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Ratages en Libye

mardi 12 juillet 2011, par Philippe Leymarie

« Il faut savoir terminer une guerre » : la phrase est du président Sarkozy, mais elle concerne l’Afghanistan, où le chef de l’Etat français s’est rendu durant quelques heures, ce 12 juillet. Alors que ce même jour se tenait à l’Assemblée nationale et au Sénat le débat prévu par la Constitution française sur la poursuite de l’intervention en Libye, et qu’approche la fête nationale du 14 juillet, on constate un infléchissement du discours gouvernemental sur ce conflit : Tripoli n’est plus près de tomber comme un fruit mûr, en dépit des cent et quelques jours de bombardements des appareils de l’OTAN ; et la personne de Kadhafi – dont l’élimination, y compris physique, était considérée comme nécessaire sinon suffisante – ne ferait plus totalement obstacle à un règlement politique qui doit désormais être recherché.

Il avait été parmi les premiers à émettre de sérieuses réserves sur l’aventure franco-britannique en Libye : Patrick Haimzadeh, ancien lieutenant-colonel de l’armée de l’air française, ex-diplomate à l’ambassade de France à Tripoli dans les années 2001-2004, arabisant, auteur du livre récent Au cœur de la Libye de Kadhafi [1], pointait par exemple sur le site Mediapart, le 12 juin dernier, « les dix erreurs de l’OTAN en Libye » que nous résumons ci-dessous (en y ajoutant quelques extraits d’un entretien avec le même auteur publié par Jean-Dominique Merchet).

En fait, c’est une guerre civile. L’insurrection populaire qui a débuté en Cyrénaïque et dans deux régions de Tripolitaine (Misrata et la montagne de l’Ouest, dite djebel Nefoussa) n’a duré qu’une dizaine de jours. Elle a laissé la place, ensuite, à une guerre civile entre deux entités politiques déjà formées au moment du vote de la résolution 1973. Ainsi, les populations originaires du Fezzan (Sud) ne se sont jamais soulevées, pas plus que certaines populations de Tripolitaine (Ouest).

L’écrivain et le président

Le faux « sauvetage » de Benghazi. Les forces de Kadhafi (moins d’un millier d’hommes accompagnés au maximum d’une vingtaine de chars sans logistique) n’avaient pas les moyens de commettre un « bain de sang » à Benghazi, ville de plus de 30 km de long et de 800 000 habitants, et encore moins de « reprendre » toute la Cyrénaïque libérée. « La belle histoire des chars détruits in extremis (en réalité au nombre de quatre !) par l’armée de l’air française, sauvant ainsi Benghazi du carnage et la Cyrénaïque du bain de sang annoncé, est devenue un des mythes fondateurs et justificateurs de cette guerre. Cette belle histoire à laquelle nous avions tous envie de croire, racontée par un écrivain à succès et un président en mal de popularité, n’en constitue pas moins une opération de propagande, consciencieusement relayée sans analyse critique par la quasi-totalité des politiques et médias français. »

La lecture « extensible » de la résolution de l’ONU. Initialement implicite, le but de guerre — le départ ou la mort de Kadhafi — est progressivement devenu explicite. « Il constitue désormais la condition posée par l’OTAN à l’arrêt des bombardements, ce qui représente une lecture largement extensible de la résolution 1973, voire une violation du cadre de cette résolution au regard du droit international. » Les bombardements d’objectifs situés dans des zones habitées de Tripoli, loin de « protéger les civils », en ont déjà tué un certain nombre…

L’absence de « plan B ». Cette escalade a aujourd’hui atteint ses limites du fait de la nécessité de minimiser les « victimes civiles collatérales » qui auraient évidemment un impact négatif sur les opinions publiques des pays de l’OTAN, et parce que la résolution 1973 exclut l’envoi de troupes au sol. La propagande quotidienne de l’OTAN, affirmant que les jours de Kadhafi sont comptés, cache mal l’impasse de l’actuelle option militaire [2].

