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« Elargissement des cibles » en Libye

mercredi 18 mai 2011, par Philippe Leymarie

Silence assourdissant, en Europe, pendant que l’OTAN mène en son nom une guerre qui ne dit pas son nom : en deux mois, deux mille six cents « frappes » sur des cibles en Libye. L’opération « Unified protector », vendue à l’ONU sous un manteau humanitaire, a conduit à prendre parti dans une guerre civile, et à glisser de l’imposition d’une « zone d’exclusion aérienne » à une expédition punitive visant un régime et un homme, promus au rang de « nouveaux Satans » – quitte à générer des victimes civiles supplémentaires, des destructions, la désorganisation d’un pays… A fabriquer encore plus de réfugiés, d’émigrés… Voire à courir un risque de partition du pays – avec au final un rapport coût-efficacité pour le moins contestable.

(Actualisé lundi 23 mai)

Plus vite, plus fort : les dirigeants européens les plus en pointe dans l’actuelle opération en Libye souhaitent des résultats plus déterminants et rapides, comme le prouvent le bombardement dans la nuit du jeudi 19 au vendredi 20 mai d’une partie de la flotte militaire libyenne (dans les ports de Tripoli, Al-Khoums et Syrte), ainsi que l’envoi ces derniers jours par la France à bord du BPC Tonnerre d’une vingtaine d’hélicoptères de combat, dont une escadrille de « Gazelle » anti-char, et quelques « Tigre ».

Les gouvernements européens concernés :

- sont soucieux de ne pas ajouter des tensions sur un marché du pétrole déjà très nerveux depuis quelques mois ;
- ils craignent que la prolongation du conflit ne favorise le courant islamiste d’AQMI, et ne provoque un afflux supplémentaire d’immigrés d’Afrique du Nord ou d’Afrique noire ;
- en outre, leurs opinions publiques, bien que plutôt indifférentes au sort des Libyens eux-mêmes, regardent avec méfiance cet engagement coûteux, avec risque d’enlisement à la clé.

D’où ces appels, côté français et britannique, ces derniers jours, à « intensifier les frappes » et à « élargir les cibles ». Et un début de réalisation, dans la nuit du 16 au 17 mai, avec le bombardement, à Tripoli, d’un siège de la police et du département chargé de l’anti-corruption, visés par des missiles tirés depuis le sous-marin Triumph et des chasseurs Tornado britanniques.

Le ministère de la défense à Londres présente ces objectifs sous un jour un peu différent : il s’agirait des locaux d’une agence de renseignement, et d’une base d’entraînement des gardes du corps qui assurent la protection des dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi. Mais, dans les deux versions, on s’éloigne de la « protection des populations » (mandat délivré par le Conseil de sécurité le 17 mars 2001), qui avait été très vite élargie à la destruction des installations militaires libyennes et à l’appui aux combattants du Conseil national de transition (CNT) basé à Benghazi.

Régime « fini »

Deux déclarations récentes éclairent cette problématique de « l’élargissement » :

- « Nous souhaitons intensifier la pression militaire parce que, compte tenu de la personnalité de Kadhafi, il ne comprendra que cela, c’est-à-dire la force », fait valoir le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, pour qui le régime est « fini »(entretien avec Al-Hayat, samedi 14 mai).

- « Il faut sérieusement envisager d’élargir le champ de nos objectifs », affirme le général David Richards le chef d’état-major britannique : « Pour l’instant, l’OTAN n’attaque pas les infrastructures en Libye. Si nous n’augmentons pas la mise, Kadhafi risque de s’accrocher au pouvoir » (Sunday Telegraph, 15 mai).

Au passage, le patron de l’armée britannique trouve un « arrangement » pour justifier une éventuelle élimination physique du numéro un libyen : l’OTAN ne cherche pas, dit-il, à l’atteindre directement, mais « s’il se trouve qu’il est dans un centre de commandement au moment d’un raid et qu’il est tué, cela n’a rien “d’illégal” ».

L’Organisation transatlantique assure (contre toute vraisemblance) qu’elle ne vise pas les individus, et que, n’étant pas présente au sol en Libye, elle n’a aucun moyen d’établir les bilans des frappes, de suivre les déplacements des dirigeants libyens. Une pirouette qui avait déjà été utilisée le mois dernier, pour passer par pertes et profits la mort d’un fils et de deux petits enfants du dictateur libyen, tués lors du bombardement d’un « centre de commandement ».

