la liste est longue.
    On ne sortira jamais de la situation dans laquelle on se met en ne raisonnant que globalement. On ne peut pas dire "les Français ont du mal". Probable que seulement 10 ou 20% des français tirent la langue. Les autres vivent de cette dette qui s’accumule. Et les américains font pareil. La dette finance et enrichit la masse. C’est cela que les politiques ne veulent pas arrêter. Il va bien falloir un jour rééquilibrer, casser cette logique. Sinon cela se fera par la déroute et la Chine sera peu de chose pour arrêter cela.

  • permalien Manon :
    1er mai 2011 @20h06   « »

    Je vois un début de solution :
    1-la séparation immédiate des banques de dépot responsables de l’économie réelle populaire et des banques d’affaires des mafieux hyper-spéculateurs qui cesseraient alors d’avoir la garantie de l’Etat c’est à dire des travailleurs citoyens contribuables.
    2- La nationalisation des banques au moins de dépot, biens communs responsables de la création monétaire et l’expropriation des mafieux hyper-rentiers au cours le plus bas enregistré depuis 2008.
    En effet les travailleurs citoyens contribuables ont payé à la fois par un endettement public supplémentaire d’au moins 30% du PIB, par un million de chômeurs en plus et par la baisse du pouvoir d’achat la liberté donnée par les gouvernements de droite ou de la fausse gauche pour les hyperspéculateurs de rançonner le peuple . Cette liberté a été soigneusement conservée , malgré les avis de la majorité des économistes indépendants de la haute finance, par les gouvernements de droite type Sarkozy mais aussi par Obama qui a mis aux commandes du ministère de l’Economie US un ponte de la banque hypermafieuse Goldman Sachs.
    C’est le programme de la Résistance sur le front bancaire toujours valable comme l’a rappelé Stéphane Hessel dans "Indignez vous"

  • permalien KarimW :
    1er mai 2011 @20h07   « »

    La dette n’enrichit pas la masse.
    Elle contribue à faire tourner le système (dans sa structuration actuelle), lequel système "fournit" ainsi de l’emploi à la masse (en fait, c’est l’inverse).

    Mais quoi qu’on fasse, ce système semble arriver en bout de course.

    Quand ca va craquer ? Il semble que ce soit en cours ! Vous ne voyez pas les murs se fissurer ?

  • permalien Manon :
    2 mai 2011 @06h13   « »

    En démocratie représentative dans laquelle les Français vivent depuis 1871 , en dehors des quatre ans de collaboration avec Hitler qui lui aussi est passé par les élections avec 32% des voix et la courte échelle que lui a offert la Droite, les décisions sur la finance qui sont politiques sont prises par des gouvernements appuyés sur des majorités parlementaires élues.

    Bien évidemment on peut vivre avec l’illusion ou le discours que le système va s’écrouler de lui-même spontanément, tout en plaçant leur argent dans les paradis fiscaux pour les plus "malins", mais on risque fort de se retrouver avec des gouvernements d’extrème droite qui suppriment toute expression possible pour les citoyens travailleurs.

    La dette publique va continuer mais la création monétaire doit-elle être au service du public, de l’investisement et des citoyens travailleurs ou doit-elle être à la botte de l’oligarchie et des mafieux hyper-spéculateurs ? La droite soutient les intérêts de l’oligarchie mais quel est le programme de la gauche et du PS là dessus ?

    En l’absence de réaction, notamment au minimum séparation des banques de dépot et banques d’affaires et, pour une solution durable, nationalisation au plus bas coût des banques de dépot, la Grèce est notre avenir : des taux d’intérêt à 12% qui avec les intérêts composés aboutissent à un doublement de la dette tous les six ans. C’est le retour progressif du servage à vie tel que pratiqué par les grands propriétaires indiens sur les paysans pauvres surendettés.

  • permalien Paulo :
    2 mai 2011 @08h52   « »

    @ jboss
    C’est tout le système qui est à revoir. S’il n’y avait pas de dettes (qu’elle soit publique ou privée) il n’y aurait tout simplement pas d’argent puisque toute la monnaie est une "monnaie dette".
    Il faut passer au 100% monnaie , où seul l’Etat (la banque Centrale) peut émettre celui ci sans intérêts (lire par exemple http://osonsallais.wordpress.com/ )

  • permalien jboss :
    2 mai 2011 @09h07   « »

    @manon, la nationalisation des banques serait une mesure bien trop insuffisante. D’autant qu’une banque nationalisée est ensuite dirigée par les politiques qui ne font que très rarement montre du sens de l’intérêt général. Nous l’avons constaté, la nationalisation n’est qu’une mesure de sauvetage pas d’amélioration. Le fait que la collectivité paye en bout de course n’est pas la preuve que la collectivité saurait faire mieux.

    @karimW : "la dette n’enrichit pas la masse". Je vais donc mieux m’expliquer.

    En février 2011(c’est pas vieux et nous ne sommes plus en crise), les recettes de l’état ont été de 40 milliards et les dépenses de 57 : l’état a donc dépensé 43% de plus qu’il n’a gagné. Pendant ce temps, les policiers partent toujours à la retraite à 50 ans. L’état juge donc nécessaire d’endetter le pays pour que, entre autres, des policiers partent à la retraite à 50 ans, sans aucune considération de solidarité.

    La réforme des retraites s’est faite en 2010 sans qu’un seul centime d’effort soit demandé aux retraités. L’état a jugé nécessaire de continuer à endetter le pays pour financer les retraites. J’ai des voisins immédiats en couple et à la retraite ; la femme était directrice à l’ANPE (partie à 55 ans), le mari commercial chez Wolkswagen(parti à 60 ans). A deux il font pas loin de 5 000 € de retraite par mois. Avec maison payée, résidence secondaire, du temps libre, leur santé prise en charge par la sécu sans qu’ils cotisent, c’est un niveau de vie incroyable et sans risque qui leur est offert en grande partie par de l’endettement. Et quand je vois les autres voisins, ils ne sont pas isolés.

    Depuis qu’il est élu, Sarkozy n’a jamais parlé des déficits du système de santé et n’a fait que prendre des mesures à la marge comme des déremboursements. L’état juge nécessaire d’endetter le pays pour que les gens puissent avoir accès au soin. Et derrière il y a la puissance des professionnels de santé.

    La dette n’est pas perdue pour tout le monde. Il y a en France plus de 30 millions de personnes dont les revenus dépendent directement des finances publiques (retraités, chômeurs, malades, fonctionnaires...) Si l’état doit couper ses dépenses, disons de 17 milliards en février, tous ces gens vont devoir se serrer la ceinture. Et cela devrait être fait en touchant d’abord à ceux qui ont profité de la dette auparavant.

  • permalien Bravecounass :
    2 mai 2011 @11h42   « »

    @Jboss
    Février 2011 : "[...] nous ne sommes plus en crise."
    Ravi de l’apprendre, j’ai failli en douter ^_^, d’autant plus à la lecture de la prose du mettre des lieux, excellente, soit dit en passant.
    Je serais ravi de lire sur quels critères vous basez votre jugement, peut être avez vous été à la même école que Lagarde, a moins que ce ne soit l’amorphie de nos dirigeants qui vous en convainque.

  • permalien Paulo :
    2 mai 2011 @13h21   « »

    @Jboss

    Vous devriez vous poser la question (par exemple) de savoir quelle est la part des intérêts de la dette (intérêts indus) dans les déficits : est ce que ce sont les dépenses de santé qui "coûtent" (alors que les dépenses de santé, comme les salaires des fonctionnaires d’ailleurs, c’est de l’argent qui circule et que déficit de l’assurance maladie, par exemple, lorsqu’il est financé par de l’emprunt cela aboutit en même temps à une augmentation du PIB).

    Ce que vous faites, c’est un arrêt sur image de la circulation monétaire ... relisez le "à propos" de ce blog : "Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements … – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations."

  • permalien Nicks :
    2 mai 2011 @13h48   « »

    @jboss

    Mais oui, et que va devenir l’économie si on essaie de réduire la dette par l’austérité en mettant hors d’état de nuire tous les infames parasites que vous avez cités ? Voir la Grèce, le Portugal, l’Espagne, le Royaume-Uni etc. In fine, le poids de la dette augmente par insuffisance de retombées fiscales, corollaire direct de la dépression économique engendrée. D’autres bonnes idées de cette acabit démagogique ?

  • permalien Pipas :
    2 mai 2011 @14h02   « »
    2011 : Global Wild West

    Peut-être bien qu’on imprime plus nos dollars que pour les rouler sur eux-mêmes et snifer de la coke, mais on peut te retrouver un barbu dans le trou du cul du Pakistan et lui faire son haircut en moins de deux mec !

  • permalien Zolko :
    2 mai 2011 @16h59   « »
    l’Empire Chinois ?

