Le Monde diplomatique
Accueil du site > Visions cartographiques > « Bandes à Gaza » : que savent les étudiants du conflit israélo-palestinien (...)

Palestine - Israël

« Bandes à Gaza » : que savent les étudiants du conflit israélo-palestinien ?

lundi 7 novembre 2011, par Chloé Yvroux

Que savons-nous du monde et de ses conflits, vraiment ? Rien... Ou si peu. Nous recevons des médias d’énormes masses d’informations qui nous arrivent plus ou moins filtrées, et ces informations, ces images, notre cerveau les filtre à nouveau. C’est dire la distance qui, bien souvent, nous sépare de la réalité. Notre perception du monde est dès lors largement pervertie.

Chloé Yvroux s’est livrée à une expérience – riche d’enseignements – auprès d’un groupe d’étudiants en deuxième année d’histoire-géographie à l’université de Montpellier, en leur demandant leur vision du conflit israélo-palestinien à travers une série de questions simples. Pour un groupe a priori mieux informé que la moyenne de la population, les résultats sont tout simplement ahurissants.

« Gaza, la Cisjordanie, pour les gens c’est très clair », observe Frédéric Barreyre, correspondant de Radio France au Proche-Orient [1]. Que connaissent les auditeurs du conflit israélo-palestinien ? « Ils connaissent les noms d’Arafat et de Peres, mais ne comprendront peut-être plus si je parle d’Abou Mazen, le nom de guerre de Mahmoud Abbas. »

En dehors des éléments fournis par les sondages d’opinion, bien souvent limités à des questions de sympathie et de responsabilité [2], il s’agit de questionner les représentations du conflit par la population en France. Une enquête a été réalisée auprès d’étudiants en histoire-géographie au cours des mois d’avril et mai 2009 [3].

Au-delà du simple constat d’un manque général de connaissances, l’analyse des représentations révèle des perceptions bien partagées, apparemment dues à des déformations collectives. De la situation au Proche-Orient, la plupart des Français ne reçoivent des informations qu’au travers des conversations, de la littérature et des médias. Autant de filtres et d’intermédiaires à l’origine du processus de fabrication des représentations qui permettent de créer un cadre de médiation avec le « réel ». Considérées ici dans leur dimension spatiale en tant que « créations sociales ou individuelles de schémas pertinents du réel » [4], dans le cadre d’espaces qui ne sont pas familiers, les représentations sont le plus souvent réduites à des stéréotypes. Afin de mettre à jour ces représentations partagées sur le conflit israélo-palestinien, l’enquête s’appuie à la fois sur une série de questions ouvertes (portant sur la localisation du conflit, les colonies, les réfugiés, Jérusalem...) et sur la réalisation de cartes. Les fonds de carte sont proposés aux étudiants avec la consigne suivante : « Voici le territoire du conflit. Complétez cette carte avec tous les éléments que vous connaissez. »

Bien qu’il s’inscrive dans un contexte plus large, le conflit israélo-palestinien est surtout territorial. « Une terre pour deux peuples », voilà les termes du problème à résoudre et qui est à l’origine d’une imbrication de territorialités réelles ou projetées. De même, les principaux éléments de revendication et de contestation – qu’il s’agisse de la création de l’Etat palestinien, de l’occupation, de la colonisation, de Jérusalem ou du Mur de séparation – renvoient également à des aspects territoriaux.

Pour ceux qui ne sont pas familiers de ce conflit, cette apparente complexité est une source de confusion, et c’est également le cas pour les étudiants interrogés, alors même qu’ils sont supposés connaître cette question mieux que la moyenne de la population française.

La bande de Gaza devient, pour près d’un tiers des étudiants, l’enjeu principal du conflit israélo-palestinien.

« Une bande de terre revendiquée par les deux pays en conflit », un « lopin de terre sujet du conflit israélo-palestinien », une « zone de combat entre les deux pays » ou encore un « territoire, ou parcelle, en plein milieu du conflit israélo-palestinien ». Les cartes produites illustrent cette vision partagée : Gaza apparaît parfois littéralement comme une « bande » traversant le territoire de part en part, séparant Israël de la Palestine.

JPEG - 345.3 ko
Exemples de représentations de la bande de Gaza, zone « frontière » entre Israël et la Palestine
Esquisses produites par les étudiants au cours de l’enquête menée par Chloé Yvroux en 2009.

Pour nombre d’étudiants, la bande de Gaza constitue le seul territoire des Palestiniens. Une idée par ailleurs nuancée, soit en termes de contrôle : « dernière bande de terre encore sous un petit contrôle palestinien », « seul territoire encore sous contrôle palestinien », ou de présence : « territoire des Palestiniens, le seul qu’il leur reste, envié par les Israéliens », « bande de terre où sont réfugiés l’ensemble des Palestiniens ». Si 20 % des étudiants décrivent explicitement la bande de Gaza comme un territoire palestinien, le reste hésite et n’exprime clairement ni l’identité de la population qui y réside, ni les enjeux. Finalement, sur les cartes, pour la moitié d’entre eux, le territoire du conflit se limite à deux entités : la bande de Gaza et Israël.

JPEG - 367.5 ko
Exemples de représentations de la bande de Gaza

Enfin, il n’est pas possible de faire abstraction des quelques cas de personnification de la bande de Gaza, qui devient « la bande à Gaza » : « Un groupe organisé, armé », « Des extrémistes palestiniens à l’origine de plusieurs attentats ».

Les résultats de l’enquête traduisent le contexte particulier dans lequel elle s’est déroulée, quelques mois seulement après les attaques israéliennes sur Gaza. Ces dernières restent très présentes dans l’esprit des étudiants, puisque 60 % d’entre eux se réfèrent à des thèmes tels que « conflits, violences, attaques et destructions » quand ils évoquent la bande de Gaza [5]. Les explications données au sujet de l’opération « Plomb durci » restent confuses : « Un territoire qui n’était pas dans le mandat israélien avec l’Angleterre, mais laissé aux Palestiniens, que les Israéliens voulaient, donc ils l’ont attaqué en début d’année. »

La Palestine et son allié cisjordanien…

L’enquête permet aussi de soulever l’un des points essentiels de la fausse perception du conflit ; il s’agit de la dissociation entre la Palestine, la bande de Gaza et la Cisjordanie. La plupart vont donc au plus simple ; le conflit israélo-palestinien, un conflit entre deux territoires, Israël et la Palestine. Peu d’entre eux se sont essayés à cartographier cette vision. Ils sont un quart à citer uniquement ces deux territoires lors d’une question sur la localisation du conflit.

