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Le commencement de la fin

jeudi 11 août 2011, par Frédéric Lordon

Pareilles aux images aériennes du front de tsunami avançant inexorablement vers une côte japonaise dont le sort est scellé, le déploiement de la crise financière depuis trois ans donne une impression d’irrésistible fatalité, avec en prime cette sorte d’incrédulité un peu stupide de dirigeants qui croient encore pouvoir tout sauver quand tout est déjà compromis. Un choc de la magnitude de la crise dite « des subprime », crise dont on ne redira jamais assez qu’elle a été celle de la finance privée, était voué à produire, via le canal du crédit, une récession dont les conséquences sur les finances publiques s’annonçaient désastreuses.

Plus encore impliquées dans la détention de titres souverains qu’elles ne l’ont été dans les titres privés hypothécaires, un choc massif dans l’un puis l’autre compartiment menace de mettre à bas tout le système des institutions financières. A ceci près que la puissance publique qui était encore disponible pour ramasser les morceaux du premier accident sera par construction aux abonnés absents si le second vient à survenir – ce qu’il est en train de faire. Et l’on admirera au passage cet élégant jeu de chassés-croisés privé/public (le sinistre des banques sinistre les Etats qui menacent de (re)sinistrer les banques) et Etats-Unis/Europe (les subprime, par récession interposée, ruinent les Etats européens qui, par la crise des dettes publiques, ruineront en retour le système bancaire étasunien (juste après l’européen), soit métaphoriquement : Lehman-Grèce-Goldman – ou le charme absolu de la mondialisation et de ses interdépendances qui rapprochent les peuples (dans le même bac à mouscaille).

Quand les agences font de la politique

Il n’est même pas certain que la dégradation de la note étasunienne ait suffi à produire le dessillement complet, mais quitte à ce que cette « fin » prenne encore quelque temps, on dira peut-être plus tard qu’elle aura trouvé ici son commencement symbolique. Standard & Poor’s pourrait donc bien avoir eu raison, mais pas du tout pour les raisons qu’elle imagine – probablement même exactement opposées à celles qu’elle allègue, non d’ailleurs sans difficulté pour les rendre présentables. A l’image de sa mise sous surveillance négative d’avril 2011, alors suivie en bon ordre par ses consœurs Moody’s et Fitch, il y a beau temps que les agences, en matière de notation souveraine, ne font plus d’analyse financière, mais bien de la politique. Tout au long du printemps, il s’agissait de mettre les pouvoirs publics étasuniens sous pression pour forcer la passation d’un compromis budgétaire (coextensif au relèvement du plafond de la dette). Pour avoir été finalement obtenu, mais in extremis et dans les pires conditions possibles, le résultat du Budget Control Act signé le 2 août n’a pas l’heur de plaire à Standard. Certes, l’agence s’emmêle un peu les crayons et, dans une première version de sa note, majore la dette à dix ans de 2 trillions de dollars puis, constatant son erreur, la déclare en fait négligeable et procède dans une deuxième version à un renversement souverainement ad hoc de son argumentaire pour expliquer que le problème n’est pas tant dans les chiffres que dans la situation politique étasunienne… C’était en fait déjà la raison avancée dans la note de mise sous surveillance négative d’avril dont le fond tient génériquement que le dissensus démocratique est un problème – et en effet : on ne sait pas à l’avance ce qui va en sortir ! A la vérité, ça n’est pas tant qu’on ne sache pas qui inquiète la finance que la possibilité qu’il sorte autre chose que ce qu’elle désire – un programme fermement anti-finance de marchés s’annoncerait-il comme issue certaine du débat démocratique, il y a tout lieu de croire que la finance n’aimerait pas cette certitude-.

Les Etats-Unis à leur tour dans la lessiveuse

Et pourtant, aux boulettes à deux trillions près, Standard pourrait bien avoir raison – mais pas du tout comme elle croit. Signalons rapidement que sa place dans la structure générale de la finance libéralisée, au point focal de la production de l’opinion collective, la dote des moyens d’avoir plus probablement raison que le commun des agents, en fait même de se donner raison, puisque les effets qui suivent d’une telle dégradation à grand fracas sont tout à fait susceptibles, indépendamment du bien-fondé de la dégradation en question, d’entraîner une série de réactions parmi lesquelles les séquences : 1) dégradation → tension brutale sur les taux → renchérissement du coût de la dette → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → tension supplémentaire sur les taux, etc. ; et 2) dégradation → austérité forcée → récession → détérioration de la situation budgétaire et emballement de la dette → austérité renforcée, etc. – I told you so ! triomphe alors l’agence.

La Grèce, l’Irlande, le Portugal ont connu tour à tour ces enchaînements fatals par lesquels l’opinion financière transforme des situations parfaitement gérables en inextricables crises. Voilà maintenant que les Etats-Unis sont invités à prendre leur place dans la lessiveuse. Bien sûr, toutes choses égales par ailleurs, les taux étasuniens résisteront mieux et plus longtemps que les autres, car, par sa profondeur, ses volumes de transactions et sa liquidité, le marché des Treasuries reste le biotope de la finance mondiale – qui est sans doute très capable de détruire son propre habitat, mais seulement après avoir rompu avec d’anciennes habitudes et que se soient dissipés les effets d’hystérésis de la croyance dollar. Par une incohérence typique de la finance, la chute présente des marchés d’actions étasuniens, entraînée par le remous sur la dette publique, a encore pour effet… un mouvement de report vers les bons du Trésor US, l’actif toujours réputé « sans risque » alors même que la dégradation signifie explicitement qu’il ne l’est pas !

Si, toutes choses égales par ailleurs, la première séquence vicieuse (par les taux) s’activera plus tardivement que pour n’importe quel autre pays, la seconde (par l’austérité) est d’ores et déjà enclenchée. Car l’avis de Standard a pour effet de constituer la situation de la dette publique étasunienne comme problème, c’est-à-dire comme objet de préoccupation, désormais inscrit dans les têtes de la finance – dont on ne sort pas facilement –, matière à commentaire kilométrique et à surveillance permanente, par conséquent : entrée dans un régime tout autre que celui de benign neglect où la politique économique étasunienne a jusqu’ici trouvé ses marges de manœuvre. C’est précisément ce régime de focalisation de l’attention financière qui, dans la situation présente de récession, jette les politiques économiques dans de parfaites impasses en exigeant d’elles d’impossibles réductions de ratio de dette, et ceci par le simple fonctionnement mécanique de la logique démente voulant qu’une fois qu’un « problème » a été déclaré, fût-il imaginaire, alors il lui faut impérativement une solution – mais, elle, réelle. Ces réductions sont impossibles à obtenir en effet car l’environnement de récession et (surtout) de politiques d’austérité généralisées rend toute tentative d’ajustement budgétaire autodestructrice, comme l’ont déjà expérimenté les Grecs et comme le feront à leur tour tous les pays européens… Il y avait matière à s’étonner l’an dernier que les Anglo-saxons (Etats-Unis, Royaume-Uni) fussent passés si facilement sous les écrans radars. Voici les Etats-Unis rattrapés, et le Royaume-Uni ne perd rien pour attendre, son tour viendra très vite.

Le chaos cognitif de la finance

Avec le concours des décideurs publics, incapables de penser autrement, la finance se trouve alors plongée dans une situation de parfait chaos cognitif en exigeant des politiques d’ajustement draconiennes, dont elle observe rapidement les effets désastreux (il n’aura pas fallu un an pour que le contresens soit avéré à propos du cas grec), à quoi elle réagit en exigeant d’approfondir cela-même qu’elle voit échouer ! Aussi les différents locuteurs autorisés de la finance demandent-ils tout et son contraire : ils veulent la rigueur sans faille mais exigent le redémarrage de la croissance. Le dernier rapport du FMI consacré à l’économie britannique [1] est de ce point de vue éloquent qui s’alarme de ce que la croissance en plein effondrement rend très improbable d’atteindre les objectifs affichés, qui va même jusqu’à établir un lien possible entre cette improbabilité et la restriction forcenée que le pays s’impose (comme les autres)… pour finir par lui recommander de surtout bien se tenir à sa présente ligne de conduite et de n’en pas dévier ! Ce genre d’aberration cognitive va devenir monnaie courante et l’on verra de plus en plus l’opinion financière – agences, FMI, presse économique – osciller entre ces demandes contradictoires sans être capable d’en tirer la moindre synthèse.

Car si la contradiction patente entre politiques d’austérité et relance de la croissance (qui en fait peut seule stabiliser les ratios Dette/PIB) est en effet intordable instantanément, elle pourrait cependant être résolue intertemporellement, mais à la condition bien sûr d’être capable de projection dans un horizon de moyen terme – c’est-à-dire de patience. La stimulation coordonnée relancerait les économies, moyennant d’abord une dégradation consentie des déficits et des dettes, mais temporaire seulement dès lors que les recettes fiscales reviendraient et stabiliseraient (par le dénominateur) le ratio Dette/PIB. Cette dynamique réenclenchée, il y aurait alors matière à réduire progressivement le dispositif de relance. C’est bien cette trajectoire que l’administration Obama avait l’intention d’emprunter… jusqu’à ce que les Républicains s’emploient à faire tout ce qu’il fallait de bruit pour faire prendre consistance à un « problème de la dette » s’imposant dès lors à l’agenda du débat public et à la préoccupation des marchés.

Gageons que même sans les Républicains, la finance toute seule aurait fini par se saisir du « dossier » car voilà bien sa caractéristique principale : quoiqu’elle soit souvent complaisamment présentée comme l’art de la projection temporelle par excellence, la finance de marché est la plupart du temps incapable de moyen terme. Aussi imaginer pouvoir conduire un ajustement macroéconomique sous sa surveillance, sans tout lui accorder ou sans le secours de circonstances externes favorables, est-il un rêve de singe.

L’entrée des Etats-Unis, et bientôt du Royaume-Uni, dans le club en expansion rapide des pays « à problème » a alors pour effet, en détruisant l’incarnation de « l’actif sans risque », de signifier symboliquement qu’il n’y aura bientôt plus nulle part de refuge offert au flight to quality, c’est-à-dire plus d’extériorité – nowhere to hide, comme disent les Américains –, et ceci même s’il faut sans doute attendre encore quelque temps pour que l’impasse de politique économique dans laquelle la dégradation vient de jeter les Etats-Unis commence à produire ses effets, c’est-à-dire à détériorer le ratio de dette publique et à « prouver » que, oui, il y avait bien, il y a bien, un problème !

Le néolibéralisme,
régime du surendettement généralisé

Maintenant que sont bruyamment signifiées, à propos du cas a priori le plus favorable, l’impossibilité de le régler dans un horizon de moyen terme et l’injonction sans appel d’aller se jeter dans l’impasse de l’austérité, la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. C’est sous cette perspective qu’il est plus judicieux de reformuler le problème général de la dette – mais évidemment en de tout autres termes : la mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé. Dette des ménages, dette des institutions financières, dettes des Etats : la dette globale a monstrueusement explosé en vingt ans de mondialisation dans la plupart des pays : de 220 à 500 points de PIB pour le Royaume-Uni entre 1990 et 2010, de 130 à 370 points de PIB pour l’Espagne, de 200 à 350 points de PIB pour la France, de 200 à 280 points de PIB pour les Etats-Unis [2]…

La dette des ménages explose parce que seul le crédit leur permet de rester à flot pour leur consommation courante quand leur revenu est sous compression constante, du fait de la concurrence par les coûts du libre-échange et de la pression actionnariale à la rentabilité financière. La dette des institutions financière explose pour mobiliser l’effet levier et propulser les ROE (Return on Equity, rendement des capitaux propres). La dette des Etats explose sous l’effet du choc récessionniste occasionné par la crise financière, expression parfaite des désordres mêmes du néolibéralisme [3], mais surtout, en moyenne période, sous l’effet de la contre-révolution fiscale, un autre de ses produits typiques [4], qui réduit la contribution du capital et des plus fortunés. Vient forcément un moment où cette divergence proportionnelle n’est plus soutenable et où il n’y a plus d’autre solution que des annulations massives – nous en sommes là.

Il y aura alors une période plus ou moins longue de décomposition chaotique avant que la finance, et les gouvernements, ne se rendent à cette solution. La dégradation des Etats-Unis en est l’un des éléments, qui signifie à terme la perte de l’ancrage-référence de tous les portefeuilles d’actifs. Incidemment, le simple fait que des titres de dette (quels qu’ils soient) aient pu être tenus pour « l’actif sans risque » en dit long sur la voracité de la finance et le déplacement de normes qui s’en est suivi. Car normalement, l’actif sans risque ne peut offrir autre chose qu’un rendement… nul. Fut un temps – antérieur à la déréglementation financière – où seul le cash pouvait être authentiquement considéré comme « actif sans risque » – et encore, compte non tenu des pertes de valeur réelle éventuellement impliquées par une détérioration inflationniste de la monnaie. Mais être protégé du risque sans rien gagner, c’était bien trop peu pour la finance et ses nouveaux appétits. Du rendement, mais à coup absolument sûr, voilà le désir qu’elle a formé et dont elle a investi certains titres particuliers. C’était méconnaître la possibilité toujours ouverte de conjonctures financières dans lesquelles la clé de voûte du système général de la liquidité peut être emportée à son tour, sans qu’un remplaçant indiscutable et capable de tenir le même rôle, à la même échelle, ait émergé pour prendre la suite. Tous les modèles de mesure du risque et de contrôle de la solvabilité bancaire supposent cette référence de l’actif sans risque, mais que se passe-t-il quand celui-ci fait défaut ? Vers quoi d’autre se tourner ?

Quoiqu’il grimpe à des sommets, l’or n’est en aucun cas un actif de portefeuille au sens plein du terme : il n’est pas dématérialisé (ça n’est pas le tout d’acheter de l’or, il faut bien le stocker quelque part !), son marché n’est pas liquide car les transactions s’accommodent moins facilement des lingots que des écritures électroniques, et en fin de compte l’or n’est qu’une rémanence de fétichisme métallique, la ruée dont il est l’objet devant être surtout tenue pour un indicateur de l’extrême désarroi des investisseurs.

