Le Monde diplomatique
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Le plan de sauvetage européen est-il illégal ?

mardi 24 mai 2011, par Frédéric Lordon

Pour une fois, ce sera court.

Il y a un an, confrontés à la première secousse – grecque – sur les dettes souveraines de la zone euro, les gouvernements européens, après des mois d’atermoiements dont le seul effet aura été de bien faire mûrir la crise et d’amener les taux grecs à des niveaux de perte de solvabilité, ont échafaudé dans l’urgence un plan de secours dont le principal dispositif consiste en une nouvelle institution, l’EFSF (European Financial Stability Facility), sorte de pool de bailleurs, constitué des gouvernements européens eux-mêmes, mobilisés pour prêter à un Etat grec devenu incapable de se financer sur les marchés à des conditions qui ne soient pas exorbitantes (et puis plus tard, comme on sait, à l’Irlande, au Portugal…).

La légalité douteuse de l’EFSF…

D’une certaine manière, on comprend que les Etats-membres aient atermoyé… Car les réticences foncières de certains, comme l’Allemagne, à se trouver mobilisés au secours d’autrui, ont été explicitement écrites dans le Traité – comme d’ailleurs bon nombre des préférences allemandes en matière économique, converties en règles générales de la construction européenne. En tout cas le fait est là : un article spécial du Traité de Lisbonne prohibe formellement que l’Union ou l’un quelconque de ses pays-membres viennent répondre des engagements financiers d’un autre Etat-membre – c’est l’article 125, dit de no bail out.

Comme souvent dans une construction juridique d’ensemble, il faut chercher l’article contrepoint, celui qui ouvre à des dérogations. En l’occurrence il s’agit de l’article 122, plus précisément dans son deuxième alinéa :

122-2 : « Lorsqu’un Etat membre connaît des difficultés ou une menace sérieuse de graves difficultés, en raison de catastrophes naturelles ou d’événements exceptionnels échappant à son contrôle, le Conseil, sur proposition de la Commission, peut accorder, sous certaines conditions, une assistance financière de l’Union à l’Etat membre concerné… »

On voit bien la « philosophie » de la chose : faire « Union » sur une base excluant radicalement toute possibilité d’assistance mutuelle entre les Etats membres sonne comme une contradiction dans les termes… Rustine cosmétique, à l’usage explicite de circonstances exceptionnelles, l’article 122 invoque dans son premier alinéa l’« esprit de solidarité » avec à l’idée d’en réserver l’exercice à des événements aussi improbables que possible pour mieux laisser ses dispositions à l’état de vœu pieux ou de généreuse déclaration sans suite : soudaines rupture d’« approvisionnement en certains produits, notamment dans le domaine de l’énergie » (122-1) ou « catastrophes naturelles » (122-2) et autres événements ayant « échapp[é] [au] contrôle » du malheureux Etat frappé. « Ayant échappé au contrôle… » : voilà la clause décisive. Oui, si un pays européen est dévasté par une terrible catastrophe, ou par quelque calamité sur laquelle il ne pouvait avoir prise et dont il ne peut être tenu responsable, les conditions de la morale libérale sont satisfaites, et les autres envisageront éventuellement de lui apporter un peu d’aide.

C’est de l’article 122-2 que se prévaut pourtant explicitement l’accord cadre instituant l’EFSF [1]. Mais alors de deux choses l’une :

Ou bien l’aide financière apportée par l’EFSF à la Grèce, l’Irlande et le Portugal se justifie par un état de catastrophe naturelle ou par des événements exceptionnels ayant échappé à leur contrôle, mais alors on ne comprend pas que l’« esprit de solidarité » puisse se caparaçonner de la conditionnalité chère au FMI – vous serez aidé mais vous sentirez votre douleur… Lorsqu’un pays est frappé par une catastrophe, on l’aide et puis c’est tout. On ne saigne pas la population en contrepartie de l’« aide ».

Ou bien les événements qui ont déclenché la procédure d’aide étaient quand même un peu « sous le contrôle » des récipiendaires ; et il semble que ce soit le cas : n’a-t-on pas dit et répété que la Grèce avait péché par maquillage de ses statistiques budgétaires – jusqu’à plus ample informé la comptabilité publique est « sous le contrôle » de l’Etat… – ; n’a-t-on pas également expliqué que le désastre irlandais était l’effet d’une tragique carence de régulation bancaire, là encore normalement de plein droit dans le champ des politiques publiques ? Pour tous ces pays, la terrible conditionnalité attachée au soutien de l’EFSF n’est-elle pas systématiquement présentée comme le prix de leurs erreurs et de leurs errements, c’est-à-dire de leur défaut à contrôler adéquatement des choses qui étaient donc… sous leur contrôle ? Si tel est le cas, alors l’article 122-2 ne saurait être invoqué. Et l’EFSF, sans protection, tombant sous le coup de l’article 125, est illégal…

… et les leçons à en tirer.

On lira cet argument sous la modalité d’une interrogation et on laissera à des juristes plus compétents le soin d’en décider vraiment. Mais pour le moins, il y a une question. Et l’on ne peut en tout cas pas exclure que l’EFSF s’avère d’une légalité douteuse au regard du droit même des traités. A part si un plaisantin, ou bien une association de contribuables allemands en colère, avait à l’idée de porter l’affaire en Cour de justice des communautés européennes – auquel cas il s’en suivrait en effet un sérieux foutoir – l’affaire est moins grave qu’elle n’est porteuse d’intéressantes leçons.

