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Appel à une « règle d’or » pour les pesticides

jeudi 15 septembre 2011, par Marc Laimé

La France est le troisième consommateur mondial de pesticides, avec 70 000 tonnes de produits toxiques utilisés chaque année. L’impact environnemental et sanitaire de leur dispersion massive dans l’environnement est catastrophique : pollution de l’eau et de l’air, cancers, maladies neurodégénérescentes… L’impact financier de leur usage est catastrophique pour les comptes publics et ceux de la sécurité sociale. Or, les pesticides bénéficient depuis 2000 d’un taux de TVA réduit de 5,5 %. A l’heure où une priorité absolue est accordée au « rabotage » des niches fiscales, l’application du taux de TVA « normal » de 19,6 % aux pesticides permettrait aux pouvoirs publics de récupérer plusieurs centaines de millions d’euros, qui pourraient être utilisés pour améliorer la qualité de l’eau et de l’air et promouvoir des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement.

L’impact environnemental et sanitaire désastreux découlant d’un usage massif de pesticides, essentiellement à usage agricole, n’est plus à démontrer.

Plusieurs programmes d’action ont été adoptés ces dernières années, sous la pression du grand public et de la communauté scientifique.

Outre les multiples « engagements volontaires » successivement contractés par la profession agricole depuis une quinzaine d’années – des engagements qui ont mobilisé d’importants fonds publics sans que les résultats attendus apparaissent à la hauteur des attentes légitimes de la société –, l’adoption dans le cadre du Grenelle de l’environnement du plan « Ecophyto 2018 » implique de réduire de moitié la consommation de pesticides dans dix ans.

Mais cet accord, assorti de la réserve qu’il ne pourra être rempli qu’à condition que son impact n’excède pas « un coût raisonnable » pour la profession agricole, ne suffira pas à rétablir rapidement une situation environnementale et sanitaire satisfaisante.

Or, le temps presse. Les alertes se multiplient. Les atteintes à la santé publique sont désormais identifiées sans équivoque, et tournent parfois au drame.

Tout cela aggravé par les reculs constants du ministère de l’Agriculture face aux lobbies...

A l’heure où les « caisses sont vides », où la France « est en faillite », il est temps d’appliquer la « règle d’or » aux pesticides.

Selon les statistiques officielles de l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP), le chiffre d’affaires annuel de la vente de pesticides en France dépasse les 2 milliards d’euros. Un montant supérieur au total des redevances acquittées annuellement par les usagers de l’eau français en même temps qu’ils paient leur facture, redevances perçues par les Agences de l’eau, qui les redistribuent ensuite aux collectivités locales, aux industriels et aux agriculteurs, pour financer des travaux d’amélioration de la qualité de la ressource en eau.

En fait, ce sont à peine une centaine de millions d’euros qui sont réellement affectés chaque année par les Agences de l’eau à l’amélioration de la qualité des ressources en eau, comme l’attestent le rapport publié en 2010 par la Cour des comptes (« Les instruments de la gestion durable de l’eau »), ou celui du Commissariat général au développement durable en janvier 2011, intitulé « Le financement de la gestion des ressource en eau en France. Etude de cas pour un rapport de l’OCDE ».

L’analyse comparative du montant respectif des redevances perçues, tant pour les « pollutions d’origine non domestique » de l’eau que pour les « pollutions diffuses », au regard des sommes allouées par les Agences de l’eau à la préservation de la ressource, est particulièrement accablante.

En résumé, ce sont les usagers domestiques de l’eau qui supportent financièrement, par le biais de leur facture et dans une proportion de plus de 95 %, les actions de lutte contre la pollution de l’eau. Tant la profession agricole que les producteurs de pesticides, qui nous intéressent ici, échappent quasiment à toute imposition !

Le scandale du taux de TVA à 5,5 %
appliqué aux pesticides

Or, dans ce contexte, depuis les années 2000, selon les explications apportées par le ministère de l’écologie à une question de la députée (PCF) de Nanterre, Jacqueline Fraysse :

« Le code des impôts (en son article 278 bis) prévoit une TVA au taux réduit de 5,5 % pour les engrais et les produits antiparasitaires à usage agricole. Ces produits antiparasitaires recouvrent à la fois des produits “phytopharmaceutiques” et des produits “biocides”. Les premiers visent à protéger les plantes des ravageurs, les seconds à détruire, repousser ou rendre inoffensifs des organismes nuisibles (hors utilisation de protection des plantes). Cette disposition, lorsqu’elle a été introduite, avait pour objectif d’aider le secteur agricole, en permettant aux exploitants d’acheter des produits à moindre prix pour protéger leurs récoltes et sécuriser les rendements. »

