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Marx et les marges du monde

lundi 8 août 2011, par Alain Gresh

Le but de ce blog et de mon compte Twitter est d’essayer faire passer une autre information sur l’Orient. Il ne s’agit pas seulement de tenter de donner des nouvelles différentes, ni d’analyser ce qui s’y passe, mais aussi de changer la grille de lecture à travers laquelle nous regardons l’Orient. Il faut arriver à se défaire de cette vision eurocentriste et occidentalo-centriste qui caractérise souvent les médias et les intellectuels, y compris de gauche.

C’est pour cette raison que j’évoque ici ce livre qui pourrait apparaître bien loin des sujets habituels, celui de Kevin B. Anderson, Marx at the Margins. On Nationalism, Ethnicity, and Non-Western Societies (The University of Chicago, 2010).

L’auteur, professeur de sociologie et de science politique à l’université de Californie-Santa Barbara, explore le cheminement de la pensée de Karl Marx, en s’appuyant sur des textes souvent méconnus (une partie importantes de l’œuvre de Marx reste non publiée). Il explore la pensée de Marx sur la Chine et l’Inde, sur la Russie, sur la guerre civile aux Etats-Unis (et les questions de race et de classe), sur l’Irlande (rapport entre nationalisme et classe), sur ces « marges du monde », loin du centre capitaliste. Captivant et stimulant.

Au point de départ, le Manifeste communiste publié en 1848 qui affirme : « Par le rapide perfectionnement des instruments de production et l’amélioration infinie des moyens de communication, la bourgeoisie entraîne dans le courant de la civilisation jusqu’aux nations les plus barbares. Le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui bat en brèche toutes les murailles de Chine et contraint à la capitulation les barbares les plus opiniâtrement hostiles aux étrangers. Sous peine de mort, elle force toutes les nations à adopter le mode bourgeois de production ; elle les force à introduire chez elles la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises. En un mot, elle se façonne un monde à son image. » Malgré les réserves exprimées par le terme « prétendue », le ton est donné : le capitalisme apporte des bouleversements qui sont un progrès et l’Europe montre la voie à toutes les nations du monde.

Quand, en juin 1853, Marx examine la politique britannique en Inde, il suggère que toutes les sociétés, y compris l’Inde, sont destinées à suivre la même voie que l’Europe, celle du développement capitaliste. A ce point de son travail, il s’agit même d’un « grand récit » (marqué par la pensée de Hegel). Marx célèbre les effets positifs de la civilisation supérieure britannique sur la civilisation inférieure indienne  [1].

Ce n’est qu’à partir de 1856 et de la deuxième guerre de l’opium que Marx commence à écrire plus systématiquement sur la Chine. Alors qu’il a justifié en partie la première guerre de l’opium (1842-1843), en dépit de son prétexte « infâme », car elle entraînait l’ouverture de ce pays au commerce, il condamne beaucoup plus clairement la seconde. Marx reconnaît de plus en plus le caractère destructeur du développement capitaliste et conteste son caractère progressiste.

Sur les mouvements nationaux en Pologne et en Irlande. Marx pensait dans les années 1847-1848 que la libération de la Pologne serait le résultat de la révolution prolétarienne, alors que dans les années 1860, il pensait à l’inverse que la libération de la Pologne serait la condition du développement du mouvement ouvrier, notamment en Allemagne. Il adoptera le même point de vue sur l’Irlande. Dans une lettre à Engels du 10 décembre 1869, il écrit : « Longtemps j’ai cru que la chute du régime en Irlande [rappelons que ce pays faisait partie alors du Royaume-Uni] par l’ascension de la classe ouvrière anglaise. (...) Des études plus approfondies m’ont amené au point de vue contraire. La classe ouvrière anglaise ne pourra rien accomplir avant de s’être débarrassée de l’Irlande. Le levier doit s’appliquer en Irlande. C’est pour cela que la question irlandaise est si importante pour le mouvement social [2]. »

C’est que Marx a compris à quel point l’oppression d’une nation par une autre peut affecter la classe ouvrière du pays dominant. Et d’expliquer que « l’ouvrier ordinaire anglais hait l’ouvrier irlandais qu’il voit comme un concurrent qui pèse sur son niveau de vie (en faisant baisser les salaires). Il se sent supérieur à l’Irlandais car il appartient à la nation dominante et devient ainsi un instrument des aristocrates et des capitalistes anglais contre l’Irlande, renforçant ainsi leur pouvoir sur lui-même. (...) Cet antagonisme est le secret de l’impuissance des ouvriers anglais malgré leur organisation. Il est le secret du maintien de la domination capitaliste [3]. »

Durant la guerre civile aux Etats-Unis (1861-1864), Marx s’engagea en tant que journaliste et en tant que dirigeant de la Ière Internationale (créée en 1864). Il saluera l’œuvre de Lincoln, même s’il critiqua à plusieurs reprises son refus de s’engager dans une guerre révolutionnaire en intégrant des Noirs dans l’armée ou en appelant les esclaves à se révolter. Dans une adresse au peuple américain de 1865, l’Internationale met en garde : « Faites que tous les citoyens soient déclarés égaux en droit et libres, sans aucune restriction. Si vous échouez à leur donner leurs droits alors que vous leur demandez de respecter leurs devoirs, il restera une lutte pour l’avenir qui peut de nouveau faire verser le sang de votre peuple [4]. » La libération des Noirs deviendra une condition de l’émancipation des travailleurs.

Dans ses cahiers pour préparer Le Capital et dans ce dernier ouvrage (le livre I), il affirme de plus en plus que son travail concerne l’Europe et que l’Inde, la Chine ou même la Russie doivent être étudiées de manière spécifique, car leur histoire ne rentre pas dans le cadre des « stades successifs » de développement : sociétés primitives, esclavagisme, féodalisme, capitalisme. Il introduit le mode de production asiatique et revient de manière positive sur les formes de propriété communale qui se sont maintenues dans ce pays (mais aussi en Russie).

Durant la dernière décennie de sa vie, le travail de Marx fut considérable mais, pour l’essentiel, non publié. L’auteur se penche sur son analyse des sociétés iroquoise et grecque ancienne, sur l’Inde, l’Indonésie, l’Algérie, l’Amérique latine, et surtout la Russie. Dans une lettre publiée après la traduction en russe du Capital, Marx note que la fatalité du développement du capitalisme tel qu’il la décrit est « restreinte aux pays de l’Europe occidentale ».

