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La maladie d’Abdelwahab Meddeb et la révolution tunisienne

mercredi 27 juillet 2011, par Alain Gresh

« Un livre écrit au cœur de la révolution, avec la justesse et la hauteur de vue d’une méditation intemporelle. » C’est ainsi que la quatrième de couverture du livre d’Abdelwahab Meddeb Printemps de Tunis présente le travail de l’auteur, un des premiers ouvrages sur la révolution qui a ébranlé le monde arabe.

Nous laisserons le lecteur juger de la « hauteur de vue » de l’auteur et de ses réflexions, somme toute banales, sur ce qui s’est passé en Tunisie.

Ce qui est frappant dans l’ouvrage, c’est sa « pudeur » concernant ses positions sur le régime de Ben Ali. Evoquant la manifestation de Paris, le 15 janvier, après la chute du dictateur, il écrit : « Cela fait longtemps que je n’ai pas participé à une manifestation. » Et la question qui se pose est simple : pourquoi n’a-t-il jamais participé à des manifestations contre la dictature à Paris durant ces dernières décennies ? Pourquoi n’a-t-il jamais élevé la voix contre la torture de milliers de prisonniers politiques ? Le fait que nombre d’entre eux étaient islamistes justifiait-il ce silence ?

Il serait faux de dire qu’il ne mentionne pas le sujet. Il le fait avec une pudeur d’autant plus admirable qu’elle « ne » lui est pas habituelle, mais toujours avec une « hauteur de vue ».

« Je m’interroge aujourd’hui sur ce réveil tardif ? Est-ce dû à la distance de l’expatriation ? Est-ce que le fait que pour moi l’horizon de l’être est le monde en son étendue ? L’immensité que je scrute aspire-t-elle le génie des lieux ? Immerge-t-elle le culte de la terre natale ? », etc. A une telle hauteur de vue, on perd le fil, mais on comprend qu’un intellectuel tunisien, vivant à Paris, a mieux à faire que de s’occuper de ce qui se passe dans son pays d’origine.

L’écrivain n’est cependant pas resté à l’écart de la révolution. Avec courage, il a participé à une émission de France 3, « Ce soir ou jamais », le 12 janvier (la première de ses interventions publiques), qui, selon ses dires, « a produit l’effet escompté. (...) Le mouvement a reçu un signe solidaire émanant de la scène internationale ». Tout ce qui s’est passé dans les premiers jours de janvier en France, en solidarité avec la Tunisie, n’a pas compté jusqu’à l’arrivée du grand homme.

Certes, ces manifestations étaient limitées. Et elles l’étaient parce que Meddeb et de nombreux intellectuels s’étaient, comme il le dit lui-même, « accommodés » de Ben Ali : « Nous n’avions pas protesté quand Ben Ali avait procédé à l’éradication des islamistes par la terreur en 1990-1991. Nous en étions même soulagés. » Ils préféraient et préfèrent toujours les dictatures soi-disant laïques aux islamistes.

Récemment encore, l’écrivain expliquait benoîtement que la dictature du chah en Iran était « minimaliste ». Les torturés de la Savak apprécieront.

Il n’est toutefois pas resté totalement silencieux. Dans son ouvrage Contre-prêches (2006), il consacre une chronique à la Tunisie : « Lorsqu’on se promène à Tunis dans cette atmosphère d’amitié entre les sexes, on se dit que la solution est simple, que le remède à la maladie [de l’islam] est à portée de main, qu’il ne représente pas un secret et une énigme exigeant de recourir au devin ou au sorcier. On se dit aussi que cette maladie n’est pas incurable. Mais on se demande aussi pourquoi l’exemple tunisien n’est pas davantage connu, pourquoi il ne constitue pas une référence (sic), pourquoi il ne s’érige pas lui-même en modèle (re-sic). Il est sûr que le déficit démocratique n’aide pas à l’émergence d’un tel modèle. Mais nous avons cependant à réfléchir sur le passage, à doses homéopathiques, par l’Etat autoritaire comme recours éclairé pour les sociétés héritant de consciences “obscures”. »

Ce sont ces consciences « obscures » que le colonisateur voulait aussi « éclairer », et l’on ne s’étonnera pas que Meddeb fasse l’apologie de cette période, comme le souligne Vincent Geisser dans un texte du 4 février 2005 (« Islam light : un produit qui se vend bien »), publié par Oumma.com :

« Dans son best-seller, La Maladie de l’islam, Abdelwahab Meddeb se livre ainsi à un véritable hymne à la Tunisie sous le Protectorat français, qui, rappelons-le quand même, était fondé sur un régime de domination coloniale qui n’avait rien à envier à l’Algérie » :

« Il faut le reconnaître, le modèle européen dans lequel j’ai grandi, celui qui émane des Lumières françaises et qui m’a formé, à travers un enseignement franco-arabe, n’est plus attractif. […] J’ai assisté dans mon enfance (dans les années 1950), dans cette citadelle de l’islam qu’est la médina de Tunis, au dévoilement des femmes au nom de l’occidentalisation et de la modernité ; cela a concerné les femmes, les filles et les sœurs des docteurs de la Loi qui tenaient chaire dans la millénaire université théologique de la Zitouna (une des trois plus importantes de l’islam sunnite…) » (A. Meddeb, La Maladie de l’islam, p. 43).

« Cette célébration de “l’islam des Lumières” (en réalité, un islam imaginaire), poursuit Geisser, évoque parfois les accents fortement assimilationnistes de certaines élites indigènes profrançaises pendant la période coloniale. Abdelwahab Meddeb n’hésite pas à se réclamer ouvertement du penseur nationaliste Ernest Renan, lui pardonnant au passage son racisme antisémite » :

« [….] Je lui pardonne son racisme, sa vision essentialiste des langues et des systèmes symboliques, sa hiérarchie entre les expressions et les imaginaires… car il m’a aussi aidé à comprendre la chimère que représentent le panarabisme comme le panislamisme. Son opuscule Qu’est-ce qu’une nation ? m’a rappelé que la nation n’est fondée ni sur l’unité linguistique, ni sur la communauté de la foi, ni sur la continuité géographique, ni sur le langage de l’histoire. Elle l’est sur le seul désir d’être ensemble. C’est ce désir qui m’a fait choisir la communauté française, où mon nom étranger se décline dans l’amputation sonore, où je continue d’entretenir ma généalogie islamique et de la croiser avec mon autre généalogie européenne. Ainsi l’hérité et le choisi se combinent à l’intérieur d’un seul et même être… » (La Maladie de l’islam, p. 220-221).