    Pour dire les choses de manière imagée, la Chine soutient l’euro comme syndic de faillite du dollar et comme administrateur temporaire

    A moins que ce ne soit : le gouvernement Chinois ne veut pas mettre tous ses œufs dans le même panier, ce qui est aussi exactement ce qu’ils affirment quand ils disent qu’ils ne veulent pas avoir UNE monnaie de référence, mais un panier de références.

    Ce qui au passage mettrait aussi à mal l’analyse :

    La Chine est donc encore en attente de sa « crise de 29 » ... un régime de croissance autocentrée, tirée par la demande salariale interne.

    Non, les Chinois ont parfaitement compris - mais vous visiblement pas encore - qu’une croissance infinie avec des ressources finies n’est pas possible, donc ils se concentrent à préparer un monde sans dollars ET sans pétrole ET et sans croissance.

    Ce n’est pas la Chine est ses "élites" qui ont besoin d’une grosse crise pour mettre en place de nouvelles institutions, mais l’Europe (et ses politiciens, qui ne sont certainement pas nos élites vu leur crétinisme)

  • permalien jboss :
    2 mai 2011 @17h28   « »

    @bravecounas, la crise c’est quand tout s’écroule comme en 2008. Depuis 2008, l’économie est repartie et d’ailleurs comme le souligne Alain Minc seuls 5% des français ont vraiment vu la crise (jeunes, intérimaires, CDD principalement). Les retraites augment de l’inflation, 2% chaque année d’ailleurs, crise ou pas. J’imagine que comme vous prétendez que la crise est toujours là il faudrait ne pas augmenter les retraites ?

    @paulo, la part des intérêts de la dette dans la dette sont connus. Peut-être considérez-vous que la dette ne devrait pas supporter d’intérêt ? Les 1600 milliards d’€ d’assurance vie possédés par les Français appartiennent à des gens comme vous et moi et financent souvent l’état impécunieux. Il y a quelques héritiers là-dedans mais ce n’est pas la masse. L’argent que j’ai économisé mérite un intérêt et je ne vois pas pourquoi il ne le mériterait pas. Ce n’est pas le capital qui soumet la dette, c’est l’état, lui qui dépense plus qu’il ne gagne, il ne faut pas inverser les choses. Et je n’ai pas vraiment l’impression que l’état rendent ses impôts en "prestations collectives". Quand il assure plus de 30 000 € de revenus mensuels à VGE ou J. Chirac, il est bien loin de ça.

    @nicks : ma question initiale était "si on veut ni augmenter la dette ni la rigueur que fait on ?". Pour l’instant je n’entends que des gens qui veulent encore augmenter la dette...

    Je crois moi qu’il est possible de dépenser mieux et notamment en donnant moins à ceux qui ont déjà eu beaucoup. Combien touche un ambassadeur de France à la retraite, lui qui a été logé et eu sa paye comme argent de poche toute sa vie ? D’après ce que je sais c’est plus de 15 000 € par mois. Je suis souvent surpris quand je discute économie avec des gens qui se disent "de gauche" : pour eux les avantages acquis même les très gros sont sanctuarisés. Mais la vraie position "de gauche" c’est d’essayer d’agir pour ceux qui en ont vraiment besoin, pas de pérenniser des avantages d’un autre âge. La prochaine crise se passera d’ailleurs comme la précédente si personne ne fait rien et ce sont les plus fragiles qui vont encore payer. Je crois qu’il est possible d’inverser cela, il faut demander d’avantage à ceux qui ont beaucoup et arrêter de les protéger.

    Verser 15 000 € par mois à un ambassadeur à la retraite, quand un état dépense 43% de plus qu’il ne gagne et que sa dette représente 30 000 € par Français, c’est irresponsable. Et c’est l’ambassadeur qui a alors une dette vis à vis de son pays.

  • permalien KarimW :
    2 mai 2011 @19h04   « »

    @jboss

    Avec quel niveau de déficit les USA sont-ils sortis de la crise de 29 ? Or donc, l’endettement peu être une piste, au moins partielle.

    Par ailleurs, la dette ne vient pas d’un état "impécunieux" mais d’un état colonisé par le libéralisme et qui diminue ses rentrées sur les tranches supérieur et favorise la pression à la baisse sur les salaires.

    D’ailleurs, que son devenu ses revenus non-imposés ? Sinon pour une bonne part, de la spéculation et de la dette ? (et non, ce n’est pas tenable...)

    La crise est tout sauf finie. Grâce à des investissements colossaux, nous avons gagné du temps. Nous aurions pu l’utiliser pour nous préparer et profiter de la croissance fallacieuse que nous connaissons. On ne l’a pas fait...

    Et Lordon (ainsi que la plupart des intervenants ici) n’est pas là pour vous aider à sauver votre épargne. Prenez tout de même garde. A vouloir sauver votre petite épargne contre le reste de la communauté, vous pourriez tout perdre : épargne, revenu, sécurité, stabilité...

    Lordon me semble-t-il a déjà abordé dans d’autres articles l’attachement au système que la petite épargne "moderne" (épargne-pension, assurance-vie, actionnariat salarié, payement à la prime, etc) implique.

    Maintenant, si votre épargne n’est pas négociable...

  • permalien Pedro :
    2 mai 2011 @19h19   « »
    pedro

    @jboss

    Je ne saurais que vous suggérer la lecture des billets présentés sur ce blog.
    Comme par exemple récemment « Ne pas détruire les banques les saisir » ,« Le point de fusion des retraites »ou « La dette publique, ou la reconquista des possédants »

    Peut être que cela vous éclairera sur les questions de nationalisation des banques , de retraite et de dette.
    Une vision hétérodoxe de l’économie vous changera de celle d’un Alain Minc,plagiaire et qui semble être a l’économie ce que BHL est à la philosophie c’est à dire un clown médiatique.
    Quant à ce que vous dite « Je crois qu’il est possible d’inverser cela, il faut demander d’avantage à ceux qui ont beaucoup et arrêter de les protéger. »
    Si vous parlé des actionnaires et du secteur privé qui nous a conduit droit dans la crise financière,
    que les États ont du sauver sans aucune contrepartie mais en s’endettant .(Et oui le petit contribuable a renfloué le secteur privé.)
    Alors nous somme d’accord,donnons moins a ceux qui on déjà tout et qui ont volé tout le monde !!
    Arrêtons de protéger le système bancaire actionnaire et augmentons les salaires.

  • permalien jboss :
    2 mai 2011 @21h38   « »

    @karimW : "l’endettement peut être une piste". Je m’en étais rendu compte. Le principal défaut de la dette c’est que personne n’en est responsable. Et je ne crois pas qu’il faille se moquer de l’épargne. L’épargne est constituée par des gens qui essayent de se prémunir contre ce qui risque de leur arriver. Cela ne veut pas dire que je suis fan du moins disant fiscal de Sarkozy, il passera et moi je resterai et ce qu’il fait de l’état ne me va pas du tout. Je compte sur mon épargne pour pouvoir vivre dignement plus tard. Cela n’est pas critiquable et d’ailleurs ceux qui ici pourraient critiquer cette épargne ne sont-ils pas encore plus économes que moi ? Mais mon épargne est à moi. J’aurais pu acheter 100 hectares de forets sur lesquels vous n’auriez rien à dire, j’ai acheté de l’assurance vie, il n’y a rien de critiquable là-dedans. Je n’en cherche pas moins des solutions au niveau de mon pays et qui règlent les problèmes de mon pays. Et la dette n’est pas la solution. je n’ai pas d’illusion, la France fera comme l’Italie, mettra sa dette au niveau maximum possible, 100-110% du PIB, puis ne la remboursera jamais, préférant payer les intérêts. Mais les italiens ont un patrimoine par personne supérieur à celui des français... Ils ont endetté l’état pour enrichir les italiens.
    @pedro, Alian Minc n’est pas ma tasse de thé mais parfois il dit des vérités. Savez-vous combien d’argent il faut pour créer un emploi chez Peugeot par exemple ? Il faut 70 000 € pour acheter des machines, des brevets, financer des stocks... En 10 ans le cours de bourse de Peugeot est passé de 52 € à 32 €. Savez-vous combien Peugeot rémunère son actionnaire ? Il lui donne 2,2 % par an. Il faut la foi pour mettre de l’argent là-dedans. Si demain Peugeot ferme, Pedro ne sera-t-il pas le premier à crier ? Les banques aujourd’hui sont chargées de créances de mauvaises qualité, que devons-nous faire ? Les nationaliser ? C’est nationaliser encore la dette pourrie.
    Il n’en reste pas moins que les banquiers qui s’enrichissent n’ont aucun mérite ; leur seul mérite c’est de voir passer des montagnes d’argent et d’en prendre quelques %, ce qui fait des montagnes aussi. Et ça c’est anormal. Sous prétexte que des banquiers s’en mettent plein les poches, on ne peut pas tout refuser. Il faut toujours 70 000 € pour créer un emploi chez Peugeot.

