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Haditha, un massacre impuni en Irak

dimanche 29 janvier 2012, par Alain Gresh

La nouvelle a été réduite à quelques lignes dans Le Monde et à peine évoquée ailleurs. Le quotidien du 27 janvier écrivait : « L’arrangement judiciaire qui a permis au sergent des marines américain Frank Wuterich, accusé de la mort de 24 civils irakiens (dont 10 femmes et enfants tués à bout portant) en novembre 2005 à Haditha, d’échapper à la prison a provoqué l’écœurement en Irak. En plaidant coupable devant une cour martiale de Camp Pendleton, M. Wuterich n’encourt que la dégradation et une peine maximale de trois mois aux arrêts. Le président de la commission des droits de l’homme du Parlement irakien, Salim Al-Joubouri a dénoncé une “atteinte à la dignité des Irakiens”. [1 » Point final, aucun commentaire, aucun éditorial indigné, ni dans Le Monde, ni dans les autres médias. Le porte-parole du Quai d’Orsay, si prompt à s’émouvoir de toute violation des droits humains, est resté silencieux.

Rappelons les faits. Le 19 novembre 2005 à Haditha, une ville de la province d’Al-Anbar, une mine artisanale explose sur le passage d’un convoi américain ; elle provoque la mort d’un caporal. En représailles, les marines tueront un grand nombre de civils et tenteront de camoufler le crime en prétendant que la grande majorité des morts avait été provoquée par la bombe. Mais les incohérences de cette version et le travail de la presse, notamment du Time Magazine, amèneront l’ouverture d’une enquête et la reconnaissance du fait que les troupes américaines ont délibérément tiré sur des civils. En 2007, Hollywood produit même un film, Battle for Haditha (Nick Broomfield), qui raconte le massacre.

Pourtant, le procès qui s’est déroulé il y a quelques jours et qui a abouti à l’abandon des poursuites contre six marines et à une peine légère pour le dernier, montre à quel point la justice des Etats-Unis est biaisée quand il s’agit de crimes de guerre commis par ses propres citoyens. On comprend mieux pourquoi Washington, si empressé à vouloir envoyer devant la Cour pénale internationale tel ou tel dirigeant d’un petit pays, refuse d’en signer les statuts, de peur d’y voir traînés ses propres responsables, dont ceux qui ont déclenché la guerre contre l’Irak (lire « Du Liban à l’Irak, juger les criminels ?  »).

Dans un article du New York Times du 27 janvier, « An Iraqi Massacre, a Light Sentence and a Question of Military Justice », Charlie Savage et Eilsabeth Bumiller écrivent : « Les informations limitées disponibles montrent que même quand les militaires ont essayé de poursuivre des soldats pour meurtre ou massacre en zone de combat, le taux d’acquittement a été bien plus élevé que pour des cas civils. » Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.

Les chrétiens d’Orient

Université populaire à Paris, samedi 4 février 2012.

Séance 1 : L’histoire des chrétiens d’Orient, avec Joseph Maïla (professeur de sociologie politique et de relations internationales, directeur de la prospective au ministère des affaires étrangères).

Séance 2 : Appréhender les « minorités religieuses » au Proche/Moyen Orient, avec Rudolf El-Kareh (professeur de sciences sociales et politiques ayant exercé au Liban [UL], en France à l’IEP d’Aix-en-Provence, l’Université d’Aix-Marseille et au Canada...).

Séance 3 : Les coptes d’Egypte, par Laure Guirguis (Doctorante à l’EHESS, Paris et au CEDEJ, Le Caire).

Participation : 20 euros par cycle (12 euros pour les étudiants et les demandeurs d’emploi). Formule d’abonnement annuel : 120 euros pour l’ensemble des sessions (80 pour les étudiants et les demandeurs d’emploi).

Horaires : séance 1, 10h30-12h30 ; séance 2, 14h-16h ; séance 3, 16h15-18h15.

Contact et inscription : universite-populaire[@]iremmo.org.

47 commentaires sur « Haditha, un massacre impuni en Irak »

  • permalien Bert :
    29 janvier 2012 @18h06   »

    Dès le début de l’intervention, on pouvait deviner qu’il arriverait ce genre de choses, malheureusement...Un nouveau My Lai...
    On peut comprendre une chose : les Etats-Unis ne sont pas prêts à accepter de faire face à leurs responsabilités à propos de la guerre en Iraq. Tout, depuis la décision d’envahir le pays jusqu’à la gestion de l’occupation, pourrait être sur un acte d’accusation si les USA étaient accusés dans un procès de Nuremberg...

  • permalien morse 89 :
    29 janvier 2012 @19h15   « »

    Ce sergent massacreur (sans doute psychopathe, mais l’armée US enrôle beaucoup de psychopathes ou les prépare à l’être, s’ils sont équilibrés au départ) sera peut-être bientôt considéré comme un héros dans son pays.
    Les USA laissent agir des prédateurs fous dans leurs rangs, que ce soit en Afghanistan, en Irak ou ailleurs (Egypte, Lybie, Syrie...). Certes il font le sale boulot, mais l’important dans l’idéologie du Pentagone est de susciter la terreur dans les populations envahies, de leur faire comprendre qu’elles n’ont plus le choix. Ce sergent a fait comme les pilotes de bombardiers de l’OTAN qui ont multiplié les bavures au-dessus de l’Afghanistan, de la Libye, et il y a quelques années, de l’Irak.

    Ils savent parfaitement qu’ils auront l’impunité assurée, que le TPI ne les jugera jamais, que le gouvernement US les protégera en dépit de toutes les preuves. C’est ça la démocratie.

  • permalien jgn :
    29 janvier 2012 @19h20   « »
    « Haditha, un massacre impuni en Irak »

    Merci, vraiment, pour ce rappel, symbolique, si je puis dire, de l’attitude des États-unis face au reste de la planète : une morale unilatérale, assez conforme à celle que l’on peut légitimement supposée aux missionnaires de la colonisation blanche : faites ce que je dis, ne dites pas pas ce que je fais.

    Les États-unis n’ont de cesse de faire la morale aux autres, au nom de la liberté, mais il ne s’agit toujours que de leur seule liberté d’agir comme bon leur semble.

    "les USA (...) accusés dans un procès de Nuremberg ..." ? Comment se pourrait-il, puisque les procès, ce sont eux qui les instruisent, comme point d’orgue de la démonstration de leur toute-puissance - après que leur soldatesque soit passée en "libérateur" des dictateurs qu’ils auront préalablement installés ( le produit, la vente et le SAV - faut bien que commerce se passe) -, puisque ce sont eux les procureurs, eux les vainqueurs ... encore pour un temps.

