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La place Tahrir s’embrase à nouveau

jeudi 30 juin 2011, par Alain Gresh

Les affrontements violents qui se sont déroulés sur la place Tahrir confirment que « l’Egypte est en révolution » (lire Le Monde diplomatique, juillet 2011, en kiosques). Une révolution au tout début du gué, pour laquelle bien des luttes seront encore nécessaires, comme le montrent les évolutions de la presse (« Des médias en lévitation »).

Que s’est-il passé dans la nuit du 28 au 29 juin ? Il est difficile de se faire une idée précise sur l’élément déclencheur des violences (pour les différentes versions, lire « Who pulled the first punch ? Conflicting accounts of the Martyrs’ Day of Rage in Tahrir », Ahram online, 30 juin). Des familles de martyrs de la révolution tenaient une réunion dans un théâtre ; certaines autres familles ont essayé de s’y joindre mais auraient été interceptées par la police, qui a opéré des arrestations. Elles se sont alors repliées sur la place Tahrir où d’autres arrestations ont eu lieu, les policiers utilisant des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes. Des centaines de personnes se sont alors jointes aux manifestants et les combats ont duré toute la nuit (on trouvera une chronologie heure par heure sur le site d’Ahram online.) Selon les chiffres du ministère de la santé, un millier de blessés dont 124 ont été hospitalisés.

On trouvera aussi une couverture vidéo (en arabe) qui permet de suivre presque en direct ce qui se passe à Tahrir sur le blog 3Arabawy.

Au-delà de l’étincelle qui a mis le feu aux poudres, l’exaspération des familles de martyrs qui ne voient pas les coupables d’exactions punis par la justice alimente les colères.

Sur le site The Arabist, Ursula Lindsey écrit (« Fighting again in Tahrir », 29 juin) :

« Cette violence est le résultat inéluctable du manque de transparence et de dynamisme des procédures judiciaires contre les responsables de l’ancien régime, et en premier lieu de la police. Les familles des victimes ont été interdites d’assister à la dernière session du procès de Habib Al Adly, l’ancien ministre de l’intérieur ; leur colère a éclaté lorsque le procès a été encore une fois reporté. Tous les jours, j’entends des histoires sur des officiers de police inculpés ou susceptibles de l’être qui reviennent à leurs anciennes fonctions ; que des familles sont achetées ou menacées (“nous arrêterons votre autre fils pour une affaire de drogue”) si elles ne renoncent pas à porter plainte. »

Alors qu’on attendait pour le jeudi 30 juin le verdict du procès contre les deux policiers présumés responsables de la mort du jeune blogueur Khaled Said à Alexandrie, le 6 juin 2010, la décision a été repoussée en septembre. Said est devenu l’un des symboles de la révolution du 25 janvier.

Mais c’est aussi l’usage de la violence par les forces de l’ordre et la décision de présenter les personnes arrêtées à des procureurs militaires qui soulèvent la colère et une volonté de pousser à des changements plus profonds. Le mouvement du 6 avril, qui appelait à une manifestation à Tahrir le vendredi 8 juillet, a décidé de commencer un sit-in dès le jeudi 30 au matin, après la prière (« April 6 Youth Movement moves up July protest in response to clashes », Almasryalyoum, 29 juin).

Les révolutions arabes ne sont pas finies, mais elles sont encore à leur début. Elles se heurtent à bien des obstacles, à bien des défis, mais la volonté des peuples de ne capituler ni devant la répression ni devant les fausses promesses, est la garantie du succès. Cette volonté s’exprime aussi à travers les nombreuses organisations qui se sont constituées ces dernières années en Egypte pour préparer la révolution, et qui poursuivent leurs activités.

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J’ai désormais un compte Twitter. C’est une expérience nouvelle pour moi, mais je pense qu’elle permet de transmettre des informations et des liens que je ne peux signaler ici. Alors que s’approche le cinquième anniversaire du blog, ce développement permettra, je l’espère, de mieux faire passer « une autre information, d’offrir une autre manière de voir le Proche-Orient et ses conflits ».

70 commentaires sur « La place Tahrir s’embrase à nouveau »

  • permalien Orangerouge :
    30 juin 2011 @18h59   »
    Mobilisation pour la Flottille bloquée en Grèce

    Contactez les ambassades grecques avec un seul mot d’ordre : LAISSEZ PARTIR NOTRE FLOTTILLE DE LA LIBERTÉ !

    Coordonnées des ambassades et consulats sur le site d’Europalestine ci-dessous

    Manifestations :
    A Paris devant l’ambassade
    A Marseille devant le Consulat Général de Grèce, 38 rue Grignan
    Et partout en France, manifestons devant les mairies ou les préfectures, car devant la lâcheté et la complicité criminelle de nos gouvernants, il ne reste que la mobilisation citoyenne.

    A Paris, la coalition appelle à une manifestation DEMAIN vendredi 1ER JUILLET A PARTIR DE 18 HEURES DEVANT A L’AMBASSADE DE GRECE 17 RUE AUGUSTE VACQUERIE 75016 PARIS (Métros : Kléber, ligne 6 ou Charles-de-Gaulle/Etoile, lignes 1,2,6 ; RER A)

    http://www.europalestine.com/spip.p...

    Les bateaux sont bloqués par les autorités grecques sous des prétextes divers.

    Thomas Sommer-Houdeville, porte-parole de la Flottille française, appelle à faire pression sur les autorités grecques :
    http://oumma.com/Exclusif-Thomas-So...

  • permalien K. :
    30 juin 2011 @23h43   « »

    "Egypt shaped at the grass roots", Philip Marfleet, 25/06/2011 (1)

    http://www.opendemocracy.net/philip...

    Les pressions économiques qui aident à expliquer l’implication massive dans les événements de Janvier et Février se sont intensifiées et sont à l’origine de toutes sortes de protestations populaires et d’exigences adressées au Conseil suprême des Forces Armées (SCAF), le gouvernement militaire qui a succédé a Moubarak.

    Dans le passé la plupart des Egyptiens ont en grande partie souffert en silence. Les libertés acquises depuis Février permettent l’expression publique de leurs malheurs - et partout il y a des preuves d’une détresse extrême comme d’une détermination pour y remédier.

    La détermination de ceux qui protestent dans un climat de libre expression est capturée dans les événements à l’extérieur des locaux de la télévision Maspero du Caire. Ici des centaines de personnes sans-abri campent, leurs tentes et couvertures étalées sur les trottoirs d’une des rues les plus fréquentées du Caire. Ils ont perdu leurs maisons en 2008, quand un éboulement dans le quartier de Duweiqah a détruit des dizaines de bâtiments, causant plus de 100 morts : la catastrophe a été largement attribuée à l’activité illicite de promoteurs immobiliers sans scrupules favorisés par le régime de Moubarak. Quelques 1300 familles ont d’abord été placées dans un camp provisoire dans lequel, disent-ils, la situation est devenue intolérable. Démunis et de plus en plus désespérés, ils ont exigé un traitement différent de la part du gouvernement d’après-Moubarak et demandent à être relogés.

    Parmi les banderoles à Maspero on lit : "Six mois se sont écoulés [depuis que le Premier ministre Essam] Sharaf a pris ses fonctions, nous avons le droit d’établir un sit-in." Le policier principal à Maspero dit qu’il n’ose confronter les manifestants pour les amener à quitter : "les policiers ont appris leur leçon", a-t-il déclaré au journal Al Masry Al Youm. "Toute sorte de confrontation entre la police et la population aurait des conséquences catastrophiques." Maspero est visible depuis le siège en ruine de Parti national démocrate de Moubarak - pris d’assaut puis incendié le premier "jour de colère", le 28 Janvier.

    Cet épisode contient de nombreuses caractéristiques de l’ensemble du drame national. Les personnes sous pression aiguë se sont enhardies grâce au mouvement révolutionnaire pour procéder à des protestations publiques qui les mettent en confrontation avec les autorités locales et nationales : il y a un affrontement culotté avec les forces de sécurité qui, endommagées par le soulèvement, hésitent à les discipliner selon les anciennes méthodes.

