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Xénophobie - Nationalisme

L’extrême droite s’enracine en Europe

samedi 10 mars 2012, par Mariano Aguirre

Les sanglantes attaques (78 morts) perpétrées par Anders Behring Breivik le 22 juillet 2011 en Norvège ont brutalement réveillé tous ceux qui, en Europe, regardaient passivement l’extrême droite islamophobe gagner du terrain. Une trentaine de partis politiques dont les programmes revendiquent ouvertement une « identité européenne pure » sont, en effet, en train de consolider leurs positions dans certains parlements (en passant parfois des accords avec la droite traditionnelle, comme aux Pays-Bas), et occupent une place de plus en plus large dans les médias.

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L’Europe de l’extrême droite
Carte (mise en place par Cécile Marin) extraite de Mondes émergents, l’Atlas du Monde diplomatique 2012.

Ces partis, à l’instar du Forum nordique, maîtrisent aussi très bien les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, ce qui leur donne encore plus de visibilité pour répandre leurs messages de haine et renforcer leurs alliances nationales et internationales.

Les responsables de cette propagande nauséabonde se retranchent toujours derrière le principe de la liberté d’expression, et, lorsqu’ils sont critiqués pour des discours qui pourraient encourager de futurs Breivik, ils affirment que le carnage provoqué par ce « loup solitaire » n’a rien à voir avec le climat qu’ils contribuent à créer. Ils se présentent eux-mêmes comme des victimes que l’on tente de censurer. Ils prétendent que l’Europe, à terme, va perdre son « identité chrétienne ». Ces populistes agissent à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du système électoral : bien qu’élus et donc présents dans les Parlements, ils ne cessent de critiquer les démocraties en les accusant d’être bien trop libérales sur la question des flux migratoires.

L’extrême droite européenne cède au fantasme d’une Europe « pure » par opposition à l’Europe « réelle » qui, elle, est bien diversifiée. Comme Anders Behring Breivik, des milliers de personnalités qui animent des sites Internet et des blogs (Gates of Vienna, Brussels Journal), des organisations telles que l’English Defence League, Platform per Catalunya ou Militia Christi ainsi que des chefs religieux préparent tous activement le terreau fertile dans lequel peut s’épanouir l’extrémisme.

Une enquête de l’université de Nottingham conduite par Matthew Goodwin montre que les partis extrémistes se caractérisent surtout par leur opposition viscérale à l’immigration (en particulier à l’immigration musulmane), à la diversité ethnique, et enfin au multiculturalisme, autant de caractéristiques sociales qu’ils considèrent être un grand danger pour l’Europe.

Ils pensent par ailleurs que les partis politiques traditionnels sont bien trop « mous » dans leurs réponses aux questions liées à l’immigration [1]. Une autre étude, conduite par Elisabeth Ivarsflaten, montre que les partis populistes ont tous connu leurs plus grands succès électoraux après avoir intégré dans leurs discours et leurs programmes une forte dimension anti-immigration [2].

Ces « nouveaux » populistes évitent soigneusement le discours traditionnel, raciste et antisémite, et préfèrent orienter plus subtilement leurs analyses sur les questions de culture et d’identité. Paradoxalement, ils se réclament de deux identités antagonistes : chrétienne pour la reconnaissance d’un passé européen mythologique, et séculaire pour lutter contre l’islam.

Ils combattent les politiciens « marxistes » ou trop libéraux. C’est sur cette ligne qu’Anders Behring Breivik a attaqué les bâtiments gouvernementaux à Oslo puis le camp d’été des jeunes travaillistes sur l’île d’Utøya. Ils sont en général pro-américains, entretiennent des relations étroites avec l’extrême droite aux Etats-Unis et considèrent Israël comme un rempart protégeant l’Occident contre l’islam. Par temps de crise, ils utilisent aussi l’argument de l’emploi et de l’Etat-providence pour se justifier : les immigrés volent les emplois et grugent l’Etat-providence, la sécurité sociale en particulier, puisqu’ils ont beaucoup plus d’enfants que la moyenne des Européens, etc.

Dans son manifeste — un méga copié-collé d’idées d’extrême droite somme toute classiques —, Anders Behring Breivik oppose l’Etat providence et l’hégémonie identitaire au pluralisme. « Les sociétés européennes, écrit-il, doivent pouvoir compter sur une solide cohésion sociale, laquelle ne peut vraiment exister que dans un système de monoculture où tout le monde a totalement confiance en tout le monde. »

L’étude de Goodwin révèle que la majorité de ceux qui votent pour les partis populistes viennent des milieux modestes ou des classes moyennes. Ce sont aussi souvent des petits commerçants ou des agriculteurs effrayés par les violents changements économiques et sociaux. « La mondialisation des marchés et la dérégulation économique ont précipité la planète dans une ère d’incertitude qui provoque nécessairement de la peur », rappelle Javier de Lucas, professeur à l’université de Valence. A cela, l’extrême droite oppose un discours composé de formules simplistes, et fait porter la responsabilité de tous les maux économiques et sociaux sur les « politiciens », les « gauchistes » et les immigrés.

