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Apple, Steve Jobs et le néocapitalisme américain

lundi 5 décembre 2011, par Marie Bénilde

Deux mois après la mort de son légendaire fondateur, Apple se cherche un avenir. Mais la firme peut-elle continuer à revendiquer sa part dans la contre-culture américaine à l’heure où ses produits inondent les marchés ? N’est-elle pas devenue le parfait exemple d’une nouvelle forme de capitalisme qui cherche à imposer sa puissance en enfermant ses clients dans un système technologique totalitaire ? Retour sur une idéologie à la lumière ombragée de la biographie de Steve Jobs par Walter Isaacson.

La publication du livre consacré à Steve Jobs, le cofondateur d’Apple, par Walter Isaacson, ancien dirigeant de CNN et de Time Magazine, aujourd’hui à la tête de l’Institut Aspen, est l’occasion de mieux comprendre — de l’intérieur — comment fonctionne le technocapitalisme américain. En août 2011, Apple est devenue la première capitalisation boursière au monde devant Exxon Mobile avec plus de 330 milliards de dollars. L’entreprise doit une grande partie de son succès à son patron, Steve Jobs, et à sa volonté de puissance qui l’a amené à imposer ses produits de façon quasi-religieuse auprès d’une communauté d’aficionados devenue massive et mondiale. Mais l’histoire d’Apple et la légende de son mythique fondateur, décédé le 5 octobre dernier, sont aussi emblématiques de l’évolution des grandes multinationales de la Silicon Valley qui se sont converties aux techniques du marketing et de la communication pour favoriser une véritable dévotion à leur marque.

Bien sûr, comme dans le Tartuffe de Molière, toute relation dévote se fait au prix d’une manipulation par plus dévot que soi dont la finalité est d’abord de vous mystifier. Steve Jobs, dont la mort a été vécue dans l’émotion de couvertures larmoyantes, de Libération à Télérama, fut en cela le gourou d’une nouvelle secte entrepreneuriale : celle qui ne prétend plus se contenter d’amasser du profit mais affirme vouloir « changer le monde », à l’instar de grands découvreurs scientifiques comme Albert Einstein ou Benjamin Franklin, auxquels Walter Isaacson a consacré ses précédentes biographies (ce n’est pas pour rien qu’il a été choisi par Steve Jobs pour réaliser la sienne). Il convient, sans doute, de revenir sur cette prétention, sans oublier l’essentiel. A savoir la capacité de la technopuissance américaine à orienter l’attention de l’opinion sur son capital de marque plutôt que sur ses processus industriels et ses rapports de domination économique.

Le désir de tout contrôler

Steve Jobs appelait cela le « champ de distorsion de la réalité ». Un champ qui consiste à faire plier à sa volonté un marché interdépendant et planétaire en imposant des règles très strictes de fermeture pour ses produits qui, par ailleurs, profitent de la mondialisation des marchés, de l’ouverture maximale des réseaux de télécommunication, des échanges de logiciels et de l’expérience « open data » des utilisateurs. Un exemple récent de ce verrouillage nous a été rappelé en novembre lorsque le fabricant Adobe a été contraint de renoncer à proposer son logiciel de lecture vidéo Flash pour les tablettes et les mobiles, car Apple n’a jamais accepté de l’intégrer au prétexte qu’il voulait conserver l’entière maîtrise de toutes les prestations proposées sur iPhone et iPad.

« Cela prouve que c’est finalement Apple et son mentor Steve Jobs qui avaient raison. Une fois de plus, après l’abandon de la disquette il y a quelques années et d’autres choix jugés parfois aberrants, la marque à la pomme prouve à nouveau sa clairvoyance », commente Jérôme Colombain, le 10 novembre, sur France Info.

La clairvoyance incline plutôt à penser que la solution technologique proposée par Adobe n’a pas trouvé son marché car Apple, qui occupe une position dominante sur le marché des tablettes et des smartphones, a refusé tout net de l’implanter dans ses matériels. Au final, c’est donc Apple qui aura sonné l’arrêt de mort de cette technologie propriétaire, désormais remplacée par HTML5. La firme n’a en cela jamais changé : Steve Jobs, qui avait fait fabriquer des vis spéciales pour empêcher les informaticiens d’ouvrir ses machines, s’est toujours opposé à toute extension des cartes mémoire ou à toute importation de logiciels tiers.

Délocalisation et pollution industrielle

En 2000, Naomi Klein, dans son livre No Logo, a bien décrit la théorie du branding qui consiste à se débarrasser de toute responsabilité sociale et environnementale, forcément coûteuse et juridiquement risquée, pour mieux se concentrer sur la valorisation de sa marque. Apple illustre à l’excès la mise en œuvre de cette théorie par l’implantation massive de son outil industriel en Chine, où la firme emploie pas moins de 700 000 personnes.

Tim Cook, l’actuel PDG de la firme à la pomme croquée, est celui qui a supervisé cette délocalisation en tant que directeur des opérations dès 1998. Cette année-là, alors qu’Apple lance son slogan « think different », l’ancien responsable de l’approvisionnement et de la logistique chez Compaq est recruté pour délocaliser l’intégralité de la production, depuis la fabrication des circuits imprimés jusqu’à l’assemblage des machines. C’est à lui que revient la décision de diviser par quatre le nombre de fournisseurs afin de bénéficier de conditions tarifaires plus favorables et de réduire de moitié le nombre d’entrepôts afin de compresser les stocks et de maintenir les usines à flux tendu.

« Au début de l’année 1998, Apple était passé de deux mois à un mois de stock. En septembre de la même année, Cook avait restreint ce délai à six jours. Un an après, Apple n’avait plus que deux jours de stock — un exploit — qui finit par se résoudre à quinze heures à peine [1]. »

La conséquence est double : les usines chinoises vivent dès lors sous la pression de la demande et dans la tension permanente des retards de livraison. Parallèlement, la marque crée sa propre pénurie et avive le désir des « early adopters », ces tribus de fans qui ne supportent pas d’attendre leur jouet. D’où les longues files d’attente devant les Apple Store dont, très vite, les caméras de télévision rendront compte pour mieux signifier l’importance sociale de « l’événement » marketing. En quatre jours de commercialisation, le stock de téléphones mobiles iPhone 4S, qui ne comportait pourtant aucune innovation majeure, si ce n’est une commande vocale un peu vacillante, a ainsi été épuisé. Ce qui, bien entendu, renforce l’engouement irraisonné : ce qui est rare est précieux !