  • permalien KarimW :
    2 mai 2011 @22h13   « »

    "qui ici pourraient critiquer"

    Dans le cadre actuel ?
    Il se trouve que ce cadre ne fonctionne plus.

    Et que votre épargne risque bien d’en succomber, quoi qu’il en soit.
    Alors,est-ce critiquable ? A la fin, je doute que ca fasse une grande différence !

  • permalien Nicks :
    2 mai 2011 @22h20   « »

    @Jboss

    Evitez alors de généraliser par grandes catégories, au hasard qui fait bien les choses, fonctionnaires et retraités, bizarrement, pas financiers ou chefs d’entreprises, si vous voulez qu’on discute sérieusement. Prendre l’exemple caricatural de l’ambassadeur à la retraite ne fera pas avancer beaucoup les choses. La fiscalité correctement réformée si, par exemple...

    Par ailleurs, il serait temps de prendre conscience que d’épargner en demandant des rendements de 6 ou 8% a des conséquences et que si l’on se place dans un certain cadre moral, alors oui, c’est négatif. Pourquoi voulez vous que votre épargne vous rapporte tant ? Savez vous quel gestion il faut appliquer pour faire en sorte que votre placement fructifie : plan sociaux, compression salariale, hausse de productivité demandée etc. Vous êtes un maillon actif du système néolibéral, en êtes vous au moins conscient ?

    La dette est un symptôme dont il faut rechercher la cause sérieusement. Personnellement, j’irai plutôt chercher du côté du creusement des inégalités et de certaines théories économiques, entre autres...

    Sinon vous me rappelez un autre j--- croisé chez Jorion :oB

  • permalien Albert :
    3 mai 2011 @04h40   « »

    @ Manon
    Vous demandiez que font les "socialistes" ?
    Ils se couchent eux aussi devant les marchés, en France comme en Grèce...
    http://www.npa2009.org/content/ps%E...

  • permalien BA :
    3 mai 2011 @08h52   « »
    Bonne ambiance sur le Titanic : les cochons dansent le charleston.

    Lundi 2 mai 2011 :

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,038 %.
    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 12,463 %.
    Irlande : taux des obligations à 5 ans : 11,711 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,472 %.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 12,032 %.
    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 11,663 %.
    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 11,843 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 9,631 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 25,912 %.
    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 23,927 %.
    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 17,208 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 15,665 %.

    http://www.les-crises.fr/meteo-des-taux/

  • permalien jboss :
    3 mai 2011 @10h05   « »

    @nicks, vous avez dû me lire en biais. Je déteste les financiers et je l’ai illustré. Cela dit, cela ne rend pas saint pour autant les rentiers de la dette.

    Seulement je trouve inégalitaire la position de l’ambassadeur pris en charge toute sa vie par rapport au maçon qui part à la retraite à 65 ans après avoir cotisé longuement. Pour vous rassurer, je considère aussi qu’un pharmacien établi profite de la rente de la dette et il n’est pas fonctionnaire. Comme un professeur de médecine qui d’ailleurs donne des cours en dehors de ses cours officiels au vu et au su de tout le monde, cours payé au black dans l’indifférence (écuries). Sans parler d’un courtier en assurance qui vit du stock qu’il a établi dans les belles années. Il m’est assez difficile d’accepter que certains vivent de positions établies largement financées par l’état alors que d’autres n’ont rien.

    Je crois comme le j’ai dit plus haut qu’un vrai type de gauche est celui qui veut aider les plus faibles, pas quelqu’un qui imagine seulement un jour niveler tout par le haut. Il n’y a aucun exemple qui montre que ça marche et cela coûte extrêmement cher.

    Enfin, j’ai souvent constaté que les plus aigris vis à vis du capitalisme sont ceux qui ont un problème personnel avec l’argent. Ils envient le rentier financé par le public (pharmacien ou ambassadeur) tout en jalousant l’enrichi du privé qui n’a fait pourtant que jouer des coudes. Les aberrations du privé ne sauraient pourtant justifier les rentes financées par le public. Il faut lutter contre les deux.

  • permalien Paulo :
    3 mai 2011 @18h47   « »

    @jboss

    Il me semble, mais je me trompe peut être, que vous semblez oublier que ce sont les dettes (envers les seuls créateurs de monnaie, les banques) qui FONT l’existence même de la monnaie.

    Que les banques centrales financent directement les États (la collectivité) et que les banques privées financent les entreprises et les ménages. Mais dans tous les cas la priorité revient à la collectivité (donc à la BC) et, cette monnaie distribuée, les individus "fourmis" sauront bien placer leur épargne dans les projets privés. Je veux dire par là que si les banques privées peuvent éventuellement disposer du droit de créer la monnaie, il faut que cela reste le "superflu" , ce que leur laissera la collectivité. Mon goût personnel va au "100% monnaie" de Fisher et Allais !

  • permalien bbatman44 :
    4 mai 2011 @09h34   « »

    Lordon est plutôt difficile à lire :
    Je pars d’un texte de ce site : "De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations."
    Il aurait pu écrire : "C’est le système bancaire-actionnaire qui conserve seul le produit des efforts du corps social et non l’état qui redistribue les impots qu’il prélève"
    Pourquoi faire des phrases alambiquées ?
    Lacan gourou a encore frappé !

  • permalien chômaticien d’excellence :
    4 mai 2011 @09h47   « »

    Merci, M. Lordon, d’avoir su, ce Matin sur France Culture, moucher si précisément et soigneusement, M. Slama ; qui apparemment, ne s"est jamais autorisé le plaisir de vous lire.

  • permalien Pierre75003 :
    4 mai 2011 @09h50   « »

    A voir absolument, un DVD fait par des américains, comme quoi tout le monde dans ce pays ou sévit aussi une grande pauvreté, ne croit pas aux salades servies par les médias :

    Indice job. Ou l’on a la surprise de voir que les grands conseilleurs responsables de la crise de 2008 (mais pas les payeurs !) sont toujours conseilles de O’bamma a la maisison blanche. Comme quoi le pouvoir financier tient le pouvoir politique par les corones !

  • permalien bbatman44 :
    4 mai 2011 @10h27   « »

    L’économie des spécialistes m’est restée et me restera obscure !

    N’est-il pas possible de l’écrire comme dans "génitrix" le roman de Mauriac ?
    Au bout 3 pages nous avons presque tout compris. Les acteurs, la maison, la Garonne, la voie ferrée et l’atmosphère étouffante.
    Avec le style de l’écrivain, le choix des mots, la concision.

  • permalien Pierre75003 :
    4 mai 2011 @11h23   « »

    Erreur de frappe dramatique sur mon précédant message. Le titre du DVD c’est INSIDE JOB.

  • permalien jboss :
    4 mai 2011 @12h20   « »

    Pour ce qui est du passage de M. Lordon ce matin sur France Culture, je dois dire qu’il se prétend "structuraliste" mais ne dit pas ce qui fonde sa certitude.
    En gros quand un type s’endette c’est selon lui parce que les banques l’y obligent. Je dois dire que je ne suis pas sur-endetté bien que les banques m’y encouragent. On entend parfois cet argument des gens qui fuient leur responsabilité.
    Il cite souvent Spinoza mais Spinoza a passé sa vie à ne pas faire ce que son entourage lui conseillait et s’est contenté de fabriquer des lunettes sans se sur-endetter. Spinoza n’était pas structuraliste probablement.
    Je suis toujours assez amusé par ces intellectuels qui croient peu en eux mais surtout aux mauvaises influences des autres.

  • permalien Ricket :
    4 mai 2011 @12h26   « »

    @ bbatman44 : j’aime bien votre Lacan Gourou ! Mais où Lordon n’y carrait ?

  • permalien BA :
    4 mai 2011 @14h01   « »
    Hier, nous étions des cochons. Aujourd’hui, nous sommes des cochons. Demain, nous serons des cochons.

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,830 %.

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle paye un taux d’intérêt de 0,872 %.

    Et la Grèce ?

    Mardi 19 avril 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de … 4,10 % !

    Les taux sont en hausse : c’était 3,85 % lors de la précédente émission en février 2011.

    Et le Portugal ?

    Mercredi 4 mai 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de … 4,652 % !

    Les taux sont en hausse : c’était 4,046 % lors de la précédente émission le 20 avril 2011.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

    Conclusion : plus les jours passent, plus la Grèce et le Portugal empruntent à des taux de plus en plus exorbitants.

  • permalien Nicks :
    4 mai 2011 @14h39   « »

    @jboss

    Mais bien entendu que les rentes de situation sont condamnables et qu’il faut faire en sorte de tendre vers l’égalité. En revanche, il est illusoire de compter sur la responsabilité individuelle pour harmoniser une société. C’est une théorie libertarienne et individualiste qui conduit directement au renard libre dans le poulailler libre. Je vois très bien où vous voulez en venir...

