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Course de vitesse en Libye

mercredi 15 juin 2011, par Philippe Leymarie

Rien ne va plus en Libye… L’OTAN, qui a pris les rênes de l’opération militaire le 31 mars, a décidé le 1er juin d’y prolonger jusqu’en septembre sa mission, qui devait formellement prendre fin le 27 juin. On bombarde à tout va, depuis trois mois, avec une régularité de métronome, même si le secrétaire américain à la défense Robert Gates estime que le rythme pourrait être doublé. Mais, du fond de ses bunkers, Kadhafi continue de jouer les matamores alors que l’heure tourne. Qu’en France, Nicolas Sarkozy s’inquiète pour son 14 juillet, et fait semblant de craindre un débat sur la Libye au Parlement. Que les parlementaires américains s’irritent des libertés prises par le président Obama pour engager leur pays dans les opérations militaires. Que les marines et aviations alliées enrôlés sous la bannière de l’OTAN peinent à tenir la distance. Et que des voix s’élèvent pour s’inquiéter de la fiabilité des opposants libyens, se demandant si l’intervention occidentale n’est pas en train de créer plus de problèmes qu’elle n’en résout…

Le Conseil de sécurité de l’ONU, justement, doit procéder ce mercredi 15 juin à une évaluation de l’application de la résolution 1973 relative à la mise en place d’une zone d’exclusion en Libye – évaluation aussi malaisée sans doute que les interprétations de la résolution auront été diverses et variées.

Ce même mercredi, la Ligue arabe compte présenter devant le Conseil de sécurité sa vision d’une solution politique de la crise en Libye, qui repose sur « la préservation de la souveraineté » du pays, et un règlement « par la voie pacifique ». Son secrétaire général, Amr Moussa, reconnaît que la réussite de cette approche est « tributaire d’un cessez-le feu sous un contrôle international et d’un arrêt des opérations militaires ainsi que de la préparation de la période de transition » – ce qui fait beaucoup, les cessez-le-feu en question ayant été refusés successivement et fermement par Kadhafi comme par l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

S’il est vrai que, comme le rappelle Amr Moussa, toutes les organisations régionales et internationales concernées par la crise libyenne – l’ONU, l’Union africaine (UA), la Ligue arabe, l’Union européenne (UE) et l’Organisation de la conférence islamique (OCI) – sont bien en faveur d’une solution politique à cette crise, force est de constater qu’elles n’ont pas réussi ni vraiment cherché à désarmer le camp du dictateur, ni à arrêter le glaive de l’OTAN, laquelle se gargarise au contraire de leur soutien supposé.

Tonton prodigue

Dans un discours lundi au siège de l’UA à Addis-Abeba, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a appelé l’ensemble des pays africains à faire pression pour que le colonel Mouammar Kadhafi décrète un cessez-le-feu en Libye et quitte le pouvoir, à « suspendre les activités des ambassades » fidèles au régime de Tripoli, et « à expulser les diplomates pro-Kadhafi » en poste dans ces pays, ajoutant un peu fielleusement : « Je sais bien, il est vrai, que durant des années, M. Kadhafi a joué un rôle important en assurant un soutien financier à de nombreuses nations africaines et institutions, y compris l’Union africaine. »

Au même moment, un autre dirigeant américain, le secrétaire à la défense Robert Gates, profitait d’un passage à Bruxelles à quelques semaines de la fin de son mandat pour tancer ses alliés de l’OTAN : « L’opération en Libye a mis à nu des lacunes capacitaires graves de l’OTAN et d’autres lacunes institutionnelles », alors qu’à la différence de l’Afghanistan par exemple, en Libye il y a « un large soutien politique, qu’il n’y a pas de troupes au sol sous le feu, que cela touche un pays voisin de l’Europe, et atteint ses intérêts vitaux ».

OTAN à deux vitesses

Et l’ex-directeur de la CIA de continuer : « Franchement, bon nombre de nos alliés se sont mis à l’écart non pas parce qu’ils ne veulent pas participer mais tout simplement parce qu’ils le ne peuvent pas. Ils n’ont pas la capacité militaire, simplement ! (…) Ainsi, au bout de onze semaines seulement d’opérations contre un régime pauvrement armé dans un pays peu peuplé, plusieurs de nos alliés commencent à être à court de munitions, demandant aux USA, une fois encore, de combler la différence. »

Le patron du Pentagone entre dans les détails : « Nous avons le spectacle d’un centre d’opérations de l’OTAN en Italie qui devrait pouvoir gérer plus de 300 sorties par jour et qui ne peut en traiter que 150 au maximum », en raison du manque de spécialistes européens du repérage de cibles. Et Robert Gates de pointer une « OTAN à deux vitesses », « entre des membres qui se spécialisent dans le “soft”, l’humanitaire, le développement, le maintien de la paix, et la discussion, et ceux qui mènent le “hard”, les missions de combat ; entre ceux qui sont volontaires et capables de payer le prix et de supporter le fardeau des engagements de l’Alliance, et ceux qui apprécient les avantages de l’adhésion à l’OTAN – garanties de sécurité et de billets d’accès au quartier général –, mais ne veulent pas partager les risques et les coûts ».

Pouvoirs de guerre

Il faut dire qu’au même moment, à Washington, nombre de parlementaires réprouvaient la décision du président américain de se passer de leur feu vert, par exemple pour le déclenchement des opérations militaires en Libye, et pour leur poursuite après le délai légal de soixante jours, sans autorisation du Congrès.

Ils invoquent la War Powers Resolution, la « loi sur les pouvoirs de guerre », votée en 1973, à la fin de l’engagement direct des Américains au Vietnam, pour obliger l’exécutif à solliciter l’accord du Congrès avant une déclaration de guerre. Les hôtes successifs de la Maison Blanche ont tous considéré par la suite cette loi comme nulle et non avenue au regard de la Constitution, qui, selon eux, autorise le « commandant en chef » à prendre toute mesure nécessaire à la sécurité de l’Union. Et résolu la question en s’abstenant simplement de prononcer une « déclaration de guerre ».