On ne peut donc s’étonner que le discours de Meddeb non seulement n’ait pas dérangé Ben Ali, mais que celui-ci l’ait célébré, comme nous l’apprend le site Oumma.com.

Le 24 janvier 2011, ce site publiait « en exclusivité ce document de l’Ambassade de Tunisie à Paris, rendant compte d’une réception officielle organisée en l’honneur de l’écrivain franco-tunisien Abdelwahab Meddeb, en mars 2004. A l’époque, le discours d’hommage avait été prononcé par Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO, bien connu de la presse française pour avoir justifié la répression sanglante des récentes protestations qui ont fait plus de 70 morts et des milliers de blessés. Ce document prouve qu’A. Meddeb ne s’est pas contenté de rester silencieux mais a clairement soutenu la dictature du général Ben Ali, alors que les opposants politiques en exil à Paris, tels que Moncef Marzouki (opposant historique), faisaient l’objet du harcèlement permanent de la police secrète tunisienne en France ».

« Bien évidemment, A. Meddeb n’a jamais invité dans ses émissions de France Culture le moindre écrivain tunisien opposant ou indépendant, cherchant à préserver ses entrées auprès du régime de Ben Ali. Il a pratiqué au sein de France Culture (radio française financée par le contribuable !) les critères de censure proches de ceux de la radio d’Etat en Tunisie sous l’ère Ben Ali. Le document publié ci-dessous est la copie originale du lien du site Internet de l’Ambassade de Tunisie à Paris, qui depuis a été détruit. »

« Les négationnistes de l’histoire tunisienne ont déjà commencé à agir : les documents gênants pour un certain nombre de personnalités compromises avec le régime de Ben Ali sont en train d’être détruits. Heureusement, Oumma.com a retrouvé dans ses archives ce lien Internet qu’il vous livre en exclusivité. »

« Hommage à Abdelwahab Meddeb »
Ambassade de Tunisie, 16 mars 2004

« Dans le cadre des efforts de l’Ambassade visant à encourager les intellectuels et hommes de lettres tunisiens résidant en France, l’Ambassadeur Moncer Rouissi a offert une réception en l’honneur de l’écrivain et poète Abdelawahab Meddeb, récompensé par le Prix François Mauriac pour son livre La Maladie de l’Islam et le Prix Max Jacob pour son recueil de poèmes La matière des oiseaux. Y ont été conviés des représentants des milieux littéraires, des médias et du corps diplomatique ainsi que de nombreux amis de la Tunisie. Dans son allocution de bienvenue, M. Moncer Rouissi a exprimé tout son plaisir d’honorer Abdelawahab Meddeb l’écrivain, le poète, le penseur et l’homme de lettres. Il a salué en lui la richesse de la production littéraire et la profondeur de la réflexion sur l’Islam et ses rapports avec son environnement social et politique. »

« M. Samir Marzouki, ancien Directeur de l’Ecole Normale Supérieure, a pour sa part salué la pensée originale de Abdelawahab Meddeb, “un des meilleurs écrivains tunisiens”, qui a consacré sa vie à “une œuvre de réflexion et de rapprochement entre les peuples”. Enfin, l’universitaire Mezri Haddad a rendu hommage à l’œuvre de Abdelwahab Meddeb qui y parait un “redoutable opposant aux thèses intégristes”. »

Twitter

J’ai désormais un compte Twitter. Grâce à lui, je peux transmettre des informations et des liens que je ne peux signaler ici. Ce développement permettra, je l’espère, de mieux faire passer « une autre information, d’offrir une autre manière de voir le Proche-Orient et ses conflits ».

48 commentaires sur « La maladie d’Abdelwahab Meddeb et la révolution tunisienne »

  • permalien Juba :
    27 juillet 2011 @13h48   »

    Les grands poetes et les grands écrivains ont vécu sans maitres et sans Rois, d’ailleurs c’est le coté fascinant de ces éclaireurs des ténebres. Mr Meddeb, citoyen Français n’avait rien à gagner du soutien à un dictateur sanguinaire. S’accommoder d’une dictature sous ptretexte qu’elle livre un combat contre l’obscurantisme est indigne d’un intellectuel car cette idéologie retrograde n’est pas née dans la société mais elle est la conséquence d’une gestion autoritaire de celle ci, acceptant n’importe quel illuminé pourvu qu’il le débarrasse de cet ordre. Elle s’est nourrie et a prospéré à l’ombre de ces pouvoirs honnis ou la morale n’a jamais eu de place. La pensée intégriste est insignifiante dans les contrées musulmannes et repose sur une interprétation erronnée de l’Islam, seulement l’absence de culture politique et surtout l’effacement des oulémas a laissé le champ libre à des charlatans qui ont réussi en peu de temps à embrigader toute une jeunesse qui pourtant aime bien la vie. L’obscurantisme se combat par l’intelligence et non par les armes. Un exemple : Vous trouvez des universitaires qui vous narrent les conneries d’un imam qui n’a aucun niveau d’études ! Comment comprendre que quelqu’un vous demande de vous bourrez d’explosifs pour faire des massacres en vous promettant qu’après vous irez au paradis ! alors meme que le suicide est illicite au regard de l’islam, il y’a malheureusement d’autres non sens dont la liste est longue. Voilà ce que nous avons hérité de ces assoiffés de pouvoir que l’occident a soutenu durant des decennies. Ce qu’il faut tirer de cela "Puisque je n’ai droit à rien dans cette vie, autant mourrir pour cette cause et aller au paradis " comme si ces chefs intégristes détenaient les cléfs de celui ci.

  • permalien Yvan :
    27 juillet 2011 @14h28   « »

    A nos lecteurs tunisiens

    Depuis plus d’un an, Le Monde diplomatique était interdit à la vente en Tunisie. Auparavant, notre journal se voyait censuré très régulièrement quand il traitait de l’état des libertés en Tunisie ; à partir de novembre 2009, cette interdiction était devenue automatique, y compris quand nous n’abordions ni de près ni de loin la situation au Maghreb. Le soulèvement populaire qui vient d’intervenir aura donc eu pour autre conséquence heureuse de nous permettre de rétablir le contact avec le peuple tunisien. Ce numéro lui est un peu dédié.

    Serge Halimi.

    ... mais aussi : Sihem Bensedrine - www.la-bas.org

  • permalien DanFani :
    27 juillet 2011 @14h41   « »

    En grand humaniste qu’il est, il a qualifié de "dommage collatéral" les massacres perpétrés par les US en Afghanistan... Sacré intellectuel, effectivement !