But de guerre irréaliste

La surestimation de la capacité militaire des insurgés à porter la guerre hors de leurs territoires d’origine. « Les insurgés de Cyrénaïque, de Misrata et du djebel Nefoussa ont fait la preuve de leur capacité à défendre héroïquement, voire à reprendre leur ville, leur village ou leur montagne. Ils sont en revanche beaucoup plus réticents à aller porter le combat sur des territoires qui ne sont pas les leurs. Chaque région libyenne devra se soulever par elle-même et c’est au niveau local que tout se jouera (ou non...) . » Ce que Jean-Yves Moisseran, rédacteur en chef de la revue Maghreb-Machrek, résume ainsi : « Les tribus de l’est n’iront pas “mourir pour Tripoli”, pas plus que celles de l’ouest ne voudront se sacrifier pour Benghazi [3 ».

La sous-estimation de la volonté de résistance de Kadhafi. Il a toujours cité l’expédition franco-britannique de Suez, en 1956, comme l’événement qui a fait naître sa conscience politique : « Entretenir le Conseil national de transition (CNT) libyen dans la certitude qu’il pouvait l’emporter militairement grâce à des bombardements a conforté les plus extrémistes des insurgés dans leur refus de toute concession. Conditionner l’arrêt des bombardements à son départ de Libye est un but de guerre irréaliste qui méconnaît la personnalité du dictateur. En outre, en tuant des membres de sa famille, nous avons conforté Kadhafi dans sa volonté de se battre. »

La sous-estimation de sa capacité de mobilisation. « Cette erreur d’analyse s’explique en partie par l’enthousiasme suscité par les succès des insurrections en Tunisie et en Egypte, qui ne sont pourtant absolument pas transposables au cas libyen. (…) S’il est dérangeant de penser qu’un régime dictatorial dispose d’une certaine base sociale, nier cette réalité ou la négliger conduit à de graves erreurs d’analyse. » En outre, il dispose de gardes prétoriennes plutôt bien équipées et entraînées, au regard des standards locaux.

Recomposition du régime

Des modes d’action militaire inadaptés. Au plan tactique (soutien direct des insurgés) comme au plan stratégique (bombardement direct de Kadhafi, incitation à la défection de son cercle de fidèles ou délitement du régime), on constate que les effets des quelque quatre mille missions de bombardement réalisées [4] par l’OTAN depuis plus de trois mois sont peu probants. « Au lieu de se déliter, le régime [NDLR : qui n’est pas un Etat, mais une constellation de pouvoirs locaux, tribaux, etc. ] s’adapte et se recompose en permanence… L’OTAN peut continuer à bombarder chaque jour des entrepôts vides, des casernes désaffectées, des états-majors et des ministères fantômes et des centres de commandement qui ne commandent rien : cela n’aura qu’une incidence marginale sur la chute du régime. »

L’irruption d’acteurs étrangers dans un conflit interne. « Si tant est que cette guerre, à terme, apporte la victoire à l’insurrection, elle apparaîtra pour une partie de la population libyenne comme un sous-produit d’une nouvelle intervention militaire occidentale dans un pays arabe. Les habitants de Cyrénaïque seront accusés à juste titre d’avoir appelé à l’intervention militaire directe de puissances étrangères contre d’autres Libyens. Et ce n’est pas la participation symbolique des Emirats arabes unis, qui abritent depuis peu une importante base militaire française, ni celle du Qatar, qui a soutenu dès le départ l’insurrection libyenne par la voix de sa chaîne Al-Jazira (tout en se gardant de dénoncer l’intervention militaire saoudienne pour mater le début d’insurrection populaire au Bahreïn), qui changeront cette perception. »

Le blocage de toute solution politique installe le pays dans la violence, avec une économie de guerre civile, des réseaux et trafics. « Si le radicalisme des cadres du CNT et de certains combattants insurgés qui luttent depuis plus de trois mois pour se libérer est compréhensible, il est loin d’être avéré que l’ensemble de la population libyenne souhaite voir perdurer cette guerre civile et la partition de facto du pays. (...) En renforçant les extrémistes du CNT, la France et la Grande-Bretagne portent une part de responsabilité dans la poursuite de cette guerre (…), contraire à l’objectif affiché de protection des populations civiles. »

Finir le travail ?

