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L’Europe de la défense en hibernation

vendredi 2 mars 2012, par Philippe Leymarie

Hibernation : le mot est du chef d’état-major français, l’amiral Louis Guillaud, à propos de l’Europe de la défense. Budgets en berne, réductions d’effectifs, contraction des programmes d’armement, reprofilage des unités, fusion des services, accélération de la mise en commun des moyens et de l’externalisation : partout en Europe, on fait feu de tout bois pour réduire les dépenses.

Cinquième acheteur d’armes au monde entre 2004 et 2008, en raison de son contentieux avec son voisin turc, la Grèce voit son budget militaire passer en 2011 sous la barre des 5 milliards d’euros. Panos Beglitis, ministre socialiste de la défense de juin à novembre 2011, expliquait avoir identifié dès son entrée en fonctions la possibilité de réduire d’un milliard d’euros par an les dépenses courantes de son ministère : « J’ai été confronté à une forte résistance de la part de la haute hiérarchie militaire. Je suis passé outre en fermant une grosse dizaine des 33 centres d’entraînement de recrues, en commençant par celui de ma propre circonscription de Corinthe [1]. »

Un effort qui va pourtant se poursuivre, rappelle Jean Guisnel sur son blog du Point : 16 % de coupes supplémentaires doivent être réalisées en 2012, si l’on en croit l’actuel ministre de la défense Dimitri Avramopoulos. De telles coupes ne pourront être réalisées qu’en amputant largement certains programmes d’armement, par exemple celui qui concernait l’achat de frégates franco-italiennes Fremm [2].

Réaction d’un internaute, sur le blog de notre confrère : « Alors que la Grèce était déjà en déficit chronique, elle était — avec la complicité des gouvernements européens — le quatrième importateur au monde de matériels militaire en 2009. Ces achats, dont les banques françaises et européennes ont dû cautionner les prêts, ont bien arrangé les états vendeurs… »

Et d’un autre : « Les Grecs n’ont absolument pas besoin de FREMM pour leur Marine. Ils pourraient parfaitement disposer de navires de type OPV pour assurer la sécurité de leur espace maritime. Mais en France, avons-nous besoin d’un système Félin pour nos soldats (plus de 1 milliard d’euros), d’autant d’avions de transport A400M (plus de 150 millions d’euros l’unité), de deux escadrilles pour les frappes nucléaires, etc.? Avons-nous besoin, aussi, de bases en Afrique, de participer à tous les conflits occidentaux, de fournir des troupes à l’ONU ? Ne pouvons-nous dépenser moins en dépensant mieux, chez nous, comme en Grèce ? »

Opération « suicide »

En France, justement, au fil de la campagne pour l’élection présidentielle, la défense commence à être évoquée à gauche comme une possible variable d’ajustement budgétaire : pour François Hollande, candidat du PS, « la loi de programmation militaire [LPM] actuelle offre une certaine souplesse » en matière de nouvelles réductions d’effectifs, par exemple. Même si les armées ont déjà été amputées de 31 000 postes depuis 2009, début de l’actuel exercice de programmation, et si 23 000 autres postes doivent être supprimés de toute façon d’ici 2014, dans le cadre de cette LPM.

Sur son blog B2, où il suit de très près la défense européenne depuis Bruxelles, Nicolas Gros-Verheyde a comptabilisé pour l’ensemble des 26 Etats membres de l’Agence européenne de défense un budget défense global de 180 milliards d’euros pour 2011, soit 6 % à 7 % de baisse en moyenne par rapport à 2010 (194 milliards d’euros).

Ce confrère relève que « la tendance n’est pas prête de s’inverser », tous les pays européens ayant entamé soit des réformes de structure ou de format (Royaume uni, Pays-Bas, Allemagne, Pologne, Finlande) qui s’étalent sur plusieurs années ; soit contribuent à l’effort budgétaire général (Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Irlande, France…) ; soit les deux (Bulgarie, Roumanie, Slovaquie…).

Parmi les coupes envisagées pour 2012 :
- Italie : 1,45 milliard d’euros, et au moins autant les deux années suivantes ;
- Grèce : budget ramené à 4 milliards environ ;
- Pays-Bas : 576 millions ;
- Autriche : 1 milliard d’euros (étalés de 2011 à 2015), etc.