Le Conseil des prélèvements obligatoires
veut taxer les pesticides à 19,6 %

Or, le Conseil des prélèvements obligatoires, dans son rapport d’octobre 2010 (« Entreprises et niches fiscales et sociales », PDF), préconise la suppression de cet avantage fiscal allant à l’encontre des objectifs de réduction de la consommation de ces produits et dont le coût est évalué à 60 millions d’euros par an…

Jacqueline Fraysse demandait donc, dans sa question précitée à madame la ministre de l’écologie « s’il était envisagé, comme le propose le Conseil des prélèvements obligatoires, de relever le taux réduit de TVA à 5,5 % applicable à certains engrais au niveau du taux normal de 19,6 % ».

En réponse, le ministre de l’Ecologie précisait :

« Il est vrai que cet objectif est aujourd’hui plus complexe et de nouvelles préoccupations doivent être prises en compte, telles la réduction de l’usage des pesticides, réaffirmée dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Ce point est souligné dans le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires d’octobre 2010. Une réflexion est en cours au niveau gouvernemental, pour envisager dans quelle mesure certaines dispositions fiscales pourraient être revues à la lumière des engagements du Grenelle de l’environnement. La proposition du Conseil des prélèvements obligatoires de relever le taux réduit de TVA à 5,5 % à 19,6 % pour certains produits destinés à aider le secteur agricole, sera donc ainsi étudiée dans ce cadre. »

Une « règle d’or » pour les pesticides

Le rapport précité du Conseil des prélèvements obligatoires chiffre donc à 60 millions d’euros les gains que représenterait pour l’Etat l’application du taux normal de TVA à 19,6 % à la vente des pesticides ; mais l’application d’une simple règle de trois au chiffre d’affaires annuel de 2 milliards d’euros de cette industrie fait apparaître un gain possible de 264 millions d’euros par an ! Même si le relèvement du taux causait une baisse importante des ventes, la différence est considérable… Davantage que les sommes utilisées chaque année par les six Agences de l’eau françaises pour financer les actions de reconquête de la qualité des eaux

Les sommes ainsi récupérées pourraient dès lors financer les actions de protection des 507 bassins d’alimentation de captages prioritaires fixées dans le cadre du Grenelle de l’environnement, la conversion des agriculteurs au bio ainsi que l’adoption de nouvelles mesures agro-environnementales. Sans qu’il soit besoin d’attendre de très hypothétiques aménagements dans le cadre de la révision de la PAC.

23 commentaires sur « Appel à une “règle d’or” pour les pesticides »

  • permalien Yann Kindo :
    15 septembre 2011 @12h34   »

    C’est étrange, parce que cet article qui avance comme une évidence absolue et sans nuance que l’usage des pesticides est une catastrophe [tous les pesticides pris en bloc, quelle que soit la raison, quelle que soit la quantité, etc.], et notamment une catastrophe sanitaire (ce que semble-t-il tout le monde sait et qui n’est plus à démontrer -et l’on parle ici des consommateurs semble-t-il, et pas spécifiquement des agriculteurs, qui eux sont effectivement vraiment exposés).... ne renvoie à aucune étude épidiémologique, aucun travail scentifique justifiant cette certitude absolue.
    Par exemple, ce passage contient trois renvois, que le lecteur peut s’empresser d’utiliser pour vérifier ce qu’il en est :

    "Or, le temps presse. Les alertes se multiplient. Les atteintes à la santé publique sont désormais identifiées sans équivoque, et tournent parfois au drame"

    Sauf que quand on clique sur les 3 liens, dans aucun des trois cas on est ramené vers un traval scientifique, mais toujours vers des sites militants.... comme si l’évidence n’existait que parmi les militans antipesticides, et pas dans le reste du monde.
    Pourtant, si les alertes se multiplient et que les atteintes sont identifiées sans équivoque et ce jusqu’au drame, il devrait bien y avoir abondance de références dans la littérature scientifique.
    Pourquoi privilégier en guise de "preuve" une vidéo de témoignages sur Youtube plutôt qu’un quelconque travail de médecin publié dans une revue reconnue ?
    Pourquoi une jsutification aussi faible et caricaturale ?