« Lâches croisés »

Le chef de la diplomatie italienne, Franco Frattini, se référant à des indications de Mgr Giovanni Martinelli, l’évêque catholique de Tripoli, resté en contact avec les autorités libyennes [1], croyait savoir le 13 mai dernier que Kadhafi a « probablement quitté Tripoli et qu’il a sans doute également été blessé ». Ce que le gouvernement libyen a aussitôt démenti, après avoir fait diffuser le même jour par la chaîne de télévision Jamahiriah un message audio du « Guide » : « Je dis aux lâches croisés que je me trouve dans un lieu que vous ne pouvez pas atteindre et où vous ne pouvez pas me tuer. »

Certes, l’ex-« bouillant colonel » est indéfendable. Mais « Unified protector » sent maintenant la chasse à l’homme. Bien enfoncé dans un bunker, Kadhafi peut résister à tout ou presque, et même fanfaronner : combien de personnes faudra-t-il tuer avant d’arriver à lui ? Combien de destructions devront endurer le pays et sa population, pour obtenir la peau d’un homme promu au rang de nouveau Satan par ceux qui, il y a quelques mois, commerçaient tranquillement avec l’ex- et futur diable.

« Papa, reviens ! »

L’action psychologique fait également partie de l’opération « Unified protector ». L’agence Reuters rapportait lundi que l’OTAN, utilisant les fréquences de la radio militaire libyenne, s’adresse en ces termes aux membres des forces de sécurité libyennes :


- Nul n’a le droit de transformer la vie de son peuple en enfer sur terre…
- Cessez de combattre votre peuple…
- Vos dirigeants ont perdu le contrôle du pays...
- Ils ont recruté des mercenaires non libyens et les ont laissés violer votre population...
- Vous avez le choix. Bâtir une Libye pacifique au profit de votre famille et un avenir meilleur pour votre pays, ou vous exposer à la poursuite des raids aériens qui ont commencé le 19 mars…
- on entend aussi la voix d’une femme qui déclare : « Pourquoi, mon fils, pourquoi vas-tu tuer les tiens ? »
- et un enfant en pleurs qui crie : « Papa, reviens à la maison, arrête de te battre » [2].

Sanctions et défections

Outre ces frappes qu’ils demandent à l’OTAN d’intensifier et d’élargir, les dirigeants européens tablent :

- sur les sanctions internationales, comme le lancement le 16 mai, par Luis Moreno-Ocampo, le procureur de la Cour pénale internationale, de mandats d’arrêts internationaux à l’encontre de Mouammar Kadhafi, d’un de ses fils, et du chef des renseignements, pour « crimes contre l’humanité » (il leur est reproché d’avoir planifié et ordonné des attaques étendues contre la population civile, d’avoir ouvert le feu sur les manifestants, attaqué des civils chez eux, bombardé des processions funéraires, et déployé des tireurs embusqués pour tuer les fidèles sortant des mosquées) [3].
- sur des défections, comme récemment celle du ministre des pétroles libyens, Choukri Ghanem, venant après celles de plusieurs ministres et militaires. Selon Franco Frattini, « les heures du régime (libyen) sont comptées » et une partie de son entourage chercherait « une porte de sortie » pour un exil du colonel Mouammar Kadhafi. « Nous travaillons avec l’ONU pour que soit trouvée une porte de sortie politique, afin que le dictateur et sa famille se retirent de la scène », a assuré le ministre italien des affaires étrangères [4].

Abonnés absents

Alors que la Ligue arabe et l’Union africaine – les deux organisation régionales qui avaient apporté leur caution à l’offensive lancée par le trio américano-franco-britannique – restent aux abonnés absents, ou sont en tout cas inaudibles, deux médiations ont été tentées ces derniers jours, pour tenter de trouver une solution politique au conflit :

- l’envoyé spécial de l’ONU, Adbel-Elah al Khatib, a été reçu dimanche 15 mai à Tripoli par le chef du gouvernement, Baghadadi Mahmoudi, qui lui a indiqué que le régime était prêt à « un cessez-le-feu immédiat qui coïnciderait avec un arrêt des bombardements de l’OTAN » (selon l’agence officielle Jana).
- la Russie, par la voix de son chef de la diplomatie, Serguei Lavrov, qui recevait des émissaires libyens à Moscou, a appelé le régime libyen à « pleinement mettre en œuvre la résolution du Conseil de sécurité (…), le principal maintenant, c’est de se mettre d’accord sur le délai et les conditions d’un armistice » [5].

