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Echec relatif des Frères musulmans aux élections du syndicat des médecins égyptiens

dimanche 23 octobre 2011, par Alain Gresh

Les élections au syndicat professionnel des médecins se sont déroulées dans toute l’Egypte. C’était le premier scrutin depuis la révolution et depuis celui de 1992 – le dernier –, qui avait vu les Frères Musulmans l’emporter, mais avec un taux de participation très faible. Depuis 1992, le pouvoir avait gelé la situation et aucune élection n’avait pu se dérouler.

Au mois d’octobre, les médecins ont donc été appelés à voter à la fois pour la direction nationale et pour les 26 directions régionales. Et les résultats ont surpris tous les observateurs : les Frères musulmans ont subi un échec relatif – ou des « gains relatifs », comme le titre Al-Ahram Hebdo (19 octobre).

Deux courants se faisaient face : le courant indépendant, très divers dans sa composition, et celui des Frères musulmans. Si, sur le plan national, les indépendants ont obtenu 6 sièges sur 24 (mettant fin toutefois au monopole des Frères sur la direction nationale), sur le plan local la situation est tout autre :

« Le courant indépendant a réussi à s’approprier une majorité de sièges dans les conseils de 14 de ces syndicats locaux. Ils sont aussi majoritaires au Caire, où ils ont remporté 14 sièges sur 16, à Alexandrie (10 sur 12), ainsi que dans la plupart des gouvernorats de la Haute-Egypte, notamment Minya, Béni-Souef, Assiout, Sohag, Qéna, Louqsor et Assouan. Les indépendants se sont aussi imposés à Marsa Matrouh (à l’ouest) comme à Suez, Ismaïliya et dans le Nord-Sinaï. Ces résultats sont d’autant plus inattendus que les Frères musulmans bénéficient — du moins théoriquement — d’une grande popularité à Alexandrie, à Ismaïliya et dans le sud du pays. Pour le poste de président des syndicats locaux, le courant indépendant a remporté 12 sièges sur 27. Pour le conseil général du syndicat, les candidats issus de la confrérie des Frères musulmans ont remporté 75 % des sièges. Le poste de président national du syndicat est revenu à Mohamad Khaïri Abdel-Dayem, un candidat qui se dit indépendant, mais qui est soutenu par la confrérie. »

Cette dichotomie entre résultats nationaux et régionaux s’explique par la plus grande capacité des Frères à s’organiser et par le fait qu’ils disposent d’un mouvement national.

La plus forte participation, notamment des jeunes médecins, et aussi celle des coptes explique ce résultat.

Khaled Samir, professeur à la faculté de médecine de l’Université de Aïn-Chams, lui-même candidat indépendant, explique le rôle des coptes :

« “Les coptes, par exemple, ont joué un rôle important dans ces élections. Ils n’avaient pas de vrai rôle syndical durant les vingt dernières années. Mais après la révolution, ils ont décidé de participer pleinement à la vie politique.” Les coptes, qui représentent 10 % de la population, constituent de 15 à 30% des médecins, selon la région. Ils sont par exemple fortement présents en Haute-Egypte. Les résultats des élections de vendredi ont reflété l’importance de leur poids numérique. »

L’échec des Frères s’explique aussi par leur passivité à la tête du syndicat pendant les années Moubarak, selon un militant même de l’organisation cité par Al-Ahram Online, Ali Mostafa (« Behind the Brotherhood’s losses in historic Doctors’ Syndicate elections », 20 octobre).

Pour mieux comprendre cette évolution, je voudrais retracer ici une conversation que j’avais eue au Caire à la fin mai 2011.

Mohammed Chafik est un jeune médecin même pas trentenaire, aux lunettes cerclées d’intellectuel, et qui assume sa formation politique, son orientation révolutionnaire et le fait qu’il a une vision du monde très à gauche. Il ne croit pas aux partis pour l’instant et veut laisser le mouvement social mûrir avant. Il est le président du syndicat indépendant de l’hôpital Manchiyeh al-Bakri au Caire, et pourtant il n’y a que quelques mois que ce neuropsychiatre a intégré l’établissement.

« Les chiffres du syndicat officiel sont de 220 000, mais il comprend des gens morts, des gens qui ont émigré… En réalité, on n’en compte pas plus de 78 000. Dans les statuts, il faut être membre de l’Union socialiste arabe, l’ancien parti unique qui n’existe plus depuis les années 1970 pour y être affilié. »

Deux hommes le dirigent, Hamdi El-Sayyed président depuis vingt ans et membre du PND, l’ancien parti du président Moubarak, et Issam El-Iryani, des Frères musulmans.

« Avant même la révolution, nous avons voulu commencer à nous organiser face à la détérioration des conditions de travail, au faible budget de la santé (3,5%), aux bas salaires, etc. Deux groupes se sont formés, les “médecins sans droits” et l’alliance. Après le 25 janvier, nous avons tenu une assemblée générale des médecins et nous avons demandé la suspension du syndicat, la démission du ministre, la sécurité dans les hôpitaux et l’établissement d’une grille de salaire générale ; et le passage à 15% du budget. »

« Nous avons battu les officiels et les Frères musulmans qui ne veulent pas lutter. Le 16 avril, pour la première fois, 400 à 500 médecins ont bloqué la circulation. Devant le refus des autorités de nous recevoir, nous avons décidé une grève. Il y avait des divergences sur la forme, grève totale, grève partielle, renouvelable ou non, etc. Nous avons finalement opté pour la grève le 10 mai (certains membres des Frères ont voté pour, mais les Frères appuient El-Sayyed et affirment que la demande de démission du ministre de la santé est “irréaliste”), et décidé que s’il n’y avait pas de réponse, nous entamerions le 17 mai une grève renouvelable (sauf aux urgences). La grève a été un grand succès, 90% en province, 60% au Caire où les pressions sont plus grandes et la situation des médecins différenciée (hôpitaux universitaires mieux payés, plus de cliniques privées, etc.) »

C’était la première grève de médecins de l’histoire et c’est l’insécurité dans les hôpitaux, soumis à des attaques et des vols, qui a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

« Si, même la presse officielle a admis qu’il n’y avait pas eu de bavures, d’énormes pressions se sont exercées contre nous, y compris avec la menace de nous faire passer devant les tribunaux militaires, le fait que nous serions communistes, etc. Nous avons créé un comité de grève nationale et multiplié les liaisons avec la province, et la grève a été encore plus réussie, avec des régions nouvelles,à Assouan, en mer Rouge, etc., qui entrent dans le mouvement. Ce succès a obligé le premier ministre et le ministère des finances à nous recevoir à la place du syndicat. On a suspendu la grève bien que certains veuillent continuer, car ce n’était pas le cas partout. Ainsi à Suez, Port-Saïd, Ismaïliya, où la grève a été suivi à 100%, ils voulaient arrêter. »

Comment s’est créé le syndicat libre à Minchiyet Al-Bakri ?

« Nous avons d’abord recueilli des signatures puis discuté avec toutes les catégories de personnel et décidé de faire un syndicat commun, malgré les réticences de certains médecins. Le 3 avril s’est déroulé le scrutin qui a vu 410 votants sur 760 personnel au total (dont 400 médecins). Ce sont les plus militants qui ont été élus, souvent les plus jeunes [comme lui qui en est le président]. Nous avons alors décidé de changer de directeur et nous avons informé la sécurité pour qu’elle ne le laisse pas entrer et le ministère. Deux heures plus tard le ministère a accepté notre candidat, de peur de troubles. Il y a aujourd’hui quatre hôpitaux où des syndicats libres sont créés, et des dizaines d’autres en voie de création. »

D’autres élections dans les syndicats professionnels (journalistes, avocats, etc.) devraient avoir lieu dans les prochaines semaines.

