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Angelina Jolie, la guerre et l’illusion du témoignage

lundi 13 février 2012, par Jean-Arnault Dérens

Pour son premier passage de l’autre côté de la caméra, l’actrice américaine Angelina Jolie n’a pas eu peur de surprendre. Au pays du sang et du miel est une fiction située dans le contexte de la guerre de Bosnie-Herzégovine. Même si l’on connaît les engagements humanitaires de la star, « ambassadrice de bonne volonté » du Haut Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (UNHCR) depuis 2001, le choix de ce sujet, largement passé de mode, surtout outre-Atlantique, ne peut que forcer la curiosité, voire le respect, car on est tenté de supposer qu’Angelina Jolie a choisi elle-même de le traiter, sans qu’il lui soit suggéré. Il y a sans aucun doute aujourd’hui, à Hollywood, plus vendeur que la Bosnie !

Les surprises ne s’arrêtent pas là, car le film est atypique et n’est pas comparable aux superproductions hollywoodiennes qui prétendent montrer la guerre, comme Welcome to Sarajevo (1997) de Michael Winterbottom. Dans le film de Winterbottom, le schéma narratif est extrêmement simple : une équipe de télévision britannique, venant donc du monde « civilisé », est confrontée à la violence de la guerre menée par plusieurs tribus sauvages, dont l’une (les Serbes) est assurément la plus redoutable… Le spectateur, nécessairement occidental, est appelé à s’identifier à ces héros occidentaux — car il serait bien inimaginable qu’il puisse s’identifier à un personnage « indigène ». Les quelques films consacrés au travail du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), mêlant parfois fiction et documentaire, fonctionnent à peu près sur le même registre : des héros extérieurs (occidentaux) contemplent la barbarie et essaient de la juguler ou de la juger.

Ici, rien de tel. Angelina Jolie n’a pas voulu prendre un point de vue occidental, mais elle a cherché à adopter un point de vue « bosnien ». Hormis le nom de la réalisatrice, il n’y a aucune star hollywoodienne susceptible d’attirer le spectateur. Le casting, excellent, ne parle guère qu’au public de l’ex-Yougoslavie, et à ceux qui connaissent les nouvelles cinématographiques de cette partie du monde. On retrouve ainsi Ana Marjanovic, née en 1983 à Sarajevo, qui fut révélée au grand public par Premières neiges, le bijou réalisé en 2008 par Aida Begic, ou bien Vanesa Glodjo, née en 1974 à Sarajevo, qui tenait un rôle central dans Sarajevo, mon amour de Jasmila Zbanic (2006)…

Un casting « yougo »

Ces talents, jeunes ou moins jeunes, se regroupent autour du « chef de famille », l’immense acteur Rade Serbedzija, né en 1946 dans un village serbe de Croatie. Au cours de la première partie de sa carrière, de 1967 à 1992, il joua dans une bonne cinquantaine de longs métrages produits à Zagreb, Sarajevo ou Belgrade. C’était alors l’un des acteurs les plus populaires de toute la (défunte) Fédération yougoslave. Le dernier film de la première partie de sa vie et de sa carrière s’intitule Dezerter (Le Déserteur). Il fut tourné en 1992 par le réalisateur serbe Ivojin Pavlovic dans la ville croate de Vukovar, que les milices serbes venaient d’occuper. Stigmatisé comme « Serbe » dans la Croatie ultra-nationaliste de Franjo Tudjman, Rade Serbedzija s’était installé en Serbie, où il s’engagea clairement contre le nationalisme, la guerre et le régime de Slobodan Milosevic. Depuis Le Saint de Philip Noyce (1997), ou Mission impossible 2 (2000) de John Woo, la carrière de Rade Serbedzija a pris une dimension résolument hollywoodienne. On a même pu le voir dans Harry Potter et les reliques de la mort… C’est donc cet acteur culte de la scène « ex-yougoslave » — établi aujourd’hui en Istrie où il a recréé un festival de théâtre — qui assure le lien entre la réalisatrice américaine et les jeunes talents des Balkans recrutés pour l’occasion.

Certains acteurs du film se sont fait connaître en participant à des séries télévisées serbes, d’autres brûlent les planches du théâtre bosnien… La distribution est naturellement « yougoslave », recourant aux meilleurs talents de cet espace culturel commun, réunissant sans problème des acteurs ayant tous en commun la langue autrefois appelée le « serbo-croate ».

Le dernier mérite d’Angelina Jolie, et pas le moindre, est en effet d’avoir réalisé le film en deux versions linguistiques, l’une anglaise, l’autre serbo-croate ou bosnienne : les scènes étaient d’abord filmées en anglais, avant d’être rejouées dans cette langue [1]. S’agissant de cette dernière, l’action se déroule en serbo-croate, les seules incursions de la langue anglaise étant des interventions extérieures : la radio commentant la guerre, ou les rares et brefs dialogues impliquant des soldats de la force d’interposition des Nations Unies (Forpronu). Une telle configuration linguistique est suffisamment rare dans un film américain pour être saluée.

Pourquoi donc, dans ces conditions, le film d’Angelina Jolie ne semble-t-il pas se diriger vers le succès régional qu’espérait sans aucun doute la réalisatrice, qui s’est plus impliquée dans sa promotion à Sarajevo ou à Zagreb qu’à Paris ou à Londres (et cela, encore, est à son honneur) ?

Mauvaises polémiques

Avant même qu’il ne soit achevé, avant même, d’ailleurs, que ne commence son tournage, le film a suscité de violentes polémiques. A l’automne 2010, l’association des femmes victimes de viol durant la guerre de Bosnie-Herzégovine avait dénoncé l’attitude « arrogante » et « l’ignorance » d’Angelina Jolie, dans une lettre adressée au UNHCR [2]. Cette association s’opposait notamment au thème principal de l’intrigue du film, à savoir une histoire d’amour entre une femme détenue dans un camp de viol et l’un de ses bourreaux. Face aux oppositions de diverses natures rencontrées à Sarajevo, Angelina Jolie a dû se résoudre à tourner le film en Hongrie.

Une avant-première réservée aux associations de victimes de la guerre a été organisée le 11 décembre dernier à Sarajevo, et l’opinion générale sur le film s’est renversée. « Il s’agit d’un film puissant pour quiconque a survécu à la guerre, pour toutes les victimes et toutes les personnes qui ont connu la guerre et ont été témoins de ces violences et de ces agressions organisées », s’exclamait Hatidza Mehmedovic, présidente de l’association des Mères de Srebrenica. Murat Tahirovic, survivant du camp d’Omarska, aujourd’hui président de l’Association des anciens prisonniers des camps de Bosnie-Herzégovine, a reconnu avoir été l’un de ceux qui ont exercé des pressions pour que le tournage du film soit annulé, ce qu’il affirme désormais regretter [3]. Bref, l’unanimité semble s’être faite en Bosnie-Herzégovine, du moins dans le camp bosniaque : ce film sert la bonne cause, il rappelle la « juste » vision de la guerre.