  • permalien Lou :
    27 juillet 2011 @15h04   « »

    Merci Monsieur Gresh de rendre compte de la duplicité de cet homme célébré honteusement par France-Culture.

    Ce soir ou jamais, émission du 30 janvier 2008

    Débat entre Tarik Ramadan et Abdelwahab Meddeb

    un exemple de logorrhée du "grand homme" et sa conception d’"intellectuel critique" des victimes afghanes comme "phénomène collatéral".

    Tarik Ramadan lui demande à la toute fin de dénoncer la dictature tunisienne....

  • permalien K Ben Smail :
    27 juillet 2011 @15h52   « »
    censure

    Monsieur Halimi, votre journal et beaucoup d’autres était censuré à l’initiative d’un personnage ignoble qui a beaucoup nui a la Tunisie : Abdelwahab Abdallah. Il est actuellement en détention à Tunis, je suggère que vous le gratifiez d’un abonnement gratuit ?

  • permalien Wicem Souissi :
    27 juillet 2011 @15h56   « »
    Abdelwahab Meddeb honoré par la revue post-révolutionnaire "Esprit" d’Olivier Mongin

    Et la revue "Esprit" a eu l’honneur et le privilège de compter, les 24 et 25 juin, parmi ses intervenants principaux, lors d’une Rencontre sur "les révoltes dans le monde arabe", un certain Abdelwahab Meddeb, qui y a selon ses termes "bricolé" un discours intitulé : "De la servitude volontaire au désir de liberté"..., le tout à l’invitation et avec la bénédiction d’Olivier Mongin, surpris voire agacé que l’on puisse porter la contradiction à son invité, et qui avait auparavant, dernier numéro de la revue, ouvert ses colonnes à la fille de Meddeb, comme de rien n’était. Question d’amitiés franco-tunisiennes anté et post-révolutionnaires.

  • permalien Hakiki Fawzi :
    27 juillet 2011 @18h11   « »

    Très bon bon papier, il était temps de dire un mot sur cet imposteur Meddeb, mais je voulais juste dire qu’il est faux que les plus grands poètes n’avaient pas besoin de la protection des rois et des princes...Tout le mécénant était organisé de sorte que tout poète ou intellectuel était lié au royaume ou à la dynastie, au prince , au calife...les exemples ne manquent dans le moyen-âge islamique...bien à vous

  • permalien Hsissou :
    27 juillet 2011 @18h23   « »
    La maladie d’Abdelwahab Meddeb et la révolution tunisienne 1/3

    Quand le vernis explose
    Par Brahim Senouci
    samedi 23 février 2008

    A l’occasion de la sortie du dernier livre de Monsieur Abdelwahab Meddeb, « Sortir de la malédiction, l’Islam entre civilisation et barbarie », la Maison d’Amérique Latine a accueilli ce jeudi 21 février un débat avec, outre l’auteur, Tzvetan Todorov, philosophe et Charles Melman, psychanalyste.

    Salle comble, gens bien mis, atmosphère de bon aloi, tout concourt pour faire de cette soirée un grand moment de fraternité partagée. L’écrivain lui-même, costume du bon faiseur, chevelure disciplinée, moustache bien taillée, offre un aspect lisse qui cadre bien avec l’atmosphère ouatée qui imprègne le lieu. La présentation liminaire de Monsieur Abdelwahab Meddeb, malgré sa brièveté, insiste sur la nécessité de « guérir l’Islam » de ses perversions dont l’islamisme n’est pas la moindre.

    Tzvetan Todorov rappelle sa vieille amitié avec l’auteur ; il annonce qu’il va se lancer dans une pluie de compliments et qu’il conclura sur une « petite réserve ». La pluie de compliments dure deux minutes, la réserve vingt. En fait de réserve, il s’agit d’une démolition en règle de l’ouvrage. Tzvetan Todorov affiche son incompréhension devant le fait que son « ami de trente deux ans » se prononce pour le droit d’ingérence (il a présenté l’équipée irakienne comme une perversion de ce droit d’ingérence !), sa lecture de la sortie du pape Benoît XVI sur le traité de Ratisbonne… Il lui reproche également le fait que, bien que se réclamant d’une double culture, il témoigne d’une telle mansuétude pour la part occidentale de sa personnalité. Il omet charitablement de rappeler que Abdelwahab Meddeb traite les milliers de victimes afghanes des bombardements états-uniens de « dommages collatéraux ».

    Oublions la réponse de Abdelwahab Meddeb, tout étonné de cette volée de bois vert, qui se contente d’engager Todorov à relire son livre qu’ « il a si mal lu » (Todorov est légèrement demeuré, comme chacun sait ; en tout cas, il a montré qu’il n’était pas outillé intellectuellement pour pénétrer dans une œuvre si complexe). Oublions également le brouet indigeste servi par Charles Melman qui, lui, a identifié les causes de la violence arabo-musulmane. En fait, elles résideraient dans la langue arabe elle-même, une langue dans laquelle des notions contradictoires portent des noms presque identiques ! Il ne sait pas que le nombre de vocables en arabe est cinq fois plus élevé qu’en Français et que les poètes arabes ont depuis toujours eu à plaisir de faire des oxymores qui jouent aussi sur les allitérations.

  • permalien Hsissou :
    27 juillet 2011 @18h25   « »
    La maladie d’Abdelwahab Meddeb et la révolution tunisienne 2/3

    Oui, oublions tout cela. A l’évidence, Abdelwahab Meddeb, comme un nombre croissant d’ « intellectuels » arabes, a choisi de se faire le porte-parole du non-dit occidental. Il surfe, comme d’autres, sur la vague d’une opinion reconnaissante qu’il exprime ce qu’elle n’ose dire elle-même. Il la conforte, cette opinion, dans son idée de la primauté absolue du modèle occidental, dans sa prétention à l’universalité. Abdelwahab Meddeb nous raconte ainsi qu’il est venu à la politique via l’islamologie (il préfère ça à orientalisme, quelle hardiesse !) depuis le « nine eleven » (en anglais dans le texte). Il n’y est pas venu par le Cambodge, le Rwanda ; il n’y est pas venu pour l’Algérie, le Vietnam ou Madagascar. Ce n’était pas de son temps, soit. Forcément, depuis qu’il y est venu, à cause du « nine eleven » donc, il s’est intéressé à la politique. Il est d’accord avec le bombardement de l’Afghanistan et l’Irak ne serait, selon lui, qu’un travers du droit d’ingérence…

    A la fin du débat avec la salle, un dernier intervenant se prépare à poser sa question. Il n’en a pas le loisir. La séance est précipitamment levée. Du coup, il se met à hurler sa colère devant l’injustice dans le monde et la trahison des milliers de victimes qui ne trouvent pas grâce aux yeux de Abdelwahab Meddeb. Une grande confusion règne alors dans la salle. L’auteur, impassible, fait comme si de rien n’était et se dirige d’un pas lent et sûr vers la sortie. Le débat continue dans la salle, toujours aussi vif et véhément, mais sans violence.