49 commentaires sur « Echec relatif des Frères musulmans aux élections du syndicat des médecins égyptiens »

  • permalien Laurent Szyster :
    23 octobre 2011 @16h40   »

    Quel scoop !

    Tout ce que M. Gresh a trouvé pour réconforter ses espoirs "révolutionnaires" c’est un "échec relatif des Frères musulmans" à une élection d’un syndicat d’état.

    Le dé à coudre de la médecine d’état égyptienne est à moitié plein, super ...

    Pendant ce temps, en Egypte, on vient de condamner un blogueur à trois ans de prison pour avoir insulté l’Islam ce qui donne une idée de ce que liberté de conscience veut dire dans ce pays aujourd’hui. On imagine l’ambiance après un autre "échec relatif" des islamistes aux élections générales ...

    Mais il y a d’autres nouvelles d’orient ignorées par M. Gresh et les médias "de référence".

    En Syrie, l’opposition "tolérée" par le régime - dont M. Gresh nous ventait les mérites - annonce être prête à "traiter avec les membres du régime qui n’ont pas de sang sur les mains". J’ai déjà entendu ça quelque part ...

    Sans que cela semble inquiéter beaucoup la presse, l’armée turque est entrée en Irak avec dix mille hommes pour poursuivre les militants du PKK. Car par la grâce du double discours des islamistes "modérés" de l’AKP, ce qui est un "crime sioniste" à Gaza devient un devoir national au Kurdistan ...

  • permalien Deïr Yassin :
    23 octobre 2011 @17h01   « »

    @ Alain Gresh
    Erratum : je sais que vous êtes visionnaire mais je pense qu’une erreur s’est glissée dans votre article. Vous mentionnez

    "une conversation que j’avais eu au Caire à la fin mai 2012"

    Sinon, article très intéressant sur un sujet dont j’ignorais tout. Espérons que cela montre la voie pour les élections à venir.

  • permalien Deïr Yassin :
    23 octobre 2011 @17h12   « »

    @ Szy aka Lolo le Rigolo

    - Puisque vous trouvez tous les articles de Monsieur Gresh insupportables et sans le moindre intérêt, puisque personne vous force à les lire et encore moins à les commenter, POURQUOI VOUS NE FOUTEZ PAS LE CAMP au lieu de faire du trolling.

  • permalien X :
    23 octobre 2011 @17h34   « »

     Puisque vous trouvez tous les articles de Monsieur Gresh insupportables et sans le moindre intérêt, puisque personne vous force à les lire et encore moins à les commenter, POURQUOI VOUS NE FOUTEZ PAS LE CAMP au lieu de faire du trolling.

    Il faut bien gagner son pain.

  • permalien Judex :
    23 octobre 2011 @18h50   « »
    Troll un jour, troll toujours ?

    @ Laurent Szyster

    Depuis que je lis régulièrement ce blog sans prendre la peine de laisser le moindre commentaire, je suis sidéré par votre obsession à traquer le moindre propos de M. Gresh pour en donner une interprétation toute personnelle - et forcément négative (c’est u euphémisme).

    Cela amène quelques questions :

    1) Vous êtes masochiste ?

    2) Vous n’avez donc rien à faire de vos journées ou vous êtes en service commandé ?

    3) A quand l’accusation d’antisémitisme contre M. Gresh, histoire d’ajouter le grotesque à la mauvaise foi ?

    Sinon, pourquoi ne pas vous amuser à torturer votre cible avec une poupée vaudoue. Au moins, cela nous ferait des vacances...

  • permalien brando :
    23 octobre 2011 @18h51   « »

    J’espere que les egyptiens choississent un parti completement LAIC,NON-RELIGIEUX quand ils vont a voter.

    Regardez ce qui s’est passé en Iran....une THEOCRATIE.L’Iran PERSECUTENT les BAHAIS(plus de 200 TUES depuis 1979)

    Lisez et regardez la VIDEO sur "MONA,la fille de 16 ANS qui fue tué en 1983 pour etre BAHAI,elle est connue en Iran comme L’ANGE DE CHIRAZ".C’est dans AVRAIDIRE.COM :

    http://www.avraidire.com/2011/09/mo...

  • permalien Judex :
    23 octobre 2011 @18h58   « »
    A propos du Kurdistan

    @ LZ le trollounet

    1) La lutte du pouvoir turc contre le PKK n’est pas le monopole de l’AKP. Depuis des décennies, le pouvoir turc, quel que soit son orientation politique, est en guerre ouverte contre les revendications nationales kurdes, a fortiori contre le PKK. L’entrée de 10 000 soldats en Irak ne fait que montrer que l’AKP partage les analyses nationalistes de ses prédécesseurs.

    2) On ne parle pas beaucoup des Kurdes dans nos médias. Sans blague. Quand l’armée turque pratiquait la politique de terre brûlée au Kurdistan dans les années 1990, on n’en parlait guère non plus - à part chez ces affreux gauchistes antisonistes et antisémites du Monde diplomatique...

    Mais bon, tous les prétextes sont bons pour alimenter sa paranoïa...

  • permalien Judex :
    23 octobre 2011 @19h21   « »
    L’humanisme selon brando

    @ Brando

    J’aime beaucoup votre lien vers le site avraidire. Voilà une source d’informations fiable, dépassionnée, où l’auteur, en bon chrétien militant, part en guerre contre l’Islam qu’il définit comme un totalitarisme, etc. etc. etc.

    Manifestement, vous êtes plus le Brando d’Apocalypse Now que celui de La poursuite impitoyable !

  • permalien Laurent Szyster :
    23 octobre 2011 @20h47   « »

    @Judex,

    Effectivement on parlait des Kurdes dans le Monde Diplomatique au cours des années 1990.

    Et déjà M. Gresh ne pouvait s’empêcher de ressasser ses fantasmes.

    L’avenir des Kurdes en Turquie - par Alain Gresh, vendredi 19 février 1999

    AINSI donc l’instruction du procès de M. Abdullah Öcalan, enfermé dans une prison de haute sécurité, sur l’île d’Imrali, dans la mer de Marmara, a commencé. La rapidité de la procédure n’augure rien de bon. En enlevant sur le sol kenyan, de manière totalement illégale et en violation de toutes les lois internationales - avec l’aide des Etats-Unis et d’Israël ? -, le dirigeant du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), l’état-major turc veut porter un coup rapide et fatal à une organisation qui, depuis une quinzaine d’années, mène la lutte armée dans le sud-est du pays.


    @Deir Yassin,

    M. Gresh exprime avec constance les mêmes lieux communs, je le contredis aussi systématiquement. Quand M. Gresh se trouvera une autre marotte, j’irai voir ailleurs.


    @X,

    Toujours le fantasme du complot rémunéré, des agents "à la solde", etc ...

  • permalien Lou :
    23 octobre 2011 @21h28   « »
    autres élections aujourd’hui

    [Vidéo] Elections : Les Tunisiens entre fierté, bonheur et crainte

    Dimanche 23 octobre 2011. A 6h30 du matin à la cité Ettahrir, la rue est bondée de monde. Des jeunes, des personnes âgés et des parents accompagnés de leurs enfants font déjà la queue. L’ambiance est saine. Les gens sont fiers et enthousiastes. Mais il y a inévitablement des lacunes d’organisation.

