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Afghanistan, le chant du départ

mardi 24 janvier 2012, par Philippe Leymarie

Touchant, si ce n’était si triste, de voir à quel point – sur fond d’obsèques organisées en ce début de semaine pour les quatre soldats « morts pour la France » dans leur camp en Kapisa – tous les leaders politiques, de Sarkozy lui-même, vendredi, à Hollande dimanche, préconisent désormais une sortie accélérée d’Afghanistan. L’approche des échéances électorales a comme un effet multiplicateur…

Le président boute-feu, qui n’avait cessé ces dernières années de renforcer le contingent français, passé en quatre ans de 1700 à 4000 hommes, a tourné casaque après ce drame, décidant de suspendre le travail de soutien et de formation auprès de l’armée nationale afghane : c’était pourtant la raison d’être de ces unités. Et la condition du départ en bon ordre des soldats occidentaux d’ici 2014.

L’éventualité d’avancer le calendrier du retrait des troupes françaises, engagées au sein de la coalition internationale de la force d’assistance à la sécurité (ISAF), n’a pas été mieux comprise – y compris par certains militaires français, qui craignent que leurs camarades paraissent du coup être morts « pour rien ».

« Si les conditions de sécurité ne sont pas clairement établies, alors se posera la question d’un retour anticipé de l’armée française », avait déclaré vendredi dernier le numéro un français, à l’occasion d’un discours de vœux au corps diplomatique, le joçur même de la fusillade. Comme si une « garantie de sécurité » pouvait exister pour des militaires engagés dans un conflit au sol (au contraire du « zéro mort » en Libye, dans le cadre d’une opération de soutien à distance, depuis les airs et la mer).

Mais M. Nicolas Sarkozy s’est repris, ce mercredi 25 janvier, lors d’un hommage qu’il a rendu aux quatre soldats, sur leur base en Isère : « Ne nous trompons pas de colère ... ».Et son ministre Alain Juppé a assuré que rien ne se déciderait « dans la panique ».

Les cœurs et les esprits

Faute d’avoir réussi à « gagner les cœurs et les esprits » dans cette vallée, le contingent français avait déjà engagé, sur décision de l’Elysée, une stratégie de repli après l’embuscade qui avait coûté la vie en juillet dernier à cinq soldats chargés de sécuriser une réunion de notables, à deux kilomètres de leur base de Tagab, dans la province de Kapisa.

Une première série de mesures avaient été prises pour assurer la sécurité… de ceux qui assurent la formation de ceux qui assurent la sécurité ! Mais, le 29 décembre dernier, deux légionnaires français avaient été tués par un de leurs compagnons afghans dans un poste d’observation au sud de la vallée de Tagab.

Depuis six mois, la plupart des soldats français limitaient leur sorties à des escortes de convois militaires de l’armée afghane dans la vallée (et non sur les hauteurs), ou restaient cantonnés dans des casernements fortifiés : c’est dans l’enceinte de leur base de Gwan, près de Tagab, qu’ont été tués vendredi quatre soldats (et blessés 15 autres, dont 8 grièvement) qui terminaient une séance de footing, ne portant ni armes ni gilet pare-balles.

Le ministre français de la défense, Gérard Longuet, avait cru pouvoir affirmer, dans un premier temps, que l’auteur des tirs – un soldat afghan affecté à cette base – était lié aux talibans : après un premier recrutement dans l’armée, il aurait fait un détour par le Pakistan, avant de se réengager dans l’armée nationale afghane. Mais, selon des sources des forces de sécurité afghanes, relayées par le président Karzaï, le tireur affirmerait avoir agi personnellement, en réaction à la diffusion des images de Marines américains photographiés en train d’uriner sur des cadavres de talibans.

La montée en puissance des forces armées afghanes – proches aujourd’hui de 300 000 soldats et policiers – est présentée comme l’alternative « nationale » à la présence des forces étrangères. Mais cette croissance à marche forcée, obtenue grâce à un recrutement très ouvert et peu sélectif, a fait l’impasse sur un contrôle strict de l’identification, la qualité et les motivations des éléments engagés (dont plus d’un quart désertent).

Les pour et les contre

Les partisans d’un retrait accéléré invoquent une série d’arguments :

- ce n’est pas notre guerre (c’était celle de septembre 2001, de Bush, de Ben Laden, etc) ;
- l’opinion française a toujours manifesté son incrédulité, voire son hostilité à cet engagement ;
- l’armée et la police afghanes sont à l’image de la société afghane (poreuse, corrompue, etc.) ;
- la crise de confiance entre militaires occidentaux et afghans n’est pas nouvelle, selon un rapport pour le commandement américain révélé le 20 janvier par le New York Times, qui recense 58 assassinats depuis 2007  [1] ;
- en avril dernier, huit officiers américains avaient été tués sur l’aéroport de Kaboul par un colonel afghan.

D’autres sont opposés à un départ précipité :

- les pertes françaises – 86 en dix ans – restent relativement modérées, même si leur rythme s’est accéléré ces dernières années [2] ;
- la coalition doit marcher au même rythme, et ne pas évacuer en ordre dispersé ;
- il ne faut pas laisser tomber le régime Karzaï, qui vient à peine d’entamer des négociations avec les « talibans modérés » ;
- qu’adviendra-t-il des Afghans qui ont fait confiance à l’ISAF, aux familles dont les filles vont à l’école, etc. ?
- il est impossible d’abandonner le contrôle de la province de Kapisa – une vallée qui commande le ravitaillement de la capitale, et passerait immédiatement sous le contrôle des talibans ;
- il faut partir la tête haute, ne pas donner un signal de défaite dont profiteraient les talibans, etc.

Peuple indomptable

A ce sujet, quelques réflexions ou réactions glanées au fil des blogs, de toutes couleurs et de toutes sortes :

- « Pour venger la mort de centaines d’américains en tuant un seul homme, fallait-il en envoyer des milliers d’autres au casse-pipe ? ».

- « Nous subissons certainement des pertes là-bas, mais je préfère que nous combattions ces fanatiques chez eux, dans leurs vallées, dans leurs villages, plutôt que dans nos rames de métro, dans nos wagons, dans nos tours ».

- « Les combattre chez eux, c’est de les encourager à ce qu’ils nous combattent chez nous ».

- « Les candidats au Jihad partent en Afghanistan mener leur guerre sainte. L’internationale Islamiste s’y épuise. Le jour où nous leurs rendrons ce pays, où iront-ils se dégourdir ? ».

- « J’ai demandé à un officier français la raison de notre engagement en Afghanistan. Il m’a répondu : maintenir les extrémistes en Afghanistan, au Pakistan, dans le Sahel ; loin, en tout cas, de notre population. En somme, le sacrifice des militaires pour sauver les civils ».

