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Faut-il publier toutes les découvertes scientifiques ?

De « très méchantes bestioles » en laboratoire

vendredi 9 décembre 2011, par Anne Poupon

Le 6 décembre, la radio annonçait les résultats d’une expérience menée par des chercheurs hollandais, qu’ils espèrent bien publier dans la très courue revue scientifique Science. L’équipe du professeur Ron Fouchier, dont la qualité est attestée par une impressionnante liste de publications, a créé, à partir du déjà très célèbre H5N1, un virus plus mortel que tous ceux qui existent dans la nature. Car, si la mortalité chez les personnes infectées par la grippe aviaire est d’environ 50 % à l’hôpital, le virus à l’état naturel n’est pas transmissible entre êtres humains, ce qui limite les risques d’épidémie. Les scientifiques de l’équipe de Ron Fouchier ont manipulé le génome de ce virus afin de le rendre transmissible entre êtres humains, faisant ainsi tomber la dernière protection de la population humaine. Un article de ScienceInsider, un des blogs de la revue Science, nous apprend qu’une autre équipe – celle du virologiste Yoshihiro Kawaoka, à l’université du Wisconsin – a mené des travaux similaires, menant à des résultats comparables, et dont l’article a également été soumis à Science [1]. Ces scientifiques prétendent poursuivre leurs recherches afin de mettre au point un vaccin, destiné à se défendre contre un virus similaire qui apparaîtrait de manière naturelle. Est-ce que le danger de voir ce virus s’échapper, par malchance, par négligence ou par malveillance, n’est pas bien plus grand que la justification évoquée ? Est-ce que personne ne se rappelle le virus H1N1, vraisemblablement échappé d’un laboratoire en 1977 [2], ou du bacille du charbon envoyé par la poste depuis le laboratoire militaire de Fort Detrick, en octobre 2001 [3] ?

La presse et la communauté scientifique américaines ont commencé à s’émouvoir [4]. Etant donné la dangerosité potentielle de ces recherches, le National Science Advisory Board for Biosecurity (NASBB) a été sollicité pour donner son avis sur l’opportunité de publier ces travaux. Cependant, cet avis n’est pas contraignant, et, même si la revue Science s’y plie, les auteurs trouveront certainement un journal prêt à les publier, attiré par le taux de citation prévisible d’un tel article.

Y a-t-il vraiment de quoi être fier ? Comment peut-on comprendre que des chercheurs, dont la motivation première devrait être d’œuvrer au bien de l’humanité, inventent une telle menace alors qu’il y en a déjà tant ? Les motivations sont probablement à chercher du côté du besoin désespéré de notoriété. À une époque où les scientifiques sont mal rémunérés et travaillent dans des conditions matérielles déplorables, la perspective d’une publication dans Science peut faire oublier ses objectifs de départ. De plus, cela permet de décrocher des contrats, en particulier avec l’industrie pharmaceutique, les industries de l’armement ou même l’armée, et ainsi de ne plus passer la moitié de son temps à chercher l’argent nécessaire pour faire de la science l’autre moitié. Ce contexte de déconsidération et de misère de la recherche, dont l’ensemble de la communauté scientifique souffre quotidiennement, peut expliquer mais ne justifie pas.

La conservation de ce virus, même dans un laboratoire « sécurisé » (les militants de Greenpeace, qui ont réussi à pénétrer lundi 5 décembre dans le périmètre de deux centrales nucléaires, ont montré toute la portée de ce terme), et les protocoles expérimentaux permettant de le recréer font courir un risque inadmissible à l’humanité. Constatant la dangerosité du virus qui a émergé de leurs recherches, les auteurs n’avaient-ils pas le devoir de le détruire, ainsi que toutes les notes qui pourraient permettre de le recréer ? Richard Ebright, biologiste moléculaire à l’Université Rutgers et à l’Institut Médical Howard Hughes déclare ainsi que « ce travail n’aurait jamais du être fait ». Loin d’enterrer leurs recherches, les scientifiques veulent les publier, offrant ainsi au monde entier l’arme de destruction massive pour le moment enfermée dans leur laboratoire. A l’instar de nombreux chercheurs, notamment américains, Ebright n’est pas favorable à l’interdiction de la publication de ces travaux car « on ne peut pas supprimer a posteriori un travail qui a été effectué dans des conditions non classifiées ». Pour autant, deux arguments méritent d’être entendus. Le premier est que, comme le déclare Michael Osterholm, membre du NSABB, « nous ne voulons pas donner aux méchants le mode d’emploi pour transformer les méchantes bestioles en très méchantes bestioles », et si les recherches ne sont pas classifiées au sens militaire du terme, la concurrence impitoyable entre les équipes de recherche amène un niveau de sécurité des données relativement satisfaisant. Le second est que cela revient à cautionner a posteriori ces travaux, et même à les récompenser.

« Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes », disait Prévert ; la question qui reste en suspens est : comment ? Il existe dans chaque pays des dispositifs, des organismes, des législations, floues, peu appliquées, peu contraignantes, et assez largement ignorées par les principaux concernés : les scientifiques. Mark Wheelis, professeur retraité en contrôle des armements à l’Université de Californie déclare à propos des travaux de Ron Fouchier que « c’est un excellent exemple de la nécessité d’un système robuste et indépendant de revue et d’approbation en amont des expériences dangereuses ».

