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Le sang de la nation (4)

mercredi 20 juillet 2011, par Philippe Leymarie

Dans les associations d’anciens, au sein des régiments, en France, on se désolait ces derniers mois de l’indifférence dans laquelle sont « oubliés » les soldats déployés en Afghanistan, qui viennent d’enregistrer leur soixante-dixième perte (depuis 2001), avec une accélération depuis le début de cette année. L’hommage national rendu les 18 et 19 juillet à Paris aux victimes d’un attentat-suicide dans la vallée de Tagab, en Kapisa (au nord-est de Kaboul) – le plus grave revers infligé à la France depuis la mort de dix soldats dans une embuscade tendue par les talibans à Uzbin en août 2008 –, a dû les rasséréner quelque peu…

Très « général en chef » ces derniers mois, avec les interventions en Côte d’Ivoire et en Libye, le président Nicolas Sarkozy venait d’effectuer une tournée-éclair auprès des militaires français en Afghanistan, la veille même de cette embuscade [1]  : quelques jours plus tard, il accueillait les dépouilles sur l’aéroport d’Orly, s’entretenant longuement avec leurs proches, reçus en outre le lendemain à l’Elysée, avant de solennelles cérémonies religieuse et militaire aux Invalides.

Le président français a donc assuré « l’après-vente », si l’on ose l’expression : en tant que chef des armées, c’est bien lui qui envoie ces très jeunes hommes au casse-pipe, dans le cadre d’une opération dont les buts et l’efficacité sont contestés ; mais c’est lui aussi qui vient présider aux obsèques, soutenir les familles, encourager les militaires, et tenir les « paroles fortes » de circonstance, devant la rangée des sept cercueils, dans la vieille cour pavée des Invalides :

- « Vous n’êtes pas morts pour rien, car vous avez défendu les plus belles valeurs de notre pays…
- Vous êtes morts pour la grande cause des peuples libres qui ont payé leur liberté avec le sang de leurs soldats…
- Vous avez combattu dans une guerre juste engagée contre une tyrannie qui emprisonnait tout un peuple, opprimait les femmes, maintenait les enfants dans l’ignorance, avait transformé tout un pays en base arrière du terrorisme et de l’obscurantisme…
- Vous êtes tombés dans une guerre où des assassins fanatiques et sans honneur cherchent à asservir par la terreur des gens désarmés que vous aviez mission de protéger…
- Vous avez vécu et êtes morts en hommes libres : puisse-t-il toujours se trouver de jeunes Français qui vous ressemblent… ».

Amour du pays

Mais cet hommage appuyé allait sans doute au-delà de ces cercueils, et des 4 000 soldats français actuellement déployés sur le théâtre afghan : il permettait de tenter la justification d’un engagement souvent fondé seulement sur la nécessité d’une solidarité franco-américaine ou inter-OTAN, et d’adresser un message à l’armée, à la « communauté militaire » dans son ensemble [2], et même au pays profond – celui dont Eva Joly, la candidate écologiste, ne fera jamais partie à en croire le premier ministre François Fillon – avec cette stance, véritable ode à l’armée, cinq jours seulement après les défilés patriotiques du 14 juillet :

- « L’armée française, c’est l’affirmation par le peuple français de sa volonté de demeurer libre et de ne jamais devenir l’esclave de quiconque.
- L’armée française, ce n’est pas seulement un instrument parmi d’autres d’une politique ; c’est l’expression la plus achevée de la continuité de la Nation française dans l’Histoire.
- L’armée française, c’est l’expression de la détermination constamment renouvelée de la France à défendre l’idée qu’elle se fait d’elle-même, de sa vocation dans le monde et d’une certaine idée de l’Homme profondément ancrée en elle.
- L’armée française n’est pas séparée du reste de la Nation française, car l’armée française fait corps avec la Nation française.
- Si la France a passé avec la liberté du monde « un pacte multiséculaire », elle le doit d’abord à son armée. »

Sur France 2, qui retransmettait l’intégrale de ces cérémonies le 19 juillet, le commentateur prêcheur-patriote de service – Pierre Servent [3]– exaltait l’émotion se dégageant de cette cérémonie, de cette communion retrouvée entre l’armée et la nation, appelant à « prendre conscience de la chance de vivre dans une démocratie », et bla-bla…

Et le soir, sur France 5 (« C dans l’air »), le même « consultant » se réjouissait, avec son compère Frédéric Pons, rédacteur en chef à Valeurs actuelles, de ce que le président – qui passait pour étranger aux questions de défense au début de son règne – ait trouvé des accents de généralissime, de père de la Nation, renouant avec les « grandes valeurs de la République ». Les deux journalistes-officiers de réserve prônaient le retour à l’amour du pays, le sacrifice pour la patrie, le respect de l’uniforme, le retour du « roman national » à l’école, etc. – « des mots qu’on n’entend plus depuis la fin de la guerre d’Algérie » (et de la conscription).