En conclusion de son ouvrage, Anderson écrit : « En résumé, j’ai montré dans cette étude que Marx avait développé une théorie dialectique du changement social qui n’était ni unilinéaire (succession de modes de production), ni fondée uniquement sur les classes. Au fur et à mesure que sa théorie du développement social évoluait dans une direction multilinéaire, sa théorie de la révolution se concentrait de manière croissante sur l’intersection entre classe, ethnicité, race et nationalisme. Certainement, Marx n’était pas un philosophe de la différence au sens post-moderne du terme, car la critique d’une entité supérieure, le capital, était au centre de son entreprise intellectuelle. Mais cette centralité ne signifiait pas l’exclusivité. La théorie sociale du Marx de la maturité tournait autour du concept de “totalité” qui n’offrait pas seulement l’avantage de laisser une grande place aux particularités et aux différences, mais aussi, dans certains cas, faisait de ces particularités – race, ethnie, ou nationalité – des éléments déterminants de la totalité [5]. »

Toutes ces réflexions sont importantes pour comprendre le monde d’aujourd’hui et l’articulation entre les problèmes de « classe », de « nation », de « race » et aussi de « genre ». Contre l’idée qu’il suffit de résoudre la question sociale pour résoudre les autres « problèmes », Marx a ouvert la voie à une réflexion bien plus fructueuse et à une articulation des divers niveaux de luttes.

Notes

[1] « First, Marx suggest that all societies, including India, are destined to tread the same pathway as was the West, that of capitalist development. It is virtually a grand narrative at this point in Marx’s work » (influence de Hegel) ; « Second, he repeatedly extolls the beneficial effects of Brittain’s “higher” civilization on India’s “lower” one. » (p. 20)

[2] « For a long time, I believed it would be possible to overthrow the Irish regime by English working class ascendancy. I always took this viewpoint in the New York Tribune. Deeper study has now convinced me of the opposite. The English working class will never accomplish anything before it has got rid of Ireland. The lever must be applied in Ireland. This is why the Irish question is so important for the social movement in general. » (p. 144)

[3] « All industrial and commercial centers in England now have a working class split into two hostile camps, English proletarians and Irish proletarians. The ordinary English worker hates the Irish worker as a competitor who forces down the standard of life. In relation to the Irish worker, he feels himself to be a member of the dominant nation and, therefore, make himself a tool of his aristocrats and capitalists against Ireland, thus strengthening their domination over himself. (…) This antagonism is the secret of the powerlessness of the English working class, despite its organization. It is the secret of the capitalist class’s maintenance of its power. And the latter is fully conscious of this. » (pp. 149-150)

[4] « Let your citizens of to-day be declared free and equal, without reserve. If you fail to give them their citizen’s rights, while you demande citizen’s duties, there will yet remain a struggle for the future which may again stain your country with your people’s blood. » (p. 113)

[5] « In sum, I have argued in this study that Marx developed a dialectical theory of social change that was neither unilinear nor exclusively class-based. Just as his theory of social development evolved in a more multilinear direction, so his theory of revolution began over time to concentrate increasingly on the intersectionality of class with ethnicity, race, and nationalism. To be sure, Marx was not a philosopher of difference in the postmodernist sense, for the critique of a single overarching entity, capital, was at the center of his entire intellectual enterprise. But centrality did not mean univocality or exclusivity. Marx’s mature social theory revolved around a concept of totality that not only offered considerable scope for particularity and difference but also on occasion made those particulars – race, ethnicity, or nationality – determinants for the totality. Such was the case when he held that an Irish national revolution might be the “lever” that would help to overthrow capitalism in Britain, or when he wrote that a revolution rooted in Russia’s rural communes might serve at the starting point for a Europe-wide communist development. » (p. 244)

46 commentaires sur « Marx et les marges du monde »

  • permalien Jordi GRAU :
    8 août 2011 @12h30   »

    Merci pour cet article, qui apporte un éclairage très intéressant aux problèmes sociaux actuels.

    Une des grandes forces des conservateurs, c’est que la gauche actuelle est divisée en deux courants :
    - un courant "social-démocrate" (mais qu’il faudrait plutôt appeler social-libéral, pour ne pas dire social-traître), qui a délaissé la question sociale au profit de questions sociétales (racisme, inégalités des sexes, etc.)
    - un courant socialiste (d’aucuns diraient "archaïque") qui considère la lutte contre les inégalités économiques comme centrale.

    Indubitablement, le Monde diplomatique se rattache à ce dernier courant, et il a sans doute raison de le faire. Malheureusement, il a pafois tendance à négliger les questions sociétales, sous prétexte qu’elle détourne l’attention des vrais problèmes. J’ai même lu dans un ou deux articles que la vraie gauche a tout intérêt à ne plus se focaliser sur des problèmes de racisme, de sexisme ou d’homophobie, car il existe déjà une droite bien-pensante qui s’en occupe. A mon sens, il s’agit d’une analyse fausse. La droite (et plus généralement les conservateurs, même s’ils sont étiquetés à gauche) font semblant de lutter contre le racisme ou le sexisme. Par exemple, ils vont attribuer un ministère à des femmes ou/et à des personnes "issues de la diversité". Mais aucune mesure sérieuse ne va être prise pour combattre sérieusement le racisme, le sexisme et d’autres formes de discrimination.

    Il y a à cela deux raisons. La première, c’est que lutter sérieusement contre les discriminations racistes, ethniques ou sexistes impliquerait de lutter sérieusment contre le chômage et la précarité, puisque ce sont les femmes et les minorités ethniques ou "raciales" qui en sont les premières victimes. La deuxième raison, c’est que le système économique repose sur une division des exploités. Les conservateurs ont donc tout intérêt à laisser le racisme et le sexisme se développer. C’est ce que Marx avait bien vu, à propos de la division entre ouvriers anglais et ouvriers irlandais.

  • permalien Gracchus :
    8 août 2011 @13h11   « »

    @ Jordi GRAU = Votre réflexion ne manque pas d’intérêt, mais je me demande pourquoi inclure dans "la gauche" le courant "social-libéral", qui n’est qu’un courant de la droite affublé d’un faux nez.

    Si on admet cette évidence que le courant "social-libéral" n’appartient pas à la gauche, celle-ci apparaît d’un seul coup peut-être dans un périmètre plus réduit, mais exempte de la division dont vous faites la base de votre développement.

    Par ailleurs, il me m’appartient pas de m’exprimer au nom du "Monde Diplomatique" mais il ne m’apparaît pas qu’il y ait en son sein et dans son contenu éditorial l’homogénéité que vous lui imputez pour le rattachez en bloc à un "courant socialiste" ou "archaïque". Le seul fait que vous tiriez argument ce ce que vous avez lu "dans un ou deux articles" en témoigne d’ailleurs.