JPEG - 335.1 ko
Exemples de représentations du conflit
entre Israël et la Palestine

Si l’utilisation du mot « Palestine » semble spontanée, bien que la définition d’une entité territoriale palestinienne reste confuse, la Cisjordanie reste l’élément le plus insaisissable pour la très grande majorité des étudiants interrogés. Il y a d’une part une confusion sur la nature de l’entité territoriale palestinienne, et, d’autre part, une dissociation entre la Cisjordanie et le conflit israélo-palestinien.

Moins de 10 % des étudiants mentionnent la Cisjordanie dans la question relative à la localisation du conflit. Elle est absente de près de 80 % des cartes réalisées, et quand elle apparaît, dans la moitié des cas, elle est signifiée comme un Etat voisin, souvent en lieu et place de la Jordanie. Les explications données par les étudiants sur l’entité « Cisjordanie » confirment la méconnaissance qui transparaît dans les cartes. Plus de la moitié d’entre eux ne se sont pas exprimés sur ce point. Beaucoup présentent la Cisjordanie comme un pays voisin accueillant des réfugiés palestiniens. La relation entre ce territoire et le conflit se trouve souvent limitée à cet aspect. Au mieux, la Cisjordanie devient un pays adhérant à la cause palestinienne : « Pays d’accueil des Palestiniens réfugiés qui s’allie aux Palestiniens pour la défense de leur territoire », « Allié du Hamas », « Aide non officiellement la Palestine. Ouvertement anti-israélien ». La formulation de l’un d’entre eux résume la vision de l’ensemble des étudiants : « Pays voisin accueillant des réfugiés et se mettant en conflit avec l’Etat d’Israël – même si je ne sais pas très bien son rôle –, ce pays revient souvent dans le conflit israélo-palestinien. »

Sur les colonies, les réfugiés et Jérusalem

Les cartes produites par les étudiants restent rudimentaires, relativement peu élaborées (les éléments les plus représentés sont respectivement les territoires voisins, la bande de Gaza, Jérusalem, Israël et la Palestine). Les manifestations concrètes d’un différend territorial, ou du moins d’un phénomène singulier, qu’il s’agisse des colonies, du Mur, etc. ont une fréquence d’apparition qui rend leur présence insignifiante. Ainsi, les deux cartes ci-dessous sont les exemples les plus renseignés. Si une partie de ces représentations offrent une vision relativement « conforme » du territoire du conflit, d’autres proposent des représentations plus fantaisistes ; toutes doivent être analysées en termes de pertinence.

JPEG - 488 ko
Représenter Israël et la Palestine occupée...

Même les notions les plus basiques, telles que celles de « colonies » ou « colonisation », donnent lieu à des confusions. Les propositions sont multiples. L’utilisation du registre historique pour définir les colonies revient dans près de 6 % des réponses : « Israël, ancienne colonie britannique », « implantation initiale des colons après la seconde guerre mondiale », et certains n’y voient aucune résonance contemporaine : « Elles n’existent plus. » Par ailleurs, 5 % des étudiants affirment que la bande de Gaza est une colonie : « La Bande de Gaza abrite une importante colonie palestinienne, tout comme la Cisjordanie » et la même proportion présente les camps de réfugiés palestiniens comme des colonies : « Les réfugiés palestiniens se regroupent en colonies. » Malgré tout, 20 % présentent les colonies comme « israéliennes/juives » situées « sur le territoire palestinien », mais les informations données sont souvent succinctes : « colonies israéliennes sur le territoire palestinien protégées par l’armée », « occupation illégale de certains Israéliens sur des territoires que l’ONU considère comme palestiniens ».

Quant aux réfugiés, si les étudiants se réfèrent à près de 40 % aux Palestiniens, ils se rapportent dans leur grande majorité à ceux qui ont dû fuir leur territoire suite aux bombardements récents : « Palestiniens vers l’Egypte, la seule sortie », « Beaucoup de personnes (plutôt palestiniennes) ont dû se réfugier dans les pays voisins, comme des réfugiés, à cause du conflit dans la Bande de Gaza ». Ainsi seuls 15 % des étudiants replacent la notion de réfugié dans le contexte historique, mais dans ce cadre, les Israéliens sont évoqués dans 10 % des cas : « Israël est une terre de réfugiés. »

La confusion entre les éléments du passé et la situation contemporaine revient de façon récurrente dans les réponses : certains présentent Jérusalem comme une zone internationale ou neutre, se référant au statut de la ville préconisé par le plan de partage de l’ONU en 1947.

La connaissance géographique du conflit chez des étudiants en histoire-géographie est fragmentée, déformée et incomplète. L’intérêt n’est alors pas seulement l’évaluation des connaissances – ce que les individus savent ou ne savent pas –, mais la mise en valeur des perceptions partagées – ce que les individus croient savoir. Les résultats de l’enquête attestent un manque de connaissances, mais ils ne sont en rien surprenants dans ce type de questionnement, et ils peuvent être envisagés comme un indicateur des représentations détenues par l’ensemble de la population en France. Ils soulignent le décalage entre une information de plus en plus présente, accessible, actualisée presque en direct, et ce qu’en retiennent les « usagers de l’information ». Et on se demande quel est le processus qui produit ces représentations collectives « déformées » sur un sujet aussi prégnant dans l’actualité. Ces résultats constituent également un révélateur et offrent un bon support aux journalistes qui pourront, le cas échéant, penser la manière dont leurs lecteurs ou auditeurs reçoivent et absorbent les informations…

Lire aussi

Un Etat palestinien, mais lequel ? par Dominique Vidal (13 septembre 2011), article dans lequel vous retrouverez aussi les cartes du conflit...

Chloé Yvroux est doctorante à l’université de Montpellier.

Notes

[1] Entretien réalisé le 12 janvier 2010 à Jérusalem.

[2] En mars 2010, un sondage réalisé par l’IFOP pour l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) demande notamment : « Qui porte la plus grande responsabilité dans la non-résolution du conflit israélo-palestinien ? » Autre sondage effectué en 2000-2001 : « Avez-vous davantage de sympathie pour les positions des Israéliens ou pour celles des Palestiniens ? » (sondage BVA).

[3] Cette enquête s’est déroulée sur l’ensemble des étudiants inscrits en licence d’histoire-géographie de l’université Paul-Valéry de Montpellier. 221 questionnaires ont été récoltés.