Dans l’immédiat, si nos ministres étaient moins confus et plus accordés dans leurs propos, on y verrait plus clair. Ainsi, à propos du « verrou » Kadhafi, le ministre des affaires étrangères Alain Juppé, de passage à Nouackchott, allume une fois de plus le « Guide » libyen : « Comme nous le disons depuis longtemps, Kadhafi a perdu toute légitimité, il n’y a pas de solution s’il reste au pouvoir… Il faut donc qu’il s’engage à s’écarter du pouvoir et, à partir de là, un processus de négociation politique peut s’engager. » (…) « La question n’est pas de savoir s’il doit partir, mais quand et comment », renchérit le même ministre dans le quotidien Sud-Ouest (11 juillet 2011).

Mais le ministre français de la défense, Gérard Longuet, laissait entendre dimanche sur BFM TV que M. Kadhafi pourrait rester à Tripoli, après une cessation des hostilités et un début de dialogue : « Nous avons arrêté la main qui avait frappé (…). Il va falloir se mettre maintenant autour d’une table. On s’arrête de bombarder dès que les Libyens parlent entre eux et que les militaires de tous bords rentrent dans leurs casernes. » Et si le colonel Kadhafi n’est pas parti ? « Il sera dans une autre pièce de son palais avec un autre titre », a répondu M. Longuet.

Rentrer, sortir ? Dedans, dehors ? Il faudrait savoir ! Lors du dernier conseil des ministres, François Fillon a assuré que le débat de ce mardi 12 juillet à l’Assemblée et au Sénat serait l’occasion d’envoyer « un signal à Kadhafi sur la détermination française ». L’unanimisme des grandes formations politiques sur la poursuite de la guerre, et sur la nécessité en tout cas de « finir le travail » [5] permet de le penser.

Il est paradoxal de voir à quel point Jean-Marc Ayrault , chef du groupe socialiste à l’Assemblée, peine à se différencier de ses homologues de droite. Mais il est vrai que le guide libyen, à l’heure qu’il est, n’en est sans doute plus à guetter les états d’âme de la classe politique française...

Notes

[1] Editions Jean-Claude Lattès, 200 pages, 15 euros.

[2] Dont Paris tente soudain, plus ou moins adroitement, de se sortir… après avoir mené la « chasse au dictateur ».

[3] France Inter, 11 juillet 2011.

[4] A la mi-juillet, le cap des cinq mille missions aura été largement dépassé.

[5] L’expression « finir le travail », qu’on trouvait plus fréquemment dans des bouches américaines (job), fait florès en France ces temps-ci. Comme une autre, qui s’applique à l’Afghanistan : « On ramènera nos soldats à la maison », a dit ce 12 juillet le président Nicolas Sarkozy, en déplacement auprès des soldats français. Home, sweet home !

24 commentaires sur « Ratages en Libye »

  • permalien K. :
    12 juillet 2011 @18h41   »

    Le faux « sauvetage » de Benghazi.

    Si cela s’avère vrai, c’est énorme. L’avenir s’avèrerait radieux pour l’impérialisme et plus sombre que jamais pour les populations de la région.

  • permalien Yvan :
    12 juillet 2011 @18h59   « »

    Il est toujours difficile pour un spécialiste de la politisation des faits divers de banlieue,comme le Président Sarkozy, d’avoir une approche inspirée des enjeux géostratégiques mondiaux.