  • permalien Lou :
    29 janvier 2012 @19h34   « »

    Irak : l’ONU parle d’un massacre commis par les forces américaines en 2006

    AFP / Mis en ligne le 01/09/2011

    Un rapporteur de l’ONU a fourni aux Etats-Unis un rapport sur l’exécution par leurs soldats d’au moins dix Irakiens, dont quatre femmes et cinq enfants, lors d’une opération menée en 2006 au nord de Bagdad, selon un câble diplomatique américain publié par Wikileaks.

    Ce document du 6 avril 2006 fait état d’une lettre de Philip Alston, rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, affirmant que les forces américaines ont menotté et exécuté neuf membres d’une famille et une visiteuse dans leur maison de Balad, à 70 km au nord de Bagdad, puis ont demandé qu’il y ait un raid aérien pour effacer les preuves.

    "Je voudrais attirer l’attention de votre gouvernement concernant une opération conduite par la Force multinationale le 15 mars 2006 dans la maison de Fayez Harrat (Khalaf) al-Majmaï, un agriculteur de Balad, dans le gouvernorat de Salahedinne", écrit M. Alston, selon ce câble.

    "J’ai reçu plusieurs rapport indiquant qu’au moins dix personnes ont été tuées dans cette opération", dit-il. Il s’agit de Fayez Haratt Khalaf, 28 ans,
    sa femme Soumayya Abdel Razzaq Khouzer, 24 ans, leurs trois enfants
    Hawraa (5 ans),
    Aïcha (3 ans)
    et Houssam (5 mois).

    Parmi les victimes figurent aussi
    Turkiya Majid Ali (74 ans) la mère de Fayez,
    la sœur de Fayez dont le nom est inconnu,
    la nièce et le neveu de Fayez,
    Asma Youssef Maarouf (5 ans)
    et Oussama Youssef Maarouf (3 ans)
    et une parente qui les visitait Iqtisad Hamid Mehdi (23 ans).

    Est-ce qu’il y a eu un procès ?

  • permalien Laurent Szyster :
    29 janvier 2012 @20h17   « »

    Point final, aucun commentaire, aucun éditorial indigné, ni dans Le Monde, ni dans les autres médias.

    Sauf dans Paris Match, France 24, Le Nouvel Obs, La Croix, etc ...

    Ce qui se passe d’éditoriaux indignés et d’appels du Quai d’Orsay, ce sont les attentats terroristes qui se suivent presque quotidiennement en Irak.

    Car bomb attack near funeral in Baghdad kills 32 people

    Heureusement pour lui, M. Gresh ne se sent pas obligé de s’indigner chaque fois que des Irakiens massacrent leur compatriotes d’une secte différente, car il devrait s’accuser lui-même d’inciter à l’islamophobie à force d’insister sur le bilan sanglant et la lâcheté ignoble des terroristes.

    Dans un article du New York Times du 27 janvier, « An Iraqi Massacre, a Light Sentence and a Question of Military Justice », Charlie Savage et Eilsabeth Bumiller écrivent : « Les informations limitées disponibles montrent que même quand les militaires ont essayé de poursuivre des soldats pour meurtre ou massacre en zone de combat, le taux d’acquittement a été bien plus élevé que pour des cas civils. » Ce taux élevé d’acquittement confirme, bien évidemment, aux yeux des Irakiens comme des peuples de la région, que le discours démocratique et humanitaire tenu par l’Occident est la couverture d’une politique cynique.

    M. Gresh découvre qu’il y a loin du discours à la réalité ?

    Et il s’indigne que les gouvernements des démocraties libérales ne soient pas irréprochables !

    Attitude contradictoire pour quelqu’un qui il n’y a pas quatre ans donnait la parole à Bachar Al Assad pour le présenter comme un réformateur malheureux en butte aux machinations des Américains et des Sionistes ...

    En passant, je rappelle que les violences sectaires en Irak sont responsables de 87% des morts violentes entre 2003 et 2011 (sources : Iraqi deaths from violence 2003–2011), confirmation qu’il y a plus mortel pour "les Irakiens et les peuples de la région" que le cynisme du discours humanitaire des démocraties libérales.

  • permalien Jordi GRAU :
    29 janvier 2012 @21h00   « »

    Vous écrivez, M. Szyster :

    "En passant, je rappelle que les violences sectaires en Irak sont responsables de 87% des morts violentes entre 2003 et 2011 (sources : Iraqi deaths from violence 2003–2011), confirmation qu’il y a plus mortel pour "les Irakiens et les peuples de la région" que le cynisme du discours humanitaire des démocraties libérales."

    En admettant que vos chiffres soient justes, n’y aurait-il pas un lien entre les affrontements internes à l’Irak, qui sont effectivement très meurtriers, et la guerre déclenchée par les Etats-Unis et leurs alliés ? Je me rappelle très bien, en 2003, que des commentateurs annonçaient une terrible instabilité dans la région suite à l’invasion américaine. Il ne fait pas de doute que les responsables politiques et militaires états-uniens avaient été avertis de ce danger. Ils sont donc en grande partie responsables de la situation actuelle.

  • permalien Deïr Yassin :
    29 janvier 2012 @21h37   « »

    Chez Lolo le mytho, la défense du sionisme est aussi automatique que la critique de chaque nouvel article de M. Gresh.
    Parfois il vaut mieux la fermer.... surtout quand on n’a rien à dire.

    Aux critiques de M. Gresh sur la silence relative des médias et son "aucun commentaire, aucun éditorial indigné ni dans Le Monde ni dans les autres médias", Lolo l’intello nous sert quatre "preuves" du contraire :
    - un ’article’ de Paris Match
    - un dépêche Reuters publié par Le Nouvel Obs
    - un dépêche AFP, remanié de manière différente et publié par France 24 et La Croix.

    Bien oui, quand on a trop l’habitude à s’instruire par wiki et les bulletins quotidiens de la Hasbara Centrale, on ne sait plus ce que veut dire un éditorial ni même un commentaire....

  • permalien Joub :
    29 janvier 2012 @21h59   « »

    Point final, aucun commentaire, aucun éditorial indigné, ni dans Le Monde, ni dans les autres médias.

    Sauf dans Paris Match, France 24, Le Nouvel Obs, La Croix, etc ...

    Excepté l’article de Paris Match, ce ne sont ni des éditos ni des commentaires mais simplement des dépêches AFP ou REUTER relayées par les sites que vous donnez en lien.

    Les avez vous lues ?