- « Proverbe oriental : « Méfie toi du venin du cobra, des griffes du tigre et de la vengeance de l’Afghan ». Attitude afghane : moi contre mon frère, mon frère et moi contre notre cousin, mon frère mon cousin et moi contre tous les autres… D’Alexandre le Grand aux Anglais massacrés dans la Khyber Pass en 1842, un peuple indomptable, jamais occupé, jamais colonisé, se battant à mort, enfants et vieillards inclus. Tirant sur les hélicoptères de combat russes avec des fusils Enfield 1914, adossés au rocher, se faisant hacher sur place, mais touchant les hélicos. Le samouraï japonais tant vanté ne fait pas le poids ! ».

- « Cette situation, toutes les armées opérant sans réelle légitimité, en pays étranger, l’ont vécue : la guerre est ainsi faite qu’elle ne peut être gagnée que par des troupes décidées, armées d’ une conscience claire de sa mission, et soutenues par le peuple qu‘elles sont censées appuyer ou libérer. Cela peut paraître simpliste, mais c’est dans la définition des “buts de guerre” que se décide la victoire ».

Retrait ou déroute ?

- « Annoncer clairement à l’ennemi que “quoiqu’il arrive dans tant de mois on vous laissera tranquilles, on s’en ira…” est un véritable défi à la logique ; c’est aussi se payer la tête des militaires sur place ».

- « Le président Karzaï veut nous voir partir, histoire d’avoir les mains libres pour négocier avec les résistants, dont les talibans ».

- « Les revers font partie de l’équation d’un engagement militaire, et ils doivent être envisagés avant, et intégrés à la manœuvre dès le début. Imaginons que, par manque de sang-froid politique, nous nous retirions. Il ne s’agira plus d’un retrait mais d’une déroute. Et quelle victoire pour les “talibans”, ces combattants en sandalettes : ils auront fait plier la 4ème, 5ème, 6ème (?) armée mondiale, dotée de l’arme nucléaire !! ».

- « L’armée sud-vietnamienne, autrement plus puissante et équipée que l’armée afghane actuelle, avait volé en éclats, malgré la présence de troupes aguerries, en quelques semaines d’offensives de l’armée nord-vietnamienne. Je me rappelle encore des images des équipements militaires abandonnés en masse le long des routes – chars blindés camions flambants neufs américains, casques, équipements, chaussures, treillis : les soldats sud vietnamiens par milliers se déshabillaient vite fait pour se fondre dans la population civile. Il en sera de même à la première offensive d’envergure des talibans ! ».

Manie du footing

Par ailleurs, comme le rappelle Jean-Dominique Merchet, dans son blog Secret défense, le désengagement français – s’il est vraiment décidé de l’avancer – est délicat à gérer politiquement (notamment avec l’ami américain), et plus encore militairement (sécurisation des convois, importance et coût des moyens de transport aérien lourd, etc.).

Pour terminer de façon plus légère, ce commentaire d’un lecteur apparemment connaisseur, suite à un papier dans Secret défense justement, sur ce tir contre des militaires joggers :

« Doit-on le répéter, on ne fait pas de footing dans un pays en guerre. Dans les années 1980, au sud Liban, cela nous a coûté quelques soldats morts. Cette manie de courir tous les matins quel que soit le terrain, en opex comme dans la campagne environnante d’une garnison de la France profonde, est ridicule à plusieurs titres :

- L’adversaire a du « rens’ » facile sur nos troupes…

- Au milieu d’une population meurtrie voire misérable, courir affiche une insolente bonne santé d’occidental.

- Nos tenues de sport avec collant “moule boules” ou flottant “couilles libres” sont considérés comme une provocation indécente dans les pays musulmans.

- Cette mode du « en petites foulées derrière moi » est venue des TAP [3] après la guerre d’Algérie. Ce cross matinal fut repris par toutes les unités.

A l’époque deux raisons valables prévalaient :

- Empêcher les cadres d’avoir des formes callipyges…

- Occuper les appelés du contingent en faisant du sport sans installation et sans le paternalisme du professeur d’éducation physique qu’ils avaient connus dans les collèges et autres lycées !

Un peu d’histoire...

L’Armée d’Afrique, lors de ses campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne ne faisait pas de footing.

La division Leclerc devant Paris, le Rhin et dans la Forêt noire ne pratiquait pas l’EPS.

Les commandos de chasse des troupes de secteur, les unités de réserve générale ne couraient pas au milieu des jujubiers, oliviers et chênes liège, traversant mechtas et douars durant la guerre d’Algérie.

Dans ce dernier cas, on n’oubliera pas le Colonel Bigeard qui durant un footing au milieu de la zone portuaire de Bône faillit y rester, victime de tirs de terroristes de l’ALN… »

Notes

[1] « Ce ne sont pas tant les talibans infiltrés qui sont à l’origine des incidents que l’incompatibilité culturelle et la méfiance viscérale entre soldats afghans et occidentaux », affirme ce rapport.

[2] L’ensemble de la coalition ISAF a eu 2880 morts, dont 1880 Américains et 395 Britanniques.

[3] Troupes aéroportées.

40 commentaires sur « Afghanistan, le chant du départ »

  • permalien Emma Tome :
    24 janvier 2012 @17h25   »

    Petit rappel : pas de footing pour notre armée en 1940, mais un grand trek ! Lille Biarritz en grandes foulées ! Alors pourquoi pas un Kaboul-Paris ?

    Pour en revenir au sujet : Lorsque AS Massoud se battait, presque seul, contre les taliban, il eut droit à une visite au parlement européen, de l’aide matérielle (en faibles quantités) et quelques conseillers militaires. Les taliban avaient eux aussi leurs entrées à Paris (le Mollah Abbas, "ministre" de la santé, ou Hekmatyar, pas taliban, mais pire (!), avec sa petite villa en banlieue, et d’autres, encore, sympathisants pour le moins, écrivant des mémoires...).
    Après 2001, seules les forces spéciales intervenaient, dans la grande traque au(x) terroriste(s)...

    Mais malgré les preuves, malgré les évidences, il ne semble pas que le principal sponsor des taliban aient été désigné, puni, impliqué, calmé...il s’agit du Pakistan, qui tire les ficelles depuis 1994, avec notre bénédiction.
    Il serait temps d’agir (politiquement !) vis à vis du Pakistan, qui et le cancer de cette région.

  • permalien Yvan :
    24 janvier 2012 @18h46   « »

    Vivement que Bouygues scandaleusement choisit pour construire le pentagone de l’hexagone à Balard, se mette à la tâche, comme çà les "cyber-chefs d’escadrille" de drones pourront perdre leur embonpoint au parc Lenglen.

    Comme d’hab. not’ chef suprême des armées, perd son sang-froid, et réagit comme joueur de bonneteau qui voit un képi au coin de la rue.

