Le Monde diplomatique

Les guerres de l’an 12 (1)

Nobles causes

mercredi 8 février 2012, par Philippe Leymarie

Il y a comme un malaise, sur « ces guerres qu’on dit humanitaires ». Ces « guerres justes » qui sont bien souvent « juste des guerres » — sujet d’un récent numéro de Manière de voir —, même si de grandes ou moins grandes figures intellectuelles les défendent au nom d’un providentiel « usage moral de la violence » : de bien « nobles causes », chantent-t-ils, tout en faisant l’impasse sur les critères ou grilles de valeurs leur permettant de les célébrer. Alors que le droit ou devoir d’ingérence, présenté comme impérieux, est souvent une resucée de la loi du plus fort, du plus offrant ou du plus intéressé. Que la « responsabilité de protéger les populations » ne connaît plus trop de limites. Et qu’un bizarre mélange des genres, entre militaire et humanitaire, nations et coalition, public et privé, a tendance à devenir la règle…

Les caractéristiques des engagements militaro-« humanitaires » en Côte d’Ivoire, Libye, ou Afghanistan ont été souvent décrites, sur ce blog et ailleurs :

— des résolutions glissantes : on part du minimum (une zone d’exclusion aérienne, pour la Libye ; une condamnation de la violence, pour la Syrie, plus récemment), en comptant bien — de proche en proche — élargir le champ de la « mission » ;
— des mandats arrachés au Conseil de sécurité des Nations unies (qui ne peut refuser grand-chose à ses puissances fondatrices), et souvent réinterprétés (au grand dam, dans le cas de la Libye, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de l’Union européenne, et même de la Russie, qui se sont senties flouées) ;
— un sentiment du « deux poids-deux mesures » (on traite certains cas, d’autres non), qui suscite l’amertume dans le monde arabe et africain (où l’on enrage de constater que, par exemple, la Cour pénale internationale ou les tribunaux spéciaux — Rwanda, Sierra Leone — ciblent surtout des dirigeants africains) ;
— l’invocation, pour se justifier, du soutien d’une « communauté internationale » largement virtuelle, en tout cas déséquilibrée, la réforme sur l’élargissement du Conseil de sécurité n’ayant jamais abouti.

Guerre sans risque

Tout cela est sous-tendu par une sorte de « superbe occidentale » :

— unilatéralisme, difficulté à « penser l’autre », guerre menée « au nom du droit » ou de « l’Etat de droit » (avec même, la présence aux côtés des armées en campagne, de conseillers juridiques militaires) ;
— distance avec l’ennemi : négation du « dommage collatéral » ; recherche du « zéro mort » (en tout cas, du côté des assaillants, justiciers, etc.) ; frappes lointaines, depuis les airs ou les mers, voire de manière quasi-clandestine (drones), sans troupes au sol ou — quand elles y sont, comme en Afghanistan — en les barricadant.

On y ajoutera cette tendance à l’ingérence tous azimuts dont se gargarise une OTAN se rêvant « sans frontières » (elle qui s’apprête pourtant à mettre fin piteusement à son opération « d’assistance à la sécurité » du régime Karzaï en Afghanistan) ; et dont témoigne la « furia française », avec un président qui aura réussi à se montrer plus vindicatif que les Américains (version Bush) sur des dossiers aussi explosifs que l’Iran, la Syrie, la Libye, Israël…

Fabrication de l’ennemi

Et cette autre tendance à se lancer dans des guerres dites « préventives » (où l’on s’érige par avance en juge ou justicier) ou des croisades sociétales (pour la défense des droits des femmes, pour « remodeler le Moyen-Orient ») ce qui revient à s’engager dans une périlleuse « guerre de civilisation » — quitte, en cas de besoin, à fabriquer l’ennemi ou à le démoniser, selon le mode décrit par Pierre Conesa :
— raconter une belle histoire (avec un scénario simple, opposant les bons aux méchants) ;
— embarquer les médias dans l’aventure (sans images, pas de crise !) ;
— identifier si possible la « révolution » grâce à une figure populaire, des héros, des symboles (une couleur, un son, des vêtements, par exemple) ;
— désigner l’ennemi en inventant une menace, en élaborant un discours stratégique, en impliquant les think tanks, instituts, observatoires, services de renseignement ;
— faire orchestrer la légitimation de la guerre par des intellectuels ayant accès aux médias dominants, capables de légender cette guerre « juste » et « rédemptrice », voire de présenter des défaites comme des victoires, etc. ;
— mettre en scène les ONG humanitaires (en sauveurs valeureux, ou en malheureuses cibles).

Chauffés à blanc

Le tout sans véritablement se préoccuper des suites ou effets secondaires de ces engagements, rarement à la hauteur des ambitions. Ainsi, en Libye, la guerre des « démocrates » ou « révolutionnaires » aura surtout été menée au nom « d’Allah Akbar ! » ; elle se sera accompagnée d’une « chasse aux Noirs » appuyée sur des considérations racistes ; elle aura contribué à répandre le désordre dans tout le Sahel ; et débouché ces derniers mois sur des affrontements de factions ou de tribus, et des atteintes majeures aux droits de l’homme dans la Libye nouvelle.

N’y avait-il pas, dans ce dernier cas, un calcul « coût-efficacité » à effectuer avant de lancer les machines de guerre ? Quand saura-t-on combien il y a eu au juste de victimes, des deux côtés ? Quand nous prouvera-t-on que « nettoyer » cette dictature finissante était plus important et fécond que la laisser se décomposer d’elle-même, au fil d’une guerre civile qui commençait à se dessiner ?

On insistera aussi sur le rôle central des grands médias, notamment occidentaux, qui multiplient — à chacune de ces crises — les séquences compassionnelles, chauffent à blanc les publics, n’hésitant pas à choisir un camp, attribuant le « beau rôle » à leurs champions — quitte à oublier de rendre compte de la situation « de l’autre côté » (comme en Libye, ou plus récemment en Syrie). La difficulté de « couvrir » l’autre camp, à Tripoli par exemple, en raison de l’hostilité des autorités, ou de la persistance de dangers, ne justifie pas que ce terrain soit déserté, au point de délivrer une information unilatérale, comme ca a été le cas entre mars et septembre 2011 en Libye. Et quitte, aussi, à abandonner franchement le sujet, une fois le Diable liquidé, ou la déception venue : les effets à long terme n’intéressent plus les caméras…

Objectif déminage

Ces considérations, bien sûr, n’empêchent pas qu’il faut « faire quelque chose » face à des situations humainement insupportables, politiquement condamnables, stratégiquement dangereuses, etc. Mais sont à prendre comme une invitation à la prudence, à ne pas banaliser le concept des « guerres justes », à réfléchir à l’avance sur la légitimité des actions entreprises, à s’interroger sur ce recours — faute d’instance opérationnelle à l’ONU — à des alliances marquées politiquement et militairement (comme l’OTAN), à mieux mettre en valeur les outils du droit. Le soutien (et non la guerre) humanitaire, les arbitrages, médiations, négociations, tribunaux internationaux, conférences nationales, commissions vérité et réconciliation sont autant d’instruments de déminage des conflits.

L’idée étant simplement d’obtenir, comme l’écrivait Pierre Micheletti « que la guerre ne fasse pas l’objet d’une “réhabilitation morale”, involontairement aidée par un mouvement humanitaire instrumentalisé ».

56 commentaires sur « Nobles causes »

  • permalien Yvan :
    8 février 2012 @09h57   »

    S’il y a une ingérence, c’est celle de certaines formes d’états ou de certains leaders dans le cash flow des élites financières, toutes nationalités confondues.

    Depuis la fin des guerres coloniales, l’"ingérence humanitaire" qui a relégué le "devoir de civilisation" dans les ZEP périphériques des métropoles, consiste à prendre parti, avec des techniques de police usant de moyens militaires dans ce qu’il faut bien appeler des luttes de classes.

    Le détournement des richesses nationales au profit des peuples sans aucune considérations pour le pouvoir d’achat des nantis impose toujours la triste nécessité d’une contrainte physique, pour la sauvegarde d’une petite part de l’humanité.

  • permalien deMontigny :
    8 février 2012 @16h06   « »

    Ingérence "Humanitaire" ;

    N’oublions pas le rôle vital des ONG ;

    "Les organismes spécialisés de l’ONU, en particulier le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et derrière eux nombre d’ONG, se sont donné pour objectif de répandre la croyance, profondément ancrée dans le monde occidental, qui veut que la plupart des pathologies rencontrées dans le tiers-monde soient la conséquence d’un manque de propreté. Ainsi l’épidémiologie anglo-saxonne, aujourd’hui largement dominante, distingue-t-elle les maladies dues à l’eau et les maladies soignées par l’eau. L’eau qui lave et purifie, l’eau qui souille et contamine, voilà ce qui forme l’essentiel d’un credo plus proche du catéchisme de la modernité que d’une vérité vérifiable. Il suffit, pour se convaincre de la dimension essentiellement liturgique de cette annonce, de se rappeler les prévisions d’épidémies foudroyantes formulées par des experts lors de chaque catastrophe naturelle, alors même qu’il n’en existe aucun exemple. En situation ordinaire, hors de ces contextes de bouleversement, l’essentiel des campagnes d’« éducation sanitaire » consiste plus prosaïquement à vanter les mérites du savon et des latrines, de l’eau bouillie et des ablutions régulières, ces mesures de propreté étant censées prévenir 90 % des maladies contagieuses. Indéfiniment répétée, cette promesse devient une évidence, permettant d’établir une relation causale directe entre un mauvais comportement et la maladie qui le sanctionne."