On notera en premier lieu que, plus prudemment, l’ESM (European Stabilty Mechanism), destiné à pérenniser une structure d’aide financière européenne, puisque l’EFSF a été conçue comme transitoire (2013)… et que l’Union a fini par s’apercevoir qu’il resterait quelques petites ardoises à éponger après cette date, l’ESM donc a fait le choix plus rigoureux de s’instituer moyennant une révision formelle du Traité de Lisbonne et selon la procédure simplifiée de l’article 48. De son côté à lui, la chose juridique est donc d’équerre.

C’est du côté de l’EFSF que ça bricole sérieusement. Ce qui n’est pas complètement une mauvaise nouvelle puisqu’elle atteste la possibilité en principe… du bricolage ! Sans doute faut-il avoir une préférence pour les constructions juridiques un peu propres et ne pas trop jouer avec l’idéal de la cohérence formelle du droit. Mais – sous la réserve évidemment d’une confirmation experte – une aberration juridique comme celle de l’EFSF a au moins le mérite de rappeler la nature épiphénoménale du droit (ce qui n’est pas rien [2]) derrière lequel il n’y a en dernière analyse que cette force essentiellement politique qu’on nomme souveraineté. Ce que la souveraineté a fait, elle peut à tout instant le suspendre, et puis le défaire, pour mieux le refaire. Il est assurément préférable de faire, défaire et refaire dans les formes. Mais l’urgence n’en laisse pas toujours le loisir. Au cœur de la crise aigüe de 2001-2002, les Argentins ont défait d’un trait de plume une règle constitutionnelle de politique monétaire dont l’absurdité et la nocivité étaient tout d’un coup devenues patentes. Et d’une certaine manière, si l’ESM peut se payer le luxe de prendre le temps de la révision… c’est parce que une EFSF est déjà là pour faire son travail dans l’intervalle ! – mais, elle, sur des bases juridiques autrement vaporeuses.

Mais il y a surtout, dans cet épisode de l’EFSF, la démonstration en actes de la légèreté des arguments qui opposent à toute demande politique populaire la lettre irréfragable des Traités, celle-là même que les gouvernants savent suspendre quand ça les arrange. Puisque la chose est donc avérée possible, n’est-il pas temps de leur faire savoir qu’en matière de règles européennes, il y a une ou deux autres choses qu’il nous arrangerait urgemment de changer ?

Notes

[1] EFSF Framework Agreement, 7 juin 2010.

[2] Rappelons que « épiphénoménal » ne signifie pas « négligeable », ou « secondaire », mais, ce qui n’est pas la même chose, « superficiel », au sens de l’apparaître superficiel d’une réalité plus profonde.

38 commentaires sur « Le plan de sauvetage européen est-il illégal ? »

  • permalien TD :
    24 mai 2011 @19h48   »

    Court, certes, mais intéressant.

    Merci pour vos éclairages et pour votre dernier bouquin, j’adore les alexandrins et les vôtres m’ont fait rire plus d’une fois. Continuez à nous faire réfléchir, on a besoin de gens qui savent mettre des coups de pieds dans la fourmilière.

  • permalien Révolté :
    24 mai 2011 @21h09   « »

    La légalité est à géométrie variable et la pression sur les peuples à géométrie invariable. Cqfd, clairement exposé. On s’en doutait un peu mais une piqure de rappel n’est pas de trop...
    Pour revenir au dernier bouquin de Frédéric Lordon, à ma connaissance "Capitalisme, désir et servitude", il explicite bien les rapports de désir sous-jacents à l’exploitation, mais il pêche malheureusement sur les solutions. Peut-être n’y en a-t-il pas, ou dans un prochain bouquin.
    Sur la forme, la plume est d’un classicisme soutenu, parfois trop, de formules latines, mais élégante. Elle ravira, je pense, les collègues universitaires pour qui ce livre a été manifestement écrit, et le lecteur lambda, pour peu qu’il fasse l’effort de suivre les méandres parfois ardus.
    Pour ma part, j’attends une suite à ce livre, en espérant y voir autant de qualités, et un zeste de l’ironie piquante qui est une des marques de fabrique de Frédéric Lordon.

  • permalien BA :
    24 mai 2011 @21h43   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il efficace ?

    Le plan de sauvetage européen est-il efficace ?

    Un an après, les trois Etats européens bénéficiant du plan de sauvetage sont dans une situation encore pire !

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,757 %.

    La Grèce vient d’annoncer qu’elle allait privatiser ... tout ce qui pouvait l’être.

    Mardi 24 mai 2011 : aujourd’hui, deux Etats européens viennent de battre leur record.

    Portugal : record battu !
    Taux des obligations à 10 ans : 9,759 %.

    Irlande : record battu !
    Taux des obligations à 10 ans : 10,928 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

  • permalien
    24 mai 2011 @21h54   « »
    Est-il opportun de s’intéresser au subalterne subsystem zone€ ?

    L’article ci-dessus est fin, pertinent, bien rédigé, dans les formes, respectueux. Bravo
    Mais, ici, la ligne directrice sous-jacente est-elle la bonne ?
    La question à laquelle cet article semble répondre est-elle appropriée ?
    prend t-elle en considération le moyen et long terme ?
    ... mène t-elle au delà du virus délétère et subaltrne qu’est l’euro ?

