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Qui a peur de la démondialisation ?

lundi 13 juin 2011, par Frédéric Lordon

Dans une tribune récemment publiée sur Mediapart (6 juin 2011), des membres du conseil scientifique d’Attac (Geneviève Azam, Jacques Cossart, Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, Catherine Samary et Aurélie Trouvé) déclarent « s’inquiét(er) de la fortune rencontrée par la démondialisation ». Je crois avoir à leur endroit suffisamment d’estime et d’amitié pour leur dire mes désaccords – à plus forte raison après m’être rendu coupable d’avoir moi-même employé le mot « à problème » [1]…

Dépolluer du FN

Du problème en question, il est sans doute utile de commencer par déblayer la situation politique – entendre la dépolluer du Front national. Car l’on sent bien que la fortune de l’extrême droite qui capitalise sur ce thème n’entre pas pour rien dans les inquiétudes des signataires. Mais, par une contradiction performative fatale, faire sans cesse référence au FN à propos de tout débat est à coup sûr le meilleur moyen de l’installer dans la position de centralité dont par ailleurs on voudrait l’écarter. Il ne faut se faire aucune illusion, spécialement quand la nouvelle dirigeante du FN s’avère plus futée que son prédécesseur, et démontre déjà assez son talent de récupération : le FN mangera à tous les râteliers, captera tout ce qu’il peut capter, si bien qu’installer le mythe de l’anti-Midas – « le FN transforme en plomb tout ce qu’il touche » – est le plus sûr moyen de contribuer soi-même à la dégradation de ses propres débats. On n’abandonnera donc pas le débat de la démondialisation sous prétexte que le FN qui a senti la bonne affaire s’y vautre avec délice !

Avant de déserter le terrain, on pourrait en effet au moins avoir le réflexe d’objecter que nul ne s’inquiétait dans les années 1980-1990 que le FN campe sur les idées économiques libérales du RPR-UDF, et nul n’allait soumettre la droite dite « républicaine » à la question de cette embarrassante proximité. Curieusement les proximités ne deviennent embarrassantes que lorsqu’il est question d’en finir avec la finance libéralisée et le libre-échange – et les signataires d’Attac devraient « s’inquiéter » d’avoir ici beaucoup concédé aux schèmes réflexes de l’éditorialisme libéral. Ils pourraient également suggérer qu’on renverse l’ordre de la question, et que « l’éditorialisme » se préoccupe d’aller interroger sérieusement le FN sur ses virages doctrinaux à 180° et sur sa propension récente à aller piller (et déformer) des idées de gauche critique – paradoxe tout de même étonnant si l’on y pense, mais qui semble faire si peu problème que tout le monde se précipite plutôt pour demander à la gauche critique comment elle peut vivre dans pareil voisinage... Moyennant quoi, à force d’envahissements par l’extrême droite, qui ne manque pas de s’en donner à cœur joie avec au surplus le plaisir complémentaire de créer la confusion, et le plaisir supplémentaire de le faire avec la complicité active des victimes de la confusion, il ne restera bientôt plus grand-chose en propre à la gauche en matière économique s’il lui faut abandonner dans l’instant tout ce que l’anti-Midas aura touché. Car il ne faut pas s’y tromper : l’anti-Midas a la paluche aux aguets et il va en toucher autant qu’il pourra. On pourrait donc, par un préalable de bonne méthode, décider d’ignorer les gesticulations récupératrices du FN, de cesser d’en faire l’arbitre intempestif et pollueur de nos débats, et de continuer de discuter des sujets qui nous intéressent.

Au fait, qu’est-ce que la mondialisation ?

Ceci étant dit, c’est une chose de tenir, comme le font les signataires, la « démondialisation » pour un concept « superficiel et simpliste », mais c’en aurait été une autre, bienvenue, qu’ils prissent eux-mêmes la peine de donner leur propre définition « rigoureuse » de la mondialisation. Ecartons tout de suite – je ne les leur prête pas, d’ailleurs – les contorsions sémantiques qui tentent de repérer d’abyssales différences entre « mondialisation » et « globalisation » pour en tirer d’improbables solutions de rattrapage. Ce deuxième terme ne veut rien dire, en tout cas rien dire d’autre que « mondialisation » elle-même, dont il est simplement la dénomination anglo-saxonne (globalization).

Il y a alors deux définitions possibles de la mondialisation :

— Par les externalités : la mondialisation désigne un état du monde où les externalités ont atteint de telles portées et de telles intensités qu’elles rendent nécessaire des formes de gestion supranationales. Le dérèglement climatique est une externalité mondiale et seule une coordination mondiale en viendra à bout. Le problème nucléaire est à externalités manifestes – il faut par exemple féliciter l’Allemagne (et pour une fois on ne verra aucune ironie là-dedans) de sa décision, alors qu’à quelques centaines de kilomètres de sa frontière, le parc de centrales français s’offre à lui envoyer quelques éventuels vents d’ouest un peu pourris. Et l’on pourrait parler des problèmes migratoires, de l’eau, des droits sur les médicaments, etc. Ce monde-là ne peut plus marcher sur des bases exclusivement nationales, il a en effet mondialisé certains de ses problèmes.

— Par la libéralisation des marchés : sous cette autre définition, la mondialisation est à entendre comme le processus de déréglementation du plus grand nombre de marchés possibles sur la base internationale de plus grande extension possible. Sous ce rapport, il n’y a aucune différence à faire entre « mondialisation » et « mondialisation néolibérale ». « Mondialisation néolibérale » n’est qu’un pléonasme et les signataires qui disent vouloir de la première mais pas de la deuxième vont avoir du mal à déplier des différences inexistantes. Entendent-ils qu’ils veulent bien la mondialisation-externalités mais pas la mondialisation-libéralisation ? On le leur accordera sans difficulté, mais la première est politique et la deuxième économique, et il ne fallait pas beaucoup d’esprit de charité intellectuelle pour comprendre que le discours de gauche de la démondialisation s’en prend à la seconde, la mondialisation économique, la seule qu’il y ait à combattre vraiment car elle, elle a produit ses « solutions »… quand la première n’a posé que ses questions.

Les signataires disent vouloir « évidemment réduire les flux de marchandises et de capitaux, et relocaliser les systèmes productifs (…), stopper la concurrence entre travailleurs et paysans du monde, valoriser la diversité des savoirs et des pratiques sociales, nourrir les populations et assurer la souveraineté alimentaire ». Mais c’est cela même la démondialisation – économique ! Et l’on ne voit pas pourquoi penser la chose ne pourrait pas aller jusqu’à dire le mot. Démondialiser, au sens de la deuxième définition de la mondialisation, c’est revenir sur les libéralisations généralisées : en tout premier lieu celles des marchés de biens et services et celles des circulations de capitaux. Il faut une singulière mauvaise foi, doublée d’une réelle incohérence, pour d’une part prêter aux discours de la démondialisation, par une imputation d’essence, d’avoir d’abord désigné « le travailleur chinois comme ennemi » pour se réserver ensuite le joli rôle de la relocalisation, de la réduction des flux de marchandises et de l’arrêt de « la concurrence entre travailleurs du monde »… Sauf dans les catégories de la pensée libérale (ou de la pensée d’extrême droite), tenir le discours de la démondialisation n’a jamais signifié s’en prendre à des individus ou à des groupes sociaux, mais à des structures – même s’il est vrai qu’alors, dans un deuxième temps, reviennent dans le champ de la critique des groupes sociaux particuliers : ceux qui ont eu barre sur, et partie liée à la configuration des structures, savoir l’oligarchie capitaliste.

Mais c’est une étrange réticence celle qui interdit de dire « démondialisation » quand la conscience populaire a identifié la chose qu’elle nomme « mondialisation » comme l’origine de ses souffrances et qu’une analyse rigoureuse peut venir pleinement ratifier cette identification. Les signataires se rendent-ils comptent qu’avec leur dénonciation du « repli national » – et l’on sent bien qu’on a échappé de peu à la « frilosité » et à « l’égoïsme » de ceux qui ont « peur » de « l’ouverture » –, on retrouve sous leur plume les pires lieux communs de l’éditorialisme libéral – ou comment faire tourner soi-même les moulins de ses propres adversaires… Mais le plus grave dans cette convergence, certes ponctuelle mais troublante, tient à la fabrication d’une de ces antinomies qui font, là encore, la joie du commentaire autorisé, antinomie au terme de laquelle la « mondialisation » n’a pour alternative que le « refermement national ». Le monde mondialisé ou la nation archaïque, et choisissez votre camp…

De quelques approximations de l’anti-démondialisation

Passons d’abord sur les approximations et les déformations du discours de la démondialisation relu par les signataires – et d’une relecture qu’on pourrait bien dire elle aussi « superficielle et simpliste »… « Une monnaie nationale ne protège ni du néolibéralisme, ni de la spéculation, ni du productivisme : a-t-on vu quelque gouvernement britannique s’opposer au néolibéralisme du fait qu’il disposait de la livre sterling ? Le franc, la livre ou la lire étaient-ils des boucliers contre les attaques spéculatives ? » Mais qui (à part Marine Le Pen) a jamais dit que le retour aux monnaies nationales était à soi seul la panacée anti-crise ? Quel que soit le degré auquel on adhère à leurs thèses, on pourrait au moins créditer les économistes qui plaident pour le retour à la monnaie nationale [2] d’avoir hautement conscience des périls qui suivraient de l’abandonner à la spéculation internationale et de précisément n’envisager ce retour qu’accompagné de radicales transformations structurelles, notamment financières et bancaires, visant à briser le pouvoir de nuisance des marchés de capitaux.

« On ne renversera pas le dogme de la “création de valeur pour l’actionnaire” en commençant par des droits de douane contre la Chine mais par une redistribution des richesses dans nos pays et entre pays (…). La “démondialisation” n’apporterait rien à l’affaire », écrivent plus loin les signataires. On s’excuse de le leur dire un peu rudement mais cette phrase est d’une parfaite absurdité. Il faudrait être idiot en effet pour prétendre transformer les données de la contrainte actionnariale en s’attaquant à celles… de la contrainte concurrentielle ! Quant à l’injonction mécanique de la « redistribution des richesses », elle n’est pas davantage qu’un vœu pieu récurrent, symptomatiquement matière à mots d’ordre syndicaux qui ne mènent à rien (je veux dire à rien d’autre qu’à d’inoffensifs défilés entre République et Nation), et en elle-même vide de sens tant qu’on n’a pas rapporté ce projet à des transformations concrètes des structures qui déterminent le partage des richesses.

Or parmi celles-ci on trouve typiquement d’un côté les structures de la libre concurrence qui organisent la pression constante sur les coûts salariaux – et, oui, en particulier avec des économies à standards sociaux effondrés (comme la Chine). Sauf à attendre patiemment les quelques décennies de la montée en gamme de l’économie chinoise, de la constitution d’institutions salariales matures et du rattrapage de ses standards sociaux et environnementaux, on voit mal les moyens de la protection des salariés européens, à part la restriction de la concurrence dite non-distordue (ainsi conçue pour mieux laisser jouer toutes les distorsions propres à la mise en concurrence de modèles socioproductifs parfaitement inégaux). Il n’est donc pas question dans cette affaire, comme feignent de le croire les signataires, que l’opprobre soit jeté sur « les Chinois », ou même « la Chine », à qui nul ne saurait reprocher son niveau de développement – bien davantage en revanche sur les fous furieux de l’Union européenne et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui organisent soigneusement la concurrence libre avec elle. Si, par ailleurs, les signataires ont en tête un moyen de restreindre cette concurrence autre que, oui, des droits de douane sélectifs et bien ciblés, surtout qu’ils le disent. Et sinon pourquoi ne pas admettre qu’une telle restriction tombe de plein droit sous la catégorie de la démondialisation ?

Comme y tombent également, d’un autre côté, toutes les modifications des structures de la finance telles qu’entre autres elles soutiennent actuellement le pouvoir actionnarial. Car à moins de poursuivre la chimère de la re-régulation mondiale, que sa magnifique ambition rend au moins certaine de ne jamais aboutir, il faudra bien envisager une re-régulation simplement régionale… qui n’ira pas sans dispositifs de protection adéquats, d’une part pour désamorcer toutes les stratégies d’arbitrage réglementaire et d’autre part pour protéger l’intérieur de la « zone financière régulée » de toutes les instabilités venues d’un extérieur demeuré dérégulé – et cela également s’appelle démondialiser. Ce n’est donc pas la nationalité des opérateurs qui est en jeu – car il est bien vrai que les investisseurs institutionnels français ne sont pas moins rapaces et violents que les autres ! C’est la possibilité de constituer une enclave de vie économique pacifiée sans avoir à attendre la grande convergence mondiale. Mais cette possibilité-là n’est que l’autre nom de la rupture avec la mondialisation.

La question décisive de la souveraineté

Les signataires objecteront qu’ils visent moins loin que le monde : l’Europe. Et on peut leur accorder en effet qu’il y a matière à réfléchir à la circonscription de la régulation « régionale », sans exclure a priori que la « région » aille au-delà de l’actuelle nation. Encore faudrait-il pour ce faire poser le problème comme il convient, c’est-à-dire en termes politiques, et plus exactement sans hésiter à prononcer le mot-clé : souveraineté – mais, après démondialisation, ce mot-là également ne va-t-il pas devenir un imprononçable, et puis logiquement, peu après, un impensable ? Il vaudrait mieux éviter, sauf à ce que, vaincue par la peur de la déchéance « nationaliste » et « souverainiste », la gauche critique se retrouve à poil et incapable de poser le moindre problème fondamental.

C’est qu’en effet il n’est pas d’autre prémisse possible au débat mondialisation/démondialisation que celle qui tient la souveraineté d’un peuple pour le concept-clé de l’époque moderne. La modernité, au sens conceptuel du terme, dont on verra sans peine qu’il s’oppose en tout aux bouillies des usages éditorialistes de ce mot, c’est que des communautés humaines se déclarent maîtresses de leur destin – souveraines. Voilà le fait constitutif de notre horizon historique et politique, la donnée cardinale dont l’ignorance condamne irrémédiablement à l’insignifiance. Or, à l’exact inverse de tous ses amis qui répètent en boucle qu’elle est la modernité même, la mondialisation est anti-moderne précisément au sens où elle organise la dépossession des souverainetés partout où elles existent, sans leur offrir la moindre solution de re-création. La substitution insistante du terme « gouvernance » à celui de « gouvernement » est bien là pour dire le projet général de la dégouvernementalisation du monde, c’est-à-dire de sa dépolitisation. Surtout pas d’Etat – quelle qu’en soit la circonscription –, donc pas de loi, à l’extrême rigueur des règles mais minimales et sans force, et surtout, bien sûr, de l’« éthique »… C’est dans cet univers libre de toute force politique souveraine, la seule qui serait capable de les contenir, que les forces du capital veulent être seules significatives à se mouvoir.

Il fallait donc d’abord déborder les souverainetés nationales, ces lieux ignobles de l’arraisonnement politique des excès privés du capital. Sous couleur de la Terre plate [3] et du monde enfin un, l’abattement des frontières s’en est chargé. Et en effet : quand le financement des déficits est entièrement abandonné aux investisseurs internationaux, quand ceux-ci ont entièrement barre sur les orientations fondamentales des politiques économiques (et commandent la rigueur sans fin), quand les gouvernements se targuent de réformer les retraites au nom du triple-A à maintenir, quand les entreprises peuvent exciper de l’argument aussi ignoble que bien fondé des actionnaires à satisfaire pour justifier les plans sociaux, quand la « liberté d’établissement » promue par le Traité européen autorise tous les chantages à la délocalisation sans que les gouvernements locaux ne puissent mot dire, quand les riches pratiquent l’évasion fiscale à grande échelle sans qu’on puisse les rattraper, en effet la souveraineté n’est plus qu’un souvenir puisque les peuples ne maîtrisent rigoureusement plus rien des éléments fondamentaux de leur destinée.

L’anti-démondialisation, ou l’oubli de la souveraineté

Malheureusement pour les libéraux, la souveraineté attaquée dans les faits résiste dans les esprits. D’où elle ne cessera d’exiger sa reconstitution. Telle est la force de la modernité – la vraie – qui a rendu la dépossession intolérable, en tout cas au-delà d’un certain seuil. Les nécessités de la mondialisation-externalités s’ajoutent aux agressions de la mondialisation-libéralisation pour appeler (les premières authentiquement, les secondes hypocritement) à des redéploiements outre-nationaux du principe de souveraineté. Mais rien ne vient, et pour cause : la force active de la libéralisation n’a aucune intention de reconstituer ailleurs ce qu’elle a si bien réussi à dissoudre ici, et se tient fermement à son projet de grand vacuum politique mondial.