  • permalien patrice :
    8 février 2012 @16h08   « »

    La question posée est bien entendu : Faut-il intervenir en Syrie ?
    Ou, à défaut : Faut-il apporter aux contestataires une discrète aide logistique, des armes, le soutien de forces spéciales ?
    La Syrie ressemble beaucoup à la Libye, dans la mesure où l’affrontement en cours a des relents ethniques et religieux un peu glauques. La victoire éventuelle des insurgés se solderait sans doute par de nouveaux massacres, et par l’arrivée au pouvoir des intégristes. Dans le même temps, le laissé faire de l’Onu risque de provoquer la survenue d’un génocide à la cambodgienne, dans la mesure où Bachar al Assad se sent fortement menacé, et que tout indique que russes et chinois interdiront toute sanction de l’Onu.
    Ceci étant posé, on n’y peut strictement rien, sauf à se fâcher avec la moitié de la planète. Et il n’est pas dit que notre intervention n’aggraverait pas la situation.
    Tel a d’ailleurs été le cas en Libye, où une dictature militaire a été remplacée par une dictature religieuse gérée par AQMI. Je doute fort que les jeunes démocrates qui ont soutenu l’insurrection y trouvent leur compte.
    Accessoirement, ce que l’on a appelé à tort les printemps arabes ont fait un flop retentissant, aussi bien en Tunisie qu’en Egypte.
    Et aussi...Pourquoi est on intervenu en Libye ? Pour favoriser Total, qui ne paie pas d’impôts en France ? Ils vont nous rembourser ?
    Je vais être très dur. Quand les américains ont libéré la France, ils venaient secourir, sans doute pour des raisons très glauques, un peuple qui aspirait à la liberté. Quand on "libère" la Libye, on se porte au secours de gens qui aspirent à encore plus de dictature et rejettent en bloc les principes démocratiques. Même chose en Syrie, où personne ne rêve de libération de la femme, ni de droits de l’homme. Le peuple y rêve juste de vengeance, de revanche ethnique, et de massacres au nom d’Allah.
    Ce sont des bourreaux en puissance qui se font aujourd’hui massacrer. C’est très triste, mais il n’existe pas de bonne solution à ce problème.
    La vérité est qu’on aurait du laisser Kadhafi anéantir Benghazi, même si c’est un peu dur à digérer.

  • permalien deMontigny :
    8 février 2012 @16h32   « »
    "Nobles causes"

    "Cette trompeuse simplification justifie, au nom de l’intérêt supérieur de la communauté, l’intrusion de volontaires d’ONG dans le domicile de familles où ils n’ont pas été conviés. Depuis les années 1980, qui virent un essor accéléré des ONG d’aide, enquêter sur les usages domestiques de l’eau et les pratiques de propreté afin de les réformer est devenu une pratique courante dans le tiers-monde. Les puritains anglais du XVIIe siècle plaçaient l’hygiénisation du peuple au principe de leur entreprise de restauration morale. L’hygiénisme du XIXe siècle a pris en France la forme de « pastorales de la misère », qui visaient à transformer les mœurs des plus démunis pour venir à bout d’une « malpropreté pourvoyeuse de vice »."

    Mission civilisatrice, ingérence humanitaire à lire dans son intégralité dans les colonnes du Diplomatique (Septembre 2005)

    Des dogmes de ce genre sous-tendent les élans supposément altruistes d’ingérence "humanitaire" des trois principales forces d’aggression de notre temps : les états-unis, la france et la grande-bretagne (hormis l’état sioniste voyou).

  • permalien bluerider :
    8 février 2012 @17h02   « »
    Nobles causes ou pétrole et matières premières ?

    je souscris à votre analyse, mais elle est incomplète, tout simplement parce qu’il y manque le volet stratégique : pétrole et matières premières. Dépenser 150 000€ pour un tomahawk doit avec le plus court terme possible, rapporter 10 fois plus, sinon pourquoi faire la guerre ? De tous temps, le sol et ses richesses a été le motif, pourquoi cela changerait ? Chaque jour, l’Occident accapare 44 des 50 équivalents-supertankers de pétrole produits dans le monde... la machine est infernale, rien ne peut la stopper, surtout pas des révolutions chez nous dont nos dirigeants ne veulent pas.

    Tiout votre article est ridicule de ne pas mettre en perspective ce seul et unique enjeu digne de ces guerres, aux yeux de nos Executifs... même les socialistes disent oui, et désignent Kadhafi et Assad comme des "vilains dictateurs, bouh !", belle et fine analyse géopolitique !!! balivernes qui cachent nos apétits féroces de siphonneurs de pétrole patentés ! (la route de l’Iran passe par la Syrie).

    alors faites nous rêver, cher DIPLO... comparez les contrats AVANT, et APRES... comparez les noms des états-majors pétroliers sur place avant, et après, évaluez les gains en termes d’accès et de coût au brut libyen si jalousé... infiltrez les compagnies pétrolières et essayez de comprendre les retours sur investissements...

    et interessez vous aux exercices militaires conjoints entre ROYAL NAVY et Marine Nationale AVANT l’opération Harmattan, histoire de vérifier que oui, les droits de l’homme, on s’en fiche bel et bien.... C’est beaucoup plus important, car ce sont des indices forts de complot colonial, pas de partie de cache cache avec le vilain colonel.

    et puis flûte alors... tout est sur le net, pour qui creuse les blogs, youtube, la presse arabe, la presse africaine, et les réseaux sociaux qui parviennent à passer, enfin !

    Les USA ont adoubé l’Europe car ils veulent leur AFRICOM à Tripoli et non plus à Cologne... une base de plus, ils ont accepté que le brut libyen leur échappe pour l’instant, mais au profit d’"amis" à qui ils ont demandé des signes d’allégeance... que notre Président sème à la volée que cela en est ridicule !!!

    allez, encore un effort pour rendre ces méandres diplomatiques un peu plus clairs... les droits de l’homme, personne dans les chancelleries n’en a rien à faire. Relire Machiavel, Sun Tzu ou Clausewitz , nom de nom !!!!

  • permalien bluerider :
    8 février 2012 @17h08   « »

    @patrice

    aucune preuve sérieuse de la volonté destructrice de Kadhafi à Benghazi. Les photos russes montrent 7 chars, en tout et pour tout. par contre nous sommes responsables, ça oui, de la mort de 60 000 à 150 000 libyens innocents.

    Ne comptez pas sur moi en Avril, pour voter pour les assassins de l’UMPS (ni pour les damnés du FN, je précise pour ceux qui prendraient mon ire pour de l’extrémisme alors que ce n’est que de l’indignation citoyenne et pacifiste) !!!

  • permalien Guillaume Cortot :
    8 février 2012 @20h10   « »

    Merci pour cet article, même si je suis d’accord avec "bluerider" sur le fait que les motivations économiques du gvt français l’ont emporté sur toute autre considération dans le choix de l’agression en Libye.

    Puisqu’un ministre indigne de ses fonctions, indigne de servir une République, a voulu parler de civilisation, on pourrait placer ces interventions occidentales dans une perspective historique. Au milieu du XVIe siècle, Charles Quint avait convoqué la conférence de Valladolid, à laquelle participèrent les plus hautes autorités morales de l’époque. Le but était de déterminer si les guerres menées par les Espagnols contre les indigènes en Amérique étaient justes. En attendant les conclusions des débats, qui ont duré plusieurs années, Charles V avait suspendu toutes les nouvelles arrivées de colons en Amérique. Les historiens disent qu’il avait la conscience sincèrement tourmentée par cette question morale compliquée.

    De nos jours, il n’a fallu que quelques semaines, voire quelques heures, pour décider le président français et son ministre des affaires étrangères à envoyer l’armée française en Libye, où des milliers de civils innocents ont été massacrés. Je ne sais même pas si l’Assemblée nationale a donné son avis, si quelqu’un s’est préoccupé de cette question. Et notre plus haute autorité morale s’appelle Bernard-Henri Lévy. Les dépravés qui nous gouvernent ne manifestent aucune gêne à l’idée d’avoir envoyé à la mort tous ces gens pour faire plaisir à Total et aux fabricants d’armes hexagonaux.

    Quand est-ce que les responsables seront jugés ? Va-t-il falloir attendre qu’ils soient morts ? Pourquoi leur permet-on encore d’exercer des fonctions politiques ou de s’exprimer dans les médias ?

  • permalien K. :
    8 février 2012 @21h12   « »

    patrice :
    8 février @16h08 « 

    Je vais être très gentil : votre choix en faveur de la non-intervention permet de pardonner même vos inepties intégrales.

