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Drones hors-la-loi

jeudi 30 juin 2011, par Philippe Leymarie

« La planète a un appétit insatiable pour les drones… » constatait ces jours-ci, en marge du Salon aéronautique du Bourget, l’un des patrons de Northrop Grumman, parmi les principaux constructeurs d’UAV (Unmanned aerial vehiculs – ou appareils sans pilote) : il se plaint du classement des drones, selon la règlementation américaine, dans la même catégorie que les missiles de croisière, et des restrictions à la vente et à l’export qui en découlent. D’autres, comme Susan Breau, professeur à la Flinders University (Australie), s’inquiètent de la clandestinité juridique dans laquelle évoluent les drones – une nouvelle arme maniée à discrétion, d’Afghanistan en Libye, sans rendre de comptes à quiconque, par la poignée de pays qui en sont dotés, à commencer par les Etats-Unis et Israël.

Ce rapport collectif, publié jeudi 23 juin par l’Oxford Research Group – un think-tank influent sur les questions de sécurité, dont Susan Breau est consultante – sous le titre « Drone Attacks, International Law, and the Recording of Civilian Casualties of Armed Conflict », aborde la question des drones [1] à travers le sort de leurs victimes, jusque-là ignorées. Les drones, affirme cette équipe de juristes, « ne donnent pas le droit de tirer et de disparaître [« Hit and run »)  : si vous en utilisez, il faut le reconnaître, et indiquer qui ils ont tué ».

Légal et moral

Le rapport aboutit à une série de conclusions :

- Il existe une obligation légale d’identifier toutes les victimes engendrées par l’utilisation de drones, en toutes circonstances.
- Le droit humain universel, qui affirme que nul ne peut être « arbitrairement » privé de sa vie, dépend de l’établissement de l’identité du défunt, tout comme d’éventuelles réparations ou compensations en cas de mort, blessure, ou autre dommage « irrégulier ».
- La responsabilité de consigner correctement les données et les événements concernant ces victimes est une exigence s’étendant aux Etats qui autorisent ou acceptent l’utilisation de drones, ainsi qu’à ceux qui les lancent et les contrôlent. Mais, souligne ce texte, l’obligation légale (aussi bien que morale) pèse le plus lourdement sur celui qui manipule en dernier ressort ces engins sans pilote.
- Il existe une obligation légale d’enterrer les morts selon les rites de la religion à laquelle ils appartiennent, et cela ne peut se faire dans des fosses communes ou anonymes. Le site d’ensevelissement doit être localisé, surtout dans le cas où une enquête plus approfondie s’avère nécessaire.
- La particularité des attaques de drones dissuade souvent d’exhumer et d’identifier les restes du défunt, en raison des dommages corporels causés par toute attaque à l’explosif. Cependant, cette difficulté n’absout en aucune manière de la responsabilité d’identifier toutes les victimes des attaques de drones.
- Une autre caractéristique des attaques de drones étant qu’il s’agit de frappes isolées (plutôt que faisant partie d’une bataille rangée), il n’est pas nécessaire d’attendre la cessation des hostilités pour entreprendre la recherche, le recueil et l’évacuation des morts.

Arme de choix

Le rapport fournit également un ensemble de recommandations spécifiques concernant la situation actuelle au Pakistan et au Yémen, où la question des frappes de drones par les Etats-Unis et de l’enregistrement de leurs pertes, serait « d’une urgence réelle et pratique ». Selon le rapport, « alors que des responsabilités incombent à toutes les parties mentionnées, ce sont les Etats-Unis (comme lanceurs et contrôleurs des drones) qui ont le moins de prétextes à se soustraire à leurs responsabilités ».

C’est ce que souligne également Paul Rogers, consultant sur la sécurité internationale, professeur au Département d’études de la paix de l’université de Bradford, pour qui la question de la légalité de l’utilisation de ces drones armés – qui sont en train de devenir l’arme de choix pour les Etats-Unis et leurs alliés en Asie du Sud et au Moyen-Orient –, et notamment celle de leurs victimes, doit être posée chez les militaires, mais aussi dans les milieux juridiques et politiques, avec comme base ce rapport établi par Susan Breau.

En décembre dernier, Peter Bergen et Katherine Tiedemann, de la New America Foundation – qui ne passe pas pour une institution très critique de la politique fédérale – relevaient, carte à l’appui, que durant les vingt premiers mois de l’administration Obama, la CIA aurait effectué au moins cent vingt-six attaques de drones au Pakistan, soit près du triple de ce qu’avait fait l’administration Bush, tuant au moins huit cents personnes, dont – selon les dires officiels – une quinzaine de dirigeants d’Al-Qaida, et des chefs des talibans afghans ou pakistanais.

Atout-maître

Mais, selon une synthèse des comptes rendus de presse – seule source disponible – environ 30 % de toutes les personnes tuées par des drones depuis 2004 auraient été non militants, cette proportion ayant diminué cependant ces dernières années, en raison d’un meilleur ciblage et de l’utilisation par la CIA de petits missiles. Pour 2010, selon leurs comptes, environ 8 % des victimes de tirs de drones auraient été des civils innocents, les responsables américains prétendant que ce taux ne serait que de 2 %.

Les consultants de la NAF relèvent que l’usage de ces drones est « immensément impopulaire au Pakistan », les politiciens de ce pays accusant couramment les Etats-Unis de violer leur souveraineté nationale. La Maison-Blanche n’a jamais reconnu officiellement l’existence du programme de frappes par drones opéré par la CIA. Mais, en privé, des responsables défendent l’usage de cette arme, considérée comme l’atout maître de la lutte antiterroriste menée par les Etats-Unis, surtout en zone urbaine, à la fois pour des raisons d’efficacité technique, mais aussi parce que la mise en œuvre de cette flotte de drones par la centrale de renseignements (et non par l’armée) permet d’agir dans le secret et hors des cadres légaux habituels.