Les autres titres souverains ayant conservé leur triple-A ? Mais aucun n’offre un marché d’une surface comparable à celui des Treasuries. Et surtout : caparaçonnée d’une impeccable logique, la finance est en train de raisonner que si les Etats-Unis, qui étaient la meilleure signature du monde, ont été dégradés, alors les autres, qui étaient moins bons, doivent nécessairement être révisés à leur tour… La grande revue de détail de tous les triple-A (enfin, ceux qui restent) s’annonce donc et il ne devra pas manquer un bouton de guêtre. Mais, à ce compte-là, le défilé promet d’être maigrelet. Le candidat le plus sérieux à la dégradation est évidemment la France. Depuis le lendemain (boursier) de la dégradation, la scie du commentaire financier s’acharne sur le spread des bons du Trésor contre le Bund allemand, et chaque point de base supplémentaire écartant le premier du second est salué avec des frissons d’horreur et de jubilation mêlées – oui, la France n’est pas très populaire auprès de la finance anglo-saxonne. Or le drame dans cette affaire c’est que lorsqu’on est dans le collimateur de la « préoccupation » de la finance, on n’en sort plus : avoir été constitué par elle en « problème », c’est être voué par elle à avoir des problèmes…

Fin de partie en Europe

Dans le cas de la France, il faut bien reconnaître que cette construction n’est pas complètement dénuée de fondement. Car pour tous les remous survenus à la suite de la dégradation de la note étasunienne, il s’agirait de ne pas perdre de vue que, dans le paysage de la finance en implosion, la cause majeure demeure l’imbroglio européen. Dès l’origine, on pouvait identifier la malfaçon constitutive de l’EFSF (European Financial Stability Facility, le fonds de secours européen), qui consiste à fabriquer des surendettés futurs pour sauver les surendettés présents, quitte à croire aux propriétés magiques du bootstrapping à l’image du baron de Münchausen imaginant se sortir de la vase en tirant sur ses propres cheveux. Le vice congénital pouvait passer inaperçu tant qu’il s’agissait de secourir un petit nombre de « petits » pays et que la dilution de la contribution sur l’ensemble des participants à l’ESFS demeurait tolérable.

Mais d’abord, le nombre des petits pays a crû, certains comme la Grèce réclamant même un deuxième service, de sorte que le cumul des sommes à mobiliser a commencé à grossir. Et voilà surtout que s’annoncent deux sérieux candidats au bureau des pleurs : l’Espagne et l’Italie. Il est à craindre que le coup soit fatal pour l’EFSF qui enregistrera le choc des deux côtés de son bilan.

D’abord du côté de ses emplois, car le volume des opérations change d’un coup singulièrement de format. L’Espagne affiche un encours de dette souveraine de 638 milliards d’euros, et l’Italie de 1 840 milliards d’euros (données Eurostat, fin 2010), à comparer aux 328 milliards de la Grèce, 148 milliards de l’Irlande et 160 milliards du Portugal… et venant s’y ajouter ! Sachant que les plans « Grèce (1 et 2) », « Portugal » et « Irlande », représentent un engagement total de l’EFSF de 236 milliards d’euros [5], l’extrapolation à l’Espagne et à l’Italie du coefficient Concours EFSF / Dette publique calculé pour les trois précédents [6] aboutit à l’estimation (tout à fait grossière) d’un total d’engagement de l’EFSF de 1 150 milliards d’euros… The Economist, qui propose un autre calcul sur la base d’une hypothèse où l’EFSF aurait à couvrir les deux tiers des dettes maturant à l’échéance de 2015, arrive à une estimation d’environ 800 milliards d’euros [7] – toutes estimations à comparer à la capacité actuelle de l’EFSF de 250 milliards d’euros et à sa capacité rehaussée de 440 milliards d’euros (laquelle ne sera active que lorsqu’aura été satisfaite la condition de validation par tous les Etats-membres des décisions du sommet européen du 21 juillet 2011…).

La situation de l’EFSF n’est pas moins grave du côté de ses ressources. Car, par un délicieux effet de vases communicants, les entrants dans la colonne « à sauver » sont ipso facto des sortants de la colonne « sauveteurs » (garants). Le poids des garanties est alors à répartir entre ceux qui restent, et la clause initialement prévue par l’accord-cadre instituant l’EFSF selon laquelle toute sortie d’un contributeur se solderait par une réduction à due concurrence de l’enveloppe globale du fonds ne tient pas une seule seconde : il n’est question que de son insuffisance et de l’augmenter comme on peut. L’Espagne et l’Italie supposées passées du mauvais côté du guichet, ce sont évidemment l’Allemagne et la France qui apparaîtront pour les garants-en-chef [8], mais alors au prix de quelques inquiétudes quant aux dangereux cumuls d’engagements variés (liabilities) auxquels elles sont en train de se soumettre. Alors oui, la France doit déjà lutter pour conserver son triple-A envers et contre la progression de sa propre dette publique interne, mais que sera-ce quand, les défauts européens se succédant, les garanties seront appelées ?...

Or l’effet « collimateur-et-problème » n’est pas près de s’arrêter. Il l’est même d’autant moins que la gestion européenne de la crise depuis mars 2010 fait un parcours à peu près sans faute… de toutes les erreurs possibles à commettre. Juridisme (qui rend difficiles les décisions rapides – à l’image de la montée en puissance de l’EFSF qui devra attendre la rentrée), fractionnement décisionnel du fait du contexte institutionnel et intergouvernemental, et surtout divergences stratégiques profondes, d’où résultent conflits intestins, atermoiements et mauvais gré dans l’exécution. Ainsi l’ajustement des capacités de l’EFSF est-il l’objet d’une épuisante guerre de tranchées pour fléchir l’Allemagne. Mais le pire vient sans doute de la position de la BCE. On lui devait déjà l’invraisemblable psychodrame qui a précédé le sommet de juillet, lorsqu’il s’est agi de décider d’un second paquet grec et qu’elle s’est opposée autant qu’elle l’a pu à toute formule d’implication des créanciers. On lui doit maintenant ses hésitations à endiguer l’extension de la crise souveraine à des débiteurs, l’Espagne et l’Italie, dont on est au moins bien certain qu’ils feront sauter tout le dispositif européen si jamais ils viennent à tomber.

La Banque centrale en effet est la seule à pouvoir se mettre en travers d’une dynamique spéculative naissante, comme celle qui est déjà en train de prendre à parti les taux italiens et espagnols (belges également). Or on ne saurait davantage traîner les pieds que la BCE dans cette affaire-là, en faisant savoir qu’elle n’entendait offrir qu’une solution aussi transitoire que possible avant que l’EFSF « augmenté » soit en charge des opérations de rachats sur les marchés secondaires. Confier des opérations d’intervention et de soutien de cours à un fonds est pourtant le plus sûr moyen d’échouer, car, par définition, un fonds a des ressources limitées, incapables de faire face aux masses de capitaux mobilisables par la communauté des investisseurs, et qu’il s’en trouve bon nombre parmi ceux-ci qui n’ont pas d’autre idée que d’aller « tester » la capacité de l’« intervenant » et de l’amener aux limites. Seule une banque centrale, en tant qu’elle est capable de mobiliser des moyens par définition illimités, est capable d’intimider la spéculation qui sait dès le départ qu’elle n’en verra pas le bout. Le retard à intervenir, le contrecœur manifeste avec lequel elle le fait, et pour finir l’annonce de son retrait programmé : tout concourt à miner le rempart indécis élevé par la BCE pour protéger l’Espagne et l’Italie, comme si personne ne semblait avoir conscience parmi les décideurs européens que nous sommes pour ainsi dire à la dernière station avant l’autoroute – soit en parcourant de l’aval à l’amont les enchaînements prévisibles du désastre : que l’Italie et l’Espagne sautent et tout saute ; que la spéculation contre leurs dettes souveraines ait pris tant soit peu d’ampleur et elle sera inarrêtable ; que les « autorités européennes » ne fassent pas tout pour tuer la spéculation naissante et elle passera le seuil critique…

L’illusion du « miracle fédéraliste »

Légèrement transpirants, les euro-réjouis, ceux-là mêmes qui ont répété pendant deux décennies que l’Europe n’avait rien de libéral, qu’elle était même le bouclier contre la mondialisation, que jamais main de l’homme n’avait produit construction institutionnelle si merveilleusement agencée, fondent leurs derniers espoirs d’éviter la ruine finale sur un miraculeux sursaut politique qui au tout dernier moment accoucherait enfin du « fédéralisme ». Mais cet espoir-là ne vaut pas mieux que tous ceux qui avaient précédé. Car le fédéralisme raisonnablement à portée de main politique sera encore très incomplet – le plus probablement consistera-t-il en la fusion des dettes publiques européennes, ou d’une part d’entre elles, en eurobonds communs et indifférenciés.

Mais c’est faire l’hypothèse héroïque que les marchés oublieraient instantanément que sous la surface commune des eurobonds se tient toujours une pluralité d’émetteurs d’inégales signatures. Les investisseurs savent encore faire la différence du tout et de ses parties, à plus forte raison quand le tout ne peut offrir qu’un degré d’intégration limité et demeure hautement composite. Aussi des eurobonds n’empêcheraient-ils nullement que les analystes continuent de guetter les déficits de la Grèce, du Portugal, de l’Italie, etc. Dira-t-on que les parties seront soumises à de rigoureuses règles encadrant leurs politiques économiques ? Mais c’est redécouvrir exactement l’actuel problème de la zone euro, qui s’est déjà dotée de telles règles… avec le succès que l’on sait. Voudra-t-on imposer d’irréfragables « règles d’or » à tous les Etats-membres ? Mais c’est oublier que, dans des circonstances telles qu’une crise financière géante, la « règle d’or » n’est que la forme constitutionnalisée de l’austérité autodestructrice. Quant à l’idée que l’inscription dans les textes sacrés vaudrait certitude granitique d’application, il suffit d’en parler aux Argentins, qui ont envoyé paître leur currency-board en 2002, tout constitutionnel qu’il fût, pour ne pas même évoquer les multiples offenses dont les traités européens sont déjà silencieusement l’objet.

Mais surtout : pour que le « saut fédéral » soit à la hauteur du problème, il faudrait bien davantage, et notamment une intégration si poussée qu’elle ne laisserait aux nations membres qu’une importance financière résiduelle, le poids relatif de l’Etat fédéral et des Etats fédérés basculant jusqu’à atteindre des proportions équivalentes à celle des Etats-Unis, ou de l’Espagne dans ses rapport avec ses régions – et encore : une possible déconfiture des munibonds, ces titres émis par les Etats et les collectivités locales des Etats-Unis, ne manquerait pas d’attirer l’attention sur l’alourdissement supplémentaire de la dette fédérale, de même que les déficits des régions sont en train de devenir un motif de préoccupation pour les investisseurs exposés aux titres souverains espagnols. Mais qui peut imaginer le surgissement d’un Etat fédéral européen pesant budgétairement autant que les Etats-membres réunis (comme aux Etats-Unis) avec tout ce qu’il appelle de progrès politiques : de vraies institutions politiques fédérales, la constitution d’une citoyenneté politique européenne unique, primant sur les citoyennetés « locales », etc., seules avancées capables de soutenir une politique financière commune ? Ou, plus exactement, qui peut imaginer que ce qu’il faut bien nommer par son nom : un authentique processus constituant, puisse survenir avant que nous ne finissions au milieu des ruines fumantes ?

Par où la sortie ?
Création monétaire et révolution institutionnelle !

Il faut s’y faire : les ruines fumantes, l’insuffisance générale des dynamiques politiques européennes, nous y conduit tout droit. Si l’Espagne et l’Italie basculent, adieu Berthe ! L’EFSF saute comme un bouchon de champagne, la spéculation se déchaîne contre toutes les dettes souveraines, plus aucun dispositif ne peut l’enrayer, une série de défauts importants devient quasi-certaine, les systèmes bancaires européens, puis étasunien, s’écroulent dans un fracas qui fera passer la chute de Lehman pour une animation d’ambiance. Rendu à cette extrémité, il n’y a plus qu’une voie de recours : on ne sortira de pareil effondrement que par une opération de création monétaire inouïe et tout ça se finira dans un océan de liquidités.

Incapables de faire face à leurs engagements de paiement interne, les Etats qui sont en déficit primaire se tourneront vers la banque centrale pour financer leur solde. Mais, sans même s’attarder à la lettre des traités, la BCE est-elle capable de répondre favorablement à une demande de ce genre ? Poser la question c’est y répondre. Tout l’habitus du banquier central européen s’y oppose. Dans ces conditions, les pays concernés reprendront barre sur leur banque centrale nationale, de fait extraite du SEBC (le Système Européen de Banques Centrales), pour lui faire émettre des euros en quantité ad hoc. A ce moment précis, constatant l’apparition dans la zone euro d’une source de création monétaire anarchique, affranchie des règles du SEBC, donc susceptible de mélanger ses euros impurs aux euros purs (et par là de les corrompre), l’Allemagne considérera que le point de l’intolérable a été atteint et, faute d’avoir les moyens d’exclure le(s) contrevenant(s) [9], jugera que sa propre conservation monétaire lui fait devoir de quitter les lieux. Fin du voyage pour l’euro, en tout cas dans sa forme originelle.

Mais la création monétaire massive sera également nécessaire pour ramasser les banques effondrées, puisque cette fois-ci, par construction, il ne faudra pas compter sur les bonnes grâces des finances publiques… Recapitalisation et garantie des diverses catégories de dépôts (sous un certain plafond, par là doté de bonnes propriétés de justice sociale : il y a des très riches qui vont beaucoup perdre…) se feront par émission monétaire.

La garantie des dépôts n’entraîne d’ailleurs pas nécessairement une création monétaire nette : s’agissant des dépôts à vue, elle viendrait simplement compenser la destruction monétaire qui suivrait de l’effondrement des banques et de la perte des encaisses en comptes courants. S’agissant des produits d’épargne, la garantie, si elle est crédible, n’a pas à être tirée : la banque n’était qu’un intermédiaire, si les comportements des déposants restent stables (comprendre : ne versent pas dans le run bancaire), il suffit d’attendre normalement l’arrivée à maturité des créances sur les débiteurs finaux (les agents à qui les fonds épargnés avaient été passés) pour que se débouclent toutes ces opérations sans qu’il soit besoin d’intervenir [10]. Quant aux recapitalisations bancaires, elles peuvent se faire par le truchement même des concours que la Banque centrale devrait de toute manière accorder aux banques privées pour les maintenir dans la liquidité : au lieu que ces concours prennent la forme usuelle de crédits, il consisteraient en avances non remboursables dont la contrepartie serait des titres de propriété, inscrits comme participation au bilan de la Banque centrale et comme fonds propres à celui des banques privées. Sous ces deux précisions, il en restera sans doute encore pour hurler au désastre de la création monétaire. On leur demande simplement d’essayer de se figurer la situation dans laquelle toutes les banques sont écroulées et les finances publiques définitivement incapables d’y remédier – puis de déclarer ce qu’ils auraient d’autre à proposer.