    Question :
    Est-il opportun de s’intéresser au subalterne subsystem zone€ ?
    Ma réponse n’est pas non,
    car il demeure toujours un sérieux problème de cohabitation avec les eurodevises omnipotentes (€$, €£, €€, €Y)
    Nota : l’euro domestique n’existe pas, n’est pas isolable ; il est noyé dans l’incommensurable masse monétaire offshore
    Le subalterne subsystem zone€ est irréformable

    En savoir plus :
    Lire commentaires François Jéru sur le blog de Flore Vasseur (HEC97)

    (1) chronique France Culture du 17 mai 2011
    Contre le sordide, l’esprit de résistance

    Commentaires 17 et 18
    http://blog.florevasseur.com/post/5...

    http://blog.florevasseur.com/post/5...

    (2) chronique France Culture du 23 mai 2011
    La question de la démocratie, en démocratie

    Commentaire 1
    http://blog.florevasseur.com/post/5...

    (3) Entre le mardi 10 mai et le mardi 17 mai
    En prolongement d’un article qui n’est pas une chronique Fr Culture
    Titre : Marchés sur-puissants, politiques en déroute, hackers survoltés : qui gouverne ?
    Plusieurs commentaires dont
    http://blog.florevasseur.com/post/5...

    Bonne continuation
    Cordialement

    Nota : "Monnaie Sociétale" parmi d’autres formes d’unités de compte
    Réponse de ce jour 24 mai 2011 à GDM
    http://postjorion.wordpress.com/201...

  • permalien Nicks :
    24 mai 2011 @22h46   « »

    En l’occurrence, les deux ou trois petites choses appellent en réalité une refondation du socle européen, sur des bases un peu plus politiques qu’économiques. La question de la souveraineté n’y sera pas étrangère...

  • permalien Paulo :
    25 mai 2011 @08h17   « »

    Et quand vont-ils refondre ou supprimer l’article 123 ?
    http://engagement2012.wordpress.com/

  • permalien Pipas :
    25 mai 2011 @10h40   « »
    La pensée -légaliste- du jour

    "Les lois sont des toiles d’araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites".

    Honoré de Balzac

  • permalien parkway :
    25 mai 2011 @11h39   « »

    ah ! M. LORDON !

    quels plaisirs de vous lire !

    Vous remontez la cote (non boursière...) des journalistes français par votre pertinence et votre humour dévastateur.

    Merci, sincèrement.

  • permalien lionel goutelle :
    25 mai 2011 @13h10   « »
    Arrête Lordon de me travailler au corps !

    Je me suis fais "allumé" ici même pour avoir esquisser, maladroitement il est vrai, une réflexion sur la difficulté technique de s’approprier Lordon (son domaine, la finance, est souvent, malgré lui bien sûr, technique à profusion. Il est clair pour moi que "l’économie", loin d’être une "science morale", est quasiment la science inventée pour faire advenir et légitimer l’immoralisme des classes dominantes. Une forme de domination particulièrement vicieuse, inventée par les "élites" pour contourner et faire taire le peuple derrière un langage et surtout des raisonnements, des "faits", intentionnellement ésotériques foireux et incontrolables. "Taies toi, t’y comprends rien". "Les caisses sont vides", etc... c’est vrai de plus qu’ils sont arrivés à les vider les caisses ! Ils sont arrivés à produire le vrai qui confirme leurs thèses, mais en oubliant de dire qu’un vrai, ça se change, même si longuement et patiemment.
    Et le travail de Lordon (véritable renforceur de conatus fragiles) pour abattre ce baratin est une des rares choses qui donnent envie de persévérer dans une vie à bien des égards pourrie aux trois quarts s’il n’était pas là pour appeler un chat un chat (Lordon comme Bourdieu, écrit des bouquins thérapeutiques qui évitent des suicides. Je pense a sa liberté de parole pour traiter nos élites de débiles mentaux dans son bouquin "la crise de trop". Parce que avouons nous le : s’il n’y avait que la révolte sage, et donc autodestructive d’alternatives économiques, invitée de plus en plus sur les plateaux de c’est dans l’air, les chances de changer ce monde auto-destructif seraient bien faibles. Je rêve de voir Lordon, connaissant son ironie, sur un tonneau comme Sartre, devant les ouvriers de Renault. C’est là qu’il faudrait arriver à "frapper" les esprits).
    Ici, ce qui est intéressant, c’est que, à l’image de la géométrie variable mise en lumière par Mona Chollet (ici même) dans l’affaire Strauss Khann concernant les puissants et les "petites" de ce monde, on voit bien que "la loi" est elle aussi à géométrie très variable.. Ces arangements avec la loi, ça fait quand même bien vomir...
    Je voudrais évoquer un secret de polichinelle. J’ ai une rage devant tout ça...mais comment de telles choses peuvent-elles tenir debout ? Tout ce galimatias scientifique, juridique, tous ce monde peuplé d’ experts pour aboutir à un écart des salaires, c’est à dire du droit de vivre, de un à je ne sais plus combien ? et celà à l’heure du réchauffement climatique ? Comment un tel baratin peut-il faire tenir cette ignominie debout ? comment est-ce que je fais pour ne pas leur cracher dessus ? je crois qu’ils sont arrivés à ce que je ne me respecte pas moi même....ils m’ont domestiqué à leur inhumanité. Enfin pas complètement, parce que comme dit l’autre "il suffira d’un signe, un matin...." . et ce con de Lordon, il s’est spécialisé pour donner des signes, et même en alexandrins...

  • permalien rudysman :
    25 mai 2011 @14h23   « »

    Sur le net, il est plus agréable d’avoir un texte clair et concis, qu’une longue liste indigeste.

