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Suisse - Elections - Extrême droite

L’UDC, des moutons noirs aux rangers

mardi 18 octobre 2011, par Cristina Del Biaggio

Les Suisses voteront le 23 octobre pour élire les membres du Conseil national et du Conseil des Etats. Selon les pronostics, l’Union démocratique du centre (UDC) devrait rester le premier parti du pays.

Berne, le 10 septembre 2011. En ce samedi ensoleillé, le dispositif policier anti-émeutes est imposant. Tout est prévu pour éviter que le scénario de guérilla urbaine d’octobre 2007 ne se reproduise.

Le cortège de l’Union démocratique du centre (UDC), bloqué par des contre-manifestants qui avaient érigé des barricades, n’avait pu rejoindre comme prévu la Place fédérale. Les membres de l’UDC avaient dû se contenter d’un petit tour de pâté de maisons autour de la célèbre fosse aux ours bernoise. C’est à cet endroit, et non pas sur la Place fédérale, que Christoph Blocher (alors chef de l’UDC et conseiller fédéral), avait prononcé son discours et profité de l’occasion pour revenir sur l’incident, mettant en cause la police bernoise « défaillante », et dénonçant une atteinte à la liberté d’expression.

En 2007, une forte mobilisation anti-UDC

La contre-manifestation de 2007 était une sorte de grande « fête contre le racisme » organisée par des sympathisants du collectif Das Schwarze Schaf (« Le mouton noir »). Ce nom fait référence aux débats qui agitaient alors la très pacifique Helvétie. Les moutons, ces animaux paisibles et ancrés dans la culture paysanne européenne, avaient été choisis par l’UDC pour ses affiches, qui tapissaient littéralement les espaces publics suisses. La « campagne des moutons » avait été initiée afin de récolter des signatures pour une initiative sobrement intitulée « Pour le renvoi des étrangers criminels », finalement signée par plus de 200 000 personnes (dépassant largement les 100 000 nécessaires), et acceptée en votation populaire le 28 novembre 2010 par 52,3% des voix.

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Affiche en faveur de l’initiative « Pour le renvoi des étrangers criminels »

Cette campagne, destinée en premier lieu à réunir des signatures, a aussi et surtout permis de donner le ton de la campagne électorale en mettant au premier plan les questions de sécurité et d’immigration.

L’image choquante du mouton noir chassé par des moutons blancs avait été dénoncée par des collectifs (Les Moutons noirs et les Moutons de garde). Ces derniers ont ouvert un site Internet pour lancer le débat sur la façon dont les campagnes politiques sont menées en Suisse. Le succès de leurs « moutons colorés » (l’association a récolté plus de 30 000 signatures en quelques semaines) était le signe d’un rejet massif du discours obscène et haineux de l’UDC par une grande partie de la population résidente en Suisse.

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Carte postale des Moutons de garde
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Affiche des Moutons noirs

La campagne UDC avait même attiré l’attention de Doudou Diène et Jorge Bustamante, respectivement rapporteurs spéciaux des Nations unies contre le racisme et pour les droits humains des migrants, qui ont écrit au gouvernement suisse pour le sommer de s’exprimer sur cette campagne. Le ministre suisse de l’intérieur avait répondu, comme le rapporte le site Swissinfo, « qu’il revient au peuple de juger ces pratiques, et le cas échéant de les sanctionner au travers des processus démocratiques ». Or, le processus démocratique semble légèrement défaillant en la matière, et la loi 261 bis du Code pénal suisse pas assez efficace si elle n’arrive pas à interdire que de telles affiches soient placardées dans les lieux publics.

A l’étranger, les moutons n’ont pas suscité que des critiques. Le graphisme des moutons bicolores a franchi les frontières et trouvé des adeptes ailleurs. La section du Land Hessen du Nationaldemokratischen Partei Deutschlands (NPD), en Allemagne, ainsi que la Ligue du Nord, en Italie, ont réutilisé l’image du mouton noir. La reproduction des images de l’UDC par des partis d’extrême droite connus pour leur racisme montre bien la position que le premier parti suisse occupe sur l’échiquier politique. L’UDC, parti populiste et nationaliste, se définit, par son discours, comme un véritable parti d’extrême droite.