La Chambre des représentants a adopté de son côté une résolution demandant au président de présenter dans quelques jours un rapport détaillé sur l’intervention militaire en Libye. Et des sénateurs de renom ont déposé lundi un projet de loi visant à autoriser l’administration américaine à transformer les fonds gelés de Kadhafi en aide humanitaire pour la population libyenne, précisant bien qu’ils ne pourraient servir pour acheter des armes et autres équipements militaires.

Charles-de-Gaulle en partage

Donnant corps aux propos de Robert Gates, cette affirmation du chef de la Royal Navy, l’amiral Mark Stanhope, pour qui cette campagne aurait été moins onéreuse et « beaucoup plus réactive » si la Grande-Bretagne disposait toujours d’un porte-avions opérationnel. « Combien de temps pourrons-nous rester dans la situation où nous nous trouvons actuellement en Libye ? », s’est-il demandé. Les chasseurs Harrier auraient pu être déployés en 20 minutes à partir d’un porte-avions, alors qu’il faut actuellement 90 minutes pour déployer des Tornado et des Typhoon au départ d’une base de l’OTAN en Italie, souligne l’amiral Stanhope.

Dans le cadre du plan de réduction du budget britannique de la défense, il n’y aura plus un seul porte-avions entièrement opérationnel avant dix ans dans la Royal Navy. Cette dernière a donc été contrainte de négocier avec Paris l’affectation sur le groupe aéronaval français d’une trentaine de ses pilotes : après quatre mois d’apprentissage de la langue française, ils pourront s’entraîner sur le Charles-de-Gaulle… à bord de chasseurs Rafale, en espérant que le porte-avions reste suffisamment disponible : la « norme » est de 100 jours à la mer par an, et au-delà de 150 jours, la situation se complique, signale le blog Secret défense. Et sur les 12 derniers mois, on est déjà à 200 jours : si le conflit libyen se prolonge, le porte-avions français pourrait bien être indisponible toute l’année 2012. Or la dernière vague de jeunes pilotes de l’aéronavale française, formée comme les précédentes aux Etats-Unis, est déjà en attente à la base de Landivisiau (Finistère), faute de créneaux disponibles pour l’entraînement…

Aventurisme excessif

Sur le plan politique, même si le régime Kadhafi semble à bout de forces, sous le coup de défections nombreuses, et sans soutien international de poids, certains ne peuvent se satisfaire d’une entreprise de « protection des populations » menée à coup de bombardements aériens, au secours de civils devenus une véritable armée, avec des dommages dits « collatéraux » pour le moment non quantifiables, et une obstination à cibler en priorité le siège de la présidence à Tripoli.

Ainsi de cette délégation internationale d’experts, qui s’est rendue tour à tour à Tripoli et en Tripolitaine, puis à Benghazi et en Cyrénaïque, à l’initiative du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) présidé par l’ancien préfet Yves Bonnet, et du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) dirigé par Eric Denécé, avec le soutien du Forum pour la paix en Méditerranée, et la participation, notamment, de l’ancienne ministre algérienne de la solidarité Sayda Benhabyles.

Dans un rapport intitulé « Libye : un avenir incertain, compte-rendu de mission d’évaluation auprès des belligérants libyens », la délégation soutient que « l’intervention occidentale est en train de créer plus de problèmes qu’elle n’en résout. Elle risque fort de déstabiliser toute l’Afrique du Nord, et le Sahel, et de favoriser l’émergence d’un nouveau foyer d’islam radical, voire de terrorisme, en Cyrénaïque ». Selon elle, « ce qui devait être une victoire facile est devenu un semi-échec », avec risque d’enlisement, en raison de « l’aventurisme excessif des puissances occidentales, et de l’inconsistance des forces rebelles », le Conseil national de transition (CNT) « n’offrant aucune garantie pour l’avenir » : « Les véritables démocrates n’y sont qu’une minorité, et doivent cohabiter avec d’anciens proches du colonel Kadhafi, des partisans d’un retour de la monarchie et des tenants de l’instauration d’un islam radical. »

Tout en rappelant « la nature hautement critiquable de la dictature imposée à ses concitoyens depuis 1969 par Mouammar Kadhafi », les membres de cette délégation concluent que « l’étude des faits conduit à affirmer que la “révolution” libyenne n’est ni démocratique, ni spontanée. Il s’agit d’un soulèvement armé de la partie orientale du pays, dans un esprit de revanche et de dissidence, qui tente de s’inscrire dans la dynamique du “printemps” arabe, dont il ne relève cependant pas. Le mouvement libyen ne peut donc être comparé avec les révoltes populaires tunisienne et égyptienne ». En outre, soulignent-ils, « la Libye est le seul pays du “printemps” arabe dans lequel le risque islamiste s’accroît, la Cyrénaïque étant la région du monde arabe ayant envoyé le plus grand nombre de djihadistes combattre les Américains en Irak ».

A noter, au même moment, cette mise en garde du vicaire apostolique, (catholique) en poste à Tripoli : « Ne divisez pas la Libye. Ceci risque de créer un terrain fertile pour le terrorisme », plaidait il y a quelques jours Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, dont les propos sont relayés par l’Agence Fides. « Je suis frappé par le fait que l’OTAN ait renouvelé pour trois mois l’opération militaire en Libye sans tenir compte d’aucune possibilité de dialogue, comme cela est demandé par l’ONU et par le Saint-Père », ajoutait-il, s’affirmant inquiet pour les communautés catholiques de Cyrénaïque, où un certain nombre d’attentats ont été signalés.