Guidage des frappes

Une commission de l’ONU, rappellent Bergen et Tiedeman, s’était déjà interrogée en 2010 sur « le secret de ce programme, susceptible de violer les règles internationales de la guerre » ; mais la CIA n’a jamais voulu indiquer comment elle détermine ses objectifs…

Il est possible que l’élimination d’Oussama Ben Laden, tué le 1er mai dernier dans la ville pakistanaise d’Abbottabad, par un commando héliporté, rende moins intensive la campagne de tirs contre les chefs terroristes ou supposés tels au Pakistan, notamment dans les zones « tribales » du Waziristan. Des agents secrets américains, ainsi que des membres des forces spéciales, étaient menacés d’expulsion ou de non-renouvellement de visas, ces derniers jours [2], en représailles à l’opération héliportée menée sans concertation officielle avec les autorités pakistanaises : certains d’entre eux étaient justement chargés du guidage des frappes de drones. Mais d’autres opèrent, en ce moment, au Yémen ou en Libye, en toute impunité…

Notes

[1] Voir « Danse avec les drones » et « Vol de drones sur l’Afpak ».

[2] Comme s’en est ému le directeur de la CIA, Léon Panetta, de passage à Islamabad à la mi-juin. Le sort de 170 soldats et agents serait en jeu.

58 commentaires sur « Drones hors-la-loi »

  • permalien DF 31 :
    30 juin 2011 @17h50   »

    Les attaques de drones au Pakistan, comme l’assassinat de Ben Laden, poussent lentement mais surement le Pakistan dans les bras de la Chine.
    On peut en conclure que la Cia joue contre son propre camp. C’est, je le concède, un raisonnement un peu simpliste ; qui vivra verra.

  • permalien Yvan :
    30 juin 2011 @17h55   « »

    "À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

    ... en un siècle l’économie létale est passée de la boutique de quartier à la grande distribution.

    Aujourd’hui avec les drones nous sommes arrivés aux distributeurs automatiques.

    La prochaine étape sera surement les drones anti-drones... on pourra enfin respirer.

  • permalien Stephane :
    30 juin 2011 @19h06   « »
    Prochaine etape...

    Malheureusement, Yann, la prochaine etape risque d’etre l’utilisation d’aeronefs teleguides dans une attaque terroriste... He oui, "eux" aussi pourraient bien employer ces engins de mort venant du ciel...

  • permalien Vitigis :
    30 juin 2011 @19h54   « »

    Il existe une obligation légale d’enterrer les morts selon les rites de la religion à laquelle ils appartiennent

    Chouette ! Je suis de rite égyptien ancien ! C’est vous qui construirez ma pyramide ?

    USA, Israël, passez des drones aux kamikazes, on ne vous accusera plus de priver "arbitrairement" les gens de leur vie !

  • permalien Vitigis :
    30 juin 2011 @20h02   « »

    Unmanned aerial vehiculs

    Vehicles

  • permalien pim :
    1er juillet 2011 @09h37   « »

    DF 31
    "la Cia joue contre son propre camp."

    À court-terme, peut-être.

    Mais à long terme ?

    L’automatisation de la guerre, comme de toute activité productive, a pour pente naturelle - justification, donc - de dégager l’humain des aléas d’une vie trop humaine, de le protéger, donc, contre et en dépit de lui-même, de sa "vulnérabilité".
    Une telle logique suppose que l’homme qui est engagé dans cette activité productive, comme celui qui, à l’autre bout de la chaîne de cette production-consumation, a en charge de liquider la production en la consommant (si on peut ainsi l’exprimer aussi mathématiquement, aussi “gestionnairement” en l’occurrence), doivent, chacun pour leur part, se plier aux contraintes techniques d’une telle automatisation en devenant des “robots” eux-mêmes, dégagés de toute responsabilité, laquelle appartient, dès lors, à une forme d’abstraction globale, dont les raisons, les commandements, etc, ... tout ce qui appartenait en propre à l’homme agissant, lui échappe désormais en tout.

    La CIA, agence d’une intelligence artificielle, joue dans ce camp là, et dans nul autre, me semble-t-il.

  • permalien inadvertance :
    1er juillet 2011 @11h57   « »

    Un article assez intéressant de Newsweek sur les assassinats par drone :
    http://www.newsweek.com/2011/02/13/... (traduit en français par le Nouvel Obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/actu... )

    « Et si l’on a l’intention de tuer, on le fera de préférence de loin, afin d’éliminer les problèmes de reddition, potentiellement embarrassants ».

  • permalien
    1er juillet 2011 @14h24   « »

    Au Liban les drones israéliens violent presque quotidiennement l’espace aérien libanais depuis au moins les 2 dernières guerres ( en 96 et 2006)- "Les raisins de la colère" et "punition et vengeance"
    cet article a au moins le mérite de citer l’Etat hébreu comme participant à ce nouveau programme initié et développé par la cia.
    Dans un article précédent du monde diplo celui de Laurent Checola et Ed.Ptlimlin intitulé : "Drones, la mort qui vient du ciel"(déc.2005) aucune mention de l’Etat hébreu.
    rappelons qu’en 96 et 2006 "grâce" aux drones - informant en temps réel les militaires israéliens- des civils dont la moitié étaient des enfants furent ciblés et massacrés en masse à Cana, avec des cluster bomb et bombes à l’UA ( armes de destruction massive) ainsi que bombes au phosphore à fragmentation etc...
    Les villageois du Sud du Liban connaissaient bien les drones et leur drôles de ronronnement , ils les nommaient "Um Kamel" car ils entendaient parler des armes à l’UK ( certifiés provenant des USA).

    Comme dans la plaine du Laos , les bombardements "secret" de la Cia à l’Agent Orange , tout en génocidant le peuple Hmong ( peu de temps avant-1974- et les les guerres au Moyen Orient) , l’usage de ces nouvelles techniques de destruction massive ciblant des civils sont aujourd’hui avec les drones banalisés et étendus dans les pratiques de guerre de l’OTAN...
    la figure inexistante de l’attaquant-via drones- qui commet des crimes de masse, rend d’autant plus nécessaire la définition d’une loi pouvant juger un auteur de crimes par drones . Mais qui peut juger les auteurs des lois légalisant les crimes de masse ( de Guantanamo à l’Irak en passant par Gaza et "Plombs durçis" ?

  • permalien Cana :
    1er juillet 2011 @18h35   « »

    le précédent post est de moi Cana.