[4] « Géographie et représentations », in Yves André, Antoine Bailly, Robert Ferras, Jean-Paul Guérin, Hervé Gumuchian, Représenter l’espace. L’imaginaire spatial à l’école, Ed. Anthropos, 1989.

[5] Il faut tout de même relativiser l’impact de l’actualité sur les réponses, car en dehors des éléments se référant à la violence, lors de tests préliminaires organisés en avril 2008, les tendances étaient les mêmes.

50 commentaires sur « “Bandes à Gaza” : que savent les étudiants du conflit israélo-palestinien ? »

  • permalien rascarcapac :
    7 novembre 2011 @15h28   »

    Une bonne carte de correction, en fin d’article, aurait été pas mal

  • permalien Philippe Rekacewicz :
    7 novembre 2011 @15h30   « »

    En effet, nous allons en publier une...

  • permalien DeMontigny :
    7 novembre 2011 @15h58   « »

    On dirait bien que dans ce domaine, les anglo-ricains devancent leurs comparses Français ; n’étant même pas capables de situer les multiples pays qu’ils aggressent sur une carte géographique, leurs "citoyens" peinent à distinguer le proche-orient de l’asie du sud-est (tout comme certaines personnalités politiques).

    On a pris du retard en ce qui concerne l’abrutissement général, mais on gagne visiblement du terrain...

  • permalien Yvan :
    7 novembre 2011 @16h16   « »

    Il n’y a rien d’absurde dans ces repésentations


    L’archipel de Cisjordanie.

  • permalien kulu :
    7 novembre 2011 @16h20   « »

    bonne idée mais faudrait-il encore qu’ils aient la curiosité de lire le Diplo... car si ils le lisaient ces étudiants en histoire-géo (!), cela ferait belle lurette qu’ils seraient "familiarisés" avec les cartes de M. Rekacewicz ... et si ils ne l’ont pas fait jusqu’ici, pourquoi le feraient ils maintenant ?
    Si on généralise à l’ensemble des étudiants en France ou ailleurs, ça fait un peu frémir. On dirait qu’il y a un très gros problème de culture générale essentielle à la compréhension du monde actuel qui fait défaut.
    La Démocratie est vraiment en danger ... mais je n’ose y croire avec un Président comme le nôtre.
    En tous cas, j’en profite pour vous remercier M. Rekacewicz car j’apprécie énormément votre travail.

  • permalien ben ramden :
    7 novembre 2011 @16h43   « »

    cette fomrmalisation de l’espace qu’est la carte n’est ni gratuite ni desinteressée:moyen de domination indispensable,de domination de l’espace,la carte a d’abord été etablie par des officiers et pour des officiers-yves la coste-la geographie,ça sert d’abord,è faire la guerre.

  • permalien philou :
    7 novembre 2011 @17h25   « »

    Amusez-vous à chercher sur google maps : Palestine, Cisjordanie, territoires palestiniens, ou toute ville palestinienne (toujours accompagnée de sa graphie en hébreu).

  • permalien iGor :
    7 novembre 2011 @20h46   « »

    @philou
    C’est pas pour rien qu’existe openstreetmap.org, une carte mondiale libre, du type wikipedia.

  • permalien Cartes mentales :
    7 novembre 2011 @21h57   « »

    Bonjour,
    Je trouve le sujet impose aux étudiants, même géographes, trop ambitieux et prétentieux. Qui est capable de dessiner avec précision une carte de la situation actuelle ? Le message reçu des médias est confus et ne permet pas une vision (au sens propre) claire de la réalité. Pour produire une image correcte de la région de Gaza, il faut deja bien se documenter sur la question ou avoir reçu (et compris) quelques bonnes heures de cours. A mon avis, par expérience, des étudiants en Sciences politique s’en seraient mieux sortis.
    Avez-vous également enquête auprès d’étudiants d’autres disciplines ?

  • permalien Houcine :
    7 novembre 2011 @22h05   « »

    Voici un sujet à traiter avec raisonnement par ceux qui ont fait des hautes études et qui ne partagent plus la doctrine du nouveau belge Philco Nathan & Co.

    Combien de pages voulez-vous lire à props de ce document ? -Je peux vous en fournir une centaine au cours de cette meme semaine.

    Houcine__

  • permalien Lou :
    7 novembre 2011 @22h51   « »
    ...et que savent les européens de l’état d’Israël ?

    Sondage européen : Israël la plus grande menace pour la paix mondiale

    Alors que la Commission européenne publiera les résultats complets du sondage, lundi, l’International Herald Tribune a rapporté que les 7.500 personnes interrogées vivant dans l’Union européenne (500 dans chacun des 15 États membres de l’UE) à qui on a présenté une liste de 15 pays et demandé si ces pays présentent une menace pour la paix dans le monde. Étonnamment, Israël a été classé premier.

    Étonnant non ?

    (via tweet Alain Gresh)

  • permalien Deïr Yassin :
    8 novembre 2011 @00h28   « »

    @ Lou

    Ce fameux poll qui est déjà passé sur le Twitter d’Alain Gresh il y a deux-trois jours, et qui déferle sur le blogosphère est vieux de huit ans ! C’est le fameux sondage d’octobre 2003 qui a obligé l’EU à faire des excuses à Israël.

    Je suis encore une fois étonnée que ce sondage est publié et commenté partout sans le moindre esprit critique. Comment les noms de Javier Solana et Romani Prodi ne font réagir personne ? Ils ont quitté les postes mentionnés en 2009 et 2004 !

    Ceci dit, this little shitty country est sans doute la plus grande menace pour la paix dans le monde, surtout maintenant que les rumeurs d’une attaque sur l’Iran se font très insistantes.

  • permalien merinos :
    8 novembre 2011 @06h03   « »
    Et l’eau dans tout ça ?

    Et surtout il y a un élément clé dans ce conflit qui n’est pas mentionné : l’eau. Et si vous regardez le tracé du mur Israëlien, vous comprendrez tout l’enjeu qui sous-tend ce conflit.

  • permalien Rémi Begouen :
    8 novembre 2011 @09h00   « »

    Ayant vécu toute mon enfance (1940-56) au canal de Suez, j’ai eu par hasard connaissance que la géographie précède et domine l’histoire, et sait l’ineptie et l’indigence de "l’histoire-géo" de nos programmes de l’Éducation Nationale, à tous niveaux !