35 commentaires sur « Course de vitesse en Libye  »

  • permalien Vitigis :
    15 juin 2011 @20h27   »
    Limite de l’anti-occidentalisme

    L’Occident est intervenu, l’Occident a tort. Mais l’Occident est quand même la bonne conscience du Diplo qui aurait j’espère été un peu gêné que Kadhafi massacre sa population sans que personne ne fasse rien. Si les gens de Tripoli ne bougent pas contre le régime, il semble bien qu’ils n’en pensent pas moins, on le comprend.

    Quant à la Ligue arabe, sa position était "Oui mais non." Efficace.

    Décidément, les révoltes arabes, par le malaise qu’elles créent au Diplo et chez ses amis, montrent une limite de l’anti-occidentalisme.

    Et tout le monde, Occident compris, est très discret sur la Syrie. Raison d’Etat et raison "politique" se conjuguent. Les Syriens sont mal pris. Et le fiel n’est pas que chez Mme Clinton.

  • permalien A Mehdi Thé :
    15 juin 2011 @21h53   « »

    personne demande de l aide à l occident mais celui ci intervient pour des missions sois disant humanitaire en bombardant avec des bombes !!!!
    J aime beaucoup cette logique de aider un peuple en détruisant toutes les infrastructure de Tripoli...Tous les jours on nous annonce qu on bombarde la résidence de kaddafi je ne sais pas de quoi est faite sa résidence mais je dis chapeau aux maçons....
    Pour finir je demande à voir une seule video avec des centaines de milliers de manifestant demandant à kaddafi de partir....vous n en trouverez pas comme celle qu on a pu voir en Tunisie et en Egypte....Tous ceux qui croient le contraire sois font de la propagande sois ils ne connaissent rien aux peuples et pays musulmans....

  • permalien Croa :
    15 juin 2011 @22h01   « »

    Bonjour,

    Je recommande les articles de Collon pour presque tout comprendre.
    (La guerre de libye n’a évidemment rien à voir avec ce qu’en présente la com officielle.)

  • permalien le journal de personne :
    16 juin 2011 @09h07   « »

    Libye : L’échec est vivant !

    Ce n’est plus au président français que vous vous adressez… là
    Mais à sa dulcinée
    Oui…oui… je suis toute ouïe…
    j’ai traduis votre billet, c’est du mot à mot, j’y ai même rajouté votre accent pour qu’on sente bien que Dieu vous a créé pour donner des leçons et non pour les recevoir...

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/06/lechec-est-vivant/

  • permalien Ph. Arnaud :
    16 juin 2011 @09h55   « »

    A Vitigis

    Vous dites : « Mais l’Occident est quand même la bonne conscience du Diplo qui aurait j’espère été un peu gêné que Kadhafi massacre sa population sans que personne ne fasse rien ».

    Argument triplement spécieux :

    1. En de très nombreux endroits du monde, des régimes écrasent leurs populations sans que quiconque fasse quoi que ce soit. Pour quelle raison éprouvez-vous subitement ce prurit de sensiblerie pour les Libyens et pas pour les Birmans, les Honduriens, les Tchétchènes… ou les Afghans écrasés par les bombes occidentales [liste non exhaustive] ?

    2. Il y a tout lieu d’être méfiant à propos des « massacres » de population, surtout lorsqu’ils sont évoqués par les Occidentaux à l’égard de régimes qu’ils ont dans le collimateur. On se souvient des « charniers » de Timisoara. Ou des « bébés débranchés » par les soldats irakiens dans les couveuses de Koweït. Ou des « génocides » opérés par les Serbes en 1999, avant l’intervention de l’OTAN.

    3. A supposer qu’il y ait eu lieu de faire quelque chose, vous raisonnez faux en enfermant votre adversaire dans ce choix simpliste : c’était les bombes de l’OTAN ou rien. Donc, si vous n’étiez pas pour les bombes de l’OTAN, c’est que vous étiez pour Kadhafi. Or, il y avait d’autres solutions, plus économiques, moins compromettantes, comme la proposition de médiation d’Hugo Chavez, dédaigneusement repoussée du pied…

    Et, par ailleurs, que savez-vous des sentiments de la population de Tripoli ? Pourquoi voudriez-vous que Kadhafi n’ait pas de soutien populaire ?

  • permalien bert :
    16 juin 2011 @10h20   « »

    "On bombarde à tout va, depuis trois mois, avec une régularité de métronome"

    Oui, mais on bombarde quoi, à part le "palais" de Khadafi ? Il reste des cibles, en Libye ?

  • permalien khalil abdoune :
    16 juin 2011 @11h27   « »

    C’est ridicule de vouloir faire croire que l’Otan veut en finir avec le régime kadhafi , les usa veulent en finir avec la Libye en tant que nation , en tant qu’entité ,ceci pour mieux mettre la main sur les richesses de ce pays stratégique , les occidentaux veulent affaiblir les 2 côtés pour asseoir un régime faible et docile .le jeu occidental est cynique et surtout criminel ,pour dilapider les richesses des peuples ,l’imperialisme est prêt à sacrifier des milliers de vies humaines pour des intérêts vils et obscénes .l’histoire de l’occident n’est que pillage, génocide et guerres ,l’humanité doit rougir de ce fardeau qu’est la civilisation occidentale.

  • permalien galdia :
    16 juin 2011 @11h47   « »

    pendant que l’on parle de droit de l’homme et ce martyr lybien tombe sous les bombes américaines ?quand on était enfants et que l’on se battaient le "margamarga"(se rrassembler contre une seule persone) était honteux....aujourd’hui tous contre kadafi le dictateur...mais est-ce q’ imposser même ce semblant de démocratie par les armes ne serait pas de la dictature ?retournez chez vous où vous êtes libres et démocrate,l’afrique ne sera pas votre terrain de jeu star war....on n’aime pas kadafi mais on aime les lybiens,arretez de bombardez !l’argent qui es utilisé dans cette guerre aurait pu construire un pays d’exemple de démocratie...vous cassez vous tuez otan que kadafi...autant que l’otan kadafi est un partant mais la lybie restera !