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« Donnons la résidence uniquement aux étrangers honnêtes qui travaillent »
Affiche de la Lega Nord
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« Le social rime uniquement avec national »
Affiche du NPD

Mais, au cours de la fête organisée sur la Place fédérale, en ce mois de septembre 2011, les images que l’UDC diffuse semblent moins brutales. Les joueurs de corne des Alpes dissimulent la banderole demandant au peuple suisse de « stopper l’immigration massive ». C’est le moment de se réunir dans la bonne humeur, d’écouter des Heimatklänge (« sons patriotiques »), de lancer des ballons aux couleurs de la Suisse, de manger des cervelas (« la » saucisse nationale) et de montrer l’attachement aux valeurs de la Suisse.

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Les cornes des Alpes cachent le slogan UDC « Stop à l’immigration massive ! »
© Alberto Campi, 2011.

Pas de polémique cette année, et, à la différence de 2007, la fête, confinée au périmètre de la Place fédérale, sécurisé par des membres du parti, les forces de l’ordre et des services de sécurité privés, se déroule sans incidents ni violence.

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Le dispositif de sécurité mis en place par la police
© Alberto Campi, 2011.

La place, décorée de nombreux symboles nationalistes, s’est transformée en lieu de rencontre et d’échange amical entre joueurs de corne des Alpes, porteurs de cloches, chanteuses et chanteurs de yodel, mais aussi de simples sympathisants, et parmi eux également bon nombre d’étrangers et d’enfants venus des quatre coins de la Suisse et prêts à chanter l’hymne national en déployant le drapeau rouge à croix blanche ou le drapeau vert du parti.

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Joie et bonne humeur
© Alberto Campi, 2011.

Les contre-manifestants se sont réunis à 800 mètres de là, dans un centre culturel alternatif, la Reitschule. Les collectifs Moutons noirs, cette année, ne se sont pas rendus sur la Place fédérale pour empêcher la fête démo-centriste, mais ont organisé une journée de débats, concerts, pièces de théâtre. Dans une petite fabrique dans la cour du centre, on confectionne des tee-shirts en y appliquant des images de moutons noirs.

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Production de tee-shirts « moutons noirs » à la Reitschule de Berne
© Alberto Campi, 2011.

Pas de choc frontal, donc : anti-UDC confinés dans la Reitschule, pro-UDC sur la Place fédérale. (Presque) personne n’a franchi la ligne de partage sécurisée par la police. Presque personne, car, comme dans tous les troupeaux, s’échappent parfois quelques brebis. Sur la Place fédérale, un manifestant solitaire brandit un placard orné du célèbre mouton noir.…

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Le seul manifestant anti-UDC sur la Place fédérale
© Alberto Campi, 2011.

Se taire ou dénoncer ?

Mais les moutons ne sont plus à l’honneur. L’UDC leur a préféré cette année les grosses chaussures noires. Le message et la stratégie politique restent identiques (immigration et sécurité) pour les élections fédérales du 23 octobre 2011.

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Affiche UDC pour la récolte de signatures en faveur de l’initiative « Stopper l’immigration massive ! »

L’image rappelle, par le style, la rhétorique et les couleurs, les affiches de la propagande nazie des années 1930. Elle présente des similitudes avec une caricature antisémite parue en 1933 dans le journal autrichien Der Eiserne Besen (Le Balai de Fer) et montrant des juifs qui envahissent la Suisse.

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« Entrez seulement, messieurs-dames, le petit Suisse dort encore »
Caricature antisémite parue dans « Der Eiserne Besen », journal antisémite autrichien (image publiée dans Claude Cantini, Les Ultras. Extrême droite et droite extrême en Suisse : les mouvements et la presse de 1291 à 1991, Editions d’En Bas, Lausanne, 1992).

Le choix des chaussures noires n’est certainement pas un hasard : elles ressemblent à un symbole très apprécié des adhérents des mouvements néo-nazis, les « combat-style boots », ou rangers en français. Les couleurs (noir, blanc, rouge) utilisées pour l’affiche, quant à elles, rappellent tout simplement celles du drapeau de l’Allemagne nazie.

Dernière initiative d’une section cantonale de l’UDC (Valais), une nouvelle affiche qui ne pourrait être plus explicite : « Tu niques la Suisse ? Tu gicles ! ». Le parti récupère des expressions typiques du « parler jeune », la stratégie étant certainement d’attirer les voix d’une population difficilement mobilisable lors des rendez-vous électoraux.

