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Qui a peur de la démondialisation ?

lundi 13 juin 2011, par Frédéric Lordon

Dans une tribune récemment publiée sur Mediapart (6 juin 2011), des membres du conseil scientifique d’Attac (Geneviève Azam, Jacques Cossart, Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Michel Husson, Pierre Khalfa, Dominique Plihon, Catherine Samary et Aurélie Trouvé) déclarent « s’inquiét(er) de la fortune rencontrée par la démondialisation ». Je crois avoir à leur endroit suffisamment d’estime et d’amitié pour leur dire mes désaccords – à plus forte raison après m’être rendu coupable d’avoir moi-même employé le mot « à problème » [1]…

Dépolluer du FN

Du problème en question, il est sans doute utile de commencer par déblayer la situation politique – entendre la dépolluer du Front national. Car l’on sent bien que la fortune de l’extrême droite qui capitalise sur ce thème n’entre pas pour rien dans les inquiétudes des signataires. Mais, par une contradiction performative fatale, faire sans cesse référence au FN à propos de tout débat est à coup sûr le meilleur moyen de l’installer dans la position de centralité dont par ailleurs on voudrait l’écarter. Il ne faut se faire aucune illusion, spécialement quand la nouvelle dirigeante du FN s’avère plus futée que son prédécesseur, et démontre déjà assez son talent de récupération : le FN mangera à tous les râteliers, captera tout ce qu’il peut capter, si bien qu’installer le mythe de l’anti-Midas – « le FN transforme en plomb tout ce qu’il touche » – est le plus sûr moyen de contribuer soi-même à la dégradation de ses propres débats. On n’abandonnera donc pas le débat de la démondialisation sous prétexte que le FN qui a senti la bonne affaire s’y vautre avec délice !

Avant de déserter le terrain, on pourrait en effet au moins avoir le réflexe d’objecter que nul ne s’inquiétait dans les années 1980-1990 que le FN campe sur les idées économiques libérales du RPR-UDF, et nul n’allait soumettre la droite dite « républicaine » à la question de cette embarrassante proximité. Curieusement les proximités ne deviennent embarrassantes que lorsqu’il est question d’en finir avec la finance libéralisée et le libre-échange – et les signataires d’Attac devraient « s’inquiéter » d’avoir ici beaucoup concédé aux schèmes réflexes de l’éditorialisme libéral. Ils pourraient également suggérer qu’on renverse l’ordre de la question, et que « l’éditorialisme » se préoccupe d’aller interroger sérieusement le FN sur ses virages doctrinaux à 180° et sur sa propension récente à aller piller (et déformer) des idées de gauche critique – paradoxe tout de même étonnant si l’on y pense, mais qui semble faire si peu problème que tout le monde se précipite plutôt pour demander à la gauche critique comment elle peut vivre dans pareil voisinage... Moyennant quoi, à force d’envahissements par l’extrême droite, qui ne manque pas de s’en donner à cœur joie avec au surplus le plaisir complémentaire de créer la confusion, et le plaisir supplémentaire de le faire avec la complicité active des victimes de la confusion, il ne restera bientôt plus grand-chose en propre à la gauche en matière économique s’il lui faut abandonner dans l’instant tout ce que l’anti-Midas aura touché. Car il ne faut pas s’y tromper : l’anti-Midas a la paluche aux aguets et il va en toucher autant qu’il pourra. On pourrait donc, par un préalable de bonne méthode, décider d’ignorer les gesticulations récupératrices du FN, de cesser d’en faire l’arbitre intempestif et pollueur de nos débats, et de continuer de discuter des sujets qui nous intéressent.

Au fait, qu’est-ce que la mondialisation ?

Ceci étant dit, c’est une chose de tenir, comme le font les signataires, la « démondialisation » pour un concept « superficiel et simpliste », mais c’en aurait été une autre, bienvenue, qu’ils prissent eux-mêmes la peine de donner leur propre définition « rigoureuse » de la mondialisation. Ecartons tout de suite – je ne les leur prête pas, d’ailleurs – les contorsions sémantiques qui tentent de repérer d’abyssales différences entre « mondialisation » et « globalisation » pour en tirer d’improbables solutions de rattrapage. Ce deuxième terme ne veut rien dire, en tout cas rien dire d’autre que « mondialisation » elle-même, dont il est simplement la dénomination anglo-saxonne (globalization).

Il y a alors deux définitions possibles de la mondialisation :

— Par les externalités : la mondialisation désigne un état du monde où les externalités ont atteint de telles portées et de telles intensités qu’elles rendent nécessaire des formes de gestion supranationales. Le dérèglement climatique est une externalité mondiale et seule une coordination mondiale en viendra à bout. Le problème nucléaire est à externalités manifestes – il faut par exemple féliciter l’Allemagne (et pour une fois on ne verra aucune ironie là-dedans) de sa décision, alors qu’à quelques centaines de kilomètres de sa frontière, le parc de centrales français s’offre à lui envoyer quelques éventuels vents d’ouest un peu pourris. Et l’on pourrait parler des problèmes migratoires, de l’eau, des droits sur les médicaments, etc. Ce monde-là ne peut plus marcher sur des bases exclusivement nationales, il a en effet mondialisé certains de ses problèmes.

— Par la libéralisation des marchés : sous cette autre définition, la mondialisation est à entendre comme le processus de déréglementation du plus grand nombre de marchés possibles sur la base internationale de plus grande extension possible. Sous ce rapport, il n’y a aucune différence à faire entre « mondialisation » et « mondialisation néolibérale ». « Mondialisation néolibérale » n’est qu’un pléonasme et les signataires qui disent vouloir de la première mais pas de la deuxième vont avoir du mal à déplier des différences inexistantes. Entendent-ils qu’ils veulent bien la mondialisation-externalités mais pas la mondialisation-libéralisation ? On le leur accordera sans difficulté, mais la première est politique et la deuxième économique, et il ne fallait pas beaucoup d’esprit de charité intellectuelle pour comprendre que le discours de gauche de la démondialisation s’en prend à la seconde, la mondialisation économique, la seule qu’il y ait à combattre vraiment car elle, elle a produit ses « solutions »… quand la première n’a posé que ses questions.

Les signataires disent vouloir « évidemment réduire les flux de marchandises et de capitaux, et relocaliser les systèmes productifs (…), stopper la concurrence entre travailleurs et paysans du monde, valoriser la diversité des savoirs et des pratiques sociales, nourrir les populations et assurer la souveraineté alimentaire ». Mais c’est cela même la démondialisation – économique ! Et l’on ne voit pas pourquoi penser la chose ne pourrait pas aller jusqu’à dire le mot. Démondialiser, au sens de la deuxième définition de la mondialisation, c’est revenir sur les libéralisations généralisées : en tout premier lieu celles des marchés de biens et services et celles des circulations de capitaux. Il faut une singulière mauvaise foi, doublée d’une réelle incohérence, pour d’une part prêter aux discours de la démondialisation, par une imputation d’essence, d’avoir d’abord désigné « le travailleur chinois comme ennemi » pour se réserver ensuite le joli rôle de la relocalisation, de la réduction des flux de marchandises et de l’arrêt de « la concurrence entre travailleurs du monde »… Sauf dans les catégories de la pensée libérale (ou de la pensée d’extrême droite), tenir le discours de la démondialisation n’a jamais signifié s’en prendre à des individus ou à des groupes sociaux, mais à des structures – même s’il est vrai qu’alors, dans un deuxième temps, reviennent dans le champ de la critique des groupes sociaux particuliers : ceux qui ont eu barre sur, et partie liée à la configuration des structures, savoir l’oligarchie capitaliste.

Mais c’est une étrange réticence celle qui interdit de dire « démondialisation » quand la conscience populaire a identifié la chose qu’elle nomme « mondialisation » comme l’origine de ses souffrances et qu’une analyse rigoureuse peut venir pleinement ratifier cette identification. Les signataires se rendent-ils comptent qu’avec leur dénonciation du « repli national » – et l’on sent bien qu’on a échappé de peu à la « frilosité » et à « l’égoïsme » de ceux qui ont « peur » de « l’ouverture » –, on retrouve sous leur plume les pires lieux communs de l’éditorialisme libéral – ou comment faire tourner soi-même les moulins de ses propres adversaires… Mais le plus grave dans cette convergence, certes ponctuelle mais troublante, tient à la fabrication d’une de ces antinomies qui font, là encore, la joie du commentaire autorisé, antinomie au terme de laquelle la « mondialisation » n’a pour alternative que le « refermement national ». Le monde mondialisé ou la nation archaïque, et choisissez votre camp…

De quelques approximations de l’anti-démondialisation

Passons d’abord sur les approximations et les déformations du discours de la démondialisation relu par les signataires – et d’une relecture qu’on pourrait bien dire elle aussi « superficielle et simpliste »… « Une monnaie nationale ne protège ni du néolibéralisme, ni de la spéculation, ni du productivisme : a-t-on vu quelque gouvernement britannique s’opposer au néolibéralisme du fait qu’il disposait de la livre sterling ? Le franc, la livre ou la lire étaient-ils des boucliers contre les attaques spéculatives ? » Mais qui (à part Marine Le Pen) a jamais dit que le retour aux monnaies nationales était à soi seul la panacée anti-crise ? Quel que soit le degré auquel on adhère à leurs thèses, on pourrait au moins créditer les économistes qui plaident pour le retour à la monnaie nationale [2] d’avoir hautement conscience des périls qui suivraient de l’abandonner à la spéculation internationale et de précisément n’envisager ce retour qu’accompagné de radicales transformations structurelles, notamment financières et bancaires, visant à briser le pouvoir de nuisance des marchés de capitaux.

« On ne renversera pas le dogme de la “création de valeur pour l’actionnaire” en commençant par des droits de douane contre la Chine mais par une redistribution des richesses dans nos pays et entre pays (…). La “démondialisation” n’apporterait rien à l’affaire », écrivent plus loin les signataires. On s’excuse de le leur dire un peu rudement mais cette phrase est d’une parfaite absurdité. Il faudrait être idiot en effet pour prétendre transformer les données de la contrainte actionnariale en s’attaquant à celles… de la contrainte concurrentielle ! Quant à l’injonction mécanique de la « redistribution des richesses », elle n’est pas davantage qu’un vœu pieu récurrent, symptomatiquement matière à mots d’ordre syndicaux qui ne mènent à rien (je veux dire à rien d’autre qu’à d’inoffensifs défilés entre République et Nation), et en elle-même vide de sens tant qu’on n’a pas rapporté ce projet à des transformations concrètes des structures qui déterminent le partage des richesses.

Or parmi celles-ci on trouve typiquement d’un côté les structures de la libre concurrence qui organisent la pression constante sur les coûts salariaux – et, oui, en particulier avec des économies à standards sociaux effondrés (comme la Chine). Sauf à attendre patiemment les quelques décennies de la montée en gamme de l’économie chinoise, de la constitution d’institutions salariales matures et du rattrapage de ses standards sociaux et environnementaux, on voit mal les moyens de la protection des salariés européens, à part la restriction de la concurrence dite non-distordue (ainsi conçue pour mieux laisser jouer toutes les distorsions propres à la mise en concurrence de modèles socioproductifs parfaitement inégaux). Il n’est donc pas question dans cette affaire, comme feignent de le croire les signataires, que l’opprobre soit jeté sur « les Chinois », ou même « la Chine », à qui nul ne saurait reprocher son niveau de développement – bien davantage en revanche sur les fous furieux de l’Union européenne et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui organisent soigneusement la concurrence libre avec elle. Si, par ailleurs, les signataires ont en tête un moyen de restreindre cette concurrence autre que, oui, des droits de douane sélectifs et bien ciblés, surtout qu’ils le disent. Et sinon pourquoi ne pas admettre qu’une telle restriction tombe de plein droit sous la catégorie de la démondialisation ?

Comme y tombent également, d’un autre côté, toutes les modifications des structures de la finance telles qu’entre autres elles soutiennent actuellement le pouvoir actionnarial. Car à moins de poursuivre la chimère de la re-régulation mondiale, que sa magnifique ambition rend au moins certaine de ne jamais aboutir, il faudra bien envisager une re-régulation simplement régionale… qui n’ira pas sans dispositifs de protection adéquats, d’une part pour désamorcer toutes les stratégies d’arbitrage réglementaire et d’autre part pour protéger l’intérieur de la « zone financière régulée » de toutes les instabilités venues d’un extérieur demeuré dérégulé – et cela également s’appelle démondialiser. Ce n’est donc pas la nationalité des opérateurs qui est en jeu – car il est bien vrai que les investisseurs institutionnels français ne sont pas moins rapaces et violents que les autres ! C’est la possibilité de constituer une enclave de vie économique pacifiée sans avoir à attendre la grande convergence mondiale. Mais cette possibilité-là n’est que l’autre nom de la rupture avec la mondialisation.

La question décisive de la souveraineté

Les signataires objecteront qu’ils visent moins loin que le monde : l’Europe. Et on peut leur accorder en effet qu’il y a matière à réfléchir à la circonscription de la régulation « régionale », sans exclure a priori que la « région » aille au-delà de l’actuelle nation. Encore faudrait-il pour ce faire poser le problème comme il convient, c’est-à-dire en termes politiques, et plus exactement sans hésiter à prononcer le mot-clé : souveraineté – mais, après démondialisation, ce mot-là également ne va-t-il pas devenir un imprononçable, et puis logiquement, peu après, un impensable ? Il vaudrait mieux éviter, sauf à ce que, vaincue par la peur de la déchéance « nationaliste » et « souverainiste », la gauche critique se retrouve à poil et incapable de poser le moindre problème fondamental.

C’est qu’en effet il n’est pas d’autre prémisse possible au débat mondialisation/démondialisation que celle qui tient la souveraineté d’un peuple pour le concept-clé de l’époque moderne. La modernité, au sens conceptuel du terme, dont on verra sans peine qu’il s’oppose en tout aux bouillies des usages éditorialistes de ce mot, c’est que des communautés humaines se déclarent maîtresses de leur destin – souveraines. Voilà le fait constitutif de notre horizon historique et politique, la donnée cardinale dont l’ignorance condamne irrémédiablement à l’insignifiance. Or, à l’exact inverse de tous ses amis qui répètent en boucle qu’elle est la modernité même, la mondialisation est anti-moderne précisément au sens où elle organise la dépossession des souverainetés partout où elles existent, sans leur offrir la moindre solution de re-création. La substitution insistante du terme « gouvernance » à celui de « gouvernement » est bien là pour dire le projet général de la dégouvernementalisation du monde, c’est-à-dire de sa dépolitisation. Surtout pas d’Etat – quelle qu’en soit la circonscription –, donc pas de loi, à l’extrême rigueur des règles mais minimales et sans force, et surtout, bien sûr, de l’« éthique »… C’est dans cet univers libre de toute force politique souveraine, la seule qui serait capable de les contenir, que les forces du capital veulent être seules significatives à se mouvoir.

Il fallait donc d’abord déborder les souverainetés nationales, ces lieux ignobles de l’arraisonnement politique des excès privés du capital. Sous couleur de la Terre plate [3] et du monde enfin un, l’abattement des frontières s’en est chargé. Et en effet : quand le financement des déficits est entièrement abandonné aux investisseurs internationaux, quand ceux-ci ont entièrement barre sur les orientations fondamentales des politiques économiques (et commandent la rigueur sans fin), quand les gouvernements se targuent de réformer les retraites au nom du triple-A à maintenir, quand les entreprises peuvent exciper de l’argument aussi ignoble que bien fondé des actionnaires à satisfaire pour justifier les plans sociaux, quand la « liberté d’établissement » promue par le Traité européen autorise tous les chantages à la délocalisation sans que les gouvernements locaux ne puissent mot dire, quand les riches pratiquent l’évasion fiscale à grande échelle sans qu’on puisse les rattraper, en effet la souveraineté n’est plus qu’un souvenir puisque les peuples ne maîtrisent rigoureusement plus rien des éléments fondamentaux de leur destinée.

L’anti-démondialisation, ou l’oubli de la souveraineté

Malheureusement pour les libéraux, la souveraineté attaquée dans les faits résiste dans les esprits. D’où elle ne cessera d’exiger sa reconstitution. Telle est la force de la modernité – la vraie – qui a rendu la dépossession intolérable, en tout cas au-delà d’un certain seuil. Les nécessités de la mondialisation-externalités s’ajoutent aux agressions de la mondialisation-libéralisation pour appeler (les premières authentiquement, les secondes hypocritement) à des redéploiements outre-nationaux du principe de souveraineté. Mais rien ne vient, et pour cause : la force active de la libéralisation n’a aucune intention de reconstituer ailleurs ce qu’elle a si bien réussi à dissoudre ici, et se tient fermement à son projet de grand vacuum politique mondial.

Or le principe de souveraineté est notre invariant politique de longue période. Mais il est en crise profonde de se trouver entre deux réalisations historiques – et la crise ne tombe pas entièrement du ciel : elle a été pour partie (la partie de la mondialisation-libéralisation) délibérément organisée. La mutation territoriale du principe de souveraineté engage alors dans une transition très longue dont les tensions menacent d’être intenables. Lieu de tous les malentendus, la mondialisation est ainsi un point de rencontre paradoxal entre les hypocrites à qui « l’horizon du monde » sert à différer éternellement toute reconstitution du politique, et ceux qui croient sincèrement en la perspective d’une cosmopolitique, c’est-à-dire d’une constitution politique de l’humanité entière. A ces derniers, il faut rappeler ce mot de Keynes qu’à long terme nous serons tous mort, et qu’un projet cosmopolitique qui laisserait le principe de souveraineté en suspens tout le temps de sa transition jusqu’au glorieux avènement final de la constitution politique mondiale durera un peu trop longtemps pour les simples populations – et de ce point de vue ils devraient s’inquiéter de se retrouver bientôt au côté de Jacques Attali, inlassable promoteur du gouvernement mondial et prototype même en cette matière de l’idiot utile.

On pourrait accorder sans difficulté aux signataires que le redéploiement outre-national de la souveraineté est un sens de l’histoire possible, souhaitable même, mais sous la double clause consistant d’une part à en reconnaître la très longue durée de réalisation, et d’autre part (surtout) à admettre que le processus doit se soumettre à l’impératif de maintenir continûment, sous une forme ou sous une autre, le principe de souveraineté, tout le temps de la transition – et si pas capable, s’abstenir  ! Les stratégies de long terme qui ignoreraient cette condition, à l’image par exemple de la fausse promesse de l’actuelle « Europe politique », sont intenables. En combinant le déni délibéré de souveraineté et l’agression sociale répétée, la mondialisation, sous l’effet de sa crise propre, a porté cet intenable à un point critique. Il va donc falloir que l’histoire accouche de quelque chose, et tout de suite ! Mais que peut-on attendre d’elle à si court terme ?

Quoi qu’on en pense, la solution de la reconstitution nationale de souveraineté impose son évidence parce qu’elle a sur toutes les autres l’immense mérite pratique d’être là, immédiatement disponible – moyennant évidemment les transformations structurelles qui la rendent économiquement viable : protectionnisme sélectif, contrôle des capitaux, arraisonnement politique des banques, autant de choses parfaitement réalisables pourvu qu’on le veuille. Que les peuples soient tentés de faire retour, et par le chemin le plus court, aux reconstitutions de souveraineté qui sont à leur portée, il n’y a pas lieu de s’en étonner, encore moins de leur en faire la leçon. On observera tout de même au passage que, contrairement aux critiques épouvantées de la démondialisation, en cela fidèles à un topos libéral type voulant faire croire que tout retour en arrière porterait la guerre – M. Lamy n’a-t-il pas déclaré que le protectionnisme était nécessairement xénophobe et belliqueux ? et les référendums européens n’ont-ils pas systématiquement agité cette menace ? –, les années fordiennes qui, considérées depuis les normes modifiées d’aujourd’hui, ont tout de l’horreur nationaliste (concurrence ultra-restreinte, délocalisations impossibles, marchés financiers sur-encadrés), auront été étrangement paisibles… Il ne s’agit pas d’en tenir ici pour une simple reproduction passéiste d’un âge d’or perdu (et dont la dorure doit beaucoup à des enjolivements rétrospectifs), mais de dire l’inanité des prophéties apocalyptiques qui accompagnent maintenant systématiquement l’idée de ne pas s’abandonner complètement à la perspective unique du monde mondialisé.