  • permalien K. :
    30 juin 2011 @23h55   « »

    "Egypt shaped at the grass roots", Philip Marfleet, 25/06/2011 (2)

    En Mars le Premier ministre Sharaf a émis un décret qui criminalisait les manifestations et les grèves, prévoyant des peines sévères pour les personnes impliquées (..)

    Le SCAF aimerait donner des preuves de son autorité en mettant en œuvre le décret. Des troupes sont intervenues à deux reprises dans des événements au centre du Caire en avril et mai, entraînant l’indignation des militants et les protestations d’une multitude de groupes d’opposition. L’armée a ensuite maintenue un profil bas jusqu’à ce que en Juin le Premier ministre annonce que le décret sera appliqué sans délai. La plupart des manifestations de rue et des grands conflits de travail continuent néanmoins sans interférence.

    Les travailleurs de l’important complexe d’aluminium de Nag Hammadi - le plus grand complexe industriel dans le sud du pays - ont récemment occupé l’usine pendant plusieurs jours, réclamant une augmentation des primes et indemnités, des emplois pour les membres des familles des employés et la démission des autorités de gestion . L’armée était présente mais n’est pas intervenue. Le leader des travailleurs Effat Bahig a déclaré : "L’armée sécurise le sit-in mais il n’y a rien de plus qu’elle puisse faire." Le différend a pris fin lorsque la direction a promis une action immédiate en faveur des revendications ouvrières.

    Particulièrement préoccupant pour le sommet de la hiérarchie militaire du SCAF sont les trois réseaux nationaux de militants qui se sont développés rapidement ces derniers mois.

    Des groupes syndicaux indépendants ont été établis dans les lieux de travail à travers le pays, organisant des grèves et des sit-ins, qui demandent une augmentation des salaires, de meilleures conditions et de meilleures pensions, et - un élément clé du mouvement - la purge des cadres corrompus et violents qui ont prospéré sous la régime de Moubarak. (..)

  • permalien K. :
    1er juillet 2011 @00h03   « »

    "Egypt shaped at the grass roots", Philip Marfleet, 25/06/2011 (3)

    Les nouveaux syndicats, qui se sont organisés pour former conjointement la Fédération égyptienne des syndicats indépendants (FESI), ont reçu le soutien enthousiaste du mouvement syndical international. Ils ont pour objectif de recruter dans les secteurs public et privé, de manifester leur solidarité à ceux en conflit avec les employeurs, dont l’État lui-même.

    Une demande clé soutenue par de nombreux groupes syndicaux est un salaire minimum mensuel national de 1.200 livres égyptiennes (125 £). Le ministre des Finances Samir Radwan a annoncé un chiffre de 700 livres égyptiennes pour la prochaine année fiscale, et une aspiration à atteindre £ 1,200 égyptiennes dans les cinq ans. Son annonce a provoqué la colère des militants syndicaux, qui affirment que la hausse des prix signifie que des millions d’Egyptiens sont confrontés à une crise de survie et ont besoin d’une augmentation significative immédiatement.

    Les employeurs se sont opposés même aux modestes £ 700 de Radwan : Gamal Bayoumi, chef de l’Union des investisseurs arabes , a déclaré à un récent forum économique que les hausses salariales étaient "une plaisanterie » qui menaçait la croissance économique." Le ministre de l’Emploi Ahmed El-Boraei avait averti : "Si nous disons non [au salaire minimum] les Egyptiens vont frapper à Tahrir à nouveau."

    Un second domaine de mobilisation populaire se trouve à la campagne. Là les paysans réclament des terres acquises à la suite de réformes initiées dans les années 1950 sous le gouvernement de Gamal Abdel-Nasser, mais qui avait été « dé-séquestrées" sous Moubarak et restituées aux familles de propriétaires terriens, qui les détenaient pendant la période coloniale. Depuis Février, il ya eu de nombreux "empiètements" » par des groupes de paysans sur des terres qu’ils cultivaient jusqu’à ce que dans les années 1990 les anciens propriétaires ont invoqué une loi qui leur a permis d’imposer d’énormes augmentations des loyers et leur a offert la possibilité d’expulser les fermiers. En mai les militants paysans ont créé une nouvelle organisation nationale avec des objectifs qui incluent la récupération des terres des propriétaires privés. La Fédération indépendante des agriculteurs égyptiens dit qu’elle a recruté des milliers de fallahines (cultivateurs) dans 16 provinces du pays.

  • permalien K. :
    1er juillet 2011 @00h10   « »

    "Egypt shaped at the grass roots", Philip Marfleet, 25/06/2011 (4)

    Une troisième forme d’activité de masse, qui s’oppose directement au SCAF est l’organisation communautaire locale - l’émergence nationale de Comités pour la Défense de la Révolution.- La plupart des villes ont plusieurs groupes : dans les grandes villes comme Le Caire et Alexandrie il y a des dizaines de comités et des milliers de militants. Une réunion de coordination nationale en avril a convenu d’un programme "pour les objectifs immédiats de la révolution", y compris : des procès publics concernant le président déchu, sa famille et leurs collaborateurs ; la formation d’un conseil civil présidentiel ; des élections législatives libres, l’élection directe des gouverneurs, des maires et des chefs de village, mettre fin aux lois d’urgence, la saisie des terres vendues illégalement sous l’ancien régime pour des projets de logement public, et la confiscation des entreprises d’État vendues dans le cadre des plans de privatisation.

    L’influence de ces organisations de base a été évidente en mai lors de la deuxième « Journée de colère ». Des militaires de haut rang, des ministres du gouvernement, des personnalités des médias et des partis politiques établis ont appelé à un boycott de la manifestation. La principale formation d’opposition, les Frères musulmans, a insisté pour que ses partisans ignorent les manifestations qui, selon elle, faisait partie d’une "révolution contre la majorité du peuple égyptien".

    Dans l’évènement, plus d’un million de personnes se sont ralliées à la place Tahrir au Caire, et 500.000 à la place des Martyrs, à Alexandrie. Les manifestants ont appelé au procès accéléré des responsables politiques liés au régime de Moubarak, le remplacement des fonctionnaires et chefs d’établissements universitaires corrompus, la réforme de l’appareil de sécurité, la mise en place d’un système judiciaire indépendant, un terme aux lois d’urgence, la création d’emplois et un salaire minimum équitable.

    Le SCAF s’est retrouvé avec beaucoup de choses à prendre en considération, de même que les Frères musulmans : s’étant publiquement opposés aux événements, ses dirigeants ont du écouter les protestations de colère contre leur absence, la foule, au Caire scandant "Tahrir est ici ! Où est la Confrérie ? Il ya eu des débats furieux au sein de la Confrérie, notamment des allégations par les membres de sa section jeunesse disant que l’organisation est déconnectée du sentiment populaire ;, l’un des jeunes leaders, Mohamed Affan, a décrit des litiges persistants comme une « rivalité ». En Juin un groupe important de jeunes militants, dont Affan, a rompu avec les Frères pour former Hizb Al-Tayyar Al-Masry (le Parti égyptien actuel).

  • permalien K. :
    1er juillet 2011 @00h15   « »

    "Egypt shaped at the grass roots", Philip Marfleet, 25/06/2011 (5/5)

    (..)

    La révolution de l’Egypte se poursuit, tirée par des pressions intenses de la base. Il y a tous les signes que les problèmes non résolus de la vie quotidienne se révèlent de plus en plus importants - que "les questions "économiques" sont combinées à des demandes de changement politique de façon de plus en plus complexe. Les généraux vont-ils nourrir la population ? Qui va employer les jeunes au chômage ? Est-ce que les employeurs paieront le salaire minimum ? Les fallahines vont-ils récupérer leurs terres ? Qui a le pouvoir dans la nouvelle Egypte ?