  • permalien K. :
    8 février 2012 @21h24   « »

    N’y avait-il pas, dans ce dernier cas, un calcul « coût-efficacité » à effectuer avant de lancer les machines de guerre ? Quand saura-t-on combien il y a eu au juste de victimes, des deux côtés ? Quand nous prouvera-t-on que « nettoyer » cette dictature finissante était plus important et fécond que la laisser se décomposer d’elle-même, au fil d’une guerre civile qui commençait à se dessiner ?

    Le calcul « coût-efficacité » n’ayant même pas été fait dans le sens du seul intérêt des populations occidentales, comment peut-on imaginer qu’il aurait pu être fait dans le sens de l’intérêt de tout le monde (ne parlons même pas de celui des seuls Libyens) ?

  • permalien Kely Malaza :
    8 février 2012 @22h06   « »

    Cher Philippe, nous n’avons pas attendu le XXI°sièce pour comprendre ces procédés. Dès le début du XIX°, toutes ces stratégies de conquête et de domination de l’Occident ont été déjà bien orchestrées et utilisées par les puissaces occidentales dominantes de l’époque.
    Comme tu connais très bien Madagascar et l’Afrique, souvient toi des L.M.S. (London Missionary Society, les C.M.S.(Colonial Missionary Society)...(les ONGs de l’époque), les Eglises, les missionaires comme les David Livingstone (les BHL de l’époque), les Robert Morrison...Les méthodes, les communications ont peut-être changé, mais le fond et les instruments de la politique étrangère sont toujours là.
    Les canons et toutes les ingrédients pour les prétextes dans les ingérences sont là.
    Au XIX°, l’Occident osait parler de devoir de civiliser les Barbares. A notre époque, on peut bien illustrer les interventions par des grands mots un peu "civilisé" !!! de devoir d’ingérence humanitaire, assistance à des peuples en danger par les tyrans....

    Merci et à bientôt
    En tout cas, c’est toujours utile et très instructif tes écrits cher Philippe, merci !!
    RGV

  • permalien sahraoui :
    8 février 2012 @23h12   « »

    en 2009,le sri lanka a écrasé impitoyablement les tigres tamouls du ltte,sans qu aucune puissance étrangère n empeche le massacre.de la meme facon,le peuple sahraoui est saigné par la monarchie marocaine,sans la moindre protestation internationale-cf.le diplo de ce mois-.donc les "nobles causes"des interventions sélectionnées.

  • permalien sahraoui :
    8 février 2012 @23h37   « »

    les interventions occidentales sont selectionnées ,pour preuve,en 2009,la "communauté internationale" a laissé le sri lanka massacrer les tamouls,et cautionne le bain de sang marocain contre les sahraouis-cf.monde diplomatique de ce mois ci-

  • permalien Salem L :
    9 février 2012 @09h21   « »

    Toutes les guerres pour quelque motif que ce soit ont pour soubassement des interets bassement matérialistes ce qui change c’est qu’hier on se sentait obligés de les faire en pillant les richesses des peuples et obtenir une main d’oeuvre bon marché pour faire fonctionner leurs usines, en quelque sorte, on le faisait pour l’interet de leurs pays mais aujourd’hui, elles sont faites pour l’interet des compagnies pétrolières et des vendeurs d’armes ! La crise de l’euro en donne une parfaite illustration car les détenteurs de capitaux ne paient pratiquement pas d’impots et les politiques essaient de les conforter dans leur aisance en leur accordant des baisses d’impots (Part patronale) ! Nous pensions qu’avec la fin des colonialismes, nous allions profiter des richesses de nos pays et on découvre le néo colonialisme qui se manifeste par le soutien politique aux tyrans qui octroient des marchés aux multinationales et l’exemple du régime Algérien est une parfaite illustration "Protection des politiques FRançais pour le protéger contre les visées Américaines de creer un nouveau moyen orient et Afrique du nord géré par des intégristes soit disant modérés pour le plaisir des monarchies du golfe principalement le royaume Séoudien et le poucet Quatari avec El djazira et El arabia ! Ce qui se déroule en Syrie est inédit, faut il intervenir militairement ou non ? la Russie oppose son véto parcequ’elle dispose en Syrie d’une zone stratégique , la Chine pour des raisons economiques et les occidentaux veulent intervenir pour la réalisation du grand moyen orient /Afrique du nord pendant ce temps des fillettes et des enfants en bas age meurent sous les bombes parcequ’un apprenti dictateur veut régner contre la volonté de son peuple alors qu’il était plus sage pour l’interet de ce pays gérer autrement cette révolte § La Lybie, dont on ne parle plus comme si la fin du dictateur était la fin de l’injustice et le bien etre retrouvé ces peuples ont longtemps souffert de l’injustice qui leur est faite depuis de longues années et se retrouver libre quand on a été enchainé a peut etre créé des traumatismes que le peuple frére Lybien doit surmonter en mettant en valeur les interets supprémes de leur pays car le plus dur a été fait ,Bon courage !

  • permalien Yvan :
    9 février 2012 @09h34   « »
    Nobles causes... mais où sont passés les archéologues ?

    La justice égyptienne accuse des ONG d’activités « politiques » illégales - Egypte - RFI

    En Egypte, des magistrats accusent des organisations non gouvernementales égyptiennes et étrangères, notamment américaines, de mener illégalement des activités « politiques ». Ils ont tenu une conférence de presse ce mercredi 8 février pour justifier leur décision. Quarante-quatre travailleurs associatifs, dont des Egyptiens, 19 Américains, des Allemands, des Norvégiens, des Serbes, des Jordaniens et des Palestiniens ont été déférés le 5 février devant la cour criminelle du Caire en vue d’un procès à une date indéterminée.


  • permalien
    9 février 2012 @15h50   « »

    @Salem
    La France est désormais colonisée par les multinationales. Ce groupe inhomogène et presque indéfinissable n’a ni chef ni stratégie, mais devient capable en cas de crise de mener une politique cohérente que l’on appelle à tort loi du marché. Les multinationales ont également une patrie : Les paradis fiscaux, qui détiennent d’ailleurs l’essentiel de la dette française. On nous prête l’argent qu’on nous a volé. Un chef d’état ne peut parvenir au pouvoir et s’y maintenir que s’il a la bénédiction de ce groupe flou, et peu conscient de ses objectifs. L’image qui décrit le mieux ce phénomène est celle d’une colonie bactérienne multicellulaire. En France comme en Amérique, les "marchés" sont propriétaires de la presse grand public. C’est pour cette raison qu’Obama n’a quasiment pas pu mettre en oeuvre sa sécurité sociale, et qu’il n’a pas abrogé les lois liberticides votées sous le gouvernement Bush.
    En France, toutes les mesures destinées à régler le problème de la dette ne visent en fait qu’à protéger les banques. La Grèce, par exemple, cherche désespérément à déposer le bilan, mais en est empêchée par les marchés, dont les émissaires sont Sarkozy et Merckel.
    Je pense que nous ne décidons même plus des guerres à mener, ou à stopper. Kadhafi a sans doute été éjecté parce qu’il était trop gourmand pour son pays en matière pétrolière. Même chose en ce qui concerne Saddam. L’argent ne doit aller, ni à la France, ni à la Grande Bretagne ou à l’Amérique. Il doit aller aux compagnies privées et remplir les caisses des paradis fiscaux.
    La guerre d’Irak a littéralement ruiné les Etats Unis. Mais elle a engraissé six ou sept multinationales, celles là même qui avaient payé la campagne de Bush.
    Ces mêmes marchés on également payé la campagne d’Obama (2 milliards de Dollars), d’où mes doutes, dès le début de son mandat, sur sa capacité à réformer.
    Même analyse en ce qui concerne la future intervention en Iran. Ceux qui vont se décider pour ou contre sont hors de portée des électeurs. A la limite, peu importe que ce soit Rodney ou Obama qui remporte les élections. L’un comme l’autre auront les mains liées. L’Amérique aussi est devenue une colonie.
    Quant aux soldats et aux civils qui sont massacrés au cours de ces guerres absurdes, ils meurent juste pour engraisser des milliardaires jamais rassasiés, qui n’hésiteront pas à tuer la poule aux oeufs d’or pour quelques Dollars de plus, dont ils n’ont même pas besoin. C’est peut être ce dernier point qui est le plus inquiétant. Juste pour mémoire, certains traders français jouent la faillite de la France, donc, cherchent à provoquer la faillite de leur propre banque. Les marchés constituent une maladie. Il est donc normal qu’ils cherchent à tuer leur hôte, sans états d’âme...Ou à provoquer une guerre mondiale, si une telle idée vient à s’imposer comme rentable pour quelques dizaines de multinationales.

  • permalien Shanaa :
    9 février 2012 @19h29   « »

    Soulignons que ces déstabilisations nommées "révolutions" colorées ou pas, peu importe, ont été orchestrées pour permettre "juste des guerres".
    L’occident s’est toujours mélée de ce qui se passe chez les autres pour ses propres intérêts !
    Certaines puissances ont besoin du chaos ? Pas de probléme ! Elles l’organisent !
    Pendant que les gens s’entretuent, le pillage est facile !