  • permalien Shanaa :
    29 janvier 2012 @23h15   « »

    La guerre d’Irak est une guerre coloniale totale, style guerre d’Algérie.
    Avant l’invasion, l’état major américain a demandé à visionner le film "La bataille d’Alger". C’est donc une guerre de la terre brûlée.
    Cet acte sauvage, précédé par d’autres aussi horribles, est aggravé par le racisme, le mépris, le différencialisme et le désir de tuer comme dans les jeux vidéos dont est abreuvée la soldatesque.

  • permalien ben ramden :
    30 janvier 2012 @00h53   « »

    une guerre c’est une guerre avec son cortége de massacre et d’éxtermination,moi malheuresement je sais ce que signifie une guerre.pol pot a exterminé quarante pour cent de la population du cambodge,la majorité des musulmans,le premier territoire libéré du joug du colonialisme franco-espagnole da,s le monde arabe fut le nord du maroc,sous la conduite de abdelkarim el khatabi le leader rifain marocain de tous les temps.hommage a notre intellectuel arabe chretien,azmi bechara qui a reconnu la bravoure et la tenacité de la résistance heroique du peuple marocain.il a dit notamment que la résistance du peuple algerien a peut etre dissimulé la bravoure et le courage du peuple marocain face à une agression conjointe de la france et de l’espagne,que le peuple marocain est un peuple guerrier.tous les ecoles de guerre les plus prestigieuses au monde enseignent la pensée stratégique de notre leader marocain avant toue choses que certains disent berbéres que son fils dit arabe que ses filles parlent courament l’arabe.quant à moi je suis arabo-berbere et negro africains plus proche des israelites par appartenance à la terre des ancetres.
    hommage à notre penseur pur sang arabe paléstinien.

  • permalien Thomas Trib :
    30 janvier 2012 @01h22   « »
    Victimes civils, pertes militaires

    Il y a malheureusement eu des dizaines voir des centaines de "Haditha" en Irak...

    La tendance journalistique veut qu’aujourd’hui chaque décès de soldat est individualisé alors que les morts civils sont livrés par paquet, une succession de chiffres qui en deviennent abstraits.

  • permalien Jeff :
    30 janvier 2012 @08h46   « »

    Homs, Deraa, Idlib, des massacres impunis en Syrie.

  • permalien Laurent Szyster :
    30 janvier 2012 @11h51   « »

    @Jordi Grau,

    Les premiers responsables de 87% des civils tués en Irak entre 2003 et 2011 ce sont les salauds qui ont perpétré ces violences sectaires.

    Il faudra un jour qu’on cesse de considérer les Irakiens et les peuples de la région comme des irresponsables dépourvus de volonté propre, des figurants manipulés comme des marionnettes.


    @Deir Yassin,

    Oui, jouons sur le mots et enc..... les mouches pour continuer de prétendre qu’aucun médias n’a jamais évoqué le massacre de Haditha et que l’échec de l’accusation au procès des militaires américains est passé sous un coupable silence.

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @12h10   « »

    L’embargo et les armes interdites utilisées pour raser la ville de Fallujah démontrent la volonté de détruire ce pays !
    Les rapports sur l’augmentation des malformations néo-natalesl et des leucémies suffisent pour parler de crimes de guerre.
    Les irakiens disent que leur pays a été empoisonné et qu’on cherche à éliminer la population à petit feu !

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @12h23   « »

    @ Laurent Szyster , ne me dites pas que vous tentez de justifier des massacres de civils ?
    Plusieurs choses sont sûres, incontestables : Les irakiens sont chez-eux.
    Les irakiens n’ont pas attaqué les USA.
    Les civils ne sont pas responsables de décisions politiques.
    Au temps de Saddam il n’y avait pas d’attentats.
    Les attentats peuvent être commis par les nombreux mercenaires qui pullulent en Irak, tel que les black water and co (false flag).

  • permalien HN :
    30 janvier 2012 @13h18   « »

    Mr Szyster, votre comparaison n’est pas très cohérente (en plus d’être cynique au plus haut point, en pointant du doigt un autre problème le temps de mettre la poussière sous le tapis), puisque vous parlez d’irakiens qui tuent des irakiens.
    Ici, on vous parle d’américains impunis qui ont perpétré un massacre sur des innocents, dans un pays étranger.

    Cela dit, je ne doute pas qu’un terroriste qui se fait gauler par le gouvernement irakien ou américain passera un sale quart d’heure (ou plutôt vingt ans de torture à Guantanamo).

    En revanche, un militaire américain qui commet un massacre écope de 3 mois d’arrêts... Ensuite, il peut arrêter sa carrière et bosser dans l’informatique (développeur sur le prochain Call of Duty peut-être, avec son expérience...)

    A l’inverse, un quidam peut passer des années à Guantanamo sans aucun motif ni aucune preuve, ni aucun jugement.

    Par ailleurs, ayant lu les liens que vous avez posté, je ne vois nulle indignation. Juste une recopie des dépêches AFP, des compte-rendus du procès et de l’enquête ou des citations de citoyens irakiens.
    Où sont donc les larmes et les sanglots habituels des Morin, Sarkozy, etc... ?

    Je passe sur le fait que le gouvernement américain a déclenché cette vague d’attentats en envahissant l’Irak en se souciant comme d’une guigne de l’avenir des irakiens.
    Et que ces types, psychologiquement rincés, vont être relâchés sans punition, mais surtout sans traitement.
    Aussi bien, dans qqs années, on en retrouvera un en train de faire un joyeux massacre dans un mall aux USA...
    Mais ne nous posons pas trop de questions surtout.

    Le mal c’est l’Islam, du grand penseur Laurent Szyster...

    Cdlmt

  • permalien Laurent Szyster :
    30 janvier 2012 @13h20   « »

    Le dernier paragraphes de l’article appelle deux autres remarques.

    Primo, notez que M. Gresh substitue le concept vague d’Occident à celui plus adéquats de démocraties libérales pour décrire les gouvernements qui ont participé à la coalition américaine en Irak (la Corée du Sud n’est pas plus en Occident que le Honduras ou l’Ukraine).

    Cette façon de réduire une forme de gouvernement à son origine culturelle, l’Occident, serait condamnée par M. Gresh si M. Roufiol écrivait à propos des dictature du Proche-Orient que "le discours pacifique et tolérant tenu par l’Islam est la couverture d’une politique tyrannique" !

    In fine, parler d’Occident au lieu de démocraties évite l’explication donnée par Tocqueville à l’hypocrisie du gouvernement américain et ouvre la voie à une interprétation aussi essentielle que stupide : les blancs ont la langue fourchue.