Grandes fêtes

Il y avait un courant à remonter. Avant ce drame de Tagab, le grand transport d’allégresse dans les médias accompagnant la libération des deux journalistes de France 3 otages en Afghanistan avait fait grincer quelques dents, comme en témoigne une « Lettre ouverte à Monsieur le président de France Télévision et à Mesdames et Messieurs les journalistes » signée « Jean de La Bâtie, ancien du 1er régiment de parachutistes, père d’un parachutiste Mort pour La France » [4], publiée début juillet sur le blog Mars attaque :

« Durant 18 mois, vos deux collègues journalistes sont restés otages en Afghanistan. Vous leur avez apporté aide et soutien. (…) Vous avez organisé de grandes fêtes pour les célébrer. Vous en avez fait des héros. Des héros... qui ignoraient que la guerre est dangereuse. Des héros... qui ont prétendu que personne ne les avait prévenus du danger. (…) Le mercredi 29 juin, dans l’indifférence des journalistes, le corps du parachutiste Cyrille Hugodot est revenu en France, mort à Kaboul des suites de ses blessures reçues lors de l’engagement du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes pour sécuriser le rapatriement de vos deux journalistes. Peu avant, un autre parachutiste, Florian Morillon, était mort dans les mêmes conditions. Vous ne le saviez pas ? Non, car vous ne vouliez pas le savoir. Vous préfériez faire la fête... et ça... vous nous l’avez fait savoir (…) Cyrille Hugodot était papa d’une petite fille de 4 ans : y aura-t-il quelqu’un parmi les journalistes pour penser à elle ? Puisque vous avez décidé d’oublier les héros Morts pour La France, essayez de ne pas oublier une petite fille de 4 ans. Elle est là, et vous regarde de ses grands yeux... [5] »

« Ce sont quand même nos héros », affirmait ces jours-ci – à propos des morts de Tagab – le père d’un des morts de l’embuscade d’Uzbin. Dans un pays où la « fabrique des héros » est en panne, ces disparitions dramatiques [6] sont une occasion d’exalter les « champs d’honneur » (François Fillon), de multiplier les hommages, de serrer les rangs, de tenter de donner un sens aux engagements en cours. A bout d’arguments convaincants, de nombreux dirigeants politiques, à droite et même à gauche, se réfugient derrière un « pour que ces morts n’aient pas été inutiles… », afin de justifier la poursuite de l’opération en Afghanistan.

Soldats sécurisés

Tout en ne manifestant pas d’hostilité à priori aux engagements militaires  [7], les Français se demandent en majorité pourquoi des soldats guerroient en Afghanistan, et quel sens donner à l’exposition au danger, si loin, de si jeunes hommes, pour un effet si peu visible, et depuis si longtemps (dix ans). Le général en chef de l’Elysée, comptable de ses troupes, et soucieux de son opinion publique – surtout en cette période pré-électorale –, a voulu envoyer un signal, dès le lendemain de l’embuscade, en demandant au général Iraztorza, chef d’état-major de l’armée de terre, de trouver au plus vite les moyens d’assurer la sécurité des forces françaises, surtout durant la période de transition qui a été annoncée (retrait d’un millier d’hommes d’ici fin 2012, et de la totalité en 2014).

Mais, outre qu’il y a un léger paradoxe à prétendre trop sécuriser... des forces de sécurité, la recherche de solutions pratiques dans ce domaine s’apparente à la quadrature du cercle, comme en témoigne d’ailleurs l’adresse du président français aux morts de Tagab : « Vous avez pris de grands risques, en partageant la vie quotidienne de ceux que vous deviez défendre parce que vous saviez que vous ne pouviez pas les défendre de loin et que vous ne pourriez pas les protéger en vous protégeant vous-même. »

Faudrait-il rester terré dans les casernes ? Se blinder plus encore ? N’effectuer que des sorties « robocop », bardé d’une quincaillerie empêchant tout contact de type humain ? On se rapprocherait du modèle américain, souvent décrié… Les militaires français craignent en outre que la déflation d’un quart de leurs effectifs d’ici la fin de l’année prochaine rende difficile la « pacification » – pour reprendre le vocabulaire typique de la contre-insurrection – de la province de Kapisa, dont ils auront la responsabilité jusqu’à leur retrait en 2014. La formation des soldats et policiers afghans a été accélérée, en mettant l’accent sur la quantité au détriment de la qualité, pour pouvoir opérer ces transferts de charge de la sécurité à l’horizon 2014 à l’échelle de tout le pays.