  • permalien Dissonance :
    4 mai 2011 @15h01   « »
    A la radio

    M’sieur Lordon, je viens d’écouter la rediffusion des matins de France Culture de ce mercredi et je tenais à vous témoigner l’intense satisfaction (euphémisme) que j’ai ressenti à vous entendre mortifier Mr Slama (en sa présence ce qui ne gâche rien), et par la même occasion nombre de ses congénères médiatiques anguilliformes. J’y ai gagné un grand souffle de bonne humeur pour le reste de cette journée. Merci.

  • permalien SIMON :
    4 mai 2011 @18h26   « »

    Monsieur Lordon a tout à fait raison. La plupart des chroniqueurs et experts de tous poils qui officient quotidiennement dans les "Matins de France Culture", font, à des degrés divers, l’éloge de l’économie libérale, oubliant allègrement les ravages qu’elle cause aux faibles.
    A quand une information réellement équilibrée sur les antennes du service public ?

  • permalien Bergons :
    4 mai 2011 @21h10   « »

    Oui, d’avoir mouché Slama c’est une très bonne chose. D’habitude je coupe la radio quand sa chronique arrive car ça me file des boutons. Là naturellement je suis resté.
    Merci Monsieur Lordon. Votre punch fait plaisir à voir.

  • permalien Pierre :
    5 mai 2011 @00h26   « »

    Même satisfaction d’avoir vu Slama capituler enfin, et assez lamentablement de surcroît ! Et quel bonheur d’entendre enfin nommé le "retournement de veste" de tous ces chroniqueurs économiques (sauf un) radiophoniques ! Hélas, pas moyen de revivre ces délicieux moments sur le site de France Culture, qui n’autorise pas la ré-écoute de la totalité de votre intervention...
    Quoi qu’il en soit M. Lordon, vous avez toute ma reconnaissance, et un lecteur de plus.
    PS une idée pure n’a pas de pouvoir intrinsèque dites-vous ; vous exprimez les vôtres de bien jolie manière, en y mettant juste ce qu’il faut d’affects pour qu’elles fassent leur chemin jusqu’à nos consciences. Ne tenez surtout pas compte des jaloux qui critiquent vos tournures !

  • permalien CD :
    5 mai 2011 @00h38   « »

    l’analyse c’est bien, mais quel est le programme maintenant, e.g. si M Lordon était président ? à part nationaliser les banques, que proposent nos économistes ? plus de dette et d’inflation, ou la guerre comme le suggère Attali ? il n’y a que la croissance pour sortir par le haut, et d’où viendrait elle dans une région à la population stabilisée voire décroissante ? à part l’innovation et l’équivalent d’une révolution industrielle, quel est le modèle pour sortir de la porcherie ?

  • permalien Pierre75003 :
    5 mai 2011 @08h20   « »

    INSIDE JOB je me permet d’insister, ça vaut vraiment le coup de voir ça. Les néolibéraux qui ont plombé le monde de dizaines de milliers de milliards de dollars sont des affairistes surtout soucieux de LEURS comptes en banque.
    Fidèle auditeur de France culture j’ai aussi pris grand plaisir a la fessée infligée a alain Gérard !.

  • permalien satiété :
    5 mai 2011 @09h56   « »

    @CD, oui, M. Lordon parle bien mais propose peu. Et puis cette certitude que l’état ferait mieux que le privé est à la base de ces fausses propositions. On a vu le Crédit Lyonnais, tous nos politiques étaient mouillés.
    Pour nettoyer la porcherie, il faut une rigueur rigoureuse, qui prend à ceux qui ont tout en aidant ceux qui créent.

  • permalien jashugally :
    5 mai 2011 @11h17   « »

    @CD et satiété,
    Des propositions il y en a. Suffit de lire les livres et autres articles du monde diplomatique de Mr Lordon (notamment le SLAM). Au passage il parle de nationalisation des banques mais la finalité serait de les amener à des banques mutualisées donc arrêtez avec le spectre du CL.

  • permalien makaevitch :
    5 mai 2011 @13h58   « »

    France Culture L’intervention complète de F. Lordon ici (2ème moitié du curseur pour la réaction après la chronique de Slama)
    http://www.franceculture.com/emissi...

    Bonne écoute :)

  • permalien Oeilvert :
    5 mai 2011 @14h37   « »
    Piratage d’antenne in-situ

    Apparemment je n’ai pas été le seul à écouter la purge violente exercée par le Professeur Lordon à l’encontre de ce ridicule personnage qu’est A-G S (je ne suis pas sûr de la position du tiret). J’ai écouté ça par hasard en allant en cours et ça m’a revigoré pour la journée ! (il y en a qui écoutent du speed métal, moi c’est de l’économie administrée). Bonheur d’auditeur mais aussi de lecteur car ses articles, même s’ils contiennent parfois des phrases de dix lignes avec le sujet à la sixième et des mots que je ne connais pas, ont au moins le mérite de posséder un vrai style (bon, c’est pas Victor Hugo mais c’est pas non plus N. Baverez, une fois j’ai essayé de lire un de ses bouquins pour « m’aventurer chez les méchants » comme disait Frédéric Lordon lui-même au sujet de Jean Quatremer, j’ai pas tenu plus de dix pages tant c’était ridicule). Au sujet de l’argument des « minoritaires », je lui conseillerais de ne pas trop en abuser, il est assez repris et régurgité par tous ceux qui se réclament du « politiquement incorrect », alors qu’ils ne font que suivre le mouvement tout en feignant d’échapper à tout instant aux purges staliniennes ou aux camps de concentration (m’énerve cet argument).

  • permalien makaevitch :
    5 mai 2011 @16h55   « »

    Dette publique et rôle du FMI

    Une question à M. Lordon

    Je vous lis toujours avec plaisir et je partage très souvent votre pointe de vue et je conçois fort bien que le raisonnement ci-dessous reste simpliste mais ne trouvez-vous pas que si le public de gauche avait une meilleure compréhension de ces mécanismes, au lieu de maudire le grand capital, il serait meilleur force de proposition ?

    J’admets volontiers que je puisse me tromper :)

    Supposons un pays P avec des charges de 100 par année et des revenus issus de l’impôt de 98. Il y a donc un déficit de 2. Pourtant, ces charges de 100 ont été payées et donc le déficit de 2 a été couvert par un emprunt de 2. Si le déficit « structurel » persiste, le montant de l’endettement augmente un peu chaque année.

    Arrivé à un certain niveau d’endettement, la capacité d’emprunt de P cesse car la confiance, qui lie le prêteur et l’emprunteur, se rompt.
    Le niveau d’endettement qui provoque cette rupture diffère d’un pays à l’autre et force est de constater que le risque grec, ces jours ci, est plus mal noté que le risque étatsunien. Ce qui pourrait changer, l’hypothèse n’étant plus jugée absurde.

    Du côté du compte d’exploitation du pays P, pourquoi est-il déficitaire ? Peut-être parce qu’il ne collecte pas assez d’impôts ou qu’il engage trop de dépenses, les deux aspects étant le résultat d’une volonté politique. Cet « excès » de dépense peut être lié à des dépenses d’investissement ou de fonctionnement. En cas d’investissement, le « déficit » peut se justifier car il s’agit d’un investissement qui rapportera demain mais financer des dépenses de fonctionnement par de la dette ce n’est pas tenable sur le long terme.

    Ne pouvant plus emprunter pour combler son déficit et rembourser les dettes précédentes arrivées à échéances (revolving), le pays P à deux options : envoyer péter les créanciers ou se tourner vers le FMI.
    Envoyer péter les créanciers résout le problème du remboursement des dettes précédentes mais ne modifie pas fondamentalement le déficit structurel.
    Faire appel au FMI permet de rembourser les dettes précédentes mais modifie le déficit structurel car le FMI n’a pas plus vocation que les banques à perdre son argent. Il va donc conditionner son aide à des réformes que le pays P doit s’engager à mettre en œuvre.

    Dire que c’est le FMI qui étrangle la population me parait abusif dans la mesure où c’est les gouvernements successifs de P qui ont conduit le pays dans cette situation. Car quel que soit le bord politique du gouvernement en question, on est toujours plus populaire en diminuant les impôts et en augmentant les dépenses que l’inverse.
    Les conditions imposées par le FMI font surement preuve d’un économisme étroit et il pourrait faire preuve de plus de patience et de souplesse mais y a-t-il une autre solution ?

  • permalien Michel Colucci avait raison :
    5 mai 2011 @17h24   « »
    Augmentations, t’en veuuux ?