Naturellement, des réactions diamétralement opposées ont vu le jour en Serbie et en Republika Srpska, l’« ’entité serbe » de Bosnie [4]. Le tabloïd belgradois à scandale Kurir a donné le signal d’une campagne de presse bien organisée, dénonçant les « préjugés antiserbes » d’Angelina Jolie, déclarée persona non grata en Serbie. L’actrice est accusée de reproduire les poncifs de la « propagande bosniaque ». Cette campagne, prévisible et assez classique dans ses contenus, se développe surtout sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux comme Facebook, ou encore sur des sites spécialisés comme IMDB [5], où les internautes sont invités à commenter et à noter des films : des contributeurs bosniaques et serbes se sont naturellement livrés aux joies d’une véritable bataille rangée virtuelle, d’autant plus remarquable qu’a priori, ni les uns ni les autres n’avaient vu le film.

Une sortie officielle d’Au pays du sang et du miel est toutefois prévue au printemps en Serbie, tandis qu’il ne devrait pas être distribué en Republika Srpska — du moins pas dans les réseaux officiels. Des invitations à des projections privées circulent déjà sur Facebook, notamment dans la ville de Prijedor — haut lieu du nettoyage ethnique, mais où un nombre important de citoyens bosniaques sont revenus vivre ces dernières années. Ces projections « pirates » ont, naturellement, la bénédiction de la production, car elles renforcent la charge idéologique du film : le visionner deviendrait un acte politique, un véritable geste de résistance…

Illusion documentaire

Pourtant, que montre, au juste, Angelina Jolie ? L’héroïne du film, Ajla, raflée par les miliciens serbes, est conduite dans un « camp-bordel », un ancien gymnase où des femmes bosniaques doivent servir la soldatesque, tout en étant régulièrement violées. Là, Ajla retrouve son dernier amant, qui n’est autre que le capitaine dirigeant ce camp ! Malgré l’inévitable méfiance qui entoure leurs retrouvailles, la passion l’emporte vite et les deux tourtereaux vivent une histoire d’amour, tout de même bien surprenante dans cet univers concentrationnaire.

Avec l’aide de Danijel, son amant capitaine, Ajla parvient finalement à s’enfuir. Elle retrouve sa sœur, elle aussi expulsée de son domicile, et qui survit dans les ruines d’une ville que l’on suppose être Sarajevo, avec une petite bande de francs-tireurs bosniaques. Ces derniers convainquent Ajla de repartir auprès de Danijel, qui vient d’être muté au quartier général des forces serbes : elle espionnera pour le compte de la résistance bosniaque.

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Sur le tournage

En fait, l’intention d’Angelina Jolie est assez banale : introduire une « petite histoire » dans le tourbillon de la « grande histoire », cette « petite histoire » étant, comme bien souvent, une histoire d’amour. C’est le ressort classique de nombre d’excellents films. Et pourtant, le parti pris de réalisme, la volonté de réaliser une film pédagogique, voulant rappeler à un public oublieux ce que fut vraiment cette guerre, échoue totalement.

Pour écrire ce scénario, Angelina Jolie s’est entourée de quelques conseillers, notamment Tom Gjelten, qui a couvert la guerre en Bosnie pour la radio publique américaine NPR. A priori, rien n’est faux ; rien de ce que veut montrer la réalisatrice n’est illusoire ou mensonger. Les milices serbes ont effectivement expulsé les résidents bosniaques musulmans de certains quartiers d’immeubles collectifs modernes, elles ont effectivement géré des « camps-bordels » dans des gymnases, comparables à celui où Ajla est détenue…

Les problèmes tiennent, tout d’abord, à la construction du scénario. Danijel n’est pas seulement capitaine de l’armée serbe, c’est aussi le propre fils du général en chef, incarné par Rade Serbedzija, dans lequel il est bien difficile de ne pas voir le général Ratko Mladic… Cette impression est encore renforcée par le dialogue totalement improbable entre ce général et la belle Ajla dans une chambrée de la caserne. Pourtant, dans une fiction ainsi enracinée dans l’histoire, les héros ne peuvent que croiser les personnages réels de l’histoire. C’est un peu comme si l’on voulait faire un film sur la résistance française en lui inventant un chef qui ne s’appellerait pas De Gaulle mais Dupont, tout en étant lui aussi général…

Cet aspect des choses paraîtra peut-être secondaire à un spectateur américain, pour qui le chef militaire des Serbes de Bosnie peut bien se nommer Ratko, Nebojsa, Pierre, Paul ou Jacques. Il n’en va pas de même pour le public qu’Angelina Jolie affirme viser en priorité, c’est-à-dire celui de l’ancienne Yougoslavie, pour qui Ratko Mladic est un personnage ô combien réel, dont l’arrestation remonte à moins d’un an [6].

Alors que ce vrai-faux Mladic est fort gênant, Angelina Jolie joue étrangement sur les paramètres de temps et de lieu. Le film est découpé en séquences temporelles (printemps 1992, hiver 1993, été 1995, etc.) clairement indiquées, mais l’on ne sait par contre jamais où l’on se trouve. La ville de Sarajevo n’est elle-même nommée que par accident, quand Danijel doit s’y rendre. Le spectateur habitué des lieux a envie de reconnaître Grbavica ou les immeubles de Dobrinja dans le quartier qu’habitent Ajla et sa sœur, mais rien ne précise que l’action se déroule bien dans la capitale bosnienne. On ne sait pas où se situe le camp-bordel.

Or, les épisodes mis en scène dans le film se sont produits à des moments et dans des lieux bien précis : l’expulsion des résidents bosniaques des quartiers mixtes n’a pas eu lieu partout. Les camps-bordels ont constitué une terrible réalité dans certaines villes, comme Foca, mais pas partout.

En fait, c’est comme si Angelina Jolie avait voulu faire une sorte d’étrange « best of » de la guerre, reprenant tous ses épisodes les plus tragiques — et les plus télévisuels. Le comble, de ce point de vue, est atteint quand la caméra longe un camp dans lequel des silhouettes masculines décharnées évoquent les fameuses photos des camps serbes, dont on sait qu’elles procèdent elles-mêmes en partie d’une mise en scène visuelle. Cette image était pourtant incontournable pour un film comme celui d’Angelina Jolie, qui se propose de représenter, de mettre en scène les pires crimes commis durant la guerre, tout en les décontextualisant. C’est à peu près comme si un cinéaste désireux de faire un film sur la seconde guerre mondiale emmenait ses spectateurs, en deux heures de temps, à Auschwitz, à Oradour-sur-Glane et à Hiroshima, tout en omettant d’ailleurs de préciser que la première de ces localités se trouve en Pologne, la seconde dans le Limousin et la troisième au Japon…

On pourrait qualifier le traitement qu’Angeline Jolie inflige à l’histoire de « méthode du parc d’attraction » : il suffit de reconstruire dans un petit espace clos le pont du Rialto, la Tour Eiffel et le Colisée pour représenter l’Europe, pour la donner à voir. Cette impression d’irréalité est naturellement renforcée par les conditions du tournage, qui s’est principalement déroulé à Budapest, la cinéaste n’ayant pu filmer en Bosnie.