    Je sais par exemple toute l’importance de l’eau dans la stratégie de conquête et domination israélienne de la Palestine... et que la réalité géographique de la Palestine domine la "réalité" d’Israël, entité politique récente qui... refuse depuis toujours de FIXER ses frontières et... d’accepter la paix !

  • permalien Khakaoura :
    8 novembre 2011 @11h19   « »

    Je ne vois pas en quoi des étudiants en deuxième année (que je suppose de Licence, et non de Master) d’Histoire ou de Géographie seraient mieux formés que le citoyen lambda à la connaissance du conflit israélo-palestinien, puisqu’il n’est pas étudié dans le cadre d’un cursus de Licence.

    Certes, dans ces filières, il est possible de trouver un plus fort taux de personnes intéressées par la question, mais si elles disposent des mêmes sources d’information que n’importe qui d’autre, les résultats seront globalement les mêmes.

    Une telle spécialisation (surtout sur un conflit international de cette ampleur) se décide à l’issue du cursus de Licence, puisque le but de la Licence est de faire acquérir méthode de travail et connaissances globales d’une discipline.

    Faites un test similaire avec des étudiants en deuxième année de Licence de sciences politiques (et non en deuxième année d’IEP, encore que...) sur les institutions politiques étrangères à l’UE et aux Etats-Unis, et vous obtiendrez des résultats tout aussi surprenants, je pense.

  • permalien Chloé Yvroux :
    8 novembre 2011 @13h53   « »

    @ Cartes mentales et Khakaoura

    Pour cette enquête, seuls des étudiants en histoire-géo ont été interrogés, les étudiants des 3 années de licence (ancien DEUG et licence).

    Ces étudiants ne sont pas spécialistes de cette problématique, la question du conflit est absente de leur cursus de licence (pour information, à l’Université Paul-Valéry, elle était traitée dans un cours sur le "monde arabe", mais il a été supprimé il y a quelques années). Mais on peut supposer que ces étudiants ont, à priori, un intérêt pour ces questions, ils devraient être sensibles à ce type de problématiques (une partie d’entre eux s’oriente dans l’enseignement de l’histoire-géo).

    Peut être que des étudiants en sciences politiques "s’en seraient mieux sortis"... mais, je ne voulais en aucun cas interroger des spécialistes.

    Pour la question des cartes, il est vrai que dessiner une carte de la région reste un exercice difficile. Dans le questionnaire, les étudiants ont dû compléter des fonds de carte (un seul type de fond est présenté dans l’article) et répondre à d’autres séries de questions. Pour les cartes, le but est d’observer quels territoires sont représentés et dans quelles configurations, comment ils sont nommés...

    L’objectif de cette enquête n’était pas d’aboutir à la production de cartes précises et "justes" de la région, mais de faire émerger des représentations collectives.

  • permalien Marianne :
    8 novembre 2011 @13h56   « »

    On sait tous par exemple qu’en histoire, on n’étudie pas non plus la colonisation des anciennes colonies, regardez un peu ce que çà donne 50 ans après le déni de la guerre d’Algérie qui avait été relatée brièvement par les médias comme des "évènements" ... Attendons le bon ministre de l’éducation nationale, quand on pense que les cours d’histoire ont été supprimés dans certaines sections. Les mots "colonies, autochtones, indigènes" en eux mêmes sont totalement tabous ! Regardez même ce qu’on fait les positivistes de la colonisation, et la création de la fondation pour l’histoire de la guerre d’Algérie et l’invitation aux historiens de faire un travail de mémoires mais dans la reconnaissance des bienfaits de la colonisation... Ils ont refusés biensure !!! et c’est tout à leur honneur ! bientôt on aura la même pour ce moyen orient truffé de mensonges... A la phrasée, la conception cartographique et le manque de savoir sur ce conflit peut refléter l’idée de la population en général, je ne crois pas à ce constat, puisque au contraire, il y a une résistance mondiale à l’info véhiculée en cet ère, l’info à laquelle plus personne ne croit !!

  • permalien Val :
    8 novembre 2011 @14h48   « »

    Ces gribouillages approximatifs de la part d’étudiants en licence laissent perplexes quant à leur représentation du monde. A ce niveau -modeste, certes-, les étudiants, a priori sensibilisés, devraient en savoir davantage que le citoyen lambda, les médias parlent assez souvent de ce conflit, régulièrement placé sur le devant de la scène internationale et qui implique de Très Grandes Puissances. Moi qui suis "citoyenne lambda", je place bien mieux Gaza, Suez ou le Liban, que la Lozère ou l’Indre et Loire dont, je dois le reconnaître, les contours m’échappent.

  • permalien dd :
    8 novembre 2011 @16h32   « »

    Il y a aussi peut être une explication imputable aux médias ...

    http://www.acrimed.org/article3702.html

    http://www.acrimed.org/article3698.html

  • permalien ben ramden :
    8 novembre 2011 @19h39   « »

    mais la geographie ne sert pas seulement à etayer,par le flou de ses concepts,n’importe quelle thése politique.en verité,la fonction ideologique essentielle du discours de la géographie scolaire et universitaire a éte surtout de masquer,par des procédés qui ne sont pas évidents,l’utilité pratique de l’analyse de l’espace,surtout pour la conduite de la guerre comme pour l’organisation de l’etat et la pratique du pouvoir. c’est ,surtout,lorsqu’il parait " unitule" que le discours géographiquue excerce la mission mystificatrice la plus efficace,car la critique de ses propos"neutres" et "innocents" parait superflue.le tour de force a été de faire passer un savoir stratégique militaire et politique pour un discours pédagogique ou scientifique inoffensif.

    yves la coste-ce qui me parait un cannevas sur lequel il faut deblaterer non pas a sa propre guise mais selon son propre esprit critique.

  • permalien Akamas :
    8 novembre 2011 @21h25   « »

    C’est dingue... tout simplement !

    J’ai fait le test de la carte vierge, dans mon coin, et je m’en sors très honorablement (sauf que je me rends compte que je ne connais que très peu de villes dans la région).

    Et du coup je reste sur ma faim, on aurait aimé avoir toutes les questions et cartes soumises aux étudiant de MTP III pour pouvoir faire l’intégralité du test, histoire de se faire une meilleure idée des résultats.