Gros-Verheyde, qui s’appuie sur l’avis de plusieurs experts, estime que « sur moins de dix ans (2006-2014), les budgets de défense en Europe pourraient avoir été réduits d’un tiers, dans le désordre, sans concertation, ni planification, ni organisation… Un vrai suicide collectif en quelque sorte, puisque cette décroissance est non seulement quantitative mais aussi qualitative ».

Entrée en premier

Attention, un seuil maximum de réduction des forces a été atteint, s’inquiète à ce sujet François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS). Selon lui, il y a danger de perte de capacités : les savoir-faire, techniques comme humains, sont périssables. « Il faut dix ans pour former une unité militaire qui fonctionne… Des morceaux ont déjà été perdus. »

La Libye, explique-t-il, a pu donner l’impression que l’armée française a su faire avec les 70 avions engagés sur ce théâtre, « mais ça n’a été possible qu’avec les Américains derrière ». Et, comme ces derniers semblent prendre leurs distances, il faudra être capables de faire du close support (soutien de proximité), du refueling (ravitaillement en combustible), de l’observation : selon quelle formule de mutualisation à l’échelle européenne, et surtout avec quel argent ?

A elles deux, la Grande-Bretagne et la France représentent la moitié de toutes les dépenses de défense en Europe, et les deux tiers des crédits de recherche et développement (R&D). Elles sont les deux seules nations européennes à avoir consacré ces dernières années entre 1,6 % et 1,8 % de leur produit intérieur brut aux dépenses de défense, et à disposer jusqu’ici d’une panoplie militaire à peu près complète : une gamme d’unités, de spécialités, et de matériels permettant « d’entrer en premier » sur les théâtres, de faire face à tout type de situation dans les environnements terre-air-mer, et d’exercer la dissuasion nucléaire (apanage de moins d’une dizaine d’Etats dans le monde).

Dossier refermé

Présentée comme une alternative à la panne de « l’Europe de la défense », la coopération privilégiée nouée entre Paris et Londres dans le domaine militaire, après l’adoption en novembre 2010 du traité de Lancaster House a certes permis une coopération opérationnelle assez poussée en 2011 lors de l’intervention « Protecteur unifié », sous les couleurs de l’OTAN, contre le régime de Mouammar Kadhafi en Libye, ramenant aux temps bénis de l’expédition sur Suez, en 1956. Et les deux diplomaties font aujourd’hui assaut commun de menaces ou contre-menaces à l’égard de l’Iran.

De plus, quelques exercices militaires ont été menés en commun : l’exercice « Flandre » en juin 2011, au camp de Mailly (France) sur l’inter-opérabilité entre les deux armées ; l’exercice « EPIAS », en octobre 201, entre les deux armées de l’air ; l’exercice « Boar’s Head », au camp d’Otterburn (Grande-Bretagne), en février dernier, à tirs réels.

Mais plusieurs programmes évoqués lors de la signature du traité ont marqué le pas :
- le centre de recherches nucléaires commun ne sera pas ouvert avant 2017 ;
- il n’est plus question de partager, ou même de coordonner, les patrouilles des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) [3] ;
- une « lettre d’engagement » a bien été signée entre la France et le Royaume-Uni lors du sommet du 16 février 2012 à Paris, à propos de la mise au point en commun d’un démonstrateur d’avion sans pilote, (confiée à Dassault et BAE Systems), mais l’appareil ne pourra voler — au mieux — avant 2020 [4].

Panne générale

En outre, cette « exclusivité » franco-britannique a eu le don d’irriter les puissances militaires européennes « moyennes » que sont l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, qui se sont retrouvées hors jeu.

Selon Louis Gautier, un universitaire français spécialiste des questions de défense, proche du parti socialiste, « l’Europe est en panne presque sur tous les plans » : les moyens budgétaires, les capacités militaires, la planification des missions et opérations. Elle n’a pas de vision cohérente et commune sur la dissuasion nucléaire, l’OTAN, la défense antimissile — au point d’en troubler ses partenaires, et même ses « ennemis » potentiels.

