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La course de chevaux, la pipolisation et le scandale

jeudi 26 mai 2011, par Alain Garrigou

On a souvent reproché aux sondages d’avoir transformé la compétition politique en course de chevaux. Celle-ci peut être considérée comme une inflexion anodine. Certains observateurs la jugent même « sympathique ». Il faut donc démentir cette vision superficielle et totalement fausse.

En focalisant l’attention sur les personnes, les sondages contribuent fortement à pipoliser la politique. C’est à première vue un aspect secondaire comme une écume, une présentation sans conséquence. Il faudrait être un esprit chagrin pour considérer sérieusement les mises en scènes de la vie privée que des candidats en famille, en vacances, en voyage, au travail offrent sur le papier glacé des magazines people comme Paris Match, Gala, VSD. Ce ne serait qu’un peu d’humanité, de familiarité ou de chaleur introduites dans les relations froides et anonymes de la politique. Et si des intérêts se jouent dan ces apparitions dépolitisées de la politique, quel inconvénient alors que tout le monde s’y livre ? Sachant que les baromètres politiques, cotes de confiance ou de popularité, favorisent les acteurs les plus visibles médiatiquement, il est tentant de jouer le jeu de la pipolisation. Les candidats qui s’y livrent se justifient même par l’obligation de le jouer. Le lectorat est aussi un électorat. Mieux, les consommateurs de presse people sont des citoyens plus faiblement politisés et, sans être idéal, cet accès à la politique serait mieux que rien.

Pourtant, focaliser l’attention sur des personnalités dont dépend la victoire ou l’échec des partis et la conquête des postes a de grandes conséquences. Elle détourne de la politique si on l’entend comme des débats d’idées sur le bien commun, le destin des humains et les visions d’avenir collectif etc. Une sorte de « divertissement » pascalien. Comment ne pas désespérer d’une politique ramenée à des impressions de sympathie ou d’antipathie, à des conjectures sur la psychologie des candidats sinon sur leur physique ? La politique pipolisée est un univers d’évaluation des apparences et des préjugés. On aime ou déteste d’avance mais on ne juge pas en raison sur pièce. La difficile voie de l’évaluation critique perd encore de sa pertinence puisqu’on n’écoute que pour être conforté. Humain sans doute mais la médiatisation accentue encore la transformation d’une partie des citoyens en groupies ou fans. La course de chevaux donne à la politique un aspect plus médiocre que jamais.

La focalisation sur les personnes amène des conséquences plus graves que le divertissement en contribuant à une dérive plébiscitaire avec une remise générale de soi à des chefs. Tout un dispositif à la fois institutionnel (le mode de scrutin uninominal, l’élection présidentielle, le leadership partisan), médiatique et sondagier travaille à cette personnalisation des enjeux politiques : qui sera président ? En liant le succès politique à celui de champions, la course de chevaux prend un aspect dramatique et médiocre car elle focalise aussi les luttes sur la personne des chefs, leurs qualités et leurs défauts, leurs belles actions et leurs défaillances, voire leurs crimes. La diabolisation est le revers de l’exemplarité mise en scène dans la pipolisation.

Le scandale devient la stratégie banale de la lutte électorale comme on l’a vu récemment avec l’affaire Clearstream et aujourd’hui avec l’affaire DSK. Comment vaincre un concurrent mieux placé voire déjà vainqueur selon les sondages, sinon en discréditant l’adversaire ou au moins, en espérant qu’il le sera par ses propres erreurs, par des concours providentiels et en y aidant un peu si nécessaire ? Les scandales sont positifs quand ils sont des rappels à l’ordre et à la vertu, justes et injustes. Comme moyens para-institutionnels des luttes politiques, ils sont dangereux. Or, la course de chevaux impose une politique de caniveau. Toutes les enquêtes montrent qu’elle est considérée comme l’activité sociale la plus corrompue. Quitte à excuser les individus particuliers au gré des préjugés partisans tout en condamnant l’ensemble de la classe politique [1]. Se souvient-on comment s’est terminée l’affaire Monica Lewinski de 1998 ? La croisade du procureur spécial Starr et des républicains qui poursuivaient le président Clinton pour des accusations de fellation consentie dans le bureau ovale de la Maison blanche avait ouvert la voie à une procédure d’impeachment. La popularité du président dans les sondages n’en fut pas affectée et eut raison de ses accusateurs [2]. Les sondages avaient en quelque sorte défait ce qu’ils avaient contribué à provoquer : un calcul pour ruiner le crédit d’un homme.