  • permalien Nobo :
    8 août 2011 @14h14   « »

    Et on ne peut pas dire que les disciples de Marx lui ait fait honneur, entre dogmatisme et ethnocentisme cognitif :

    http://bougnoulosophe.blogspot.com/2007/12/de-lambiguit-de-la-gaucheeuropnne-et-du.html

  • permalien Jordi GRAU :
    8 août 2011 @14h23   « »

    A Gracchus

    Il est peu de mots aussi ambigus et galvaudés que le mot de "gauche". Ce que j’entends par "gauche", c’est un courant politique (au sens le plus large du terme) qui milite pour une société plus égalitaire. Mais comme il existe plusieurs types d’inégalités, il y a plusieurs manières d’être à gauche. Pour moi, la seule manière cohérente d’être de gauche, consiste à combattre toutes les inégalités, qu’elles soient économiques, politiques, sociales, qu’elles reposent sur une idéologie libérale, sexiste, raciste, etc.

    Mais la cohérence, hélas ! est chose rare, et je crois qu’il peut y avoir des gens sincères qui vont choisir la lutte contre le sexisme ou le racisme au détriment d’une lutte contre les inégalités économiques - ou vice-versa. Il peut donc y avoir des gens qui s’accommodent assez bien des inégalités économiques mais qui vont sincèrement s’engager pour la cause palestinienne, la cause des femmes, la cause des homosexuels, etc. En un certain sens, ces gens sont de gauche, même si une part d’eux-mêmes penche à droite. Inversement, quelqu’un qui lutte pour la réduction des inégalités économiques tout en dénigrant systématiquement les combats des féministes est en partie un homme de droite - même si, sous certains aspects, il est évidemment de gauche.

    Quant au Monde diplomatique, je pense que sa tendance générale est socialiste au sens le plus large du terme : pas nécessairement anti-capitaliste (quoique ce point reste à vérifier), mais en tout cas favorable une socialisation au moins partielles des richesses et des moyens de production. Je ne veux pas dire par là que les rédacteurs du Diplo soient des nostalgiques de l’URSS ou des admirateurs inconditionnels du régime de Fidel Castro. Je ne dis pas non plus que cette tendance idéologique soit archaïque (terme utilisé généralement par les nostalgiques du capitalisme du 19ème siècle). Disons simplement que les articles du Monde diplomatique sont généralement très critiques vis-à-vis de la droite et de la gauche libérale (ou pseudo-gauche, si vous voulez).

    Par ailleurs, je ne prétends pas que la ligne du Monde diplomatique soit homogène. J’ai dit simplement qu’il est arrivé que certains articles (d’ailleurs peu nombreux à ma connaissance) opposent de façon schématique la question sociale aux questions sociétales (qui ne seraient pas de vrais problèmes de gauche).

  • permalien jgn :
    8 août 2011 @16h29   « »

    Merci M. Gresh pour cet article sur la pensée de Marx. Il nous rafraîchit la mémoire et permettra, peut-être, de reconsidérer certaines questions sous un angle nouveau.

    J’ai particulièrement apprécié que vous rappeliez à la fois que la planétarisation du capitalisme est une tendance intrinsèque à celui-ci et la condition sine qua non de son maintien. Sa logique du "Marche ou crève" s’applique à son propre développement avant que d’être le modèle même de cette société hyper-militarisée, dont tous les petits cadres affairés semblent être les soldats consentants (à grande échelle, bien évidemment). Cela mérite d’être rappelé quand on évoque la dite "mondialisation" et ... (hum !) "démondialisation" ( ce qui, du point de vue marxien, reste à mon sens, une absurdité).

    J’ai apprécié aussi que vous rappeliez combien "l’oppression d’une nation par une autre peut affecter la classe ouvrière du pays dominant." On peut y voir, en effet, l’une des raisons de l’assoupissement du prolétariat des empires coloniaux et l’une des raisons du racisme aujourd’hui.

    Enfin, et j’en terminerai, il était important de montrer que chacun peut puiser dans la lecture de Marx comme en une auberge espagnole.
    C’est le sens, notamment, des deux commentaires de Jordi Grau, très intéressants, mais avec lesquels je ne peux me trouver en accord.

    Selon moi, en effet, Marx n’a jamais été que du point de vue de la totalité, lequel, non seulement n’est pas - contrairement à ce que l’on dit souvent - un point de vue "économique", mais matérialiste, ce qui est sensiblement différent mais qui, en outre, n’autorise guère les questions dites "sociétales" à s’autonomiser, à prétendre exister par et pour elles-mêmes.

    C’est de ce point de vue matérialiste de la totalité que Marx s’est intéressé aux conditions de production de la vie des hommes pour en déduire les axes possibles de son bouleversement, seule réelle question qui intéressa Marx ... et partant, nous aussi, 1 siècle et demi plus tard.

  • permalien triangle rouge :
    8 août 2011 @16h34   « »

    le débat autour de la création d une cinquième internationale se pose,avec le défi de savoir quels pays cette organisation devra appuyer-cuba est cité en modèle par le prcf,alors que ce pays socialiste se libéralise et va adopter le "modèle chinois-.

  • permalien Philippulus :
    8 août 2011 @17h56   « »
    Bien sûr

    Il est utile de rappeler que la pensée de Marx (et d’Engels) fut en constante évolution. Malheureusement l’immense majorité des "marxistes" s’empressèrent d’embaumer une pensée vivante, évolutive, dont manifestement ils ne comprenaient pas(ou ne voulaient pas comprendre) l’aspect dynamique.
    Si la critique du capitalisme fut centrale dans son oeuvre, Marx n’hésita pas à se contredire afin, justement, de maintenir la cohérence et la force de sa critique.
    Tous les dogmatismes qui se revendiquent abusivement de Marx affaiblissent et l’une et l’autre.

  • permalien Yvan :
    8 août 2011 @18h09   « »

    Il est évident que l’évolution de la pensée marxiste, s’est arrêtée avec la mort de Karl Marx.

    Déjà de son vivant il rejetait l’idée d’être marxiste.

    Ici est abordé l’aspect sociologique du travail de Marx, il ne peut cependant pas être dissocié de ses découvertes économiques.

    Un moment important dans l’évolution de sa pensée, a été la découverte du mécanisme de la baisse tendancielle du taux de profit.

    Aujourd’hui, après le discours du Caire, le printemps arabe, la crise budgétaire américaine, on ne peut pas ignorer, le rôle fondamental, dans la survie du capitalisme que représente le recherche permanente de débouchés d’une production condamnée au toujours plus.