Or le principe de souveraineté est notre invariant politique de longue période. Mais il est en crise profonde de se trouver entre deux réalisations historiques – et la crise ne tombe pas entièrement du ciel : elle a été pour partie (la partie de la mondialisation-libéralisation) délibérément organisée. La mutation territoriale du principe de souveraineté engage alors dans une transition très longue dont les tensions menacent d’être intenables. Lieu de tous les malentendus, la mondialisation est ainsi un point de rencontre paradoxal entre les hypocrites à qui « l’horizon du monde » sert à différer éternellement toute reconstitution du politique, et ceux qui croient sincèrement en la perspective d’une cosmopolitique, c’est-à-dire d’une constitution politique de l’humanité entière. A ces derniers, il faut rappeler ce mot de Keynes qu’à long terme nous serons tous mort, et qu’un projet cosmopolitique qui laisserait le principe de souveraineté en suspens tout le temps de sa transition jusqu’au glorieux avènement final de la constitution politique mondiale durera un peu trop longtemps pour les simples populations – et de ce point de vue ils devraient s’inquiéter de se retrouver bientôt au côté de Jacques Attali, inlassable promoteur du gouvernement mondial et prototype même en cette matière de l’idiot utile.

On pourrait accorder sans difficulté aux signataires que le redéploiement outre-national de la souveraineté est un sens de l’histoire possible, souhaitable même, mais sous la double clause consistant d’une part à en reconnaître la très longue durée de réalisation, et d’autre part (surtout) à admettre que le processus doit se soumettre à l’impératif de maintenir continûment, sous une forme ou sous une autre, le principe de souveraineté, tout le temps de la transition – et si pas capable, s’abstenir  ! Les stratégies de long terme qui ignoreraient cette condition, à l’image par exemple de la fausse promesse de l’actuelle « Europe politique », sont intenables. En combinant le déni délibéré de souveraineté et l’agression sociale répétée, la mondialisation, sous l’effet de sa crise propre, a porté cet intenable à un point critique. Il va donc falloir que l’histoire accouche de quelque chose, et tout de suite ! Mais que peut-on attendre d’elle à si court terme ?

Quoi qu’on en pense, la solution de la reconstitution nationale de souveraineté impose son évidence parce qu’elle a sur toutes les autres l’immense mérite pratique d’être là, immédiatement disponible – moyennant évidemment les transformations structurelles qui la rendent économiquement viable : protectionnisme sélectif, contrôle des capitaux, arraisonnement politique des banques, autant de choses parfaitement réalisables pourvu qu’on le veuille. Que les peuples soient tentés de faire retour, et par le chemin le plus court, aux reconstitutions de souveraineté qui sont à leur portée, il n’y a pas lieu de s’en étonner, encore moins de leur en faire la leçon. On observera tout de même au passage que, contrairement aux critiques épouvantées de la démondialisation, en cela fidèles à un topos libéral type voulant faire croire que tout retour en arrière porterait la guerre – M. Lamy n’a-t-il pas déclaré que le protectionnisme était nécessairement xénophobe et belliqueux ? et les référendums européens n’ont-ils pas systématiquement agité cette menace ? –, les années fordiennes qui, considérées depuis les normes modifiées d’aujourd’hui, ont tout de l’horreur nationaliste (concurrence ultra-restreinte, délocalisations impossibles, marchés financiers sur-encadrés), auront été étrangement paisibles… Il ne s’agit pas d’en tenir ici pour une simple reproduction passéiste d’un âge d’or perdu (et dont la dorure doit beaucoup à des enjolivements rétrospectifs), mais de dire l’inanité des prophéties apocalyptiques qui accompagnent maintenant systématiquement l’idée de ne pas s’abandonner complètement à la perspective unique du monde mondialisé.

Cependant les signataires sont sensibles, et ils ont raison de l’être, aux mouvements de révolte des peuples européens. Voilà ce dont l’histoire pourrait aussi accoucher, et vite – car à force d’être éperonnés, même les bestiaux les plus paisibles finissent par ruer. Mais ces mouvements, quoique tendant évidemment à s’émuler et à se rejoindre, restent cependant nationaux dans les objectifs qu’ils peuvent viser – ne s’adressent-ils pas d’abord à leurs pouvoirs publics ? qui va manifester à Bruxelles ? Aussi faut-il se demander à quelles conditions ils pourraient se trouver un débouché politique proprement européen. Répondre à cette question suppose alors de naviguer entre les écueils symétriques de la position outre-nationale de principe qui a définitivement (et prématurément) prononcé la disqualification du national, et la position nationale souverainiste qui ne veut même pas penser la possibilité d’un redéploiement territorial du principe de souveraineté.

Souveraineté, peuples

Or, tout dans cette affaire se joue dans le prédicat qu’on adjoint au concept de souveraineté. Et notamment dans le fait de considérer qu’il y va de la souveraineté d’un peuple, et non de la souveraineté du peuple. Il faut parler de la souveraineté d’un peuple car il n’y a pas « le » peuple. « Le peuple » n’existe pas – en tout cas au sens d’un constat brut qui imposerait irrévocablement sa factualité. L’un de ses meilleurs commentateurs, Pierre-François Moreau, souligne la portée de cette phrase de Spinoza qui prend soin de remarquer que « la nature ne crée pas de peuples ». Dieu sait que l’époque ne manque pas d’occasions de faire profit de cet avertissement... Qui permet d’abord d’en finir avec la naturalité de la nation, quand ça n’est pas de la « race », et de rendre concevable la plasticité d’un « peuple » qui ne cesse de se renouveler et de se transformer par l’adjonction d’éléments d’abord jugés extérieurs.

Mais l’intégration « au-dedans » des étrangers est la manifestation pour ainsi dire métabolique de cette plasticité, dont rien n’interdit par ailleurs de concevoir en principe qu’elle puisse également prendre d’autres formes, celle par exemple d’un mouvement d’extériorisation qui constituerait un peuple de « peuples », entendre qui fondrait des peuples antérieurs en un peuple nouveau – mais évidemment sous certaines conditions bien particulières. Seule la fixation nationale-éternitaire, ignorante d’ailleurs de sa propre histoire – car la nation n’a pas été toujours déjà donnée ! –, et par là même portée à se poser comme le terminus de l’histoire des peuples, peut conduire à exclure d’emblée et formellement cette possibilité. Quand bien même l’histoire passée ne donnerait aucune réalisation à l’appui de cette possibilité (ce qui est d’ailleurs faux), il faudrait singulièrement sous-estimer les possibilités de l’histoire future, autrement plus créative (pour le meilleur et pour le pire) que ne le pensent les prophètes à rétroviseur. Les peuples sont des entités collectives en constants remaniements et, s’il est permis de paraphraser Spinoza, nul ne sait ce que peuvent les corps politiques.

Aussi l’époque de la mondialisation pose-t-elle une authentique question de philosophie politique en nous sommant de penser à nouveaux frais les rapports de la souveraineté et de la nation (ou du peuple). Et plus précisément en suggérant de renverser le rapport sous lequel les deux termes sont habituellement articulés : loin que la souveraineté dérive d’une nation (ou d’un peuple) antérieurement donnée, c’est plutôt le « peuple » (ou la nation) qui doit être compris comme l’effet d’une « déclaration » préalable de souveraineté collective. La souveraineté n’émane pas de la nation, c’est la nation-peuple qui émane de la souveraineté. Est appelée peuple (ou nation, comme on voudra) la collectivité qui s’est posée comme souveraine.

Or cette position-assertion de souveraineté, c’est-à-dire le constat, à enregistrer comme tel, qu’une certaine communauté humaine se déclare maîtresse de son propre destin, est susceptible a priori de n’importe quel périmètre – et pas forcément de ceux-là seuls qui ont été légués par l’histoire sous la forme des « nations » présentes : soit le problème même d’un éventuel devenir politique européen. Evidemment, remis dans ces termes, le problème « souveraineté-peuple » ne fait que se déplacer, et pose alors la question des facteurs historiques qui peuvent déterminer une telle déclaration de souveraineté collective et sa circonscription originale. La réponse est : des choses en commun. Plus exactement des manières communes. Manières politiques bien sûr, de penser et de juger, d’envisager la vie matérielle collective notamment. Ce sont des manières communes qui rendent possible la déclaration d’un commun politique – d’une souveraineté.

Jusqu’où doivent aller ces partages pour conduire à une assertion de souveraineté collective qui fasse peuple viable ? Il n’y a pas de réponse théorique à cette question qui est décidée en situation par l’histoire. Du discord fracture assurément, et même profondément, les collectivités que nous nommons actuellement nations. Il faut croire qu’il n’est cependant pas assez profond pour les décomposer comme telles et qu’il est jugé appartenir encore au champ de ce qui peut être accommodé dans le cadre de leurs institutions politiques. Vient pourtant parfois la division de trop, le conflit irrémédiable qui rend impossible la coexistence des parties – et la nation se défait, à froid [4] ou dans la guerre civile. La réponse à la question du commun requis ou des discords praticables est donc entièrement empirique et même tautologique : si la communauté « tient », c’est que le commun établi l’emporte sur les discords exprimés.

Soit le retour à la nation, soit la fracture de l’euro
(et dans tous les cas la sortie de cette Europe)

« Mondialistes » et « nationalistes » pèchent alors par méconnaissances symétriques. Les premiers, par intellectualisme idéaliste, méconnaissent la nécessité d’une fabrication de commun antécédente comme prérequis à toute constitution de souveraineté politique. Les seconds ont fixé à tout jamais le seul commun possible dans les limites éternelles des nations d’aujourd’hui. Des « internationalistes raisonnables », parmi lesquels on rangerait les signataires, se présentent en se disant « européens » (on va leur éviter le péjoratif « européistes »). Accordons-leur ceci : en effet, entre la mondialisation et les nations, il y a la régionalisation comme espace envisageable de redéploiement d’une politique. Reste la question de son périmètre.

Or la cartographie des révoltes actuelles n’est pas celle de l’Union européenne telle que les signataires voudraient la voir muter en authentique Europe politique. Où passent donc les limites d’un commun « européen » susceptible de faire souveraineté ? Grèce, Espagne, Portugal, Italie, France, à l’évidence. Contre toute attente (et quand bien même ils ne sont pas dans l’euro) les Anglais aussi peut-être, et pas seulement parce qu’il y a des uncuts dans la rue, mais parce que le lien sacré du Royaume-Uni avec la finance, qui en principe devrait rendre toute association impossible – le rapport vis-à-vis des créanciers, des actionnaires, du patrimoine financier : en voilà une manière de juger discriminante à l’époque actuelle –, parce que ce « lien sacré », donc, est bien plus celui de l’oligarchie britannique que du reste de la population.

Le cas anglais est utile à évoquer pour faire contraste avec le cas allemand. Si la finance n’est pas une propriété d’essence de la nation anglaise, mais bien de la chose de ses possédants, la croyance monétaire allemande – celle-là même qui a si puissamment informé sa politique économique en longue période et qu’elle a su imposer à l’eurozone entière – est bien plus transversalement partagée. Que les travailleurs allemands aient été malmenés par une décennie de déflation salariale Schröder-Merkel n’est pas douteux. Qu’ils puissent en concevoir quelques sérieuses raisons de mécontentement, c’est certain. Que ce mécontentement puisse aller jusqu’à la mise en cause des principes de l’ordre monétaire euro-allemand, la chose est impossible. Or c’est précisément cela dont il faut « nous » débarrasser. D’où l’on conclura qu’il y a avec l’Allemagne un discord trop irrémédiable pour faire communauté outre-nationale souveraine [5], et qu’elle n’entrera pas dans ce « nous », ainsi probablement que tous ceux avec qui elle fait commun sur cette question décisive.

Rien n’interdit que des peuples se dépassent, ou plus exactement se découvrent suffisamment de commun pour faire ensemble nouveau peuple, parce que ce commun rend possible une affirmation souveraine étendue, d’ailleurs consciente du surplus de force qu’il y a à tirer de cette extension. La croissance des périmètres de souveraineté est une chose souhaitable en soi puisqu’elle garantit la paix sur des territoires plus grands. Mais, sauf illusion intellectualiste type, le mobile de la paix ne saurait fournir à lui seul les conditions de possibilité de ces extensions. La régionalisation peut donc désigner un tiers terme possible pour sortir de l’indigente antinomie du mondial et du national. Mais pas sur n’importe quelle base, et notamment pas celle de l’Europe actuelle des 27.

Indépendamment de toute spéculation à ce sujet, il se pourrait que, de leur propre cours, les événements de l’économie européenne se chargent de trancher. Car l’inéluctabilité à deux ans d’un défaut grec, en dépit de toutes les manœuvres de retardement, ses probables effets de propagation, l’ampleur de la secousse qui dévasterait à nouveau les systèmes bancaires européens (et pas seulement), l’impossibilité cette fois d’un nouveau sauvetage des institutions financières par les Etats, créeraient une situation de crise si extrême que la fracture s’imposera d’elle-même : d’un côté ceux qui « changeront tout » (ou plutôt qui, par échecs successifs et épuisement de toutes les armes orthodoxes disponibles, n’auront en fait pas d’autre choix que de « tout changer ») – monétisations massives, saisies des banques, neutralisation brutale des marchés de capitaux, re-régulation radicale de la finance [6] –, de l’autre ceux qui s’estimeront capables (et surtout désireux) de continuer le jeu ancien, débarrassés des « autres » avec qui ils n’auront toujours partagé une monnaie qu’à contre-coeur.

It’s the politics, stupid !

On devrait au moins pouvoir espérer faire entendre que les positions nationaliste et « outre-nationaliste » ont chacune des arguments intéressants – avec toutefois pour la première cet avantage d’incorporer immédiatement la question décisive de la souveraineté. Mais il faut bien s’arrêter quelque part après avoir navigué entre elles deux. En l’occurrence à ceci :

Oui, le dépassement des nations actuelles, et la reconstitution de nations – c’est-à-dire de peuples souverains – à des échelles supérieures est une possibilité de l’histoire.

Mais non, il ne réussira pas dans les conditions de l’Europe actuelle – parce qu’il a été engagé sous les pires modalités, vouées à le faire échouer à force de maltraiter les peuples dont on voudrait faire un peuple.

L’alternative est donc la suivante :

— Soit, prolongeant ses tendances présentes, il échouera complètement, et produira son contraire radical, rendant impossible pour longtemps sa propre relance. On pourra le regretter, mais il n’y aura pas lieu d’en faire un drame. L’expérience historique récente, celle du fordisme, a amplement montré la possibilité d’un ordre économique de nations souveraines, dont seul un discours spécialement inepte peut dire qu’elles tomberont dans l’autarcie nord-coréenne si elles ne se livrent pas corps et âme à la mondialisation. Il y a une économie internationale pensable qui ne prend pas la forme de la mondialisation.

Soit on décide d’arrêter le tir tant qu’il est encore temps, sachant que l’explosion financière qui s’annonce autour des défauts publics pourrait bien apporter d’elle-même ses « solutions » : constat d’impossibilité d’une eurozone qui persisterait dans les mêmes principes « allemands » de politique économique, fracture en sous-blocs avec formation d’un groupe non-allemand où la révision profonde du cadre économique, monétaire, financier et bancaire, et l’apaisement des tensions internes qui s’en suivraient, permettraient de mieux repartir vers la formation d’une entité politiquement intégrée, c’est-à-dire vers l’affirmation authentique d’une souveraineté régionale, qui deviendra en fait une souveraineté nationale, mais d’une nouvelle nation, constituée à partir des anciennes.

Ce nouveau peuple souverain se constituerait sur la base d’une organisation économique qui, de fait, aurait mis un terme à la mondialisation financière et, par un protectionnisme ciblé, aux inégalités du libre-échange généralisé, autre manière de dire qu’il aurait démondialisé, et que le dépassement des anciennes nations n’est nullement incompatible avec la démondialisation (laquelle, inversement, n’est nullement vouée à signifier « repli national »). C’est même en fait l’exact contraire ! La démondialisation pourrait bien être la condition nécessaire à la reprise d’un projet outre-national raisonnable, c’est-à-dire régional, et toujours sous la réserve d’une circonscription bien pensée (car on ne fait pas communauté politique avec n’importe qui). Sauf à ce que la gauche critique se mette à avoir peur des mots, il lui faudra bien reconnaître que « démondialisation » est le nom même de la réouverture du jeu, que celui-ci conduise à ré-explorer les possibilités de souveraineté des nations présentes (si aucune autre solution n’est praticable) ou à persister dans l’idée d’un projet outre-national, mais cette fois en poursuivant un objectif fondamentalement politique par des voies politiques – car la production du politique par l’économique, ça ne marche pas. Et dans tous les cas, si vraiment il n’est pas de question plus fondamentale que celle de la souveraineté, et que son oubli est l’assurance des pires catastrophes, alors il est temps de renverser l’adage dont on dit qu’il fit la fortune électorale de Bill Clinton, d’ailleurs mondialisateur patenté et artisan notoire du monde écroulé d’aujourd’hui : it’s the politics, stupid [7] !