    Déjà une reconnaissance des erreurs en Tunisie et en Égypte, aurait évité une surenchère compassionnelle autour des victimes libyennes. Mais une fois l’opinion publique chauffée, il est difficile de faire marche arrière sous peine de passer pour un salop.

    Ensuite les subtils passages, de manifestants à révolutionnaires, puis de révolutionnaires à révoltés n’ont pas étés perçus dans la "stratégie sarkozo-cameronienne".

    Subtiles aussi les arrière pensées quant au départ de Kadhafi (voire son élimination physique), quand elles ont étouffé les termes du mandat de la résolution 1970.

    De même le passage tout aussi subtil de l’"intervention directe" au "mandat donné à l’OTAN" (en dehors de sa compétence), s’est accompagné de l’annonce du désengagement de l’OTAN en Afghanistan. Dans ces vases communicants qui ressemblent bien à une consolation au complexe militaro-industriel pour le manque à gagner, on a assisté à la quasi "évaporation" des américains.

    Tout ça fait, que la bande de bras cassés européens, se retrouvent jusqu’aux coudes plongée dans la politique intérieure libyenne comme étant les seuls interlocuteurs entre Kadhafi et une partie de son peuple.

    En plus les événements syriens sont apparus fort opportunément, et bien que les situations soient totalement différentes, ça n’empêchera pas aux opinions publiques du monde entier de se livrer à leur sport favori, un test comparatif, "avec" ou "sans" droit d’ingérence. Le verdict sera donné par le nombre de victimes, plus que par l’identité de l’oligarque qui aura gagné la queue du Mickey.

  • permalien Lemoineau :
    12 juillet 2011 @19h04   « »

    Merci pour ce coup de pied dans le ventre mou d’une classe politique, toutes tendances confondues (y compris les moins pires), et de la grande armée des journalistes "en tenue de campagne" qui, pour des raisons humanitaro-compassionnelles (s’agissant des moins cyniques d’entre eux), n’ont jamais pris la peine d’analyser la situation avant d’applaudir à cette intervention.

  • permalien drmestassi@hotmail.com :
    12 juillet 2011 @19h13   « »

    ce que me derange leplus est le langage eurocentricte car dans tous les analyses .le seul opinion communote est par definition occidanal oubliant qu il existe d autres opinions et communtes partegeant la terre je refuse a choisir enrte undictateur fou sanguiner et une ingerance qui presante tout sauf des principes de droit humain

  • permalien Kwartz :
    12 juillet 2011 @19h17   « »

    On a les analystes que l’on mérite :

    http://www.dailymotion.com/video/xj...

  • permalien Bendy Glu :
    12 juillet 2011 @23h54   « »

    Content de lire ces lignes. Malheureusement, la guerre en Lybie remet aussi les compteurs à zéro de la vigilance critique contre les guerres "justes". Aucune prise de position intellectuelle contre la guerre, encore moins de manifestations... Comme le méchant est très méchant, c’est du velours, même si cette situation a été analysée sur les conflits précédents comme le Kosovo, et que le va t’en guerre est une fois encore BHL (étonnant et inquiétant éditorial à chaud de Serge Halimi). L’anesthésie tient aussi au mythe journalistique des révoltes "arabes", y compris dans la titraille du monde diplomatique. On peut avoir publié Edward Said et continuer à colporter sous forme de chapeaux un tel mythe : il existerait quelque chose de spécifiquement "arabe". Il y a eu une révolution très spontanée en Tunisie, c’est un fait. Celle-ci a créé une opportunité politique pour des opposants d’autres pays (pas seulement arabes on n’a pas fini de le voir) et un contexte interprétatif (entretenu par les jingles d’Al-Jazeera). Pour ne parler que de la Lybie, il s’est agi d’une lutte armée et d’une guerre civile dès le début, donc rien à voir avec la révolution tunisienne (sauf l’effet d’opportunité politique). Et malheureusement, cerise sur la gateau, sur le plan intérieur, nous savons qui a été la première personnalité politique à le dire en ces termes... Il importe de revenir aux fondamentaux de la critique, au risque sinon que le flambeau passe en de bien mauvaises mains...