Cependant les signataires sont sensibles, et ils ont raison de l’être, aux mouvements de révolte des peuples européens. Voilà ce dont l’histoire pourrait aussi accoucher, et vite – car à force d’être éperonnés, même les bestiaux les plus paisibles finissent par ruer. Mais ces mouvements, quoique tendant évidemment à s’émuler et à se rejoindre, restent cependant nationaux dans les objectifs qu’ils peuvent viser – ne s’adressent-ils pas d’abord à leurs pouvoirs publics ? qui va manifester à Bruxelles ? Aussi faut-il se demander à quelles conditions ils pourraient se trouver un débouché politique proprement européen. Répondre à cette question suppose alors de naviguer entre les écueils symétriques de la position outre-nationale de principe qui a définitivement (et prématurément) prononcé la disqualification du national, et la position nationale souverainiste qui ne veut même pas penser la possibilité d’un redéploiement territorial du principe de souveraineté.

Souveraineté, peuples

Or, tout dans cette affaire se joue dans le prédicat qu’on adjoint au concept de souveraineté. Et notamment dans le fait de considérer qu’il y va de la souveraineté d’un peuple, et non de la souveraineté du peuple. Il faut parler de la souveraineté d’un peuple car il n’y a pas « le » peuple. « Le peuple » n’existe pas – en tout cas au sens d’un constat brut qui imposerait irrévocablement sa factualité. L’un de ses meilleurs commentateurs, Pierre-François Moreau, souligne la portée de cette phrase de Spinoza qui prend soin de remarquer que « la nature ne crée pas de peuples ». Dieu sait que l’époque ne manque pas d’occasions de faire profit de cet avertissement... Qui permet d’abord d’en finir avec la naturalité de la nation, quand ça n’est pas de la « race », et de rendre concevable la plasticité d’un « peuple » qui ne cesse de se renouveler et de se transformer par l’adjonction d’éléments d’abord jugés extérieurs.

Mais l’intégration « au-dedans » des étrangers est la manifestation pour ainsi dire métabolique de cette plasticité, dont rien n’interdit par ailleurs de concevoir en principe qu’elle puisse également prendre d’autres formes, celle par exemple d’un mouvement d’extériorisation qui constituerait un peuple de « peuples », entendre qui fondrait des peuples antérieurs en un peuple nouveau – mais évidemment sous certaines conditions bien particulières. Seule la fixation nationale-éternitaire, ignorante d’ailleurs de sa propre histoire – car la nation n’a pas été toujours déjà donnée ! –, et par là même portée à se poser comme le terminus de l’histoire des peuples, peut conduire à exclure d’emblée et formellement cette possibilité. Quand bien même l’histoire passée ne donnerait aucune réalisation à l’appui de cette possibilité (ce qui est d’ailleurs faux), il faudrait singulièrement sous-estimer les possibilités de l’histoire future, autrement plus créative (pour le meilleur et pour le pire) que ne le pensent les prophètes à rétroviseur. Les peuples sont des entités collectives en constants remaniements et, s’il est permis de paraphraser Spinoza, nul ne sait ce que peuvent les corps politiques.

Aussi l’époque de la mondialisation pose-t-elle une authentique question de philosophie politique en nous sommant de penser à nouveaux frais les rapports de la souveraineté et de la nation (ou du peuple). Et plus précisément en suggérant de renverser le rapport sous lequel les deux termes sont habituellement articulés : loin que la souveraineté dérive d’une nation (ou d’un peuple) antérieurement donnée, c’est plutôt le « peuple » (ou la nation) qui doit être compris comme l’effet d’une « déclaration » préalable de souveraineté collective. La souveraineté n’émane pas de la nation, c’est la nation-peuple qui émane de la souveraineté. Est appelée peuple (ou nation, comme on voudra) la collectivité qui s’est posée comme souveraine.

Or cette position-assertion de souveraineté, c’est-à-dire le constat, à enregistrer comme tel, qu’une certaine communauté humaine se déclare maîtresse de son propre destin, est susceptible a priori de n’importe quel périmètre – et pas forcément de ceux-là seuls qui ont été légués par l’histoire sous la forme des « nations » présentes : soit le problème même d’un éventuel devenir politique européen. Evidemment, remis dans ces termes, le problème « souveraineté-peuple » ne fait que se déplacer, et pose alors la question des facteurs historiques qui peuvent déterminer une telle déclaration de souveraineté collective et sa circonscription originale. La réponse est : des choses en commun. Plus exactement des manières communes. Manières politiques bien sûr, de penser et de juger, d’envisager la vie matérielle collective notamment. Ce sont des manières communes qui rendent possible la déclaration d’un commun politique – d’une souveraineté.

Jusqu’où doivent aller ces partages pour conduire à une assertion de souveraineté collective qui fasse peuple viable ? Il n’y a pas de réponse théorique à cette question qui est décidée en situation par l’histoire. Du discord fracture assurément, et même profondément, les collectivités que nous nommons actuellement nations. Il faut croire qu’il n’est cependant pas assez profond pour les décomposer comme telles et qu’il est jugé appartenir encore au champ de ce qui peut être accommodé dans le cadre de leurs institutions politiques. Vient pourtant parfois la division de trop, le conflit irrémédiable qui rend impossible la coexistence des parties – et la nation se défait, à froid [4] ou dans la guerre civile. La réponse à la question du commun requis ou des discords praticables est donc entièrement empirique et même tautologique : si la communauté « tient », c’est que le commun établi l’emporte sur les discords exprimés.

Soit le retour à la nation, soit la fracture de l’euro
(et dans tous les cas la sortie de cette Europe)

« Mondialistes » et « nationalistes » pèchent alors par méconnaissances symétriques. Les premiers, par intellectualisme idéaliste, méconnaissent la nécessité d’une fabrication de commun antécédente comme prérequis à toute constitution de souveraineté politique. Les seconds ont fixé à tout jamais le seul commun possible dans les limites éternelles des nations d’aujourd’hui. Des « internationalistes raisonnables », parmi lesquels on rangerait les signataires, se présentent en se disant « européens » (on va leur éviter le péjoratif « européistes »). Accordons-leur ceci : en effet, entre la mondialisation et les nations, il y a la régionalisation comme espace envisageable de redéploiement d’une politique. Reste la question de son périmètre.

Or la cartographie des révoltes actuelles n’est pas celle de l’Union européenne telle que les signataires voudraient la voir muter en authentique Europe politique. Où passent donc les limites d’un commun « européen » susceptible de faire souveraineté ? Grèce, Espagne, Portugal, Italie, France, à l’évidence. Contre toute attente (et quand bien même ils ne sont pas dans l’euro) les Anglais aussi peut-être, et pas seulement parce qu’il y a des uncuts dans la rue, mais parce que le lien sacré du Royaume-Uni avec la finance, qui en principe devrait rendre toute association impossible – le rapport vis-à-vis des créanciers, des actionnaires, du patrimoine financier : en voilà une manière de juger discriminante à l’époque actuelle –, parce que ce « lien sacré », donc, est bien plus celui de l’oligarchie britannique que du reste de la population.

Le cas anglais est utile à évoquer pour faire contraste avec le cas allemand. Si la finance n’est pas une propriété d’essence de la nation anglaise, mais bien de la chose de ses possédants, la croyance monétaire allemande – celle-là même qui a si puissamment informé sa politique économique en longue période et qu’elle a su imposer à l’eurozone entière – est bien plus transversalement partagée. Que les travailleurs allemands aient été malmenés par une décennie de déflation salariale Schröder-Merkel n’est pas douteux. Qu’ils puissent en concevoir quelques sérieuses raisons de mécontentement, c’est certain. Que ce mécontentement puisse aller jusqu’à la mise en cause des principes de l’ordre monétaire euro-allemand, la chose est impossible. Or c’est précisément cela dont il faut « nous » débarrasser. D’où l’on conclura qu’il y a avec l’Allemagne un discord trop irrémédiable pour faire communauté outre-nationale souveraine [5], et qu’elle n’entrera pas dans ce « nous », ainsi probablement que tous ceux avec qui elle fait commun sur cette question décisive.

Rien n’interdit que des peuples se dépassent, ou plus exactement se découvrent suffisamment de commun pour faire ensemble nouveau peuple, parce que ce commun rend possible une affirmation souveraine étendue, d’ailleurs consciente du surplus de force qu’il y a à tirer de cette extension. La croissance des périmètres de souveraineté est une chose souhaitable en soi puisqu’elle garantit la paix sur des territoires plus grands. Mais, sauf illusion intellectualiste type, le mobile de la paix ne saurait fournir à lui seul les conditions de possibilité de ces extensions. La régionalisation peut donc désigner un tiers terme possible pour sortir de l’indigente antinomie du mondial et du national. Mais pas sur n’importe quelle base, et notamment pas celle de l’Europe actuelle des 27.

Indépendamment de toute spéculation à ce sujet, il se pourrait que, de leur propre cours, les événements de l’économie européenne se chargent de trancher. Car l’inéluctabilité à deux ans d’un défaut grec, en dépit de toutes les manœuvres de retardement, ses probables effets de propagation, l’ampleur de la secousse qui dévasterait à nouveau les systèmes bancaires européens (et pas seulement), l’impossibilité cette fois d’un nouveau sauvetage des institutions financières par les Etats, créeraient une situation de crise si extrême que la fracture s’imposera d’elle-même : d’un côté ceux qui « changeront tout » (ou plutôt qui, par échecs successifs et épuisement de toutes les armes orthodoxes disponibles, n’auront en fait pas d’autre choix que de « tout changer ») – monétisations massives, saisies des banques, neutralisation brutale des marchés de capitaux, re-régulation radicale de la finance [6] –, de l’autre ceux qui s’estimeront capables (et surtout désireux) de continuer le jeu ancien, débarrassés des « autres » avec qui ils n’auront toujours partagé une monnaie qu’à contre-coeur.

It’s the politics, stupid !

On devrait au moins pouvoir espérer faire entendre que les positions nationaliste et « outre-nationaliste » ont chacune des arguments intéressants – avec toutefois pour la première cet avantage d’incorporer immédiatement la question décisive de la souveraineté. Mais il faut bien s’arrêter quelque part après avoir navigué entre elles deux. En l’occurrence à ceci :

Oui, le dépassement des nations actuelles, et la reconstitution de nations – c’est-à-dire de peuples souverains – à des échelles supérieures est une possibilité de l’histoire.

Mais non, il ne réussira pas dans les conditions de l’Europe actuelle – parce qu’il a été engagé sous les pires modalités, vouées à le faire échouer à force de maltraiter les peuples dont on voudrait faire un peuple.

L’alternative est donc la suivante :

— Soit, prolongeant ses tendances présentes, il échouera complètement, et produira son contraire radical, rendant impossible pour longtemps sa propre relance. On pourra le regretter, mais il n’y aura pas lieu d’en faire un drame. L’expérience historique récente, celle du fordisme, a amplement montré la possibilité d’un ordre économique de nations souveraines, dont seul un discours spécialement inepte peut dire qu’elles tomberont dans l’autarcie nord-coréenne si elles ne se livrent pas corps et âme à la mondialisation. Il y a une économie internationale pensable qui ne prend pas la forme de la mondialisation.

Soit on décide d’arrêter le tir tant qu’il est encore temps, sachant que l’explosion financière qui s’annonce autour des défauts publics pourrait bien apporter d’elle-même ses « solutions » : constat d’impossibilité d’une eurozone qui persisterait dans les mêmes principes « allemands » de politique économique, fracture en sous-blocs avec formation d’un groupe non-allemand où la révision profonde du cadre économique, monétaire, financier et bancaire, et l’apaisement des tensions internes qui s’en suivraient, permettraient de mieux repartir vers la formation d’une entité politiquement intégrée, c’est-à-dire vers l’affirmation authentique d’une souveraineté régionale, qui deviendra en fait une souveraineté nationale, mais d’une nouvelle nation, constituée à partir des anciennes.

Ce nouveau peuple souverain se constituerait sur la base d’une organisation économique qui, de fait, aurait mis un terme à la mondialisation financière et, par un protectionnisme ciblé, aux inégalités du libre-échange généralisé, autre manière de dire qu’il aurait démondialisé, et que le dépassement des anciennes nations n’est nullement incompatible avec la démondialisation (laquelle, inversement, n’est nullement vouée à signifier « repli national »). C’est même en fait l’exact contraire ! La démondialisation pourrait bien être la condition nécessaire à la reprise d’un projet outre-national raisonnable, c’est-à-dire régional, et toujours sous la réserve d’une circonscription bien pensée (car on ne fait pas communauté politique avec n’importe qui). Sauf à ce que la gauche critique se mette à avoir peur des mots, il lui faudra bien reconnaître que « démondialisation » est le nom même de la réouverture du jeu, que celui-ci conduise à ré-explorer les possibilités de souveraineté des nations présentes (si aucune autre solution n’est praticable) ou à persister dans l’idée d’un projet outre-national, mais cette fois en poursuivant un objectif fondamentalement politique par des voies politiques – car la production du politique par l’économique, ça ne marche pas. Et dans tous les cas, si vraiment il n’est pas de question plus fondamentale que celle de la souveraineté, et que son oubli est l’assurance des pires catastrophes, alors il est temps de renverser l’adage dont on dit qu’il fit la fortune électorale de Bill Clinton, d’ailleurs mondialisateur patenté et artisan notoire du monde écroulé d’aujourd’hui : it’s the politics, stupid [7] !

Notes

[1] « Et si on commençait la démondialisation financière ? », Le Monde diplomatique, mai 2010.

[2] Jacques Sapir, « S’il faut sortir de l’euro… », document de travail CEMI-EHESS, 6 avril 2011 ; Jacques Nikonoff, Sortons de l’euro. Restituer la souveraineté monétaire au peuple, Mille et Une Nuits, Paris, 2011.

[3] Pour faire référence à l’ouvrage de l’inénarrable Thomas Friedman, La Terre est plate. Une brève histoire du XXIe siècle, Saint-Simon, Paris, 2006.

[4] Comme la Tchécoslovaquie, peut-être bientôt la Belgique.

[5] Voir « Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne ! », La pompe à phynance, 29 mars 2010.

[6] Voir « Sauver les banques, jusqu’à quand ? », La pompe à phynance, 11 mai 2010.

[7] Clinton fit campagne contre le mauvais bilan économique de George H. Bush sur le slogan « it’s the economy, stupid ! » (« C’est l’économie qui compte, imbécile ! »).

297 commentaires sur « Qui a peur de la démondialisation ? »

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  • permalien BA :
    19 juin 2011 @08h36   « »
    Les banques vont morfler. Les assureurs vont morfler. Les fonds d’investissement vont morfler.

    Samedi 18 juin 2011 :

    Aide à la Grèce : Berlin repart à la charge des créanciers privés.

    Après avoir lâché du lest vendredi, Berlin est reparti à la charge des banques, assureurs et fonds d’investissement, prônant une contribution "substantielle" de leur part dans le nouveau plan d’aide à la Grèce.

    "Et maintenant laissez-nous bien sûr essayer d’avoir une contribution substantielle des créanciers privés participant sur la base du volontariat à l’aide à la Grèce", a déclaré la chancelière Angela Merkel devant quelque 140 délégués de son parti, les Unions chrétiennes démocrates, réunis à Berlin.

    Et le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, d’abonder dans son sens : la contribution des créanciers privés doit être "substantielle", "quantifiable" et "sûre", a-t-il dit, dans un entretien publié samedi sur le site internet du journal allemand Börsenzeitung.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien icouli :
    19 juin 2011 @10h27   « »

    L argent n a pas lieu d être arrête aux frontières ni les humains d ailleurs ! Aujourd hui (et non hier) le problème de l argent est lié à son épargne, à son stockage.

    J utilise la métaphore suivante pour le faire comprendre.

    L argent doit être à l économie humaine ce que l électron est à la nature, indispensable mais non stockable en grande quantité.

    Dans la nature, toute l énergie provient d une même source, le soleil, et celui ci brille pour tous. Or dans la société actuelle, la source est multiple. C est comme s il y avait un certain nombre de petits soleils brillants au dessus de nous mais qui brilleraient de manière "discrétionnaire". Prenons le cas de l Irlande, durant les années 90 il y avait un petit soleil brillant avec beaucoup d intensité et attirait la misère car comme le dit la chanson "il semble que la misère est moins pénible au soleil".
    Mais d un coup d un seul, le soleil a beaucoup baissé d intensité, laissant tout le monde dans la froidure hivernale. Or, quand il fait froid, ils s échauffent et quand il fait chaud ils se refroidissent. Ceci bien entendu pour obtenir le meilleur équilibre de température.

  • permalien Terence :
    19 juin 2011 @11h56   « »

    @FL

    Vous aimez la précision scientifique, c’est heureux. Figurez-vous que la notion d’extrême droite relève également d’éléments de définition assez précis. Marine Le Pen ne relève pas de ce positionnement politique. Ses déclarations sur le racisme, l’antisémitisme, la conception qui est la sienne de la citoyenneté républicaine ou de l’exercice du pouvoir, sont celles de la droite nationale la plus classique. Statuer sur des arrières pensées supposées, un réel qui n’est pas le réel, ne me paraît pas être autre chose qu’une démarche militante. J’ai peur que vous ne tombiez dans ces pièges que vous relevez à propos de ces anti-démondialisateurs auxquels vous faites une juste et réjouissante leçon d’économie et de langue.

  • permalien KarimW :
    19 juin 2011 @13h32   « »

    @Icoli

    "A steph

    Si c est vite dit, je crois que vous le pensez trop vite aussi. Prenez un peu de temps de réflexion. Par exemple pourquoi dit on "mon pays, mon territoire" s il n y a pas de corrélation avec la propriété privé ? Pourquoi fait on la guerre ?"

    Les frontières fixe et (relativement) clair tel que nous les connaissons sont une invention assez récente.
    La guerre non.

    De même que nos notions de propriété privée ne sont pas si vieille. La Guerre ne les a pas attendus.

    Enfin, je ne suis pas certain que le fascisme soit nécessairement raciste. Nationaliste certes.

  • permalien BA :
    19 juin 2011 @15h00   « »
    Qui a peur de la désintégration de l’Union Européenne ?

    Dimanche 19 juin 2011 :

    "La faillite de la Grèce peut contaminer le Portugal et l’Irlande, et en raison de leur endettement élevé la Belgique et l’Italie, même avant l’Espagne", a prévenu le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Plus largement, la crise de la dette menace le projet européen tout entier, selon une étude publiée cette semaine par un think tank réputé à Bruxelles, le European Policy Center.

    "L’inimaginable est devenu imaginable : la sortie d’un pays de la zone euro, la fin de l’euro et même une désintégration de l’UE ne sont plus taboues", écrit le think tank.

    http://www.lepoint.fr/economie/l-eu...