  • permalien pim :
    2 juillet 2011 @14h15   « »
    Droit de vie et de mort

    Dans l’article de newsweek.com mis en lien par inadvertance, traduit par le site du NouvelObs, sont évoqués quelques aperçus de la machine à tuer, et, plaisamment, la place du "droit" (de tuer), puisque ce sont des juristes qui, désormais, semblent prendre les décisions d’un assassinat. Aidés en amont par une batterie bureaucratique et en aval par un appareillage technologioque d’éxécution sommaire à distance, les voici, donc nouveau juges de cete “démocratie” là, à décider du droit de vie et de mort sur quelques présomptions sommaires, scribes d’un pharaon ressuscité.
    Jamais, évidement, ne sont ici évoquées les raisons, non pas juridiques, ou "éthiques" (!), mais simplement celles leur dictant leur conduite.
    « Officials at the CIA select targets for “neutralization,” he explains. “There were individuals we were searching for, and we thought, it’s better now to neutralize that threat,” he says. »(Newsweek)

    Voilà qui donne toute la véritable teneur de cette nouvelle “démocratie” donc, où les bureaucrates et les militaires font la loi et l’éxécutent, sans plus de soucii de séparation des pouvoirs et au mépris de toute souveraineté des États, dont continue pourtant de se prévaloir la “démocratie” américaine, “1ère démocratie du monde” avait rappelé celui qui, devant l’assemblée de l’ONU, agitait la fiole d’anthrax, preuve incontestable de la possession par l’Irak d‘armes de destruction massive.

    Ces bureaucrates et ces jeunes gens qui manient la mort et rentrent chez eux le soir caresser leurs enfants, leur femme et leur chien peuvent évoquer le tueur à gages qui, une fois sa mission accomplie, fume son clop, mais ils rappellent aussi bien ceux qui, dans les camps de la mort, leur besogne quotidienne accomplie, rentraient écouter Mozart ou Wagner, hauts moments de la "culture européenne", en toute bonne conscience.

  • permalien pim :
    2 juillet 2011 @14h22   « »
    Droit de vie et de mort

    ... en toute bonne conscience d’avoir éliminé les "nuisibles".

    C’est donc là tout le sens de ce qui s’accomplit désormais sous nos yeux, sans que personne, ou presque, n’y trouve à redire, en toute "connaissance", donc, à savoir que, désormais, celui qui ne marche pas droit, où qu’il se trouve, pourra se voir ÉLIMINÉ SANS AUTRE FORME DE PROCÉS, su simple ratification d’un petit fonctionnaire depuis son bureau.

    Plus efficace que la lettre de cachet - "progrès" oblige -, beaucoup plus "rationnel" que la solution finale, puisque semblant "justifié" et même encadré par ... le ’droit" !

  • permalien Ph. Arnaud :
    2 juillet 2011 @14h55   « »

    Stéphane (message du 30 juin à 19 h 06)

    Les drones sont déjà employés par les terroristes ! En effet, les premiers des terroristes sont les Etats et, spécialement, les Etats occidentaux, et, parmi eux, en tout premier, les Etats-Unis.

    N’oubliez pas qu’il n’existe pas de définition universellement admise du terrorisme, la discussion ayant achoppé entre les pays du Sud et du Nord de la Méditerranée, les premiers refusant de cantonner la définition à des attaques individuelles, souvent effectuées par des ressortissants de pays pauvres du Sud contre des pays riches du Nord.

    Et rappelez-vous aussi que le terme terroriste est le mot codé employé par les pouvoirs oppresseurs pour désigner des résistants à leur oppression : par exemple les FFI et FTP pour les Allemands et la Milice, le FLN algérien pour les militaires français, le FLN sud-vietnamien pour les Américains et le pouvoir fantoche de Saigon,le Hamas pour les Israéliens et les talibans pour les envahisseurs américains et leurs comparses de l’OTAN…

  • permalien Frédéric :
    3 juillet 2011 @12h04   « »
    Et avant les drones ?

    Des commentaires me font haussez les sourcils car "l’élimination" des ennemis d’un État par des services secrets au sens large n’a pas attendu que l’on invente des drones de combat.

    La SCEDE durant la guerre d’Algérie, le SMERCH sous Staline, les ’’escadrons de la mort" d’Amérique centrale, les services iraniens, libyens, chinois et autres ont opérer sans ce nouveau gadget qui contrairement à ce que certains écrivent permettent de limiter les "pertes collatérales" et autres "tirs amis" car n’étant pas utilisez sous le stress du combat.

    Faites donc une comparaison avec les frappes effectués avec des avions pilotés.

  • permalien pim :
    3 juillet 2011 @13h34   « »

    Frederic,
    je conçois votre réaction : les coups tordus ont toujours existé dans la guerre que livrent les pouvoirs aux peuples.

    Je ne l’approuve pas pour autant : que "l’élimination" des ennemis d’un État par des services secrets au sens large n’a pas attendu que l’on invente des drones de combat peut être un fait, il n’en demeure pas moins une belle saloperie, inacceptable au moins en ceci : la guerre, déjà en soi une stupidité, cesse d’appartenir aux politiques pour être livrée, sans plus de frein, à des services, dont la grande autonomie et le secret qui les garantit, ne permettent plus guère de contrôle démocratique sur leurs méthodes et surtout sur leurs objectifs.

    Que, selon ce que vous écrivez, "ce nouveau gadget (...) permettent de limiter les "pertes collatérales" et autres "tirs amis" car n’étant pas utilisez sous le stress du combat" est du plus contestable : les "pertes collatérales", comme il est devenu coutume de nommer des massacres de populations civiles - euphémisme si "mathématiquement" délicat dans son intention dissimulatrice -. ne sont guère évitées par les drones qui, les chiffres sont là pour le dire, en dépit de ce qui en est fait d’une publicité mensongère de "frappes chirurgicales", les multiplient au contraire, avec la multiplication de l’usage de ce genre d’engins au prétexte que "seulement" 10% des missiles téléguidés rateraient leur cible.

    Enfin, et ce n’est pas le moindre, ce qui relevait en effet de la guerre secrète, avec ses politiques de basse-fosse, devient un genre en soi avec le saut technologique que représente le drone, avec la facilité de tuer, précisément, sans engagement physique, c’est-à-dire sans la prise de responsabilité qu’induit le risque encouru.

  • permalien Cana :
    3 juillet 2011 @20h54   « »

    Eliminations et meurtre de masse- pas de confusion.