De l’autre côté du Pacifique, l’empressement n’est toutefois pas de même nature. Sous la férule de petits chefs, et dans des conditions de travail déplorables, les ouvriers des usines Foxconn de Shenzhen fabriquent des ordinateurs de toutes marques, avec des régimes d’assemblage extrêmement répétitifs. L’entreprise, qui est réputée demander à l’homme de travailler plus vite que la machine, a connu de multiples vagues de suicides et d’accidents du travail [2]. Le gouvernement communiste chinois se félicite des prouesses de ce sous-traitant performant, symbole de modernité, qui fabrique un « produit mondialement connu : l’iPhone ». Il passe bien sûr sous silence le sort de travailleurs surexploités et sous-payés — en deçà du minimum nécessaire pour faire vivre une famille chinoise — et ferme les yeux sur les brimades, les insultes et les punitions qui assimilent certaines usines à des camps de travail forcé. En septembre 2010, un rapport indépendant établi sur la base de 1 800 entretiens dans douze usines Foxconn a mis en évidence que les punitions physiques touchaient 16 % des ouvriers.

Sur vingt-neuf entreprises de haute technologie installées en Chine, Apple arrive en bas du classement concernant le respect de normes sociales et écologiques, selon un groupe d’ONG chinoises mené par l’Institut des affaires publiques et environnementales (IPE). « Apple a choisi (...) de continuer à coopérer avec des entreprises qui polluent. C’est profiter indirectement du fait que le coût juridique d’une violation des lois environnementales est très bas en Chine », note leur rapport présenté en janvier 2011 après cinq mois d’enquête. Vingt-sept « sous-traitants supposés d’Apple » y sont épinglés pour des rejets polluants [3].

Nulle trace de ce développement à la chinoise dans la biographie de Walter Isaacson, qui préfère consacrer de longs — et fastidieux — chapitres à la vie sentimentale de son sujet. Il relate cependant que lors d’une rencontre avec le président des Etats-Unis Barack Obama, Steve Jobs « lui expliqua combien il était facile de construire une usine en Chine alors que c’était pratiquement impossible de le faire aux Etats-Unis, en grande partie à cause des règlements et des coûts inutiles ». Contourner les obligations imposées dans son propre pays sous la pression de l’opinion publique par une délocalisation déresponsabilisante dans un Etat non démocratique, telle est la caractéristique du néocapitalisme mondialisé. Une transplantation d’autant plus fructueuse qu’elle ne s’accompagne d’aucun transfert de technologie : les cerveaux restent en Californie et continuent de profiter d’un système éducatif protégé, quoique Steve Jobs le jugeait « désespérément obsolète » : « Tant que les syndicats d’enseignants ne seraient pas brisés, il n’y avait pratiquement aucune chance de réformer l’éducation », affirmait-il à Barack Obama, toujours selon Walter Isaacson, qui relate que le patron d’Apple souhaitait s’attaquer à l’enseignement en ligne et préconisait d’autoriser les proviseurs à licencier les professeurs « en cas de mauvaise performance ».

Un roi du marketing déguisé en gourou

Steve Jobs avait, on le sait, une passion pour le design et une très grande maîtrise du marketing. C’est d’ailleurs essentiellement sur l’image d’Apple qu’il a travaillé dès 1984, lors du lancement du premier Macintosh, quand il a confié au cinéaste Ridley Scott le soin de réaliser une publicité montrant une jeune sportive pulvérisant de son marteau le Big Brother de George Orwell, alias IBM. « Et vous allez comprendre pourquoi 1984 ne sera pas comme 1984 », clamait son slogan lors de la finale du Super Bowl de cette année-là. Si l’invention du premier Apple est l’œuvre de Steve Wozniak, et si l’écran tactile de l’iPhone comme de l’iPad a été conçu par son designer Johnny Ive, on sait moins que c’est par l’acquisition d’une petite société, FingerWorks, qu’Apple a pu mettre la main sur les principales fonctionnalités de la tablette « multi-touch », tels le balayage ou le zoom par le mouvement des doigts sur l’écran. Avaler les start-ups avant qu’elles ne vous fassent de l’ombre, tel est le principe élémentaire du technocapitalisme de la Silicon Valley.

Steve Jobs fut un expert pour se donner une aura médiatique lors de ses fameuses « Keynotes », sorte de show personnel abondamment relayé par la presse où il annonçait invariablement une « révolution » qui allait « changer le monde ». Entretenant sa légende de végétarien adepte du yoga et du bouddhisme, n’hésitant par à demander à des étudiants s’ils avaient déjà consommé du LSD, l’homme s’est façonné une panoplie de parfait ascète (en pull à col roulé Issey Miyake, styliste auquel il avait demandé de concevoir une veste unique pour tous ses employés).

Derrière le « rebelle » revenu d’un voyage initiatique en Inde avant le lancement de son entreprise, puis l’apôtre de la contre-culture amateur de Bob Dylan, il y avait surtout beaucoup de talent pour reléguer au second plan son action de grand patron et apparaître en phase avec les aspirations de son époque, à la façon de tous les chefs d’entreprise qui, dans la foulée de mai 1968, se sont employés en France à fusionner les idées libérales et libertaires. « Mon objectif a toujours été non seulement de fabriquer des produits de qualité mais aussi de bâtir d’importantes compagnies », reconnaissait le cofondateur d’Apple. Après avoir introduit Apple en Bourse dès le début de son aventure, il parviendra à faire racheter son studio d’animation Pixar par Disney pour pas moins de 7 milliards de dollars.

Revenu diriger « sans salaire » son entreprise à la fin des années 1990, Steve Jobs est aussi le PDG qui, selon le magazine Fortune de juin 2001, s’est accordé « de loin » le plus fort bonus sous forme de stock-options de tout le patronat américain (pour une valeur de 872 millions de dollars). En 1989, lors de l’échec de Next — sa deuxième entreprise créée après Apple —, il s’est aussi singularisé par des licenciements massifs menés de manière particulièrement brutale puisqu’il commença par refuser toute indemnité avant d’accorder généreusement deux semaines d’un préavis... rétroactif.

Un pouvoir quasi-religieux et absolu

Le lancement de l’iPad, en janvier 2010, a atteint au sublime par la fièvre qui s’est emparée de tous les adeptes de cette nouvelle religion technologique qu’est devenue Apple. L’iPhone avait déjà été rebaptisé par les blogueurs « le téléphone de Jésus ». Walter Isaacson rappelle que l’hebdomadaire britannique The Economist n’a pas hésité à montrer Steve Jobs entouré d’un halo de lumière tenant à la main un iPad, surnommé « la tablette de Jésus », avec ce titre : « le livre de Jobs ». « La dernière fois que les hommes ont montré autant de fascination pour une tablette, des commandements étaient gravés dessus », écrivit sans rire The Wall Street Journal [4].

Bien au-delà de la fierté d’appartenir à une communauté d’aficionados réfractaires au tout-PC, Steve Jobs a ainsi créé une nouvelle religion. « Des chercheurs en neurologie ont découvert que, chez un fan d’Apple, les zones du cerveau activées face à un produit de la marque étaient les mêmes que chez un croyant face à des images religieuses », va d’ailleurs jusqu’à affirmer Emmanuel Collod, dans le mensuel La Décroissance de novembre, en citant un documentaire de la BBC [5]. Une vision fantasmatique qui en dit long sur les mythes qui sont immanquablement associés à cette marque.