    En tout cas il démontre une nouvelle fois que ce qui devait être à l’origine une sorte de "Constitution européenne" se révèle par de nombreux points un compromis boiteux beaucoup trop orienté libéral, non interventionniste. Un des points d’appui pour tous les populistes (dans le sens péjoratif bien sûr) en puissances.

  • permalien steph :
    25 mai 2011 @16h18   « »

    @lionel
    >Lordon comme Bourdieu, écrit des bouquins thérapeutiques qui évitent des suicides

    Merci pour ce commentaire lui aussi à la hauteur. Cette phrase m’a particulièrement touchée... fait rire...

  • permalien Gladiador :
    25 mai 2011 @16h37   « »

    Merci encore d’être là !

  • permalien glow :
    25 mai 2011 @18h12   « »

    Petite précision peu importante : il s’agit dorénavant de la Cour de Justice de l’UE, et non de la Cour de Justice des CE.

  • permalien BA :
    25 mai 2011 @19h06   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il efficace ?

    Mercredi 25 mai 2011 :

    Union Européenne : la commissaire grecque évoque le risque que son pays quitte l’euro.

    La commissaire européenne grecque Maria Damanaki a mis en garde mercredi contre un risque de sortie de son pays de la zone euro s’il n’arrivait pas à faire les efforts nécessaires pour réduire son énorme dette.

    “Le scénario d’un éloignement de la Grèce de l’euro est désormais sur la table”, a-t-elle indiqué dans un communiqué publié sur son site internet grec.

    “Je suis obligée de parler clairement”, a-t-elle poursuivi, évoquant un “dilemne : soit nous tombons d’accord avec nos bailleurs de fonds sur un programme de durs sacrifices apportant des résultats en prenant nos responsabilités pour notre passé, soit nous retournons à la drachme”.

    http://www.lesechos.fr/economie-pol...

  • permalien Gladiador :
    25 mai 2011 @20h02   « »

    Il n’y aurait aucun mal a sortir de l’euro car cela serait moins douloureux pour les citoyens. Mais évidemment il ne suffit pas de sortir de l’euro. Encore faut-il faire un audit des dettes illégitimes et spéculatives. S’ensuivrait une restructuration de la dette. Les créditeurs auraient tout intérêt à ne pas s’attaquer à la nouvelle monnaie sous peine de voir la valeur de cette dette diminuer fortement. Par ailleurs le pays deviendrai attractif car les coûts seront plus bas.

  • permalien hedi :
    25 mai 2011 @23h02   « »

    En cas de recours devant la Cour de justice de l’union européenne celle-ci pourrait aussi dire que le statut de l’EFSF fait une erreur en visant l’article 122 (sur les dérogations) sans retirer pour autant sa légalité au mécanisme de l’EFSF. C’est une pratique habituelle pour un juge de dire qu’il y a une erreur de "visa" mais qu’elle n’enlève rien à la légalité d’un mécanisme.

    A ce titre la Cour pourrait lire la première phrase de l’article 125 dans sa totalité : "L’Union ne répond pas des engagements des administrations centrales, des autorités régionales ou locales, des autres autorités publiques ou d’autres organismes ou entreprises publics d’un État membre, ni ne les prend à sa charge, sans préjudice des garanties financières mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique".

    La dernière partie de cet article évoque les garanties mutuelles pour la réalisation en commun d’un projet spécifique. La Cour pourrait soutenir que la stabilité financière n’est pas un projet spécifique mais bel et bien un objectif général de l’Union européenne.

    Or dans le même temps le mécanisme de l’EFSF n’est même pas une garantie mutuelle mais simplement un mécanisme d’emprunt collectif sur les marchés pour profiter de taux inférieurs à ceux imposés par les marchés à la Grèce. Ce mécanisme vise à reprêter ces montants à la Grèce (ou un autre État de l’Union) à des taux moins pénalisants sans que les États participants à l’EFSF perdent de l’argent.

    L’EFSF serait donc en-decà de l’exception intégrée à l’article 125. La Cour pourrait juger que qui peut le plus peut le moins : l’EFSF n’étant même pas une garantie mutuelle mais un mécanisme de prêt plus favorable pour la Grèce qu’un recours direct aux marchés et l’objectif de stabilité financière étant plus fondamental qu’un projet spécifique.

  • permalien bouboul974 :
    26 mai 2011 @13h23   « »

    Au lieu de les sauver donner leur des cours de gestions d’un PAYS

  • permalien JCD :
    26 mai 2011 @16h51   « »

    Tout cela est bien joli, mais ne faudrait-il pas en profiter pour souligner combien le recours à l’article 48 démontre que le seul pouvoir constituant de l’UE est la Conseil européen qui déteint ce que Lordon appelle avec justesse : la souveraineté. Comment appelle-t-on un régime où 27 personnes disposent de la souveraineté, sans avoir trop de compte à rendre ? sinon OLIGARCHIE.

  • permalien BA :
    26 mai 2011 @17h17   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il une réussite totale ?

    Jeudi 26 mai 2011 :

    Si jamais le Fonds monétaire international (FMI) décidait de ne pas verser la prochaine tranche à la Grèce dans le cadre d’un plan d’aide de 110 milliards d’euros pour le pays, alors il est attendu des pays européens qu’ils interviennent, a déclaré Jean-Claude Juncker.

    "Si les Européens apprennent que les fonds que doit débloquer le FMI le 29 juin ne peuvent l’être, alors le FMI attend des Européens qu’ils prennent le relais et assurent la part FMI du financement de la Grèce", a déclaré jeudi le président de l’Eurogroupe.