A l’heure où l’on empile les lois et décrets sur l’utilisation à des fins de recherche des cellules souches, en mélangeant questions éthiques et émotionnelles, ne serait-il pas plus important de se préoccuper de ces recherches potentiellement dangereuses ? Des scientifiques ont bien sûr déjà émis l’idée que certaines recherches devraient être tout bonnement interdites [5]. Dans le mécanisme de contrôle proposé par quatre chercheurs du Centre pour les études internationales et de sécurité du Maryland [6], les recherches menées par les professeurs Fouchier et Kawaoka auraient été classées comme « activités extrêmement préoccupantes » et auraient nécessité une approbation préalable par un organisme de contrôle international. En 2007, la NSABB avait pris position contre cette idée, et le débat n’est pas allé plus loin. L’expérience de Ron Fouchier le remet à l’ordre du jour.

Anne Poupon est directrice de recherche au CNRS.

Notes

[1] Martin Enserink, « Scientists Brace for Media Storm Around Controversial Flu Studies », ScienceInsider, novembre 2011.

[2] Joel O. Wertheim, « The Re-Emergence of H1N1 Influenza Virus in 1977 : A Cautionary Tale for Estimating Divergence Times Using Biologically Unrealistic Sampling Dates », PLoS One, 17 juin 2010.

[3] Lire Noah Shachtman, « Anthrax Redux : Did the Feds Nab the Wrong Guy ? », Wired, avril 2011.

[4] Michael Mechanic, « How to Make a Deadly Pandemic Virus », Mother Jones, 3 décembre 2011.

[5] Martin Enserink, « Tiptoeing Around Pandora’s Box », Science, 30 juillet 2004.

[6] John Steinbruner, Elisa D. Harris, Nancy Gallagher, Stacy M. Okutani, « Controlling dangerous pathogens. A Prototype Protective Oversight System », Center for International and Security Studies at Maryland, mars 2007 (PDF).

32 commentaires sur « De “très méchantes bestioles” en laboratoire »

  • permalien Cédric :
    9 décembre 2011 @13h02   »

    Alors que les mouvements émergents autour du DIY Bio inquiètent par le danger supposé qu’ils génèreraient en mettant entre toutes les mains des technologies "sensibles", cette histoire nous montre - s’il en était encore besoin - que le contrôle supposé de technologies par un groupe fermé (establishment, happy few, entreprise commerciale) n’est en rien une garantie de sécurité ou du "bon" usage desdites technologies.

  • permalien épistémoniké :
    9 décembre 2011 @14h06   « »

    Et si la recherche était Open source ? Serait-ce mieux ?
    La méthodologie complète serait publiée.

    Le problème est qu’ils se sont posé la question de savoir si le virus pouvait muter pour contaminer les humains et qu’ils y ont répondu par l’affirmative en prouvant que, oui, c’est possible.

    Que leur étude ne soit pas publiée ne change rien au problème : leur recherche a été utile pour démontrer le risque, comme Einstein a démontré la possibilité du nucléaire, et non ce ne sont pas des monstres, juste d’excellent chercheurs et techniciens.

    Pour ce qui est d’un mauvais usage ce seront d’autres équipes, dans d’autres pays, avec d’autres dirigeants ou d’autres organisations qui s’en chargeront. Le travail de ses chercheurs sera, je n’en doute pas, mal utilisé. Peut-être un peu plus tôt que prévu à cause de leur intelligence, mais pas à cause d’eux.

    Inventer un couteau c’est une bonne invention, tuer avec un couteau moins.

  • permalien Rémi :
    9 décembre 2011 @16h20   « »
    ...

    Et inventer un couteau pour vendre des cottes de mailles, c’est une bonne invention ?

  • permalien Ardéchois :
    9 décembre 2011 @17h00   « »

    Pourquoi ces bestioles seraient utilisées par d’autres pays,les USA ont démontré qu’ils étaient capables d’utiliser eux -m^mes de telles découvertes:voir à Hiroshima ou l’agent orange au Vietnam..C’est vrai que depuis leur pésident a obtenu le Nobel de la Paix..

  • permalien Shiv7 :
    9 décembre 2011 @18h39   « »

    Y a-t-il vraiment de quoi être fier ? Comment peut-on comprendre que des chercheurs, dont la motivation première devrait être d’œuvrer au bien de l’humanité, inventent une telle menace alors qu’il y en a déjà tant ?

    Cette fable du chercheur qui œuvre pour le bien de l’humanité fait partie des dogmes moderne.

    Ce qui motive un chercheur scientiste, si on excepte l’argent, la notoriété voir la défense militaire d’un pays, c’est la curiosité et le plaisir de la découverte, il n’y a aucun a priori moral dans cette démarche. (pas plus que le paysan qui plante son champs de riz)

    Je dirais même plus, car tout chercheur sait préalablement que sa découverte, par les moyens qu’elle offre à la technologie, est de nature colonisatrice, colonisation de la nature et/ou de l’homme.

    Cette colonisation peut tout aussi bien revêtir les habits du bien ou du mal, car un moyen en tant que tel et contrairement à ce que voudrais nous faire croire la modernité n’est aucunement garant d’une bonne fin, je dirais même que c’est plutôt l’inverse.