    Bureau de vote Riadh Ennasr II, « Vers une participation proche de 90% »

    Publié le Dimanche 23 Octobre 2011 à 19:36

    (...)Plus loin, une dame qui venait de quitter l’isoloir, dit avoir passé deux heures et demi d’attente pour voter, alors qu’un monsieur encore dans la file, entamait sa troisième heure avec le sourire. Pour sûr l’attente est longue, mais l’enthousisme est palpable.

    La nuit tombe et une dame quitte le bureau de vote essoufflée : « enfin, j’ai donné ma voix », A quoi vous attendez-vous de la part de l’assemblée constituante ? « D’après ce que j’ai entendu de la part des gens présents dans les queues, elle sera éclectique, avec toutes les couleurs politiques. Tout ce que j’espère c’est qu’on nous réforme l’éducation, parce que je suis professeur et je sais tout ce qu’endure ce secteur ». A un quart d’heure de la fermeture des portes, prévue pour 19h, la cour de l’école est toujours bondée de monde, quand un homme vient leur annoncer que les résultats des élections seront dévoilés mardi. Un citoyen amusé réagit : « Nous avons attendu des décennies pour vivre ce moment, on pourra attendre encore 2 jours, non ? ».
    C.K

  • permalien Nathan :
    23 octobre 2011 @21h40   « »

    Espérons que l’Egypte et la Tunisie ne prendront pas le chemin de la Libye. Aussitôt le dictateur sorti par la porte les deux pieds devant, c’est la charia qui rentre par la fenêtre. Le nouveau Conseil national de transition (qui à mon avis sera longue) vient d’autoriser à nouveau la polygamie et l’application de la loi islamique sur le divorce. Elles en ont de la chance, les Libyennes…

  • permalien X :
    23 octobre 2011 @22h39   « »

    Zyster

    fantasme du complot rémunéré........

    .........une armada d’internautes payés pour relayer leur propagande. Jonathan Cook détaille ces procédés largement éventés.

  • permalien X :
    23 octobre 2011 @22h46   « »

    Nathan @ X :

    Il me semble vous avoir répondu qu’il s’agissait de crimes de guerre - c’est à un tribunal de le décider, bien sûr - et que dans ce cas, toute la chaîne de commandement, jusqu’aux échelons les plus élevés, doit être tenue pour responsable.

    Non vous n’avez pas répondu.
    Ces criminels sont sous la protection d’Iisrael :
    De quel tribunal vous parlez ?

    6e tentative

    Nathan : Lorsque des soldats israéliens tuent des civils ou ne tiennent
    pas compte des dégâts parmi la population civile, ils commettent des crimes de guerre

    Est il pensable que le gvnmt d’un pays qui se dit démocratique les protège ?

    Combien d’autres pays se disant démocratiques protègent ou peuvent protéger des criminels de guerre ?

    La protection de criminels n’est elle pas un crime ?

    En fait vous n’avez répondu à aucune de ces questions, si vous avez répondu, et que vous n’êtes pas un menteur alors exliquez. Sinon vous acceptez que vous êtes un menteur.

  • permalien Judex :
    23 octobre 2011 @23h12   « »
    Troll attitude

    @ Laurent Szyster

    Mon Dieu ! Mr. Gresh a eu l’insigne audace de faire une incise sur l’aide qu’aurait pu fournir les Etats-Unis et Israël à la capture d’Oçalan en 1999 ! Hypothèse dingue à émettre en effet, surtout quand on connaît l’étroitesse des relations états-uno-israélo-turques à cette époque...

    Plaisanterie mise à part, croyez-vous vraiment qu’Alain Gresh est aussi obsédé que vous le pensez par une espèce d’antisionisme et d’anti-américanisme peu avouable ? Ou ne fait-il que son travail de chercheur spécialiste du Proche-Orient (avec ses parti-pris, certes, mais qui n’en a pas ?) ?

    Ou, comme je commence à le penser, cherchez-vous en à vous convaincre ? A ce niveau-là, on n’est plus vraiment dans le débat rationnel, mais à la limite d’une forme de harcèlement.

    NB : savez-vous au moins qui est Alain Gresh ?

  • permalien K. :
    23 octobre 2011 @23h26   « »

    O Miracle, O divine surprise !

    Les dirigeants du monde [au lieu de la "communauté internationale"] saluent la mémoire du prince Sultan Ben Abdel Aziz

  • permalien K. :
    23 octobre 2011 @23h35   « »

    Quant à ce que pense la vraie communauté internationale, il suffit de lire les réactions des abonnés.

  • permalien Deïr Yassin :
    24 octobre 2011 @00h08   « »

    @ Szy aka Lolo le Rigolo

    "Quand M. Gresh se trouvera une autre marotte, j’irai voir ailleurs"

    Comme vous n’avez ni de droit ni de pouvoir particulier à imposer vos idées à M. Gresh, autant partir tout de suite.

    "Toujours le fantasme du complot rémunéré"

    Perso, je ne pense pas que vous êtes rémunéré. Le jour où la Hasbara serait obligé de payer des gens de votre acabit, c’est que la Palestine a déjà gagnée la bataille médiatique !


    Les élections tunisiennes
    Rachid Ghannouchi est arrivé au bureau de vote à El Menzah 6 ce matin entouré de photographes et de caméras.
    Il a eu droit à un DEGAGE :
    - www.facebook.com/photo.php ?v...

    Sur le Twitter de ’Mouna 1807’, on peut lire "qu’il avait essayé de ne pas faire la queue, hué et rappelé à l’ordre. Bravo !"


    Et juste une petite dernière pour les admirateurs de "La-Seule-Démocratie-Au-Moyen-Orient" :
    l’Apartheid [Hafradah] israélien progresse non seulement entre Juifs et Arabes, mais aussi entre hommes et femmes :

    - www.haaretz.com/print-editio...

  • permalien Sakhra :
    24 octobre 2011 @00h43   « »

    Le nouveau Conseil national de transition (qui à mon avis sera longue) vient d’autoriser à nouveau la polygamie et l’application de la loi islamique sur le divorce. Elles en ont de la chance, les Libyennes…

    Ce n’est pas tout, le post-sioniste !!

    Il va autoriser l’installation de la base militaire : l’Africom : les Libyens ont de la "chance"...Ils vont être servis ...et vont découvrir les délices de la "Démocratie" importée par les bombes de l’Otan..et ses supplétifs, Séoudiens et Qataris...
    .
    Leurs parrains encore plus : USRAEL, UE, Séoudiens, Qataris, roitelets du Golfe, BHL...bref, tous les "dépositaires" de la "démocratie" et des "Droits de l’Homme"... : ils auront à "reconstruire" ce qu’ils ont détruit, et à coup de milliards de dollars, ils auront à piller le pétrole de qualité exceptionnelle de la Libye, ils auront à piller les réserves d’eau, à fourguer leurs camelotes et leurs quincailleries (armes deuxième choix)contre des milliards de dollars , à se faire payer sur les fonds "gelés" de l’Etat Libyen, qui ne sont pas "gelés pour eux, les roitelets vont sans doute récupérer "l’héritier" de la monarchie Senoussi, et un roitelet en plus ! un ! larbin comme eux des USRAEL...

    Mais attention, la version des "Droits de l’Homme"qu’ils vénèrent,est celle qui leur permet de saluer l’exécution extrajudiciaire d’un prisonnier désarmé..., crime, dont ils sont les commanditaires, "les indigènes", eux ont été les "braves exécutants"...