  • permalien Shanaa :
    9 février 2012 @19h37   « »

    Patrice, la vérité plonge ses racines dans l’histoire coloniale occidentale du 19iéme siécle !
    Le découpage géographique fantaisiste, la déclaratin Balfour, les rapines, les violences, les alliances machiavéliques, le divisionnisme et la création d’Israél ont contribué et contribuent encore à bloquer toute émancipation réelle !

  • permalien Shanaa :
    9 février 2012 @19h44   « »

    bluerider , les libyens ne souhaitaient pas le départ de Khadafi !
    C’est BHL et la France en tête qui ont demandé "d’intervenir" !
    On remarquera l’acharnement contre l’Irak, la Libye, la Sirye,les trois états laics de la région !
    Il y a comme une volonté de placer des religieux au pouvoir, en s’appuiyant sur les monarchies rétrogrades !

  • permalien EAUX TROUBLES :
    10 février 2012 @12h26   « »

    Merci pour cet article qui me réconcilie avec les médias mainstream.
    Pour la Lybie, il est bon de lire le document suivant :
    http://www.cf2r.org/fr/rapports-de-...
    extraits : "De nombreux débordements et exactions (des anti-Kadhafi) ont également eu lieu à l’encontre des travailleurs africains qui ont tous été assimilés à des « mercenaires » : expulsions, assassinats, emprisonnements, tortures. Ces mauvais traitements et l’aide que Kadhafi apporte depuis longtemps à de nombreux pays africains ont renforcé le soutien des Etats du continent à sa personne."
    "Washington veut renverser Kadhafi parce qu’il souhaite clairement bouter la Chine hors de Libye. Pékin a effectué des investissements massifs autour de l’énergie en Cyrénaïque et s’appuie sur ce pays pour satisfaire une partie des ses besoins énergétiques. Les Chinois comptaient en Libye 30 000 expatriés, essentiellement dans l’Est ; et ils ont dû en évacuer 29 000." Ca replace cette guerre dans un contexte geopolitique (dont l’actualité avec la situation en Syrie est notable).

    La parallele avec la Syrie est intéressant.
    Vive la Syrie Libre ( de ces salafistes et Frères Musulamans !).

  • permalien patrice :
    10 février 2012 @14h50   « »

    @eaux troubles
    "Vive la Syrie libre" ? Quand un pays oscille entre le sabre et le goupillon, ce souhait n’est pas près d’être exaucé.
    Mais je suis d’accord avec Shana, qui note la collusion récurrente des américains avec les islamistes intégristes, dans le but d’éliminer le bloc de l’Est.
    Corollairement, on a vu naître dans les années 70 une sorte de "bloc socialisant", proche de l’Union Soviétique, qui a graduellement constitué la tendance dure de l’Opep. Leur but : Faire grimper les prix du pétrole. Les leaders de ce groupe étaient la Syrie, la Libye, et l’Irak. Le terrorisme, organisé ou soutenu par ce bloc, avait pour fonction de contrer les représailles occidentales. Il avait aussi le soutien actif du bloc de l’Est, avec une mention spéciale pour l’Allemagne de l’Est, jusqu’à ce que des accords soient signés avec les américains, au grand dam de Carlos et consorts. Cette période trouble a laissé quelques séquelles, qui expliquent assez bien le concept "d’axe du mal".
    Ceci dit, tout cela ne permet pas de situer l’Iran sur cet échiquier où s’affrontent ex alliés de l’Union Soviétique et dictatures médiévales complices des Etats Unis. Apparemment, le soutien apporté par l’Amérique, non à Israël, mais à ses pires exactions, a fini par exaspérer l’ensemble de la population arabe, jusque et y compris ceux qui, initialement, s’opposaient aux dictatures militaires laïques. Il existe sans doute aussi un sentiment de révolte contre la violence inouïe et injustifiée des agressions américaines dans le Golfe. Il m’arrive de me demander comment tous ces gens vont réagir à la déroute des américains en Irak et en Afghanistan, faisant suite à celle de Tsahal au Liban. Superman serait il plus vulnérable qu’on ne le croyait ? En attendant, une guerre contre la Syrie ou l’Iran aurait des répercussions économiques assez mal venues, au vu du contexte global. Sans parler du nombre de morts. Il serait grand temps que l’occident fasse quelques concessions à l’équité, d’autant qu’il n’a plus les moyens financiers de faire la guerre.

  • permalien patrice :
    10 février 2012 @14h53   « »

    @Shanaa
    Oups ! J’ai oublié un a.

  • permalien Shanaa :
    10 février 2012 @16h35   « »

    Patrice, il est vrai que "l’occident n’a plus les moyens de faire la guerre". C’est, précisément, pour cela que le chaos orchestré devient une stratégie politique ! Pendant que les imbéciles s’entretuent pour une chimére le pillage et la diversion continuent !
    Ainsi, les problémes de l’Europe sont mis en veille pendant que les peuples européens se gargarisent de ce qui se passent chez les autres !
    L’affaire libyenne a mis en évidence l’irresponsabilité des puissances politiques et leur volonté d’irakiser le moyen-orient.
    Aujourd’hui, la Libye c’est l’Irak, alors que ce pays était bien tenu et prospére ! De plus, la France, via l’OTAN a imposé de facto aux libyens le cnt islamique sans élection ! C’est la "démocratie" sauce BHL !
    Il est temps que l’occident cesse sa volonté de coloniser et recoloniser. Cela ne marche plus !
    L’occident doit cesser son ingérence dans l’intimité des autres. Les peuples ne sont pas à la même heure historique. Chacun évolue à son rythme, en fonction de sa culture, de son histoire, de son climat ! Uniformiser ne sert à rien sinon à radicaliser les plus paisibles !
    Si demain, le fn est élu en France, la Libye ne viendra pas s’en méler ni aucun autre pays !
    Les pays arabes ne focalisent pas sur ce qui se passe dans tel ou tel pays européens dans les affaires internes. Les états européens, surtout la France, fait une fixation médiatique sur les affaires internes des états musulmans. Ce TOC est gravissime quand on sait qu’il sert a alimenter le clash qui n’a aucune raison d’être, à part servir une minorité de ploutocrates va-t-en guerre.

  • permalien zorglub :
    10 février 2012 @18h46   « »

    « La » France est désormais colonisée par les multinationales. Ce groupe inhomogène et presque indéfinissable n’a ni chef ni stratégie, mais devient capable en cas de crise de mener une politique cohérente que l’on appelle à tort loi du marché. »

    D’accord sur ce que vous dites dans son ensemble, mais les chefs d’Etat comme Sarkozy, Merkel, Cameron ou Obama sont des hommes (ou femmes)-liges ou des hommes (ou femmes) de l’ombre infiltrés sciemment au sein des structures politiques pour dénaturer les mécanismes démocratiques. Bien sûr, les pouvoirs financiers et militaro-industriels les dirigent dans les coulisses, ils les connaissent bien car ils ont été préalablement adoubés dans certaines sociétés plus ou moins secrètes

    L’important pour ces gens-là est de créer petit à petit un désert démocratique et de ne garder à terme que la force régalienne :

    - une armée de plus en plus interventionniste et offensive, quel qu’en soit d’ailleurs le prix à payer en sang et en dépenses pharaoniques, ce qui est déjà le cas. Ces armées viendront massacrer dans le silence le plus total les pays "ennemis" non sans avoir au préalable déstabilisé les populations par une guerre secrète débouchant sur une guerre civile appuyée par des services spéciaux opex.
    - une police et une sécurité intérieure totalement au service d’une classe qui n’hésitera pas à réprimer férocement les récalcitrants. Cette police n’assurera plus du tout la sécurité des zones urbaines sensibles et à l’économie dégradée. Ce phénomène s’étendra aux petites classes moyennes, puis plus au-delà ensuite.
    - une justice baillonnée mise au service de la protection des intérêts de l’élite financière, sauvagement anti pauvres et anti déviants politiques.
    - une politique étrangère aveuglée et orientée systématiquement par les choix d’expansionnisme atlantiste et sioniste. Ce qui est lourd de présages génocidaires.

    Le reste (santé publique, enseignement public, logement, traitement intelligent et actif du chômage, recherche et développement écologique ...) est le dernier de leur souci, bien sûr. Démolir ce reste est même un objectif annoncé par petites touches, voir le bilan et les projets de Sarkozy.

    C’est pourquoi je ne voterai pas utile, encore moins après le serrage de main entre Hollande et Sarkozy au dîner du CRIF, là où se scellent des alliances de l’ombre avec Israel. S’il y avait un candidat capable dans son programme d’annoncer une sortie rapide de l’OTAN, un rapatriement le plus rapide possible de nos troupes de l’Afghanistan, un éloignement net et sans bavure des relations avec Israel et son grand ami, JE VOTE IMMEDIATEMENT POUR LUI !