Aucune mutualisation significative, aucune opération d’envergure, aucune concentration industrielle majeure n’a été menée ces dernières années. De plus, « la crise de l’euro occulte complètement la maladie de langueur qui affecte la défense européenne depuis plusieurs années. L’ambition, affichée dans le traité de Maastricht, affirmée dans le traité de Nice et confortée par celui de Lisbonne, est en panne sur le triple plan politique, militaire et industriel. Aujourd’hui, l’Europe de la défense apparaît sinistrée », affirme Louis Gautier, dans une tribune publiée sur B2.

Aucune mention

Commentant en janvier dernier la nouvelle directive de l’exécutif américain sur sa stratégie de défense [5], le général Jean Paul Perruche, ancien chef d’état-major de l’Union européenne, actuellement chercheur à l’IRSEM, relève qu’aucune mention n’est faite de l’Union européenne (jamais citée) : « L’intérêt des Etats-Unis pour une OTAN renforcée et revitalisée est mis en exergue, ce qui devrait se faire par le partage et la mutualisation de capacités nationales devenues insuffisantes. Ce renforcement des capacités des Européens est présenté comme nécessaire pour compenser le rééquilibrage de l’investissement américain en Europe et notamment la réduction de leurs troupes stationnées. »

 » Pour défendre leurs intérêts spécifiques, les Européens devront assumer eux-mêmes leurs responsabilités. En outre, l’assistance américaine en Europe sera sans doute négociée en échange d’une assistance européenne ailleurs. La nouvelle posture stratégique américaine met donc les Européens devant l’alternative suivante : soit renforcer leurs capacités d’action par intégration dans l’OTAN afin de partager le fardeau sécuritaire avec les Etats-Unis — et implicitement sous leur direction — soit devenir des partenaires impuissants, et donc sans intérêt pour eux. »

Notes

[1] Les Echos, 23 février 2012.

[2] La marine française a commandé 11 de ces frégates furtives de nouvelle génération, livrables à partir de 2012.

[3] « On est allé très loin dans l’exploration du domaine du possible, mais sur ce point-là le dossier est fermé », a révélé Laurent Collet-Billon, délégué général de l’armement, lors d’une conférence organisée par Les Echos trois jours avant le sommet franco-britannique du 16 février 2012.

[4] Le futur "démonstrateur" devrait également servir de base de travail pour un drone furtif ayant véritablement les capacités d’un avion de combat, voire pour une future génération d’avions de combat.

[5] Cf. Le Monde, 19 janvier 2012.

12 commentaires sur « L’Europe de la défense en hibernation »

  • permalien Pierre Varly :
    2 mars 2012 @15h27   »

    Enfin ce sujet stratégique est traité...la presse française est très frileuse sur les dépenses militaires.
    Pour un panorama plus global des dépenses militaires vs dépenses d’éducation, consultez :
    http://varlyproject.wordpress.com/2...

  • permalien patrice :
    2 mars 2012 @16h31   « »

    Quand on parle de défense, on parle en fait, non de la défense du territoire français, ou européen, mais de la défense des intérêts français à l’étranger. L’Europe n’est nullement menacée (militairement parlant). Dans tous les cas, la dissuasion nucléaire nous met à l’abri d’une attaque.
    Toute le problème consiste dans une bonne définition du terme : "intérêts français". Il conviendrait en effet de calculer combien les entreprises "françaises" comme Total rapportent à l’état français. Or, ce calcul est vite fait : Rien. Les Bouygues, Bolloré, et consorts évacuent l’essentiel de leurs bénéfices vers des paradis fiscaux.
    Accessoirement, même les motivations économiques des guerres récentes sont incompréhensibles. Qu’a-t-on gagné en Afghanistan ? A se demander si on n’entreprend pas des guerres dans le seul but de consommer du matériel militaire.
    L’absence de rentabilité pour l’Europe, ou d’ailleurs pour les Etats Unis, de ces guerres extérieures devrait logiquement nous pousser à y mettre un terme, et à nous recentrer sur la défense du territoire, laquelle est d’ailleurs parfaitement assurée par les moyens actuels, entre autres, nucléaires.
    Quel en serait le coût ? Sans doute : Un quart du budget actuel. Dans le même temps, les pays qui se sentent menacés par nous reverraient leur budget militaire à la baisse.
    Si les fabricants d’armes désirent relancer les conflits, qu’ils les paient. Ça n’est pas au contribuable français de banquer pour Dassaut, société privée qui milite pour le libéralisme économique.