    "Mais ceci ne sera pas faisable en raison de la réticence de certains parlements - en Allemagne, en Finlande, aux Pays-Bas et ailleurs - à intervenir de la sorte", a-t-il poursuivi lors d’une conférence de presse.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

  • permalien Sylvain :
    26 mai 2011 @18h34   « »
    Amusant

    Je constate avec un certain amusement les précautions oratoires prises dans ce billet dès qu’il faut parler Union européenne, Droit communautaire et traités.

    Au moins, on ne pourra pas reprocher à F.Lordon de ne pas retenir la leçon : la dernière fois qu’il s’était fendu d’un billet sur l’UE, il s’était fait reprendre de volée assez vertement (et avec raison) par Jean Quatremer.

    Le principal problème du FESF (outre les questions de principe sur sa légalité) c’est qu’il invalide pour l’instant tous les pronostics d’effondrement de la zone euro et les critiques des détracteurs de l’UE (politiques "gravées dans le marbre des traités" ; ultra-libéralisme vs "solidarité de fait").

    Bizarrement les anglo-saxons sont dans la même incompréhension : comment se fait-il que ce "machin" tienne encore debout ?

    Je comprends les réactions de l’autre côté de l’atlantique : ils ne savent pas ce qu’est l’UE, ils ne savent pas ce qu’est une monnaie qui ne soit pas une monnaie de réserve. Ils ne comprennent pas la logique et la nécessité de la construction européenne : il est par contre beaucoup plus troublant de constater que cette incompréhension soit partagée par des gens qui vivent quotidiennement la réalité de l’euro et de la construction européenne ; sur ce blog et ailleurs.

  • permalien Marmar :
    26 mai 2011 @20h58   « »

    Madame Lagarde qui défend l’ultra-capitalisme financiarisé est aujourd’hui jugée probable successeur de DSK. Ce n’est pas un complot de ses anciens employeurs de l’oligarchie financière US , ni de l’oligarchie française qui par le contrôle du capital des principaux media et instituts de sondage a boosté Sarkozy, c’est un simple hasard. Si vous ne croyez pas au hasard vous devenez un adepte de la "théorie du complot", donc vous sortez du cercle de la raison (oligarchique)
    L’oligarchie financière qui a également boosté Merkel, Berlusconi, Cameron va maintenant passer à la deuxième phase de la crise et faire des peuples travailleurs encore plus leurs larbins en rachetant pour une bouchée de pain les services publics ou ce qu’il en reste comme ils s’apprètent à le faire en Grèce.
    Mais réjouissons nous : même Giscard qui est un des principaux créateurs de cet ultra-capitalisme financiarisé commence à critiquer la toute puissance de la finance. Encore un grand morceau d’hypocrisie.

  • permalien eric :
    26 mai 2011 @22h55   « »

    Salut Frederic, lecteur et auditeur assidu de tes interventions avec un grand plaisir et admiration pour cet eclairage "different que tu donne ,j’espère que tu prendra un peu de temps pour aller voir sur le lien ci-dessous et pourras nous donner ton avis .
    Tu nous avais proposé de ne pas détruire les banques mais de les saisir, avais tu pensé que l’on pourrais éventuellement s’en passer. Merveille d’internet ça risque de devenir réalité . Es-ce possible et quel serait les conséquences ????

    http://owni.fr/2011/05/25/naspter-b...

  • permalien BA :
    27 mai 2011 @20h40   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il gentil ?

    Jeudi 26 mai 2011 :

    L’exposition de l’Eurosystème à la Grèce serait de 135 milliards d’euros.

    « Il faut savoir que l’Eurosystème (les banques centrales de la zone euro) serait exposé à la dette grecque à hauteur de 135 milliards d’euros, selon nos calculs », explique Andrew Bosomworth, gérant chez PIMCO Europe.

    « C’est pourquoi la Banque Centrale Européenne est contre un défaut de la Grèce. La Banque nationale grecque serait à genou, ainsi que les établissements de crédit du pays. Quant aux banques européennes exposées à la Grèce, certaines pourraient absorber ces pertes grâce à leurs bénéfices, mais d’autres auraient besoin d’être recapitalisées. »

    Un défaut de paiement de la Grèce est-il inévitable ?

    Andrew Bosomworth : « En théorie, la Grèce pourrait y échapper grâce à des privatisations massives, mais la population ne laissera sans doute pas l’Etat céder environ 200 milliards d’euros d’actifs. Il est aussi peu probable d’envisager une annulation de la dette comme pour l’Allemagne après la guerre. Et si l’on choisit un simple reprofilage de la dette, on ne résout pas la question du stock, on ne fait que gagner du temps. »

    http://www.lesechos.fr/investisseur...

  • permalien BA :
    27 mai 2011 @20h41   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il mignon ?

    L’Eurosystème est une institution européenne, qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales (BCN) des États membres de l’Union européenne ayant adopté l’euro.

    L’Eurosystème serait exposé à la dette grecque à hauteur de 135 milliards d’euros, selon Andrew Bosomworth, gérant chez PIMCO Europe.

    Problème : en capital et réserves, l’Eurosystème n’a que 81,187 milliards d’euros.
    http://www.ecb.int/press/pr/wfs/201...

    Version optimiste :
    Si la Grèce fait défaut, c’est tout l’Eurosystème qui s’effondre. La Grèce ne fera pas défaut.