Par une ironie dont l’histoire a le secret, le néolibéralisme pourrait donc bien mourir par sa dénégation préférée : la dette – dont il n’a cessé de crier les dangers… quand tous ses mécanismes conduisaient à son emballement généralisé. La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi. Mais lorsqu’il ne reste plus qu’elle pour extraire un corps social du dernier degré de la ruine – et il ne faut pas douter que l’effondrement bancaire total nous ramènerait en quelques jours à l’âge de pierre –, lorsque, donc, il ne reste qu’elle, il ne faut ni en diminuer les possibilités ni en exagérer les périls.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré. A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine [11], avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements [12] ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit [13] ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation [14]. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

Notes

[1] IMF Country Report n° 11/220 (PDF), juillet 2011.

[2] McKinsey Global Institute, « Debt and deleveraging. The global credit bubble and its economic consequences – updated research » (PDF), 2011.

[3] Voir Frédéric Lordon, Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, épilogue, Raisons d’agir, 2008.

[4] Voir sur ce blog « La dette publique, ou la reconquista des possédants », 26 mai 2010.

[5] 45 milliards pour l’Irlande, 52 milliards pour le Portugal, 80 milliards pour Grèce-1, 59 milliards pour Grèce-2 (qu’on estime grossièrement à partir du total du paquet Grèce-2 de 109 milliards dont on retranche les 28 milliards de recettes de privatisation, soit 81 milliards d’euros, auxquels on applique un « coefficient de participation » des institutions européennes égal à celui de Grèce-1 – ce dernier était de 80/110, les 30 résiduels étant pris en charge par le FMI).

[6] Ce coefficient moyenné sur la Grèce, le Portugal et l’Irlande est de (45 + 52 + 80 + 59)/636, soit 0,37.

[7] « Bazooka or peashooter », The Economist, 30 juillet 2011.

[8] Dans la configuration originelle de l’EFSF (mai 2010), elles portaient déjà respectivement 27% et 20% du total des garanties.

[9] Puisque, curieusement, le traité de l’UE ne contient aucune disposition permettant l’exclusion d’un Etat membre.

[10] Evidemment, il y aura création monétaire nette à concurrence de la part des épargnes ayant pour contrepartie le débiteur souverain puisque celui-ci aura fait défait sur sa dette.

[11] Et cela quelle que soit la circonscription territoriale de cette souveraineté. A propos de ce débat, voir sur ce blog « Qui a peur de la démondialisation ? », 13 juin 2011, et dans Le Monde diplomatique d’août, actuellement en kiosques, « La démondialisation et ses ennemis ».

[12] Voir sur ce blog « Au-delà de la Grèce : déficits, dettes et monnaie », 17 février 2010.

[13] Voir sur ce blog « Pour un système socialisé du crédit », 5 janvier 2009 (également in La Crise de trop, Fayard, Paris, 2009).

[14] Voir sur ce blog « Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières », 23 avril 2008 (également in Jusqu’à quand ? Pour en finir avec les crises financières, Raisons d’agir, Paris, 2008) ; et aussi « Si le G20 voulait... », 18 septembre 2009.

482 commentaires sur « Le commencement de la fin »

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  • permalien Gracchus :
    11 août 2011 @20h11   »

    Après cette lecture y voit plus clair quant à la situation et aux solutions. On s’en souviendra au moment de voter dans quelques mois, si ce vote a encore un sens après une telle accélération de l’histoire. Merci aussi M. Lordon de nous donner les arguments pour dénoncer le dogmatisme ordo-libéral des dirigeants allemands et de Trichet, le plus allemand des français, ainsi que le suivisme d’un Sarkozy, sans passer pour les germanophobes que nous ne sommes pas. Mais y en a marre, il faut mettre les mots sur les choses, et arrêter de croire que c’est la Chine qui est responsable en dernière instance.

    Merkel, Sarkozy, Trichet et quelques autres devant un tribunal européen de salut public ! On a encore le droit de rêver !

  • permalien Grand Chauve :
    11 août 2011 @21h04   « »

    Merci pour ce texte très intéressant - comme toujours !
    Je ne sais pas si je suis plus rassuré ou plus inquiet ! Au final la lumière est au bout du tunnel, dommage de passer par l’auto-destruction pour en arriver là...

    Cela semble tellement évident que les politiques d’austérités sont vouées à l’échec que je ne comprends pas pourquoi les politiques et les financiers s’entêtent à les proposer comme une panacée...
    La seule explication que je vois est qu’ils ont un intérêt personnel direct à vendre les "bijoux de famille" - collusion des élites publique & privées pour ne pas dire franchement corruption.
    Cela fait trop théorie du complot pour me plaire... quelle autres possibilités y aurait il ?

    L’autre question qui me viens à l’esprit est que faire en tant que simple mortel ?
    Cela semble un peu tard pour acheter de l’or ! Les banques étant vouée à l’effondrement faut-il vider son compte et stocker l’argent sous le matelas ?
    Ou alors investir dans l’immobilier dans la banque la plus spéculatrice possible. Comme ça quand elle va faire faillite je n’aurais pas besoin de rembourser et j’aurais une maison gratuite ?

    Quelque chose me dit que ça ne marche pas ça... dommage j’aime beaucoup l’idée !

  • permalien Véronique :
    11 août 2011 @21h10   « »

    Gageons que des journalistes vont défendre jusqu’à la fin l’oligarchie phynancières, regardez : http://vanessa-schlouma.blogspot.co...

  • permalien laurent :
    11 août 2011 @21h59   « »

    Une autre possibilité pour la chute du "commencement de la fin" est que les financiers avec l’aide des politiques prennent le pouvoir et saisissent pour se payer. L’outil de production, les routes, les plages, les stations de ski, l’air, l’eau qu’on respire seraient à eux. Une bonne reformulation du problème du style il faut en passer par cette spoliation pour que les générations futures ne soient pas endettées. La fin justifiera les moyens mais en réalité ce qu’ils veulent obtenir ce sont les moyens (tout pour eux et rien pour les autres !). Ne négligeons pas la stratégie "diviser pour mieux régner", allier à la novlangue néolibérale. Cela peut faire des ravages.

    Rien ne prouve qu’un mouvement insurrectionnel sortira vainqueur de cet affrontement. De plus le mouvement insurrectionnel ne sera peut être pas unique et là on peut être vraiment inquiet.

    En résumé suis je parano ou bien est ce que je dois commencer à stocker du riz ?

  • permalien evariste :
    11 août 2011 @22h17   « »

    L’article est très intéressant et très complet.Je suis novice en économie mais il me semble qu’une solution est d’éponger purement et simplement la dette .A partir de là , on recommence un cycle de trente ans de déficit etc ...Après tout l’ argent ne fait pas le bonheur ( quoique....)

  • permalien Gladiador :
    11 août 2011 @22h31   « »

    Quelle joie de pouvoir vous lire en un moment si important de décomposition de l’économie. Moi je vois tout ceci plutôt comme la fin du commencement. Tant qu’il n’y aura pas un défaut, une banqueroute ou une faillite qui entrainera tout le système ce ne sera pas le commencement de la fin.
    Merci encore

  • permalien ºC :
    11 août 2011 @23h02   « »
    Le saut fédéral

    « Mais surtout : pour que le « saut fédéral » soit à la hauteur du problème, il faudrait bien davantage, et notamment une intégration si poussée qu’elle ne laisserait aux nations membres qu’une importance financière résiduelle, »

    Les chiffres des transferts inter-états aux Etats-Unis dans ce billet :

    cassure1974.blogspot.com/2011/08/peril-de-leuro-3-le-sens-des-priorites.html

    répondant à un article de Hubert Védrine (HV), avec pour conclusion :

    Avec un problème (le déséquilibre macro-économique de l’euro) qui n’est pas clairement posé, sinon pas des allusions en biais, il n’est pas étonnant que HV passe à côté de la solution : un budget fédéral qui, de par ses transferts automatiques entre états, assurerait un meilleur équilibre de l’ensemble et, peut–être, mais ce ne serait pas un miracle, stopperait l’hémoragie dans les pays périphériques. S’il a raison de soulever les questions de « subsidiarité », de « légitimité démocratique » etc., cela doit venir en 2ème analyse. Ce n’est pas un jugement de valeur mais une nécessité pratique : s’il juge que la solution implique un transfert de souveraineté que les peuples ne sont pas prêts d’accepter, alors il faut changer encore plus radicalement de système : laisser la périphérie sortir de l’euro.

  • permalien Las :
    11 août 2011 @23h02   « »

    Merci pour cet article qui, comme les autres, sort du prêt à penser
    dans lequel on nous enferme. " La création monétaire massive n’est pas une perspective réjouissante en soi." Quelles sont les conséquences d’ une telle perspective de creation de liquidité abondante ? Celle d’ une inflation galopante comme l’a connue l Allemagne dans les années 20 et s est soldée par un... défaut
    de paiement de cet état quelques années plus tard ? Celle d’ un écrêtement voire d’ une saisie de l’épargne de tout a chacun pour prêter de " force" à notre propre etat ?

  • permalien desInfos :
    11 août 2011 @23h12   « »
    Quel malheur !

    F. Lordon n’a pas cité cet article lorsqu’il parle des agences de notations comme acteurs politiques et non économiques !
    http://eco.rue89.com/2011/07/12/les...

  • permalien jimmy :
    11 août 2011 @23h15   « »

    J’attendais votre contribution / éclaircissement sur l’actualité récente avec impatience : je ne suis pas déçu ! Merci
    Ces évènements ouvrent des perspectives improbables et imprévisibles pour les prochaines présidentielles et promettent sans doute pas mal de surprises...

  • permalien Jean-Michel :
    11 août 2011 @23h25   « »

    Vivement le dénouement, et même si nous avons tous beaucoup à perdre dans cette histoire, l’avenir a tout à y gagner ...

  • permalien lolo2105 :
    11 août 2011 @23h37   « »

    Pourquoi ai-je donc fait des enfants ?

  • permalien gillesr :
    12 août 2011 @00h00   « »

    Bonjour,

    Vous êtes cité dans un article du Monde, M. Lordon !!

    Les journalistes du Monde auraient-ils enfin eu le début du commencement de l’idée qu’ils se pourraient qu’ils racontent un tas d’âneries

  • permalien polux :
    12 août 2011 @02h29   « »

    1) L’or peut facilement se stocker chez soi et il n’en faut pas autant que cela, le kg vaut plus de $50k ce qui est largement suffisant comme assurance en cas d’effondrement économique.
    2) Pour ce qui est de la liquidité on en reparlera quand l’économie s’écroulera car ce jour les commerçants ne vendront qu’aux personnes qui détiennent de vraies valeurs et pas à ceux qui détiendrons du vulgaire papier ou des cartes en plastiques.
    3) Non l’or n’est pas une rémanence fétichiste métallique, l’or c’est l’ultime forme de payement et quand la civilisation s’effondrera il vaudra mieux détenir un peu de cette relique barbare.
    4) Il n’est jamais trop tard pour acheter de l’or et voici pourquoi.
    a) L’économie s’effondre et vous avez un moyen d’échange.
    b) L’économie redémarre, votre or vaut peut-être moins que ce que vous l’aviez payé mais vous conservez votre travail et votre salaire, vous n’avez donc pas vraiment perdu.
    L’or est une assurance et c’est uniquement de cette façon qu’il faut le voir, certains préférerons acheter des conserves mais l’or ça se transporte comme même mieux.

  • permalien jacques :
    12 août 2011 @02h35   « »

    Entre temps nous avons laissé tout notre tissu industriel soit faire faillite soit partir ailleurs. Et ce qui reste ne nous appartient même plus.
    La pente à remonter va être raide comme disait l’autre. Avec comme nouveau grand tyran global la Chine et comme petit tyran local l’Allemagne. Merci pour tout messieurs. Votre folie de trente ans nous aura laissés léssivés.

  • permalien jc :
    12 août 2011 @02h36   « »

    l’économie est la seule science humaine crée par l’homme qui étudie un phénomène crée par l’homme et que personne ne comprend !!( il suffit de lire deux économistes pour s’en rendre compte, a par vous)
    pour une raison très simple : elle n’a pas de repère, pas de point zéro. Quelle valeur ne fluctue pas a la bourse ?

  • permalien gosselent :
    12 août 2011 @03h28   « »
    Le Commencement de la Fin de la Guerre au Terrorisme

    En situant la dette publique US comme problème, la décote énoncée par S&P a au moins le premier mérite de rendre de moins en moins probables des aventures guerroyantes comme celles d’Irak ou d’Afghanistan - notamment en Iran - et quoiqu’en pourrait objecter Israël.

    Un souci de moins pour la planète.

    "Amis" US du Tea Party, continuez sans relâche à rétrécir le rayon d’action des Marines, je ne vous en mépriserai pas moins ni ne vous en estimerai pas plus, mais cela fera autant que les petits cochons n’auront pas

  • permalien gosselent :
    12 août 2011 @03h53   « »
    La Règle d’Or : Le commencement de la fin des Critères de Convergence

    Avant la Règle d’Or, il y avait des Critères de Convergence concernant l’endettement des États (les fameux "3%"), critères que la France - celle de Sarkozy entre autres - a régulièrement demandé à pouvoir contourner.
    Pourquoi graver dans la Constitution des critères auxquels on a régulièrement évité de se conformer ?
    Mystère ?!
    Pas du tout.
    Il s’agit de solennité. Purement médiatique.

    Les critères qui devraient être gravés dans la Constitution ce sont des critères 1) intergénérationnels 2) de solidarité entre classes sociales
    Bref : exactement ce qu’on n’a pas gravé dans le traité européen de 2005 (Maastricht ?) - pour l’application duquel j’ai voté Non, cela va sans dire.

  • permalien gosselent :
    12 août 2011 @04h15   « »
    Le commencement de la fin par "Le Chaos Cognitif"

    C’était en fait déjà la raison avancée dans la note de mise sous surveillance négative d’avril dont le fond tient génériquement que le dissensus démocratique est un problème – et en effet : on ne sait pas à l’avance ce qui va en sortir ! A la vérité, ça n’est pas tant qu’on ne sache pas qui inquiète la finance que la possibilité qu’il sorte autre chose que ce qu’elle désire – un programme fermement anti-finance de marchés s’annoncerait-il comme issue certaine du débat démocratique, il y a tout lieu de croire que la finance n’aimerait pas cette certitude-là.