  • permalien Pascal :
    19 juin 2011 @15h28   « »

    "ou comment faire tourner soi-même les moulins de ses propres adversaires"

    ==> c’est la spécialité de l’équipe au pouvoir depuis 2006 qui déjà lors de la campagne en question se répandait dans les médias hostiles à Attac en attaques ad hominem à l’encontre de Jacques Nikonoff et étalait les différents internes sur la place publique !

  • permalien Pascal :
    19 juin 2011 @15h47   « »

    plutôt que d’anti-modernité ne peut on considérer que la mondialisation est concomitante de la post-modernité et de la post-démocratie ... et au final la post-modernité ne serait-elle pas une réhabilitation plus sexy de l’anti-modernité et donc de l’anti-démocratie ...

  • permalien non a la réforme des retraites :
    19 juin 2011 @17h05   « »

    Monsieur Lordon, ne pourriez vous pas être un peu plus didactique ?

    Je sais que la pensée ne peut pas toujours être simplifiées mais votre texte n’est pas très accessible.

    L’état nation a joué son rôle émancipation sociale et il a été aussi le creuset du fascisme, il n’est donc pas une solution en lui même mais la mondialisation actuelle est une dictature marchande et idéologique sans précédent. A cette dictature financière et idéologique qui dépossède les peuples du peu de pouvoir décisionnel qu’ils avaient (la démocratie parlementaire) que pouvons nous répondre à part la mise en place d’outils de régulation, de contrôle et pourquoi ne pas utiliser le terme, de protectionnisme.

    Nous n’avons pas à nous protéger de l’ouvrier chinois,marocain ou même allemand mais des sociétés multinationales (y compris françaises et européennes), des masses de capitaux et d’une oligarchie mondiale qui impose une idéologie marchande au détriment du plus grand nombre.

    Je ne pense pas qu’il y ai d’ambiguïté entre un programme de gauche radicale et le programme du FN qui n’a jamais été anticapitaliste et qui prône une préférence nationale.

    Le peuple ou les peuples européens ont tous le même intérêt à faire cesser cette spirale descendante qui va se terminer en catastrophe si personne n’intervient.

  • permalien Terence :
    19 juin 2011 @18h25   « »

    Je ne pense pas qu’il y ai d’ambiguïté entre un programme de gauche radicale et le programme du FN qui n’a jamais été anticapitaliste et qui prône une préférence nationale.

    1. Cette préférence est nationale et non ethnique, renseignez-vous. Cette disposition est pleinement en accord avec les principes républicains.

    2. La préférence nationale est une mesure que la gauche française a plusieurs fois défendu au cours de son histoire. MLP n’innove absolument pas en la matière.

    3. Le programme de MLP est clairement antimondialiste et natioNISTE (ce qui est l’antithèse du natioNALISME sur le modèle du romantisme allemand).

    Se réfugier systématiquement dans la critique d’un FN qui n’existe plus - ou quasiment plus - en faisant croire que celui-ci correspond au projet que porte MLP est - au mieux - une impasse.

    Arrêtons avec les contre-vérités à propos de cette candidate.

  • permalien Aristide Kréatops :
    19 juin 2011 @18h52   « »

    très bon,très interessant article
    seule la conclusion de ce petit passage me laisse perplexe par son caractere inéluctable
    "Que les travailleurs allemands aient été malmenés par une décennie de déflation salariale Schröder-Merkel n’est pas douteux. Qu’ils puissent en concevoir quelques sérieuses raisons de mécontentement, c’est certain. Que ce mécontentement puisse aller jusqu’à la mise en cause des principes de l’ordre monétaire euro-allemand, la chose est impossible."
    Il aurait été instructif d’expliciter davantage l’aspect irrémédiable de l’absence d évolution possible.Y a t il,pour l expliquer, une ontologie,une essence allemande particulière ?
    J’aimerais comprendre.

  • permalien jgn :
    19 juin 2011 @19h13   « »
    Qui mondialise la peur ?

    Que les commentaires à cet article se voient terminés par une apologie du FN est bien son étrange vérité : à force de jouer avec les allumettes, on brûle le voile de décence qui recouvrait le fond de sa pensée.

    M. Lordon, le nationalisme comme sauvegarde de l’État me fait penser aux rapprochements que la gauche tenta avec l’extrême-droite dans les années 30, rapprochement dont on sait qu’il fut une composante de la désagrégation de la pensée critique et de sa capacité à résister à la violence fasciste.

    La mondialisation n’est jamais qu’un euphémisme commode, sous-marque dissimulant la marque, en l’occurrence le capitalisme.
    Le capitalisme est mondialiste ; c’est là son essence, et ce n’est évidemment pas en appelant aux forces du passé, aux mythes les plus réactionnaires, parmi lesquelles la notion de "peuples" - notions heureusement balayées par le caractère révolutionnaire du capitalisme, et que tente de réactiver l’extrême-droite, précisément, laquelle fait feu de tout bois pour dévoyer la critique -, que l’on se donnera les moyens de porter le fer : le capitalisme est malade de son triomphe ; il n’a plus d’ennemi déclaré et tente de s’en fabriquer artificiellement ; une pseudo-critique qui tenterait de le ramener en des frontières (Merci icouli ! euh ! le pseudo a-t-il quelque chose à voir avec la bactérie tueuse ?!...) participe de ce dévoiement.

    La question sociale n’a rien à faire de frontières et de "peuples" ; le capitalisme, par sa mondialisation même, la pose à un niveau planétaire. Fukushima est là pour le rappeler face aux petits malins qui prétendraient la cantonner derrière la ligne bleue des Vosges qui, comme chacun le sait, arrête les mauvais nuages venus de "l’étranger" !...
    La seule chose qui soit "étrangère", ce sont nos vies, morcelées, pillées, anéanties par cette puissance mondiale de l’argent, de ses instruments bureaucratiques, de sa puissance de feu idéologique qui nous fait perdre le sens des réalités..

  • permalien Terence :
    19 juin 2011 @19h37   « »

    @JGN,

    Vous confondez nationalisme et nationisme (Cf. Taguieff) ; l’un est l’antithèse de l’autre. Réduire la défense de la nation au nationalisme c’est soit être un mondialiste furieux et peu versé dans l’histoire, soit avoir raté trois fois - de suite - sa première année de sciences politiques.

    Alors ?

  • permalien Bob l’éponge :
    20 juin 2011 @02h18   « »

    @Terence
    "Réduire la défense de la nation au nationalisme c’est soit être un mondialiste furieux et peu versé dans l’histoire, soit avoir raté trois fois - de suite - sa première année de sciences politiques."

    Mais quelles nations ? C’est comme le père noël ça, ou le petit Jésus fils de Dieu, il n’y a que les enfants qui croient encore à ce concept archaïque.
    http://www.youtube.com/watch?v=JvMg...

    Sinon, rien à ajouter à ce qu’a souligné "jgn", je souscris totalement. Je rajouterai simplement que la nation n’existe qu’en tant qu’outil ultime de sauvegarde de toute la mécanique du système capitaliste (et on en a vu un exemple éclatant il y a peu avec l’argent fourni aux banques, et il n’est pas absurde d’imaginer la future constitution d’états à la sauce URSS, comme on en prend le chemin avec les thèses de Lordon et de ceux qui croient encore à l’état père noël, qui imposerait un capitalisme d’état). Au delà de ce rôle de sauvegarde ultime de la bourgeoisie, c’est du vent, une illusion, une construction mentale qui ne repose que sur des croyances poussiéreuses.
    Défendre la nation, c’est faire bloque pour se protéger contre les "autres", les autres nations. Mais ce n’est pas face aux autres nations qu’il faut faire bloque, mais face à tout ceux qui profitent de ce mode de production capitaliste et qui l’imposent. Et ces gens là, on en trouve dans toutes les pays, nouveaux bourgeois russes et anciens apparatchiks, capitaines d’industrie occidentaux, membres de la haute administration de tous les états (que ce soient des dictatures, comme en Chine où les membres du parti se sucrent convenablement, ou des démocraties, avec nos "pantouflards"), aristocraties parlementaire et médiatique (les célèbres "éditocrates").
    Tous ces bourgeois, de tous les pays, ne feront jamais rien pour que l’homme puisse espérer dépasser l’idée même de commerce et de salariat (idées, qui avec la compétition, conduiront inexorablement le monde, et l’humanité, à leurs pertes).

  • permalien BA :
    20 juin 2011 @07h01   « »
    Qui a peur de la nation ?

    "Vive la nation !", c’était le slogan des révolutionnaires français à partir de 1789. J’adore la Révolution française. Je me situe dans l’héritage direct de la Révolution française. Politiquement, je n’ai jamais voté à droite, je n’ai jamais voté à l’extrême-droite, et je ne voterai jamais à l’extrême-droite.

    Bon.

    C’est dit.

    Maintenant, regardons ce qui existe.

    Le sentiment national, ça existe.

    La raison d’Etat, ça existe.

    L’égoïsme national, ça existe.

    La solidarité supranationale, ça n’existe pas.

    C’est triste, hein ? Oui, c’est triste. Mais c’est comme ça.

  • permalien BA :
    20 juin 2011 @07h17   « »
    Qui a peur de la nation ? (suite)

    La zone euro a renvoyé dimanche soir la balle dans le camp de la Grèce en refusant de débloquer la cinquième tranche de l’aide à Athènes et de valider un second plan d’aide au pays tant que le Parlement grec n’aura pas voté un nouveau programme d’austérité.

    Alors que la date de ce vote n’est pas encore arrêtée, les ministres des Finances de la zone euro, qui se sont réunis huit heures durant à Luxembourg, se sont donné jusqu’à début juillet pour prendre une décision sur ces deux dossiers, faute de quoi la Grèce ferait défaut sur sa dette dans les jours suivants.

    Ils ont, en revanche, d’ores et déjà clarifié la manière dont les créanciers privés seraient associés à un second plan de soutien. Il s’agira d’une participation informelle et volontaire, correspondant à ce que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avaient décidé à Berlin vendredi. "Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de définir d’ici début juillet les principaux paramètres d’une stratégie de financement pour la Grèce", peut-on lire dans un communiqué d’une page publié à l’issue de la réunion.

    "Les ministres des Finances de la zone euro sont d’avis que tout financement supplémentaire pour la Grèce sera de source publique et privée. (...) Une participation du secteur privé à un second plan d’aide à la Grèce se fera sur une base volontaire et informelle via un roll-over d’obligations grecques arrivant à maturité", est-il encore indiqué. Cette modalité est connue comme "l’initiative de Vienne", par laquelle des banques privées avaient accepté en 2009 de ne pas se désengager d’Europe centrale au plus fort de la crise.

    Après la valse-hésitation au cours de la semaine sur l’opportunité de débloquer la cinquième tranche d’aide de 12 milliards d’euros prévue dans le cadre du plan de 110 milliards approuvé en mai 2010, les ministres ont décidé de rester fermes. Ils ont de nouveau appelé à une unité politique nationale en Grèce "compte tenu de la longueur, de la magnitude et de la nature des réformes requises".

    Surtout, ils "(ont) rappelé avec force au gouvernement grec que, d’ici la fin du mois, il doit faire en sorte que tous soient convaincus que tous les engagements pris par les autorités grecques soient remplis", selon les mots du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, à la sortie de la réunion. "Vous ne pouvez pas imaginer une seconde que nous nous engagions à financer sans savoir si le gouvernement grec a endossé les obligations qui sont celles de la Grèce", a-t-il encore indiqué aux journalistes.

    Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a confirmé que les fonds ne seraient pas débloqués pour le moment, même si des discussions s’engageront entre les départements du Trésor des principaux États membres et les créanciers privés de la Grèce.

    http://www.lepoint.fr/economie/l-eu...

  • permalien jgn :
    20 juin 2011 @07h35   « »
    Qui a peur du national-socialisme ?

    @Terence : "nationisme" ???? ...
    Le fait d’avoir réussi Sciences po, ou je ne sais quelle fumisterie qui forme la technocratie arrogante, n’autorise pas à faire croire que l’on sait de quoi l’on cause en inventant des mots, sortis de nulle part et que personne ne comprend puisque l’Histoire, dont vous parlez si hautement, ne leur a pas forgé une "chair".
    Vous pouvez adjoinre tous les "ismes" que vous voulez, cela n’en restera pas moins une idéologie, une pensée de la classe dominante, donc.

    Je préfère encore le propos de BA, qui nous assène, à tours de bras, de vieilles "vérités", telles qu’elles furent, sans doute, mais dont nous sépare l’Histoire, précisément.
    Lui qui cite les révolutionnaires de 89 devrait aussi, pour faire bonne mesure, se rappeler que l’on assassina les émeutiers de 1848, comme ceux de la Commune de 1871, au nom de la défense de la nation.

    Qui a parlé de l’existence d’une "solidarité supranationale" ?

    @BA
    Quand vos enfants ou petits enfants doivent respirer les émanations des centrales japonaises, avez-vous envie d’invoquer vos fantômes ou vos yeux se dessillent-ils afin de comprendre qu’une "solidarité" de fait existe contre ceux qui, de Tokyo à New York en passant par Pékin et Kuala-lumpur, se moquent parfaitement de la vie de ceux dont ils tirent leur existence, et devant lesquels ils agitent à heures fixes quelques vieilles badernes sortis du placard à balai pour les calmer, avant que de lâcher leurs nervis, si besoin s’en fait sentir.

    Le NATIONAL-socialisme, cela ne vous évoque-t-il donc rien, dont la version française ne manqua pas d’évoquer la Patrie comme son étendard ?

    Personne ne saurait être en avance sur son temps, mais il importe d’être de son temps.
    Le capitalisme a balayé les frontières., mais il prétend les maintenir dans la tête de ceux qu’il assassine au nom de la raison d’État, ou, plus "moderne" encore, de la "raison économique".

  • permalien BA :
    20 juin 2011 @08h45   « »
    Qui a peur de la nation ?

    Jgn écrit : "Le NATIONAL-socialisme, cela ne vous évoque-t-il donc rien, dont la version française ne manqua pas d’évoquer la Patrie comme son étendard ?"

    Quel rapport ?

    Aucun rapport.

    C’est hallucinant d’évoquer le national-socialisme.

    Vous êtes contre l’Union Européenne ? Alors vous êtes pour le national-socialisme !

    Vous êtes patriote ? Alors vous êtes pour la version française du national-socialisme !

    Vous confondez deux choses :

    1- Le nationalisme.

    Je suis anti-nationaliste.

    2- Le nationisme (je reprends Taguieff qui a inventé le mot).

  • permalien Terence :
    20 juin 2011 @10h44   « »

    @Bob l’éponge,

    Nation, un concept archaïque ?

    Mon pauvre ami. Parlez-en donc aux Etats-Unis, à la Chine, aux nations africaines, à la Flandre, à l’Espagne, à l’Italie... il n’y a pas de nations, c’est dépassé, ben voyons... le problème c’est que la nation est le seul cadre démocratique opérant. Un peuple libre est un peuple qui se donne à lui-même sa propre loi, soit un peuple qui assume lui-même son destin en tant que nation.

    Mais peut-être considérez-vous également que la notion de peuple n’existe pas ; et que le peuple est une invention technocratique. C’est faux à une exception près : la notion de peuple européen est effectivement une invention technocratique.

    http://www.fondation-res-publica.or...

    Vous me semblez être la caricature de l’esprit mondialisé, artificiellement gonflé à l’air de la sous-culture américaine. Vous êtes à la pertinence politique ce que Bob Geldof est à la Musique, une erreur commerciale d’échelle industrielle. Le goût du "World" est au coin de chacune de vos phrases ; le goût de la soupe au rien est bien-là. Ecoutez Amalia Rodriguez, et vous verrez ce que c’est que l’âme d’un peuple, l’histoire d’une nation.

    La nation est la seule chose qui peut venir faire encore tenir votre système de marché prêt à abattre toutes formes de frontières ou de règles, au non de cet utilitarisme bêtasse que l’on appelle le libéralisme économique et qui semble satisfaire quelques ânes demi-savants biberonnant Hayek et Von Mises du soir au matin - qu’est-ce que c’est C.. un libertarien.

    Ecoutez donc Pierre Manent, vous éviterez ainsi de dire des bêtises de la taille du ciel :

    http://www.radio.cz/fr/rubrique/eco...

    Bonne journée Cher Faustroll

    @jgn,

    Vous avez passé la ligne du consternant, je ne peux décemment pas vous répondre. Lisez des livres, et vous finirez peut-être par ne plus voter socialiste ou centre ou UMP, avec tous les moutons bêlant.

  • permalien jgn :
    20 juin 2011 @10h50   « »
    Mondialisation, mode d’emploi

    @BA :
    "C’est hallucinant d’évoquer le national-socialisme.
    Vous êtes contre l’Union Européenne ? Alors vous êtes pour le national-socialisme !
    Vous êtes patriote ? Alors vous êtes pour la version française du national-socialisme ! (...)
    "

    Je ne souhaite pas polémiquer. Ce que je trouve, personnellement, hallucinant est que vous me reprochiez de faire ce que vous pratiquez allègrement :
    Vous évoquez la nation comme une sorte de déité intouchable parce qu’elle fut la revendication des révolutionnaires de 89, et vous me reprochez de parler de national-socialisme.

    Vous oubliez que les révolutionnaires de 89 N’AVAIENT PAS LE CHOIX : l’abolition des privilèges étaient un crime dans une Europe monarchiste. Défendre leur révolution passait par la défense d’un territoire sur lequel l’absolutisme avait eu cours.
    Ce faisant, ils ne firent pas ce qu’il y eut de mieux dans leur mouvement, même si cela leur permit d’en sauvegarder l’apparence un temps ... bien court, quand on voit ce que devint ce "sentiment national" avec la contre-révolution qui s’ensuivit aussitôt.

    C’est aussi au nom de ce "sentiment national" particulièrement vivace en Allemagne, lequel avait été largement bafoué au nom du nationalisme (alors qu’en réalité le capital seul fut responsable de l’humiliation allemande), que les nazis - trouvant là un dada commode à enfourcher - se firent valoir, de même que Pétain, dans une France vaincue.
    La réalité de ce nationalisme là est au moins aussi floue que le prétendusocialisme dont ces mêmes nazis crurent bon de se revendiquer pour séduire les ouvriers allemands (qui ne se laissèrent pas corrompre) et les détourner ainsi d’une réelle critique du capitalisme.

    Chaque période historique a ses spécificités. Les "vérités" prétendument "historiques" - dites transposables à ce titre - qui en émergent servent surtout des intérêts anti-historiques qui trouvent bon de les resservir conservées dans le formol.

    Si je me suis permis d’évoquer le national-socialisme, c’est comme exemple de ce qu’a servi cette idéologie de la nation, nullement pour extrapoler - comme vous le faites en me prêtant cette intention - sur des contextes modernes qui n’ont, en effet, rien à voir.
    Simplement, il me semble utile de ne pas agiter de vieilles badernes, celles de la "nation", celles du "peuple", qui eurent leur utilité historique, mais qui, réutilisées aujourd’hui, n’ont d’autre utilité que d’organiser la confusion.
    Le "souverainisme" est une de ces confusions.

  • permalien KarimW :
    20 juin 2011 @10h57   « »

    Je veux bien que la nation se soit le mal incarné mais (et comme Lordon le précise dans tout son texte) :

    On fait comment, CONCRETEMENT, sans la nation ?

    Alors, quand vous aurez fini de déglutir sur le terme de nation, vous nous expliquerez vos solutions concrètes permettant un avenir avec un minimum de dignité !

    Et oui, nous serions ravi d’avoir un autre concept que la nation à utiliser concrètement, et oui, nous sommes conscients de l’insuffisance et des risques inhérents à ce concept.

    Mais vous, êtes-vous conscient des risques de toutes réponses qui ne soient pas concrète et praticable ? En ce compris dans le développement d’une nouvelle bête immonde !