    Ouvrir des nouveaux marchés, libéraliser les économies, ouvrir les frontières, faire accéder des sujets, à la citoyenneté, à la citoyenneté des démocraties bourgeoises, puis des citoyens à la consommation, à la consommation des produits des sociétés dominantes, voilà une préoccupation permanente du capitalisme, c’est ce Marx appelait l’impérialisme.

  • permalien john :
    8 août 2011 @19h20   « »

    on ferait mieux en France, d’arrêter de mener des guerres pour propager des trivialités universelles, pour faire plaisir aux états-unis, pour total...
    au lieu de philosopher, on pourrait s’occuper de l’éducation, de la santé

  • permalien Jeff :
    8 août 2011 @22h29   « »

    Cela fait longtemps que je n’ai pas relu des textes de Marx et, à lire l’éclairage particulier qu’Alain Gresh donne, en quelques mots, à ses écrits m’a fait penser à l’œuvre magistrale de Darwin. Dans les détails de la réflexion de ce dernier jusque dans les perspectives visionnaire de ses hypothèses, quel travail, quelle minutie, quelle passion ! Et pourtant, beaucoup de ses "suiveurs" n’ont fait que caricaturer ou réduire sa pensée à des principes imparfaits, souvent orthodoxes et parfois étriqués... Quand on relit aujourd’hui les travaux de Darwin, nombreux restent d’actualité.

    Est-ce que l’œuvre de Marx n’aurait pas également cette caractéristique : celle d’être extrêmement riche et cohérente dans l’original, mais affaiblie, voire appauvrie, chez ceux qui se l’ont appropriée ultérieurement ?

  • permalien Tibal :
    9 août 2011 @12h38   « »

    Je ne suis pas d’accord pour dire que la pensée de Marx s’est arrêté avec sa mort.

    Des personnes comme Frédéric Lordon (pour ne citer que lui) dans son dernier livre apporte au contraire un éclairage intéressant des théorie de Marx sur le rapport social de domination dans le travail mais non plus sous le joug du capitalisme que Marx vivait mais celui du néo-libéralisme.

  • permalien Yvan :
    9 août 2011 @15h18   « »

    Marx n’a pas connu ni Keynes, ni le néo-libéralisme, ni le capitalisme d’état, pourtant ses analyses restent pertinentes, parce que ces systèmes n’ont été que des emplâtres sur une jambe de bois.

    Aujourd’hui où le néo-libéralisme semble avoir atteint ses limites, on assiste à un retour du capitalisme vers ses fondamentaux.

    A ce sujet, au-delà de la panique qui secoue les hommes politiques néo-libéraux devant l’évidence de la nécessité de l’abandon d’une économie financière, il semble qu’une épuration du monde néo-libéral et de ses méthodes se mette en place.

    C’est dans ce contexte que doit être replacée cette information :
    Tortures : la justice américaine autorise les poursuites contre Donald Rumsfeld - LeMonde.fr,
    car au-delà de la question de la torture, c’est le parcours de MM. Vance et Ertell qui retient l’attention, parce qu’il est particulièrement révélateur, des, "ficelles" du néo-libéralisme.

  • permalien K. :
    9 août 2011 @18h24   « »

    Marx célèbre les effets positifs de la civilisation supérieure britannique sur la civilisation inférieure indienne.

    Marx avait donc des préjugés primaires ?

  • permalien Nathan :
    9 août 2011 @19h04   « »

    L’ironie de l’histoire (avec une grande hache), c’est la Chine dite communiste qui l’autre jour a fermement conseillé aux Etats-Unis de réduire leur dette en sabrant dans les programmes sociaux. Exactement ce que préconise le Tea Party.

  • permalien K. :
    9 août 2011 @19h09   « »

    Marx célèbre les effets positifs de la civilisation supérieure britannique sur la civilisation inférieure indienne.

    Marx approuvait donc la colonisation ?

  • permalien K. :
    9 août 2011 @20h04   « »

    De certains effets de la "civilisation britannique" sur l’Inde narrés par l’historienne indienne Romila Thapar dans un entretien en 1993 avec le journal "Le Monde" :

    Alors qu’en Europe on commençait à parler de nations, on s’est mis en Inde à parler de nations hindoue et musulmane. Cette conception colonialiste qui fondait l’Inde sur des identités religieuses séparées a amputé la population de son passé, avec des effets désastreux. Elle contredisait l’historiographie sanscrite et persane, qui n’avait pas conscience de l’existence de deux nations. Ainsi a-t-on développé un système de représentation séparée sur une base religieuse, la notion de majorité et de minorité, et celle de communauté hindoue et musulmane.

  • permalien Jordi GRAU :
    9 août 2011 @20h26   « »

    A K

    Je ne comprends pas très bien vos interrogations. L’article, il me semble, est très clair : oui, Marx avait des préjugés ethnocentriques, voire racistes. Mais il s’en est, au moins partiellement, libéré avec le temps.

    Il me semble d’ailleurs que tout ceci n’est pas un scoop. Léon Poliakov fait quelques citations de Marx qui ne sont pas piquées des vers dans Le mythe aryen (Pocket, pp. 312-316). C’est dans sa correspondance qu’il se laisse le plus aller. Ainsi, en parlant de son ami et rival Ferdinand Lassalle, il écrit en 1862 :

    "Je vois maintenant clairement qu’il descend, ainsi que le montrent la forme de sa tête et sa chevelure, des Nègres qui se sont joints aux Juifs lors de la sortie d’Egypte (à moins que ce ne soient sa mère ou sa grand-mère paternelle qui se sont croisées avec un Nègre). Mais ce mélange de judaïsme et de germanité avec une substance nègre de base ne pouvait qu’aboutir à un curieux produit. L’importunité de l’homme est également négroïde".

    Il faut dire qu’à l’époque, les préjugés racistes imprégnaient largement les mentalités, et jusqu’à l’extrême gauche. Bakounine, dans Dieu et l’Etat, considère la supériorité de la race blanche comme un fait établi par la science.

  • permalien K. :
    9 août 2011 @21h07   « »

    @ Jordi GRAU,

    Je ne comprends pas très bien vos interrogations.

    Je n’ai à aucun moment pensé que Alain Gresh approuvait la phrase de Marx. Par contre mes interrogations répondaient justement à votre affirmation disant que « Marx avait bien vu que [l]es conservateurs ont (..) tout intérêt à laisser le racisme et le sexisme se développer » sans relever ses contradictions.

