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Les scandales sexuels et l’opinion

jeudi 14 juillet 2011, par Alain Garrigou

Plusieurs affaires sexuelles ont défrayé la chronique médiatique avec une force qui pouvait laisser penser que la vie du monde était en jeu. En 1996, le Monicagate a failli amener un président des Etats-Unis à la démission. En 2010, l’accusation de Julian Assange en Suède a fait du fondateur de WikiLeaks un reclus sous la menace d’extradition. En 2011, l’arrestation de DSK à New York pour le viol d’une employée d’hôtel a parachevé une sorte de mondialisation des scandales sexuels.

Comment ces scandales ont-ils pris cette envergure mondiale ? Sauf à considérer que nos contemporains sont plus vicieux que les anciens, ou que nos sociétés sont plus vertueuses que les précédentes, il faut bien admettre que les véritables causes des scandales ne sont pas leurs causes alléguées. Pour comprendre les conditions de succès des informations qui nourrissent ce qu’on appelle un scandale, l’historien commencerait peut-être par un paradoxe : dans le monde entier, les opinions publiques ont été prises à témoin de faits dont personne n’avait été témoin.

Les scandales n’éclosent jamais mieux que parce beaucoup de gens y voient ce qu’ils voulaient voir. Comment décide-t-on de la culpabilité ou de l’innocence d’une personne au regard d’informations sommaires concernant le sexe, domaine de l’intimité par excellence ? L’affaire DSK aura été un modèle du genre. La justice new-yorkaise a décidé en deux heures d’arrêter un « violeur », les médias ont lancé immédiatement des titres fracassants dont la seule source était la précédente. Dans le public, les avis se sont rapidement partagés entre l’indignation et le soupçon de complot. Sur la base de quelles informations ? L’historien doit déjà constater que la critique des sources, au fondement de sa méthode, ne fait pas d’émule pour juger de cette actualité. Selon ses critères, la fragilité des informations n’a d’égale que la certitude des opinions. Dans les scandales sexuels, dont les faits sont opaques et qui nécessiteraient une rigueur et une lenteur d’enquête particulières, les points de vue sont d’autant plus convaincus qu’ils sont préétablis.

Les scandales sexuels sont ainsi une manifestation significative du régime d’opinion. Plus les faits sont incertains et plus ils laissent libre cours aux préjugés. On peut tout dire sans savoir. Si l’on a raison, tant mieux ; sinon, on ne se privera pas de s’exprimer. Laissons donc les faits, puisque aucun historien ne se hasarderait à trancher, pour nous occuper des mécanismes.

Les récentes affaires ont exhumé un vieux paradoxe qu’on pourrait aujourd’hui appeler le paradoxe puritain, même s’il fut celui de l’Inquisition, des tribunaux de pénitence qui guidaient les confesseurs, en somme celui de tous les tribunaux de morale. Depuis le début jusqu’à la fin de la chaîne des opinions, de ceux qui lancent les dénonciations, comme les magistrats ou les délateurs, jusqu’au public qui réagit, l’écho des scandales sexuels est directement lié à la morale. Juger des comportements sexuels, c’est forcément les évaluer au regard de ses propres règles. Il est donc parfaitement normal que les accusations viennent des secteurs puritains d’une population. Le procureur Starr, chrétien fondamentaliste, ne s’était pas caché d’avoir la Bible comme livre de chevet. Or, cet homme instruisait une affaire de relations sexuelles d’un président des Etats-Unis avec une jeune fille stagiaire à grands renforts de détails assurément sales pour lui, mais croustillants pour d’autres. On n’est pas obligé de suivre la critique du parti des dévots que Louis XIV avait suggérée à Molière pour formuler le paradoxe puritain : les meilleurs ennemis du pêché s’y intéressent beaucoup chez les autres. En somme, incompétents ou hypocrites.

Dans le Monicagate, la conduite sexuelle venait surtout confirmer les soupçons, pour ne pas dire les certitudes, des républicains fondamentalistes sur la moralité défaillante d’un homme qui ne cachait pas son hédonisme. Dans l’affaire Julian Assange, les plaintes déposées par deux anciennes amantes pour viol visaient-elles les faits allégués de rapports sexuels non protégés, ou le goût de Julian Assange pour les femmes ? Dans l’affaire DSK, la célérité du procureur et la réactivité de la presse étaient-elles indifférentes à la réputation de l’homme politique et à sa nationalité française ? Là encore, l’historien négligera le fait originel pour l’élever à la grande politique : la croisade des républicains américains contre le président Clinton, la fureur des militaires américains contre les révélations de WikiLeaks sur la guerre en Irak, la crise de confiance aux Etats-Unis ou la candidature probable de DSK à l’élection présidentielle française. Ce terrain sûr de la politique risque de masquer l’importance de ses fondements moraux : rien ne soulève plus de haine que les incompatibilités éthiques.

Comment les puritains mettent-ils autant de monde dans le maelstrom ? Norbert Elias avait choisi cette figure pour évoquer les conditions de la distance critique [1]. Le danger la rendait improbable. D’autres conditions aussi. Pour les spectateurs, les affaires sexuelles offrent les faits les plus incertains mais les plus faciles à comprendre. Elles opèrent comme des tests projectifs. Il n’est en effet pas de jugement qui n’exprime, pour ne pas dire ne trahisse, son auteur. Dans une sphère de vie où le secret est de mise, beaucoup d’opinions auront été des confidences. Il est difficile, pour ne pas dire impossible, de juger la sexualité des autres sans parler de la sienne. Ce fut donc une gigantesque séance d’autoanalyse collective qui a peut-être eu des vertus curatives. Aux spécialistes de le dire.

La générosité avec laquelle la presse se jette dans les scandales sexuels a de quoi interloquer. Voilà encore que l’on parle de choses osées à n’importe quelle heure de la journée devant un public mineur qui n’a généralement pas une connaissance très précise des fellations, sodomies et autres « secrets funestes » des confesseurs. Actualité oblige. Dans le concert des informations en boucle, la logorrhée devait-on dire, on peut voir comment les médias se nourrissent du scandale. Dans l’affaire DSK, les commentateurs n’ont cessé de mettre en valeur la « présomption d’innocence » avant d’en montrer le plus parfait mépris. On entendit ainsi les considérations incongrues sur son respect dans le système accusatoire américain, une expression reprise partout, alors que ce système impose justement la présomption de culpabilité. On peut aller vite quand il s’agit de se donner bonne conscience. Ainsi le lynchage médiatique n’était-il pas un dérapage des médias, mais bien la logique d’une association entre la justice, qui offrait un coupable, et la presse, qui obtenait un coupable. Croit-on sérieusement qu’un innocent, que l’erreur ou même seulement le doute puisse faire la une ?

Les médias se montrent aussi singulièrement pusillanimes à l’égard des institutions. Dans tous les cas, c’était comme s’il ne fallait pas être critique avec la justice accusatrice. Combien de journalistes émirent des critiques contre les institutions judiciaires malgré les incohérences, les mensonges, la mauvaise foi ? Tout juste entendit-on les journalistes français évoquer le fait que le procureur était élu, une étape dans une carrière politique. Ce fut un peu comme si l’on était en terrain diplomatique sensible et qu’il ne fallait pas émettre de jugement critique sur le procureur Vance, comme auparavant sur le procureur Starr ou sur la justice suédoise. Bien des critiques sont donc restées en coulisses.

On trouve là un principe redoutablement efficace des scandales sexuels : le légitimisme. Il est plus commode d’accepter la culpabilité d’un individu que d’accepter la faute d’une institution. Nous sommes préparés à la faute d’un individu, même si elle nous dérange parce que cet individu nous est sympathique pour quelque raison. La nature humaine offre une réponse commode. Si l’accusé ne nous est pas sympathique à cause de ses affiliations politiques, religieuses ou ethniques, de ses manières d’être, de son physique, les jeux sont faits. Vae victis. Par contre, l’erreur institutionnelle est angoissante, qui pourrait faire d’autres victimes. Pourquoi pas soi ? Et que dire des complots qui plongent dans l’horreur ? Finalement, une conclusion optimiste s’impose : nous sommes bien optimistes.

Notes

[1] Norbert Elias, Engagement et distanciation, Fayard, Paris, 1983.

