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Mark Twain, anti-impérialiste

par Alain Gresh, 19 septembre 2011

On connaît, de Mark Twain (1835-1910), quelques œuvres célèbres, notamment Les Aventures de Tom Sawyer. On sait moins qu’il fut un homme aux multiples engagements, exprimés dans des pamphlets et des articles contre le racisme, l’hypocrisie religieuse, le patriotisme et, surtout, contre l’impérialisme et le cynisme des nations occidentales.

C’est donc un travail salutaire qu’accomplissent les éditions Agone en publiant un recueil de ces prises de position sous le titre La prodigieuse procession & autres charges, avec une vigoureuse préface de Thierry Discepolo, « La littérature est toujours propagande – autant savoir pourquoi ».

Il n’est pas question de résumer le livre, mais il a l’avantage de nous rappeler que, durant cette fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les Etats-Unis furent une puissance impérialiste particulièrement agressive, comme le résume une excellente chronologie, des agressions contre le Mexique aux interventions en Chine ou au Japon, des multiples expéditions en Amérique du Sud à la guerre contre le peuple des Philippines – cette guerre, menée en 1899-1902 mobilisa 70 000 soldats américains et coûta la vie à plusieurs centaines de milliers de Philippins.

Voici quelques-uns des commentaires écrits par Twain et qui pourraient s’appliquer à l’Irak de 2003.

« Nous étions supposés les délivrer de la tyrannie espagnole afin qu’ils puissent mettre en place leur propre gouvernement et nous devions rester à proximité afin de vérifier qu’il avait toutes ses chances. Cela ne devait pas être un gouvernement conforme à nos idées mais un gouvernement qui représentait les sentiments de la majorité des Philippins, un gouvernement conforme aux idées philippines. Ce qui aurait été une mission digne des Etats-Unis. Mais maintenant – eh bien, nous avons mis notre doigt dans l’engrenage, dans un bourbier où à chaque nouveau pas il devient plus difficile encore de nous extirper » (6 octobre 1900).

« Je n’étais pas anti-impérialiste il y a un an. Je pensais qu’il était magnifique de donner beaucoup de liberté aux Philippins, mais je pense maintenant qu’il vaudrait mieux qu’ils se la donnent eux-mêmes » (15 octobre 1900).

Les textes de Mark Twain dénoncent aussi bien les agressions contre les Chinois aux Etats-Unis que la pratique du lynchage, les pratiques religieuses que les crimes commis par le roi belge Leopold II au Congo, les turpitudes tsaristes que le patriotisme, sans jamais se départir de son humour et de sa verve. De son indignation aussi quand, durant une conférence sur les mineurs de Sibérie, il s’exclame : « Si un tel gouvernement ne peut être renversé autrement que par la dynamite, alors, Dieu merci, heureusement que la dynamite existe. »

Université populaire

Organisée en commun par l’Institut de recherche et d’études Méditerranée Moyen-Orient (Iremmo) et ce blog.

Samedi 1er octobre 2011
Maghreb, Proche et Moyen Orient : une introduction générale

Séance 1 : Histoire de la région, de la première guerre à nos jours, avec Henry Laurens (Professeur au Collège de France, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe) ;

Séance 2 : L’économie du Proche et du Moyen Orient, avec Agnès Levallois (Journaliste indépendante) ;

Séance 3 : La géopolitique de la région et le rôle des puissances étrangères, avec Alain Gresh (Journaliste au Monde diplomatique, animateur du blog Nouvelles d’Orient).

Contact et inscription : universite-populaire[@]iremmo.org

Alain Gresh

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