    Secundo, l’article du New York Times cité ne sera sans doute pas lu par une partie non-anglophone et/ou passive du public.

    Dommage, car on y trouve ceci :

    People who followed the case say it collapsed largely because of prosecutors’ errors — including giving immunity to squad mates whose credibility as witnesses came into question, and tactical decisions that led to a lengthy delay before the trial got under way.

    (...)

    That acquittal rate is more than twice as high as it is in civilian criminal cases, said Stephen A. Saltzburg, a law professor at George Washington University. But, he said, the gap is not surprising, given the chaos of combat.

    “Those considerations mean there’s more likely to be a reasonable doubt, when you’re trying to figure out what happened,” he said.

    (...)

    By contrast, the justice system has been more likely to hand down convictions and lengthy sentences for killings detached from the chaos of combat.

    One soldier was sentenced to life in prison — and another who testified against him received 24 years — in the “kill team” case in Afghanistan in 2010. In that case, the defendants were part of a drug-addicted platoon and were accused of deliberately going out with the goal of killing civilians at random — and collecting body parts as trophies.

    L’issue scandaleuse au procès du massacre d’Haditha s’explique plus par l’incompétence et les erreurs du procureur que par le doute souvent accordé aux militaires dans le chaos des combats.

    Si elle n’est pas parfaite, la justice militaire américaine est en fait nettement plus diligente et sévère que ce voudrais faire croire M. Gresh.

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @13h53   « »

    Le mot "combats" voudrait faire croire à deux armées face à face !
    Or, la guerre contre l’Irak est une guerre totalement assymétrique dirigée contre des civils !
    Dans ce pays les entreprises privées et les mercenaires pullulent, semant la terreur, le divisionnisme, le chaos !
    La guerre illégale contre l’Irak a démontré, comme l’opération "plomb durci sur le ghetto de Gaza, que les guerres propres ça n’existent pas, et que les crimes de guerre des puissants sont impunis !

  • permalien HN :
    30 janvier 2012 @14h05   « »

    L’issue scandaleuse au procès du massacre d’Haditha s’explique plus par l’incompétence et les erreurs du procureur que par le doute souvent accordé aux militaires dans le chaos des combats.

    Oui. Ça tombe vachement bien cette "incompétence" et ces "erreurs", hein ?
    Et de ça non plus donc, on n’en cherche pas les causes ?
    On continue à prendre pour argent comptant les témoignages des frères d’armes des meurtriers sans se douter qu’ils auront un chouïa de solidarité pour leur pote ??
    Tout est beau dans le meilleur des mondes...

    Si elle n’est pas parfaite, la justice militaire américaine est en fait nettement plus diligente et sévère que ce voudrais faire croire M. Gresh.

    En effet, cf la remarque sarcastique d’un flic qui fait la leçon à des gosses dans "Very Bad Cops" (comédie certes débile mais non dénuée de vérités toutefois) :
    "Qqs conseils pour ne pas avoir d’ennuis dans la vie :
    - Evitez de naître afro ou latino-américain
    ".

    Rien à ajouter votre honneur.

  • permalien deMontigny :
    30 janvier 2012 @15h50   « »

    Peut-on dresser des comparaisons entre l’impunité des militaires responsables de ce massacre, indemnisés, et les britanniques qui ont ouvert le feu sur une manifestation en Irlande il y a trente ans et qui demeurent, eux aussi, impunis ? Quand on tue au nom de l’Empire... Pensent-ils que tout ceci sera simplement oublié ?

  • permalien Laurent Szyster :
    30 janvier 2012 @16h17   « »

    @HN,

    Oui. Ça tombe vachement bien cette "incompétence" et ces "erreurs", hein ? Et de ça non plus donc, on n’en cherche pas les causes ?

    N’attribuez jamais à la malveillance ce qui peut s’expliquer par la stupidité.


    @Shanaa,

    Non, je n’essaye pas de justifier le massacre de civils.

    Ce que je critique ici c’est la façon dont M. Gresh utilise l’issue malheureuse d’un procès mal instruit contre des militaires américains par la justice américaine pour soutenir une vision qu’on pourrait qualifier d’occidentalisme.

    Ainsi, le discours des démocraties libérales aux peuples de la région ne serait qu’une manifestation du cynisme essentiel de l’Occident.

    A l’heure ou les éditorialistes français et le Quai d’Orsay multiplient les déclarations sur les massacres en Syrie on voit où M. Gresh veut nous mener avec son indignation contre la presse et des officiels français ...

  • permalien roro :
    30 janvier 2012 @16h59   « »

    rien d« etonnant »cest un comportement colonialiste aussi vieux que le fardeau de l homme blanc pour civiliser les peuples sauvages

  • permalien HN :
    30 janvier 2012 @17h01   « »

    Je ne pensais pas à de la malveillance. C’est dans leur propre intérêt, un réflexe d’autodéfense. Rien de machiavélique là-dedans. Et à qualifier toutes les saloperies de bêtises, sans les expliquer, les comprendre, essayer de ne pas les réitérer, on finit par éluder les vrais problèmes.

    Mais c’est trop facile de tout expliquer par la bêtise :
    - les hauts gradés de l’armée américaine n’apprécient guère les "tâches" sur leur uniforme (que ce soit par un "sentiment patriotique" ou simplement plus personnel/corporatiste).
    - les soldats jugés n’apprécient guère de passer du temps en taule ou de voir leurs compagnons d’armes tomber (là aussi, simple sentiment corporatiste/patriotique/de fraternité, sans compter le lot de racistes pour qui la vie d’un irakien ne vaut pas 1 kopeck).

    Il n’empêche qu’il reste des dizaines de familles irakiennes massacrées et dont les meurtres restent impunis, à cause de ces comportements corporatistes/d’autodéfense.

    Il reste également des centaines (probablement des milliers) de soldats américains traumatisés par leurs actes, par ceux de leurs confrères, par ceux de leurs ennemis, qui n’auront aucun traitement, aucun suivi psychologique.
    Mais c’est pas grave, dans qqs années, on verra l’un d’entre eux débouler dans un mall d’une tranquille banlieue américaine et dézinguer tout ce qui bouge...

    Cdlmt

  • permalien HN :
    30 janvier 2012 @17h10   « »

    Je concède que parfois, on arrive à en coincer un et à le faire morfler : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bradley_Manning...

    Vous discernerez, j’espère, le sarcasme dans mon propos.