  • permalien blayan :
    16 juin 2011 @11h55   « »

    à Khalil :

    Parce que les autres civilisations ne sont que luxe calme et volupté ?
    La nature humaine "n’est que pillage, génocide et guerres".
    Il faut s’en accomoder.

  • permalien dorian :
    16 juin 2011 @12h33   « »

    Je n’étais pas spécialement pour le régime de Kadafi, bien que je ne connaisse pas beaucoup de choses sur la Syrie et sa situation politique. Là je suis en train de devenir pour Kadafi car cette hypocrisie occidentale prétendant protéger des populations en bombardant et détruisant un pays, relativement riche tout de même comparé aux autres pays d’Afrique, m’insupporte au plus haut point et je trouve cela odieux. Oui, je crois que les crimes de l’occident sont sans égal dans l’histoire de l’humanité. Regardons depuis seulement la guerre du Viet Nam. Les barbares sont de retour, décidément, à nous de nous indigner !

  • permalien Antoine :
    16 juin 2011 @12h42   « »

    @Ph Arnaud

    1. En de très nombreux endroits du monde, des régimes écrasent leurs populations sans que quiconque fasse quoi que ce soit. Pour quelle raison éprouvez-vous subitement ce prurit de sensiblerie pour les Libyens et pas pour les Birmans, les Honduriens, les Tchétchènes… ou les Afghans écrasés par les bombes occidentales [liste non exhaustive] ?

    De quel prurit de sensiblerie parlez-vous et pourquoi vous permettez-vous de porter un jugement moral sur votre interlocuteur ? Être sensible au sort des libyens ne veut pas dire qu’on n’a pas été aussi sensible au sort des autres peuples opprimés.

    2. Il y a tout lieu d’être méfiant à propos des « massacres » de population, surtout lorsqu’ils sont évoqués par les Occidentaux à l’égard de régimes qu’ils ont dans le collimateur.

    On peut être méfiant autant que l’on veut, mais le track record du régime de Kadhafi est quand même avéré, et le fait que l’armée ait tiré à l’arme lourde sur les manifestations de février (pour ne considérer que cet événement déclencheur) l’est aussi. Que Misrata ait été prise dans un blocus où elle aurait pu devenir un nouveau Sarajevo l’est aussi.

    Par ailleurs, les sources principales d’information, ce ne sont pas les Occidentaux, ce sont les libyens de l’intérieur et Al Jazira (maintenant vous pouvez nous expliquer qu’Al Jazira est OTANiste, si ça vous chante).

    3. A supposer qu’il y ait eu lieu de faire quelque chose, vous raisonnez faux en enfermant votre adversaire dans ce choix simpliste : c’était les bombes de l’OTAN ou rien.

    Par pitié, arrêtez de voir des "adversaires" partout. Personne ne vous enferme dans un choix simpliste, par contre il ne serait pas du luxe de proposer des solutions alternatives. Or la médiation de Chavez avait été rejetée par les rebelles, ce qui lui laissait peu de chances de succès, n’est-ce pas ?

    — -

    Je note que l’article est malhonnête en relayant l’appréciation occidentale d’une Libye tiraillée entre est et ouest, alors que sur le terrain Misrata (ville de l’ouest) est libérée par les insurgés, ainsi que toutes les montagnes du sud-ouest. Ces insurgés se disent solidaires de ceux de Benghazi, c’est étrange, où est donc la partition fantasmée ? Et qui sont ces islamistes grouillants qu’aucun compte-rendu de terrain indépendant ne semble venir corroborer ?

    Je constate donc que dans le chef de Philippe Leymarie, toute analyse occidentale est suspecte, sauf lorsqu’elle conforte ses propres préjugés, auquel cas plus aucune précaution critique n’est prise à son égard. Le Diplo est ici bien décevant.

    Effectivement, limite de l’anti-occidentalisme lorsqu’il se transforme en grille d’analyse systématique. L’anti-occidentalisme n’est qu’un occidentalisme retourné puisqu’il se focalise toujours sur les mêmes motifs et les mêmes obsessions. Merci Vitigis d’avoir mis le doigt là où ça fait mal.

  • permalien Anastasia :
    16 juin 2011 @13h05   « »

    Sans vouloir être rabat-joie il est difficile de pas se remémorer l’intervention russe en Ossétie du sud en été 2008. La comparaison entre Saakashvili et Gaddafi n’est pas saugrenue, les deux personnages relèvent de toute évidence de la psychiatrie, dans les deux cas il a s’agit d’un pays s’en prenant militairement à une partie de sa population, dans les deux cas il a s’agit de pays investissant des sommes tout à fait déraisonnables dans leurs forces militaires et les utilisant d’une manière irrationnelle et criminelle. Difficile de ne pas se rappeler qu’en une douzaine de jours le problème a été solutionné, sans palabres inutiles et interminables, sans fanfaronnades ni déclarations tonitruantes, les populations d’Ossétie et d’Abkhazie ont bel et bien été mises à l’abri des exactions criminelles du régime de Saakashvili et ont pu par la suite déterminer librement leur destin.
    Alors aujourd’hui que nous font-ils au juste nos amis Cameron et Sarkozy ? On croirait suivre un mauvais film ! Deux des armées les plus puissantes du monde et parmi les mieux équipées qui sont en train de se ridiculiser depuis plus de deux mois face à un pays du tiers-monde, on croit rêver !
    Si c’était pour en arriver à ce résultat, nos amis Cameron et Sarkozy auraient certainement mieux fait, plutôt que de fanfaronner et de s’engager dans une aventure, de garder leur énergie et leur argent afin de s’occuper de leurs chômeurs, de leurs pauvres et de relancer leur économie moribonde, il est clair que ces deux là n’ont pas lu Sun Tzu ou n’en ont manifestement rien retenu.
    Par contre ils ont manifestement bien retenu les vieilles recettes démagogues et populistes, la guerre et la xénophobie, la propagande, etc. ce sont toujours des trucs qui marchent bien pour cacher son incompétence, masquer la misère et les injustices sociales...