  • permalien mediacideur :
    8 novembre 2011 @22h00   « »

    Euh... Frederic Barreyre n’est plus "correspondant de Radio France au Proche-Orient" depuis un moment déjà*. On ne peut d’ailleurs que s’en féliciter tant ses "reportages" n’étaient, en gros, que de la propagande israélienne et bulletins sans recul de l’armée israélienne.

    En plus il était à "Jérusalem", c’est-à-dire que, loin d’être un "correspondant au Proche-Orient" il ne nous donnait de cette région que le point-de-vue exclusif des occupants, sans quasiment jamais parler des Palestiniens, tenus pour rien, ou juste en tant que problème pour Israel.

    En cela il fut le digne successeur de Pierre Weil et Isabelle Dort. On est loin d’Alain Ménargues, leur prédecesseur qui, pour avoir fait son travail de journaliste, LUI, s’est retrouvé viré (mais il a gagné son procès et s’est vu accorder 250000€ d’indemnités pour licenciement abusif)

    Commencer son papier en évoquant ce caniche de la propagande israélienne et en le citant fut pour moi éloquent, aussi n’ai-je pas poursuivi ma lecture.

    (*Il a été nommé dans un fromage bien coulant. Son remplaçant est Gregory Philipps, qui marche sur ses traces et sur celles des 2 précédents. Normal : il aurait pas eu la place, sinon... d’ailleurs il a déjà servi à merveille, en Côte d’Ivoire et ailleurs.)

  • permalien Cartes mentales :
    8 novembre 2011 @22h17   « »

    Bonjour,
    Merci pour la réponse. J’ai bien compris l’optique de votre enquête. Mais je ne suis toujours pas d’accord avec vous sur le fait que ces étudiants géographes de niveau L soient 1) particulièrement sensibilises a la question de Gaza et 2) se destinent aux concours de l’enseignement. Mais passons sur ces points. Je trouve très intéressant d’analyser la configuration spatiale de territoires a l’aide de cartes mentales et serait curieuse des résultats. Allez-vous mettre en oeuvre des méthodes particulières d’analyse spatiale ? Le fait d’avoir fourni un fond de carte présente un intérêt dans ce sens.
    Bon courage en tous cas

  • permalien gaelle :
    9 novembre 2011 @17h25   « »

    etudiante, tres interessee par le conflit, et ayant lu beaucoup d analyses y compris dans le monde diplomatique, je me rends compte que je n`aurai pas ete brillante du tout si j avais ete soumise a ce questionnaire...

    j ai pourtant lu et vu des cartes, j ai eu des enseignements sur le sujet. Les cartes sont je pense tres difficiles a acquerir,nous ne sommes plus du tout habitues a avoir des vues d ensemble.

    je connais certains details du conflit, me positionne volontiers et legitimement sur un bon nombre de sujets, mais je me rends compte que les connaissances globales, et essentielles, je ne les maitrise pas.

    a force de cliquer partout, de suivre l actualite en direct... des fois je me dis qu en fait, on cherche a trop en savoir...

  • permalien Adonis :
    9 novembre 2011 @17h48   « »

    Plus proche de nous, je serais surpris de voir ce que donnerait une étude similaire sur les termes de Royaume-Uni, Grande-Bretagne, Iles Britanniques, Angleterre, Écosse, Irlande (du nord) et Pays-de-Galles.
    À mon avis, il y a tout autant de confusion.

  • permalien Marjane :
    9 novembre 2011 @17h59   « »

    Ce qui est assez inquiétant en définitive c’est qu’on a l’impression que le rôle du professeur de géographie, voire d’histoire, est quasi nul. J’aurais été intéressée par les "corrections" de ces légendes et autres travaux. Je suis d’accord avec la conclusion mais tout étudiant n’est pas censé recevoir de formation universitaire de la part des journalistes et des médias de manière générale, quand bien même il ne serait pas voué à se "spécialiser" dans la matière.
    Quand j’étais étudiante en anglais, en 2ème année tout comme ces élèves, je savais par exemple que Tennessee Williams, et non William Shakespeare, était l’auteur d’un tramway nommé désir...loin de moi l’intention de vulgariser ou de faire passer les étudiants de LLCE de la Sorbonne pour des génies de la culture, mais ce sont des connaissances qui devraient être élémentaires pour des étudiants en histoire géo, en tout cas le fait de replacer les responsabilités qui incombent à l’un ou à l’autre des protagonistes, et de mentionner la présence d’un mur.

  • permalien Jean-paul :
    9 novembre 2011 @18h13   « »

    Bonjour,

    J’ai relu votre article, j’étais de base assez d’accord avec cartes mentales et khakaoura. En fait ce qui me gêne c’est la phrase d’introduction : "Pour un groupe a priori mieux informé que la moyenne de la population, les résultats sont tout simplement ahurissants."

    Je ne vois pas en quoi " les résultats sont tout simplement ahurissants". Intéressants certes. Mais ahurissants de quoi ? de bêtises, comme le titre le sous-entend ? C’est sympa pour les étudiants qui ont accepté, j’imagine sur leur temps libre, de participer a votre enquête (d’ailleurs, comment évalueriez-vous le sérieux avec lequel ils y ont participé ?).

    On aurait été évidemment moins choqués si vous aviez demandé a des étudiants en mécanique générale de traiter un problème de physique quantique, ou a un dermatologue de cartographier précisément les différentes régions du cerveau de mémoire, mais il s’agit d’histoire-géographie, aie aie aie...

    En fait, c’est vraiment regrettable que votre article ( et surtout par son traitement médiatique ), se soit transformé en vulgaire défouloir pour nos fameux déclinistes de l’éducation. (je vous invite a faire un tour dans les commentaires consternants ici.. http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2... )

    Je serais vous je serais consternée par le traitement de votre enquête dans Le Monde... Vos conclusions très pertinentes n’y sont même pas évoquées..