On pourrait bien sûr objecter que ce film reste une fiction, et qu’il n’est donc pas une reconstitution documentaire. Par exemple, la guerre de Bosnie a été magnifiquement résumée par No man’s land (2001) de Danis Tanovic, qui n’a pas hésité à prendre le parti de filmer une tragédie classique, respectant les trois règles de l’unité de temps, de lieu et d’action… Cette perfection formelle n’a pas empêché le film de connaître un grand succès à travers le monde et même d’obtenir un Oscar. Pour que tienne l’argument d’une transposition de la guerre dans la fiction, il faudrait encore que l’on puisse trouver une quelconque utilité métaphorique aux scènes retenues par Angelina Jolie, mais la métaphore ne semble vraiment pas être le fort de la réalisatrice.

Bien au contraire, elle n’épargne rien à ses spectateurs, rien des scènes de viol ni des scènes de sexe réunissant Ajla et le capitaine Danijel — la concomitance des unes et des autres n’étant d’ailleurs pas l’aspect le moins choquant de ce film. Quand on sait que celui-ci cherche tout particulièrement à dénoncer les violences commises contre les femmes durant les guerres, cette confusion est surprenante. Le problème ne tient aucunement dans l’existence d’une histoire d’amour entre une Bosniaque et un Serbe — avant la guerre, ce genre de romance « mixte » était la chose la plus répandue en Bosnie-Herzégovine — mais à la poursuite de cette idylle dans ces conditions particulières. La tentation vient d’ailleurs inévitablement de comparer ce film maladroit et pompier au magnifique Go West (2005) d’Ahmed Imamovic, qui prenait un parti bien plus provocateur en racontant, en pleine guerre de Bosnie, une histoire d’amour entre deux jeunes hommes, l’un serbe, l’autre bosniaque…

D’ailleurs, si Angelina Jolie s’est assurément beaucoup préoccupée de la vraisemblance historique de son film, elle ne semble pas avoir eu de tels soucis avec la psychologie des personnages : il faut donc supposer qu’il est possible de passer ainsi, avec une telle légèreté, de la contrainte à la passion. Il faut aussi admettre qu’une artiste peintre comme Ajla n’ait de cesse que de traverser les lignes de front en chaussures à talons pour aller s’extasier devant les toiles de la galerie d’art contemporain de Sarajevo. La visite de cette galerie et les commentaires « artistiques » qui sont alors infligés au spectateur pourraient relever du comique de l’absurde si l’ensemble de la scène n’était pas d’un effroyable mauvais goût.

Dans un entretien diffusé pour promouvoir le film, Angelina Jolie explique qu’elle a été gênée en dirigeant ses propres acteurs, quand elle leur demandait de jouer certaines scènes trop dures, comme celles où de vieilles femmes détenues doivent se déshabiller pour danser au bal de la garnison. Le cinéma nous a pourtant habitués depuis longtemps à des scènes bien plus violentes ou bien plus crues. Ce ne sont pas les scènes montrées qui mettent mal à l’aise, mais leur insertion dans un scénario indigent et mal bâti.

A vouloir tout dire et tout montrer, à réduire la guerre à une succession de stéréotypes et d’archétypes (ainsi pour les seconds rôles : il y a, dans les milices serbes — quelle surprise ! —, des pervers sadiques et des bons gars un peu benêts), le film manque totalement son but. A force de décontextualisation, il n’en arrive plus qu’à délivrer ce message fracassant : la guerre, quel malheur !

Notes

[1] On parlait autrefois du « serbo-croate » ou « croato-serbe ». Ses locuteurs préfèrent aujourd’hui l’appeler « serbe », « croate », « bosnien » ou « monténégrin », mais il s’agit toujours de la même langue.

[2] Lire « Bosnie-Herzégovine : “Angelina Jolie ignore les victimes” », Le Courrier des Balkans, 2 décembre 2010.

[3] Lire Marija Arnautovic, « Cinéma : “In the Land of Blood and Honey”, quand Angelina Jolie raconte la guerre en Bosnie », Le Courrier des Balkans, 18 décembre 2011.

[4] Lire « La Bosnie-Herzégovine étouffe dans le carcan de Dayton », Le Monde diplomatique, septembre 2008.

[5] http://www.imdb.com/title/tt1714209/

[6] Ratko Mladic a été arrêté le 22 mai 2011, dans un village peu distant de Belgrade, en Serbie. Il est en instance de jugement devant le Tribunal international de La Haye. Lire « L’arrestation de Ratko Mladic », La valise diplomatique, 26 mai 2011.

44 commentaires sur « Angelina Jolie, la guerre et l’illusion du témoignage »

  • permalien Shanaa :
    14 février 2012 @15h50   »
    Angelina Jolie, la guerre et l’illusion du « témoignage »

    Cette critique est excellente,mais un tout petit peu sévére à l’égard de Angélina Jolie, dont c’est le premier essai de l’autre côté de la caméra.
    Angélina Jolie a chosi un sujet grave, difficile à traiter, d’ou les quelques erreurs. De plus, Angélina ne se contente pas seulement d’être jolie, et c’est aussi tout à son honneur !
    Ceci dit, la question essentielle est de savoir, comment aux portes de l’Europe, on peut si facilement, en un clin d’oeil, passer de la "civilisation" à la plus haute barbarie ?
    C’est la seule question métaphysique qui vaille.

  • permalien
    14 février 2012 @16h14   « »
    Angelina Jolie, la guerre et l’illusion du « témoignage »

    Derens est toujours très négatif. Toujours quelque chose à critiquer, à lire le Courrier des Balkans, on a l’impression qu’il n’y a rien de positif dans les Balkans. Mais ça c’est vendeur !!! Bravo Angelina, bravo à votre courage et votre volonté de bien faire malgré les critiques de tous parts.

  • permalien
    14 février 2012 @18h15   « »
    Angelina Jolie, la guerre et l’illusion du « témoignage »

    Cet article ignore la guerre médiatique.
    D’une manière générale on parle des guerres en oubliant que les médias ne sont pas des spectateurs objectifs et neutres mais dés belligérants et dans le meilleur des cas un outil de propagande que chaque belligérant a intérêt à avoir dans sa poche. Tout lycéen sait que la propagande était un élément de la 2eme guerre mondiale. Il serait naïf de peser que l’on ait soudainement cessé de se servir de cet outil.
    Pour revenir sur la guerre en Bosnie et mesurer l’impact des médias. C’est la conviction qu’ils intervenaient du « bon côté » qui autorisera L’ONU ou l’OTAN à intervenir à plusieurs reprises dans ce conflit contre les serbes :
    1 – En instaurant une zone d’exclusion aérienne
    2 – En bombardant massivement les positions serbes.
    Aujourd’hui on estime que la guerre de Bosnie a fait 1 000 000 de déplacés (réfugiés) dont la moitié sont serbes et 100 000 morts (toutes les 3 communautés confondues) dont 30% de serbes. Comment justifier que ces victimes serbes soient les oubliées de l’histoire ?
    Le film de A. J. est détestable du point de vue des serbes en ce sens qu’il reprend tous les éléments (vrais ou inventés comme l’auteur l’explique) antiserbes de la guerre médiatique qui s’est déroulé au tour de la guerre tout en oubliant les victimes serbes. Des lors que les Serbes restent exclusivement « méchants » et jamais victimes, nous sommes dans le mensonge par omission. Je rappelle aux lecteurs que Sarajevo 500 000 la ville martyr était un endroit où l’on exécutait les serbes (40% de la population de la ville) en bas de leurs immeubles.