Notes

Cette note est le dernier volet d’une série sur le « lien armée-nation », entamée le 27 mai 2011 avec « Le « Bigeard des banlieues » (1) », suivi de « La nation et son armée (2) », le 3 juin, et de « L’école à la rescousse ? (3) », le 8 juin.

[1] Au point que certains ont voulu y voir une relation de cause à effet – ce qui reste tout de même à démontrer.

[2] Soit, statistiquement voire électoralement parlant, environ 2,5 millions de personnes, entre les soldats, leurs familles, les retraités, les personnels civils de la défense, etc., et 4 millions en y ajoutant le secteur sécurité.

[3] GlamSpeak, « agence conseil en conférenciers et animateurs », présente Pierre Servent comme un « journaliste, chroniqueur et essayiste » qui intervient dans les médias audiovisuels (notamment France télévision, LCI, France inter, France info, RMC, etc.). Directeur de la communication du groupe Caisse d’Epargne de 2002 à 2005, il avait exercé les mêmes fonctions au groupe Vivendi Waters (Veolia) de 1997 à 2002. Pierre Servent, qui avait commencé comme journaliste (La Croix, Le Monde), a été conseiller du ministre de la défense et porte-parole de 1995 à 1997.

Colonel de réserve, il est président de la Réunion des ORSEM (association regroupant plus de 1 200 officiers de réserve français et européens spécialistes d’état-major) et a participé à plusieurs opérations extérieures (Balkans, Afghanistan, Côte d’Ivoire). « Ses interventions, souligne GlamSpeak, vont du regard croisé entre l’entreprise et le monde militaire, aux entreprises face à la dictature médiatique de l’émotionnel, aux nouveaux ressorts de la communication de crise. »

Plusieurs blogs (Défense ouverte, Défense en ligne, etc.) ont eu l’occasion de s’étonner, à son propos, d’un dangereux « mélange des genres » … qui n’a pas l’air d’effrayer sa partenaire habituelle de France 2, la journaliste Marie Drucker. Cf. aussi « Mission séduction pour l’armée française », Le Monde diplomatique, septembre 2010.

[4] Les plaintes déposées par les parents de militaires morts dans la vallée d’Uzbin, en Afghanistan, ont été classées sans suite, le 3 février, par le parquet du Tribunal aux armées de Paris (TAP), compétent pour les crimes et délits concernant les soldats français à l’étranger.

[5] On peut consulter sur le sujet d’autres liens que signale Mars attaque :
- « Libération d’otages », par Olivier Kempf (EGEA) ;
- « Le traitement médiatique de la libération des otages suscite une vive émotion chez les militaires », par [Jean-Dominique Merchet (Secret Défense) ;
- « Petite histoire de journalistes, d’otages, de héros et de vautours », par Romain Mielcareck (ActuDéfense).

[6] Mais qui touchent un effectif en fait limité : soixante-dix morts français, cinquante-cinq Allemands, trois cent soixante-seize Britanniques, mille deux cents Américains.

[7] L’antimilitarisme en France ne concernerait, selon la moyenne des sondages, que 15 % environ de la population. Les sondeurs reconnaissent que, s’ils demandaient aux sondés de se définir par rapport à une notion plus « positive » (le pacifisme, par exemple), le score serait plus élevé.

21 commentaires sur « Le sang de la nation (4) »

  • permalien Yvan :
    20 juillet 2011 @19h57   »

    Il faut savoir, ce qu’on veut, depuis la suspension de la conscription obligatoire, l’armée est devenu une profession comme une autre.

    Il y a des morts à Kaboul, comme au technocentre de Guyancourt, ou dans les couloirs de France Telecom. Ça fait partie des aléas des impératifs financiers.

    Le fait qu’ils soient employés en sous-traitance des "grands machins", fait des soldats, plus des CDD du complexe militaro-industriel, que de valeureux combattants pour des Valeurs Républicaines biens dégradées par deux siècles de guerres coloniales plutôt crados.