    Cdlmt

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @17h21   « »

    Le droit international reste soumis à la force, pourvu que celle-ci soit vraiment forte. La morale et la justice mises au service de la politique des Etats desservent la morale et la justice, les transformant en simples instruments entre les mains des puissants et les faisant apparaître comme un voile hypocrite jeté sur la défense de leurs intérêts. Le messianisme, cette politique menée au nom du bien et du juste, dessert l’un comme l’autre. Rien ne semble mieux illustrer la célèbre formule de Pascal : « Qui veut faire l’ange fait la bête. » Tzvetan Todorov.

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @17h46   « »

    La conclusion de monsieur Gresh est tout à fait juste.
    Le décalage entre le discours et les actes discréditent les démocraties, mais aussi les instantes internationales chez les peuples agressés, et aussi chez les citoyens des dites démocraties.

    "puisqu’il faut imposer aux autres le bien par la force, au lieu de seulement le leur proposer, on postule au départ qu’ils sont incapables de se diriger eux-mêmes et que, pour être libérés, ils doivent d’abord se soumettre. Or, poser ainsi l’inégalité entre eux et nous, c’est aller à l’encontre du premier principe de la justice et de la morale, et de ce qu’on était censé incarner. Le résultat de cette contradiction interne est que l’on compromet durablement les valeurs démocratiques que l’on prétendait servir, puisqu’elles apparaissent à leurs supposés bénéficiaires comme un masque pour des motivations autres — politiques, économiques, idéologiques. [...]" Tzvetan Todorov.

  • permalien oranais :
    30 janvier 2012 @19h15   « »

    tant que l’argent dominera, les peuples faibles se feront massacrer, puis lorsque eux memes deviendront fort , ils massacreront jusqu’au jour du jugement dernier, c’est aussi simple que cela

  • permalien Shanaa :
    30 janvier 2012 @21h58   « »

    @ Oranais, cela s’appelle du fatalisme !
    Les moyens militaires et technologiques ne sont plus les mêmes !
    Il s’agit de savoir si oui ou non nous devons disparaitre pour que les 2% continuent de s’engraisser !
    Ces militaires des classes pauvres tuent des irakiens pauvres pendant que les riches jouent au golf ou spéculent le prix du pétrole !
    Dans sont dernier ouvrage, Noam Chomsky, lance un appel, tellement nous avons atteint le summun de la connerie : "Dominer le monde ou sauver la planéte".

  • permalien Shanaa :
    31 janvier 2012 @13h10   « »

    Qu’arrve t-il quand une seule puissance, un seul parti, un seul homme fait la loi ?

    " Auparavant, l’équilibre entre les deux superpuissances — un équilibre de la terreur — assurait la relative stabilité du monde ; chacune des deux pouvait " faire le ménage " dans sa sphère d’influence et dominer ses satellites, mais chacune exerçait aussi pour l’autre le rôle de frein.
    Depuis que subsiste une seule superpuissance, le danger de la démesure est apparu sous une nouvelle forme, car plus rien ne s’oppose à l’extension de son action. Les Etats-Unis sont tentés de devenir le gendarme planétaire, d’imposer leur volonté par la force — présentée, faut-il s’en étonner, sous les couleurs du bien." Tzvetan Todorov.

  • permalien sebastien :
    31 janvier 2012 @17h56   « »

    La dégradation peut parraître comme une sanction insufisante, mais n’oublions pas que les militaires français qui ont fait de même dans les guerres coloniales ont été promus et décorés.
    Quite à choquer, et en comparant avec le traitement des crimes commis dans les guerres coloniales françaises, c’est déja ça si le sergent est dégradé.

  • permalien Shiv7 :
    31 janvier 2012 @18h25   « »

    @Shanaa

    oranais :
    tant que l’argent dominera, les peuples faibles se feront massacrer, puis lorsque eux memes deviendront fort , ils massacreront jusqu’au jour du jugement dernier, c’est aussi simple que cela

    Shanaa :
    @ Oranais, cela s’appelle du fatalisme !
    Les moyens militaires et technologiques ne sont plus les mêmes !
    Il s’agit de savoir si oui ou non nous devons disparaitre pour que les 2% continuent de s’engraisser !

    Qu’entendez vous par les moyens militaires et technologiques ne sont plus les même ?

    Il me semble que oranais n’a pas vraiment tort, car ces fameux moyens, du moins les plus performant seront toujours détenus par ceux qui ont le plus d’argent, les faibles d’aujourd’hui étant les forts potentiels de demain, il n’y a aucune raison que cela change, au contraire les pouvoirs technologiques donneront de plus en plus de pouvoir à un nombre limité de personnes *, je vois mal comment sortir de ce cercle vicieux.

    Que propose Noam Chomsky ?

    * On pourra même se passer des militaires vu les progrès de la robotique, il suffira de payer grassement quelques chercheurs, techniciens et constructeurs et réduire le reste à la disparition ou à l’esclavage..

  • permalien Shanaa :
    2 février 2012 @17h29   « »

    Shiv7, oups ! je n’avais pas lu votre post !
    Noam Chomsky, comme Tolstoî ou Ghandi, dénonce le pouvoir comme responsable de la violence. Il mise sur une prise de conscience des masses. Or, avec les moyens technologiques actuels, le pouvoir s’adapte, utilise la propagande, compromet cette prise de conscience par la "fabrique du consentement".
    Que propose Chomsky ?
    Lors de la guerre d’Irak , en 2003, les peuples du monde entier avaient dit : Non à la guerre ! Bush avait répondu : Ce n’est pas la rue qui commande !
    Chomsky a donc raison sur deux points : La deuxiéme puissance c’est le peuple.
    La propagande est à la démocratie ce que le gourdin est à la dictature !
    Certes, les moyens militaires étaient, sont, et seront détenus par les puissants. Or, si les peuples sont suffisamment conscients, les choses peuvent s’améliorer, voire changer !
    A moins que vous m’affirmiez avec certitude, que la guerre est dans les génes de l’humain, une fatalité biologique, non un produit culturel !

  • permalien Shiv7 :
    2 février 2012 @19h15   « »

    @Shanaa

    A moins que vous m’affirmiez avec certitude, que la guerre est dans les génes de l’humain, une fatalité biologique, non un produit culturel !

    Je ne pourrais pas affirmer avec certitude que la guerre soit génétique, mais il faut bien admettre qu’on a jamais vu encore dans l’histoire connue de très longues périodes sans guerre, certain anthropologues affirment même qu’elle est une nécessité (comme la fête) sociale ou génétique (soit l’un soit l’autre soit les deux, la séparation entre l’inné et l’acquis n’étant pas forcément évidente) de l’homme.

    Soit dit en passant, je suis grand amateur de Ghandi et j’ai personnellement objecté à l’armée.