    "Le suffrage universel est un bonneteau périodique dont les cartes sont tenues par des gredins." L. Daudet

  • permalien Ph. Arnaud :
    24 janvier 2012 @19h16   « »

    Quelques remarques

    - C’est la deuxième fois en 70 ans que l’armée française combat, en supplétive d’une puissance étrangère, dans une guerre qui ne la concerne pas. La première fois, c’était aux côtés de la Wehrmacht, contre l’Armée rouge, dans les plaines de Russie, de Biélorussie et d’Ukraine. Cette fois-ci, c’est en supplétive de l’US Army, dans les montagnes d’Afghanistan.

    - Les "justifications" (vaseuses) de cette guerre sont démarquées de l’engagement de la légion Charlemagne ou de la LVF, simplement, l’islamiste y a remplacé le bolchevique. [Notons au passage qu’au cours de la guerre du Vietnam, les Américains sortaient les mêmes balivernes : il faut combattre au Vietnam, sinon, tous les pays d’Asie du Sud-Est tomberont comme des dominos].

    - Il est scandaleux de combattre aux côtés d’un pays dont le "modèle social" [si l’on peut dire...] est si nuisible aux intérêts du peuple français - surtout aux plus modestes de ses citoyens - et si néfaste à l’ensemble du monde. La France n’a rien à faire ni en Afghanistan, ni même dans l’OTAN, ni même dans une quelconque alliance avec les Etats-Unis - et surtout pas lorsque cette alliance est dirigée contre un pays du tiers monde ou un pays musulman.

    - Il convient, à cet égard, de rappeler toutes les fois où la France s’est honorée, dans le passé, en refusant de marcher avec les pays qui partageaient la même civilisation qu’elle : lorsque, chrétienne, elle s’est alliée à Soliman contre le roi d’Espagne catholique, lorsque, catholique, elle s’est, lors de la guerre de Trente ans, alliée aux protestants allemands et suédois contre d’autres catholiques.

    - Ou bien, plus récemment, lorsqu’elle a reconnu la Chine, qu’elle a mis l’embargo sur les armes à destination d’Israël, qu’elle a participé aux Jeux olympiques de Moscou de 1980 ou qu’elle, à l’inverse, refusé de participer à l’invasion de l’Afghanistan en 2003.

  • permalien Shanaa :
    24 janvier 2012 @20h56   « »

    La population afghane n’est pas dupe. Elle ne veut pas de ses "libérateurs" qui tirent sur les mariages, les gosses, urinent sur les cadavres de talibans.
    A ceux qui veulent régler son probléme au Pakistan : Que fait la CIA au Pakistan ?

  • permalien Bert :
    24 janvier 2012 @21h17   « »

    La campagne militaire contre la Serbie en 99 me paraît pouvoir être ajoutée à la liste des interventions supplétives de l’armée française dans les 70 dernières années. Et peut être même la participation française à la "première" guerre du Golfe ?

    Entre 1998 et 2001, j’étais pour une intervention armée en Afghanistan. Un cessez le feu imposé par les armes, en tout cas une tentative, risquée mais avec une relative chance de succès. Quand Massoud s’est retrouvé seul, retranché dans le nord et sa vallée, et que tous les jours, des camions d’armes, de munitions et de combattants franchissaient la frontière du Pakistan à destination des taliban, il y avait quelque chose à essayer. Forcer un partage du pouvoir, à l’abri des ingérences pakistanaises et dans une moindre mesure iraniennes. Les pachtounes eux mêmes en avaient assez, au moins dans le sud. Tous les commandants, tous les mollahs "politiques" étaient suffisamment déconsidérés pour pouvoir tenter des négociations, et une grande partie du peuple aurait accepté que des forces étrangères fassent cesser les combats.

    Sans l’aide du Pakistan (services secrets, armée, ministère de l’intérieur, administrations locales, mafias), ni Ben Laden, ni les autres terroristes ouzbek ou tchétchènes, ni les extrémistes afghans tels Haqqani ou Hekmatyar n’aurait pu constituer de réelles menaces.

    Aujourd’hui, après 10 ans, ces types là sont toujours là, Dostom aussi, et certains chefs taliban...Et le peuple afghan continue de souffrir de la guerre.
    Et tous ces magnifiques projets de pipeline traversant l’Afghanistan sont morts, et toujours pas d’afghanes présentées au concours miss monde...
    Et tous ces petits chefs de tribus se partagent le fric de l’aide internationale, de l’opium et de la contrebande.

  • permalien Ph. Arnaud :
    24 janvier 2012 @23h08   « »

    Bert

    Il ne fallait pas s’engager en Afghanistan (ni en Libye ni en Afghanistan ni nulle part ailleurs). Il ne faut faire la guerre que lorsque le préjudice est certain et inévitable. Or, l’existence de terroristes en Afghanistan n’était pas un danger pour les Occidentaux.

    Ces terroristes se sont entraînés en Europe et aux Etats-Unis et ont profité des circuits financiers que les Républicains américains n’ont jamais voulu abolir. Les terroristes n’ont pas eu besoin de l’Afghanistan. Le seul endroit où l’on puisse combattre avec certitude et efficacité, c’est chez soi.

  • permalien Shanaa :
    25 janvier 2012 @00h08   « »

    Ph. Arnaud , soyons sérieux !
    Vous oubliez plusieurs facteurs importants : Al quaida est une création américaine, le "clash des civilisations", les néo-conservateurs, la crise économique en occident, la crise aux USA, le pétrole, le pavot, l’écoulement des armes, tester de nouvelles armes.
    Ne trouvez -vous pas "louche" que toutes les guerres contre les "terroristes" ont lieu dans les zônes riches en pétrole ?
    Les afghans, les irakiens l’ont bien compris, eux ! Ils n’ont pas accepté ces "libérateurs" !
    Ce qui est facheux, c’est de vouloir régler ses problémes économiques par des guerres. On détruit ce que les autres ont construit, comme en Libye, et on envoie nos entreprises signer des contrats de reconstruction !
    Pourtant,le 19iéme siécle aurait dû enseigner que le colonialisme ça ne marche pas ! Sans doute que, les USA voulaient en goûter, entrainant les européens dans leurs guerres.
    Enfin, il faudrait se poser des questions sur le rôle de l’OTAN, ce qui expliquerait l’entrée de la France !

  • permalien Rician :
    25 janvier 2012 @00h09   « »

    "...en train d’uriner sur des cadavres de talibans"
    A part dans "L’imMonde", personne ne peut dire qu’il s’agit de "talibans". On peut même parier qu’il s’agit du gibier ordinaire, c’est à dire le premier venu, pour brutes civilisateurs.