L’affaire Clearstream procédait exactement du même calcul dans les rivalités pour le contrôle de l’appareil de l’UMP et l’investiture présidentielle pour l’élection de 2007. En l’occurrence un seul nom importait dans les listings supposés des comptes bancaires secrets à l’étranger, celui de Nicolas Sarkozy. La falsification a été prouvée en ce cas. Dans le procès en appel qui s’achève quatre ans plus tard, il est une certitude qui n’a été contestée par personne : la lutte politique justifie les pires manœuvres. Et l’on suspectera forcément ceux qui n’ont pas été pris en faute d’en commettre autant que ceux qui sont jugés. Dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn (DSK), le scandale intervient alors que le directeur du FMI était crédité d’une telle avance dans les sondages sur les intentions de vote que, dans les milieux politiques, son succès présidentiel était déjà acquis… s’il se présentait. L’incertitude était à peine levée par des signes discrets que des journaux s’en prenaient à son goût pour le luxe en mettant en cause l’usage d’une automobile et ses dépenses faramineuses de tailleur. Etant donnée la réputation de M. Strauss-Kahn, les initiés et l’intéressé lui-même attendaient le scandale sexuel. Certains craignaient même dans son propre camp qu’il intervienne après son investiture. Il est arrivé beaucoup plus vite. On attendait une campagne électorale violente, on est servi au-delà de toutes les anticipations.

L’affaire est entre les mains du système judiciaire de la ville de New York mais aussi et longtemps dans les mains du « tribunal de l’opinion ». Funeste ou divine surprise, l’affaire est déjà jugée selon les critères de l’opinion politique : culpabilité pour les adversaires qui voient un crime sexuel, innocence pour les sympathisants qui voient un piège sexuel (honey trap aux Etats Unis). Combien d’autres oppositions se jouent sur une affaire de ce type ? Elle est une sorte de test projectif pour chacun des spectateurs quand le french bashing ou l’antiaméricanisme s’en mêlent, la couleur de peau, la différence de classe sociale, la déontologie journalistique, sans parler de la morale sexuelle, une dimension dont on pourrait dire en forme de litote qu’elle est spécialement sensible. Tel est le régime d’opinion : conviction contre conviction. Et il est probable que les positions ne changeront guère quelles que soient les suites. En attendant les historiens. L’opinion a cet avantage de pouvoir s’exprimer en toute ignorance de cause mais pas en toute innocence : il est très probable que le résultat provoqué ou espéré est déjà atteint : l’élimination de DSK de la course de chevaux. A quel prix ? Quelle que soit la réponse à l’énigme policière, crime d’un homme ou de comploteurs, quelque chose est déjà acquis : la perversité de systèmes politiques qui leur livrent le destin des nations.

Notes

[1] Pierre Lascoumes (dir.), Favoritisme et corruption à la française. Petits arrangements avec la probité, Presses de Sciences Po, Paris, 2011.

[2] Serge Hurtig, « Teflon II, président des Etats-Unis ? Bill Clinton et l’opinion publique américaine » in Le citoyen. Mélanges offerts à Alain Lancelot, Bertrand Badie et Pascal Perrineau (dir.), Presses de Sciences Po, Paris, 2000.

22 commentaires sur « La course de chevaux, la pipolisation et le scandale »

  • permalien Jordi GRAU :
    26 mai 2011 @18h00   »

    Bonjour.

    Je suis d’accord globalement avec votre article. J’ajouterais seulement deux points, qui me paraissent importants. Le premier, c’est que l’affaire Strauss-Kahn, même si elle très mal traitée par la plupart des médias, tant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif, n’est pas un fait divers comme un autre. Les relations entre Clinton et Mme Levinsky étaient peut-être choquantes du point de vue d’une certaine morale, mais elles n’étaient pas illégales. Il en va tout autrement de ce qui est en cause dans l’affaire DSK. S’il s’avère que M. Strauss-Kahn a vraiment commis ce dont il est accusé, il est un criminel. Il est donc juste que la presse parle davantage de cette affaire que d’autres scandales politiques. Ce qu’on peut lui reprocher, par contre, c’est son étonnante complaisance à l’égard de Strauss-Kahn et son odieux machisme. Cf. à ce sujet le blog de Mona Chollet, sur ce même site.