  • permalien zorro :
    15 septembre 2011 @12h52   « »

    Je rajouterai au débat 3 points essentiels :

    - Que dire des achats sur internet de pesticides (y compris ceux interdits en France, regardez ce qu’offre la Chine en la matière !....) et des données non comptabilisées par l’UIPP ?
    - Que dire de la responsabilité de nos vertueux agriculteurs qui se protègent pendant l’épandage, alors que de nombreux riverains se font littéralement aspergés de produits très toxiques : Regardez quelques étiquettes de produits utilisés : cela interpèle quant au déni de la profession et d’élus et à leur responsabilité pénale : "Délai de retour sur parcelle : 24 ou 48h !?" : l’exploitant lui sait qu’il a utilisé un produit très toxique et se protège, le propriétaire riverain ? De même rien n’interdit une personne de se promener sur un chemin de campagne en limite de surface fraîchement épandue avec un produit "délai de retour sur parcelle de 48h) : il s’en prend plein les narines, pour pas cher et se met en danger, lui ses enfants ! Quel déni. Un contentieux de masse règlerait le problème de tels agissements !
    - Que dire enfin du respect de la vitesse du vent qui interdit au-dessus de 19km/h tout épandage ! L’exemple de la Beauce est à ce titre emblématique : 1ère région de France en matière de potentiel Eolien !

    A méditer.

  • permalien Marc Laimé :
    15 septembre 2011 @15h17   « »

    Des références scientifiques ?

    Voir entre mille autre exemples :

    « Le Roundup, l’embryon d’oursin, la division cellulaire et les mécanismes à l’origine de la cancérisation. »

    par Robert Bellé, Ronan Le Bouffant, Julia Morales, Bertrand Cosson, Patrick Cormier & Odile Mulner-Lorillon

    Centre National de la Recherche Scientifique, UMR 7150 Mer & Santé ; Université Pierre et Marie Curie-Paris 6,

    UMR 7150 ; Équipe Cycle Cellulaire et Développement, Station Biologique, Roscoff, F-29682 France

    Journal de la Société de Biologie, 201 (3), 317-327 (2007).

  • permalien cultive ton jardin :
    15 septembre 2011 @15h40   « »

    "Sauf que quand on clique sur les 3 liens, dans aucun des trois cas on est ramené vers un travail scientifique, mais toujours vers des sites militants...."

    Bah, oui, c’est vraiment dommage qu’on ne trouve pas sur les sites de Bayer et compagnie les récits de ces paysans gravement intoxiqués par les pesticides. Et qu’on ne trouve quasiment nulle part les études scientifiques à propos des effets sur les consommateurs : coûteuses, elles seraient financées par qui puisque le service public ne s’y risque pas ? Heureusement que des militants sans le sou s’y collent.

    Ah voui, mais ce sont... des militants. Pas fiables, donc. Tandis que les fabricants de poisons, eux, c’est des lobbyistes. Fiables, donc. Quand on a pas de fric, on est militant, on vaut pas tripette. Quand on a du fric, on est lobbyiste, donc respectable.

  • permalien HN :
    15 septembre 2011 @15h54   « »

    Sans compter les poursuites par ces lobbies dès qu’on effleure le moindre micromètre de leurs produits sans autorisation, ou les chercheurs embobinés par les industriels pour fermer leur gueule.

    C’est le même problème dans ce secteur comme dans tous les autres secteurs critiques pour la santé (médecine, semences, ...).

    C’est bien beau de jouer le Chomsky inversé face aux sites militants, mais à ce point là, ça devient de la naïveté de se fier uniquement à des recherches privées motivées par le pognon que va justement générer le produit testé...

    - Allons-y, jetons-nous sur le mediator, y parait que les "spécialistes" l’ont validé et que les médecins le prescrivent...

    Et boom ! Dans ta gueule le palpitant en vrac à 30 ans.

    Cdlmt

  • permalien Yann Kindo :
    15 septembre 2011 @17h35   « »

    Merci à Marc Laimé pour sa référence à propos du Round Up et de l’oursin, c’est effectivement à ce genre de choses là que je pensais. Mais ça ne m’explique toujours pas pourquoi on ne trouve pas ce genre de références (ou alors de vulgarisation de ce genre d’article dans la presse scientifique grand public) dans le papier de blog en question, qui ne fait que des renvois à des sites militants (et le fait d’être militant pour une cause que l’on croit juste n’est pas un gage de crédibilité)
    Il ne s’agit pas de faire le Chomsky inversé [si "faire le Chomsky" est faire le rationaliste qui demande des preuves scientifiques sur les questions d’ordre scientifique), mais de faire le Chomsky tout court.
    Au delà d’un papier sur la division cellulaire chez les oursins, je n’ai pas connaissance d’enquête ou de rapport demontrantau delà de la popualtion spécifique des agriculteurs, pour lesquels il n’y a aucun doute (et ceux-ci sont ici victimes) de problème sanitaire grave lié à l’utilisation des pesticides (indispensables en agriculture, si on veut bouffer à notre faim sans mettre en culture l’essentiel des territoires et raser une bonne partie des forêts). [évidemment, Marie monique Robin ne fait pas partie des gens crédibles et convaincants sur ce point]
    Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problème avec les pesticides, loin s’en faut. Il faut trouver les moyens d’en reduire l’utilisation (pour le bien des agriculteurs avant tout, pour la biodiversité sans doute dans un deuxième temps, si il y a des indices convaincants dans ce sens). J’attire l’attention sur un discours unilatéral à côté de la plaque en termes de santé publqiue (je rappelle que les rgaines germées chargée en E.Coli ont fait elles des morts effectifs recensés et identifiés sans aucun doute), pour ne rien dire de l’agronomie (les gens qui proposent une agriculture sans pesticides sont à mon avis des illuminés)