    C’est là le premier chaos cognitif de la Finance : elle prétend gérer le risque mais ne peut s’accommoder de celui - irréductible - qui entoure le fonctionnement démocratique indispensable à son propre fonctionnement.

    La Démocratie présente intrinsèquement une part d’imprédictibilité, qui même lorsqu’elle est encadrée par des sondages d’opinion, est intrinsèquement respectée comme inaliénable au processus démocratique : les sondages ne peuvent paraître le ou les jours précédant un scrutin ; les résultats des scrutins de l’Est ne peuvent être publiés avant la fermeture des bureaux de vote à l’Ouest.
    Le vote est intrinsèquement imprévisible, entre autre afin de préserver l’intérêt des électeurs.

    Ceci, la Finance le vit mal. Le vote devrait - du point de vue de la Finance - idéalement donner un résultat "transparent" financièrement, sans heurts ni changements de politique à son endroit.

    La Finance vote avec ses notes de crédit. Les électeurs doivent suivre. Voire : serait-il vraiment nécessaire qu’ils votent si le résultat devait être prévisible ?

    La Finance s’accommoderait-elle mieux d’un système de type Chinois ? Pas de vote imprévisible. Une planification qui enjambe les législatures.
    N’y a-t-il pas à moyen terme un risque de perdre une indépendance de point de vue ?
    La Finance est prête à tenter l’Expérience, celle du Capitalisme à la Chinoise.

  • permalien le journal de personne :
    12 août 2011 @05h00   « »

    Plus d’A Plus !

    Il n’y a plus d’A plus !
    Plus rien dans les caisses
    la température monte, et la vue baisse
    Alors ? je saute ou je ne saute pas ?
    si je réfléchis, je ne saute pas...
    si je ne saute pas, je cède le pas !
    et la roue continue de tourner...

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/08/plus-da-plus/

  • permalien François :
    12 août 2011 @06h32   « »

    Brillante analyse, une fois de plus, de Frederic Lordon.

    La finance me fait penser à l’aviation. Imaginons que les financiers soient dans un avion au bord du decrochage, perdant un peu d’altitude, et que leurs recommandations visent à élever l’avion le plus haut possible. Subitement les décideurs financiers exigent que l’avion reprenne immédiatement de l’altitude, et somment le pilote de le cabrer en prenant de l’assiette au maximum vers le haut. Et BLAM l’avion decroche, chute comme un fer a repasser, et tout le monde meurt. Et oui, quand un avion decroche et perd de l’altitude, il faut d’abord piquer et donc accepter de perdre encore davantage d’altitude afin de reprendre de la vitesse, pour ensuite seulement redresser l’appareil. C’est pareil en économie avec la relance/austérité. Pratiquer l’austérité c’est cabrer l’économie et faire décrocher le pays. Un pilote averti relance au contraire quand les finances du pays sont au bord du décrochage.

  • permalien sdz :
    12 août 2011 @08h24   « »

    Il y avait bien un problème sur la dette publique, ne serait-ce que parcequ’il y a des acteurs pour spéculer dessus et parceque c’est un outil d’asservissement des peuples !

    Cela fait donc 3 ans d’avance pour ce qui est devenue l’IRC...

    Quant au système inextricable de l’UE, une lame bien tranchante, probablement allemande, saura trancher tous les noeuds ! On songe alors que Sarkozy avait toutes les cartes en mains pour remettre à plat le système, mais qu’en idéologue-larbin au service d’une caste il n’a pas eu le moindre geste efficace pour la France, la République et les Français.

    Il y a également une élipse autour des conséquences géopolitiques d’un défaut ou d’une politique de monétisation forcenée : l’effondrement de nos pays sur la scène internationale, le chaos et les guerres.

    Pour le retour au Franc non pas sur un système classique mais sur un système dual, cf blog IRC

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien Nathan :
    12 août 2011 @09h44   « »

    Ce qui est un peu comique avec l’article de M. Lordon, c’est qu’il se termine par la description cataclysmique d’un effondrement généralisé du système financier (notamment en Europe) mais que miraculeusement, de ce chaos émergera, comme par magie, un autre système, plus raisonnable, mieux adapté, plus soucieux du bien-être des personnes et des peuples.

    Pourquoi M. Lordon ne va-t-il pas jusqu’au bout de son raisonnement et déduire que le chaos entraînera la guerre et le néant ? Pourquoi après avoir déroulé son fil logique, se met-il subitement à nous raconter un conte pour enfants ? Car on ne voit pas bien où M. Lordon compte trouver des forces, des moyens et des principes pour construire son nouveau monde sur les ruines de l’ancien.

  • permalien piaguet.one@gmail.com :
    12 août 2011 @09h49   « »

    L’éco des affects explique assez bien ces phénomènes (Citton, Lordon et al, 2008) et les cycles (décisionnels) spinoziens selon Matheron, 1969. Encore merci.A-Y Piaguet.

  • permalien pierrot123 :
    12 août 2011 @09h52   « »

    Très forte analyse.
    Profonde, quasi-exhaustive, tout en restant accessible.Bravo.

    Un seul bémol de ma part : Je vous trouve beaucoup trop optimiste.

    David Cameron vient en effet de se dire prêt à envoyer l’armée, si le petit peuple Anglais ne baisse pas la tête...

  • permalien mattam :
    12 août 2011 @09h58   « »

    Merci merci Frédéric, enfin une synthèse claire et fournie ! J’éspere que vous avez déjà pris vos vacances.

  • permalien Thomas Lornet :
    12 août 2011 @10h11   « »

    Bonjour Mr Lordon,

    Excusez-moi de ne pas avoir encore pu lire en entier cet article. Je le ferai, c’est sûr, comme je l’ai toujours fait avec un immense plaisir dans les colonnes du Diplo que je reçois chaque mois depuis longtemps.

    J’ai tout simplement une question. Que pensez-vous du dividende universel, appelé aussi revenu de base, revenu universel, revenu de vie ?
    Je parle du revenu de vie financé par création monétaire décentralisée, qui considère chaque citoyen comme émetteur de monnaie.
    Voici un site web très fourni sur le sujet : creationmonetaire.info

    Merci à vous pour tous vos articles.

    Thomas

  • permalien Marie-Anne :
    12 août 2011 @10h11   « »

    Quand on pense que de droite comme de gauche tous nos "responsables" politiques se drapent dans le sérieux, le réalisme, pour nous adjoindre de nous soumettre aux diktats de ces agences de notation....

    C’est tout de même ahurissant : c’est aux pouvoirs publics d’être au-dessus des intérêts privés, et non l’inverse...

    C’est tout de même ahurissant que tout le monde (chez les gens qui nous font la morale au nom du sérieux, de la responsabilité, du réalisme...) oublie que toutes les banques américaines dont les faillites retentissantes disposaient toutes de la note AAA avant leur chute.

    Personne (toujours chez les gens sérieux...) ne met en cause le fait que ces agences de notation qui sont devenues maintenant les références suprêmes n’ont rien vu venir ...

    http://blog-citoyen.over-blog.fr/ar...

  • permalien gégé :
    12 août 2011 @10h17   « »

    Article intéressant mais incomplet.

    L’auteur oublie la possibilité d’effacer la dette par l’inflation. Ce qui aurait pour effet bien entendu de ruiner les petits épargnants (sauf ceux qui sont eux-même endettés !).

    Ce sera la solution choisie. Tout le monde y pense, personne ne le dit.

  • permalien Pierre-Igor :
    12 août 2011 @10h29   « »

    Bonjour, Monsieur Lordon,

    Tout-à-fait hors sujet, je voulais vous dire que j’ai acquis récemment votre "Intérêt souverain" et que la préface inédite est un texte absolument décoiffant pour un père qui élève des enfants adolescents dans la société contemporaine !

    Merci de votre travail remarquable.

  • permalien sinziana :
    12 août 2011 @10h32   « »

    J’aimais bien vos textes, votre humour, votre style, mais vous n’allez nulle part. Comme tous les économistes (et en fait même comme à peu près tout le monde, des indignés à Le Pen, en passant par Chavez, les "socialistes" français, Obama, l’UMP, etc. etc.), vous dénoncez les soi-disant méfaits du vilain néolibéralisme... pour mieux sauver le "gentil" système capitaliste "qui nous a tant apporté".

  • permalien rebus :
    12 août 2011 @10h39   « »

    Oui la catastrophe est au bout du tunnel. Si mes connaissances financières et bancaires sont primaires, il me suffit de lire et de m’arrêter aux passages obscurs pour les relire. Le sens général me semble limpide : la dérégulation générale de la finance a été et reste le dogme du néo libéralisme. La dette est montrée du doigt par les opérateurs financiers, mais c’est surtout pour eux la dette des autres. Le mistigri passant de mains en mains, l’important pour eux, c’est le résultat final : l’endettement des Etats qui justifie la privatisation généralisée des services publics et l’asservissement des peuples. Si les banques sont dans le rouge, elles savent qu’elles seront refinancées si elles ne sautent pas (pour certaines). Les pauvres et classes moyennes paieront la note. De ce point de vue, le système est bien rôdé.

    Les grandes agences de notation, elles, jouent pour les Etats Unis contre l’Europe dans un projet politique global : Si la note des Etats Unis est dégradée, nul doute que tous les maillons faibles Européens tomberont les uns après les autres. L’Europe sera alors obligée à terme de se "solidariser" avec les Etats Unis dans une forme politique nouvelle qui sera en fait une sujétion totale. Les Etats Unis à l’origine de la crise ne seront touchés qu’à la marge, malgré leur 15% de citoyens tombés dans la plus extrême pauvreté.

    Cette dégradation de la note Etatsunienne est en réalité un vrai bonheur pour l’establishment des Etats Unis dans une suite logique depuis 20 ans, mais surtout depuis 2007 (crise financière, réintégration de la France dans l’OTAN, impuissance Européenne, guerres coalisées néo coloniales, désignation de l’islam en bouc émissaire commun, gouvernement de peur généralisée, etc...)

  • permalien Bigtof :
    12 août 2011 @10h56   « »

    Pour paraphraser Clémenceau :
    "La finance est une chose trop grave pour la laisser aux financiers et aux banquiers"

  • permalien Nathan :
    12 août 2011 @11h44   « »

    Personnellement, je pense qu’il faudrait faire une sorte de psychanalyse ou du moins un portrait psychologique de nos économistes.

    Nous avons, par exemple, M. Lordon, qui croit qu’un nouvel ordre bienfaisant peut sortir d’une sorte de chaos final (panique bancaire, ruine généralisée, envoi de la troupe pour garder les banques, guerre civile, famine et pillage, etc). M. Lordon ironise sur la pertinence des solutions qui sont préconisées par d’autres, déclarant qu’il ne s’agit que d’emplâtres sur une jambe de bois. Il estime qu’il ne s’agit que de fausses solutions et il va même jusqu’à dire que le fait de poser la situation actuelle en termes de problèmes et de solutions ne fait que servir les intérêts des puissants. En revanche, il s’imagine, tel un conte de fées, qu’à la fin de l’histoire, les solutions émergeront du chaos et que le prince charmant et la bergère vivront heureux et auront beaucoup d’enfants.

    Nous avons aussi, dans un autre genre, M. Elie Cohen, entendu ce matin sur les ondes de France Inter. Lui, c’est autre chose. A l’inverse de M. Lordon, il ne tente jamais d’expliquer les mécanismes sous-jacents des phénomènes économiques. Il se contente de décrire la réalité (ce qu’un simple journaliste est capable de faire) mais ce qui est singulier en ce qui le concerne, c’est que le simple fait que cette réalité existe la justifie à ses yeux. Par exemple, l’existence de la spéculation. Elle existe, elle s’explique donc elle est nécessaire. M. Cohen est une sorte de Zelig, capable dire des choses différentes en fonction de ses interlocuteurs. Il est même capable de dire des choses contradictoires dans la même phrase, sans y voir la moindre contradiction. Par exemple, ce matin, il a déclaré dans le même souffle que pour “calmer les marchés”, le gouvernement Sarkozy avait bien fait de s’engager ouvertement à réduire les déficits mais que malheureusement, cette promesse se fondait sur des estimations de croissance beaucoup trop optimistes, ce qui revient à dire que l’engagement en question est un pur serment d’ivrogne. Pas de problème, on est vite passé à un autre sujet.

  • permalien Romuald :
    12 août 2011 @12h04   « »

    Enfin des nouvelles réjouissantes ! Le suicide des financiers (non, non je ne demande pas qu’ils sautent par les fenêtres), la cupidité de ces petits Midas récompensée au delà de toutes espérances ! Mais que fera Dionysos et où est le Pactole ?

  • permalien
    12 août 2011 @13h07   « »

    Vous nous annoncez la fin du capitalisme ultra libéral et je suis en accord avec cette idée, car il est de la pulsion de mort qui s’oppose à la pulsion de vie. Pour les capitalistes, la richesse de quelques un, doit nourrir une minorité au dépend de la majorité des peuples. Qu’ils crèvent si je vie, tel est leur dogme. Rien de leurs idées et de leurs actes ne va vers la construction de ce qui de la vie se fait pour qu’elle soit. Vous dites qu’ils tuent ce qu’ils vivent et les faits le montre. Quand sera-t-il de ce non avenir qu’ils nous proposent ? Personne ne le sait. Ce que je souhaite, c’est que l’irraison meure et que la pulsion de vie gagne face à la folie. Il n’est pas de pensée qui ne soit pensable. Je pense donc que cela aura une fin, car tout ce qui est de la pensée humaine a une fin. Vous auriez dit à la Rome toute puissante que sont hégémonie aurait une fin, elle ne l’aurait pas cru. Pourtant l’histoire lui a donné tord. Toute surpuissance s’éteint d’elle même. L’entropie des faits ne dit que l’entropie des idées. Si je suis cette idée, je dis que du désordre(Il y en a beaucoup) il surgira un nouvel ordre qui lui-même disparaîtra un jour. Ce n’est que la vie agité du monde humain qui n’est pas le monde, puisque en dehors de lui, ça vie toujours et ça vie en dehors de lui qui est souvent sans vie. C’est cela l’illusion du capitalisme, croire que, en dehors de lui, il n’y a pas de vie. Laissons-le, puisqu’il aime l’idée qu’il mourra et que nous n’y pouvons rien. Bernard Le Gac.