    Deuxième remarque : il me semble que pour éviter la personnalisation à outrance de la politique, il faudrait une réforme radicale des institutions. On pourrait par exemple envisager, comme le faisait Castoriadis, de s’inspirer de la démocratie athénienne, et d’utiliser le tirage au sort pour pourvoir à certaines fonctions politiques. Il faudrait ici limiter drastiquement le nombre de mandats d’un représentant du peuple, de manière à empêcher la politique d’être une carrière. Autant dire qu’on a beaucoup de pain sur la planche si on veut instaurer - comme disent nos amis espagnols - la "democracia real ya" !

  • permalien Bert :
    26 mai 2011 @18h41   « »

    La personnalisation du pouvoir, de tous les pouvoirs, pas seulement politique, trouve sa cause dans le système hiérarchique.
    Seule une approche "anarchisante" du pouvoir pourrait atténuer tous ces points négatifs. En refusant le pouvoir sans renoncer à l’ordre, en exigeant la collégialité et la rotation des responsables, un système politique se déferait de cette plaie de la personnalisation, qui n’a aucune utilité, ni légitimité. Aucun "homme providentiel", aucun "meneur d’hommes" n’a jamais mis en place de structures de pouvoir pérennes et légitimes aux yeux du plus grand nombre.
    Mais une telle vision de la politique demande l’engagement de tous, et une longue période de mise en place. L’éducation, en refusant les modèles hiérarchiques et la reproduction des systèmes de pouvoir, peut seule permettre une telle évolution.

  • permalien Gwendoline :
    26 mai 2011 @18h51   « »

    Bien des journalistes sont tellement focalisés par la course de chevaux qu’ils ne voient pas ce qui se passe à côté :
    http://vanessa-schlouma.blogspot.co...

  • permalien Lou :
    26 mai 2011 @21h26   « »
    2007 2008 2009

    Bien avant de mettre " en cause l’usage d’une automobile et ses dépenses faramineuses de tailleur"

    lundi 09 juillet
    2007

    FMI : Sarkozy propulse DSK et enterre Fabius

    Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les mœurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c’est la curée médiatique. Après Jacques Attali et ses goûts somptuaires qui lui ont coûté la présidence de la BERD, la France ne peut pas se permettre un nouveau scandale.

    ≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈

    7 Novembre
    2008

    DSK ou l’archétype du “Sexus politicus”

    Le tout-Paris médiatique connaissait l’insatiable appétit sexuel de l’ancien ministre socialiste. Au-delà de la personne de DSK, elle éclaire les mœurs malsaines de la classe politique.
    Aurélie Filippetti, aujourd’hui porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a gardé un mauvais souvenir d’une tentative de drague “très lourde, très appuyée” de son camarade de parti. Depuis, “je me suis arrangée pour ne pas me retrouver seule avec lui dans un endroit fermé”, explique-t-elle. D’autres témoignages décrivent ­toujours le même comportement : une ­sollicitation immédiate, insistante et directe, suivie de coups de téléphone et d’envois de SMS qui peuvent durer des jours. Mais les médias français observent un silence presque absolu sur ces pratiques.

    ≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈≈

    le 17/02/
    2009

    Affaire DSK : la lettre qui accuse
    Par Marcelo Wesfreid

    Dans une lettre envoyée le 20 octobre dernier aux enquêteurs mandatés par le FMI, et dont L’Express a eu connaissance, l’économiste d’origine hongroise qui travail­lait sous les ordres de DSK écrit : "M. Strauss-Kahn a abusé de sa position pour entrer en relation avec moi." Et de poursuivre : "Je n’étais pas préparée aux avances du directeur général du FMI. [...] J’avais le sentiment que j’étais perdante si j’acceptais, et perdante si je refusais."
    (...)
    Piroska Nagy (qui n’a pas répondu à nos questions) conclut sa lettre par ce jugement : "Je crains que cet homme [DSK] n’ait un problème qui, peut-être, le rend peu apte à diriger une organisation où travailleraient des femmes."

  • permalien gosselent :
    27 mai 2011 @04h46   « »
    La Course de Chevaux, l’Agora et le Scandale

    You never have a second chance of making a first impression
    You always have another chance of making a last impression

    Nos technologies rendent transparentes les tumeurs et les valises - mais aussi nos vies - elles rapprochent les étoiles et les continents - mais aussi nos actions et nos dires.
    Le monde est plus petit, ça ressemble à un Agora ; au même endroit on y célèbre les vainqueurs, on y vote, on y conciliabule, on y fait et défait les réputations, et finalement, on y condamne à la cigüe.

