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G20-G8, ou la passion des faux problèmes

mercredi 1er juin 2011, par Frédéric Lordon

On ne pourra pas dire que le G20-G8 n’a pas d’idées : il en a au moins deux. Une idée théorique (variable) et une idée pratique (fixe). Une idée théorique affichée pour mieux dissimuler l’idée pratique inavouée. À vrai dire, l’idée pratique n’est pas neuve, elle est maintenant d’un robuste classicisme et comme une marque de fabrique en train de se patiner : tout faire pour ne rien avoir à faire – contre la déréglementation financière – et envoyer des leurres en tous sens. C’est simplement l’idée théorique – le leurre – dont elle se sert comme d’un paravent qui est régulièrement renouvelée, sans doute pour éviter la lassitude du public et mieux donner l’air de la grande activité. Quelques effets d’apprentissage suffisent pour se faire à l’idée que les « sujets » poussés sur le devant de la scène du G20-G8 sont claironnés en exacte proportion de ce qu’ils sont inoffensifs. En 2009, l’« idée théorique » veut que bonus et paradis fiscaux soient coupables de tout. On annonce de terribles représailles. Que la réalité accompagne le fantasme n’a jamais été le souci dominant de M. Sarkozy : il suffit que les choses soient dites. Au demeurant, tous ses collègues jugent également opportun le double choix et de la voie de garage et de ne la parcourir qu’en mots… En 2010, place à la « guerre des monnaies » – et il faudrait être vraiment mauvais coucheur pour ne pas être d’accord avec le G20 qui aime la paix. L’année 2011 connaît un raffinement certain du « modèle ». Le principe général de ne rien faire est évidemment maintenu – c’est tout de même l’idée ! –, son opérationnalisation sous la forme d’un sujet bien périphérique a abondamment fait ses preuves, on n’en changera donc pas, mais cette année un réel effort est fait pour promener le public encore plus loin que d’habitude. En 2011, la « théorie » propose : « excès de liquidité » et « déséquilibres globaux » (global imbalances). Triple bénéfice d’une posture avantageuse mêlant la technicité et la hauteur de vue – les « déséquilibres globaux » présentent tout de même autrement mieux que ces petites histoires crapoteuses de listings et de paradis fiscaux –, de l’affichage d’un objectif de « rééquilibrage global » rigoureusement inatteignable, et (par conséquent) de la certitude d’une diversion sans espoir aucun de se refermer jamais !

Pourquoi y a-t-il des bulles (et puis des crises) ? Réponse G20-G8 : parce qu’il y a excès des liquidités déversées sur les marchés. Mais au fait, d’où viennent ces liquidités en excès qui, par bulles et crises interposées, font parfois un peu dérailler la mondialisation ? Eh bien… de la mondialisation même ! C’est là qu’est l’os.

La politique monétaire de la Réserve Fédérale ?

Dans l’élégante chorégraphie des Retournés – comprendre : tous les valeureux qui, ayant chanté les louanges du système pendant deux décennies, ont assisté médusés à son effondrement et compris qu’il était temps d’en dire rétrospectivement un peu de mal s’ils voulaient survivre au ridicule – le passage brutal du Greenspan-licking au Greenspan-bashing aura été un morceau de bravoure. Car les mêmes qui s’étaient pâmés si longtemps à célébrer l’homme-qui-parle-à-l’oreille-des-marchés n’ont rien trouvé de mieux que d’en faire immédiatement leur tête de turc, conformément d’ailleurs à un réflexe type de la pensée libérale qui cherche des coupables pour mieux éviter de mettre en question les structures. Dans la galerie des affreux, Kerviel, trop grossièrement crapuleux, a été laissé aux journalistes, mais Greenspan, un banquier central tout de même, voilà qui permettait de se mettre du bon côté du doigt accusateur tout en conservant la hauteur de vue du discours de « la politique monétaire ». Le génie aussitôt transmuté à l’état de cloche est donc passé du pinacle au pilori au motif que sa politique économique, elle-même révisée de « brillante » à « nulle », était déclarée responsable de tout, notamment de « l’excès de liquidité » – qui fait les bulles.

Mais c’était ne pas voir d’abord que la politique monétaire étasunienne, loin d’avoir la souveraineté qu’on lui a spontanément prêtée était bien plutôt à l’état d’automate asservi, et contrainte de créer un environnement de crédit susceptible de soutenir à tout prix la dépense des ménages quand le revenu de ces derniers était comprimé par toutes les tendances structurelles – actionnariales et concurrentielles – de la « mondialisation » même. C’était ne pas voir non plus combien la relance monétaire permanente était devenue la seule solution disponible pour éponger les crises successives d’une finance spéculative congénitalement instable depuis que toutes les forces en ont été libérées par… la mondialisation. Si bien que le rattrapage de chaque crise préparait immanquablement la suivante, le flot de liquidité ayant pour seul tâche d’identifier le nouveau compartiment de marché où aller reprendre la nouba : marchés émergents, valeurs technologiques, produits dérivés de crédits immobiliers, etc. Pour hors-norme que soit la crise ouverte depuis 2007, elle n’a pas été traitée par d’autres moyens – avec pour seule perspective, la reconduction à terme des mêmes effets…

Mais c’est que la contradiction est logée au cœur même de la mondialisation financière : le système bancaire privé continue de devoir être porté à bout de bras par les banques centrales, la chose est spécialement vraie des banques grecques, espagnoles, irlandaises et portugaises (qui à elle seules absorbent actuellement les deux tiers des concours de liquidités de la Banque centrale européenne…) ; quant aux Etats-Unis ça n’est pas pour rien que depuis 2008 la Réserve fédérale a vu son passif multiplié par deux… Ce sont les crises financières mêmes qui forcent les réponses de la politique monétaire vouées à reproduire les crises – et ceci du fait du maintien obstiné des structures de la libéralisation financière. Supposé le retour à la normale, rien ne permet de penser que les conditions monétaires faites à la finance privée deviendraient sensiblement plus restrictives. Sans doute, comme après chaque grande « ouverture des vannes », les taux d’intérêt remonteraient-ils graduellement à des niveaux moins inhabituels, mais pas au point de menacer sérieusement la profitabilité des institutions financières.

Car, sans en être des rouages totalement asservis, et conservant une certaine autonomie formelle, les banques centrales actuelles n’en sont pas moins parties au complexe d’ensemble du capital financier : elles en défendent les structures, tiennent la libéralisation des marchés de capitaux pour une évidence doublée d’une vertu, se sont systématiquement opposées aux tentatives même modestes d’en limiter l’étendue, ont conduit depuis le milieu des années 1980 des politiques anti-inflationnistes et pressé sans relâche les gouvernements à l’orthodoxie des finances publiques, c’est-à-dire fait basculer la monnaie-finance dans ce que Keynes appelait un « régime de créanciers », enfin se sont posées à chaque crise comme la Providence seule capable de sauver le système… et de le faire repartir pour un tour. En définitive, les banques centrales n’entrent avec la finance privée que dans des conflits secondaires et lorsque cette dernière, aveuglée par ses intérêts les plus bornés, en vient à faire sauter le système qui fait pourtant sa prospérité. Plaise au ciel donc, si les bénéficiaires immédiats du système sont trop bêtes pour ne pas menacer de ruiner le système, qu’il se trouve dans le paysage un agent plus rationnel et plus puissant qu’eux pour prendre le point de vue du système lui-même et veiller à sa conservation…

Des taux d’intérêt dédoublés pour asphyxier la finance

Rouages particuliers, jouant certes leur partition à elles hors de toute « commande » formelle, mais néanmoins en conformité avec les réquisits supérieurs de l’ensemble, les banques centrales sont donc spécialement mal placées pour entrer dans une stratégie d’attrition de la finance par restriction de la liquidité. Elles le sont d’autant plus que leur seul instrument en cette matière, le relèvement des taux d’intérêt, auraient des effets collatéraux catastrophiques sur l’économie réelle – qui n’y est pour rien ! Est-il pour autant certain, abstraitement parlant, que les banques centrales ne puissent rien en cette matière ? Non, pourvu du moins qu’elles se dotent des outils adéquats. Il est bien vrai que les banques centrales, à supposer qu’elles le veuillent – clause d’importance… –, se trouveraient prises dans un conflit d’objectifs lié au fait de vouloir poursuivre deux finalités contradictoires (la stabilité financière et la croissance économique) avec un seul instrument (le taux d’intérêt). Quitte à ré-enfoncer un clou déjà tapé, on pourrait suggérer à nouveau [1] de résoudre assez simplement ce conflit par rétablissement de la parité entre les objectifs et les instruments, plus précisément en envisageant un système de taux d’intérêt dédoublés, dont l’un, disons le taux d’intérêt « productif » ou « économique » serait réservé au refinancement des crédits dirigés vers les agents de l’économie réelle, et l’autre, le taux d’intérêt « spéculatif » s’appliquerait au refinancement des crédits dirigés vers les opérations financières. Faire le départ de ces deux sortes d’opération est largement à la portée de l’appareil statistique de la banque centrale qui collige tous les documents comptables bancaires, les banques de second rang étant alors refinancées à un coût global formé au prorata de leurs diverses catégories de crédit. Rien n’interdirait plus de pouvoir tenir le coût du crédit à l’économie au niveau le meilleur pour un objectif composite de croissance et d’inflation (des biens et services) et d’élever aussi haut qu’on veut le taux d’intérêt « spéculatif » pour affamer les marchés de capitaux et tuer l’inflation des actifs financiers – et elle seule.