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« Tu niques la Suisse ? Tu gicles ! »
Affiche de l’UDC-Valais, 2011.

Face à la violence de cette nouvelle campagne UDC, la contre-campagne semble beaucoup plus discrète. Le Parti libéral-radical s’est clairement distancié, il y a quelques jours, de la campagne « démo-centriste » : lors d’une conférence de presse, le 10 octobre à Berne, le porte-parole du PLR a disqualifié le texte de la nouvelle initiative UDC sur l’immigration. C’est pourtant le Parti libéral qui utilise le même message que l’UDC sur la question migratoire (« Immigration sous contrôle – par amour de la Suisse »), même si les affiches optent pour une forme graphique édulcorée — et probablement moins « efficace ».

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« Immigration sous contrôle – par amour de la Suisse ».
Affiche de la campagne du Parti libéral en gare de Bienne. © Cristina Del Biaggio, 2011.

Ce silence relatif s’explique : les anti-UDC sont divisés sur le fait de dénoncer publiquement les affiches. La gauche, qui avait vigoureusement réagi à l’époque des moutons, a changé de stratégie. En 2007, l’UDC avait tiré profit de ce scandale. Cette année, comme l’a expliqué Stéphane Rossini, vice-président du Parti socialiste, à la Télévision suisse romande (TSR), le PS a décidé de faire campagne avec le slogan « Pour tous sans privilèges ». Un slogan rassembleur, mais qui ne dénonce pas directement la campagne d’affichage UDC, dans l’espoir que les électeurs n’y portent pas trop d’attention.…

Le syndicat UNIA, en revanche, contre-attaque. Rita Schiavi, membre du comité directeur, pense qu’il est nécessaire de dénoncer les messages de l’UDC. UNIA brise donc le silence des partis traditionnels, à la chasse aux électeurs, et lance une campagne « Sans nous, pas de Suisse – Halte à la xénophobie ». Une série de cartes postales et un spot télévisé qui passe aux heures de pointe sur les chaînes publiques suisses rappellent ainsi que, sans étrangers, la Suisse ne pourrait simplement pas fonctionner. Le syndicat passe en revue les secteurs économiques dans lesquels sont employés entre 40 % et 70 % d’étrangers (notamment la recherche, la construction et la santé) et montre visuellement la présence, indispensable, de ces « travailleurs sans passeport suisse ».

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« Sans nous, pas... »
Campagne du syndicat UNIA, 2011.

Sur le site Internet, UNIA fait référence à une banderole publicitaire publiée dans les journaux par l’UDC et qui s’attaque à la communauté kosovare en Suisse. Le titre, éloquent, clame que « des Kosovars poignardent des Suisses », en référence à un fait divers survenu en août 2011. Deux jeunes Kosovars ont agressé deux Suisses, blessant l’un d’eux à la gorge. Et l’UDC d’en déduire : « Voilà les conséquences d’une immigration de masse dont on perd le contrôle. »

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Banderole de l’UDC

UNIA s’inspire du même graphisme pour rappeler que c’est un Suisse d’origine kosovare, Xherdan Shaqiri, qui a « sauvé » presque à lui seul l’honneur de l’équipe nationale de football, en marquant trois buts contre la Bulgarie lors du match qualificatif pour l’Euro 2012.

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Banderole du syndicat UNIA

En 2007, Ueli Maurer (à l’époque président de l’UDC), déclarait à la TSR : « Un parti pacifique suisse a été bloqué par la violence, ce sont des faits. La logique qui en découle est simple : il faut voter pour nous. » Le 21 octobre 2007, les Suisses ont donné 29% à l’UDC. En septembre 2011, le message délivré par Christoph Blocher, leader charismatique du parti, était le même. Les projections donnent encore et toujours l’UDC premier parti de Suisse, avec près de 30% des intentions de vote.

Quelques liens

— Campagne contre l’initiative « renvoi des étrangers criminels » (votation du 28 novembre 2008), assez brutale, mais les trois petits films sont très bien faits. L’UDC relance en ce moment la même initiative, en demandant que celle de 2008 soit appliquée immédiatement.