    Don’t complain : worries come with the territory

  • permalien Anastasia :
    27 mai 2011 @08h02   « »

    L’observatoire des médias Acrimed a écrit une série de papiers intéressants me semble-t-il à propos de la couverture médiatique en France des turpitudes du directeur du FMI, à en croire tout au moins ce qu’en dit le procureur du district de Manhattan :

    - Affaire DSK (1) : des médias orphelins
    - Affaire DSK (2) : compassions sélectives
    - Affaire DSK (3) : en direct du néant journalistique
    - Affaire DSK (4) : ils ne sont plus « tous américains »

  • permalien Lou :
    27 mai 2011 @20h49   « »

    DSK et les Obama (la photo qui vaut mille mots)
    Photo prise lors d’un dîner en marge du sommet du G20 de septembre 2009

  • permalien Nathan :
    27 mai 2011 @23h31   « »
    La course de chevaux, la pipolisation et le scandale

    Dommage que Acrimed ne mentionne pas dans ses articles l’émission de Daniel Mermet "Là-bas si j’y suis" et en particulier, l’usage qui y est fait des messages sur le répondeur, un procédé particulièrement lâche car l’animateur fait dire par d’autres ce qu’il ne peut pas dire lui-même, à l’instar d’un ventriloque avec sa marionnette. En écoutant les réactions téléphoniques sur l’affaire DSK, je me suis dit qu’en matière de populisme de bas étage, une Marine Le Pen ne ferait pas mieux. Daniel Mermet en gloussait de plaisir.

  • permalien Anastasia :
    28 mai 2011 @11h47   « »

    La seule émission du service public français qui ne cire pas servilement les pompes du pouvoir réactionnaire et liberticide français, du grand capital et de leurs grands amis de la mafia sioniste ne plairait donc à la hasbara de service ? Comme c’est étrange... On pourrait donc être pour la "démocratie" ............. en Syrie et contre la démocratie ............... en France alors ? Bizarre tout de même non ?

  • permalien manuel :
    28 mai 2011 @22h22   « »

    @anastasia Je pense que vous n’avez pas bien écouté ce qui se passait chez Mermet, dès le premier jour on a eu droit à un lynchage, c’était insupportable. Quelque soit l’opinion qu’on peut avoir de DSK, et pour moi ce n’est absolument pas mon candidat, ce lynchage pue et que Mermet se permette cela est foncièrement écœurant, car contraire au droit de tout un chacun d’être jugé sur les actes, pour lesquels il est accusé.
    Il faudrait que les journalistes se rappellent également leur rôle dans le drame d’ Outreau.

  • permalien Anastasia :
    28 mai 2011 @23h00   « »

    Hum... Depuis le jour de l’arrestation du président du FMI le 14/05/2011, il y aurait-il eu une émission de "Là-bas si j’y suis" consacrée à ce fait divers ? Je n’en ai pas vu... Il y a bien eu une émission spéciale "répondeur" comme c’est régulièrement le cas de temps en temps dans laquelle des messages d’auditeurs uniquement sont diffusés, mais pas d’émission organisée et présentée par l’animateur de radio. Personnellement je n’écoute pas ce type d’émissions spéciales, les propos de café du commerce ne m’intéressant pas, ni les faits divers, ni les commentaires de Monsieur Dupond ou Madame Durand sur les faits divers... Dans ce type d’émissions spéciales, ce sont des auditeurs qui s’expriment, pas Daniel Mermet et son équipe, lui faire supporter la responsabilité des propos des auditeurs me semblerait tout à fait abusif, quand il a quelque chose à dire, il ne m’a pas semblé qu’il hésitait à le faire très clairement, n’en déplaise à certains bien entendu. Si Daniel Mermet avait tenu des propos qui vous sembleraient inadéquats, encore faudrait-il les citer, que l’on sache de quoi l’on parle, sinon c’est de la pure diffamation !

  • permalien manuel :
    29 mai 2011 @10h41   « »

    @Anastasia ou Hypocritas Mermet choisit les interventions je le sais pour être intervenu et ne pas être passé . La responsabilité d’un producteur est totale dans ce qu’il laisse passer (droit de la presse).