    Alors que les manchettes des médias mondiaux se concentrent sur les candidats à la présidence et les nouveaux partis qui se bousculent pour des avantages électoraux, la dynamique du changement prend forme à l’échelon local - dans les entreprises, les villages et dans les rues de la ville où la révolution a commencé.

  • permalien Orangerouge :
    1er juillet 2011 @09h57   « »

    Merci K, pour cette traduction d’un article qu’on ne trouvera pas ailleurs

  • permalien Laurent Szyster :
    1er juillet 2011 @15h59   « »

    Les révolutions arabes ne sont pas finies, mais elles sont encore à leur début. Elles se heurtent à bien des obstacles, à bien des défis, mais la volonté des peuples de ne capituler ni devant la répression ni devant les fausses promesses, est la garantie du succès.

    M Gresh invoque "la volonté des peuples" arabes qu’ils a si souvent fantasmé en victimes impuissantes de l’impérialisme occidental.

    Issandr El Amrani, las des incantations populistes, préfère lui en appeler aux sens des responsabilité de ses concitoyens :

    The plot against Egypt

    Assigning blame to nebulous forces does not really help — it’s a form of escapism. Sectarianism is not primarily the Salafists or NDP remnants’ fault ; it is a social problem with a long presence. Authoritarianism may have been tolerated or even encouraged by foreign forces who preferred a predictable Egypt to a democratic one, but it was first and foremost accepted and even supported domestically. If Egypt’s economy is in shambles, it’s not primarily because of the IMF’s structural adjustment program ; it’s because of corruption, decades of mismanagement that predate structural adjustment, and an unwillingness to pay the social and political costs of a balanced budget.

    And if there is a plot against Egypt, it’s the plot of those who prefer to pass the buck rather than roll up their sleeves.

  • permalien Jordi GRAU :
    2 juillet 2011 @13h47   « »

    A Laurent Szyster

    Que les victimes d’une oppression soient, d’une certaine manière, complices de leurs oppresseurs, c’est certain. Qu’elles en portent la principale responsabilité, c’est une autre affaire ! Je crois qu’une des premières choses que doit faire un peuple qui relève la tête, c’est de demander des comptes à ses chefs ou à ses anciens chefs. C’est en exigeant de la justice que le peuple devient responsable de son destin. La colère actuelle des Egyptiens est donc tout à fait compréhensible.

    Quant au FMI et aux puissances étrangères, il est évident qu’elles ne sont jamais seules en cause dans le cas d’un régime tyrannique et corrompu comme l’Egypte de Mubarak. Mais je ne sache pas qu’Alain Gresh ait voulu dédouaner M. Mubarak et ses complices de toutes responsabilité.

  • permalien Laurent Szyster :
    2 juillet 2011 @17h04   « »

    @Jordi GRAU,

    Que les Egyptiens assujetis à la tyrannie soient aliénés, soit.

    Mais aliéné ne veut pas dire irresponsable.

    M. Gresh n’a certainement pas voulu dédouané le tyran. Mais il n’a de cesse de nier ou de minimiser l’importance des facteurs internes dans le gouvernement tyrannique des sociétés arabes, préférant toujours accuser les interventions étrangères.

    Ainsi, d’après M. Gresh, l’espoir déçu des révolution post-coloniales dans le Monde Arabe aurait été causé par la défaite de Juin 1967 contre Israël, l’influence des ex-puissances coloniales et des USA.

    Egypte-monde arabe, la troisième vague

    La révolution irakienne de 1958 marque le point culminant de cette vague qui va secouer le Proche-Orient et le Maghreb, avant de se briser sur la défaite arabe face à Israël en juin 1967.

    (...)

    Cette vague, profondément nationaliste, va se heurter à un rejet, non seulement des puissances coloniales traditionnelles, mais des Etats-Unis, qui, certes, ne sont pas mécontents des difficultés françaises ou britanniques, mais n’acceptent pas la volonté d’indépendance des nouveaux régimes et, surtout, leur refus de s’engager dans des pactes antisoviétiques. Malgré certaines fluctuations, Washington va combattre ces aspirations et devenir la cible des nationalistes, qui se rapprochent de Moscou. Des études historiques ont montré à la fois cette crainte permanente de l’Union soviétique de la part des Occidentaux, qui voient partout au Proche-Orient la « main de Moscou », et le peu de réalité d’une telle peur, dont les conséquences seront pourtant désastreuses, car elle amènera les Occidentaux à tout faire pour affaiblir les mouvements nationalistes, y compris en aidant les mouvements islamistes les plus réactionnaires.

    (...)

    Les raisons de cet échec sont multiples : interventions occidentales ; incapacité des nouveaux régimes à engager leur pays sur la voie du développement économique ; autoritarisme grandissant au nom de la dénonciation de la « démocratie parlementaire », qui s’accompagne d’une mise au pas des syndicats, d’un système de parti unique, de limitations grandissantes de la liberté d’expression.

    En fait les "raisons de cet échec" citées par M. Gresh n’en sont pas.

    Les interventions étrangères, l’incompétence des régimes nationalistes, leur autoritarisme et leur intolérance ne sont pas des causes de l’échec des "révolutions" post-coloniales. Ce sont les effets de l’échec des sociétés arabes à s’extrairent de la tyrannie après l’indépendance.

    Et la réaction islamiste à la modernité, dont les premiers succès datent des années trente, n’est pas un complot étranger mais un mouvement aussi populaire, authentique et indépendant que celui des Chouans de Vendée.

  • permalien Laurent Szyster :
    2 juillet 2011 @17h33   « »

    Il y a peu M. Gresh renvoyait dos à dos la Syrie des Assad et le Bahrein des Khalifa.

    Mais après la répression, sous la pression américaine et la loupe des médias internationaux, un dialogue politique pour une réforme de l’Etat a maintenant lieu au Bahrein :

    Bahrain : Sunni leaders begin talks with Shia groups

    Parliamentary speaker Khalifa Dhahrani said the dialogue would have "no preconditions and no ceiling" on the demands that could be raised by delegates.

    The aim was to draw up "common principles for the relaunch of the political reform process," he said.

    Opposition delegates from al-Wifaq have promised not to pull their punches at the talks.

    "Al-Wifaq will not abandon the demands of the people, which are ; an elected government, a fair electoral law and an elected parliament with full powers," said al-Wifaq leader Sheikh Ali Salman, in an address to supporters on Friday.

    Et en Syrie ?

    Après la répression ... encore plus de répression, loin des journalistes étrangers, sous la protection à l’ONU des champions mondiaux de la démocratie que sont l’Iran, la Chine et la Russie.

    Report : Assad forces kill 24 civilians in violent protests across Syria

    Hundreds of thousands of protesters flood cities throughout Syria in day activists call largest outpour against Assad regime ; No sign of security forces in Hama ; Officials say 10,497 refugees still in Turkey.

  • permalien le journal de personne :
    2 juillet 2011 @17h55   « »

    le Caire brisé
    Qui peut confisquer la révolution égyptienne ?

    La plupart d’entre nous étaient à peine des hommes qui ont décidé du jour au lendemain de se donner la peine de rompre toutes les chaînes…
    d’un pouvoir aux abois, parce qu’il ne tient plus personne en laisse… à part… les CHIENS.
    Contre les cyniques il n’y a qu’une solution chimique à base d’acide sulfurique… que nous jetions dans les yeux de l’opinion publique…
    pour réclamer de tous, le droit à un minimum de dignité… à un maximum de liberté…

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/02/le-caire-brise/

  • permalien Noval :
    2 juillet 2011 @18h21   « »

    " Et la réaction islamiste à la modernité, dont les premiers succès datent des années trente, n’est pas un complot étranger mais un mouvement aussi populaire, authentique et indépendant que celui des Chouans de Vendée "

    Si l’un ou l’autre des contributeurs (non sioniste) intervenant sur ce blog est capable de m’expliquer ce que signifie un tel charabia, je suis preneur...

  • permalien Orangerouge :
    2 juillet 2011 @20h00   « »

    à Noval
    Je ne lis plus ces posts là. Quel intérêt ?
    Il n’y a que 24h dans une journée.