Deux objections surgissent immédiatement. En premier lieu, le crédit n’est pas le seul carburant des marchés – où se déversent également toutes les épargnes collectées par les diverses catégories d’investisseurs institutionnels. Mais enfin nul n’a jamais cru à la silver bullet, cette unique balle en argent tueuse à coup sûr du vampire, et c’est un arsenal qu’il faut déployer pour en finir avec la libéralisation financière [2] : gagner sur la part « crédit » du flot global qui alimente les marchés ne fera sans doute pas tout, mais ce sera déjà quelque chose. On dira ensuite que l’abattement de toutes les frontières de la finance autorise des liquidités créées à l’autre bout du monde, par une banque centrale qui ne l’entendrait pas de cette oreille, à venir s’investir sans restriction sur nos marchés (ou « nos » renvoie à la circonscription qu’on voudra : celle d’un marché national ou d’un marché régional). Il faut donc redire que, sauf à poursuivre la chimère d’une re-régulation financière globale (à l’échelle de la planète) et qui ne serait pas qu’un inoffensif filet d’eau tiède (à l’image des misérables proposition du comité de Bâle), la re-régulation « sérieuse » ne s’envisage qu’à l’échelle régionale… c’est-à-dire dûment complétée par un appareil de protections adéquates (sous la forme de stricts contrôles des mouvements de capitaux et des filiales d’institutions financières non résidentes autorisées à opérer) pour désarmer les stratégies d’« arbitrage réglementaire » [3] et parer à la contamination par une finance du dehors qui sera restée à l’état sauvage – c’est-à-dire à l’état actuel.

Il reste que l’idée des taux d’intérêt dédoublés aurait de quoi intéresser même les banquiers centraux d’aujourd’hui, pas spécialement ravis de se trouver pris en otage par le secteur bancaire privé qui lui force la main à son secours en situation de crise grave. Mais l’inconséquence n’est pas la chose du monde la moins partagée, et les banques centrales qui ne veulent pas se trouver tous les quatre matins en situation de prêteur en dernier ressort contraint ne veulent pas non plus des outils qui leur permettraient d’éviter de l’être…

Les excédents des Émergents, entre souvenir de la mondialisation passée et effets de la mondialisation présente

Mais l’excès de liquidités a-t-on dit n’est pas le fait que des banques centrales. D’où vient-il alors ? Si l’on met de côté la collecte ordinaire des épargnes dans les pays du Nord, dont les volumes globaux n’ont pas significativement varié en moyenne période, l’explosion des accumulations de liquidités réinvesties sur les marchés est venue pour l’essentiel de la polarisation des soldes commerciaux, au profit des pays émergents… et comme un pur produit des tendances présentes de la mondialisation. C’est ici que la scène du G20-G8 prend l’allure d’une foire aux intérêts particuliers – mais tous bien fondés !

Car les pays du Nord auront du mal à venir faire la leçon aux Émergents pour avoir accumulé de colossales réserves de change – dont on imagine mal qu’elles puissent rester oisives, et qui, cherchant logiquement à s’employer, reviennent se déverser sur les marchés de capitaux. On leur fera en effet difficilement la leçon car, permises par leurs excédents commerciaux, ces accumulations de réserves sont aussi marquées de la mémoire cuisante des crises de 1997-1998, et ont été délibérément constituées pour faire face à l’éventualité de nouvelles attaques spéculatives. C’est que ces pays (Thaïlande, Corée, Hong Kong, mais aussi Brésil, Russie, etc.) ont eu à connaître de près les joies de la mondialisation financière et se souviennent encore des désastres qui avaient suivi des retournements brutaux de la hot money, flots de capitaux courts, exclusivement spéculatifs, qui les avaient fuis avec le même excès qu’ils avaient mis à les investir. L’élévation fulgurante des taux d’intérêt rendue nécessaire pour défendre des parités en plein effondrement avait ruiné leur croissance, et c’est précisément pour se prémunir contre ce genre de nuisance que ces pays ont fait le choix d’amasser des réserves, seul moyen de soutenir avec quelque chance de succès une guerre spéculative sur le marché des changes.

Pour des économies durablement marquées par de tels événements, les seules solutions rationnelles consistent soit en une suspension ad hoc des règles de la mondialisation financière, par exemple au travers de dispositifs de contrôle des flux entrants – et c’est bien l’option choisie notamment par le Brésil, qui voit de nouveau affluer des capitaux fuyant les marchés sinistrés du Nord… mais toujours susceptibles de repartir aussi soudainement qu’ils sont entrés –, soit s’armer préventivement pour cogner une spéculation capable des revirements les plus brutaux. Les G20-G8 pourront tenter de négocier tout ce qu’ils voudront : les échaudés ne se laisseront pas avoir deux fois.

Et puis il y a la Chine. En matière d’excédents commerciaux et de recyclage de réserves accumulées, le fait est qu’elle se pose un peu là. Cependant, ici encore on voit mal les effets possibles de la supplication. Lui demander de moins exporter ? Mais elle a vitalement besoin d’un taux de croissance très élevé pour tenter de « tenir » par le développement matériel un territoire immense sur lequel le contrôle politique devient de plus en plus difficile ; et, en l’absence des institutions (notamment salariales) d’un authentique marché intérieur, ce seront les exportations qui, pour un moment encore, feront le travail. Mais l’ironie goûteuse de cette affaire chinoise vient tout de même des lamentations de ceux qui ont crée eux-mêmes les raisons de se lamenter : il ne faut pas s’étonner en effet que la Chine amasse de colossaux excédents quand les dogmes du libre-échange et de la concurrence non distordue ont installé les conditions de l’échange le plus distordu possible entre économies à standards socio-productifs parfaitement inégaux. Le G20-G8 veut s’attaquer aux « déséquilibres globaux » ? Qu’il commence donc par envisager quelques mesures protectionnistes tempérées et bien ciblées qui viendraient corriger les phénoménales distorsions sociales et environnementales que le commerce international laisse proliférer au nom du « libre-échange » – mais autant rêver Noël en juin. À défaut, attendons avec stoïcisme que le processus de constitution du marché intérieur et de montée en gamme de l’industrie chinoise résorbe de lui-même les excédents – plus que deux ou trois petites décennies, courage.

Mieux oublier la re-régulation financière

Entre les excès de liquidité imputables aux banques centrales – et que celles-ci ne corrigeront pas de sitôt faute d’en avoir et les instruments appropriés et la volonté réelle –, ceux auxquels les échaudés des précédentes crises financières ne renonceront pas plus facilement, et le tranquille quiétisme qui nous abandonne à la dynamique longue du système socio-productif chinois, la résorption des global imbalances n’est pas pour demain. Et – du point de vue du G20 en tout cas – c’est tant mieux ! Car tout le temps que ça dure, on a au moins des raisons d’en parler, c’est-à-dire de ne pas parler d’autre chose. On n’allait pas tenir cent-sept ans les populations avec ces histoires de paradis fiscaux, mais la guerre des monnaies, le nouveau Bretton Woods (sans espoir) ou la correction des déséquilibres globaux, voilà qui est parfait pour occuper les esprits un moment. Et les dissuader surtout de se souvenir que les excès de carburant ne font de dégât que s’il y a un moteur pour les absorber et tourner en sur-régime. Le moteur ce sont les structures de la finance libéralisée. Celles dont le G20 a accepté de parler en 2008-2009 – là, ça aurait été un peu gros de faire l’impasse… – mais qu’il s’est aussitôt empressé d’oublier. De ce point de vue, l’inertie européenne est tout à fait impressionnante – et l’inertie française plus encore si on la met en rapport avec les propos martiaux qui annonçaient l’arraisonnement définitif de la finance depuis Toulon. À part un projet de directive sur les fonds d’investissement (hedge funds et private equity) d’une parfaite innocuité et un peu de meccano institutionnel pour créer des régulateurs spécifiques (assurances, marchés de capitaux, banques) mais sans stratégie de régulation mordante ni pouvoirs réels : rien !