44 commentaires sur « Les scandales sexuels et l’opinion »

  • permalien une bille :
    14 juillet 2011 @16h54   »

    « On trouve là un principe redoutablement efficace des scandales sexuels : le légitimisme. Il est plus commode d’accepter la culpabilité d’un individu que d’accepter la faute d’une institution. »

    Quand on en vient à inventer des "principes", c’est qu’on est à cours d’arguments.

    Il semble que Clinton et Assange ne soient évoqués que pour relativiser DSK.

    L’argumentation "Badinter" que vous nous réchauffez (a savoir : DSK est innocent, puisque le procureur est élu), contrairement aux termes de votre "principe" à largement été répandue et entendue, de même que la dénonciation de l’incompétence de la justice US (au point que la presse d’outre atlantique s’en est émue), comme en d’autre temps l’incurie de la justice mexicaine (à propos de l’affaire Cassez).

    La réalité c’est qu’en France est en train de se développer une "culture de l’otage", chère au président en fonction, et sur laquelle il a bâti sa réputation, et qui veut que tout Français, dès qu’il passe le périph devient un otage potentiel d’un monde hostile.

    Si DSK, est soumis à la justice du peuple souverain des USA, cette justice s’appliquera dans toute sa sérénité suivant des procédures conformes à la volonté de ce peuple, que ça vous plaise ou non, et ce n’est pas le capitaine Dreyfus (parmi tant d’autres) qui me contredira.

    Parce que ce qui apparait dans votre article, ce n’est pas l’accusation d’agression sexuelle d’une femme de ménage contre un client de l’hôtel où elle est employée, mais la question de la pertinence de la démocratie quand elle touche un personnage important et par extension... la pertinence de la démocratie.

  • permalien Jordi GRAU :
    14 juillet 2011 @17h52   « »

    Je pense qu’on ne peut pas tout mélanger. L’affaire Clinton-Lewinsky est bien différente de l’affaire DSK. Dans un cas, on a un acte qui n’a rien d’illégal, et qui a été condamné, en effet, au nom d’un certain puritanisme qui mélange politique et vie privée. Dans l’autre cas, on a une accusation de viol. Si la plaignante a raison, il s’agit d’un crime. Ce n’est pas du puritanisme que de s’intéresser à une telle accusation mettant en cause le directeur du FMI et - d’après certains médias complaisants - le futur candidat de la gauche et sauveur de la France. D’autant que M. DSK avait déjà une réputation assez sulfureuse en matière de violence physique ou morale envers les femmes.

    Maintenant, il est clair qu’on a beaucoup trop parlé de l’affaire DSK, au détriment d’autres affaires plus importantes. L’association Acrimed (www.acrimed.org) a bien montré comment plusieurs journaux français ont surfé et surfent encore sur cette affaire alors qu’ils n’ont bien souvent aucun élément nouveau à proposer.

  • permalien Zazor :
    14 juillet 2011 @18h22   « »

    L’affaire DSK est intéressante surtout par les commentaires qu’elle inspire...

    D’une manière générale, les commentaires en disent beaucoup plus sur leurs auteurs que sur les faits eux-mêmes.

    Parler de puritanisme dans cet affaire est, parmi bien d’autres, une ignominie de plus, symbolique d’une misogynie latente. Si DSK était accusé d’un autre crime, comme d’un vol à main armée, un meurtre ou une tentative de meurtre, je ne pense pas qu’il se trouverait autant de personnes pour le soutenir ou relativiser son acte, ou le mettre en doute, ou parler de puritanisme.

  • permalien plus ultra :
    14 juillet 2011 @19h08   « »

    Au lieu de sombrer dans le fond de l’affaire DSK, qui consiste à savoir si le fait incriminé a réellement été commis, l’auteur ne parle seulement que du traitement dont l’opinion public a subis, ou fait subir.
    La comparaison n’étant pas raison, elle a seulement pour but de dévoiler une mécanique concernant des personnalités "mondiales" ayant eu à faire à des scandales sexuels.
    Il, me semble-t-il, ne préjuge pas de la culpabilité ou non de DSK, mais remarque que plus les médias n’ont pas de chose croustillante à se mettre sous la dent, plus ils forgent la certitudes de leur opinion, tenant pour cela acquis que les moindres détails anodins fussent-ils par une personne non lambda (position sociale, fortune etc.), peuvent apporter des informations sur sa culpabilité ou non.
    Le traitement sensationnaliste de l’affaire, le non respect des présomptions à l’égard des parties, les doutes portants sur la crédibilité de la demanderesse ou la partialité du juge n’en renforce que le coté accusateur de ces médias, qu’ils critiquaient naguère dans la procédure américaine.
    En définitive, se pose le problème de la distance critique à l’égard de ce fait singulier ou il ne fut pas question de poser le problème de manière rigoureuse, mais de le jeter en pâture à la face du monde.

  • permalien de Montigny :
    15 juillet 2011 @04h55   « »

    Une Bille

    La pertinence de la démocratie. Voilà ! C’est ce que je pensais sans oser le dire : mettre les décisions juridiques (ou erreurs juridiques) américaines en cause serait nier leur caractère démocratique. Donc, la majorité des américains, devra-t-on dire, appuyeraient la détention arbitraire sans preuves à l’appui, la torture, l’humiliation et le meutre de détenus dans des prisons secrètes (et moins secrètes) par l’état.

    Cette ’’justice’’ on me dira, s’est appliquée dans toute sa sérénité suivant des procédures conformes à la volonté du peuple, que cela nous plaise ou non. Et, non, cela ne semble pas exactement plaire à l’unanimité. Faire l’apologie des bouchers n’est pas toujours facile...

  • permalien gosselent :
    15 juillet 2011 @05h01   « »
    Les prises d’otage et l’opinion

    Bravo La Bille.

    La réalité c’est qu’en France est en train de se développer une "culture de l’otage", chère au président en fonction, et sur laquelle il a bâti sa réputation, et qui veut que tout Français, dès qu’il passe le périph devient un otage potentiel d’un monde hostile.

    Rigoureusement juste. Réputation établie lors de la prise d’otages de la maternelle de Neuilly.

  • permalien une bille :
    15 juillet 2011 @07h50   « »

    @de Montigny : « Donc, la majorité des américains, devra-t-on dire, appuyeraient la détention arbitraire sans preuves à l’appui, la torture, l’humiliation et le meutre de détenus dans des prisons secrètes (et moins secrètes) par l’état. »

    Oui, il revendiquent aussi le droit à l’autodéfense, aux jurys populaires (et même au lynchage... médiatique).

    C’est ce modèle que met en place le Président Sarkozy en France en modifiant la carte judiciaire, réduisant des forces de police, renforçant les forces de sécurité, introduisant les jurys populaires en correctionnelle.

    Ce système se justifie aux USA, car ils ont dû faire face à de nombreuses vagues d’immigration, et la constitution d’un état centralisé avec une économie colbertiste et une administration jacobine, s’est vite avérée une catastrophe vue l’étendue du territoire a administrer et la violence des conflits inter-communautaires. On peut attribuer l’abandon de la Louisiane par la France napoléonienne a l’impossibilité aux colons de culture latine de gérer de telles étendues. L’option a donc été de diluer la souveraineté dans les communautés. Ceci a été d’autant plus évident, que les Pères Fondateurs étaient issus les communautés protestantes du nord de l’Europe.

    Vu sous cet angle la tentative du Président Sarkozy est vouée à l’échec, puisque malgré ses efforts pour exacerber les conflits communautaires, l’esprit égalitaire républicain a été adopté par la plupart des immigrés (ça semble cependant coincer du côté des Hongrois).

    Pour DSK, la Bible supposée être dans sa suite d’hôtel (bien que d’un groupe français), aurait dû lui mettre la puce à l’oreille quant à la culture du pays où il était en déplacement. Comme Directeur Général de FMI et candidat probable à la présidence française, il était de sa responsabilité a veiller au respect de son image et le Fitzpatrick, le Waldorf ou son logement de fonction auraient étés certainement plus adaptés à son statut du niveau de celui d’un chef d’état... et ceci d’autant plus qu’il avait déjà énuméré les trois raisons pour lesquels on le ferait tomber aux journalistes (!), il avait déjà la fortune, le judaïsme, il lui manquait la libido.

    Le "modèle occidental" n’existe pas.

  • permalien Zazor :
    15 juillet 2011 @23h25   « »

    En fait, peu importe que DSK soit coupable ou non, qu’il faille faire preuve de clémence ou de sévérité...

    Si le crime dont il est accusé avait été d’un ordre non sexuel (par exemple une agression raciste), cela aurait provoqué un scandale de même envergure.