  • permalien BA :
    12 août 2011 @13h27   « »
    Grèce : c’est de pire en pire.

    Vendredi 12 août 2011 :

    Grèce deuxième trimestre : aggravation de la contraction du PIB sur un an (- 6,9 %).

    Le produit intérieur brut (PIB) grec s’est fortement contracté au deuxième trimestre 2011 de - 6,9 % par rapport à la même période en 2010, contre - 5,5 % au premier trimestre, selon les estimations provisoires publiées vendredi de l’Autorité des statistiques grecques (Ase).

  • permalien Le Monolecte :
    12 août 2011 @13h35   « »
    Le fin du fin

    Sinon, dans un louable soucis d’autodéfense mentale, je "conseille" de scruter ce délicieux nid de libertaproutiens, histoire de bien comprendre comment pense l’ennemi et avec quelle grille de lecture il voit le monde : http://www.contrepoints.org/
    Édifiant.

  • permalien Pierre S. :
    12 août 2011 @13h45   « »
    Trop long ...

    Ce texte aurait mérité d’être raccourci à :

    "La dette des Etats explose [...] en moyenne période, sous l’effet de la contre-révolution fiscale [...] qui réduit la contribution du capital et des plus fortunés".

    Ce qui fait gagner du temps.

    de plus il y a une contradiction manifeste, il me semble, entre le passage sur le "bootstrapping" et

    "Car si la contradiction patente entre politiques d’austérité et relance de la croissance (qui en fait peut seule stabiliser les ratios Dette/PIB) est en effet intordable instantanément, elle pourrait cependant être résolue intertemporellement, mais à la condition bien sûr d’être capable de projection dans un horizon de moyen terme – c’est-à-dire de patience."

  • permalien rebus :
    12 août 2011 @13h52   « »

    Le Monolecte
    Intéressant, mais qui est derrière ce torchon appellé Contrepoints ?

  • permalien Philippe :
    12 août 2011 @14h04   « »

    définition Larousse en ligne :
    trillion : nom masculin (de tri-, d’après million).
    Un million de billions, soit 10 puissance 18.

    ici, il s’agit "seulement" de billions (10 puissance 12). mais c’est un bon score quand même...

  • permalien une bille :
    12 août 2011 @14h18   « »
    L’éternel commencement de la fin sans fin

    Que de mots !

    Difficile de décrire une situation en contournant son élément essentiel, en l’occurrence, ici, la baisse tendancielle du taux de profit.

    Que 14-18 ait remis les compteurs à zéro ou que Keynes ait relancé la demande par l’augmentation de l’endettement des états, ou que le néolibéralisme l’ai fait par l’endettement des ménages, il n’empêche que tant que la production se fera indépendamment de la demande, les profits seront bouffés par les stocks.

    Si on n’arrive pas à sortir de ce système imbécile, on peut toujours se consoler en se disant que quelque part en Éthiopie, il doit bien encore y avoir un ou deux pékins à qui on peut encore refiler un Blackberry®.

  • permalien wykaaa :
    12 août 2011 @14h24   « »

    Juste une petite remarque.Cameron en Angleterre et certainement d’autres après lui, dans nos magnifiques démocraties, sont prêts à faire comme le "président" syrien au cas où le peuple se révolte.

  • permalien Arnould :
    12 août 2011 @14h40   « »

    @ Gégé : la création monétaire telle que décrite dans cet article, ce n’est pas l’inflation, c’est l’hyperinflation. Et selon l’auteur ça viendra après la faillite des grandes banques.

    A ce sujet quelque chose me chiffonnait depuis quelques années : comment multiplier par 10 (par exemple...) la quantité de monnaie en circulation tout en procédant -simultanément- aux remboursements prévus par le fonds de garantie bancaire jusqu’aux différents plafonds nationaux ? J’ai été voir les textes qui sont publiés sur internet. En fait il est laissé au fonds jusqu’à 6 mois pour rembourser, bien entendu après réception des demandes par lettres avec A/R et tous les justificatifs. C’est largement le temps nécessaire pour multiplier par 10 (ou 100 ou 1000..) la quantité de monnaie en circulation. J’ai ma réponse, je suis soulagé !

    Tout ce que je me demande maintenant, c’est si le taux des livrets A suivra exceptionnellement, pour éviter l’insurrection ? Pour le moment la réponse est non puisque ce taux lui aussi n’est réactualisé que tous les 6 mois....

    Mais nous pouvons dormir tranquille car "pas un épargnant ne perdra 1 Euro" même si la baguette de pain pourrait bientôt coûter 10 Euro (ou 100 ou 1000...).

  • permalien Mark. S :
    12 août 2011 @15h15   « »

    Rebus

    Une association apparemment, liberaux.org. Ca semble être la tête de pont des néolibéraux sur Internet, dans le même genre qu’Atlantico.

    http://www.contrepoints.org/a-propos

  • permalien iFOCUS :
    12 août 2011 @17h20   « »

    Cet article est très intéressant, il reprend le mécanisme de la crise et en traite les conséquences. Seulement, le ton catastrophique n’est la que pour appuyer le trait. N’oublions pas que cette situation n’est pas tant condamné qu’elle n’y parait. La gestion de la dette est une problématique qui existe depuis longtemps maintenant. Les pays qui se retrouvent dans l’oeil du cyclone vont à travers une meilleure gestion de leur finance publique retrouver la confiance des marchés dans plusieurs années. L’Europe se doit de les soutenir financièrement en rachetant leurs dettes et doter ce fond de plus de moyen. Un peu comme le fonctionnement d’une banque avec sa banque centrale , chaque état cotisera pour ce fond en fonction de son PIB.
    Les Etats Unis subissent une dégradation justifier, le problème n’est pas tant qu’ils soient rétrograder, mais que cela intervienne seulement maintenant. Ils ont fait tourner la planche a billet pour noyer leur dette et toujours dépenser plus sauf que cela n’est plus possible. Le problème est de les avoir laissé prendre à çe point le monopole économique après la seconde guerre mondiale, ce qui provoque des secousses sismiques énormes à chaque difficulté que rencontre ce pays.
    N’oublions pas que le capitalisme aidé par le libéralisme à apporter des bénéfices énormes à notre société occidentale. Elle a accompagné l’ère post industrielle au-dela de toutes nos espérances.

  • permalien Bumble Bee :
    12 août 2011 @17h48   « »

    Salut les gars,

    J’ai une question, les phrases suivantes sont vraies :
    - vous, lecteurs du Diplo, pensez que Sarkozy est libéral
    - Le Monde Diplomatique est cofondateur de l’association ATTAC
    - ATTAC est née sur une proposition unique, la Taxe Tobin, et est une organisation anti-libérale
    - Sarkozy défend comme un beau diable la Taxe Tobin, après que son mentor ait mis en place quelque chose de comparable, la taxe sur les billets d’avions.

    Comment ces 4 phrases peuvent-elles être vraies simultanément ?

    Bumble Bee

  • permalien ça-ira :
    12 août 2011 @18h11   « »

    Le sentiment qu’on a de sa propre liberté prend un coup dans l’aile quand on voit tous les "affects tristes" qui vont se conjuguer pour nous pourrir la vie : La rapacité des acteurs de la Finance, la collusion du politique avec les classes dominantes, l’absence d’organisations qui auraient la capacité de mobiliser les populations contre leur dépouillement, l’arsenal nucléaire prêt à servir si tout dégénère comme on le dit plus haut.

    Des débuts de solutions pour ne pas rester simplement bouches bées devant la vague qui va nous submerger ?... Et voir comment établir un rapport de forces (avant, pendant, après la vague) qui pourrait faire en sorte que les idées proposées par M. Lordon ne soient pas simplement des voeux pieux.

  • permalien Superdupont :
    12 août 2011 @18h54   « »
    Contrepoints, Liberaux.org, wikiberal

    @ rebus : Contrepoints est une publication de l’association franco-belge Liberaux.org, qui édite un certain nombre de publications web : Contrepoints, bien sûr, mais aussi Wikiberal, une sorte de wikipedia du libéralisme, ou le projet Catallaxia.

    Il est intéressant de noter que cette mouvance, qui se revendique (par exemple) de Bastiat, Say, Von Mises ou Hayek (donc du néolibéralisme "canal historique" et idéologique, si l’on ose dire), se considère comme étant marginale. Ils disent promouvoir ce que serait le "vrai libéralisme", y compris contre un libéralisme qu’ils estiment dévoyé dans les politiques (européennes, par exemple) actuelles, qui ne serait pas assez pur, trop étatique et trop collectiviste (!). Ils se considèrent donc comme une minorité en lutte contre le socialisme collectiviste totalitaire (qui va, à peu près, de Kim Yon Il à Nicolas Sarkozy !), dans une sorte de vision fondamentaliste et quasi-religieuse de la liberté.

    J’avoue qu’autant les articles de Contrepoints constituent des analyses doctrinaires très rigides et assez déconnectées des faits (et en fait assez drôles dans leur côté pravda qui donne la leçon au monde entier —toujours la même : tout est la faute de l’Etat, si on avait laissé faire le marché libre tout s’arrangerait comme l’ont "démontré" Hayek ou Von Mises—), autant wikiberal est un outil intéressant bien fait pour qui veut découvrir la pensée libérale et ses nuances.

  • permalien rebus :
    12 août 2011 @19h03   « »

    ça ira
    Je vois comme 1ère solution de se renseigner partout, y compris dans certains médias dits conspirationnistes, il peut y avoir des perles, voire fouiner dans la presse néocon-libérale pour se vacciner ! Essayer de comprendre dans quelles embrouilles les dirigeants occidentaux (et ailleurs aussi, mais ils n’ont pas la main) veulent mener les peuples. Je commence à avoir un panorama assez effrayant de la pente vertigineuse où ces derniers veulent nous entraîner.

    Bientôt ce sera l’anniversaire larmoyant et guerrier du 11 septembre : lire par ex "omissions et manipulations de la Commission d’enquête" de David Ray Griffin. Le livre est consultable sur internet : www.editionsdemilune.com/res....
    "La route vers le Nouveau Désordre Mondial" de Peter Dale Scott est paraît-il à lire d’urgence (même éditeur).

    Il faut absolument parler, expliquer et diffuser autour de soi les modalités du piège qui s’est déjà refermé sur les démocraties, qui n’en sont plus d’ailleurs. Nos esprits se renforceront mutuellement face au lavage de cerveau généralisé.

  • permalien caac :
    12 août 2011 @19h22   « »
    Ou l’histoire d’une chute infernale

    !!!!!!! Prière Universelle de l’Internationale Catholique !!!!!!

    Notre Père qui êtes aux cieux
    Que ton nom soit sanctifié
    Que ton règne vienne
    Nous délivrer du Mal
    Dans la lutte point finale
    Et groupons nous pour qu’ des deux mains (dès demain)
    L’internationale soit sans faim (en fin ) le genre humain

    Couchez vous homme mort sans en faire (enfer)
    C’est la multiplication du pain
    La moisson tonne en son cratère
    C’est l’éruption de la faim
    Du passé faisons table grasse (grâce)
    Foules esclaves debout debout
    Le monde tremble sur ses bases
    Nous ne sommes rien soyons l’ Grand Tout

    Il n’y a qu’un sauveur suprême
    Jésus (j’ai su) que Dieu bazarde les tribuns
    Producteurs sauvons nous d’ nous même
    Retrouvons le salut commun (comme Un)
    Pour que le voleur vomisse notre orge
    Pour sortir l’Esprit du cachot
    Soufflons-le nous même à pleine gorge
    Battons son air qui nous tient chaud

    Car l’état opprime et la loi triche
    L’impôt saigne le malheureux
    Nuls devoirs ne s’imposent aux riches
    Le droit du pauvre est un mot creux
    C’est assez languir sous tutelle
    L’Egalité vaut d’autres lois
    Pas de droits sans devoir dit-elle
    Egaux pas de devoirs sans droits

    Odieux (Oh Dieu) dans leur apothéose
    Nos dieux bonnes mines mais qui déraillent
    N’ont ils jamais fait autre chose
    Que dévaliser notre travail
    Dans les coffres forts de leurs banques
    Ce qu’on a créé s’est fondu
    En décrétant qu’on doit nous l’ rendre
    Nous Fils de l’Homme (syn de PEUPLE) on n’ veut que notre dû

    Si c’est adroits rusent pour nous diviser
    Paix entre nous guerre aux tyrans
    Déclarons la grève aux armés
    Crosse en l’air et rompons les rangs
    S’ils s’obstinent ces cannibales
    A vouloir faire de nous des héros
    Ils sauront bientôt que leurs jeux d’balles
    Sont pour nos propres généraux
    ((( Alors enfants n’ soyons pas tristes )))
    ((( Le jour où ça foire va arriver )))

    Vous riez Avec son Sang nous sommes
    Le grand parti des éveilleurs
    La terre n’appartient qu’aux hommes
    Loi de j’ouïe si (j’écoute SI ça m’arrange) s’appliquera ailleurs
    Encore de nos corps se repaissent
    Mais voilà d’ j à qu’ vos corps beaux et vos tours
    Dans le grand four disparaissent
    Ainsi l’ soleil brille pour toujours

    Ainsi soit-il !

    C’est une chute infernale
    De plus d’ cinq milles maîtres (mètres), auteurs (hauteur) du mal
    Charriant dans un torrent de boue
    Tout ce qui ne tient pas debout

    De boue debout
    De boue debout debout !

    http://caac-puic.blogspot.com/

  • permalien Malecki :
    12 août 2011 @20h04   « »

    Bah voilà ! J’apprécie beaucoup le : "quelque soit la souveraineté", qui pour moi doit très clairement être au-de la de notre petite nation Française. Merci M.Lordon (d’autant que vous ne déméritez pas, puisque "anglo-saxon" revient fréquemment).
    Tout arrive, etc...

    Excellente analyse économique, comme d’habitude, emperlousé, comme d’habitude aussi !

  • permalien david :
    12 août 2011 @20h13   « »
    Merci Professeur Lordon...

    Bel article,toujours aussi bien construit, fondé, argumenté, pédagogique, et surtout accessible aussi bien aux non spécialistes de sciences économiques...
    Et comme vous êtes meilleur pédagogue encore à l’oral qu’à l’écrit, j’espère que nous aurons le plaisir de vous entendre à nouveau chez l’ami Mermet à la rentrée de septembre... svp svp svp !!!