  • permalien starshiy :
    20 juillet 2011 @20h13   « »

    @ Yvan
    L’énorme différence c’est que les militaires acceptent de mettre leur vie en balance pour la défense des intérêts du pays.
    Pour les autres, je doute qu’ils aillent aussi loin dans l’engagement ...
    Fermez le ban.

  • permalien Yvan :
    20 juillet 2011 @20h31   « »

    @starshiy,

    S’il est vrai que des soldats s’engagent pour la grandeur de la France, comme des instits pour transmettre les valeurs de la République, ou des ingénieurs pour porter très haut le génie national, la financiarisation des activités humaines et en particulier le maintien d’un niveau d’emploi bas, relativise l’épanouissement des vocations, au profit de la nécessité de faire bouillir les marmites nationales.

    Rompez !

  • permalien gosselent :
    21 juillet 2011 @01h45   « »

    Le choix de mettre sa vie en jeu, pour un militaire, n’est pas non plus fait sans compensations de droits.
    D’une part, un militaire ne met pas sa vie en jeu sans être armé pour se défendre.
    D’autre part, un militaire ne met a sa vie en jeu sans avoir en échange le droit de tuer.
    Et enfin, on compte les morts militaires avec beaucoup plus de parcimonie et de cérémonie que les morts civiles : un week-end de Pentecôte coûte plus cher en vies humaines qu’une année de guerre à distance.
    Ce sont des différences essentielles avec des civils à qui on ne demande effectivement pas de mettre leur vie en danger.

  • permalien pim :
    21 juillet 2011 @08h07   « »

    Joli titre qui ne peut qu’inspirer cette réflexion : Mais que va donc faire la "nation" dans cette galère ?
    Au début, histoire de mieux en dissimuler les vraies raisons, celles de laver l’affront irakien au généralissime Bush en montrant notre soumission bien réelle à sa défense du monde libre... des gazoducs, la France ne devait y envoyer que quelques soldats, bien dissimulés sous leur déguisement de feuillages les faisant ressembler à des plantes en pot, des "forces spéciales", simplement dédiées au seul "renseignement".
    Résultat des courses : 4000 hommes réellement engagés au nom de la "défense de la nation" ... C’est bien connu, les taliban menacent la nation ...

    "Vous avez combattu dans une guerre juste engagée contre une tyrannie qui emprisonnait tout un peuple, opprimait les femmes, maintenait les enfants dans l’ignorance, avait transformé tout un pays en base arrière du terrorisme et de l’obscurantisme… " dit M. le généralissime à ses soldats de la défense de la liberté, du monde libre et du droit de consommer des hamburgers cuits au pétrole irakien.
    M. le généralissime devrait se renseigner avant de sortir des âneries et contre-vérités.
    En 1975, en Afghanistan où je me trouvais, personne ne parlait de taliban et les femmes étaient déjà recouvertes de la tête aux pieds.

    Si le généralissime entend faire la guerre à tous les peuples qui "oppriment les femmes, maintient les enfants dans l’ignorance, ..." il se donne les raisons de se maintenir en mission jusqu’à la fin de son existence, ... au moins ! puisque c’est là l’essentiel de ce qui existe sur cette planète si gentiment, et si librement surtout, "protégée" par les puissances de l’argent.
    Pour y rejoindre un autre tristement célèbre généralissime - lui aussi ivre de liberté et de "hautes valeurs" en cet octobre 1935, comme chacun s’en souvient - qu’il aille, par exemple, en Somalie, où, en ce moment même, une sécheresse, doublée d’une non-aide alimentaire - pourtant promise par les peuples riches de hautes valeurs et de liberté et de menue monnaie -, menace quelques millions de femmes et d’enfants pour ne parler que d’eux (les hommes auraient-ils disparu ? syndrome du petit père des peuples protégeant la femme et l’orphelin par l’élimination des mâles ?).

  • permalien lolwut :
    21 juillet 2011 @10h03   « »

    Il faut accepter l’idee que cette guerre est perdue. 10 ans de plus n’y changeraient rien.