  • permalien Esteban :
    15 septembre 2011 @22h44   « »

    Le relèvement du taux de TVA ne fera pas à priori baisser les ventes puisque la plupart des agriculteurs, comme la plupart des entreprises, ne font qu’une balance de TVA dans leur comptes. C’est le consommateur final qui de toutes façons la paye.
    Bon, les 265 millions de recettes pourront toujours servir.

  • permalien Grégoire Colbert :
    16 septembre 2011 @10h50   « »

    Outre les intérêts financiers évidents déjà mentionnés par les autres commentateurs, j’avance l’hypothèse qu’il n’y a pas d’études sur le sujet de l’agriculture sans produits chimiques parce que cette agriculture n’entre pas dans la démarche scientifique classique du réductionnisme.

    En agriculture chimique, on s’occupe de la plante : elle est bien identifiée, on peut l’amener dans un laboratoire, voir comment elle réagit à telle ou telle molécule, etc. Les choses sont relativement simples : le sol est perçu comme un simple support, inerte, on laboure la terre aussi profondément que possible (« pour que la terre soit fertile, il faut la violer »), et on apporte à la plante ce dont elle a besoin (NPK) et divers médicaments…

    En agriculture biologique, on raisonne sur un écosystème naturel : le sol est vivant, la diversité biologique est essentielle à la stabilité des cultures, les insectes jouent un rôle, les champignons jouent un rôle (renseignez-vous par exemple sur le Bois Raméal Fragmenté qui permet de faire revivre un sol mort)… Ce que je pense, c’est que non seulement il n’y a pas d’argent à gagner pour les chimiquiers, mais qu’en plus, cette approche est beaucoup plus complexe.

    Peut-être devriez-vous lire ou écouter des gens comme Claude Bourguignon (spécialiste de la microbiologie des sols), Sepp Holzer (un Autrichien qui fait de la permaculture sans engrais ni pesticides depuis 1962), ou lire le livre « La révolution d’un seul brin de paille » de Masanobu Fukuoka, l’un des précurseurs de la permaculture… Il y a en a sans doute d’autres, je ne suis pas dans le milieu, juste un esprit curieux qui aime étudier avant de juger.

    Sur votre dernière phrase, une remarque s’impose : les idées vraiment révolutionnaires sont toujours le fait d’individus isolés, le travail de gens « illuminés », oui, mais dans le bon sens du terme…

  • permalien Yann Kindo :
    16 septembre 2011 @17h09   « »

    "Peut-être devriez-vous lire ou écouter des gens comme Claude Bourguignon (spécialiste de la microbiologie des sols), "

    => pouvez-vous me citer une seule publication scientifique de ce "spécialiste" bien connu ?
    Une publication scientifique est une publication dans une revue à comité de lecture dans laquelle le papier est soumis est examiné par d’autres spécialistes pour mesurer sa crédibilité et son sérieux, avant publication (ex : la publication citée plus haut à propos des oursins et du glyphosate)
    La première fois que j’ai entendu parler de Claude Bourguignon, j’ai effectué cette recherche en ligne, elle n’avait rien donné.
    A ma connaissance, Claude Bourguignon écrit des livres, fait de vidéos publiées sur Youtube, mais n’effectue aucune recherche au sein de la communauté scientifique des agronomes ou microbiologistes.

  • permalien Yann Kindo :
    16 septembre 2011 @17h14   « »

    @ Grégoire Colbert

    Vous dîtes

    "les idées vraiment révolutionnaires sont toujours le fait d’individus isolés"

    C’est une vision à mon avis totalement fausse de l’histoire des sciences, et même de l’histoire des idées tout court. Le coup du génie isolé est l’exception très rare, et aujourd’hui à peu près impossible dans le cadre d’une recherche scientifique de plus en plus collectivisée dans sa dynamique et dans ses structures. C’est le partage des connaissances et l’accélération de leur circulation qui est facteur de progrès, pas la méditation dans son coin.