  • permalien bert :
    16 juin 2011 @14h04   « »

    "La comparaison entre Saakashvili et Gaddafi n’est pas saugrenue, les deux personnages relèvent de toute évidence de la psychiatrie, dans les deux cas il a s’agit d’un pays s’en prenant militairement à une partie de sa population, dans les deux cas il a s’agit de pays investissant des sommes tout à fait déraisonnables dans leurs forces militaires et les utilisant d’une manière irrationnelle et criminelle."

    Votre comparaison, dès le départ moins évidente que vous voudriez le croire, s’arrête là.

    Les régions séparatistes (sécessionnistes) étaient peuplées d’une majorité de "russophones" qui disposaient d’un passeport russe, et les relations de ces régions avec la Russie étaient plus qu’étroites. Il ne s’agissait pas pour les russes de faire tomber un régime ni de faire prendre aux ossétes le pouvoir sur toute la Géorgie. La géopolitique régionale n’offre pas de comparaison aisée avec la Libye.

    Que les présidents géorgien et libyens relèvent de "la psychiatrie" paraît une analyse un peu trop simpliste, et l’on pourrait dans ce cas s’interroger sur ce de quoi pouvait relever George W Bush, voire de quoi relève Silvio Berlusconi...
    Dans des dizaines de cas, un pays s’en prend "à une partie de sa population", et ce sont les causes qui paraissent plutôt importantes. L’investissement dans des dépenses militaires "déraisonnables" se juge en fonction des menaces pesant sur un pays, et ce qui paraît déraisonnable à l’un peut paraître insuffisant à un autre...

    Bref, il n’y a pas vraiment de comparaison possible entre la Géorgie en 2008 et la Libye en 2011. L’histoire repasse rarement les plats, et, à titre de comparaison, celle avec la France des années 1830 (campagne d’Algérie) serait tout aussi valable...

  • permalien Ph. Arnaud :
    16 juin 2011 @14h14   « »

    A Antoine

    Le prurit de sensiblerie, c’est d’estimer subitement urgente une intervention de l’OTAN contre la Libye alors que cette même démangeaison ne s’est pas exprimée à propos des Birmans, des Honduriens ou des Tchétchènes. C’est curieux, d’ailleurs, comme cette urgence coïncide avec des pays supposés faibles (par leurs forces armées ou l’absence de soutien d’une grande puissance, comme c’est le cas, par exemple, pour la Corée du Nord) ou l’Iran.

    Les sources d’information, avant la guerre de 1999, c’étaient aussi les insurgés locaux (en l’occurrence les Kosovars albanophones). Cela n’en faisait pas des sources plus fiables que celles des « rebelles » de Benghazi d’aujourd’hui. Les Occidentaux choisissent (et infléchissent, gauchissent ou déforment) les sources qu’ils veulent pour justifier leurs sales coups.

    Navré de vous le dire, mais Vitigis a bien placé ses adversaires dans un choix simpliste, précisément parce qu’il n’a pas imaginé d’autre forme d’intervention. Quant au fait que la médiation d’Hugo Chavez ait été rejetée par les rebelles (et dédaigneusement), par qui d’autre vouliez-vous qu’elle le fût ?

    L’anti-occidentalisme n’est pas un occidentalisme renversé. Le colonel Kadhafi ou nombre de dirigeants – ou d’opinions arabes – sont également plus que réservés à l’égard de l’intervention et ils ne sont pas, pour autant, occidentaux…

  • permalien Nathan :
    16 juin 2011 @14h33   « »

    Ph. Arnaud : 16 juin @14h14

    Le prurit de sensiblerie, c’est d’estimer subitement urgente une intervention de l’OTAN contre la Libye alors que cette même démangeaison ne s’est pas exprimée à propos des Birmans, des Honduriens ou des Tchétchènes.

    Ni contre la Syrie... On se contente juste de lancer un avertissement de pure forme à l’anguille de Damas et à geler quelques comptes bancaires.

  • permalien bert :
    16 juin 2011 @14h49   « »

    Ni contre Bahrein ou le Yémen.

  • permalien Аnastasia :
    16 juin 2011 @15h00   « »

    bert :
    16 juin @14h04

    (...) Bref, il n’y a pas vraiment de comparaison possible entre la Géorgie en 2008 et la Libye en 2011. (...)

    Comparaison n’est certes pas raison, mais là où je vous suis tout à fait c’est qu’il n’y a rien de comparable entre une opération militaire réalisée magistralement en deux semaines et la lamentable prestation militaire franco-britannique en Libye ! Ça ce n’est pas une appréciation, c’est un fait même si vous préférez peut être ne pas en parler et vous cantonner dans des détails anecdotiques et des jugements de valeurs.
    Sinon, pourquoi parlez-vous donc de Bush et de Berlusconi et pas de Sarkozy et Cameron ? C’est rigollot ça !

  • permalien DF31 :
    16 juin 2011 @15h22   « »

    A Anastasia,

    Je te cite :"il a s’agit d’un pays s’en prenant militairement à une partie de sa population, dans les deux cas il a s’agit de pays investissant des sommes tout à fait déraisonnables dans leurs forces militaires et les utilisant d’une manière irrationnelle et criminelle."