Notes

[1] « Et si on commençait la démondialisation financière ? », Le Monde diplomatique, mai 2010.

[2] Jacques Sapir, « S’il faut sortir de l’euro… », document de travail CEMI-EHESS, 6 avril 2011 ; Jacques Nikonoff, Sortons de l’euro. Restituer la souveraineté monétaire au peuple, Mille et Une Nuits, Paris, 2011.

[3] Pour faire référence à l’ouvrage de l’inénarrable Thomas Friedman, La Terre est plate. Une brève histoire du XXIe siècle, Saint-Simon, Paris, 2006.

[4] Comme la Tchécoslovaquie, peut-être bientôt la Belgique.

[5] Voir « Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne ! », La pompe à phynance, 29 mars 2010.

[6] Voir « Sauver les banques, jusqu’à quand ? », La pompe à phynance, 11 mai 2010.

[7] Clinton fit campagne contre le mauvais bilan économique de George H. Bush sur le slogan « it’s the economy, stupid ! » (« C’est l’économie qui compte, imbécile ! »).

298 commentaires sur « Qui a peur de la démondialisation ? »

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  • permalien BA :
    13 juin 2011 @13h30   »

    A mon humble avis, le dépassement des nations actuelles échouera complètement. Et ce ne sera pas un drame. Ce sera simplement le retour à la réalité.

    Ce sera simplement la fin du rêve européen supranational. Ce sera la fin des illusions.

    Ce sera le retour à la réalité : tant mieux.

  • permalien th Mercier :
    13 juin 2011 @14h02   « »
    collectivisation de votre réponse ?

    cher Monsieur Lordon,
    Il me semble que votre réponse claire et sans détour à vos "amis" prendrait plus de force si elle était collectivement cosignée par les "économistes aterrés" dans un "grand " média.Merci pour cet article. Th M

  • permalien Albert.Marque@wanadoo.fr :
    13 juin 2011 @14h02   « »

    Bravo,c’est une très bonne leçon aux hypocrites qui utilisent honteusement les manoeuvres de Me Le Pen comme prétexte pour ne pas aborder les problèmes de fonds souhaitant ainsi éviter out débat sérieux d’ici la présidentielle...Mais quelle tristesse de constater que tous ces angoissés de leur carrière politique soient soutenus par ATTAC !!!!!

  • permalien Yvan :
    13 juin 2011 @15h24   « »

    La mondialisation c’est une affaire vieille comme le monde et ce n’est pas prêt de changer.

    Ce qui est récent, c’est le carburant à bas prix et ça, par contre c’est très anecdotique.

    Le fait qu’une fraise n’ait pas le temps de pourrir entre Camberra et Knock-le-Zoute, qu’on le veuille ou non ça donne des droits et devoirs aux Australiens sur les estomacs Belges et réciproquement (au moins tant qu’on aura de la benzine).

    Ce qui fait que la question de la déréglementation ou de la re-réglementation ne pose un problème que si la loi est utilisée comme facteur économique (c’est la réglementation douanière, uniquement). Si on considère les lois comme une défense de la collectivité contre l’individu (débat déjà ancien) il suffit de les adapter aux nouveaux préjudices causés à la majorité, pour châtier les individus coupables des nouveaux délits engendré par l’accélération des échanges..

    Ce qui amène à la notion de la souveraineté, qui ne devrait jamais poser de problème si celle-ci est réellement exercée par le peuple. Car le peuple qu’il soit de France d’Europe ou du Monde se soucie peut de l’espace sur lequel s’exerce sa souveraineté pour peu qu’elle lui permette de protéger l’intérêt collectif.

    Il va de soit que si cet espace couvre l’ensemble de la planète, cette souveraineté doit être planétaire.

    (Quant au FN, je ne comprends pas bien ce qu’il vient foutre dans ce débat.)

  • permalien rc+ :
    13 juin 2011 @15h54   « »

    l’Allemagne n’abandonne pas le nucléaire elle l’achète à la France, il y a quelque vice de fond dans votre exposé,me semble-t-il,il est plus que temps de passer à un démantèlement des nations

  • permalien Claude Animo :
    13 juin 2011 @16h09   « »
    Le FN : un non-danger.

    Le FN ne représente et ne représentera jamais le moindre danger pour nos institutions.

    Le FN au pouvoir, de quelles élites pourra-t-il se prévaloir ?
    Ses leaders ? les héritiers de tortionnaires et de négationnistes.
    Son corpus idéologique ? La haine.
    Sa doctrine ? mettre les émigrés à l’eau dans des rafiots de fortune.
    Son personnel politique ? celui des dernières cantonales.

    Le FN a les mêmes capacités à prendre le pouvoir que ne l’eut en son temps l’OAS, ramassis pathétique de généraux félons.

    A l’heure où la finance a choisi Obama plutôt que Bush, expliquez moi pourquoi cette même finance choisirait-elle le FN plutôt que le PS ?

    UMP et PS, n’ont pas fini de promouvoir le FN.
    L’ UMP parce qu’elle a cessé d’être un parti républicain.
    Le PS, parce qu’il s’est réfugié, par peur de la politique, dans une bien-pensance autrement plus confortable.

  • permalien KarimW :
    13 juin 2011 @18h30   « »

    Si l’UMP n’est plus républicain, craignez (l’alliance avec) le FN !

  • permalien RST :
    13 juin 2011 @21h09   « »
    Mise au point salutaire

    Merci pour cette mise au point salutaire.

    On pourra aussi lire la réponse de J.Sapir, un peu plus "sanguin", ce qui peut se comprendre compte tenu du fait qu’il est mis en cause sans être nommé, procédé peu glorieux.
    C’est ici : http://postjorion.wordpress.com/201...

    Décidemment, ATTAC n’en finit pas d’agoniser. Dans un dernier soubresaut, ils s’en prennent maintenant à leur propre camp. C’est pathétique.
    D’autres l’ont très bien expliqué :

    Pascale

    Yann

    Tout cela est bien triste

    RST

  • permalien j+PAS :
    13 juin 2011 @22h02   « »

    La démondialisation est imparable :
    A l’avant-garde consciente et décidée,avertie de futures catastrophes nucléaires à répétition, de phénomènes climato violents (pôvres de nous) et de pratiques chimio pesticidaires, il y a nous .
    voilà notre avenir :
    Voulons nous oui ou non sortir à coups de pied dans l’cul ces faquins et ces bonimenteurs, pseudo experts, payés pour déverser des mensonges pour cacher la gravité de la situation en France.?
    Ces imposteurs médiatiques ont des intérêts très mélangés avec l’agro industrie, la chimio industrie, le nucléaire (prroduction et retraitement), l’industrie du vert-divetissement (terrains de golf, parc de loisirs, piscines à gogo etc...), et le sport, bien sûr, l’éternel oublié de la litanie des catastrophes de notre époque.

  • permalien Zlotzky :
    13 juin 2011 @23h30   « »

    rc+ :
    Il s’agit d’une idée reçue ; en réalité la France importe plus d’électricité d’Allemagne que l’inverse.

  • permalien Asse42 :
    13 juin 2011 @23h54   « »

    Oui article intéressant et argumenté. C’est dommage que le gauchisme soit si peu courageux et beaucoup instrumentalisé par la soumission au dogme internationaliste.

    En fait le débat est bien entre démondialisation, qui évidemment n’est pas possible, et démondialisme qui est une nécessité !

    Passer de la démondialisation au démondialisme !

  • permalien Pascale :
    14 juin 2011 @02h05   « »

    Frédéric,

    Ton article est remarquable. Clair. Limpide.Politique plus qu’économique, ce dont je te remercie.

    Et pour tout te dire, merci de dire très clairement ce que je pense moi-même.... Ca m’évite du travail...

    Pascale F - de Des Sous...

  • permalien Jordi GRAU :
    14 juin 2011 @07h23   « »

    Merci, M. Lordon, pour ce texte clair et globalement bien argumenté.

    Me permettrez-vous deux petites critiques ou objections ?

    - Vous affirmez que les Anglais ne se sentent pas solidaires de leur oligarchie financière alors qu’une révolte allemande contre l’ordre monétaire "euro-allemand" serait "impossible". N’y a-t-il pas là, à votre corps défendant, un petit préjugé germanophobe ? Il me semble que n’importe quel peuple peut se révolter à partir du moment où il est massivement touché par une crise économique et par une politique antisociale. Si l’Allemagne ne s’est pas encore réveillée, c’est sans doute parce qu’une part importante de sa population ne s’en sort encore pas trop mal, malgré la politique antisociale menée par Schröder et ses successeurs. On pourrait d’ailleurs dire la même chose de la France, qui reste pour l’instant fort tranquille, si on la compare avec l’Espagne. Mais si - comme c’est probable - la situation s’aggrave dans les années à venir, le mécontentement pourrait s’amplifier sérieusement chez nous comme chez nos cousins germains.

    - Vous parlez de la souveraineté du peuple. Mais n’y a-t-il pas là un mythe ? On confond souvent régime parlementaire et démocratie. Mais les "démocraties" modernes sont des sorte de compromis entre aristocratie et démocratie (sans parler de la monarchie, dont il reste des vestiges importants, notamment en France). Dans le régime oligarchique modéré qui est le nôtre, le peuple n’est pas réellement souverain. Il a sans doute une certaine influence sur les affaires politiques, mais il doit laisser les décisions les plus importantes entre les mains des élites financière, médiatique et politique. Les choses pourraient changer. Elles étaient en passe de l’être pendant les trente glorieuses, période où les inégalités sociales diminuaient et où une agitation révolutionnaire laissait espérer des changements radicaux dans les institutions. Peut-être ce vent de démocratisation va-t-il de nouveau souffler. Il semble qu’il ait déjà commencé à le faire en Espagne, en Islande ou en Grèce... Mais il est encore trop tôt, je pense, pour parler DU peuple français, DU peuple anglais, espagnol, allemand, etc. En réalité, il n’y pas UN peuple, mais des catégories sociales fortement hiérarchisées et chapeautées par une oligarchie encore très puissante.

  • permalien BA :
    14 juin 2011 @08h49   « »
    Acte I, scène 1 de la démondialisation : l’explosion de la zone euro.

    Aujourd’hui, trois Etats européens sont insolvables : le Portugal, l’Irlande, la Grèce.

    Nous pouvons observer les taux de leurs obligations à 3 ans, et les taux de leurs obligations à 10 ans : les courbes sont inversées !

    Pour ces trois Etats, les taux des obligations à 3 ans et à 10 ans ont battu leurs records historiques aujourd’hui. Leurs taux n’ont jamais été aussi élevés.

    Portugal : taux des obligations à 3 ans : 12,926 %. Record historique battu.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,668 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 3 ans : 13,490 %. Record historique battu.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,349 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 3 ans : 26,596 %. Record historique battu.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 16,974 %.

    La zone euro va exploser.

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    14 juin 2011 @12h03   « »

    Autrement dit, prenant acte de ce que les pays dits "latins" (dans lesquels la France, pays intermédiaire, est ici abusivement classée) ne sont ni sérieux ni fiables, et donc sont incapables de tenir la distance face aux Allemands rigoureux, efficaces et industrieux, il s’agit donc de recréer une Europe méditérranéenne entre perdants : trop mauvais pour se conformer aux règles, on laisse les règles aux bons élèves et on en crée de nouvelles pour les cancres.
    C’est la modernisation d’un anti-germanisme d’un autre âge, cette allergie irréductible et incurable de certains Français complexés parce que jamais à la hauteur. Cet article est très représentatif de la xénophobie anti-Europe du Nord d’une certaine gauche, qui confusément aime le désordre, le soleil et se méfie de ce qui est trop bien balayé. Et c’est une xénophopbie qui bizarrement est permise ; cet antigermanisme se cache de moins en moins : "Damnés Allemands, avec leurs succès et leur monnaie solide, leur propreté, leur ordre et leur ponctualité !"
    Que de circonlocutions, pour simplement dire que l’on pense à peu de chose près comme Michel Droit et Paul-Marie Coûteaux.

    Quel est l’alternative à "l’ordre monétaire euro-allemand" ? Le bordel et le laxisme Greco-Sicilien ? Ce sera sans moi. Je déménagerai à Berlin, chez les fonctionnaires intégres, les hopitaux stériles et les pelouses bien tondues.

  • permalien KarimW :
    14 juin 2011 @12h35   « »

    "Quel est l’alternative à "l’ordre monétaire euro-allemand" ? Le bordel et le laxisme Greco-Sicilien ? "

    Au moins, on sait qui se complait dans l’essentialisme raciale, dans le racisme...

    Question subsidiaire : si les partenaires économiques de l’Allemagne (ou de la Chine) ne sont plus solvable, ils vont vendre leurs produits où et à qui ?

  • permalien adri :
    14 juin 2011 @12h48   « »
    à Valentin Fiumefreddo : Qui a peur de la démondialisation ?

    Je pense que Lordon n’est pas vraiment anti-teuton et qu’il ne souhaite pas rassembler les perdants de l’Union Européenne au sein d’une nouvelle zone. Il se base sur les faits, qui montrent qu’il n’est pas possible de mener une politique qui convienne à la fois aux pays "latins" et à l’Allemagne. Il n’y a pas de communauté d’intérets. Point. Les économies sont différentes de fait. Pas besoin d’aller plus loin. A politique monétaire commune, ils exportent, tandis que les balances commerciales des pays "latins" sont déficitaires. Les pays "latins" ne disposent pas de niches comme l’Allemagne. Cela n’a rien à voir avec leur pilosité, ou leur supposée prédisposition à la sieste et au bronzage ou encore au "bordel greco-sicilien".
    Or, et c’est Mundell qui le dit (Américain pur souche non membre d’une orga d’extreme gauche ni même de la ramollie ATTAC, loin de là), avoir des intérêts communs est la première des conditions à l’instauration d’une zone monétaire de taux fixes. Cette condition n’est pas là. D’où la fameuse euro-divergence qui nous éloigne de l’Allemagne et nous rapproche qu’on le veuille ou non du "Club Med".

  • permalien Emmanuel Quilgars :
    14 juin 2011 @13h22   « »

    A propos de "mondialisation" : un compte-rendu du récent livre de Nicholas Shaxson, "Treasure Islands" ("Les Îles au trésor"), qui nous apprend que "le plus grand paradis fiscal de la planète n’est pas une petite île avec palmiers de la mer des Caraïbes mais un pays au climat nettement moins agréable (sauf pour les affaires) situé à deux heures de train de Paris : le Royaume-Uni".

    http://bloginlondon.wordpress.com/2...

  • permalien pino69 :
    14 juin 2011 @14h14   « »

    Mr Lordon,

    Brillante analyse comme à votre habitude.
    Cependant, il me semble que vous sous-estimez des facteurs culturels fondamentaux qui demeurent ontologiquement liés aux nations, ne serait-ce que la langue, l’histoire, ou bien les différents mythes et folklores, fondateurs puis fil blanc de nations parfois millénaires.
    Autant votre analyse se tient d’un point de vue socio-économique, autant l’émergence de nouvelles nations, ou groupes de nations, paraît peu probable, hormis les cas d’opportunité (Belgique, pays baltes, Ibérie...).

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    14 juin 2011 @14h22   « »

    @Karim : Point Godwin atteint dés le premier message. Record battu.
    @Adri :
    Il n’y a pas de communauté d’intérêt, et alors ? C’est aux pays faibles de se soumettre, c’est tout. Avec ce raisonnement, la moitié des Etats des USA devraient faire sécession comme la Corse ou la Bretagne. La contrepartie est que l’Allemagne paiera, parce que nous sommes dans le même super-Etat, l’UE, et cela ne changera pas.

    4) Il y a bel et bien une gauche souverainiste (berrk !) anti-teutonne, à la E. Todd, très embarassée de ne pouvoir exprimer son aversion à cause de la bienséance anti-xénophobie. Les voir tourner autour du pot donne des sensations très agréables. Cela va devenir difficile d’avoir le même programme que la communiste Marine Le Pen (qui elle-même a le même programme que 1981 : la faillite dans un seul pays mais, au moins, "chez nous") tout en s’en démarquant vertueusement.