Pourtant, une telle iconolâtrie aurait-elle pu exister sans la complaisance avec laquelle la presse américaine — puis mondiale, et plus particulièrement française — a traité Steve Jobs et son empire ? Pour des médias avides d’histoires à succès prêchant une mondialisation heureuse, Steve Jobs fut le héros messianique qui permit à l’individu pris dans le tourbillon de la révolution informatique de se croire encore maître du jeu.

Les journalistes, victimes enthousiastes

L’ironie est sans doute que la presse est loin de ressortir gagnante de cette ingestion confinant au gavage. D’abord, on le sait, Apple n’héberge les journaux qu’à condition de prélever une commission de 30 % sur toutes leurs applications (iTunes, iPhone, iPad...). Mais il y a plus ennuyeux : le système est verrouillé de telle sorte que les éditeurs de presse sont contraints de passer par le magasin en ligne (App Store) pour accéder à leurs abonnés. En juin 2011, rappelle Isaacson, la firme possédait 225 millions d’utilisateurs actifs recensés dans sa base de données. De leur côté, les journaux sont contraints de renoncer à toute relation directe avec leurs abonnés. Un modèle qui est susceptible de se reproduire avec la télévision connectée à Internet (Apple TV), où il sera facile de proposer des offres de programmes de télévision en fonction des goûts identifiés des clients d’Apple. En attendant, la firme ferre ses clients en leur proposant de migrer vers un serveur à distance (cloud) tous leurs fichiers qui, bien sûr, ne pourront plus être lus que par des supports Apple.

Ce contrôle strict des contenus de tiers est d’autant plus problématique qu’Apple joue les censeurs en interdisant toutes les applications non seulement pornographiques ou véhiculant des images de nudité, mais aussi des propos politiquement incorrects ou diffamatoires. Sur ce point, William Isaacson est assez explicite : « Ce comportement paternaliste devint flagrant quand Apple rejeta une application qui diffusait les dessins animés à caractère politique de Mark Fiore, au motif que ses attaques contre la politique de l’administration Bush sur la torture violaient leurs restrictions en matière de diffamation. Une décision publique tournée en ridicule quand Mark Fiore remporta le prix Pulitzer du dessin de presse en avril [6]. »

Pourtant, Apple n’a jamais été aussi « tendance » dans les entreprises de presse. La plupart des journalistes « tweetent » depuis leur iPhone et vivent ainsi une vie entièrement connectée à Apple. Le résultat d’un astucieux travail de séduction à destination des personnes influentes que le fabricant a entamé dès le milieu des années 1980, quand il a accordé de généreuses remises aux journalistes qui préféraient le petit Macintosh au mastodonte PC (IBM, etc.). Peu à peu, Apple a fait son entrée dans la plupart des maquettes de journaux et chez les directeurs artistiques des agences de publicité. Et la « contre-culture » de Steve Jobs s’est imposée dans les esprits jusqu’à notre époque de « buzz »... au point que les médias n’ont pas su reconnaître en Apple le Big Brother qu’il était, peut-être, en train de devenir.

Notes

[1] Walter Isaacson, Steve Jobs, JC Lattès, 2011, p. 412.

[2] China Labor Watch, rapport « “We are extremely tired, with tremendous pressure,” A Follow-up Investigation of Foxconn ».

[3] Cf. « En Chine, des ONG accusent Apple d’utiliser des sous-traitants qui polluent », Le Monde, 2 septembre 2011.

[4] Ibid., p. 558.

[5] Secret of the Superbrands, BBC, mai 2011.

[6] Ibid, p. 581.

49 commentaires sur « Apple, Steve Jobs et le néocapitalisme américain »

  • permalien Mercure :
    5 décembre 2011 @11h53   »

    Pour l’aspect défaillant de la commande vocale de l’I-phone 4 S, je confirme. C’est peut-être mieux en anglais, mais pour le Français, le mien ne sait même pas répondre à la question pourtant suggérée par l’appareil lui-même : quel temps fera-t-il demain ?
    Il paraît qu’aux USA, le 4S n’est pas capable d’orienter vers une clinique qui pratique l’avortement, comme par hasard.... en revanche, il a moins de mal à trouver des pizzerias. Vous verrez que demain, Apple percevra ses 30% sur tous les clients qu’il amènera à un resto...

  • permalien HN :
    5 décembre 2011 @12h59   « »

    Le côté géant glouton d’Apple, ça date pas d’hier.
    Il me semble qu’ils ont eu qqs accrochages pour des histoires de monopole.
    De plus, Apple n’échappe pas à tout travers des multinationales américaines : http://www.article11.info/?Fetichis....
    On en est pas au stade de Nike qui fait travailler des gosses, mais les conditions de travail chez les sous-traitants d’Apple sont apparemment bien dégueulasses.
    Quant à leurs publicités, je les trouve effrayantes tellement elle sentent le lavage de cerveau à plein nez.

    Comme contre-culture donc, on a déjà vu mieux.

    Cdlmt

  • permalien djulink :
    5 décembre 2011 @14h08   « »

    Flash a été proscrit par Jobs et Apple parce qu’il repose sur une technologie energivore et très oppressante pour les composants internes (processeur notamment). Ainsi, si sur votre machine de bureau ça "tourne" correctement, ce n’est pas le cas sur les plateformes mobiles : iPhone, iPad et autres (sauf les derniers téléphones qui possèdent des processeurs plus puissants et encore ...). C’est Adobe qui a refusé d’innover et n’a pas voulu s’adapter. l’HTML 5 permet de faire les mêmes choses sans consommer autant (énergie et puissance). C’était visionnaire, que ça vous plaise ou non.

    Le caractère "propriétaire" des iDevices est un tarte à la crème journalistique : sortez de l’hypocrisie démagogue, probablement car vous êtes mal renseigné, qui consiste à penser que l’open source est par nature mieux. l’écosystème "propriétaire" a permis à de nombreux développeurs - qui travaillent pour de l’argent (bouh ! les vilains) - de se faire connaitre et de vivre de leurs activités. cela nécessite une sécurité minimale, sinon vous vous faîtes piller (ce qui est d’ailleurs le cas, puisque l’on peut assez facilement installer des apps sans les avoir achetées, après avoir sorti sa machine de prison).

  • permalien iGor :
    5 décembre 2011 @15h05   « »

    @djulink
    Il me semble que les libristes, question Flash, étaient encore plus visionnaires ! ;)

  • permalien bwaje :
    5 décembre 2011 @15h31   « »

    Un article plein d’a peu près et de naïveté ; ni Apple ni Steve jobs n’ont jamais été représentatifs de "contre-culture", ils se sont servi de cette image, libre aux journalistes traitant un sujet trop vite de croire cette légende.

    par contre l’informatique et Apple au 1er plan, ont changé notre mode de vie, notre façon de travailler ; cela ne concerne que peu l’ouvrier chinois àa la chaine, mais beaucoup plus celui qui écrit ce papier ; faut-il donc refuser de twitter sous pretexte que ce n’est pas contre-culturel, mais purement capitaliste ? Vous etes vous posé la question de savoir si c’est tendance de twitter sur un autre smartphone ?