  • permalien rourou :
    21 juillet 2011 @12h50   « »

    les soldats francais defendent quoi dans un pays lointein comme l afghanistan pour quoi de quel droit

  • permalien Lou :
    21 juillet 2011 @16h23   « »

    Leur vie suspendue aux nouvelles d’Afghanistan
    samedi 16 juillet 2011

    «  Tous ces jeunes, renchérit Anne-Marie, sont morts en héros. Mais pas pour la France. L’Afghanistan, ce n’est pas notre cause. »

  • permalien Archaniel :
    21 juillet 2011 @17h55   « »

    Si je trouve que cet article exprime une opinion tout à fait légitime et qui dans un sens peut se défendre comme l’est l’autre point de vue, je ne m’attaquerai qu’aux choses superficielles que sont la forme adoptée en introduction :
    des soldats "victimes" et "rassérénés" par la cérémonie nationale de leurs camarades tombés au combat...
    Comme je viens de l’écrire les soldats ne sont pas victimes, ils tombent au combat, ils meurent. Ce sont ceux là les bons mots à utiliser alors que toute la presse civilise nos soldats comme si c’était un accident de la route.
    Et pour la seconde partie je pense qu’ils se seraient bien passés de cette cérémonie même nationale et auraient préféré voir leurs camarades rentrer.
    A ce titre je salue la décision de la ville de Caen d’ériger un mémorial aux soldats morts en Corée, guerre oubliée, sur les théatres d’opération extérieure et autres conflits. Seuls des mémoriaux de la première et plus rarement de la seconde sont visibles. Je pense que ce genre de monuments marque plus et pour plus longtemps qu’une cérémonie dans une cour qui sera oubliée dans 3 semaines par presque toute la population. Pour preuve, si l’on pose la question du nombre de soldats morts ces 20 dernières années il est difficile d’obtenir un décompte précis.
    Une honte...

  • permalien Archaniel :
    21 juillet 2011 @18h04   « »

    @ Lou :
    Comme le Kosovo qui n’était pas notre cause, comme tant d’autres conflits qui servent à protéger les populations, à essayer de leur apporter notre aide et la vision du monde que la France porte depuis des années. Ils défendent la France mais ils défendent également les valeurs qui y sont associées.
    Effectivement, parfois les soldats peuvent défendre les intérêts de la France, on va hurler qu’ils prennent part à un conflit poru le pétrole. eh bien oui, ils y vont pour le pétrole ! Pour nous assurer notre futur énergétique : combien d’interventions militaires visibles ou pas ont permis de maintenir les prix des matières premières pour la France, lorsque dès que le prix monte à la pompe la population s’insurge qu’on l’exploite et que tout devient plus cher...
    Comme le dit une expression toute française et qui se rapporte très bien aux français : on veut le beurre, l’argent du beurre et les belles rondeurs de la crêmière en prime..

  • permalien pim :
    22 juillet 2011 @07h50   « »

    @Archaniel :
    "Effectivement, parfois les soldats peuvent défendre les intérêts de la France, on va hurler qu’ils prennent part à un conflit poru le pétrole. eh bien oui, ils y vont pour le pétrole ! Pour nous assurer notre futur énergétique : combien d’interventions militaires visibles ou pas ont permis de maintenir les prix des matières premières pour la France, lorsque dès que le prix monte à la pompe la population s’insurge qu’on l’exploite et que tout devient plus cher... "

    Vous avez tout à fait raison ; votre lucidité vous honore. Elle rend d’autant pitoyable le discours ici prononcé en guise d’oraison funèbre et d’hommage de la "nation"

    «  Vous n’êtes pas morts pour rien, car vous avez défendu les plus belles valeurs de notre pays
    Vous êtes morts pour la grande cause des peuples libres qui ont payé leur liberté avec le sang de leurs soldats…
    "

    Quand il mettra de l’essence dans le réservoir de son automobile, ou qu’il avalera des steaks transportés avec du pétrole irakien ou libyen, chaque Français aura le souci de penser qu’il est mélangé avec un peu du sang de la nation ...
    Voilà qui devrait, à n’en pas douter, le "rasséréner", car le voici désormais solidaire des "plus belles valeurs de notre pays", lesquelles, comme vous le soulignez, ont certainement à voir - on est Franchouille ou on l’est pas - avec "les belles rondeurs de la crémière", à moins que ce ne soit plutôt celles de notre fleuron énergétique, une certaine marque qui fleure bon les prix totalement hors de prix le long des rubans routiers.

    Mais aussi, quelle idée de rouler en pétrolette, alors qu’il y a, en France, de si belles pétroleuses ?