    Que se passe-t-il ? Vous avez peur d’être allemand, ou du moins "germanisé" ? Pourquoi ? tiens tiens... Je croyais que l’on s’enrichissait de nos différences. Avec la culture germanique, là, d’un seul coup, ça ne marcherait pas ?

  • permalien pseudonyme :
    14 juin 2011 @14h51   « »

    bonjour
    cela fait plusieurs fois que je lis sous votre plume que l’orthodoxie monétaire allemande serait tout à fait soutenue par la population.
    Vu l’importance de cette hypothèse j’aimerai bien savoir d’où vient cette certitude ?

  • permalien dussardier :
    14 juin 2011 @15h38   « »

    Est-il vrai que contrainte actionnariale et contrainte concurrentielle sont indépendantes ?
    La première, ainsi que la pression à la baisse sur les salaires, a toujours été justifiée par la seconde, non ?

    Il faut en effet revenir à quelque souveraineté, mais la vieille nation paraît plus adéquate qu’un fragment d’Europe, au moins dans un premier temps.(je ne suis pas un pollueur !)

  • permalien Philippulus :
    14 juin 2011 @16h09   « »

    @Valentin etc..
    Parmi les images récentes en provenance de Grèce, j’ai été très impressionné par celle d’un drapeau européen surchargé d’une croix gammée. Très explicite. Il est vrai que les grecs ont gardé un vif souvenir du passage de la civilisation germanique sur leur territoire et que de plus, après s’en être débarassé par eux mêmes, ils eurent le grand privilège de voir les "alliés" venir faire un peu de tourisme militaire et leur expliquer un peu rudement que le communisme (beurk) c’était pas bien pour eux.
    Mais tout celà n’est-il pas un peu hors-sujet ?

  • permalien Joan :
    14 juin 2011 @16h12   « »
    L’internationalisme utopique a dissout les gauches nationales

    Je m’explique, la gauche internationaliste et libertaire ne peut envisager un protectionnisme régional, sélectif et intelligent (en Europe par exemple). Car elle est pour la disparition de la nation au prétexte que la nation c’est la guerre. Ce faisant elle est un allié objectif de l’internationale capitaliste au niveau mondial et de partis du repliement national comme le FN en France (à son corps défendant, peut-être, mais c’est un fait).
    Car la nation c’est aussi le cadre dans lequel fonctionnent jusqu’à nouvelle ordre les systèmes de redistribution basés sur la solidarité. De fait, la gauche est schizophrène et à la ramasse dans le monde de la mondialisation libérale actuelle.
    J’ai encore en mémoire le spectacle de ces militants socialistes, qui regardaient avec une certaine condescendance les défenseurs de l’idée de collectivité nationale avant un fameux 21 avril 2002 et qui tout de go, dans l’entre deux tours, se sont mis à chanter à tue-tête la Marseillaise dans les rues, enroulés dans des drapeaux bleu, blanc, rouge. Ce phénomène s’est d’ailleurs reproduit lors de la campagne de Ségolène Royal en 2007.
    Mon grand-père qui avait fait la guerre de 14-18 et qui était plutôt de sensibilité de gauche (mais d’une gauche non naïve), me disait déjà que l’internationale du capitalisme existait bel et bien, alors que celle des peuples non.
    C’est pour cela que je pense que Frédéric Lordon pose le problème fondamental de l’émergence de nouvelles souverainetés qui en engloberaient d’autres plus anciennes, c’est la seule façon de faire reculer la guerre comme moyen de résolution des tensions entre des collectivités différentes et de respecter la mémoire de tous ceux qui ont combattu en espérant que ce serait la "der des der".
    Si l’Allemagne n’est pas prête à partager sa souveraineté par rigidité constitutionnelle, alors il faudra faire sans elle au moins tant qu’elle ne sera pas prête. Mais il n’y a aucun anti-germanisme là dedans, c’est une simple constatation.
    Quant à la France il faudra que ses principaux partis politiques arrêtent d’instrumentaliser un FN, qui leur sert si avantageusement de repoussoir, ou de réservoir de voix lors de l’élaboration de leur tambouille électorale. Ce changement d’échelle des souverainetés est incontournable, car le progrès technologique a créé de nouveaux défis (le changement climatique par exemple), qui ne peuvent se résoudre dans les frontières étriquées des anciens Etat-Nations.

  • permalien Marmar :
    14 juin 2011 @17h43   « »

    Très bon article de F.Lordon.
    En fait il s’agit d’un problème ancien pour la Gauche. Jaurès disait :"Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup en rapproche".La financiarisation est mondialiste, les acquis et organisations du monde du travail sont nationaux.
    L’Europe néo-libérale a été "vendue" à la Gauche par Delors et Mitterrand comme l’antichambre d’une Europe politique et sociale qui n’est jamais venue compte tenu de l’aplatventrisme économique de Mitterrand vis à vis de la Droite CDU de Kohl et des accords signés. Déjà à l’époque certains ex-trotskystes comme Cambadelis ou J.Dray avaient accompagné cette politique qui a abouti avec le retour de la Droite à un ultra-capitalisme financiarisé. Les Chevènementistes et le PCF avaient critiqué cette dérive. La scission entre Attac maintenue (nouvelle direction) et le MPEP plus proche de la ligne ici défendue et de l’ancienne orientation me font penser au clivage précédent sur certains points.
    La social démocratie européenne après 25 ans de capitalisme financiarisé est dans la panade idéologique après des panades électorales retentissantes quoique décalées dans le temps. Une vision claire d’une politique socio-économique de Gauche et la coordination d"’ économistes aterrés" permettrait de mettre à mal la pensée de la politique économique unique.
    On peut le déplorer mais la majorité des travailleurs conscients ne lacheront pas les acquis sociaux et la social démocratie : "un tiens vaut mieux que deux tu l’auras" de mondialisme abstrait , brouillon et divisé de l’extrème gauche. En ce sens je soutiendrai le seul candidat aux primaires socialistes qui défend la démondialisation (il faudrait ajouter financière et libre échangiste)A. Montebourg.

    En dehors de la coupure entre les théories économiques de gauche et les politiques économiques suivies, un autre problème clé est celui de la "barrière des langues" étudiée par Claude Piron. Pour contribuer à la formation future d’un peuple européen et d’un internationalisme des peuples nécessaire pour la paix et le XXIème siècle , pourquoi ne pas encourager l’étude de l’esperanto (le vrai)comme langue pont internationale auxiliaire, neutre, dix fois plus facile et équitable. C’est aussi une langue propédeutique pour faire aimer les autres langues. Il y a actuellement une pétition pour une option facultative d’esperanto au bac.
    http://esperanto-au-bac.fr/

  • permalien Joan :
    14 juin 2011 @21h03   « »
    La question des langues en Europe

    @ Marmar

    Je n’ai rien contre l’espéranto, mais il me semble irréaliste de vouloir imposer une langue qui n’a pas d’enracinement dans l’histoire des hommes. Qu’on le déplore ou non l’anglais est de facto la langue commune des européens.
    Pour autant rien n’empêche d’apprendre d’autres langues européennes. En France nous avons le choix entre Italien, Espagnol, Allemand, Hollandais pour les voisins direct, ou d’autres langues bien entendu. Mais cela nécessite de mettre les moyens adéquats en regard.
    Quant aux populations d’immigration récente, en provenance de pays n’appartenant pas à l’UE, la moindre des choses est que l’on fasse en sorte qu’elles puissent arriver à avoir une bonne maîtrise de la langue du pays d’accueil, moyennant quoi les communications entre peuples d’Europe et au delà seront plus faciles.

  • permalien A.B.-Z. :
    14 juin 2011 @21h36   « »
    Low-grade bank clerk

    Depuis 1973, date de l’entrée d’un Royaume-Unis porteur d’une aspiration européenne libre-échangiste, l’Union s’est irréversiblement mutée en un Club de nations et, pour moi, la voir s’ériger en une entité politique supra-étatique n’est désormais plus concevable. Les élargissements inconsidérés, les vaines tentatives pseudo-constitutionnelles puis la mise en place d’un président aux allures de « low-grade bank clerk » (cf. Nigel Farage, Intervention parlementaire, 24 févier 2010) doivent d’ailleurs se lire comme l’électro-encéphalogramme plat du monnetisme. si le monnetisme est aujourd’hui sublimé, il n’est pas exclu que demain nous assistions à sa re-concrétisation sous la forme d’une structure nécessairement inédite : la très idéaliste République fédérale européenne, noyau restreint au cœur de l’ex-UE. Merci au front Todd-Sapir-Lordon d’enfin donner légitimité et écho à ce courant de pensée. Frédéric, vous êtes mon Galilée ! Merci et bon vent !

  • permalien BA :
    14 juin 2011 @21h56   « »
    Nous avons fait une expérience : nous avons construit un ensemble supranational. Bilan de l’expérience : un désastre.

    Mardi 14 juin 2011 :

    Grèce : déficit budgétaire en hausse de 13 %.

    Le déficit budgétaire de la Grèce a augmenté de 13 % sur la période janvier-mai, par rapport à la période comparable de 2010, dépassant l’objectif intermédiaire fixé par le plan de sauvetage du pays, a annoncé mardi le ministère des Finances.

    http://fr.reuters.com/article/frEur...

    Les taux des obligations des trois Etats en faillite battent des records historiques.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,754 %. Record historique battu.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,381 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 26,421 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 17,379 %. Record historique battu.

    Les CDS de ces trois Etats en faillite battent des records historiques :

    Irlande : CDS à 5 ans : 739 665 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    Portugal : CDS à 5 ans : 762 916 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    Grèce : CDS à 5 ans : 1 590 179 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

  • permalien Nicks :
    14 juin 2011 @22h16   « »

    Une réponse bienvenue à un accès de "poltronerie" idéologique. Toutefois, je vous trouve un peu trop arrêté en ce qui concerne l’adhésion sans faille des allemands à l’ordo-libéralisme. Est-ce aussi tranché que cela ? L’inertie culturelle est évidente mais on ne peut pas je pense considérer que la division entre les deux principales puissances continentales soit une chose neutre en elle-même, au vu du passif historique. De même, le libéralisme anglo-saxon me paraît lui aussi très culturellement ancré sans pour autant en faire un déterminisme indépassable dans l’optique d’une construction politique partagée, comme vous le mentionnez. Il faut continuer le travail de réflexion idéologique et emporter le morceau par les convictions adossées au faits, qui nous sont pour le moins favorables...

    Quant à ceux qui entendent dénoncer la xénophobie anti-germanique en alignant les poncifs racistes et les clichés de "réussite" économique erronés (quid de l’excellence sanitaire allemande dans le contexte du concombre "tueur" et de la victoire du modèle allemand avec 20 % de travailleurs pauvres ?), ils n’auront qu’à utiliser la liberté de circulation et goûter librement à leur paradis...

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    14 juin 2011 @23h12   « »

    @Philippulus :

    Ce drapeau est est celui qu’ils devraient vénérer, au moins par la reconnaissance du ventre.

    De quel passage de la "civilisation germanique" (qui est aussi la nôtre du reste) parlez vous ? La Grèce moderne à été formée par le prince Othon de Wittelsbach, qui avait le culte de la Grèce antique et de sa civilisation. De magnifiques monuments d’Athènes, semblable à ceux de Munich et de Berlin, faits par ses architectes, en témoignent encore, et lui on donné son cachet actuel : l’université d’Athènes(Hans Christian Hansen -1803-1873), l’académie des sciences (Theophilus von Hansen 1813-1891), le Zappeion (Theophilus von Hansen et François-Louis-Florimond Boulanger 1807-1875), etc., il en a beaucoup d’autres, la place nous manque...

    Je m’éloigne un peu du sujet. Mais peut-être que je suis trop loin, dans mon atelier, de ces dures réalités économiques...

  • permalien ohe :
    14 juin 2011 @23h13   « »
    renouveau d’un Monde diplo réprésentant la gauche sociale authentique = "nationaliste" ?

    texte fondamental quoi que pas assez pédagogagique et concis pour un public populaire ou qui a peu de temps, Lordon inaugure (espérons le) la voie du renouveau de la gauche sociale sérieuse... un nouveau sillage pour le monde diplo des présidentielles de 2012 ancré sur les valeurs d’une gauche authentique, d’une gauche réellement sociale, c’est à dire nécessairement d’une gauche "nationale" (au sens PCF ou chevénementiste du terme) !!!

    ça faisait bien longtemps qu’on avait pas lu un texte aussi clairement "populiste", "souverainiste", et inteligemment "patriote" dans le monde diplo. autrement dit, et finalement, tout simplement : un texte véritablement de gauche à la hauteur des immenses défis d’aujourd’hui.

    ps : la mise au point sur le FN est salutaire.

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    14 juin 2011 @23h29   « »

    "populiste", "souverainiste", et inteligemment "patriote" , mais "pas FN".

    Autrement dit : "Chocolat", "Caramel", intelligemment "Confiture", mais pas sucre.

  • permalien ohe :
    15 juin 2011 @01h10   « »

    premièrement, j’ai volontairement fait dans l’ironie sur ces termes pour attirer l’attention... tu t’es naïvement précipité avec l’épouventail FN pour étendard !

    deuxièmement, la colonisation de ton imaginaire, ton inculture, le voile idéologique de tes représentations mentales dogmatiques et essentialistes ou ta mauvaise foi t’empêchent de comprendre que les notions de peuple, de souveraineté et de patrie sont historiquement et socialement des notions de Gauche. mais evidemment, pas n’importe laquelle... celle de 89, de la commune, de 36 ou encore du CNR.

    à bon entendeur !

  • permalien miclav :
    15 juin 2011 @02h15   « »

    Valentin, pourriez-vous, bitte, cesser ces relourdises ? (ou vous risquez de vous exposer à un snobage généralisé humiliant et un peu frustrant aussi...)

    Sinon, petits truismes :
    La pratique politique n’a de sens que rattaché à la notion de territoire (quartier, commune, département, région, lander, état, zone, continent... ou toute autre subdivision imaginable), je ne vois pas ce qu’il y a de choquant là-dedans...

    Chaque division a son rôle à jouer - et mériterait probablement d’être redéfinie (notamment dans l’optique de reprendre la main sur le bordel écologique actuel : relocalisations (décentralisation) d’un coté et centralisation de l’autre).

    Si ces entités imbriquées jouissent de prérogatives graduées, la nation ou l’état n’en est qu’un(e) parmi d’autres et je ne vois pas de raison d’en avoir peur plus que du département...

    Je vous avais prévenu, j’enfonce des portes ouvertes

    Cette idée de "zone méditerranée" pourrait d’ailleurs n’être qu’une subdivision supplémentaire (monétaire) dans l’ensemble (non que je sois attaché à préserver l’UE à tout prix, je m’en fous royalement et ne suis pas assez calé sur la question pour juger de la pertinence de cette zone politique et/ou économique)

  • permalien Marcos :
    15 juin 2011 @02h16   « »

    @ Valentin Fiumefreddo

    Vous savez comment ça ce passe en Allemagne ?

    Il y a une grande partie de travailleur pauvre, ce qui leur permet d’avoir une main d’œuvre à bas cout et de rester finalement compétitif sur le marché de l’export, et au vu de leurs excédent commerciaux un euro fort ne les pénalise pas.

    Tout d’abord cet euro fort pénalise quasi l’ensemble des autres pays de la zone euro, qui eux préférerai une monnaie plus faible. Vous pouvez regarder les cours du USD ou du Yuan et vous verrez que l’euro fait figure d’exception.

    Alors dire que oui l’Allemagne à des intérêt diamétralement opposé aux notre au niveau monétaire c’est vrai, et ce n’est pas de l’anti-teuton.

    Ensuite c’est aussi un choix de société, voulons-nous de travailleurs pauvres à grande échelle ? N’en avons-nous pas déjà assez (trop !) ?

    Je vous dis ça pour que vous évitiez de répéter votre numéro de roquet agressif, et de laquais de cette pseudo intelligentsia Française qui voit dans le modèle Allemand la solution à tout nos problèmes, à leur problème de bourgeois je n’en doute pas, et encore. Mais cela ne réglera certainement pas les problèmes des français.

    Alors après que vous ne soyez pas d’accord avec ces propos c’est une chose, et vous en avez le droit comme vous avez le droit d’exprimer votre opinion. Cela dit votre numéro de roquet près à sauter sur le moindre commentaire, pour accabler la personne qui a poster d’un pseudo racisme germanique... On a vraiment l’impression que vous essayez d’enculer une mouche qui vous a rien demandé.