    - les éliminations ciblées font partie de stratégies pensées par un groupe politique . C’est ainsi que le mossad après avoir éliminé des nazis cachés se met à se spécialiser dans cette technique et à assassiner des personnalités palestiniennes , des écrivains ( Ghassan Kanafani) des personnalités politiques et religieuses palestiniennes et libanaises.dans les pays arabes souverains et dans le monde entier. ces meurtres sont des crimes qui restent impunis. Et l’esprit de vengeance fait pousser les ailes du tueur . nous avons l’unique exemple dans l’Histoire - celle du monstre borgne Polyphène . Ulysse réussit à échapper à la mort par la ruse. Seul Polyphène le criminel cannibale-psychopathe déclare tout haut ses intentions de meurtre sans nulle retenue. Il ne peut exister qu’en tuant. C’est le règne des paranoiaques pas encore civilisés.
    - Lorsqu’un Polyphène se donne les techniques et les moyens d’éradiquer scientifiquement des groupes humains , on n’est plus dans de l’élimination, Hitler est un exemple . et cette technologie génocidaire se développe et utilise des moyens de plus en plus sophistiqués comme les bombes - des bombardements secret de la CIA en Asie du Sud Est et son expérimentation de l’Agent Orange sur des populations civiles.
    Là on n’est pas dans de l’élimination mais dans le meurtre de masse.

    - Alors comment se passe le meurtre avec les drones . Nous avons l’obligation de penser cette manière de tuer -où nous n’avons même pas une remarque de pilote qui puisses nous dire ce qu’il a ressenti en larguant des bombes sur le Liban par ex- "je n’ai ressenti que la simple secousse de l’avion qui larguait les bombes" dit un pilote israélien.
    Est-ce si différent de l’indifférence de Eichman le bureaucrate ?

    - Avec les drones nous avons affaire à des tueurs masqués qui rendent le meurtre inexistant et PROPRE et qui programment des meurtres de masse - comme à Cana- sans qu’on puisses identifier pour le tout venant la figure humaine du responsable. C’est la mort qui vient du ciel. d’un ordre divin ?
    Si un des responsables d’un génocide comme Eichman ne pouvait à aucun moment penser qu’il était en train d’envoyer des gens à la mort, comment le programmateur du drone peut-il penser qu’il est responsable d’une tuerie de masse, où le drone informe en temps réel des militaires de mouvements de civils pour qu’ils les bombardent
    avec des armes de destruction massives.
    Notre Polyphène est devenu un homme civilisé.

  • permalien A. :
    4 juillet 2011 @08h13   « »

    Je serais curieux de voir la manette de commande d’un drone. Elle ressemble sûrement à celle d’un jeu vidéo. La même en somme que le pilote aura utilisé en jouant à Call of Duty. Je pense en particulier à la mission "La mort vient d’en haut", où, aux commandes des canons d’un AC-130 vous entendez votre supérieur vous brailler dans les oreillettes "CE SONT TOUS DES ENNEMIS ! ALLUMEZ-LES !" et autres joyeusetés.

    L’irréalité du meurtre atteint ici des sommets, bien plus que lors d’un bombardement classique, comparables à ceux d’Eichmann. Comment faire peser sur un soldat la responsabilité morale de meurtres qui lui rappelle à tous points de vue un jeu vidéo ? Va-t-on vers une armée de boutonneux massacrant des êtres abstraits, sans comprendre qu’il y a vraiment de quoi se torturer le cerveau cinq minutes avant de raser un village entier ?

  • permalien pim :
    4 juillet 2011 @08h59   « »

    Cana :
    "Eliminations et meurtre de masse- pas de confusion."

    Sans doute ... , néanmoins intimement liés.

    La simple possibilité de l’élimination ciblée, sur décret bureaucratique de "comportement déviant" induit la suite, ainsi que les faits le démontrent, d’une élimination s’élargissant à tous les soutiens potentiels de la "cible", comme à un nid potentiel de "nuisibles", c’est-à-dire, aussi bien aux voisinages et, partant, - on ne sait jamais -, à des quartiers entiers.- au diable l’avarice.

    Une telle "suite logique" range ce genre de décision de "l’élimination ciblée", et des moyens techniques qui la permettent, désormais, - comme la poste permet l’envoi d’une simple lettre - dans la même catégorie, en effet, que celle qui a présidé à la "solution finale", telle qu’elle a été décrétée et mise en œuvre à l’encontre du "nuisible" de l’époque.

    Une telle décision est en effet mise en œuvre à l’initiative d’un groupe politique dans le cadre d’un rapport de forces, d’une intimidation qu’il a à instaurer pour asseoir sa domination.
    Les méthodes ici employées ne sont cependant pas négligeables puisqu’elles placent d’emblée de telles décisions politiques hors de tout contrôle démocratique.
    Réclamer une législation encadrant ce genre de méthodes me semble du plus parfait ubuesque ; une sorte de cynisme à son plus haut degré, un peu comme si l’on avait introduit dans le Code noir une disposition demandant à l’esclave de contresigner le fait qu’il aurait droit à tant de coups de fouet pour telle "incartade".

    Mais la "démocratie" a tant de subtiles convenances que l’on pourrait bien y arriver, en effet, alors même qu’il conviendrait de simplement interroger ce qui a motivé l’invention des drones : à ma connaissance, une innovation - un "progrès" donc, à n’en pas douter -, de l’ingénierie israëlienne, laquelle a en effet comme préoccupation, en tant qu’elle est celle d’une force d’occupation, celle de la surveillance en continue des populations occupées.
    On ne verra donc pas comme un hasard que les drones soient aussi largement utilisés à cela, en doublon des caméras de surveillance "démocratique", à l’occasion de manifestations populaires particulières - matchs, etc, - par les "démocraties" occidentales.

  • permalien HN :
    4 juillet 2011 @13h58   « »

    @Vitigis

    USA, Israël, passez des drones aux kamikazes, on ne vous accusera plus de priver "arbitrairement" les gens de leur vie !

    Encore un prestidigitateur...
    Déjà ce serait plus couillu que de bombarder des civils depuis un tank, un porte-avion ou un B52 sans risquer sa vie. Mais au final, le résultat est le même. Violence, souffrance, ...
    Vous voulez juste vous trouver du bon côté de la caméra et du canon, faire la loi un peu partout et qu’on vous sourit en retour.
    Avoir le beau rôle tout en provoquant les mêmes maux que vos ennemis.

    Croyez-vous qu’un kamikaze irakien/palestinien/afghan s’estime plus heureux qu’un américain parce qu’on ne considère pas qu’il "prive arbitrairement les gens de leur vie" ???
    Mais quelle aubaine ! La belle vie quoi ! Du phosphore pour les gazaouis, de l’uranium pour les irakiens, des "frappes chirurgicales" pour les afghans ; en échange, on ne les accuse pas de "priver arbitrairement les gens de leur vie"... Quelle reconnaissance !!
    Juste on les appelle des terroristes...