  • permalien
    16 septembre 2011 @18h31   « »

    Je suis un ennemi des pesticides et l’ignorance de ceux qui critiquent ces produits m’inquiète..Loin des grands discours et théories:voici à titre d’exemple quelques idées d’une simplicité étonnante:interdire l’emploi de défoliants sur des productions destinées à l’alimentation humaine:Tomates mûries en quelques jours grâce à ces produits...Puis le "laisser faire" permet d’employer le mûrisseur sur les pommes de terre(Plantes toutes rousses en une semaine)...
    Puis pourquoi se gêner défoliant spécifique permettant la corvée d’épamprage des vignes....
    Puis pourquoi garder ces bons produits pour soi ???Emploi de grandes rampes permettant de traiter plusieurs rangées avec des insecticides ou fongicides Systémiques les envoyant à plusieurs centaines de mètres en arrière ,hors champ traité...Ces jets donnent de beaux arcs en ciel au soleil levant et c’est le moment pour vérifier la portée de ces engins de mort...Je pourrais multiplier ces exemples pour montrer qu’avec un peu de bon sens on pourrait atténuer les effets ou l’emploi de pesticides très dangereux...Il faudrait bien entendu avoir le courage de sanctionner les contrevenants..Adressez-vous à votre député !!!

  • permalien Alain Geerts :
    17 septembre 2011 @10h16   « »

    Monsieur Kindo, vos remarques sont à la fois très pertinentes et à la fois très suspectes. Très pertinentes parce-qu’il est effectivement important de citer des références de travaux fiables pour justifier ce que l’on avance, mais ici, la teneur de l’article n’est pas de démontrer la nocivité des pesticides (l’auteur tient la chose comme suffisamment prouvée), mais de dénoncer un avantage financier difficilement justifiable lui pour des produits dangereux.

    Très suspectes car vous vous cantonner à répéter qu’il n’existerait pas d’études scientifiques qui prouveraient la choses, ce qui est faux : voyez les sites tels ceux du Pan Action Network ou sante-environnement.be et un tas d’autres que je n’ai pas le temps de vous livrer ici. Vous manquez par ailleurs particulièrement d’esprit critique en avançant que seules les articles scientifiques stricto sensu seraient à même de prouver la nocivité des pesticides et que les associatifs militants seraient des farfelus qui ne revendiqueraient des choses sur base de convictions non fondées : c’est très dénigrants pour la masse de travaux sérieux et extrêmement documentés effectuée souvent bénévolement par des gens qualifiés, honnêtes et soucieux de l’intérêt général qui n’ont que leur honnêteté intellectuelle à opposer à la manipulation avérée orchestrée par l’industrie des pesticides qui elle n’est soucieuse que des intérêts de ses actionnaires.
    De nombreux exemples montrent par ailleurs que l’attente de soi-disant preuves scientifiques irréfutables et reconnues par tous fait partie de la stratégie des multinationales chimiques (ou du tabac, ou pharmaceutiques) qui parvient à parfaitement contrôler les choses pour retarder la prise de conscience par le plus grand nombre (dont les politiques) de la nocivité de leurs produits. Ils excellent dans l’art de semer le doute (comme vous le faite d’ailleurs) et profitent des hésitations pour continuer à mettre sur le marché des substances dangereuses. L’histoire révèle souvent, mais hélas trop tard qu’il en est ainsi. Enfin, je suppose que vous n’êtes pas sans savoir que certains cancers contractés par des cultivateurs du fait de leur exposition aux pesticides sont aujourd’hui reconnu comme maladie professionnelle : je doute que cela soit fait sans un minimum d’éléments allant dans le sens de la dangerosité des pesticides.

  • permalien Jean-Michel Masson :
    18 septembre 2011 @08h13   « »

    L’ouvrage de Marie-Monique Robin, "Notre Poison Quotidien" est assez édifiant à propos du problème des expositions régulières à de faibles doses".
    Pendant des années, certains gros "think-tanks" américains, le plus souvent, se sont mués, au nom de la " liberté de commerce" en avocats de lobbies productivistes des énergies sales et parfois des pesticides et autres produits contreversés.
    La méthode utilisée a été bien mise au point pour faire reporter longtemps tout frein à la vente du tabac, puis dans d’autres domaines comme l’amiante et en allant jusqu’aux changements climatiques. Le livre "Merchants of Doubt" de Naomi Oreskes et E. Conway a clairement décortiqué la méthode, qui s’appuie parfois sur des études prétendument scientifiques pour... que le "laisser-faire" continue pour les plus grands bénéfices de certains. Tripatouiller la science ne fait pas peur à certains, et cela a des conséquences importantes sur la vie politique... aux Etats-unis. Dans nos contrées, siège de l’esprit cartésien, la méthode de l’enfumage ne marche pas si mal...
    Les effets de ces produits sur les abeilles sont-ils aussi anodins que la décomposition des algues vertes (c’est un autre problème que celui des pesticides) sur les sangliers celtes ?
    Les études scientifiques n’ont de sens que si elles sont indépendantes des intérêts industriels et financiers. C’est comme si on demandait à des laboratoires pharmaceutiques qui produisent un médicament de fournir les études scientifiques prouvant la non-dangerosité de leur produit. Tout le monde peut vérifier de mémoire que cette méthode n’est pas tout-à-fait parfaite !
    Sur mon blog perso, " Le Triptyque Economique", je médite régulièrement sur le rôle de certains lobbies dans le cadre de l’enfumage...dont la conséquence est parfois la zombification.