    PS : Frank Zappa, disparu il y 18 ans, à qui on demandait s’il était fier de représenter la contre-culture aux Etats Unis, répondit que pour cela, il aurait fallu qu’il y ait déja une culture dans ce pays.

  • permalien shora :
    5 décembre 2011 @16h01   « »

    L’article est extremement interessant.

    Malheureusement, concernant votre reference :
    « Des chercheurs en neurologie ont découvert que, chez un fan d’Apple, les zones du cerveau activées face à un produit de la marque étaient les mêmes que chez un croyant face à des images religieuses »

    Ce serait bien d’arreter de relayer ce type d’information qui sont juste fausses. Un milliers d’article a été écrit sur le web pour démonter en piece cette étude qui est une honte :
    http://www.quora.com/Bradley-Voytek...

  • permalien Elfada :
    5 décembre 2011 @16h10   « »

    L’image d’Apple s’est construite sur l’anti-PC. Les Mac permettaient à ses fans d’appartenir à une sorte d’élite qui avaient des ordinateurs exempts de virus avec leur propre mode de fonctionnement.
    C’est ce qui a fait le succès initial d’Apple et c’était une contre-culture contre l’hégémonisme des PC et de Windows.

    La marque Apple aujourd’hui ne représente plus cette sous-culture mais plutôt une culture de masse. On achète un concept de marque qui a un fonctionnement verrouillé et peu évolutif.
    Itunes c’est quand même le logiciel d’écoute de musique le plus pourri qui existe.

  • permalien mon nom :
    5 décembre 2011 @17h12   « »

    @dijulink
    le problème n’est pas de savoir si flash sémal et html5 cébien mais de comprendre que par sa situation de monopole une entreprise peut imposer ou censurer des solutions techniques.

  • permalien liontiger :
    5 décembre 2011 @17h53   « »

    Au lieu de parler de 1984, il faut aussi parler de la ferme des animaux. Tout les ordinateurs sont égaux certains sont plus égaux que d’autres.

  • permalien Shiv7 :
    5 décembre 2011 @20h47   « »

    Déjà le choix du logo, la pomme croquée, en dit long sur la vision que ce monsieur se faisait de sa mission et de la connaissance découlant des réseaux numériques en général.

    Appels contre Pc, c’est en somme l’histoire de deux sectes qui ont réussis l’incroyable paris loupé par les messianismes de nos mythologies ancestrales, chapeau messieurs Jobs et Gates.

    Ce paris de nos mythologies, version 3ème millénaires à du reste réussis bien au delà de ce qu’aurait espérer le plus illuminé de nos ancêtres, le confessionnal en temps et espace réel on se l’arrache à prix d’or dans les boutiques du monde, quel curé ou despote sécularisé aurait imaginer un tel engouement pour la nouvelle église ou le nouveau totalitarisme contemporain.
    Nul besoin de combattre pour imposer quoi que ce soit, les fidèles se pressent aux portillons de l’auto asservissement, ils en redemandent n’attendant plus que la puce insérée dans le cerveau afin de faire corps avec le big brothers atomisé, c’est trop fun.

    Oui certes, il y a bien quelques effets secondaires, comme le Chinois se suicidant dans son usine ou les Jobs et Gates s’en foutant pleins les poches, mais bon, le chinois sans cela n’aurait pas de boulot du tout,et le Gates ne redistribue t-il pas des sommes colossales pour des causes ma fois fort nobles.
    Et comme le dit un blogueur fort avisé ci dessus ; Bouh ! les vilains, à qui verrait mal le fait de s’en foutre plein les poches, notre modernité n’en est plus à de telles âneries moralisantes, laissons cela aux obscurantistes de tout poils.

    En outre tout ceci est passager, car grâce à nos réseaux Apple ou PC et leurs messages divins, il est certain qu’un jour notre ouvrier Chinois aura droit à sa tablette de chocolat afin de s’abrutir comme tout un chacun et que nos Jobs, Gates et consorts n’auront plus la possibilité d’amasser indécemment, la transparence globale et intégrale l’interdisant.

    Ah heureux le jour ou chacun, vivant par procuration dans à travers la Window de son écran, n’aura plus à faire avec cette objectivité du monde, décidément trop contraignante, puante, bruyante où les gens vont jusqu’à vivre et mourir pour de vrai, ayant même un vrai nom et puant des pieds.

    Non décidément croquons la pomme une deuxième fois, chutons non plus du jardin d’éden mais de notre propre réalité objective dans le délice de la virtualité de tous nos désirs.

  • permalien BM :
    5 décembre 2011 @22h33   « »

    Excellent article. Jobs avait beau se donner des airs « sympas », c’etait le chef absolu d’une tyrannie privee de type totalitaire comme le sont toutes les grandes entreprises transnationales.

    @Shiv7 : le logo d’Apple est une reference a la mort d’Alan Turing.

  • permalien Yvan :
    5 décembre 2011 @23h00   « »

    J’ai toujours été frappé par les similitudes qui affectaient autour de moi les utilisateurs d’Apple, à tel point qu’il m’est parfois arrivé de les confondre.

    Ils sont tous des consommateurs captifs, que ce soit pour l’informatique ou le café en capsules, ils partagent leur mépris pour ce qu’ils considèrent comme le concurrent d’Apple, Microsoft, ils ont donc tous la même ignorance crasse de l’informatique et sont totalement dépourvu de sens critique. Leur environnement professionnel et personnel est dépouillé, à l’image des produit Apple. Ils ont une tendance marquée à la perversion narcissique et sont persuadés appartenir à une élite quasi mystique. J’en ai surpris plusieurs me récitant des pochettes de CD en guise d’opinion personnelle sur un musicien ou un chanteur. Tels des clones du maitre, ils ont physiquement souvent le profile de "cancéreux" en chimiothérapie.

    ... bref, je les évite.

    (La première fois que j’en ai vu, c’était les "communistes" dans le film de Fassbinder, "Maman Küster s’en va au ciel", du temps des Macs)

  • permalien Otto :
    5 décembre 2011 @23h02   « »

    @ BM

    Pour le logo, pas exactement ;)

    http://creativebits.org/interview/i...

    Très bon article par ailleurs. Cela démystifie la chose (même si j’écris à partir d’un mac).

  • permalien Omar :
    6 décembre 2011 @01h18   « »

    Excellent compendium des principaux et plus sérieux griefs qu’on peut légitimement tenir à l’égard de guru Jobs..

  • permalien Bill Baroud :
    6 décembre 2011 @08h17   « »
    Les produits

    Les produits sont-ils exceptionnels oui ou non ? l’iPhone a-t-il bouleversé la donne oui ou non ? What else...