  • permalien
    15 février 2012 @13h58   « »

    Alors là, on nage dans le mensonge. Je suis un Serbe, j’ai été à Sarajevo durant la guerre et si quelquun exécutait les Serbes, ce sont justement les Serbes sur les collines qui assiégeaient la ville et qui tiraient sur tout ce qui bouge. Ils ont voulu tuer les Bosniaques, OK, mais surtout l’esprit multinational de la ville. Ce qu’ils n’ont pas réussi. Je vis toujours à Sarajevo et j’ai regardé avec plaisir le film d’Angelina Jolie même s’il est difficile à regarder. L’équipe composée des Serbes, Croates et Bosniaques est un constat d’échec pour ceux qui dénoncent ce film comme antiserbe, qui sont les mêmes que ceux qui ont voulu détruire la Bosnie-Herzégovine. A lire : http://www.jolpress.com/article/bob...

  • permalien okapi :
    15 février 2012 @14h10   « »

    je pense que le but est aussi de montrer que la guerre est en effet un malheur, un bien horrible malheur et à ce niveau je ne comprends pas votre conclusion exaspérée.......à quoi s’attendre d’autre qu’à ce sentiment lorsqu’on veut faire un film dont la visée de témoignage est cherchée ? Je ne vous suis pas...si le film est parvenu à vous faire sortir cette dernière phrase c’est qu’il a en partie atteint son objectif...on parle bien de guerre et de témoignage. Maintenant, qu’il y ait des faiblesses dans la représentation de ce qui s’est passé de façon dans le contexte précis des balkans c’est autre chose....Bref c’est un long débat. mais je tenais à vous dire qu’en vous lisant on a trop l’impression que tout est d’une simplicité...vous n’êtes pas sans savoir que ces sujets sont extrêmement complexes et que dire la douleur extrême d’autrui dans des situations de violences extrêmes est encore plus complexe...la critique est beaucoup plus aisé cependant...sur ce sujet je vous recommande Eliane Scarry The body in pain...

  • permalien HN :
    15 février 2012 @15h03   « »

    Ceci dit, la question essentielle est de savoir, comment aux portes de l’Europe, on peut si facilement, en un clin d’oeil, passer de la "civilisation" à la plus haute barbarie ?

    Passer de la civilisation à la barbarie ? Facile, la guerre.
    Au préalable, monter un peu toutes les communautés les unes contre les autres afin de faire bien prendre la sauce.
    Comme on fait un peu partout en Europe depuis des siècles et encore de nos jours. Faut pas oublier qu’on est les champions en titre tout de même.

    Ça dérange quand c’est aux portes de l’Europe, par contre en Afghanistan, en Irak, en Lybie, on peut déverser des tonnes de bombes, ça gratte moins.
    Nos guerres paraissent moins barbares à nos yeux, car lointaines et pseudo-justifiées par des causes humanitaires ainsi que la propagande sur la "guerre propre".
    Mais pour un paysan afghan qui voit sa famille périr sous les bombes en grappes ou un irakien qui voit sa famille assassinée par des G.I., à mon avis ça doit paraître assez barbare.

    Cdlmt

  • permalien Malima :
    15 février 2012 @15h39   « »

    Angelina Jolie devait certainement se trouver devant une contrainte complexe et double :

    1. Temoigner d’une histoire et d’evenements socio-politiques proches a son coeur et qui meritent d’etre vulgarises envers un public relativement endormi et complaisant.

    2 : Faire face aux contraintes hollywoodiennes au futur telles qu’eventuelle censure, eventuel refus de collaboration et de financement. Comme on le dit si bien en anglais, it’s not a "level playng field" - les enjeux sont inegaux.

    Tout compte fait, (et j’avoue ne pas encore avoir vu le film), c’est une initiative qui merite d’etre encouragee afin d’appuyer l’engagement et la responsabilisation de tous dans les questions brulantes de notre temps.

  • permalien Gérard :
    15 février 2012 @15h52   « »
    Plus pur que le Diplo, tu meurs !

    Je viens de lire cet article en entier, avec la plus grande attention, je n’ai bien sûr pas encore vu le film, et je constate avec regret que Le Monde Diplomatique, dont je suis lecteur depuis des dizaines d’années et auquel je suis abonné depuis peu, montre une fois encore son détestable travers : le fait d’être totalement impitoyable avec toute oeuvre artistique imparfaite, tout bilan gouvernemental ou tout parcours politique qui n’a pas à son actif un sans faute... à l’exception de ceux auxquels le même Monde Diplomatique a délivré d’emblée un label "100% gauche pure, authentique et sans compromis".
    Il serait bon, un jour, que l’on sache enfin sur quels critères vous attribuez ou non des circonstances atténuantes, d’autant plus que cela vous permettrait de vous appliquer les mêmes exigences de perfection, et par la même occasion d’expliquer pourquoi des régimes de gauche ayant sombré dans la dictature pure et simple continuent de mériter la plus grande indulgence.
    Elle en est pas bonne, mon idée ?

  • permalien Homo Balkanikus :
    15 février 2012 @17h57   « »

    Aaaaahhhh Derens lorsque l’on titille ses sympathies pro-serbe ... il aime pas ça !!!

  • permalien Shanaa :
    15 février 2012 @19h19   « »

    Chacun y va de son petit commentaire pour savoir qui est "anti" ou "pro" de telle ou telle faction ! Au lieu de se demander comment une jeune femme comme elle a eu le courage de filmer les horreurs faites aux femmes ! Ces violences étaient dirigées contre les femmes et les guerres sont faites par des hommes !
    Comment les européens se targant d’être civilisés puissent tolérer cela !

  • permalien bennati :
    15 février 2012 @22h55   « »

    Le film est assez bien décrit qu’il n’est pas nécessaire d’aller le voir pour en conclure qu la Jlie est aussi pro occidentaliste que n’importe quel occidentaliste...QUI A VOULU LE DEMENTELLEMENT DE LA YOUGOSLAVIE uù qu’on le veuille ou non les diverses communautés vivaient ensemble ? qui a fait pareil un peu partout à travers monde pour morceler, diviser, opposer, entretenir haine et différence sinon la puissance économique dominante et ses thuriféraires européens ? La violence ? mais ce sont les mêmes qui l’entretriennent toujours que ce soit au Chili, en Argentine, à Cuba, en Irak, en Afghanistan en Côte d’Ivoire, en Libye et maintenant en Syrie en attedant l’Iran.... L’oligarchie financière mondialisée ne saurait se maintenir au pouvoir mondial sans ses crimes, ses exactions, sa mobilisation permanente pour manigancer, entrtenir haine et déraison avec des moyens mdiatico psychologiques au summum du progrès des armes de guerre et de décervellement ...