    Version pessimiste :
    Quand la Grèce fera défaut, tout l’Eurosystème s’effondrera.

  • permalien BA :
    29 mai 2011 @20h58   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il bisou-bisou-bisou ?

    Dimanche 29 mai 2011 :

    L’Irlande pourrait demander un nouveau prêt à l’UE et au FMI.

    L’Irlande pourrait devoir demander un nouveau prêt à l’Union européenne et au Fonds monétaire international si elle n’arrive pas à retourner sur le marché obligataire pour lever des fonds l’an prochain, a déclaré le ministre des Transports Leo Varadkar.

    Dans des commentaires publiés par le Sunday Times, Leo Varadkar s’interroge publiquement sur la capacité de l’Irlande à lever des fonds sur le marché obligataire en raison des rendements prohibitifs exigés par les investisseurs.

    "Il est très improbable que nous puissions revenir l’an prochain. Cela pourrait prendre un peu plus de temps. 2013 pourrait être possible, mais qui sait ?", déclare le ministre.

    "Cela voudrait dire un deuxième programme (de prêts de la part de l’UE et du FMI)", ajoute-t-il. "Soit une extension du programme existant ou un second programme. Je pense que c’est ce que pensent la plupart des gens".

    Le programme de 85 milliards d’euros d’aide à l’Irlande prend fin en 2013.

    Le vice-Premier ministre Eamon Gilmore a pour sa part estimé que les craintes d’un effet domino lié aux problèmes de la Grèce étaient exagérées. La possibilité d’un défaut de la Grèce a fait flamber les rendements obligataires de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, trois pays de la zone euro considérés comme fragiles.

    "On n’est pas dans le cas où, si la Grèce fait défaut, alors il y a des conséquences immédiates pour l’Irlande", a déclaré Eamon Gilmore. "Si la Grèce fait défaut, il y aura des conséquences pour l’ensemble de la zone euro et, naturellement, nous en faisons partie."

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actu...

  • permalien BA :
    30 mai 2011 @07h42   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il cucul-la-praline ?

    Bisounours, Pet Shop, Hello Kitty, Charlotte aux Fraises, Mon Petit Poney, Jean-Claude Vittori.

    Lundi 30 mai 2011 :

    La piste d’un doux défaut grec.

    Disons-le franchement : la salade grecque tourne au vinaigre. La semaine dernière, les débats sur la meilleure façon d’en finir avec la crise des finances publiques helléniques ont dépassé tout ce qui était imaginable en termes de cacophonie.

    Comme dans un couple qui se déchire, on en est même venu aux menaces. Le FMI pourrait ne pas verser à Athènes les 3 milliards d’euros prévus en juin. La BCE pourrait ne plus accepter les obligations publiques grecques en garantie. Et pour faire bonne mesure, des dirigeants grecs menacent de quitter la zone euro.

    Dans un tel enchevêtrement, il faut revenir aux fondamentaux.
    L’Etat grec a trop emprunté auprès de créanciers qui lui ont donc trop prêté. Pour éviter tout défaut, les pays de l’Union européenne ont mis en place avec le FMI un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros, il y a un an, accompagné d’un plan d’austérité drastique. Aujourd’hui, il est clair que cette stratégie a échoué.

    En récession, le pays n’aura pas de sitôt les moyens de rembourser et d’emprunter à nouveau dans des conditions normales. Il ne parvient pas à augmenter assez ses recettes fiscales, parmi les plus faibles de l’Union Européenne, et c’est normal - il faudra une décennie pour transformer la passoire des impôts grecs en un outil efficace de collecte.

    Dès lors, il n’y a que deux solutions.

    Soit les pays de l’Union continuent de monter des plans de sauvetage à coups de dizaines de milliards d’euros, dont il deviendra évident qu’il s’agit de fonds perdus - un choix de plus en plus difficile à défendre devant l’opinion.

    Soit la dette grecque est rééchelonnée d’une manière ou d’une autre. C’est la plus mauvaise des solutions, mais elle est sans doute inévitable dans une Europe non fédérale. La question prioritaire est d’agir en faisant le moins de casse possible.

    Pour éviter le pire, les banques européennes peuvent décider volontairement de renouveler leurs prêts à la Grèce quand les anciens viennent à échéance - comme « l’initiative de Vienne » prise en 2009 pour venir en aide aux pays de l’Est de l’Europe. La BCE pourrait aussi prendre sa part du fardeau, même si elle hurle à cette idée.

    Reste à éviter l’implosion des banques grecques surchargées de dizaines de milliards d’euros de dette publique, ce qui demandera beaucoup d’imagination. Mais si on y arrive, la Grèce aura inventé le défaut en douceur. Une invention promise à un aussi grand succès d’exportation qu’une autre de ses inventions, la démocratie.

    Jean-Marc Vittori.

    http://www.lesechos.fr/opinions/edi...

  • permalien Zolko :
    30 mai 2011 @18h34   « »

    Le Quantitave Easing pratiqué par la Banque d’Angleterre est illégale aussi selon les traités en vigueur, même si le Royaume Uni n’est pas dans la zone €uro, elle est dans l’UE et donc liée par ces mêmes traités.

    Mais vous avez raison : comment des citoyens peuvent-ils dénoncer les hommes et femmes politiques se comportant anticonstitutionnellement ? (*) Comment faire quand ceux au pouvoir écrivent les règles du pouvoir, les imposent contre l’avis des citoyens, puis les changent quand ça ne les arrange plus, le tout complétement hors de tout contrôle citoyen ? Sommes nous en dictature ? Et si "oui", la révolution n’est-elle pas obligatoire ?