    Les Belges avaient expérimenté cette "version" avec Patrice Lumumba...

    L’ histoire ne fait que commencer...

  • permalien Byblos :
    24 octobre 2011 @04h20   « »

    Dans un message de 18h58, Judex abordait la question kurde pour dire que peu de media l’évoquaient dans les années 90, à l’exception du Monde Diplo.

    À 20h47, Szyster citait un article d’Alain Greish daté du... vendredi 19 février 1999.

    Bien équipé pour la recherche et la documentation, le monsieur.

    Il manquait l’heure.

  • permalien Yvan :
    24 octobre 2011 @07h31   « »

    « la plus grande capacité des Frères à s’organiser et par le fait qu’ils disposent d’un mouvement national. »

    ... et même international, avec financement "étranger" pour les nationalistes laïcs.

    En Tunisie Ennahda arrose les pauvres, en Libye le CNT (Conseil National de Transition) déclare la charia comme source du droit (transitoirement).

    Maintenant que la dernière page de l’illusion de la guerre froide est tournée dans ces pays, l’angoisse de la page blanche risque de plonger les citoyens dans l’illusion religieuse.

  • permalien CdQat :
    24 octobre 2011 @11h13   « »
    @ Judex, Deir Yassin, & X

    J’ai pour ma part tout simplement abandonné avec Laurent. Aucune fiabilité dans l’info, avec des textes attribués d’autorités à certaines personnes (Le sanglier d’Abbas reste dans toutes les mémoires, mais il y a aussi celui de Brauman), des affirmations du types "les USA n’ont plus fait de livraison d’arme à Israël depuis 2008", des manichéismes qui autorisent des verrouillages sophistiques digne de Staline, et enfin ici une nouvelle fois une déclaration gratuite où A Gresh, parce que de gauche je suppose, aurait des espoirs révolutionnaires, ou bien aurait vanter les mérites d’une opposition tolérée par le régime d’Assad.

    Le seul avantage d’une telle lecture est que tout ce qui est déclaré est à coup sûr une contre info ! ...
    que je ne me fatigue plus à relever.

  • permalien Deïr Yassin :
    24 octobre 2011 @12h03   « »
    Retour sur une affaire non-résolue : les sangliers d’Abbas à l’ONU

    @ CdQat

    Haha, c’est vrai, les sangliers d’Abbas à l’ONU resteront dans les annales.
    Il parait d’ailleurs que la prochaine séance sur la Palestine a été repoussée du 11.11, date initialement prévue - et symbolique car la date de la mort d’Arafat - au 29.11, date encore plus symbolique car le 29.11.1947 fut la journée la plus tragique dans l’histoire des Palestiniens.

    Ce report de séance est apparemment pour trouver ces fameux sangliers qui rodent dans les couloirs de l’ONU, et que personne a vu depuis le 23 septembre malgré des nombreuses recherches.

    C’est Lolo le Rigolo qui me l’a dit :-D

    Ce n’est effectivement pas la peine d’entrer dans un débat avec ce type - qui d’ailleurs pourrait très bien être une machine au sous-sol de la Ministère de la Propagande - juste relever ses mensonges, ignorances et contradictions les plus flagrantes pour que ses commentaires ne restent pas sans opposition.

    Ayant eu l’occasion de suivre un débat on-line entre des gens de son type sur un site zio-fasciste qui parlaient entre eux de leur infiltration sur des blog dits ’de gauche’, il se peut que Szy*** pense que si l’on ne répond pas, ce que ses commentaires sont trop balaises. Sionisme et mégalomanie vont souvent de pair.

  • permalien HN :
    24 octobre 2011 @13h33   « »

    Quand M. Gresh se trouvera une autre marotte, j’irai voir ailleurs.

    Vous n’existez que par lui. Lorsqu’il se trouvera une autre marotte, vous suivrez car vous ne pouvez vous en empêcher.

    Cdlmt

  • permalien Laurent Szyster :
    24 octobre 2011 @13h53   « »

    @Judex,

    (...) croyez-vous vraiment qu’Alain Gresh est aussi obsédé que vous le pensez par une espèce d’antisionisme et d’anti-américanisme peu avouable ?

    Relisez la promo sur son blog faites par M. Gresh pour son livre "De quoi la Palestine est-elle le nom ?".

    Une question a aussi ressurgi : pourquoi la Palestine ? Pourquoi suscite-t-elle tant d’émoi, tant d’invectives, tant de manifestations ? (...) Parce que, en ce début de XXIe siècle, elle cristallise un moment de l’histoire des relations internationales : dernier « fait » colonial né du partage des empires, elle symbolise la persistance de la relation inégale entre le Nord et le Sud – comme le conflit du Vietnam ou celui de l’Afrique du Sud –, mais aussi la volonté de sa remise en cause. Elle est le paradigme d’une injustice jamais réparée. L’implication des États-Unis, principale puissance mondiale, et d’Israël, principale puissance régionale, conforte son enjeu mondial.

    Tout est dit.

    M. Gresh justifie ensuite le choix de ce conflit pour symboliser tous les conflits post-coloniaux par une tonne de dialectique spécieuse, mais sans contester l’aspect symbolique de ce choix.

    Quand on choisi ce conflit - mineur de son propre aveu - comme le symbole des injustices et des inégalités post-coloniales, faut une sacrée cécité intellectuelle pour ne pas se demander si les préjugés les plus universellement répandus n’y seraient pas pour quelque chose.

    Notez aussi dans cet article la bizarre équivalence faite par M. Gresh entre l’expression de la solidarité des Juifs de la Diaspora d’une part et la pire propagande antisémite d’autre part :

    Dans ce combat, la lutte contre l’antisémitisme est importante. Elle est rendue plus difficile par l’identification à laquelle on assiste, des deux côtés, entre Israël et les juifs. (...) Quand des prêcheurs musulmans dénoncent les juifs et leur mainmise sur le monde, en se référant aux Protocoles des sages de Sion, ils relèvent d’une démarche similaire.

    L’obsession de M. Gresh est aussi évidente dans son introduction aux "Cent clés du Proche Orient" où d’après lui "Tout commence en fait avec la Nakba palestinienne (1948)".

    Résumons donc la "pensée" de M. Gresh.

    Israël est le symbole de l’injustice post-coloniale, les Juifs de la Diaspora suscitent eux-même l’antisémitisme en étant solidaires de ce bouc émissaire et tout irait pour le mieux dans le meilleur des Mondes Arabes possible si l’entité sioniste n’avait jamais vu le jour.

  • permalien HN :
    24 octobre 2011 @14h47   « »

    @L Szyster

    Résumé sacrément bien bâclé et déformé de l’ouvrage.
    Félicitations.

    Cdlmt

  • permalien s=exp(j*pi) :
    24 octobre 2011 @18h20   « »

    @ Deïr Yassin et CdQat

    Objet : les sangliers de L Szy***

    Je n’adresse plus la parole à ce monsieur depuis qu’il s’est contredit de la manière la plus ridicule en tentant ... de me clouer le bec. Il n’a jamais reconnu s’être planté. Il est vrai que pour qq’1 "dominateur et sûr de lui", qq’1 qui peut clore une discussion en vous cassant la gueule, reconnaître qu’on s’est planté et présenter des excuses, ce doit être impossible et même inconcevable.

    Cependant, il faudrait le prévenir du danger que pourraient représenter ces sangliers s’il menait lui-même la traque et venait à les retrouver. Un sanglier blessé (par le rôle que L Szy*** lui a fait jouer) pourrait devenir dangereux surtout si l’animal était acculé dans un couloir de l’ONU. Pour l’heure, L Szy*** est revenu bredouille et ridicule de sa "chasse au sanglier".