  • permalien morel :
    15 juin 2011 @03h11   « »

    Votre texte est digne d’estime. Car nous avons besoin de réflexion politique indépendante y compris à l’égard de ce cancer que représente l’extrême droite, même relookée, que ce soit en France ou, les mêmes causes ayant les mêmes effets, en Europe ou même ailleurs.
    Qu’on le veuille ou non, le seul reliquat d’exercice possible de souveraineté des peuples reste les nations. Tant que celles-ci tolèrent des gouvernements qui les privent de leur prérogative majeure, rien ne sera possible ; à l’inverse, si celles-ci se révoltent, le cadre existe pour une autre voie. L’Union Européenne d’ailleurs ne se trompe pas qui met l’accent sur les régions en vue de désagréger les Etats où, généralement, règne une forme d’égalité du citoyen (un code des impôts, du travail… régional, voilà le rêve !).
    La formation d’un peuple est, bien entendu, une affaire de l’histoire concrète. Mais remarquons qu’elle n’a jamais jusqu’à présent franchi les bornes léguées par l’histoire des pays. Ce qui ne signifie aucun nationalisme étroit : le « vive la Nation ! » de Valmy n’a rien à voir avec le « chacun son boche » du PCF de 1944. D’ailleurs le Révolution faisait des émules au-delà des frontières et le respect de la souveraineté l’aurait démultipliée. Ce qui, alors aurait été une possibilité de dépassement positif de la Révolution et, dans ce cas, « Oui, le dépassement des nations actuelles, et la reconstitution de nations – c’est-à-dire de peuples souverains – à des échelles supérieures est une possibilité de l’histoire. ».
    Exemple à réfléchir.

  • permalien Jordi GRAU :
    15 juin 2011 @09h01   « »

    A Marcos et Valentin Fiumefreddo

    Je suis d’accord avec vous, Marcos, quand vous pointez du doigt le caractère scandaleux de la politique économique allemande. Seulement, comme vous le dites très bien vous-même (et comme l’admet Frédéric Lordon), une partie importante des victimes de cette politique est allemande. C’est au prix d’une baisse des salaires et d’une précarité grandissante que l’Allemagne est si agressivement compétitive. C’est pourquoi je ne suis pas convaincu par Frédéric Lordon quand il affirme que la population allemande sera durablement d’accord avec les choix économiques de ses dirigeants.

    Deux remarques pour terminer. La première devrait plaire à Valentin Fiumefreddo : c’est que les succès de l’industrie allemande ne sont pas seulement dus à la conjoncture politique dont j’ai parlé plus haut. Il y a aussi, depuis longtemps, un savoir-faire et une créativité des entreprises industrielles allemandes qui les rend très compétitives, même lorsqu’elles sont relativement petites.

    Deuxième remarque : il faut beaucoup se méfier des mots. Quand on dit "l’Allemagne", "la Grèce", "la France", etc., on a tendance à confondre deux choses bien différentes : l’ensemble des citoyens de ces pays et leur gouvernement. La confusion est d’autant plus facile à faire que ces pays sont censés être "démocratiques", ce qui donne à leurs gouvernements une certaine légitimité. Mais en réalité, cette légitimité est très fragile et contestée. Je refuse de rendre les Allemands dans leur ensemble responsables des bêtises de leur gouvernement, pas plus que je ne peux supporter qu’on veuille me rendre responsable de toutes les ignominies commises par Sarkozy et ses sbires.

    Et c’est pourquoi les Islandais ont bien eu raison de se révolter contre leur gouvernement, même s’ils avaient d’abord accepté la politique économique délirante menée par celui-ci. La responsabilité des Islandais était somme toute très relative dans la mesure où ils avaient été trompés par une oligarchie politico-financière. Je pense qu’il en est de même pour l’Allemagne, mais aussi pour la France, le Royaume-Uni, etc.

  • permalien Pedro :
    15 juin 2011 @09h22   « »
    pedro

    @Valentin Fiumefreddo
    Voici ce que dit un économiste Allemand sur l’économie Allemande :

    http://www.monde-diplomatique.fr/20...

    ou en vidéo si vous préférez

    http://www.dailymotion.com/video/xf...

    Mais peut être que selon vous lui aussi est animé par un virulent sentiment "anti teuton".

  • permalien Eugène :
    15 juin 2011 @10h28   « »

    C’est le couplage de la politique et de la morale qui compte.

    Si la légitimité du pouvoir s’étayait jusqu’à 1789 sur la religion (catholique), elle s’appuie aujourd’hui sur le peuple. Mais quelle légitimité un peuple manipulé dans ses envies peut-il bien garantir ?

    1-Il faut en fait là-dessous reconnaitre deux problèmes aussi distincts que les pathologies des relations (psychoses et perversions) et les pathologies du vouloir (névroses et psychopathies). Vouloir faire tenir les deux dans la même rationalité provoque des faux problèmes dont on ne parvient plus ensuite à se défaire !

    2- Je sais l’effet déstabilisant que peut bien avoir l’autre critique pour l’économie, mais il faut impérativement remettre le concept de valeur à sa juste place, càd celle d’être attachée en nous humain à la fonction naturelle de valorisation qui nous fait, comme tous les vertébrés mais pas seulement, échapper à l’indifférence et tous les troubles naturels du vouloir (apathies, aboulies, donc aussi dépression et autres troubles bipôlaires qui se soignent ou s’atténuent par la pharmacopée alors que névroses et psychopathies y résistent). Bref, une remise en ordre épistémologique entre ce qui relève du sociologique et de l’axiologique, du naturel et du culturel (bien que ce dernier également étayé sur du biologique mais d’une autre façon pour sa partie formelle) s’avère et nécessaire et bien plus révolutionaire qu’il n’y parait au premier abord : comme toucher aux frontières de la politique et de la religion par exemple ! alors que les compères se répartissent aussi des pouvoirs !

  • permalien kulu :
    15 juin 2011 @11h08   « »
    A Valentin 1

    @ Valentin,
    désolé mais j’ai du mal à rester coi.
    Petite question : avez-vous essayé de vivre en Allemagne ? Vous devriez : un, parce que cela nous éviterait de supporter votre prose libérale un tantinet nauséabonde par les temps qui courent, deux, parce que vous n’avez, dirait-on, aucune idée du fossé culturel qui nous sépare des Allemands et autres germanophones.
    Je vis en Suisse allemande depuis 15 ans et je puis vous dire que bien que nous soyons voisins et que notre mode de vie paraisse semblable il y a un sacré monde entre nous. Vous avez le goût des hôpitaux propres et des gazons bien tondus (ach ! ils tondent même le gazon !) c’est très bien, on ne vous retient pas et nous, on garde nos herbes folles semées de petites fleurs sauvages, c’est tellement plus joli !
    De plus, vous crachez dans la soupe : les Francs et autres peuplades germaniques grimpaient encore aux arbres pour se nourrir quand les Grecs bâtissaient le Parthénon, inventaient la philosophie occidentale et le reste... Certes, ils n’inventèrent pas "l’économie" ultra libérale, les malheureux, mais nous laissèrent un héritage qui se passe de commentaires et dont les Allemands ont plus que bénéficié. Comme quoi la roue tourne même la roue allemande qui parfois se retrouve aussi dans l’ornière.
    La langue allemande est construite à l’inverse de la nôtre (bien que plus proche du latin que la nôtre sur le plan grammatical) et donc on peut dire qu’ils ne voient pas le monde comme nous autres, les cigales. Je ne veux pas enfoncer de porte ouverte mais enfin, une langue aussi précise et méticuleuse prédispose à une vision du monde très ... particulière. Malgré nos différences on a rien à envier aux Allemands, je dirais même que personnellement ils ne me m’inspirent pas beaucoup. Après 15 ans en Suisse, je sais de quoi je parle : énormément d’Allemands viennent travailler ici parce qu’il n’y a pas de boulot en Allemagne, comme en France, et quand il y a du boulot c’est de la merde mal payée, d’où l’émigration en Suisse. Comme quoi les fourmis galèrent elles aussi au pays d’Arno Brecker et de Ferdinand Porsche. Ça pose d’ailleurs en Suisse des problèmes quotidiens car ils sont si sympathiques ces Allemands ; un exemple parmi d’autres : en général, quand on achète une baguette on demande poliment (s’il vous plaît, etc) mais avec eux ça donne quelque chose du genre : "je veux une baguette !". Ils remercient mais c’est tout juste. Demandez donc aux Zurichois ce qu’ils pensent du côté "arrogant et dominateur" de leurs voisins. Pourtant les suisses-allemands sont germanophones, riches et travailleurs...

  • permalien kulu :
    15 juin 2011 @11h09   « »
    A Valentin 2

    @ Valentin Suite
    Les Allemands imposent leur politique de l’Euro-Deutschmark à l’Europe entière avec leur langue précise, méticuleuse et rigide de la même façon qu’ils achètent leur pain. Je veux !
    Oui, allez donc vivre un peu là bas pour vous faire une idée. Peut être qu’assez vite le "bordel latin" vous manquera-t-il et peut être après quelques années prendrez-vous le premier train ou votre AUDI pour regagner Paris au plus vite en tout cas ce qu’il en reste après le passage de Chirac avec sa bande de sauterelles et de trente ans de libéralisme sauvage (pour ça, on est pas rigide)...
    Pour résumer je dirais que le couple Franco-Allemand s’est construit sur la hantise de la guerre entre les 2 frères ennemis. C’est une communauté d’intérêt mais à minima. L’Europe libérale actuelle est une usine à gaz qui ne fonctionnera jamais sur ce mode là, j’en suis convaincu, et je dirais même que les politiciens depuis Schumann et Monet le savent bien et c’est une des raisons pour lesquelles l’Europe politique n’existe pas à ce jour et ça risque de durer ainsi jusqu’à l’explosion programmée de la zone euro. La suite risque de ne pas être rose : vous devriez peut être déménager aux USA, c’est plus loin mais pas plus sûr.
    Pour conclure, construire une communauté européenne avec l’Allemagne n’est pas chose aisée et il n’est pas évident que l’Allemagne s’en tirera mieux que nous, les cigales.
    Cher Valentin, vous reprendrez bien une petite saucisse avec votre café au lait...

  • permalien GIL :
    15 juin 2011 @11h34   « »

    Votre paragraphe sur le continuum d’intérêts des pays méditerranéens n’est pas sans rappeler le projet formulé par Alexandre Kojève en 1645 : « La formation d’un Empire latin autour de la France rendrait stratégiquement intenables les positions d’une éventuelle marche germanique de l’Empire anglo-saxon. »

  • permalien GIL :
    15 juin 2011 @11h36   « »

    Erreur, il faut évidement lire "en 1945"

  • permalien Marmar :
    15 juin 2011 @12h30   « »

    @Joan

    Je pense que le schéma du "tout à l’anglais" international correspond au "mainstream" ou à l’idéologie dominante. Il n’est pas adaptable à la grande majorité des citoyens qui deviennent alors des citoyens de seconde zone.
    "Et si on prenait les handicaps linguistiques au sérieux"
    http://claudepiron.free.fr/articles...

    et plus généralement les articles de Claude Piron
    http://claudepiron.free.fr/

    L’esperanto n’aurait pas d’enracinement dans l’histoire ?
    Cette langue internationale auxiliaire principalement trans-culturelle est parlée dans plus de 100 pays depuis plus d’un siècle et a une belle histoire et une culture propre .
    http://claudepiron.free.fr/articles...

    Les racines invariables de son vocabulaire ont été choisies pour leur internationalité et sont connues majoritairement de quelqu’un qui connait déjà une grande langue européenne internationale. Un jeu judicieux d’affixes permet de réduire considérablement le vocabulaire à apprendre. Le système agglutinant le rapproche de la majorité des langues asiatiques.
    http://claudepiron.free.fr/articles...

    Il ne s’agit en aucun cas d’imposer mais d’autoriser cette langue comme option facultative au bac

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    15 juin 2011 @13h50   « »
    @ kulu :

    Je suis consterné par le niveau de vos remarques...

    Oui, j’ai habité en Allemagne pendant trois ans (Düsseldorf, Cologne). Je n’ai vu aucune différences majeures entre eux et nous. Aucune. Vos clichés éculés sont ceux qu’on lisait dans les pires torchons patriotards pendant la Première guerre mondiale, et dans le pire Maurras. Tout y est : les francs barbares, la Grèce preuve de la supériorité de la méditerrannée (qui conteste que tout vient de la Grèce ? Pas les architectes de Munich et Berlin), la grammaire lourde qui déforme l’esprit, les saucisses (de foie de veau bien entendu) ... Un crétin alsacien, l’oncle "Hansi", (Jean jacques Waltz, dit.), mais en revanche génie du dessin, écrivait ce genre de bêtises en 1910.

    La France et l’Allemagne sont deux grandes civilisations complémentaire et très proches, comme l’Italie qui les inspire. S’envoyer à la figure des clichés bons pour les films de Max pécas n’est pas du niveau du LMD, dont on aura compris que je ne partage pas les idées, mais dont je respecte la qualité intellectuelle.

    Si vous n’êtes même pas capable de vous adapter à des différences aussi infimes que celles qui existent entre Suisses alémaniques et Français, je ne peux rien pour vous. Et si pour vous Beethoven est un étranger, si un immeuble berlinois d’Unter den Linden diffère tant que cela d’un immeuble haussmannien de la rue de la Pompe, si l’euro n’est qu’un dispositif économique et rien d’autre, et que tout le monde est comme vous, alors oui, l’Europe était un projet trop beau pour les européens, qui sont suicidaires...

  • permalien Sylvain :
    15 juin 2011 @14h18   « »

    Ce texte est un tissu de conneries qui ne vise qu’à défendre un point de vue idéologiquement orienté : un nationalisme de gauche qui n’ose pas dire son nom et une euro-phobie maintenant pleinement assumée (ce qui n’était pas le cas en 2005) : exit l’Europe sociale qui redistribue et haro sur l’UE fédérale anti-démocratique des élites.

    Par ce qui n’a pas été dit en 2005 cher Frédéric Lordon, c’est que l’Europe sociale passe par une fédéralisation de l’UE et un redimensionnement du budget communautaire pour assurer la redistribution des riches (allemands) vers les pauvres (grecs). Le PIB par habitant du Nord pas de Calais c’est la moitié du PIB/Hab de l’Ile de France ; et ces déséquilibres ne gênent pourtant personne.

    L’Europe fédérale, vous n’en voulez pas donc ; que reste-t-il ? Le souverainisme du chacun sa merde et les français d’abord et fini la solidarité financière avec les grecs et les roumains. Et puisque vos idées sont minoritaires en Europe (la taxe sur les transactions financières recalées ; la droite au pouvoir dans 24 pays sur 27 etc...)

    Franchement je suis très inquiet pour cette gauche, elle vire au populisme et au nationalisme le plus rance. Et vos dénégations n’y changent rien : vos discours ressemblent de plus en plus à ceux de Marine Le Pen.

  • permalien jlparm :
    15 juin 2011 @14h33   « »

    Qu’ajouter à votre brillantissime analyse, Je partage votre malaise engendré par les propos d’ATTAC, qui sont quasiment au mot prêt ceux des trotskistes de LO. La mondialisation c’est l’auto desfruction du capitalisme, et donc à terme la victoire du prolétariat.En être encore là !

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    15 juin 2011 @14h35   « »

    Je ne suis pas de gauche, on l’aura compris, mais qu’est-ce que le message ci-dessus fait du bien par où il passe !

  • permalien Valentin Fiumefreddo :
    15 juin 2011 @14h37   « »

    NB Je parlais du message de Sylvain

  • permalien Nation Monde :
    15 juin 2011 @15h16   « »

    On avait le credo de la Sainte Trinité. S’y est ajouté celui de l’Unique (Acte Unique, monnaie unique, constitution unique). En douter comme l’ont fait 55% des Français après un vrai débat en 2005 vous renverrait dans l’enfer dit "nationaliste".

    On voit que certains révisionnistes de l’histoire, qui ont oublié la Résistance nationale à l’extrème droite qui a été constitutive de la France et de la Gauche, (1792, 1871, 1940-45), par souci d’une soi-disant pureté idéologique voudraient livrer la France et l’Europe à l’extrème droite ultra-capitaliste après l’avoir livré à la Droite ultra-capitaliste. Ils ont "les mains propres mais ils n’ont pas de mains" disait Sartre.

  • permalien BA :
    15 juin 2011 @15h47   « »
    "Si vous êtes contre la gentille Union Européenne, c’est que vous êtes un méchant nationaliste d’extrême-droite !" Hi han ! Hi han ! Hi han !

    L’agence de notation Standard and Poor’s a annoncé mercredi avoir abaissé de trois crans la note de quatre banques grecques à « CCC », soit la même note que celle attribuée en début de semaine à la dette à long terme de la Grèce.