Le paradoxe veut que les intentions les plus consistantes de re-régulation financière viennent finalement des Etats-Unis, intentions seulement cependant, car, pour volumineux qu’il soit, le texte du Dodd-Frank Act, n’a en l’état aucune portée opérationnelle. Sa transcription en directives précises est laissée au bon soin des diverses agences parties au dispositif global de régulation (Fed, SEC, CFTC, etc.)… mais à des horizons qui, pour certaines de ses dispositions peuvent aller jusqu’à 2019. Entre temps, on peut compter sur le zèle combiné du lobby de la finance et des Républicains libéraux pour vider le texte de sa substance, avec d’ailleurs pour principal motif de leur lamento que les dispositions étasuniennes sont bien plus contraignantes que celles de la régulation (?) européenne, et que les banques (et les traders) ne manqueront pas de fuir vers l’accueillante Europe, menace comme d’habitude légèrement surjouée mais qui, incidemment, dit tout de même quelque chose sur la réalité, ou plutôt l’irréalité, de la volonté européenne en cette matière. Aux yeux de la finance étasunienne, la vraie terre de liberté c’est donc l’Europe – et les populations européennes seront certainement ravies de se savoir à l’avant-garde…

Les faux problèmes… qui ramènent aux vrais

Les enseignements à tirer des impasses de la re-régulation financière « mondiale » valent a fortiori à propos de la mondialisation tout court. La chimère de la coordination mondiale n’a jamais été autre chose que l’asile du mauvais vouloir. Il n’est que de voir les admirables progrès qu’elle aura accomplis depuis quatre ans… et de prolonger les tendances.

L’institutionnalisation (sérieuse) du capitalisme ne s’envisage que sur des territoires politiquement clos par un principe de souveraineté (quelle que soit son échelle). Car sans la force politique, seule à même de faire tenir debout des institutions, la question de l’enforcement comme disent les anglo-saxons, c’est-à-dire du pouvoir de rendre des règles contraignantes exécutoires, reste sans solution. Que ces territoires de souveraineté soient de la plus grande extension possible, au-delà de l’échelle nationale, il est très légitime de le désirer, à supposer qu’on sache trouver le point d’équilibre entre le volontarisme-créateur et l’illusion qui fait prendre son désir pour la réalité. L’Union européenne tombe-t-elle sous cette catégorie d’un territoire politique outre-national possible ? En son état actuel, non à l’évidence. Est-il symétriquement exclu qu’elle y tombe jamais à horizon raisonnable ? Pas davantage. La crise pourrait-elle être l’opportunité de ce progrès ? Sans doute – à la condition cependant d’un événement politique que son ampleur qualifierait indiscutablement comme révolution : liquidation des élites politiques, économiques et médiatiques libérales, annulation des traités, authentique constituante, reconstruction à neuf des institutions européennes, soit le comble même du rêve éveillé… dont les prodromes se font pourtant connaître chez les manifestants d’Athènes, les uncut de Londres, les indignados de Madrid, ceux de la Bastille, en attendant (rêvant) un mouvement de contagion qui réunirait tous les peuples européens pour un coup de pied au cul de format continental. Auquel la décomposition endogène de la construction monétaire européenne, telle qu’elle s’opère sous nos yeux, pourrait venir donner un bel élan.

Il reste que les misérables petites combines destinées à faire oublier le désastre de la mondialisation financière finissent par se retourner contre leurs auteurs mêmes. Car tous les leurres lancés les uns après les autres pour en éloigner y ramènent ! Vouloir escamoter les problèmes de la mondialisation proprement financière en occupant le terrain avec les « déséquilibres globaux », créateurs d’excès de liquidités, reconduit fatalement aux impasses de la mondialisation lato sensu. Car les déséquilibres et les excès en question en sont les produits les plus caractéristiques. Si c’est sur leur résorption que le G20-G8 compte pour ramener la finance mondialisée à la modération, il va lui falloir envisager une correction à beaucoup plus large échelle que celle dont il pensait faire l’économie… évidente contradiction à laquelle le G20-G8 n’est nullement décidé à céder, et d’où l’on tire une mesure de sa foncière hypocrisie.

Par construction, l’espace de la mondialisation comme espace dépolitisé, à dessein soustrait à toute autorité politique formelle, comme l’atteste incidemment la substitution de la « gouvernance » au gouvernement, est un espace de purs rapports de force, éventuellement tempérés par le pouvoir d’un hégémon capable de faire régner un ordre – son ordre. La négociation n’a pas d’autre d’espoir que de fortuites convergences d’intérêts. Pour le reste, les structures « dures » qui pourraient contrebattre les effets spontanés des mécanismes de la mondialisation, d’une part ne signifieraient rien d’autre qu’une forme ou une autre… de démondialisation (par des limites formelles mises au libre-échange, par une re-régulation financière sérieuse), et d’autre part sont hors de portée d’une chimérique « communauté » mondiale, fut-elle limitée aux vingt du G éponyme, précisément parce qu’elle n’est pas une communauté – politique. Les sommets successifs peuvent bien continuer s’ils le veulent de nous bahuter d’oubli délibéré en faux problèmes, les faux problèmes viennent immanquablement rappeler les vrais. Et le réel insiste.

Notes

[1] Voir « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », avril 2008.

[2] Id.

[3] C’est-à-dire les déplacements d’activités et les relocalisations de certaines opérations en fonction des conditions réglementaires les plus favorables.

46 commentaires sur « G20-G8, ou la passion des faux problèmes »

  • permalien Abdel :
    1er juin 2011 @21h01   »

    La relique barbare nous permet de mesurer ces liquidités.

    +10 % depuis le 1janvier et +25 % en un an en $

  • permalien BA :
    1er juin 2011 @21h34   « »
    De toute façon, la zone euro va exploser. Et ce n’est pas le G20 qui va empêcher l’explosion. Alors autant aller boire un coup chez Riton.

    Mercredi 1er juin 2011 :

    Dette de la Grèce : Moody’s voit un risque réel de non-remboursement.

    L’agence de notation financière Moody’s a annoncé mercredi avoir abaissé la note qu’elle attribue à la dette publique de la Grèce à un niveau (Caa1) reflétant un risque réel de non-remboursement.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien Yvan :
    1er juin 2011 @22h38   « »

    Depuis 1918, le monde (occidental) semble rechercher dans une pathétique course de la sauvegarde des apparences, l’illusion de sa grandeur perdue dans les tranchées du Chemin des Dames.

    Coincés entre des opinions publiques nationales et une planète devenue trop exsangue pour la démesure des hypothèques à la charge des générations à venir, le double discours semble inévitable.

    Parler du rôle des Banques Centrales, c’est parler aux opinions. C’est leur donner l’assurance que tout est sous contrôle et la souveraineté des forces populaires qui les sous-tendent n’ont rien perdu de leur souveraineté.

    1914 avait montré qu’une ouverture des marchés sans véritable coordination mondiale menait implacablement aux replis identitaires et nationalistes, et les organismes de Brentton Woods ont étés créés pour harmoniser les rapports entre états en particulier en orientant les liquidités en fonction de l’évolution des économies afin que celles-ci puissent garantir la souveraineté des peuples.

    Seulement les hypothèques se sont faites de plus en plus lourdes et les artifices de la finances ont étés nécessaires, pour engager plusieurs fois la planète. Les organismes de Bretton Woods ont été dévoyés et sont devenus les rabatteurs d’un système devenu fou comme un trader en surchauffe, faute d’avoir eu le courage de se remettre en question à chaque crise systémique, en imposant des dérèglementations de plus en plus aventureuses, alors que leur fonction devait être d’apporter la régulation.

    Aujourd’hui on nous amuse avec le G20 et le G8 en ouvrant au passage, à travers l’aide aux révolutions arabes, de nouvelles possibilités de "se refaire", et il faut attendre la rubrique faits divers pour se rappeler que les responsables des organismes chargés de la régulation mondiale, traversent en toute quiétudes les tourmentes qu’ils ont générées par leur paresse intellectuelle (au nom d’une utopie débouchant sur le Consensus de Washington), sans pour autant que leurs responsabilités soient engagées.

  • permalien Sylvain S :
    1er juin 2011 @23h01   « »
    Soleil immonde...