    Mais il ne va certainement pas en déduire qu’il convient de se méfier des infos de ses "sources" habituelles.

  • permalien Shiv7 :
    24 octobre 2011 @19h08   « »

    L.S :

    Quand on choisi ce conflit - mineur de son propre aveu - comme le symbole des injustices et des inégalités post-coloniales, faut une sacrée cécité intellectuelle pour ne pas se demander si les préjugés les plus universellement répandus n’y seraient pas pour quelque chose.

    Ce n’est pas M. Gresh qui a choisi ce conflit comme le symbole des injustices et des inégalités post-coloniales, c’est la singularité du conflit lui même qui fait que ce dernier s’impose comme symbole planétaire.

    Les préjugés dont vous parlez ne font qu’accentuer une des singularités de ce conflit, ils ne sont pas la cause du choix, a contrario de votre instrumentation, il n’en font que montrer un aspect peu reluisant de la nature humaine qui s‘exprime à travers ce conflit, c’est à dire comment un ancien oppressé peut vite devenir un tortionnaire, comme si l’ancienne oppression pouvait justifier et absoudre la nouvelle.

    Cette fâcheuse posture d’Israël, symbole de l’injustice post-coloniale, est paradoxalement la possibilité pour ce dernier d’incarner le symbole inverse, il pourrait si il le voulait.., incarner tout l’espoir d’un monde moderne (réalisé à nul part, tant s’en faut), laïc, démocratique, juste et ouvert au monde par le langage du cœur et une ouverture à l’Universel sous ces multiples formes.., un juste retour à ce qu’était peut être la réelle mission du peuple élu..

    Il ne tient qu’à vous..

    PS. J’espère que ma version angélique du Protocole ne soit pas utilisée à d’autres fins que celles que je proposes..

  • permalien Judex :
    25 octobre 2011 @01h15   « »
    Perseverare diabolicum

    @ Laurent Szyster

    Bravo pour votre capacité à déformer les propos des autres dans le sens qui vous convient. Je n’avais pas vu cela depuis les grandes heures du stalinisme et du gauchisme (trotskyste ou maoïste en tête). N’auriez-vous pas été à bonne école ?

    En tout cas, l’affaire est entendue : Mr Gresh est suspect, tout ce qu’il dit est inspiré d’une volonté peu avouable et il mérite d’être vilipendé pour ne pas chanter avec d’autres les charmes du "Israël über alles".

    Reste une question : faudra-t-il le déporter dans une quelconque Sibérie ou envisager une solution plus radicale ?

    NB : je ne saurais trop vous conseiller la lecture de BHL. Vous avez beaucoup de choses en commun...

  • permalien Laurent Szyster :
    25 octobre 2011 @12h06   « »

    @Jubex,

    Bravo pour votre capacité à déformer les propos des autres dans le sens qui vous convient.

    Relisez encore une fois l’introduction de M. Gresh pour "Les cent clés du Proche Orient". Sur 37 paragraphes, plus de la moitié concernent le conflit israélo-arabe.

    On a même droit à cette amalgame :

    Tout commence en fait avec la Nakba palestinienne (1948), humiliation pour toute une région et début d’un engrenage mortifère. Les guerres qui suivent avec Israël (1956, 1967, 1973, 1982) et dans le Golfe (1980-1988, 1990-1991, 2003), plus deux intifadas, une nouvelle guerre du Liban (2006) et un massacre à Gaza (hiver 2008-2009) pèseront soixante ans durant sur la région et contribueront à sa pétrification.

    M. Gresh n’explique pas comment il lie à Israël la guerre Iran-Irak et les guerres américaines dans le Golfe, c’est magique ! Mais cela lui permet d’attribuer la stagnation politique du Monde Arabe à l’entité sioniste. Et cela lui évite de chercher les facteurs endogènes de la tyrannie dans le Monde Arabe et Musulman.

    Vous avez dit "bouc émissaire" ?

    Dans son introduction à "De quoi la Palestine est-elle le nom ?", M. Gresh mèle un révisionnisme historique béat de la décolonisation au pire des libels.

    Ainsi, Israël serait le "dernier fait colonial" sur la planète, ce qui justifierait le choix de la Palestine pour incarner une figure christique de la victime post-coloniale ... et celle de l’Etat Juif dans le rôle du coupable singulier :

    Deuxième dimension, la permanence d’une injustice politique qui, partout ailleurs sur la planète, a été, au moins en partie, réparée. L’immense majorité des peuples ayant accédé à l’indépendance, les derniers – Afrique portugaise, Afrique du Sud, Namibie, Timor – dans les années 1970-1990, la colonisation a disparu de la surface de la Terre.

    M. Gresh oublie le Tibet, le Sahara Occidental et une foule d’autres territoires où les autochtones sont passés du joug colonial européen à celui - parfois pire - des élites post-coloniales qui ont investis les structures des états coloniaux, celles qui continuent de "disposer des peuples au nom du droit des peuples à disposer d’eux-même" (Romain Gary - Les Racines du Ciel).

    Cerise pourrie sur ce gateaux de dialectique merdeuse, il conclu en accusant les Juifs d’être autant responsables de l’antisémitisme que les prédicateurs de la haine imbécile.

    Dans ce combat, la lutte contre l’antisémitisme est importante. Elle est rendue plus difficile par l’identification à laquelle on assiste, des deux côtés, entre Israël et les juifs.

    M. Gresh flatte son "gentil" public "antisioniste" et il réussi le tour de force de le disculper de ses préjugé tout en les confortant.

  • permalien Deïr Yassin :
    25 octobre 2011 @12h45   « »

    @ Szy
    Il faut dire que quand on lit vos commentaires merdiques ou merdeuses, comme vous voulez, et votre insistance sur un lien intrinsèque entre l’Etat d’Israël et les Juifs où qu’ils vivent, il y a de quoi devenir antisémite !

    Heureusement, et cela malgré votre propagande et celle d’autres extrémistes, nous savons que les Juifs - qu’ils soient nés en Israël ou dans la diaspora - ne sont pas tous favorables à cet Etat et sa politique. Beaucoup sont même "anti-sionistes".

    Comme Nathan avec son racisme même pas caché, vous faites partie de ceux qui cultivent l’antisémitisme pour après pouvoir vous cacher derrière afin d’excuser le comportement de l’Etat voyou.
    Irhal !

  • permalien CdQat :
    25 octobre 2011 @13h58   « »
    @ Jubex

    A propos du post de Laurent Szyster (25 octobre @12h06) je vous suggère de ne pas en tenir compte, nous avions eu le même échange il y a qq semaines. A l’époque il avait même fait dire à A Gresh que "l’intervention étrangère (était) derrière tous (les) problèmes internes" du PO.
    Ce qui lui avait valu un franc succès...
    Si vous voulez voir la suite de cette rhétorique intéressante, allez à la date du 28 août, c’est presque un copier-coller...

  • permalien Deïr Yassin :
    25 octobre 2011 @18h54   « »

    @ s=ex(j*pi)
    J’espère que c’est bon, j’avais la flemme de vérifier qu’il s’agit de la bonne formule.