    Tout le monde se décide finalement à sortir. Dans la cour d’entrée se tiennent Abdelwahab Meddeb, Todorov et d’autres personnes. L’intervenant empêché passe à proximité du groupe et glisse un mot au passage à Abdelwahab Meddeb. En s’éloignant, il continue de l’apostropher et l’accable de son mépris. A ce moment, Abdelwahab Meddeb sort brusquement de ses gonds : perdant toute retenue, il se rue sur son interlocuteur et tente, mais en vain, de lui administrer un coup de poing ! Habité par la rage, le souffle court et l’injure (en arabe !) à la bouche, il se précipite vers son contradicteur qui continue de le narguer. On finit par réussir à les séparer.

    Le vernis occidental a explosé ; adieu chevelure disciplinée, costume lisse et atmosphère ouatée…

  • permalien Hsissou :
    27 juillet 2011 @18h30   « »
    La maladie d’Abdelwahab Meddeb et la révolution tunisienne 3/3

    J’ai été très choqué par les positions de Abdelwahab Meddeb. Je dois dire cependant que j’ai presque été rassuré par la violence de sa réaction : cela prouve que son cas n’est pas complètement désespéré, que l’indignation peut encore habiter notre intellectuel arabe. Cela prouve que, comme d’autres, il joue, mais bien mal, un rôle de composition : il n’est pas vraiment dupe de la supercherie de l’Occident et du prétendu humanisme qu’il déclare porter. Abdelwahab Meddeb a peut-être une vieille maman qui se souvient des années noires durant lesquelles elle a courbé l’échine devant l’occupant colonial. Elle serait sans doute étonnée, cette vieille maman, la tête ceinte d’un foulard clair, assise en tailleur dans une posture de dignité absolue, de voir son fils s’éloigner des siens avec tant d’aisance. Cette double culture qu’il revendique, elle, elle sait qu’il n’a fait que la subir comme tant d’autres, comme un aléa de l’histoire, au prix de sa peine et de son humiliation à elle. Butin de guerre qu’il est indigne de brandir comme un étendard…. Peut-être Abdelwahab Meddeb a-t-il pensé à sa mère au moment où il recevait l’insulte en plein visage … Peut-être a-t-il alors, le temps d’un éclair, eu une pensée pour les millions de victimes de la colonisation, frères de douleur des millions de morts de l’esclavage, emmurés dans l’oubli comme ces vieillards bien français oubliés dans la solitude des murs hostiles d’une froide maison de retraite…

    S’il est vrai que Abdelwahab Meddeb est venu à la politique par le « nine eleven », peut-être aura-t-il trouvé dans la secousse de ce 21 février 2008 ce qui donne à la politique la force qui l’irrigue : un sens. S’il retrouve un jour les accents amples et généreux du refus absolu de l’injustice d’hier et d’aujourd’hui, pour renouer avec la générosité que son éducation familiale lui a léguée en héritage, il devra alors en savoir gré à l’impertinent qui a troublé l’ordonnancement de sa soirée.

    Ainsi, il se rappellera que pour défendre son honneur, il convient de défendre des positions plus nobles, en restant toujours du côté des victimes et non en justifiant a posteriori les menées de leurs agresseurs. La démarche, c’est sûr, serait plus utile et plus digne que de faire le coup de poing à Paris, dans une cour, par un soir d’hiver …

  • permalien alahnaf :
    27 juillet 2011 @20h49   « »

    Excellent article qui met en exergue l’imposture et la duplicité de la bourgeoisie tunisoise, laquelle n’a pas cessé de promouvoir les despotes et les dictateurs afin de dompter le peuple tunisien. Minimaliste rime bien avec benaliste. Dans l’une de ses envolées lyriques notre auteur n’a pas hésité à regretter la disparition prématurée d’un petit bourgeois tunisois, Mohamed charfi, ancien ministre de l’éducation de Ben Ali, lequel aurait pu jouer, selon lui, le rôle de vaclav havel ; et de conclure que la révolution tunisienne a désormais son Jan Pallach ( en pensant à Mohamed BOUAZIZI) mais pas son Vaclav havel. Quelle médiocrité pleutre ! De la révolution il n’a de fait que la radicalité du mépris : les Baldis, comme ils se plaisent à s’auto-désigner ( les urbains par opposition aux ruraux d’où s’est déclenchée la révolution) ont toujours eu mépris et dédain de la plèbe. Pusillanime, l’aristocratie tunisoise, dont est issu notre poète, s’était toujours accommodée des tyrans. Déjà en 1705, lors de la capture du dernier Dey mouradite par son homologue algérien, cette aristocratie avait fait appel à Hussein ben Ali, petit fonctionnaire s’occupant de l’impôt, pour combler la vacance de pouvoir. Ce petit percepteur d’impôt deviendra par la suite un grand despote et fondateur de l’Etat Husseinite qui survivra à la colonisation. Bourguiba héritera des institutions de cet Etat et jouira de la présidence à vie grâce toujours à la pusillanimité et la complicité de cette même aristocratie. Ils réitéreront leur geste avec Ben Ali en 1987 en applaudissant son étouffement des libertés et sa tyrannie. On comprend mieux l’opportunisme de ce monsieur qui n’hésite pas de glorifier, pèle mêle, la mission civilisatrice de la colonisation, le chaos créateur de l’empire américain en Afghanistan et en Irak, la stabilité politique des dictateurs et leur efficacité pour neutraliser les islamistes...etc...Et tout cela sous le label des lumières et du métissage culturel... Il faut reconnaître que sa proximité avec les islamophobes lui procure une situation confortable : ses livres sont édités, son émission à France-cul est assurée et son poste de professeur est préservé. l’alliance de classe entre bourgeois ignore les frontières et les cultures. Dernière remarque : Tarik Ramadan son alter ego relève de la même dynamique mais versus islamiste. Tous les deux jouissent des mêmes privilèges de classe. Ce n’est pas le cas des tunisiens et des égyptiens issus de milieu populaire. Les gueux doivent subir en silence !...