    Merci par avance d’arrêter de faire passer des vessies pour des lanternes à la sauce Bernays & co.

    Cdlmt

  • permalien Houcine :
    4 juillet 2011 @14h23   « »

    Concernant l´usage des drones !

    On fait recours a ces appreils, parce que de nombreux pilotes de chasse ne veulent plus refaire le passe et commettre des crimes contre sa propre conscience.

    Les criminels en quete de dominer le monde et faire leurs uniques lois, ils ont trouve d´autres moyens pour faire leurs sales guerres (les drones)

    Houcine en Exil__

  • permalien Frédéric :
    4 juillet 2011 @22h22   « »
    Drones, démocratisation de la technologie.

    Je rappelle que même un ’’parti politique’’ possède des drones :)

    Le Hezbollah en à depuis 2004 selon Nasrallah dans un discours de novembre 2004, au moins 1 d’entre eux abattu par la chasse Israélienne en 2006, et que l’Iran développe également des drones armées, tandis que des drones de reconnaissance de ce pays ont étaient utilisé au dessus de l’Irak (1 au moins descendu par l’USAF) et du Yémen, la Chine en à déjà opérationnels.

    Tout cela pour rappeler qu’il ne s’agit que d’un nouveau vecteur qui arrive à maturité après des essais datant des années 1960. Les drones ne sont pas plus ’’illégales’’ que les hélicoptères de combat ou les missiles et son relatif bas cout en font des armes à la portée de toutes les bourses, même les narcotraficants Mexicains en auraient acquit.

    Quand on à voulu se débarrasser de Kadafy en 86, Washington envoyait des F-111, quand il s’agissait de frapper Al Quada après les attentats contre les ambassades en Afrique en 1998, on envoyait des missiles de croisières, aujourd’hui, pour frapper une cible spécifique et avec un meilleur taux de réussite, on envoi des Reaper.

    Et ces derniers n’ont était envoyer que dans des pays ou ils avaient des opérations militaires en cours utilisant d’autres systèmes d’armes (Irak, Afghanistan, Libye) ou dans des zones avec l’approbation du gouvernement légal (Somalie, Pakistan, Yémen).

    Je confirme mon post précédent sur la diminution des tirs amis et pertes collatérales, car ces engins permettent de visualiser les cibles sans avoir d’opérateurs prit dans le stress du combat.

    Durant les XIXe et XXe Siècle, les pertes dut à un tir de son propre camp ont varié de 10 à 25 % (confusion du combat, artillerie et mitrailleuse tirant à l’aveugle, sentinelles tirant par peur, bombardiers larguant des bombes sur leurs propres troupes depuis la Grande Guerre).

    Durant la guerre de 1991, je rappelle qu’au moins un quart des morts de la coalition étaient à de tels erreurs de tirs. Sur la ligne de front, cela à causé quasiment autant de pertes que les tirs irakiens, le reste de victimes étant du aux mines. Sur les 20 VCI M2 Bradley détruits lors de la Tempéte du Désert par exemple, seul 3 ont était victime de tirs Irakiens, les 17 autres ont était touchés par l’armée américain !

  • permalien Rogeas :
    4 juillet 2011 @23h59   « »

    "Call of duty"
    J’aimerais comprendre comment se fait-il que...

    En attendant, mon frère y joue depuis longtemps déjà. Il existe des statistiques (paradoxalement) très loquaces sur l’engin : il a dépensé l’équivalent de deux années non-stop d’une vie à tuer des personnages modélisés en 3 dimensions. La technologie ne cesse de les faire ressembler aux humains, l’effet inverse le permettrait-il de tuer ses semblables sans sourciller ? Je pense que, en tout cas, la réalité n’est pas prête de prendre corps à ses yeux...

    Foutu monde. À quand... ?

  • permalien arndebian :
    6 juillet 2011 @17h36   « »
    Robots hors-la-loi !

    Article interessant même s’il ne fait que lancer le sujet.
    La question des drones est ardue et nécessite bien plus.

    Un point, l’automatisation dans nos sociétés capitalistes n’a qu’un seul but : réduire les coûts et rien d́ autre. Les histoire à dormir debout de risque humains et de moralité ne sont que de la basse propagante. Relisez Lemay, Warden ou les autres si vous avez le moindre doute !

    Il semble que la question des drones télépilotés soit presque obsolète avec ĺ arrivée de la relève que l’on prépare ardemment.
    Les prochains seront en effet complètement autonome, cad que ce sera bien un algorithme qui décidera qui et quand tuer.

    http://waronyou.com/topics/x-47b-ki...

    Ć est dores et déjà inévitable et dans quelques années on se rappelera le bon vieux temps ou des hommes se tueaient entre eux.

    >Stephane : "la prochaine étape risque d’etre l’utilisation d’aeronefs teleguides dans une attaque terroriste... He oui, "eux" aussi pourraient bien employer ces engins de mort venant du ciel"

    Ć est inévitable car dans l’histoire de la technique. Et vu la rapidité de l’évolution de l’électronique/informatique cela ne saurait tarder. Ce qui ramène à :

    >Vitigis : "USA, Israël, passez des drones aux kamikazes, on ne vous accusera plus de priver "arbitrairement" les gens de leur vie !"

    J’espère que cela vous rassure mais lorsque un robot chassera les vôtres pour les tuer, pensez que la pitié n’est pas un concept codable en IA, avant de nous assomer avec vos sornettes égyptiennes.

    Il est interressant de voir avec quelle facilité nos sociétés dit avancées (en quoi ?) ont acceptés le principe de l’assasinat télécommandé. Lorsque ce sera notre tour d’être visé par des machines alors peut être que l’on se posera des questions étiques.

    Un assasinat reste un assasinat, avec ou sans machine et nous savons tous que seul meurent les hommes, pas les machines.

    Alors, qui est gagnant ?

  • permalien K. :
    15 juillet 2011 @14h48   « »

    Dans un article qui explique que lorsque les médias occidentaux et "péripériques" affirment que la guerre des drones est approuvée par les Pakistanais, le les correspond à l’"élite" compradore pakistanaise, tandis que le commun des mortels vit dans la terreur.
    http://english.aljazeera.net/indept...