    Notre "nouveau juif", ’dominateur et sûr de lui’, ’cassant la gueule’ à tout ceux qui auront le culot de l’assimiler à la politique israélienne - qu’il défend par ailleurs à 100% et de ne pas le faire serait une traîtise - nous avait bien dit que "le Juif errant est rentré chez lui".
    Enfin, Szy*** s’est arrêté à la Gare Centrale de Bruxelles pour prendre une moule-frites-mayo, et il a raté le train, celui pour Tel Aviv, et celui de l’histoire aussi, sans doute.

  • permalien Judex :
    25 octobre 2011 @19h00   « »
    Un dernier pour la route (après j’arrête)

    @ Lolo le parano

    Merci encore pour ce grand moment de dialectique stalinoïde. Comme Nathan, vous projetez sur les écrits d’Alain Gresh ce que vous voulez y voir, ce qui vous amène à raconter des sottises assez goûteuses...

    Vous reprochez à Mr Gresh de consacrer la moitié de son introduction aux 100 clés du Proche-Orient au conflit israélo-arabe ? 1) C’est quand même le principal dossier géopolitique de la région, non ? 2) Vous avez lu le dictionnaire, au moins ?

    Vous dites qu’il rend responsable Israël de tous les conflits de la région ? On n’a pas vraiment lu le même livre, vous et moi... J’y vois plutôt une énumération des différents conflits de la zone et la Nakba de 1948 en est le point de départ, et non la cause.

    Vous affirmez que Mr Gresh rend les Juifs responsables de la montée de l’antisémitisme ? L’extrait que vous citez dit juste que la lutte contre cette forme de racisme est rendue plus difficile par l’identification entre Israël et les Juifs des deux côtés, c’est-à-dire aussi bien du coté juif que de côté musulman ! Drôle de manière de draguer le lectorat "anti-sioniste"... De plus, il y a fort à parier que ce propos que vous lui reprochez soit l’œuvre de son co-rédacteur Dominique Vidal qui, dans le Diplo et ailleurs, a écrit à plusieurs reprises sur cette question.

    Une dernière remarque pour terminer : quand Mr Gresh dit que le colonialisme a disparu, il fait référence à une donnée objective. Le cas du Sahara occidental et du Tibet, s’ils peuvent comporter une part coloniale, sont aussi des conflits nationaux tout ce qu’il y a de plus classiques. Quant à cette myriade de territoires que vous appelez colonisés et qui sont en fait des territoires indépendants mais soumis à des dictatures ou à des influences néo-coloniales, je vous laisse à votre confusionnisme intellectuel. A ce niveau-là, on ne peut plus grand chose.

    En passant, mon pseudo est Judex, pas Jubex. Je sais que c’est plus difficile à écrire que Szyster, mais quand même...

  • permalien Judex :
    25 octobre 2011 @19h18   « »
    Un dernier dernier pour la route (après j’arrête, enfin j’espère)

    @ Lolo le parano

    A la relecture, mea culpa concernant la question de l’antisémitisme (ça m’apprendra à me baser uniquement sur ma mémoire). Vous reprochez à Alain Gresh de rendre les Juifs aussi responsables de l’antisémitisme que les : Arabes-Musulmans-Islamistes-Intégristes-ou-autres (choisissez le terme qui vous convient, j’ai trop peur de devoir fouiller dans votre inconscient sordide). Je revois donc mon contre-argumentaire.

    Puisqu’il paraît que vous êtes de Belgique, je ne sais pas si vous savez qu’en France, depuis une bonne dizaine d’années environ, une bande de tristes sires, pro-Israéliens fanatiques, s’emploient à dévoyer la lutte contre l’antisémitisme pour en faire un instrument de combat contre ceux qui avaient le malheur, à leurs yeux, de critiquer la politique israélienne. Cela faisant, ils ont contribué à banaliser l’antisémitisme et à confondre les dérives réelles (celles d’un Dieudonné, par exemple) avec celles qui étaient imaginaires (Mermet, Boniface, Enderlin, Péan et tutti quanti). C’est à ces pro-Israéliens fanatiques que Mr Gresh (ou Mr Vidal) faisait référence, et notamment à ces institutions dites communautaires (le Crif, pour ne pas le nommer), qui s’en sont faits les fers de lance.

    Je vous fait confiance pour trouver là-dedans de quoi alimenter vos fantasmes.

  • permalien Yvan :
    25 octobre 2011 @20h30   « »

    La réussite d’Ennahda n’est pas seulement électorale, elle est d’abord logistique :

    Le siège d’Ennahdha à Montplaisir

  • permalien Sakhra :
    25 octobre 2011 @21h50   « »

    Bravo aux Tunisiens !

    La Tunisie face au" syndrome algérien".

    Enfin, c’est aussi l’état d’esprit de nombreux militants démocrates tunisiens qui incite à l’optimisme. Passée la stupeur du premier moment et la tentation de vouloir faire annuler le scrutin, ils clament leur volonté d’en découdre légalement sur le terrain politique.
    « On va se battre ! Ça ne fait que commencer. Il y aura d’autres batailles, qu’il s’agisse de la rédaction de la Constitution ou les futurs scrutins. C’est cela la vie d’un pays », relève Narjess, militante du PDP qui, à l’évocation du cas algérien, a ces mots tranchants : « On n’a besoin ni de l’armée ni de la France ! Les Tunisiennes et les Tunisiens savent se débrouiller seul. On l’a montré pendant la Révolution. On va encore le prouver ».
    Un propos, qu’en leur temps, les éradicateurs algériens s’étaient avérés bien incapables de tenir.

    http://www.algerie-focus.com/2011/1...

    Hélas, et les Algériens n’en finissent pas d’en payer un prix exorbitant

  • permalien s=exp(j*pi) :
    25 octobre 2011 @23h39   « »

    @ Deïr Yassin // 25-10 / 18h54

    Bonsoir Deïr Yassin. Si vous évoquez les commentaires de L Szy***, la formule correcte serait : commentaires m...iques.

    Cependant, je n’ai pas une connaissance pointue des termes appartenant à ce registre. Au contraire de L Szy***, semble-t-il.

    Les commentaires de L Szy*** sont souvent incohérents. Comme ceux des communistes des années 1980 : les récoltes en URSS battaient record sur record ... et l’URSS achetait du blé à tout va !

    Lorsque nous soulignons que tous les juifs ne sont pas aveugles aux méfaits de l’Etat d’Israël, L Szy*** hurle en effet qu’il n’y a que peu de "traîtres à la Patrie". Mais voici que, d’après lui, nous accusons LES juifs (tous) de parti-pris aveugle !

    Vous avez dit "ridicule" ? Exact, mais reste à préciser : les communistes de 1980, L Szy*** ou le hasbariste et les communistes dans le même sac ?

  • permalien Judex :
    26 octobre 2011 @00h43   « »
    A Byblos (commentaire du 24 octobre de 4h20)

    Bonjour,

    amusante, en effet, la célérité de la réponse de notre membre du fan-club israélo-israelien.

    Le pire, c’est que j’avais cette remarque en passant en me souvenant vaguement d’articles plus anciens dont certains avaient été publiés dans un numéro spécial de Manière Voir au début de la décennie 90 (période marquante pour moi, je découvrais le Diplo et ses publications).

    Vous croyez qu’il a acheté le CD-ROM d’archives du Diplo ? C’est gentil de sa part. Il doit être vraiment masochiste...

  • permalien Laurent Szyster :
    26 octobre 2011 @10h51   « »

    @Judex 1/2,

    Vous reprochez à Mr Gresh de consacrer la moitié de son introduction aux 100 clés du Proche-Orient au conflit israélo-arabe ? (...) C’est quand même le principal dossier géopolitique de la région, non ?