    Quoi qu’il en soit à l’heure actuelle le problème essentiel est surtout les moyens dont dispose l’homme pour la faire.(la guerre)

    On peut aussi supposer que précisément l’évolution soit culturelle (voir spirituelle) soit ontologique (en supposant qu’il y ait bien évolution d‘une sorte ou d‘une autre) de l’homme soit un fait qui viendrait à bout de cet esprit guerrier, mais il faut bien admettre là aussi qu’on en voit aucun signe.

    D’autre part espérer qu’il n’y aurait plus de guerre ne revient-il pas à supposer que ce monde puisse chasser le mal (la guerre, la mort, etc.), pour être le monde du bien, ce qui correspond précisément à l’utopie moderne (l’Empire du Bien) que les ancien voyaient dans un arrière monde (le ciel paradis, etc.), et il vrai qu’à tout prendre l’utopie des anciens me parait plus vraisemblable (elle est surtout invérifiable, c’est du reste ce qui en fait sa valeur) que celle des modernes, mais j’espère me tromper bien entendu.

    Ceci étant je ne crois pas être fataliste, si ce n’est sur la possibilité technologique qui donne une puissance de destruction démesurée (au sens propre) soit à l’état( ou n’importe quelle association, notamment marchande) mais aussi à un simple individu (donc au peuple).

    Suite

  • permalien Shiv7 :
    2 février 2012 @19h19   « »

    Chomsky a donc raison sur deux points : La deuxiéme puissance c’est le peuple.
    La propagande est à la démocratie ce que le gourdin est à la dictature !

    Bien entendu le peuple donne la puissance au prince, car le prince sans le peuple n’est plus rien, mais précisément à notre époque, toujours à cause de la technologie, c’est maxime devient de moins en moins vraie.

    Concernant la propagande dans le contexte des nouvelles technologies de l’info et de la communication (notamment le Net), prend une drôle de tournure.
    Car d’un coté Big Brother devient une réalité tout à fait réalisable techniquement et d’un autre la communication (tout au moins virtuelle) démocratique d’individu à individu est aussi un fait potentiel.

    Le sujet est vaste, cela fait plusieurs années que je m’intéresse à ce sujet, et il y a une multitude de points de vues, selon les auteurs, sur la question.

    Je ne signalerais brièvement que l’hypothèse de Baudrillard que je trouve assez censée et originale ;

    Pour lui autant la propagande du prince que la possibilité démocratique du peuple se résorbent dans ce qu’on pourrait appeler le trop plein (profusion d’infos qui mène a la confusion et la déperdition de toute valeur intrinsèques, notamment entre le faux et le vrai), et le trop vite (qui absous tout jugement critique qui demande un temps de réflexion, mettant notamment au premier plan des réaction purement émotionnelles), la conjugaison de ces deux facteurs amenant ce qu’on peut appeler assez justement un chaos total et global.

    En somme le trop et le vite amène à la négation pur et simples de la communication, un peu comme la pornographie en arrive à la négation du sexe, ou l’avion à la négation de l’Espace entre le point de départ et celui de l’arrivée, ou encore la suractivité fébrile (du travail et des loisirs) en arrive à supprimer le Temps lui même.

    Petite parenthèse qui n’a rien à voir. J’aime beaucoup votre pseudo.., pouvez vous m’indiquer son origine et sa signification ?

  • permalien Orangerouge :
    3 février 2012 @19h43   « »

    Au ton du post de sebastien (31 janvier @17h56) , on sent bien qu’il ne compte aucun ami dans la famille de Fayez Haratt Khalaf.

    Et, ce qui est pire, qu’il ne peut même pas imaginer qu’il en ait un, un ami, un enfant qui aurait l’un de ces noms.

    "J’ai reçu plusieurs rapport indiquant qu’au moins dix personnes ont été tuées dans cette opération", dit-il. Il s’agit de Fayez Haratt Khalaf, 28 ans,
    sa femme Soumayya Abdel Razzaq Khouzer, 24 ans, leurs trois enfants
    Hawraa (5 ans),
    Aïcha (3 ans)
    et Houssam (5 mois).

    Parmi les victimes figurent aussi
    Turkiya Majid Ali (74 ans) la mère de Fayez,
    la sœur de Fayez
    dont le nom est inconnu,
    la nièce et le neveu de Fayez,
    Asma Youssef Maarouf (5 ans)
    et Oussama Youssef Maarouf (3 ans)
    et une parente qui les visitait Iqtisad Hamid Mehdi (23 ans).

  • permalien Nafissatou :
    4 février 2012 @02h11   « »

    J’avais été ému par le film, et partage l’indignation de l’injustice faite aux victimes.
    Mais comment imaginer une réparation pour ces familles après de telles atrocités ?
    Comment espérer qu’un tribunal militaire américain puisse rendre justice dans une telle affaire ?
    Les vrais ("présumés") coupables, l’Administration GW Bush, sont-ils passibles du TPI ? Ce sont eux, et dans ce tribunal, ou rien...

  • permalien Orangerouge :
    4 février 2012 @10h20   « »

    Nafissatou, condamner normalement les auteurs directs de ce massacre épouvantable, à une peine proportionnelle à leur caractère inhumain, serait déjà reconnaître implicitement que Bush était un criminel de masse.

    Ensuite les avocats des auteurs directs se retourneraient vers l’administration pour leur faire partager la responsabilité ... et ainsi de suite vers le haut de la hiérarchie.

    Les mécanismes juridiques sont faits pour déterminer les responsabilités. Encore faut-il ne pas éviter soigneusement de les mettre en branle.

  • permalien Shanaa :
    4 février 2012 @15h20   « »

    @ Shiv7, tout à fait d’accord avec votre conclusion !
    La technologie à, certes, donné quelques améliorations, mais elle a créé des problémes et des dangers plus grands qu’hier !
    Ni la science ni la technologie ne sont parvenues à résoudre les principaus maux de l’humanité, comme les guerres, la violence, la pauvreté, la faim !
    C’est bien la preuve qu’il leur manque, en paralélle, une évolution morale qui donne aux actes une base ethique.
    Or, toute découverte est assujettie à l’argent pour satisfaire l’avidité d’une minorité pour laquelle la fin justifie les moyens !
    Ceci ouvre la voie à l’égoisme, l’individualisme, le désir sans fin de possessions et l’exaltation des passions.
    La guerre reste donc un mal incurable, mais celui-ci n’a pas toujours accompagné l’humanité. Il semble, que c’est avec la sédentarité et la découverte de l’outil que les massacres ont commencé, comme le montrent des fresques ! Auparavent on voyait essentiellement des scénes de chasses.
    Ce qui exclut tout déterminisme ! La guerre sous-tend des motivations analysables. Un exemple :
    "René Girard souhaite en montrant que le désir mimétique est le désir de ce que l’autre possède : soit des objets réels, mais peut-être aussi (et surtout) le désir de s’approprier « l’Être » du rival devenu son modèle. il s’agit alors devenir ce que devient l’autre quand il possède l’objet convoité (désir métaphysique rabaissé au niveau du désir mimétique). À partir du moment où il apparait que l’un des deux rivaux domine, s’arme le ressort puissant du ressentiment, qui conduit rapidement au duel : « c’est lui ou c’est moi ». La guerre n’est donc qu’une forme de rivalité mimétique, transposée entre des groupes, dans laquelle la violence est canalisée vers l’extérieur de la communauté via le processus du Bouc émissaire."
    Avez-vous entendu parler de l’expérience de Milgram ?