    Et si la solution c’était d’augmenter les salaires ?
    La tactique, participant d’une stratégie de stabilisation macro-économique, consisterait à relancer la consommation, donc la production, tout en réduisant la part des profits des groupes du CAC40 au profit du salariat.
    Je dis bien.. du CAC40, car c’est là qu’on a le plus de profit à rediriger vers les salaires, et c’est aussi là que les dirigeants politiques ont le plus de chance de connaitre déja le numero de telephone des DRH...

    Les profits non inscrits au bilan des societes seraient récupérés par la hausse de consommation qui en resulterait.. Keynes...
    Autre effet : la diminution comparative de la dette publique, autre maniere de dire que de toute façon nous serions payés en monnaie de singe.

    On voit peut-etre cette strategie en filigrane avec la fameuse prime de 1000 euros
    On la voit aussi (peut-etre) dans le milieu bancaire qui se serait porté volontaire en quelque sorte pour essuyer les platres de cette tactique (et nous qui pensions à un mauvais remake de Prends l’Oseil et Tire-toi...) M’égaré-je ?

  • permalien Nicks :
    6 mai 2011 @10h15   « »

    @Makaevitch

    Le problème de votre raisonnement innocent, c’est qu’il reste dans un cadre fixé politiquement, celui de la libéralisation financière décidée par pallier à la suite du décrochement du dollar, donc au début des années 70 puis réellement, au milieu des années 80. En a résulté en application du dogme monétariste, l’indépendance des banques centrales et parallèlement, l’explosion des dettes publiques. Certes, vous me parlerez sans doute d’inflation, moi je vous répondrai rentiers et la solution se trouvera sans doute au milieu, à savoir un recouvrement de la souveraineté monétaire assortie de garde-fous pour éviter les dérapages impécunieux. Il se trouve que Frédéric Lordon a proposé un socialisation du crédit, visitez le blog...

  • permalien BA :
    6 mai 2011 @15h53   « »
    Le cochon allemand va mal, le cochon français va très mal, le cochon espagnol va très très mal.

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 5 ans, elle paye un taux d’intérêt de 2,560 %.

    Quand la France lance un emprunt à 5 ans, elle paye un taux d’intérêt de 2,838 %.

    Et l’Espagne ?

    Jeudi 5 mai 2011, l’Espagne a lancé un emprunt à 5 ans : l’Espagne a dû payer un taux d’intérêt de 4,549 %.

    Les taux sont en hausse : c’était 4,389 % lors de la précédente émission le 3 mars 2011.

    http://www.google.com/hostednews/af...

    Conclusion : plus les jours passent, plus l’Espagne emprunte à des taux de plus en plus élevés.

  • permalien BA :
    6 mai 2011 @16h15   « »
    L’Union Européenne est un suicide collectifs de 27 cochons.

    L’Etat affiche des comptes déficitaires de 33,6 milliards d’euros à fin mars, contre - 28,9 milliards à la même période un an plus tôt, selon des chiffres publiés par le ministère du budget, vendredi 6 mai.
    Pour expliquer cet accroissement du déficit, Bercy met en avant des “éléments exceptionnels”, recensés dans ce que l’on appelle les comptes spéciaux.
    Y figurent les “décaissements du prêt octroyé à la Grèce opérés en janvier et en mars” pour un montant total de 4,5 milliards d’euros.

    http://bercy.blog.lemonde.fr/2011/0...

    La phrase importante :

    « Les décaissements du prêt octroyé à la Grèce opérés en janvier et en mars pour un montant total de 4,5 milliards d’euros ».

    Cette phrase montre la folie du système européen :

    1- La France et les autres Etats européens sont surendettés.

    2- La France se surendette encore plus pour pouvoir prêter de l’argent à des Etats européens en faillite.

    3- Ces Etats européens en faillite seront incapables de rembourser leurs dettes.

    4- En langage clair, cela s’appelle un suicide collectif.

  • permalien Pierre :
    6 mai 2011 @20h51   « »

    Cette petite phrase est passée il y a quelques jours sans susciter de commentaire parmi les gens, très savants sans aucun doute, qui fréquentent ce blog : "Il n’y a que la croissance pour sortir par le haut".
    Excusez mon ignorance, et ma naïveté de néophyte, mais de quel "haut" s’agit-il ?
    Si l’on entend par là rester à l’avant-scène de la consommation, alors nous avons un gros problème. Je vous rappelle tout de même que la croissance (économique puisque c’est de celle là qu’il s’agit je parie) implique l’innovation et le consummérisme, nécessairement voraces de matières premières, matières premières dont les stocks sont presques tous en état d’épuisement proche (terres rares notamment). Sans compter les (parfaitement) prévisibles incidents de parcours tels que Fukushima, dont les particules radioactives auront contaminé l’ensemble de la chaine alimentaire d’ici deux ans, ce qui est assez cocasse quand on songe qu’au fond, une centrale ne se justifie que par les besoins énergétiques des congélateurs, fours micro-ondes et autres gadgets tellement indispensables à la satisfaction de notre frénésie alimentaire.
    Il n’y a donc pas d’issue à la course à la croissance du PIB, ou alors pour un nombre chaque jour un peu plus réduit de privilégiés (dont nous faisons encore partie, mais plus pour très longtemps sans doute).
    Quant au "haut" de la consommation, il est déjà derrière nous.
    Alors quelqu’un a-t-il une idée d’un "haut" plus réaliste par où il voudrait sortir ?
    NB pour une information édifiante sur l’actualité de Fukushima, dont plus aucun média ne parle et pour cause, voyez le site de l’association KOKOPELLI

  • permalien BA :
    7 mai 2011 @08h52   « »
    Les cochons se réunissent en secret pour essayer de sauver un petit cochon très malade.

    Vendredi 6 mai 2011 :

    A propos de la situation en Grèce, une réunion secrète a eu lieu vendredi soir :

    Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen sont au Luxembourg pour une réunion sur la Grèce, a dit vendredi à Reuters une source proche de la coalition au pouvoir en Allemagne.

    "C’est vrai", a-t-elle dit au sujet d’un article du Spiegel Online, disant que des responsables allemands assistaient à une réunion au Luxembourg pour évoquer la situation de la Grèce.

    http://fr.reuters.com/article/frEur...

  • permalien BA :
    7 mai 2011 @08h53   « »
    Les cochons se réunissent en secret pour essayer de sauver un petit cochon très malade (2).

    Voici les dirigeants présents à la réunion secrète de vendredi soir au Luxembourg :

    - Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, ainsi que son ministre délégué Jörg Assmussen.
    - La ministre de l’Economie française Christine Lagarde.
    - Jean-Claude Juncker, Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, président de l’Eurogroupe (l’Eurogroupe est le nom donné à la réunion des ministres des Finances des États membres de la zone euro).
    - Olli Rehn, commissaire européen des Affaires économiques et monétaires, qui représente la Commission Européenne.

    The meeting included discussions on Jean-Claude Trichet’s successor as ECB chief. Germany’s Wolfgang Schäuble, French Finance Minister Christine Lagarde and European Commissioner Olli Rehn were also present at the meeting.

    http://online.wsj.com/article/SB100...

  • permalien BA :
    7 mai 2011 @08h55   « »
    Les cochons se réunissent en secret pour essayer de sauver un petit cochon très malade (3).

    Cette réunion n’apparaît pas dans l’agenda officiel de Christine Lagarde :

    http://www.minefe.gouv.fr/discours-...

  • permalien Michel Colucci R-I-P :
    7 mai 2011 @11h57   « »
    @ Pierre

    A priori le FMI vient d’avoir l’illumination intellectuelle qui peut-etre repondra à ta question :

    " En fin de compte, l’emploi et l’équité sont des éléments de stabilité économique et de prospérité, de stabilité politique et de paix"

    Whaou ! Il faut pas etre economiste pour pondre une telle conclusion, mais quand ça sort d’un rapport du FMI, alors...

    Voir l’article de Stiglitz dans les Echos hier
    http://lecercle.lesechos.fr/node/34992

  • permalien BA :
    7 mai 2011 @21h04   « »
    Les cochons européens ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.

    Parmi les 17 Etats membres de la zone euro, quels sont les Etats les plus endettés ?
    Réponse :

    1- Grèce : la dette publique est de 328 milliards d’euros, soit 142,8 % du PIB.

    2- Italie : la dette publique est de 1843 milliards d’euros, soit 119 % du PIB.

    3- Belgique : la dette publique est de 341 milliards d’euros, soit 96,8 % du PIB.

    4- Irlande : la dette publique est de 148 milliards d’euros, soit 96,2 % du PIB.

    5- Portugal : la dette publique est de 160 milliards d’euros, soit 93 % du PIB.

    6- Allemagne : la dette publique est de 2079 milliards d’euros, soit 83,2 % du PIB.

    7- France : la dette publique est de 1591 milliards d’euros, soit 81,7 % du PIB.

    Comme si leur situation n’était pas suffisamment désespérée, les Etats européens vont se surendetter encore plus pour pouvoir prêter 25 milliards d’euros supplémentaires à la Grèce !