    Alors, si vous n’avez pas de solution réaliste à apporter...

  • permalien Terence :
    20 juin 2011 @11h07   « »

    @KarimW,

    Ils n’ont pas de réponse ; tout cela est de la douce prospective derrière un bureau, slalomant entre les nuages des concepts économiques.

    La démocratie s’exprime dans le cadre de la nation ; quand on coupe ce lien direct entre un peuple et un système de lois et d’institutions censées le régir, on sort du cadre démocratique. L’UE est le parfait exemple de cela.

    Comme le dit Pierre Manent, il faut donner un cadre politique au libéralisme. A défaut, le mondialisme détruira tout sur son passage ; il a d’ailleurs déjà commencé son travail d’anéantissement des nations et des peuples : la Grèce n’est à cet aune-là qu’une première concrétion de malheur ; le reste arrive.

    Pierre Manent sur le couple "nation et libéralisme" :

    http://www.radio.cz/fr/rubrique/eco...

  • permalien icouli :
    20 juin 2011 @11h07   « »

    Karim, le principe de la propriété privé commence avec la sédentarisation humaine, donc il y a plusieurs milliers d années. Ce qui est nouveau et vous avez raison ce sont des frontières reconnues entre tous. Ceci dit, 99 % des guerres sont le fait de la lutte pour la terre et donc sa propriété. Le 1% restant peut être attribué a la religion (pour exemple récent, la guerre sainte lancé par les islamiste n a pas fait recette, mais celle exaltant le nationalisme... SI). La paix en Europe est garantie essentiellement par la reconnaissance de l un et l autre a travers l union européenne. Maintenant, la désintégration de l Europe dans un contexte de crise économique et de crise écologique majeure serait le pire des scénario et une menace réelle pour la paix.

    Je ne connaissais pas le terme "nationisme" (je n ai pas fait science po, ni le dictionnaire de mon ordinateur !). Soit, le nationisme est l antithèse du nationalisme, tout en défendant le principe de la nation. Cela suppose que le nationisme est la défense pacifique et non agressive de la nation. Celle ci ne peut se faire qu au travers de la culture d une nation et par une inversion de la notion de propriété (nous appartenons à la Terre et non plus l inverse). Tant que la notion de propriété reste inchangé, le nationisme est un sophisme et un mot vide de sens.

    Bref, l histoire et la culture sont les seules garantes de l identité d une nation.

    Et pour SGN, Icouli signifie peyote (cactus utilisés par les chamanes ou/et sorciers) dans la langue d un peuple du Mexique

  • permalien jgn :
    20 juin 2011 @12h28   « »

    @icouli
    Merci de cette info.

    @KarimW
    Permettez non pas une réponse à vos interrogations, mais une anecdote qui pourra, peut-être, illustrer mon propos :
    Alors que je remontais la rue d’un marché, je fus le témoin d’une violente altercation entre une jeune femme et un marchand de fruits et légumes, lequel, selon les dires de la jeune femme, lui aurait vendu des fruits pourris.
    Je passerai ici sur la fait que les abricots, fussent-ils "pourris", sont passés à 25 FF/kg, alors même qu’ils portent l’origine France bien en évidence, pour en venir à l’épilogue de la situation : un gros bras, sorte de videur de boîte de nuit, a saisi la jeune femme, l’a poussée dans une ruelle adjacente ; elle en revint en larmes et lâcha un : "mais crie-le que tu es un flic !" ; la scène se déroula devant le "peuple" bien sagement au spectacle, les bras croisés, qui ne pipa mot. Si j’ajoute que la scène se déroula dans un fief de la marine nationale, certains ne manqueront pas, sans doute, de s’écrier : mais "quel rapport ?".
    Aucun, cela tombe sous le sens, si ce n’est que tous les ingrédients de la scène si chère à nos souverainistes sont ici présents.

    Je voudrais ajouter ici, bien que cela ne soit guère de nature à rassurer, que la critique n’a guère pour objet d’apporter des réponses, mais seulement de considérer le caractère critiquable, partiel, et donc idéologique de toute prétendue "solution".
    C’est dans le cours même de cette critique que surgit la réponse, comme une évidence sans cesse remise en question parce qu’insuffisante au regard d’éléments jusqu’alors non considérés ou nouveaux.

    Il ne s’agit pas d’avoir peur de ce qui est la forme même d’un mouvement réel qui invente ses formes dans le temps même où il détruit les anciennes formes. C’est précisément parce que nous marchons dans le vide des concepts qu’il nous faut redécouvrir la terre ferme.
    Le passéisme, dont se nourrit la critique d’extrême-droite - pour ne parler que d’elle - est plus précisément une culture de la nostalgie qui considère toujours le présent, et ses ruines, à l’aune de ce qui fut, et dont elle ne dit jamais combien il fut aussi un des visages de la domination.

    Le "peuple" n’a, aujourd’hui, rien de "souverain", n’en déplaise à ses chantres ; il tout cédé à l’État, lequel n’est lui-même que l’instrument - prétendument "national" - de la domination planétaire marchande.
    Telle est la réalité, avec laquelle ceux qui en souffrent, doivent faire ; non pas composer, mais inventer ce qui leur permettra de dissoudre de telles conditions.

  • permalien Terence :
    20 juin 2011 @12h59   « »

    jgn,

    Voilà un bien beau discours de servitude volontaire où la souveraineté du peuple (Art. 3 C.) a été remplacée par celle de la Banque !

    Consternant au plus au point. Il ne vous reste plus qu’à changer la Constitution et à assumer clairement vos positions politiques en matière de régime démocratique.

    Quand la culture citoyenne et politique décline au profit d’une demi-culture économique (la lecture de la presse économique) la démocratie vacille. La démocratie politique c’est aussi la Vita Activa dirait Arendt.

    Jusqu’où va-t-on descendre ?

  • permalien BA :
    20 juin 2011 @13h49   « »
    KarimW pose la question.

    KarimW pose la question :

    "On fait comment, CONCRETEMENT, sans la nation ?"

  • permalien icouli :
    20 juin 2011 @14h44   « »

    Répondre a la question "on fait comment concrètement sans la nation ?" la réponse commence par "changement de paradigme socio-économique".

    Reste qu un tel changement ne peut se faire sans une "bonne raison !"

    Les différentes crises qui ont cours actuellement ne sont, hélas, pas suffisantes. Désolé, mais l endroit n est pas adéquat pour expliquer mon point de vue.

    Cependant, concrètement, il ne s agit pas d éliminer la nation (comme peuple) au sens culturel et historique, mais bien au contraire de l amplifier et d en faire un sacro-saint.

    En très bref, l histoire de la création des peuples du coté de sa culture s est fait du même mode et en concomitance avec son vécu historique, par sédimentation successive. La religion entre parenthèse, de par sa nature même, échappe a la nation (je vous laisse deviner pourquoi !).

    L humanité a passé les 5 derniers millénaire a construire sa diversité culturelle et sociale. Ceci est un acquis et comme tout acquis il est stupide et dangereux d y revenir ou pire de vouloir sa destruction. Mais un acquis sert aussi a permettre a évoluer pour un meilleur. Ainsi la culture et l histoire ont pour but ultime de permettre l abolition des frontières sans perte d identité a une nation. Ce qui change, c est que la nation s intègre dans une conscience supra-nationale, tout simplement planétaire. Ainsi je suis un terrien natif de la région France.

    Le fait que nous vivons tous sur la même planète est une connaissance de notre univers mais n est pas encore un acquis car nous continuons a agir comme si la planète constituait le monde, l univers total. L utilisation du terme mondialisation en est la parfaite illustration...

  • permalien KarimW :
    20 juin 2011 @15h03   « »

    Vous vous rendez compte de l’urgence de la situation ?
    Concrètement, comme vous l’avez bien montré (cfr vos réponses), vous n’avez... rien.

    Bref, la classe moyenne (selon le sens commun donné à la notion) va être anéantie dans sa plus grande partie, poussée à la misère et à la précarité (lire plus grande encore)...

    Et vous refusez le concept de nation pour voir si après qu’on ait eu la démonstration de l’ineptie de la libre-concurrence injuste, on pourrait avoir la démonstration que les populations poussée à la misère et sans possibilité de réponse concrète vont avoir besoin de bouc émissaire ?

    C’est ça l’objectif ? La misère pour tous et le meurtre de certains ?
    Ce qui serait d’ailleurs des conditions idéale pour vous empêcher de développer les concept post-nationaux nécessaire.

    Donnons nous au moins le temps de construire d’autres concepts ou d’étendre la Nation à l’Europe et puis au monde.

  • permalien Zolko :
    20 juin 2011 @15h51   « »
    Qui a peur du FN ?

    Arrêtez d’avoir peur de votre ombre, s’en est fatiguant. Et soyez un peu plus honnete :

    "le FN mangera à tous les râteliers (...) que le FN qui a senti la bonne affaire s’y vautre avec délice !"

    Vous présentez le FN comme opportuniste, changeant d’idées comme d’autres retournent leur veste, pour finir votre article sur la souveraineté et le protectionnisme qui ont toujours été les chevaux de bataille du FN.

    Vous ne vous intéressez pas aux idées politiques, mais aux étiquettes de ceux qui les portent : c’est du racisme pur et simple. Vous dénigrez des personnes non-pas pour ce qu’elles disent, mais pour l’étiquette qu’elles portent. Remplacez "FN" par "noir" ou "juif" et vous verrez à quel point c’est votre discours qui est nauséeux.

  • permalien Terence :
    20 juin 2011 @15h52   « »

    @Icouli

    Ce qui change, c est que la nation s intègre dans une conscience supra-nationale, tout simplement planétaire.

    Voilà exactement ce qui nous mènera à la catastrophe ; Levi-Strauss vous a déjà répondu :

    http://www.unesco.org/bpi/pdf/couri...

  • permalien jgn :
    20 juin 2011 @17h10   « »
    Qui a peur du capitalisme ?

    "Ce qui change", c’est que RIEN ne change, mais va toujours plus vers sa vérité.

    À part pour ce monsieur, ou cette dame (?) qui ne cesse de se "consterner" comme d’autres se prosternent, la réalité apparaît toujours plus et à de plus en plus de monde dans son jour le plus cruel, mais il il nous faut, encore, fournir l’effort de découvrir que les ruines laissées partout sur le passage de ce règne sans partage ouvrent d’autres perspectives. C’est là, la seule réalité reconnaissable, et plus nous tarderons à en prendre la mesure, plus s’avanceront ces ruines, ce désert où nullle herbe ne repousse.
    Et il ne s’agira plus, ici d’une légende, mais bien de toute la sinistre réalité d’un univers inhabitable dont, déjà, nous donnent un avant-goût ces zones dites d’exclusion telles qu’elles poussent à la lisière des centrales et sous la plume de ces mêmes bureaucrates qui, hier encore, signaient les décrets de leur construction sans l’ombre d’un doute et dans le cadre tout "démocratique" des puissances d’argent et de secret militaro-industriel.

    @KarimW
    "la classe moyenne (...) va être anéantie dans sa plus grande partie, poussée à la misère et à la précarité (lire plus grande encore)...

    Et vous refusez le concept de nation pour voir si après qu’on ait eu la démonstration de l’ineptie de la libre-concurrence injuste, on pourrait avoir la démonstration que les populations poussée à la misère et sans possibilité de réponse concrète vont avoir besoin de bouc émissaire ?

    C’est ça l’objectif ? La misère pour tous et le meurtre de certains ?"

    Personne n’a "besoin" de bouc émissaire.
    Ceux-là qui tombent dans le panneau, qu’on leur tend à la manière d’un filet à attraper les mouches, ont surtout envie de se laisser aller aux diktats, de ne jamais réfléchir, en un mot que l’on conduise ce qui leur sert d’existence, si tant est que le bétail existe.
    C’est de CONSCIENCE dont nous avons besoin, et surtout pas de certitudes toutes faites, de solutions pré-machées, comme certains déjà se précipitent pour nous les fourguer.

    Quant à la misère pour tous, si l’on y réfléchit un peu, elle est DÉJÀ LÀ, seul berceau de la conscience.
    Il est vrai qu’elle peut toujours s’aggraver (songeons seulement au sort des populations vivant dans le cercle immédiat de Fukushima, voilà le vrai sort qui nous attend TOUS, si nous laissons faire les escrocs qui nous dirigent).
    Mais quand je lis sous le clavier de quelques uns le mot "démocratie", l’envie me prend de leur en demander l’adresse. Qui, ici, rigole ?

  • permalien Terence :
    20 juin 2011 @17h53   « »

    En-deçà de la nation, l’expérience a déjà été tentée ; on appelle cela le retour aux autorités claniques, aux baronnies locales, à la servitude déconcentrée et décentralisée, à la servitude sous le contrôle de la chefferie du coin.

    Cette déconsidération de la nation va de paire avec une déconsidération de l’Etat. Burdeau disait : les hommes ont inventé l’Etat pour ne plus obéïr aux hommes .

    Le problème au final, c’est le niveau de conscience politique moyen qui règne dans le pays - y compris au sein de la fausse élites qui est aux manettes -, qui fait que les plus tristes clowns peuvent venir pérorer dans le vide au nom du bonheur acquis dès la sortie de la nation.

    A ce niveau d’inculture politique, il n’y a plus grand chose à faire, si ce n’est prier, et ne pas trop lire certains commentaires ci-dessus.

  • permalien KarimW :
    20 juin 2011 @17h56   « »

    @jgn

    Vous allez dire à la classe moyenne anéantie que "C’est de CONSCIENCE dont nous avons besoin" ????
    Et vous croyez qu’ils vont vouloir vous écouter ?
    Surtout quand votre proposition nécessite une prise de conscience... mondiale pour être efficace ?

    Vous n’avez concrètement rien, alors que nous avons des pistes de solutions par le haut (Souveraineté Régionale avant une extension mondiale).

  • permalien jgn :
    20 juin 2011 @18h45   « »
    Qui a peur ?

    Comment sortir de qui vous a fait naître (nascere), quand on y est déjà plus ?
    Voilà une question dont nos donneurs de leçons ne manqueront certes pas de nous donner la solution toute prête à mâcher, eux qui ont déjà sur leurs étals tout ce qui convient pour les porter au pinacle.

    @KarimW
    "Vous allez dire à la classe moyenne anéantie que "C’est de CONSCIENCE dont nous avons besoin" ????
    Et vous croyez qu’ils vont vouloir vous écouter ?
    Surtout quand votre proposition nécessite une prise de conscience... mondiale pour être efficace ?
    Vous n’avez concrètement rien, alors que nous avons des pistes de solutions par le haut (Souveraineté Régionale avant une extension mondiale)
    "

    Désolé, Monsieur, mais je pense, en effet, que nous n’avons RIEN à nous dire. Pour cela, il eût fallu, pour le moins, que vous ne me comptiez pas parmi vos fidèles adhérents.
    je ne sais où vous auriez pu prendre, dans un seul de mes propos, le fait que j’aurais une "proposition", laquelle serait, selon, vous, destinée à être "efficace" de surcroît ! Et puis quoi encore ! Ah ! oui ! l’exact inverse à la phrase suivante me concernant, ou feignant de ... Comme vous le dites enfin, JE N’AI concrètement RIEN ...

    Mais, puisque cela semble vous angoisser si fort de penser, je vois qu’aussitôt pourvu en matière de bouche-oreilles, vous avez aussitôt songé au nécessaire. Rien de tel, en effet, que les anxiolytiques.
    Et là-dessus, je ne saurais que vous donner raison : il paraît que les Français en sont les premeirs consommateurs. Question de culture politique peut-être ?... Vous voyez que je ne suis pas si farouche. j’admets que la "nation" - du moins ses traces - peut avoir encore quelques effets.
    Mais certainement, là-dessus aussi, votre petit livre jaune doit vous apporter la "solution".

    Bonne soupe donc !
    Je me sens pour ma part si fatigué. Je vous souhaite donc la bonne nuit, Monsieur.

  • permalien jgn :
    20 juin 2011 @18h50   « »
    Qui a peur ? ERRATUM

    Mille excuses :
    "(...) il eut fallu que vous ne me comptassiez point parmi vos fidèles adhérents"

    Où avais-je donc encore mis ma tête nationale ?

  • permalien Anastasia :
    20 juin 2011 @19h54   « »

    Un excellent article de Dirk Kurbjuweit :

    - Dignity and Democracy - Escaping the Clutches of the Financial Markets

  • permalien icouli :
    20 juin 2011 @23h59   « »

    Terrence, je viens d écouter l exposé "race et culture" lu par Lévi Strauss lui même et il ne dit pas autre chose que ce que j écris. Mais avant d aller plus loi, bravo Levi Strauss, surtout pour la clarté de son propos.

    C est votre lecture de mes commentaire qui est aveugle. Mais c est normal.

    Toutefois je vais vous aider un peu plus. Ce qui différencie hier d aujourd hui au niveau de la culture, c est la connaissance. Que nous sommes aujourd hui devant le choix conscient de garder et préserver la diversité culturelle de l humanité comme richesse vrai ou bien de poursuivre sa désintégration par la somme des menaces que nous faisons peser sur notre milieu ambiant.

    La différence est bien là, aujourd hui et non pas hier, nous sommes devant le choix conscient. Le choix implique de poser ses propre limitation, de savoir renoncer (c est exactement ce que dit Levi Strauss). Y compris de déplacer l identité nationale en dessous de l appartenance a une même humanité, habitants d une même planète. Mais pour cela et Levi Strauss le sous entend clairement, il faut que l humain ne se considère plus comme propriétaire de la Terre mais bien appartenant a celle ci.
    La seule justification morale a se dire possesseur de la Terre est religieuse. Sinon, c est tout simplement l usage de la force. Reste que dans la nature ce n est pas la loi du plus fort physiquement, mais la loi du plus adapté et réactif aux changement. Je pourrai continuer longtemps comme cela mais ce n est pas l endroit adéquat.

    Levi Strauss montre la corrélation entre la biologie et la culture, je ne dis et n entends pas autre chose. En effet, si l on considère que l humanité en tant que telle est un organisme vivant et le plus évolué de tous, alors, comme tout organisme vivant complexe il doit pour optimiser ses chances de survie à long terme posséder le patrimoine génétique le plus riche possible. Or, devinez quel est ce patrimoine génétique ?

    Pour l anecdote, c es le philosphe Anaxagure qui compris le 1er ce qui fit la différence entre l espèce humaine et les autres... Les mains ! A votre avis, l humain a un cerveau parcequ il a des mains, ou bien a t il des mains parcequ il a un cerveau ?

    Et enfin, je vous invite a revoir et écouter le discours à la fin du film "le dictateur" de Chaplin ; Un pur chef d oeuvre...

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @00h42   « »

    Icouli,

    Vous n’avez donc rien compris à ce que dit Lévi-Strauss dans Race et Culture.

  • permalien BA :
    21 juin 2011 @07h33   « »
    Le monde merveilleux des petits bisounours.

    Sur ce blog, il y en a quelques-uns qui ne vivent plus dans le monde réel, mais ils vivent dans le monde merveilleux des petits bisounours. De ce fait, ils sont incapables de répondre à la question de KarimW :

    On fait comment, CONCRETEMENT, sans la nation ?

  • permalien jgn :
    21 juin 2011 @08h21   « »

    Sur ce blog, il y en a quelques-uns qui ne vivent plus dans le monde réel, mais dans celui, merveilleux, des idées fixes.
    De ce fait, ils sont incapables de répondre à la question :

    On fait comment, concrètement, AVEC la nation ?

    [>http://ecologie.blog.lemonde.fr/201...]