    La guerre drone a développé son propre argot [chez les "opérateurs" yankees]. Les humains apeurés au sol courant pour se mettre à l’abri sont appelés "Squirters." Les attaques réussies sont appelés "bugsplats".

    La ressemblance avec l’extermination des insectes ne laisse évidemment pas indifférents les guerriers de drones. Plusieurs opérateurs de drones ont fait des commentaires sur sa "nature antiseptique" et le détachement émotionnel qu’elle engendre. "C’est comme un jeu vidéo", a déclaré l’un d’eux à Peter Singer, auteur de Wired for War, "ça peut devenir un peu sanguinaire. Mais c’est sacrément [fucking] cool."

    Les quelques journalistes qui ont pris la peine d’enquêter sur ce que c’est que d’être ceux qui reçoivent ces machines de mort-Graeme Smith du Globe and Mail, par exemple - ont découvert des villageois traumatisés dépensant leurs maigres ressources sur la médecine psychiatrique. (..) L’anxiété est partout, et la plupart trouvent la peur constante de la mort pire que la mort.

  • permalien K. :
    18 juillet 2011 @11h32   « »

    Une fusion pour mieux éviter les répercussions légales.

    “Petraeus’s appointment to head the CIA is an important indication that the US wants to fuse intelligence and military operations,” says a senior figure at the UK Ministry of Defence.

    http://www.ft.com/intl/cms/s/0/20a2...

  • permalien K. :
    20 juillet 2011 @14h06   « »

    Fantastique article de l’AFP qui amène à croire que la motivation de la plainte est seulement l’emploi des drones dans un pays officiellement non-ennemi, alors que les plaignants ont tous
    perdu des membres innocents de leur famille.

    ISLAMABAD - Des proches de victimes d’attaques de drones américains dans les régions tribales du nord-ouest du Pakistan ont demandé l’arrestation d’un responsable de la CIA aujourd’hui à la retraite, dans une plainte déposée lundi auprès de la police, a annoncé leur avocat.

    Nous avons déposé une plainte pour (l’émission) d’un mandat d’arrêt international contre John A. Rizzo, un responsable de la CIA, a déclaré l’avocat, Mirza Shahzad Akbar, lors d’une conférence de presse.

    (..)

  • permalien
    29 juillet 2011 @23h00   « »

    S’il faut dépenser 20 milliards de dollars US par an pour tuer seulement des terroristes de rang moyen [et essentiellement des civils,] il faut clairement arrêter la campagne drones dit l’ex chef de
    la CIA Dennis Blair.

  • permalien K. :
    8 octobre 2011 @19h09   « »

    Des virus à l’attaque des drones de l’armée américaine

    http://www.slate.fr/lien/44775/viru...

  • permalien K. :
    6 février 2012 @23h53   « »

    Un yankee de haut rang anonyme au New York Times, en réponse à une enquête affirmant que les drones yankees au Pakistan ciblent des secouristes de victimes de drones et des personnes qui participent aux funérailles des victimes de drones :

    ceux qui s’opposent à nous veulent faciliter l’ascension de Al-Qaeda.

  • permalien K. :
    6 mai 2012 @14h13   « »

    (...) Peter Bergen (...), de la New America Foundation – qui ne passe pas pour une institution très critique de la politique fédérale,...

    C’est le moins qu’on puisse dire,

    Dépeint par les républicains comme un commandant en chef des armées pacifiste, prêt à prôner l’apaisement avec l’Iran, sans expérience militaire, Barack Obama véhicule une image trompeuse.

    Dans une tribune libre parue dimanche [dernier] dans le New York Times, le spécialiste de la sécurité nationale Peter Bergen est le premier à contester cette réputation. Le président est un « guerrier en chef ». Il a dépassé le « syndrome du Vietnam »

  • permalien K. :
    26 mai 2012 @21h16   « »

    Donnez à chacun de nous les 60.000 USD que coute un drone "Hellfire" pour amener l’eau et l’électricité et construire des dispensaires et des écoles, et vous verrez les rangs des Taliban et de AQ fondre comme neige au soleil, disent les villageois Pakistanais victimes des drones interrogés par Clive Stafford Smith.

    Boeing et consorts (et les "think-tank") feraient maintenant pression pour que le gouvernement yankee interdise aux citoyens US d’aller au Pakistan, pour raisons de sécurité.

  • permalien K. :
    28 mai 2012 @07h49   « »

    26/5/2012 : 8 civils tués par une frappe de drone en Afghanistan, dont 6 enfants.

  • permalien K. :
    29 mai 2012 @21h05   « »

    Tiré d’un très long article du "New York Times" aujourd’hui

    M. Obama a adopté une méthode contestée pour compter les victimes civiles (...) Elle considère en effet, selon plusieurs responsables de l’administration, tous les hommes d’âge militaire dans une zone de frappes comme des combattants...

    ...présumé coupable jusqu’à preuve du contraire...

    ...une preuve... posthume...

    ....à moins qu’il n’existe des renseignements explicites à titre posthume prouvant leur innocence....

    Cette méthode de comptage peut expliquer en partie que le nombre de décès collatéraux avancé par les officiels soit extraordinairement faible.

    A bon entendeur, salut.

  • permalien K. :
    29 mai 2012 @21h07   « »

    Les passages dans l’anglais d’origine.

    Mr. Obama embraced a disputed method for counting civilian casualties that did little to box him in. It in effect counts all military-age males in a strike zone as combatants, according to several administration officials, unless there is explicit intelligence posthumously proving them innocent.

    (...)

    This counting method may partly explain the official claims of extraordinarily low collateral deaths.

  • permalien K. :
    30 mai 2012 @00h44   « »

    D’autres extraits du même article sus-cité du New York Times,

    Certains responsables du Département d’Etat se sont plaints à la Maison Blanche que les critères utilisés par la CIA pour identifier une "marque" terroriste étaient trop laxistes. La blague est que lorsque la CIA voit "des gars qui font trois sauts," l’agence pense que c’est un camp d’entraînement terroriste, a déclaré un haut fonctionnaire. Les hommes chargeant un camion avec de l’engrais sont des faiseurs de bombes potentiels....

    A côté du président, à chaque étape, se trouve son conseiller antiterroriste, John O. Brennan, qui est (..) comparé par ses collègues à (...) un prêtre dont la bénédiction est devenue indispensable pour M. Obama, évoquant ainsi un président essayant d’appliquer les théories de la « guerre juste » des philosophes chrétiens à un conflit moderne brutal. ...