    Cela va sans dire peut-être pour vous mais pas pour tout le monde, surtout que aujourd’hui encore et pas seulement "à l’époque" "les préjugés racistes imprégnent largement les mentalités, et jusqu’à l’extrême gauche."

  • permalien K. :
    9 août 2011 @21h22   « »

    Il serait par ailleurs intéressant de connaitre la chronologie des dires de Marx.

  • permalien Nathan :
    9 août 2011 @21h41   « »

    Vous n’y êtes pas, Jordi GRAU, et vous n’avez pas encore assimilé l’un des principes de base de cette crèmerie. Le simple fait d’être occidental fait de vous un colonialiste, un etnocentriste et un raciste A JAMAIS. C’est comme le péché originel. Vous pouvez être un esprit ô combien progressiste comme Marx tout en restant tributaire des préjugés de votre époque, eh bien cela vous sera éternellement reproché. Même si vous évoluez pas la suite. Ça ne compte pas. C’est une étiquette infâmante qui ne cessera de vous poursuivre. Et qui profère ce jugement péremptoire ? Eh bien, quelqu’un qui s’identifie à une victime et oserais-je dire, à LA victime, la victime éternelle. Une position très confortable qui vous permet de condamner à peu près tout le monde tout en s’excluant, bien sûr, du lot. Hegel nommait cela la “belle âme”.

  • permalien Nathan :
    9 août 2011 @21h47   « »

    Le fait que la famille Mittal traite les ouvriers belges qui suent dans ses hauts-fourneaux à peu près comme le colon britannique traitait le coolie indien rendrait plutôt raison à ceux qui savent que le capitalisme n’a pas de frontières.

  • permalien Anastasia :
    10 août 2011 @20h41   « »

    - 1) Sur le sujet Ho Chi Minh me semble intéressant à lire, c’est dommage que ses écrits ne soient pas plus largement accessibles d’ailleurs...
    - 2)

    K. :
    9 août @21h07

    (...) "les préjugés racistes imprégnent largement les mentalités, et jusqu’à l’extrême gauche." (...)

    C’est facile de faire ce type de proposition lapidaire saugrenue, ça le serait beaucoup moins de le documenter sérieusement...

  • permalien gloc :
    11 août 2011 @20h49   « »
    Marx et les marges du monde

    La patrie du "Capital", adopte les standards sécuritaires des démocraties orientales (de la Libye, de la Syrie, du Yémen et de Bahreïn) :


    - Émeutes en Grande-Bretagne - Cameron prêt à recourir à l’armée - Le Point

    - Les réseaux sociaux et Blackberry dans le viseur de Cameron - Monde - TF1 News

    ... surement une conséquence de la globalisation...

  • permalien Laurent Szyster :
    13 août 2011 @01h36   « »

    Un article sur un livre à propos de Karl Marx, pour changer ?

    Même pas.

    Juste une autre exhortation "à se défaire de cette vision eurocentriste et occidentalo-centriste" dont la phraséologie redondante de déparerait pas un discours d’Ahmedinejad à l’ONU.

    Exhortation qui est par ailleurs en contradiction flagrante avec l’extrait du livre de Kevin B. Anderson cité en conclusion :

    En résumé, j’ai montré dans cette étude que Marx avait développé une théorie dialectique du changement social qui n’était ni unilinéaire (succession de modes de production), ni fondée uniquement sur les classes. (...) La théorie sociale du Marx de la maturité tournait autour du concept de “totalité” qui n’offrait pas seulement l’avantage de laisser une grande place aux particularités et aux différences, mais aussi, dans certains cas, faisait de ces particularités – race, ethnie, ou nationalité – des éléments déterminants de la totalité

    M. Anderson nous rappelle que Marx considérait aussi comme déterminants les facteurs culturels et historiques particuliers à chaque société.

    Ce qui signifie, par exemple, qu’il faut aussi tenir compte de la culture et la philosophie pour analyser la stagnation dans les pays du Monde Arabe. Et peut être (beaucoup, infiniment) plus que des interventions occidentales.

    Le relativisme halluciné auquel abouti l’exhortation de M. Gresh on le trouve dans ce commentaire sidérant d’un admirateur :

    La patrie du "Capital", adopte les standards sécuritaires des démocraties orientales (de la Libye, de la Syrie, du Yémen et de Bahreïn)

    Pauvre Karl, transformé en oracle ayant prophétisé tout et son contraire selon les besoins du jour par des gens qui ne le comprennent pas même quand un professeur d’université explique ça par écrit.

  • permalien BENJAMIN YAFET :
    13 août 2011 @14h42   « »

    Si ce n’est pas une surprise : Pas un seul mot dans le Monde Diplo sur la revolte Syrienne et sur la bousherie d’Assad de Damas !

  • permalien Alain Gresh :
    13 août 2011 @16h03   « »

    Plus le mensonge de Benjamin Yafet est gros...

    Le Monde diplomatique du mois d’août a consacré une page à la Syrie, et celui de mai deux pages...

  • permalien Obserwator :
    13 août 2011 @19h16   « »

    On trouve chez K.Papaioannou des réflexions sur Marx et les marxistes qui en montrent le caractère beaucoup moins conforme à la vulgate employée par les militants et les sympathisants : Papaioannou s’était donné la peine d’étudier Marx de près .

  • permalien Laurent Szyster :
    13 août 2011 @21h53   « »

    @Alain Gresh,

    Le Monde diplomatique du mois d’août a consacré une page à la Syrie

    Voici le résumé introductif :

    Jours de tourmente en Syrie

    De récents affrontements entre sunnites et alaouites à Homs ont illustré les tensions confessionnelles et les risques de guerre civile. Pourtant, la majorité des manifestants rejette ces dérives et réclame la démocratie. Le pouvoir syrien affirme vouloir de profondes réformes, mais sa crédibilité est minée par la violence de la répression.

    Vous vous rendez enfin compte que la prétention réformatrice du régime syrien n’est pas crédible, mieux vaut tard que jamais !

    Encore un (gros) effort et vous appliquerez à toutes les déclarations faites dans la région cette rigueur journaliste qui ferait tant défaut aux autres à propos de Hama :

    Tous les médias internationaux traquent les rumeurs les plus folles circulant sur cette ville symbole — et les colportent sans vérification.

    Au plaisir de lire sous votre plume autant de précaution la prochaine fois que le FPLP, le Hamas ou le Hezbollah livre un récit halluciné ou un bilan suspect des affrontements qu’ils provoquent ...