  • permalien de Montigny :
    13 juillet 2011 @03h59   « »

    Kwartz

    Merci pour le lien. Dommage de ne pas pouvoir appliquer ce processus plus largement pour y inclure la jolie intox angloricaine : avant ; guerre éclair, frappes chirurgicales, victoire décisive. Après ; quelle guerre ?, Lady Gaga bla bla... football, bla, bla, bla, et dix ans et 300 milliards de dollars plus tard : Oh, les négociations secrètes sont en cours, la classe moyenne a disparu, les gens clé du complexe militaro-industriel sont passé de très-riches à ultra-riches et le peu qui reste du social est complètement amputé. Quels beaux changements - merci obama et cie ! Merci populace ignorante !

  • permalien Juba :
    13 juillet 2011 @11h36   « »

    L’intervention de l’Otan en Lybie rappelle étrangement celles survenues en Irak et en Afganistan, notamment concernant leurs durées et surtout la certitude de voire les populations se retourner contre ces tyrans dés les premiers missiles ou autres. La méconnaissance de la nature de ces régimes, imprévisibles, rusés et surtout, la peur qu’ils suscitent chez les populations qui se trouvent otages et qui doivent les soutenir au péril de leurs vies ne constituent nullement un soutien à ceux ci. Dire que les frappes de l’Otan n’ont pas affaibli Kadhafi et qu’il n’est pas aux abois semble éxagéré ! Il y’a quelque chose de frappant chez tous ces tyrans c’est que la destruction de leurs pays n’est rien seul importe la survie de leur régime. Il est le seul responsable de tout ce qui arrive ou arrivera à la Lybie.Sans son machiavelisme et sa haine à l’endroit de son peuple, rien de tel ne serait arrivé. Est il pensable de rester les bras croisés face à un sanguinaire qui a juré d’exterminer tout citoyen qui refuse de vivre à genoux sous son dictat ? Ceux qui pensent qu’on peut s’accomoder pour la vie de ces régimes ne savent surement pas ce qu’est de vivre sous la tyranie et croire que le peuple Lybien est inconscient ce serait de le prendre pour ce qu’il n’est pas et s’il a fini par se soulever c’est parcequ’il a trop subi et qu’il était temps d’en finir. L’exemple du Soudan est édifiant, le plus grand pays d’Afrique, riche est partagé en deux en attendant de l’etre en 3 par la faute de l’aveuglement d’un Président du meme accabit que le Roi des Rois d’Afrique !

  • permalien Solidaire27 :
    13 juillet 2011 @14h10   « »

    "L’unanimisme des grandes formations politiques sur la poursuite de la guerre, et sur la nécessité en tout cas de « finir le travail » [5] permet de le penser."

    Pas si unanimes que ça ! Les députés et sénateurs communistes se sont élevés dès le début contre cette guerre en Libye par la voix de Roland Muzeau et ont de nouveau voté contre cette semaine.

    Si les français font office de bras armé de l’OTAN dans ce dossier, on peut se demander si la création d’un Fonds Monétaire et d’une banque africaine à l’initiative de Khadafi et avec l’argent du pétrole libyen n’a pas précipité sa chute : les financeurs et les grandes entreprises européennes, celles de la Françafrique notamment, aurait eu beaucoup à y perdre !

  • permalien K. :
    13 juillet 2011 @14h43   « »

    Puisqu’on a évité un “génocide”, la question de savoir qui protègera les civils des civils protégés devient indécente.

    http://www.hrw.org/en/news/2011/07/...