  • permalien ben ramden :
    25 janvier 2012 @01h30   « »

    malheureseument cette guerre en afghanistan depuis le début jusqu’à mantenant n’avait aucun autre enjeu pour les bélligérants afghan que le controle du commerce du pavot.aucune autre considération.
    les retombées de cette guerre sur le monde arabe,il ne faut pas l’oublier.toute une generation longtemps endoctrinée dans les camps des talibans que soit en afghanistan ou au pakistan.
    beaucoup mesistiment les affres de cet episode sur les mentalités,qui ne font que scinder les societés arabo-musulmanes et les plongent dans l’obscurantisme le plus total.comme il ya un syndrome du vietnam, il ya aussi un syndrome de l’afghanistan.

    la ou il ya l’integrisme religieux,il ya le banditisme,le trafic de drogue et d’arme ;l’immigration clandestine,le crime organisé,le blanchiment d’argent et toutes les pratiques illicites.bref le resau des resaux.

  • permalien Bert :
    25 janvier 2012 @08h34   « »

    Ce n’était pas la "guerre au terrorisme" qui aurait pu justifier à mes yeux une intervention armée avant 2001, c’était la guerre au peuple afghan, qui durait depuis 1979, et qui continuait, du fait de petits chefs arc boutés au pouvoir, armés jusqu’aux dents par le pakistan, l’Iran, la Russie, l’Inde, et financés par l’occident.
    A cette époque, pour reprendre les mots de Christophe de Ponfilly, l’Afghanistan était un pays dont "tout le monde se foutait", et la guerre qui s’y déroulait tuait des civils tous les jours, bien plus que des combattants.
    D’accord pour dire que la guerre est la pire chose qui puisse arriver, mais la guerre, alors, était déjà là. L’espoir était de pouvoir suspendre les opérations des groupes armés et empéchant qu’ils soient ravitaillés...
    de toute façon, tout cela n’a plus beaucoup d’importance...

  • permalien Salem L :
    25 janvier 2012 @14h52   « »

    Vivement la fin de cette guerre pour enlever à El Quaida la nébuleuse intégriste islamiste un fonds de commerce qu’elle a exploité depuis le début pour justifier les méfaits abominables de ses sbires contre des innocents des pays du monde entier. Cette guerre, guerilla, face à un ennemi invisible qui peut frapper à n’importe quel moment va donc se terminer sans avoir réalisé le moindre but pour lequel, cette coalition s’est investie car elle ne controle en réalité que 28% du territoire Afghan et le reste, c’est une chasse gardée des Tallibans qui reviendront pour continuer de semer mort et désolation ! et ceux qui sont avec Barzai vont rejoindre leurs fréres de religion et le régime corrompu que l’occident voulait instaurer ira vers un exil doré pour dépenser le fruit de sa roublardise et du peuple Afghan !

  • permalien ben ramden :
    25 janvier 2012 @15h21   « »

    l’Armée d’Afrique,lors des campagnes d’Italie,de france et dd’allemagne ne faisat pas de footing.
    de quoi est constitué cette armée,dont on n’ose plus vanter les merites,que les ingrats qualifient de mercenaire.une chose est certaine,les armées les plus modernes ne pourront jamais fabriquer des soldats de cette trempe,qui continuent encore d’exister n’en déplaise à une certaine culture arrogante en occident.demandez aux officiers allemandsqui restent malgré tout,les meilleures ce que vaut cette armée d’afrique.voila le mot qui convient,de nobles bergers.

  • permalien AD :
    25 janvier 2012 @17h10   « »
    Le but ?

    Afin d’évaluer la recette, ou pas d’une opération, il faut qu’elle ait des objectifs : clairs, bien déterminés, quantifiables et réalistes.

    Depuis le départ, la question se pose :

    => Quels sont les objectif de cette opération ?

    => En ces 10 années, ont-ils été atteint à 100%, 70%, 30% ou 0% pu encore sont-il encore plus éloignés qu’au moment de lancement de l’opération ?

    Si les objectifs sont vagues, non précis et qu’ils changent du jour au lendemain : c’est la gage d’aller d’échec en échec !

  • permalien Anarchosaurus :
    25 janvier 2012 @20h22   « »

    Les Occidentaux, et en particulier les Américains, récoltent ce qu’ils ont semé en Asie centrale.
    Dans les années 1980, sous Reagan, pour déstabiliser l’URSS engagée en Afghanistan et déjà très affaiblie, les Etats-Unis ont soutenu les moudjahidines afghans parmi lesquels figuraient les talibans et un certain Oussama ben Laden. Non seulement les Américains ont fourni du matériel de guerre (lance-roquettes Stinger entre autres) et des mules pour le transporter mais ils ont aussi fourni une quantité appréciable d’exemplaires du Coran et d’écrits islamistes. Le but était d’utiliser l’islamisme contre le communisme en Afghanistan et dans les républiques soviétiques d’Asie centrale. Magnifique résultat !
    Pour ceux qui auraient des doutes, ils peuvent lire cela, entre autres, dans l’ouvrage de l’historien Georges-Henri Soutou sur "La guerre froide". Un historien qui n’est pourtant pas connu comme anti-atlantiste primaire.

  • permalien Bert :
    26 janvier 2012 @09h48   « »

    Je ne suis pas d’accord, et je ne suis pas un pro atlantiste primaire.
    Les Etats-Unis ont financé l’effort de guerre afghan contre les soviétiques à compte à demi avec l’Arabie Saoudite.
    Ce financement permettait d’acheter des armes qui étaient ensuite acheminées au Pakistan, remises à l’armée du pays qui gérait entièrement la distribution, choisissant les bénéficiaires, jouant ainsi ses propres cartes dans le jeu afghan. Entre 1980 et 1990, l’aide militaire à l’Afghanistan a été entièrement sous-traitée au Pakistan. Si un reproche est à faire aux Etats-Unis de l’époque, ce serait alors celui d’avoir fermé les yeux sur l’exploitation de l’extrémisme que faisait Zia ul Haq et son régime.
    Ben Laden et plus largement les arabes présents en Afghanistan sont arrivés au milieu des années 80, et sans l’aide directe des Etats-Unis. C’étaient les monarchies du golfe, en accord avec le Pakistan et certains chefs afghans locaux (Haqqani, Sayyaf, Hekmatyar) qui ont permis leur implantation.

    Encore une fois, le conflit afghan est en fait un conflit régional, largement financé par le Pakistan qui déstabilise ainsi la région, dans le contexte de sa guerre larvée avec l’Inde (et notamment les problèmes au Cachemire). En 1994, c’est le ministère de l’intérieur pakistanais qui a financé et lancé les taliban. On notera qu’il s’agit bien du ministère de l’intérieur, les affaires afghanes étant depuis 1980 traitées comme des affaires intérieures pakistanaises.

    Non seulement les Etats-Unis, mais aussi les pays de la CEE de l’époque, et bien sur les autres "humanistes" tels les chinois ou les russes, ont fermé les yeux, mais ils ont aussi largement profité de cette guerre, et l’ont largement encouragé.