    A mon sens ce schisme toujours plus profond entre la science technologique (qui au fils des générations augmente toujours plus du fait de sa nature cumulative) et de la science morale de l’homme, qui elle, est à chaque génération à recommencer (car non cumulative), est le principal problème auquel l’humanité devra faire face dans un avenir assez rapproché pour ne pas dire présent. (toutes politiques, sociologies, économies ou philosophies de la vie temporelle dépend directement de cela).

    Tout le monde est d’accord pour dire qu’il ne faut pas donner des allumette à un enfant, mais personne ne s’émeut que l’homme détient de plus en plus de pouvoirs visiblement en dessus de ses moyens moraux.

    Ce dilemme s’appuyant sur le dogme du progrès me parait tellement évident, et d’autre part tellement peu discuté, est en dernière analyse ce qui discrédite irrémédiablement l’approche moderne de la réalité.

    Si le commandement et l’avertissement divin concernant l’arbre de la science pouvait paraître plus ou moins naïf jusqu’à une époque pas si lointaine, il prend aujourd’hui toute son ampleur, et la naïveté présentement serait de ne pas en tenir compte.

    Renvoyer les progressistes contre les passéistes est une posture complètement binaire et anachronique devant la nature du problème en présence, problème qui suppose une complexité difficilement réductible à une approche bornée d’un camps ou de l’autre.

  • permalien jcm :
    9 décembre 2011 @18h42   « »
    Une recherche exemplaire et très utile !

    Très précieux, le résultat de cette recherche !

    Le génome de ce virus a été séquencé bien entendu et ce séquençage est maintenant connu de tous les organismes de surveillance des épidémies dans le monde.

    S’il apparaissait maintenant dans la "nature" un virus ayant en commun avec celui créé certaines séquences une alerte très circonstanciée pourrait être lancée car l’on saurait très vite la nature du nouveau virus, son niveau de dangerosité serait connu, les mesures les plus appropriées pourraient être prises très vite pour en limiter la diffusion.

    Bravo à ces chercheurs !

  • permalien Claude Gaudreau :
    9 décembre 2011 @19h04   « »

    Il faut lire ou relire Le Berceau du Chat de l’américain Kurt Vonnegut pour garder en conscience l’infantilisme de l’humanité et la dangerosité qui en découle !

  • permalien gosselent :
    10 décembre 2011 @06h50   « »
    « très méchantes bestioles »

    Moi mon truc ce serait plutôt de cloner une autruche et un crocodile et de lâcher ça dans la nature.
    En Australie évidemment vu qu’ils ont déjà une collection de serpents et insectes venimeux, et de carnivores assez notables.
    Comme les Australiens sont envahis de chameaux sauvages, une autrucodile pourrait être un prédateur efficace pour les chameaux.
    Une autrucodile ça doit courrir assez vite et manger pas mal.

  • permalien jgn :
    10 décembre 2011 @14h10   « »
    De « très méchants laboratoires » en liberté

    La "science", comme l’art, sont d’abord au service de qui les paye, et c’est d’abord le mérite de cet article que de le mettre en évidence.

    Son second mérite, pour qui se donne la peine de lire, est d’annoncer la couleur de cette société dont l’immense puissance repose en effet sur cette collusion entre l’argent et la méthode scientifique, collusion qui a DÉJÀ annoncé ses résultats avec son formidable développement industriel, mais qui a vraiment dit sa vérité avec la médecine nazie : pour l’industrie l’homme est un cobaye, un animal de laboratoire, une "chose" d’expérience, utile en tous points puisqu’il permet le développement - que l’on ose même aujourd’hui qualifier de "durable" - de l’argent et donc de la puissance.
    Marx l’avait déjà ainsi énoncé en substance : plus s’enrichit cette société, plus l’homme qui la produit devient pauvre.

    Pauvre d’esprit comme d’âme, simple "chose", en tous points dépendant jusqu’à la servilité de sa propre création aveugle et sans conscience, séparé de celle-ci et en quelque sorte contraint d’en observer les effets détachés de ses pouvoirs et devant, à présent PRIER, à l’ère de la "science", que les dits effets ne lui reviennent pas en pleine poire pour l’anéantir lui ... et sa "méthode scientifique" !

    C’est ce détachement, cette séparation, contenus dans la méthode même, laquelle n’a jamais été validée et mise en œuvre par une société de la séparation que parce qu’elle la servait en tous points, et si bien - comme on peut partout le constater dans les résultats mêmes qui ont abouti, en effet, à cette DÉPOSSESSION de l’homme -, qui sont à considérer comme le ver même dans le fruit de la connaissance.

  • permalien Etienne :
    10 décembre 2011 @18h08   « »

    Comment peut-on comprendre que des chercheurs, dont la motivation première devrait être d’œuvrer au bien de l’humanité, inventent une telle menace alors qu’il y en a déjà tant ?

    Vous oubliez « la lutte contre les méchants et tout ce qui est pas très cool » dans les prérogatives du bon chercheur.

    Vouloir interdire des recherches c’est simplement de la censure autoritaire d’un pan de la pensée humaine. On n’interdit pas à une personne, fut-elle scientifique, de penser à quelque chose parce que les conséquences pourraient être dangereuses... ou alors on brûle les livres.
    Reste l’exécution de la manip’, qui je pense ne doit pas être la plus dangereuse en elle même de tout ce qui se fait dans les labos.

    Cela ne nous dit rien sur le fait que soit particulièrement intéressant ou utile, mais ce n’est pas une raison pour l’interdire.