  • permalien Deïr Yassin :
    27 juillet 2011 @21h18   « »

    @ alahnaf
    Si vous parlez de Mohamed Charfi, l’ancien ministre de l’éducation nationale et un des historique de La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme,, je pense que vous lui faites un mauvais procès, et si mes souvenirs sont bons, il ne fut pas un ’petit bourgeois tunisois’ puisque né à Sfax, ville rivale, s’il y en a, de Tunis.

  • permalien roseausage :
    28 juillet 2011 @00h10   « »

    Il faut avouer que l’un des handicaps essentiels qui entravent les peuples arabes de profiter pleinement de la modernité sur tous les domaines , c’est l’absence de vrais intellectuels dévoués âme et corps à leurs patries. Mais il ne faut pas tout leur en vouloir car les régimes en place ,à travers leur appareils hégémoniques et coercitifs, ont étouffé tout pouvoir autre que celui qu’il possédait...De la carotte au bâton , du bâton à la carotte, il est arrivé le plus souvent à métamorphoser les intellectuels authentiques en pseudo-intellectuels , valets de chambres des dictateurs et des représentants de l’Occident colonial ,impérialiste et racistes, les chantres de l’européocentrisme...’ai connu Meddeb à travers son livre Talismano qu’on assayait à l"époque de comparer au LIVRE Du SANG du feu Khatibi...On s’efforçait de reconfigurer les jalon de cette double critique adressée à l’Occident et au Moi
    Je ne pourrais imaginer qu’un tel intellectuel est un fou de la france et de Renan ...C’est vraiment regrettable. A l’âge de 17 ans quand on a commencé à étudier la philosophie et la pensée islamique , notre professeur de l’époque avait attiré notre attention sur Renan et d’autres orientalistes qui dénigrent la Culture islamique sous prétexte que c’est une question de mentalité , ou de gêne , une certaine simplicité qui s’oppose à tout effort d’abstraction ou de complexification.... Puis à l’université on a étudié ses thèses dans la théorie de la critiques
    ...
    LES LUMIÈRES islamiques n’ont pas encore donné signe de vie. En se baladant à Tunis , il s’est fait des illusions. car finalement le problème est foncièrement politique. Bourgiba a déverrouillé pas mal de portes mais Ban Ali n’a fait que les verrouiller en la couvrant d’un papier reprenant les mêmes formes , reliefs et couleurs de la vraie porte. Il faut dire que quelqu’un comme Meddeb est un hypocrite professionnel car il soutenait le régime de Ben Ali avec préméditation . Car un tel cerveau ne pourrait pas se tromper. Son cas est aggravé par cette affection abusive à l’égard de son autre mère la France . Alors qu’on ne pourrait avoir qu’une seule mère.
    c’est l’exemple de nos fqihs qui vendent leur âme au diable en contre partie de richesse et de pouvoir occulte et manifeste.
    Le diable fait un pacte avec la maudit Fqih : uriner sur le coran
    et recevoir les pouvoirs secrets...Contrairement à notre fqih qui dirige la prière , apprend aux enfants la lecture et l’écriture , faire les ablutions funèbres assister aux baptêmes , ; aux mariages, donner les conseils , réconcilier.... c’est au moins ce que fait un fqih béni Dieu c’est aussi la Patrie. et nos patries ont besoin de nous tous. La France a une large mémoire irréductible...

  • permalien Rifal :
    28 juillet 2011 @00h18   « »

    Abdelawab Meddeb le summum de la plume opportuniste au service du plus offrant. Un énorme gâchis du produit de l’université parce que sans un brin de conscience. Plume sans conscience, n’est que ruine de l’âme.

  • permalien Fawzi :
    28 juillet 2011 @02h15   « »

    @Il faut avouer que l’un des handicaps essentiels qui entravent les peuples arabes de profiter pleinement de la modernité sur tous les domaines , c’est l’absence de vrais intellectuels dévoués âme et corps à leurs patries.
    il me semble que l’on sous-estime ceux que le lectorat occidental ignore, et des intellectuels dévoués à leur nation existent, mais l’on a offert des places et des titres à ceux qui se sont vendus , mendicité oblige...la liste serait longue à établir...Médiapart a durant les insurrections et révoltes arabes donné un aperçu de ceux que l’on ne lit pas et méconnus du grand public occidental...et j’ajoute sans vouloir défendre Meddeb qui m’insupporte , ses émissions ne sont pas inintéressantes et les invités sont souvent pertinents, il faudrait juste qu’il se taise un peu et laisser les vrais spécialistes s’entretenir avec les auditeurs et non entamer un monologue épuisant...merci

  • permalien bof :
    28 juillet 2011 @08h54   « »

    Pourquoi ne pas l’avoir écrit plus tôt ? Il n’est pas le seul intellectuel à ne rien dire. Ali Badou lui aussi officie sur France Culture et ne dit jamais rien sur la dictature marocaine. Moi je n’attends rien de tous ces polichinels. Ce n’est pas ces gens là qui font l’histoire au Magreb comme ailleurs.

  • permalien Hakiki Fawzi :
    28 juillet 2011 @09h39   « »

    Bonjour,

    on ne peut pas être fils de diplomate, rêver d’être le gendre de tonton, être issu de la haute bourgeoisie marocaine et souhaiter le " désordre"...ou du moins la vie meilleure pour tous dans le Makhzen de papa...les Badou, c’est doux et cool sur Canal et à France Culture. "Polir" est leur mot de prédilection...leur âme et leur corps...sur le dos des autres...grrrr

  • permalien Monia :
    28 juillet 2011 @12h21   « »

    Arrêtez de chercher des poux à tout ceux qui ont un point de vue différent. Il peut être critique envers l’Islam, admirer la France ou les siècles des lumières ou qui il veut, c’est son droit, son point de vue et ça ne fait pas de lui un collabo ou un criminel...
    Je ne pense pas que ce monsieur a été le seul (intelletuel ou simple citoyen) à ne pas s’ériger en révolutionnaire à l’époque de Ben Ali, rares sont ceux qui l’ont été. Alors arrêtez de faire des procès à tous le monde et acceptons nous dans nos différences.

  • permalien Laurent Szyster :
    28 juillet 2011 @13h14   « »

    Pour le bon docteur Gresh, "la maladie d’Abdelwahab Meddeb" est d’avoir préféré le despotisme éclairé à la tyrannie obscurantiste ou au caïdat nationaliste.

    Il se trouve que l’histoire lui donne amplement raison, car malgré les dérives autoritaires de Bourguiba et la corruption de Ben Ali, finalement la société tunisienne s’éveille à la démocratie libérale.