  • permalien Serge LEFORT :
    13 août 2011 @23h28   « »
    La Chine vue par MARX et ENGELS

    Au lieu de lire les commentaires des commentaires des commentaires de l’œuvre Marx, il est préférable de lire l’œuvre originale. On découvre que Marx et d’Engels défendent un point de vue très eurocentré sur la Chine : l’introduction du capitalisme en Chine serait un facteur de progrès !
    Marx s’oppose davantage au commerce de la Russie qu’au commerce des autres pays avec la Chine parce que « à l’inverse du commerce anglais, le commerce russe laisse intacte la base économique de la production asiatique » (Capital, livre II, vol. VII p.365). Engels analyse comme positive la destruction de la Chine car elle « sera en même temps le prélude à la chute du capitalisme en Europe et en Amérique » (La Chine, p.439). Lire : La Chine vue par MARX et ENGELS, Chine en Question.

  • permalien gloc :
    14 août 2011 @11h06   « »

    Laurent Szyster : Pauvre Karl, transformé en oracle ayant prophétisé tout et son contraire selon les besoins du jour par des gens qui ne le comprennent pas même quand un professeur d’université explique ça par écrit.

    Vous confirmez a chacun de vos messages la profondeur de votre inculture. Karl Max est né à Trèves en Rhénanie et par sa vie il s’est montré un véritable citoyen du monde. Il n’est pas l’inventeur du Capital, même s’il l’a mis au centre d’une de ses œuvres.

    Par contre, la Grande Bretagne est la patrie de John Law, d’Adam Smith, de Ricardo, Keynes, de Thatcher et de Cameron.

    Miraculeusement votre besoin impérieux de vous exprimer avec mépris et condescendance et cette nécessité que vous avez de pontifier à propos de tout et n’importe quoi, sont bien en harmonie avec cette inculture.

  • permalien Laurent Szyster :
    14 août 2011 @12h42   « »

    @gloc,

    Inculture, dites-vous ?

    Après avoir qualifié de "démocraties orientales" la Libye de Khadafi ou la Syrie de Assad, cela ne manque pas de sel.


    M. Gresh nous donne une interprétation très personnelle et à mon sens contradictoire de l’ouvrage d’Anderson.

    Je suis curieux de savoir ce qu’il pense de celui-ci, du même auteur, sur la façon dont Foucault s’est fourvoyé en soutenant Khomeini :

    Foucault’s revolution -
    French philosopher’s views on the 1979 revolution

    As against Foucault, some French leftists were very critical of the Iranian Revolution early on. Beginning in December 1978 with a series of articles that appeared on the front page of Le Monde, the noted Middle East scholar and leftist commentator Maxime Rodinson, known for his classic biography of Muhammad, published some hard-hitting critiques of Islamism in Iran as a form of “semi-archaic fascism” (this volume, p. 233). As Rodinson later revealed, he was specifically targeting Foucault in these articles, which drew on Max Weber’s notion of charisma, Marx’s concepts of class and ideology, and a range of scholarship on Iran and Islam.

    In March 1979, Foucault’s writings on Iran came under increasing attack in the wake of the new regime’s executions of homosexual men and especially the large demonstrations by Iranian women on the streets of Tehran against Khomeini’s directives for compulsory veiling. In addition, France’s best-known feminist, the existentialist philosopher Simone de Beauvoir, protested the Khomeini regime’s suppression of women’s rights and sent a message of solidarity to Iranian women (this volume, pp. 246-247). However, Foucault refused to respond to the new attacks, issuing only a mild criticism of human rights in Iran that refrained from any mention of women’s rights or gay rights, before lapsing into silence on Iran.

    Foucault and the Iranian Revolution : Gender and the Seductions of Islamism

  • permalien triangle rouge :
    14 août 2011 @16h43   « »

    a Jordi Grau : le clivage entre le courant social-démocrate et le courant socialiste s est fait ressentir fin 2008 lors de l élection de barack obama a la tete des etats unis ;les premiers,pris par une "obamania", se sont empressés de se féliciter de l election du premier président afroaméricain,tournant le dos au maintien de l arrogance impérialiste de l Empire,qui continue son embargo contre cuba,les interventions multiformes en amérique latine,les agressions néocoloniales en cours en libye,en somalie,en irak-ou il restera 10.000 soldats après le prétendu "retrait jusqu au dernier homme" a la fin de l année-en afghanistan,les menaces de guerre contre la république populaire de chine a taiwan,contre la république populaire démocratique de corée,contre le belarus ou l iran,la syrie...ce que dénonce le courant socialiste.les médias francais,sous l influence de la socialdémocratie,qui est le rouage du système,occultent ainsi les accords militaires passés entre les etats unis et l inde ainsi qu avec le vietnam pour contenir la montée en puissance de la chine,tandis que leonard peltier et mumia abu djamal continuent d etre incarcérés depuis des décennies.

  • permalien triangle rouge :
    14 août 2011 @17h20   « »

    le front de gauche ne s est pas apparement laissé séduire par "l obamania" www.frontdegauche.eu/index.php

  • permalien gloc :
    14 août 2011 @18h04   « »

    Laurent Szyster : Inculture, dites-vous ?

    Après avoir qualifié de "démocraties orientales" la Libye de Khadafi ou la Syrie de Assad, cela ne manque pas de sel.

    A vous entendre la Grande Bretagne s’inspirerait de méthodes de dictateurs.

    Allez réviser votre histoire, jamais la Grande Bretagne n’a utilisé de méthodes contraignantes (en tous cas pas au Moyen Orient)... C’est une grande démocratie et elle ne peut que s’inspirer d’autres grandes démocraties dans le gouvernement de ses citoyens-contribuables... s’est quasi-mathématique.

  • permalien triangle rouge :
    14 août 2011 @18h24   « »

    les britanniques ont mis les boers-descendants de néeerlandais- dans des camps lors de la guerre de 1899 a 1902.juste pour rappel

  • permalien Laurent Szyster :
    15 août 2011 @11h51   « »

    @gloc,

    La Grande Bretagne est doté d’un gouvernement démocratique, élu au suffrage universel à 21 ans pour les hommes et les femmes depuis 1938. Rien d’étonnant vu la très longue histoire du régime parlementaire britannique.

    Pourriez-vous m’indiquer en quoi le régime du parti unique, les farces électorales, la présidence héréditaire et l’usage systématique de la torture contre les opposants politiques qualifient le gouvernement syrien de "démocratique" ?

    La meilleure description du mode de gouvernement en Syrie et en Libye est celle d’une "autocratie orientale". Dont la perpétuation au XXIème siècle n’étonnera personne connaissant la longue histoire des tyrannies autocratiques dans cette région.