     : ))

    ... je souris mais la situation est aussi comique qu’un film de Tobe Hooper.

  • permalien Malecki :
    12 août 2011 @21h49   « »

    Mermet, c’est excellent aussi, sauf qu’il viellit, mes enfants aussi !
    le franc suisse réfléchit à s’arrimer a l’€.
    Alors, ici, plus que nulle part ailleurs, j’ai envie de dire que je suis content qu’il n’existe plus qu’une monnaie pour beaucoup d’Européen. Je suis d’origine polonaise par feu mon père, qui n’en est pas encore. Je comprends les réticences, mais en tant que français géographique, je suis vraiment, vraiment content d’avoir au moins en partage la même monnaie. Demain, si jà
    Ais celle-ci résiste, les libéraux pourront dire qu’ils ont poussé pour cela, alors je dirai bravo.

  • permalien Malecki :
    12 août 2011 @21h57   « »

    Car de toutes ces années de renoncement, il doit rester la monnaie, car celle-ci exprime plus, et avant les conquêtes militaires, une certaine unité. La monnaie limite les guerres territoriales, et forge les guerres idéologiques. Mon idéologie est internationale. Revenir aux monnaies nationales serait une telle défaite de l’idée que je me battrai pour ne pas y renoncer, et ce sans capitaux.

  • permalien Malecki :
    12 août 2011 @22h07   « »

    Que les brailleurs suffisants - c’est vous M.Lordon - de l’analyse UTILE mais confite de locution latine, se ratatine face aux dangers nationaux, et ouvrent enfin les yeux aux mondes multiples, et définitivement émergent.
    Car, il va bien falloir choisir, et le moment arrive, entre la cohérence d’une pensée, somme toute aussi aride qu’un comportement financier, et l’envie d’un monde multiple, prospère, et conquérant.
    Ce mot, conquérant, me fera venir de nombreuses contributions.
    Être conquérant, sans être ni national, ni belliqueux...
    Bien à vous.

  • permalien Tergiam :
    12 août 2011 @23h25   « »

    - Sondage Harris Interactive-10 aout 2011 :
    "Pour réduire la dette et les déficits publics,les Français préfèrent largement une contraction forte des dépenses à une nette augmentation des impôts (85% contre 12%)"
    (Il n’est pas fait bien sur la moindre allusion à la création monétaire...)
    Alors oui, le mouvement insurrectionnel à 12 contre 85, on peut l’oublier. Donc la ruine, les cendres. Mais ça fait peur quand même !...
    Bien sur" aucun parti de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer(la finance)". Mais il y a en France et sans doute ailleurs ( bien qu’un slogan des indignés : "vous ne nous représentez pas" semblerait l’infirmer) des partis qui se regroupent (avec des difficultés certes) pour lui dire "Dehors" !
    Est-ce que ça ne vaut pas la peine de militer pour ça et peut-être éviter de sacrées déflagrations ?

  • permalien Le Monolecte :
    13 août 2011 @01h56   « »
    Re : Le fin du fin

    @Rebus : c’est la question que je me posais devant une telle dose de mauvaise foi intellectuelle. Comme le disait notre hôte tout à l’heure, on dirait du "jacquattalisme".

    Et oui, je rentre tout juste d’un délicieux petit bled du Gers où notre Lordon national ne s’est pas fait enfumé. Autrement dit, le bonhomme est aussi passionnant en vrai qu’en numérique et je crois qu’il a beaucoup apprécié le légendaire sens de l’accueil gascon.

    Chouette rencontre autour de bonnes idées qui font du bien.

  • permalien Philippulus :
    13 août 2011 @10h06   « »
    Que de mots...

    Reprenez vous, élève LORDON, vos dissertations sont de plus en plus lourdes. Que de mots pour arriver au dernier paragraphe qui est, comme vous l’écrivez, "l’essentiel".
    Alors, insurrection ou effondrement ?
    Vous penchez avec quelques raisons pour la seconde hypothèse. Mais en lieu et place du retour à l’âge de pierre promis quelques lignes au dessus, vous nous proposez...une reconstruction de la finance qui prendrais bien soin de remettre le tigre dans une cage solide et bien gardée (Keynes).
    Si effondrement il y a, et donc si la bête est très mal en point, ne serait-ce point plutôt l’opportunité de lui mettre une bonne fois pour toutes une balle de fort calibre dans la tête ?

    Lorsque l’homme blanc aura coupé le dernier arbre, pêché le dernier poisson et pollué la dernière rivière, il s’apercevra que l’argent ne se mange pas, nous disais le barbare Géronimo. Un célèbre barbu parlait lui du fétichisme de l’argent. Aristote avait soigneusement distingué les valeurs d’usage (l’économie), des valeurs d’échanges (la chrématistique) qu’il condamnait fermement.

    Alors, please, per favor, bitte, dans l’attente angoissée ou sereine de l’effondrement catastrophique destructeur et potentiellement libérateur réfléchissons (vite) à tout celà, surtout qu’un autre effondrement autrement cataclysmique se profile de plus en plus nettement : l’effondrement écologique.

  • permalien Luc-Laurent Salvador :
    13 août 2011 @12h16   « »
    D’où viendra le nécessaire consensus ? De la loi du plus fort ?

    @ l’auteur

    Bravo et merci pour cet article jubilatoire par la compréhension qu’il donne de la situation et surtout de ses issues probables.

    Depuis longtemps je posais ici et là la question de la sortie possible de cette crise et tout en ayant dans l’idée qu’aucune population n’aurait la détermination de pousser l’insurrection jusqu’à renverser le pouvoir financier et ses alliés de fait (les gouvernements etc.), je recherchais une alternative à l’effondrement complet (tout en l’anticipant aussi comme fatal). Bref, vous me sortez de mon chaos cognitif. La chose est entendue, seul l’effondrement complet aura raison de la bête financière qui parasite l’économie réelle.

    Vous esquissez ensuite une voie de reconstruction basée sur la création monétaire assumée (enfin) et souveraine qui paraît rassurante et j’aimerais tellement que vous ayez raison sur ce point.

    Ce que je me demande c’est comment vous voyez que puisse se réaliser un consensus populaire autour de cette solution ? Il nous faudrait des "hommes de la situation" qui ait la stature politique pour cela. Voyez-vous déjà des personnes qui puissent endosser ce rôle au moins aussi important que celui assumé par de Gaulle en son temps ?

    Ensuite, pour quelle raison n’évoquez-vous pas l’hypothèse Allais "100% monnaie" qui tiendrait les banques privées complètement à l’écart de toute création monétaire. Je crois que c’est la condition sine qua non de notre libération de la servitude financière.

    Enfin, l’instrument de dernier recours des puissances de ce monde pour instaurer un consensus de la population qui aille dans la direction souhaitée (celle des pleins pouvoirs pour la puissance en place et haro sur le bouc émissaire de circonstance) a toujours été la guerre.

    Comment pensez-vous que nous puissions éviter qu’ils y aient recours, sachant que quand toute l’économie civile se sera effondrée, dans les ruines fumantes se trouveront encore quasiment indemnes les principales armées du monde, dont celle des USA qui domine de la tête et des épaules.

    Comment le complexe militaro-industriel étasunien ne se sentirait pas (encore davantage) investi d’une mission divine de rétablissement de l’ordre ?

    Vous connaissez bien cette forte idée que Jean-Pierre Dupuy aime à répéter, en substance : "l’économie contient la violence, au double sens du terme". Une fois l’économie écrasée par l’effondrement de la finance, ce qui se dressera dans les ruines, c’est cette violence originelle qu’il nous faudra reconnaître et affronter d’une manière ou d’une autre.

    La piste que vous nous dessinez me semble se tenir dans un espace où règne l’accord, et donc une loi. Laquelle sera-ce ? Celle du plus fort ? Ou celle du peuple ?

  • permalien marco :
    13 août 2011 @12h35   « »
    KO :

    Les banquiers ont mis environ cinq siècles pour se constituer un empire, prendre le contrôle des nations, de leurs dirigeants politiques et économiques. En trois décennies, les meilleurs amis du capitalisme dérégulé réussissent à mettre cet empire KO.
    Après l’effondrement du bloc communiste soviétique, nous assistons à l’effondrement du bloc capitaliste occidental….
    Cependant, à quels mensonges, tricheries et arnaques supplémentaires faut-il s’attendre encore de la part des fanatiques ultra libéraux ?
    Suivons l’exemple du peuple Islandais et refusons de payer la dette des banques privées. Accélérons tant que faire se peut le processus de décomposition de l’oligarchie financière.
    Monsieur LORDON -je n’ose écrire Professeur Lordon- je jubile à la lecture de vos textes. Vos explications, démonstrations enrichissent ma compréhension de la macroéconomie.
    Afin de contrecarrer la propagande médiatique néo libérale, je souhaite que vous soyez lu et entendu par de très nombreuses personnes.

  • permalien Nathan :
    13 août 2011 @15h08   « »

    Luc-Laurent Salvador : 13 août @12h16

    La piste que vous nous dessinez me semble se tenir dans un espace où règne l’accord, et donc une loi. Laquelle sera-ce ? Celle du plus fort ? Ou celle du peuple ?

    Qu’est-ce qui vous fait croire que la "loi du peuple" serait meilleure ? Vous avez déjà vu une foule déchaînée ?

  • permalien JM Masson :
    13 août 2011 @17h05   « »

    N’y aurait-il pas urgence à rechercher des alternatives à ce système délirant ?
    J’essaie de jeter des bouteilles à la mer sur http://jmmasson.wordpress.com

  • permalien
    13 août 2011 @19h39   « »

    Le programme d’auto-destruction de nos décideurs est parfaitement explicité, merci M. Lordon. Je conseille d’aller voir Melancholia de Lars Von Trier - surtout le final- pour avoir une idée de l’attitude à tenir quand nous serons au bout du bout de la jetée.

  • permalien Albert.Marque@wanadoo.fr :
    13 août 2011 @21h22   « »

    Un seul reproche à Frédéric Lordon,votre titre est trop rassurant,"le commencement de la fin" accrédite l’idée d’un changement qui se produira automatiquement et très prochainement...Or nous savons tous et l’histoire nous le prouve,que les dictatures des oligarchies sur leurs fins se débattent avec la conviction de celui qui se noie et entraîne son sauveteur au fond de l’eau...L’autre question qui se pose est celle de la succession,avec l’environnement ambiant où la malhonnêteté fait l’admiration du citoyen moyen et surtout l’admiration de nos élites toutes empressées de distribuer des postes de ministres à des condamnés pour escroqueries ou détournements de fonds,il faut convaincre que le monde qui s’écroule ne sera pas automatiqement remplacé par un monde meilleur et que ce changement demandera de la vigilance et un suivi attentif de tous les citoyens

  • permalien BA :
    14 août 2011 @09h04   « »
    Solidarité supranationale, suite.

    Samedi 13 août 2011 :

    La zone euro ne peut se réformer que "pas à pas", et pas forcément aussi vite qu’elle le souhaiterait parce qu’elle doit s’assurer de l’adhésion des citoyens, juge le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble.

    L’Allemagne milite pour un renforcement de la discipline budgétaire en zone euro, à travers un mécanisme de sanctions plus efficace à l’encontre de ceux qui violent les règles du pacte de stabilité.

    M. Schäuble a répété qu’il ne saurait toutefois être question de mutualiser les dettes des membres de la zone euro.

    "On en reste là : il n’y pas de mutualisation des dettes et pas d’aide à l’infini. Il y a des mécanismes de soutien, que nous continuons à élaborer, sous conditions strictes".

    L’Allemagne reste notamment strictement opposée à l’émission par la zone euro dans son ensemble d’obligations communes.

    "J’exclus ces euro-obligations (ou eurobonds) tant que les Etats membres mènent leur propre politique budgétaire", a dit M. Schäuble.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien ElyesGherib :
    14 août 2011 @13h04   « »

    L’auteur se lance dans un étalage de chiffres et de dates.

    La vraie question est pourquoi la dette ? Est-elle nécessaire ? Comment la logique de la dette a-t-elle été implémentée dans les pays "développés" ? Est-elle structurelle ou conjoncturelle ? Par qui a-t-elle été mise en place ? Et au bénéfice de qui ? Est-il tolérable que la finance par définition amorale et reposant sur l’abstraction du chiffre au détriment de tout le reste ait autant de pouvoir ? Pourquoi a-t-elle autant de pouvoir ?

    J’aimerais un jour voir un vrai travail journalistique sur ce sujet. Hélas, je ne vois que des constats cruels sans analyse de fond. Des gesticulations qui ne pointent pas du doigt la source du mal mais le mal lui-même.

  • permalien Coma81 :
    14 août 2011 @13h26   « »
    M. Lordon, votre analyse est trop rapide

    En ce qui concerne la première partie, qui relève de l’analyse historique, 2008-2001, le récit de Lordon est très clair.

    Par contre, tout se complique, en tout cas pour le lecteur, quand d’historien, l’auteur se fait prospectiviste.

    Le scenario retenu est celui-ci : "on ne sortira de pareil effondrement que par une opération de création monétaire inouïe et tout ça se finira dans un océan de liquidités."

    En deux petits paragraphes ont a le droit à l’enchainement suivant : refus de la BCE de monétiser les dettes publiques - les Etats se tournent vers leurs banques centrales - l’Allemagne sort de l’euro.

    Désolé, là, c’est trop rapide.

    Trichet devra faire le choix conscient de faire exploser l’euro ou de briser les tabous et d’accepter l’idée de racheter massivement les titres souverains Espagnols et Italiens. Cette deuxième hypothèse semble être la voie choisie depuis lundi. Pas besoin donc d’évoquer la monétisation par les BC Nationales.

    On est d’accord, les Allemands deviennent fous d’avoir à payer l’endettement public des Italiens. Comment tout cela va-t-il se terminer ?

    - Auront-ils l’audace de sortir de l’euro, c’est à dire de déclencher une crise bancaire majeure qui ne pourrait être résolue précisément que par la création monétaire massive ?

    - Ne chercheront-ils pas dans un premier temps à imposer des mesures budgétaires drastiques aux pays endettés, en contrepartie du rachat de leur dette souveraine ? Dans ce cas, peut-on écarter le scenario durable de l’austérité européenne - qui convienne au malthusianisme allemand - le problème des déficits générés étant géré par la monétisation, et celui des troubles sociaux générés par le chômage étant géré par la répression ?