    Et maintenant je cite Navires et Histoire N°65 d’avril-mai 2011 :"depuis une quinzaine d’années, les autorités lybiennes se sont désintéressées des questions de défense pour favoriser le développement économique du pays permettant ainsi de doubler le PIB par habitant aux cours des 6 dernières années (ce qui peut expliquer en partie le pourquoi du ralliement ou de la participation de certaines unités à la "rébellion".
    Et encore : "La Lybie est le pays le plus riche, le plus alphabétisé et le plus médicalisé du continent africain. 60% des jeunes obtiennent un diplôme d’études supérieures. Le régime autoritaire du colonel M. Kadhafi est sans égal dans le monde : fondé sur l’anticolonialisme, l’anti-impérialisme et le panafricanisme, il se veut un régime par les masses, la Jamahiriya, basé sur la constitution de comités populaires réprésentés par un Congrès général du peuple qui, dans la réalité, est une instance d’équilibrage entre les tribus (équilibre aujourd’hui visiblement rompu). "

    Ce n’est ni dans Libération, ni dans le Figaro ni sur les chaînes de télévisions françaises que tu trouveras ce genre de propos.
    A chacun ses lectures.

  • permalien bert :
    16 juin 2011 @15h27   « »

    Parce qu’en matière de possibilité d’internement psychiatrique, la liste est trop longue alors que le nombre de caractère possibles pour des messages est limité...

    Plus sérieusement, ces gens là ne sont pas fous, non... manipulés, manipulateurs, instrumentalisés, avides de pouvoir, et encore bien d’autres choses, mais ils n’ont pas "l’excuse pour raisons psychiatriques".

    Comme je vous le disais, les conditions d’intervention militaire ne sont absolument pas les mêmes ! Si la Russie avait voulu totalement abattre le régime géorgien, elle y serait peut être encore. Si les républiques "autonomes" avaient voulu prendre le pouvoir en Géorgie, les combats dureraient peut être...
    L’exemple de la Tchétchénie pourrait alors totalement convenir.. ;Quelle belle opération courte et réussie !

    Vous voulez absolument me voir d’un coté ou de l’autre. Tenons nous en aux faits, et à ce que l’on écrit.

  • permalien Аnastasia :
    16 juin 2011 @15h43   « »

    PS :

    Concernant les deux dirigeants que vous citez étrangement, peu sympathiques je vous l’accorde, bien que Georges W. Bush junior soit connu pour son QI particulièrement peu performant, et Silvio Berlusconi pour son goût du lucre et de la luxure, je n’ai lu personne de sérieux mettre en doute leur santé psychique, on ne peut pas en dire autant de tous leurs homologues... (dont des deux que je citais...) Mais peut-être devrais-je reconsidérer la question avec un béret sur la tête et une baguette sous le bras ?

  • permalien Аnastasia :
    16 juin 2011 @15h52   « »

    DF31 :
    16 juin @15h22

    A Anastasia,

    (...) Ce n’est ni dans Libération, ni dans le Figaro ni sur les chaînes de télévisions françaises que tu trouveras ce genre de propos. (...)

    Vous vous méprenez, je ne lis pas la presse française...

  • permalien dédé la sardine :
    16 juin 2011 @16h03   « »

    Les révélations de Saïda Benhabyles > http://www.letempsdz.com//content/v...

  • permalien galdia :
    16 juin 2011 @16h08   « »

    kadafi partira et les vautours qui planent sur la lybie en laissant de la pisse de feu sur les populations inhocentes descendrons pour se partager le butin de guerre...quelle honte...personne ne dit rien,même ceux qui corpissaient en lybie pour la sadaka,sommes nous dans un monde qui vit au jour le jour ?un monde sans lendemain ? on ne m’avait pas dit il y a 20ans que quelqu’un de l’oncle Sam avec son commando pouvait nous prendre n’importequel personne au monde bien armé soit-elle ?wer’is rambo,wer’is terminator....cette guerre revelle le mensonge de la puissance de ces puissannce qui ne font que du gbabowatara....délire !!! ce n’est pas kadafi qui à chaud mais la lybie qui est sous bombes...surveillez bien la nature des bombes on en parlera dans vingt ans....comme beaucoup d’autres histoires’cest des zistoires comme le dira notre ami de ouaga !!!mais en attendant la liste-twar des morts gonfle.....et c’est hunimain on fait juste un bon retour vers les années "sauvges"....

  • permalien SC :
    16 juin 2011 @16h27   « »

    Un regard un peu plus critique sur le fameux rapport d’experts :

    http://www.rivagessyrtes.com/article-libye-un-avenir-incertain-selon-certains-experts-76907849.html

  • permalien pantalacci :
    17 juin 2011 @15h03   « »

    Triste affaire que celle de Libye. Voilà ce qu’il en résulte d’avoir chaussé un peu vite les bottes de BHL.

  • permalien RIDA18 :
    17 juin 2011 @17h01   « »
    Qui croit réellement en la protection des civils

    Résumant un peu :

    • A Benghazi, suite à des tirs suspects, attribués ( par qui ?) au régime, voilà que l’ancien drapeau de la Libye est brandi en nombre important (quand ils ont été confectionnés) et que les gens attaquent les casernes et volent les armes pour exiger le départ du guide.

    • Sans aucune enquête, ONU se base sur les déclarations d’individus et les informations des journaux et télévisions pour pondre les résolutions 1970 et 1973 pour protéger les civils ( lesquels ?).

    • C’est quoi cette ONU, qui viole ses propres résolutions pour la reconnaissance de la légitimité d’un président sur son peuple, en déclarant que le guide a perdu toute légitimité, en ignorant le congrès des tribus et reconnaissant un conseil d’une ville rebelle.

    • Et ce groupe de contact, il est ONU bis ? pour qui se prennent-ils pour dire que le guide a perdu sa légitimité, il doit partir même en exile, et dire que dans un passé récent il était le bien reçu.

    • Pour les soit disant les avoir du guide et de sa famille, comment avec tous les services de sécurité de ces pays, les systèmes de contrôle des flux d’argents, la lutte contre le blanchiment d’argent, ils n’ont jamais vu quoi que ce soit ?