    Si la sécurité du site est suffisante et que quelqu’un est prêt à financer, il n’y a aucune raison de ne pas faire ces recherches. Si les travaux sont validés par comité, il n’y a aucune raison de ne pas les publier.

    La peur fait toujours recette... c’est sans doute plus au CNRS qu’il faut chercher les scientifiques en mal d’auditorat.

  • permalien jgn :
    11 décembre 2011 @07h56   « »
    De « très méchants laboratoires » en vente libre

    @Etienne

    Vous avez parfaitement raison : dès l’instant où une pensée émerge, c’est qu’elle a des raisons d’émerger.

    Pour ce qui est de sa mise en œuvre, il n’y a aucune raison de s’y opposer, écrivez-vous ? En quelque sorte, sa seule émergence vaut droit de vie ... et donc de mort quant à ses conséquences.
    C’est ainsi que j’ai souvent pensé à rayer de la surface de la planète un certain nombre de nuisibles et, à vous entendre bien, il n’y a vraiment aucune raison de ne pas mettre à exécution - c’est le cas de le dire - un tel projet.
    C’est d’ailleurs ce que pensent manifestement un nombre grandissant de gens qui, férus de jeux vidéos, n’accordent à la vie réelle pas plus de profondeur que celle des mouvements électroniques qui s’agitent devant leurs yeux fatigués ; aussi s’accordent-ils, dans le même temps, le droit inaliénable d’en disposer selon leurs caprices de l’instant.
    Les drones, par exemple, ont donc toute la faveur de ce public là, qui valide ainsi les grands progrès de la science, laquelle, après avoir permis l’arrestation des assassins, semble s’être fait une spécialité, disons plus lucrative, du meurtre lui-même.

  • permalien grand’Ma :
    11 décembre 2011 @18h58   « »

    Science sans conscience etc. disait un certain médecin voici bien longtemps. C’était avant le scientisme, ses nomenclatures raciales, son ingénierie sociale et financière, ses expériences médicales dans les camps nazis, ses projets eugénistes, son aventurisme et ses dénis... La main sur le coeur bien sûr et la promesse d’un monde meilleur aux lèvres. Il faudra bien un jour, comme l’ont fait nos ancêtres (pas si lointains) avec le religieux et le politique, travailler à une nouvelle séparation des pouvoirs entre monde scientifique et monde économique. C’est à ce prix que nous pourrons retrouver l’esprit scientifique.

  • permalien Shiv7 :
    12 décembre 2011 @10h33   « »

    @ grand’Ma

    Préalablement il s’agirait de différencier science et technologie, comment voyez vous cette différenciation ?, votre post laissant supposer un certain flou quand à ces deux notions.

    Ensuite dans le même ordre d’idée je ne comprend pas très bien où vous voulez en venir. Vous commencer votre post en disant, science sans conscience (comme si c’était un idéal) et vous le finissez en disant qu’il faudrait retrouver l’esprit scientifique. Je me pose donc la question de savoir ce qu’est pour vous cet esprit scientifique ?

    D’autre part vous parlez de séparer le monde scientifique du monde économique, ce qui en soi n’est pas une mauvaise idée mais pose plusieurs questions.

    Tout d’abord ne serait-il pas plus pertinent de commencer par séparer le monde économique du politique ?, car si la science s’émancipe de l’économie elle tombera dans le politique qui lui-même est assujetti à l’économie, et alors tout est à recommencer.

    On peut supposer, comme le revendique certain scientifique, une autre solution qui consiste à laisser libre de toute sujétion la science, ce qui nous ramène à la question ci-dessus de savoir ce qu’est l’esprit scientifique.
    Car si la science consiste en des découvertes pouvant s’utiliser technologiquement il est bien évident que n’importe quelle découverte est potentiellement dangereuse et que le scientifique en tant que tel n’a pas le pouvoir d’empêcher l’utilisation de sa propre découverte.

    Certains scientifiques ont la sagesse de se poser la question de savoir si il faut détruire leurs propres découvertes imaginant les ravages potentiels de cette dernière (comme ce fut le cas lors de la découverte de la puissance atomique), mais l’histoire du moins connue, car on peut imaginer que certains scientifique on effectivement détruit leurs découvertes, nous enseigne que c’est loin d’être toujours le cas.

    Donc à mon sens la réelle question serait de savoir qui aurait en même temps, la sagesse et le pouvoir de réguler les découvertes de la science technologique ?

  • permalien grand’Ma :
    12 décembre 2011 @17h26   « »