  • permalien Shanaa :
    11 février 2012 @11h50   « »

    Patrice, êtes-vous sûr que les américains sont venus pour "libérer" la France par pur altruisme, sans visées de domination quelconque ?
    Si oui, pourquoi la France a été inondée par les produits, le cinéma, la culture américaine ?
    Pourquoi y-t-il encore des bases américaines en Europe ?
    Quel est le véritable rôle de l’OTAN ?
    Ou est la politique internationale, la défense communes de l’Europe ?
    Ne sont-ils pas des supplétifs ?
    Ces histoires de libérer les gens par amour du genre humains sont des légendes urbaines ! Les états ne connaissent que leurs intéréts, point !

  • permalien patrice :
    11 février 2012 @15h05   « »

    @Shannaa
    Bien sûr que non ! Les américains sont venus combattre une Europe militarisée qui les menaçait directement, et menaçait leur domination économique. Ils s’attendaient d’ailleurs à être très mal reçus en France ! Mais il faut dire qu’ils avaient du combattre les rogatons de l’armée française pour libérer l’Afrique du Nord.
    Même chose côté Japon. L’Amérique a sciemment poussé le Japon à entrer en guerre, en faisant tout pour ruiner l’économie de ce pays. Pearl Harbour, port délibérément mal défendu, a constitué l’appât de la tapette à rats. Accessoirement, le Japon était prêt à capituler quand on lui a balancé une première, puis une deuxième et inutile bombe thermonucléaire. Le but était de terroriser la planète entière, à commencer par les russes.
    Les procès pour crimes de guerre qui ont suivi le conflit s’inscrivent dans la même logique : "Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes des criminels".
    On peut cependant se réjouir du débarquement, et approuver les jugements de Nuremberg, même si l’on est tenté de ricaner en constatant le fait que des serviteurs zélés de Staline jugeaient autrui pour crime contre l’humanité. Juste pour mémoire, le bruit court que Staline s’apprêtait à mettre en oeuvre un agoniste de la solution finale du peuple juif soviétique quand il a eu la bonne idée de décéder (ou d’être assassiné ?)
    En résumé, oui, la libération a obéi à des motivations très glauques, mais bon...

  • permalien Venturii :
    11 février 2012 @19h45   « »
    Modelage et remodelage

    Le remodelage du Moyen-Orient se fait et se cherche depuis des années.
    Implosion du Liban. Guerre Iran-Irak. Première guerre d’Irak. Seconde guerre d’Irak. Semi-partition du Liban. Semi-partition de la Palestine. Implosion de la Syrie. Bipolarisation d’Israel.
    Ce n’est pas en soi un projet de tel ou tel pays. C’est une situation d’instabilité face à laquelle chaque pays fait des projets.
    Le modelage du Moyen-Orient actuel est le résultat de deux guerres mondiales, beaucoup plus que celui d’une évolution de sociétés, ou de développements économiques, ou d’alliances politiques.
    Le remodelage du proche-orient sera sans doute un symbole de la remise en cause des Nations-Unies et d’un ordre mondial de plus en plus contesté.
    Quelle partie du monde représente plus cet ordre mondial ?
    Quelle partie du monde a plus fait l’objet de votes et de vétos aux Nations-Unies ?
    Quelle partie du monde est plus liée aux Nations-Unies pour sa stabilité quotidienne ?

  • permalien morse 89 :
    12 février 2012 @12h59   « »

    venturii
    Le problème est que l’Organisation des Nations Unies ne représente plus rien, le vote sur des sujets essentiels est foulé aux pieds par les mêmes nations qui composent le Conseil de Sécurité. Mais il faut reconnaître que le camp occidental est champion dans la duplicité et l’agressivité envers d’autres pays (l’Iran, la Syrie, l’Irak, l’Egypte, le Soudan, la Lybie, la Somalie, le Yemen, les pays du Sahel, l’Ukraine, la Biélorussie, les pays d’Asie Centrale, sans parler de l’arrière-cour latino américaine)...

    et d’une "souplesse d’échine" extrême avec des pays comme Israel, le Bahrein, le Quatar, l’Arabie Saoudite...et d’autres très coopératifs.

  • permalien chamil :
    12 février 2012 @13h08   « »

    "l’amertume dans le monde arabe et africain (où l’on enrage de constater que, par exemple, la Cour pénale internationale ou les tribunaux spéciaux — Rwanda, Sierra Leone — ciblent surtout des dirigeants africains)"

    Il est vrai que la CPI a parfois un petit parfum néocolonial. Mais il faut admettre aussi qu’il y a peu de dirigeants européens susceptibles d’y comparaître pour leurs actions au sein de leurs pays.

    La vraie question serait plutôt de savoir pourquoi d’authentiques tueurs ou criminels ne sont jamais évoqués dans nos vertueuses opinions, dès lors qu’ils exploitent le filon "anti-islamiste" ou "ami-ami avec l’occident". La liste est longue de dirigeants africains ou asiatiques (ainsi en Asie centrale) dont les pratiques criminelles mais très profitables aux interêts occidentaux ne suscitent aucun flash dans un 20h.

  • permalien patrice :
    12 février 2012 @16h04   « »

    Onu et TPI sont actuellement des entités américaines. Sauf que l’Amérique ne représente plus rien, puisque ce pays est désormais régi par des multinationales basées dans des paradis fiscaux. Accessoirement, ces mêmes multinationales contrôlent désormais "l’ennemi de l’Est", chinois, russe, et indien.
    Résultat : Les pays et les dirigeants qui sont victimes des "guerres humanitaires" sont ceux dont le comportement nuit aux multinationales, ou encore, dans de nombreux cas, ceux dont les richesses sont convoitées par "les marchés". La morale n’a rien à y voir.
    La Syrie, par exemple, n’est rien d’autre aux yeux des marchés qu’un gigantesque fût de pétrole. Mais il se trouve que ces fameux marchés ne sont qu’un bloc inhomogène au sein duquel s’opposent des intérêts particuliers, en l’occurrence, sociétés pétrolières européennes, américaines, et russes. La Syrie est également un client riche avec lequel personne ne souhaite se fâcher, et, potentiellement, un client dont les décideurs risquent de changer, avec tous les avantages que comporte cette perspective pour ceux qui auront misé sur le bon cheval.
    Les massacres de civils, tout le monde s’en fout.
    Juste pour mémoire : Qui s’intéresse à la Tchétchènie, où les russes perpétuent actuellement un évident génocide ? Personne. Au motif qu’il n’y a pas de pognon à prendre, et que personne ne souhaite faire la guerre aux russes. Pourtant, les russes sont bien pires avec les tchétchènes que les israéliens avec les palestiniens. Et les tchétchènes sont musulmans, comme les palestiniens. Ceci dit, je concède le fait qu’ils ne sont pas très sympathiques. Mais bon...

  • permalien Shanaa :
    13 février 2012 @16h20   « »

    De Gaulle ne s’était donc pas trompé sur le véritable rôle du "machin-onu" ! Et comme il connaissait le dessous des cartes, il refusa net d’embarquer la France dans l’OTAN !
    Sur le fonctionnement fourbe du" machin-onu" , personne n’est dupe, que ce soit l’opinion publique ou les pays du sud ! Les magouilles à géométrie variable sont visibles comme le nez en plein milieu de la figure ! Et, comme ils méprisent tout le monde, ils continuent dans leur lancée, plaçant leurs intérêts au dessus de tout !
    Le TPI a vu le jour via la trés trouble NED ! Tout comme l’ONU, c’est un outil au service des puissants, qui déclarent arbitrairement des guerres unilatérales (Liban-Israél, USA-Irak), définissent non moins arbitrairement, les concepts fumeux de "guerre contre le terrorisme", de "guerre préventive", "d’ingérence humanitaire". Ils décident à la gueule du client qui doit être jugé (Milosévitch, Gbagbo), ou qui doit mourir (Saddam pendu un de fête musulmane, , Khadafi exécuté en live), alors que les puissants ou les vainqueurs sont au dessus des lois ! Normal c’est eux qui les ont créé !
    Il faut aussi noter que, de plus en plus de gens, se méfient désormais des ONG.
    Bref, il y a une érosion de la confiance et un discrédit total de la chose politique.

  • permalien patrice :
    13 février 2012 @18h52   « »

    @Shanaa
    Même si certaines ONG sont manipulées par la CIA, ou d’ailleurs par Al Qaida, même si certaines autres sont curieusement gérées (entre autres, la Croix Rouge, dirigée par des requins), il n’en reste pas moins que ces organisations concourent à informer la planète sur les exactions et les détournements de fonds. Elles nourrissent et soignent pas mal de miséreux. Ne transformons pas une méfiance parfois légitime en condamnation de ces organisations, dont le départ est d’ailleurs souvent souhaité ouvertement par les génocideurs (en Tchétchènie, par exemple). Mais il est vrai qu’en Libye, ces organisations ont parfois convoyé des armes, ou informé les services secrets français, ce qui n’était pas leur rôle.

  • permalien K. :
    13 février 2012 @21h31   « »

    Il est vrai que la CPI a parfois un petit parfum néocolonial. Mais il faut admettre aussi qu’il y a peu de dirigeants européens susceptibles d’y comparaître pour leurs actions au sein de leurs pays.