  • permalien Chris :
    26 janvier 2012 @14h02   « »

    Combattre les talibans chez nous ? Ils ne sauraient même pas prendre le métro !!! Il faudrait arrêter certains délires... On parle de paysans dépenaillés, poussés jusqu’au fanatisme, ou à l’héroïsme, ou peu importe, enfin poussés à bout par la présence d’armées d’occupation étrangères ayant pour but de soutenir un régime vacillant, notoirement corrompu, et dont l’amitié avec des criminels de guerre scandalise la population. Je ne vois pas ce qu’ils viendraient faire dans un pays (le nôtre) dont ils n’ont même pas une idée précise. Faut-il rappeler que parmi les terroristes du 11 septembre 2001, pas un seul n’était afghan ?

  • permalien ben ramden :
    26 janvier 2012 @14h34   « »

    les services secret pakistanais"le directorat" principalement constitué par des officiers pakistanais pachtounes,du temps de zia ul haq,etaient la cheville ouvriere de cette guerre en afghanistan.il n’ya pas que les pakistanais,les iraniens aussi,les chinois l’inde.maisla guerre se fait au détriment des afghan et suivant des plans sournoisement conçu et schémas parfois tenant de la science fiction pour soumettre un peuple fier.
    le bourbier afghan,ce sont les autres qu’ils l’ont crée,ils viennent défendre leurs interets mais pas une quelconque mission civilisatrice.
    avant de faire la guerre à un peuple,il faut connaitre son histoire et sa culture et savor méditer profondément que l’equilibre planétaire tiens à l’humanisme des uns et des autres et non pas de l’avancée technologique ou autres egoismes nationaux.

  • permalien Shanaa :
    26 janvier 2012 @14h56   « »

    Les commentaires prouvent que le peuple n’est pas dupe, et qu’il est plus "policé" et moins barbare que ses dirigeants (Montesquieu).
    On ne meurt toujours pas pour sa patrie, mais pour les banquiers, les marchands d’armes et les industriels (Anatole France).
    Les pays du sud subissent de vraies guerres à l’uranium dit apprauvri, et les pays du nord des guerres économiques .

  • permalien Bert :
    26 janvier 2012 @15h03   « »

    Ok avec le dernier post, mais tout de même un bémol : le soutien aux taliban sunnites extrémistes, est le fait exclusif du Pakistan, avec la complicité des monarchies du golfe et des extrémistes d’Asie Centrale (Ouzbekistan notamment...).
    Les iraniens ont leur responsabilité dans la guerre civile entre 1990 et 1996, mais ils ont ensuite combattu les taliban. Quoique aient pu en dire les USA et leurs alliés à l’époque, il paraît vraiment difficile d’imaginer un soutien iranien aux taliban !

  • permalien gaston :
    26 janvier 2012 @15h45   « »

    A quoi aura servi la guerre occidentale en Afghanistan ? Au moins à une chose : à encercler militairement l’Iran et à être présent militairement, et en force, à proximité du, ou des(cf la Syrie), prochains théâtres d’opération. Car les boys qui ont quittés l’Irak en laissent quand même un certain nombre sur place (16 000 hommes pour protéger l’ambassade étasunienne en Irak) et ceux qui vont quitter l’Afghanistan, au moins une partie, se redéploieront dans des pays "amis" de la région. Ce serait une erreur de laisser croire qu’ils vont sagement rentrer à la maison et remballer leur barda.

  • permalien ben ramden :
    26 janvier 2012 @16h00   « »

    a mon humble avis,la séparation entre sunnistes et chiites n’a aucune valeur et consistance pour quelqu’un qui se dit"profondément musulman",il s’agit d’un faux probleme.il ya des sunnistes qui s’entredéchirent et aussi des chiites qui font de meme’dans les deux camps il ya aussi des gens tolérants.quelqu’un qui est en guerre est d’abord quelqu’un qui se bat contre sa propre nature.de meme il n’ya pas de guerre entre les religions,celle ci ne trouve son terrain le plus propice que dans les mentalités retrogrades et les marchand d’armes.le jihad n’a qu’un sens le renoncement à l’egoisime,la recherche du savoir de la naissance au trépas.c’est fini la guerre des religions une creation comme le choc des civilisations et autres philosophies pour diviser le monde.ça suffit de nous rabattre les oreilles avec pareil arguties,il yale camp des belliqueux et le camp des pacifistes.la paix et la justice l’emportera surement sur aucune autre considération de race de couleur ou de confession.

  • permalien flahute :
    26 janvier 2012 @16h08   « »

    J’ai cru comprendre que Sarkozy avait décidé de maintenir nos troupes,jusque fin 2014,comme les américains,en les ayant assuré dernièrement,par son porte parle Juppé,qu’il en serait ainsi.
    Tout le monde remballe en 2014 ?...Que nenni !
    Les américains seraient en passe de signer un accord avec les Afghans ( celui qu’ils ont mis en place ),un accord d’ assistance,et de fait ,une présence stratégique ( donc militaire,et renseignement)pour une durée de 10 ans au moins...après leur départ de 2014.
    Sarkozy a donc,derechef ,signé avec le même pion des USA,un accord de partenariat.Cela présage beaucoup de choses,y compris militairement.
    On sait maintenant que depuis son élection,en 2007,Sarkozy a triplé le nombre de français dans ce pays,et le nombre de tués a été multiplié par 7 dans le même temps.
    Sarkozy a malheureusement réintégré la France,personnellement,sans référendum.Il fait donc de notre armée,les supplétifs de l’armée des USA..( dixit des gens très concernés )
    On a vu que les USA étaient tout le temps en guerre,et que quand ils avaient pris un pays pour cible,des troubles intérieurs apparaissaient dans ce pays,et ils cherchaient les prétextes pour y déclarer une guerre de démocratisation,et envahir le pays ciblé,et y rester..Ils utilisent toujours l’Otan.Les pays d’Europe,membres,se retrouvent donc toujours en guerre pour des intérêts américains.
    Sarkozy,a donc,dans son désir de rejoindre les américains,et américaniser notre pays,décidé de plonger notre France dans cet univers de guerre permanente.
    est-ce que je me trompe ?

  • permalien deMontigny :
    26 janvier 2012 @17h19   « »

    Flahute

    "On a vu que les USA étaient tout le temps en guerre,et que quand ils avaient pris un pays pour cible,des troubles intérieurs apparaissaient dans ce pays,et ils cherchaient les prétextes pour y déclarer une guerre de démocratisation,et envahir le pays ciblé,et y rester..Ils utilisent toujours l’Otan.Les pays d’Europe,membres,se retrouvent donc toujours en guerre pour des intérêts américains."

    Une bouffée d’air frais... Merci de revenir à l’essentiel ; à voir "Nous Étions Invincibles" de Denis Morrisset, militaire canadien déchu qui nous y révèle les plans d’invasion (terrestre) de l’Aghanistan, élaborés bien avant les événements du 11 Septembre.