    @Shiv7,

    Je répondrai tout d’abord à votre deuxième paragraphe : cette maxime : "science sans conscience..." a une suite : "n’est que ruine de l’âme". L’absence de conscience ne peut être un idéal, bien qu’elle puisse être une conséquence et même un objectif, dans le contexte de l’organisation du travail scientifique aujourd’hui. Ce qui m’amène à votre entrée en matière, la différentiation préalable entre science et technologie. La science est aujourd’hui "tirée" vers l’utile et l’efficace, la recherche de la connaissance oui, mais avec un but prescrit ; elle se confond, dans la "communication" et les esprits (pas seulement du public), avec le perfectionnement et/ou l’invention d’outils -car il s’agit bien d’outils- destinés à démultiplier nos possibilités d’action. Qu’est-ce-que la science alors, si elle ne doit pas se consacrer avant tout aux applications comme il est d’usage de le penser ?... J’ai envie de citer (en résumant) le constat d’A. Koyré dont j’ai glané les réflexions à ce sujet à travers quelques lectures : la science moderne a unifié l’univers mais elle a aussi divisé notre monde en deux, "Elle le fit en substituant à notre monde de qualités et de perception sensibles dans lequel nous vivons (...) le monde de la quantité, de la géométrie réifiée, monde dans lequel, bien qu’il y ait de la place pour toute chose, il n’y en a pas pour l’homme. Ainsi le monde de la science -le monde réel- s’éloigna et se sépara du monde la vie (...). Ces deux mondes sont tous les jours -et de plus en plus- unis par la praxis. Mais pour la theoriaea ils sont séparés par un abîme. Deux mondes : ce qui veut dire deux vérités. Ou pas de vérité du tout" (A. Koyré : études newtoniennes). Mais ce fait découle-t-il de la "modernité" des Modernes des 17 et 18èmes siècles, ou de ce que nous nommons ainsi aujourd’hui, dominé par l’utilitarisme ? Mais je suis d’accord bien sûr, l’étape préalable à la séparation de la science -comme quête de la connaissance (éventuellement déclinable en outils), doutes et interrogations métaphysiques- d’avec l’économie, passe par la séparation des pouvoirs politiques et économiques. La séparation des pouvoirs et la loi pour la faire respecter, on en revient toujours là. Quant à votre dernière question "qui aura la sagesse..." Qui en effet ? Les alertes ne manquent pas mais la "machine" est sourde.

  • permalien Shanaa :
    12 décembre 2011 @17h59   « »

    De nos jours, sans aucune commune mesure avec le passé, le chercheur semble oeuvrer pour la destruction de l’humanité. Le but n’étant pas de produire du bien être mais de l’argent !
    Nous remarquons que les maladies ne sont plus guéries mais entretenues par des traitement longs et couteux qui rapportent aux laboratoires !
    Pourtant, c’est avec le fric des impôts du citoyen, que ces scientifiques, dits "intelligents", se lêvent le matin, pour aller au boulot. Sauf que leur boulot c’est d’inventer des engins et des agents pour éradiquer leurs semblables ! Ces scientifiques sont mariés, ont des enfants, se croient prestigieux, indispensables, et parfois, sont couronnés de Nobel !!!

  • permalien Shanaa :
    12 décembre 2011 @18h11   « »

    « Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes »
    C’est bien vrai ! Dans le sens ou, "intellectuel" est un mot gentil pour ne pas dire "fou", pour certains du moins !
    Parfois, l’intelligence est une forme de folie !
    Alors, c’est aux gens normaux, dont l’instinct de vie est normal, de les empêcher de nuire !
    De quel droit ces cinglés doivent disposer de pouvoir détruire la vie ! Sur la planéte il n’y a pas que l’espéce humaine ; il y a un nombre incalculable d’autres êtres vivants !

  • permalien Shiv7 :
    12 décembre 2011 @19h20   « »

    @ grand’Ma et Shanaa

    Je vois qu’on pense à peu près tous les trois la même chose..

    Mais le problème reste, car les gens normaux (les scientifiques sont aussi des gens normaux..) que cite Shanaa n’ont d’une part que peu de pouvoir (je considère que la démocratie, du moins celle que l’on connaît n’est qu’un leurre) et par ailleurs ne sont pas forcément des sages à voir l’empressement consumériste général.

    D’autre part la sagesse ne fait pas très bon ménage avec le pouvoir (si ce n’est sur soi même), je ne vois pas d’issue à cet antagonisme.

    Pour ma part je ne suis pas du tout optimiste (je sais c‘est mal vu..),et plus les choses vont plus j’ai l’impression que les vielles mythologies comme celle de l’arbre de la science ou celle des 4 ages hindou (qui prétend que nous somme actuellement à l’age du fer, de la matière, du nombres et du mensonge pour finalement se dissoudre dans le chao) sont de plus en plus réelles.

    Mais comme au fond de tout pessimisme, il y a une lueur d’espoir (sinon cela ferait belle lurette qu‘il n‘y aurait plus de vies..), je serais près à entendre et travailler à une quelconque solution ou moyen d’action. Alors quiconque à quelque chose à proposer est bien venu..

    A titre personnel j’agis sur deux tableaux, le premier est mon travail à la reconstitution d’un bout de jungle avec quelques millier d’arbres, et le second est mon essai de déconstruction de certaines utopies modernes (comme l’utilitarisme entre autre) dans l’esprit des gens que je peux toucher, mais c’est en général assez mal vécu si on excepte ceux qui sont déjà convaincus.. Donc tout cela est assez maigre !

    PS, Grand’Ma, si vous repostez pouvez vous un peu espacer votre texte, afin qu’il soit plus facile à lire, merci.

  • permalien Shanaa :
    13 décembre 2011 @19h06   « »

    Shiv7, j’ai dit que certains scientifiques ne sont pas normaux. J’ai employé le mot cinglé pour désigner ce type comme Josef Mengelle, Wouter Basson, etc... Ce type est représenté par le symbole du savant fou : Frankenstein !
    Le scientifique est récupérable par le pouvoir politique dont la devise est : La fin justifie les moyens. Le savant manque alors de responsabilité. Nagasaki est Hiroshima illustrent parfaitement le duo savant-politique. La notion de responsabilité s’efface devant des notions politiciennes, de prestige, et aujourd’hui de trés gros sous !
    Quant au contrôle par un contre-pouvoir ou le peuple, faut pas rêver !
    La démocratie consiste à glisser un bulletin dans l’urne pour un candidat qui parlera de votre boulot, des impôts, du pouvoir d’achat. Jamais ne sont abordées les vraies questions d’armement, de guerre, de politique étrangére, d’éthique !