  • permalien KarimW :
    2 juillet 2011 @23h25   « »

    @Noval

    Je suppose qu’il veut dire que l’"islamisme" est une réaction à la modernité et qu’il faut lire la chose comme une relation complexe et non seulement comme une intervention étrangère.

    On pourra peut-être aussi lire ses écrits (LS) comme la seule volonté d’occulter autant que faire se peut toute intervention extérieure et donc, grossir au maximum les causes endogènes.

  • permalien Yann :
    3 juillet 2011 @02h39   « »
    Résistance à Bahreïn

    au démocraciste sioniste,

    En réponse au "dialogue" du dictateur démocrate Al Khalifa,
    un millier de jeunes participant à des obsèques
    se dirigent vers Lulu...

    http://www.youtube.com/watch?v=jakb...

  • permalien Laurent Szyster :
    3 juillet 2011 @03h17   « »

    @KarimW,

    (...) la seule volonté d’occulter autant que faire se peut toute intervention extérieure et donc, grossir au maximum les causes endogènes.

    Je veux simplement de considérer les Arabes en tant qu’acteurs autonomes de leur histoire, pas juste comme des figurants impuissants du grand jeu entre puissances.

    Ce qui implique de dénoncer les simplismes de la théorie du complot étranger mise en avant par M. Gresh avec plus ou moins de subtilité dialectique. Car au fonds, il s’agit de là même rengaine qui a été et est encore utilisée par les tyrans pour aliéner leurs sujets et que ridiculise Issandr El Amrani.

  • permalien K. :
    3 juillet 2011 @10h41   « »

    1- Encore faudrait-il que les paroles de l’Etatsunien Issandr El Amrani- par ailleurs très souvent intéressant, soient "paroles d’Evangile", lui qui se présente ouvertement comme un "libéral conservateur", a fustigé le refus du gouvernement egyptien des prêts du FMI (indépendamment de leur acceptation des prêts des roitelets du Golfe) et n’a jamais, à ma connaissance du moins, dénoncé les politiques "d’ajustement structurel" du FMI.

    2- Encore faudrait-il qu’il soit vrai que Alain Gresh occulte les causes intrinsèques de la misère des pays arabes.

  • permalien K. :
    3 juillet 2011 @10h56   « »

    Issandr El Amrani qui dit que l’Egypte doit accepter les aides du FMI.
    http://www.arabist.net/blog/2011/6/...

  • permalien K. :
    3 juillet 2011 @12h12   « »

    " Et la réaction islamiste à la modernité, dont les premiers succès datent des années trente, n’est pas un complot étranger mais un mouvement aussi populaire, authentique et indépendant que celui des Chouans de Vendée. "

    C’est une lecture complètement biaisée de l’histoire.

    La réaction islamiste n’a connu un succès que secondairement, devant la quadrature du cercle de la "nahda" (dont faisait partie des religieux, ce qui est largement occulté dans une certaine "historiographie" binaire), qui est que les valeurs qu’elle défendait étaient celles-mêmes de cet Occident qui colonisait les Arabes, "protégeait les minorités" contre le diable arabe (ou sunnite selon la région), quitte à dresser les minorités entre elles (comme au Liban entre druzes et maronites) et aggravait leurs faiblesses structurelles.

    Les Islamistes ont alors eu beau jeu de présenter les réformateurs arabes comme des "agents de l’Occident," un Occident présenté comme forcément suspect puisque celui du "christianisme des croisades,"

    Ensuite, même ainsi, les tenants arabes de la laicité et des "valeurs occidentales" ont pu conserver un certain attrait, qui s’effilochera progressivement après la création d’Israel par l’"Occident" (les dirigeants occidentaux) puis leurs catastrophiques défaites (ce sont bien ces tenants là et eux seuls qui ont cherché à résister à Israel) devant ce même Israel.

  • permalien K. :
    3 juillet 2011 @12h52   « »

    Lire Georges Corm (2005) sur les "réformateurs de l’islam", dont on ne pipe mot dans les médias et les travaux de recherche occidentaux, sans compter la présentation de l’Islam comme un bloc de monolithe depuis ses origines, occultant ainsi "treize siècles de pensée, de différentes écoles théologiques et juridiques."

    http://www.georgescorm.com/personal...

    Lire aussi sur l’"incohérence" de certains discours qui veulent présenter l’islam comme "un frein à l’évolution des sociétés arabes à cause de l’absence de séparation entre le spirituel et le temporel" alors que "dans le monde musulman, le pouvoir a toujours été de nature civile et il n’a jamais existé l’équivalent d’une institution religieuse de la puissance de l’Eglise romaine."

    Les oulémas [docteurs de la foi, NDLR] n’ont jamais gouverné nulle part. Même en Arabie saoudite, pays qui est le plus proche d’un modèle théocratique, la famille des Séoud incarne un pouvoir civil.

    (..)

    Non, le problème, en Islam, ce n’est pas la séparation du spirituel et du temporel. On projette sur les sociétés musulmanes une problématique propre à l’histoire de l’Europe.

    (..)

    Les vraies causes sont donc profanes : quand les Palestiniens vont-ils avoir leur Etat et où va s’arrêter la colonisation de la Cisjordanie ? Pourquoi les résolutions des Nations unies ne sont-elles pas appliquées à Israël avec la même vigueur qu’elles l’ont été à l’Irak ou, plus récemment, à la Syrie [sortie du Liban en 2005] ? Quand les Américains vont-ils se retirer de l’Irak et de la péninsule Arabique, qui abrite les lieux saints musulmans ?

    Il faudrait aussi parler des facteurs économiques : l’autoritarisme des régimes en place s’explique principalement non par le facteur religieux, mais par la persistance de l’économie de rente (pétrolière, principalement), qui continue d’être prédominante.

    Une économie de rente ne peut jamais permettre l’installation d’une démocratie ; elle ne peut qu’engendrer des régimes autoritaires qui distribuent la rente entre groupes sociaux de manière à se maintenir au pouvoir.

  • permalien Orangerouge :
    3 juillet 2011 @14h04   « »
    Les Etats-Unis et l’Europe perpétuent le blocus de Gaza, ce crime contre une population civile dont une forte proportion d’enfants

    Georges Gumpel est enfant de déportés dans le camp de Mathausen, et partie civile dans le procès historique du tortionnaire nazi Klaus Barbie.

    http://oumma.com/Georges-Gumpel-mem...

  • permalien Laurent Szyster :
    3 juillet 2011 @14h41   « »

    @K,

    Décrire la Maison de Saoud, monarchie médiévale et obscurantiste de droit divin, comme un "pouvoir civil" est d’une drôlerie sans fin. Sauf pour tous les habitants du royaume qui rêvent de droits civiques.

    Affirmer, comme Georges Corm, qu’on fait de l’orientalisme en soulevant la question de l’Islam et la laïcité est aussi cocasse. Les jeunes Marocains qui réclamaient la liberté de conscience dans la constitution, eux ne rigolent pas.

    Ressasser que tous les problèmes politiques arabes trouvent leur source dans le conflit israélo-palestinien, c’est le comble du comique. Même s’il n’est pas certain que tous les Libanais saisissent ce genre d’humour.

    Enfin, accuser la rente pétrolière d’être la cause de la tyrannie dans le Monde Arabe, cela devrait faire rire les Egyptiens, les Marocains, les Syriens, les Jordaniens, les Yéménites et les Tunisiens.