  • permalien Nathan :
    29 mai 2011 @11h28   « »

    Acrimed se moque à bon droit de l’américanisme systématique du pénible BHL qui tout à coup brûle ce qu’il a adoré dès lors la justice amércaine s’acharne sur son ami DSK mais on pourrait tout aussi bien renverser l’argument. Certains ici ont dû faire une petite entorse à leur anti-américanisme primaire en constatant que la police et la justice américaines n’avaient pas hésité à arrêter et inculper un “maître du monde”, à l’exhiber au vu de tous en menottes et à le boucler sans ménagements dans une prison digne d’Alcatraz. Je suis certain que pour quelques instants au moins, ils ont mis une sourdine à leur anti-amércanisme.

  • permalien Cana :
    29 mai 2011 @12h46   « »

    @Lou 27 mai 20h49
    j’adore votre photo. Il y a comme ça des gestes parlant qui font plus que faire sourire. On croirait entendre ce que Obama pense tout bas pour protéger sa femme de l’assaut séducteur de DSK, se croyant plus puissant que le plus puissant impérialiste de la terre.
    Les photos de Tron par ex , homme de pouvoir aussi qui vient de démissionner suite à des accusations de harcèlements sexuels vis à vis de ses subordonnées, suscitent un malaise . sa mimique ne cachant pas un certain rictus et un regard dur. la laideur de ce monde politique , de plus en plus visible reflète-t-elle leur sale besogne de prédateurs et d’affameurs des populations du Sud. ça mérite un article sur la laideur et son rapport à la saleté politique.
    Quant à l’ambiguité assez insupportable , car perverse, de Nathan qui
    déclare ( ci-dessous-) : "BHL pénible ", pour donner raison et "élever" la justice yankee , on est dans l’univers rendu simpliste qui prend le détail pour le tout - une lecture des évènements propagandiste , qui permet de justifier tout et n’importe quoi, par ex le bombardement humanitaire( car on découvre tout d’un coup que kadafi est méchant) ou maintenant la poursuite de ce slogan : bombarder pour "sauver" sic ! des dictateurs de la Syrie ou de l’’Iran .
    décidément l’occident ( israêl est compris dedans) est piégé dans l’image grandiose qu’il se fait de lui-même et où il se mire ( avec cette passion de se voir en photos) jusqu’au vertige et ses débordements qui commencent à faire...à l’extérieur comme à l’intérieur.

  • permalien Cana :
    29 mai 2011 @12h48   « »

    correction
    @Nathan( ci-dessus)

  • permalien jcpres :
    30 mai 2011 @06h05   « »

    La presse de ce peuple-ci qui s’en délecte à satiété, en est son propre usufruit, pour ainsi dire. Il serait naïf de croire qu’elle n’a pas sa place dans l’appareil médiatique qui au même titre que sa consœur, plus intellectuelle, exploite l’actualité dans des intentions particulières. Les affaires à sensations scandaleuses, comme celles évoquées dans l’article, furent courantes au cours de l’histoire politique générale ; elles existeront toujours. Elles ne s’inscrivent pas dans des dérives personnifiées, mais relèvent tout simplement d’une entité relative à l’individu qui, occupant des fonctions supérieures, se sent soudainement libre d’exercer des pulsions inassouvies ! Le danger est sa banalisation, comme tout autre phénomène. Que les sujets soient mal traités par cette presse qui en fait son quotidien, n’est pas un problème dans la mesure où le lectorat y trouve son contentement. Il faut lui donner ce qu’il recherche (la presse c’est le lecteur, disait Aron) ; principe premier de l’offre selon la demande... Il en tirera un leçon de morale à sa juste mesure, étalonnée à l’aune d’une société nourrie essentiellement d’immoralisme en tout genre. Souvent critiquer à sa juste valeur, le sensationnel de la presse prend souvent d’autres allures que celles qu’on lui reconnaît, en l’identifiant à des critères de détermination propre. On peut même y rencontrer quelques réflexions intellectuelles intéressantes si l’on s’y donne la peine, tout simplement en obnubilant la lecture vers des finalités où le lectorat sortira convaincu de ce qu’il vient de lire : elle est le stricte résultat d’une relation de rhétorique, pour ne pas parler de sophistique journalistique, entre Gorgias et Socrate, dans l’ouvrage qui porte son nom. Après tout cette presse-ci, comme la société dans son entièreté, n’est-elle pas le fruit, certes avorté, de notre gestation... démocratique ?
    Jean Canal de presselibre.fr

  • permalien jgn :
    30 mai 2011 @19h08   « »

    Cette "pipolisation", néologisme franglais pour mise en vedette, est ici mise en relation avec la course de canassons.