- Campagne UDC pour les élections d’octobre 2011 : « Les Suissesses votent UDC ».

- Contre-spot anti-UDC : « Toutes les Suissesses ne votent pas pour un parti xénophobe ».

- Campagne du syndicat UNIA : « Sans nous pas de Suisse ».

- Entretien avec Alexander Segert, le publicitaire de l’UDC, 24 Heures (Lausanne), 29 novembre 2010.

- Détournement des affiches de l’UDC (en allemand).

- Un siècle d’affiches politiques « musclées » en Suisse.

- Le discours de Dick Marty, ancien président et membre de la Commission des droits de l’homme au Conseil de l’Europe. Extrait :« Les progrès dans le domaine des droits humains sont cependant précaires et les régressions nombreuses. Certes, le sujet est dans la bouche de tout le monde, dans les discours de la plupart des politiciens. Pourtant, comment ne pas voir qu’au cours de cette dernière décennie nous avons fait d’inquiétants pas en arrière ? Comment ne pas ressentir un malaise, comme un présage que quelque chose de grave et de dangereux pourrait se répéter ? »

- Polémique autour de Vol spécial, le film de Fernand Melgar sur un centre de rétention suisse, qui suscite l’ire de l’UDC : « “Vol spécial” est autorisé à l’école, au grand dam de l’UDC », Le Courrier (Genève), 12 octobre 2011.

- Mieux connaître l’UDC : un parti qui ratisse très large, une interview de Cécile Péchu et Phillipe Gottraux dans le Courrier, 17 octobre 2011.

Cristina Del Biaggio est géographe (département de géographie de l’université de Genève).

Alberto Campi est photographe. Consultez son site Internet.

Cristina Del Biaggio tient à remercier Gabriele Rossi pour les recherches en archive.

23 commentaires sur « L’UDC, des moutons noirs aux rangers »

  • permalien Yvan :
    18 octobre 2011 @10h13   »

    « Les moutons, ces animaux paisibles et ancrés dans la culture paysanne européenne, avaient été choisis par l’UDC pour ses affiches, qui tapissaient littéralement les espaces publics suisses. »

    Le mouton est encore plus ancré dans la culture des fellahin musulmans... pourquoi cacher le caractère communautaire luthérien islamophobe de ces manifestations ?

    Erasme en son temps n’a t-il pas lui aussi un mouton noir ?

    « Mais maintenant que Bâle est devenue une ville réformée, une ville de parti, il ne veut pas, lui qui répugne à tout ce qui est parti, séjourner plus longtemps dans ses murs » Erasme - Stefan Zweig

  • permalien Tristan :
    18 octobre 2011 @11h46   « »

    Vous n’avez pas sorti leur principale slogan :

    LES SUISSES VOTENT UDC

    Bon, l’affiche est moins violante, même si visible partout.

    Mais, derrière ce message, c’est comme si, d’un coup, ceux qui ne votent pas UDC se retrouvent rangé parmi les "hordes d’étranger".

    C’est encore, souvent, des Autrichiens comme Frisinger, et d’autres fils d’immigré, qui se définissent comme plus Suisse que les autres.

    Là, en attente des résultats, le 23octobre, et des luttes de fin d’année, pour le conseil fédéral, pour savoir avec un peu plus de clarté, comment sera dirigée La Suisse, ces prochaines années.

  • permalien Asing :
    18 octobre 2011 @12h12   « »
    Spots anti-UDC

    Vous avez oublié d’autres contre-spot anti-UDC :
    http://www.youtube.com/watch?v=fdKD...
    http://www.youtube.com/watch?v=9pzq...

  • permalien MrSmith :
    18 octobre 2011 @12h40   « »
    L’UDC ne pas peindre le diable sur la muraille

    Bonjour,

    Je suis résident Suisse et je pense pouvoir apporter une petite réponse à cet article.