    (commentaire d’un utilisateur de PC et iPhone, non Apple-addict)

  • permalien HN :
    6 décembre 2011 @10h37   « »

    « Des chercheurs en neurologie ont découvert que, chez un fan d’Apple, les zones du cerveau activées face à un produit de la marque étaient les mêmes que chez un croyant face à des images religieuses »

    Un remède pour le petit écart : "Science et journalisme : l’exemple de la génétique"

    Cdlmt

  • permalien HN :
    6 décembre 2011 @10h55   « »

    Les produits sont-ils exceptionnels oui ou non ? l’iPhone a-t-il bouleversé la donne oui ou non ? What else...

    Au départ, c’est clair que ça a mis un sacré coup de boost aux téléphones portables, surtout pour un gain de productivité à mon avis.
    Mais c’est surtout l’apparition des smartphones qui a donné un coup de pied dans la fourmilière. Et là, Apple est loin d’être le premier. HTC et d’autres étaient sur le marché bien avant Apple par ex.
    Le petit plus qu’on peut remarquer par rapport aux autres, c’est principalement la réactivité et l’ergonomie. J’ai touché pas mal de smartphones et il me paraît être le mieux calibré et le plus agréable à utiliser.
    On peut néanmoins se demander : à quel prix ?
    Ceci ne concerne pas qu’Apple, que ce soit au niveau des matières premières, très rares et extraites dans on ne sait quelles conditions, au niveau de l’assemblage (voir mon lien plus haut) ou du recyclage.
    En gros, "Facebook à la montagne"=enfants qui travaillent dans les mines + ouvriers maltraités en usine + déchets intraitables...

    Pour finir, je trouve que la dernière "trouvaille révolutionnaire" est une grosse baudruche. Le système "Cloud" n’étant ni plus ni moins qu’un service de stockage en réseau, chose qui existe depuis des années voire plusieurs décennies.

    Le plus grand talent d’Apple a été de mettre à la portée de "tous" (moyennant 500 euros hein), de manière conviviale et peut-être plus fiable et stable que Microsoft, des outils informatiques complexes à mettre en oeuvre pour l’utilisateur lambda.
    Ceci dit, eux aussi ont sorti leur lot de saletés propriétaires qui nous pourrissent la vie...

    Cdlmt

  • permalien TheArtofYello :
    6 décembre 2011 @11h18   « »
    Apple et le végétarisme

    Si Steve Jobs était végétarien par refus de la souffrance animale, la fabrication de ses produits dans les conditions décrites est incompréhensible.
    En tout cas, végétarien ou pas, qui peut accepter sans se voiler la face de tapoter à longueur de journée sur un objet fabriqué par des personnes insultées, sous pression, frappées, sous-payées ?
    Les iLarmes versées par les fans du grand patron lors de son décès étaient en fait déjà entre leurs mains : Leur téléphone "intelligent" (sans doute un palliatif) est un bout de plastique fait à base de larmes de souffrances d’ouvriers.

  • permalien Alex B. :
    6 décembre 2011 @13h50   « »
    Les héros de l’apres guerre...

    Je me demande pourquoi l’auteur de l’article n’a pas fait tous ces remarques de "bonne sens" quand Steve Jobs vivais.

  • permalien Pierre Etienne :
    6 décembre 2011 @17h19   « »
    Impérialisme auditif

    Je crois que tout a été dit au sujet de Steve Jobs.
    Pour continuer sur la voie de la critique intelligente au sujet des produits culturels Appel, je trouve qu’on peut parallèlement revenir sur le très bon article d’un hors série "Courrier international" (p.16 : "Éteignez vos Ipod") paru l’été dernier :

    http://www.courrierinternational.co...

    Je n’ai pas garder le souvenir du nom de l’auteur... En tout cas, de mémoire, ce dernier développait une analyse pertinente sur "le changement social et comportemental des sociétés provoquée par Apple" : Il faisait le lien entre l’écoute abondante de la musique et l’apathie politique des individus dans les sociétés occidentales (en laissant sous entendre qu’en temps normal, ils se seraient mobiliser pour le bien commun).
    En ce sens, l’auteur déclarait que depuis les années 70, la musique avait tendance à perdre impulser les mouvements sociaux.

    "Solipsisme", "Isolement", "hyper-écoute", "enfermement auditif"tels étaient les symptômes. Par ailleurs, il proposait dans sa conclusion de juste "essayer d’éteindre nos Ipod" et de retrouver le silence ("expérience musicale, qu’il considère comme la plus menacée") en prétendant que le vide nous permettrait peut être de mieux comprendre la société.

    Peut être que comme Chirac, l’auteur est musicophobe quand on voit son raisonnement... (voire réactionnaire).
    En tout cas quand je vois le nombre croissant de jeunes encasqués autour de moi, et quand on réfléchis un peu à notre exposition quotidienne (magasins, bus, métro)... je me dis qu’on (les jeunes ; je suis un jeune) va avoir du mal à prendre la relève au niveau politique.

    Merci Steve Jobs

  • permalien Shiv7 :
    6 décembre 2011 @18h03   « »

    Pierre Etienne :

    Je suis grand amateur de musique, mais voyez vous sans le silence, aucune musique n’est possible.

    le silence est la base de toutes musiques, et aussi de beaucoup d’autres choses..

  • permalien Pierre Etienne :
    6 décembre 2011 @18h53   « »
    RE-

    @ Shiv 7

    Je suis également un amateur d’une grande variété de musique, et si j’ai parlé de l’article dans mon commentaire, c’est que quelque part j’ai de la considération pour la théorie développée.

    Le silence, à l’instar de la patience est une vraie vertu, je suis bien d’accord avec vous.

    Cordialement.

  • permalien ben :
    6 décembre 2011 @19h20   « »

    moi, je me suicide avant la sortie de chaque iphone, et j en redemande...

  • permalien gloc :
    7 décembre 2011 @11h50   « »
    Apple, Steve Jobs et le néocapitalisme américain

    @Pierre Etienne,

    Vous confondez musique et consommation de produits culturels.

    La musique est produite par des instruments plus ou moins élaborés, ou par la voix par chacun d’entre nous, en général a destination d’autre êtres humains. C’est ce pourquoi nous nous réunissons pour écouter, ou jouer, "de concert".

    La consommation de produits culturels suit le mêmes règles que la consommation tout court, à savoir qu’elle favorise le repliement sur soit et détruit le lien social (TV, Voitures, Ipod etc.) c’est avant tout un moyen de contrôle des peuples qui en sont temps avait mis Moïse très en colère.

    Steve Jobs n’a fait que mettre en application la devise de Roosevelt : « Envoyez les films et le reste suivra ».