« Si l’on arrive à le faire, alors il n’y aura plus aucune raison pour continuer les bombardements de l’aviation de l’OTAN, qui dépassent largement le cadre des objectifs fixés par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU », a encore déclaré M. Lavrov qui considère le groupe de contact formé sur la Libye à l’initiative des Occidentaux (et auquel ne participent ni Moscou ni Pékin) comme une « structure autoproclamée ». Le diplomate russe a également critiqué l’intention, selon lui, d’étendre la compétence de ce groupe à d’autres crises de la région, comme celle qui se déroule en Syrie. Moscou souhaite recevoir prochainement des émissaires de la rébellion.

Occasions manquées

Du côté du parlement européen, ça bouge un peu : le rapport Gualtieri, adopté mercredi 11 mai, il « déplore que les Etats membres de l’Union se montrent réticents à définir une position commune sur la crise en Libye ». Il met en garde sur le fait qu’un « usage disproportionné de la force » outrepasse le mandat de la résolution 1973 du Conseil de sécurité, et invite la Haute représentante « à prendre des mesures concrètes afin de garantir au plus tôt l’instauration d’un cessez le feu, pour stopper l’effusion de sang et la souffrance de la population libyenne ».

Pour Leslie Gelb, qui commente de longue date la politique étrangère américaine [6], l’objectif de « débarquer » en priorité Kadhafi a conduit à passer à côté de plusieurs occasions diplomatiques, comme la tentative de médiation tentée à la mi-avril par l’Union africaine pour obtenir un cessez-le-feu.

Le professeur Sean Kay, qui suit les questions de l’OTAN, estime que « l’élimination du “Guide” libyen ne serait pas d’un grand secours si le pays tombe dans une guerre civile de type somalien – le mieux que l’on puisse espérer, à ce stade, étant une partition de facto de la Libye, ce qui n’est certainement pas ce à quoi aspirait l’OTAN lorsque cette aventure a commencé ».

Tandis que Tony Cordesman, du Centre d’études stratégiques de Washington, regrette que l’opération n’ait pas été préparée plus sérieusement, avec un plan d’action, des moyens et la volonté de frapper fort et vite, alors qu’aujourd’hui les Britanniques, Français et Américains se retrouvent, deux mois après le déclenchement des hostilités, sans « plan B », sinon celui de poursuivre les frappes.

Dégâts et surcoût

Selon des sources de l’OTAN, il n’y a pas « d’enlisement » : après trois mois de guerre civile, le régime serait « sur la défensive » (mais on le serait à moins !), l’aviation libyenne serait détruite à plus de 80 % et l’armée de terre aurait subi de lourdes pertes avec plus de 30 % du matériel lourd détruit et 50 % de ses stocks de munitions anéantis. Le conflit a fait 800 000 réfugiés, 50 000 personnes sont entrées en Tunisie, plusieurs centaines de milliers en Egypte, plusieurs dizaines de milliers ont fui vers l’Europe par la mer. Et il y a plusieurs milliers de victimes – sans plus de précision.

Pour la France, qui assure un cinquième des sorties aériennes et un tiers des frappes, le sur-coût de l’opération « Harmattan » (déclinaison française de « Unified Protector ») serait d’environ 1,2 million d’euros par jour – soit, en deux mois, 72 millions (dont plus de la moitié en missiles). Un coût comparable à l’engagement français en Afghanistan. Le surcoût total des « opex » françaises pour cette année devrait approcher le milliard d’euros (contre 850 millions en 2010).

Notes

[1] Depuis le début des opérations de l’OTAN, explique l’agence Reuters, Mgr Martinelli s’est montré critique envers la stratégie occidentale, affirmant que de nombreux civils avaient trouvé la mort lors des raids de la coalition. Il a fini par quitter Tripoli pour Tunis, a indiqué l’évêché de Tripoli.