  • permalien Shanaa :
    13 décembre 2011 @20h23   « »

    épistémoniké , quelle est la mesure pour affirmer qu’une personne est intelligente ?
    Un couteau n’est pas une A.D.M ! Un virus oui !
    Avec un couteau pas de génocide possible ! Avec un virus un méga génocide est possible !
    Les USA ont utilisés des couvertures contaminées pour tuer les indiens !
    Ils ont utilisé l’agent orange et l’arme atomique.
    C’est un lourd antécédant, non ?
    Alors pourquoi vous désignez d’autres dirigeants ?
    Demandez-vous pourquoi, en moins d’un siécle, le capitalisme occidental s’est acharné sur le vivant, y compris humain !
    Combien d’espéces animales et végétales disparues ?
    Pourquoi tant de pollution ?
    Pourquoi la concentration d’animaux pour élevages industriels ?
    Pourquoi la consommation excessive de viande ?
    Pourquoi les manipulations génétiques ?
    Savez-vous ce que vous mangez ?
    Pourquoi la concentration d’humains dans les mégapoles ?
    Pourquoi tant d’argent dans la chose militaire au détriment du reste ?
    Certains philosophes musulmans évoquent la civilisation "iblissienne", c’est à dire au service du mal !
    Qu’en pensez-vous ?

  • permalien Taladris :
    14 décembre 2011 @02h08   « »

    Article assez décevant. Certes, il est important de se poser des questions sur la dangerosité et les conséquences de certaines avancées scientifiques. Mais, dans un journal comme Le Monde Diplomatique, on s’attend à des arguments basés sur le danger réel de ce nouveau virus, avec des chiffres sur sa contagiosité, ou bien une explication des mesures de sécurité qui entourent son confinement et les limites... Cela ressemble plus à un édito défendant le principe de précaution qu’à un vrai article.

    De plus, l’auteur se présente comme Chargée de recherche au CNRS. Cela laisse entendre qu’elle est une autorité sur le sujet de l’article. Cependant, sauf erreur, Anne Poupon est seulement experte en biomathématiques, et d’après ses publications, plutôt en statistiques qu’en épidémiologie. Elle ne s’exprime donc qu’en tant que citoyen et cette présentation biaisée est problématique.

  • permalien jgn :
    14 décembre 2011 @09h54   « »

    "Elle ne s’exprime donc qu’en tant que citoyen et cette présentation biaisée est problématique."

    Si vous souhaitez des informations "scientifiques", adressez-vous aux journaux ad hoc.
    Le Monde diplomatique est précisément centré sur une perspective citoyenne, l’ignoreriez-vous, ou faites-vous semblant ?

    C’est aux citoyens, précisément, que ce genre de problématique se pose, celle d’une inconscience manifeste du monde scientifique - alors que l’on serait censé les prendre pour des adultes, du fait de leur culture - ;celle de leur manipulation possible, de ce fait, par des puissances politiques et d’argent ; celle du non-contrôle citoyen sur l’existence avérée de ces manipulations, dont rend précisément compte cet article.

    La volonté que l’on sent, entre vos lignes, de ramener le contrôle du danger sur un simple niveau technique, montre assez que vous n’avez rien compris de la problématique développée ici.
    Merci, donc, de ne pas incriminer l’article et, de surcroît, son auteur - par des allusions sur ses "spécialités" - de votre propre incompréhension, ou de votre demande sans rapport avec le problématique présente.

  • permalien Shanaa :
    14 décembre 2011 @11h26   « »

    Taladris, qui vous dit que ce sont des "avancées scientifiques" ?
    Tout ce qui sort des labo est donc une "avancée", selon vous ?
    Je mets donc des guillemets au terme "avancées".
    Je vous suggére l’ouvrage de Chomsky, "dominer le monde ou sauver la planéte". Vous comprendrez comment le politique et le scientifique sont liés autour de gros sous et de volonté de domination.
    Une civilisation qui met tant de moyens à créer des engins et des agents capables de la détruire 100 fois est une civilisation mortifére. Son moteur est la peur !

  • permalien Grand’Ma :
    14 décembre 2011 @13h37   « »

    Les équipes sont pluridisciplinaires, de nombreuses spécialités concourant à la recherche dans un domaine donné. Si l’on s’en tient aux infos affichées sur le site ci-joint -et s’il ne s’agit pas d’une homonymie- elle doit être suffisamment informée et compétente pour donner un avis éclairé. Peut-être est-elle aussi attachée à la notion de citoyenneté.

    http://bios.tours.inra.fr/spip.php?...

  • permalien Taladris :
    14 décembre 2011 @17h03   « »

    @jgn : Le Monde Diplomatique est certes centrée sur une perspective citoyenne, mais ce qui fait sa force et son intérêt, à mon sens, c’est la quantité d’informations précises et sourcées (les innombrables notes de bas de page) que l’on peut y lire. Ici, rien de tout cela.