    De toute façon, la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes !

    Alors autant continuer à verser des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes !

    On s’en fout : ce sont les CONtribuables européens qui paient !

    Lisez cet article ahurissant sur la folie du système européen et la fuite en avant des dirigeants politiques :

    « Les Européens prêts à aider davantage la Grèce.

    D’après les participants à la réunion, George Papaconstantinou a été convaincant quant à la volonté de son gouvernement de hâter la mise en oeuvre des mesures nécessaires.
    De leur côté, les Européens se sont montrés disponibles, en échange de cela, à remettre la main au portefeuille en cas d’échec du dispositif renforcé. La somme additionnelle en jeu serait de l’ordre de 20 à 25 milliards d’euros, selon nos informations. »

    http://www.lesechos.fr/economie-pol...

  • permalien etienne :
    8 mai 2011 @04h45   « »

    @ F. Lordon

    pour une fois, une analyse ni très convaincante ni très originale. Les spéculations intellectuelles à propos des spéculations financières...sont doublement déconnectées du réel.

    Cela fait des années qu’on nous prédit la chute du dollar, or F. Lordon sait bien que le décrochage du dollar implique un renversement complet, massif et brutal des anticipations...ce n’est pas demain la veille.
    Une crise de change est probable mais personne ne sait d’où elle peut venir ni quand elle peut advenir.

    F. Lordon finit par nous prédire ce qu’on connait déjà depuis plusieurs décennies : des évolutions erratiques de change, au gré des notations et anticipations. Bref, effectivement, rien de bien neuf.

    La seule chose vraiment signifiante est de constater à quel point la crise financière est paradoxalement devenue un instrument de chantage pour l’oligarchie économique et financière, en particulier en Europe.

    Au regard de ces effets biens réels et bien présents, les spéculations à propos d’un éventuel renversement à long terme dans la hiérarchie des régimes de changes paraissent bien fumeuses et lointaines.

  • permalien Pierre :
    8 mai 2011 @11h56   « »

    Merci Michel Colucci RIP, mais ma question n’a toujours pas trouvé de réponse, bien évidemment, et je la repose en ces termes : vers quel(s) objectif(s) pourrait-on tendre en économie, sachant que la croissance du PIB est une ILLUSION sur une planète finie, et représente de plus un DANGER MORTEL pour l’humanité ?

    Impressionnante, l’affirmation de DSK sur "l’équité facteur de prospérité". Comme si la première avait besoin d’être justifiée, par une notion bassement matérialiste qui plus est ! Eprouver le besoin de la valider comme instrument de la seconde en dit long sur l’échelle des valeurs et les préoccupations réelles du personnage ; mais bon, j’imagine qu’il est à son poste pour "ça"... je note tout de même une drôle de contradiction entre équité et prospérité. Cette dernière, notion relative, implique il me semble l’existence d’une échelle des richesses matérielles : point de prospérité dans une société strictement égalitaire de ce point de vue. Probablement l’équité et la prospérité dont DSK nous parle ne s’entendent-elles que dans un cadre national, relativement à d’autres pays qui, eux, resteront dans la pauvreté, nous offrant ainsi notre relative "prospérité". Quelle belle "équité" que voilà !...et qui en dit non moins long sur la vision du monde qui prévaut au sein de cette clique du FMI.

  • permalien Révolté :
    8 mai 2011 @21h35   « »

    "...Dès qu’il se retrouva seul, Saccard fut repris par la voix haute de la Bourse, qui déferlait avec l’entêtement du flux à son retour...Tous étaient debout, on ne voyait pas les chaises, le rond que faisait la coulisse, assise sous l’horloge, ne se devinait qu’à une sorte de bouillonnement, une furie de gestes et de paroles dont l’air frémissait.
    Vers la gauche, le groupe des banquiers occupés à des arbitrages, à des opérations sur le change et sur les chèques anglais, restait plus calme, sans cesse traversé par la queue de monde qui entrait, allant au télégraphe.
    Jusque sous les galeries latérales, les spéculateurs débordaient, s’écrasaient ; et, entre les colonnes, appuyés aux rampes de fer, il y en avait qui présentaient le ventre ou le dos, comme chez eux, contre le velours d’une loge.
    La trépidation, le grondement de machine sous vapeur, grandissait, agitait la Bourse entière, dans un vacillement de flamme..."

  • permalien louis_ls :
    8 mai 2011 @22h57   « »

    Ah je le savais ! Avant que Lordon le dise , je me doutais : les deux gros cochons nous prenaient pour des andouilles quintuple A ...
    Les enflures !!! c’est eux qui appelaient PIGS les pays les plus endettés de la zone euro alors qu’eux même avaient deux fois plus de mauvaises créances dans les placards , franchement on voit bien à quel point ces tenants de la finance mondiale , ces privilégiés de la City ou de Wall street sont servilement moralistes quand çà les sert et copain comme cochon avec les tricheurs quand çà les arrange.
    A propos de tricherie on a bien mis en évidence sur le devant de la scène médiatique quelques boucs émissaires (Kerviel en France, Madoff aux states) de la dernière crise mais on a pas fait payer aux
    banques les véritables ardoises de la crise , notamment le coût de la dépression macroéconomique de 2008 et çà c’est très grave pour la morale publique.
    croissance négative , déficit budgétaire , chomage etc..
    Pour ma part sans être économiste ce qui m’a le plus scié dans cette crise financière c’est l’absence totale de morale des banquiers entre eux,pour se refiler des créances les plus douteuses mais aussi le manque de courage des banques françaises en particulier pour demander des comptes à leurs homologues américaines ou les attaquer en justice pour réparation de préjudices car tout de même ces banques US leur ont vendu des titres présumés pourris (subprimes) avec la complicité des agences de notation , de la sec américaine,et des opérateurs des banques d’affaires .
    Donc le minimum d’estime de soi c’était de refuser d’être des cochons de payant et donc admettre que dans la finance tout le cochon n’est pas bon .

  • permalien BOB :
    9 mai 2011 @20h58   « »

    N’importe quoi.
    Les changes peuvent être volatiles, les pigs sont déjà en faillite et il n’y aura pas de crise pour autant.
    Vous regardez les marchés comme une bulle qui va forcément éclater alors que ce ne sont que de simples vagues qui s’écrasent sur le rivage du concret.

    C’est sur que ca fait plus d’audimat...

  • permalien Révolté :
    10 mai 2011 @11h39   « »

    C’est sui qui di qui y ait...Depuis 2000 les crises n’ont cessé d’augmenter en nombre et en fréquence.

  • permalien BOB :
    10 mai 2011 @13h52   « »

    Parce qu’en 98 il n’y a rien eu ? ni en 91 ? ni en 87 ? ni les chocs pétroliers ?
    C’est juste que vous suivez maintenant ca en direct à la télé, sur internet et que ce vous fait un bon feuilleton.

  • permalien BA :
    10 mai 2011 @14h44   « »
    Un petit cochon / Pendu au plafond / Tirez-lui le nez / Il donnera du lait / Tirez-lui la queue / Il pondra des oeufs

    Mardi 10 mai 2011 :

    Quand la France lance un emprunt à 6 mois, elle doit payer un taux d’intérêt de 0,837 %.
    Et la Grèce ?
    Mardi 10 mai 2011, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois : la Grèce a dû payer un taux d’intérêt de ... 4,880 % !

    Les taux sont en hausse : c’était 4,800 % lors de la précédente émission en avril, et c’était 4,750 % en mars.

    http://www.obliginfos.fr/2011/05/10...

  • permalien th Mecier :
    10 mai 2011 @14h54   « »
    l’aide de l’état, après les banques.... le nucléaire !

    L’opérateur de la centrale de Fukushima, Tokyo Electric Power (Tepco), a officiellement demandé, mardi 10 mai, l’aide de l’Etat japonais pour faire face aux diverses charges financières consécutives à l’accident nucléaire du 11 mars.

    http://www.lemonde.fr/japon/article...

  • permalien
    10 mai 2011 @15h07   « »

    Bonjour

    Pour les personnes qui trouvent la prose de F.Lordon ardue ,ayant rencontree moi meme ces difficulltes ;j ai trouve une methode qui consiste à telecharger ses emissions avec D Mermet et P.Fourier sur des CD que je reecoute en voiture.Ainsi à chaque ecoute je saisis un nouvel aclairage de sa pensee et bien sur je m’habitue à son langage .Par la meme il tire le lecteur vers des efforts que la lecture des medias communs habitue à la technique du moindre effort

    Bonne lecture
    J aurais souhaite avoir ses ecrits en audio

  • permalien
    10 mai 2011 @18h03   « »

    ce qui m’a le plus scié dans cette crise financière c’est [...] le manque de courage des banques françaises en particulier pour demander des comptes à leurs homologues américaines

    Mais pourquoi diable voulez-vous qu’ils attaquent leurs collègues ? Ils sont tout aussi mouillés qu’eux par le biais de leurs multiples filiales à l’étranger, et tout ce petit monde s’entend comme larrons en foire.