[2] Le message, selon Reuters, est diffusé en anglais et dans un arabe prononcé avec un accent irakien.

[3] Conférence de presse à La Haye, lundi 16 mai 2011.

[4] Entretien diffusé par Canale5, 16 mai 2011.

[5] Allié traditionnel de la Libye, la Russie s’était – tout comme la Chine – abstenue le 17 mars, lors du vote de la résolution 1973 qui a permis l’intervention d’une coalition internationale en Libye, mais avait renoncé à exercer son droit de veto.

[6] Cité par Jonathan Marcus, spécialiste des questions de défense à la BBC. The Guardian, 11 mai 2011.

18 commentaires sur « “Elargissement des cibles” en Libye »

  • permalien DF 31 :
    18 mai 2011 @20h53   »

    La Chine et la Russie ne vont certainement plus jamais s’abstenir d’utiliser leur droit de veto à l’Onu : une façon comme une autre de rapprocher les anciens alliés des guerres de Corée et du Vietnam. Et pendant ce temps, ces sombres crétins d’amerloques poussent le Pakistan dans les bras de la Chine en se croyant tout permis au Pakistan... Par ailleurs, Oussama n’est pas mort : je l’ai vu prendre une bière avec Elvis, ça se comprend, il fait très chaud pour un mois de mai...

  • permalien William :
    18 mai 2011 @22h48   « »

    Je me dis que les Occidentaux ont profité de la faille du soulèvement d’une partie de la population lybienne pour débarquer brutalement le colonel Khadafi et lui règler définitivement son compte.

  • permalien maino :
    18 mai 2011 @23h23   « »

    Élargissement des cibles ou élargissement de la guerre ?

    Avec les obus de mortiers qui tombent chaque jour sur le territoire tunisien (heureusement sur un territoire désertique) et les infiltrations des terroristes d’Aqmi qui deviennent quasi quotidiennes à partir du territoire algérien , l’OTAN continue dans une stratégie, inaugurée en ex- Yougoslavie en passant par l’Afghanistan et appliquée actuellement en Lybie et qui consiste essentiellement à amortir l’énorme stock d’armement en sa possession et dont l’accumulation menace l’existence de tout un pan de l’industrie occidentale . Donc l’élargissement de cette guerre à la Tunisie serait une bonne affaire pour ces messieurs ;les morts et les destructions ne seraient que des dégâts "collatéraux " insignifiants devant les profits générés

  • permalien
    19 mai 2011 @02h26   « »

    ceci est une turpitude qui ne dit pas son nom et justifierait en toute légitimité la création d’un autre bloc armé.
    Car ceci n’a pas de sens et est loin d’être humanitaire. Si les libyens pouvaient s’exprimer on entendrait des slogans qui vont surprendre les ““ désinformés”.

  • permalien Yvan :
    19 mai 2011 @06h32   « »

    Tunis compte saisir l’ONU si des obus libyens continuent de tomber sur son sol - TUNISIE - FRANCE 24

    Le gouvernement tunisien envisage de saisir les Nations unies pour mettre un terme à la chute d’obus près de la ville de Dehiba. Les forces du colonel Kadhafi tentent de reprendre ce poste-frontière tenu par les insurgés.

    La Libye prête à respecter la résolution de l’ONU si l’OTAN cesse ses frappes aériennes (Lavrov) - china radio international

    "Les réponses que nous avons entendues ne peuvent être considérer comme des réponses négatives. Nous avons appris que Tripoli était prêt à considérer ces approches en se fondant sur la feuille de route proposée par l’Union africaine (UA), prêt à respecter la Résolution 1973 (du Conseil de sécurité de l’ONU)", a déclaré M. Lavrov lors d’une conférence de presse.
  • permalien Shiv7 :
    19 mai 2011 @11h46   « »

    Ça y va les exécutions ces temps ci.. (irréductible de tous poils, cache toi, ton heure est venue..)

    Le far ouest de la justice planétaire, règlement de compte à gogo, plus de pudeur, Yes we Kill repris en cœur, les marchand d’armes pas en pleurs..(et de plus en plus de peuples dans la terreur)

    Et dire que certains s’étonnes de la progression de la situation Libyenne, comme ci celle-ci n’était pas prévisible, voire plutôt voulue, du moment que la décision fut prise de bombarder la Libye et de légitimer, dès le départ le mouvement d’opposition.