  • permalien S. Crespo :
    7 décembre 2011 @13h08   « »
    Apple, Steve Jobs et le néocapitalisme américain : résultats de l’autopsie

    Merci pour cet article complet, précis et détaillé. Il n’y a qu’ici qu’on lit des articles de cette qualité. C’est hallucinant de lire les commentaires des défenseurs de Steve Jobs qui chicanent pour des supposées erreurs factuelles dans l’article, sur des détails techniques ; alors qu’aucun n’est capable d’affirmer que les sous-traitants chinois d’Apple ne travaillent pas dans des conditions scandaleuses, et que Steve Jobs n’était pas un gourou néocpitaliste, et ses défenseurs des adeptes.

  • permalien Shiv7 :
    7 décembre 2011 @17h28   « »

    Gloc

    Très belle mise au point..

    Cela me rappel deux , trois, choses.

    Par ex. Mc.Luhan dans ces travaux sur les médias démontre bien tout ce qui c’est perdu et gagné quand l’homme est passé de l’oral à l’écrit.
    En gros l’oral est plus qualitatif , car il permet non seulement d’exprimer le sentiment d’une façon difficilement reproductrice par l’écrit, mais de plus n’atrophie pas la mémoire.
    A contrario l’écrit est très figé dans sa forme (que la poésie transcende partiellement) et permet un ajout purement quantitatif par le stockage qu’il permet, mais par là même réduit l’exercice de la mémoire et à donc tendance à l’atrophier, en se sens les mémoires numériques sont exemplaires.
    (Le GPS pour le sens de l’orientation, ou la machine à calculer pour la logique, ainsi que la voiture pour nos jambes.., ainsi qu’en fait toute nos machines procèdent de la même diminution du qualitatif au profit du quantitatif, la question devenant quel place restera-il à l’homme quand toutes ses prothèses feront mieux que lui ?)

    En outre Mc Luhan faisait l’hypothèse que c’est l’écrit et son support qui par sa forme figée à permis la venue de grand empires comme le Romain ou le Chinois , car les messages des dirigeants pouvaient êtres transmis d’un bout à l’autre des empires sans altérations, à l’ère du Net et de la future puce cervicale cette réflexion fait un peu froid dans le dos..

    De plus l’atomisation des lien sociaux est une des conditions permettant les totalitarismes comme l’a démontré H. Arendt dans son étude sur le totalitarisme Nazi et Communiste (Staline).

    Beaucoup de grands maîtres du passé, soit philosophique, soit religieux se méfiaient de l’écrit car d’une part, il ne permet pas une transmission particularisée de maître à disciple et d’autre part permet une interprétation tout à fait aléatoire de l’enseignement en question.

    Pour en revenir à la musique, les premier Jazz men américains ne voulaient pas enregistrer leur musique, car ils disaient que cela revenait à mettre leur musique en boite de conserve et ainsi de transmettre une musique momifiée plutôt que vivante.

    Il y aurait aussi beaucoup à dire sur la musique Techno qui réussis l’exploit de faire danser des masses par un musicien (le DJ n’étant qu’un simple opérateur) et un instrument purement virtuel et mécanique, procédant par des boucles complètement préétablies, (la spontanéité en prend un coup..).
    La perfection des sons (donc des moyen quantitatif) résorbant complètement l’aspect qualitatif , humain et par là imparfait de l’instrument et du musicien.

    Ce qui me fait dire pour conclure que quand la simulation devient plus réelle que la réalité, que reste-il ? (remarque qui ne s’applique pas qu’à la musique, cela va de soi)

  • permalien Nathan :
    7 décembre 2011 @18h11   « »

    Même si je suis d’accord avec le fond de l’article, il me semble léger d’assimiler tous les utilisateurs des produits Apple aux fidèles d’une religion, vouant une sorte de culte pour son défunt fondateur et prêts à bondir sur la première nouveauté qu’on leur propose. Cette dimension existe bien sûr, mais elle n’est pas la seule.

    J’utilise le Mac depuis le début (depuis l’Apple II, en fait) et ce à quoi j’ai assisté, c’est à l’émergence d’une classe d’entrepreneurs créatifs qui n’auraient probablement pas vu le jour sans l’assistance de ces outils. J’ai vu des graphistes, des designers, des photographes, des réalisateurs, des architectes passer à la vitesse supérieure grâce à Apple. J’ai vu à l’œuvre un véritable phénomène d’empowerment, de capacitation et de co-création entre une firme hautement créative et une classe d’artisans et d’artistes qu’elle a fait littéralement sortir de terre. Songeons aussi aux centaines de milliers de petites applications (et aux petites entreprises qui les ont conçues) qui ont spontanément surgi à la sortie de l’iPhone.

    Je suis surpris qu’une journaliste du Monde Diplo ne s’aperçoive pas de ce phénomène de co-création, de fertilisation croisée qui a permis à des milliers de jeunes de se trouver une vocation et un métier. A lire son papier, on a le sentiment qu’entre l’entreprise Big Brother et dénuée de conscience sociale d’une part et la masse des consommateurs passifs et endoctrinés d’autre part, il n’y a rien.

  • permalien Aristippe :
    7 décembre 2011 @21h24   « »

    SFR, Total, Danone ou l’épicier en bas de chez moi sont là pour vendre et faire des bénéfices. C’est simple et clair pour tout le monde !
    Tous ont leur slogan publicitaire pour mieux vendre leurs produits. Rien d’anormal là dedans.
    Mais la grande classe pour un entreprise, c’est de réussir grâce à ses slogans et sa politique marketing, de remplir les vides existentiels et idéologiques de ses consommateurs.
    "Think different" : vous êtes un être unique, différent et merveilleux parce que vous possédez Notre Produit. Vous n’êtes pas comme la plèbe qui achète vraiment n’importe quoi. Vous êtes l’élite de votre temps.
    On assaisonne tout ça de "new-age" et maintenant vous sentez monté en vous ce vertige de l’exceptionnel qui vous distingue.

    Pour "Pensez différent"je vous propose la lecture de "La distinction" de P. Bourdieu...

  • permalien Yacedjaz :
    8 décembre 2011 @04h33   « »
    Dégage Steve !

    Steve Jobs est mort ! À la bonne heure, ma brave dame ! Bing !
    Une ordure bourgeoise balayée ! Bien grignotée ! Vive le crabe, l’eau salée ! Zim boum, zim badaboum… Quelque chose de doux s’épandra dans les cervelles. Ce sera l’hosanna des sans-voix ! Alléluia ! Je joins mes larmes à celles des pleureuses idolâtres et mon foutre chaud à leur gros derrière putassier ! Mes larmes de joie ! Oui ! Oui ! La mort d’un homme — oh, oui ! Toujours une tragédie... oui ! une vraie tragédie, une tragédie sans fond, sans appel… bien d’accord ! Mais l’extinction, l’éradication, pure et simple... l’anéantissement d’un oppresseur, si gros ! Oui ! Une fête sans fin ! Une fête jusqu’à demain. Steve Jobs, raclure d’exploiteur... plus là, quel bonheur ! Si j’avais un iPhone, un iBrain, un iMind... et toute la quincaillerie du crétin postmoderne, j’enverrais mes regrets de Chine. Dégage ! À jamais !