  • permalien alahnaf :
    13 juillet 2011 @20h12   « »

    Comme le pense Juba, gloser à l’infini sur l’opportunité et la légitimité de l’intervention internationale en Libye incite à la paralysie et vise à culpabiliser les sympathisants du peuple libyen dans sa lutte pour la dignité et la liberté. Cette incitation à l’inaction en fustigeant les erreurs tactique et stratégique, la précipitation dans l’engagement, la sous-estimation de la force d’adaptation et de mobilisation de Khadhafi, la sur-estimation des rebelles etc... ne vise à mon humble avis qu’à verser dans le paradoxe de Buridan... L’impossibilité du choix incite effectivement à l’inaction comme le relate la fable de l’âne de Buridan incapable de choisir entre le seau d’eau et la botte de foin et mourra enfin de soif et de faim. Pour dépasser ce dilemme la communauté internationale s’est déterminée en considérant que le motif de l’intervention était assez important pour agir. Il n’y a aucune comparaison entre l’intervention en Irak ou en Afghanistan et celle faite en Libye. L’auteur de l’article néglige délibérément les soutiens dont jouit le régime de Khadhafi et qui expliquent pourtant sa résistance. A mon avis le problème concerne non la légitimité de l’intervention mais les moyens de chacun pour atteindre ses objectifs... Dans un contexte de crise et la faiblesse de la zone euro aggravé par le désengagement américain, Khadhafi et sa famille ont effectivement plus d’avantage. En plus de leurs soutiens déclarés La Russie, la Chine, ils en profitent d’autres non déclarés : les militaires algériens, les restes des dictatures voisines, quelques pays africains, Israël, l’Iran et la Syrie et j’en passe. Une fois le paradoxe de Buridan est dépassé et le Rubican est traversé, il serait désastreux pour ne pas aller jusqu’au bout et traduire ce dictateur et son fils devant la justice internationale.

  • permalien dlauren :
    13 juillet 2011 @21h38   « »
    Au secours Jaurès.....

    En écoutant le discours du premier ministre de mon pays et en voyant les députés de mon pays observer une minute de silence à l’Assemblée nationale, j’ai eu envie de VOMIR !!!!!!!
    Honte à vous Mrs les Bellicistes sans cervelle qui disposez si facilement de la vie d’autrui : aussi bien de la vie de civils dans de nombreux pays qui n’ont rien demandé, que de la vie de jeunes soldats, qui devaient pourtant s’attendre à l’issue fatale...

    Honte à tous ces Bellicistes qui ont voté la poursuite de l’attaque meurtrière en Libye...
    Bravo aux 27 courageux députés qui ont voté contre...

  • permalien mad :
    13 juillet 2011 @22h18   « »

    « Non il n’existe pas de « guerre propre » ! Michel Collon nous envoie un reportage depuis la Libye. Il nous montre ce que les bombes de l’OTAN peuvent faire loin des caméras de télévision. »

  • permalien gosselent :
    14 juillet 2011 @04h43   « »

    Je trouve que certains points invoqués manquent de cohérence.
    En particulier, il est peu cohérent de dire qu’on a sous-estimé la capacité de Khadafi à mobiliser et à se battre et qu’on a surestimé sa capacité à écraser Benghazi. C’est un peu facile ; c’est ce que j’appelle "miser sur Pair et Impair pour miser juste".

    Il faut reconnaître aux Cassandres - ce qu’a été Hamzadeh ces derniers mois - qu’en prédisant le contraire de ce que les acteurs du conflit attendent, ils ne tombent pas dans le travers inverse de la prophétie auto-réalisée.
    Pour autant, en mêlant des arguments contradictoires, ils s’assurent d’avoir au moins raison sur une proportion honorable des causes, à défaut - ou avant - d’avoir raison sur le résultat.

    Quant à avoir raison sur le résultat, il faut admettre aussi en particulier que les hauts et les bas de cette guerre, sur des échelles de temps et de distance diverses (rappelons-nous les allers-retours le long des villes entre Tripoli et Benghazi au printemps), laisse planer l’idée qu’on peut avoir raison à un moment et tort un peu plus tard.