    Par contre, il n’y aurait certainement pas eu autant de commentaire cherchant à relativiser son acte (on aurait pas dit "voyons, taper un arabe, c’est quand même pas un crime, non ?") ou d’accusation de puritanisme ou de moralité mal placée. C’est vraiment ici que se trouve le coeur d’une certaine habitude misogyne décomplexée.

    Je trouve incroyable ce qui arrive à ce monsieur Cliton pour une histoire assez insignifiante.

    Et mettre en parallèle l’affaire DSK et l’affaire Lewinsky est assez révoltant, car dans un cas il y a crime, dans l’autre pas.

    Et parler de puritanisme dans ce cas, c’est faire de la novlangue. Faire passer une attitude profondément réactionnaire pour une attitude libérée et moderne.

  • permalien KarimW :
    15 juillet 2011 @23h56   « »

    "Et mettre en parallèle l’affaire DSK et l’affaire Lewinsky est assez révoltant, car dans un cas il y a crime, dans l’autre pas."

    Car dans un cas, il y a accusation. Le crime n’est pas prouvé a ce stade-ci.

    Il n’y a rien à relativiser tant que les faits ne sont pas prouvés et il semble qu’on en soit loin, très loin !

    Beaucoup d’informations censées être compromettantes sont sortie dans les médias. Jusqu’à présent, il en ressort qu’il n’y a pas de preuve ni même de faisceau de présomption (mais que cela n’est pas nécessaire pour mettre quelqu’un en prison dans certains pays).

    Nous devrons attendre le procès pour connaitre (via les médias) les éléments à charge. Mais en attendant, parler de crime n’a pas de sens. Présomption et guère plus.

  • permalien Ces rats fins :
    16 juillet 2011 @04h51   « »

    PARIS : Faced with a straight choice between Nicolas Sarkozy and Dominique Strauss-Kahn, 54% of French voters would vote for a man accused of attempted rape, a new poll indicates. Of all the scathing judgements heaped on Sarkozy in his four years as president, a BVA opinion poll published on Tuesday was the most damning. For the first time since May, when Strauss-Kahn was arrested in New York, French people were asked how they would vote if "DSK" happened to reach a two-candidate run-off against Sarkozy in the second round of the French presidential election next May.

    Although Strauss-Kahn’s rating dropped sharply from his commanding, pre-arrest position, 54% of those questioned said that they would still vote for former IMF chief rather than for than the incumbent, Sarkozy. This was, almost certainly, a ringing vote of no-confidence in Sarkozy rather than a genuine declaration of support for Strauss-Kahn.

    In another poll, taken by Ipsos on the same dates, 61% of those questioned said they would not want the one-time frontrunner Strauss-Kahn to run, even if he is cleared of the charges of sexual assault and attempted rape.

    The BVA poll is therefore the clearest evidence so far of a deep-rooted "anyone but Sarko" sentiment in the French electorate, nine months before the first round of the presidential election in April.

    Other recent polls have indicated a slight recovery in Sarkozy’s approval ratings, but he remains more unpopular than any sitting president in the history of the Fifth Republic (post-1958) at this stage in the electoral cycle.

    Sarkozy insists, in private meetings with parliamentary supporters and financial backers, that he has a "good feeling" about the 2012 election. Despite the disastrous polls, he believes that the slight right-wing majority in the French electorate and the unappealing character of his centre-left opponents will work in his favour. Most French political pundits are also reluctant to write offSarkozy.

    Much will depend on the primary campaign of the main opposition party, the Parti Socialiste, which opens officially this weekend.

    — The Independent

  • permalien Ces rats fins :
    16 juillet 2011 @05h04   « »
    Les scandales sexuels et l’opinion - la VF

    PARIS : Un nouveau sondage indique que face à un choix clair entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn, 54% des électeurs français voteraient pour un homme accusé de tentative de viol. De tous les jugements cinglants entassés sur Sarkozy dans ses quatre années en tant que président, un sondage d’opinion BVA publié mardi a été le plus accablant. Pour la première fois depuis mai, quand Dominique Strauss-Kahn a été arrêté à New York, on a demandé aux Français comment ils voteraient si "DSK" se retrouvait au seocnd tour présidentiel contre Sarkozy en mai prochain.

    Bien que la cote de Strauss-Kahn ait fortement chuté depuis sa position dominante avant son arrestation, 54% des personnes interrogées ont dit qu’elles voteraient toujours pour l’ancien chef du FMI, plutôt que pour que le titulaire, Nicolas Sarkozy. Ce qui ressemble certainement plus à plus un vote de défiance contre Sarkozy, plutôt qu’à une véritable déclaration de soutien à M. Strauss-Kahn.

    Dans un autre sondage, publié par Ipsos à la même date, 61% des personnes interrogées ont dit qu’elles ne voudraient pas voir M. Strauss-Kahn candidat, même s’il est blanchi des accusations d’agression sexuelle et tentative de viol.

    Le sondage BVA est donc la preuve la plus évidente jusqu’à présent d’un profond sentiment de « n’importe qui sauf Sarko" dans l’électorat français, neuf mois avant le premier tour de l’élection présidentielle en avril : les Français sont prêts à voter pour quelqu’un qu’ils ne veullent même pas comme candidat, plutôt que de voter pour Sarkozy.

    D’autres sondages récents ont indiqué une légère reprise en cote de Sarkozy, mais il reste plus impopulaire que tout président en exercice de l’histoire de la Ve République (post-1958) à ce stade dans le cycle électoral.

    Sarkozy insiste, lors de réunions privées avec des partisans parlementaires et les bailleurs de fonds, qu’il a un « bon sentiment » sur l’élection 2012. Malgré les sondages désastreux, il estime que la légère majorité de droite dans l’électorat français et le caractère peu attrayant de ses adversaires de centre-gauche va travailler en sa faveur. La plupart des commentateurs politiques français sont également réticents à écarter Sarkozy.

    Beaucoup dépendra de la campagne des primaires du principal parti d’opposition, le Parti Socialiste, qui ouvre officiellement ce week-end.

    - The Independent

  • permalien yves deligne :
    16 juillet 2011 @08h40   « »

    Un professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages ne devrait pas s’autoriser, même pour des raisons partisanes ou par empathie pour des notables, à produire ce genre d’amalgames entre trois affaires qui n’ont en commun que le sexe et la notoriété mondiale de trois hommes. Il semble pourtant évident que ces affaires diffèrent totalement sur le fond, c’est à dire surtout sur les faits, ceux qui ont amené ces trois hommes devant la justice. Concernant DSK, je ne vois pas ce que le puritanisme vient faire ici. Idem, pour Assange même s’il est très difficile de faire un parallèle entre ses problèmes et ceux de DSK. A moins de considérer que le viol est une pratique sexuelle comme une autre, la justice et, par conséquent, les médias n’ayant donc rien à voir dans cette histoire. Quant à Clinton, ce qui lui a été principalement reproché c’est d’avoir nié dans un premier temps sa relation avec sa secrétaire, pour avouer ensuite, d’où l’accusation d’avoir publiquement menti.

  • permalien Yvan :
    16 juillet 2011 @08h44   « »
    Les scandales sexuels et la presse d’opinion...

    La presse d’opinion n’est pas l’opinion.

    Les rapports entre adultes consentants d’un Clinton, c’est le scandale du mensonge.

    Les rapports entre adultes consentants d’un Assange, c’est le scandale de la vérité.

    Quant à DSK, son histoire suit sa propre logique, s’il n’est pas tombé sur les affaires précédentes, s’il échappe à celle-ci, c’est une des prochaines qui entrainera sa perte, jusqu’à sa comparution au banquet de la statue du Commandeur, car :

    « Seule la Folie conserve la
    jeunesse et met en fuite la vieillesse fâcheuse. »

    Éloge de la Folie, Erasme

    ... l’opinion n’est pas si niaise.

  • permalien Zazor :
    16 juillet 2011 @13h11   « »

    C’est drôle, avant cette affaire DSK, je ne me sentais pas du tout féministe, comme beaucoup d’hommes je pense qui vivent dans un milieu assez favorisé, et qui partagent scrupuleusement toutes les tâches ménagère, d’éducation, de choix de vie... Et je pensais que les féministe avaient parfois raison, et parfois ils (elles) y allaient un peu fort.