  • permalien aiia :
    3 mars 2012 @04h05   « »
    Et si on allait au fond des choses pour une fois ?

    Pour la Grèce, je ne dis pas qu’il ne faut pas qu’elle régule ses dépenses militaires, mais la Grèce est aussi un cas à part du point de vue géopolitique.

    Et avant de parler des dépenses militaires grecques il serait bien qu’on parle aussi de ce qui se passe en Turquie :

    Pourquoi la Turquie achète-t-elle des dizaines de ponts flottants et de ponts d’assaut qu’elle met en Thrace (frontière européenne) au lieu de les mettre face à l’Iran ? Ce n’est pas délirant ?

    Pourquoi ne parlez-vous pas du plan Balyoz (projet des militaires turcs de renverser le gouvernement Erdogan en 2003 en préparant de sprovocations miliaires conrte la Grèce) ? Je vous précise que ces militaires turcs attendent leur procès dans les prisons d’Istanbul.

    Pourquoi ne parlez-vous pas de ce qui s’est passé à Imia en 1996 entre la Grèce et la Turquie

    Pourquoi ne parlez-vous pas des dernières déclarations du ministre des affaires étrangères turques qui remet en doute la souveraineté grecque sur certaines îles ? : http://europegrece.wordpress.com/20...

    Croyez-vous qu’en plus de ne pas pouvoir se financer elle-même la Grèce doit aussi demander à d’autres pays de faire stationner leur armée, leur marine, leur aviation en Grèce pour surveiller sa future zone économique exclusive et affirmer ses droits souverains dans une région qui se trouve au carrefour de trois continents ?

    Enfin allez voir l’armée grecque : sur ses nombreux chars, elle n’en compte que 170 de neufs. Beaucoup d’autres sont obsolètes (M-48 des années 50). Pour le transport de troupes elle a encore des M-113 de l’époque du Vietnam. La plupart de ses hélicoptères de transport sont encore des Bell UH-1 du Vietnam.

    ll faut voir ce qui se cache derrière les statistiques.

    Personnellement je me demande où est passé l’argent de ces statistiques vu que seuls 20% de l’armée grecque au mieux, semble dotée de matériels qu’on pourrait juger comme vraiment contemporains, et encore.

    L’ancien premier ministre Costas Simitis a peut-être une explication : dans un article paru dans le Monde il expliquait que les chiffres des dépenses militaires présentés par Karamanlis depuis 2004 étaient beaucoup plus élevés que ce qu’ils n’étaient en réalité :
    http://www.koinoniapoliton.gr/parem...

  • permalien Croa :
    3 mars 2012 @08h37   « »

    « que l’armée française a su faire avec les 70 avions engagés sur ce théâtre, « mais ça n’a été possible qu’avec les Américains derrière » ».

    Oui, tout à fait. L’armée française et même au-delà tout le ministère de la défense est maintenant formaté pour l’OTAN en tant que force d’intervention extérieure non autonome. Il n’y a plus de défense, au sens strict du mot, sauf à considérer la dissuasion nucléaire comme une défense : De toute façon il ne reste que ça !

    Même la logistique n’appartient plus à la nation ou de moins en moins. Par exemple le parc automobile de la Défense est désormais loué à Général Electric.

  • permalien aiia :
    3 mars 2012 @10h09   « »

    Ceux qui disent que des OPV suffisent à la Grèce pour protéger ses intérêts en mer devraient jeter un coup d’oeil à l’étendue de sa future zone économique exclusive .

    J’ai trouvé cette carte sur le net (à l’ouest de celle de Chypre sur la carte :

    http://ts2.mm.bing.net/images/thumb...

    De toute façon il ne faut pas se faire d’illusion : si l’Europe continue à ne rien comprendre à l’importance de la défense grecque alors les USA combleront le vide avec du matériel gratuit de surplus, du matériel d’occasion mais tout à fait valable (comme ils l’ont proposé avec les chars M1A1 qui devaient être livrés gratuitement contrairement à ce qu’a raconté la presse)

    Et la Grèce sera perdue pour l’Europe de la défense. Regardez une carte et demandez-vous si c’est intelligent.

  • permalien aiia :
    3 mars 2012 @10h17   « »

    J’oubliais : lisez la magazine Assaut du mois de janvier 2012, excellent article sur l’armée grecque...