    Non.

    Et votre argument est une tautologie. Il n’y a pas plus de "principal dossier" au Proche Orient qu’en Afrique ou en Amérique. Dans ce vaste ensemble il y a une multitude de conflits humains de dimension "géopolitique".

    Quand M. Gresh demande avec emphase ce que représente la Palestine on est en plein dans le symbolique et lui même concède que ce conflit est dans les faits loin d’être le plus grave.

    M. Gresh nous dit que la Palestine est le nom de l’injustice coloniale à réparer et il justifie son choix en travestissant la réalité, en prétendant "que le colonialisme à disparu" partout ailleurs.

    Est-ce que le Gabon s’est émancipé de l’état colonial depuis que cet état est passé tel quel aux mains d’une élites africaine ?

    Non. Le colonialisme s’est évaporé en faisaint pschit

    Après les indépendances les états coloniaux eux sont restés. Avec leurs armées, leurs institutions, leurs lois et leurs économies.

    Et presque chaque fois, ceux qui se sont emparés de ces états les utilisés tel qu’ils avaient été conçus : pour opprimer, exploiter et discriminer les peuples rassemblés dans ses frontières.

    En affirmant qu’Israël est "le dernier fait colonial" M. Gresh projete sur le mauvais objet de son choix (banal) toute une réalité qu’il préfère nier, parce qu’elle est l’échec de tout ce en quoi il a cru bêtement.

    Tous ces "libérateurs" qui ont vendu leurs pays à la découpe, tous ces monopoles coloniaux qu’on a déguisés en "socialisme", tous ces "peuples libres" qui se sont empressés d’opprimer leurs voisins.

    C’est à ça que je faisais allusion en citant l’introduction de Romain Gary aux "Racines du Ciel".

  • permalien Deïr Yassin :
    26 octobre 2011 @11h35   « »

    Cela fait vachement plaisir de voir Szy*** utiliser le mot tautologie (même si son lien ne marche pas).

    @ Szy 5 juin 14h45 (fil : Place Tahrir, quatre mois après)
    "Si Ahmed Sheikh dit ne pas comprendre pourquoi le monde arabe stagne par rapport au reste du monde il a au moins l’honnêteté intellectuelle** de constater que l’état des sociétés arabes y est pour quelque chose"

    Je lui ai répondu que "c’est une tautologie aussi pertinente que ’un mouton est un mouton parce que c’est un mouton".
    Il a fallu plusieurs explications pour qu’il comprenne ....et le choix de l’animal est plus d’actualité que jamais.

    Prochaine cours : "honnêteté intellectuelle".
    Si quelqu’un a le courage ....

  • permalien Laurent Szyster :
    26 octobre 2011 @13h38   « »

    @Judex 2/2,

    [ces pro-Israéliens fanatiques] ont contribué à banaliser l’antisémitisme et à confondre les dérives réelles (celles d’un Dieudonné, par exemple) avec celles qui étaient imaginaires (Mermet, Boniface, Enderlin, Péan et tutti quanti).

    Ainsi, des Juifs qui gueulent contre ce qu’ils soupçonnent derrière l’hypocrisie du discours "antisioniste" contribueraient à "balaniser l’antisémitisme" ?

    Je vous rappelle que M. Gresh lui fait carrément l’équivalence entre l’identification largement majoritaire des Juifs à l’Etat d’Israël d’une part et d’autre part le matraquage des pires fantasmes antisémites dans le monde arabo-musulman.

    Ce faisant, il nie la nature et minimise le rôle de la propagande "antisioniste" dans l’importance symbolique prise par le conflit ... en même temps qu’il accuse les Juifs d’être responsables des incitations à la haine qui les visent.

    Derrière le déguisement politiquement correct de l’antisionisme M. Gresh - comme Mermet, Boniface et compagnie - nous ressert en fait un lieu commun de l’antisémitisme.

  • permalien Tristan :
    26 octobre 2011 @23h26   « »

    @tous

    délire merdique de "qui-vous-savez" et d’autres, aussi :

    "la colonisation a disparu de la surface de la Terre"

    M. Gresh oublie le Tibet, le Sahara Occidental et une foule d’autres territoires où les autochtones sont passés du joug colonial européen à celui - parfois pire - des élites post-coloniales

    On reconnaît très bien le genre d’arguments de ceux qui défendent les côtés très positif des colonialismes européens, en faisant passé les autochtones comme des barbares primitifs, qui se doivent de regretter le temps béni, de quand certaines "races" supérieurs avaient décidé de diriger le monde, pour le bien de l’humanité toute entière (et, optionnellement, de lutter contre des "races corruptrices").

    Est-ce qu’on peux parler de colonialisme, avec la Bretagne, la Corse, et l’Alsace-Loraine (zone national germanique) ?

    Je pense que non, même si il y a eu beaucoup de déplacements de populations, avec certains, qui parlent, même, de la colonisation de certaines parties de Paris par les Corses (puis, de tout l’état).

    Il me semble qu’il soit normal que les gens puissent se déplacer librement, dans leur état. La Chine est un grand état multinational, il me semble normale que des gens puissent s’installer ailleurs, dans leur pays. Cela me semble valable pour tous les pays.

    Je trouve vraiment dommage qu’Israël ne s’inspire pas de l’exemple d’autres états multinationaux.

    En Suisse romande, par exemple, on est, aussi, beaucoup "colonisé" par les alémaniques. Mais, c’est pas un problème insurmontable.

    Il faut, simplement, savoir équilibrer le droit des minorités, avec le droit de la majorité, comme le droit des natifs, comme celui des nouveaux venus.

  • permalien gloc :
    27 octobre 2011 @17h09   « »

    Laurent Szyster : Ainsi, des Juifs qui gueulent contre ce qu’ils soupçonnent derrière l’hypocrisie du discours "antisioniste" contribueraient à "balaniser l’antisémitisme" ?

    Merci de nous rappeler que beaucoup de gens religieux, ou pas, ont beaucoup d’avis sur beaucoup de choses... même sans aller jusqu’à "gueuler"... et parfois contradictoires... certains semblent parfois l’oublier.

  • permalien Judex :
    28 octobre 2011 @17h50   « »
    De l’art du décryptage

    @ Laurent Szyster

    Si vous ne savez pas faire la différence entre colonialisme et néo-colonialisme, cela en devient affligeant. Quel point commun y a-t-il entre Israël occupant les 22 % de la Palestine qui ne lui appartiennent pas et les satrapes de la Françafrique, dont les relations avec la France reposent sur le chantage mutuel ?

    Si vous ne savez pas faire la distinction entre des anti-sionistes qui reprochent à Israël sa dimension coloniale (et dont ne se cachaient ni Herzl, ni Ben Gourion, ni Jabotinsky - qui doit être une de vos références, sans doute) et les antisémites qui travestissent leurs délires abjects derrière l’anti-sionisme, comment pouvez-vous expliquer que les premiers dénoncent les seconds ? Cela me rappelle un livre écrit par l’inénarrable Alan Dershowitz (préfacé par le non moins guignolesque Attali) dans lequel il accusait Edward Said d’être antisémite. Lui non plus ne semble guère fait la différence entre anti-sionisme et antisémitisme.

  • permalien Laurent Szyster :
    29 octobre 2011 @10h04   « »

    @Judex,

    Si vous ne savez pas faire la différence entre colonialisme et néo-colonialisme, cela en devient affligeant. Quel point commun y a-t-il entre Israël occupant les 22 % de la Palestine qui ne lui appartiennent pas et les satrapes de la Françafrique, dont les relations avec la France reposent sur le chantage mutuel ?