    Bien qu’il n’en soit jamais ici fait explicitement mention, c’est bien de la marchandisation du petit personnel politique dont il réellement question.

    Devenues marionnettes d’un spectacle destiné aux foules pour les calmer et leur donner l’assurance que tout est bien comme avant, que la démocratie est bien la règle, que tout "fonctionne", agités comme des lessives, promenés tels des bêtes de foire, les voici jaugés à l’aune de ce qui est le sport populaire favori du public anglo-saxon, le combat de boxe, ou, mieux encore, de chiens, davantage que la course de bestioles à quatre pattes, encore trop aristocratique pour le petit peuple, en dépit de sa démocratisation turfiste.

    Mais les vrais enjeux restent dans l’arrière-boutique où sont traitées les affaires, pendant que les paris s’engagent. Après leur passage à la pesée, les affaires sont déjà traitées.

  • permalien romain :
    31 mai 2011 @11h17   « »

    Un tocard, au sens propre, c’est un mauvais cheval. Celui qui ne devrait arriver bon dernier.
    Et bien à la course aux présidentielle de 2012, il y en a un beau de tocard. Un garçon de 33 ans, Pierre, qui se présente, sans parti mais ...avec des parties.
    Il va de mairie en mairie, à pieds, rencontrer les maires et les citoyens pour leur présenter ses idées et demander un des 500 parrainages nécessaires.
    Impossible un candidature aux présidentielles sans amis qui financent ?
    On verra bien si Internet a changé la donne

    http://www.ebr2012.com

  • permalien Lou :
    31 mai 2011 @23h16   « »

    Pour une spécialiste des Etudes stratégiques de Bar-Ilan

    Les français se demandent :

    "Pour qui ? Pourquoi ? Toute cette histoire pour une femme de chambre ?" Ils auraient peut-être pu comprendre s’il s’était agi d’une femme de sa condition. Mais là, ils se disent : "Il a tout perdu pour une femme de chambre. Pourquoi une telle trahison ?"

  • permalien anardon :
    1er juin 2011 @07h36   « »

    Que penser de la thèse du "complot US" (notamment telle qu’exprimée par Thierry Meyssan) visant à "éliminer" DSK compte tenu de sa position de créer une monnaie de réserve en remplacement du dollar ?

  • permalien jgn :
    1er juin 2011 @08h18   « »

    @ Nathan
    "(...) en constatant que la police et la justice américaines n’avaient pas hésité à arrêter et inculper un “maître du monde”, à l’exhiber au vu de tous en menottes et à le boucler sans ménagements dans une prison digne d’Alcatraz."

    C’est précisément dans cet effet de "style", si l’on peut dire, que se trouve la réponse à quelques interrogations à propos de cette affaire.
    BHL, que personnellement je n’apprécie guère pour ses effets de manche, m’a semblé ici particulièrement admirable, c’est-à-dire à contre-courant de cette presse servile - prête à donner le coup de pied de l’âne à ce qu’hier elle vénérait, aussitôt qu’elle voit l’idole mise à terre.
    Défendre un ami semble en effet devenu has been, et il paraît plus fréquentable de faire preuve du plus parfait aveuglement sur le fait que les USA, en perte de vitesse partout, partout semblent vouloir donner des gages de leur capacité à faire régner la justice - comme seul peut le faire un État puissant - à déboulonner les idoles ... et les banquiers, après que l’État étatsunien a donné en direct son soutien inconditionnel au hold up des vampires.
    Déboulonner en public l’un des hommes les plus puissants de la planète, patron de l’institution financière mondiale honnie des peuples opprimés de la Terre, juif de surcroît, cela évidemment, ne semble guère émouvoir les neurones de nos scribouilleux qui écrivent ce qu’il convient d’écrire pour palper leurs maigres émoluments de fin de semaine.
    D’ailleurs ont-ils encore seulement des neurones ?

    Mais il y aurait davantage encore à dire sur ce spectacle donné aux foules et à leur ressentiment, comme garantie d’un soutien indéfectible de l’ordre par ceux-là mêmes qui en sont les victimes. Le procédé est vieux comme le pouvoir : égorge en un pour que tout le reste demeure.

  • permalien anardon :
    1er juin 2011 @08h20   «

    J’ajoute que personnellement je ne crois pas à une certaine liberté d’action au FMI de DSK compte tenu du droit de veto des US au FMI, de leur position prédominante.

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