    - Devons-nous aussi écarter une sortie du problème par le haut, c’est à dire par la mutualisation d’une partie de la dette publique, afin de créer les titres ’les plus sûrs du monde", en prélude à un défaut massif sur le reste des dettes, le tout saupoudré de quelques nationalisations afin d’enrayer le début de crise d’un secteur bancaire européen tout de même fortifié par la détention d’eurobonds ? Ces mesures (puisque on est dans le "bon" scenario, allons y gaiement) devront être complétées par l’instauration d’une monnaie commune (et non plus unique), la scission de l’euro en plusieurs zones, des formes de coopérations économiques renforcées...

    Lordon semble penser que l’économie devra sombrer avant de pouvoir renaître de ses cendres. Or il y a rationnellement des mesures politiques qui permettent de ne pas arriver à de telles extrémités.

    Au fond, la crise n’est pas si grave (elle est encore essentiellement virtuelle). Moyennant la remise en cause de quelques dogmes - et une meilleure redistribution des richesses- , on peut très vite rebondir, surtout en Europe.

    Pourquoi pensez a priori que les acteurs sociaux choisiront le suicide ?

  • permalien Stefano, Italien :
    14 août 2011 @13h41   « »

    et maintenant, ajoutez l’Italie......

  • permalien aurel :
    14 août 2011 @14h36   « »

    Ah, l’économie, quelle drôle d’invention humaine ! Imaginez une espèce devenue incapable de subvenir à ses besoins premiers, et qui perd son temps à se créer des besoins imaginaires juste pour pouvoir combler ces derniers !
    Il me semble difficile de croire que du chaos naîtra un nouvel ordre monétaire plus sain, car on connaît trop bien l’homme et ses travers... la remise en question va bien au-delà du système financier, elle touche à notre essence et notre survie. L’âge de pierre peut avoir une connotation de régression, et pourtant ! Je crois bien que l’homme y était bien plus en connexion avec sa nature profonde et avec les éléments qui l’entourent...
    Aussi, cette crise a du mérite ! Elle nous amène à prendre conscience de la fragilité et de la vacuité du monde que l’on s’est construit, pour mieux se recentrer sur l’essentiel : la vie, la vraie ! Pas la croissance, la consommation, le pouvoir... ces créations humaines qui engendrent le malheur !
    Impuissants face à ce "tsunami", comme le dit l’auteur, nous ne pouvons que nous préparer à vivre autrement : ré-apprendre à se nourrir, faire soi-même, l’échange... car quand l’argent n’existera plus, il ne nous restera que ça pour survivre ! Mais c’est un mal pour un bien, car il y aura tellement plus de liberté à y gagner !

  • permalien John Lucas :
    14 août 2011 @15h35   « »

    Je n’aime pas les économistes. Ils nous balancent tout n’importe quoi en chiffrant tout et n’importe quoi. Preuve en est qu’ils n’ont pas prévu cette anarchie économique et que donc que cet article est totalement abscons. Mais bon sang à quoi sert la géopolitique qui est le fondement du monde ?

  • permalien th Mercier :
    14 août 2011 @15h56   « »
    A john Lucas

    Avant de traiter "les économistes" d’abscons
    -comme s’ils formaient tous une entité une et indivisible...!-,
    1-apprenez l’orthographe ;
    2-évitez de vous exprimer par sophismes ;

    3...et à tous ceux qui sur ce blog racontent leur vie ou leurs états d’âme : soyez au moins plus concis...
    Merci.

  • permalien Gillesr :
    14 août 2011 @16h01   « »

    Pt tour sur contrepoints.org comme l ont conseillé certaines personnes ici

    C à pleurer avec qq passages à mourir de rire
    Notamment Vincent Benard

    Mais ne restons pas bras croisés et rigolons un peu par qq commentaires

    j vous propose d vous laisser aller sur le forum de ce site et utiliser des pseudos similaires à Jean Michel prenmoipourunane

    Defouloir leger face à l oppression de la pensée néolibérale

  • permalien Nicks :
    14 août 2011 @16h50   « »

    @Coma81

    Je ne pense pas que Frédéric Lordon souhaite un chaos mais qu’il ne voit pas comment l’autisme de nos dirigeants et les convergences d’intérêts financiers pourraient déboucher sur autre chose.

    Les mesures de sauvetage par le haut sont connues : la BCE change ses statuts et finance directement les Etats et la liberté totale de circulation des capitaux est remise en cause.

    Malheureusement, pour le moment le précipice qui s’ouvre sous nos pieds n’a déclenché que des demi-mesures de mauvais gré. Si elles constituent bien un reniement forcé et de fait des dogmes ordo-libéraux gravés dans les statuts de la BCE, l’idéologie est toujours solide dans les têtes des Trichet and Co et des allemands, par le souhait de rentrer au plus vite dans les clous et par l’instauration de la purification par l’austérité. Il faut avoir l’optimisme chevillé au corps pour espérer une remise en question salutaire de leur part, qui pourrait éviter le désastre.

    L’Histoire montre que le suicide, comme vous dites, je dirais plutôt la fuite en avant, est souvent le chemin emprunté par l’humanité. J’espère bien évidemment qu’un changement véritable de système pourra s’en passer, mais je n’y crois guère...

  • permalien Natacha :
    14 août 2011 @19h43   « »
    Evolution quand tu nous tiens...

    Ouf, depuis Darwin on sait qu’il y a une sélection naturelle des espèces.
    Le tout est de savoir quelles espèces (états, banques, institutions financières, entreprises, salariés, épargnants,...) vont pouvoir s’adapter à leur environnement,qui n’a plus grand chose de naturel, en évoluant progressivement vers d’autres espèces, et quelles espèces vont rejoindre le cercle des espèces disparues.

    Merci M.Lordon pour tous vos pavés dans la mare, ça rassure de voir qu’il y a encore un peu de bon sens dans ce monde de brutes !

  • permalien HR :
    14 août 2011 @20h13   « »
    Le commencement de la fin de la fin du fin de la pensée marxiste.

    "Ici Lordon, des fonctionnaires parlent aux fonctionnaires."

    Ce commentaire ser immédiatement censuré.

  • permalien Coelho Z. Paolo :
    15 août 2011 @02h18   « »

    En tant qu’économistes et analystes financiers, les décisionnaires du monde devraient être habitué aux indicateurs (les fameux SIG) or quoi de plus explicite que les crises que nous vivons en ce siècle pour prouver l’échec d’un système basé sur des principes tels que le capitalisme ?

  • permalien schizosophie :
    15 août 2011 @10h08   « »

    "Si l’Espagne et l’Italie basculent, adieu Berthe !"
    http://www.youtube.com/watch?v=g7h2...

  • permalien BA :
    15 août 2011 @10h15   « »
    L’Allemagne va-t-elle prendre en charge les 1901,9 milliards d’euros de la dette de l’Italie ? Le suspens est insoutenable.

    Vendredi 12 août 2011 :

    Italie : record de la dette en juin à plus de 1900 milliards d’euros.

    La dette publique de l’Italie, qui est l’une des plus élevées du monde en valeur absolue, a atteint un nouveau record en juin, à 1901,9 milliards d’euros, contre 1897 milliards d’euros au mois de mai.

    Elle représente 120 % de son produit intérieur brut (PIB).

    Elle s’accentue ainsi pour le troisième mois consécutif. Sur un an, elle a progressé en juin de 3,19% en données absolues.

    "Chaque nouveau-né se trouve avec une dette publique de 31’700 euros, qui s’élève à 90’565 euros par ménage", ont dénoncé les associations de consommateurs italiens.

    http://www.lematin.ch/flashinfo/eco...

  • permalien Paulo :
    15 août 2011 @11h25   « »

    Merci Monsieur Lordon pour votre article une fois de plus très pertinent.

    Que pensez-vous de la proposition "100% monnaie" telle que résumée ici http://tinyurl.com/3c6czc6 ?

    La conclusion de cet article (je copie-colle)...

    L’application d’une telle réforme aurait cinq conséquences très positives.

    1. Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.

    a) la quantité de monnaie pourrait être dirigée selon une règle définie a priori (stabilité des prix ou taux volontaires de hausse des prix)- la quantité de monnaie deviendrait inélastique au pessimisme ou à l’optimisme irraisonné des agents économiques
    b) la quantité de monnaie en circulation deviendrait une variable totalement sous le contrôle de Banque Centrale sans que le comportement des banques ou des agents économiques puisse influer sur elle. L’ampleur du « Boom » immobilier et financier de la dernière décennie serait quasiment inconcevable dans un système de ce type.

    2. Une meilleure efficacité de l’économie.

    a) des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques
    b) le paiement du prix des services monétaires
    c) l’interdiction de la transformation financière.

    3. La fin des distorsions dans la répartition des revenus

    Toute création monétaire ex nihilo par un système bancaire privé et commercial donne un droit sur la production qui n’a pas été acquis par un produit ou un service vendu. Elle est par nature un « faux droit », un revenu non gagné,

    4. Un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

    Dans le « 100% monnaie » l’État récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle. Celui-ci serait confié à la Banque Centrale agissant sous un mandat impératif protégé par la Constitution, mais plusieurs types de décision et de contrôle citoyen sont envisageables.

    5. L’attribution annuelle à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, de 70 à 80 milliards de gains provenant de la création monétaire

    a) au travers de l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’État, comme une recette budgétaire qui peut être estimé à 40 milliards d’euros par an pour la France (environ 80% de l’IRPP)
    b) au travers de la neutralisation instantanée de 800 à 1000 milliard d’euros de la dette publique française, permettant d’éviter une dépense annuelle d’intérêts de 30 à 40 milliards d’euros par an, qui, il est vrai, sont systématiquement empruntés avec pour conséquence l’augmentation de la dette.

  • permalien LEGRAND :
    15 août 2011 @11h56   « »

    Texte fort intéressant et qui me semble juste sur l’essentiel.
    La conclusion me convient, il faut effectivement une insurrection qui soit d’ordre démocratique c’est à dire dans laquelle les citoyens soient maîtres des décisions en toute indépendance et autonomie vis à vis des organisations politiques et socio économiques actuelles. Un peu à l’image des "Indignados" mais avec un mouvement beaucoup plus puissant engageant des dizaines voire des centaines de millions de gens dans le monde et en Europe.

    Jean-Paul LEGRAND
    Maire-Adjoint de Creil
    Sans parti
    http://creil-avenir.com

  • permalien Lamri :
    15 août 2011 @12h17   « »
    Intéréssant mais est- ce réaliste ?

    C’est un article intéressant notamment lorsque M. Lordon fait le lien entre les dettes des ménages , des Etats et la fuite en avant du néo-libéralisme .Il est dommage que l’auteur ne précise pas sur quels titre de propriétés le nouveau système bancaire garantirait ses avances non remboursables.
    D’autre part ,au lieu de pronostiquer régulièrement la fin du système économique et d’attendre cette échéance toujours incertaine,ne serait-il pas préférable de prendre l’initiative de le réformer à une échéance réelle ?

  • permalien jonill :
    15 août 2011 @14h02   « »

    Voila bien ce que disaient les analystes de LEAP 2020 depuis septembre 2009 : la dislocation géopolitique mondiale suite à l’affaiblissement subit de la monnaie de référence : le dollar.

    Et l’or n’est pas vraiment un refuge sûr car il faut aussi pouvoir un jour ou l’autre "liquider" et dans un marché haussier cette échéance s’amenuise d’autant plus que le noble métal se surrenchéri abusivement vite par rapport aux stocks réels d’or métal. Comment acheter de l’or à ce prix sans avoir la livraison effective de sa contrepartie physique ?
    Car l’or papier est en quantité bien supérieure aux stocks réels et même en spéculant sur la ressource extractible on est encore à coté !!

    Il va y avoir bientôt beaucoup de perdants, et avec de très grosses pertes....

    Pendant ce temps là Monsieur Trichet reste obstiné sur des taux qui font la part belle aux spéculateurs (avec un dollar à o%) et les TVA abusives coulent toute forme de reprise possible de la consommation intérieure.

    Il va bien falloir lacher quelque chose, et vite ! Soit on relance la consommation intérieure au détriment de l’inflation pendant un temps raisonnable pour permettre à "l’avion" de reprendre un peu d’altitude (baisse draconnienne des taux et des TVA) et mettre en place les eurobonds, soit on passe les dettes par pertes et profits et on flingue l’euroland.

    Il va falloir choisir le moindre mal, et vite, car à l’allure ou la situation se délite dans trois semaines tout le système va partir en pièces détachées dans tous les sens. Au moins remettre le moteur de la consommation intérieure en route, le temps de réparer le reste...

    Il faut se donner du temps pour :
    1- Mettre en place les Eurobonds.
    2- Mettre en place un nouveau "panier des monnaies" qui soient désadossées du dollar
    Et si on ne calme pas la panique actuelle on n’aura jamais ce temps nécessaire.

  • permalien Robert :
    15 août 2011 @15h23   « »

    La crise des subprimes a pour origine l’ingérence étatique du gouvernement Clinton qui a poussé les banques à accorder des crédits immobilier à des ménages non solvables, jamais des banques libres et responsables n’auraient pris de tels risques sans se savoir protégées par le secteur public... La liberté ne se conçoit pas sans la responsabilité, tant que l’état continuera à tout vouloir régenter et tout contrôler, il n’y a que peu d’espoir que les individus et les organisations se comportent en adultes responsables !

    La crise actuelle ne fait que révéler l’évidence : non seulement l’état est le plus mal placé pour gérer l’argent (c’est d’ailleurs encore plus vrai pour les questions de solidarité), mais c’est tout le modèle keynésien qui s’écroule avec pertes et fracas... Au final tout ceci donne raison à l’école autrichienne !

  • permalien Simplet 17 :
    15 août 2011 @18h28   « »

    Qui va avoir le courage de s’attaquer aux banques ? Faut-il vraiment attendre la ruine totale du système ? Un sursaut de la gauche en faveur des peuples est-il envisageable ? Celui de l’Allemagne dégagé du poids de l’Histoire et fort de sa puissance saura-t-il sauver l’Europe dans la paix ?

  • permalien Cisou9 :
    15 août 2011 @19h20   « »

    @ Robert :
    Les subprimes ne sont pas des prêts immobiliers à des gens non solvables, mais des prêts à la consommation garantie sur la maisons des emprunteurs, Sarkozy voulait le faire en France.