    Et puis un jour l’affaire DSK éclate, et là on prend la mesure de la misogynie ambiante. Je vous jure, en trois jours j’étais à peu près aussi enragé que les féministes les plus enragés.

    Comme toujours, les commentaires sont très révélateurs... mais je ne commenterais pas les commentaires des commentaires....

    En tout cas : parler de puritanisme dans un cas de relation extra-conjugale est parfaitement justifié. Parler de puritanisme dans une affaire de viol, même présumé, est parfaitement odieux. Et c’est cela relativiser : bien sûr c’est un peu plus subtil que de dire "ce n’est qu’un troussage de domestique...", mais l’effet recherché est le même.

    Et entendre ça dans la bouche d’un Valls, OK, on sait à quoi s’en tenir. Mais dans un blog du Diplo ????

    Bien sûr, il y a présomption d’innocence pour monsieur Gresh, qui a peut-être voulu faire un effet de style maladroit pour illustrer un propos qui reste un peu obscur par ailleurs puisque complètement obnubilé par cette monstruosité :

    accuser quelqu’un de viol = puritanisme

    (à l’appui, une citation de l’article :
    "Il est donc parfaitement normal que les accusations viennent des secteurs puritains d’une population."
    )

  • permalien Laurine :
    16 juillet 2011 @13h20   « »

    "l’opinion" ... il faudrait peut-être parler de "la volaille qui fait l’opinion" ... comme le chantait Alain Souchon en 1978...
    Et relever les propos tenus par cette "volaille" sur "l’affaire DSK", propos qui nous en apprennent plus sur ceux qui les tiennent que sur "l’affaire DSK" : http://vanessa-schlouma.blogspot.co...

  • permalien pekka :
    17 juillet 2011 @00h21   « »
    Petit rappel....

    Comment se fait-il que l’on continue à propager l’idée que Clinton a été inquiété pour une "affaire sexuelle " !!Il est pour le moins paradoxal , dans un échange sur l’opinion, la justice et les scandales sexuels, de constater qu’on semble avoir oublié que dans le "monicagate" Clinton a été inquiété , non pas pour ses "relations " avec Monica Lewiski mais parce qu’ il a reconnu avoir menti lors de sa déposition !!

  • permalien Tristan :
    17 juillet 2011 @09h52   « »

    @Zazor

    Pourtant, vos propos illustrent parfaitement ce que décrit Alain Garrigou (M. Gresch n’a rien a voir dans l’histoire, il me semble).

    Vous dites très bien que vous n’aimez pas les délires du puritanisme féministe égalitariste, mais, cette affaire de cul vous a pris aux tripes.

    Et puis un jour l’affaire DSK éclate, et là on prend la mesure de la misogynie ambiante. Je vous jure, en trois jours j’étais à peu près aussi enragé que les féministes les plus enragés.

    Une personne de culture calviniste (mais modéré) pourrait dire la même chose, sur n’importe quel sujets :

    "un jour l’affaire XXX éclate, et là on prend la mesure de la corruption présente partout dans notre monde. Je vous jure, en trois jour j’étais à peu près aussi engagé que les fondamentalistes calvinistes les plus engagé"

    Parler de puritanisme dans une affaire de viol, même présumé, est parfaitement odieux.

    Non, je trouve vraiment qu’on est face à une grande question sur les relations qu’il y a entre les scandales sexuels et l’opinion.

    Et, surtout, la place centrale qu’à le code moral de chaqu’un, pour se faire une opinion.

    Le sexe démultiplie les réactions des gens, pour le meilleurs et pour le pire.

    Du temps de l’affaire Dreyfuss, certains auraient pu dire : parler d’antisémitisme, dans une affaire de d’espionnage présumé, mais avec de très fortes présomptions de culpabilité, est parfaitement odieux.

    Surtout, ne prenez pas mal ce que je viens d’écrire. Je trouve vos positions morales et vos opinions très correctes.

    J’ai aussi les miennes, qui sont, très certainement, bien plus délirantes et folles que les vôtre.

    Je pense qu’on a pas encore fini d’entendre parle de DSK, qui est, avec le soutien de sa femme, un grand maître de la guerre des images.

  • permalien Tristan :
    17 juillet 2011 @10h13   « »

    @pekka

    Juste que l’affaire sexuelle a servi de démultiplicateur. Je ne pense pas qu’un homme politique qui aurait menti au fisc se soit retrouvé dans une situation identique.

    Le mensonge est justifié pour ceux qui trouvent normal la volonté de Bill de sauver son comple. Mais, il est odieux pour ceux qui trouve cet adultère très grave.

    La réaction de l’épouse trompée, de soutenir le mari, a aussi fait du bruit.

    Sur ce point, l’affaire DSK est très semblable à celle des Clinton.

    Je me souviens d’un dessin de presse, avec la Sinclair faisant le ménage, qui disait que depuit l’affaire, c’est à elle de faire tout le travail. Désolé, c’était, peut-être, un peu machiste, mais j’avais trouvé le dessin très drôle (comme le sous-entendu odieux).

    Mais, bon, autant dans le cas de Clinton et de DSK, on est pas face à des femmes qui se contentent de ne faire que de la figuration.

  • permalien Noella :
    17 juillet 2011 @22h38   « »

    Il s’agit bien d’une opinion "gonflée" de rumeurs démenties au fur et à mesure, rumeurs nourries par ceux à l’origine de l’arrestation autant que par les médias parce que la personne "arrêtée" semblait bien une personne "sulfureuse" : l’origine "française" invoquée lors de la comparution devant la juge,mais aussi le comportement au F.M.I .Or si on lit attentivement la lettre de démission de l’employée du F.M.I, il s’agit d’une banale liaison d’une femme qui visiblement a elle-même un rapport confus face à ses choix et son adultère .Or l’"opinion" souligne la phrase de conclusion finale sur la relation aux femmes, sans retenir l’étrange raisonnement .La "simple femme de ménage" un symbole, avant même d’avoir d’elle autre chose que les clichés projetés face "au détraqué sexuel" . Le problème est bien là :comment revenir sur de telles erreurs ? la défense de D.S.K a très peu attaqué face à cette "folie d’accusations " qui s’est déversée avec force détails mensongers : pas seulement les mensonges de l’accusatrice, ceux qui concernent l’affaire qui sont révélés .Or comment revenir sur une telle erreur en manière de justice en l’ayant favorisée ? Surtout à un tel niveau ?Ainsi par exemple le silence a été presque total quand les deux premiers avocats de l’accusatrice se sont retirés, or ceux-ci étaient connus pour leur "intégrité" en matière de droits civiques ?Cette "folie" n’a rien à voir avec le "viol" comme crime, et là encore il suffisait de lire les commentaires pour s’apercevoir que c’est la "sexualité" de l’accusé qui nourrissaient les propos et opinions en grande partie :"malade sexuel" ;"addict au sexe" ;et sa femme "cocufiée" etc ...Les quelques voix qui se sont exprimées pour "modérer" les propos et surtout les rumeurs ont été inaudibles dans cette cacophonie .Quand à la cause de la femme ,elle ne saurait progresser sans respect de la présomption d’innocence car elle entraîne un archaïque effet de lynchage d’une part, d’autre part , elle ne gagne rien à alimenter des clichés qui monstrifient des agresseurs et sanctifient les "victimes" , car la réalité n’est alors pas questionnée .Au contraire, c’est un recul car les problèmes que posent l’agression sexuelle ne sont pas posés afin de chercher à les solutionner dans le cadre de la société.Aux U.S.A non seulement leurs pratiques n’ont jamais fait reculer la violence , mais au contraire elles la génèrent et c’est aussi valable pour les crimes sexuels .Sans compter,cet "appétit sexuel" auquel s’oppose une femme "politique, son alter-égo en terme d’ appétit, accusée en tant que mère par sa propre fille .Oui cette "affaire" est bien dans le conservatisme le plus puritain qui soit outre-atlantique et ici aussi .

  • permalien Jordi GRAU :
    17 juillet 2011 @23h53   « »

    A Noella (mais aussi Alain Garrigou)

    Je ne saurais trop vous renvoyer à un article de Mona Chollet paru sur le site du Monde diplo en mai dernier. Cet article montre qu’une bonne partie de la presse, loin de céder au "puritanisme anglo-saxon", a sous-estimé la gravité de l’accusation portée contre Dominique Strauss-Kahn. Ce qui était en jeu (un viol, réel ou supposé) devenait une simple "affaire de moeurs". Malheureusement, j’ai peur que l’article de M. Garrigou ne s’inscrive un peu dans cette lignée.