    Ces quatre banques, la Banque nationale de Grèce, l’Eurobank EFG, Alpha et Piraeus, sont « exposées à des risques renforcées en raison de la détérioration de la solvabilité de la Grèce », relève l’agence.

    Ces risques sont également liées à la « perception des déposants grecs quant à la possibilité d’une restructuration de la dette grecque », ajoute S&P’s, qui envisage un nouvel abaissement dans les prochains mois au cas où ces banques ne pourraient pas faire face à leurs obligations.

    S&P juge que, dans le cadre d’une restructuration de la dette grecque, le secteur privé (banques, fonds d’investissement, assureurs), mis à contribution, se retrouverait face soit à un « échange de titres » soit à un « allongement des maturités ».

    De telles opérations seraient considérées « de facto comme un défaut » par l’agence de notation, et dans ce cas, elle pourrait attribuer à la Grèce une note encore plus basse, la reléguant dans une situation de défaut partiel.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien Jordi GRAU :
    15 juin 2011 @15h48   « »

    A Kulu

    Je suis de gauche, contrairement à Valentin Fiumefreddo, mais je partage pas mal de choses qu’il a dites concernant l’Allemagne. J’y habite depuis bientôt quatre ans, je vis avec une Allemande, et je peux dire qu’il n’y a pas dans ce pays plus de gens arrogants qu’ailleurs. Ceux que je connais sont en général sympas et serviables. Quant à la précision de la langue, c’est très amusant ce que vous dites, car c’est plutôt le français qui a la réputation d’être maniaquement précise. Mon amie, qui a fait des études de français en Allemagne et des études d’allemand en France me disait qu’un de ses professeurs de français, à l’université, disait : "Ce qui n’est pas clair n’est pas français".

  • permalien Marcos :
    15 juin 2011 @15h58   « »

    @Sylvain

    Vous pensez vraiment qu’une Europe Sociale est possible ?

    Que les allemands, anglais et hollandais voir même certains pays du sud ont une vision d’une politique sociale de "gauche" ??? Et je ne parle même pas des ex pays de l’est.
    Sérieusement est-ce que vous croyez une seule minute à la mise en place de service publique à l’échelle européenne ?

    Non parce qu’après dans le principe votre idée peut paraitre séduisante, hors il faut composer avec des nations, je n’oserais pas dire des civilisations comme l’a fait valentin., qui sont parfois diamétralement opposé dans l’approche du sociale et des services publiques. Parfois il faut faire appel à un certain pragmatisme et une certaine honnête intellectuelle. Ce qui me désolé c’est qu’une institution comme ATTAC ne sache pas faire preuve de cela. Après pour Valentin je pense évidement que nous n’arriverons pas à vous convaincre sur un forum, j’imagine déjà qu’autour d’un verre ça serait compliqué, alors quelque chose d’aussi impersonnel qu’un forum !!!

  • permalien Marcos :
    15 juin 2011 @16h03   « »

    Comme nous ne pouvons malheureusement pas éditer nos messages, je vais poster un message complémentaire sur l’Allemagne. Je pense qu’en France et ceux malgré les nombreux conflits qui nous ont opposés aux allemands (1870 ;1914-1918 et 1939-1945) nous n’avons pas une vision monstrueuse de l’Allemagne. La preuve en est le nombre d’auteur Allemand que nous étudions durant nos études, Weber, Marx, Hegel ou encore Nietzsche. Donc je ne pense vraiment pas qu’il y ai un fort sentiment anti-teuton en France. Bien au contraire je pense que l’Allemagne est très estimé en France, cela dit ça ne veut pas dire que nous partageons de quoi faire un état Fédéral avec eux, du moins à moyen terme.

  • permalien Ariane :
    15 juin 2011 @19h59   « »

    Dès qu’on commence à avoir un point de vue un peu désenvouté de la mondialisation, on est catalogué comme faisant-le-jeu-du-front-national, ainsi procède, par exemple, Le Point :
    http://vanessa-schlouma.blogspot.co...

  • permalien Jude Dupon :
    15 juin 2011 @22h46   « »

    Qui a l’apparence du pouvoir, qui tabassent et fout le bordel ?
    Ne regardez pas le FN (et les musulmans, deux croque mitaine des médias) mais, plutôt du côté des héritiers d’Edward Louis Bernays !
    En fait, ils mangent tous à la même table.

  • permalien venturii :
    16 juin 2011 @00h09   « »
    Qui a peur de la démonisation ?

    nul ne s’inquiétait dans les années 1980-1990 que le FN campât sur les idées économiques libérales du RPR-UDF

  • permalien BA :
    16 juin 2011 @07h24   « »
    " 55 % des Français ont voté non à la Constitution européenne en 2005. Donc 55 % des Français sont des nationalistes d’extrême-droite." Hi han ! Hi han ! Hi han !

    Mercredi 15 juin 2011 :

    Concernant les trois Etats européens en faillite, les courbes des taux sont inversées !

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 12,435 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,680 %.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,095 %.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,550 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 28,022 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 17,726 %.

    Irlande, Portugal, Grèce : les CDS de ces trois Etats en faillite battent des records historiques :

    Irlande : CDS à 5 ans : 767 655 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    Portugal : CDS à 5 ans : 797 374 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    Grèce : CDS à 5 ans : 1 769 175 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

  • permalien Nation Monde :
    16 juin 2011 @07h26   « »

    Nation monde

    Les idéologues du mondialisme et de l’Européisme, qui n’ont rien à voir avec l’internationalisme et l’Europe sociale, veulent détruire les acquis sociaux obtenus dans le cadre national depuis un siècle et plus. Leurs gesticulations anti-nationales ont un but principal : affaiblir la démocratie sociale qui existe aujourd’hui seulement dans le cadre national afin de promouvoir les superprofits de l’oligarchie financière.

    Ils veulent revenir à l’Etat gendarme du XIXème siècle. Les 95% de citoyens qui vivent de leur travail ne les laisseront pas faire.
    Ils disent vouloir aider la Grèce et lui imposent un taux d’intérêt usuraire de 25% qui double sa dette tous les trois ans...
    Après la monnaie viendrait le budget que les citoyens travailleurs continueraient à payer mais qui ne serait plus soumis à un contrôle démocratique donc national. L’article de C.Chavagneux sur ce sujet est aussi éclairant.
    http://alternatives-economiques.fr/...

  • permalien Montalbano :
    16 juin 2011 @08h39   « »

    @ rc+ : Pour en finir définitivement avec le préjugé que l’allemagne importe plus d’électricité de France que l’inverse :

    http://www.sortirdunucleaire.org/in...

    "8,7 TWh en 2004, puis 9,7 TWh en 2005, puis 5,6 TWh en 2006, et 8,2 TWh en 2007 : c’est plus de la production annuelle d’un réacteur nucléaire que la France importe annuellement depuis l’Allemagne".

    Décidément, certaines idées reçues ont la vie dure.

  • permalien thomas :
    16 juin 2011 @11h20   « »
    et la chine ?

    Bonjour,
    Le rôle de la Chine en tant que « préteur » n’est pas évoqué ni dans l’article ni dans les commentaires. Pensez-vous que les réserves de liquidités dont dispose la Chine pourrait retarder l’échéances ? A-t-elle réellement intérêt à racheter les dettes européennes ? Ou les articles que l’on voit fleurir dans la presse soit-il simplement l’expression du fantasme du péril jaune ?

    Pour ce qui est des allemands, je suis vraiment consterné de voir les clichés colportés dans certains commentaires. Je pense que certains vivant en Suisse germanique ont été intoxiqué par l’anti germanisme qui règne dans cette partie de la Suisse. J’ajouterai que critiquer l’Allemagne pour son manque d’ouverture lorsqu’on vit dans un pays ou le premier parti est l’UDC et fait près de 30% aux élections ne manque vraiment pas de sel.

  • permalien HN :
    16 juin 2011 @13h27   « »

    @Valentin

    C’est aux pays faibles de se soumettre, c’est tout.

    L’espèce de missionnaire Valentin vient traiter Lordon de raciste, lâche sa grosse bouse à propos d’une critique du modèle allemand, invoque le point godwin éliminatoire, pour finir par vouloir soumettre les "pays faibles"...
    Balaise. Vous manquez pas de culot.
    Dîtes, pour faire passer des vessies pour des lanternes de cette manière, vous bosseriez pas au service communication de l’UMP, par hasard ?

    Vous ne parlez plus de communauté européenne mais plutôt de colonies !!
    Vous prévoyez quoi pour la suite ?
    Généraliser l’allemand aux "laxistes gréco-siciliens" ?
    Ça apprendra aux français à appliquer des règles comme ça ?
    Ou bien les coiffer à cette bande de barbares faignants hirsutes et poilus ?
    Allez-y lâchez-vous, comme au "temps béni des colonies", faîtes-nous part de vos projets de "civilisation" qu’on rigole.

    Cdlmt

  • permalien HN :
    16 juin 2011 @13h44   « »

    @Valentin,

    Rassurez-vous, je ne pense pas que les allemands soient en danger en France. Ni les Norvégiens, ni les Suédois ni aucune population du nord de l’Europe.
    La preuve, on n’en voit aucun dans les centres de rétention administratifs...
    Aucun d’eux également n’est mort ligoté dans un charter...

    Ne vous en faîtes pas pour eux, une bonne partie des français garde la priorité pour les noirs et les arabes en ce qui concerne le racisme...

    On peut constater tout de même que l’effet "PIGS" fonctionne bien. Mise en opposition des latins (feignasses) et des anglo-saxons (rigoureux), auxquels apparemment la France - plutôt latine - tente de se raccrocher mais c’est pas facile de chasser le naturel...

    Cdlmt

  • permalien HN :
    16 juin 2011 @14h00   « »

    @Jordi GRAU

    C’est amusant ce que vous dîtes sur la langue, car je trouvais plutôt que c’était le contraire quand j’étudiais l’allemand du collège au lycée.
    Le français est farci "d’exceptions qui confirment la règle" alors que l’allemand me paraissait très rigoureux, avec des règles toujours respectées, un peu comme les maths.

    Après, il est vrai que par "clarté", on peut vouloir évoquer une certaine simplicité du français par rapport au nombre de modes/temps pour les verbes et de déclinaisons des noms (nominatif, accusatif, génitif, datif) en allemand.

    Cdlmt

  • permalien Nation Monde :
    16 juin 2011 @14h55   « »

    Les Français seraient pour un protectionnisme européen à près de 80%
    http://www.marianne2.fr/Sondage-80-...

    (Sondage IFOP pour le Manifeste pour un débat sur le Libre-échange)
    Une analyse de Jacques Sapir.
    http://www.protectionnisme.eu/

    Début de l’article
    L’identification des méfaits du libre-échange sur l’économie française apparaît à une grande majorité de français, à tel point que l’on peut parler d’une prise de conscience massive, dépassant les cadres des partis politiques, et exprimées par quasiment la totalité des couches de la société. L’ancienne opposition entre diplômes et non-diplômés qui avait été mise en avant lors du référendum de 2005 n’existe plus.
    Le peuple français oscille entre révolte et résignation, tel est le premier enseignement de ce sondage.
    • Ainsi 48% des réponses indiquent que les personnes interrogées sont « révoltées » par la situation économique de la France tandis que 30% d’entre elles sont « résignées ». On ne trouve que 14% de confiants et d’enthousiastes.
    • Les catégories sociales où le sentiment de révolte prédomine sont les ouvriers (64%), suivis des artisans et petits commerçants (55%) et des employés (52%). Le sentiment de révolte est le plus faible pour les professions libérales et cadres supérieurs, mais il atteint néanmoins 36%.

    I. Un regard critique et argumenté sur la mondialisation et le libre-échange.

    La question principale porte sur l’appréciation de l’ouverture des frontières aux marchandises de pays comme la Chine et l’Inde et globalement aux pays émergents. Les résultats témoignent d’un rejet massif de la mondialisation.

    Un jugement négatif est partagé par 73% des réponses en ce qui concerne les déficits publics, 78% en ce qui concerne le niveau des salaires et 84% en ce qui concerne l’emploi.

    Notons aussi que le pourcentage de réponses indiquant que ces conséquences ont pu être positives voire très positives n’est que de 7%, soit 12 fois moins que le pourcentage estimant que les conséquences sont négatives voire très négatives.

    Ce jugement est sans appel. Sur les trois grandes questions qui concernent l’économie, l’emploi, les salaires et les déficits, il se trouve une écrasante majorité de français pour considérer que l’ouverture de l’économie a eu des conséquences néfastes. Très clairement, la « mondialisation heureuse » n’existe que dans certains journaux ou sous certaines plumes.

  • permalien Sylvain :
    16 juin 2011 @16h35   « »
    Réponse à marcos (et aussi à BA)

    @ Marcos qui me demande si je pense qu’une Europe sociale est possible :

    Oui je le pense, mais je pense également qu’elle ne ressemblera pas du tout à la conception française de l’Europe sociale mais plutôt à la conception scandinave. C’est à dire où l’on passe facilement du statut "d’outsiders" au statut "d’insiders" et vice-versa (désolé pour le franglais) ; mais où les outsiders sont fortement aidés et soutenus.

    En France c’est un peu tout le contraire : "l’insider" (celui qui a un emploi) est surprotégé pour qu’on l’empêche de devenir un "outsider" ; mais une fois qu’il est "outsider" il lui est très difficile de retrouver un emploi.

    Quant à voir des services publics à l’échelle européenne, j’en doute, non seulement la droite n’en veut pas mais la gauche non plus : c’est pas en défendant bec et ongle les services publics français/allemands/italiens qu’on y arrivera.

    Je considère que les différences entre les nations européennes sont une vue de l’esprit. Il faut arrêter de se raconter des histoires : il y a moins de différences entre un alsacien et un habitant de la Sarre qu’entre un alsacien et un catalan ou un niçois. Les groupes au Parlement européen sont basés sur des critères politiques, et les commentateurs de ce site se trouveraient probablement plus d’affinités politiques avec un membre de la gauche autrichienne qu’avec un membre de l’UMP française.

    @ BA :
    Un forum c’est fait pour confronter des points de vue et des opinions personnelles et pas pour copier-coller des dépêches de Boursorama. Alors tes Hi-Han tu te les gardes. Merci.

  • permalien Jordi GRAU :
    16 juin 2011 @16h36   « »

    A HN

    Quand je parlais de clarté, je ne voulais pas dire "facilité d’apprentissage". Chacun sait que le français est une langue difficile, y compris pour ceux dont c’est la langue maternelle. Je voulais plutôt dire que le français a été réputé - au moins quand la France dominait politiquement et culturellement l’Europe - pour être une langue permettant d’exprimer sa pensée avec beaucoup de précisision et sans ambiguïté. "Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement" disait Boileau. Un peu auparavant, le philosophe des "idées claires et distinctes" écrivait en français son Discours de la méthode. Quant à la phrase que je citais dans un précédent message ("Ce qui n’est pas clair n’est pas français") n’est pas d’un professeur de mon amie mais de Vaugelas, célèbre grammairien du XVIIème siècle.

    En réalité, une langue - pas plus qu’une civilisation - n’est jamais fixée pour toujours. Elle est en grande partie le fruit d’une politique volontariste et de l’influence de certains intellectuels. Le français moderne doit beaucoup aux monarques absolus des XVIIème et XVIIIème siècles - et aux écrivains de cette époque - tout comme l’allemand doit beaucoup à Luther, Goethe et autres grands écrivains. Mais, bien entendu, ces deux langues ont évolué depuis le XVIIIème siècle. Il n’y a pas un esprit français éternel, tout comme il n’y pas une germanité éternelle.

  • permalien hmhm :
    16 juin 2011 @16h48   « »

    Merci !
    Il est toujours agréable de voir que d’autres pensent pareil (et savent l’exprimer). On se sent moins seul.

    Pour en rajouter une couche concernant notre Europe actuelle, je vous conseille de regarder la vidéo de François Asselineau, Inspecteur général des finances, quant à la construction de celle ci.

    Vous la retrouverez sur google en cherchant "qui gouverne réellement la France".

    Tout n’est pas forcément à prendre comme dans tout texte ou tout discours, mais il donne des informations, des chiffres, qui sont intéressants à connaître et suscitent la réflexion.