    L’UDC, même si il ne fait pas l’unanimité, est un parti politique traditionnel suisse issu du lobby paysan, ouvrier et bourgeois que beaucoup décrive comme étant d’extrême droite. Si il est vrais que leur principaux thèmes de campagne sont la sécurité et l’immigration, ils soutiennent néanmoins d’autres projets à tendance libérale. Et c’est à mon avis ce qui fait la force de la Suisse. Grace à sa politique libérale, à sa fiscalité attrayante et au niveau d’éducation de sa population, elle attire chez elle les sièges européens des grandes sociétés et favorise l’entrepreneuriat. Le besoin de sécurité des biens et des individus concerne tout le monde. C’est même le second sur la pyramide de Maslow. Ainsi, pour le bien-être de la population et pour s’adapter aux changement rapide de société (Schengen, Bottelons, réseaux sociaux), les politiques recherchent à mettre en œuvre des mesure pour améliorer le système de sécurité publique.

    Pour revenir à l’affiche des "moutons noirs", il est sur que le but de cette campagne était de susciter la polémique et de créer le débat. Mais quel est le message derrière cette affiche ? Là deux visions s’opposent : Le rejet catégorique de la population de couleur ou le rejet des délinquants fauteur de trouble. C’est pour moi la deuxième proposition qui prime. Car si il est vrai que ce parti n’aime pas l’immigration, il ne veut pas la fermeture totale des frontières.

    C’est ainsi que doit se faire le jeu politique. Respecter les idées des adversaires ou du moins les mettre sur la table sans exclusion. Autant nous avons besoins de la gauche, autant nous avons besoin de la droite.

    Meilleures salutations

  • permalien Tristan :
    18 octobre 2011 @16h16   « »

    @MrSmith

    L’UDC ... est un parti politique traditionnel suisse issu du lobby paysan, ouvrier et bourgeois

    Oui, mais c’était avant sa prise de pouvoir par la haute finance zurichoise.

    L’histoire avec Eveline Widmer-Schlumpf a bien montré que ceux qui suivent la ligne traditionnelle de l’UDC peuvent très facilement être éjecté du parti, actuellement.

    l’affiche des "moutons noirs", ...le but ... de créer le débat

    Non, ces affiches n’ont pas cette fonction, ou, alors, c’est que vous fumez des trucs vraiment très très fort !

    C’est l’héritage de Goebbels, le matracage permanant, qui permet à des mensonges de devenir des vérités.
    Cette héritage est assez bien partager, mais, là, en Suisse, l’UDC dispose de sommes assez folles, pour toutes ses campagnes, qui fait que leurs affiches sont bien plus présentes que les autre.

    C’est vraiment drôle, de voir comment mon pays change. Avant, on savait tous qu’on était Suisse, sans avoir besoin de se promener avec des drapeaux. Là, ca fait déjà un moment qu’on est en train de devenir un peu comme les autres, avec, même, des gens qui se permettent, HÉRÉSIE, de klaxonner après 22heures, si notre équipe de foot gagne.

  • permalien La tite de l’Emmental :
    18 octobre 2011 @16h44   « »

    Bravo Mr Smith ! Magnifique déclaration ! ça me fait plaisir de voir qu’il y a des gens qui pensent comme vous ! Vous semblez avoir bien compris l’idée de l’UDC pour la Suisse ! Je ne pense pas du tout que l’UDC soit xénophobe, mais juste réaliste. Effectivement, ouvrir la porte à tous sans surveiller qui entre, c’est dangereux... on laisse entrer les violeurs et criminels sans le savoir du coup ! D’où la campagne de l’UDC qui réagit avant que l’irréparable soit installé.

    Merci MrSmith pour votre point de vue et votre compréhension !

  • permalien HN :
    18 octobre 2011 @18h12   « »

    on laisse entrer les violeurs et criminels sans le savoir du coup !

    Bien sûr, les hordes de violeurs et de criminels...
    L’or des criminels de guerre, il avait pas d’odeur hein ?

    Mais les violeurs et criminels suisses ne vous inquiètent donc pas ?

    Cdlmt

  • permalien BM :
    18 octobre 2011 @19h39   « »

    La Suisse n’a jamais été dénazifiée après 1945... (Pour ceux qui croient encore au père Noël et que la Suisse a été vraiment neutre pendant la Seconde Guerre Mondiale : Vous avez déjà entendu parler de l’allocution de Pilet-Golaz du 25 juin 1940 ? Non ? Vraiment ?) D’où les problèmes actuels.

    Et bravo encore à l’inénarrable "MrSmith". Les gens qui disent de tels choses posément et en costard-cravate me font infiniment plus peur que ceux qui les braillent en rangers, blouson et crâne rasé.