  • permalien JC :
    15 août 2011 @21h24   « »
    Ma théorie

    L’argent devrait plus servir à construire, réparer, améliorer les conditions de vie des citoyens, et moins à améliorer les conditions d’entreprises ou de corporations. Surtout si cette argent est utilisé à gâcher notre environnement ou à détruire le travail de la concurrence.

  • permalien BA :
    15 août 2011 @21h34   « »
    Solidarité supranationale, suite.

    Lundi 15 août 2011 :

    Zone euro/Sommet Merkel-Sarkozy : les eurobonds pas au menu.

    La mise en place d’euro-obligations, défendue par certains responsables européens comme un moyen de renforcer la solidarité de la zone euro, restera absente mardi du menu des discussions, très attendues par les marchés, entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel.

    "Nous n’évoquerons pas les euro-obligations de notre propre chef car ce n’est pas selon nous une voie souhaitable ou praticable", a dit lundi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière allemande.

    "Nous avons une politique monétaire commune, et une politique budgétaire individuelle de chaque pays, ce qui se traduit par des taux d’intérêt différents. Tant que c’est le cas, des euro-obligations ne sont pas une option", a renchéri un porte-parole du ministère allemand des Finances.

    Interrogée par l’AFP, la présidence française a confirmé que les euro-obligations n’étaient pas à l’ordre du jour.

    http://www.romandie.com/news/n/Zone...

  • permalien Augure :
    15 août 2011 @21h59   « »
    Est-on prophète en son pays ?

    Bonjour !

    Dans mes lectures, j’ai exhumé votre premier billet, datant de 2008 et de la précédente crise financière. http://blog.mondediplo.net/2008-04-...

    Vous y détailliez alors des principes et propositions censées apporter rétrocontrôles et régulations à un monde financier marchant sur la tête.

    Quelques questions :

    Ce billet pourrait-il être réédité au jour d’aujourd’hui, face à la crise actuelle ?

    Les préconisations de l’époque auraient-elles empêché la crise actuelle ? Dans quelle mesure ?

  • permalien tropiques :
    16 août 2011 @08h33   « »
    vers les sacrifices humains ?

    Cher Frédéric Lordon,
    C’est le moment de s’apercevoir ( et je suis ravi de constater que ce que vous faites) que le "conatus" de Spinoza n’est rien d’autre que la bonne vielle "force d’inertie" cartésienne ...
    Et que Marx nous procure des outils conceptuels pour l’affronter, à l’inverse des zélotes du "triple MOI"* ( de Nietzsche à Deleuze et Foucault ... )
    cf : http://levillagedesnrv.20minutes-blogs.fr/archive/2011/08/11/moloch.html

    * forme idéologique infrastructurale la plus homogène au triple A superstructurel : dans sa version "actuelle" la plus caricaturale : Michou Con-frais .

  • permalien BA :
    16 août 2011 @09h56   « »
    Le commencement de la fin de la croissance en Europe.

    Mardi 16 août 2011 :

    La croissance allemande a ralenti brutalement au 2ème trimestre.

    Le produit intérieur brut allemand (PIB) n’a augmenté que de 0,1 % au deuxième trimestre par rapport au premier, selon une statistique parue mardi, soit un coup de frein plus brutal que prévu.

    L’Allemagne a donc fait à peine mieux que la France, qui a connu une croissance nulle au deuxième trimestre.

    L’annonce de cette contre-performance allemande coïncide avec une rencontre très attendue entre la chancelière Angela Merkel et le président Nicolas Sarkozy, devant se dérouler en fin d’après-midi à Paris. La réunion a pour thème la crise de la dette en zone euro.

    Les économistes interrogés par Dow Jones Newswires attendaient certes un ralentissement après un début d’année tonitruant pour l’économie allemande, mais espéraient malgré tout une croissance plus élevée au deuxième trimestre, de 0,4 %.

    Au premier trimestre, la croissance s’affichait encore à 1,3 %, a indiqué l’Office fédéral des statistiques (Destatis) dans un communiqué.

    Ce chiffre a lui-même été corrigé en baisse : Destatis avait initialement annoncé une croissance de 1,5 % pour le début d’année.

    Chose inhabituelle pour un pays champion des exportations, le commerce extérieur a apporté une contribution négative au PIB allemand au printemps, c’est-à-dire que les importations ont dépassé les exportations, a relevé Destatis.

    "La consommation privée ainsi que les investissements dans le bâtiment ont aussi freiné l’économie allemande au deuxième trimestre", a encore indiqué l’Office des statistiques, sans donner plus de précisions.

    http://www.boursorama.com/infos/act...

  • permalien angelo :
    16 août 2011 @17h24   « »

    @ Robert :

    Alors la c’est le comble du contresens ideologique au seuil de la servitude volontaire :

    "La crise des subprimes a pour origine l’ingérence étatique du gouvernement Clinton qui a poussé les banques à accorder des crédits immobilier à des ménages non solvables"

    Faux. Au contraire les banques ont fait tout ce qu’il fallait pour desiguer les gardes-fou juridiques, et le gvt Clinton a suivi.

    "jamais des banques libres et responsables n’auraient pris de tels risques sans se savoir protégées par le secteur public..."

    Autrement dit par l’Etat et les deniers des citoyens. (A ben oui, il faut savoir ce qu’on dit.) Proteger ils l’ont ete, faut pas perdre de vue la realite.

    "La liberté ne se conçoit pas sans la responsabilité"

    Et bien pour la finance privee si.

    "Tant que l’état continuera à tout vouloir régenter et tout contrôler, il n’y a que peu d’espoir que les individus et les organisations se comportent en adultes responsables !"

    L’Etat ? Mais c’est la finance qui a dicte pendant 25 ans sa politique a l’Etat ! Realite es-tu la ?

    "La crise actuelle ne fait que révéler l’évidence : non seulement l’état est le plus mal placé pour gérer l’argent (c’est d’ailleurs encore plus vrai pour les questions de solidarité), mais c’est tout le modèle keynésien qui s’écroule avec pertes et fracas... Au final tout ceci donne raison à l’école autrichienne !"

    Effectivement si on marche sur la tete, et on pense avec les pieds oui. Sauf qu’il s’agit d’une crise de dette privee sciemment organisee par la finance privee... sauf que les Etats ont du intervenir pour sauver les banques et nos economies tant elles etaient performantes dans la dilapidation de monnaie.

    Je ne reponds qu’une fois une seule, les exercices de cuistrerie ne sont pas ma passion

  • permalien misterdouille :
    16 août 2011 @18h45   « »

    Bonjour Mr Lordon,

    Juste en passant, je trouve aussi que le style s’alourdit quelque peu par rapports à d’anciens articles, plus comprehensibles (mais le contenu reste aussi interessant !)

    À part cela,

    seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer

    C’est donc que la proposition d’attendre le tsunami pour tout recontruire n’a pas lieu d’être : ce sont malheureusement les mêmes gouvernements qui seront en charge de cette reconstruction...

  • permalien Lou :
    16 août 2011 @18h49   « »

    ATTAC président ?

    Les ministres des Finances allemand et français déposeront sur la table des instances européennes une proposition commune, dès le mois de septembre prochain, de taxe sur les transactions financières, a déclaré M. Sarkozy.

    Cette taxe sur les transactions financières est une nécessité évidente, a déclaré pour sa part la chancelière allemande Angela Merkel lors de la conférence de presse à l’issue du sommet, tenu alors que des marchés financiers fébriles attendaient d’être rassurés sur la crise de la dette publique des pays de la zone euro.

    Les deux dirigeants n’ont pas précisé les modalités de cette mesure. Une des possibilités, popularisée par l’économiste James Tobin, consiste à taxer à un taux très faible les mouvements internationaux de capitaux.

  • permalien Bob l’Eponge :
    17 août 2011 @08h50   « »

    >>ATTAC président ?

    Pourquoi ne suis-je pas choqué ????
    http://fr.internationalism.org/ri37...

    Et bientôt, Lordon président ? Pour ce que ça changerait, ça nous fera toujours un président bourgeois (le concept même de président de la république est bourgeois remarquez).

  • permalien Bob l’Eponge :
    17 août 2011 @08h56   « »

    Et j’allais oublier ça aussi sur les illusionnistes d’ATTAC
    http://fr.internationalism.org/ri41...
    http://fr.internationalism.org/ri37...

  • permalien que pouvons nous faire ? :
    17 août 2011 @09h09   « »

    Jean-Toussaint desanti disait que les horreurs du 20è siècle apparaîtraient comme une grande kermesse à côté de celles du 21è siècle et que les gens ne se laisseraient pas bouffer sans rien dire. Je commence à avoir peur.

  • permalien yvan :
    17 août 2011 @12h46   « »
    L’avenir reste à écrire.

    "Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir."
    Je suis plus que totalement d’accord avec vous, Monsieur Lordon. Et je diffuse cette idée depuis maintenant deux ans.
    Pourquoi la diffuser ? Hé bien tout simplement pour essayer de faire comprendre que l’argent n’est pas un but dans la vie. Mais n’est qu’un outil tout juste utile.
    Puis, aussi, afin que la peur créée par l’effondrement ne mène pas les vrais pouvoirs, qui se cachent derrière les gouvernements, à lancer l’Humanité dans une guerre qui serait censée faire diversion et protéger leur portefeuille.
    Car là est le plus grand danger.

  • permalien BA :
    17 août 2011 @13h21   « »
    Solidarité supranationale, suite.

    1- Le budget de l’Union Européenne.

    Les Etats-Unis d’Amérique ont un budget fédéral qui représente 25,3 % du PIB des Etats-Unis (pour l’année 2011).

    Mais en revanche, en Europe, les Etats européens riches veulent maintenir le budget de l’Union Européenne au niveau ridicule de 1 % du PIB de l’Union Européenne.

    En Europe, le jeudi 30 juin 2011, les Etats européens riches ont refusé de porter le budget de l’Union Européenne à 1,11 % du PIB de l’Union Européenne.

    Conséquence : de 2014 à 2020, le budget de l’Union Européenne restera à seulement 1 % du PIB de l’Union Européenne ! C’est ridicule de parler du fédéralisme européen avec un budget européen de 1 % du PIB !

    http://www.lepoint.fr/economie/plus...

    2- Les euro-obligations.

    Les Etats européens pauvres veulent la création d’euro-obligations, car ils sont obligés de payer un taux d’intérêt exorbitant quand ils lancent un emprunt (un emprunt à 10 ans par exemple).

    Mais en revanche, les Etats européens riches paient un taux d’intérêt très bas, de moins de 3 %, lorsqu’ils lancent un emprunt à 10 ans.

    Les Etats européens riches ne veulent pas créer d’euro-obligations, car si des euro-obligations étaient créées, ils seraient obligés d’emprunter à un taux d’intérêt bien supérieur au taux d’intérêt qu’ils paient aujourd’hui.

    Le sommet franco-allemand du mardi 16 août n’avait même pas mis à son ordre du jour les euro-obligations ! Tu m’étonnes !

    Les Etats européens riches n’accepteront jamais la création d’euro-obligations. Arrêtons de croire au père Noël.

    3- Le Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF).

    Les Etats européens riches ne veulent pas payer pour sauver de la faillite les cinq Etats européens surendettés (Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne). Les Etats européens riches ont donc refusé d’augmenter la capacité effective de prêts du FESF, qui est aujourd’hui de seulement 440 milliards d’euros !

    Dernier exemple en date : mardi 16 août, la France et l’Allemagne ont de nouveau répété que le FESF ne sera pas augmenté.

    Seulement 440 milliards d’euros de prêts pour sauver de la faillite le Portugal, l’Irlande, l’Italie, la Grèce, et l’Espagne ! C’est ridicule ! Tout le monde sait que ça ne suffira pas !

    Conclusion :

    - Les Etats européens riches ne veulent pas payer pour sauver de la faillite les Etats européens pauvres.

    - Il n’y a pas de solidarité entre les Etats européens riches et les Etats européens pauvres.

    - Il n’y aura jamais le fédéralisme en Europe.

    - Le fédéralisme en Europe, c’est du pipeau pour les bisounours.

  • permalien Alun :
    17 août 2011 @16h47   « »

    Propos tenus à l’Elysée (lien en fin de texte).
    Remarquons que les conditions qui avaient suscité le « Gold Exchange Standard » se sont profondément modifiées. (…). Mais, en outre, le fait que beaucoup d’Etats acceptent, par principe, des dollars (…) entraîne les américains à s’endetter et à s’endetter gratuitement vis à vis de l’étranger car, ce qu’ils lui doivent, ils le lui paient, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre, (…)
    Evidemment, il y a d’autres conséquences à cette situation. Il y a en particulier le fait que les Etats-Unis, (…) subissent, d’année en année, des balances déficitaires. (…) Mais c’est aussi le cas pour les dollars, dont les sorties dépassent toujours sur les entrées (…) cette augmentation de la circulation fiduciaire américaine rend moins rémunérateurs les placements à l’intérieur des Etats-Unis d’où chez eux une propension croissante à investir à l’étranger. De là il résulte, pour certains pays, une sorte d’expropriation de telles ou telles de leurs entreprises. (…) Mais les circonstances ont changé et c’est pourquoi la France préconise que le système lui aussi soit changé, que cesse cette sorte de déséquilibre fondamental qui est désormais un fait (…) Nous estimons nécessaire que les échanges internationaux soient établis comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier. (…)
    (…) Naturellement on ne peut pas obliger aucun état à faire ce qu’il doit faire l’intérieur de lui-même. Mais, dans les échanges internationaux, la loi suprême, la règle d’or –c’est bien le cas de le dire- qu’il faut remettre en honneur et en vigueur c’est l’obligation d’équilibrer, d’une zone monétaire à l’autre, par rentrées et sorties effectives de métal précieux, les balances des paiements qui résultent de leurs échanges.
    Certes, la fin sans rudes secousses du « Gold Exchange Standard », (…) en particulier, l’organisation du crédit international sur cette base nouvelle, tout cela doit être examiné posément entre Etats, (…) Le Fond monétaire international qui a été institué en vue d’assurer la solidarité des monnaies, de l’assurer autant que faire se peut, est certainement un endroit très convenable pour de telles négociations (…) Enfin, il appartiendrait aux six Etats qui paraissent en voie de réaliser une Communauté économique de l’Europe occidentale d’élaborer entre eux et de faire valoir au dehors le système solide qui serait conforme au bon sens et qui répondrait à la puissance économique et financière renaissante de notre Ancien Continent.
    http://www.ina.fr/economie-et-socie...

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