    (*) +100 points pour avoir réussi à la placer

  • permalien BA :
    31 mai 2011 @14h30   « »
    Le plan de sauvetage européen est-il un peu efficace ? Beaucoup efficace ? Tendrement efficace ? Pas du tout efficace ?

    Mardi 31 mai 2011 :

    Crise de la dette : Mario Draghi met en garde contre des effets systémiques importants.

    Le gouverneur de la Banque d’Italie Mario Draghi, futur président de la Banque centrale européenne (BCE), a mis en garde mardi contre les effets systémiques importants que pourrait entraîner la crise de la dette dans certains pays de la zone euro.

    Dans la zone euro, la crise de la dette souveraine dans trois pays, qui représentent 6 % du PIB de la zone, a le potentiel d’avoir des effets systémiques importants, a déclaré M. Draghi, qui ne cite pas le nom de ces pays, mais fait référence à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal.

    M. Draghi s’exprimait à Rome devant l’assemblée générale annuelle de la Banque d’Italie.

    La zone euro se trouve face à l’épreuve la plus difficile depuis sa création, a-t-il ajouté.

    http://www.romandie.com/news/n/_Cri...

  • permalien Raf :
    31 mai 2011 @15h41   « »

    Petite question bete : comment pouvons payer des dettes avec des dettes ? Jusqu’ou pouvons-nous aller ?

  • permalien denis :
    31 mai 2011 @16h12   « »
    Faut il inscrire BA dans la constitution ?

    Merci à M Lordon pour ce billet, toujours aussi bon, qui soulève de bonnes questions. Bravo pour vos alexandrins d’ailleurs, ils m’ont bien fait rire.
    Je voulais remercier BA de son travail de commentaire quotidien sur l’évolution de la situation des dettes en Europe.

  • permalien Marie-Anne :
    31 mai 2011 @17h40   « »
    Pour la création d’un Fonds européen de développement social et de solidarité

    Le parti de la gauche européenne au Parlement européen propose la création d’un Fonds européen de développement social et de solidarité.

    Il devrait proposer des prêts pour des investissements publics créateurs d’emplois, développement de la formation, la recherche, les services publics, les infrastructures utiles, l’environnement.

    Le financement en serait assuré par une taxe sur les transactions financières, des prêts de la BCE et d’une contribution substantielle du budget communautaire.

    Pour ouvrir le débat au parlement européen, il faut un million de signatures, qui devront être collectées à partir de 2012 pour rentrer dans les clous du règlement européen. Mais le Parti de la Gauche européenne prévoit de démarrer la campagne dès maintenant, par des initiatives d’information et de mobilisation, par des rencontres avec des représentants syndicaux, des militants associatifs, des experts, par des réunions thématiques et de grands rassemblements publics à dimension européenne.

    Serait-il possible à Monsieur Lordon de nous dire ce qu’il pense de ce projet de Fonds européen de développement social et de solidarité ?

  • permalien Arnaud :
    31 mai 2011 @22h37   « »

    Je plussoie les commentaires précédant le miens : une brève est plus digeste, sur Internet, qu’une longue réflexion. C’est simplement un format plus adéquat au support. Vos livres sont peut-être mieux adaptés.

    Je rajouterais que votre présence manque fortement dans les "médias" traditionnels, envahis de "consultants" ou "experts" biaisés et soumis au conflit d’intérêt. Nous avons besoin de vous de façon plus régulières sur le PAF et à la radio...

  • permalien Cyberpipas :
    1er juin 2011 @08h31   « »
    Les canots de sauvetage durables sont en nombre insuffisant

    "Il est temps de se réveiller : l’ère des ressources abondantes et de la baisse des prix est finie pour toujours." Tel est l’avertissement lancé par l’un des analystes financiers les plus respectés de la planète, Jeremy Grantham.

  • permalien BA :
    1er juin 2011 @13h09   « »
    Le premier plan de sauvetage européen a-t-il été efficace ? Le deuxième plan de sauvetage sera-t-il efficace ? Le troisième plan de sauvetage sera-t-il efficace ? Le quatrième plan de sauvetage sera-t-il efficace ? Le cinquième plan de sauvetage sera-t-il efficace ? Le sixième plan de sauvetage sera-t-il efficace ? Le septième plan de sauvetage sera-t-il efficace ?

    La Grèce est insolvable. La Grèce ne remboursera pas ses dettes.

    Les contribuables ont prêté à la Grèce 110 milliards d’euros : ça n’a rien changé.

    Aujourd’hui, nous apprenons que le deuxième plan de sauvetage de la Grèce coûtera aux contribuables 65 milliards d’euros supplémentaires : ça ne changera rien.

    La Grèce ne remboursera pas ses dettes.

    L’argent des contribuables, c’est comme le tonneau des Danaïdes : on verse de l’eau dans le tonneau des Danaïdes, mais ça ne sert à rien. Le tonneau est percé.

    110 + 65 = 175 milliards d’euros foutus en l’air.

    Admirez le tableau :

    http://img64.imageshack.us/img64/44...