  • permalien JBouchez :
    18 septembre 2011 @19h02   « »

    Les publications scientifiques avec comité de lecture et évaluation par les pairs sur les impacts des pesticides existent mais seulement, il faut savoir lire l’anglais qui est la langue de production de la science dans le monde, n’en déplaise aux unilingues francophones.
    Le meilleur moyen de s’en convaincre est de chercher soi-même.
    Ah zut, c’est vrai, il faut faire un effort de compréhension d’une autre langue que celle de Molière...
    Je précise qu’il existe également des sites de vulgarisation scientifique en français qui traitent de ces mêmes recherches.
    Bref : "open your mind"

    http://www.sciencepresse.qc.ca/arti...

    Cordialement,

  • permalien nick froggan :
    20 septembre 2011 @12h34   « »

    @ Yann Kindo
    "J’attire l’attention sur un discours unilatéral à côté de la plaque en termes de santé publqiue (je rappelle que les rgaines germées chargée en E.Coli ont fait elles des morts effectifs recensés et identifiés sans aucun doute), pour ne rien dire de l’agronomie "
    Médecin nutritionniste, je voulais faire une première remarque à Mr Kindo.
    E. Coli est une entérobactérie. C’est à dire un hote exclusif habituellement non pathogène du tube digestif de mammiféres dont ceux de l’homme, des ovins et les bovins par exemple. A ma connaissance et à ce jour, aucune instance sanitaire n’a pris soin de remonter la piste de ces bactéries jusqu’à leur source (sus évoquée). Sachez qu’elles ne peuvent "pousser" de novo sur des plantes par définition. La plante qu’elle soit un concombre ou des graines germées ne sont qu’une destination comme une autre.
    Deuxième remarque, la souche d’Echerichia coli qui a défrayé la chronique était multirésistante aux antibiotiques. Tant et si bien que les TOUS (je dis bien tous) les traitements antibiotiques de références administrés aux malheureux patients en réanimation aux victimes de cette bactérie, n’eurent le moindre effet.
    Qui dit antibiorésistance, dit traitement antibiotique préalable... et multirésistance... plusieurs traitements antibiotiques différents forcément. Or cet état de fait ne se rencontre que dans un milieu particulier. L’élevage intensif ou les antibiotiques sont légion pour des questions connues de rentabilité (moins de perte animal et plus de masse grasse).
    La véritable question étant : " Comment le contenu digestif de bovins ou d’ovins a terminé sur des végétaux ?" Contamination de l’engrais, des eaux... Silence radio sur ce sujet brulant pourtant de première importance en terme de santé publique...
    Quand aux pesticides, les agriculteurs avouent eux-mêmes que si ils ne les employaient pas, leur production chuterait de 30 à 40 % (situation incompatible avec leurs charges d’exploitation ...ce que l’on peut comprendre). Ces produits phytosanitaires, comme on les appelle benoitement, ne sont pourtant pas comparables à des médicaments régit eux par un rapport "bénéfice/risque." Car pour les pesticides, le bénéfice reste toujours pour le rendement et le bénéfice n’existe jamais pour le consommateur ...ni pour l’agriculteur et sa famille les plus exposés payant un lourd tribut (Cf chiffres MSA).
    Les pesticides sont des neurotoxiques, des perturbateurs endocriniens, des agents cancérogènes reconnus (lire la nombreuse bibliographie sur les sujet ou... aller discuter avec les nombreux agriculteurs atteints de Parkinson et de lymphomes avant qu’ils n’en meurent). Comme les pesticides n’onts rien à faire dans nos assiettes, des éminents écotoxicologues sont chargés d’édicter des doses admissibles pour rassurer les populations. Doses qui varient généralement à la hausse au gré des accords européens.