  • permalien HN :
    22 juillet 2011 @09h13   « »

    @Archaniel

    Ils défendent la France mais ils défendent également les valeurs qui y sont associées. Effectivement, parfois les soldats peuvent défendre les intérêts de la France, on va hurler qu’ils prennent part à un conflit pour le pétrole. eh bien oui, ils y vont pour le pétrole ! Pour nous assurer notre futur énergétique : combien d’interventions militaires visibles ou pas ont permis de maintenir les prix des matières premières pour la France

    Merde, on se transforme en américains. Même plus honte d’affirmer qu’on envahit des pays pour leurs ressources... "pour pas que les français râlent", ce tas de cons...
    En voilà une belle cause pour la nation, pour Total, Areva ou Bouygues.

    Par ailleurs, la crémière ne fait pas très bien son boulot si je puis me permettre, car le "lait" se fait transférer dans des paradis fiscaux afin que Total & co ne paye pas d’impôts sur les sociétés...

    Quant aux bénéfices que retire ce peuple de cons que nous sommes, il n’est pas si grand que ça puisqu’on a très bien vu que les dealers d’essence s’arrangent leurs prix à leur sauce, même si le prix du brut baisse.

    Au final, les gentilles interventions militaires ont surtout permis à Total de "maintenir" leurs records de profits.
    Mais bon, si ça choque pas, continuons donc comme ça.
    Sacrées valeurs... Guerre, terreur, pillage.

    Cdlmt

  • permalien Archaniel :
    22 juillet 2011 @20h01   « »

    Je ne suggère pas d’envahir un pays pour ses ressources et en cela nous divergeons des américains, qui , n’empeche, ont bien saisi leurs erreurs et essayent de se racheter une virginité en se calmant un peu. ce que nous faisons c’est assurer la stabilité des régions afin que les ressources puissent etre exploitée correctement, aussi bien pour le pays que pour nous. C’est ce que nous faisions en Afrique, en plus d’avoir des accords de défense avec eux.
    Sur le point de la Libye, nous sommes intervenus sous mandat de l’ONU. Si nous n’intervenions pas, nous aurions eu toutes les associations qui crieraient au scandale car l’on soutenait le massacre...
    Donc nous sommes intervenus et nous prenons part au conflit en limitant au maximum notre engagegement. Le pétrole libyen nous interesse mais je pense que le CNT sera ravi de discuter des prix à leur avantage et non au notre vu la demande sur le marché surtout chinoise (qui soi dit en passant ne leve pas le petit doigt nul part de façon armée et s’accapare les ressources des pays africain sans que l’on ne dise quoi que ce soit en y envoyant toute sa population). De plus Khadafi entrait régulièrement en conflit avec ses voisins pour des questions de frontières et soutenait un paquet de rebellions dans la région, il était une menace à la stabilité et à la paix.
    Pour l’Afghanistan, il n’y a aucune valeur stratégique, pas de pétrole juste des millions d’hectare de pavot qui inondent de drogue la planète. Le pétrole des oléoducs passe soit au nord vers la caspienne soit au sud par le pakistan donc l’intervention là bas relève des valeurs que nous défendons vis à vis de la liberté des peuples à se déterminer par rapport aux talibans, la liberté des femmes et également éviter d’en faire une zone de non droit qui fournit l’entrainement aux groupuscules de GSPC et autres mouvements maghrebins. Je concède que le résultat est mitigé sur les questions de l’Etat de droit mais on essaye au moins plutot que de les laisser sombrer. On citera également la déstabilisation du Pakistan, dotée de la force nucléaire et en tensions constante avec 1/6 de la population mondiale, l’Inde.

    Pour conclure, je dirai que oui le bon peuple est "con" comme vous dites. Je ne soutient pas forcément le politique qui cherche son propre agenda et qui a mené le pays vers une belle période d’austérité et de plan de restrictions budgétaires.Si le bon peuple arrêtait de descendre dans la rue à la moindre tentative de modification des avantages personnels de chacun, fonctionnaire ou pas, on avancerait peut etre mieux. La loi sur les primes à la performance pour les médecins est un non sens mais à force de crier au loup on ne se bat plus pour ce qui compte vraiment.
    On a le gouvernement que l’on mérite...président, ministres, députés, sénateurs, maires tout le monde est concerné.
    Désolé d’avoir dérapé du sujet initial mais ca fait du bien ^^

  • permalien pim :
    23 juillet 2011 @11h00   « »

    @Archaniel :
    "Pour l’Afghanistan, il n’y a aucune valeur stratégique, pas de pétrole juste des millions d’hectare de pavot qui inondent de drogue la planète. Le pétrole des oléoducs passe soit au nord vers la caspienne soit au sud par le pakistan donc l’intervention là bas relève des valeurs que nous défendons vis à vis de la liberté des peuples à se déterminer par rapport aux talibans, la liberté des femmes (...)"