    Ce n’est pas un hasard si le printemps arabe a commencé en Tunisie, pays à la pointe de la laïcité et de l’émancipation féminine dans le Monde Arabe.

    Et ce n’est pas par un malheureux concours de circonstance que la révolution islamique en Iran et le pseudo-socialisme syrien se terminent tout deux en cul-de-sac totalitaire.

    M. Gresh, qui a largement pêché par complaisance vis à vis du régime Syrien et trouve aux islamistes toutes sortes d’excuses, ne se gêne pourtant pas pour jetter la première pierre Abdelwahab Meddeb.

    Car le philosophe a ce très grand tort d’avoir eu raison.

  • permalien Gilgamesch :
    28 juillet 2011 @14h54   « »

    @Laurent
    pourriez-vous développer cette phrase "l’histoire lui donne amplement raison "...je ne comprends pas à quoi vous faites allusion, quelle histoire ?...

  • permalien Juba :
    28 juillet 2011 @15h19   « »

    roseaurouge,
    Croire que Bourguiba a déverouillé la situation et que Ben ali l’a verouillé est un non sens. Bourguiba a le premier joué au dictateur avant de passer le flambeau à l’apprenti qui a rajouté son grain de sel. Les 1ers Présidents de nos independances sont à blamer car ils n’ont rien fait pour la democratie et ce qui nous arrive aujourd’hui est le resultat de leur gestion. Mr SFEIR, dans une emission à la télé FR à la question posée "Ces peuples ont toujours vécu sous la dictature et aujourd’hui ils la combattent pourquoi ? la réponse était "La différence entre les 1ers et ceux d’aujourd’hui c’est que ceux d’hier ne considéraient pas ces pays comme leurs propriétés privées et n’avaient jamais envisagé de transmettre le pouvoir à leurs enfants" Le monde Musulman a besoin d’un Mandela et sa sagesse et des intellectuels qui bravent les interdits et qui disent la vérité et ce quelque soient les risques encourus et surtout ne mangeant pas des mains de ceux contre lesquels, ils se battent.Ces peuples sont entrain d’accomplir ce que les révolutions contre les colonialismes n’ont pas réussi à concrétiser par la faute de ceux qui les ont confisquées à leur profit et pour leur prestige.

  • permalien Deïr Yassin :
    28 juillet 2011 @16h32   « »

    @ Juba

    A votre place je trouve d’autres références qu’Antoine Sfeir. Au sujet de la Tunisie - comme sur beaucoup d’autres sujets d’ailleurs - il s’est totalement discrédité.

    La phrase que vous citez parait très juste, mais nous savons aussi que Sfeir, hypocrite de première catégorie, a chanté les louanges du régime de Ben Ali jusqu’à peu de jours avant son départ forcé (celui de Ben Ali, hélas, on n’a pas réussit à faire partir Sfeir en même temps).

    Mr Gresh lui a consacre un article le mois d’octobre 2009 que vous trouvez dans les archives : "Antoine Sfeir, propagandiste intéressé du régime tunisien"

    On avait largement parlé de son cas et son revirement pro-révolutionnaire ici sur les fils suivant la révolution tunisienne. Si vous tapez son nom dans la recherche, vous y trouverez des commentaires lui concernant.

  • permalien Laurent Szyster :
    28 juillet 2011 @16h50   « »

    @Deïr Yassin,

    Antoine Sfeir se serait discrédité pour avoir apporté au régime tunisien précédent un soutient critique ? Et, circonstance aggravante, il l’aurait fait par intérêt !

    Alain Gresh lui apportait encore récemment un soutient qu’on suppose désintéressé à Bachar al-Assad, et il n’a changé d’avis depuis puisqu’il évite soigneusement d’évoquer l’insurrection en Syrie sauf quand il peut établir un parallèle avec le Bahrein.

    Faire le mal par bêtise, je suis d’accords avec Baudelaire, il n’y a rien de pire. J’espère donc pour M. Gresh que ses articles lénifiants et son interview complaisante du tyran syrien lui ont rapportés quelque chose de sonnant et trébuchant.

  • permalien Gilgamesch :
    28 juillet 2011 @18h44   « »

    Baudelaire à toutes les sauces, quelle goujaterie !...beurk

  • permalien L’anonyme de 22h20 :
    28 juillet 2011 @22h56   « »

    Deir Yacine & Juba

    Il ’ y a pas mieux qu’ un Libanais pour parler d’ un autre Libanais...

    http://www.renenaba.com/thuriferair...

  • permalien L’anonyme de 22h20 :
    28 juillet 2011 @22h59   « »

    Pardon Deir Yassin, j’ ai écorché votre pseudo même si je trouve que sans ss c’est encore mieux...

  • permalien Yann :
    29 juillet 2011 @14h13   « »
    Le rêve bahreïni

    Yasmina Khadra, lui, sait.

    Ce qui se passe à Bahreïn depuis des mois est, selon l’écrivain, le fait d’inconscients.

    Quelle chance de vivre au Bahreïn et d’avoir un roi si bon !

    http://www.algerie360.com/non-class...

  • permalien ZoZo :
    29 juillet 2011 @14h27   « »

    « Ce n’est pas un hasard si le printemps arabe a commencé en Tunisie, ... »

    Oui en effet, ce n’est pas un hasard si la Tunisie est entrée en ébullition : c’est bien à cause de Ben Ali et de son système corrompu que les Tunisiens sont descendus dans la rue . La maladie de Meddeb (et de beaucoup en Occident) est de trouver des excuses aux pires despotes sous prétexte qu’ils luttent contre le « péril vert ».

    Voir en ben Ali un « despote éclairé », c’est cracher à la figure de ceux qui ont vécu sous ses bottes des années durant ...

  • permalien Sakhra :
    29 juillet 2011 @15h37   « »

    @ Yann,

    Yasmina Khadra, un autre "intellectuel" faussaire ? La plaie de nos pays...

    Comment cet homme qui a le don d’une formidable intuition du réel peut-il être aussi naïf ? Qui espère-t-il convaincre à propos de ce prix, sauf lui-même ? La défense de la Monarchie que Khadra a longuement développée dans le journal « Liberté », est scandaleuse, immorale et d’un simplissime qui étonne. La quête d’un nouveau marché ne justifie pas que l’on marche sur des cadavres, même pour les quelques heures d’un repas avec les Al Khalifa. Pourquoi cet écrivain immense qui a le monde, se vend-il pour sauver la monarchie d’une île ? On ne sait pas. Restera seulement une évidence : les personnages de Khadra ont ce formidable souci de la vérité et de la responsabilité des actes que lui n’a pas souvent. Et qu’on n’aille pas voir dans ce cri une preuve des jalousies horizontales des Algériens et des Oranais. C’est un cri du coeur et une colère. C’est une indignation.

    http://www.algerie-focus.com/2011/0...