    • Pour les civils qu’ils disent vouloir protéger (aucune preuve à ce jour sauf les déclarations des rebelles), et ceux qui sont tués pas les bombardements de l’OTAN, ne sont-ils pas des civils ? ou bien ils sont punis parce qu’ils se sentent en sécurité avec le guide et on veut qu’ils se soulèvent contre leur guide.

    • Et les informations sorties que les soulèvements de Benghazi aient été préparés en France depuis Octobre 2010, comment ONU, Ligue arabe, OTAN, Groupe de contact tentent de les ignorer ?

    Simplement parce qu’il y a des buts cachés( pas tellement maintenant) et des idiots de Libyens y participent croyant au père Noel.

  • permalien D.P :
    17 juin 2011 @22h08   « »
    En Libye, l’ OTAN partage la même crainte d’ Israël à propos de la Syrie.

    L’insurrection libyenne entre le marteau de Kadhafi, l’enclume de l’OTAN et les confusions de la gauche.

    Gilbert Achcar

    () Le despote libyen évoqua les précédents qu’il entendait imiter, parmi eux le massacre de Tiananmen de 1989 et celui de 2004 à Fallujah. Il a évoqué aussi l’assaut israélien de 2008-2009 sur Gaza, une analogie qu’il a répétée dans l’entretien du 7 mars qu’il a donné à une chaîne française par satellite. Et dans un discours ultérieur, le 17 mars, le jour où la résolution 1973 était sur le point d’être votée au Conseil de sécurité, il a comparé son assaut sur Benghazi à l’attaque de Madrid par le dictateur espagnol Franco, déclarant qu’il comptait sur une « cinquième colonne » parmi la population de la ville pour l’aider à la « libérer ». Les forces du régime avaient commencé à se regrouper dans la banlieue de Benghazi pour lancer leur offensive sur la ville le 19 mars. ()

    []L’hypocrisie, cependant, ne peut pas cacher la raison fondamentale de la réticence des puissances occidentales à armer les insurgés : elles n’ont aucune confiance dans le Conseil National Transitoire, aucune confiance dans sa capacité à contrôler le soulèvement des masses, et aucune confiance dans l’allégeance à leurs intérêts d’un futur gouvernement libyen démocratiquement élu. ()

    En fin de compte, les puissances occidentales partagent de plus en plus la sorte de soucis qu’a Israël à propos de la Syrie. Certains regrettent probablement qu’ils n’aient pas laissé Kadhafi réprimer le soulèvement pour continuer de jouer son rôle de précieux allié dans leur « guerre contre le terrorisme » et leur guerre terroriste contre les immigrés. Dans un pertinent article paru dans Le Monde du 14 avril, Jean-François Bayart dénonçait la collusion entre les Etats européens, emmenés par l’Italie, et le régime de Kadhafi dans la répression sale et criminelle de l’immigration vers l’Europe depuis les côtes africaines (y compris les îles italiennes de la Méditerranée). Il faisait remarquer que l’OTAN n’attaque pas la flotte de guerre de Kadhafi de peur de détruire ce qu’il appelle très justement « l’outil anti-migration » !

    La seule manière pour les puissances de l’OTAN, comme la France et le Royaume-Uni, d’envisager une livraison (limitée) d’armes aux insurgés libyens, c’est sous contrôle étroit de leurs « conseillers » qu’elles envoient sur place – dans le but de reconnaître le terrain pour un futur engagement de troupes au sol (la prétention que ces conseillers sont nécessaires est seulement un prétexte qui n’est même pas corroboré par les insurgés eux-mêmes).()

    http://alencontre.org/?p=2171

  • permalien Croa :
    17 juin 2011 @23h08   « »

    Il faut regarder ça !

    (Un français vivant au Japon nous parle ! Non, ça n’a pas rien à voir avec les aventures lybiennes que voulait notre petit président : Vous comprendrez en écoutant jusqu’au bout. L’ensemble est poignant et désolant.)

  • permalien juba :
    19 juin 2011 @17h18   « »

    Si l’OTAN veut jouer au gendarme pour libérer les peuples opprimés de par le monde, il faudrait une autre Otan car elle est trop selective à moins qu’il existe des peuples qui en valent la peine et d’autres qui n’en valent pas la peine !Les populations de Tripoli se trouvent peut etre contraintes d’exprimer leur soutien à celui ci ou par le fait qu’ils soient issus de la meme tribu que lui, puisqu’il est de notoriété publique que les proches collaborateurs de ces régimes sont dans la plupart des cas de la meme tribu. En Syrie DERAA, Kurde dont les populations après plus de 40 années, ne sont pas citoyens Syriens et d’autres tribus contre les allaouites dont est issu El Assad, au Yemen le nord contre le sud etc..Mais il faut quand meme se poser la question pourquoi le drapeau de l’ex Monarque de Lybie a été brandi par des milliers de gens dés les 1eres heures du soulévement !Lorsqu’on se remémore les égards dus à ce Dictateur par Mr SARKO et surtout le baise main de BERLUSCONI, on arrive difficilement à comprendre cette intervention. Avaient ils peur que Kadhafi dévoile le financement de leurs campagnes electorales donc il devient un témoin génant qu’il faut coute que coute éliminer ! car ce monsieur joue au dictateur depuis 42 ans ! Pour quelle démocratie, nos pays doivent ils etre bonbardés , détruits et nos enfants tués parceque nous sommes gouvernés par des dictateurs qui refusent de quitter le pouvoir. Enfin, concernant Kadhafi, un politicien Egyptien avouait etre etonné comment Kadhafi a pu faire un coup d’etat et sur sa longétivité à la tete de la Lybie ! C’est de là que vient notre drame

  • permalien Mokhtar Sakhri :
    19 juin 2011 @20h15   « »

    Quand on abandonne les ressources de la Raison et de l’Esprit et que l’on s’écarte des voies du dialogue, il ne reste plus que la force brute qui conduit à l’effusion de sang. C’est le sentier qu’empruntent les criminels et les âmes égarées dénuées de cœur et de bons sens. Aussi, du fait qu’elle aurait pu être évitée, la guerre de Libye, avec ses frappes aériennes voulues, décidées et appliquées sans retenue, est-elle loin de participer de quelque fatalité que ce soit autour laquelle se perdre en conjectures tout en ignorant les innocents que les bombes et les missiles de l’OTAN tuent alors qu’ils étaient sensés les protéger. Elle est un acte criminel caractérisé.