    Vous êtes ici sur le site du Monde diplomatique et il serait peut-être utile pour votre gouverne, et vous éviter ainsi de dévider quelques fables publicitaires aux louanges du grand Timonier local, de vous informer un peu.

    Je me permets donc de vous renvoyer à cet excellent article d’Olivier Roy, "Avec les talibans, la charia plus le gazoduc", disponible sur ce même site et dont voici au moins un extrait (en deux parties) :

    "Le coup de génie des Pakistanais, par l’entremise de leur ministre de l’intérieur, le général Nasserullah Babar, a été de trouver, sans remettre en cause leurs options stratégiques, une autre solution, également pachtoune et fondamentaliste : les talibans. Leurs services et le Jami’at Ulema ont mobilisé, conseillé et approvisionné les talibans. Les buts stratégiques du Pakistan sont triples : il s’agit de mettre en place à Kaboul un régime sous tutelle, grâce aux affinités ethniques - beaucoup d’officiers pakistanais sont pachtounes - et cléricales ; d’obtenir une profondeur stratégique face à l’Inde ; et d’ouvrir un corridor d’accès à l’Asie centrale, afin d’assurer à Islamabad un approvisionnement en énergie, un rôle stratégique destiné à obtenir le soutien américain et des revenus tirés du transit des hydrocarbures."
    (...)

  • permalien pim :
    23 juillet 2011 @11h02   « »

    Suite de l’extrait disponible sur le site :

    "Riyad a aussi intérêt à écarter l’Iran de l’exploitation des hydrocarbures d’Asie centrale, pour diminuer son rôle stratégique au Proche- Orient.
    Malgré ses dénégations, Washington soutient totalement ce projet. En octobre 1994, l’ambassadeur américain au Pakistan, M. John C. Monjo, accompagne le ministre de l’intérieur pakistanais dans la zone contrôlée par les talibans à l’ouest de l’Afghanistan, sans autorisation du gouvernement légal du pays. Les Etats-Unis ont toujours considéré le gouvernement de MM. Rabbani et Massoud comme une faction parmi d’autres, et n’ont jamais envisagé de rouvrir leur ambassade à Kaboul. Or, à peine la ville aux mains des talibans, le département d’Etat publie un communiqué qualifiant de « positive » leur victoire et annonçant l’envoi d’une délégation officielle à Kaboul.

    L’empressement de Washington résulte d’un élément-clé de l’évolution actuelle en Afghanistan : le projet de gazoduc reliant le Turkménistan au Pakistan (port de Gwadar), via l’Afghanistan de l’Ouest. Le maître d’oeuvre de ce projet est la compagnie pétrolière américaine Unocal, alliée à la firme saoudienne Delta Oil, qui ont évincé la société argentine Bridas auprès du président du Turkménistan. Ce gazoduc, dont le coût serait de 2 milliards de dollars et qui serait doublé d’un oléoduc, répond à deux priorités américaines : assurer une liaison directe pour évacuer les hydrocarbures d’Asie centrale et de la Caspienne, où les compagnies américaines, parmi lesquelles Chevron, investissent massivement ; renforcer - dogme actuel de Washington - l’isolement de l’Iran, qui est le candidat naturel au tracé du gazoduc, grâce à sa proximité avec les lieux de production et aux infrastructures déjà en place (5).

    Unocal et Delta Oil ont joué un grand rôle dans l’ »achat » de commandants locaux, sans parler du lobbying à Washington et de la coordination avec le Pakistan. Le conseiller politique d’Unocal, M. Charles Santos, un Américain proche de l’administration, fut l’adjoint de M. Mahmoud Mestiri, ancien envoyé spécial de l’ONU pour l’Afghanistan. Le soutien d’Unocal aux talibans n’est guère dissimulé par son vice-président, M. Chris Taggart, qui a qualifié l’avance des talibans de « développement positif » . Affirmant que « les récents événements étaient susceptibles de favoriser le projet » (de gazoduc), il envisageait même une reconnaissance des talibans par Washington (6).
    Les Etats-Unis reprennent en Afghanistan la recette de l’Aramco dans l’Arabie saoudite des années 30 : fondamentalisme islamique, tribus et pétrole."

    http://www.monde-diplomatique.fr/19...