  • permalien Henry Jacque (Belgique) :
    16 février 2012 @11h45   « »

    Pas vu encore le film mais...une furieuse envie de le voir. Ne serait-ce que parce que A.J. a pris un risque, un vrai. Qu’a t’elle réellement a gagner a se lancer dans une première réalisation portant sur un sujet aussi peu médiatiquement porteur ?
    Le film est imparfait ? Tant mieux, ça prouve que c’est vraiment une oeuvre de réalisatrice en naissance.
    Finalement cette femme construit sa vie bien loin du sillon que l’on pouvait imaginer en regardant son parcours d’actrice. Respect.

  • permalien Monde bizarre :
    16 février 2012 @13h49   « »

    Il me semble (et je souhaite sincèrement me tromper) que la grande préoccupation de l’auteur quand il traite dans ses écrits, la complexité des conflits dans l’ex Yougoslavie (les Balkans, c’est plus vaste que les « territoires serbo-croate » aves les Grecs, les Roumains, les Bulgares, les Albanais et même les Turcs...), c’est l’idée que les Serbes n’ont pas fait pis que les autres. Mon intention n’est pas de démontrer que les Serbes ont fait pis mais de lui suggérer qu’il faut parfois ôter de sa tête cette hantise qui lui chauffe la logique et lui rend les conclusions, opaques. Parce que pour raisonner abusivement comme lui, ce serait de dire que les Allemands hitlériens n’ont pas été les seuls à avoir commis des atrocités durant la Seconde Guerre mondiale, mais les Polonais, les Français, les Tchécoslovaques etc. ont été aussi « méchants » qu’eux. Est-ce que le jugement sur les acteurs du film guerrier de la vie devrait être aussi simpliste ? Non ! Les Serbes ne sont pas pires (l’auteur aimerait au fond qu’on affirme qu’ils sont meilleurs), que les autres ! Mais les Serbes au service de Milosevic (et de tout ce qu’il y avait derrière), OUI, ils ont été LES PIRES pendant les guerres qui ont suivi l’éclatement de l’ex Yougoslavie ! Désolé M. Derens !

  • permalien Imen :
    16 février 2012 @15h02   « »

    Votre analyse est d’une bien fade mauvaise foi. Vous commencez votre article en parlant de "fiction" puis vous reprocher à la réalisatrice "la Jolie" comme vous dites (!) de ne pas faire assez dans le documentaire ! Contradiction, non ?

    D’autre part souvenez-vous du cas de Clara Rojas tombée enceinte de l’un de ses geôliers, vous que cette petite histoire dans la grande Histoire semble étonner.
    Sachez enfin, qu’une femme malgré la guerre et l’horreur peut rester femme. C’est aussi une forme de combat humain...

  • permalien lecteur :
    16 février 2012 @18h03   « »

    Les serbes ont été les boucs émissaires de l’Occident. Hollywood poursuit donc sa propagande comme d’habitude, après avoir offert le Kosovo à la mafia. Il aurait été pourtant intéressant de traiter de la violence et de la redoutable cruauté de ces groupes mafieux kosovars envers les femmes ! A. Joli ne le fait pas et reste dans l’archi-politiquement correct occidental.
    Et puisqu’elle dit s’intéresser au sort des femmes, A. Joli aurait aussi pu parler de l’Arabie Saoudite, pays qui n’est pas seulement quasiment esclavagiste envers sa population immigrée d’Asie, mais est surtout le pays où la condition féminine est la pire au monde. Elle ne le fait pas car ce pays est aussi le grand allié des américains. Elle aurait aussi pu parler des guerres actuelles dans l’Afrique des Grands lacs, au Congo par ex., et de la politique délibérée de viols et de contamination... mais cela aurait aussi été moins vendeur et moins politiquement correct !
    En choisissant son sujet et le point de vue de l’OTAN, au détriment d’une intrigue autour de la cruauté incommensurable de la mafia kosovar envers les femmes ou de la condition féminine catastrophique des femmes en Arabie Saoudite, toutes deux des réalités factuelles et surtout actuelles (!!), A. Joli montre simplement en creux son allégeance au camp des puissants et aux plus forts. De fait, rien de nouveau à l’Ouest : selon que vous serez dans le camp américain ou non, Hollywood vous voudra quasiment blanc ou noir ; alors si vous aspirez a la gloire et au pouvoir, mieux vaut vous faire le serviteur zélé de la doxa des puissants et A. Joli l’a bien compris.

  • permalien Shanaa :
    16 février 2012 @21h16   « »

    Lecteur, c’est abusif de comparer la situation des femmes saoudiennes qui vivent en temps de paix dans un pays riche, avec la haute barbarie d’un génocide qui s’est déroulé à Srébrénica, aux portes de l’Europe !
    Les travailleurs étrangers en Arabie Saoudite sont, certes discriminés, mais ils gagnent leur vie et ont choisi librement de venir dans ce pays. Tandis que dans certains pays du tiers monde, y compris en Chine, des enfants et des femmes travaillent pour les multinationales occidentales pour un salaire de misére et des conditions trés médiocres. Quant aux travailleurs chinois, ils dorment dans des cages sur leur lieu de travail !
    Si vous voulez des comparaisons de même type songez pluôt aux femmes africaines dont les pays sont en conflit permanent ; songez aux femmes irakiennes torturées et violées dans la prison d’Abou-Gharib lors de l’invasion américaine, songez aux femmes du Rwanda aussi ! Dans tous ces conflits, les puissances occidentales sont plus ou moins responsables, y compris en Bosnie !
    Et puis, au lieu de vous apitoyer sur les saoudiennes, faites le aussi pour les femmes en Inde, ou celles de pays de l’est victimes de trafic pour esclavagisme sexuel, ou celles qui servent l’industrie capitaliste du porno !
    Les puissances occidentales se fichent du sort des femmes ! Ainsi, l’Irak et la Libye, ou les femmes étaient libres, furent bombardés et détruits par ces mêmes puissances qui ont placé des régimes religieux
    En tant de guerre, les décideurs devraient faire des lois qui interdisent les meurtres de civils , femmes, vieillards, enfants, personnes désarmés ! Ce serait un grand progrés ethique ! Mais l’éthique c’est ce qui manque au politique !

  • permalien Tito :
    16 février 2012 @22h33   « »

    Félicitation M. Dérens, excellent article !

    Je précise qu’il existe déjà "des lois qui interdisent les meurtres de civils , femmes, vieillards, enfants, personnes désarmés ! "
    Il est important de maîtriser les sujets dont on parle...