    Ce doit sans doute être une manière artistique de mettre en valeur le " processus qui produit ces représentations collectives « déformées » sur un sujet aussi prégnant dans l’actualité "

  • permalien williamoff :
    9 novembre 2011 @20h44   « »

    Tout cela semble étonnant au premier abord, mais en y réfléchissant bien, c’est un peu normal. J’enseigne l’histoire-géo en lycée depuis 20 ans, et je sais très bien que mes élèves de terminale ne savent pas grand chose, ou plutôt devrais-je dire il n’ont rien compris à tout ce qu’il leur à fallut ingurgiter.
    De plus, je n’ai jamais le temps de vraiment expliquer les choses, de détailler, de remonter le fil du temps. Cela se résume à une exposition de faits, d’évènements, de documents, qui s’enchainent comme en apesanteur . L’ensemble est en fait incohérent. De plus certains sujet sont très délicats à aborder car les préjugés, l’idéologie, et l’air du temps compliquent la tache.
    Ils remettent également plus souvent en doute ce qui est dit lorsqu’ils sentent que cela ne correspond pas à ce qu’ils ont entendu, vu ou compris dans les médias.
    Les étudiants d’histoire-géo arrivent donc à l’université avec un bagage très mince en la matière. A la seule différence de la majorité de leurs anciens camarades de lycée, c’est qu’ils aiment au moins l’une de ces deux disciplines. Cependant, Les cours de fac plutôt spécialisés ne permettent pas de compenser cette méconnaissance et cette incompréhension des phénomènes historiques et géographiques contemporains. A moins qu’ils ne soient curieux et très travailleurs.

  • permalien ubuntom :
    9 novembre 2011 @23h17   « »

    @tout le monde mais spécialement @Jean-Paul,
    personnellement le terme "ahurissant" me semble encore trop faible. Peu importe qu’on soit "sympa" ou pas avec les étudiants qui ont donné du temps à cette enquête. A ce niveau d’inculture, je n’éprouve aucune sympathie.
    Il ne s’agit pas de grossièrement cartographier et commenter, au hasard, l’insurrection Karen en Birmanie ou le conflit au Nord Kivu, il s’agit du principal conflit (en termes géopolitiques) depuis plus de 60 ans, qui plus est alimente l’actualité grand public quotidienne. Il me semble absolument inacceptable que ces jeunes gens, qui, pour la plupart, se destinent à l’enseignement de leurs matières soit incapables de plus de précision. Il y a sans doute des choses à rechercher du côté de l’enseignement initial, mais le désintérêt manifeste sur cette question me fait froid dans le dos quand il s’agit de s’interroger sur d’autres régions, d’autres conflits. je serais curieux de voir comment cette foule étudiante arrive à localiser un pays comme l’Afghanistan sur un planisphère mondial.
    Quant à évoquer la question de la maîtrise de l’eau....

    PS : je ne suis ni prof, ni spécialiste, mais simplement un citoyen qui s’intéresse à ce qui se passe en dehors de nos frontières hexagonales etriquées et qui, surtout, essaye de comprendre ce qu’il s’y passe.

  • permalien Gaelle 2 :
    10 novembre 2011 @11h03   « »

    Etudiante en histoire, je ne peux que déplorer le manque de curiosité de mes compatriotes de Montpellier. Non seulement c’est un sujet d’actualité sensible, mais c’est également un des grands coup de force des Etats-Unis au XXème siècle [ndlr : 1948 =] que de CREER un pays !! N’ont-ils pas eu de géopolitique du XXème siècle, ou même d’UE d’histoire contemporaine (ou même tant qu’on y est, des cours d’histoire en Terminale !!) ??

    @gaelle : je pense sincèrement que la capacité à retenir des cartes vient en en voyant justement, et en faisant le lien avec les figurés représentés (un rond n’est pas un rond, c’est une colonie israëlienne sur le territoire cis-jordanien, donc situé dans "l’archipel palestinien", ce qui est censé être illlégal.)

    Bref, s’intéresser au monde qui nous entoure (sans forcément lire Le monde diplomatique , n’en déplaise aux érudits) est à la base même de la formation en Histoire et Géographie, à mon humble avis...

  • permalien Boulos :
    10 novembre 2011 @11h48   « »

    Avant tout, il paraît indispensable de préciser une chose : l’Etat d’Israël n’est pas le peuple israélien.
    De même que la France n’est pas le peuple français (et oui, bien que nous sommes LE pays des Droits de l’Homme et de LA Révolution, gardons bien à l’esprit que tous les Présidents de la Ve République sont TOUS des propriétaires terriens...)

    Que l’Etat d’Israël soit présenté, par l’échantillon d’Européens interrogé, comme le pays le plus "menaçant" pour la paix et la sécurité n’a, pour ma part, rien d’étonnant.
    Ce pays baffoue non seulement les Droits de l’Homme mais également la Communauté Internationale... depuis, juste, un demi-siècle.

    Tiens donc, c’est ce qu’on reprochait également à Mouammar....

    Et l’expansion des colonies ? C’est pas un peu une version contemporaine de l’espace vital ?

    Allez donc justifier l’intervention en Libye quand on intervient pas POUR la Palestine..

    C’est surement un peu trash pour beaucoup mais ca me paraît fort juste

  • permalien Cartes mentales :
    10 novembre 2011 @12h08   « »

    Bonjour,

    Je ne résiste pas à la tentation de poster à nouveau car le traitement réservé à votre travail me fait un peu mal au cœur : je viens de lire l’article suggéré par @jean paul dans le Monde. Dommage.

    1) il n’y a pas à ma connaissance du cursus de l’enseignement supérieur en géographie en France, en niveau L (sauf peut-être notamment à l’Université de Poitiers dont l’un des laboratoires de recherche est spécialisé sur les migrations internationales...) de cours spécifiques aux questions liés à la bande de Gaza, par exemple. Les étudiants ne peuvent donc pas "inventer" ce qu’ils ne connaissent pas, tant bien même qu’ils en auraient entendu parler dans les médias... ni avoir une connaissance de quelque chose qui à priori ne les intéresse pas, compte tenu du traitement de la question réservé dans les médias (cf. mon premier post). Il serait intéressant de confronter l’origine "sociale" des étudiants et le contenu de leur carte...

    1bis), en L, les étudiants géographes (et même certains historiens) apprennent -en général- des méthodes de (carto)graphie de type "croquis" utiles pour les concours de l’enseignement, "chorêmes" pour les cartes de synthèse (méthode "utilisée" par vos étudiants mais il faut le dire très très vite), ou "carte thématique" liée au traitement de données statistiques et spatiales. Ces apprentissages dépendent très fortement de l’Université et on peut effectivement supposer, comme vous le faites et c’est là l’un de vos arguments, que les étudiants de Montpellier, soient plus renseignés que d’autres étudiants car a) c’est le "fief de Brunet" (père des chorêmes) et b) celui de la Maison de la Géo. ...