  • permalien Karim Wilmotte :
    18 octobre 2011 @20h12   « »

    "Respecter les idées des adversaires"

    Oui, toute idée en vaut bien une autre : nazisme, esclavagisme, théorie génocidaire...

    Respecter l’adversaire en tant qu’être humain, ok. Mais faut pas non plus nous prendre pour des cons : des idées xénéphobes sont des idées xénophobes et contraire... au respect des être humain (comme quoi, le respect, le vrai, n’est pas nécessairement chez ceux qui font de jolie affiche).

  • permalien Kulu :
    18 octobre 2011 @21h32   « »

    Juste cette petite indication pour préciser un peu les choses :
    – UDC = Union Du Centre, en Suisse Romande.
    Ça donne une image bonasse de ce parti, consensuelle, etc.
    Dans la partie alémanique où je réside, le même parti se nomme
    – SVP. Ça ne veut pas dire s’il vous plaît, loin s’en faut, mais Schweizerische Volkspartei, ce qui signifie Parti du Peuple suisse...
    C’est pas vraiment la même tonalité.
    En fait, les problèmes liés à l’immigration issue des Balkans et notamment de l’Albanie (mafia, arnaques aux aides sociales et j’en passe) foutent les suisses hors d’eux parce qu’ils investissent beaucoup d’argent et de compétences pour intégrer ces personnes et cela ne marche pas toujours bien.
    Il n’en demeure pas moins que le SVP dont le patron incontesté est Blöcher, un milliardaire zurichois, est un parti nationaliste comme son nom l’indique clairement. Ça ne veut pas dire extrême droite forcément, ce n’est pas le FN avec ses faschos notoires, mais plutôt restons entre nous, dans nos montagnes avec nos banques et notre chocolat.
    Cela dit, les temps sont durs et les discours suivent.

  • permalien Shiv7 :
    18 octobre 2011 @21h34   « »

    Je ne pense pas du tout que l’UDC soit xénophobe, mais juste réaliste.

    Méfiez vous des réalités binaires..(elles ont la furieuse tendance à conduire au totalitarisme, simplicité oblige)

    Le code des affiches, s’il en est, suffit à voir dans le slogan et discourt UDC une réduction binaire, manichéenne et distordue de la dite réalité, assortie d’un effet de propagande tellement caricatural, qu’il ne peut pas nous faire penser aux totalitarismes du XX siècle ; risible, macabre et dangereux.

    Je ne suis pas certain que les paysans et les ouvriers du terrain, qui eux vivent et travail avec des étrangers voie la même réalité que l’UDC.

    L’idéologie UDC détourne à son compte (c’est le cas de le dire) le vrai mal de l’époque provenant de l’économie libérale et démocratique mondiale.

    Il s’attaque à des effets collatéraux pour masqué la source de nos problèmes actuels, source qu’il ne remet pas en question, puisque l’UDC repose et vit par l’économie libérale globalisée.

  • permalien Philippe Rekacewicz :
    18 octobre 2011 @22h35   « »

    Un reportage sur l’UDC et Oskar Freysinger qui date de 2007

    http://www.dailymotion.com/video/x3...

  • permalien th M :
    19 octobre 2011 @09h31   « »
    @smith

    Intervention tissée de qui-va-de-soi dangereux. Relevés ci-dessus.
    Et aussi :
    "le rejet des délinquants fauteur (sic) de trouble" . Etant sous-entendu par le signataire que les délinquants sont par définition non Suisse !

  • permalien th M :
    19 octobre 2011 @09h38   « »
    A Emmental , la pensée à trous...

    C’est presque amusant, si ce n’était si grave :

    "ouvrir la porte à tous sans surveiller qui entre"

    Donc :Une fraction non négligeable d’un pays où coexistent 4 langues officielles se retrouve pour crier son "identité" face aux hordes barbares...

    Quant aux violeurs, il est notoire qu’ils viennent de loin ! Oublions juste que la plupart des actes incestueux sont pratiqués dans le cercle familial...
    Aucun suisse ne commet d’acte délictueux...