    Oui la classe financiaro-dirigeante se contente d’un voile d’opacité pour cacher des processus simplissimes. Des processus qu’on definit ici comme suites d’états ou de phases d’une transformation. Nous prenons consience qu’on nous promène de technicité en hauteur de vue. Et vous, Mr Lordon prenez conscience du caractère éminemment collectif d’une entreprise de transformation de la société.
    L’indignation, de Madrid à Athènes, est aussi un processus simplissime. Le conatus des peuples, pour ainsi dire.
    Et, si c’est de lutte de classes qu’il s’agit (pour appeler un chat, un chat) alors en cela les salariés-contribuables néo-précaires sont aidés par leurs adversaires ultra-libéraux dérégulateurs puisque ces derniers effectuent eux-même le travail de sape irrémédiable du système capitaliste ("plus près de toi le mur, plus près de toi").
    La "Révolution permanente" est encore à l’oeuvre (n’est-elle pas simplement synonyme des antagonismes qui caractérisent toute vie sociale ?) ; simplement la lutte semble aujourd’hui (enfin) se poursuivre dans le champs de la morale.
    Serait-on en train de vivre le dépassement de cette "défaite ontologique" du prolétariat pressentie par Marx : "Le prolétariat ne viendrait-il [...] que comme insistance sur un manque, manque de moyens de travail, de pouvoir, manque à vaincre qui traduirait, pour un peu, une vocation ontologique à la défaite ?" (Daniel Linderberg in. "Nouvelle Histoire des Idées Politiques")

    ...Et la nature que le soleil inonde
    Nous rechante chaque fois sa chanson

  • permalien Gosselent :
    1er juin 2011 @23h55   « »
    G20-G8, ou la passion des hauteurs

    Quand "il" veut prendre de la hauteur, c’est qu’"il" va monter sur une éstrade.

    Quand "il" se tient au dessus du brouhaha, c’est qu’"il" va sortir le porte-voix.

    Le fond fond et la forme "domine".

  • permalien Nicks :
    2 juin 2011 @00h25   « »

    Un résumé parfait de la situation. Le Titanic est lancé comme un obus et il va falloir de sacrés biceps à la barre pour faire mordre la direction. Une révolution européenne serait sans doute la meilleure des éventualités. Qui sait, si finalement le non au TCE pouvait enfin donner ses fruits...

  • permalien stefan :
    2 juin 2011 @08h46   « »

    « Faire » le départ de ces deux sortes d’opération est largement à la portée de l’appareil statistique de la banque centrale qui collige tous les documents comptables bancaires, les banques de second rang étant alors refinancées à un coût global formé au prorata de leurs diverses catégories de crédit. Rien n’interdirait plus de pouvoir tenir le coût du crédit à l’économie au niveau le meilleur pour un objectif composite de croissance et d’inflation (des biens et services) et d’élever aussi haut qu’on veut le taux d’intérêt « spéculatif » pour affamer les marchés de capitaux et tuer l’inflation des actifs financiers – et elle seule. »

    M. Lordon je vous trouve d’habitude tellement si clair sur des sujets pourtant si nébuleux qu’aujourd’hui je dois vous avouer que je n’ai pas pu tout suivre de votre article (exemple au-dessus).

  • permalien makaevitch :
    2 juin 2011 @09h45   « »

    « Faire » le départ de ces deux sortes d’opération est largement à la portée de l’appareil statistique de la banque centrale qui collige tous les documents comptables bancaires, les banques de second rang étant alors refinancées à un coût global formé au prorata de leurs diverses catégories de crédit. Rien n’interdirait plus de pouvoir tenir le coût du crédit à l’économie au niveau le meilleur pour un objectif composite de croissance et d’inflation (des biens et services) et d’élever aussi haut qu’on veut le taux d’intérêt « spéculatif » pour affamer les marchés de capitaux et tuer l’inflation des actifs financiers – et elle seule. »

    Si j’ai bien compris, l’idée est la suivante : aujourd’hui, les banques se refinancent auprès de la banque centrale à un taux unique et ces refinancements sont utilisés à la fois pour financer l’économie réelle et la spéculation. Lordon propose que la banque centrale applique 2 taux, un taux relativement bas pour l’économie réelle et un taux plus élevé pour la spéculation.
    Et comme la BC collecte les données bancaires (composition du portefeuille) elle pourrait déterminer quel volume de refinancement décaisser au tas bas et haut.

    Amicalement

  • permalien Samir :
    2 juin 2011 @14h30   « »

    Instaurer un crédit à double canon (canon court pour l’économie réelle, canon long pour la spéculation) est une idée intéressante, mais une question me turlupine : comment distinguer la spéculation (vilaine) de l’économie réelle (gentille) ? Les deux ne sont-elles pas soudées l’une à l’autre comme les lèvres aux dents ? Moi qui n’y connais que pouic en économie, je vois bien la différence entre mon épicier et Bernard Madoff. Mais qu’en est-il par exemple du grand négociant en matières premières auxquelles je dois mon café au lait du matin (économie réelle) et qui jongle avec les cours mondiaux en affamant au passage les pays producteurs (spéculation) ? Même à supposer qu’il existe des critères fiables (mais lesquels ?) pour trier le bon grain de l’ivraie, à quelle autorité reviendrait-il d’établir lesdits critères et de veiller à leur respect ?

  • permalien Alexandrenevski :
    2 juin 2011 @19h15   « »

    L’ocde, fer de lance de l’idéologie ultra-libérale, aurait certainement besoin de vos contre-lumières idéologiques, elle qui ne parle que de déséquilibres globaux sans se demander d’où ils viennent, de Bâle III comme un grand progrès pour la régulation de la finance, de réformes structurelles (concurrence, ouverture des marchés pour lutter contre le protectionnisme-aggravant nos déficits, flexibilité du marché du travail pour abaisser les salaires, compressions des dépenses publiques-remettant en cause les retraites et la sécurité sociale) comme solutions à la crises. Toutes ces recettes répétées à l’envi par nos dirigeants et les médias. Et que les Grecs (à quand pour les autres) sont en train de vivre brutalement au quotidien.
    Un lieu où combattre la pensée unique et l’idéologie dominante.

  • permalien Kimalu :
    2 juin 2011 @19h40   « »
    Politique monétaire....

    Extraits de la réponse donnée à deux questions posées lors de la conférence de presse du Général de Gaulle, au Palais de l’Elysée le 4 Février 1965 :

    (….)
    « Mais, en outre, le fait que de nombreux Etats acceptent, par principe, des DOLLARS (…) pour compenser, le cas échéant, les déficits que présente, à leur profit, la balance américaine des paiement, amène les ETATS-UNIS à s’ENDETTER GRATUITEMENT vis-à-vis de l’étranger.
    (….)
    Cette FACILITE UNILATERALE qui est ATTRIBUEE à l’AMERIQUE contribue à faire s’estomper l’idée que le DOLLAR est un signe impartial et international des échanges, alors qu’il est un MOYEN de CREDIT APPROPRIE à un ETAT.
    (….)
    Il y a en particulier le fait que les ETATS-UNIS, faute d’avoir à régler nécessairement en or, tout au moins totalement, leurs différences négatives de paiements suivant la règle d’autrefois qui contraignait les États à prendre, parfois avec rigueur, les MESURES VOULUES pour remédier à leur DESEQUILIBRE, SUBISSENT, d’ANNEE EN ANNEE, une BALANCE DEFICITAIRE.
    (….)
    Il apparaît CHEZ EUX une PROPENSION CROISSANTE à INVESTIR à l’ETRANGER.
    De là, POUR CERTAINS PAYS, une sorte d’EXPROPRIATION de telles ou telles de LEURS ENTREPRISES.
    (….)
    Lors même, d’ailleurs, qu’un mouvement aussi général ne se produirait jamais, le fait est qu’il EXISTE un DESEQUILIBRE en quelque sorte FONDAMENTAL. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le SYSTEME SOIT CHANGE.
    (….)
    Nous tenons donc pour nécessaire que les ECHANGES INTERNATIONAUX s’établissent, comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une BASE MONETAIRE INDISCUTABLE et qui NE PORTE LA MARQUE D’AUCUN PAYS EN PARTICULIER. »
    (….)
    La France, pour sa part, est prête à participer activement à la VASTE REFORME qui s’impose désormais DANS l’INTERET du MONDE ENTIER. »

    ¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

    Extrait de "Mémoires d’espoir, Le renouveau, L’effort et allocutions et messages" - Charles de Gaulle – Volumes, Plon, 1999, pages 910 à 913

    (CONFERENCE VISIBLE EN VERSION INTEGRALE SUR LE SITE DE L’INA, à voir et à revoir…)

  • permalien Arnould :
    2 juin 2011 @19h42   « »

    C’est pour hâter la venue de cette révolution que j’ai (ingénieur, 48 ans, toujours voté socialiste depuis 1981) décidé de voter dans 1 an pour Le Pen. Et pourtant je les exècre, le père comme la fille. Mon calcul, bien risqué, j’en conviens : que le FN au pouvoir fasse assez de conneries pour servir de déclencheur à cette révolution...