  • permalien Yacine :
    3 juillet 2011 @14h59   « »

    Ce qui se passe actuellement en Egypte avec la reprise des émeutes s’explique par la peur du peuple Egyptien de voire sa révolution confisquée.Il serait naif de croire que le départ de Moubarak allait régler tous les problémes, car il n’était qu’un pion du régime militaire. Ces régimes militaires à façade civile n’entendent pas laisser le pouvoir leur échapper. l’Islam qui est une religion de tolérance, d’égalité et de bon sens, il faut en convenir que son utilisation à des fins politiques ne lui rend pas service et la plupart des partis qui s’en réclament ne l’utilise que comme moyen d’acceder au pouvoir et pas comme une finalité. L’Intégrisme est une création de ces tyrans qui l’ont utilisé contre leurs opposants et les modernistes en les diabolisant.Qui va nous faire croire que poser une bombe dans un lieu
    public, égorger un etre meme haté est toléré par l’Islam ? Personne.On essaie d’expliquer l’état de ces pays par la défaite des Arabes de 1973 feignant d’oublier qu’elle a été rendue possible grace au soutien des USA et de l’occident. Ces peuples ont fait leurs preuves en réussissant à ejecter hors de leurs frontiéres avec des moyens rudimentaires les colonisateurs de l’Alliance atlantique.Les tyrans qui nous gouvernent n’ont qu’une seule préoccupation : Sauver leurs régimes et leurs priviléges, de tout le reste, ils s’en foutent royalement.

  • permalien K. :
    3 juillet 2011 @15h49   « »

    1- Dire qu’il n’existe de gouvernement civil qu’assurant les droits civiques de ses citoyens, ça c’est une drolerie.

    2- Comment un essentialiste primaire pourrait-il disserter de l’orientalisme ?

    3- Dire que Georges Corm a affirmé que tous les problèmes politiques arabes viennent d’Israel est la preuve d’une grave distorsion visuelle, aggravée par la considération que la tyrannie dans le monde arabe n’est pas un problème politique.

    4- Les conséquences délétères de la rente pétrolière n’a pas concerné que les seuls pays producteurs. Les "pétrodollars islamiques" ont permis une hégémonie des pays producteurs dans la région, à travers leurs clientèles locales.

  • permalien Cana :
    3 juillet 2011 @23h45   « »

    Mais bon sang @K ne voyez vous pas qu’il s’agit non seulement d’un essentialiste mais d’une brute qui n’a rien à envier à notre cher Polyphène qui parlait beaucoup pour déclarer tout haut qu’il vit pour tuer.
    notre énergumène ne déclarait-il pas il y a quelques temps que pour les récalcitrants : "nos armes les éclaireront" ;
    Là tout le fait rigoler car il n’a rien à dire sauf sa suffisance ignare.

  • permalien HN :
    4 juillet 2011 @09h33   « »

    Enfin, accuser la rente pétrolière d’être la cause de la tyrannie dans le Monde Arabe, cela devrait faire rire les Egyptiens, les Marocains, les Syriens, les Jordaniens, les Yéménites et les Tunisiens.

    Hé Szyster, vous y connaissez pas grand chose en géostratégie vous ??
    C’est bien d’avoir un pays producteur de pétrole dans la poche.
    Mais avoir les voisins dans la poche aussi, c’est mieux.
    Et y a pas que le pétrole dans la vie. Y aussi le gaz, les minerais, les appels d’offre juteux, les délocalisations, etc etc etc...

    Vous ne voudriez pas nier que les occidentaux ont toujours eu besoin du contrôle de cette région depuis le début de l’utilisation du pétrole, qu’on se marre un peu ?

    Autant de naïveté de la part d’un "spécialiste omniscient" dans votre genre m’étonne beaucoup !

    Cdlmt

  • permalien Laurent Szyster :
    4 juillet 2011 @11h01   « »

    @Cana,

    Pouvez vous me dire où réside l’essentialisme quand je dis vouloir considérer les Arabes comme des acteurs autonomes de leur histoire et non des figurants impuissants dans un affrontement entre puissances étrangères ?


    @HN,

    L’état de stagnation sociale, politique et philosophique du Monde Arabe au XXième siècle est une exception historique qu’on ne peut imputer aux puissances occidentale.

    Il y a pour le démontrer assez de pays et de civilisations qui ont réussi à embrasser la modernité dès le XIXième siècle malgré la colonisation et les interventions étrangères.


    @Yacine,

    Qui va nous faire croire que poser une bombe dans un lieu
    public, égorger un etre meme haté est toléré par l’Islam ?

    Le président de l’Union Internationale des Savants Musulmans Youssef al-Qaradâwî

    Le danger de l’apostasie... et la lutte contre la zizanie

    (...) les juristes de l’Islam sont unanimement d’avis que l’apostat mérite une peine — même s’ils peuvent diverger sur sa nature. Leur grande majorité estime que cette peine est la peine de mort. C’est l’avis des quatre écoles de jurisprudence islamique prévalantes, voire des huit écoles.

    Je pourrais développer, mais je crains qu’on me censure encore ...

  • permalien HN :
    4 juillet 2011 @14h09   « »

    C’est quoi votre démonstration alors Szyster ? Allez au bout des choses !
    Les arabes sont génétiquement fascisés d’après vous ?

  • permalien Laurent Szyster :
    4 juillet 2011 @16h41   « »

    @HN,

    Un seul exemple suffit pour démontrer que la colonisation et les interventions étrangères ne sont pas les facteurs déterminants dans les difficultés que rencontrent certaines sociétés à intégrer les principales composantes de la modernité.

    La Corée du Sud, colonisée par le Japon avant guerre, envahie par les USA dans sa guerre contre la Chine.

    Une société féodale à la fin du XIXième est devenue en un siècle une nation prospère avec un des systèmes d’éducation les plus performants au monde, gouvernée démocratiquement (théoriquement depuis 1948, réellement depuis 1987). Malgré la colonisation japonaise, la guerre civile et l’invasion américaine.

    Si cela ne vous suffit pas, j’ajouterai un contre-exemple.

    L’Arabie Saoudite n’a pas été colonisée par les Ottomans qui se sont contentés d’une vague vassalité, elle n’a pas été détruite par une guerre entre deux superpuissances et la seule intervention étrangère qu’elle ai jamais connue fut celle de l’ONU pour la défendre contre Saddam Hussein. Pourtant, malgré tout cela et d’immenses ressources pétrolières, c’est un pays philosophiquement, politiquement et scientifiquement arriéré.

    Il y a quelque chose qui rend la modernité plus difficile d’accès aux sociétés arabes alors qu’elles sont historiquement et géographiquement plus proches de l’Europe où cette modernité fut inventée.

    Mais ce ne sont ni le traumatisme colonial, ni les interventions étrangères.

    Et ce n’est pas génétique.

  • permalien KarimW :
    4 juillet 2011 @17h03   « »

    @Laurent Szyster :

    On se demandera quel aurait été le dévelopement de l’Arabie du Sud ou de l’Ouest s’il avait existé une Arabie du Nord ou de l’Est. (toute réference...)

  • permalien Laurent Szyster :
    4 juillet 2011 @17h17   « »

    @Karim,

    On se demandera quel aurait été le dévelopement de l’Arabie du Sud ou de l’Ouest s’il avait existé une Arabie du Nord ou de l’Est. (toute réference...)

    Vous faites allusion au Yemen du Sud et du Nord ?

  • permalien KarimW :
    4 juillet 2011 @20h50   « »

    Non, non, à un vrai régime de démocratie populaire.
    Ça aurait pu être marrant de voir ce que ça aurait donné.

  • permalien K. :
    5 juillet 2011 @00h11   « »

    .... l’Arabie a bien vécu dans un ordre de type colonial qui a eu en réalité trois titulaires successifs. La « colonisation » fut d’abord ottomane, soit sous la forme d’interventions militaires au coeur du Najd, de 1818 au milieu du XXe siècle, soit, le plus souvent, sous la forme de subsides versés aux élites traditionnelles, pour les téléguider aussi sûrement qu’une occupation en bonne et due forme. La colonisation fut ensuite britannique, avant d’être américaine. Atypiques dans leur forme, ces dominations furent parfaitement fonctionnelles elles aussi.

    Quant à "l’occupation par l’ONU pour la protéger de l’Irak" en 1990 elle n’est pratiquement composée que de (centaines de milliers) troupes US qui ne quitteront l’Arabie Saoudite qu’en ... 2004.