  • permalien nostradamus :
    19 octobre 2011 @13h48   « »

    @ Mr Smith

    Discours traditionnel d’un étranger résidant en Suisse et qui nous fait le discours du "halte aux étrangers" Il y a un rapport psychologique dans ce fait bien connu et la Suisse est finalement victime des étrangers qu’elle accueille mais pas ... les "moutons noirs" !

    les Suisse votent UDC ? si 30% des votants, c’est la population de (vrais) suisses que dénombre l’UDC, alors oui hahahah !

    UDC ton chant du coq passera par ton bouc !
    (note : le bouc ZOTTEL, la mascotte de l’UDC)

  • permalien Cristina Del Biaggio :
    20 octobre 2011 @09h36   « »

    Article paru dans le Courrier (http://www.lecourrier.ch/) d’aujourd’hui, 20.10.2011
    Plainte contre une publicité de l’UDC

    Deux Kosovars ont déposé une plainte pénale pour discrimination
    raciale contre une publicité de l’UDC sur l’initiative « contre l’immigration de masse ». Le Ministère public zurichois a reçu la plainte vendredi, a indiqué le procureur Hans Maurer, confirmant une information de 20 minuten. La procédure concerne une
    annonce ayant pour titre « Des Kosovars poignardent un Suisse ! _ » Elle faisait allusion à un fait divers survenu le 15 août à Interlaken et qui serait prétendument la conséquence
    d’une immigration de masse incontrôlée.

    Quelques journaux ont accepté de publier cette annonce
    en la mettant au singulier : « Un Kosovar poignarde un Suisse ! ».
    Le slogan d’origine a par contre été affiché sur internet. L’annonce enfreint la norme antiracisme, a expliqué hier l’avocat
    des plaignants, David Gibor. Elle appelle publiquement à
    l’exclusion collective d’une ethnie. De son côté, l’UDC reste sereine. La plainte n’est pas fondée, estime son secrétaire
    général Martin Baltisser. Le parti n’a rien fait d’autre que de
    représenter un événement qui s’est réellement produit. ATS

  • permalien Doc Agnan :
    21 octobre 2011 @14h11   « »

    Bonjour Cristina
    Comme je n’en vois pas la trace dans votre article je vous signale à propos de la lamentable affiche "Tu niques la Suisse, tu gicles" que la source d’inspiration de l’UDC est assez claire et révélatrice : les jeunesses du Front National français :
    http://www.nationspresse.info/?p=80592

    il y a même une page facebook qui reprend le slogan du FN !

  • permalien andré :
    22 octobre 2011 @01h06   « »
    L’UDC en 7 leçons

    Pour en savoir plus : http://www.vigousse.ch/guide_udc.php

    "Entre supercherie, démagogie et matraquage, l’UDC prend souvent les citoyens suisses pour des imbéciles. Ça marche assez bien. Mais pour qui souhaiterait voter intelligemment, voici un précieux pense-bête."

  • permalien ORANE :
    23 octobre 2011 @18h35   « »

    sUR LE FOND. JE NE SAURAIS ME PRONONCER , mAIS SUR LES ImaGES DU MOUTON NOIR ET DES BOTTES ? JE N’AI PU M’EMPËCHER DE PENSER IMMEDIATEMENT AU NAZISME...!

    Orane

  • permalien Cristina Del Biaggio :
    1er novembre 2011 @06h41   « »

    Editorial du Courrier, paru le 1er novembre 2011 :
    "La Suisse, mouton noir" :
    http://www.lecourrier.ch/la_suisse_...

  • permalien Cristina Del Biaggio :
    1er novembre 2011 @06h45   « »

    Article lié à l’éditorial de ce matin du Courrier :
    Le renvoi des « moutons noirs » sous le couperet de Strasbourg

    http://www.lecourrier.ch/le_renvoi_...

  • permalien Agnan :
    12 novembre 2011 @08h04   « »
    Nouvelle parution de Freysinger-le-veule

    Un nouvel ouvrage affligeant du leader de l’UDC valaisanne et futur vice-président de la section romande du parti. On touche le fond !

    http://www.lematin.ch/actu/suisse/f...

    http://www.tatamis.fr/sites/journal...

  • permalien K. :
    13 décembre 2012 @07h17   «

    Quelle allure aurait le paysage du Lac de Genève (et comment les Suisses auraient voté) si ses mosquées ottomanes n’avaient pas été détruites ?

    The Great Mosques of Lake Geneva

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