    Ensuite, je reviens sur l’affaire Piroshka Nagy. Ici, il ne s’agit évidemment pas d’une affaire criminelle. Mais on ne saurait non plus réduire cette histoire à une banale histoire d’adultère. Il n’y pas que du sexe en jeu, ici : il y a du pouvoir. M. Dominique Strauss-Kahn était le supérieur de Mme Nagy, si bien que cette dernière pouvait légitimement craindre pour sa carrière si elle ne cédait pas aux avances de celui-ci. Cela ne signifie pas qu’elle n’avait pas le choix... Seulement, ce choix était forcément biaisé. Il me semble qu’on peut ici parler d’un abus de pouvoir caractérisé de la part de M. Strauss-Kahn.

  • permalien Jordi GRAU :
    17 juillet 2011 @23h55   « »

    Toujours pour Noella et Alain Garrigou

    Pour terminer, je ne résiste pas à la tentation de citer l’article de Mona Chollet dont je parlais dans le message précédant :

    "Comme lors de l’arrestation en Suisse, à l’automne 2009, du cinéaste Roman Polanski, recherché par la justice américaine pour le viol d’une adolescente en 1977, un paramètre semble se dérober avec une remarquable constance à l’entendement des commentateurs : celui du consentement féminin. On entend parler, à nouveau, d’« affaire de mœurs ». L’épouse de M. Strauss-Kahn, Mme Anne Sinclair, est assimilée à une « femme trompée » (France-Soir, 19 mai 2011). Le thème du « puritanisme américain » (2), quoique résolument hors sujet s’agissant d’une accusation de viol, fait son grand retour : « L’homme de Washington est rattrapé au sein même du FMI par cette fameuse “culture anglo-saxonne” qu’en France on tient parfois pour de la pudibonderie », analyse Le Nouvel Observateur (18 mai). Le député socialiste Jean-Marie Le Guen met en garde contre toute contamination : il invoque « l’esprit des Lumières et l’exemple des libertins » qui ont « lié étroitement la liberté politique, économique et celles de mœurs, ce qui a permis la paix et l’émancipation des individus » (Le Monde, 21 mai).

    Si la question du consentement n’était pas ainsi éludée, le débat fleuve dans lequel se sont lancés les médias sur le thème : « fallait-il évoquer les rumeurs qui circulaient ? » aurait été tranché assez vite, ou n’aurait même pas été entamé. Il a donné aux journalistes l’occasion de réitérer toute l’horreur que leur inspire l’idée de tomber dans la « presse de caniveau » en évoquant la « vie privée » ou les « infidélités » des hommes politiques. Nicolas Demorand offre sa poitrine aux flèches de la persécution (18 mai 2011) : « Quitte à ramer à contre-courant de l’époque et contrairement aux injonctions entendues ici et là, Libération continuera, premier principe, à respecter la vie privée des hommes et des femmes politiques. » Le Canard Enchaîné clame le même jour que, pour lui, « l’information s’arrête toujours à la porte de la chambre à coucher »."

  • permalien Adèle :
    18 juillet 2011 @01h38   « »

    La justice new-yorkaise a décidé en deux heures d’arrêter un « violeur »

    Vous êtes le seul journaliste, à ma connaissance, qui évoque la rapidité de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn.

    Pour le reste, le point de vue de votre article croise mon argumentation : Julian Aussange – Dominique Strauss-Kahn et celle de Serge : Coupable, forcément coupable.

    Cordialement
    Adèle

  • permalien Zazor :
    18 juillet 2011 @08h28   « »

    Mille excuses pour Monsieur Gresh, c’est le nom qui m’est tombé sous les doigts à ce moment-là.

    @ Tristan

    Bon. Comment vous dire ? Les mots, ce ne sont pas des sortes de Legos(c) que l’on peut mettre un peu n’importe où, changer de place quand ça nous chante. En général, il y a un sens derrière les mots. Exemple :

    Vous dites : parler d’antisémitisme dans l’affaire Dreyfus, c’est comme parler de puritanisme dans l’affaire DSK.

    En passant, on voit pointer de loin l’accusation d’antisémitisme (contester la deuxième phrase, c’est contester la première, etc.). Ce qui est charmant. Classique, mais ça plait toujours.

    D’autre part, dans le premier cas, c’est la culpabilité qui est mise en cause, à tort ou à raison (ici à raison).

    Dans le second cas, c’est la gravité de l’accusation qui est relativisée. Ça dit exactement ça : les américains sont trop zélés. Un viol, ça mérite une petite réprimande.

    Lorsque la culpabilité de DSK est mise en doute, par exemple les théories du complot, on est d’accord ou pas, je ne trouve rien de choquant. Lorsque la gravité du viol est relativisée, dans un blog -on va dire de gauche-, ça pue.

  • permalien Jordi GRAU :
    18 juillet 2011 @13h10   « »

    A Zazor

    Vous résumez bien le problème. Une chose est de défendre la présomption d’innocence, une autre est de relativiser une accusation. Ce qui est choquant, dans l’affaire DSK, ce n’est pas seulement que certains aient trop vite conclu à sa culpabilité ; c’est aussi que le viol ait été mis sur le même plan que l’adultère ou le libertinage.

    Parfois, d’ailleurs, ce sont les mêmes qui ont commis les deux fautes. L’exemple le plus frappant est celui de Jean-François Kahn (qui s’est heureusement excusé depuis, mais c’était bien le moins). En gros, Jean-François Kahn disait : "oui, DSK est sans doute coupable, mais bon, c’est pas si grave..."

  • permalien Jordi GRAU :
    18 juillet 2011 @13h50   « »

    Rectificatif : Je pense que l’exemple de Jean-François Kahn n’est pas très bien choisi, finalement, puisque ce dernier affirmait qu’il n’y avait sans doute pas eu de viol. Cependant, son expression "troussage de domestique" pouvait laisser entendre qu’il était, sinon excusable, du moins compréhensible, de profiter de son statut social favorisé pour profiter d’une "domestique".

  • permalien Lea :
    18 juillet 2011 @13h50   « »
    Effarant !

    Je suis effarée que ce papier fasse l’amalgame entre l’affaire Clinton/Levinski et l’affaire DSK. Le viol est un crime punis par la loi. Cette loi n’est toujours pas entrée dans les mœurs de nos élites qu’elles soient de droite ou de gauche. Ce papier raconte évidemment quelque chose sur celui qui l’a commis.
    Cette solidarité masculine, de classe, de caste permet de répondre à l’éternelle question de l’auti-organisation des femmes. Oui, sans cela le déni est tellement puissant (cf cet auteur), décomplexé, arrogant qu’il faut une puissance collective en face pour la contrecarrer.

    Quelle différence entre ce M. Garrigou, un Badinter, un BHL, un Finkelkraut, une Elisabeth Levy... Aucune, sur le fond, c’est le prisme d’approche qui change. Ah oui, il est plus à gauche que les autres... comme quoi...

  • permalien Tristan :
    18 juillet 2011 @14h42   « »

    @Jordi GRAU

    L’article parle de

    Les scandales sexules et l’opinion

    Il est donc parfaiement logique de mettre sur le même plan "adultaire", "libertinage" et "viol"

    Mais, Alain Garrigou dit exactement le contraire de : "oui, DSK est sans doute coupable, mais bon, c’est pas si grave.."

    Je n’ai pas la chance de connaître J.F. Kahn, mais, je suis en parfait accord avec A. Garrigou, sur :

    Juger des comportements sexuels, c’est forcément les évaluer au regard de ses propres règles.

    Pour une personne légérement puritaine comme moi, les règles morales de ce J.F. Kahn me semblent vraiment à vomir.

    Par contre, il me semble qu’A. Garrigou cache très bien ses règles morales, sur le sujet sexuel, pour ne pas tomber dans le piège qu’il dénonce.

    Il est normal que beaucoup cherchent à les découvrir (en interprétant son article), mais, je ne crois pas que ce soit possible (j’ai aussi essayé)

  • permalien Tristan :
    18 juillet 2011 @15h00   « »

    @Jordi GRAU

    Aïe, là, je viens juste de tomber sur votre rectificatif.

    Effectivement, votre exemple démontre que vos régles morales puritaines concidèrent que le "troussage de domestique" est presque aussi grave qu’un viol.