  • permalien Anastasia :
    25 juillet 2011 @06h59   « »

    Archaniel :
    22 juillet @20h01
    (...) ce que nous faisons c’est assurer la stabilité des régions afin que les ressources puissent etre exploitée correctement, aussi bien pour le pays que pour nous. (...)

    A en juger par les deux gros "chantiers" en cours, l’Afghanistan depuis une décennie quand même et la Libye depuis un peu plus de quatre mois "seulement" je crois, c’est vrai que “la stabilisation” est impressionnante !!!! Vous avez un humour ravageur, savez-vous ?

  • permalien l’insoumis :
    27 juillet 2011 @06h46   « »

    pour ma part je serai bref,
    il me semble pourtant,et si mes souvenirs sont bon que les russes via l’URSS( aujourdhui disparu)ont tentés de soumettre se peuple et y on passé aussi dix ans et plus sans succés ,avec des moyens bien plus important que ceux aujourdhui engagés.!!?
    pour ma part les soldat francais si ma mémoire et bonne ,sont des angagés volontaire ;qui lorsqu’il part pour se genre de contrés en ont fait le choix et sont rétribués en consécance.

  • permalien Juba :
    27 juillet 2011 @10h02   « »

    Les interets économiques ont de tout temps constitué un motif pour engager des guerres. Les USA ont aidé les Afghans à combattre Babrak Karmal en contrepartie ceux ci se sont engagés à permettre l’acheminement du gaz et du petrole des Ex Républiques soviétiques via ce territoire et c’est durant cette meme guerre que les USA ont tiré de leurs manchettes Ben Laden devenu par la suite leur ennemi n° 1. Donc à la base de cette guerre, il y’a les interets des compagnies pétrolières US et les interets du Lobby militaro-industriel. Ce motif a été camouflé sous le fallacieux pretexte de défense de la liberté des Afghans face aux Talibans, laissant tomber le commandant MASSOUD qui était l’espoir pour ce peuple. La France, alliée des USA s’est engagée dans cette guerre pour récolter des miettes comme ce fut le cas lors de la 1ere guerre du Golfe ou dans le cadre de la reconstruction du Koweit, les USA se sont accapparés 85% des marchés, la GB, 10% et la France 5% !Ce qui a poussé Mr CHIRAC à ne pas engager la France dans la 2eme guerre du golfe et également du fait que l’Irak était un pays ayant de bonnes relations avec la France .La défense de la liberté des peuples doit incomber à l’humanité entière et non à quelques pays qui ont démontré que leurs seules préoccupations n’étaient que d’assurer des débouchés pour les multinationales car il faut bien l’admettre aujourd’hui, tous les Présidents en exercice défendent les interets du capitalisme mondial au détriment des interets de leurs pays et c’est pour cela que je concluerai par cette phrase de JJ Rousseau "On ne meurt pas pour les patries, mais pour des hommes".

  • permalien Osama :
    27 juillet 2011 @23h01   « »

    "Vous n’êtes pas morts pour rien. Vous êtes morts pour la patrie et la défense des liberté et de la démocratie et bla.. bla... bla..." What a joke ! C’es toujours les enfants des autres, les enfants des couches sociales les plus déshéritées, cette racaille et chienlit des banlieues et des arrières-pays et campagnes perdus de France et d’ailleurs que l’on envoie se faire zigouiller en de lointains bleds !
    Le nain de l’Elysée se prend au sérieux. Ne lui manquent que le tricorne et le manteau gris, et le Bonaparte de Neuilly se prendra vraiment pour Napoléon.

    Quant aux assassins professionels qui, sous couvert de défense de la liberté vont assouvir leur haine du Musulman et du bougnoule en Afghanistan, si le jet du Kärcher qui les nettoie de la surface de ce monde leur parvient sous la forme de rafales de 7,62 mm, à qui la faute ? Qui tue par l’épée périt par l’épée. Seuls des idiots acceptent d’aller tuer ou se faire tuer dans des guerres de choix, par temps de paix, chez des gens qui ne leur ont JAMAIS rien demandé !

  • permalien jgqueyrie :
    3 août 2011 @06h06   « »
    point de vue

    soldat pour quelle guerre veut tu combattre , cest un choix difficile , car a l’age tu vas faire le premier pas , il faudra que tu es consciece des differentes valeurs en jeux .
    la on aborde les vrais problemes :
    conditions economique et sociale , elles jouent un tres role
    vocation , ca existe

  • permalien franceschi :
    14 octobre 2011 @12h18   «

    Voilà bien une tribune pour les antimilitaristes de tous poils

    Pauvre France

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