    Ailleurs, l’ancienne agent spéciale du FBI COLEEN ROWLEY écrit

    Ces reporters du New York Times font un bon travail en expliquant comment les calculs politiques d’Obama et le désir de montrer de la dureté dans la « guerre contre le terrorisme » a conduit à son rôle de juge, jury et bourreau. Alors que Bush détenait et torturait, Obama impressionne les anciens fonctionnaires de Bush en ne faisant pas de prisonniers, évitant ainsi toutes les tracasseries des questions légales qui tendent à se produire devant les tribunaux.

  • permalien K. :
    30 mai 2012 @20h27   « »

    Pour rappel, l’ignomineuse agression contre l’Irak a montré que les bombardements aériens tuent plus de civils que les attentats-suicide.

    ... les méthodes qui ont tué le plus des civils par évènement ont été les bombardements aériens (17 par événement), l’utilisation combinée dde bombardements aériens et d’armes au sol (17 par événement), et les kamikazes à pied (16 par événement).

    ...

    Il semble clair à partir de ces constatations que, pour protéger les civils des bombardements sans discrimination, tel que requis par le droit international humanitaire (y compris les Conventions de Genève), les politiques militaires et civiles devraient interdire les bombardements aériens dans des zones civiles, sauf s’il peut être démontré - par une surveillance du nombre de victimes civiles , par exemple - que les civils sont protégés.

  • permalien K. :
    30 mai 2012 @23h54   « »

    Where the Drones Are

    Given the politically sensitive nature of stationing U.S. government personnel or private contractors to support drone operations in another country’s sovereign territory, it is impossible to identify and verify the complete architecture of air bases from which U.S. strike and spy drones fly.

  • permalien K. :
    1er juin 2012 @07h37   « »

    Milice Sans Frontières Inc.

    L’armée yankee fait de la “diplomatie” (convaincre les “commandos” des pays étrangers de rejoindre les rangs des "forces d’opérations spéciales" [SOCOM] yankees)...

    The admiral [William McRaven, actuel chef de la milice transnationale sous commandement yankee] has enthusiastically widened and deepened his command’s alliances with commando forces from allied nations — all in a bid to build what he calls the “global SOF partnership.” The Army 10th Special Forces Group’s ongoing deployment to Afghanistan is a perfect example : 10th Group’s Afghanistan task force includes commandos from Poland, Romania and several other countries.

    ...et la diplomatie yankee se militarise :

    In this 21st-century world, the closer integration of military and diplomatic missions may lean more in the direction of a militarisation of diplomacy than the other way round. That certainly is significant.

    Pour paraphraser Clémenceau, la guerre est une chose trop grave pour être confiée à des yankees.

  • permalien K. :
    1er juin 2012 @21h02   « »

    Le "Bureau of Investigative Journalism" distingué par "Amnesty International."

  • permalien K. :
    6 juin 2012 @15h23   « »

    Aujourd’hui, énième massacres de civils étrangers par les “civilisés”,....

    An Associated Press photographer saw the bodies of five women, seven children and six men piled in the back of vans that villagers drove to the capital of Logar province to protest Wednesday’s strike on a house in the volatile Baraki Barak district.

    ....et énième déni,...

    NATO denies Afghan claims that airstrike killed 18 civilians

    ...en attendant la énième reconnaissance post-déni.

  • permalien K. :
    8 juin 2012 @21h05   « »

    La énième reconnaissance post-déni :

    Le commandant en chef des forces de l’OTAN en Afghanistan a présenté ses excuses pour la mort de civils dans une frappe aérienne cette semaine, a annoncé vendredi un porte-parole.

  • permalien K. :
    8 juin 2012 @22h47   « »

    Comment naissent les Ben Laden (interviewé en 2001) :

    Le massacre de civils innocents, comme plainte des Américains et de quelques intellectuels, est sujet vraiment très étrange. Qui a dit que nos enfants et civils ne sont pas innocents et que la perte de leur sang est justifiée ? Qu’il vaut moins ?

    Quand nous tuons leurs innocents, le monde entier d’Est en Ouest nous adresse des cris perçants, et l’Amérique rassemble ses alliés, ses agents, et les fils de ses agents. Qui a dit que notre sang n’est pas sang, contrairement au leur ? Qui a fait cette déclaration ?

    Qui a été tué dans nos pays pendant des décennies ? Plus de 1 million d’enfants morts en Irak et d’autres qui meurent toujours. Pourquoi nous n’entendons pas quelqu’un crier ou condamner, ou même quelqu’un avoir des mots de condoléance consolateurs ?

    Yankees, ce jour : Nous allons augmenter les frappes de drones.

    Maintenant, a déclaré un haut responsable américain, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat du fait de la sensibilité du sujet, l’attitude de l’Administration est, "Qu’est-ce que nous avons à perdre ?"

    Au contraire, ces charognards ont tout à gagner à créer un nouveau Ben Laden.

  • permalien K. :
    13 juin 2012 @23h47   « »

    On est bien d’accord.

    I (...) am quite confident that at some point [another 9/11] will [happen]. How could any rational person expect their government to spend a full decade (and counting) invading, droning, cluster-bombing, occupying, detaining without charges, and indiscriminately shooting huge numbers of innocent children, women and men in multiple countries and not have its victims and their compatriots be increasingly eager to return the violence ?

  • permalien K. :
    15 juin 2012 @01h01   « »

    « How Drones Help Al Qaeda »

    http://www.nytimes.com/2012/06/14/o...

  • permalien K. :
    7 juillet 2012 @22h54   « »

    Peter Bergen, le propagandiste attitré de Obama.

    http://www.theatlantic.com/politics...

  • permalien K. :
    8 juillet 2012 @13h40   « »

    Au total le parti-pris dans cet envoi quant au nombre de victimes civiles des frappes de drones est étrange.

    Si force est de constater, effectivement, que les comptes rendus de presse sont la seule source disponible, force aussi est de constater que la partie de la presse qui affirme que le nombre de victimes civiles est plus important que le nombre de militants (voir par exemple la presse pakistanaise, certes partie prenante mais pas plus que les Etatsuniens très largement cités dans cet envoi) est totalement ignorée.