    Et Kamel Daoud est trop indulgent, à mon avis...

  • permalien Lm Elbé :
    29 juillet 2011 @16h50   « »

    Ce qui est intéressant c’est le ton trè savant, mélancolique, revenu de tout et esthétisant de Meddeb. Et comment sa préciosité mélancolique se conjugue de façon à la fois voilée et pensée avec des positions qui ne répondent pas à la nouvelle donne politique et sociale des pays arabes.

  • permalien Gilgamesch :
    30 juillet 2011 @11h20   « »

    bonjour
    la meilleure réplique, la pire de toutes, la plus exquise et sandaleuse, la plus vile et raffinée, la plus imbécile et tendre (de conneries) c’est Rachid Boudjedra qui déclare dans son exil doré avec Rushdie..." je veux bien la révolution mais pas comme ça.""" ya des fois qu’on veut leur botter les fesses à ces écrivaillons pour des lectorats du Club Med

  • permalien Mustapha STAMBOULI :
    30 juillet 2011 @18h21   « »

    Ce Meddeb, d’une prétention sans limite, ne représente que lui-même dans ses élucubrations non fondées sur une appréciation du réel tunisien. N’empêche qu’il est talentueux, ce qui aggrave sa complicité avec le régime mafieux benaliste. Un Voltaire, un Zola, un Sartre ont-ils jamais opté pour le silence ou la collaboration ?

  • permalien Karim B., Montréal :
    30 juillet 2011 @21h03   « »

    @ Hssissou

    Merci pour votre compte-rendu du lavage que Todorov a servi à Meddeb.

    J’ai grandement apprécié !

    Tout le monde aura remarqué la finesse de la dialectique de notre réactionnaire préféré Szyster :

    Ben Ali avait raison et c’est pour ça que les Tunisiens se sont soulevés contre lui.

    Du sophisme a son meilleur.

  • permalien Karim B., Montréal :
    30 juillet 2011 @21h06   « »

    @ Sakhra : avez-vous écrit que Y. Khadra a fait l’apologie de la monarchie de Bahrain ?

    Je suis attérré !

    Non, sans blagues, je croyais que cet écrivain était quelqu’un de respectable...

    quelle déception...

  • permalien Mehdi78 :
    1er août 2011 @15h08   « »

    Je suis surtout ébahi par le niveau de médiocrité du discours de Meddeb dans ce débat avec Tariq Ramadan... Je ne savais pas pour Y Khadra, c’est triste !

  • permalien ZoZo :
    1er août 2011 @16h07   « »

    A dire vrai, à chaque fois que l’on évoquait le régime de Ben Ali, Meddeb se montrait gêné aux entournures :

    - il y a eu ce débat dans l’émission Ripostes (France 5) où Olivier Roy interpella Meddeb au sujet de la Tunisie de Ben A1i : Meddeb ne savait pas quoi répondre ! Heureusement pour lui un certain Philippe Val vint à la rescousse en envoyant un opportun « ce n’est pas le sujet » ...

    - il y eut également ce débat mémorable qui l’opposa à Tariq Ramadan où il a dévoilé toute son hypocrisie ainsi que son indigence intellectuelle. A la question de savoir s’il condmnait les exactions de Ben Ali, Meddeb se fit penaud et lança un timide « je ne condamne rien du tout ! »

    Après ce débat, même les pires détracteurs de Ramadan durent reconnaître que Meddeb avait été médiocre !

  • permalien
    21 août 2011 @12h18   « »
    Arabe, tu resteras...

    Arabe de nom et de moustache,il le restera, "mtouren" ou pas. La France n’est pas le Nouveau Monde, un Arabe est un voleur, un Africain est un babouin. Mamadou peut se dire membre de l’UMP, mais pour les blancs de son parti, il ne porte tout simplement pas les couleurs de la France. L’histoire ressurgit toujours.
    Meddeb ne sera jamais Rushdie...

  • permalien pari :
    28 août 2011 @15h46   « »

    Tant si cela est vrai le silence de Mr. Meddeb concernant la dictature est en effet regrettable ...et scandaleux, tant ses prises de position sur l’islam contemporain, sa "wahhabisation" à tous les niveaux pour résumer est intéressante à mes yeux. Même s’il est vrai que son discours est "savant, mélancolique, revenu de tout et esthétisant". Mais peut-être faudrait-il rajouter que personne n’est parfait et que les intellectuels n’en restent pas moins des humains.

    On oublie aussi dans ce débat très complexe que différentes sensibilités d’analyse sont possibles, et de ce point de vue il est possible de Meddeb soit "occidentalisé" comme il l’affirme lui-même, mais de l’autre côté il est indéniable que le visage dominant de l’islam depuis 20-30 ans est un visage qui le déforme et le caricature bien trop souvent, comme une idéologie totalitaire qui veut faire taire toute son histoire et ses visages riches et variés. Sur ce point là, comme par exemple sa non solidarité avec les vues de Tariq Ramadan (personnage brillant au demeurant), tout comme sa critique sur les manifestations "tapageuses" de ce nouvel islam "wahhabisé" à différents degrés, est éminemment précieuse.

  • permalien pari :
    28 août 2011 @20h11   « »

    En même temps je viens de regarder le débat Meddeb/Ramadan sur DailyMotion et il est évident dès les premières minutes que Tarig Ramadan est de loin le plus intellingent et surtout le plus cohérent et intègre dans ses propos. Meddeb y fait plutôt figure dès le départ du cliché type de l’ "intellectuel" arrogant et sûr de tout et qui surtout sait particulièrement bien faire les raccourcis qui l’arrangent ...N’empêche que j’écoute toujours ses émissions sur France Culture avec grand plaisir ...encore un qui vraisemblablement aurait dû se cantonner à son rôle et ne pas faire l’important avec ses livres et propos agressifs. En cela on ne peut que saluer Ali Badou qui n’a pas l’outrecuidance d’un Meddeb.