    Je considère donc :
    - que la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité est une pure escroquerie du fait que sous le prétexte de protéger des civils pacifiques et sans défense elle visait à venir en aide à une rébellion armée et à renverser Kadhafi et son régime ;
    - que l’intervention en Libye est une flagrante violation des lois et des conventions internationales du fait qu’il s’agit d’une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un Etat souverain ;
    - que cette intervention est une agression militaire et médiatique caractérisée d’une coalition de puissances occidentales contre un petit pays incapable de se défendre et qui ne représente aucune menace pour la paix internationale ;
    - que cette intervention a tout l’aspect d’une croisade christiano-occidentale contre une nation arabo-islamique.

    On doit y mettre terme de la façon la plus immédiate et restituer sa place au dialogue préconisé par l’Union africaine et refusé par les puissances de l’OTAN et les prétendus révolutionnaires de Benghazi.

    Mokhtar Sakhri

    Journaliste et écrivain

  • permalien Tanguy :
    21 juin 2011 @03h23   « »

    Bonjour,

    Vous dites que Kadafi refuse un cessez le feu. Avez vous des sources ? Il semblait annoncer (je ne préjuge pas de sa réelle volonté) vouloir un cessez le feu à de multiples reprises. Exemples parmi d’autres :

    Avant les "frappes" (nom moderne pour "bombardements") :
    Cessez-le-feu : Tripoli a demandé à Ban l’envoi d’observateurs
    AFP / 19 mars

    La Libye invite la Turquie et Malte à contrôler le cessez-le-feu
    MOSCOU, 18 mars - RIA Novosti

    Et après le début des "frappes" :

    Une délégation de l’Union africaine est parvenue, dimanche 10 avril 2011, à rencontrer le colonel Mouammar Kadhafi à Tripoli. À l’issue des entretiens, le chef de la délégation, le président sud-africain Jacob Zuma, a indiqué à la presse que la « feuille de route » permettant la sortie de crise avait été acceptée par le « Frère Guide ».

    Cette feuille de route comprenait un cessez le feu !

    Trouvé sur http://guerre.libreinfo.org/manipul...

    Une chose est sure, le CNT et l’OTAN ont, eux, refusé tout cessez-le-feu.... Tant que Kadafi serait "en place" (terme de novlangue pour "en vie" ?)

  • permalien Anastasia :
    21 juin 2011 @04h52   « »

    Sans avoir la moindre sympathie pour la coalition occidentale en Libye et tout en étant pour le moins circonspecte concernant la dite rébellion, on ne peut malgré tout qu’avoir constaté que Mouammar Kadhafi a prouvé qu’il était un maître en matière de cynisme ; il a déclaré à plusieurs reprises adopter un cesser le feu unilatéral, et à chaque fois, cela a coïncidé avec une intensification des frappes visant sans discernement des villes insurgées. Dans ces conditions, soutenir que ce serait la coalition qui refuse un cesser le feu et non Mouammar Kadhafi, relève au mieux de la naïveté la plus absolue ! La coalition a suffisamment de torts comme cela, pour ne pas avoir besoin d’essayer de lui en inventer...

  • permalien Anastasia :
    26 juin 2011 @10h05   « »

    Alors que Barack Obama se heurte à la fronde de législateurs qui tentent de lui refuser de financer "la mission libyenne de l’OTAN", un financement qui ne pourrait être qu’à crédit bien entendu, sachant que la dette publique étasunienne plafonne déjà à la limite théorique de 14 300 milliards de dollars, le Commandant en Chef de l’armée de l’air britannique Simon Bryant vient de faire une communication inquiétante devant les parlementaires britanniques, déclarant que la RAF était dans le rouge et que le maintien de ce qu’il lui est actuellement demandé en Afghanistan et en Libye au delà de cet été, "menacerait" la capacité de l’armée de l’air de réagir aux futures "situations d’urgence". Ça signifie en clair que le Royaume Uni ne pourrait pas faire face à une véritable guerre éventuelle, faute d’argent et de munitions, si par malheur elle éclatait, une opportunité peut-être pour les Argentins qui leur ont gardé un chien de leur chienne à propos de leur ile des Malouines toujours squattée par une poignée de sujets de sa Majesté, pour la plupart des militaires bien entendu.
    Ces déclarations font suite à celles une semaine auparavant de l’Amiral Mark Stanhope à la tête de la Royal Navy, qui avait indiqué que les opérations actuelles étaient "insoutenables".
    Décidément tout va très bien Madame la marquise...

  • permalien Frédéric :
    3 juillet 2011 @12h09   « »
    Et le Soudan ?

    Personne dans les médias français n’a l’air de commenter la prise de Koufra - site emblématique de la légende de la France Libre - par l’armée soudanaise qui elle n’hésite pas à envoyer des ’’troupes au sol’’ avec l’appui de Pékin.

  • permalien sen999 :
    4 juillet 2011 @20h20   «

    L’occident bombarde la Libye par ce que la réussite du régime et de son programme de développement du continent africain entraîneraient immédiatement la faillite des pays colonisateurs qui pillent l’Afrique depuis des décennies.
    Il n y a pas eu de massacres en Libye. Que celui qui a vu des images de massacres les poste.

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