    Désolé, je n’avais pas très bien suivi l’histoire, et cette histoire de "troussage de domestique", j’en avais entendu parler seulement sous la forme d’une rumeur. Je ne connais toujours pas ce J.K. Kahn et les mots précis qu’il a utilisé, mais, je n’ai toujours pas envie d’en savoir plus.

  • permalien Jordi GRAU :
    18 juillet 2011 @15h12   « »

    A Tristan

    Ce que je reproche à Alain Garrigou, ce n’est sans doute pas de penser comme Jean-François Kahn, mais de mettre dans un même sac tous les scandales sexuels. Non, un viol et un adultère, ce n’est pas du tout la même chose. Dans un cas au moins, il n’est pas seulement question de morale et d’appréciation subjective : le viol est un crime, et à ce titre comparable à des agressions qui n’ont rien de sexuel. Si M. Strauss-Kahn avait été accusé d’avoir planté un couteau dans le bras de quelqu’un (homme ou femme), il y aurait un gigantesque scandale, et à juste titre. Personne n’aurait parlé de "puritanisme anglo-saxon". Or, qu’est-ce qui est le plus grave ? Un viol ou un coup de couteau ? Je serais bien incapable de le dire. Mais on peut imaginer qu’un viol peut laisser des traces psychiques plus durables et plus profondes.

    Par ailleurs, je pense que l’opinion publique est multiforme. Dans l’affaire DSK, il n’y pas eu seulement ceux qui étaient pour ou contre l’accusé. Si indignation il y eut, ce n’était pas forcément contre M. Strauss-Kahn, mais contre les déclarations de ces amis (BHL, entre autres), selon lesquelles on ne devrait pas traiter un homme aussi important que M. le Directeur du FMI comme un vulgaire péquin. Indignation aussi contre ces journalistes et hommes politiques qui voulaient minimiser une accusation de viol en parlant d’affaires de moeurs. Mona Chollet, dans l’article que je citais dans un précédent message, faisait une comparaison éclairante avec l’affaire Polanski. Là encore, ce n’est pas je pense par puritanisme qu’il y a eu de l’indignation, mais à cause de la complaisance de certains (dont l’ineffable BHL, encore une fois) à l’égard d’un GRAND MONSIEUR et du mépris dont la plaignante (ou ex-plaignante, dans ce cas) faisait l’objet.

    Quant à mon rectificatif, vous me faites un procès d’intention. J’ai bien dit que l’exemple de Jean-François Kahn n’était pas très bien choisi.

  • permalien Yvan :
    18 juillet 2011 @15h30   « »

    @Jordi GRAU & @Tristan,

    A propos du "troussage domestique".

    Il s’agit pour JFK plus d’un tic de classe que d’un réel mépris pour la plaignante.

    Il est d’usage dans la bourgeoisie de parler de choses terribles de façon décalée, certain en a même fait une chanson.

    La plainte tardive de Tristane Banon, montre que le véritable scandale DSK réside dans transgression de la barrière de classe.

    Tant qu’une suspicion de malfaisance reste dans la classe il est de bon ton de ne pas trahir les siens, mais dès qu’il y a rupture de cette règle, l’opinion se déchaine (l’activisme des syndicats US dans cette affaire en témoigne).

  • permalien Tristan :
    18 juillet 2011 @20h42   « »

    @Zazor

    Vous dites : parler d’antisémitisme dans l’affaire Dreyfus, c’est comme parler de puritanisme dans l’affaire DSK.

    Oui, dans les deux cas il y a une très grave affaire : espionnage avéré pour la première et accusation de viol pour la deuxième.

    Mais, dans les deux cas, les opinions publiques deviennent folles, et il me semble intéressant de comprendre pourquoi (si c’est possible de le comprendre).

    Le puritanisme (comme à l’époque l’antisémitisme) s’est retrouvé au centre de l’affaire. Mais, c’est, effectivement, totallement irrationnel, car l’affaire est ailleurs : la recherche de la vérité pour que justice soit faite.

    Il y a autre chose, qui lie les deux affaires : on est, dans les deux cas, face à des scandales qui touchent des zones d’ombre (sexe ou espionnage). Ce que dit A. Garrigou me semble aussi très pertinant pour parler de l’affaire Dreyfuss :

    Dans le public, les avis se sont rapidement partagés entre l’indignation et le soupçon de complot. Sur la base de quelles informations ? L’historien doit déjà constater que la critique des sources, au fondement de sa méthode, ne fait pas d’émule pour juger de cette actualité. Selon ses critères, la fragilité des informations n’a d’égale que la certitude des opinions.

    Une affaire de sexe, met, automatiquement, en avant, le puritanisme, quel qu’en soit la forme. Là, autant le puritanisme très USA chrétien protestant, comme certains puritanismes féministes.

    Dans le cas d’une affaire d’espionnage, c’est la loyauté de la personne et de ce qu’il est (juif, communiste, bi-nationnal, son origine et autre), qui intervient.

    Pour moi, il y a des similitudes évidentes : le zèle des autorités francaise, en envoyant au bagne le capitaine Dreyfuss (normal pour un crime aussi grave que de l’espionnage) ressemble beaucoup au zèle de la justice des USA.

  • permalien Noella :
    19 juillet 2011 @01h35   « »

    à Jordi Grau
    effectivement d’une accusation de viol , on est passé à une histoire de moeurs, donc dans le prisme du puritanisme.
    Mais même pour un crime comme le viol, cette dimension puritaine reste lorsque l’accusé est présenté comme le "monstre" et la victime comme une "sainte".Et c’est en cela que cette affaire est un "scandale sexuel" et non une affaire criminelle .
    En tant que femme, je reste sceptique sur "cet abus de pouvoir " auquel on cède pour le dénoncer ensuite.Le problème n’était pas le relationnel de D.S.K avec les femmes, mais bien celui de cette femme ; je le maintiens.Le travail d’émancipation n’est pas un acquis , mais une dynamique .
    Cette dynamique n’a plus de sens si les femmes ne se positionnent pas en égales, c’est à dire ne pas voir en l’autre une autorité, ce qui n’empêche pas qu’autrui puisse faire autorité dans un domaine ;ce qui est différent.
    Cette problématique n’est pas générique et c’est en cela qu’une émancipation est porteuse pour tous et toutes.
    Le consentement est une foutaise :le désir est le centre à questionner au préalable .Si je consens sans désir, c’est une forme d’auto-violence et aussi une négation de l’autre.
    Le scandale sexuel est bien l’expression d’un puritanisme, la sexualité est alors surexposée:tout comme cette affaire où un homme est au centre d’une folie bien plus grave que son acte dénoncé, et qu’il soit au F.M.I ou futur président, cet acte en faisait un homme ,car le "violeur" n’a pas de condition sociale, ni ethnique etc.. Or la disproportion était-elle que des évènements bien plus graves d’un point de vue politique sont restés dans l’ombre, ce qui est bien l’expression d’un puritanisme:le sexe est le mal absolu .
    Et cet homme est devenu un coupable absolu !
    Quelle construction pour la présumée victime, si on va dans ce sens ?C’est hallucinant d’arbitraire.
    Et quelle réhabilitation si il y a innocence ?
    Tout a été affaire d’ opinion dès le début :rien qui ne puisse s’approcher d’une idée de justice pour personne .

  • permalien Jordi GRAU :
    19 juillet 2011 @06h48   « »

    A Noella

    Il me semble que les réactions à l’affaire DSK étaient très diverses. Que certains aient été obnubilés par l’aspect sexuel de l’affaire, c’est plus que probable. Mais, comme je le disais à Tristan, il y aurait eu aussi un énorme scandale si M. Strauss-Kahn avait été accusé d’une agression sans caractère sexuel (comme un coup de couteau).

    Au sujet de Piroska Nagy, vous n’avez pas entièrement tort. Quand il y a un rapport de domination, il y a une certaine complicité de la part des dominés, et c’est d’abord à ceux-ci (qu’ils soient hommes ou femmes, peu importe) de se prendre en main pour cesser d’être complices de ce qu’ils subissent. Cela dit, la difficulté de cette tâche sera pour eux d’autant moins insurmontable qu’ils se sentiront soutenus, et non accusés comme étant les principaux responsables de leur situation. C’est pourquoi je pense qu’on a raison de critiquer une personne puissante lorsqu’elle a une liaison avec l’un ou l’une de ses subordonné(e)s. Disons qu’il faudrait éviter ce genre de pratiques, pour éviter tout soupçon d’abus de pouvoir. Pour aller au fond du débat, je pense que le mieux serait qu’il y ait le moins de rapport hiérarchique possible et qu’on vive dans une société réellement égalitaire. Mais cette question nous entraînerait trop loin.