    De plus la CPI n’inclut pas les conséquences des “actions” économiques des dirigeants européens sur les Européens, conséquences qui n’ont de toute façon qu’un petit parfum d’exploitation.

  • permalien
    14 février 2012 @14h51   « »

    L’intervention de la CPI suppose un consensus entre l’Europe, très divisée, l’Amérique, qui ne reconnait pas ce tribunal, la Russie, même chose, et la Chine, pays accusé, comme la Russie, de génocide. Autrement dit, les principaux décideurs sont assez bizarrement des gens qui ne reconnaissent pas le tribunal international !
    Les américains, qui pilotent en sous main ce tribunal, ne souhaitent cependant pas qu’un citoyen de leur pays puisse y comparaître pour crimes de guerre. Et pour cause. Quand on légalise la torture et les incarcérations extra judiciaires, on est en grand péril d’être envoyé devant cette cour. Quant aux russes et aux chinois, sans lesquels rien ne peut être entrepris pour arrêter un génocide, ils n’ont reconnu, ni la cour, ni ses statuts. Je suppose que la Tchétchènie et le Tibet les freinent un peu.
    Bref, la CPI, c’est n’importe quoi. Mieux vaut faire confiance au juge Garzon. Pas de chance. On vient de le virer.
    Les choses ne risquent pas de s’améliorer, dans la mesure où Poutine soutient désormais officiellement la Syrie et l’Iran, avec la complicité plus discrète de la Chine. Le climat est donc désormais plus à l’affrontement entre blocs qu’à la collaboration des pays "civilisés" dans le but de mettre fin aux génocides. Ceci dit, tel n’a jamais été le cas, sauf à adhérer aux fables de BHL relayées par TF1.
    Mais, si la CPI faisait son boulot, les trois quarts des dirigeants seraient en cabane. Pas de chance, la CPI est sous contrôle de l’ONU, c’est à dire précisément des gens qu’il faudrait condamner pour crimes contre l’humanité. Mieux vaudrait donc supprimer ce tribunal illégitime.

  • permalien marti michel :
    16 février 2012 @11h29   « »

    Je reproduis ici une lettre transmise à la Rédaction du Diplo le 1er avril 2011 et laissée sans réponse je la livre en 3 parties car le texte est trop long
    « L’histoire vire-t-elle à droite ? » (1ere partie)

    Vous aurez beau dire, beau faire, c’est bien un tournant fondamental qu’a pris le Diplo (numéro 685 – avril 2011). Vous êtes aussi gênés aux entournures que ceux que vous accusez de jouer les ponce-pilates : vos articles se contredisent, mais qu’importe. L’article de Georges Corm affirme ainsi : « Or n’est-il pas temps que des peuples qui se sont mis en marche puissent prendre en main leur destin sans qu’on leur montre la voie et que l’on s’immisce dans leurs affaires (lire l’article de Serge Halimi) », lequel écrit dans le dit-article : « Reste quand on doit choisir, à déterminer ce qu’un label d’ « anti-impérialisme » obtenu dans l’arène internationale autorise à faire subir chaque jour à son peuple ». Ne soyons pas dupe : il n’y a pas que Chavez ici visé (j’y reviens plus loin), mais tous ceux qui condamnent sans faux fuyant l’intervention impérialiste de l’OTAN qui « s’immisce » bel et bien « dans leurs affaires ».
    Vous avez de la chance : nous ne sommes pas tant de brebis galeuses que cela. De l’extrême droite à l’extrême gauche, NPA compris, tous ont demandé, en tortillant différemment des fesses, l’intervention de l’ONU. Quand les premiers missiles ont été largués, le NPA a reculé…
    Restait le Diplo. Et maintenant nous pouvons nous compter : pas grand monde (Lutte Ouvrière, le Parti Ouvrier Indépendant, quelques autres groupes politiques isolés, et des individus complètement écoeurés, moi dans le lot !)
    « Reste qu’on doit choisir… ». Pourquoi ne l’avoir pas fait contre les talibans, l’armée serbe ou Hussein ? Vous allez peut-être maintenant remplir des tas et des tas de papiers, de livres pour nous l’expliquer… Honnêtement, je me fiche un peu de vos justifications : le mal est fait ! Surtout que je ne vois pas pourquoi les mêmes auraient scrupule désormais à intervenir en Cote d’Ivoire, Syrie, Liban et là-bas où ils ne sont pas encore…
    Soyons clair : je n’ai jamais pris le Diplo pour un parti politique. Quand je lis des articles sur l’Afghanistan, je ne m’attends pas à trouver en fin de texte le slogan : « Troupes françaises, rentrez au bercail ! ». Mais j’espère y trouver des informations précises sur ce qu’on appelle « terroristes » et où en est notre mission civilisatrice chez les barbares. Cela m’a servi en tant que militant syndical dans mon lieu de travail, et, maintenant à la retraite, dans mes discussions avec mes anciens collègues.

  • permalien marti michel :
    16 février 2012 @11h31   « »

    suite de la lettre (partie 2)
    Je m’attendais donc à lire des articles précis sur ce qu’était cette fameuse résistance armée. Car il y a bien un mystère (pour nous du moins) : que le petit peuple se fasse haché menu par les mitrailleuses, c’est banal en dictature : on occupe la rue, pas les casernes… A moins qu’une fraction de l’armée passe du côté du peuple…
    Mais d’où a surgi cette force militaire tenant des villes entières et capable d’affronter une armée régulière, après les bains de sang qui ont eu lieu ? Sur internet courent des tas de bruits : les armes viendraient d’abord de l’Arabie Saoudite… Celle-là même qui a écrasé sous les chars les manifestants au Barheim !
    Puis certains articles du Canard Enchainé ont semé le trouble : par exemple, le commando britannique, armé de pied en cap, débarquant incognito dans le camp rebelle et se faisant arrêter parce qu’ils ont cru qu’il s’agissait d’hommes de Kadhafy ! Sont-ils donc si « indépendants » que cela ?
    Vous rappelez à juste titre le libéralisme sauvage de Kadhafy récompensé par le camarade Strauss-Khan. Mais le programme des « insurgés » comporterait-il la nationalisation des pétroles ?
    On raconte partout que l’ancien ministre de la Justice dirige la rébellion : un calife de plus à la place du calife ? Est-ce bien ce que veut le peuple ?
    Je pensais donc trouver des réponses. Au moins, avant d’accepter le principe de l’approbation engageant l’ONU-Sarko-OTAN aux côtés des « insurgés » (qualifiés parfois de « révolutionnaires » dans certains médias), et puisque choix il devait y avoir, j’aurais pensé que vous étiez sérieusement documentés. Pas du tout : on lit un article expliquant que l’insurrection venait de loin, mais rien sur ce qu’est cette armée surgie apparemment de nulle part… Je suppose que, par la suite, vous allez nous démontrer que les objectifs des « rebelles » coïncident avec ceux des premiers manifestants… Mais vous n’avez même pas senti la nécessité de le faire… En guerre, il faut foncer ! Il sera bien temps de réfléchir après !
    Votre position est donc purement idéologique. Et c’est pourquoi elle est dangereuse.
    Le problème n’est pas la position de Chavez, et vous jouez encore ici les naïfs : on sait qu’il a tendance à gouverner seul, et ne s’appuie pas facilement sur les syndicats ou les comités populaires organisés dont il a, jusqu’ici, le soutien. Qu’il nomme Kadhafy « son pote » est à l’image du bonhomme isolé. Non !

  • permalien marti michel :
    16 février 2012 @11h39   « »

    suite de la lettre partie 3
    Je pensais donc trouver des réponses. Au moins, avant d’accepter le principe de l’approbation engageant l’ONU-Sarko-OTAN aux côtés des « insurgés » (qualifiés parfois de « révolutionnaires » dans certains médias), et puisque choix il devait y avoir, j’aurais pensé que vous étiez sérieusement documentés. Pas du tout : on lit un article expliquant que l’insurrection venait de loin, mais rien sur ce qu’est cette armée surgie apparemment de nulle part…
    Votre position est donc purement idéologique. Et c’est pourquoi elle est dangereuse.
    Le problème n’est pas la position de Chavez, et vous jouez encore ici les naïfs : on sait qu’il a tendance à gouverner seul, et ne s’appuie pas facilement sur les syndicats ou les comités populaires organisés dont il a, jusqu’ici, le soutien. Qu’il nomme Kadhafy « son pote » est à l’image du bonhomme isolé. Non ! C’est bien tous ceux qui spontanément en ont marre des guerres de riches, pour les riches, celles de l’Irak, de l’Afganistan… Qui ne comprennent pas qu’on dépense des milliards d’euros dans une guerre fumeuse (première semaine pour la France : on a parlé de plus de 500 millions d’euros : les économies des 16000 postes d’enseignants ; et on continue : coût de l’heure de vol d’un Rafale : 40 000 euros, d’un missile AASM et d’une bombe GBU12 : entre 250 000 et 350 000 euros), alors qu’on est en pleine crise, que l’Europe va encore nous serrer la vis. C’est ceux-là qu’il faut convaincre de la « nécessité » de la motion onusienne… C’est pas gagné ! Eh oui : vous pourrez vous précipiter dans tous les forums sociaux vaseux pour bien montrer que vous n’avez pas changé (vous causez bien, vous saurez convaincre), beaucoup ne regarderont plus le Diplo pareil !
    Et pourquoi donc (je vais essayer d’arrêter là, car du courrier, vous allez en avoir à lire ! ) suis-je donc contre TOUTE intervention de l’OTAN ? Parce que je me doute que, face aux révolutions arabes en cours, il s’agit pour les Américains et Européens de démontrer que rien, jamais rien, ne pourra se faire hors de leur contrôle. Que Kadhafy reste ou s’en aille, la démonstration aura été faite. Ils auront un pied en Libye, à la porte de la Tunisie. Vous avez suffisamment expliqué que les élites compromises avec les dictatures attendaient que les choses se calment pour se reconstruire au sommet. L’intervention de l’OTAN va dans ce sens.
    Je n’aurais jamais cru que le Diplo emprunterait, même s’il s’en défend, le même chemin puant : j’ai pris ça comme un coup de matraque.