  • permalien Gilles Amiel :
    3 juin 2011 @01h21   « »

    Je crois que le problème est moins celui de signifier à nos dirigeants européens qu’ils peuvent déroger à leurs stupides traités, ce qu’ils savent bien en effet, mais se gardent bien de n’y déroger que pour mieux sauver le soldat euro et leur chère construction européenne qui leur a rendu et leur rend encore tant de services, que de persuader nos forces politiques nationales de gauche (ou qui se croient de gauche) d’en sortir pour enfin se donner le moyen d’essayer d’appliquer une politique autre que l’aménagement du capitalisme financiarisé agrémenté de quelques mesures sociales d’assistanat bien faites pour ménager l’armée de réserve des chômeurs tout en lui faisant sentir la menace et la contrainte du marché du travail. Car une chose est certaine : aucun gouvernement européen n’en sortira de son propre chef.
    Ce qu’il manque c’est donc un parti de gouvernement qui fasse savoir à son électorat de gauche qu’il propose unilatéralement (mais en espérant déclencher une dynamique éventuelle de coopération progressiste avec les pays qui s’engageraient dans une direction similaire et un rapport de force avec ses partenaires commerciaux hostiles à cette issue, comme l’Allemagne) une sortie des contraintes européennes pour faire enfin sauter les verrous qui bloquent toute politique économique de nouveau au service du progrès social et de la transformation écologique de la production (ou de tout autre but que voudrait bien s’assigner la souveraineté populaire). En France, aucun, mis à part le M’PEP, aussi courageux et lucide que minuscule et partant inaudible, hélas.

  • permalien kraï :
    18 juin 2011 @11h18   « »

    La solution "légale" et imparable d’Alexandre Adler

    Je n’écoute plus les "chroniques internationales"de cet Important sur France Culture depuis longtemps ou alors par hasard comme ce fut le cas hier matin. Ses propos m’auraient fait grimper aux rideaux de ma cuisine s’il y en avait. Je cite :
    "Remettre l’euro sur la bonne voie, ça passe par (...) l’exigence d’une gouvernance commune, ce ministre des finances européen commun aux Français, aux Allemands et aux autres membres de l’Euroland et celui-ci sera, là c’est tout à fait important, si jamais nous y arrivons, le véritable chef du gouvernement grec. (...) Bref nous sommes entrés dans la grande mutation géo-politique. Eh oui, ça devait nous arriver. Après l’Europe de l’Est, après le monde Arabe, c’est l’Europe".
    Toute la pensée unique en quelques mots : le "nous" qui nous noie dans la volonté de quelques uns (si jamais nous y arrivons), le caractère naturel (ça devait arriver) qui rend illusoire toute forme de résistance, la foi dans le progrès libéral.
    M. Adler rêve à haute voix, appelant sans fard de tous ses voeux ces lendemains où les "démocrates" libéraux au pouvoir en Europe seront enfin libérés du boulet de leurs peuples. Grâce à des instances supranationales, ces nouveaux super-dirigeants pourront diriger les affaires sans se préoccuper des convulsions des masses puisqu’ils ne seront plus soumis au suffrage universel.
    "Allons, courage les gars, semble crier notre skipper, les côtes de l’Eldorado sont en vue !"
    La haine de la démocratie ne se cache même plus. Si encore ces élucubrations n’engageaient que lui, mais M. Adler n’est qu’un porte-voix, parmi tant de ces nouveaux chiens de garde.
    Non, je ne suis pas "indignée", je suis révoltée.

  • permalien Françoise :
    20 octobre 2011 @13h40   « »
    Le MES (mécanisme européen de stabilité) quelles nouvelles ?

    Plusieurs mois après cet article, je tombe sur cette info, relayée par un repaire de "là-bas si j’y suis" : "MES, le nouveau dictateur européen - un coup d’état dans 17 pays".
    Ce Mécanisme Européen de Stabilité aurait le pouvoir de "vider les caisses de l’état quand il veut et aussi souvent qu’il le veut". Le capital de ce fond s’élève à 700 milliards d’euros (pour l’instant) ; les membres du MES promettent d’honorer toute demande de capital irrévoccablement et sans condition en moins de 7 jours (??) Le gouverneur peut décider de changer le capital ; le MES peut engager des procedures juridiques mais ses propriétés, ses moyens financiers jouissent de l’immunité juridique ; ces mêmes propriétés et moyens financiers sont protégés contre des investigations, réquisitions et toute autre forme d’expropriation par des gouvernements, administrations ou tribunaux ; Les membres du conseil, directeurs, remplaçants et membres du personnel sont préservés contre les procédures juridiques quant-à leurs actions.
    Le référendum a été évité par le recours à l’article 48.6 du traité européen ; Le traité établissant ce fond a été signé par le parlement de Bruxelles le 11 juillet 2011 et doit maintenant être ratifié par chacun des parlements nationaux avant le 31 décembre.
    quezaco ???
    On s’affole ou pas ?
    Malgré toute ma bonne volonté et le temps que je peux passer à essayer de m’informer, j’ai le sentiment de n’avoir pas les outils en poches.
    SOS Lordon ??
    Voici le lien.
    Court Fool. info -

    article de Rudo Ruijter

    http://www.courtfool.info/fr_MES_le...

  • permalien L’espoir :
    29 décembre 2011 @11h36   «

    Certains économiste avaient affirmé à plusieurs reprises que 2011 marquerait la fin de l’euro. A quelques jours de boucler l’année en question, il faut bien constater la réalité : l’euro est moribond, l’euro est sous le feu des critiques, mais l’euro est toujours là.
    Voici un lien dans lequel est expliqué pourquoi nous avons concerné l’euro (et que nous risquons de le conserver) même si cela va à l’encontre de nos intérêts.
    http://lespoir.jimdo.com/2011/12/28...

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