  • permalien Olivier :
    16 juin 2011 @16h57   « »

    Pourriez vous définir le "neó libéralisme", quand on dit ca on a tout dit, le mal est désigné. Le concept "néo" vous arrangerait il du fait d’une connotation négative, inquiétante, chargé de menaces ?
    On ne dit pas néo socialiste non ?
    Je me fais avocat du diable mais votre approche économique est marquée á la base d’une empreinte morale judéo chrétienne (catholique, pas protestante bien sur) indélébile et fausse á la base (je pense) votre approche économique. Ce qui fait tourner l’économie, l’individu (le capitaliste comme l’ouvrier), c’est la "voracité", l’avidité et le besoin (aprés chacun a ses besoins relatifs). Ce monde économique n’est pas immoral, il est amoral et cette amoralité est partagée par tous et toutes.

  • permalien BA :
    16 juin 2011 @17h38   « »
    Qui a peur de la langue de bois ?

    L’Europe repousse à plus tard la finalisation d’un nouveau plan d’aide grec.

    Les responsables européens ont repoussé jeudi à mi-juillet au plus tôt, et peut-être seulement septembre, la finalisation d’un nouveau plan d’aide financière dont a cruellement besoin la Grèce et qu’attend aussi avec impatience le FMI.

    A l’origine, un accord global était escompté d’ici fin juin.

    A présent, les ministres européens des Finances vont se retrouver dimanche et lundi à Luxembourg pour "discuter seulement du contenu et des conditions d’un nouveau programme pour la Grèce, et de la nature de la participation du secteur privé, avec l’objectif de prendre des décisions à la prochaine réunion de l’Eurogroupe le 11 juillet", a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

    En fait, selon un diplomate européen, le plan pourrait n’être finalisé dans le détail qu’à la rentrée de septembre.

    En attendant, pour ne pas priver le pays de l’argent frais dont il a besoin, les ministres devraient quand même donner à cette occasion leur feu vert au versement "début juillet" de la prochaine tranche de prêts prévue dans le cadre du plan d’aide de 110 milliards d’euros mis sur pied en 2010 et courant sur trois ans, a dit Olli Rehn.

    "Cela signifie que le financement de la dette souveraine grecque peut maintenant être garanti jusqu’en septembre, tandis que nous prendrons les décisions pour le moyen terme, à savoir pour l’après septembre, en juillet", a-t-il poursuivi.

    http://www.romandie.com/news/n/UEL_...

    Les déclarations ci-dessus sont en langue de bois.

    Moi, j’avais choisi l’option « Langue de bois » au collège. Je vais maintenant traduire les déclarations ci-dessus en langue française :

    « En Europe, c’est le bordel. En Grèce, c’est le chaos. Comme nous ne sommes d’accord sur rien, on verra plus tard tout ce merdier. »

  • permalien angelo :
    16 juin 2011 @19h23   « »

    @ Olivier :

    Il y a un excellent ouvrage sur ce sujet Dardot et Laval, la nouvelle raison du monde, la découverte. Il développe largement les analyses de Foucault dans son "Naissance de la biopolitique, cours au collège de France". Le néolibéralisme fait référence essentiellement à 3 formes de néolibéralisme : Us-Autrichien et allemand. Anarcho-libéralisme, Néolibéralisme Hayiekien et ordolibéralisme allemand.

  • permalien Jordi GRAU :
    16 juin 2011 @20h07   « »

    A Olivier

    Aujourd’hui, il est exact que le mot "néolibéralisme" est le plus souvent utilisé par des gens de gauche, hostiles aux politiques inspirées de Hayek ou de Friedman. Mais le préfixe "néo" n’est pas en soi péjoratif. Il est très proche de "nouveau" ou "new", qui ont été employés de façon positives pour désigner une gauche "moderne" (c’est-à-dire libérale) : "nouvelle gauche" en France, "New Labour" au Royaume-Uni. J’ajouterais que le livre de Serge Halimi intitulé Le grand bond en arrière commence par une citation d’un certain Valéry Giscard d’Estaing, qui employait dans les années 70 le mot "néolibéral" dans un sens tout à tout fait positif (à ses yeux).

    Quant à la "voracité", qui serait le moteur de tout un chacun, il faudrait s’entendre sur ce terme. S’il s’agit du désir d’accumuler toujours plus de richesses - et c’est bien ce que vous voulez dire, me semble-t-il - je ne suis pas du tout sûr que cette voracité soit universelle, ou ancrée dans la nature humaine (à supposer qu’il y en ait une). Beaucoup de gens préfèrent travailler modérément, quitte à profiter davantage de la vie, plutôt que de dépenser toute leur énergie pour gagner plus. Les industriels ou les colonisateurs du XIXème siècle l’admettaient d’ailleurs, eux qui fustigeaient la paresse naturelle des ouvriers ou des "nègres". Et que penser des gens qui préfèrent consacrer leur vie à la recherche scientifique parce qu’ils sont passionnés par un domaine du savoir plutôt que d’entrer dans une école de commerce pour se mettre plein de thunes dans les poches ?

    Qu’une méfiance excessive à l’égard de l’argent puisse avoir des origines culturelles (catholique ou autre), c’est probable. Mais il est tout aussi probable que l’avarice soit également un trait culturel. Sous l’Ancien Régime, les nobles aimaient beaucoup l’argent, mais c’était pour avoir le plaisir de le dépenser. La plupart d’entre eux étaient étrangers à la mentalité capitaliste, qui leur paraissait étriquée, triste, fade - en un mot : bourgeoise. C’est avec le triomphe de la bourgeoisie que l’avarice (rebaptisée économie et appétit de profit) a été érigée en vertu. Saint Picsou est devenu le modèle à imiter... bien qu’on ait tout de même un peu honte de l’avouer, même dans les pays anglo-saxons, puisque ce sinistre personnage n’apparaît guère à Disneyland.

  • permalien jgn :
    16 juin 2011 @20h42   « »

    "une enclave de vie économique pacifiée" (Frederic Lordon dans le texte) !... Ah bon ! Cela serait donc possible ?!...

    Texte étrange, en vérité, que certains se hâtent d’applaudir : au seul livret de la signature, c’est forcément de bonne facture ; comme certains se hâtent d’acheter telle marque allemande parce que cela sent son panzer écrasant l’armée rouge dans les plaines d’Ukraine.

    Pourtant qu’y est-il écrit, sous mes yeux, pour le moins : que l’économie n’a pas su gouverner, et que le politique doit reprendre la barre et ... pour faire bonne mesure, puisqu’il faut un cadre, décidément, même aux rêves les plus indécents, on fixera à celui-ci le territoire qu’un "peuple" aura décidé, un beau matin, à force d’être éperonné, de se soumettre ... comme l’histoire est enchanteresse.
    N’est-ce point Stirner (max la menace de son petit nom) qui disait : "j’ai le droit d’être ce que j’ai la force d’être". Eh bien, ce peuple, on ne l’a guère vu à la manœuvre depuis quelque décennies. Or voici une question qui aura échappé à la sagacité discursive de notre enchanteur Lordon. Why ? puisque, décidément ici encore, il semble préférable de causer english plutôt que toute autre langue.

    Et c’est là qu’on se marre (enfin ! si l’on peut dire) parce que faute de poser la question, M. Lordon y répond quand même : le peuple, ce bel acteur d’un théâtre d’ombre, n’existe pas, nous apprend-il . Seules les communautés nationales lui prêtent existence, puisque, ainsi que Dieu anime ses créatures, seul l’État-nation, au final, donne corps au peuple ! Exit donc les boches, trop soumis, tandis que les ZAnglais, ma foi ne seraient pas mal venus, eux qui croient encore en l’existence de l’économie.

    Tout ceci, donc, pour revenir à l’État, seul pourvoyeur, souteneur, grand commandeur. Une vision somme toute très franchouillarde pour parler de quoi au fait ? Ah oui ! du capitalisme, de sa planétarisation et de la nécessité de l’État pour y faire quelques réformes de protection des "peuples" !

  • permalien
    16 juin 2011 @20h49   « »
    Qui a peur de la démondialisation ? Reponse de jean-marie harribey

    Réponsede JM Harribey, où il essaye, à tout pris, de sauvegarder son amitié avec Lordon laissant Sapir à la poubelle, à voir sur son blog d’alter éco :

    http://alternatives-economiques.fr/...

  • permalien Francois78 :
    16 juin 2011 @23h06   « »

    Pour le FN, une phrase suffisait.

    L’article d’Attac - Mediapart agite indûment l’épouvantail pour faire passer une bouillie informe, pardon, un poison élaboré, qui passe par une "rectification des noms", non pas à la façon de Confucius, mais à celle du livre rouge.

    Merci pour cet article qui rétablit les choses.

  • permalien Francois78 :
    16 juin 2011 @23h19   « »

    Ci-après un lien qui malgré son intitulé, parle essentiellement de la direction de Mediapart.

    http://ilikeyourstyle.net/2011/04/2...

    PS : le site est classé "réactionnaire" mais je me promène beaucoup en curieux, y compris en dehors voies balisées.

  • permalien BA :
    17 juin 2011 @00h06   « »
    "Tous les clignotants sont au vert." (Déclaration de Christine Lagarde le 13 mai 2011)

    Jeudi 16 juin 2011 :

    Portugal, Irlande, Grèce : les CDS de ces trois Etats en faillite battent des records historiques :

    Irlande : CDS à 5 ans : 804 469 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars.

    Portugal : CDS à 5 ans : 809 417 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars.

    Grèce : CDS à 5 ans : 2 073 088 dollars pour un prêt de 10 millions de dollars.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote...

    Portugal, Irlande, Grèce : les taux des obligations de ces trois Etats en faillite battent des records historiques :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 13,074 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,870 %.

    Irlande : taux des obligations à 2 ans : 12,952 %.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 11,553 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 29,691 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 17,947 %.

  • permalien Alix65 :
    17 juin 2011 @01h53   « »

    J’adhère à vos idées, mais vos insinuations sur Marine Le Pen sont horripilante ! Idem dans certains commentaires. Vous faites procés d’intention sur procés d’intention, quand ce n’est pas carrément les mensonges. Vous semblez savoir décrypter ses non-dit, voire ses arrière-pensées. Pourtant elle dit exactement ce que vous dites. Si vous ne le reconnaissez pas c’est que vous êtes mal renseigné, ou alors de mauvaise foi. Ou bien considérez-vous que c’est bien quand c’est dit par vous, mais que c’est mal quand c’est dit par elle ? C’est agaçant de désinformation ! D’autre part, qui à part Marine Le Pen est le mieux positionné en France pour porter vos idées. Ces Messieurs Dames du PS ? De l’UMP ? Eux qui ont laissé s’installer l’idéologie ultralibérale et qui la défende encore bec et ongles. Laissez-moi rire !

  • permalien BA :
    17 juin 2011 @08h08   « »
    Europe : vers des défauts de paiement en cascade.

    Grèce : un défaut de paiement de plus en plus probable.

    Le chef de l’Etat et la chancelière allemande se rencontrent ce vendredi. La crainte d’une contagion d’un éventuel défaut grec, de plus en plus probable, entraîne d’autres pays de la zone euro dans la tourmente.

    Le report d’un accord sur un nouveau plan de soutien à la Grèce accroît encore les craintes d’un défaut de paiement sur la dette grecque et relance les inquiétudes d’une contagion à d’autres pays. Oli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, semble désormais convaincu qu’un défaut de paiement est inévitable.

    De même, Alan Greenspan estime qu’un défaut de paiement est « quasiment certain », dans une interview à Bloomberg. L’ancien président de la Réserve fédérale américaine ajoute que la crise de la dette en Grèce peut faire retomber les Etats-Unis en récession. De quoi expliquer les encouragements du porte-parole de la Maison Blanche hier, soulignant qu’« il est important que le gouvernement grec continue » ses efforts de réforme.

    Un défaut pourrait générer d’importantes pertes pour les banques et créer les conditions d’une panique bancaire similaire à celle de la crise financière de 2008. La France et la Banque centrale européenne préviennent également des risques d’embrasement de la zone euro en cas de rééchelonnement de la dette grecque qui suppose un engagement des banques européennes. Ainsi, Nicolas Sarkozy rencontre Angela Merkel ce vendredi pour la convaincre de faire un geste en faveur d’Athènes.

    Les craintes d’une contagion de l’accablante situation économique de la Grèce pénalisent déjà d’autres pays de la zone euro. Alors que les taux grecs ont atteint un nouveau record hier, le taux de ses obligations à deux ans a grimpé au-delà de 30%, les obligations de l’Etat espagnol s’établissaient elles aussi à des sommets.

    Le coût d’emprunt en Espagne s’est envolé à un niveau inédit depuis onze ans et Madrid a ainsi été contrainte de limiter le montant de son émission de dette. En Irlande et au Portugal, les coûts de l’assurance contre un défaut, mesurés par les CDS (Credit Defaut Swaps), se sont également envolés.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...

  • permalien
    17 juin 2011 @09h28   « »

    A Alix75

    Qui a dit à part MLP ( qui le dit par pure démagogie) et ce que les économistes atterrés ont déjà dit dont F L ? et bien avant JMLP, qui préconisait ce que les oligarchies nous imposent en ce moment !réponse : Jean Luc M.

  • permalien HN :
    17 juin 2011 @09h50   « »

    @Alix

    D’autre part, qui à part Marine Le Pen est le mieux positionné en France pour porter vos idées. Ces Messieurs Dames du PS ? De l’UMP ?

    Ben vous savez, y a pas que la droite molle (PS) et l’extrême droite (UMP/FN) en France, comme partis politiques...

    Il se trouve qu’il existe depuis longtemps d’autres partis, l’extrême gauche en l’occurrence ("brrrrr"), qui revendiquent depuis perpette ce genre d’idées.

    Alors désolé mais le FN, avec sa suppression de l’ISF et son éternelle haine pour les "gauchistes", comme l’a bien exprimé F. Lordon dans son texte, je les vois mal prêcher la bonne parole anti-capitaliste, voyez. Je ne trouve pas que ce soit un procès d’intention, plus une mise en relief des "idées nouvelles" du FN totalement en contradiction avec son passé.

    D’ailleurs dans ce cas, pourquoi le FN ne fait-il pas un compromis pour se rallier aux partis de gauche ?
    Tout le problème est là je pense, dans les priorités. C’est un parti raciste voulant lutter contre l’immigration avant d’être contre le néo-libéralisme.

    Cdlmt

  • permalien Pilou Camomille :
    17 juin 2011 @10h28   « »

    Bonjour, je n’ai pas vécu en Allemagne, mais je ne vois pas comment une politique d’austérité révolterait les uns et serait satisfaisante pour les autres, mais je n’ai sans doute pas tous les éléments. Il suffit peut-être d’attendre un peu.
    Un sondage paru le 16 juin dans l’Expansion donne les résultats suivants : 73 % estiment que l’ouverture des frontières a été une mauvaise chose pour la planète, 83% mauvaise pour l’emploi, 73% mauvaise pour les déficits, et 75 % mauvaise pour l’avenir. Tout çà sans débat sur la question, puisqu’on passe le temps à discourir sur des problèmes de société.
    Seul 1 % est enthousiaste par la situation économique, sans doute un tradeur égaré dans le panel des sondés !
    La question de l’appropriation par le FN de la démondialisation pose effectivement un problème.
    Si je résume les mesures concomitantes qu’il faudrait prendre :
    - retour aux états souverains et maîtrise monétaire.
    - la fin du tout libre-échange et de la libre concurrence.
    - la régulation financière et le contrôle des banques par les états. (Je viens de me faire censurer par Bilger pour avoir écrit çà sur son site, ce qui me semble un bon signe)
    Marine est une piètre économiste, il ne devrait pas être si difficile de trouver des contradictions dans son programme.
    A moins qu’elle n’ait appris Sapir par coeur et nous fasse un gros mensonge dans le genre "travailler plus pour gagner plus" ?
    Peut-être la référence à la "Conférence de la Havane" serait plus claire comme définition de la démondialisation, mais je n’ai pas la formation économique pour en juger.
    Bien à vous.

  • permalien ºC :
    17 juin 2011 @10h56   « »
    Qui n’a pas peur de Jean Peyrelevade ?

    FL,

    n’était-ce pas vous qui, dans un émission de France Culture, proposait de dresser un Hall of Shame des économistes (et prétendus comme tels) ?

    Désolé, je ne vous ai pas attentu, même si je vous encourage à commencer ce projet, quels que soient les attaques de populisme (justement) que vous pourrez essuyer.

    NEGATIONNISME DE CRIMES FINANCIERS : UNE SPECIALITE DE JEAN-PEYRELEVADE D’APRES LE JOURNAL LE MONDE

    http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/...

  • permalien Pilou Camomille :
    17 juin 2011 @10h59   « »

    Rectificatif : "Charte de la Havane" et non "Conférence de la Havane".

  • permalien dvd :
    17 juin 2011 @11h35   « »
    Qui n’a pas peur de Mario Draghi ?