    2) Pour valoriser mieux votre travail, et "élever le débat", je vous suggère d’analyser vos résultats de manière quantitative afin de dégager des "profils" dans les VISIONS de la question de la bande de Gaza, dans les représentations. Cela vous donnerait du grain à moudre pour l’analyse qualitative que vous souhaitez mener et vous éviterait de présenter toutes les cartes brutes des étudiants. Essayez donc non pas d’interpréter (ou de juger les connaissances (cf. "ahurissant") directement mais d’analyser les résultats de travaux exploratoires sur les tracés des étudiants...

    Bon courage

  • permalien Cartes mentales :
    10 novembre 2011 @12h11   « »

    Un colloque qui a lieu, très prochainement, et dont il sera question de cartes mentales et de représentations des étudiants...analysées avec différentes méthodes et points de vue.

    http://eurobroadmap.sciencesconf.org/

  • permalien Chloé Yvroux :
    10 novembre 2011 @16h39   « »

    @ Cartes mentales

    Pour l’analyse des cartes mentales, en plus des méthodes traditionnelles (traitement par citations, par typologies), la présence des fonds permet, avec un traitement par Système d’Information Géographique, de réaliser des cartes de représentations collectives (en synthétisant l’information sur la localisation d’un élément donné). Il est vrai que les fonds de carte facilitent le traitement des données et sur une telle problématique, ils étaient de toute façon nécessaires.

    @ Jean-Paul et cartes mentales

    Pour le terme "ahurissant" qui présente l’article...
    Il y a deux choses, totalement liées, mais différentes : 1) Le constat du manque de connaissances des étudiants, largement développé dans les forums que l’on peut juger ahurissant. 2) La façon dont les étudiants voient le conflit. Ce sont plutôt la construction et l’analyse de ces représentations qui font l’objet de mes recherches. Quand on s’intéresse au conflit, c’est une chose de constater que les étudiants ne savent pas ce qu’est une colonie, mais qu’ils pensent que les réfugiés palestiniens se regroupent en colonie, par exemple, reste pour le moins étonnant.

    Quant au blog du Monde, c’est une "revue du Web", sont choisies les citations les plus frappantes de l’article, sans détails sur la représentativité des réponses ou de contextualisation... la présentation apparaît alors comme relativement biaisée, mais libre à ceux qui le désirent de lire l’article original.

  • permalien ouais-ouais :
    10 novembre 2011 @19h36   « »

    Si cela est médusant de la part d’étudiant en géo, pour l’ensemble de la population, c’est assez normal. Ce conflit est ancien et complexe. Il est trop rare d’avoir des articles explicatifs de l’ensemble de conflit de la part de nos journalistes. Je sais que mes connaissances sur Israël Palestine ne sont que parcellaires, justement du fait que l’actualité ne nous donne que des bribes au jour le jour. Avoir accès à des synthèses (courtes bien sûr, société de consommation oblige) de temps en temps ne ferait pas de mal, ne serait-ce que pour réviser. Certes, il y a internet pour se renseigner, mais il n’y a pas que le conflit israëlo-palestinien qui soit important à connaître et ce surtout pour des étudiants en géo pour le coup. Bref, on ne peut pas tout connaître !!!!

  • permalien Dav’ :
    10 novembre 2011 @22h25   « »

    Je pense qu’il s’agit également d’une question de génération. L’an dernier, lors d’un remplacement que j’ai effectué dans une classe de terminale en histoire-géo, nous avons abordé la notion d’occupation. Lorsque j’ai pris le cas de la Cisjordanie en exemple, la classe entière s’est mise à me regarder avec des yeux ronds, sans comprendre un mot de ce que je leur racontais. Jusqu’à ce que l’un d’eux me demande si le Tibet était lui aussi occupé. Subitement, le débat s’est installé dans la classe et je dois avouer que beaucoup d’entre eux en connaissaient autant que leur prof du moment (moi...) sur la question. Pour en avoir parlé avec mes collègues, si notre génération s’est toujours senti concerné par le problème palestinien, la "mode" serait désormais celle du Tibet. A approfondir...

  • permalien Ruben :
    11 novembre 2011 @15h44   « »

    le plus triste dans cette étude c est le parti pris des intervenants et du vocabulaire utilisé (colonie, peuple palestinien, cisjordanie).
    Dominique Vidal, Alain Gresh sont des antisionistes notoires.
    C est comme aller chez des anciens de l’OAS pour étudier la guerre d’Algérie.

    je serai curieux d ailleurs d’appréhender les réactions de nos jeunes étudiants face à d’autres points de vues.
    C est cela la démocratie.

  • permalien Internaute0 :
    11 novembre 2011 @20h16   « »
    Etudiants en deuxième année d’histoire ? ... bien triste

    Je suis en école d’ingénieur et pourtant bien mieux informé sur le conflit israélo-palestinien que des étudiants en deuxième année d’histoire... ça me fait vraiment peur... d’où vient le choix d’études ?!
    On étudie qd même le conflit au collège ou le lycée, je ne sais plus donc connaître la carte serait un minimum...
    SCANDALEUX !

  • permalien Deïr Yassin :
    12 novembre 2011 @22h17   « »

    @ Ruben
    Qu’est-ce que Dominique Vidal et Alain Gresh viennent faire dans cette étude ?
    Au sujet de "colonie", Cisjordanie" et "peuple palestinien" : bien les deux premiers sont le vocabulaire utilisé internationalement, et pour "peuple palestinien" seulement les négationnistes comme Golda-the-Palestinians-no-such-thing-exists-Mabovitch aka Meir y trouvent à dire.
    Je suppose que parler du "peuple juif" est un parti-pris pour vous aussi.....

  • permalien Philippe Rekacewicz :
    14 novembre 2011 @10h17   « »

    Signalé par Daniel Letouzey, sur le blog de Clioweb

    http://clioweb.canalblog.com/archiv...

  • permalien Raph :
    14 novembre 2011 @17h03   « »

    C’est marrant de voire comment, pour la plupart des gens qui interviennent ici, la connaissance parfaite du bordel israelo-palestinien semble être un prérequis obligatoire pour ne pas passer pour un ignorant complet. Je parie que ces étudiants ne connaissent pas le quart des nombreux conflits actuellement en cours dans le monde, sans parler de situer sur une carte les territoires concernés. Je parie que seule une minorité de ces étudiants géographes est capable de situer précisément les pays d’Europe de l’est et de nommer leur capitale sans erreur.