    Les chats trublions ne regardent pas les étoiles, mais voient ce que l’homme fait à l’homme.

    Yacedjaz, un prolétaire.

  • permalien
    8 décembre 2011 @12h55   « »

    Même si je savais déjà un peu ce qu’Apple fabrique en Chine je suis content de pouvoir lire ENFIN !! un article critique sur cette marque so cool et qui phagocyte toutes les conversations.

    Je suis d’accord avec la référence à Mc Luhan : le point commun de toutes ces géniales technologies, c’est qu’elles en arrivent à penser à notre place. Ca fait quand même du bien de voir qu’on peut encore penser sur ce qui nous pense dans l’avenir

  • permalien Fredback :
    8 décembre 2011 @16h10   « »

    Un bon éclairage sur la face cachée d’Apple mais aussi une vison réductrice qui ramène les performances de la firme à une pure opération marketing. Le problème d’Apple, c’est d’incarner le nouveau big brother mais aussi de proposer des produits d’une grande qualité souvent en avance sur leurs concurrents. Apple a "mangé" IBM car il a conçu le PC contemporain. Le génie de Jobs est là : créer les produits de demain. Aussi, dans un système capitalisme comme le nôtre cela représente une force inquiétante car elle conduit à un abus de position dominante dangereux pour les libertés individuelles.

  • permalien glock :
    8 décembre 2011 @23h33   « »

    Il faut rendre à cesar...
    Quand Microsoft, un nain à l’époque, s’est allié au gros IBM pour fabriqué le premier PC (IBM) avec un OS microsoft, tous se sont précipités sur ce "standart". IBM était très gros, et le monde de la micro-informatique balbutiante avait besoin d’une norme. Las, au lieu de prendre le meilleur, on prit le plus gros. IBM. On sait que l’histoire tourna plutôt en faveur de Microsoft. Dès lors la seule firme qui refusa de rentrer dans le rang ( Pardon, une des seules. ), Apple, continua de son côté à plancher sur son propre OS et ses propres machines. Ainsi naquit le Mac, qui fut la première a offrir une interface graphique, ( Et pour faire un journal, c’était vraiment la révolution... le journaliste n’avait rien d’une victime ) une souris, une mise en réseau et une gestion de fichiers faciles d’utilisation. Ajouter à cela une stabilité de système tout à fait convenable. Il a fallu attendre 1995 et win95 pour que les Pcs offrent une interface comparable. Et c’est vrai que les utilisateurs de Mac faisaient un peu bande à part, un club, et qui dit club dit aussi un peu snobisme. Mais à l’époque Apple avait vraiment le rôle de David, et microsoft Goliath.
    Parce que Jobs a su conserver cette image de "petit malin", un OS stable et une interface facile Apple a repris du poil de la bête et n’a pas disparu dans la masse windows.

    Jusque là, Apple a le bon rôle,mais la petite boite prenant de l’ampleur, elle trouve les moyens de ses ambitions, faire de la tune. ( Comme ITunes...)

    Avec l’arrivée du premier Ipod, qui n’est jamais qu’un lecteur de MP3, mais bien looké et pensé, l’entreprise prend son rythme. L’appareil ne se charge qu’à travers un logiciel dédié, qui se connectera très vite au site commercial de la boite. Apple gagne vite plus d’argent en vendant via son site, de la musique, des vidéos et enfin des aplications. Bref avec l’Ipod Apple devient le "microsoft" du MP3, le bidule fait office de standart et tout le monde veut le même.
    Apple va continuer avec cette image de gadget sans cesse amélioré, renouvellant ses gammes de produit, même si parfois la nouveauté technologique s’arrête au look.

    Apple est , et à sans doute toujours été, une entreprise capitaliste, qui n’a pas plus de scrupule qu’une autre, et Jobs etait son patron. Avec quand même une intuition technologique remarquable. Il est stupide d’en avoir fait une idole, et il est atterant de voir des gens dormir dehors pour être le premier à posseder le dernier machin.( Sans doute par solidarité avec ceux qui les fabriquent dans les conditions que l’on sait ? :-(

    Mais vous avez raison, ce qui a été un moment un choix pour un non-conformisme intelligent est devenu un piège à tunes sans âme pour capitaux sans frontière.

  • permalien aramis 36 :
    9 décembre 2011 @08h26   « »

    Utilisez les nouvelles technologies uniquement pour ce qu’elles apportent de positif dans votre quotidien.....Quant au reste, vous pouvez vous en passer facilement.
    Écoutez les bruits de la vie au lieu de vous brancher un aspirateur à neurones dans les oreilles, regardez votre entourage au lieu de vous focaliser plusieurs heures par jour devant un écran "lobotomiseur", tenez du papier dans vos mains ça ne tombe pas en panne et c’est moins fragile et recyclable ......etc....
    Et en plus, la planète s’en portera que mieux !

  • permalien tatalulu :
    9 décembre 2011 @18h24   « »
    Apple, Steve Jobs et les gogos du marketing

    Croire qu’on fait de la contre culture en utilisant un produit industriel plutôt qu’un autre me parait être une idée très tarte à la crème.

    Regardons autour de nous. Tous les décérébrés en ligne sur le i-pad, i-phone, PC, mac, téléphone, face de bouc et autres réseaux sociaux feraient mieux d’éteindre leurs gadgets technologiques et se mettre à réfléchir aux implications profondes qui se cachent derrière la technologie. Seront nous demain encore capable de communiquer avec nos concitoyens sans passer par une interface technologique ? Pourrons nous survivre demain pendant quelques heures déconnecté des réseaux ?
    Le capitalisme et son marketing sont très forts pour nous créer des besoins , nous emprisonner dans des modes de pensée ,nous faire croire que l’achat d’un produit va changer notre existence.

  • permalien Gisse :
    10 décembre 2011 @08h48   « »

    Big Apple Big Brother etc ...Jobs Humanisme = 0, Bill Gate = 1 , je n’ai jamais pu encaisser cette marque qui a abusé des Beatles pour leur piqué la Pomme ! l’emblème de la vrai contre culture n’a jamais été ce type. pour le reste Ibidule, Itruc, I aïe-aïe ! que les consommateurs de Apple soient réincarnés,après leur mort, comme Jobs d’ailleurs, en petite ouvrière chinoise et on reparle après. Steve ça fait deux mois qu’il bosse à coup de bottes dans le c...ça lui change la vie . alors attention à vous les gars.

  • permalien K. :
    10 décembre 2011 @16h41   « »

    A toutes fins utiles.

    How Big Telecom Used Smartphones to Create a New Digital Divide

    http://colorlines.com/archives/2011...

  • permalien Lo :
    13 décembre 2011 @13h33   « »

    Madame Marie Bénilde êtes-vous réellement journaliste ???

  • permalien Pompompom :
    14 décembre 2011 @10h28   « »
    Apple sur Arte

    Un angle assez proche dans le documentaire diffusé en ce moment sur Arte :
    http://videos.arte.tv/fr/videos/app...