  • permalien arndebian :
    4 mars 2012 @12h55   « »
    L’hibernation permet de passer l’hiver ...

    Il serait interessant que le général Jean Paul Perruche nous disent en quoi consiste exactement "l’investissement américain en Europe".

    A t il en tête les achats européens de toute la quincallerie étasuniene (je ne dit pas américaine car les autres pays de ce continent, ils existent si si ... on droit à l’existence).

    Pense t ils aux achats des F16 ou des F35 hors de prix ? des missiles Patriots, au fait que les bases US en Europe servent de bases logistiques pour les invasions diverses et variées ?

    Non vraiment je ne voit pas.

    De toute façon parler de défense européenne en faisant partie d’une alliance crée en 1949 pour faire face à une soit disante menace qui n’existe plus et qui est dirigée entièrement par les seuls USA est une tromperie. C’est quoi une "défence" lorsqu’on se sert de bombardiers et que l’on massacre sans compter hommes femmes et enfants en libye ou en Afghanistan ? L’Afghanistan ou la Libye cela fait pas un peu loin de l’Atlantique Nord ? Ou sont les limites géographiques ? Comment, il n’y en a pas ? Le monde nous appartient alors !

    Le même général : "En outre, l’assistance américaine en Europe sera sans doute négociée en échange d’une assistance européenne ailleurs."
    L’assistance américaine (sic !) se négocie alors ? Donc la présence au bout du monde est le fruit d’une négociation, ca c’est une nouvelle !

    Question aux internautes :
    Est ce que le général Jean Paul Perruche faisant parti des généraux et amiraux faisant pressions pour utiliser des bombes A et H sur des pays n’en n’ayant pas et ce de façon "préemptive", ainsi n’importe quel guignol exibant une éprouvette de sucre en poudre (ring a bell ?) pourrait finir l’histoire comme un bon film d’Hollywood, avec une grande explosion à la fin.

    http://www.paperblog.fr/418755/un-e...
    http://www.guardian.co.uk/world/200...
    http://www.wsws.org/articles/2008/j...
    http://www.antiwar.com/roberts/?art...
    http://www.dedefensa.org/article-ot...

    Dr. Strangelove, How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb est a revoir pour certains ...

  • permalien Ph. L. :
    6 mars 2012 @07h33   « »

    @arndebian

    Merci pour tous ces liens

  • permalien Drakkkar :
    8 mars 2012 @00h50   « »

    Redéfinir une politique de défense et les moyens dont elle doit disposer, passe d’abord par la redéfinition de la politique étrangère.

    Depuis la chute du communisme, au début des années 90, le capitalisme et les régimes politiques occidentaux (Europe et USA) qui l’ont principalement incarné sont sortis « vainqueurs » d’un affrontement de 40 ans et se sont trouvés sans contre-poids pour équilibrer leur nouvelle puissance.
    Il s’en est suivi une perte de vigueur de la diplomatie, un recul de la connaissance et de la culture historiques et une mise en brèche totale du droit international devenu un ensemble de parchemins vermoulus, qui n’est plus du tout invoqué, encore moins utilisé pour régir les relations entre Etats et pour ainsi éviter de devoir recourir à la guerre.

    Désormais, l’on pourrait sans coup férir, ou presque, s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays, avec ou sans approbation de l’ONU. Les occidentaux ne s’en sont pas privés.

    Ce qu’il importe de percevoir, c’est que c’est toute une culture des relations entre pays qui est passée à la trappe. C’est toute une finesse de perception de ces relations qui a été abandonnée pour faire place à la loi du plus fort, militairement parlant, c’est-à-dire, à la loi des occidentaux.

    D’où la naissance du concept d’ingérence, invoqué le plus souvent pour des raisons humanitaires. Il faut noter que ce concept n’a connu de consistance que dans la bouche et l’action des occidentaux : états-uniens et européens, et qu’il a été et qu’il est définitivement et consubstantiellement lié à leur impérialisme économique. Il s’en est suivi les pires conséquences sur le plan politique : la souveraineté de nombreuses nations a été bafouée, et sur le plan économique, les dégâts ont été considérables.