  • permalien gloc :
    15 août 2011 @15h59   « »

    Laurent Szyster : « Pourriez-vous m’indiquer en quoi le régime du parti unique, les farces électorales, la présidence héréditaire et l’usage systématique de la torture contre les opposants politiques qualifient le gouvernement syrien de "démocratique" ? »

    Mais tout simplement parce qu’un pays « doté d’un gouvernement démocratique, élu au suffrage universel à 21 ans pour les hommes et les femmes depuis 1938. » envisage d’utiliser les mêmes méthodes que la Syrie et la Libye contre ses opposants.

    Quelle meilleurs garantie de démocratie pouvez-vous espérer.

    Quand un chef de gouvernement héritier de la « très longue histoire du régime parlementaire britannique. » tient un tel discours de non-sens, plébiscité par les sondages d’opinion, la seule explication qui tienne, c’est celle du non sens... et peut-être même de l’ironie... ou alors c’est que la démocratie n’est pas héréditaire... même dans une royauté parlementaire.

    Depuis trois jours que vous me relancez là-dessus, je tiens à vous préciser, que "ironie"* n’est pas une insulte, mais une forme d"expression.


    * Dans son essai sur le rire, Bergson distingue l’humour de l’ironie de la façon suivante : « La plus générale de ces oppositions serait peut-être celle du réel à l’idéal,de ce qui est à ce qui devrait être. Ici encore la transposition pourra se faire dans les deux directions inverses. Tantôt on énoncera ce qui devrait être en feignant de croire que c’est précisément ce qui est : en cela consiste l’ironie. Tantôt, au contraire, on décrira minutieusement et méticuleusement ce qui est, en affectant de croire que c’est bien là ce que les choses devraient être : ainsi procède souvent l’humour. »

  • permalien Christian Le Prévost :
    15 août 2011 @16h00   « »

    Une bonne partie de l’oeuvre de Marx et d’Engels n’a pas encore été traduite en français. Pour cette raison (bien qu’il en existe d’autres), ces auteurs sont toujours aussi mals connus.

    En outre, il est vrai que pour la vulgate marxiste qui a été celle des années passées, on a poussé à l’extrème la simplification au point d’ailleurs de rendre parfaitement informe le travail que Marx et Engels avaient accomplis.

    Alors que nos deux compères voulaient que les exploités se cultivent, les dirigeants politiques des mouvements "marxistes" ont sans doute estimé, soit qu’il fallait pour aller vite ne pas trop s’embarraser à penser, soit que les salariés étaient trop cons pour comprendre et s’interroger sur les conditions de leur propre libération.

    Et tout cela a commencé du vivant même de Marx. D’où sans doute la fameuse formule de Marx : "je ne suis pas marxiste".

    Aujourd’hui, on paye tout ça très cher, au moment où on aimerait disposer d’un mouvement mondial de contestation du capitalisme qui soit en mesure d’imposer la révolution dont on a besoin pour sortir la planète de toutes les impasses dans lesquelles se trouve l’humanité...

    Malheureusement, tel n’est pas le cas.
    Il faut donc se s’approprier les conditions de la libération humaine dans les conditions d’aujourd’hui. Et de ce point de vue, Marx reste indispensable.

    D’où cette question immédiate : sait-on si l’ouvrage de Kevin B. Anderson va être traduit en français ?

  • permalien Alain Gresh :
    15 août 2011 @16h37   « »

    Traduction

    L’ouvrage devrait paraître à l’été 2012 chez Syllepse

  • permalien Marcos :
    16 août 2011 @14h12   « »

    @Gracchus

    Et finalement pourquoi pas l’inverse, pourquoi rattacher le mouvement socialiste à la gauche ?

    Le projet socialiste s’incarne en tant que tel.

  • permalien Un Enragé-D’Ici-Bas :
    19 août 2011 @17h45   « »

    Salut à tou-t-e-s,
    Je ne voulais pas en rajouter à ce débat où presque tout a été dit, d’une façon ou d’une autre. Cependant, juste une ou 2 petites choses sur lesquelles je voudrais insister. Il ne fait aucun doute que la vision coloniale et colonialiste du monde fonde et structure « la pensée occidentale » en général, depuis des lustres. 2ème point : la gauche occidentale (toutes églises confondues y est pour beaucoup. Elle a toujours voulu « civiliser » le monde tout en dénonçant le salopard de « capitalisme » et ses méfaits, apporter ses lumières aux sauvages de là-bas (« La gauche française et le colonialisme : « Une honte » de Robert Louzon » : www.contretemps.eu/.../gauch...). Elle s’est toujours fait sienne « l’idéologie du progrès » (et technique et social) càd, en fait, toujours plus, toujours plus fort quitte à aller là-bas « casser du bougnoule » (« Aborigènes et citoyens » : videos.arte.tv/fr/videos/aborigenes_et_citoyens-4086070.html) , lui voler sa terre, ses richesses, etc. Pour son salut, bien sûr ! Maintenant, qu’elle s’est rendu compte que c’est complètement stupide (ou presque) et que les méfaits deviennent de plus en plus trop visibles (pollution de la planète, destruction de groupes humains entiers, corruption des esprits et des mentalités, pollution des corps, etc.) y compris sur ses propres territoires, ici tout près de chez elle, elle ne sait plus quoi faire ni où donner de la tête (démondialisation, un autre monde est possible, Le Care, etc. Et j’en passe et des plus rigolotes !)… La gauche (ses partis, ses intellectuels, toutes tendances confondues, comprendra-t-elle et admettra-t-elle un jour que l’occident n’est pas le centre du monde ? Que d’autres groupes humains, d’autres cultures, d’autres « mondes » ont existé, existent et existeront, sans doute, Bien avant/et après « l’occident » ? Ma réponse : C’est pas demain la veille ! Mon sentiment est que cette gauche ne comprend qu’après-coup. Quand elle a tout fait foiré ! (scientifiquement !). Mais, ce sera trop tard. Et donc sauve qui pourra ! Et donc les puissants, « les civilisés », « les modernes » d’abord. Encore et toujours ! " les bougnoules" après, pour ceux qui peuvent et s’il reste de la place ! Encore et toujours !

    "Progrès social", oblige !

  • permalien arndebian :
    20 août 2011 @09h57   « »

    Lorsque l’on a tous (ou pas c’est selon, p.ex : Laurent Szyster) exercer son art dans le commentaire de texte, tous le monde doit se souvenir des appels à la raison du professeur qui réclame pour une raison inconue des étudiants et de certains ici de ne pas juger les personnages de l’époque en fonction de nos critères moraux actuels.
    Il est connu que les républicains (J.Ferry entre autre) ont laissés des écrits que léon jugerais comme étant racistes. A chaque époque sa morale ...