  • permalien BA :
    21 juin 2011 @08h49   « »
    Qui a peur de la nation ?

    Le problème, c’est qu’il n’existe pas de solidarité au-delà de la nation.

    Voilà.

    C’est ça, le problème.

    A partir de là, toutes les constructions supranationales se sont effondrées. Et toutes les constructions supranationales s’effondrent aujourd’hui.

    Pour savoir si il y a de la solidarité, il faut regarder si il y a un don en cas de coup dur. Si il n’y a pas de don en cas de coup dur, il n’y a pas de solidarité.

    Concrètement :

    1- A l’intérieur d’une nation, il y a de la solidarité en cas de coup dur. Les citoyens acceptent de payer des centaines de milliards d’impôts. Les citoyens acceptent de donner des centaines de milliards d’impôts au pot commun. Ensuite, l’Etat redistribue ces centaines de milliards. A l’intérieur d’une nation, la solidarité existe en cas de coup dur.

    2- A l’intérieur d’une construction supranationale, il n’y a pas de solidarité en cas de coup dur. Par exemple, nous pouvons voir en ce moment même ce qu’est réellement l’Union Européenne. Depuis trois ans, un des membres de l’Union Européenne est en train d’agoniser : la Grèce croule sous une dette publique de 300 milliards d’euros. Or, que s’est-il passé ?

    Depuis trois ans, est-ce que les membres de l’Union Européenne ont donné 300 milliards d’euros à la Grèce ?

    Non. Les membres de l’Union Européenne n’ont pas donné 300 milliards d’euros à la Grèce : ils les lui ont prêtés. En clair : ils ont rajouté des montagnes de dettes par-dessus les montagnes de dettes qui écrasent la Grèce. Ils ont aggravé le désastre.

    A l’intérieur d’une construction supranationale, il n’y a pas de solidarité.

    Grèce : la zone euro donne un ultimatum de deux semaines à Athènes.

    La zone euro a donné lundi deux semaines à la Grèce pour adopter un nouveau plan d’austérité très impopulaire si elle veut obtenir l’argent frais dont elle a besoin pour éviter une faillite qui provoquerait une onde de choc mondiale.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

    Cet ultimatum de la zone euro à la Grèce est inadmissible.

    La zone euro dit au gouvernement grec : "Privatisez, privatisez encore, privatisez toujours, augmentez les impôts, baissez les retraites, baissez les salaires ... sinon nous ne vous prêterons plus d’argent."

  • permalien Nathan :
    21 juin 2011 @09h44   « »

    L’article de Frédéric Lordon est intéressant. Dommage que pour en arriver là, il faille subir sa prose tarabiscotée… Appelons ça le lordonien. En tant que professeur, il devrait essayer de faire un effort de clarté et de pédagogie. Il a d’excellentes idées mais son style rébarbatif le dessert. La matière qu’il traite – l’économie et les finances – est déjà assez compliquée comme ça pour ne pas l’alourdir avec des formules alambiquées. A titre d’exemple, l’expression “imputation d’essence” me plonge dans un abîme de réflexions.

    Prenons une phrase construite en lordonien moyennement compliqué :

    Les signataires objecteront qu’ils visent moins loin que le monde : l’Europe. Et on peut leur accorder en effet qu’il y a matière à réfléchir à la circonscription de la régulation "régionale", sans exclure a priori que la "région" aille au-delà de l’actuelle nation.

    Le mot “circonscription” tombe ici comme un cheveu dans la soupe. De plus Lordon “n’accorde” rien aux signataires de l’article paru dans Médiapart. Il ne fait que développer sa démonstration. Alors, pourquoi utiliser ce verbe ?

    Mon français est approximatif et je suis loin de m’appeler M. Grevisse. Mais pourquoi ne pas simplifier cette phrase, quitte à perdre quelques nuances au passage ?

    Les signataires objecteront qu’ils visent moins loin que le monde : l’Europe. Et on peut, en effet, discuter du territoire minimal sur lequel la régulation devrait être appliquée : est-ce la nation ou au-delà ?

    Le Diplo ne pourrait-il fournir à ses abonnés un module de traduction téléchargeable du lordonien en français ordinaire ?

  • permalien Djac Baweur :
    21 juin 2011 @11h10   « »

    « Circonscription : subst. fém.

    C.− Délimitation.
    La circonscription nette ou confuse de ces termes (Maine de Biran, De l’Influence de l’habitude sur la faculté de penser, 1803, p. 177).
    − P. méton. Limite (autour de quelque chose)
    2. ... cette éminente faculté de penser qui s’élève et se perd dans le vague (...) enfin manque de certains défauts qui puissent servir de circonscription à ses qualités.
    Mme de Staël, De l’Allemagne, t. 1, 1810, p. 43. »

    Hou là là, en effet vivement un menu McLordon-cheese-bacon, avec moins de mots teeellement compliqués, et plus de ketchup et de frites.

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @11h20   « »

    @Nathan,

    Pour la syntaxe lordonnienne (Pro "syntaxia" lordo)

    Je vous trouve tout à fait injuste avec la syntaxe Lordonienne. Je suis tout au contraire de vous très sensible à ce souci de notre économiste de faire usage d’une langue pure et littéraire. La phrase que vous réécrivez perd de sa précision, et vous en faussez le rythme, c’est-à-dire l’équilibre général - voilà qui parle à notre économiste...

    Lordon a du vocabulaire et le souci du style, cela est si rare chez nos économistes. J’y vois là, pour ma part, une corrélation avec la pertinence de ses analyses : Hugo disait "la forme c’est le fond qui remonte à la surface".

    Il me semble même que FL a récemment sortie une pièce de théâtre, ce qui vient confirmer l’attention particulière qu’il porte à la littérature donc à la langue.

  • permalien Nathan :
    21 juin 2011 @12h33   « »

    @ Terence

    Mon objection concernant le style baroque de Frédéric Lordon ne doit pas être perçue de manière négative mais constructive. Si Lordon faisait plus simple, son audience grandirait. Si celle-ci reste confidentielle, et de toute évidence plus modeste que certains auteurs moins pénétrants mais plus accessibles, c’est à ce style particulier qu’il le doit.

    La question du style est politique. Les auteurs libéraux ou néo-libéraux font souvent un très grand effort de clarté. C’est une tradition chez eux. Voyez Benjamin Constant, Tocqueville ou Raymond Aron. Ou même – on dégringole de quelques cases, bien sûr…- un Alain Minc.

    J’en parle d’autant plus aisément que j’ai énormément apprécié le petit livre de Frédéric Lordon intitulé "Jusqu’à quand ?". Il m’a permis de comprendre enfin les mécanismes de la crise de 2008. Je pense sincèrement que cet ouvrage était plus didactique que les articles qu’il poste régulièrement ici, alors que le sujet qu’il traitait était particulièrement complexe.

  • permalien icouli :
    21 juin 2011 @13h18   « »

    Terence, êtes vous même capable de faire la démonstration de votre affirmation suivant laquelle je n ai rien compris ? Je ne le crois pas : Aussi je vous retourne le compliment...

  • permalien jgn :
    21 juin 2011 @13h37   « »
    Le monde idyllique de Platon

    @BA
    "Le problème, c’est qu’il n’existe pas de solidarité au-delà de la nation.
    Voilà.
    C’est ça, le problème.
    (...)
    A l’intérieur d’une construction supranationale, il n’y a pas de solidarité.
    "

    Ah ! mais nous y voilà ! Voici que je vous comprends mieux, dès lors que se dégagent enfin les vrais termes de votre propos.

    Si donc je traduis bien, la nation n’est nullement votre alter ego - ce qui vous fait naître à vous-même - mais une sorte d’instrument.

    Soit ! voilà qui est en phase avec cette époque - utilitariste en diable - et qui nous permet de mieux appréhender sa dissolution dans des organisations techno-banquières.

    Mis dites-moi, s’il vous plaît, quelle est donc la nature profonde de cette "solidarité", dites-vous ? l’avez-vous interrogée, cette "solidarité," quasi naturelle, si je ne me trompe, puisque "native" ?

    Les États membres de l’UE ont aggravé le problème, dites-vous.
    Et je suis en phase avec vous là-dessus.
    Mais ici encore, vous êtes-vous demandé pourquoi, alors que voici des nations - tout ce qu’il y a de plus honorable donc, si je ne m’abuse - qui officient. Comment se fait-il donc que la solidarité qui les fonde se dissolve ainsi subitement ? Serait-ce une question de sang, de culture, .... ?

    Ce qui solidarise des êtres humains - atomisés, sans cela - et fait naître entre eux des liaisons fortes, est-ce donc une contrainte non interrogée ou une relation qui se construit dans la lutte contre des conditions devenant partout identiques.

    Voyez-vous, c’est bizarre, mais je ne me suis jamais aussi senti plus Grec ou Islandais, bien plutôt que "national" en ces temps nouveaux.
    Une lubie, sans doute ... Rassurez-moi !

  • permalien KarimW :
    21 juin 2011 @14h05   « »

    @ jgn :
    21 juin @08h21 «  »

    "Sur ce blog, il y en a quelques-uns qui ne vivent plus dans le monde réel, mais dans celui, merveilleux, des idées fixes.
    De ce fait, ils sont incapables de répondre à la question :

    On fait comment, concrètement, AVEC la nation ?"

    La personne ici représentative de l’idée fixe, c’est vous (nation : maaal). Je vous propose tout de même de cesser là le jeux des invectives et de nous concentrer sur les arguments (pour peu que vous ayez décidé de faire preuve d’un minimum de bonne fois).

    On PEUT faire comment avec une nation ?

    On peut mettre en place des protections face à la concurrence injuste, instaurer/revivifier une sécurité sociale, avoir des politiques industriels, instaurer un contrôle des capitaux, etc.

    Ces politiques nécessitent une base territoriale et une légitimation. La Souveraineté offre les deux.

    Par ailleurs, certains estiment que les nations peuvent être dépassée par le haut, dans une nation plus vaste (régionale dans en premier temps).

  • permalien Peak.Oil.2008 :
    21 juin 2011 @14h36   « »
    Qui a peur des limites à la croissance ?

    On peut difficilement parler de la mondialisation sans parler du rôle crucial qu’à eu au cours XXème siècle le pétrole, cette source d’énergie ultra concentrée qui détrône de loin toutes les énergies connues (le nucléaire est encore et toujours un sous-produit du pétrole). L’accès à cette manne d’hydrocarbures de grande qualité permis de libérer des forces si colossales qu’elle permis de s’affranchir comme jamais des limites imposées par l’espace et le temps. Le pétrole poussa aussi l’homme vers les exponentielles, un profil qui caractérise le XXème siècle à bien des niveaux.

    On peut difficilement parler du prolongement de la mondialisation qu’est la dé-mondialisation sans parler des limites à la croissance auxquelles nous nous heurtons depuis que nous avons atteint le plateau pétrolier mondial fin 2004. Et on peut difficilement parler de la dé-mondialisation comme souhaitable ou pas alors que nous avons créé toutes les conditions de son apparition (malgré nous bien que pas malgré nous). On ne peut plus que parler des impacts colossaux que vont avoir sur tous les terriens le déficit de puissance et le retour trop rapide aux contraintes de l’espace et du temps.

    On ne fera pas l’économie d’un débat mondial sur le concept au combien limpide et dérangeant des limites à la croissance sinon nous créerons les conditions d’une désolation telle que le politique ne survivra pas. Confrontons l’idéologie de la croissance entretenue par certaines religions et par certaines cultures économiques à leur folie criminelle. Dédogmatisons que diable !

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @15h15   « »
    L’asservissement des peuples par les structures institutionnelles supranationales

    @KarimW et autres,

    Les zozos euromondialistes citoyens du monde doivent être persuadés que c’est l’ONU qui paie leurs remboursements "maladie", l’école de leurs enfants, les allocations chômages - revenus dit de remplacement -, les aides au logement et autres allocations familiales.

    Il n’ y a pas de solution démocratique pour les peuples hors de la nation. L’Europe fédérale, qu’on nous prépare - Cf. Les dernières déclarations du sémillant Trichet - sera plus encore ce monstrueux dénie démocratique que se révèle déjà être l’Union Européenne sous Lisbonne.

    Quant au gouvernement mondial (d’Attali à Minc, à Lamy, au CFR en passant par les Bilderbergers) il est une chimère délirante attestant la main mise des firmes et du dieu argent sur le destin des peuples. Ces gens-là ont perdu la raison ; il faut les laisser joyeusement déraisonné dans le merveilleux monde de Monsieur Disney : tous finiront dans un mur - et pas seulement de honte.

    Le seul cadre d’expression de la démocratie c’est la nation. La nation est ce cadre historique constitué d’une communauté de souvenirs, d’intérêts, de valeurs, d’idées et d’espérances.

    Les structures supranationales déposées au forceps sur des histoires millénaires aboutissent au chaos et à la destruction ( Cf. la catastrophe ’Irakienne née d’un mensonge sur des armes inexistantes).

    Les empires s’effondrent toujours - demandez à Todd. Cette fois-ci, c’est au tour, après l’Union Soviétique, de l’UE de s’effondrer avec grand fracas et pour le bonheur des peuples ; lesquels peuples seront enfin libérés du joug mondialiste dérégulateur qui n’a que faire de la démocratie et de la liberté.

    Sortir du cadre politique de la nation c’est aller à grand pas vers des servitudes supranationales. Un peuple libre est un peuple qui se donne à lui même sa propre loi, un peuple qui assume ainsi pleinement son destin au sein du vaste monde.

    La seule chose que propose les adversaires de la nation démocratique et républicaine, c’est la servitude et le chaos : l’exemple Grec illustre parfaitement cet état de fait. Soutien au patriotes Grecs qui refusent la vente à la découpe de tout un pays.

  • permalien Nicks :
    21 juin 2011 @16h19   « »

    @Nathan

    Si vous voulez du français ordinaire, prêt à lire et à digérer, lisez Marc Lévy ou Anna Gavalda. Désolé pour ce mouvement d’humeur, mais les amateurs de pré-mâché commencent un peu à me courir...Une fois pour toutes, le style de Lordon est remarquable et drôle pour ne rien gâcher. Ca change de "l’efficacité" normative anglo-saxonne...

    @jgn

    Nombreux ceux qui sont d’accord pour dire qu’une révolution mondiale des dominés serait l’idéal. Sauf que je ne vois pas très bien comment à court terme, car nous ne disposons pas de plus, nous allons arriver à fédérer ce qui apparaît déjà quasi inaccessible en Europe et pas si aisé au sein des Etats constitués.

    L’Etat est ce qu’on en fait et il représente le moyen de structuration le plus abordable et le plus efficace pour le moment. Il faut juste changer quelques personnes et refaire quelques règles...

  • permalien Nathan :
    21 juin 2011 @16h48   « »

    Frédéric Lordon prône une dé-mondialisation. Déjà, dans "Jusqu’à quand ?", il avait proposé six façons de sortir du diktat de la finance : désincitation, désophistication, détritisation, déleviérisation, désalimentation et déconnexion.

    Facile à dire mais à faire, c’est une autre paire de manches. Lordon est-il sûr que les conséquences de cette désintrication ne seront pas bien plus funestes ? Est-il certain que le remède ne serait pas pire que le mal. Et par quoi commencer ? Tout ça me fait penser au héros de "Mission impossible" qui se retrouve devant une pelote de fils électriques. Pour désamorcer la bombe, il lui faut couper un seul fil. Oui mais lequel ? S’il coupe les autres, ça fait boum ! Voilà où l’on en est. J’espère que Lordon sait lequel de ces maudits fils il faut couper.

    Sur le fond, j’aimerais aussi savoir quelles sont les limites de la fameuse solidarité. Où commence-t-elle ? Où s’arrête-t-elle ? Exemple : devons-nous nous sentir solidaires des Grecs ? Je n’en sais rien. Quelqu’un peut-il nous expliquer pour quelle raison le sort des Grecs devrait nous interpeller tout particulièrement ? Les Grecs, grands fraudeurs du fisc devant Zeus, ont-ils mérité tout particulièrement notre confiance ? Sommes-nous endettés à leur égard ? Et pourquoi la Grèce et pas le Zimbabwe ou la Terre de Feu ? Pour ce que j’en sais, cette solidarité n’est pas voulue par le citoyen lambda - lequel n’a jamais été consulté à ce sujet, - mais imposée d’en haut. C’est la conséquence de l’ouverture des frontières et de l’interdépendance accrue des marchés que celle-ci a engendré. Mais en réalité, cette Europe s’est faite sans nous et personne d’entre nous n’a été capable d’en mesurer les conséquences. Pareil pour la mondialisation.

    Je me méfie des principes d’illimitation, surtout lorsqu’ils nous sont présentés de manière à ne souffrir aucune discussion. Pourquoi devons-nous nous sentir solidaires de chacun des pays de l’Europe des 17 ou des 27 ou même avec le monde entier ? Cette exigence de solidarité sans limite est d’autant plus absurde qu’elle contraste avec notre totale impuissance à agir sur une réalité qui nous dépasse. On exige tout de nous et en même temps, nous ne pouvons qu’assister impuissants aux évènements qui nous tombent dessus, tels les crises financières. Faire appel à notre égoïsme plutôt qu’à cette solidarité de principe me paraît finalement plus sensé. Au moins, chacun comprend ça. Si on nous disait : "il faut sauver la Grèce sinon c’est votre bas de laine qui disparaîtra", ça serait déjà plus compréhensible que cette solidarité abstraite et sans fond. Et ça permettrait aussi de nous demander pourquoi diable la préservation de nos économies devrait dépendre de la santé financière d’un pays lointain.

  • permalien BA :
    21 juin 2011 @17h48   « »
    Qui a peur d’envoyer un chèque ?

    Jgn écrit : "Voyez-vous, c’est bizarre, mais je ne me suis jamais aussi senti plus Grec ou Islandais, bien plutôt que "national" en ces temps nouveaux. Une lubie, sans doute ... Rassurez-moi !"

    Jgn, la Grèce a besoin de toi. Tu peux envoyer au ministère du Budget grec un chèque de 1000 euros, à l’ordre du Trésor public grec.

    Jgn, l’Islande a besoin de toi. Tu peux envoyer un chèque de 1000 couronnes islandaises au ministère du Budget islandais.

    Ou alors ... ou alors tu l’as déjà fait. Rassure-moi.

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @17h57   « »
    Ce cher Nigel Farage

    http://www.enquete-debat.fr/archive...

    Bien regarder la tête de Von Rompuy et Barroso !

     ;-)

  • permalien Mafalda :
    21 juin 2011 @18h19   « »

    C’est pas croyable les propos de cette extrême gauche, prise au piège d’un programme FN qui a le mérite d’être clair. Un peut d’histoire puisque vous parlez de l’ancien programme du FN. Je vais parler moi de ces comités, AC, Agir Contre le chômage, quelques centaines à l’époque dans tout le pays, j’ai bien perdu 2 ans de ma vie à y militer, une dynamique extraordinaire, des initiatives alternatives, une marche à travers la France, une marche Européenne à Amsterdam. A l’époque on bloqué des trains pour la gratuité. Comment tout cela c’est terminé ? Par la marche sur Paris, terminus République, discours vrombissants dans lesquels, la Confédération paysanne qui avait assuré l’intendance de cette marche, faire manger et dormir des centaines de chômeurs, n’a pu s’exprimer, la place dégagée, et les chômeurs largués à Vincennes sur la pelouse. Vous vous étiez servi de nous. Pourquoi ? Ces comités devenaient trop autonomes. Un comité qui voulait quitter AC a subit une attaque en règle et une chômeuse a été étranglé, le Parisien en a parlé (je peux fournir l’article) Procès, elle a mal déglutie et elle en est morte l’affaire fût étouffée !
    S’ensuit la création d’ATTAC qui est parti avec la caisse d’AC, (entre autre une subvention du syndicat allemand IGMETAL et autres) pour-que les dirigeant qui s’étaient appropriés le mouvement se recycles : M. Aguitton aux affaires internationales d’Attac et M. Claire Villiers au Conseil régional. Depuis l’abstention demeure le premier parti de France, les européennes 23 % de votants (voir Monde diplomatique) et on crie victoire !
    Alors la démondialisation, je suis pour et vite, on ne vas continuer à se faire plumer !