  • permalien Shanaa :
    26 janvier 2012 @19h07   « »

    Flahute, l’américanisation a commencé avec le plan Marshall.
    La France, l’Europe, furent alors, inondées de produits et de films américains ! Aujourd’hui, ce sont les jeux vidéos et les clips qui formatent la jeunesse ! L’anglais a tendance à envahir l’espace, sous prétexte de langue commerciale !
    Enfin, rappelons la présence de bases américaines en Europe, et l’OTAN qui devient une armée offensive !
    Toutes ces puissances groupées pour faire "haro" sur des petits pays du sud désarmés !
    Jamais vu des guerres aussi assymétriques, dont les nombreuses victimes sont des civils tués par des bombes, lors de centaines , de "sorties", comme ont dit dans le jargon militaire !

  • permalien Bert :
    27 janvier 2012 @08h42   « »

    oooh, pour ce qui est de l’"asymétrisme", c’est pas nouveau !
    Le Vietnam était assez corsé, dans son genre, passé de mode aujourd’hui, mais quelle horreur...Combien de tonnes de bombes pour tuer une personne, pas nécessairement combattante, d’ailleurs...Mais c’était dèjà le cas aux Philippines fin XIX...
    Et la campagne contre l’Iraq en 91 était pas mal non plus, surtout sur la fin, le massacre des milliers de types qui refluaient vers Bagdad, tués sur la route à coup de missiles et de bombes, les pilotes ont tous eu des médailles ce jour là...

  • permalien zorglub :
    27 janvier 2012 @08h43   « »

    Le fait du prince Sarkozy, la réintégration de la France au sein de l’OTAN sans consulter quiconque est passée comme une lettre à la poste au début de son mandat. Aucun des candidats actuels à la présidence n’interroge ce fait incroyable, du moins à ma connaissance.

    Ce sujet devrait être un des thèmes majeurs de campagne car maintenant nous sommes pieds et poings liés avec les projets guerriers du Pentagone qui soutiennent également les jusqu’au boutistes israéliens. C’est d’ailleurs le but de la manoeuvre de Sarkozy et son équipe, au-delà du sur-engagement stupide et mortifère en Afghanistan : après les débuts ratés de la diplomatie française en Tunisie, Frank Wisner Jr ponte de la CIA et proche parent de Sarkozy a été missionné par Obama pour la négociation du départ de Moubarak avec les militaires égyptiens fin 2010. C’est à ce moment qu’a été décidé aussi de préparer la guerre en Libye et la destruction de Khadafi et ses soutiens avec les renforts salafistes de plusieurs pays.

    Pourquoi Sarkozy se met-il autant en avant, tel un roquet voulant complaire à son (ou ses) maître (s), contre la Lybie de Khadafi d’abord, puis maintenant contre la Syrie de Bachar El Assad ? Pourquoi cette excitation contre l’Iran afin d’être en 1ère ligne pour déclencher un embargo économique ignoble avant d’autres représailles ?

    Il suffit de se rappeler les conditions du déclenchement de la seconde guerre d’Irak pour savoir que toutes les manipulations et maquillages grotesques de la réalité seront de nouveau utilisés y compris bien sûr par nos "élites"diplomatiques et militaires françaises.

  • permalien
    27 janvier 2012 @10h13   « »
    Les Grands Muets ne le sont plus

    Philippe Leymarie nous dira peut-être à quel titre il se permet d’imaginer ce que « certains militaires français » sont supposés penser. C’est une vieille habitude des journalistes qui trouvent depuis longtemps facile de parler à la place des Grands Muets. Cette fois ce que « certains militaires français » sont supposés penser d’après Philippe Leymarie, c’est que des Soldats seraient « morts pour rien » si on arrêtait la guerre. Avec ce genre d’argument, fréquemment avancé par des civils et rarement partagé par les militaires eux-mêmes, on n’arrêterait jamais aucune guerre : les militaires le savent bien. Ce n’est pas la première fois que Philippe Leymarie fait preuve de son ignorance totale de la sociologie militaire, souvenons-nous de sa lecture du Casoar http://blog.mondediplo.net/2010-07-...

    Mais de nos jours les Grands Muets ne le sont plus : un Soldat s’est déjà exprimé publiquement sur les pertes subies en Afghanistan ou ailleurs. Voici ce qu’écrit le Contre-amiral Christophe Prazuck, Commandant la force des fusiliers marins et commandos : « Un militaire français qui meurt au combat meurt toujours pour la France, quel que soit l’endroit où il perd la vie. La valeur de son sacrifice n’est pas liée aux objectifs politiques poursuivis. »
    http://www.asafrance.fr/actualites/...

    Notre présence en Afghanistan n’a jamais correspondu aux intérêts moraux ni matériels de la France mais si le Gouvernement estime que c’est le cas alors nous devons y rester, dire pourquoi et y mettre les moyens. Sinon, si notre présence n’est pas justifiée, alors les politiciens français du Gouvernement comme ceux du Parlement qui ont laissé faire, ont eu tort d’envoyer nos Soldats là-bas. Ils doivent assumer, avouer leur faute et en tirer les conséquences.

    Laisser tomber l’Afghanistan sera une excellente décision qui aurait dû être prise depuis longtemps mais si cette décision est prise parce que des élus craignent pour leur réélection, c’est seulement la confirmation de leur amoralité. L’argument de Philippe Leymarie expliquant le maintien de nos troupes par les sentiments de « militaires français qui craignent que leurs camarades paraissent du coup être morts pour rien » constitue un transfert de responsabilité du Politique vers le Soldat et c’est pourquoi je ne veux pas le laisser passer.

  • permalien yves cadiou :
    27 janvier 2012 @11h09   « »
    Signature du commentaire précédent

    Ma signature n’est pas apparue avec mon précédent commentaire. Je rectifie ce dysfonctionnement : le commentaire du 27 janvier @10h13 est signé Yves Cadiou.

  • permalien plemeut :
    27 janvier 2012 @12h10   « »

    Il est vrai que la mode est de parler pour les militaires, bien que l’on n’ait pas vu de manifestation publique à leur désaccord à la présence française en Afghanistan. Il ne semble pas manquer de volontaires et leur reproche serait plutôt d’être cantonnés pour cause d’élection.
    Il est aussi à la mode de parler pour les afghans qui ne semblent pas massivement s’opposer à la présence étrangère (black-out presse total sur le rapport de Asia Fondation http://asiafoundation.org/publicati... ). Ceux que je rencontre en France ou en Afghanistan craignent plutôt ce retrait (même ceux qui en parle parallèlement comme d’une occupation).
    Matériellement, la présence française n’est sans doute pas justifié, dans le sens néo-colonial du terme. Moralement, elle l’est ne serait-ce qu’à cause de nos amitiés troubles avec les talibans et leurs sponsors dans les années 90. Mais Éthique et politique ne riment pas forcément.
    Paul Le Meut
    www.darah-afghanistan.net

  • permalien zorglub :
    27 janvier 2012 @12h16   « »

    Yves cadiou,
    Oubliez-vous la collusion entre militaires (je ne parle pas des simples engagés) et la classe politique ? les décideurs militaires ont-ils le moindre scrupule à engager des opex dès qu’une décision politique a été prise dans ce sens ?