  • permalien L’espoir :
    14 décembre 2011 @12h47   « »

    Très bon article sur le modèle de développement d’Apple. J’ai en particulièrement beaucoup apprécié la stratégie qui consiste à attirer la lumière sur la marque Apple et son marketing alors que dans le même temps elle pratique un "dumping" social et environnemental des plus honteux. Il est navrant de constater qu’Apple bénéficie d’une excellente image de marque alors que son comportement n’est en rien exemplaire.

    Nous avons évoqué en partie cette stratégie d’exploitation des salariés chinois par Apple (via Foxconn) sur notre blog dont voici le lien

  • permalien dabre :
    14 décembre 2011 @17h15   « »

    Encore un article sur la boîte qui fait du buzz en ce moment. Pas mal, mais je m’attendais à mieux de la part du Monde Diplomatique.

    "Parallèlement, la marque crée sa propre pénurie et avive le désir des « early adopters », ces tribus de fans qui ne supportent pas d’attendre leur jouet. D’où les longues files d’attente devant les Apple Store dont, très vite, les caméras de télévision rendront compte pour mieux signifier l’importance sociale de « l’événement » marketing." : cela ne vous rappelle-t-il pas les lancements de la Playstatation, de la Xbox, de Windows 95 dans les années 90 ?

    Apple n’a rien inventé : un abruti qui achète ses produits ne vaut pas mieux qu’un abruti qui consomme du Sony ou du Microsoft.
    Apple est comme les autres, pour faire du fric, tous les moyens sont bons.

    "Sous la férule de petits chefs, et dans des conditions de travail déplorables, les ouvriers des usines Foxconn de Shenzhen fabriquent des ordinateurs de toutes marques,…" : pourquoi ne citez-vous pas ces marques ? Remplacez Apple dans votre titre par Acer, Dell ou HP et vous perdez 90% de lecteurs.

    "Le résultat d’un astucieux travail de séduction à destination des personnes influentes que le fabricant a entamé dès le milieu des années 1980, quand il a accordé de généreuses remises aux journalistes qui préféraient le petit Macintosh au mastodonte PC (IBM, etc.)." : sans doute, mais pourquoi ne parlez-vous pas aussi de l’interface Homme/Machine, sans doute le domaine dans lequel Apple a toujours été loin devant ses concurrents .

    Et qui croit encore aux slogans des pubs Apple ou autres ?

    Quant à "l’humanisme" de Bill Gate$ qui redistribue les milliards volés à tant de cons-ommateurs (et pas que des riches…), laissez-moi rire...

    A+

  • permalien Shiv7 :
    14 décembre 2011 @18h28   « »

    dabre

    Quant à "l’humanisme" de Bill Gate$ qui redistribue les milliards volés à tant de cons-ommateurs (et pas que des riches…), laissez-moi rire...

    J’ignore si vous faites allusion à mon post, mais si c’est le cas sachez que tout le paragraphe en question (voir l’ensemble du post) doit se lire en mode ironique.

  • permalien dabre :
    14 décembre 2011 @20h28   « »

    @ Shiv7

    Non, c’est à ce post que je faisais référence :
    "Big Apple Big Brother etc ...Jobs Humanisme = 0, Bill Gate = 1 , je n’ai jamais pu encaisser cette marque qui a abusé des Beatles pour leur piqué la Pomme ! "

    No offense...

    A+

  • permalien Manuel Fernández V. :
    1er janvier 2012 @21h31   « »

    La même chose que pour le PC (personal computer), pour le service data link sous INTERNET SOCIETY, ou le moteur de recherche GOOGLE, rien de nouveau

  • permalien Michail :
    1er janvier 2012 @22h39   « »

    Que ce soit Microsoft ou a fortiori Apple c’est la même tactique commerciale capitaliste perverse qui est utilisée de technologies propriétaires, non ouvertes et bien entendu payantes.

    De ce point de vue les produits Apple sont des pièges encore plus évolués que ceux de Microsoft puisqu’il s’agit d’un marché captif aussi bien au plan matériel que logiciel, un piège à pognon parfait.

    A contrario le concept de Personal Computer associé un système d’exploitation Linux tel Ubuntu et des logiciels ouverts permet aussi bien à des particuliers qu’à des structures sociales à but non lucratif de concevoir des outils micro-informatiques sur mesure en fonctions des critères qu’ils souhaitent privilégier que ce soit un coût minimal, des performances optimales, ou un compromis, tout ça avec des facilités de maintenance et des possibilités d’évolutivité non contraignantes et à moindre coût.

    Que ce soit un ordinateur personnel, une station de travail, un parc micro-informatique de réseau complet ou même un supercalculateur en cluster on peut les concevoir et les assembler soi-même pièce par pièce de A à Z, si on n’est pas trop nouille, ça coûte beaucoup moins cher, pour du matériel de super bonne qualité et correspondant exactement à ses besoins.

    Microsoft et Apple en comparaison peuvent aller se rhabiller !

  • permalien K. :
    12 janvier 2012 @22h08   « »

    Pétition contre Apple à propos des « minerais de guerre »

    http://www.agenceecofin.com/commerc...

  • permalien la gueule ouverte :
    17 janvier 2012 @14h59   « »
    la gueule ouverte

    Merci pour ce travail,

    La p’tite presse est dans la merde, comme la librairie et tous les organes (cinémas,...) indépendants et libres
    qui vont l’être encore plus

    pour continuer à être offensif, une petition circule pour sauver L’offensive, Fakir, la décroissance, zelium Sarkophage, CQFD, Article 11 et tout les journaux libres et en pariculier le monde diplo :

    http://www.petitionpublique.fr/Peti...

    merci de faire largement tourner,
    à bientôt

  • permalien fouloas :
    4 septembre 2012 @12h31   « »

    Ha ha ha Steve Jobs ,changer le monde ! quelle vaste plaisanterie ! On oubliera son nom dans quelques mois pour idôlatrer d’autres exploiteurs qui utilise l’esclavagisme pour s’enrichir aux dépents des gogos que ce gourou a rendu dépendant par lobotimisation via le martelage systématique de leur cerveau par pub matraquée depuis le berceau de ces décervelés.

  • permalien fouloas :
    4 septembre 2012 @12h44   « »

    Steve Jobs végétarien pour ne pas faire souffrir les animaux.....Heureusement les travailleurs chinois qu’il a exploité sont sans doute pour lui et son entreprise une sous race animale.

  • permalien Patrick :
    15 octobre 2012 @17h54   «

    Je reviens sur le terme de "position dominante" en matière de smartphone. Il me semble que Nokia et Samsung sont devant. J’ai même lu ici que Apple était client de Samsung... Bref un an après sa mort, Steve jobs fait toujours parler de lui, mais pour combien de temps encore cela reste à voir. En tout cas l’Iphone 5 a encore fait un carton.

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