  • permalien Papou M :
    22 septembre 2011 @06h44   « »

    Pour rappel à tous, les valeurs toxicologiques et ecotoxicologiques des produits en question sont présents dans la FDS (fiche de données de sécurité) de chaque produit...

  • permalien Anne Roux :
    23 septembre 2011 @17h09   « »

    MERCI à Marc Laimé pour cette superbe niche fiscale ! Je fais circuler.

    Comme l’a très bien dit quelqu’un, avoir baissé la TVA sur les pesticides n’est en aucun cas une "aide aux agriculteurs" (puisqu’en réalité ils payent HT) mais une "aide à avoir des prix plus bas dans les rayons des supermarchés pour tous les aliments dont la production a nécessité des pesticides à un moment de la chaîne".

    Et non, ce n’est pas non plus une aide aux consommateurs, à moins que l’on considère que ces produits ne nuiront jamais à leur santé.

    En réalité, cette TVA à 5,5 profite : à l’agro-alimentaire et aux producteurs de pesticides (car si les produits non-bio étaient plus chers, aussi bien l’agro-alimentaire que les producteurs de pesticides vendraient moins) et accessoirement, à la grande distribution, dont le seul argument publicitaire (et le seul avantage) est d’afficher des bas prix.

    Donc oui, il faut - évidemment - remettre à 19,6% et prendre les 265 millions correspondants. Vous inquiétez pas, ça ne mettra pas en péril les multinationales en question.^^

    — -

    Pas d’accord par contre avec Marc Laimé sur l’histoire des Agences de l’Eau (et je précise tout de suite que je n’ai jamais travaillé pour une Agence de l’Eau ni personne autour de moi : je suis neutre sur la question !) : enfin, je ne suis pas non plus en désaccord, mais je trouve sa présentation biaisée et illogique :

    Le problème, c’est uniquement le fait que l’immense majorité des agriculteurs qui irriguent ne payent aucune "redevance de prélèvement d’eau" aux Agences de l’Eau, et que l’immense majorité de ceux qui polluent ne payent aucune "redevance de pollution".
    A partir de là, il est légèrement logique que les Agences de l’Eau aident massivement ceux qui payent (les particuliers, donc l’assainissement communal, et les industriels, donc l’assainissement industriel). Sinon ce serait (légèrement aussi) injuste !

    Donc, tant que les agriculteurs (ceux qui irriguent et ceux qui polluent) ne s’acquittent pas de ces redevances, les Agences de l’Eau sont "coincées" :
    - si elles ne font rien sur les pollutions d’origine agricole, ben déjà c’est bête, et en plus on dira qu’elles ne font pas leur boulot ;
    - et si elles mettent des sous sur les pollutions d’origine agricole, ben on dira que c’est dégueulasse que ce soient les particuliers qui payent les dégâts des agriculteurs.

    Donc question : elles doivent faire quoi, en attendant ??? Moi j’dirais qu’elles doivent mettre un peu sur les pollutions agricoles parce que ça craint franchement, mais pas trop sinon c’est injuste.
    Ben c’est en gros ce qu’elles font.

    Mais en tout état de cause on ne peut pas à la fois :
    - dire que c’est injuste pour les particuliers que les Agences mettent de l’argent sur les pollutions agricoles,
    - et leur reprocher d’en mettre... trop peu !

    C’est pourtant ce que fait Marc Laimé... _ ?

    Chapeau pour tout le reste de l’article, par contre !

  • permalien P.Héau :
    24 septembre 2011 @18h12   « »

    SUD-OUEST
    Vendredi 23 septembre 2011 à 06h00 | Mis à jour le 23 septembre 2011 à 10h08
    Par NATACHA THUILLIER 41 commentaire(s)
    Pesticides et santé : surmortalité autour des vignes
    Une étude régionale (Poitou-Charentes) montre que les décès dus à Parkinson et aux lymphomes sont plus importants dans les zones de vignoble
    fin de copier-coller
    Voir l’article.
    Un de mes neveux du cognaçais a failli claquer d’un lymphome il n’y a pas longtemps !

  • permalien G.Kormann :
    28 septembre 2011 @17h00   « »

    J’ajouterais pour les sceptiques que le problème des pesticides ne se présente pas uniquement sous la forme d’un risque avéré, mais sous la forme d’un risque potentiellement mortel à grande échelle. L’utilisation des pesticides aujourd’hui produit des conditions de rencontre des molécules actives et des produits de dégradation de ces mêmes molécules tout à fait incontrôlable : ceci rend d’ailleurs assez difficile l’identification de toutes ces substances (sachant qu’un certain nombre de produits sont interdits et qu’un paquet d’autres sont autorisés chaque année) et coûteuses les analyses.