    Du moment que les grands choix ont été pris (exemple : au temps de la réintégration de la France sarkozyste dans l’OTAN, la grande muette a courbé avantageusement l’échine) , ce qui veut dire clairement que la hiérarchie militaire suit les objectifs les plus idiots avec obséquiosité et gourmandise.

    Pas en temps voulu, mais seulement après, quand l’évidence de l’enlisement saute aux yeux, certains hiérarques, qui sont généralement en passe de prendre leur retraite, commencent à renacler devant le gâchis.

    L’Afghanistan est l’exemple type de l’échec politico-militaro-culturel programmé à mettre dans les manuels de stratégie des écoles de cadres militaires. On ne fait pas une stratégie militaire sensée et efficace avec 1+1+1+1+1000... crétins endoctrinés US pleins d’arrogance satisfaite soutenus par des think tanks dédiés à la pénétration des pays non dominés et de leurs ressources .

    Le drame est que la France sarkozyste s’est donnée à fond dans cette aventure avec la bonne excuse du terrorisme !

  • permalien Shanaa :
    27 janvier 2012 @13h49   « »

    Rappelons un autre échec de l’ingérence intéréssée, déguisée en mére Thérésa : La Libye est partie pour 20 ans de chaos aprés l’ouragan OTAN. La France porte une responsabilité particulére !
    En Libye, le chaos, les affrontements, la pauvreté et la torture sont le lot quotidien des libyens ! (voir articles, dans le "Figaro" et "Libération")
    Rappelons que la Libye était un pays en bonne santé économique, sans dette, les services de base gratuits pour les libyens, les femmes libres. La Libye offrait du travail aux membres des pays limitrophes. De nombreux africains et egyptiens y travaillaient !
    Aujourd’hui, la Libye est en voie d’irakisation !
    Merci BHL, Cameron, Obama, Sarkozy !!!

  • permalien yves cadiou :
    27 janvier 2012 @15h51   « »
    Un reproche très grave sur le principe et très dangereux dans la pratique

    J’hésite à répondre au pseudo-Zorglub, à la fois parce que l’invective ne me convient pas et parce que mon contradicteur est anonyme.

    Je réponds cependant, non par considération pour mon contradicteur craintif mais pour les autres lecteurs et parce que son argumentaire vicié doit être contredit : « les militaires n’ont pas le moindre scrupule à engager des opex dès qu’une décision politique a été prise dans ce sens », écrit ce commentateur masqué. Reprocher ça aux militaires c’est ignorer les règles de base de la République : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. » (Constitution, article 20).

    Nulle part il n’est prévu que le militaire peut refuser une mission : le militaire s’engage pour servir les armes de la France, sans la possibilité de refuser telle opex qui ne lui agréerait pas. C’est un des éléments qui différencient un Soldat et un mercenaire. Je suis sûr que les citoyens (dont pseudo-Zorglub fait partie, je suppose) n’aimeraient pas qu’un jour des unités militaires refusent d’accomplir une mission, quel que soit le motif du refus.

    Peut-être, parce que c’est sans risque, trouve-t-on acceptable que des fonctionnaires de l’Etat descendent manifester dans la rue quand une décision gouvernementale ne leur plaît pas. Pour ma part, je ne trouve pas que ce soit normal, mais admettons un instant. Et posons-nous des questions : que penserait-on (que penseriez-vous) si les militaires, c’est-à-dire des citoyens sélectionnés pour servir les armes de guerre, manifestaient leur désaccord avec une décision gouvernementale ? Si les équipages de sous-marins nucléaires refusaient d’embarquer en situation de crise parce qu’ils ne font pas confiance au personnel politique pour gérer correctement la situation ? Ou si les aviateurs avaient refusé de décoller pour bombarder la Libye au motif que nos services de renseignement savaient que le CNT était nul et infréquentable, info que notre Gouvernement connaissait sans vouloir en tenir compte ? Si, parce que la réintégration dans l’OTAN leur semblait une mauvaise idée, les trois quarts des militaires s’étaient mis en grève comme parfois le font tranquillement d’autres professions qui n’ont pourtant pas le droit de grève ?

    Le devoir des militaires est d’exécuter les ordres du Gouvernement démocratiquement élu lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre les armes de guerre. Reprocher aux militaires d’accomplir au mieux leur mission, c’est très grave sur le principe et très dangereux dans la pratique. D’autant plus dangereux que le manque de moyens commence à exaspérer pas mal d’entre eux. Si, non seulement on les prive de tout mais aussi on leur reproche de faire de leur mieux en dépit du manque de moyens, la rupture n’est pas loin.

  • permalien Shanaa :
    27 janvier 2012 @17h49   « »

    yves cadiou, tout à fait d’accord avec vous !
    Il faut reconnaitre qu’il y a une "omerta" s’agissant de l’entrée de la France dans l’OTAN, de l’expédition libyenne et, de maniére générale, la politique étrangére de la France. Celle-ci a pris un étrange tournant qui, petit à petit va ternir l’image de l’exagone au même niveau que celle des USA ! Celle politique n’a rien de grand et nuit au rayonnement de la France.
    Enfin, il faudra expliquer au citoyen "lambda", comment on fait la guerre au "terrorisme" d’un côté, et que de l’autre, on s’appuie et on installe des "islamistes" en Libye, qui était un état laic !!!

  • permalien ben ramden :
    27 janvier 2012 @18h39   « »

    dans les démocraties,le pouvoir militaire est en principe soumis au pouvoir civil.neanmoins les militaires sont toujours associés à l’élaboration de politiques de défense en periode de paix et de guerre.donc ,ils ont une grande résponsabilité à coté du pouvoir politique dans une guerre.toutefois,le militaire que ce soit,officier superieur ou subalterne ou homme de troupe n’est pas tenu d’executer n’importe quel ordre,il ya autre principe:savoir tricher,cela veut dire s’y accomoder avec intelligence.
    mais il ne faut pas oublier ce qu’endurent les militaires dans les theatres d’operations,comment ils subissent la pression de la hierarchie,pour les officiers comment diriger les hommes et savoir les protéger,il y va de leur autorité morale et de leur carriere.
    les pilotes de chasse anglais l’ont appris à leur dépens en bombardant injustement la région des tributs au pakistan.