    Ps. Shanaa est d’origine arabe. Mais aussi hébraique, et celte.

  • permalien Patrice :
    4 février 2012 @15h29   « »

    @shiv7
    Génétique, le comportement guerrier ?
    Pas sûr, dans la mesure où l’unité grégaire humaine est la tribu, soit un nombre très limité de personnes capables de se reconnaître mutuellement, de collaborer avec des codes communs, et de s’identifier en tant que détenteurs d’un territoire commun, qu’ils défendront, et chercheront à étendre sans dépasser une limite naturelle : Celle liée aux possibilités d’accès.
    Ce principe régit les comportements guerriers des primates agressifs. On n’a jamais vu une tribu primate capable de s’allier avec plusieurs autres pour mieux assurer sa défense, ou aller piller les territoires voisins. Un tel comportement "patriotique" peut procéder, pour l’homme, de la nécessité, et donc du raisonnement. La généralisation de l’attitude ne pourra se transmettre que via la transmission culturelle, même si l’agressivité et le goût du combat demeurent innés.
    Le patriotisme fait donc partie des "valeurs" acquises, contrairement à l’instinct qui pousse les zonards à se regrouper en bandes pour "défendre" leur quartier.
    Dans la mesure où les rois, ou agonistes, considèrent le patriotisme comme une qualité morale utile, ils poussent enseignants et curés à le transmettre aux enfants. On notera une fois de plus la toxicité de la religion, dont l’un des rôles principaux est de maintenir les aspects "non naturels" de la morale, entre autres, le classement dans la case "bien" du travail*1 et de la patrie. Éradiquez la religion, et personne n’accepte plus d’aller se faire trouer la peau.
    En ce qui concerne plus particulièrement les guerres d’Irak, qui ont fait un million de morts, commençons par condamner ceux qui les ont provoquées. Les abrutis qui ont accepté de partir là bas ont été plongés dans un univers extrêmement stressant, qui les a bien entendu rendus fous. Leur comportement n’a rien d’étonnant. Toutes les guerres entraînent inéluctablement des massacres de ce genre. Même les intellos de ce forum se transformeraient en SS si on les plongeait dans un univers aussi pathologique.
    Commençons donc par pendre la famille Bush*2, et envoyons les combattants d’Irak à l’asile. Ce sont des victimes, comme les dingues qui font sauter des bombes sur les marchés.
    *1. Le travail est utile...sauf quand il est imposé aux pauvres par des gens qui, eux, ne travaillent pas.
    *2. Ils n’avaient qu’à supprimer la peine de mort. Trop tard.

  • permalien Patrice :
    4 février 2012 @15h48   « »

    @shanaa
    Pas trop d’accord avec Girard concernant le mimétisme d’appropriation, même si je le suis concernant la genèse des dieux. En revanche, l’analyse de Lorenz concernant l’instinct de territoire a l’avantage de l’universalité, car l’expression de cet instinct est observable chez la majorité des espèces. Mais vous avez raison de rappeler le fait que, comme le soutenait Rousseau, le "bon sauvage" chassait plus qu’il ne guerroyait.
    Or, il se trouve que, parmi les comportements innés observables chez le singe, se trouvent ceux liés au sens de l’équité (même offrande pour une même tâche, sinon, le chimpanzé laisse tomber l’exercice). Et il se trouve aussi que les premières sociétés sédentaires, c’est à dire agricoles, ont aussi institué l’inégalité de revenu, de naissance, et de rapport tâche/gratification. D’où d’inévitables tensions, propres à déclencher des conflits. Le rôle des religions a consisté à dériver l’aggressivité vers des boucs émissaires, et, si la parade ne suffisait pas, vers les peuplades voisines, l’important étant de préserver le pouvoir. Mais ce n’est pas un hasard si les curés bénissent les canons. Ils ne font que leur travail.
    Il est probable qu’une société égalitaire n’aurait besoin, ni de guerres, ni de religions, ni de guerres de religion. On peut rêver.

  • permalien Shiv7 :
    5 février 2012 @11h26   « »

    @Shanaa et Patrice

    Avez-vous entendu parler de l’expérience de Milgram ?

    Même les intellos de ce forum se transformeraient en SS si on les plongeait dans un univers aussi pathologique.

    Mais vous avez raison de rappeler le fait que, comme le soutenait Rousseau, le "bon sauvage" chassait plus qu’il ne guerroyait.

    Il ressort des différentes conclusions ci-dessus, qu’effectivement l’homme à la base n’est pas foncièrement mauvais (même si à mon avis le bien et le mal sont partie intégrante de l’homme, tout comme la vie et la mort), il est certain que la société, les conditions ambiantes ainsi que les propagandes idéologiques de n’importe quelles natures ne l’arrange pas, ne dit-on pas du reste que les défauts sont beaucoup plus mimétiques que les qualités..

    Mais ceci n‘est pas très rassurant, car par les temps qui cours notamment par l’interaction de la démographie mondiale conjuguée avec les moyens de communications, c’est-à-dire, une terre de plus en plus peuplée qui parallèlement se rétrécit, fait que l’homme doit subir de plus en plus la contiguïté de la société, (sans parler que l’homme est de moins en moins autonome et de plus en plus dépendant du système global).

    Dans ce contexte la bonté naturelle de l’homme, même si à la base devrait déterminer, par son groupement, une société bonne, on a plus l’impression que présentement ce processus soit complètement inversé et que par la force des nouvelles conditions vues ci-dessus, se soit précisément, sans échappatoire possible, la société qui détermine complètement l’humain et ceci d’une façon complètement inédite et absolue via la mondialisation globale.