  • permalien jgn :
    21 juin 2011 @18h51   « »

    @KarimW
    La personne ici représentative de l’idée fixe, c’est vous (nation : maaal)
    Ha ! Ha ! Ha ! Je vous mets au défi, Monsieur, de trouver un seul de mes propos prouvant une telle association, ce pour la raison que je ne suis pas essentialiste, contrairement à vous, et à quelques uns ici, qui croient en la nation, cadre nécessaire à un moment donné de l’histoire.

    C’est ainsi que Terence peut joliment écrire que "La nation est ce cadre historique constitué d’une communauté de souvenirs, d’intérêts, de valeurs, d’idées et d’espérances".
    Et je suis en accord quand il poursuit :
    Les structures supranationales déposées au forceps sur des histoires millénaires aboutissent au chaos et à la destruction (...).
    Les empires s’effondrent toujours
    Un peuple libre est un peuple qui se donne à lui même sa propre loi

    Mon propos diffère cependant puisqu’il me semble que ce cadre là est dépassé. C’est là le propre de l’histoire. Tout ce qui était est dissous et transformé. Le cadre actuel, QUE NOUS LE VOULIONS OU NON, est mondial.
    Pensez-vous sérieusement que je ne préfèrerais pas, comme tout un chacun, vivre dans le cadre intime d’un territoire connu, ne pas avoir à subir les conséquences des dévastations d’un capitalisme mondialisé, qui n’a que faire des hommes et de leur prétendu “territoire” ?

    Nathan a raison quand il écrit “en réalité, cette Europe s’est faite sans nous et personne d’entre nous n’a été capable d’en mesurer les conséquences. Pareil pour la mondialisation. (...)
    On exige tout de nous et en même temps, nous ne pouvons qu’assister impuissants aux évènements qui nous tombent dessus, tels les crises financières.

    De même Peak.Oil.2008,
    on peut difficilement parler de la dé-mondialisation comme souhaitable ou pas alors que nous avons créé toutes les conditions de son apparition (malgré nous bien que pas malgré nous). On ne peut plus que parler des impacts colossaux que vont avoir sur tous les terriens le déficit de puissance et le retour trop rapide aux contraintes de l’espace et du temps.

    Voilà la RÉALITÉ moderne.
    Et ce triomphe planétaire de conditions inhumaines imposées à tous est aussi le moment de sa perte quand des solidarités nouvelles naissent (nascere), qui dépasseront le cadre de celles, désormais sans chair, de la nation, lesquelles furent, mais ne sont plus. Faut l’écrire en quelle langue ? Voilà une solidarité qui, elle aussi, se dissout, sous la poussée d’une langue plus adaptée aux transports planétaires de marchandises, plus “efficace

    Quand Nicks écrit “L’Etat est ce qu’on en fait (...)..”, je me demande dans quel état j’erre, puisque le mien n’est précisément pas ce que j’en fais. Serais-je donc si “étranger ?

  • permalien jgn :
    21 juin 2011 @19h01   « »
    BA t’i Folle ?

    @BA
    "Ou alors ... ou alors tu l’as déjà fait. Rassure-moi."

    Je ne sais ce qui vous autorise soudain à vous adresser à moi sur le ton d’une familiarité dont je ne reconnais en rien ce qui saurait la fonder.

    Ce qui est commun aux Grecs et aux Islandais est d’avoir des moutons à garder.
    je ne pense pas qu’il s’agisse de chèques. La confusion avec la lutte de classes que doivent mener ces peuples, les premiers en Europe avant tout le monde et contre un capitalisme mondialisé que représente leurs États et gouvernements fantôches - je vous rassure, vous y aurez droit aussi, et dans pas si longtemps - en dit long. No comment.

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @19h38   « »

    jgn

    QUE NOUS LE VOULIONS OU NON, est mondial.

    Et pourtant ce cadre mondial ne débouche que sur une chose, le renforcement des nations. La crise belge en est le symbole ; le peuple flamand entend réclamer son autonomie. Partout la nation est une valeur qui revient. Ce mondialisme au forceps en est la cause. L’uniformisation créer des tensions, notamment culturelles - et n’y a t-il pas de la culture dans l’économie ? -, relisez encore Levi-Strauss dans "Race et culture".

    Le mondialisme est mort, il reste les nations seul cadre démocratique viable. Vous défendez une idéologie belle est bien périmée et condamnée par les peuples. Ces peuples sont attachés à leur histoire et à leur singularité culturelle ; plus le mondialisme cherchera à brouiller la singularité des cultures, plus la réaction de ces dernières sera violente.

    La guerre aujourd’hui, ce n’est plus la nation - qui se distingue d’ailleurs tout à fait du nationalisme - la guerre aujourd’hui, c’est le mondialisme. Voilà la force idéologique qui pose problème, ce mondialisme néolibérale et dérégulateur qui écrase tout sur son passage.

  • permalien Nicks :
    21 juin 2011 @20h29   « »

    @Jgn

    J’aurais du écrire que l’Etat est ce que NOUS en faisons...

  • permalien steph :
    21 juin 2011 @21h20   « »

    @icouli

    Vous pensez que je réfléchis trop vite... a vous de me juger trop rapidement également... Cette question, je me la pose depuis pas mal de temps et je ne suis pas convaincu par vos arguments. Je ressens quelque chose d’une autre nature entre sédentarité et propriété que je n’arrive pas à mettre en forme, mais passons...

    Amusant de voir comment vous définissez la montée du fascisme devant se trouver des adversaires, car c’est exactement comme cela que Todd explique comment nos si joyeuses démocraties ont pu voir le jour...

  • permalien BA :
    21 juin 2011 @21h46   « »
    Où sont les preuves ?

    Concernant la magnifique solidarité supranationale entre les peuples, j’aimerais bien voir les preuves.

    Où sont les preuves ?

    Par exemple, où sont les preuves de la magnifique solidarité supranationale entre les peuples européens ?

    Depuis trois ans, le peuple grec est écrasé sous des montagnes de dettes. Où sont les preuves de la magnifique solidarité supranationale ?

    Où sont les actes ?

    Où sont les faits ?

    Les paroles, nous les entendons tous les jours depuis 1957 : "L’Union Européenne, l’Europe, la solidarité entre les Européens, l’union fait la force, l’Europe est notre avenir, et patati, et patata."

    Mais les actes ?

    Si la solidarité supranationale existait, les Européens riches auraient trouvé 300 milliards d’euros et ils les auraient donnés à la Grèce. Le problème grec serait résolu.

    Or, les Européens riches n’ont rien donné à la Grèce.

    Au contraire, les Européens riches ont prêté des dizaines de milliards d’euros à la Grèce : ils ont rajouté du surendettement au surendettement déjà existant. Ils ont aggravé la catastrophe grecque.

    Depuis trois ans, la crise grecque montre le vrai visage de l’Union Européenne : l’imposture.

    L’imposture supranationale.

    La solidarité supranationale n’existe que dans les beaux discours des ouistes.

    Mais dans les actes, il n’y a plus rien.

    Dans les actes, il n’y a plus personne.

    Quand il s’agit de donner, il n’y a plus personne.

    "Il n’y a pas d’amour. Il n’y a que des preuves d’amour." (Pierre Reverdy)

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @22h00   « »
    BA, c’est peine perdue, vous vous échinez pour rien

    BA,

    Ne demandez pas à des docteurs de la foi de passer leurs élucubrations au filtre du réel. Il n’ont aucun intérêt à le faire, ils ont tout à y perdre.

    Vous ne réussirez pas plus à obtenir d’individus récitant des mantras dénués de sens, une seule seconde de pensée rationnelle aux fins de tenter une analyse critique du discours qu’ils vous servent, à genoux, et la figure tournée vers le ciel.

    Imaginez que vous êtes dans cette assemblée-là :

    http://www.dailymotion.com/video/x1...

    Pensez-vous pouvoir vraiment raccrocher nos camarades de la vidéo ci-dessus au réel ?

    C’est peine perdue ; il faut leur serrer la main et leur souhaiter avec bienveillance et sincérité de continuer leur joli voyage au milieux des atlantes et des lémuriens.

    Bon et heureux voyage les copains.

  • permalien BA :
    21 juin 2011 @22h35   « »
    OK.

    Oui, Terence. C’est toi qui as raison. Je perds mon temps à essayer de les ramener dans le monde réel. J’arrête.

    Bon et heureux voyage les copains.

  • permalien Cyberpipas :
    21 juin 2011 @23h09   « »
    19/20 !

    @u professeur Lordon

    Votre livre Capitalisme, désir et servitude est un régal pour les neurones.

    Permettez-moi une première critique avant de l’avoir entièrement lu : dans le chapitre consacré à la reproduction matérielle, vous omettez la suprématie de l’obsolescence programmée sur l’entropie -que par ailleurs vous ne mentionnez point-. C’est bien dommage...

    Exemple :
    En tant que technicien de plateau j’ai assisté au salon de l’auto de Genève et à la réunion des cadres de Renault. Ses hiérarques savent bien qu’il ne trouveront guère de salut dans les ventes. Alors ils mettent tout en oeuvre pour que le client n’est plus l’impression d’aller chez le dentiste chaque fois qu’il va chez son garagiste...
    En clair :
    - pour bosser, il faut souvent une voiture
    - pour avoir une voiture, il faut bosser
    - les voitures récentes sont construites de façon à vous écarter le plus possible d’une maintenance et de réparations autogérées
    - les centres spécialisés et les concessionnaires vont vous anesthésier avant de vous présenter la douloureuse

    Entropie+Obsolescence programmée+Exclusivité de la maintenance/réparation= tu pédales dans la semoule, t’as signé, accélère si tu veux garder le vélo amigo...

  • permalien KarimW :
    21 juin 2011 @23h12   « »

    "Le cadre actuel, QUE NOUS LE VOULIONS OU NON, est mondial. "

    Ce n’est pas la première mondialisation.

    Les Nations ont pourtant émergé. Et c’est leur cadre qui a été le lieu de résolution de diverses questions.

    Je ne suis pas un grand amoureux de la nation.
    Cela fait longtemps que je dis que nous sommes tous Grec.
    Et il faut travailler à une prise de conscience.

    Mais vous ne pouvez pas vous contentez de prendre conscience.
    Quel réaction attendez vous des populations en cours de prise de conscience ou après ?
    La révolution mondiale ?

  • permalien Cyberpipas :
    21 juin 2011 @23h16   « »
    Les Grecs n’ont pas peur de la démondialisation

    La preuve en images.
    Photo n° 10 à ne pas rater...

  • permalien jgn :
    21 juin 2011 @23h27   « »
    Qui a peur du vent qui se lève ?

    Voici donc la "solidarité" des épiciers : le fric !
    Le fric comme "preuve" d’amour ! ... voici le vaudeville qu’il nous est donné de consommer à tous les repas et avec la certitude, comme il se doit en pareilles circonstances, que la (bonne) conscience peut reposer en paix, dans la paix des cimetières.

    C’est devant son immeuble en feu que l’on rencontre ses voisins.

    Bien évidemment, à considérer ceux-ci comme Grecs ou Islandais, comme d’autres nous regardent comme Français, le manège peut durer longtemps, et se répéter autant de fois que nécessaire l’histoire trop connue des Horaces et des Curiaces.
    Diviser pour régner, cantonner chacun dans ses quartiers avec son étiquette "prêt à l’emploi", et les moutons seront bien gardés ; chacun dans son enclos national et l’on pourra pleurer à loisir que les "solidarités supranationales" n’existent pas.
    S’il fallait démontrer par les faits tout ce qui est déjà évident dès le concept !... Évidemment qu’elles n’existent pas, et qu’elles ne sauront jamais exister, car que sont ces dites "supranationalités", sinon des nations un peu trop hâtivement montées - comme cette époque d’échaffaudages sait si bien précipiter l’ouvrage, puisque seul compte le bénéfice à court-terme - des leurres permettant de liquider les dernières traces de démocratie auxquelles restent en effet attachés les peuples, lesquels se rattachent (s’aliènent) toujours à quelque chose avant de devoir considérer la réalité, le gouffre béant de leurs illusions.

    Il suffit de considérer l’histoire de la "nation" française pour se convaincre que les beni oui-oui qui se répandent à son propos, la voix chevrotante et la larme à l’œil, oublient comme un aspect de sa construction : la mort, la dévastation, et la coercition pour les vaincus de tant de régions qui perdirent ainsi le droit de vivre selon leurs propre droit, de parler leur propre langue.
    La guerre d’Algérie fut l’épilogue de cette construction. Qui s’en souvient, alors que de Gaulle, réaliste de ce qui pesait le plus à cet égard, considéra qu’elle n’avait plus les moyens de ses ambitions et qu’il fallait, décidément, préférer à une nation sans gloire une américanisation réussie.

    C’est l’identité des conditions qui fait naître des solidarités.
    Les Grecs ou les Islandais ne sont que les premières lignes d’un front qui se déploie partout où il reste quelque chose à piller. Bien évidemment les plus faibles prennent le premier choc, bientôt suivis par les autres, tous les autres, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus RIEN à becqueter. Telle est la bien belle histoire de la prédation qui scie la branche sur laquelle elle est assise.

    Des solidarités naîtront, qui sauront bien se passer, et heureusement pour elles, de l’argent et de l’État - son fidèle cabot - car ce sont ces deux complices qui asservissent le monde.

  • permalien icouli :
    21 juin 2011 @23h35   « »

    A steph,

    Todd est un très bon économiste, mais notre république (ne pas confondre avec démocratie) n a pas triomphé de la monarchie de cette manière. Il n y avait pas d ennemie extérieur a inventer vue que tous les pays voisins étaient des ennemies déclarés de par leur mode de gouvernance ! Ensuite, le fascisme en lui même ne nécessite pas d inventer un ennemie, ce sont les régimes totalitaires qui en ont besoin. Ben oui, il n est pas inimaginable qu un Etat soit fasciste et démocratique. Mais il lui sera difficile de résister a la tentation de fabriquer un ennemi pour se maintenir au pouvoir ! Reste que dans une ultime tentative pour vous aider dans votre réflexion, le mot sédentaire signifie "mode de vie caractérisé par une fréquence faible voire nulle de déplacements. Cqfd

    A Terence, l echec de l Europe comme supra nation ne tient pas a son essence mais à son incapacité à se soustraire aux dictats de l économie néo libérale mondialisé. Ensuite, ce n est pas à l ONU que se décide le modèle économique, c est dans une autre super-structure-supra-nationale totalement déconnecté de l ONU. Bref, le monde est rempli de super-structure-supra-nationale n ayant aucuns liens entres elles, tout au contraire. Cqfd, il est absurde de comparer ces super-structure-supra-nationale à une nation suprême qui n existe pas et n a jamais encore existé. Et aussi, dans le concert des nations, l Europe supra nation est a ramener a la dimension de simple nation relativement aux autres, comme peuvent l êtres les Etats dans les Etats Unis d Amériques.

    Bref, parceque je ne vous croit pas idiot, je penche pour votre totale mauvaise fois.

    A sgn, vous êtes sur la bonne voie, persévéré...

    Et enfin a Icouli... Va voir ailleurs si j y suis

  • permalien jgn :
    21 juin 2011 @23h41   « »
    Just a little help from my friends

    cyberpipas, vous voici à franchir les saintes frontières de la bienséance à réveiller ainsi nos "nationaux" ....

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @23h43   « »
    A jgn

    Il ne vous reste plus qu’à rendre votre carte de sécu, vos allocations logement, vos cotisations retraites et à récuser, en bloc, tous les services publics ; bref, toutes ces choses atroces octroyées par l’Etat et la nation et qui attestent que ces derniers diffusent à grande échelle, et sur tout le territoire, la servitude.

    Les hommes libres et authentiques tels que vous, ces citoyens du monde révoltés par l’esprit étroit des hommes enracinés, n’ont plus qu’à parcourir ce vaste monde qui est désormais le seul espace à hauteur de leur âme de géant.

    Permettez-moi vous dire jg que vous êtes superbe. Bon voyage !

  • permalien Terence :
    21 juin 2011 @23h49   « »
    @ icouli, Premier lieutenant du gourou cosmoplanétaire

    @Icouli,

    Mes amitiés à votre patron :

    http://www.dailymotion.com/video/x1...

    Eh les gars, vous consommez dans la troupe quand même non ? Réduisez quand même !

  • permalien Nicks :
    22 juin 2011 @00h09   « »

    @jgn

    Houla, il attendrait pas l’Homme nouveau là, par hasard ?

    J’ai toujours eu un peu de peine à me signifier une psychanalyse mondiale réussie, ce qui est pourtant la condition sine qua non pour espérer un arasement pérenne des comportements prédateurs. En fait, les communistes, anarchistes et autres libertariens partagent le goût des système in vitro, réalisables dans une théorie diamantine qui requiert donc des conditions parfaites. Comme ce n’est jamais le cas, en général, ça tourne mal...

    J’ai la faiblesse de penser que les structures sont plus efficaces, bien que limitées dans le temps. C’est une affaire de cycles. Ce n’est pas parfait mais au moins peut on espérer la venue d’un nouvel épisode favorable de son vivant...

  • permalien jgn :
    22 juin 2011 @00h17   « »
    De la servitude volontaire ...

    @Térence

    Vous qui parlez si bien de la liberté de n’accepter que ses propres lois, vous voici donc, au seuil de la nuit, à justifier que des hommes "s’enracinent", comme vous dites, jusqu’à devenir ces arbres que l’on abat de la cognée pour en faire de frêles petites flûtes qui enchanteront les nuits de quelque gourgandine.

    Vous voici à devoir faire l’apologie de la servitude à présent ?

  • permalien Terence :
    22 juin 2011 @01h07   « »
    @ jgn la Grany Smith d’un vert chimique et cliquant

    C’est l’esprit qui vagabonde au coeur de la liberté, pauvre pomme - au pied d’un arbre. Vous pouvez toujours courir derrière votre vide, vous tournerez en rond - les choses sont bien faites.

    Arraché d’un sol on est sans sève. Même les oiseaux se posent, et reviennent nicher aux mêmes endroits. La culture hors sol donne des organismes débiles. Il faut être un grand zozo ridicule pour croire qu’on est issu de la terre entière. Mon endroit n’est pas plus haut ou plus respectable qu’un autre, il est le mien, c’est tout.

    Qu’adviendra t-il quand il n’y aura plus que des nomades de votre sorte, croyant n’être attaché à rien et n’avoir aucune racine ? Ne savez-vous pas que les souvenirs de l’enfance sont toujours attachés à un lieu ? Je vous crois bien capable de tout effacer, de vous dégager de toute historicité, au nom probablement de ce que vous appelez l’égalité des Hommes.

    Quand il n’y aura plus que des nomades, le divers n’aura alors plus cours ; et il n’y aura plus que des organismes humains interchangeables - citoyens du monde de mille cultures à la fois diront-ils -, venus de nulle part, allant nulle part, et ressemblant à n’importe quel autre organisme nomade hors sol - Barbie et Ken from Toronto, de passage dans un monastère tibétain.