    Et vous parlez vous-même d’inculture scientifique du public et de sa possible désinformation. C’est justement ce que je reproche à l’article : faire passer une opinion personnelle (tout à fait respectable et sans doute pertinente) pour un avis éclairé de spécialiste (la mention "Chargé de recherche"). A quoi sert la mention de l’intrusion de Green Peace dans une centrale nucléaire ? La problématique n’est pas la même.

    Et la question du risque est avant tout (mais pas seulement hein !) technique. Si je vais à la piscine, j’attends que le maître-nageur sache nager, pas qu’il soit un citoyen éclairé. Pour parler de sécurité aérien, je vais voir des pilotes et des ingénieurs.

    @Shanaa : on connaît plus de choses après l’expérience qu’avant. C’est donc un progrès scientifique manifeste. Après, est-ce un progrès humain, social, technique, économique ou autre, aucune idée ! Et bien sûr qu’il faut un débat sur les retombées de ce progrès scientifique.

    Par ailleurs, qu’est-ce qui vous dit que ce nouveau virus peut "détruire 100 fois" la Terre ? Pas l’article en tout cas. On débat en se basant sur des fantasmes (le vôtre de la création d’un danger apocalyptique, le mien - supposée - de la bienveillance et de la maîtrise des scientifique). C’est cela, et seulement cela, que je reproche à l’article.

    @Grand’ma : j’ai vu la même page. Et cette page montre qu’elle est une spécialiste des statistiques appliquées à la protéonique ou à la génomique. Pas en épidémiologie. Je ne connais pas Mme Poupon, donc je peux me tromper, mais pas mal de statisticiens, et en dehors de leur maths, ils n’ont pas vraiment d’expertise scientifique.

    Mais là encore, ce que je critique, c’est l’imprécision de la mention "Chargé de recherche". Pour un article de géopolitique par exemple, que l’auteur soit spécialiste d’économie ou de sociologie, cela change pas mal de choses.

  • permalien Shanaa :
    14 décembre 2011 @17h04   « »

    Etienne :
    "On n’interdit pas à une personne, fut-elle scientifique, de penser à quelque chose parce que les conséquences pourraient être dangereuses... ou alors on brûle les livres.""

    Heureusement que des personnes saines d’esprit se sont dressées contre le cinglé qu’était Hitler ! Son "mein kampf" a donné la barbarie nazie !
    Fallait-il s’opposer aux idées nazies ? Oui !
    Faut-il s’opposer aux "scientifiques" qui, par leurs trouvailles, jouent avec la vie de millions d’individus ? Oui !

    Parfois, derriére la respectabilité quasi religieuse que leur confére ce statut, se cachent des ennemis du genre humain, un" killer, tel Josef Mengele, ou ces scientifiques qui aident les tortionnaires, comme a Gantanamo, par exemple !

  • permalien Taladris :
    14 décembre 2011 @17h15   « »

    Arf impossible d’éditer mon message. Mme Poupon est directrice de recherche, pas seulement chargée de recherche. Toutes mes excuses.

  • permalien Shiv7 :
    14 décembre 2011 @18h11   « »

    Taladris :

    Et vous parlez vous-même d’inculture scientifique du public et de sa possible désinformation. C’est justement ce que je reproche à l’article : faire passer une opinion personnelle (tout à fait respectable et sans doute pertinente) pour un avis éclairé de spécialiste (la mention "Chargé de recherche").

    Et la question du risque est avant tout (mais pas seulement hein !) technique.

    Chaque technologie est devenue tellement pointue que précisément seulement un spécialiste peut réellement savoir de quoi il s’agit.
    A partir de là le public ne peut que s’appuyer soit sur son opinion personnelle soit sur l’opinion d’une personne qui va vulgariser le sujet en question, dès lors se pose la question de savoir comment le public amené au choix dans un système démocratique (supposé réel), va pouvoir décider si il y a danger ou non ?

    Si visiblement le public (ou le politique qui ne ci connaît pas plus) ne peut pas décider, qui va décider ?

    Le seul à savoir si il y a danger ou non est précisément le spécialiste, seriez vous d’avis à lui laisser plein pouvoir ?
    (Ou tout au moins le dernier mot dans une commission pluridisciplinaire, ce qui serait logique puisque c‘est lui le spécialiste)

    On débat en se basant sur des fantasmes (le vôtre de la création d’un danger apocalyptique, le mien - supposée - de la bienveillance et de la maîtrise des scientifique).

    En partant de votre position supposée, comment défendriez vous qu’un scientifique d’une part soit bienveillant ?
    Et deuxièmement qu’il maîtrise la situation ?
    (Sachant que par définition une expérience avant d’être tentée ne saurait prédire tout ses effets, et inutile de revenir à l’invention de la roue, on parle de technologies contemporaines super efficientes)

  • permalien jgn :
    14 décembre 2011 @20h45   « »

    @Taladris
    "C’est justement ce que je reproche à l’article : faire passer une opinion personnelle (tout à fait respectable et sans doute pertinente) pour un avis éclairé de spécialiste (la mention "Chargé de recherche"). (...)
    Et la question du risque est avant tout (mais pas seulement hein !) technique. Si je vais à la piscine, j’attends que le maître-nageur sache nager, pas qu’il soit un citoyen éclairé. Pour parler de sécurité aérien, je vais voir des pilotes et des ingénieurs.
    "