    Chez les tous peuples, dans tous les pays, résident une expérience et une rationalité uniques, irremplaçables et EXCLUSIVES pour apporter des solutions aux conflits qui les traversent, quelles que soient leur intensité et leur complexité. Partant, toutes les ingérences extérieures s’avèrent autant de coups dans l’eau ; au surplus, elles ne font que semer le sang, les larmes et la désolation sur leur passage ; citez-moi un exemple d’ingérence politique qui a réussi à apporter des solutions de paix durable dans un pays.

    Il s’ensuit que la politique de défense ne s’appliquerait plus qu’à la défense stricte des frontières du pays, semblablement à la politique de défense de la Suisse.
    Alors qu’actuellement la politique de défense est intégrée et dépend de celle définie par l’OTAN, dirigée par les Etats-Unis et que - le comble - elle tient lieu de politique étrangère, il y a de quoi s’étouffer ...

    Une dernière phrase : une citation de Marie-France Garaud : "Comme nous avons été stupides d’aliéner notre souveraineté !"

  • permalien patrice :
    8 mars 2012 @02h49   « »

    @ aiia
    "Et la Grèce sera perdue pour l’Europe de la défense. Regardez une carte et demandez-vous si c’est intelligent."

    La Grèce quittera l’Europe avant la fin de l’année. Je suis même étonné qu’ils ne l’aient pas fait plus tôt. Quant aux turcs, je les crois trop fins pour attaquer la Grèce, même si de micro conflits ne sont pas à exclure. Les grecs n’ont pas besoin de canons. Ils ont besoin de bouffer. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils vont virer leur gouvernement. Et, juste pour mémoire, nous planter. Je ferais la même chose à leur place.

  • permalien diebolt.olivier@wanadoo.fr :
    12 mars 2012 @12h09   « »

    « Quand on parle de défense, on parle en fait, non de la défense du territoire français, ou européen, mais de la défense des intérêts français à l’étranger. L’Europe n’est nullement menacée (militairement parlant). Dans tous les cas, la dissuasion nucléaire nous met à l’abri d’une attaque. »

    Vous êtes sûr de ça ???? Quid des débordements d’un futur conflit Iran-Israël ???? Les pays européens membres de l’OTAN seront-ils obligés « d’y aller » si ça dégénère au Moyen Orient et si les USA soutiennent Israël ?

    La défense européenne est en panne parce que la classe politique ne fait pas son travail et que les candidats aux élections présidentielles se comportent comme des gamins dans un pseudo-débat sans intérêt.

    Mais c’est vrai parler d’une défense commune lors d’élections, ce n’est pas vendeur. Il vaut mieux faire passer ses petits intérêts personnels, sa petite vision étriquée, sa petite ambition personnelle (et de croire que l’on laissera une trace dans l’Histoire – ironie : nos candidats ont bien intégré l’idée que c’était la fin de l’Histoire ; ils ont oublié que ce ne sont plus les Européens qui l’écrivent depuis 1918 et encore moins depuis 1990…), bref de se comporter comme un petit notable de province sans envergure.

    Les USA ne veulent pas d’une Europe forte. Pour la Chine comme pour les USA, l’Europe c’est juste un supermarché pour vendre sa camelote. En face nos politiques européens parlent de « coopération » sans rien remettre à plat.

    Dans le fond, tout le monde se fout de l’Europe, de son indépendance, de sa souveraineté. Ils aiment l’Europe quand il s’agit de trouver des aides mais quand il s’agit d’avoir une vision politique, sociale, économique, militaire cohérente et de se comporter comme des adultes responsables, il n’y a plus personne.

    Quant à la Grèce, elle DOIT rester dans l’Europe et ce à n’importe quel prix. Si elle devait être menacée dans son intégrité territoriale, alors tout agresseur devrait savoir qu’il s’attaque à l’ensemble de l’Union européenne et qu’il s’exposerait dans l’absolu à une réponse appropriée, cohérente et efficace… Mais aujourd’hui force est de constater que la réponse appropriée, cohérente et efficace n’existe pas…

  • permalien aiia :
    17 avril 2012 @12h15   «

    à Patrice

    Il suffit de lire la presse turque sur les procès en cours contre des généraux pour voir que les choses ne sont pas aussi simples que ce que vous dîtes.

    ps : le dilemne "beurre ou canon" est un faux dilemne

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