    Quant à la question du consentement, vous allez un peu vite en besogne ! Non, le consentement n’est pas de la "foutaise". Qu’il puisse masquer une auto-contrainte, c’est certain. Cela rejoint ce que je disais plus haut des rapports de domination. Mais, si le consentement n’est pas une condition suffisante pour qu’il y ait une relation sans violence, il n’en est pas moins une condition nécessaire. Sans quoi, on peut justifier les apologies du viol, du genre : "Quand elles disent non, en fait elles veulent dire "oui". Elles aiment toutes ça.".

  • permalien Tristan :
    19 juillet 2011 @20h42   « »

    @Noella

    lorsque l’accusé est présenté comme le "monstre" et la victime comme une "sainte"

    Oui, vraiment, tout était présenté de cette manière, pendant longtemps : en particulier la bonne musulman, pieuse, pauvre, travailleuse, réfugiée venue d’Afrique noir. Vraiment une figure de Sainte dont peuvent s’indentifier n’importe quel puritain (qu’il soit chrétien, féministe, gauchiste, ou autre)

    Et quelle réhabilitation si il y a innocence ?

    Je me demande, si, comme lors de l’histoire Dreyfuss, le "monstre", en devenant une figure de martyrs, ne peut pas devenir un saint.

    Il me semble que dans tous les régimes d’opinion, les personnes misent en avant peuvent facillement passer d’un extrême à l’autre : idolâtré, puis diabolisé, ou l’inverse, et, souvant, les deux en même temps.

    J’ai le sentiment que cette histoire peut très bien offrir une image gagnante à DSK. Bon, ce n’est qu’une vague intuition, le futur nous dira si ca a du sens.

    Alain Garrigou dit :

    Il est plus commode d’accepter la culpabilité d’un individu que d’accepter la faute d’une institution. ... ... Par contre, l’erreur institutionnelle est angoissante, qui pourrait faire d’autres victimes. Pourquoi pas soi ? Et que dire des complots qui plongent dans l’horreur ?

    C’est trop juste, mais, là, comme il s’agit d’une institution des USA, en France, ca n’aura pas le même effect. Au contraire, en particulier pour beaucoup de gauchiste, je pense qu’il y a de fortes chances que l’effet inverse se produise.

    Je mets en avant l’affaire du capitaine Dreyfuss, parce qu’elle fait fortement partie de la mythologie de la gauche francaise.

    Alors, si, un individu francais, soutenu par des intellectuels (même mercenaires), se retrouve contre une institution étrangère, je pense qu’il a de très forte chance d’avoir le soutien du régime (...d’opinion...).

  • permalien gloc :
    19 juillet 2011 @20h57   « »

    Tristan : « Je mets en avant l’affaire du capitaine Dreyfuss, parce qu’elle fait fortement partie de la mythologie de la gauche francaise. »

    Elle met surtout en avant la réalité du racisme et de l’antisémitisme de la droite française et n’a surtout strictement rien à voir avec ce qui es reproché à DSK dans une chambre d’hôtel.

  • permalien
    20 juillet 2011 @01h24   « »

    à Jordi Grau
    oui, je reconnais le radicalisme par rapport au consentement, je serai plus modérée en parlant de consentement avec comme point de départ la notion de désir .
    Les deux ne peuvent être pour moi dissociés et ils le sont.
    Si on se contente de l’idée de consentement, on reste justement dans l’idée du "elle dit non mais elle pense oui" , car effectivement cela est possible dans bien des cas ,or pour moi le progrès est dans l’acceptation de son désir qui permet ou pas le "réel" consentement.
    Dans l’histoire de la femme occidentale- pour faire bref- il y a le déni de sa sexualité et de son désir puisqu’elle est objet et non sujet, et pour s’éloigner de cela , le point de départ reste la conscience d’être un sujet en terme de sexualité d’où l’importance de partir de la question du désir pour arriver au consentement et à le formuler.
    Pour neutraliser le désir de l’autre, il faut avoir conscience du sien et de sa propre capacité à le neutraliser :or d’expérience, j’ai constaté chez beaucoup de femmes que c’était loin d’être évident, même d’en parler, idem chez les hommes , parce que cela change les rapports obligatoirement mis en place depuis des lustres et le rapport à la sexualité .
    Il ne s’agit pas de justifier le viol loin de là .
    Je suis d’accord avec vous pour l’idée de hiérarchisation, si il y a un domaine où les femmes pouvaient la faire disparaître ,c’est dans celui de la sexualité, car ce domaine leur avait autant été interdit que celui des études , mais l’effet n’a pas été aussi évident surtout en France.
    L’idée de la guerre des sexes est restée comme un domaine d’enjeu, de pouvoir avec parfois la crainte de n’être plus rien, si on ne jouait pas ce jeu là .C’est pathétique quand on lit certains auteurs masculins mais tout autant quand on y voit l’adhésion de certaines femmes , capable de se dire féministes .
    Parfois, la victimisation entraîne aussi la perversion en inversant le rapport , en permettant d’être un bourreau légitime.
    C’est le travers de l’idéologie ou du symbolisme :Freud refusait de parler en tant que "juif" face au nazisme, non seulement parce qu’il savait que c’était une forme de caution de cette idéologie mais aussi parce qu’il ne pouvait être "réduit" à cette étiquette en tant qu’être humain.Aucune femme ne peut être réduite à cette dimension générique, ni représentative des autres , fusse-t-elle "victime d’un viol" .Une victime est une personne qui doit avoir la possibilité d’être une personne et non réduite à un état , surtout à un état de souffrance.

  • permalien Tristan :
    20 juillet 2011 @09h30   « »

    @gloc

    Tristan : « Je mets en avant l’affaire du capitaine Dreyfuss, parce qu’elle fait fortement partie de la mythologie de la gauche francaise. »

    Elle met surtout en avant la réalité du racisme et de l’antisémitisme de la droite française et n’a surtout strictement rien à voir avec ce qui es reproché à DSK dans une chambre d’hôtel.

    Oui, cette affaire avait bien montré comment la droite française était totalement irrationnel, dans le régime d’opinion de cette époque.

    Sur Wiki, ils en disent cela :

    Cette affaire est le symbole moderne et universel de l’iniquité au nom de la raison d’État, et reste l’un des exemples les plus marquants d’une erreur judiciaire difficilement réparée, avec un rôle majeur joué par la presse et l’opinion publique.

    Le fond des deux histoires n’a rien à voir, mais, sur la forme, il est difficile de ne pas y voir de nombreuses similitudes.

    Et, en régime d’opinion, la forme peut avoir plus d’importance que le fond.

    Le racisme et le l’antisémitisme, ont été, d’ailleurs, longtemps, aussi, des forme de puritanisme (le sont-ils encore ou vont-ils le redevenir ?)

  • permalien gloc :
    20 juillet 2011 @10h01   « »

    Tristan : « (...) sur la forme, il est difficile de ne pas y voir de nombreuses similitudes. »

    ... tant que DSK n’aura pas été condamné à tord ou à raison par un conseil de guerre pour haute trahison, il me sera difficile d’y voir la moindre similitude autant sur le fond que sur la forme.

    Mais puisque vous en voyez de nombreuses, vous pourriez m’en citer au moins une.

    Pour l’affaire Dreyfus c’est l’opinion publique qui s’est emparée du procès après le verdict, alors que pour DSK, ce sont les avocats et le procureur qui s’emparent de l’opinion publique avant même qu’on sache s’il y aura un procès.

    Quand Clémenceau et Zola se sont emparés de la défense de Dreyfus, ils ne le connaissait pas, ils ne savaient rien de ses opinions politiques, ni de sa vie, alors que les camarades de cellule de DSK ont envahi les médias, pour se répandre en témoignages d’honorabilité sur l’accusé.

    Dans un cas il y a eu une défense et des principes républicains dans l’esprit du siècle des lumière, dans l’autre on a eu des protestations de bonne fois des copains.

  • permalien Tristan :
    20 juillet 2011 @12h49   « »

    @gloc

    Bon, je vais exposé mon opinion subjective :

    J’ai vu, dès le départ, DSK condamné, à tort ou à raison, du crime qui est, aujourd’hui, le plus infamant : celui de viol.