    Le problème des pesticides, c’est qu’il est impossible de respecter le principe de précaution.

  • permalien CC :
    18 octobre 2011 @10h15   « »

    Je trouve la discussion forte intéressante, et sans avoir de références scientifiques, je peux juste citer mon exemple de vie. J’habitais en plein milieu des champs sans un voisin à la ronde, ce qui pour moi était le comble du bonheur... mais vite j’ai déjanté. Le traitement des champs à 6h00 du matin discrètement ... Ca gène personne !! Moi naïvement je croyais que tout le monde respectait l’interdiction de traiter le matin pour la sauvegarde des abeilles et autres insectes... et dire que cela n’a aucun effet sur elle serait pur mensonge. J’ai vu plusieurs abeilles se trainer par terre sans raison apparente.
    Que c’était magnifique également le reflet du produit vert fluo dans la lumière lorsqu’il traitait !!! Ah et le respect des 2 mètres par rapport au terrain des voisins, je crois que les mètres agri ne sont pas les mêmes que les miens ...
    Le problème serait à prendre à la source, lors de l’apprentissage. Car ce qui me révolte le plus ce n’est pas l’ancien qui ne comprend par l’urgence de réduire sa pollution c’est le jeune qui aujourd’hui (et il y en a encore beaucoup) se dit que l’on faisait ça avant pourquoi pas continuer.

  • permalien Patrice :
    1er novembre 2011 @09h19   « »

    En ce qui concerne la TVA, je pense aussi que l’augmentation du taux pourrait probablement présenter une partie de la solution pour envisager une légère diminution des quantités utilisées, et un complément de recette pour les caisses de l’état. Ce serait effectivement un levier financier intéressant pour promouvoir l’agriculture biologique.

    L’impacte des produits phytosanitaires n’est plus à démontrer aujourd’hui. Des études avec un cofinancement de l’ONILAIT et de l’INRA entre autres, a permis de démontrer il y a déjà quelques années de cela, le lien entre les problèmes de fertilité chez l’homme et la consommation des produits phytosanitaire.
    Cette thématique a également fait l’objet d’un film récemment diffusé par ARTE.

    Les pouvoirs politiques ne semblent pas déterminés à infléchir la tendance alors q’une agriculture moins intensive, peu consommatrice de produits phytosanitaire pourrait tout à fait répondre aux défis de l’alimentation de la planète, sans hypothéquer la santé des citoyens.

    L’action individuelle est celle qui aura l’influence la plus forte sur l’amont. La consommation de produits issus de l’agriculture biologique permet la création de débouchés pour les productions bio. Ces débouchés qui apportent bien souvent une plus-valus sont les éléments clés du développement de l’agriculture biologique à court terme. L’engagement de chacun d’entre nous est une réalité pour orienter l’évolution des pratiques agricoles.

  • permalien Milo Boc :
    21 novembre 2012 @18h42   « »

    Concernant les "études scientifiques"
    Il existe en droit quelque chose d’extrêment curieux qui s’appelle " le principe de précaution". intégré en 2005 à la Constitution par le biais de la Charte de l’ Environement. il figure également des instruments européens et dans la déclaration de Rio. Pour faire simple, il permet d’intervenir lorsque le dommage n’est pas encore réalisé et que l’ on a cependant de bonnes raisons de croire qu’il surviendra. Donc de pouvoir quand même agir alors que plane l’incertitude scientifique. Ne pas attendre d’avoir la certitude avant d’agir implique de laisser la possibilité à des positions minoritaires et souvent contestées d’être prises en considération sans les écraser d’un " ce n’est pas irréfutable".
    Si des études scientifiques , pléthoriques et bien diffusées, établissaient avec certitude le problème, par exemple, des pesticides évoquée ici, il ne serait même plus question de principe de précaution ni de prévention mais tout simplement de mise ne danger de la vie d’autrui ou d’homicide involontaire. Une hausse de la TVA est bien le moins que l’on puisse faire.

  • permalien François :
    22 janvier 2013 @16h58   «

    J’ai du mal à comprendre votre raisonnement en ce qui concerne la TVA. L’immense majorité des agriculteurs et tous les gros céréaliers déduisent leur TVA sur achats de leur TVA sur ventes. Ils ne la paient donc pas. La seule différence est juste sur la trésorerie, puisqu’ils paient leurs factures de pesticides en partie avant les récoltes. Cela ne change non plus absolument rien pour le consommateur, qui lui paie la TVA en fonction du produit acheté, et pour l’alimentation c’est la plupart du temps à 5,5 %.

    La seule différence c’est pour les utilisateurs finaux de pesticides non assujettis à la TVA : les jardiniers amateurs et les collectivités locales.

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