  • permalien Shanaa :
    16 février 2012 @23h36   « »

    Tito, si ces lois existent pourquoi ne sont-elles pas appliquées ?
    Il faut démasquer la duplicité des décideurs avant d’en causer !

  • permalien lecteur :
    17 février 2012 @10h27   « »

    Shaana, permettez-moi de trouver exagéré le terme de génocide que vous avez choisi pour la guerre de Bosnie. Si d’ailleurs vous connaissez l’histoire des six derniers siècles dans cette région, vous ne devriez n’y voir que des génocides à répétition.
    Sinon, pourquoi avancez-vous les « portes de l’Europe » comme un argument ? Pour les américains et donc A. Joli, cela est sans portée puisque l’Europe est équivalente à toute autre région du monde.
    A l’encontre du sentiment que vous exprimez, il m’apparaît au contraire plus important de critiquer les atrocités, les discriminations et les abus en temps de paix qu’en temps de guerre ; la guerre donne toujours lieu à de terribles atrocités, bien souvent réciproques sinon parfois équivalentes, qui a posteriori seront toujours caricaturées par les vainqueurs qui font l’histoire dans un esprit hagiographique qui leur permet de justifier leurs interventions.
    Etonnant autrement la logique de votre discours concernant l’Arabie Saoudite. Il me semble participer, à votre insu, de la logique de certains arguments avancés pour faire l’éloge de la colonisation : puisque les « colonisés » gagnaient plus d’argent et avaient de meilleures conditions de vie, et qu’ils choisissaient même d’ailleurs de travailler volontairement pour les colonisateurs, ils étaient finalement plus heureux … Si les asiatiques pauvres vont en Arabie Saoudite, c’est qu’ils y gagnent plus d’argent et y sont plus heureux. Donc si vous n’avez pas de travail et que, pour survivre, vous travaillez pour quelqu’un qui vous exploite, l’exploiteur n’est finalement pas si critiquable…
    Sinon, on peut déplorer les conditions des femmes dans de nombreux pays, mais permettez-moi de continuer à penser que c’est en Arabie Saoudite que celle-ci est la pire au regard de celle des hommes. En effet, cette condition féminine discriminatrice n’a aucunement l’excuse de l’exception et des atrocités des conflits, ni celle des conditions économiques et de survie difficile. Cela est simplement inscrit dans la loi et les moeurs, et c’est d’ailleurs le seul pays au monde, si je ne m’abuse, où les femmes sont interdites de conduire !! Cet islam saoudien, archi-rigoriste, pour ne pas dire radical, exporté par les occidentaux pour combattre le socialisme aux limes de l’ancienne URSS – je l’ai vu lors du coup d’Etat antisyndical en Turquie en 1980 –, est une vraie régression pour la condition féminine. Il est pourtant soutenu, becs et ongles, depuis des décennies par l’Occident qui ose cependant en parallèle essayer de faire croire qu’il est le porte-voix de la condition féminine… A cet égard, je m’accorde donc avec vous sur l’influence désastreuse que les interventions occidentales ont eue en Irak, ou en Lybie semble-t-il au vu des premières dispositions constitutionnelles, sur la condition des femmes.
    .../

  • permalien lecteur :
    17 février 2012 @10h32   « »

    Suite Shanaa…/
    Sinon, vous parlez de prostitution et de pornographie… permettez-moi de penser que la mafia, qui dirige le Kosovo que cette guerre occidentale lui a offerte, est une des pires en ce domaine.
    Pour ce qui est des autres pays « pauvres », je ne vois pas de discriminations spécifiques envers les femmes mais une difficulté d’être pauvre, parfois aggravée pour les femmes en raison de l’importance de la force physique dans ces conditions.
    Vous parlez aussi de l’Inde. Sachez que le sati en Inde (qui n’a rien à voir avec le sacrifice par le feu volontaire de Sita à son retour à Ayodhya ou encore de celui de Sati, la première femme de Shiva, mais fut juste l’expression de l’égoïsme des belles familles ne voulant pas subvenir aux besoins des veuves) est interdit depuis le XIXe siècle à l’instigation de Ram Mohan Roy. Il est vrai qu’il y a eu quelques cas depuis et que les accidents de « cuisinière » à l’encontre des brus sont encore tus et trop nombreux. Toutefois, pour avoir vécu en Inde, où le mariage est quasiment toujours arrangé entre les familles et où les femmes vivent avant tout pour leur mari, les femmes m’ont bien souvent paru libres et heureuses.
    Je parlais dans mon intervention de l’Afrique des Grands Lacs, donc implicitement du Rwanda. Je crois cependant (selon les récits que j’ai lus sur 1994 où les atrocités spécifiques envers les femmes se sont « limités » à éventrer des femmes enceintes et leur fœtus) que la politique de viol et de contamination systématique est surtout postérieure au génocide rwandais. C’est une des caractéristiques des conflits dans l’Afrique des Grands lacs (Congo…) et j’y faisais allusion lors de ma première intervention.
    En réponse à vote dernier petit paragraphe, sachez que la IV convention de Genève du 12 août 1949, et plus particulièrement son article 3, condamne explicitement toutes les atrocités envers les civils. Le problème est que la justice est toujours celle des plus forts et des vainqueurs… Nombreux et puissants sont aussi les pays qui ne reconnaissent pas la légitimité de la justice internationale pour les juger.
    Voilà, tout cela pour répéter qu’A. Joli me paraît s’inscrire dans les pires travers de l’Occident, sinon de l’Homme, qui est de chercher un bouc émissaire, comme dans les stéréotypes de la propagande des vainqueurs - hagiographique pour leur camp, démoniaque pour l’autre. A. Joli me semble avoir tout sauf du courage - sauf évidement à en trouver chez ceux qui sont au chaud et en haut de l’affiche du côté des puissants. Pourquoi, puisqu’elle parlait des Balkans et de l’intervention de son pays, et voulait en outre traiter de la condition féminine, n’a-t-elle pas abordée la condition des femmes au Kosovo, région offerte par son pays à la mafia ? Sujet pour le moins plus politiquement incorrect en Occident !

  • permalien Monde stupide :
    17 février 2012 @15h52   « »

    Pauvres artistes ce qu’ils doivent endurer quand ils créent ! C’est stupide de faire l’étalage des connaissances comme de l’urine involontaire sur la condition des femmes dans les cinq continents en prétextant la critique d’une création qui a pour auteur… une femme. Hé non, que vous le vouliez ou pas, que cela vous plaise ou vous déplaise, elle a fait son choix. Ce n’est pas assez choquant ces camps de concentration 50 ans après la Seconde Guerre mondiale ? Tant pis ! Mettez-vous à l’œuvre et faites votre propre cirque. Avec Mme. Jolie on se réserve le plaisir de faire votre critique et de vous faire une liste encore plus longue, de ce que vous aurez pu traiter. Mais il faut que la bêtise humaine ait des limites quand même !