    Mais Grands Dieux on s’en fout, ce qui compte c’est qu’ils se fassent une vision du monde centrée sur LE problème qui nous concerne TOUS, le conflit trucmuche qui, bien entendu, une fois résolu, nous laissera une planète pacifique et tolérante.
    Oui mes frères, en ce qui concerne LE conflit, tout le monde doit savoir, absolument tout, car c’est la seule indignation qui vaille.

    Le plus drôle, c’est que cette névrose obsessionnelle généralisée renseigne plus sur le croyant que sur le conflit en tant que tel (rapport de force, enjeux, acteurs etc...). Elle contribue même à renforcer l’opacité du sujet en le drapant de vociférations idéologiques et de transferts personnels, qui s’empilent dessus depuis maintenant un demi-siècle.

    Bref, le merdier proche-oriental sera éclairci, et trouvera même peut-être une fin, le jour où les millions de pseudo-militants des deux "bords" du monde entier cesseront de bramer et de servir la soupe aux politiques qui exploitent leurs quêtes de sens existentielles. Le jour où le conflit sera traité médiatiquement comme les autres, et cessera d’être une boîte à fantasmes et à représentations dans laquelle les "leaders d’opinion" en manque d’idées viennent piocher de l’indignation facile et sélective. Tant que le conflit sera un marqueur social et une arme politique dans nos pays, on ne s’intéressera pas vraiment à sa résolution.

  • permalien Justin :
    15 novembre 2011 @15h27   « »

    Le résultat n’est absolument pas ahurissant puisque personne ne peut déterminer réellement les frontières d’Israël. Pourquoi le demander à des étudiants quand les plus éminents diplomates, voire les dirigeants d’Israël eux-même, ne le savent pas.

    Israël est un Etat construit "artificiellement" (par ce que récemment) mais dont les frontières n’ont jamais été stabilisées. Les Guerres avec quelques voisins ont permis de fixer les frontières de ces derniers (Egypte, Liban, Syrie et Jordanie) mais pas celles d’Israël.

    Quant au concept de "Bande à Gaza", c’est plutôt encourageant pour TF1 d’apprendre que le journal de Jean-Pierre Pernaut ne touche pas que les "vieux" et les "ménagères de moins de 50 ans" mais aussi les étudiants en histoire/géographie ;-)

  • permalien Gilbert :
    16 novembre 2011 @19h22   « »

    Et pourquoi ne pas mettre à la fin de ce blog la "bonne" carte, pas celle de "l’Archipel" où Israël et les colonies sont noyées dans la mer.(vieux fantasme palestinien)

  • permalien mediacideur :
    19 novembre 2011 @23h58   « »

    La note 1 n’était pas présente, lors de mon 1er commentaire (8/11 à 22h00). Je tiens à le préciser et trouve le procédé un tantinet discutable...

    Ne serait-ce que parce qu’il rend incompréhensible la 1ére phrase du dit commentaire.

    Mais surtout est susceptible d’invalider le reste, ce qui serait dommage, n’est-ce pas ?

    Je n’ose croire que c’était le but de ce petit rajout mais enfin on ne saurait trop se méfier de ces petites apostilles adventices : elles en disent (parfois) plus long qu’un long, (très) long article.

  • permalien Julie :
    26 novembre 2011 @20h01   « »

    Que comprenons nous de ce conflit ? La plupart d’entre nous, à l’instar de ces étudiants n’y connaissent rien.
    Nos politiciens n’ont aucuns intérêts à faire changer les choses puisque notre ignorance nous tient à l’écart ce conflit.

    Nous n’avons aucunes compassions ni pour les arabes, ni pour les juifs qui se déchirent la bas.
    C’est certainement pourquoi ce conflit dure.

  • permalien sarah :
    27 novembre 2011 @20h11   « »

    @ JULIE :

    Nous sommes tout à fait impliqués dans ce conflit, puisque nos dirigeants "démocratiquement élus",soutiennent l’une des parties à ce conflit en notre nom !

    Nos dirigeants soutiennent inconditionnellement la partie la plus forte,en l’espèce israel,dans l’écrasement d’un autre peuple.

    Sachez que les peuples de la région savent très bien que les européens et les américains(en tout cas leurs dirigeants) sont derrière Israel pour la destruction de leur région,de leur pays,de leur mémoire !

  • permalien Ajab :
    9 décembre 2011 @01h32   « »

    Je ne sais pas si la remarque a été faite, mais bien qu’on puisse le déplorer, les jeunes gens qui sont en deuxième année de fac ont d’autres préoccupations que de sauver le monde. On est pas sérieux quand on a 19 ans. . .

    Et puis, en histoire au moins, il est rare qu’on aborde les sujets aussi contemporains que le conflit en question, de même qu’en géographie les conflits ne sont pas l’essentiel du programme. A partir de là faut-il reprocher à des post-adolescents de n’être pas au courant de ce qui se passe ici plutôt qu’ailleurs alors que nous vivons une période où les problèmes prospèrent.

    Il ne faut pas oublier que le choix raisonnablement motivé d’entrer à l’université se fait rare. Les filières d’histoire et géographie sont particulièrement connues pour attirer nombre d’indécis qui prennent une année pour réfléchir et se "cultiver" dans ces parcours.

    Enfin, on peut déplorer le manque d’instruction civique, mais vu la complexité du sujet il semble délicat de ne pas tomber dans la propagande lorsqu’on s’adresse à un public qui n’a pas encore fini de développer son discernement.

    Voilà donc quelques réflexions en contrepoint à d’autres qui semblent trop nombreuses et peut-être exagérément alarmistes. On considère souvent que la phase de maturité à l’université débute à partir du M1, ce qui laisse deux ans à nos jeunes amis pour tomber sur un article du monde diplo dans les toilettes de leurs parents ou chez le dentiste. Une petite réflexion sur le nombre de sondés aurait également pu être intéressante pour comparer l’évolution de la prise de conscience depuis 1968...

  • permalien momo :
    27 décembre 2011 @01h40   « »
    solidarité

    plusieurs personnes ont commencé à mettre le drapeau du Palestine sur leurs photos du profil pour montrer leurs soutiens à ce merveilleux pays.

  • permalien discobob :
    28 décembre 2011 @06h59   « »

    Quelles belles choses ! Que c’est cartes. Incroyable ! J’en suis étourdi et sent le besoin de rêver à tout cela. Les cartes sont le centre de la connaissance. Sans la carte je suis sans sens.

  • permalien
    15 août 2012 @00h23   «

    Regardez ce très beau petit film, vous comprendrez mieux :
    Her Name was Rachel

Ajouter un commentaire