    Le divers décroît comme disait l’autre, et figurez-vous qu’entre l’enracinement et le divers, il y a comme un lien ma grosse Grany Smith.

    Vous et vos camarades des bons sentiments à deux balles et de la charité industrielle versée au litre, nous préparez un monde atroce.

    Un monde de l’interchangeable et de la marchandise ; un monde où les individus comme les choses auront définitivement vaincus les frontières - lire Régis Debray - et seront transportables à-peu-près n’importe où sous 48h, grâce à un nouveau type de colis Chronopost tout à fait révolutionnaire.

    Assis sous mon arbre, je n’ai pas fini d’en voir passer des produits mondialisés dans votre genre. Les colis, j’les renvoie, mais où...

  • permalien jgn :
    22 juin 2011 @08h21   « »
    Du ver cliquant

    çà y est , ça vous a fait du bien ?
    Mais je ne vous en tiens pas rigueur, j’aime bien les pommes acides et quand j’en rencontre un je fais toutes mes salutations au ver qui y a trouvé son bonheur et sa sécurité sociale de ver.

    Bon ! voici sous votre cliquant clavier l’universalisme de la nation française et de sa révolution - que vous chérissez, je ne saurais en douter - bien mis à mal par la critique en règle du cosmopolitisme, telle qu’elle n’aurait pas déçu certaines plumes des années 30 ! Mais passons.

    L’enracinement doit être un choix, cela vous dit quelque chose ? Il se trouve que la modernité, celle qui initia donc cette époque si bénie des dieux comme vous en parlez par ailleurs, a fait de ce choix son combat et a, pour cela, endossé l’habit révolutionnaire, bousculant tout "enracinement", toute tradition, toute autarcie et ce qui s’y attache de préjugés et d’hostilité envers la planète entière.

    Je n’ai personnellement rien contre cette modernité là, car elle est en effet anti-féodaliés.
    Mais il se trouve que ce qu’elle a pu faire pour libérer les hommes, elle s’en est revêtu comme d’un étendard pour leur voler tout le reste, jusqu’à les forcer, désormais - comme vous le dites si bien sous haute dose de caféine pour tenir le coup hors de votre plumard en ces heures tardives - les contraindre à n’être que des hommes interchangeables, à une mobilité forcée, celle de ces hommes sans terre, poussant hors sol comme les tomates du même nom.

    Il ne faut pas se tromper de cible. C’est cette contrainte là qui est critiquable, non la mobilité, effet induit et transitoire d’une marchandisation, peu à peu devenue signe extérieur de richesse, manifestation d’une propriété de son temps et de son espace comme planète, quand reste aux gueux la contrainte de la glèbe ... et du téléphone portable pour faire genre.

    Le choix n’est donc pas entre mobilité et enracinement, mais entre liberté et aliénation. Pensez-y, ainsi qu’à dormir un peu, au lieu de vous énerver sottement.

  • permalien Bob l’éponge :
    22 juin 2011 @09h18   « »

    A tous les amoureux de la nation agonisante et de la Révolution française (révolution bourgeoise, mais nécessaire, qui a finalement confirmé la domination politique du capitalisme dans l’Europe de l’époque), un modeste petit texte sur la nation :

    "Article de James Connolly

    Libérons l’Irlande  !
    Peu importe une telle base, le matérialiste pense au travail et aux salaires, à des maisons propres, ou à des vies sans l’ombre de la pauvreté.
    Libérons l’Irlande  !
    Le propriétaire foncier    ; n’est-il pas aussi un Irlandais, et pourquoi devrions-nous le haïr    ? Ah non, ne parlons pas durement de notre frère - ouais, même quand il augmente notre loyer.
    Libérons l’Irlande  !
    Le capitaliste profiteur, qui nous vole les trois-quarts de notre labeur, qui suce la moelle même de nos os quand nous sommes jeunes, et nous jette ensuite à la rue, comme un outil usagé, quand nous avons vieilli prématurément à son service, n’est-il pas Irlandais, et peut-être patriote, alors pourquoi devrions-nous être sévères à son égard    ?
    Libérons l’Irlande  !
    “Le pays qui nous nourrit et nous porte.” Et le propriétaire foncier qui nous fait payer la permission d’y vivre.
    Vive la liberté  !
    ”Libérons l’Irlande”, dit le patriote qui ne touche pas au socialisme.
    Rejoignons-nous tous ensemble et écrasons le brutal Saxon. Rejoignons-nous tous ensemble, dit-il, toutes classes et croyances confondues.
    Et, dit l’ouvrier de la ville, après avoir écrasé le Saxon et libéré l’Irlande, que ferons-nous    ?
    Oh, vous retournerez ensuite dans vos taudis, comme avant.
    Et vive la liberté  !
    Et, disent les ouvriers agricoles, après avoir libéré l’Irlande, quoi ensuite    ?
    Oh, alors vous pourrez aller grapiller les restes de la rente du propriétaire foncier ou tâter de l’intérêt des usuriers comme avant.
    Vive la liberté  !
    Après que l’Irlande soit libre, dit le patriote qui ne touche pas au socialisme, nous protégerons toutes les classes et, si vous ne payez pas le loyer, vous serez éjecté tout comme avant. Mais ceux qui vous expulsent, sous la houlette du shérif, porteront les uniformes verts et la Harpe sous la Couronne, et l’officier qui vous jettera à la rue sera estampillé des armes de la République irlandaise. Alors, ne vaut-il pas le coup de se battre pour cela    ?
    Et quand vous ne trouverez pas de travail et, renonçant à la lutte pour une vie de désespoir, vous entrerez à l’asile des pauvres, la fanfare du régiment le plus proche vous escortera jusqu’à la porte au son du “St. Patrick’s Day” (1). [...suite tout de suite]

  • permalien Bob l’éponge :
    22 juin 2011 @09h19   « »

    [...suite]
    "Oh, qu’il fera bon vivre dans ces jours-là  !
    “Avec le Drapeau Vert flottant au-dessus de nous” et une armée toujours grandissante de chômeurs marchant sous le Drapeau Vert, espérant qu’il y ait quelque chose à manger. Tout comme maintenant  !
    Oh, qu’il fera bon vivre dans ces jours-là  !
    Et vive la liberté  !
    “Avec le Drapeau Vert flottant au-dessus de nous” et une armée toujours grandissante de chômeurs marchant sous le Drapeau Vert, espérant qu’il y ait quelque chose à manger. Tout comme maintenant  !
    Oh, qu’il fera bon vivre dans ces jours-là  !
    Et vive la liberté  !
    Maintenant, mes amis, je suis aussi Irlandais, mais je suis un peu plus logique. Le capitaliste, dis-je, est un parasite de l’industrie, aussi inutile au stade présent de notre développement industriel qu’un autre parasite dans le monde végétal ou animal l’est pour la vie d’un animal ou d’un végétal sur lequel il se nourrit. La classe ouvrière est la victime de ce parasite – de cette sangsue humaine, et c’est le devoir et l’intérêt de la classe ouvrière d’utiliser tous les moyens en son pouvoir pour évincer ce parasite de classe de la position qui lui permet de faire sa proie des forces vitales du Travail.
    Aussi, dis-je, organisons-nous en tant que classe pour rencontrer nos maîtres et détruire leur pouvoir    ; organisons-nous pour les chasser de la position qu’ils détiennent sur la vie publique grâce à leur pouvoir politique    ; organisons-nous pour arracher à leurs griffes de voleurs la terre et les usines où ils nous réduisent en esclavage    ; organisons-nous pour laver notre vie sociale des tâches du cannibalisme social, de la prédation de l’homme sur son camarade humain.
    Organisons-nous pour une vie pleine, libre et heureuse POUR TOUS OU POUR PERSONNE.
    James Connolly""

  • permalien KarimW :
    22 juin 2011 @10h26   « »

    @ Icouli

    "il n est pas inimaginable qu un Etat soit fasciste et démocratique"

    Si, c’est antinomique.
    Ou ce n’est pas (pleinement) du fascisme ou ce n’est plus (pleinement) une démocratie.

    Cela peut garder des aspects plus ou moins important des deux, mais ça ne peut pas être les deux.

  • permalien Terence :
    22 juin 2011 @11h00   « »
    @ Bob

    Je préfère Wiliam Wallace, Daniel O’Connell, Michael Collins. Les mondialistes ont d’ores et déjà perdu, mais il ne faut pas relâcher l’attention.

    http://www.youtube.com/watch?v=SBvl...

    http://www.youtube.com/watch?v=Fuqm...

    Prout à Lisbeth II !

  • permalien KarimW :
    22 juin 2011 @11h02   « »

    @jgn

    [...]
    "Voici donc la "solidarité" des épiciers : le fric ! "
    [...]
    "Des solidarités naîtront"
    [...]

    Donc, votre solidarité sera a-monétaire et par extension ne touchera pas au partage des ressources et de la production.
    Ce sera la solidarité de quoi ? Des consciences, de la morale, des paroles ?

    Je crains par contre que si vous voyez nos croyance (encore que chez plusieurs intervenants, elles me semblent plus être une réponse circonstanciée à des problèmes immédiat ou en gestation rapide qu’une croyance ancrée et profonde), vous ne voyez pas les biais de vos raisonnements : état et monnaie = mal (et là, "de l’argent et de l’État - son fidèle cabot - car ce sont ces deux complices qui asservissent le monde.", vous l’avez clairement indiqué)

    Aussi, je vous propose (et à tout les a-souverainiste) une chose simple... Continuez à faire tourner vos moulins à prière, de notre côté, nous allons essayer de trouver des solutions aujourd’hui pour les hommes qui vivent aujourd’hui.

    Entre temps, je me demande si 1789 (et d’autres) n’est pas aussi causé par le refus de certaines catégories sociales d’accepter les compromis "réformistes". Auquel cas, le réformisme (et son refus par les dominants) peut être une porte ouverte vers autre chose.

  • permalien jgn :
    22 juin 2011 @13h36   « »
    Qui veut un verre de citron pressé ?

    @KarimW

    Vous le faites exprès, ou je m’exprime de manière incompréhensible ?

    Des solidarités médiatisées par l’argent, l’État ou quelque autre médiation n’en sont pas. Elles sont juste une manière de faire sa BA du matin, après s’être adonné à ses ablutions. Une sorte d’hygiène mentale, ou, plus exactement, une remise à zéro du compteur, consistant à se permettre ainsi de faire toutes les saloperies ordinaires que fait un homme moderne, compromis jusqu’au dents avec ce qui l’anéantit lui-même. C’est ainsi que fonctionne la moderne servitude.

    La solidarité signifie une liaison où l’être et sa conscience sont partie prenante. Elle ne saurait exister comme un acte de bienfaisance pour l’autre, mais comme une lutte contre des conditions identiques, lutte dont les effets consistent à se libérer soi comme elle libère autrui dont je me trouve SOLIDAIRE PAR LE FAIT MÊME DE CETTE IDENTITÉ DE CONDITIONS.

    Je ne saurais être plus clair, désolé.
    Mais relisez l’article de James Connolly que nous a opportunément livré Bob l’éponge.
    On ne saurait mieux dire.

    Mais enfin, il me semble que votre incompréhension trouve ses racines en un autre aspect de votre "proposition" :
    "(...) nous allons essayer de trouver des solutions aujourd’hui pour les hommes qui vivent aujourd’hui.", me dites-vous en me conseillant de rejoindre mes moulins à prières.
    Désolé, ici encore, mais vous n’auriez pas l’adresse d’un saint. Je ne fréquente guère, alors ... Vous, par contre ...
    Staline ne disait pas autre chose, non plus que tous ces généreux prétendants au trône quand s’effondre le tyran.

    Gouverner les hommes, leur dicter leur conduite, voilà ce qui ronge l’estomac de nos apprentis bureaucrates, et non pas l’amélioration des conditions de la vie sociale, dont ils n’ont que faire puisque, selon leur poinrt de vue, il y a ceux qui dirigent, et les autres ... qui bossent. Alors, les datchas ... autant être du bon coté du manche, n’est-ce-pas ?

  • permalien icouli :
    22 juin 2011 @14h03   « »

    A JGN

    Un bon conseil, sortez de ces discussions stériles et néfaste face a des personnes totalement endoctriné, ceux là même qui vous accuse de leur propres maux pour ne pas s y voir et être confondu eux même.

    Lorsque le débat argumenté fait place a la vendicte, au sarcasme, à l arrogance ou/et au mépris, sorte d insulte déguisé, mieux vaut laisser tomber car ici nous sommes dans la confrontation indirecte où l intervenant reste anonyme. De fait le débat peut être une illusion et donc une pure perte de temps. Ainsi, lorsque l intervenant n a plus d arguments intelligents à vous opposer et qu il cède à l insulte pour masquer ses carences c est qu il n est pas dans une démarche sincère mais déjà endoctriné et conditionné voire hypnotisé. Il n a alors d autres ressources que la violence verbale, qu il ne contient que pour ne pas se voir banni du débat. Alors, toutes ses références littéraires ne sont que des artéfacts pour dissimuler sa propre faiblesse.

    Bref JGN, dès lors qu un intervenant cesse d argumenter mais commence a vous insulter par les modes citez plus haut, laissez le là où il est.

    Pour finir sur le sujet du débat, que l on revienne au protectionnisme, que l on poursuive dans la mondialisation actuelle ou que surgisse un nouvelle conscience planétaire de l humanité, je crains fort que l humanité ne puisse faire l économie d une phase de chaos très forte. La différence est que le retour au protectionnisme tel que nous le connaissons est un refus de la conscience d une humanité partageant le même espace qu est la planète. Si le passage à la conscience d une même humanité partageant un même espace n exemptera pas d une phase de chaos elle a l avantage de s inscrire dans le sens de l histoire dans son acceptation et non dans sa négation. Ce que Levi Strauss soulignait avec force dans son exposé sur race et culture est que plus qu aux humains, la culture est attaché a la terre, a son milieu ambiant qui le fait vivre et lui donne sa matière 1ere (le fait biologique). Un enfant noir d Afrique naissant en Auvergne s identifiera et s attachera de la même façon qu un enfant blanc du terroir pour peu qu on ne le discrimine pas en raison de la couleur de sa peau. Autrement dit, si la culture est le fait de la création humaine elle s inspire en 1ere instance directement de son milieu ambiant. Et lui est entièrement attaché.

    Un Terence me parait faire bien mine de l ignorer parceque pour lui un français ne saurait être noir ou pire encore avoir les traits d un chinois. Sans doute combat il cette pensé et invoque de grand intellectuels aux valeurs ethique et morale incotestable, mais il le fait comme le curé invoque les saints et Jesus Christ pour combattre le démon qui l habite. c est résister pour mieux succomber. Etc...

    Sur ce JGN, bon courage !!!

  • permalien Terence :
    22 juin 2011 @14h11   « »
    @ jgn

    Comme dit le poète cher jgn, il y a pire qu’un ignorant, un individu intelligent qui n’a pas été éduqué. De toute manière jgn, n’essayez pas de réfléchir, vous n’êtes manifestement pas fait pour ça.

    Vive les nations libres, les armes à la main s’il le faut. La guerre aujourd’hui, ce ne sont pas les nations, mais le mondialisme. Le mondialisme fait la guerre aux nations ; il perdra, il a déjà commencé à s’effondrer.

    D’abord les grecs - là où la démocratie est née, le symbole n’est pas mince -, les autres suivront !

    Quand tout les peuples se seront enfin réveillés, vous serez tous en calbute les copains. Armez vos navires, direction les Etats-Unis d’Amérique, fossoyeurs du monde et des libertés des peuples.

    D’ores et déjà, vous êtes en calbute les amis !

    http://www.youtube.com/watch?v=2gm9...

    C’est la fin les copains...

     ;-)

  • permalien steph :
    22 juin 2011 @15h07   « »

    @icouli

    Todd un très bon économiste ? un très bon démographe, un trés bon sociologue, un bon politologue, oui, sans aucun problème, mais un bon économiste... ? Vous y allez fort encore une fois !

    Je n’a jamais dit que l’ennemi était forcément "à l’extérieur" (de frontières)...

    Son propos (Après la démocratie, sorti en poche), (si tant est que je me permette de citer ses idées de mémoire, le mieux, c’est encore de le lire) est de dire que la démocratie ne sort pas spontanément de terre, mais qu’une menace, intérieure ou extérieure est nécessaire pour la cohésion du groupe... c’est une vision qui désacralise un tant soit peu la version idéalisée, voire bisounoursesque (oui, j’invite des mots...) de nos sociétés... Surtout, cela questionne sur la possibilité de la constitution d’une démocratie "internationale", à moins de rétablir un combat interne, du genre... heu... comment dire... lutte des classes ?

    Et non, je n’ai aucun avis tranché sur la question, pas même de mauvaise foi (suis-je donc idiot... de votre point de vue ?), je m’interroge... simplement.

    Autre chose que j’aimerais ajouter, c’est bien parce que je me représente les flux financiers comme des flux prédateurs (qui, réclament plus qu’ils ne permettent) que j’estime qu’il faut les dissuader de franchir des barrières "même virtuelles", cela m’irait... nous ne sommes pas d’accord... pas la peine d’en faire un plat, le monde ne changera pas sur le terreau de ces commentaires...

    bien cordialement

  • permalien steph :
    22 juin 2011 @15h15   « »

    @Karim

    Tout est donc d’un seul et même bloc... du brut, du solide, pas moyen d’entrevoir la complexité, de constater qu’on nous demande notre avis sur les pots de fleurs (vous savez, la démocratie locale) mais qu’on nous impose un TCE (refusé par le vote). Dans nos sociétés, se pourrait-il qu’on ne nous donne que l’illusion de la démocratie pour mieux masquer des pratiques dictatoriales ? La réponse à la question est en fait biaisée par le mot même de société, qui tend à définir le tout et ne permet plus de distinguer les parties. Une société peut-elle être totalitaire et laisser l’illusion de la démocratie au peuple ?

  • permalien steph :
    22 juin 2011 @15h28   « »

    @icouli

    donc, si j’essaie de résumer votre propos :
    sédentaire = pas de mouvement = propriétaire...

    le premier signe "=" est une définition, n’en parlons pas...
    "je ne bouge pas, donc je m’approprie"... non, je ne vois pas, eussions-nous eu un mode de vie collectif que rien n’appartiendrait à personne, et je ne vais pas chercher (oui, j’ai la flemme), je me souviens avoir entendu parler de peuple dits "primitifs" pour qui la propriété leur était totalement inconnue, ils vivaient comme des sédentaires, mais chassaient, pratiquaient l’agriculture, avec une philosophie du tout, du genre : nous faisons parti de la nature, donc, nous lui appartenons et nous partageons quelque chose avec elle...

    Je ne sais pas à quel moment l’esprit des hommes s’est amusé (avec une certaine perversité j’imagine) à vouloir posséder les choses (ou se faire posséder par elles, cela dépend du point de vue), mais cela a été le début de la fin... et l’exemple précédent, bien que marginal aujourd’hui, n’en montre pas la possibilité de vivre sédentaire sans propriété...

    bien cordialement

  • permalien KarimW :
    22 juin 2011 @17h19   « »

    @jgn

    "Des solidarités médiatisées par l’argent, l’État ou quelque autre médiation n’en sont pas."

     ???
    La sécurité sociale, l’éducation publique, l’investissement culturel, ...
    Ce n’est pas de la solidarité ?
    Vous me direz que ce n’est pas que ça. C’est vrai. Mais c’est aussi cela ! C’est aussi une réforme (positive, compte tenu de la répartition précédente) de la plus-value sur le travail.

    @icouli

    Étant donné que c’est le triste sire auquel je répond dans la partie ci-dessus qui s’est permis de mépriser les autres, je supputes que vous affirmez qu’il est sans argument...