    Triste époque !
    Marti Michel
    Abonné au Diplo depuis quinze ans, si ce n’est plus
    Syndicaliste cheminot CGT
    Retraité

  • permalien jcpres :
    16 février 2012 @18h25   « »

    Que pourrait-on ajouter à ce long exposé sur la guerre ? Il y a cependant comme un thème récurrent qui semble persister ; une espèce de volonté à en découdre avec un quelconque ennemi, « histoire de mettre en application certains principes de la démocratie. »
    Sartres :« L’enfer c’est les autres. »
    Une question, toutefois, devrait venir à l’esprit de ceux qui se placent dans une situation entre deux avis, indécis presque pour ne pas prendre de risque. Le recours aux armes n’est-il pas nécessaire pour obtenir la paix ? Les exécutions sommaires, les meurtres, les assassinats au cours des conflits n’illustrent-ils pas la vengeance des peuples humiliés ? Kadhafi eût-il mérité un meilleur procès que celui infligé par son peuple, ce peuple décimé par ce tyran, -avec l’assentiment de l’Occident ! ? mais le peuple libyen l’a jugé !, comme ce fut le cas durant la période de la terreur en France et au-delà de l’exécution de Robespierre ? 1793 : naissance de la 1er République avec une hécatombe de 40 000 morts et 250 000, etc. ; et soudain on s’offusque qu’il y ait des exactions de commises, sans respect des droits de l’homme ! Sans compter les condamnations à morts, avec privation de défense, supprimée, sous la loi prairial. 1376 exécutions en six semaines, en 1793 ! Etc. Ne parlons-pas des massacres de la Saint-Barthélemy ! Nous risquerions d’éclabousser la fille aînée de l’Eglise !
    Les guerres et les révolutions se sont perpétrées par nécessité des peuples à prétendre à plus de liberté qui est chaque fois remise en cause par les guerres ! Tueries ! Assassinats ! Meurtres ! Viols ! C’est là le tribu des conflits armés dans le monde depuis qu’il existe ! Donner une bonne raison ou bien une juste initiative d’annexer un pays pour libérer son peuple en le bombardant reste un argument géopolitique ne paraissant pas plus que cela gêner les états impliqués !
    C’est étonnant, tout de même, combien la réaction des populations outragées, devient soudainement un phénomène d’actualité, récupéré, évidemment, par l’appareil médiatique...
    Faut-il réellement retirer les troupes d’Afghanistan pour que la souveraineté soit rendue entre les mains du peuple ? Quel peuple ? Celui de la Charia ? Il faut à un moment donné se positionner, en prenant conscience que, hélas ! l’homme ne peut pas et ne veut pas vivre en paix ; il a un besoin vital de se confronter aux forces antagonistes à sa propre entité ! Et c’est ainsi depuis l’avènement de Cambyse et même avant... La Bible, elle-même, en est une référence. Alors, terminons cette réflexion en nous rassurant, en fredonnant la chanson de Vian :
    « Monsieur le Président, je vous fais une lettre : il faut que je vous dise : je ne veux pas la faire. »

    Jean Canal http://www.presselibre.fr

  • permalien charlie :
    20 février 2012 @12h26   « »

    Mon avis est qu’il est urgent de rééquilbrer l’échiquier mondial par l’affirmation des pays émergeants. Les grands pays émergeants doivent se regrouper stratégiquement pour dire NON à l’Occident lorsque leurs intérêts ne sont pas strictement respectés dans un conflit réel, supposé ou provoqué pour des raisons de géostratégie. Il est inacceptable que les grandes agences, l’ONU en tête, se retrouvent inféodées aux intérêts des puissances occidentales. Elles n’ont pas été créées dans cet objectif. Il est réjouissant que la fermeté à propos de la Syrie soit finalement payante. Attention, mon propos n’est pas d’approuver ou de laisser faire des massacres ou des génocides pour des raisons de principe. Je ne sais pas si les questions que je me pause dans ma réaction trouveront réponses : on parle de la complicité des médias dans la fabrication d’un ennemi et le chauffage à blanc de l’opinion publique, mais dans ce cas, que vaut l’impartialité de la presse ? Est-ce bien le role d’une presse indépendante que de se faire le porte-parole de causes douteuses destinées dans certains cas à mettre en valeur des groupes d’homme politiques pour des raisons de prestige ou de réélections ? J’entendais sur une radio un débat sur l’effet "Libye" quant à la mobilisation de l’opinion publique sur la Syrie...Parmi les arguments donnés par les deux journalistes, le OK donné par l’ONU à l’OTAN pour une intervention militaire non avouée se serait fait sur des affirmations fallacieuses comme le constat de plus de 5000 morts du coté des manifestants alors qu’il y en aurait eu, à l’époque, environ 300. Ces manifestants désarmés brulaient des chars et descendaient des avions tout de même. Mes questions seraient donc : quel droit à une information juste et impartiale a-t-on nous lecteurs et donc opinion publique ? Quelle est l’état d’esprit des journalistes faisant des affirmations fallacieuses de façon volontaire lors de la diffusion de l’information ? Si la presse est, en principe, un contre-poids au pouvoir politique, que nous reste-t-il à nous autres comme contre-poids à la presse sachant que celle-ci se fait souvent, et de façon unanime, l’outil de propagande de gouvernements de certains pays ? Quel est l’avenir de cette presse violant éhontément sa propre déonthologie voire même sortant de son role ? N’oublions pas qu’elle porte une partie de la responsabilité morale de millions de victimes.

  • permalien syrien contre Assad :
    22 février 2012 @19h06   « »

    Je constate que le régime syrien d’avoir insulté la France et plus, l’attentat contre l’ambassade de France à Damas, puis l’attaque contre les soldats français qui travaillent dans l’Organisation des Nations Unies au Sud-Liban, puis tuer deux journalistes français et étrangers à Homs et d’autres crimes contre l’humanité.
    Nous voulons savoir si la France devient suffisamment faible pour permettre des gangs de Bachar al-Assad à commettre des crimes et d’offenser la France dans cette voie sans une réponse ferme.

  • permalien Sarah :
    22 février 2012 @19h28   « »

    @ SYRIEN CONTRE BASHAR :

    Qu’entendez-vous par "réponse ferme" ?
    Aller bombarder la Syrie comme on l’a fait pour l’Irak, en tuant au passage un million d’irakiens ?

    Sinon,c’est curieux tous ces "intellectuels" arabes,activistes des droits de l’homme,qui demandent l’aide de l’ancienne puissance COLONIALE pour qu’on fasse le boulot à leur place.

    Comme chacun le sait la France,l’ancienne puissance coloniale dans la région,n’a absolument aucun interet là-bas,elle ne s’engage que par pure générosité pour sauver les gentils Arabes dont Sarkozy est un grand ami !

  • permalien Shanaa :
    22 février 2012 @20h23   « »

    Charlie, un rééquilibre de la terreur est indispensable, voire vital pour les pays du sud. La Chine et la Russie font de timides tentatives dans ce sens mais ce n’est pas pas suffisant.
    Quant aux médias, français en particulier, ils sont davantage des outils de propagande que des pilliers de la démocratie. On a vu leur rôle dans le consensus et le silence qui ont entouré les bombardements de l’OTAN en Libye. Normal, ces médias appartiennent à des affairistes, banquiers ou marchands d’armes !

    Syrien contre Bashar, demandez-vous d’abord pourquoi le statu quo et l’immobilisme politique ont prévalu au moyen-orient pendant que la Palestine se rétressissait à vu d’oeil ?
    La complicité de certains états arabes avec les puissances coloniales sont les raisons de l’échec politique.
    Les déstabilisations actuelles des pays arabes sont aussi le fruit de manipulations politiques via les réseaux sociaux et autres groupes souterrains. Il y aura beaucoup de dégats et peu de fruits, comme en Irak et en Libye. Dans le meilleur des cas, les islamistes vont "hallaliser" certaines pratiques, laisser se développer une économie de bazar en laissant la mondialisation libérale se faire pour le bien des multinationales étrangéres qui ont besoin de marchés et de con-sommateurs !
    Etonnant, que vous souhaitiez le fouet colonial alors que les irakiens et les libyens gémissent de douleur non loin de là !
    En 1789, les français ont réglé, et réglent leurs problémes tout seuls, comme tous les européens, y compris le courageux peuple grec !