    On en est plus à tergiverser plus ou moins occultement par services secrets interposés pour renverser un pouvoir ou abattre un méchant, on y va carrément, au yeux de tous au nom de la justice..

    Justice sera faite quand le malfra sera pendu ou tout au moins réduit à rien, pour le reste , le peuple, le pays, les nouveaux dirigeants et la démocratie, c’est secondaire comme nous l’on montrés les nombreux exemples de ces dernières années.

  • permalien
    20 mai 2011 @17h30   « »

    a DF31:c est une bonne chose si le pakistan se rapproche de la chine,il ne restera plus a terme dans la région comme allié des usa que l inde,ou l insurrection naxalite esr en train de prendre le pouvoir-forte de l appui des services secrets pakistanais...

  • permalien MI16 :
    20 mai 2011 @18h38   « »

    Il est bien dommage de constater que les peuples n’ont rien retenu des evenements de ces dernieres annees..Une communaute internationale armee d’une pseudo ideologie democratique,soutenue par des specialiste en mensonge,se lance toujours dans des guerres non pa de liberations,mais de conquettes de richesses...Chaque crise economique se solde par une guerre,c’est ainsi que cette communaute de 5 a 6 Etats entendent retablir leur economie au depend de ceux qui ont ete epagne..Ils mentent toujours et continueront a le faire...Et les zombis que nous sommes avaleront toujours leurs motifs de destruction...

  • permalien jackenson :
    20 mai 2011 @22h02   « »

    Il faut que les grandes puissances cessent de servir avec l’ONU,comme un échapartoire pour detruire les autres pays quíls considerent comme les va-nu-pieds du monde.

  • permalien haydar :
    21 mai 2011 @13h09   « »

    c un vrai dilemme : souveraineté de l’Etat ou volonté du peuple ? un européen ne peut pas comprendre ce que c’est que la dictature de kadhafi, nous on la connait très bien, la force est le seul moyen de le chasser lui et les autres psychopates qui nous gouvernent, quant au bilan humain, on est prêt à le payer car si l’Otan ne tue personne, si les insurgés ne tuent personne, ce sont les dictateurs qui nous tueront tous, et d’ailleurs depuis des décennies nous sommes demi-morts, qu’on leur règle leur compte et ensuite on parlera de la souveraineté de l’Etat

  • permalien semmwa :
    22 mai 2011 @06h52   « »

    que dire, si ce n’est que nos bien-aimés dirigeants occidentaux, tellement préoccupés par la détresse de leurs propres concitoyens, se sont mêlés d’une vulgaire guerre tribale........... et qu’ils continuent à se croire tellement supérieurement "civilisés"........ aaaaaaaaaaaaaahhhhhhhhhh pétrole, pétrole !!!!
    Khaddafi n’est certes pas un modèle de démocrate ! oh non...!!!!
    pas plus que Sa Majesté saoudienne, ou Leurs Majestés koweïti, qatari, en gros : Pétroli !
    ce qui ne dérange pas nos bien-aimés cités ci-dessus !
    mais je tiens à dire que les déjà-décrétés-décidés futurs dirigeants de la Lybie "sentent le soufre" eux aussi................avec la bénédiction de nos bien-aimés. blablabla

  • permalien Enon nnom :
    22 mai 2011 @14h38   « »

    S’il n’y avait pas ces tueries d’hommes et ces destructions massives des infrastructures libyennes -il est vrai qu’ici, l’on voit clairement en cours d’application, la théorie de la "destruction/reconstruction" appliquée désormais par les occidentaux pour asseoir leur hégémonie sur le tiers monde(la Libye a d’énormes réserves de pétrole qui paieront la reconstruction)- l’on rigolerait sur la politique ou plutôt le caractère erratique de la politique française en Afrique.
    C’est madame Rama Yade qui doit boire du petit lait depuis que M. Sarkozy s’est décidé à en finir avec le Colonel Khadafi, elle qui s’est scandalisée de la réception faste qui a été réservée à ce dernier lors de sa dernière visite officielle en France.
    A ce qui semble, une vision est entrain de faire jour chez M. Sarkozy : remplacer par la force les présidents africains qui ont déjà mis un certain temps au pouvoir, pour ce faire, il faut garder des contingents significatifs en Afrique sous prétexte de protéger les ressortissants français. Wade attention !!! Ouatara qui s’est installé à Abidjan par la force des armes françaises, attention !!! il est vrai que ce dernier voulait ce pouvoir depuis si longtemps ’déjà à la mort d’Houphouet...) Alors, à quand un autre Foccart pour gérer la nouvelle Françafrique ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    23 mai 2011 @09h46   « »