    Le propos n’est pas de critiquer la méthode ou l’analyse de Hamzadeh, mais de souligner qu’en temps de guerre, la prévision est faite dans les États-Majors, secrètement, et la prédiction est faite par les médias et les analystes, publiquement.

    Que l’OTAN se soit trompé dans ses prévisions, soit, c’est entendu, la guerre coute beaucoup plus cher que prévu en pertes humaines et en ressources matérielles, dure plus longtemps, mais au bout du compte, elle tend toujours à ce jour vers le même objectif.

    Entre la prédiction et la prévision, il y a essentiellement un écart de finalité. La prévision est opérationnelle : gouverner c’est prévoir. Sans prévision, aucune guerre ne dure. La prédiction est informationnelle : elle annonce des événements sur lesquels elle a - en principe - peu d’effets.

    La prédiction de Hamzadeh est bonne, mais elle utilise des arguments qui ne sont en accord avec la réalité que parce qu’ils sont suffisamment contradictoires.

    Pour ce qui est de Benghazi...
    Pour ma part, dans un affrontement possible entre 1000 hommes armés et 800.000 civils, je crois plutôt au principe de précaution.
    Même si, en bon militaire, Hamzadeh calcule que les 1000 hommes armés ont peu de chance de survivre aux 800.000 civils si ceux-ci décident d’en venir à bout, on peut aussi arguer que 1000 hommes armés peuvent, avant de succomber, massacrer 10 fois leur nombre, ce qui laisse, c’est vrai, 790.000 civils survivants, mais tout de même cause un massacre de 10.000 civils (plus les 1000 hommes armés), et moi, ça, j’appelle ça un bain de sang.
    (quand même, oui, plutôt un bain de sang... disons une sorte de petit, tout petit Srebrenica... mais quand même pas si petit que ça)

  • permalien francois :
    14 juillet 2011 @11h23   « »

    Je pense que les premieres responsables de la guere inventée de la libye cette analyse doit leurs attirer leurs attentions car la liye ne pas un ’’etat ’’ sous sa bonne forme c’est un ’’etat fontome’’ donc cette guerre sa seule solution c’est politique. mais il faut retenir que la lybie est divisée a 2 pour toute la vie.....

  • permalien Simidor :
    14 juillet 2011 @23h03   « »

    un appel à la souveraineté :

    http://sang-dencre.blogspot.com/

  • permalien L17 :
    14 juillet 2011 @23h42   « »

    Alain Juppé, Hilary Clinton, etc. ne manquent pas d’arrogance et de mépris envers leur adversaire le colonel Kadhafi pour décréter qu’il est n’est plus légitime !
    Ils s’arrogent un droit que seul détient le Peuple libyen TOUT ENTIER et non son émanation occidentale le CNT.On peut lire à ce sujet la récente interview de Seif El-Islam Kadhafi
    http://fr.elkhabar.com/?L-Algerie-n...

    Cette guerre, dont les noms de code, très significatifs, sont Aube de l’Odyssée et Odyssey Dawn, n’est qu’un début pour tenter de mettre la main de l’USA-Occident sur les richesses de l’Afrique et torpiller les révoltes arabes.
    La Libye est le premier verrou à faire sauter, car Kadhafi est le seul dirigeant arabe qui tient tête aux Occidentaux.On peut lire aussi
    http://www.internationalnews.fr/art...

    Si la Coalition entreprend des opérations terrestres, l’OTAN va "se planter" comme en Afghanistan, mais au prix de combien de morts et de destructions pour les Libyens...

    Quant à N Sarkozy sa visite à Kaboul est très malvenue comme la plupart de ses initiatives depuis 2007... Le résultat s’écrit en rouge pour nos soldats dont la place n ’est pas à l’Étranger : ce n’est pas la France qu’ils défendent là-bas mais les les intérêts mercantiles des lobbies pétrolier et militaro-industriels des USA et de leurs valets dont, hélas notre pays actuellement...