    P.S : Les commentaires ajoutes souvent de l’interet aux articles mais certains persistent de la façon la plus lourde à détourner et dévaloriser chaque article de Mr Gresh (n’est ce pas Mr Szyster).

    Donc merci à ces personnes de lire les articles mais s’il vous plait, n’y postez plus rien.

  • permalien Yvan :
    22 août 2011 @09h05   « »
    B.H.L. et les marges du monde

    Vers la fin du bras de fer entre M. Lévy et M. Kadhafi ?

    IsraelValley | News : ISRAELVALLEY - "THE END" POUR KADHAFI. LIBYE : UN JOUR HISTORIQUE - BHL EST HEUREUX DE LA CHUTE DU TYRAN - SEIF AL ISLAM KHADAFI EN PRISON. ISRAËL GARDE LE SILENCE.

    07h50 : “Ca ne peut plus être très long”, selon BHL. “J’ai passé la nuit à suivre ces événements et en particulier par téléphone avec mes amis du Conseil national de transition (CNT) en essayant de partager à distance un peu de cette extraordinaire joie qui est la leur aujourd’hui”, a confié Bernard-Henri Lévy lundi matin sur Europe 1 . “Je pense que ça ne peut plus être très long. On a beaucoup dit que Kadhafi offrirait une résistance incroyable (…) et bien comme toujours (…) lorsqu’un peuple veut la liberté et lorsqu’un tyran menace de s’effondrer, cela va très vite”, a commenté le philosophe.

  • permalien Un Enragé D’Ici-Bas :
    23 août 2011 @16h45   « »

    Salut à tou-t-e-s,

    je n’ai jamais supporté et encore moins aimé les détenteurs de pouvoir quels qu’ils soient quant ils en abusent : politiques, militants (même les plus sympas, proches, fonctionnaires, agents d’autorité, ect.) et dieu sait s’il en existe. Et je ai encore moins de symapthie pour celles/ceux qui, parce qu’ils ont le (un) pouvoir se croient autorisés à mépriser et/ou maltraiter d’autres Hommes de qulque façon que ce soit. Et je ne peux que me réjouir quand fin est mise à ce genre de situation. Mais, j’avoure que dans le cas présent (libye), j’ai comme un goût amer dans la bouche. Sarko, BHL, Juppé, Cameron, l’émir du qatar, et l’Otan comme défenseurs des peuples et de la liberté, franchement, c’est une blague ! Et j’ai comme l’impression que les libyens qui "initié", mis sur pied et "accompagnéé cette mascarade ne sont pas tout à fait "nets". Sans doute, les "motivations", les "intentions" ne sont pas celle affichées ici et là. Sans doute, on le saura un jour ! Mais, il est dores et déjà certain, que cette "victoire" de la "rébellion" libyenne (en fait de l’Otan)a comme un goût malodorant ! Et il sera difficile, très difficile de convaincre les peuples de la région que les marchands d’armes et massacreurs de peuples un peu partout dans le monde ne pensent qu’à aider ces mêmes peuples à retrouver leur liberté et leur dignité bafouées. Les marchands de guerre et massacreurs de peuples, de toujours, qui participent au déni de justice et de dignité du peuple palestinien (et bien d’autres groupes humains de par la planète) dont ils ont volé la patrie depuis plus de 60 ans ... Les mêmes qui montent au créneau dès que les sionistes et racistes d’israël perdent un des leurs ! Bizarres ces amoureux de la liberté, vraiment bizarres !

    Ps : Quand est-ce que l’Otan, sarko, BHl, Juppé et les autres débarqueront en palestine pour la libérér et libérer le peuple palestine du joug du sionisme ?

  • permalien Yvan :
    29 août 2011 @21h46   « »
    Le centre et les marges du monde

    Le complexe militaro-industriel britannique, s’est gavé avec l’argent des tyrans... et le sang des ’citoyens" :

    The Times lève le voile sur la vente d’armes britanniques au Moyen Orient Le Royaume-Uni a augmenté cette année ses exportations d’armes vers certains régimes autoritaires arabes Les équipements britanniques ont ainsi servi à la répression des révoltes du "Printemps arabe"

    Les révoltes populaires ont des retombées économiques désastreuses sur les pays du printemps arabe, mais elles font la prospérité du complexe militaro-industriel britannique. Le Royaume-Uni, deuxième exportateur mondial, a en effet dégagé de larges profits de la vente d’équipement militaire aux pays d’Afrique du Nord et du Moyen Orient, selon The Times.

    Le quotidien britannique, qui a mené l’investigation, a découvert que les exportations d’armes vers les pays du Printemps arabe ont augmenté de 30% entre février et juin. Ainsi, le Royaume-Uni aurait vendu pour 30,5 millions de livres d’armes (envrion 34 millions d’euros) contre 22,2 millions de livres pour la même période en 2010.

  • permalien Un Enragé D’Ici-Bas :
    1er septembre 2011 @17h38   «

    Salut à tou-t-e-s,

    Parions qu’on aura d’autres "surprises", si jamais, les "nouveaux" "gouvernants" (ou à venir) voulaient bien ouvrir les tiroirs. D’ailleurs, en libye cela a été tellement rapide et sans même pas le minimum du minimum de "précautions", notamment de la part de la France (Sarko, s’est très vite dépêché d’afficher ses "demandes" en pétrole et autres via ses "copains" et hommes de buisiness). Le "ratage" de l’Irak est encore dans les mémoires ! Les buisnesman français qui débarquent "tardivement" en Irak (un pays "ami" du temps de Sadam !) pour demander, gentiment, une petite "parcelle" sur les marchés et dividendes est encore fraîche ! Quel trauma ! Quelle "humiliation" pour le pays des lumières ! Ce vieux "pays des idées", "leader" de cette vieille Europe, qui se fait doubler, comme le dernier de la classe, par les Yankees ! Quelle giffle ! Forcément ça laisse des traces. Et vas-y que je te mets un peu de démocratie. Et vas-y que je t’y ajoute un chouiya de "liberté". Et vas-y que je te mixe le tout dans un grand bol de devoir d’humanité .. enfin de pétrole ...

    On connaîtra la suite, plus tard .. un peu plus tard ..Comme hier, comme avant hier, comme demain, sans doute à moins que les peuples deviennet "réellement" souverains ... Mais ca, c’est une autre "affaire". Plus "compliquée", plus "difficile", plus exigeante ...

    "Liberté", je t’aime, Pétrole, je te préfère ! "Moi", "Moi", "Moi", je t’admire !

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