  • permalien Kimalu :
    2 juin 2011 @19h44   « »
    Politique monétaire.... Résultats ?

    Part en % de l’actionnariat étranger dans les sociétés du CAC 40 (source des chiffres : investir.fr du 14/10/2010) :
    Accor : Env. 40
    Air Liquide : Env. 36
    Alcatel-Lucent : 72
    Alstom : 44
    ArcelorMittal : 85
    Axa : 74
    BNP Paribas : Env. 60
    Bouygues : 34,3
    Capgemini : 48
    Carrefour : NC
    Crédit Agricole SA : NC
    Danone : Env. 60
    EADS : 63
    EDF : 7,4
    Essilor International : 50,9
    France Télécom : 51,1
    GDF Suez : 37
    L’Oréal : 53,5
    Lafarge : 70,4
    LVMH : 28,2
    Michelin : 55,2
    Natixis : 14
    Pernod Ricard : NC
    Peugeot : 38
    PPR : Env. 60
    Publicis : 58
    Renault : 62
    Saint-Gobain : 36
    Sanofi-Aventis : 53,9
    Schneider : NC
    Société générale : NC
    SMTMicroelectronics : 86,25
    Suez Environnement : 38
    Technip : 65,7
    Total : 65
    Unibail-Rodamco : 85,86
    Vallourec : 65
    Veolia : 46
    Vinci : 64
    Vivendi : NC

    ¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

    Capital étranger dans le CAC en % (source des chiffres : Bulletins de la Banque de France) :
    Fin 2002 : 42,5
    Fin 2003 : 44,1
    Fin 2004 : 44,3
    Fin 2005 : 44,9
    Fin 2006 : 45,7
    Fin 2007 : 41,1
    Fin 2008 : 40,2
    Fin 2009 : 42,3 (soit 404,5 milliards d’euros sur une capitalisation boursière totale de ces sociétés de 955,4 milliards d’euros)

    La détention par les non-résidents des actions des sociétés françaises du CAC 40 à fin 2009
    Julien LE ROUX - Direction de la Balance des paiements - Service des Titres
    À la fin de l’année 2009, les non-résidents détenaient 404,5 milliards d’euros d’actions des sociétés françaises entrant dans la composition de l’indice du CAC 40, sur une capitalisation boursière totale de ces sociétés de 955,4 milliards d’euros.
    Après deux années consécutives de baisse, la part du capital des sociétés françaises du CAC 40 détenue par les non-résidents s’est inscrite en hausse en 2009 à 42,3 %, après 40,2 % en 2008, revenant ainsi à un niveau proche de celui de 2002 (42,5%).
    Les flux d’acquisitions par les non-résidents suffisent presque à expliquer l’augmentation de cette part, les effets prix ne jouant qu’un rôle marginal.
    (source : Bulletin de la Banque de France - N° 180 - 2e trimestre 2010, en ligne sur son site)

  • permalien Gladiador :
    2 juin 2011 @19h45   « »

    Arnaud, tu ne te dis pas que l’ascension de Hitler répondait à cette même logique ?

  • permalien B. :
    2 juin 2011 @21h19   « »
    Voter pour Le Pen pour obtenir la révolution ?

    Les dégâts que peuvent produire les Le Pen au pouvoir sont sans doute bien plus grands que les bénéfices que l’on peut espérer en tirer. Le calcul est, à mon goût, trop audacieux, et le pari certainement perdant.

  • permalien Abouglouba :
    2 juin 2011 @21h58   « »

    Eh oui,
    L’économie réelle est engluée dans les "profits"et pertes terribles de l’armement dépensé dans les guerres d’Afghanistan, de Côte d’Ivoire et de Lybie, pour ne prendre que ces exemples de guerres absurdes. Les conséquences léthales énormes sur les populations civiles ne seront connues que dans plusieurs dizaines d’années au mieux. Les conséquences économiques ne seront vues évidemment que sous l’angle de prises de guerre pétrolifères ou autre. Que dire aussi des montagnes d’Euros engagés dans la construction d’un empire nucléaire "civil" depuis De Gaulle, empire voué à la catastrophe environnementale et économique ? A quand le désastre type Fukushima ? Les experts sont perplexes et se tâtent.....
    La France actuelle est à l’exact point de rencontre de l’inconscience dramatique (meilleur client du lobby du nucléaire, de l’eau privatisée, des pesticides et de l’agriculture intensive) et de l’arrogance occidentale (imposition de son modèle technohystérique mortifère comme le plus juste), pays désigné tout récemment comme le meilleur ami des Etats Unis et d’Israel.
    G20 ou G8 la machine à tuer continue son oeuvre.

  • permalien une bille :
    2 juin 2011 @23h17   « »

    « Quelques effets d’apprentissage suffisent pour se faire à l’idée que les « sujets » poussés sur le devant de la scène du G20-G8 sont claironnés en exacte proportion de ce qu’ils sont inoffensifs. »

    N’empêche que sans le G8 on n’aurait jamais su que la "mère Sarkozy" était en cloque !

    ... et ça ce sont des problèmes pour les 80 ans à venir !

  • permalien coco :
    2 juin 2011 @23h44   « »

    Autre pur sujet d’affichage sarkosien-G8 : la taxe sur les transactions financières (sur les devises par ex). C’est difficilement applicable aujourd’hui (1), mais répéter l’idée à l’envi fait plaisir à tous.

    (1) les transactions de change sont décentralisées (contrairement aux actions en bourse qui passent par un guichet unique) et s’effectuent sur de multiples réseaux privés.

  • permalien Crapaud Rouge :
    3 juin 2011 @07h50   « »
    FN ==> révolution ?

    @Arnould : Quels risques serez-vous prêt à prendre après que ceux de votre "calcul" se seront réalisés ? Irez-vous manifester comme les gens le font aujourd’hui en Syrie ?

  • permalien sdz :
    3 juin 2011 @08h51   « »
    et un système en vase clos ?

    En plus du Franc courant (ou euro), il suffirait d’une monnaie scripturale (dîte Franc-or) réservée à l’Etat central dont les flux seraient gérés uniquement par une banque publique, la Poste, et réservés aux seuls acteurs économiques français (entreprises et particuliers). Voilà une remise en cause directe de la libre circulation des flux de capitaux, avec la possibilité pour les Français de peser sur le cours des choses, de se mobiliser efficacement pour des résultats positifs très rapides. Une sorte de monnaie franche...

    Car il ne sert à rien de déterminer une échelle du champ de bataille si vaste, où les citoyens se retrouvent sans emprise... C’est un combat politique qu’il s’agit de mener !

    cf blog IRC

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien Kimalu :
    3 juin 2011 @09h34   « »
    Problème monétaire.... Dettes et actifs

    Problème monétaire… Emission de monnaies (donc de dettes…) et répartition de la masse du capital planétaire…. Qui contrôle ?

    Un krach à 30,7 trillions de dollars entre fin 2007 et fin 2008…

    Capitalisations boursières mondiales (source des chiffres : la WFE) :

    De fin 2007 à fin 2008 :
    Fin 2007 : 64 468 278,0 millions de $, soit : 64 468,3 milliards de $..... ou : 64,5 T de $
    Fin 2008 : 33 731 141,1 millions de $, soit : 33 731,1 milliards de $..... ou : 33,7 T de $

    Perte de : 30 737 136,9 millions de $, soit : 30 737,1 milliards de $..... ou : 30,7 T de $
    ou baisse de : 47.68 %

    Et :

    De fin 2008 à fin 2009 :
    Fin 2008 : 33 731 141,1 millions de $, soit : 33 731,1 milliards de $..... ou : 33,7 T de $
    Fin 2009 : 49 145 688,3 millions de $, soit : 49 145,7 milliards de $..... ou : 49,1 T de $

    Gain de : 15 414 547,2 millions de $, soit : 15 414,5 milliards de $....... ou : 15,4 T de $
    ou hausse de : 45,69 %

  • permalien Kimalu :
    3 juin 2011 @09h37   « »
    Problème monétaire.... Et trous noirs.....