  • permalien zorglub :
    27 janvier 2012 @21h32   « »

    « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. » (Constitution, article 20).

    Le gros problème "démocratique" ( ce mot sans cesse balancé comme argument massue commence à m’exaspérer) de l’engagement de la France en Afghanistan et par extension au Pakistan est que le peuple Français est inondé de fausses informations : que sait-on en France dans les milieux soit-disant experts des "a-cotés" cachés du 11 septembre ? que sait-on dans les milieux bavards et superficiels du journalisme autorisé multicarte des vraies raisons de l’invasion de l’OTAN en AFPAK ? Vous semblez sincèrement affligé par la perte de crédibilité actuelle de cette opération ridicule lancée par la France (encocoonée dans les bardas guerriers et les appels à coalition des Etats uniens en 2001).

    Que ne l’avez-vous anticipé bien avant !!!

    "Le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation", effectivement, le hic majeur, c’est qu’il est seul, sans aval démocratique et que sa politique extérieure est dictée par US/Israel+les lobbies militaro-industriels et pétroliers. En doutez-vous encore ?

  • permalien Bert :
    29 janvier 2012 @13h37   « »

    Tout à fait d’accord avec Mr Cadiou lorsqu’il démontre le caractère illégal et dangereux d’un refus d’exécuter des ordres par des militaires (je schématise son propos, faisant référence à son deuxième message).

    Par contre, je m’oppose à deux phrases, prises dans ses deux commentaires, évidemment hors contexte, mais le but n’est pas polémique :

    "La valeur de son sacrifice (au soldat) n’est pas liée aux objectifs politiques poursuivis. »

    Malheureusement si. Evidemment, il s’est lui sacrifié pour la France, mais il est difficile de situer son geste hors contexte. Quant aux soldats US sacrifiés au Vietnam, un tel sacrifice a moins de "valeur" que celui de leurs ainés tués lors de la libération de l’Europe ou la guerre du Pacifique. Le politique et la "patrie" vont vouloir tous en faire des martyrs de la patrie, mais ce n’est pas le cas. Il sera difficile de dire que les morts de 44 ont été tué par Roosevelt, alors que beaucoup diront que les types tués au Vietnam l’ont été par les décisions de Kennedy, Johnson ou Nixon...

    "Nulle part il n’est prévu que le militaire peut refuser une mission"

    Si, me semble t’il, dans le code pénal, au moins dans le décret de 2005 relatif à la discipline militaire générale. Un subordonné DOIT refuser d’exécuter un ordre manifestement illégal...

  • permalien yves cadiou :
    30 janvier 2012 @10h39   « »
    Ne pas tout mélanger

    Il est exact que le militaire doit refuser d’exécuter un ordre "manifestement illégal et de nature à porter gravement atteinte à un intérêt public" : c’est prescrit par le RDG (règlement de discipline générale) mais ce n’est pas exactement ce dont on parle ici. Cet ajout au RDG a été fait au début des années soixante à la suite des putschs qui ont marqué la naissance de la V° République : le Législateur s’est alors aperçu que n’importe quel commandant d’unité pouvait débarquer à l’Assemblée Nationale avec sa troupe et donner l’ordre de massacrer tout le monde sans engager la responsabilité des exécutants.

    Ce dont on parle ici, c’est autre chose : il s’agit de l’allégation mensongère selon laquelle la décision politique de s’éterniser en Afghanistan serait partiellement due à une réticence des militaires. Non, il ne faut pas tout mélanger : la décision politique d’envoyer des militaires français en Afghanistan, puis d’augmenter les effectifs et d’y rester, n’était pas illégale. C’était une décision politique stupide, voire malhonnête, mais pas illégale. Nos gars sont allés en Afghanistan conformément au RDG. Leur comportement a été impeccable, il faut le souligner. Il faut aussi refuser absolument qu’on les rende responsables, ne serait-ce qu’un tout petit peu, d’une erreur politique qui est imputable exclusivement et totalement au personnel politique. C’est pourquoi je réagis, après en avoir discuté par mail avec quelques camarades, à cette affirmation trop rapide selon laquelle « l’éventualité d’avancer le calendrier du retrait des troupes françaises, (…) n’a pas été comprise par certains militaires français qui craignent que leurs camarades paraissent du coup être morts pour rien ».

    Rendre les militaires français responsables, ne serait-ce que partiellement, à la place ou à côté du personnel politique, c’est trop facile. Il faut que Philippe Leymarie et ses confrères renoncent désormais à cette facilité. Trois millions de militaires et anciens militaires (cf le total des effectifs des Amicales régimentaires), dont beaucoup étaient autrefois dans l’impossibilité de faire connaître leur point de vue parce qu’il fallait passer par les journalistes, peuvent maintenant dire leur refus qu’on parle à leur place.

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @14h11   « »

    Les français ont compris plusieurs choses : Que la France a intégré l’OTAN pour aider les américains dans leurs nombreuses guerres présentes et à venir.
    L’état major américain savait, avant les français, que la France allait intégrer l’OTAN !
    Tout le monde a enfin compris, à travers les guerres assymétriques contre les civils irakiens et afghans, que les guerres propres et chirurgicales cela n’existe pas, et que les bombardement à l’uranium sont faits pour détruire, non pour "libérer" !
    Enfin, il est temps de se poser des questions sur "l’équilibre de la terreur" !
    Le vide laissé par la chute de l’Union soviétique a laissé libre cours à l’unilatéralisme des USA qui se prennent pour les gendarmes du monde !
    Ils ont mis en selle leurs satellites européens pour semer le chaos sans rien résoudre, comme l’atteste la tragédie irakienne !

  • permalien K. :
    2 février 2012 @00h11   « »

    Départ français : l’"élite" afghane (some afghans) crie à la trahison.

  • permalien Olivier :
    13 février 2012 @09h10   «

    A M. Ph.Arnaud

    Vous feriez bien de lire l’Histoire de France avant d’écrire des âneries.

    Primo : la LVF n’a rien à voir avec l’armée française d’armistice. C’était une association loi 1901 créée par les collabos. L’armée française n’a jamais été engagée sur le front de l’Est, même si on comptait dans les rangs de la LVF d’anciens officiers français (engagés dans la LVF à titre personnel, jamais mandatés par le régime de Vichy).

    Secundo : la France a déjà été engagée aux côtés de l’armée américaine lors de la guerre de Corée sous mandat de l’ONU. C’était le Bataillon de Corée commandée par le général Montclar. Pour info, l’engagement français en Corée a permis de montrer au Américains que les Français savaient de nouveau se battre et qu’ils étaient une composante sur laquelle on pouvait compter (parce que le commandement français avait perdu toute crédibilité aux yeux du monde et des Alliés après 1940…).

    Que vous soyez anti-américain, c’est votre droit. Mais donnez au moins de bons arguments.

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