  • permalien K. :
    5 juillet 2011 @01h02   « »

    La junte militaire egyptienne met ses menaces à exécution :

    5 workers first to be sentenced under military’s anti-protests law

    http://www.almasryalyoum.com/en/nod...

  • permalien K. :
    5 juillet 2011 @11h25   « »

    Le Caire - Au moins 10 000 civils ont été condamnés à des jugements militaires depuis le soulèvement du 25 Janvier d’Egypte qui a renversé le président Hosni Moubarak, a déclaré lundi un groupe des droits humains.

  • permalien K. :
    5 juillet 2011 @23h29   « »
    La contre-révolution s’embrase

    Le premier ministre par intérim Issam Sharaf "loue la sagesse" de l’Ubu du Bahrein et assure que "la sécurité du [régime du] Bahrein est organiquement liée à celle de l’Egypte"

    http://www.almasryalyoum.com/node/474537 via http://www.arabawy.org/tag/bahrain/

    Des enseignants de la ville d’Alexandrie venus exposés leurs demandes à un officiel, sont menacés par une arme à feu par ce dernier.

    http://www.almasryalyoum.com/en/nod...
    http://www.arabawy.org/2011/07/05/a...

  • permalien Lou :
    8 juillet 2011 @14h18   « »

    AymanM Video : Chants in #tahrir "revolution first" "freedom" #july8 #Egypt @AJEnglish @ 11 gmt yfrog.us/j6nttz

  • permalien K. :
    8 juillet 2011 @19h28   « »

    t.co/FuvW8f6 (via twitter Alain Gresh)

    Un compte-rendu minute par minute de #Tahrir et d’#Egypte et des manifestations d’aujourd’hui. Acte II de la révolution ?

    Les tentatives des "Frères Musulmans" d’amener la foule à quitter la place ainsi que leur volonté de discréditer les intentions de "sit-in" à durée indéterminée et d’amener les manifestants à louer le SCAF sont superbement ignorés, quand ils ne rencontrent pas l’hostilité.

    Ils semblent en être désorientés, puisqu’ils hésitent à partir eux-mêmes, d’autant plus que la foule, qui se compterait par centaines de milliers est appelée à grossir une fois la température plus clémente.

  • permalien
    8 juillet 2011 @23h56   « »

    Et les tenants du FMI, et de l’économie libérale.... ;

    Une deuxième révolution entraînerait très probablement une confrontation avec les militaires et/ou un coup d’Etat par les jeunes officiers. Ce serait une entreprise très risquée et coûteuse. Je pense que ceux qui ont mené la première révolution doivent continuer de mettre la pression sur les militaires et le gouvernement de transition afin qu’ils répondent à leurs attentes, et ils doivent s’organiser politiquement pour former un front uni. Ce sera un travail long et ardu, mais beaucoup moins risqué qu’une seconde révolution qui n’est pas soutenue massivement pour l’instant, à un moment où la plupart des Egyptiens s’inquiètent de la stabilité du pays et de son économie. La transition n’a pas été idéale, mais il est encore temps de parvenir à une véritable transition démocratique.

    Issandr El Amrani. Journaliste égyptien et auteur d’un des dix blogs sur les révolutions arabes les plus lus

    http://www.elwatan.com/archives/art...

  • permalien K. :
    9 juillet 2011 @18h38   « »

    Entre deux bastonnades les autorités ... malaisiennes prennent comme exemple "l’échec de la révolution égyptienne" pour prouver à leurs administrés que le bon est l’ennemi du médiocre.

    Voir le blog de Teymoor Nabili sur al-jazeera english, 7/08/2011

  • permalien K. :
    9 juillet 2011 @22h19   « »

    Les agents de la contre-révolution en Egypte, d’après Houayda Taha : l’"élite" compradore, les restes de l’ancien pouvoir et les larbins de luxe ou "idiots utiles" (les "queues" dit l’auteure) locaux des Saoud.

    http://www.dostor.org/opinion/11/ju...

    N’est-ce pas une insulte à l’Histoire, dit l’auteure, que de permettre que l’Egypte devienne un simple "supplétif du royaume de l’esclavage et du nomadisme" qui meurt d’envie de transformer l’Egypte en un autre pays de taliban manipulable à souhait.

    ، سواء كانوا لصوصا في الحكم أو أناسا يخلطون بين المقدسات والعائلة المالكة ولا يرون غضاضة في أن مصر بكل عظمتها التاريخية تكون تابعا ذليلا لمملكة الاستعباد والبداوة تلك ، ليس هناك من هو أشد حرصا من السعودية على تحول مصر إلى دولة تشبه أفغانستان يمكن السيطرة عليها .

  • permalien K. :
    9 juillet 2011 @22h36   « »

    Tu veux faire du pognon ?

    Tu fais le Ziad Takieddine pour les Saoud.

  • permalien K. :
    10 juillet 2011 @20h28   « »

    Le premier ministre egyptien par interim fait un discours creux...
    http://www.rtbf.be/info/societe/det...

    La junte militaire egyptienne sévit..
    http://english.ahram.org.eg/News/16...

    ....et le peuple semble plus décidé que jamais.
    http://english.ahram.org.eg/News/16...

  • permalien K. :
    12 juillet 2011 @19h28   « »

    Par Carlos Latuff.

    http://twitpic.com/5p1axf

  • permalien K. :
    13 juillet 2011 @11h27   « »

    - L’"élite" militaire egyptienne serait-elle en train d’appeller à la guerre civile en Egypte ?

    "Les forces armeés sont conscients de leur responsibilité historique envers la nation et demandent aux on honorables citoyens de s’opposer à toutes protestations qui empêchent le retour à une vie normale)," a dit une déclaration lue par le General Mohsen Fangary, un membre du conseil militaire.

    - Le SCAF entend faire respecter le "libéralisme économique" en Egypte : austérité et peu d’impots pour les plus riches. Et même au-dela.

    [Le journaliste de TNRR] Paul Jay : J’ai lu des rapports disant qu’une partie des réserves de nourriture appartenant au gouvernement sont en réalité, à travers la corruption, vendus à l’exportation quand ils sont censés être destinés à la consommation des gens. Que savez-vous à ce sujet ?

    [La journaliste égyptienne] Lina Attalah : C’est un problème très courant. Le principal problème a été avec le riz, par exemple. Nous n’avons pas une mauvaise production locale de riz, mais le problème est que la majeure partie est exportée, ce qui est évidemment une politique axée sur le fait de faire de l’argent plutôt que de s’assurer qu’il ya assez de riz pour la consommation des gens.

    C’est donc une chose très commune. Mais c’est aussi, au-delà des produits alimentaires, la même histoire avec le gaz, par exemple. Nous avons une énorme crise de l’essence, par exemple, mais la plus grosse partie de notre gaz est exporté à des prix inférieurs aux taux du marché international à des endroits comme la Jordanie et Israël. Donc, c’est une politique généralisée.

  • permalien Yvan :
    14 juillet 2011 @07h27   « »
    La place Tahrir s’embrase à nouveau

    L’épuration de la police par les forces révolutionnaires :

    L’Egypte purge sa police des éléments responsables de la répression | RFI

    La décision du ministre égyptien de l’Intérieur, annoncée mercredi 13 juillet, d’épurer la police de tous les éléments responsables de la violente répression de la révolution du 25 janvier répond à l’une des principales revendications des manifestants de la place Tahrir du Caire. Une tentative de réconcilier l’opinion publique avec une police qui avait tendance à oublier que son travail consistait à faire respecter l’ordre et non pas de systématiquement réprimer.

    « Déjà Napoléon pointait sous Bonaparte  » Robespierre. ?

  • permalien K. :
    14 juillet 2011 @19h05   « »

    "C’est une bonne étape qui ouvre la voie à une restructuration [de la police]", a déclaré Wahid Abdel Meguid, un analyste politique du Centre Al-Ahram pour les études politiques et stratégiques. "Mais nous devons encore étudier les détails du remaniement afin de vérifier les noms de ceux qui ont été démis de leurs fonctions et vérifier si l’un des généraux en cause est encore en fonction."