    LES MILLIARDS DE L’OMBRE
    10 000 milliards de dollars d’actifs financiers en dépôt ou en gestion dans des paradis fiscaux.
    50 % des flux financiers mondiaux transitent par les paradis fiscaux.
    Selon le FMI, ces paradis hébergent 4 000 banques, les deux tiers des fonds spéculatifs et 2 millions de sociétés écrans.
    Fraude fiscale au niveau mondial : entre 350 et 500 milliards, selon une étude Banque mondiale/Cnuced.
    100 milliards de perte de recettes fiscales pour le Trésor américain du fait de l’existence des paradis fiscaux.
    Entre 20 et 25 milliards d’euros de perte de recettes fiscales pour l’Allemagne.
    Entre 15 et 20 milliards de perte de recettes fiscales pour la France (soit le déficit budgétaire de la Sécurité sociale en 2009). (Source Le Point du 26/02/2009 - N°1902)

    Une somme estimée à 7 300 milliards de dollars (5 412 milliards d’euros) est dissimulée dans les paradis fiscaux du monde entier par des sociétés et de riches particuliers qui placent ainsi leurs opérations à l’abri, en diminuant la pression fiscale. (Source CHALLENGES du 04/04/2009)

    La moitié du commerce mondial transiterait par les paradis fiscaux et quelque 11 000 milliards de dollars (7 300 milliards d’euros) y seraient encore abrités, selon la Plate-Forme paradis fiscaux et judiciaires, qui regroupe des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations comme Transparence international France. (source LE MONDE ECONOMIE du 30/11/2009)

    (A noter la différence entre ces 3 chiffres : 10 000, 7 300 et 11 000 milliards de dollars !... A côté un plan de relance de 20 milliards d’euros paraît RIDICULE.

    Pendant plusieurs décennies, les grandes puissances économiques ont fait preuve d’une extrême tolérance à l’égard des paradis fiscaux. Certaines, comme le Royaume-Uni, les ont même laissé prospérer sous leur pavillon, en Europe et dans les Caraïbes. Ce temps est révolu.
    Pour la première fois, sous le choc de la plus grave crise financière qu’ait connue le monde depuis soixante ans, les chefs d’Etat et de gouvernement partagent la volonté de mettre fin aux dérives des paradis fiscaux.
    Ces "zones grises" de la finance privent, en effet, les nations d’une part substantielle de leurs recettes fiscales, à un moment où l’effort de relance de l’économie mondiale assèche les finances publiques.
    Le manque à gagner fiscal est estimé à 100 milliards de dollars par an pour les Etats-Unis, à 30 milliards d’euros pour l’Allemagne et autour de 20 milliards d’euros pour le Royaume-Uni et la France.
    (Les "zones grises" en 9 questions – Source LE MONDE du 24 03 2009)

    La transparence passerait aussi par le contrôle des sociétés privées organisant les flux financiers, dont les activités occultes ont été décrites notamment par le journaliste Denis Robert dans ses livres.

  • permalien simplesanstete :
    5 juin 2011 @00h14   « »

    @arnoud,crapaud rouge, B ACHTUNG !

    bcp de gens se posent secrètement la ? de la nature exacte où fantasmée du FN "hitlérien",cette petite entreprise vieille de 60 ans, voire du peuple populiste qui monte comme la petite bête devant la bête très féconde de la finance mondiale et disons le mot qui fait PEUR juifiste/protestante néocons qui nous fabrique des guerres clefs en mains toujours chez les autres et larvées cheux nous. Est ce une question légitime et sommes nous face à un dernier ultimatum de la démocratie dans cette nation......celle qui dit oui quand vous dites non.Question que le très propre Todd a évoqué parce qu’il est irréprochable comme il dit, of course, le rêveur au dessus de la bauge et il y en à la pelle qui rêve d’une gauche toujours autrement.
    PS çà va être dure pour le modérateur, je sais mais c’est précisément l’esprit du temps municho/américain qui souffle très fort et qui paralyse.
    @crapaud rouge
    dites moi la cause du divorce avec Jorion, cet excellent pot à miel d’une avant garde virtuelle !!!!

  • permalien Crapaud Rouge :
    5 juin 2011 @11h31   « »
    @simplesanstete

    La cause du "divorce" ? Exposée en quelques com’ sur cet autre billet de Lordon : http://blog.mondediplo.net/2011-04-...

    Je regrette seulement d’avoir expliqué tout ça dans un style très lourd, et qui ne va pas à l’essentiel.

  • permalien Marmar :
    5 juin 2011 @17h17   « »

    L’ultra-capitalisme financier se fait appeler néo-libéralisme alors qu’il est très archéo dix neuvièmiste (pré-keynésien) et pseudo-libéral . En effet l’oligarchie financiaro-médiatico-sondagière , depuis les débuts de la contre-révolution ultra-conservatrice Thatcher-Reagan s’est auto attribué plusieurs fois le PIB ou production mondiale, la nouvelle unité de mesure si on veut évaluer les brassages ultra-financiers et promeut par le canal des media et paradis fiscaux ses larbins politiques.

    Au sommet de cette ultra-oligarchie campent les groupes géants de la finance. Ainsi Goldman Sachs après avoir placé un de ses grands dirigeants au ministère des Finances états-unien va en placer un deuxième à la tête de la Banque Centrale Européenne.
    Quoiqu’on pense de DSK on sait que son successeur au FMI est et sera encore davantage dans la main de l’oligarchie financière US. Entre trois gouttes de sperme aprement discutées et trois milliards de femmes qui vont devenir encore plus pauvres certaines féministes occidentales ont choisi sans même se poser de questions.

    Si on se rappelle que la direction de la FED est composée depuis l’origine des rerésentants des grands groupes financiers on voit que cette ultra-oligarchie financière a pris ou repris toutes les manettes de la finance.

    Leur objectif est d’une part de faire supporter aux peuples des intérêts de plus en plus usuraires :plus de 20% en Grèce, un doublement tous les 3 ans et demi de la dette ; d’autre part de démanteler l’Etat social et d’appliquer à tous les secteurs la règle sacrée de l’oligarchie deux poids, deux mesures. Donc démanteler la santé publique, l’éducation publique, les retaites par répartition, les transports publics etc.
    Sachant que la majorité des économistes ne se reconnaissent pas dans cet ultra-capitalisme financier, en même temps qu’on peut souhaiter une multiplication des places anti-financières (Bastille et autres) à quand un front commun des économistes souhaitant une vraie régulation financière compatible avec la démocratie sociale ?

  • permalien BA :
    5 juin 2011 @21h59   « »
    110 + 100 = 210.

    Deuxième renflouement : l’aide à la Grèce pourrait dépasser 100 milliards d’euros.

    Le premier renflouement organisé voici un an par l’UE et le FMI représentait 110 milliards d’euros, dont 24,4 milliards apportés par l’Allemagne. Un deuxième renflouement est évalué à 65 milliards d’euros, mais il pourrait dépasser 100 milliards d’euros parce qu’il faudra aux emprunts d’Etat grec un suivi financier en 2014, explique Der Spiegel dans son édition du lundi 6 juin 2011.

    http://fr.reuters.com/article/busin...

    110 + 100 = 210 milliards d’euros foutus en l’air (la Grèce ne remboursera jamais ses dettes).

    La photo de l’année 2011.
    Le 30 mai 2011, des dizaines de milliers de Grecs sont dans la rue.
    A Athènes, les manifestants grecs comparent l’Union Européenne à l’Allemagne nazie :

    http://www.spiegel.de/wirtschaft/so...

    Cette photo des manifestants grecs est très révélatrice.
    Cette photo montre que l’idée européenne est morte.
    En Europe, les années qui viennent seront explosives.

  • permalien simplesanstete :
    5 juin 2011 @22h03   « »

    Merci de suivre le fil Crapaud, je n’ai aucun doute qu’il y ai quelque chose de plus essentiel que le constat d’une psycho-rigdité que j’avais rencontré de visu l’ hors de la conférence organisée par JF Khan où j’ai également rencontré PYD. Je souhaiterai échanger de vive voix nos co naissances sur ces 2 ans d’intenses participations au delà de la raison raisonnante seule la réflexion m’intéresse.
    francedubuis@hotmail.co. uk
    A bientôt et bien à vous.

  • permalien Mars :
    6 juin 2011 @19h21   « »

    je vous conseil un très bon documentaire "let’s make money" de Erwin Wagenhofer, vous pouvez le voir en 7 parties, édifiant !!!!
    Voilà le lien : http://www.woouh.com/?p=141
    Vidéo pour ceux qui ont un peu de temps de cerveau disponible.....

  • permalien jpierre :
    6 juin 2011 @21h07   « »

    "Mon calcul, bien risqué, j’en conviens : que le FN au pouvoir fasse assez de conneries pour servir de déclencheur à cette révolution..."
    En ami 68, des gauchistes avançaient des affirmations de ce tonneau-là : il faut provoquer pour que le capitalisme affirme son vrai visage, celui du fascisme.
    Certains hommes de gauche en Allemagne en 1932 pensaient pareil.