    Ce que l’on aurait aimé éviter, en revanche, c’est la complicité scélérate des politiques qui, sous la pression des lobbys banquiers, ont introduit en 2005-2006 (lorsque tout le monde savait que la bulle allait crever) des mécanismes législatifs favorisant le transfert de l’épargne classique (monétaire, à faible risque) des Plans d’Epargne Retraite, vers des "supports diversifiés" (comprendre : des actifs pourris). La loi Fourgous a fait des ravages dans les économies des retraités et futurs retraités. Et elle a permis en revanche aux banques d’organiser la "dispersion des risques".
    http://finances.orange.fr/Argent-au-quotidien/Epargne-retraite/Articles/assurance-vie-les-derapages-des-transferts-fourgous.html

  • permalien Kazou :
    10 mai 2011 @18h15   « »
    Quel détonateur pour faire sauter la maison des petits cochons ?

    De nombreux articles ont relevé une apparente corrélation entre le taux de résidents étrangers parmi les détenteurs de dettes souveraine, et l’intensité des opérations spéculatives contre la valeur de la dette.

    Le Japon par exemple, n’a pas été inquiété malgré des statistiques défavorables parceque l’essentiel de sa dette est détenu par des japonais. La Grèce elle compte majoritairement des étrangers parmi ses créanciers.

    Si cette hypothèse se vérifie, quelle est la situation des deux gros cochons ? Le profil de leurs créanciers les met-il plutôt à l’abri ou les expose-t-il à davantage de risques ?

    Par ailleurs, les agences de notation peuvent-elles prendre une décision de dégradation qui serait contraire aux intérêts de ceux qui les font vivre ?

  • permalien steph :
    10 mai 2011 @23h43   « »

    @jboss

    Vous paraissez bien seul dans ce landerneau... Mais j’estime que vous le cherchez un peu quand même : dire que Minc dit parfois des vérités tient quand même d’une erreur fondamentale :
    à force de dire n’importe quoi, l’analyse statistique permet de penser que Minc lui arrivera d’énoncer des propos à peu près crédible, mais entre temps, il aura énoncer tellement d’âneries qu’on finira par être intoxiqué par ces propos (si on les lit bien sur). J’avais lu un document sur lui dans lequel un bilan de ces "conseils", puisque c’est ce qu’il vend, laissait vraiment à croire qu’il était mauvais et que nombreux étaient les abrutis prêts à croire (et à payer) ce "prophète".

    @tous celles et ceux qui sollicitent Frédéric Lordon pour qu’il adapte son écriture : nom d’une pipe, est-ce que vous demanderiez à Zola de faire moins crasseux dans sa description de la classe ouvrière ou à Mozart de mettre moins de notes dans ces différents morceaux, parce qu’on arrive plus à suivre... franchement !
    Suivez donc le conseil de M. anonyme qui est excellent : la relecture apporte son lot de nouveautés qui avaient échappés à la première lecture, c’est ça qui est bon...

  • permalien BA :
    11 mai 2011 @18h43   « »
    "Vivre et penser comme des porcs" (Gilles Châtelet)

    Mercredi 11 mai 2011 :

    ALERTE - Le Danemark rétablit des contrôles à ses frontières intra-Union Européenne.

    Le Danemark va rétablir des contrôles douaniers à ses frontières intra-européennes avec l’Allemagne et la Suède, a annoncé mercredi le ministre danois des Finances, Claus Hjort Frederiksen, à la suite d’un accord politique entre le gouvernement et l’extrême-droite.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALE...

    En Europe, les années qui viennent seront explosives.

  • permalien th Mercier :
    12 mai 2011 @15h12   « »
    "D’un retournement l’autre"

    Titre hommage au grand foutoir des collabos décrit avec acuité par Céline dans "D’un château l’autre" ?

    En tout cas, lisez tous "d’un retournement l’autre" de Frédéric Lordon. C’est drôle et clair. Pile ce qu’il fallait.

    A ceux qui trouve sa prose (et ses vers ?) compliquée :
    Relisez, on s’en sort toujours grandit...

    Il faut juste espérer, vu le peu de manifestants à Athènes hier, que le titre futur de la version corrigée ne sera pas :
    "d’une résignation l’autre"....
    Pour l’instant, les mécontents se précipitent plus, semble-t-il, vers un vote pour l’extrème-droite, que vers une compréhension affutée de la crise et vers les pavés parisiens...

  • permalien BA :
    13 mai 2011 @17h57   « »
    Il faut sauver le petit cochon grec.

    L’Union Européenne et le FMI vont encore jeter 60 milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes (c’est-à-dire : la Grèce).

    Admirez le tableau :

    http://img64.imageshack.us/img64/44...

  • permalien Le Roi et l’Oiseau :
    13 mai 2011 @23h25   « »
    sombre espoir, soleil immonde

    Mais que fait la Poli... euuh... La Chine !??

  • permalien BA :
    14 mai 2011 @19h04   « »
    La morale de cette morale / C’est que les hommes sont des cochons.

    Jeanneton prend sa faucille
    Lalirette, lalirette
    Jeanneton prend sa faucille
    Pour aller couper les joncs

    En chemin elle rencontre
    Quatre jeunes et beaux garçons

    Le premier un peu timide
    L’embrassa sur le menton

    Le deuxième, un peu moins sage
    L’allongea sur le gazon

    Le troisième encore moins sage
    Lui releva son blanc jupon

    Ce que fit le quatrième
    N’est pas dit dans la chanson

    Si vous le saviez, Madame
    Vous iriez couper les joncs

    La morale de cette histoire
    C’est qu’sur 4, y a 3 couillons

    La morale de cette morale
    C’est qu’les hommes sont des cochons

    La morale de cette morale
    C’est qu’les femmes aiment les cochons

  • permalien Eugène :
    15 mai 2011 @00h31   « »

    Tiens tiens, la morale serait de retour ? je ne comprends pas, elle n’a pourtant rien à faire dans les petits/gros échanges valorisés des gros/petits cochons qui ne se mordent pas la queue entre eux...

    Bon, ceci dit, elle est juste - la morale, pas la q - supposée à l’oeuvre dans les comportements humains sains ; comme le langage chez les producteurs de photographies ou autres representations, mais qui n’en manifestent pourtant pas la présence de façon explicite.

    Autre point : l’économie une science sociale... au-delà de l’éthologie du porc ? Mais qu’est-ce qu’une science en ce domaine qui serait incapable d’expliciter de façon claire les troubles de la relation à autrui donc ainsi... leurs échanges... valorisés ou non, mesurables ou non, monayables ou non ? Peanuts ? Je vous laisse réfléchir... mais pas trop longtemps, ya le feu au lac (via les gaz de schistes).

    Résumons nous sur le rapprochement des deux concepts ’échanges’ et ’valorisés’ ? Zut et zut alors ! Me v’là tout près d’avoir mis à terre l’idée d’une science humaine et sociale baptisée économie. On fait quoi maintenant ? On attend que çà pète gentiment dans la réalité économique et financière, ou on pète les concepts avec lesquels on croit penser et ainsi prévoir ? A commencer par celui de valorisation ?

    Vous noterez bien que les porcs ; les vrais porcs, valorisent suivant leur appétit ou leur envie de dormir au frais, tantôt leur bouffe OGM, tantôt l’ombre, bref, eux aussi échappent ainsi à l’indifférence. Donc, la valeur ? concept éthologique ? axiologique ? spirituel ? Et si tous nos échecs ne venaient pas entre autre d’un concept si ... naturel... dont j’en lis de nombreux à se plaindre des effets relativisant, surtout chez les philosophes, voire les théologiens quand ils ne sont pas les deux à la foi(s) ?

    Mais alors ! Nous ne serions plus davant UN relativisme, mais devant un double relativisme, 1 celui de la valorisation, que nous partageons avec les porcs et qui fait que chacun au cours d’une même journée valorisera tout ce qui lui fera faire des CHOIX, 2 l’autre, moral, prouvé par les variations civilisationnelles, mais qui lui feront prendre des DECISIONS qu’il assumera au risque de la honte ou de la culpabilité que les porcs (sur 2 pattes comme sur 4 pieds), à mon humble avis, n’éprouvent pas encore ?

    Question à notre hôte : comment valorisation et morale sont elles reliées entre elles ? (Faute de pouvoir répondre à cette question, on est, et on restera, vraiment dans la m... Je veux, que dis-je, j’exige, un modèle théorique vérifiable/fasifiable doublé de la procédure qui permet d’avancer dans l’une ou l’autre possibilité)

  • permalien BA :
    15 mai 2011 @21h35   « »
    Saupiquet ! Pour faire la fête entre cochons !