    Je signale que Pascal Canfin, mais aussi Simon Johnson (MIT, IMF), dans le journal Le Monde, remet en cause l’intégrité candidat à la présidence de la BCE. Son audition au parlement vient de se terminer et le vote aura lieu le 23.

    Quelques informations :

    The ECB asked the EU’s General Court to dismiss a lawsuit seeking the disclosure of documents showing how Greece used derivatives to hide loans and triggered the region’s sovereign debt crisis […] Cites Market-Disruption Risks. (Bloomberg, 13 Mai)

    Une décision de Trichet qui sous prétexte de stabilité les marchés (suffisamment fallacieux), vise peut-être à protéger le prochain gouverneur. Les auteurs de cette transaction visant à dissimuler le déficit de la Grèce (par le biais de taux de changes différents du marché) étaient sous la direction de l’intéressé, dont les attributions étaient :

    « helped the firm develop and execute business with major European corporations and with governments and government agencies worldwide. »

    en tant que VP de Goldman. Si l’initiation du contrat débute l’année précédant son arrivée (Janvier 2002), une renégociation significative (repoussant les échéances de remboursement) intervient en 2004, alors qu’il ne rejoint la banque centrale d’Italie qu’en janvier 2006. La vente totale de la position de la contrepartie, peu à près la renégociation, à la BNG, récemment privatisée au moment des faits, devrait aussi soulever des questions. Source, un récent audit de Eurostat, Methodological Visit Report, 2010.

    D’après le code de bonne conduite des spécialistes en valeur du trésor (en France, mais aussi dans le reste de la zone euro) :

    « Les SVT sélectionnés pour une durée de trois ans se doivent de répondre à des règles de bonne conduite et à des pratiques irréprochables. »

    Je n’ai pas besoin de rappeler, par contre, les autres exactions de cette banque, sanctionnées par la SEC ou faisant l’objet d’enquêtes en cours.

    Annexes :

    Abréviation : SVT
    Domaine : Finances
    Définition : Établissement ayant obtenu un statut particulier relatif à l’émission, au placement et au marché secondaire des valeurs du Trésor, et ayant l’obligation d’assurer en permanence la liquidité du marché secondaire.
    Note :
    1. Les spécialistes en valeurs du Trésor sont sélectionnés par l’État pour l’importance de leurs souscriptions aux émissions des titres de la dette publique, pour leur capacité à les placer en France et à l’étranger et à effectuer la tenue du marché de ces titres.
    2. Les spécialistes en valeurs du Trésor sont consultés systématiquement par le Trésor sur les conditions d’émission des titres de la dette publique. Ils ont accès à toutes les adjudications et peuvent, en outre, acquérir des quantités supplémentaires au prix moyen de cette adjudication (offres dites « non compétitives »).
    Équivalent étranger : primary dealer

  • permalien kulu :
    17 juin 2011 @12h03   « »
    Réponse à Valentin

    @Valentin, un peu tardivement.
    Relents Maurassien ? Michel Droit ?
    Comme vous y allez ! Vous me comparez à ces gens qui aimaient tant l’ordre alors que je suis le représentant d’une Gauche certes franchouillarde et xénophobe mais aussi frileuse, peureuse se vautrant dans le "farniente au soleil" et la "poussière" !
    Vous savez, le mépris que vous affichez pour les "Greco-siciliens" n’est pas des plus aimables. Je pourrais faire le même genre de remarque à l’emporte-pièce.
    L’arrogance des peuples "dominants" est récurante dans l’Histoire, ça ne date pas d’hier et la France ne fut pas en reste à son heure de gloire. C’est un défaut bien partagé malheureusement. Il se trouve qu’actuellement en Europe c’est le poids de l’Allemagne qui se fait rudement sentir. Oui, je sais, ils doivent prêter beaucoup d’argent à certains de leurs partenaires qui par ailleurs sont aussi leurs principaux clients pour sauver les meubles. Comme ils n’ont pas d’autre choix en l’état, ça les rend autoritaire mécaniquement.
    Vous me faites penser à ces gens qui vous taxent d’antisémitisme dès qu’on touche à Israël.
    On peut critiquer vertement le comportement allemand sans être pour autant un "anti-germaniste primaire". Si vous étiez grec peut être auriez vous un autre point de vue.
    La langue n’est pas un élément anodin dans cette histoire car elle est la matrice d’une culture. Il n’est donc pas délirant de dire qu’un peuple perçoit le monde qui l’entoure à l’aune de sa propre langue.
    E. Todd fait lui une analyse basée sur la structure familiale qui mène en gros au même constat, c’est à dire, pour simplifier, qu’on voit les choses très différemment. Mais je crois que vous n’aimez pas E. Todd.
    Sur cette base où se mélangent un certain autoritarisme et une certaine incompréhension culturelle il n’est pas aisé de construire une Union européenne viable.
    Si "l’euro-deuschmark" m’irrite il n’en est pas de même de la question énergétique pour laquelle on pourrait inverser la proposition s’agissant de la France.
    Alors s’il vous plaît, remballez votre Maurras et votre Michel Droit, c’est hors sujet et je trouve le procédé un peu trop facile.

  • permalien BA :
    17 juin 2011 @16h06   « »
    Angela Merkel, c’est Le Parrain.

    Vendredi 17 juin 2011 :

    Voici une phrase en langue de bois, prononcée par Angela Merkel :

    « Nous voulons que le secteur privé participe sur une base volontaire au plan de sauvetage de la Grèce. Je veux insister là-dessus, il n’y a aucune base légale pour une participation obligatoire », a insisté Mme Merkel.

    Maintenant, nous pouvons traduire en français :

    « J’ai dit aux banquiers allemands : je vais vous faire une offre que vous ne pouvez pas refuser ... »

    http://www.ouest-france.fr/actu/loi...

  • permalien davide :
    17 juin 2011 @21h11   « »

    Marine Le Pen a bien raison pour la France...

    Le Danemark a pris de court l’Union Européenne en annonçant mercredi sa décision de rétablir "au plus vite" les contrôles à ses frontières.
    Alors que les ministres de l’intérieur de l’Union Européenne se réunissent ce jeudi, à la demande de Paris et Rome, pour envisager la possibilité de réintroduire temporairement des contrôles aux frontières nationales au sein de la zone Schengen, le Danemark a d’ores et déjà annoncé sa volonté de les rétablir d’ici à deux ou trois semaines.
    Pas vraiment légal mais pas vraiment illégal non plus, les contrôles aux frontières intra-européennes sont très encadrés. Si en principe le Danemark ne peut pas rétablir des contrôles frontaliers classiques, il peut en revanche déployer ses douaniers aux frontières en permanence afin qu’ils effectuent des contrôles aléatoires sur les véhicules.

    La France et l’Italie ont récemment défendu l’idée de renforcer les contrôles au frontières après l’afflux de migrants venue de Libye, de Tunisie et d’Egypte. Dès lors, le Danemark, par la voix de Pia Kjaersgaard, dirigeante du Parti du Peuple danois (PPD, extrême droite) va donc renforcer ses contrôles aux frontières allemande et suédoise ainsi que dans les ports du pays.

    "Au cours des dernières années, nous avons vu une augmentation du crime transfrontalier, et ceci est fait pour parer le problème. Nous allons construire de nouvelles installations à la frontière germano-danoise, avec des nouveaux équipements électroniques et des identifiants de plaques minéralogiques", a expliqué Claus Hjort Frederiksen, le ministre danois des Finances.

  • permalien steph :
    17 juin 2011 @23h17   « »

    @davide

    mais bien sur... votre titre me rappelle une pub avec une marmotte, du chocolat et du papier alu...

    MLP a forcément tort... la xénophobie, sous couverts de défense du prolétariat FRANCAIS môssieur, est de tout temps condamnable... il ne s’agit pas de contrôler les flux de personnes, mais les flux financiers... voyez-vous la nuance ? non ? elle est pourtant de taille !

  • permalien jpm :
    17 juin 2011 @23h48   « »

    Le FN entonnant un chant anti-mondialisation et donc anti-capitaliste, c’est penser que Strasser avait une chance contre Hitler en 1934. On a vu.
    Je suis toujours admiratif des billets de M Lordon quand il nous décortique avec style et clarté la crise financière mais là je suis un peu sur ma faim, comme si certaines pudeurs apéritives avaient réussi à noyer le plat principal. Les mots employés aujourd’hui dans le débat politique sont tellement "minés" qu’il faut avancer avec la prudence du sioux, sous peine de finir sur un bûcher ou un autre...
    On mettra ainsi au crédit des "européistes" le fait d’être absolument les seuls sur cette planète aujourd’hui à charger "l’état-nation" de tous les maux. Personne d’autre ne fait cela, ni les américains ( surtout pas) , ni les israêliens ( au contraire) , ni les russes, ni les chinois. Car le rêve de départ des peuples européens post 1945 de se "fondre" dans une identité et une supra-nation européenne et de dépasser ainsi des siècles de guerres inutiles a tourné court et en fait de nation européenne on n’a rien vu venir, juste un gros machin marchand ouvert à tous les vents largement sous contrôle américain. Qu’à cela ne tienne : il n’y aura pas d’état-nation européen car en fait l’idéal européen a vocation UNIVERSELLE : le constat d’impuissance de l’Europe politique débouche sur la soumission entière des européistes à la mondialisation libérale, l’échec de l’état-nation européen étant la preuve de la nocivité foncière du concept.
    Résultat des courses : ce n’est pas "l’Europe" qui pourra s’opposer à la mondialisation, car ce serait s’opposer à elle-même.

  • permalien ºC :
    17 juin 2011 @23h49   « »
    Qui n’a pas peur de Mario Draghi ?

    10 pages y sont consacrées dans le dernier billet du blog de ºC :

    http://cassure1974.blogspot.com/201...

  • permalien icouli :
    18 juin 2011 @00h48   « »
    Qui a peur de prendre conscience ?

    La souveraineté dans son principe c est le nationalisme et le nationalisme c est la propriété privé dont dépend toute l idéologie dites "néo libérale".

    C est là la difficile équation du libéralisme, comment maintenir la flamme nationaliste tout en la dépassant sans se faire remarquer. Car il est clair que si tout les peuples s unissaient autour d une gouvernance mondiale l idéologie libérale de l économie n y survivrai pas une seconde, sa destruction en est même la condition première.

    Bref, ces crises au lieu de nuire au libéralisme ne font que le conforter car ce qu il faut voir avant tout c est a qui profite le système et ses structures. Le retour aux souverainetés nationales n éliminera pas la mondialisation car celle ci est un fait de la réalité au sens ou l information et la communication, elles, sont mondialisés et de manière irréversible (sauf a imaginer une fin du monde apocalyptique). Ainsi tout évènement appelant notre attention, quel que soit le lieu, est connu de tous dans l instant même où il se produit "comme s y on y était". Bref, nous avons aquis la connaissance que notre actualité (et donc notre monde) est mondialisé, mais sans en avoir encore pris... Conscience.

    Le discours d ATTAC est une preuve supplémentaire que nous vivons encore dans l inconscience du monde actuel pour rester attaché à la conscience du monde passé. Celui d un monde où il n y a pas de contraintes ni de limites et donc où les mots gestion et planification sont sous productifs.

    Les crises actuelles peuvent se voir a travers l image du chien que se mord la queue. Le chien n ayant plus de chat à poursuivre il s en prend a sa queue !!!

  • permalien BA :
    18 juin 2011 @08h24   « »
    Qui a peur de la souveraineté ?

    Icouli écrit : "La souveraineté dans son principe c est le nationalisme"

    Ah bon ?

    Alors aujourd’hui, tous les Etats souverains sont nationalistes ?

  • permalien icouli :
    18 juin 2011 @09h55   « »

    A ba

    Ben oui, par définition défendre la souveraineté c est défendre le nationalisme. Défendre le nationalisme c est défendre la propriété privé car les barrières des frontières des nations forment le dernier (ou 1er !) niveau de la propriété privé. Les barrières de son jardin étant le 1er niveau.

    La prise de conscience de vivre sur la même planète (ce qui n est pas encore le cas aujourd hui) impliquant l abandon de la souveraineté (donc de la propriété privé collective) au profit de la responsabilité collective, entraine l abandon de la propriété individuelle au profit de la responsabilité individuelle.

  • permalien A. Thibault :
    18 juin 2011 @11h56   « »
    démondialisation ou altermondialisation ?

    Merci pour votre article, mais une question tout de même :

    Pourquoi, alors que vous demandez le retour à une souveraineté nationale en tant qu’étape transitoire vers une souveraineté plus large ("l’impératif de maintenir continûment, sous une forme ou sous une autre, le principe de souveraineté, tout le temps de la transition") et que vous revendiquez une forme de mondialisation, celle par les externalités, préférez vous le terme de démondialisation au terme d’altermondialisation (qui n’apparaît pas une seule fois dans votre article) _en dehors des arguments types "mot-obus" ou "ne fuyons pas l’anti-Midas" ?

    Il me semble, en effet, qu’une large part du débat autour de l’article d’attac trouverait éclairage intéressant dans l’analyse de ce glissement linguistique. Personnellement, c’est la zone d’ombre qui m’éblouit.

  • permalien articulièrment anti sociales dans leurs filiales à l’étranger :
    18 juin 2011 @12h07   « »

    "La guerre voit se battre des gens qui ne se connaissent pas pour le profit de gens qui se connaissent mais ne se battent pas".
    C’est également vrai pour l’économie.
    C’est la question des classes sociales qu’il faut avancer et remettre à l’ordre du jour plus que la question des nations ou groupes de nations saisie d’un point de vue essentialiste "le racisme est une forme d’essentialisme" P Bourdieu).
    Au dernier congrès des métallos CGT, les participants ont tous été frappés par les témoignages de syndicalistes étrangers, tant ce qui était rapporté de leur situation comportait des analogies avec la situation dans les entreprises en France.
    Les entreprises Françaises se distinguant par des pratiques particulièrement anti sociales dans leurs filières à l’étranger.

  • permalien BA :
    18 juin 2011 @14h47   « »
    Qui a peur de l’éclatement de la zone euro ?

    Samedi 18 juin 2011 :

    Crise : Jean-Claude Juncker met en garde contre une contagion en Belgique et Italie.

    Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a mis en garde contre une contamination de la crise de l’euro à la Belgique et l’Italie, dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung paru samedi.

    « La faillite peut contaminer le Portugal et l’Irlande et en raison de leur endettement élevé la Belgique et l’Italie, même avant l’Espagne », a-t-il dit au journal.

    Selon lui, en faisant participer les créanciers privés au sauvetage de la Grèce, il peut arriver dans le pire des cas que les agences de notation rangent Athènes dans la catégorie « insolvable », ce qui aurait des conséquences catastrophiques pour la monnaie unique.

    « Nous jouons avec le feu, a-t-il dit. Et si la Grèce était rangée dans cette catégorie, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur d’autres pays de la zone euro, dont le Portugal et l’Irlande, puis la Belgique et l’Italie. »

    http://www.google.com/hostednews/af...

  • permalien steph :
    18 juin 2011 @15h45   « »

    @icouli

    ha... un peu d’anarchisme ne nuit pas... mais bon, l’association frontières = propriétaires me paraît aller vite en besogne...

    J’aime à penser que l’espace de la zone euro et l’espace de Schengen ne sont pas superposés... autrement dit on peut être dans un espace où l’argent passe les frontières sans que les peuples ne le puissent... est-il possible d’imaginer l’inverse ?

    Ceci dit, vous pensez réellement qu’une "gouvernance mondiale" n’aurait pas des tendances totalitaires et fascisantes ? (j’ai bien peur qu’elle le deviendrait...)

  • permalien KarimW :
    18 juin 2011 @15h58   « »

    Selon les informations publiées depuis vendredi, la progression de la dette Belge a été de 0.4% de PIB (malgré le niveau global de 96.6% du Pib)

    Si Trichet pouvait juste ne pas citer le nom du Royaume, ce serait gentil de sa part.

  • permalien icouli :
    19 juin 2011 @00h47   « »

    A steph

    Si c est vite dit, je crois que vous le pensez trop vite aussi. Prenez un peu de temps de réflexion. Par exemple pourquoi dit on "mon pays, mon territoire" s il n y a pas de corrélation avec la propriété privé ? Pourquoi fait on la guerre ?

    Idem pour le sujet d une gouvernance mondiale. Ici on est dans l innovation totale. Mais je ne vais pas développer. Cependant, comment le fascisme peut il exister sans nationalisme et sans racisme ? Puisqu une gouvernance mondiale présuppose le multiracisme... Et comment le totalitarisme peut il se justifier s il n y a pas d ennemies extérieurs désigné ?

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