  • permalien BA :
    6 juin 2011 @21h17   « »
    Le mot de l’année 2011 : la décote (en anglais : the haircut).

    Lundi 6 juin 2011 :

    Dette : la décote, « un dernier ressort ».

    Restructurer la dette d’un pays de la zone euro ne doit se faire qu’en dernier recours, a déclaré lundi Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE).

    « Imposer une décote aux investisseurs privés peut perturber gravement l’économie réelle et financière des pays créanciers et débiteurs. C’est pourquoi une restructuration ne se ferait qu’en dernier ressort, c’est-à-dire lorsqu’il est évident que le pays débiteur ne peut rembourser ses dettes », dit-il, suivant le texte d’un discours qu’il devait prononcer à Berlin.

    Il a ajouté que d’un point de vue rationnel, « la Grèce devrait être considérée comme solvable et priée de servir sa dette », dans la mesure où elle est disposée à vendre certains actifs.

    D’autre part, « il faut éviter toute restructuration de la dette grecque impliquant une décote ou un défaut partiel », a déclaré lundi le vice-président de la BCE Vitor Constancio. Il a ajouté, sans développer, que des investisseurs privés pourraient être impliqués de différentes manières dans une aide à la Grèce.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

  • permalien Eugène :
    7 juin 2011 @10h57   « »
    la passion des faux problèmes ?

    Pourquoi vouloir faire passer - en vain - la ‘macheira’ d’Abraham ou de Salomon entre les financements de l’économie réelle et ceux de l’économistique spéculative, en supposant donc ainsi que les uns seraient sainement moraux et les autres bons pour addicts d’un super casino mondialisé, alors qu’il faut d’abord reconnaitre que la fonction de valorisation en nous n’est qu’une fonction naturelle [1], c.à.d. partagée avec les vertébrés, mais que chacun à inconsciemment le pouvoir d’acculturer moralement - aux pathologies près, bien sûr, de cette acculturation, l’addiction n’en étant qu’une des formes possibles où l’objet sur laquelle elle porte n’est que secondaire si l’on refuse de confondre symptômes et syndromes ?
    Je trouve finalement assez drôle que vous répondiez indirectement, mais sans l’espérance d’introduire un levier assez puissant pour convaincre les (pour se substituer aux) politiques comme leur permettre de reprendre les commandes, donc sans véritable méthode comme je vous le demandais dans mon commentaire-injonction à votre billet précédent.
    Vous connaissez l’intérêt des modèles théoriques dont il devient possible de vérifier la pertinence ou l’incohérence. La question globale à laquelle la crise multiforme de civilisation nous confronte tient à la possibilité ou non de légalisation de processus minimaux de légitimation, ou à l’institutionnalisation de projets industriels ou de services incluant ces processus de légitimation, la différence passant entre, d’une part le recours aux politiques pour opérer la codification idéale, bien qu’empêtrés dans leurs questions d’accès et d’ambitions pour le pouvoir dont ils se défaussent finalement tous ne sachant peut être pas finalement comment le reprendre effectivement, d’autre part la mise en œuvre de projets correctement structurés pour résister à ce qu’il faut bien se résoudre à appeler un contrôle mafieux, soit une institutionnalisation par la bande, voire la contre-bande s’y j’ose dire. Après réflexion, il n’est pas exclu que la seule solution possible consiste à mettre d’abord en pratique la seconde possibilité pour ensuite laisser les politiques reprendre le train en marche on peut compter sur leur opportunisme, comme ils le font déjà dans la majorité des cas en surfant sur l’opinion, ou encore, à l’image de l’Académie n’enregistrant finalement dans la langue Française qu’une part de ce que cette noble institution estime pertinent devant les mots que la société invente spontanément…
    Bref, la solution pour construire quatre triangles équilatéraux avec six bâtonnets d’égale longueur n’est pas dans le plan ; comme j’en vois déjà quelques uns préférer les allumettes… qui deviennent inutilisables s’ils abusent de l’effet d’éblouissement joyeux et chaleureux qu’elles peuvent aussi nous procurer.

  • permalien Eugène :
    7 juin 2011 @10h58   « »
    la passion des faux problèmes ? (2)

    [1] La mondialisation n’a finalement rencontré que peu d’obstacles de s’appuyer sur cette seule fonction naturelle, alors qu’il devient infiniment plus compliqué de construire des projets sociaux moralement structurés bien qu’ adaptables aux diversités culturelles et à la relativité morale et/ou religieuse ! Je n’ai pas écrit REconstruire car il n’y a pas (eu) d’exemple déjà institutionnalisés. Avis aux chercheurs donc !

  • permalien parkway :
    7 juin 2011 @11h18   « »

    "Arnaud, tu ne te dis pas que l’ascension de Hitler répondait à cette même logique ?"

    arnould, s.v.p., répondez à cette question de gladiator !!!

  • permalien BA :
    7 juin 2011 @17h25   « »
    La passion des faux problèmes : le défaut de la Grèce devra-t-il être appelé "défaut" ? Ou pas ?

    Mardi 7 juin 2011 :

    Moody’s : Un report d’échéance pour la Grèce constituerait sans doute un défaut.

    Un report de l’échéance de la dette par ses créanciers privés pourrait difficilement être considéré comme une démarche totalement volontaire et constituerait donc probablement un défaut, a déclaré mardi le directeur de la division "risque souverain" de Moody’s.

    Un tel report fait partie des solutions évoquées pour impliquer le secteur privé dans un nouveau plan d’aide financière à Athènes, en cours de négociation avec l’Union européenne et le Fonds monétaire international.

    "On a du mal à imaginer, dans les circonstances actuelles, que cela se fasse volontairement", a déclaré Bart Oosterveld à des journalistes à Paris.

    "Notre définition du défaut implique, pour que quelque chose soit volontaire, que cela soit vraiment volontaire", a-t-il ajouté.

    http://fr.reuters.com/article/frEur...

  • permalien BA :
    8 juin 2011 @09h40   « »
    La passion des faux problèmes : comment faire un suicide collectif ? Au cyanure ? A l’arme blanche ? Au gaz ? Au surendettement ?

    Mercredi 8 juin 2011 :

    Le déficit du budget de l’Etat français s’est creusé fin avril, à 61,4 milliards d’euros, contre 56,2 milliards un an plus tôt, mais cette dégradation est liée à des raisons "exceptionnelles" et les recettes fiscales sont en nette amélioration, a annoncé mercredi Bercy.

    Fin mars, le déficit budgétaire s’était établi à 33,6 milliards.

    "Les premiers mois de l’année, la comparaison avec l’exercice précédent reste encore peu significative et marquée par des événements exceptionnels", affirme, comme les mois précédents, le ministère du Budget dans un communiqué.

    Bercy explique l’évolution par une dégradation du solde des comptes spéciaux (avances et opérations financières) de 14,6 milliards, liée aux décaissements du prêt à la Grèce en janvier et en mars, et à des avances anticipées aux collectivités locales dans le cadre de la réforme de la taxe professionnelle, une mesure qui n’aura pas d’impact budgétaire sur l’ensemble de l’année.

    http://www.romandie.com/news/n/Fran...

    En clair :

    - La France était déjà surendettée.

    - La France s’est surendettée encore plus pour pouvoir prêter de l’argent à la Grèce.

    - La Grèce est insolvable : la Grèce ne pourra pas rembourser ses dettes.

    - Les Etats européens surendettés se surendettent encore plus pour pouvoir prêter de l’argent aux Etats européens en faillite, qui ne les rembourseront jamais.

    - L’Union Européenne est devenue folle : l’Union Européenne est devenue un suicide collectif.

  • permalien Gladiador :
    8 juin 2011 @11h04   « »

    l’UE est morte vive l’UE !

  • permalien Gillles :
    8 juin 2011 @15h30   « »

    Quand un bateau mouche croise l’histoire universelle...

    http://vimeo.com/user7274033

  • permalien BA :
    8 juin 2011 @20h38   « »
    La passion des faux problèmes : restructurer la dette grecque ? Ou alors ne pas restructurer la dette grecque ?

    Mercredi 8 juin 2011 :

    L’Allemagne est POUR une restructuration de la dette grecque.

    Le ministre allemand des Finances a conditionné mercredi une aide financière supplémentaire à la Grèce à une participation accrue des créanciers privés à l’effort, par le biais d’une restructuration de la dette.

    Dans une lettre aux plus hauts responsables s’occupant de la crise de la dette, dont l’Associated Press a obtenu une copie, Wolfgang Schäuble propose d’allonger de sept ans les délais de remboursement de la dette afin de donner plus de temps à la Grèce pour réformer son économie.

    http://www.boursorama.com/internati...