    Pour le reste, ni l’un ni l’autre n’ont expliqué la stratégie à appliquer permettant autre chose qu’un effondrement (ou une protection face à celui-ci). Mieux, l’effondrement fait (vraisemblablement) partie de leur stratégie.

    C’est un choix. Mais mépriser ainsi ceux qui veulent emprunter une autre voie et refuser tout débat et systématiquement rapporter la nation à ses seules applications négatives (au sens moral)...

    1- Est-ce que la nation, l’argent, ne servent QUE à la domination ?
    2- Est-ce que la crise semble se diriger vers un effondrement grave à plus ou moins brève échéance ?
    3- Devant cette effondrement, est-ce que les populations se tourneront vers ceux qui leur proposent des solutions (ou jugé comme tel) ?

    Si la réponse a ces questions est oui, comment peut-on se payer le luxe de ne pas être présent dans le champ politique avec des réponses concrète et audible ? Ce serait un compromis inacceptable par rapport à une position "pure" ?

    Le capitalisme finira par mourir ? Ça fait plus d’un siècle qu’on le dit ! Et entre temps, quoi, on laisse les peuples s’enfoncer parce que c’est nécessaire pour la futur révolution mondiale ? Dont on ne peut en aucun cas dire qu’elle est inévitable à court terme ni même que nous en apercevions les prémices !

  • permalien jgn :
    22 juin 2011 @19h11   « »
    Qui a peur de la nuit, où tous les chats sont gris ?

    @icouli
    "Lorsque le débat argumenté fait place a la vendicte, au sarcasme, à l arrogance ou/et au mépris, sorte d insulte déguisé, mieux vaut laisser tomber car ici nous sommes dans la confrontation indirecte où l intervenant reste anonyme."

    Vous avez raison ; je pensais - à tort - que sur le site du diplo les commentateurs avaient un peu de tenue. Je me trompais.
    Pourquoi, d’ailleurs, en serait-il ainsi, à bien y réfléchir ?

    Toujours est-il que venant si exceptionnellement, et me gardant de me laisser aller à l’insulte ou au mépris, me voici habillé pour l’hiver :
    "De toute manière jgn, n’essayez pas de réfléchir, vous n’êtes manifestement pas fait pour ça. " me fait savoir l’un, qui sans doute a toutes les compétences requises pour me juger sur un site, lui qui a quelque difficulté à la compréhension de Lévi-Strauss, semble-t-il.
    Pour l’autre, "c’est le triste sire auquel je répond dans la partie ci-dessus qui s’est permis de mépriser les autres", moi, en l’occurrence. Comme c’est amusant. je méprise quelqu’un auquel je ne cesse de détailler ma pensée !... C’est donc là ce cadeau qui doit provoquer le ressentiment
    "Triste sire", rien que cela ; heureusement que ce monsieur n’est pas en face de moi, je lui apprendrai de quel royaume je suis le sire.

    Mais qu’importe, au final. Les enjeux sont d’une autre taille.
    Cyberpipas noius a montré des images qui laissent songeurs. Voilà des gens qui ne se payent pas de mots et SE BATTENT, quand nos guignols de salon très privé se contentent de ne considérer que les résultats, sans prendre la peine les processus à l’œuvre qui les produisirent, une histoire, des rêves, des souffrances, des luttes.

    "La sécurité sociale, l’éducation publique, l’investissement culturel, ...
    Ce n’est pas de la solidarité ?
    "

    A-t-il seulement jamais pris la mesure, cet enfant de la sécu et du coca-cola, de ce que des gens se sont battus pour cela, que ces solidarités là ont existé dans la lutte, pour qu’aujourd’hui elles ne soient plus que trace d’humanité, et richesse convoitée, à ce titre, "héritage" à piller donc pour les prédateurs que son inconscience de consommateur soutient de fait, mais certainement pas "solidarité", sinon comme signe de celle-ci, quand il s’agit à nouveau d’avoir à justifier ce qui est le résultat d’une lutte de classes, d’un rapport de forces et remis en question comme tel quand il devient évident que ce rapport de forces, plus personne ne semble en mesure de le soutenir ?

    Bien à vous icouli et Cyberpipas

  • permalien KarimW :
    22 juin 2011 @20h37   « »

    Tres (peu) cher,

    Je vous avais proposé de mettre un terme à (votre) l’utilisation d’attaque à mon encontre.

    Vous n’aviez pas daigné y répondre favorablement et avez continuez ces ineptes attaques.

    Voici donc, en ce compris avant que je ne vous rappelle que toute attaque peu être suivie d’une réplique (mais il pleure parce qu’on ose jouer son jeu ? L’indécence de cette personne n’a donc aucune limite ?), vous avez proférée :

    « Qui, ici, rigole ? »
    « nos donneurs de leçons »
    « cela semble vous angoisser si fort de penser »
    « Rien de tel, en effet, que les anxiolytiques. »
    « votre petit livre jaune doit vous apporter la "solution". »

    Hum...

    « il y en a quelques-uns qui ne vivent plus dans le monde réel, mais dans celui, merveilleux, des idées fixes.
    De ce fait, ils sont incapables de répondre à la question :

    On fait comment, concrètement, AVEC la nation ? »

    Sans doute un pied plus loin dans le mépris : avec la nation, c’est le sujet de Lordon, entre autre. Fallait sans doute le lire avant de sortir la tronçonneuse...

    « le fait que j’aurais une "proposition" »
    Étant la question de départ que j’avais posée, mépris le plus grave encore : le refus implacable de la discution.

    « A-t-il seulement jamais pris la mesure, cet enfant de la sécu et du coca-cola, de ce que des gens se sont battus pour cela, que ces solidarités là ont existé dans la lutte »

    Outre le fait que je ne sois pas un enfant du coca-cola, il me fait une leçon d’histoire ? Et je parie qu’il croit (mais à tord) m’apprendre quelque chose !!!

    Votre mépris imbécile, effectivement, vous discrédites largement.

    Pour le reste, et sur le fond, il me semble que les plans sur lesquelles nous posons la réflexion n’est pas le même.
    Je regrette que vous refusiez de venir sur le notre alors qu’il me semble avoir formulé des possibilités d’unification.

    Mais après tout, vous n’êtes pas là pour débattre (honnêtement) donc...

    (mais si cela devait devenir le cas...
    Selon vous, que faut-il faire (ou ne pas faire).
    Commençons par là (un retour au début, en somme. Si c’est le cas, je veux bien oublier votre irrespect passé.)

  • permalien icouli :
    22 juin 2011 @21h36   « »

    Steph,

    J ai surtout écrit que le principe de la propriété privé commence avec la sédentarisation non que c etait égal. J ai aussi écris que la seule justification morale de la propriété est la religion. Ce qui répond a l exemple que vous citez. Et enfin, l exception confirme la règle, mais n est pas la règle ! Mais ce n est pas ici que l on peut developper.

    Pour Todd (que je connais pratiquement pas), il me faudrait lire son livre et je suis comme vous, j ai la flemme. Mes analyses et point de vues je les construit moi même et jusqu à présent elles ont rarement été prises en défaut par les faits. Reste que le raccourci que vous donnez de l analyse de Todd apparait de façon bizarre si l on considère que toute communauté se construit d abord pour se défendre et que donc cela vaut quel que soit le mode d organisation. Chefferie, monarchie ou république. La question en fait est de savoir comment un système dominant s éffondre au profit d un autre. En l occurrence comment la monarchie a été vaincu par la république alors même qu elle était seule dominante sur tout le continent européen. Mon analyse (que je n ai pas évoqué ici)l explique et pronostique l éffondrement du modèle économie actuelle, du protectionnisme et de la propriété privé par une révolution de la conscience de l humain.

    Karim, les solutions existent bel et bien et sont "dans l air" et paradoxalement pas si éloignés en pratique de ce qui est fait aujourd hui. Ce qui change c est la conscience et cela change tout. Mais pour cela il doit se produire un évènement. Mais le dire sans developpement ne sert a rien.

    Et si vous me demandez pourquoi je suis ici et ne m engage pas publiquement, pourquoi je ne l écris pas, je vous répondrai pour des raisons qui me sont propres d une part et ensuite parceque chaque chose en son temps !!! Cela dit, ma conviction profonde est que tout va arriver très rapidement.

  • permalien Marlowe :
    22 juin 2011 @22h51   « »

    Démondialisation et souveraineté.

    La démondialisation est la déconstruction théorique et pratique de la mondialisation alors que la souveraineté doit être considérée comme le droit individuel, mis en commun, à la décision politique.
    Je suis d’accord avec cette manière critique, mais qui pour réaliser la démondialisation basée sur la souveraineté ? le peuple ? avec des représentants ? lesquels ? et dans quel contexte ? l’abolition de l’appropriation privative ? avec quels moyens ?

    Les questions sont aujourd(hui nombreuses, et terribles, et la réponses imprécises, et terribles par leur absence.
    L’avenir nous appartient.
    A nous de nous en emparer et de faire notre histoire.

  • permalien Terence :
    23 juin 2011 @00h31   « »
    @Marlowe

    Il y a toujours des individus pour se lever ; tous les ans il y a un 18 juin ; ce 18 juin là, il faudra espérer en être, avoir le courage d’en être.

    http://www.youtube.com/watch?v=Fuqm...

    Indépendance, souveraineté ; dans toutes les langues, pour tous les peuples, pour toutes les nations !

  • permalien Northman :
    24 juin 2011 @14h34   « »

    La souveraineté est la clé de voûte des nations démocratiques. Cependant la démocratie a été mise à mal par la globalisation. Alors n’est-il pas vain de penser que les peuples peuvent reprendre la main une fois la démondialisation engagée ? Dilution des structures sociales et politiques par la mondialisation, perte d’identité qui se trouvent transférer dans des flux d’activités économiques commerciales et financières en ce qui concernent les élites.Ces élites qui ont su se recréer de nouvelles appartenances pour en faire de nouvelles valeurs. Chocs de classes et de civilisation entre l’indigène et le missionaire ? Entre le village et le Vatican ?.

  • permalien steph :
    24 juin 2011 @17h05   « »

    @icouli

    je suis heureux de trouver un terrain d’entente plus convivial que sur certains autres commentaires, j’ai quelques réflexions à vous proposer.

    >J ai surtout écrit que le principe de la propriété privé commence avec la sédentarisation non que c etait égal.

    le nomade ne s’approprierait donc rien... jamais ? nomade ou sédentaire, s’il est bienveillant, où est le problème. Un nomade belliqueux sera autant problématique qu’un sédentaire accapareur de terres...

    >Pour Todd [...], il me faudrait lire son livre et je suis comme vous, j ai la flemme.

    Franchement, en poche, c’est rapide, il peut se lire assez facilement

    >Mes analyses et point de vues je les construit moi même

    Dois-je entendre un reproche (moi-même) ? J’estime que nous ne créons rien individuellement, tout n’est que relation entre humains, même ce que j’écris maintenant, ce que vous pensez en ce moment, la propriété n’est qu’une illusion... et pour les concepts, j’estime que c’est la même chose, surtout quand j’ai besoin lire des philosophes pour manier de nouveaux concepts.

    >et jusqu à présent elles ont rarement été prises en défaut par les faits.

    "rarement" est le terme de trop qui détruit l’argument dans votre phrase j’imagine...

    >Reste que [...] toute communauté se construit d abord pour se défendre et que donc cela vaut quel que soit le mode d organisation. Chefferie, monarchie ou république.

    Il semble que vous ayez donc une vision très proche de celle de Todd, finalement.

    >La question en fait est de savoir comment un système dominant s’effondre au profit d’un autre.

    En admettant que vous ayez une thèse (toujours discutable) qui permette de comprendre quelque chose, ne mènerait-elle pas à voir les organisations humaines comme des entités toujours en mouvement, avec des limites diffuses mais dont l’issue fatale serait toujours la même ? C’est peut être ce qui me fait horreur dans la vision de la mondialisation, du village planétaire, car après elle, il y aura quoi ?

    >Mon analyse [...] explique et pronostique l effondrement du modèle économie actuelle, du protectionnisme et de la propriété privé par une révolution de la conscience de l humain.

    je serais heureux d’en discuter, car en terme de révolution de la conscience, la décroissance se pose également là... mais, ai-je l’impression, dans un autre sens...

  • permalien KarimW :
    24 juin 2011 @17h49   « »

    @ Northman :

    "Alors n’est-il pas vain de penser que les peuples peuvent reprendre la main une fois la démondialisation engagée ?"

    Sauf que ce n’est pas la première globalisation.
    Mais on a quand même eu les sécurités sociales nationales.

  • permalien Donatien :
    24 juin 2011 @22h56   « »

    F. Lordon écrit que "la production du politique par l’économique, ça ne marche pas". Cette analyse ma paraît bien rapide. La construction européenne n’est-elle pas en train de vivre un "électrochoc dynamisant", avec les projets d’une meilleure coordination des politiques économiques, une harmonisation fiscale, sociale (certes vers le bas), un nouveau pacte de stabilité en béton armé etc. Tout ne va pas dans le bon sens, mais globalement, la crise actuelle nous pousse à produire du politique.

    Quant à l’Allemagne, là aussi le constat de Lordon est très rapide. Pourquoi tant de pessimisme sur une issue favorable à la crise actuelle ? On aura peut-être du mal à s’en sortir à 27 (bientôt 28 avec la Croatie...), mais pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas travailler avec l’Allemagne ? L’un des faits politiques majeurs de ces dernières années est la montée des Grünen, qui est probablement le parti le plus producteur de souveraineté supranationale. Au PE, les verts français et allemands ont beaucoup de choses à se dire. En France, EELV souligne que l’élection de 2012 ne désignera pas seulement un(e) Président(e) de la République, mais également un membre du Conseil Européen : http://europefederale.europe-ecolog.... Même le PS élabore un programme commun plein de bon sens avec le SPD (http://eco.rue89.com/2011/06/21/ps-...).

  • permalien BA :
    25 juin 2011 @14h30   « »
    Qui a peur des belles promesses ?

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

    -  « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

    -  « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

    -  « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

    -  « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

    -  « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

    -  « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

    -  « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

    -  « On a voulu créer un grand marché avec la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. L’exigence des règles du jeu communes explique que le Conseil des ministres a adopté 280 lois. Mais ce qui était indispensable étant fait, il y aura dans l’avenir moins de lois européennes. » (Jacques Delors, 19 septembre 1992, La Croix)

  • permalien
    25 juin 2011 @15h51   « »

    a Steph

    Il serait mieux de continuer ce débat ailleurs. ici, l espace est trop restreint pour developper la pensée. Si vous le souhaitez nous pouvons le faire autour d un blog commun a créer !

    EN attendant, j adhère totalement a ceci "J’estime que nous ne créons rien individuellement, tout n’est que relation entre humains, même ce que j’écris maintenant, ce que vous pensez en ce moment, la propriété n’est qu’une illusion... et pour les concepts, j’estime que c’est la même chose, surtout quand j’ai besoin lire des philosophes pour manier de nouveaux concepts."

    A ceci près que je n ai pas besoin de lire des philosophes mais de faire de nouvelles rencontres et expériences. A partir de cet apport je corrige ou ajoute quelque chose a mon analyse. L important est de rester ouvert, donc dynamique.

    Pour exemple, j avais analysé la fin de la super puissance des USA dès 2000, soit bien avant Todd et à contre courant de la pensée d alors. Mon analyse n avait rien avoir avec celle de Todd. Celle ci reposait sur un constat simple, suivant laquelle la super puissance des USA était lié a celle de l URSS. La chute de l URSS entrainait de facto celle des USA. Car nous quittions un monde dit bipolaire a un monde multipolaire. Simplement il fallait un laps de temps pour que la chute de la superpuissance USA se fasse sentir. Ils bénéficiaient seulement de leur inertie avant de revenir à leur réelle dimension, soit une grande puissance au milieu d autres. Le temps des super puissance est terminé, nous nous trouvons dans une nouvelle ère avec de grandes puissances "régionales" mais où il n y a plus d empire dominant tous les autres. Car aujourd hui aucune puissance ne peut justifier sa domination, sa souveraineté sur tous les autres et donc lutter réellement seul contre tous.

    De manière similaire, le néo libéralisme ,alors même qu on le pense vainqueur et seul dominant est en vérité a son agonie. Pour la raison simple qu il n est efficace que dans un monde en expansion mais pas en gestion. Ce que j ai essayé de montrer avec l image du chien qui se mord la queue.

    Et enfin, si rien ne disparait tout se transforme, cela sons entend que tout meurt et que la mort loin de la considérer comme opposé à la vie en fait totalement partie et en est une de ses condition absolu !!!

  • permalien dalayer :
    25 juin 2011 @23h25   « »

    Le problème de la gauche est surtout d’être crédible quand elle annonce vouloir "changer d’Europe" Avec un argument soi-disant massu, la "TVA sociale" Outre le fait que la TVA, impôt injuste car non progressif, n’est donc pas sociale en elle-même, on imagine mal les Anglais, par exemple, accepter aujourd’hui ce genre d’impôts supplémentaire. Qui, en n’étant mis en place qu’en France, allourdira ses coûts et sa compétitivité, donc son chômage.

    En fait et indépendamment des problèmes de mondialisation, bien plus importants pour les pays en développement qui en bénéficient, nous avons un problème d’Europe ultra libérale que nous ne pourrons changer qu’en nous en retirant. Ce, avec un contrôle stricte et des changes et du commerce extérieur (avec l’instauration de l’équité pays par pays) Vous verrez alors les grands pays européens défiler à Paris pour changer l’Europe et nous y faire rentrer à nouveau. Malheureusement nous n’avons plus de dirigeants réellement courageux...

  • permalien BA :
    26 juin 2011 @07h54   « »
    Qui a peur d’un référendum sur l’euro ?

    Samedi 25 juin 2011 :

    Une majorité d’Allemands n’a plus confiance en l’euro en raison de la crise que traverse la monnaie unique liée à la quasi-asphyxie de l’économie grecque, selon une étude du prestigieux institut Allensbach à paraître demain.

    Au total, 71 % des personnes interrogées affirment avoir "moins", "à peine" ou "pas du tout confiance" en l’euro, selon ce sondage publié par le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

    Seuls 19 % déclarent à l’inverse avoir "une grande" ou "une très grande" confiance en la monnaie unique, selon la même source.

    La défiance à l’égard de l’euro ne cesse de grimper chez les Allemands : en avril 2011, ils n’étaient encore que 66 % à affirmer ne pas avoir confiance en la monnaie européenne.

    En 2008, moins de la moitié des personnes interrogées partageaient cette opinion.

    "Les citoyens allemands sont plus sceptiques qu’il y a un an face à la monnaie unique. La crise grecque est passée par là", constatait récemment Peter Matuschek, analyste de l’Institut allemand de sondage Forsa.

    "Certains estiment s’être suffisamment serrés la ceinture ces dernières années pour que l’Allemagne soit performante. Ils ne comprennent pas pourquoi ils doivent maintenant aider d’autres pays qui n’ont pas fait les mêmes efforts", assurait également Dominik Hierlemann, politologue de la fondation Bertelsmann.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

  • permalien
    26 juin 2011 @15h21   « »

    Je conseille à chacun de relire les 2 petits livres de P.Bourdieu, Contre Feux, qui me semble d’une grande actualité, surtout pour ce présent débat. Son appel à un mouvement social européen a été un echec, il faut avant tout faire là où l’on peut ce que l’on peut. Et donc le niveau national est une évidence avant de pouvoir envisager le niveau européen puis mondial.

    Continuons la lutte parce que à la fin c’est nous qu’on va gagner !

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