    D’autres informations sur la Crise libyenne

    http://salam-akwaba.over-blog.com/a...

    http://salam-akwaba.over-blog.com/a...

  • permalien le journal de personne :
    16 juillet 2011 @16h32   « »

    Otan en emporte le temps !
    Intervention en Libye. Contravention pour la Syrie. Ainsi va la vie…
    L’occident prétend défendre la veuve en lui faisant des orphelins.
    Malaise d’une civilisation qui vous fait de l’ombre pour vous éclairer et vous ôte l’eau de la bouche pour rassasier sa propre soif de puissance et de nuisance.
    On fait mine d’ignorer qu’on n’a aucun intérêt à nous immiscer entre la peau et la chair, entre le père et ses enfants.

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/07/lubies/

  • permalien KarimW :
    17 juillet 2011 @15h09   « »

    http://www.independent.co.uk/news/w...

    Les exactions attribuées à Kadafi se dégonflent.

  • permalien jean76 :
    19 juillet 2011 @14h44   « »

    Que c’est beau de se soulever contre les frappes de l’Otan !!!!

    Mais est-ce que quelqu’un a-t-il échangé avec des Libyens de l’Est, de Tripoli, du sud ? Non je ne crois pas. Et bien moi oui, et j’ai des contacts tous les jours (de plus, j’y ai vécu 8 ans là bas....)

    Une chose est sûre : les Libyens ne veulent plus de Khadafi et y compris sur tripoli. Alors arrêtez vos conversations de salon et vos grands principes socialisants !!!

    Je le confirme, il y avait bien volonté de raser Benghazi de la part du dictateur et de son fils préféré (vous savez le chauve complètement barge).

  • permalien K. :
    19 juillet 2011 @15h15   « »

    Les contacts sont pris, sans qu’il soit possible d’établir une relation de causalité avec la prise de MANPADS ("man-portable air-defense missiles") par certains groupes incontrolés (?) présents sur le terrain conquis par les "rebelles".

  • permalien Jaume :
    21 juillet 2011 @06h36   « »

    Si les libyens de l’est et de l’ouest ne voudraient se battre les uns pour les autres, en raison de sentiments de nation ou d’appartenance, ou de groupe ethnique, voilà la preuve que la solution plus raisonable c’est la creacions de deus états sur l’ancien etat de la Libye. Deux état qui vont se correspondre, et qui vont respondre, aux aspiracions des peuples sur le terrain. N’y faut-il voir alors une situation d’imposition par la force d’un minorité (ou d’une majorité) ethnique=nationale qui controlait l’apparail de l’Etat sur le reste a l’heure de chercher les causes profondes de la rebelion initial ?

  • permalien Joëlle :
    23 juillet 2011 @23h01   « »

    Je trouve la couverture de l’agression de la Libye par le Diplo TRES FAIBLE !!!

    C’est un euphémisme !!!

    Voici un dossier complet que je recommande :

    http://www.internationalnews.fr/art...

  • permalien Le joyeux du village :
    22 août 2011 @00h47   «
    Vous avez l’air bien cons maintenant !

    A tous les biens pensants et autres humanistes du dimanche, à commencer par l’auteur de ce blog, qui confond son travail de journaliste avec un militantisme politique des plus déplacés, là ou devrait prévaloir un minimum de recul et de considérations non partisanes :

    Vous avez l’air bien cons maintenant !
    Et vous m’en voyez ravi !

    Si cela pouvait vous mettre de la suite dans les idées avec une analyse qui ne serait pas systématiquement critique à l’excès envers votre pays.
    D’autres journalistes, toutes tendances confondues, savent pourtant le faire.
    Et surtout, par pitié, cessez donc de cultiver ce complexe de supériorité.
    Merci.

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