    "C’est un pas en avant, personne ne peut le nier," a déclaré à Al-Masry Al-Youm Mohamed al-Qassas, représentant de la Coalition des Jeunes de la Révolution du 25 Janvier. "Pourtant, il ya encore plus de mesures à prendre afin de purger le ministère de l’Intérieur."

    ..

    Essawy [le ministre de l’intérieur] a également annoncé la mutation de 4000 officiers dont 54 officiers subalternes qui sont accusés d’implication dans l’assassinat des manifestants. Comme la loi ne permet pas de virer ces officiers, a déclaré le ministre, ils ont été mutés dans des divisions où ils ne seront pas tenus de traiter avec le public.

    "La mutation de quelqu’un qui est impliqué dans un cas de meurtre ne conduira pas à la purge du ministère", a déclaré Magda Boutros, chercheur à l’Initiative égyptienne pour les droits personnels. Utiliser la mutation juste pour calmer les gens n’est pas acceptable."

    ...

    http://www.almasryalyoum.com/en/nod...

  • permalien mad :
    15 juillet 2011 @22h13   « »

    La stratégie des États-Unis : le modèle pakistanais

    « Les trois puissances qui ont dominé la scène moyen-orientale au cours de toute la période de reflux (1967-2011) sont les États-Unis, patron du système, l’Arabie Saoudite et Israël. Il s’agit là de trois alliés intimes. Ils partagent tous les trois la même hantise de l’émergence d’une Égypte démocratique. Car celle-ci ne pourrait être qu’anti-impérialiste et sociale, prendrait ses distances à l’égard du libéralisme mondialisé, condamnerait l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe à l’insignifiance, réanimerait la solidarité des peuples arabes et imposerait la reconnaissance de l’État palestinien par Israël »

  • permalien K. :
    16 juillet 2011 @12h37   « »

    Les "Frères Musulmans" (FM) égyptiens ont bien compris ce qui
    était nécessaire pour étre considérés comme des "démocrates" "modérés" par le "monde civilisé."

    Un grand nombre d’investisseurs sont très nerveux devant la perspective d’un gouvernement avec une forte représentation FM” a dit Elijah Zarwan, un analyste du groupe de recherche de l’"International Crisis Group". “La confrérie en est consciente et ils essayent de rassurer les investisseurs étrangers en disant "écoutez, nous somme des hommes d’affaires, nous sommes des entrepreneurs et des professionels."

    Nous savons, disent les FM, que "l’austérité", la "lutte contre l’inflation" et la privatisation être promus :

    The Brotherhood is also proposing to cut spending, sell state-run media, link subsidies to job creation and slow inflation.

    Voir site internet de "Bloomberg", Egypt Debt Burden Spurs Muslim Brotherhood Call for Austerity : Arab Credit 5 juillet 2011.

  • permalien K. :
    20 juillet 2011 @13h34   « »

    Après les inquiétantes infos de ce tweet,
    celles-ci semblent plus rassurantes (?) :

    Military is left out of draft for egyptian rule.

  • permalien K. :
    22 juillet 2011 @20h01   « »

    Si le sioniste fanatique notoire qu’est Jeffrey Feltman y est aussi favorable,

    A senior US diplomat reiterates Washington’s willingness to "cooperate" with Egypt’s Muslim Brotherhood, ...

    ...l’affirmation suivante n’est probablement pas fausse :

    Les Frères musulmans ne représentent pas une menace pour la politique israélienne de l’Egypte

  • permalien K. :
    25 juillet 2011 @09h31   « »

    ... les Frères musulmans en Egypte ont menacé de mettre fin par la force au sit-in à la place Tahrir, qualifiant les protestataires de « saboteurs ».

    Selon des témoins sur place, près de 500 membres des Frères musulmans ont organisé une manifestation à la place Ramsis après la prière du vendredi [dernier]. Ils ont affirmé qu’ils organiseraient une autre manifestation vendredi prochain vers la place Tahrir pour mettre fin par la force au sit-in sur place.

  • permalien Rouzbeh :
    25 juillet 2011 @16h00   « »

    Ecoutons le Père Boulad qui connaît parfaitement l’Egypte et le monde musulman.

    1ère phase : révolution à la place Tahir, grande amitié

    2de phase : Les Frères musulmans vont prendre le pouvoir

    3ème phase : opposition islam radical / islam modéré. Si la charia l’emporte, une guerre en pleine europe est inévitable.

    Les frères musulmans dans la révolution égyptienne :

    http://www.agoravox.tv/actualites/r...

  • permalien K. :
    25 juillet 2011 @18h55   « »

    La junte militaire egyptienne : nous avons les moyens de créer une guerre civile.

    Anti-SCAF march attacked

    Those who attacked us yesterday included criminal thugs from the Waily district, but also some residents of Abbassiya who did buy the army’s lies. The army was already on the roof tops before our arrival, the same roof tops Molotov cocktails and rocks were showered at us from.

  • permalien K. :
    26 juillet 2011 @20h09   « »

    - Longue sera la route,

    Issandr El Amrani, FT, ce jour :

    Certains, dont des dirigeants politiques et un membre du SCAF, ont suggéré que les militaires ne doivent pas être soumis à la surveillance parlementaire et disposer d’une large marge d’indépendance dans la nouvelle constitution qui doit être rédigée l’année prochaine.

    Cela pourrait faire partie des principes "supra-constitutionnels" que le SCAF devrait, selon ses propres déclarations, bientôt dévoiler. Une telle déclaration est rejetée par les islamistes, mais souhaitée par des laïques qui ont peur que le prochain Parlement puisse choisir une assemblée constituante dominée par les conservateurs après les prochaines élections de cette année.

    On apprend aussi qu’un “activiste vétéran de la démocratie”, Hisham Kassem, souhaiterait que les militaires emploient la force pour nettoyer la place Tahrir des, selon ses dires, deux pelés et trois tondus qui l’occupent encore.

    - Un sondage Newsweek/Daily Beast en Egypte, Marc Lynch et d’autres souhaitant connaitre sa “méthodologie”.

  • permalien K. :
    26 juillet 2011 @21h25   « »

    Sur les heurts de la place Abbâssiyya.

    http://nileinternational.net/fr/ful...

  • permalien K. :
    29 juillet 2011 @13h54   « »

    La manifestation de la place Tahrir d’aujourd’hui semble étrange.

    [Alors que] les Frères musulmans et les différents groupes salafistes (..) avaient menacé de mettre fin par la force au sit-in de la place Tahrir [d’aujourd’hui], un spectacle de soutien massif aux militaires à l’appui, (..) un accord a finalement été conclu le 26 Juillet entre un certain nombre de forces, dont celles des Frères musulmans et des salafistes, sur cinq exigences à faire par tous lors des manifestations du vendredi 29 afin de maintenir « l’unité » de la place Tahrir.

  • permalien K. :
    29 juillet 2011 @14h09   « »

    Même lien que ci-dessus :

    ...les casseurs qui ont attaqué les manifestants il y a quelques jours dans le quartier du Caire "Abasiyya", blessant des centaines de personnes, ont été identifiés par un membre du SCAF comme les « comités populaires » dont personne n’avait entendu parler avant sa déclaration. En fait, le maréchal Tantaoui a lui-même identifié les casseurs comme « le peuple » d’Egypte, qui aurait empêché les manifestants d’atteindre le ministère de la défense sans ingérence du SCAF, malgré la présence de soldats de l’armée dans le quartier qui ont bloqué les manifestants avec des barbelés et sont restés les bras croisés alors que les casseurs ont commencé à les attaquer.

    L’affirmation de Tantawi, cependant, est contredite par les faits, parmi lesquels une enquête du journaliste Yousry Fouda, qui anime le populaire “talk-show” “Akhir Kalam.” Fouda a révélé que l’un des leaders des casseurs de ’Abasiyya n’était même pas de ’Abassiya mais de Shams ’Aïn, et a été membre de la Garde républicaine de Moubarak et avait régulièrement manifesté en faveur de Moubarak et du SCAF, une chanson faisant l’éloge du dictateur déchu ayant même été écrite par lui.