  • permalien K. :
    4 mars 2012 @18h32   « »

    Des tombes d’ascendants des libérateurs saccagés par les libérés

    ....former Libyan rebels in Benghazi – liberated with the aid of the RAF last March – have systematically desecrated the graves of more than 150 British servicemen killed in North Africa 70 years ago.

    Alors, plus d’opérations humanitaires peut-être ?

    Tu peux courir, répond le ministère des Affaires Etrangères britannique :

    ’I would not want people to think this is somehow an ingratitude by the government of Libya. That’s not the case.’

    Via "Angry Arab"

  • permalien K. :
    6 mars 2012 @15h00   « »

    La paix otanesque sera anti-démocratique ou ne sera pas.

    U.S. official : Missiles give Libyan militias ’leverage’

    http://www.usatoday.com/news/world/...

  • permalien K. :
    13 mars 2012 @23h49   « »

    Sur l’auteur yankee du dernier et énième massacre de civils afghans en Afghanistan, on écrit :

    Âgé de 38 ans, marié et père de deux ou trois enfants, ce sergent de l’armée a subi une lésion cérébrale traumatique lors d’un accident de voiture survenu en 2010 en Irak, où il a effectué trois missions.

    Malgré cette blessure et des problèmes matrimoniaux qui ont marqué son dernier séjour sur la base militaire de Lewis-McChord, dans l’État de Washington, il a été jugé en condition de partir pour l’Afghanistan en décembre dernier avec son unité. Il avait subi des tests psychologiques en 2008 pour devenir tireur embusqué. Il en était à son premier déploiement en Afghanistan.

    Le fait que, notamment du haut de leurs bombardiers et autres engins volants de la mort, ses compagnons* qui ont massacré avant lui- et massacreront encore- un “bon paquet” de civils innocents ne souffraient ni de "lésion cérébrale traumatique", ni de "problèmes matrimoniaux" n’est nullement évoqué par cette délicate gente.

    * et leurs prédécesseurs

    Les Français ont fait de même en Algérie, les Belges au Congo, les Britanniques au Kenya et à Aden, les Italiens en Libye, les Allemands au Sud-Ouest de l’Afrique, les Boers en Afrique du Sud, les Israéliens en Palestine, les Etats-Unis en Corée, au Vietnam et en Amérique centrale, et leurs substituts se sont comportés de la même façon contre leurs propres populations à travers l’Amérique du Sud et une grande partie de l’Asie.

    La guerre « humanitaire » n’existe pas. Plus tôt ce fait est accepté par les citoyens des pays d’occupation, moins il sera difficile de mobiliser un soutien pour s’opposer aux aventures néo-coloniales et aux atrocités qui en découlent.

  • permalien K. :
    16 mars 2012 @08h18   « »

    Marwan Bishara : la psychiatrie a bon dos.

    Spare us and the US public the apologies, the psychiatry, and more useless trials and meaningless investigations.

    Présenter les crimes contre les étrangers comme étant relativement bénins est d’autant plus scandaleux qu’ils sont présentés comme étant commis par des “démocratiques” dirigeants du “monde libre.”

    - Graydon Carter

    It can fairly be said that the chain of catastrophic bets made over the past decade by a few hundred bankers may well turn out to be the greatest nonviolent crime against humanity in history.

    - Shoshana Zuboff :

    By refusing to consider the consequences of their actions, those who created the financial crisis exemplify the banality of evil.

  • permalien K. :
    18 mars 2012 @22h23   « »

    "Los Angeles Times" : Massacrer des civils Afghans, des femmes et des enfants en majorité, ne devrait pas être un motif de punition quand le massacreur est aussi exemplaire au bureau comme à la maison et aussi... sain d’esprit.

  • permalien K. :
    20 mars 2012 @23h59   « »

    Cet homme a perdu ses enfants.

    Si jamais il choisit un jour de massacrer des civils étatsuniens innocents, penses-tu que les civilisés,

    a) évoqueront un "stress post traumatique" pour expliquer son geste

    b) y trouveront la preuve de la barbarie inscrite dans ses gènes

     ???????????????????????????????????????????????????????

    The dead :

    Mohamed Dawood son of Abdullah
    Khudaydad son of Mohamed Juma
    Nazar Mohamed
    Payendo
    Robeena
    Shatarina daughter of Sultan Mohamed
    Zahra daughter of Abdul Hamid
    Nazia daughter of Dost Mohamed
    Masooma daughter of Mohamed Wazir
    Farida daughter of Mohamed Wazir
    Palwasha daughter of Mohamed Wazir
    Nabia daughter of Mohamed Wazir
    Esmatullah daughter of Mohamed Wazir
    Faizullah son of Mohamed Wazir
    Essa Mohamed son of Mohamed Hussain
    Akhtar Mohamed son of Murrad Ali

    The wounded :
    Haji Mohamed Naim son of Haji Sakhawat
    Mohamed Sediq son of Mohamed Naim
    Parween
    Rafiullah
    Zardana
    Zulheja

  • permalien K. :
    21 mars 2012 @22h07   « »

    D’après le groupe parlementaire afghan chargé de l’enquête sur le massacre des 16 civils afghans, celui-ci a été commis par plusieurs soldats US, jusqu’à 20.

    http://www.pajhwok.com/en/2012/03/1...

  • permalien K. :
    22 mars 2012 @22h43   « »

    D’après les habitants afghans du lieu du dernier massacre de civils par l’armée US, celui-ci était programmé, des soldats US les ayant averti qu’ils paieraient- « y compris vos enfants »- pour un attentat qui avait été commis quelque temps auparavant contre des troupes US dans le même lieu.

    Mr Mohammad said a US soldier, speaking through a translator, then said : "I know you are all involved and you support the insurgents. So now, you will pay for it - you and your children will pay for this’."

    http://www.theaustralian.com.au/new...

  • permalien K. :
    23 mars 2012 @18h15   « »

    Pour les Kenyans, la réponse est claire.

  • permalien K. :
    25 mars 2012 @23h27   « »

    Wazir, de sa feu fille de 7 ans :

    "Elle était la beauté de ma maison. Elle avait des yeux noirs magiques."

  • permalien K. :
    30 mars 2012 @08h00   « »

    Les yankees étaient plusieurs pour s’adonner à leur dernier massacre.

    Ceci dit, il est clair que le matraquage médiatique est orienté de telle manière que les “débats” ne concernent que des choses telles que le nombre de soldats ayant participé à un massacre de civils ou encore l’aspect isolé ou non d’un massacre (et peu importe que McChrystal ait déclaré, il y a un certain temps déjà, “We have shot an amazing number of people, but to my knowledge, none has ever proven to be a threat,”), alors que la véritable question est de savoir pourquoi les Bush le petit ne sont pas devant un tribunal.

  • permalien K. :
    3 avril 2012 @19h48   « »
  • permalien K. :
    13 avril 2012 @14h45   « »

    Pour éviter une embarrassante audition devant la justice, le MI6 —les services de renseignement britanniques— a offert 1 million de livres, soit plus de 1,2 million d’euros, à Abdelhakim Belhadj, révèle le quotidien londonien The Guardian.

    Sarkozy voulait doter Kadhafi du nucléaire jusqu’en 2010, selon Lauvergeon

    France : Les espions de Sarkozy ont aidé Kadhafi a tuer des dissidents

    Nicolas Sarkozy a autorisé une purge de Libyens vivant en France qui s’opposaient au colonel Kadhafi, apprend-t-on.

    Des documents inédits montrent que les agents secrets français régulièrement espionnaient régulièrement les dissidents, et transmettaient des informations sur leur compte qui ont conduit à leur capture et leur assassinat.

    Tout cela a eu lieu alors que le président français appelait encore Kadhafi " leader frère "..

  • permalien K. :
    13 avril 2012 @23h16   « »

    Tarek Mehanna, Etatsunien musulman

    Lorsque le sergent Bales a assassiné par balles des Afghans le mois dernier, toute l’attention des médias s’est portée sur lui, sa vie, son stress, son SSPT, l’hypothèque sur sa maison, comme s’il était la victime. Très peu de sympathie a été exprimée en faveur des personnes qu’il a effectivement tué, comme si elles ne sont pas réelles, pas humaines.

    Malheureusement, cette mentalité ruisselle sur toute la société, que ses membres le réalisent ou pas. ...

    http://www.salon.com/2012/04/13/the...

  • permalien K. :
    14 avril 2012 @12h26   «

    Abdelhakim Belhadj aurait refusé le million de livres du M16.

    Un procès se profilerait.

    A signaler qu’aussitot après avoir livré Belhadj, Mark Allen avait laissé tombé, « avec la totale approbation ministérielle », son statut d’agent du MI6 pour celui de « conseiller spécial de BP payé 200.000 £. »

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