    En somme j’ai l’impression que si jusqu’à un certain point de l’évolution de la grandeur des groupement humains l’homme pouvait accoucher d’une société pas trop mauvaise et nocive, ce n’est plus le cas aujourd’hui et peut être peut-on pousser la réflexion un peu plus loin en faisant l’hypothèse que finalement le suicide potentiel de la société humaine et de ses composants est une sorte de réaction biologique de notre planète mère.

  • permalien Shanaa :
    5 février 2012 @17h06   « »

    Patrice, vos remarques sont justes, mais elles manquent de petites nuances qui ont leur importance :
    Dans le même contexte, les individus ne réagissent pas de la même façon. Ainsi, certains GIS ont déserté , d’autres ont refusés de tirer sur des civils !
    Quant aux "intellos", ce ne sont pas forcément les meilleurs, mais les plus malins dans le sens machiavélique du terme ! Ce sont eux qui tracent les plans d’une agression, eux qui l’ordonnent, eux qui en tirent profit. De plus, ils sont bien planqués et envoient les sans grade au casse pipe !
    C’est souvent la pauvreté ou le chômage qui les a poussé dans les bras de l’armée !
    En Irak, beaucoup de soldats latinos se sont vus promettre des papiers américains à la fin de la guerre.
    On voit que la ploutocratie crée les conditions, les tensions et les guerres. Normal, elle n’y participe pas directement et n’y envoie pas sa progéniture !

  • permalien Shanaa :
    5 février 2012 @18h45   « »

    Shiv7, effectivement, la connaissance est tombée trop tôt aux mains de personnes pas trés éclairées ! La nature, l’avenir de la planète, celui des hommes, auront été sacrifiés à l’argent, à la marchandise, au profit d’une infime minorité de dominants qui signent, par leurs funestes décisions, la fin programmée des 80% de leurs semblables, et d’autres créatures terrestres !
    Les ploutocrates, qui décident pour la majorité, n’ont aucun intérét à se poser des questions sur un systéme qui leur est favorable. La richesse, le luxe, le pouvoir les ont rendu aveugles et sourds ! Bref, aprés eux le déluge ! La foule continu a les voir comme des êtres hyper-vertueux et intelligents pour organiser la politique.

    Des signes symboliques disent clairement la fin de leur monde, evec la réssurgence d’une barbarie d’un genre nouveau, qui tue des gens à partir du ciel, donc sans jamais les voir, ce qui rend irresponsable et froid.
    Le chaos créé en Irak est devenu général, de même que la destruction et le pillage volontaires des signes de la culture du pays envahi, comme ce fut le cas pour les tablettes d’écriture sumérienne ou le musée de Bagdad . Seuls le ministère du pétrole et les installations pétrolières furent protégés. Donc, le fric d’abord !
    Même les Huns n’ont pas détruit les tablettes sumériennes qui existent depuis 5000 ans ! C’est dire que notre époque a touché le fond ! Pire que les Huns !
    Des êtres aussi bornés, cupides et arrogants peuvent parfaitement s’autodétruire !

  • permalien sahraoui :
    9 février 2012 @00h03   « »

    il ne faut pas oublier non plus le massacre d acteal en décembre 1997 au chiapas,toujours impuni !

  • permalien patrice :
    11 février 2012 @16h59   « »

    @Shiv7
    Les critères "bon", ou "mauvais" ne sauraient être appliqués au "bon sauvage", c’est à dire à un animal intelligent dont le comportement était régi par un certain nombre d’instinct comportementaux sélectionnés par l’évolution comme propices à la survie de l’espèce. Empathie et compassion font partie de cet ensemble, de même qu’instinct de territoire et agressivité, respectivement classés ultérieurement dans les cases "bien" et "mal". A noter au passage le fait que la découverte de "bons instincts" chez l’homme est récente, et qu’elle contredit la croyance chrétienne en la dichotomie entre "la bête", mauvaise par essence, et l’âme, c’est à dire la part divine enfouie en l’homme, qui combat les mauvais instincts "animaux" de l’humanité, considérée comme une espèce singulière, dotée du libre arbitre, et, accessoirement, de tout un tas de capacités spécifiques absentes chez l’animal, comme le rire, le sentiment de culpabilité, la conscience de la mort, etc.
    Tout cela est désormais infirmé par l’observation fine des animaux supérieurs. On découvre avec stupeur que les primates sont capables de raisonnement déductif, capables de formuler des métaphores poétiques (grâce au langage des signes), capables de mentir, de plaisanter, de ruser, etc. Bref, la dichotomie homme/ animal chère aux judéo chrétiens et à Sartre est désormais reléguée dans le domaine de la croyance infondée.
    La seule spécificité humaine est celle de modifier considérablement son environnement, ce qui, d’ailleurs, constitue la source potentielle de sa disparition programmée.
    Et, à ce propos, concernant l’existence éventuelle d’extra terrestres, la question n’est plus : Existe-t-il d’autres civilisations ? Mais, existe-t-il d’autre civilisations aujourd’hui ?
    Ou encore : Combien d’années entre la première émission radio et la disparition d’une civilisation extra terrestre ? Nombre optimiste : 2000 ans. Pessimiste : 500 ans.
    Ouaouh.

  • permalien Shiv7 :
    11 février 2012 @20h41   « »

    Patrice

    La seule spécificité humaine est celle de modifier considérablement son environnement, ce qui, d’ailleurs, constitue la source potentielle de sa disparition programmée.

    On peut retourner ça autrement et dire que la seule spécificité humaine est sa faculté à s’autodétruire (vous connaissez beaucoup d’animaux qui y aille mis autant de coeur à l’ouvrage ?), et de là deviendrait compréhensible sa faculté à modifier considérablement son environnement.., modification qui il faut bien le dire à toujours eu comme moteur principal l’armement.

  • permalien patrice :
    12 février 2012 @18h54   «

    @Shiv7
    Pas seulement. L’homme a bâti une civilisation qui pille les ressources de la planète, et qui ne survivra pas à ce pillage. La technologie du 21ième siècle va graduellement disparaître faute de matières premières, et ce, très rapidement. Je pense qu’il est hors sujet de se préoccuper du réchauffement climatique, problème secondaire si l’on considère les conséquences de la pénurie à venir de tout ce qui constitue la base de notre civilisation industrielle. Les choses deviendront encore plus claires dans 200 ans. On aura sans doute trouvé des énergies de substitution, mais que faire sans métaux ? Et ensuite... ?
    Le monde que nous connaissons vit ses derniers beaux jours. Il gaspillera sans doute ses dernières ressources lors d’un conflit mondial quasi inéluctable, qui ravagera la planète avant de la livrer au chaos. Game over. Ça n’est pas de ma faute si on va devenir la risée de la galaxie.

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