  • permalien Shanaa :
    17 février 2012 @17h47   « »

    Et si on partait du constat que la guerre, outre ses aspects économiques, culturels, volonté de puissance, est décidée par des hommes et faites par des hommes ! Et que donc, pour avancer, il faut analyser les mécanismes innés ou acquis de l’agressivité chez l’humain mâle. Cette agressivité est détournée dans l’acte de guerre par les dominants.
    Exemple : Pour canaliser l’agressivité des chevaliers oisifs qui se trucidaient entre-eux, le Pape Urbain II les expédia en croisade, râflant la double mise qui est de défouler ses chevaliers et de piller la région !!
    Si la guerre est une maladie, personne n’a songé sérieusement à diagnostiquer les causes !

  • permalien Francesco Sinibaldi :
    18 février 2012 @14h38   « »

    In the flower.

    In this way,
    and with a
    delicate song,
    there’s a flower
    where a fine
    day appears
    in the novel
    seaside.

    Francesco Sinibaldi

  • permalien chamil :
    18 février 2012 @14h41   « »

    Une certaine gauche intellectuelle- et pourtant, ma famille politique est celle du socialisme- devrait arrêter l’arrogance qui l’a conduite à perdre le peuple. On ne peut pas dénoncer d’une part l’absence de films historiques grand public et démolir d’autre part un film dont on reconnaît qu’il reconstitue fidèlement des évènements historiques qu’en plus les jeunes générations n’ont pas connus.

    Me Jolie- comme souvent les américains- a su prendre un sujet sensible, encore proche et en faire un film. Pour une femme qui a une carrière déjà bien remplie, c’est une belle preuve de courage qui mérite le respect. On attend de voir Depardieu, Auteuil ou Balasko s’engager dans un film critique sur la guerre d’Algérie, sur la Palestine ou sur la Françafrique...

    A moins que la chronique n’aie en réalité pour but objectif d’encourager les gens à aller voir le premier film de Me Jolie ? Car cela semble être l’effet chez de nombreux internautes !

  • permalien Haricophile :
    18 février 2012 @16h34   « »

    Admettons que cette critique soit assez rude. Mais elle est argumentée et, au moins, ça me permet de compenser les critiques complaisantes.

    Paradoxalement, c’est cette critique qui me donnerait envie d’aller voir le film et me faire ma propre opinion, et non pas ce que j’ai entendu auparavant et qui me donnait toutes les raisons de me méfier voire de fuir.

    Ceci dit, en vieillissant, les films de guerre me révulsent de plus en plus et je suis devenu extrêmement pessimiste. A quoi sert de savoir si ce n’est pour n’en tirer aucune leçon durable ?

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @20h57   « »

    les serbes ont ete diabolisés au point que l existence meme du camp d extermination de jasenovac en croatie a ete oublié !avec la complicité de la gauche,en particulier du ps et des verts !

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h01   « »

    qui connait le terme meme d "oustachi" ?qui a entendu parler des divisions handschar et skanderberg ?qui dénonce le trafic d organes serbes via le kossovo vers l albanie ?cette serbophobie distillée depuis 1991 sous la pression de l allemagne revancharde doit cesser !

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h03   « »

    a quand une genuflexion d angela merkel a belgrade ?a quand la fin de l assimilation du "méchant serbe" a ses bourreaux nazis ?

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h12   « »

    il y a vingt ans commencait le dépecage de la yougoslavie par l impérialisme allemand,par la guerre contre les "tchetniks" en slovénie-où toute la population serbe a ete expulsée manu militari-,puis en croatie,où franjo tudjman,ancien partisan aux ordres de tito,retourna sa veste pour endosser le role de dirigeant du nationalisme croate.

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h15   « »

    personne n a jamais versé de larmes en europe occidentale pour les serbes de krajina et slavonie occidentale chassés de leurs terres par les mercenaires venus soutenir la création de la "grande croatie" !

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h19   « »

    j invite le monde diplomatique a enqueter sur le role du vatican,qui a soutenu cette croisade meurtrière contre les serbes,une reconquete apostolique et romaine de terres orthodoxes.

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h22   « »

    et surtout sur celui de l allemagne,qui livra tout l armement de l ex rda au petit protégé croate.

  • permalien le renard :
    22 février 2012 @21h25   « »

    le "monde diplomatique" doit révéler ces méfaits,a un peu plus d un an de l entrée de zagreb dans l union européenne dominée par l allemagne-en juillet 2013.

  • permalien Bernard A. Friedrich :
    22 février 2012 @23h05   « »

    Pas mal du tout pour une nouvelle realisatrice qui, ma voisine, reside
    sur les rivages de reves de la cote californienne a Santa Barbara, au
    nord de Los Angeles. Son oeuvre pour cette europe toujours dechiree est effectivement etonnante, si loin du paradis ou elle pourrait si facilement se complaire.
    Bernard A. Friedrich

  • permalien rouais@hotmail.com :
    24 février 2012 @14h17   « »

    Je trouve Angelina Jolie bien plus courageuse que bien des metteurs en scène qui ont pignon sur rue...et qui ne veulent surtout pas le perdre. Courageuse car elle n’a absolument pas "besoin"de faire ça, sa carrière va pour le mieux, elle est engagée avec le HCR, elle a le plus beau mec du monde...et pourtant, cela ne lui suffit pas, elle a besoin de se mettre en danger et surtout de parler de sujet plus que délicats et brulant. Jolie et interessante l’Angelina.....

  • permalien le renard :
    3 mars 2012 @07h29   « »

    l article de ce mois ci du "diplo" sur les balkans met de coté le role joué par l allemagne dans la tragédie yougoslave............

  • permalien le renard :
    3 mars 2012 @12h47   « »

    pourtant,le fait de nier la responsabilité de l allemagne en ex yougoslavie relève du révisionnisme !

  • permalien le renard :
    3 mars 2012 @12h50   « »

    on oublie aussi que l etat fasciste chilien d augusto pinochet-ou postpinochet ?-a livré des armes a zagreb dans les années 90, c est a dire il y a vingt ans...

  • permalien le renard :
    4 mars 2012 @20h25   « »

    et maintenant,l impérialisme allemand veut faire vaciller le "dictateur"lukashenko et le régime en place en transnistrie.

  • permalien le renard :
    5 mars 2012 @11h04   « »

    c est la revanche de la "grande allemagne".

  • permalien Henry Jacque :
    13 mars 2012 @11h15   « »

    Désolé mon texte sera long donc en 3 parties.
    Partie 1 :

    Ce 10 mars 2012, je l’ai enfin vu, ce 1er film d’Angelina Jolie (AJ). Finalement, je conserve tout ce que j’avais instinctivement écrit dans mon premier commentaire. Et mon ras le bol.