  • permalien Larry :
    25 janvier 2012 @15h45   « »
    YVES AUBIN DE LA MESSUZIÈRE : UN DIPLOMATE CHEZ LES BEN ALI

    Ambassadeur à Tunis entre 2002 et 2005, Yves Aubin de la Messuzière a écrit un livre sur ses années Ben Ali. De passage à Marseille, News of Marseille, un journal web Marseillais en a profité pour le rencontrer et discuter de la Tunisie au passé, au présent et au futur. Voici le lien de l’ITW :

    http://www.newsofmarseille.com/un-diplomate-chez-les-ben-ali/

    Libre à vous de le relayer sur votre blog !

  • permalien Mamaï :
    6 juillet 2012 @21h08   « »

    Nous avons tous nos lâchetés, nos petitesses et nos incohérences, alors dénoncer, sur un ton réprobateur et moralisant, la complaisance et les faiblesses des positions politiques d’un écrivain ça peut flatter une conscience, ça peut encenser un sens moral, mais ça reste, somme toute, un exercice plutôt stérile.
    D’ailleurs, vu l’indulgence coupable et le silence pathétique des "démocrates", qui au nom d’un anticolonialisme périmé et d’un relativisme sinistre, font preuve d’une léthargie et surtout d’une faillite intellectuelle pitoyable, face à la montée d’un islamisme -des plus misérables- avide de pouvoir et clairement liberticide, la vigueur de l’anti-islamisme plutôt érudit de Meddeb, fût-il bancal et tâtonnant (mais, à mon avis, jamais de mauvaise fois - à l’instar d’une Fourest et tant d’autres) est rafraîchissante.
    J’ajoute enfin que je le trouve assez insupportable dans les débats et je trouve, aussi, certaines de ces déclarations assez minables, mais je préférerais toujours ceux qui se mouillent à ceux qui restent drapés dans la grandiloquence de leurs droiture morale qui, parfois, prend des allures d’indécence.

    Un très fidèle lecteur du Monde Diplomatique.

  • permalien nosikha :
    23 juillet 2012 @13h45   « »

    J’ ai entendu Abdelwahab Meddeb face à un homme qui commençait à lui faire un cours de théologie( toujours étonné de l’impudeur de cette sorte de gens...), a préféré ne pas répondre.Je pense qu ’il n’ a pas envie de perdre son temps avec les obsessions pseudo-religieuses crypto-nationalistes . Comme poète, la position de Meddeb oblige à une réflexion et une sincérité. La ruse et la suggestion est du coté des tariq ramadan . Il rappelle très souvent que la civilisation arabo-musulmane a été à un moment donné la civilisation la plus avancée, la plus raffinée. Il est vraisemblablement peiné de voir dans quel piétinement se trouve les pays arabes.Je crois que d’après lui ce piétinement s’explique par une le refus du réel (de la réalité et de ces possibilités donc du désir généré ). Rejet en apparence (car ambivalent)de l’Occident au profit d’un identité fantasmé d’autant plus revendicative qu ’elle est en réalité une coquille vide .Il prend très souvent l’exemple du Japon qui à réussit à refaçonner son identité après sa rencontre avec l’occident. Elle a réussie à perpétuer son artisanat traditionnel et enclencher sa modernisation . C’est avec une ouverture d’esprit qui est signe de confiance en soi qu’elle s’est inspiré de la culture occidentale. De la même façon l’Égypte avait semblé opérer ce travail de remédiation - voir Taha Hussein le plus grand écrivain de langue arabe féru de culture européenne- avant un terrible retour en arrière, comme un refus de voir autour,un repli autiste. Le paradoxe de ce repli sur soin est qu ’en réalité l’occident devient au final une obsession . D’où cette forme de surenchère dans l’affirmation d’un moi en réalité décousu, schizophrène et au final ce piétinement dans un présent en réalité méprisé, cet abrutissement dans une forme de bigoterie.

  • permalien Fabien C. :
    21 septembre 2012 @12h19   « »

    Il aurait mieux valu qu’il élève la VOIX en non la VOIE. Ce genre de faute est difficilement admissible dans un journal qui se veut sérieux...

  • permalien Sarah :
    21 septembre 2012 @12h24   « »

    Tiens Meddeb demande la démission du gouvernement tunisien démocratiquement élu,lui qui n’a jamais dénoncé la dictature de Ben Ali !

    Ah Sacré Meddeb !

    On ne change pas comme ça,du jour au lendemain,malgré les efforts des médias français de le présenter comme "un soutien à la Révolution et à la démocratie" !

  • permalien WICEM SOUISSI :
    21 octobre 2012 @13h54   « »
  • permalien Ali ALGERIE :
    18 janvier 2013 @13h09   « »

    Ou comment détruire les intellectuels arabes et musulmans les plus modernes, les plus honnêtes, les plus intéressants. Meddeb est un grand écrivain, n’en déplaise aux illustres inconnus de ce blog de médisance. L’impérialisme occidental a pris position pour les "islamistes" cette secte sortie des officines des services de renseignement anglo-américains avec la bénédiction de l’Arabie saoudite et qui sont les bénéficiaires des "fausses révolutions arabes". Je ne pense pas qu’un Français mette la Révolution française sur le même niveau que ces choses manigancées par la CIA et le QATAR et qui s’affublent du nom fallacieux de révolutions ! Il n’y a qu’à voir le double langage occidental : il "lutte" contre le terrorisme en Europe et aux USA et le finance, arme, forme et soutient en Libye puis en Syrie. Le Mali ? Un nouvel Afghanistan juteux pour les entreprises occidentale d’armements... Ce qui se dit ici est dans cette logique d’aide et de soutien aux régimes les plus pourris, pas aux révolutions, car une révolution n’est pas un recul dans l’islamisme idiot de Morsi et Ghannouchi qui sont sortis des gans du magicien de la CIA. Des centaines de sites et de journaux le disent, mais vous les traitez de "conspirationnistes"...

  • permalien ahzaza :
    6 novembre @10h37   « »

    maintenant que le grand Abdelwahab Meddeb est mort, et que je lis ce que
    vous aviez ose en dire (dans les premiers resultats de recherche sur Google), je mesure mieux quelle est la maladie du "Monde Diplomatique"...

  • permalien Pertinax :
    6 novembre @13h15   «

    Tombant sur votre article en cherchant des renseignements sur AM dont j’apprécie beaucoup les émissions (en particulier une des dernières sur le salafisme), je constate que la rhétorique des permanents du "Diplo", fonctionnant par amalgames et anathèmes, tourne en rond. Dire que j’y ai été abonné pendant une dizaine d’années.
    Vous l’accusez de poursuivre une illusion, "l’islam des Lumières"... mais copiner avec les Frères musulmans, n’est-ce pas aussi s’illusionner ?

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