    Le même jour, la France se déclare CONTRE une restructuration de la dette grecque.

    La France a réaffirmé mercredi, par la voix du porte-parole de son gouvernement François Baroin, son opposition à toute restructuration de la dette grecque.

    M. Baroin, qui est également ministre du Budget, était interrogé, lors de son compte-rendu hebdomadaire du Conseil des ministres, sur la proposition du ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble d’allonger de sept ans les échéances des obligations grecques en circulation.

    La ligne de la France, c’est "le refus de la restructuration de la dette grecque. Nous ne dévions pas de cette ligne", a affirmé M. Baroin.

    http://www.boursorama.com/internati...

    Conclusion :

    l’Union Européenne, c’est des Etats qui ne sont d’accord sur rien.

  • permalien steph :
    9 juin 2011 @00h30   « »

    @BA
    j’imagine que les banques allemandes et françaises ne sont pas impliquées dans la débandade grecque au même niveau... non ?

  • permalien pmv :
    9 juin 2011 @01h33   « »
    Et pourquoi pas dé-mondialiser ? Pourquoi pas le FN ?

    Voter pour le FN a ceci d’intéressant que Marine Le Pen est clairement contre la mondialisation.

    Contrairement à l’union de l’extrême-gauche qui n’a aucune chance d’accéder au pouvoir, le FN a une opportunité réelle, et contrairement au PS et à l’UMP qui "couchent" avec la haute finance internationale, au point que le PS voulait prendre DSK comme porte-drapeau étendard d’une gauche ultra-libéraliste, le FN a encore les mains-propres dans ce domaine.

    Et si l’avenir pouvait être une sortie de l’europe et une dé-mondialisation ?!?

  • permalien BA :
    9 juin 2011 @08h50   « »
    La passion des faux problèmes : défaut de paiement ? Ou alors défaut de paiement ?

    Défaut de paiement de la Grèce : pourquoi l’effet domino est inévitable.

    La plupart des économistes ne se demandent plus si la Grèce va faire défaut, mais plutôt quand ? Les anticipations vont de quelques semaines à 2 ans, mais pas plus tard que 2013.

    Qu’est-ce qui pourrait arriver si le pire se produit ? Certains n’ont pas hésité à faire un petit exercice de prospective pour voir ce que donnerait un défaut de paiement.

    http://www.lavieeco.com/news/votre-...

  • permalien Cyberpipas :
    9 juin 2011 @12h48   « »
    Voter FN, ou la passion des fausses solutions

    L’aspect dé-mondialisation du FN et la vision protectionniste (mais juste) de l’auteur de ce blog ne sont pas forcément compatibles à long terme : elles le sont jusqu’à la chute de notre ennemi commun, la caste techno-financiaro-politico dominante actuelle. Ensuite, la lutte entre "alliés temporaires", de "circonstance", est inévitable.
    Car le programme économique du FN, consultable sur son site, ne fait vraiment pas envie. Son projet européen, c’est un FN à la tête de chaque nation, et les vaches seront bien gardées. C’est aussi écrit sur le programme de 2012.

    En clair : les ennemis de mes ennemis sont peut-être mes amis, mais pas pour longtemps.
    Virer Nanoléon avec Marine, pourquoi pas, mais qui virera Marine dans la foulée ?
    Pourquoi ne pas tout virer d’un coup ?

    On attend 2017 que Mémé Lenchon ou Hulot aient une chance contre l’UPMSFN ?

    C’est contre la structure de la démocratie représentative qu’il faut lutter !!!

  • permalien Paulo :
    9 juin 2011 @16h10   « »

    J’avoue, Monsieur Lordon, que j’aimerais bien, dans un prochain article, vous voir traiter des avantages (et inconvénients s’il y en a) du "100% monnaie", ce qui serait au moins le moyen idéal de faire rendre grâce aux banquiers en leur interdisant, par le principe même, de créer de leur monnaie à tire larigot !

    Car si l’on se fie à une étude récente de Christian Gomez, c’est un gain "fiscal" indolore de 4,5% du PIB par an et un "gel" instantané des 2/3 de la dette publique lors de la mise en œuvre.

    Ne pensez-vous pas que ça vaudrait le coup ?

  • permalien BA :
    9 juin 2011 @16h58   « »
    La passion des faux problèmes : glou ? Ou alors glou glou ? Ou alors glou glou glou ? Ou alors glou glou glou glou ?

    Jeudi 9 juin 2011 :

    Le PIB grec dévisse au 1er trimestre : - 5,5 % sur un an.

    L’économie grecque s’est contractée beaucoup plus qu’attendu au premier trimestre, ce qui devrait rendre encore plus douloureuses pour le pays les mesures d’austérité supplémentaires réclamées à Athènes par l’Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI).

    Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de - 5,5 % sur un an sur la période janvier-mars, selon des chiffres préliminaires publiés jeudi par l’agence grecque de la statistique Elstat, soit davantage que la contraction de - 4,8 % annoncée en estimation flash.

    D’un trimestre sur l’autre, l’économie grecque affiche une croissance de 0,2 % sur les trois premiers mois de l’année, contre + 0,8 % en estimation flash.

    Pour Emilie Gay, économiste chez Capital Economics, cela augure mal des efforts de la Grèce pour atteindre les objectifs de réduction du déficit prescrits par ses bailleurs de fonds internationaux.

    "Nous prévoyons que l’économie se contractera de 5 % cette année. Pour nous, cela signifie que la Grèce ne parviendra pas à atteindre ses objectifs, comme l’an dernier", juge-t-elle.

    http://www.latribune.fr/depeches/re...

  • permalien BA :
    10 juin 2011 @16h26   « »
    La passion des faux problèmes : comment parler du défaut de la Grèce sans utiliser le mot "défaut" ? Dire : "rééchelonnement".

    Grèce : la zone euro vers un rééchelonnement de la dette.

    Berlin, qui veut faire participer les créanciers privés au deuxième plan d’aide à Athènes, semble en voie d’avoir gain de cause.

    Bruxelles a annoncé vendredi 10 juin que la zone euro étudiait l’option d’un rééchelonnement de la dette grecque, sur une base volontaire de la part des créanciers, en précisant bien qu’il ne s’agissait pas d’une restructuration.

    « Nous avons discuté ces derniers jours d’une initiative du style de celle de Vienne », a reconnu Amadeu Altafaj, le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn. En 2009 dans la capitale autrichienne, les banques créancières de la Roumanie, alors en grave crise, s’étaient engagées en 2009 à maintenir leurs prêts arrivant à échéance.

    « Dans ce contexte, nous avons aussi examiné la faisabilité d’une rééchelonnement volontaire de la dette ou reprofilage » de la dette, a-t-il poursuivi.

    Il a toutefois insisté sur le fait que cela s’entendait « bien sûr à la condition, extrêmement importante, que ceci ne crée pas un événement de crédit », à savoir « une restructuration de dette » susceptible de créer la panique sur les marchés.

    D’après l’hebdomadaire allemand « Der Spiegel », la zone euro veut faire participer les créanciers privés de la Grèce à hauteur de 20 à 35 milliards d’euros, suivant ainsi la volonté allemande.

    Selon le magazine, les ministres des Finances européens seraient prêts à considérer un échange d’obligations contre des titres à maturité plus éloignée.

    C’est la solution prônée par le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble, qui veut un allongement de sept ans des maturités pour toutes les obligations en circulation.

    La Banque centrale européenne (BCE) est catégoriquement opposée à toute action sur la dette qui s’apparenterait à un défaut de paiement, mais pourrait consentir à une solution de « rollover » qui verrait les créanciers réinvestir dans de la dette grecque quand leurs titres arrivent à maturité.

    Selon un porte-parole du ministère allemand des Finances vendredi, quelque 80 à 90 milliards d’euros de dette grecque arrivent à maturité d’ici à 2014.

    http://www.challenges.fr/actualites...

  • permalien BA :
    11 juin 2011 @13h54   «
    La passion des faux problèmes : comment parler du défaut de la Grèce sans dire le mot "défaut" ? Dire : "restructuration douce".

    Samedi 11 juin 2011 :

    Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a prôné samedi sur une radio allemande "une restructuration douce" de la dette grecque, avec une participation volontaire des créanciers privés, comme le demande l’Allemagne.

    "Il n’y aura pas de restructuration totale, là-dessus les gouvernements sont d’accord, l’appui de la BCE à une telle option ne pourrait être obtenu", a dit M. Juncker.

    "Il va falloir qu’il y ait une restructuration douce et volontaire", a-t-il ajouté.

    http://actu.orange.fr/une/grece-jun...

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