    Oui c’est un premier flim ! Oui il est imparfait et oui il est partial. Mais enfin, que cherche t’on lorsqu’on se deéplace pour entendre ou voir un témoignage ou une oeuvre sur un fait ou une situation ? Une analyse objective ? Ca il y en a plein les journaux et les tribunes politiques ou autres et elles n’ont jamais rien changé aux situations qu’elles décrivent et analysent. Juste fourni à leurs concepteurs et commanditaires l’illusion de la bonne conscience.

    Je ne vais pas énumérer ici les conflits en cours à travers le monde mais seulement demander de vonstater que jamais dans son histoire cette planète n’a été en aussi mauvaise santé humanitaire. Et c’est loin d’être en voie d’apaisement. C’est comme ça.

    Les seuls travaux qui ont une chance de bousculer les consciences et de provoquer des recherches de solutions réelles sont ceux qui naissent à la suite de cris et de hurlements jetés à nos figures par ceux et celles qui n’en peuvent plus de ce qu’on leur impose. Ceux là finissent par brandir leurs détresses et nous contraignent alors à réviser notre ordre par leur seule force de désespoir. C’est cette agression, perçue comme insupportable qui nous pousse à acter malgré nous, puis à agir. A cde sujet, je rejoins une partie de l’article d’Aurélien Barrau dans le Diplo du mois de février.

    Le Monde Diplomatique, ça doit faire 30 ans que je l’achète. En Europe ou ailleurs. Parce qu’il est objectif ? Il ne l’est pas toujours... Mais il a un angle éditorial identifié et c’est par cet angle là que je veux le voir s’exprimer sur le monde et ses sursauts.

    AJ a choisi l’angle de la femme musulmane bosniaque pour regarder ce monstrueux conflit des années 90. C’est son choix et son droit. Au moins s’est elle obligée à un vrai regard, elle, l’américaine. Bien sûr, on peut lui reprocher certains aspects irritants de ce regard. C’est vrai que le montage des scènes d’amour entre l’officier serbe et sa prisonnière laisse un peu trop transparaître le sentimentalisme dégoulinant d’Hollywood et est quelques fois peu crédible mais bon, le point final de cette liaison vient tout recadrer.

    Quant à la violence qu’on lui reproche de trop montrer, soit dans les scènes de viols soit dans la description des batailles de snipers, sommes nous donc devenus tellement déconnectés de ce qu’est la réalité qu’il ne faudrait admettre que les images conformes à ce que notre confort d’occidentaux accepte ? Un truc qui ressemblerait aux odieux et inacceptables reportages que l’administration américaine des Bush (père et fils) nous a fourni lors de leurs guerres privées ?
    ...

  • permalien Henry Jacque (Belgique) :
    13 mars 2012 @11h42   « »

    Partie 2 (suite)
    ...
    La guerre, c’est forcément sale. Une arme, ça ne sert à rien si ça ne tue pas. Rien n’est plus barbare qu’une guerre qui se motive par des considérations identitaires. Et là le choix est vaste : nations, ethnies, religions. Une identité est le mélange de tout ça et bien plus encore. La réduire à une de ses composantes c’est en fabriques une autre, uniquement "utilitaire", qui devient alors seulement un support.

    Plus le progrès avance et plus les moyens de barbarie se sophistiquent, jouant sur les éléments identifiables comme causes et ceux qui permettent la distance entre l’acte et le résultat de l’acte. Si bien qu’aujourd’hui on ne tue plus une personne, on détruit seulement un symbole qui devient une statistique. Et quel meilleur symbole possible que celui qui représente la continuité de la vie ? Ce qu’a peut être essayé de montrer AJ, de façon certainement maladroite parfois, c’est cela. Ecrire ou dire qu’une guerre a provoqué un massacre ethnique, montrer les images d’un charnier découvert des mois ou des années après les faits est une chose qui ne permet certainement pas à la plupart d’esntre nous de toucher réellement la violence, la cruauté des bourreaux à l’oeuvre. D’autant plus violents que les victimes ne sont plus alors que des objets dont l’identité est réduite à ce fameux symbole.

    Le viol d’une femme, c’est la négation, de la part du violeur, du droit à l’humanité de la femme qu’il viole. Et l’acte est d’autant plus violent que le violeur le charge de l’aspect symbolique évoqué plus haut. Il n’existe pas de viol sans coups pour forcer l’acceptation, sans pénétration d’un sexe mâle forcément sale dans des chairs contractées par la peur et la douleur. Un viol n’est pas un mot, ce n’est pas seulement un acte, c’est une tuerie, physique ou psychologique. Et ça sent le sang, l’urine et les excréments.
    ...

  • permalien Henry Jacque (Belgique) :
    13 mars 2012 @12h12   « »

    Partie 3 (Fin)

    ...
    Il n’est pas de notre droit de connaître ce qui a résonné en AJ lorsqu’elle s’est engagée dans la mise en chantier de ce film. Elle nous montre cette page d’histoire des hommes et des femmes comme peinture (le rôle titre est peintre) de ce que les uns peuvent engager comme violences sur les autres.

    Comment un enfant, aujourd(hui, qui n’a jamais reçu la moindre fessée ou qui n’a jamais eu à affronter la pluie en se rendant à l’école, peut avoir le ressenti du mal qu’il ferait si le personnage qu’il massacre dans son jeu vidéo était une vraie personne ? Qui est déjà allé observer comment sont élevés et abattus les animaux que nous mangeons ? Qui se soucie des conditions de travail des ouvrier(e)s qui ont confectionnés le T-shirt de marque acheté à bon prix ? Qui a conscience de ce que notre confort accumulé ces dernières décennies l’a été parce que nous nous sommes appropriés les ressources et les territoires d’autres peuples, sans véritables compensations ?

    Dans le viseur du snipeur, il n’y a pas une personne. Il y a une cible dont il ne percevra jamais les réalités de vie et l’agonie. Ce qu’AJ a voulu montrer, c’est cela : la guerre, quelles qu’en soient les motivations, n’engendre que barbaries, injustices et inhumanités dès lors qu’on la vit du côté de la victime. Du côté de celui qui est meurtri et non du côté de celui qui est derrière le viseur ou qui défait sa braguette. Elle montre malheureusement cela très en dessous de la réalité.

    D’accord, il y a des bourreaux des deux côtés d’un conflit mais le nombre des victimes peut indiquer que certains sont peut être un peu plus bourreaux que d’autres. Il n’y a pas de guerres justes et les guerres sont quasiment inévitablement des guerres d’hommes. Des guerriers donc, dont le trésor est constitué de non guerriers.

    Comme écrit deans le tout premier message, AJ emprunte là, avec un thème difficile et pour ma part de façon inattendue, un chemin beauciup plus mature que celui que son parcours d’actrice laissait voir. A nouveau, respect.

  • permalien M..... :
    20 mars 2012 @14h28   «

    Que de branleurs.....! Consommateurs voraces de sensations perverses ! Prévaricateurs nombrilistes ! Gardiens du Temple de l’Ignorance ! Aucune pensée vraie pour l’Autre, celui qui souffre de l’ordre mondial inhumain, juste à se la raconter pour étaler sa confiture dégueulasse ! A gerber !

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