    Si le chiffre délirant des responsables américains est cité (certes d’une manière qui le met en doute- mais de toute façon qui aurait pu avaler une propagande aussi grossière ?) pourquoi ceux qui avancent des chiffres inversés à ceux de la NAF, pourtant véritable organe de propagande de la Maison Blanche, ne le sont pas ?

  • permalien Julien :
    25 juillet 2012 @09h33   « »

    Pour une analyse juridique des frappes de drone :

    http://larevuedepressejuridique.org...

  • permalien K. :
    18 août 2012 @21h15   « »

    Gareth Porter :

    La méthodologie biaisée de Peter Bergen.

  • permalien K. :
    4 septembre 2012 @22h26   « »

    A côté du président, à chaque étape, se trouve son conseiller antiterroriste, John O. Brennan, qui est (..) comparé par ses collègues à (...) un prêtre dont la bénédiction est devenue indispensable pour M. Obama, évoquant ainsi un président essayant d’appliquer les théories de la « guerre juste » des philosophes chrétiens à un conflit moderne brutal. ...

    Tom Engelhardt :

    Prier à l’Eglise Saint-Drone.
    Le président et ses apôtres

  • permalien K. :
    7 septembre 2012 @01h56   « »

    Pour (l’homme de Droit !) Obama les "garanties d’une procédure régulière" ("due process of law") sont remplies quand le juge et le jury sont choisis par l’accusation et qu’il n’y a pas d’avocat de la défense.

    Comme le dit Micah Zenko, “that is total BS [bullshit]"

    Voir : Obama Finally Talks Drone War, But It’s Almost Impossible to Believe Him.

  • permalien K. :
    7 septembre 2012 @18h50   « »

    Europe to open skies to drones by 2016 says Commission document

    http://dronewarsuk.wordpress.com/20...

  • permalien K. :
    25 septembre 2012 @21h44   « »

    Rapport des universités Stanford et de New York publié récemment :

    Cette étude, basée sur des entretiens avec des victimes, des témoins et des experts, critique le président américain, Barack Obama, pour l’escalade dans les frappes ciblées où les groupes terroristes sont sélectionnés simplement à travers une analyse à distance de leur menace.

    Le résultat de telles frappes est que les familles pakistanaises "ont peur d’assister à des mariages ou des enterrements, du fait que les opérateurs américains au sol qui dirigent ces drones pourraient interpréter de façon erronée ces rassemblements comme étant ceux de militants talibans ou d’Al-Qaida", souligne le rapport.

    Un autre doute, que souligne le rapport, est le caractère supposé "chirurgical" et "aux effets collatéraux minimisés" des frappes des drones américains dans le "pays des purs".

    Le rapport estime que cet argument est "faux."

    Par ailleurs, la présence permanente de drones au-dessus du territoire pakistanais, qui agissent sans prévenir, "terrorise la population hommes, femmes et enfants, provoquant anxiété et séquelles psychologiques parmi les populations civiles".

    [L]e nombre de militants de "haut niveau", c’est-à-dire les responsables de haut rang, tués par ces frappes est très faible. Il est estimé à juste 2 % des morts.

    Par ailleurs, les frappes ont facilité le recrutement des groupes terroristes et ont motivé d’autres attaques contre les Américains et l’ISAF en Afghanistan. Et le rapport fait référence à "une autre étude qui montre que 74 % des Pakistanais considèrent maintenant les Etats-Unis comme un ennemi".

    Bref, du moment que les raisons d’intervenir restent présentes, les yankees sont ravis.

  • permalien K. :
    25 septembre 2012 @21h58   « »

    As part of their study the legal teams at New York and Stanford universities examined the work of the three main bodies which monitor CIA drone strikes – the Bureau, the Long War Journal (LWJ) and the New America Foundation (NAF).

    Noting that all three databases are susceptible to bias because of reporting restrictions in the tribal areas, the report nevertheless concluded that one source was far more dependable. Both LWJ and NAF are heavily criticised for their poor sourcing of strikes, and for their insistence on defining those killed as ‘militants’,even when their source materials often say no such thing.

    In contrast the Bureau’s Pakistan data is praised as ‘the most reliable available source.’

    http://www.thebureauinvestigates.co...

  • permalien K. :
    25 septembre 2012 @22h21   « »

    Les frappes en deux temps, la seconde lorsque les témoins accourent vers le lieu de la première, étaient une spécialité des immondes salopards en tous genres (dont ceux qui spéculaient sur le taux de change de la livre libanaise) qui sévissaient pendant la guerre civile libanaise.

    Les yankees sont à ranger dans cette catégorie :

    America’s deadly double tap drone attacks are ’killing 49 people for every known terrorist in Pakistan’

  • permalien K. :
    25 septembre 2012 @22h34   « »

    On en est là avec les yankees, on en est là avec les médias de référence, et ça leadershipe quand même.

    Quand vous racontez comment vous vous y êtes pris pour tuer le gibier, cela ne pourrait-il pas prouver que vous avez été à la chasse au gibier ?

    Pas du tout.

  • permalien K. :
    25 septembre 2012 @23h34   « »

    Logiquement.

    .. les innocents qui prétendent vivre un cauchemar ne comprennent pas ou sont des ingrats envers ce que les États-Unis essaient de faire pour apporter la sécurité et la liberté au Pakistan.

  • permalien K. :
    30 septembre 2012 @13h15   « »

    Au minimum :

    The Civilian Impact of Drones : Unexamined Costs, Unanswered Questions

  • permalien K. :
    17 octobre 2012 @16h16   « »

    Borjan, 12 ans ; Sardar Wali, 10 ans ; et Khan Bibi, 8 ans, sont les 3 derniers civils tués en Afghanistan par l’Isaf.
    http://www.thenation.com/blog/17059...

    Le "New York Times" n’en parle qu’incidemment dans un article consacré à la dernière attaque de soldats ou militaires afghans contre les "good guys".

    http://www.nytimes.com/2012/10/17/w...

  • permalien K. :
    22 octobre 2012 @21h10   «

    Fabuleux. Même la “preuve posthume” de leur innocence est impossible :

    L’attaque de drone a visé quatre membres d’Al-Qaïda alors qu’ils circulaient dans le district al-Wadi de la province de Marib vers 8h du soir, a dit un officier du Département des enquêtes de Marib.

    "Nous ne pouvons pas identifier leurs identités", a déclaré l’enquêteur, "[les cadavres] étant tous carbonisés."

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