    Ces faits mis a part, cet effort de délégitimation du SCAF s’est concentré sur ce qu’il percevait comme étant un maillon faible, le ciblage d’un poète égypto-palestinien qui a soutenu le soulèvement. Ce faisant, le SCAF a espéré délégitimer les révolutionnaires comme des « étrangers », tout en réaffirmant en même temps l’isolement Sadatiste-Mubarakiste de l’Egypte de son environnement arabe, même si le soulèvement s’est prononcé en faveur de la recherche de la réinsertion dans le monde arabe.

    Né et élevé au Caire, Tamim Barghouti, fils de l’éminente romanciere égyptienne et professeur de littérature Radwa ’Ashour, a été stigmatisé à la télévision nationale par le général Hassan al-Ruwayni, un membre du SCAF, commandant de la Région Militaire Centrale.

    Al-Ruwayni (..) a décrit le poète comme quelqu’un qui "parle avec un accent étranger et a un nom étranger et son apparence n’est pas celle d’un Egyptien". (..)

    (..)

    Ce venin anti-palestinien et anti-arabe d’un membre du SCAF, pouvait-on penser, allait immédiatement entraîner son licenciement ou même son jugement en cour martiale pour incitation à la haine anti-arabe et anti-palestinienne et exhortation à respecter le chauvinisme égyptien sadatiste et l’isolement de l’Egypte de son milieu arabe. Un appel qui pouvait être perçu comme une menace pour l’unité nationale et la cohésion égyptiennes si ce n’est celle de la sécurité nationale, et pourtant aucun de ses collègues au sein du conseil ne s’en est plaint ou ne l’ont critiqué publiquement pour ses déclarations.

  • permalien Nathan :
    29 juillet 2011 @15h19   « »

    L’Egype, de Charybde (la dictature de Moubarak et ses affidés) en Scylla (la dictature islamique).

    Tens of thousands of people have packed Cairo’s Tahrir Square, after the first call by Islamist leaders for nationwide demonstrations since President Hosni Mubarak was overthrown in February.

    The demonstrators - dominated by Muslim Brotherhood supporters - are calling for an Islamic state and Sharia law.

    Correspondents say the rallies will be a worrying development for secularists.

    http://www.bbc.co.uk/news/world-mid...

    Pas moyen d’avoir là-bas un régime démocratique plus ou moins normal.

  • permalien Yann :
    29 juillet 2011 @19h29   « »

    un régime démocratique plus ou moins normal

    à l’israélienne ??

  • permalien Yann :
    29 juillet 2011 @19h43   « »

    28 parties and movements have declared this afternoon that they withdrew from the agreement reached last Wednesday. The Revolution Youth Coalition has declared that they are going to continue in the sit in after the departure of the Salafists. The Salafists announced they will leave at 6 PM.

    http://egyptianchronicles.blogspot....

  • permalien
    30 juillet 2011 @22h57   « »

    Un langage juste clair et net, et ce d’autant plus qu’il intervient dans le contexte d’un article consacré aussi à la famine en Somalie :

    La junte militaire egyptienne est un « Etat dans l’Etat. »

    In Egypt, though, the reformers are less optimistic, largely because the armed forces have retained almost all their economic power and are functioning as a state within a state.

  • permalien Lou :
    17 août 2011 @21h55   « »

    Egypte : cinq hommes condamnés à mort par un tribunal militaire

    LE CAIRE - Cinq hommes ont été condamnés à la pendaison mercredi par un tribunal militaire en Egypte pour avoir volé dans une station service et tué un commandant de police pendant leur fuite, a rapporté l’agence de presse officielle Mena.

    Sept autres hommes arrêtés dans la même affaire ont été acquittés.

    Par ailleurs, un tribunal militaire a condamné deux hommes à six mois de prison mercredi pour avoir scandé des slogans anti-militaires, a indiqué un responsable du ministère public.

    Un des deux hommes, Hassan Saïd, un militant de 18 ans, avait été arrêté dans le centre du Caire le 2 août, un jour après que l’armée et la police eurent violemment dispersé un sit-in de protestataires réclamant un gouvernement civil.

    L’armée, qui dirige le pays depuis le départ en février de l’ancien président Hosni Moubarak, a jugé plusieurs milliers de civils pour crimes divers, allant du vol et de l’agression à la diffamation des forces armées.

    Les tribunaux militaires ont condamné plusieurs personnes à la pendaison pour des crimes tels le viol ou le meurtre.

    Même si les procès militaires avaient été bien accueillis en Egypte durant les quelques mois d’anarchie ayant suivi la révolte contre Hosni Moubarak, l’armée est aujourd’hui de plus en plus critiquée notamment par des organisations de défense des droits de l’Homme qui jugent ces tribunaux injustes.

    Mercredi, Human Rights Watch, basé à New York, a accusé l’armée égyptienne de mener une campagne destinée à réduire au silence les voix critiques, après sa décision de juger une militante accusée d’avoir insulté les généraux au pouvoir.

    (©AFP / 17 août 2011 21h47)

  • permalien K. :
    24 août 2011 @21h37   « »

    Les luttes pour la Constitution egyptienne : le seul véritable point d’accord entre les religieux et les laiques semble être de ne pas permettre à l’armée de s’y déclarer « protectrice de la démocratie. »

    Islamists oppose the inclusion of any article for fear that the army might interfere against them as was the case in Algeria in the 1990s. Yet many non-Islamist groups have also opposed making the military the guardian of democracy, arguing that such a clause could open the door for military coups.

    http://www.almasryalyoum.com/en/nod...

    Voir aussi en français : http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

  • permalien K. :
    29 août 2011 @22h16   « »

    A verser dans le dossier de la "révolution suspicieuse" :

    Outside In :

    So why this lack of confidence ? The fact that Egypt has been the victim of real conspiracies and real attacks is no excuse. Of course foreign powers will meddle. But Egypt can write its own history.

  • permalien K. :
    2 septembre 2011 @14h59   « »

    Les restrictions imposées à la TV d’Etat égyptienne par la junte militaire égyptienne pires que celles de Moubarak ?

    http://www.guardian.co.uk/media/201...

  • permalien Lou :
    2 septembre 2011 @23h07   « »

    @ K.
    juste pour décompresser un brin et vous remercier de m’avoir présenté l’émir du Qatar.

  • permalien K. :
    4 septembre 2011 @19h02   « »

    Robin M. Mills du site "Foreign Policy" (traduit en français ici) a une très étrange vision des choses :

    S’il préconise bien les habituelles recettes de privatisation et de "rigueur budgétaire" pour éviter l’explosion de « la bombe à retardement économique » de l’Arabie dite saoudite, il ne dit rien sur ce que les Saoud doivent faire, en attendant la Saint Glinglin, pour éviter la bombe à retardement sociale qui menace de les emporter.

  • permalien K. :
    30 septembre 2011 @13h40   «

    - Déclaration commune d’ "activistes" égyptiens et étatsuniens pour « un partenariat transnational contre l’hégémonie » et prévision de manifestations concomitantes les 6 et 7 octobre prochains.
    http://www.arabist.net/blog/2011/9/...

    - La manifestation d’aujourd’hui Place Tahrir s’annonce prometteuse malgré l’absence des "Frères Musulmans"
    http://english.ahram.org.eg/NewsCon...

    - Alaa El Aswany : "Ecrivain, car ainsi je suis utile"
    http://www.lemonde.fr/culture/artic...

    Le vrai ministre de l’information de la révolution, c’est cet homme, employé de banque tout à fait ordinaire, qui a acheté sur ses propres deniers une scène et du matériel qui nous ont permis, à moi et à quelques autres, de prendre la parole, tous les jours, pour faire passer une autre information que celle des médias officiels.

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