    A tous

    J’ai écouté ce matin que l’armée française, en Libye, engageait des hélicoptères de combat. Cela est particulièrement préoccupant. En effet :

    Les hélicoptères d’attaque appartiennent non pas à l’armée de l’air ou à l’aéronavale (donc à la marine) mais à l’armée de terre. Ils n’ont pas une autonomie susceptible de les faire décoller d’une base italienne (et, a fortiori d’y revenir) et ne sont pas prévus pour opérer à partir d’un porte-avions. Ils doivent obligatoirement décoller de Libye (ce qui implique la présence d’équipes au sol) de maintenance et de protection – c’est-à-dire l’engagement de l’infanterie française.

    Pour être efficaces, les hélicoptères doivent voler considérablement plus près de leurs cibles que les avions. Les avions peuvent expédier un missile guidé de très haut, à plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres. Un hélicoptère, lui, vole bas (quelques centaines de mètres). Un missile antichar Hellfire a une portée de 500 mètres à 8 km. Quant au canon Giat, sa portée n’est que de l’ordre de quelques kilomètres. (Le GAU-8 Avenger du A-10 a une portée efficace de 3,2 km). On peut même supposer que les tirs n’ont lieu, en fait, qu’à quelques centaines de mètres.

    Ces hélicoptères seront engagés contre des véhicules blindés, des pièces d’artillerie, des camions, 4 x 4 ou tous véhicules de transport, ce qui veut dire qu’ils seront aussi vulnérables à des affuts quadruples de DCA ou à des missiles air-sol, de même portée que les canons des hélicoptères (avec risque de capture des pilotes).

  • permalien Satrape :
    23 mai 2011 @18h11   « »
    Khadafi sans Alibi

    Pousser l’OTAN dans ses retranchements législatifs, ça n’arrêtera la machine de guerre qui s’est mise ne marche, mais ça met en route une autre machine, législative, à l’ONU, contre Khadafi.
    L’OTAN sait qu’il devra rendre des comptes pour chaque civil tué par erreur, et l’ONU, qui a cautionné l’intervention, se doit maintenant de faire une liste exhaustive de toutes les exactions des troupes libyennes.
    Le procès sera interminable, et compte tenu du détail d"information dont on disposera, il laissera un souvenir impérissable d’un régime qui - faut-il malheureusement le rappeler - se réclame de l’Islam.
    Si la pression sur l’OTAN se traduit par une pression accrue sur Khadafi, elle se traduira aussi par une délégitimisation de tout ce qui ressemble à ce type de régime.
    L’ONU est en train de faire un cas d’école de la chute de Khadafi. Inéluctable.

  • permalien mkk :
    24 mai 2011 @21h59   « »

    Si on veut vendre nos petits jouets à haute technologie, il faut bien démontrer leur efficacité sur le terrain !
    Cette guerre qui ne dit son nom et s’enlise devrait être sponsorisée par Dassault, GIAT, EADS et les autres groupements impatients de se retrouver face à leurs clients au prochain salon du Bourget !

  • permalien MI16 :
    26 mai 2011 @02h05   « »

    Un pseudo Lybien pretend que Kahdafi a fait du mal au pays..Ou etait la Lybie avant lui ? Aviez vous des routes ? La paix ? La Stabilite ? Est de la sottise ou de la traitrise,ou encore l’envie de manger apres que les maitres occidentaux soient servis..Pathetique.

  • permalien Cana :
    30 mai 2011 @16h08   « »

    Dumas et Vergès ont déclaré ce dimanche à Tripoli vouloir porter plainte contre le président français Nicolas Sarkozy pour crime contre l’humanité.
    Lire le monde de cet après midi.

  • permalien K. :
    30 mai 2011 @20h05   «
    « Elargissement des missions » en Libye

    Des troupes occidentales sur le sol libyen.

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