    Tapons-nous sur la bedaine
    Réveillons le gourmet qui sommeille
    Saupiquet, ça, c’est une aubaine
    Faisions le cassoulet au cochon
    Groin ! Groin ! Groin !
    Du cochon ! Du cochon !
    Et du saucisson à la toulousaine
    Saupiquet, crénom-de-nom !
    Faisions l’cassoulet comme nous l’aimions
    Saupiquet ! Pour faire la fête entre cochons !

    http://www.youtube.com/watch?v=98ty...

  • permalien madmax :
    17 mai 2011 @02h01   « »

    Article superbe encore une fois, tant pour le style que pour le fond. Il est surtout à mettre en relation avec l’étude fournie par le LEAP :

    http://www.leap2020.eu/GEAB-N-55-is...

    Ca commence à sentir sérieusement le roussi. Je crois même que ça pique un peu les yeux...

  • permalien BA :
    17 mai 2011 @20h50   « »
    2011 : l’année des cochons.

    Mardi 17 mai 2011 :

    Pour la première fois depuis le début de la crise, des responsables européens ont reconnu mardi que la Grèce pourrait finalement devoir restructurer sa dette, une décision susceptible de raviver les tensions autour de la zone euro.

    Comme la veille à l’issue de la réunion des ministres des Finances de la zone euro, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a concédé qu’il pourrait être nécessaire d’avancer vers ce qu’il a qualifié de "restructuration douce" de la dette publique grecque.

    Ceci pourrait se faire en contrepartie d’une mise en oeuvre complète des réformes structurelles auxquelles Athènes s’est engagé lors de l’octroi d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros en mai 2010 et d’une nouvelle série de mesures dès les prochains jours, a précisé Jean-Claude Juncker.

    Les autorités grecques devront par ailleurs préciser très rapidement la nature et le calendrier de leur programme de privatisations de 50 milliards d’euros annoncé en début d’année.

    "Si la Grèce fait tous ces efforts, alors nous devons voir s’il est possible de réaliser une restructuration douce pour la Grèce. Je suis totalement opposé à une restructuration majeure", a déclaré le Premier ministre luxembourgeois en marge de la réunion des ministres des Finances de l’UE.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

  • permalien BA :
    18 mai 2011 @21h33   « »
    Tous les cochons n’ont pas forcément la queue en tire-bouchon.

    Mercredi 18 mai 2011 :

    Les taux longs grecs sont repartis à la hausse mercredi, entraînant dans leur sillage les rendements portugais, alors que les Européens se déchirent sur la restructuration ou non de la dette grecque.

    A 18H30, les taux grecs à 10 ans se tendaient à 15,628%, contre 15,455% mardi soir et ceux du Portugal à 8,982% contre 8,804% la veille.

    Même si le Portugal a réussi à lever un milliard d’euros de dette à court terme et a rencontré une forte demande, les investisseurs ont gardé mercredi les yeux tournés vers la Grèce.

    La question du rééchelonnement de la dette grecque suscite toujours des réactions passionnées en Europe. Mercredi, la Banque centrale européenne (BCE) a vivement réitéré son opposition à cette option.

    Une restructuration de la dette grecque serait une "recette pour une catastrophe", a estimé Jurgen Stark, membre du directoire de la BCE, lors d’une conférence organisée près d’Athènes.

    Peu après, son confrère, l’Italien Lorenzo Bini Smaghi, a affiché son opposition à une "restructuration douce" de la dette grecque.

    Le banquier central a insisté sur "l’impact négatif" d’une telle option sur les banques grecques et appelé le gouvernement grec à renforcer sa lutte contre l’évasion fiscale afin de réduire le déficit public.

    "Il y a une grosse opposition entre la BCE et l’Union européenne avec Jean-Claude Juncker (le chef de file des ministres des Finances de la zone euro) qui ne semble pas opposé à un allongement de la maturité de la dette grecque. Tandis que certains ouvrent la porte, d’autres la ferment", a estimé Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

    http://www.romandie.com/news/n/BOND...

  • permalien Bardamix :
    20 mai 2011 @14h57   « »

    Je serais curieux de savoir ce que pense Lordon de l’affaire DSK. Un petit article sur les conséquences économiques de cette sinistre histoire de fesse , m’apparaît s’imposer.

  • permalien BA :
    20 mai 2011 @16h06   « »
    Le cochon DSK ne pourra pas sauver le cochon grec : ces cochons de marchés financiers vont tuer le cochon grec !

    Vendredi 20 mai 2011 :

    Le Premier ministre grec George Papandréou a affirmé vendredi que son pays rembourserait l’intégralité de sa dette.

    "Nous rembourserons les emprunts", a affirmé M. Papandréou, dont le pays s’est vu accorder l’an dernier un plan d’aide de l’UE et du FMI d’un montant de 110 milliards d’euros pour lui éviter un défaut de paiement.

    La Grèce a vu ses coûts d’emprunts sur les marchés atteindre un niveau record vendredi, les taux de ses obligations à dix ans dépassant 16,5%.

    De nombreux observateurs estiment que la Grèce ne pourra éviter une restructuration de son importante dette publique, ce qui signifie payer les créanciers plus tard ou moins que prévu. Mais la Banque centrale européenne s’oppose à ce scénario.

    http://www.boursorama.com/internati...

  • permalien chiendent :
    22 mai 2011 @10h40   « »

    J’ai honte de placer ce commentaire, mais je ne peux pas m’en empêcher : Le titre est magnifiquement choisi :). Plus sérieusement je vous remercie pour tout ce que vous dites et écrivez. Je suis trop inculte pour apporter quelque chose dans une discussion sur l’économie mais grâce à vous j’arrive à comprendre quelque peu.

  • permalien Assurancetourix :
    23 mai 2011 @10h41   « »
    Le FMI de DSK était prêt au remplacement du dollar comme monnaie de réserve internationale !

    Face à la déstabilisation monétaire internationale, il est urgent d’instaurer, en substitution du dollar, une nouvelle monnaie de réserve internationale et de référence des échanges internationaux, afin de préserver les économies réelles des nations des fluctuations de la monnaie, de l’économie et de la politique États-Unienne.

    Un nouvel article de synthèse sur ce sujet vient d’être publié sur agoravox.fr : Le FMI de DSK était prêt au remplacement du dollar comme monnaie de réserve internationale !

    Christine Lagarde à la tête du FMI ? Un peu de décence !

  • permalien BA :
    23 mai 2011 @20h33   «
    Le petit cochon grec échappera-t-il à son destin ?

    Lundi 23 mai 2011 :

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 17,030 %.

    Grèce : taux des obligarions à 2 ans : 26,253 %.

    Les taux longs grecs sont passés au-dessus de 17 % lundi en séance, atteignant un nouveau record, la dégradation de la note du pays par Fitch et les désaccords entre les instances européennes sur les solutions à apporter au pays inquiétant de plus en plus le marché.

    "La cacophonie entre la Banque centrale européenne et les dirigeants de la zone euro sur une éventuelle restructuration de la dette hellénique continue à peser lourdement sur le marché", a souligné Jean-François Robin, stratégiste obligataire chez Natixis.

    La Banque centrale européenne (BCE) s’oppose fermement à cette idée, qui n’est désormais plus écartée par certains dirigeants comme le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

    Lors d’un entretien accordé à un journal dominical grec, M. Papandreou a catégoriquement écarté l’idée d’une restructuration.

    Le contexte est déjà très défavorable pour Athènes, alors que Fitch a abaissé vendredi de trois crans la note de la dette à long terme du pays vu "l’étendue du défi" qui attend la Grèce pour mettre en oeuvre le programme de réformes fiscales et structurelles nécessaire pour réduire sa dette et son déficit.

    Le gouvernement grec a peaufiné lundi un nouveau plan de redressement économique, combinant accélération des privatisations et sursaut de rigueur, dans l’espoir de satisfaire les bailleurs de fonds du pays.

    L’ensemble des pays jugés fragiles de la zone euro ont été pénalisés par une aversion au risque, les investisseurs s’inquiétant aussi de l’état de santé de l’économie mondiale alors que même la Chine montre des signes de faiblesses : la croissance de l’activité manufacturière chinoise a ralenti en mai à un plus bas depuis 10 mois.

    Les taux espagnols par exemple sont montés à 5,513 %, contre 5,471 % vendredi à la clôture, avoisinant leur plus haut historique.

    La quatrième économie de la zone euro a été traversée ce week-end par un mouvement de contestation inédit contre le chômage et la crise économique, alors que se tenaient dimanche des élections locales qui ont vu perdre les socialistes au pouvoir. Cette nette défaite pourrait rendre plus difficile la mise en place de réformes pour lutter contre un emballement de la dette, ont fait valoir plusieurs experts.

    http://www.romandie.com/news/n/BOND...

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