    Nos points de vue diffèrent, donc. Mon point de vue est celui de la totalité sociale qui nous contient, que nous produisons, et qui nous produit en retour.
    C’est précisément l’éclatement de cette totalité sociale en domaines séparés - et dont on peut situer l’origine - qui est la catastrophe de notre temps, chacun décidant pour soi, en quelque sorte, de son seul point de vue de dit spécialiste et ... après lui le déluge, puisqu’il n’est en aucune façon à même de juger de l’influence de sa décision ne serait-ce que sur les disciplines connexes, dont il NE SAIT RIEN. Il est reconnu par ses pairs et cela seul doit lui suffire, et ... si Dieu le veut - c’est-à-dire, l’argent -, alors son action débordera le champ de sa seule spécialité pour envahir le champ social sous la forme de petits gadgets, tous plus inutiles et éphémères les uns que les autres, c’est-à-dire, plus réellement et durablement, de montagnes de déchets qui envahissent notre planète, plus ou moins toxiques les uns que les autres, et se combinant de façon aléatoire en une synthèse improbable et surtout incontrôlable.

    Aussi bien, vos précautions sur la spécialité du maître-nageur pouvait bien être pertinente il y a de cela quelques décennies, mais, aujourd’hui, tout incident a des conséquences sociales sur la totalité de la planète qui dépassent bien largement les contours de la piscine et les compétences du maître-nageur. Il serait quand même temps d’en prendre la mesure.

    C’est à la société, et, dans un premier temps du moins, au dit citoyen, c’est-à-dire à celui qui est, en dernier ressort, le juge de tout ce qui le touche, de se saisir de ces questions, d’alerter, d’interroger, voire d’interdire.
    Cet article le fait très bien. je l’ai relu, sur vos préventions, et n’ai rien trouvé des défaillances dont vous l’incriminez. Relisez-le , peut-être, sans vous contenter des états de service ou du titre de son auteur, lequel, vraiment, n’a guère d’importance à mes yeux.
    Tout est question de point de vue, tant que l’on ne se prend pas les virus dans son assiette ...

  • permalien fourminus :
    15 décembre 2011 @11h26   « »

    La logique de la recherche du plus grand profit devrait amener les chercheurs à répandre volontairement leur virus afin de pouvoir vendre à n’importe quel prix leur vaccin.

    Vous n’êtes pas d’accord ?

    C’est pourtant la logique du système dit "libéral" où l’on mesure l’intérêt de toute chose à ses bénéfices.
    Etre gouverné par la recherche de la richesse n’est pas nouveau. Les antiques grecs parlaient de ploutocratie (de ploutos richesse et cratos pouvoir).

  • permalien Taladris :
    15 décembre 2011 @14h36   « »

    @jgn : OK, je comprend votre point de vue. Je disais cela que pour avoir un débat citoyen, il faut quelques bases sur le sujet dont on débat. Et je trouve que cela manque dans l’article et qu’il est dommage de devoir aller chercher dans des revues spécialisées (comme vous me le suggériez) les informations indispensables au débat.

    La science doit être la base du débat citoyen, c’est même l’un des principes fondamentaux de notre République (la Raison et la Sciences chères aux Lumières). Mais bien sûr, ce n’est qu’une base et une fois que les citoyens se sont appropriés les connaissances nécessaires à la discussion, les scientifiques n’ont plus aucun rôle à jouer (excepté celui de citoyen lambda) dans le débat. Et vulgariser ses recherches devrait être une part non négligeable du travail du scientifique. Ce n’est malheureusement que peu le cas actuellement. Les "sciences" économiques sont notamment accaparés par quelques spécialistes et les citoyens sont sommés de suivre comme des moutons.

    Mais contrairement à vous, je ne pense pas que vulgariser soit impossible (car la science serait trop technique ou trop spécialisée) de nos jours. Ecouter Axel Khan parler de génétique est passionant, le site du CNRS Images des Maths tente de vulgariser la recherche mathématique (avec parfois des interventions sur les statistiques ou l’économie), Arret sur Images tente d’expliquer le jargon technique associé à la crise économique actuelle,...

  • permalien Fabien46 :
    24 décembre 2011 @11h14   « »

    "Et quand les biologistes, pour les nommer, ces savants, s’imposent l’embargo d’un traitement de laboratoire des bactéries sous prétexte que si on en fait de trop dures et de trop fortes, elles pourraient bien glisser sous le pas de la porte et nettoyer au moins toute l’expérience sexuée, en nettoyant le parlêtre, ça c’est tout de même quelque chose de très piquant. Cet accès de responsabilité est formidablement comique ; toute vie enfin réduite à l’infection qu’elle est réellement, selon toute vraisemblance, ça c’est le comble de l’être pensant ! L’ennui, c’est qu’ils ne s’aperçoivent pas pour autant que la mort se localise du même coup à ce qui dans lalangue, telle que je l’écris, en fait signe."

    J. Lacan, "La troisième", 1974.

  • permalien chamil :
    2 janvier 2012 @16h59   «

    "une époque où les scientifiques sont mal rémunérés et travaillent dans des conditions matérielles déplorables..."

    L’auteure de l’article n’a jamais dû voir un travailleur manuel de sa vie pour écrire cela. C’est avec ce genre d’affirmations proprement délirantes qu’une certaine gauche intellectuelle s’est coupée des classes populaires dont elle ne connaît plus rien.

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