    C’est vrai qu’il y a une très grande différance : dans l’affaire Dreyfuss, l’opinion publique et la presse avaient fait preuve d’une très grande retenue et modération, en attendant la condamnation formelle, avant de s’acharner.

    Dans l’affaire DSK, il y a vraiment eu une accellération folle, dans le scénario.

    Vous avez raison, lors de l’affaire Dreyfuss, La France n’était pas un régime d’opinion, mais une république héritière du royaume de France. Les arguments rationnels et l’héritage des lumières avaient encore le droit à la parole.

    Et les "grands" intellectuels mercenaires qui jouent le rôle de Clémenceau (les politiques de gôche) et de Zola (les "philosophes"), ne sont vraiment que des guignols, qui ne sont crédible qu’en tant que victimes d’entarteurs fous.

    J’aime beaucoup l’article d’Alain Garrigou, parce qu’il essaye de comprendre quels sont les forces qui dirrigent les régimes d’opinion actuels. Mais, j’ai été surpris par les commentaires qui l’accusent de prendre parti pour le "monstre".

    Mon opinion a été, dès le départ, qu’on allait être face à une réécriture de l’affaire Dreyfuss, mais, avec un happy-end très hollywoodien : DSK qui fini blanchi, candidat du PS, puis, président élu avec le soutien de tous les républicains (plébicité avec un 85% contre la Marine).

    Et les choses semblent trop bien partie pour, peut-être, me donner raison (j’espère vraiment que j’ai tort)

  • permalien Jordi GRAU :
    20 juillet 2011 @13h18   « »

    A Noella

    Finalement, nous sommes d’accord sur pas mal de choses.

    A Tristan

    Désolé d’intervenir dans votre discussion avec Gloc, mais j’aimerais réagir à l’un de vos propos. Vous vous dites surpris des commentaires accusant Alain Garrigou de prendre parti pour le "monstre". Or, j’ai parcouru à peu près tous les commentaires, et je n’en ai pas trouvé un qui qualifie Dominique Strauss-Kahn de monstre. Surtout, ce qui est reproché en général à M. Garrigou n’est pas de prendre parti pour DSK : c’est de mettre dans un même sac des affaires très différentes. On peut très bien défendre la présomption d’innocence, et même considérer que DSK est probablement innocent dans cette affaire, tout en s’indignant de la manière dont une partie de la presse et de l’opinion publique a minimisé l’accusation de viol.

    Enfin, j’ai une hypothèse (pas très originale, mais qui a été peu soulevée dans ce blog) sur les raisons de la haine qu’une partie de l’opinion publique a éprouvé pour DSK. Il se pourrait que ce soit moins dû au caractère sexuel de l’affaire qu’au statut privilégié de DSK. Beaucoup de gens ont vu dans cette affaire l’occasion de régler leurs comptes à une classe de super-privilégiés, qui arrive trop souvent à échapper à la justice (dans des affaires de corruption, notamment). Et ce ressentiment a pu être attisé par les propos ineptes de gens comme BHL, qui estiment que la justice devrait traiter avec des égards particuliers les gens "importants" (comme Polanski ou DSK).

  • permalien gloc :
    20 juillet 2011 @14h29   « »

    @Tristan,

    Assange, Clinton, maintenant Dreyfuss, décidément, on ne sait plus qui invoquer pour évoquer cette affaire.

    Pourtant DSK, a déjà une liste d’affaires, suffisamment fournie pour ne pas avoir à chercher des similitudes exogènes. Entre Piroska Nagy, Tristane Banon, et maintenant Anne Mansouret, les exemples ne manquent pas pour analyser le comportement actuel et des ses défenseurs.

    L’affaire Dreyfuss étant irrémédiablement liée à l’antisémitisme et à la création de l’état d’Israël, il me semble assez malsain d’y faire allusion dans ce qu’il faut bien appeler, ne tournons pas autour du pot, "une affaire de cul".

    Surtout que malgré les déclarations de DSK à propos de son judaïsme et le voyage très médiatisé d’un de ses avocats à Jérusalem trois jour après son arrestation, personne ne semble vraiment impressionné par ce genre de manipulation.

  • permalien Noella :
    20 juillet 2011 @15h31   « »

    à Gloc
    Le parallèle avec l’affaire Dreyfuss ne me semble pas ici pertinent, parce qu’il n’y a pas de dimension idéologique claire:ce fut le cas avec l’affaire d’Outreau pour moi qui visait à mettre en place l’américanisation du système de justice par l’intermédiaire de la victimologie.Et par l’accumulation des pièces du dossier peu importe la réalité afin de noyer l’inconsistance du dossier initial.
    Par contre on est dans la fabrique d’opinion puisque vous-même vous prenez les "histoires de cul" comme signifiantes d’une personne, or certaines citées le sont surtout pour celles qui en parlent .Ce qui rejoint le sujet de l’article et son titre.
    à Jordi Grau
    C’est justement ce que ce système laisse croire que les "puissants" peuvent être traités à égalité, et c’est une soupape dans un système qui broient en masse les plus démunis et en partie le système binaire si mis en avant médiatiquement semblait idéellement exploitable dans ce cas de figure , surtout politiquement aux U.S.A.
    En France, les sentiments étaient plus variables selon l’origine politique et ou sociale, mais l’argent a été un facteur de très grande rancoeur , étant donnée la paupérisation de beaucoup.
    Comme il était difficile d’admettre que sans cet argent, il n’avait plus de défense possible d’ailleurs.
    Et circonstance aggravante pour un homme dit de gauche.
    Mais ce qui étonne et énerve, c’est sans doute la capacité de protection qu’il possède, comme si il ne cherchait pas ou plus à répondre à un "idéal" mais à continuer à vivre ce qu’il est et à se réjouir d’être en vie .
    En tant qu’"être", il ne semble pas mis en échec, du moins de l’extérieur et c’est cela qui attise beaucoup de haine : il plaide non-coupable mais ne se montre pas victime .
    Or pour beaucoup , on est soit l’un , soit l’autre .

  • permalien Tristan :
    20 juillet 2011 @20h10   « »

    @gloc et Noella

    Ok, je dois certainement délirer. J’espère que vous avez raison, que personne n’arrivera à mettre en avant l’affaire Dreyfuss. Et que DSK reste une histoire du cul.

    Mais, la grande question que je me pose, c’est de savoir, si, dans les régimes d’opinion, les figures d’absolues victimes et de monstres absolus puissent s’échanger, et si il est possible de passer d’une à l’autre.

    Un peu comme si, dans 1984 d’Orwell, il était possible que le juif Emmanuel Goldstein et Big Brother n’arrêtent pas de s’échangent leurs places, et deviennent, tour-à-tour, bouc émissaire à haïr, puis, celui qui a souffert pour régénérer la nation (victime figure du sauveur).

  • permalien Yvan :
    21 juillet 2011 @08h16   «

    @Tristan,

    Vous ne délirez pas, une partie de l’opinion a suivi la thèse de complot politique, il y a eu aussi un complot économique pour sauver le dollar (comme si DSK avait fait autre chose, à la tête du FMI, qu’appliquer à la lettre le Processus de Washington).

    Votre référence à "1984", montre que vous privilégiez, votre perception des faits face à leur froide obstination.

    A aucun moment dans le roman la réalité de Goldstein n’apparait bien au contraire, elle est constamment mise en doute... autant que la réalité de Big Brother.

    Quant à sa judéite, elle n’existe que par la haine qu’elle suscite, parce qu’en réalité le roman se déroule dans un univers parfaitement athée :

    Il ne pouvait voir le visage de Goldstein sans éprouver un pénible mélange d’émotions. C’était un mince visage de Juif, largement auréolé de cheveux blancs vaporeux, qui portait une barbiche en forme de bouc, un visage intelligent et pourtant méprisable par quelque chose qui lui était propre, avec une sorte de sottise sénile dans le long nez mince sur lequel, près de l’extrémité, était perchée une paire de lunettes.

    Le "visage de juif" renvoie à un "visage de catholique" ou à un "visage d’évangéliste du septième jour", c’est celui d’une haine sans objet. Orwell ne nous dit rien sur la religion de Goldstein, il nous dit juste qu’il est perçu comme ayant un "mince visage de juif". Ce portrait est surtout celui de Trotski, et par extension celle du phantasme du "judéo-bolchévisme" avec les conséquences qu’on sait... Mais dans la réalité Trotski avait le visage de Trotski et de personne d’autre.

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