    Vous êtes affligé ?

    Je suis toujours surpris par l’ignorance des Français sur l’étendue de leur jolie République Coloniale.

    La semaine passée j’ai croisé une patrouille de militaires français en Afrique. Leur régiment est stationné à l’aéroport de la capital. Il y a aussi un camp français à côté de la centrale électrique. Les membres de l’oligarchie locale jouissent presque toujours de la double nationalité. Ils gèrent sur place les monopoles de Total, Bolloré et compagnie. La banque centrale, comme toutes celles de la CEMAC est gérée depuis Paris qui décide du cours du Franc CFA.

    La "couleur de peau" des états coloniaux d’Afrique Centrale a changé, les institutions, les infrastructures et les rapports de domination eux sont restés, au bénéfice de la métropole.

    Mais puisqu’on dit "expatriés" et plus "colons", "coopérants" et pas "occupants", alors - malgré une monnaie "commune", des monopoles économiques, une oligarchie française et la présence de troupes aux points stratégiques - ont peut en France ignorer ce qui s’y passe et prétendre qu’on n’est pas responsable.

    [Alan Dershowitz] non plus ne semble guère fait la différence entre anti-sionisme et antisémitisme.

    Et c’est quoi la différence ?

    Le discours "antisioniste" recycle tous les poncifs du genre : lobby omnipotent (cf Walt & Marsheimer), contrôle des médias et des partis politiques ("Peut-on critiquer Israël ?"), accusation de double allégeance (voir les deux articles de M. Gresh sur la libération de Gilad Shalit), etc.

    Comme en Union Soviétique, le label "antisioniste" ne sert qu’à masquer la nature des préjugés qu’on veut exploiter politiquement.

    MM. Walt & Marsheimer voudraient se décharger des fautes de la politique américaine au Proche Orient.

    M. Boniface voulait ratisser large dans les banlieues.

    M. Gresh a besoin de justifier un demi-siècles d’erreurs.

  • permalien Judex :
    29 octobre 2011 @12h49   « »
    De l’art d’avoir toujours raison (ou comment se prendre pour Schopenhauer quand on n’en pas les moyens)

    @ Lolo le pitre

    Merci de me donner des leçons sur la Françafrique. Bon certes, c’est un sujet que je connais très bien, mais manifestement, il vous mieux faire la la morale à ceux qui osent vous critiquer plutôt que d’avoir à réfléchir sur ces propres préjugés.

    Vous ne voyez absolument aucune différence entre anti-sionisme et antisémitisme. Entre bêtise et mauvaise foi, je ne sais plus que choisir. A cette aune, faut-il considérer que le Bund était antisémite ?

  • permalien Laurent Szyster :
    29 octobre 2011 @16h15   « »

    @Judex,

    Merci de me donner des leçons sur la Françafrique.

    Je vous en prie.

    Vous ne voyez absolument aucune différence entre anti-sionisme et antisémitisme. Entre bêtise et mauvaise foi, je ne sais plus que choisir. A cette aune, faut-il considérer que le Bund était antisémite ?

    Les militants du Bund croyaient que l’internationale serait le genre humain.

    Malheureusement pour les Juifs du Yiddishland et le genre humain, l’histoire a donné tort aux internationalistes et raison aux sionistes.

    Union générale des travailleurs juifs

    Le Bund existe encore formellement au xxie siècle en tant que Bund travailliste juif, organisation associée à l’Internationale socialiste, mais la Shoah a anéanti les populations au sein desquelles il était enraciné. New York est sa base internationale, seules des sections subsistent en diaspora, en Australie, au Royaume-Uni, en Israël et le Centre Medem Arbeter Ring en France.

    En passant, notez que les bundistes de l’USJJ ont envoyé une brigade de volontaires se battre au côté du Palmakh en 1948.

    Drôles d’antisionistes ...

    Aujourd’hui, en France, il y a un bien parti antisioniste et son discours ressemble furieusement à celui de Drumont, pas celui du Bund.

  • permalien Judex :
    29 octobre 2011 @21h03   « »
    Amalgame quand tu nous tiens

    @ Lolo le parano

    Je passe sur votre remarque sur la Françafrique. Je vais prendre cela pour de l’ironie.

    Bravo pour votre esprit très sélectif concernant l’histoire du Bund : partir de la conduite de certains de ses membres survivants après la 2e GM est en effet un moyen tout ce qu’il y a de plus cohérent pour définir la position du Bund vis-à-vis du sionisme avant sa destruction durant le génocide.

    Idem concernant les propos antisionistes : amalgamer des anti-sionistes à l’antisémitisme sous prétexte que des connards antisémites à la Soral ou à la Dieudonné instrumentalisent ce courant pour légitimer leurs immondices est assez lamentable, même venant de vous. Avec ce genre d’argument, on peut dire n’importe quoi : par exemple, que Theodor Herzl était antisémite puisque son projet de création d’un Etat juif (ou des Juifs, n’entrons pas dans ce débat interminable) recevait le soutien bruyant et enthousiaste des ordures de l’Action française (de Léon Daudet en particulier).

    Enfin, votre philosophie de l’histoire m’inquiète. Si les vainqueurs ont toujours raison, j’espère pour vous que ceux que vous supportez auront toujours le dessus. Si je faisais de l’amalgame, j’assimilerai cela à du fascisme...

  • permalien Laurent Szyster :
    30 octobre 2011 @11h13   «

    @Judex,

    Bravo pour votre esprit très sélectif concernant l’histoire du Bund : partir de la conduite de certains de ses membres survivants après la 2e GM est en effet un moyen tout ce qu’il y a de plus cohérent pour définir la position du Bund vis-à-vis du sionisme avant sa destruction durant le génocide.

    Au sein du peuple Juif, le débat entre sionistes et internationalistes a été largement tranché par le génocide et définitivement enterré par les purges "antisionistes" dans les régimes soit-disant champions de "l’amitié entre les peuples".

    La question n’est pas de savoir si on peut qualifier d’antisioniste la position des internationalistes juifs dans les années 30, mais que signifie antisionisme depuis la création d’Israël.

    Et David Hirsch, avec toute la prudence d’un historien, met en doute la filiation que revendiquent les "gentils" antisionistes de gauche aujourd’hui pour se dédouaner.

    Anti-Zionism and Antisemitism : Cosmopolitan Reflections

    L’antisionisme n’est pas une forme de racisme. Mais il s’agit d’une vision du monde profondément défectueuse, superficielle et peu éclairante. Les antiracistes antisionistes se présentent eux-mêmes comme les enfants légitimes de l’opposition juive socialiste au sionisme au cours du premier tiers du vingtième siècle ; mais certains suspectent son véritable père d’être l’antisémitisme soviétique.

    Aujourd’hui il reste quelque groupuscules juifs "antisionistes" : des fanatiques religieux qui attendent le messie, des internationalistes déconnectés de la réalité et quelques égomaniaques médiocres qui racolent le pire des publics.

    Le gros des troupes "antisionistes" se trouvent ailleurs.

    (...) amalgamer des anti-sionistes à l’antisémitisme sous prétexte que des connards antisémites à la Soral ou à la Dieudonné instrumentalisent ce courant pour légitimer leurs immondices est assez lamentable (...)

    Ce que vous appellez un amalgame, Yankelevitch le remarquait il y a plus de trente ans déjà :

    "L’antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission - et même le droit, et même le devoir - d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux"

    Vladimir Yankelevitch

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