« Le seul vrai moyen de mobiliser les gens, c’est de leur faire peur : peur des immigrés, peur de la criminalité… », écrit le philosophe Slavoj Zizek [3].

Timides contre-attaques

Les politiciens modérés restent relativement impuissants face aux attaques de l’extrême droite, et, quand ils tentent de répondre, ils le font de manière contradictoire : les partis de centre gauche — pour éviter de perdre un électorat sensible à ces questions — reprennent volontiers à leur compte les thèmes de prédilection de l’extrême droite, en particulier l’« immigration ». Dans les faits, l’Europe impose une politique de plus en plus restrictive pour limiter le droit d’asile et les flux migratoires entrants, alors qu’en même temps partis politiques et gouvernement prônent une « plus grande tolérance » envers les étrangers ! La réalité, c’est que les sentiments xénophobes se développent, et que les populations immigrées musulmanes et leur culture sont de plus en plus rejetées.

Si l’Europe souhaite soutenir sa croissance, elle aura besoin d’ouvrir grand la porte à la migration. Mais cet argument ne suffit pas à faire reculer l’islamophobie. « Il y a quelque chose qui m’inquiète bien plus que la poussée de l’extrême droite lors des scrutins de 2010, explique Thomas Hammarberg, commissaire aux droits humains au Conseil de l’Europe, c’est la profonde inertie et surtout la confusion dans laquelle les partis modérés démocratiques de gauche ou de droite semblent être tombés. On a même l’impression que ces partis ont fini par accepter que les discours de haine et cette xénophobie décomplexée soient intégrés dans le champ politique comme quelque chose de normal : leurs chefs ont totalement échoué à enrayer cette montée de l’islamophobie [4]. »

Les médias dominants ont ouvert le débat, non sans perdre de vue qu’une partie importante de leur audience glisse progressivement, électoralement parlant, vers la droite populiste, d’autant qu’apparaissent dans le paysage médiatique — comme aux Etats-Unis — de nouveaux médias ultra-nationalistes, ainsi que des milliers de sites Internet ou de livres qui, pour la plupart, ont su se faire accepter dans l’espace de débat comme s’ils étaient de très sérieuses institutions de sciences politiques [5].

C’est ainsi que l’essayiste britannique Bat Yeor, de son vrai nom Gisèle Littman-Orebi, a « inventé » le fameux axe euro-arabe (ou Eurabia), abondamment cité par Breivik dans son manifeste, et dans lequel elle prédit que l’Europe sera tôt ou tard conquise par les musulmans. L’auteure explique que les juifs et les chrétiens seront assujettis à la loi islamique [6].

« Aujourd’hui, la liberté de parole est totale et l’essentiel de ce qui se publie n’est ni édité ni censuré, rappelle Sindre Bangstad, enseignant à l’université d’Oslo. Les discours islamophobes peuvent se répandre beaucoup plus facilement qu’avant. Dans ce contexte, les opinions outrancières comme celles soutenues par Breivik sont à peine discernables de celles que l’on peut trouver sur certains médias sociaux, et même parfois dans les médias dominants en Norvège [7]… »

Toutefois, les auteurs dangereux ne sont pas tous des paranoïaques déments et sanguinaires. Le très respectable économiste social-démocrate allemand Thilo Sarrazin a publié en 2010 un livre dans lequel il explique très sérieusement que son pays va devenir de plus en plus pauvre et perdre son identité comme son potentiel, parce que les immigrés turcs et arabes ont un quotient intellectuel inférieur. Il prétend que ses idées sont soutenues par un tiers des Allemands pour qui l’Etat devrait limiter l’immigration et la pratique de l’islam. En octobre 2010, c’est Angela Merkel qui se rallie en déclarant : « Le multiculturalisme a échoué ». David Cameron, le premier ministre anglais, dira exactement la même chose quelques jours après. En septembre 2011, le Parti national-démocratique allemand (NPD) a obtenu 6 % des voix au parlement de Mecklenbourg-Poméranie occidentale, score exceptionnel pour le pays.

Sur la question des immigrés, les partis de centre-gauche ont deux options : « l’intégration » ou « l’assimilation ». Le concept d’assimilation imprègne le discours politique jusqu’aux années 1980 : il signifie que les immigrés doivent s’adapter à « notre » société en renonçant à tout ou partie de leurs religion, culture ou traditions. L’« intégration », quant à elle, admet que les « nouveaux citoyens » conservent leurs spécificités, comme d’ailleurs toutes les immigrations antérieures l’ont fait. Dans une acception moderne, l’intégration suppose un effort d’adaptation réciproque, et notamment, l’acceptation par le pays d’accueil de la religion de ceux qu’il accueille [8].

Les revendications pour rendre les symboles religieux invisibles dans l’espace publique (minarets, burqas, voiles, mosquées…) sont de plus en plus fortes [9].

D’une manière générale, les deux stratégies ont échoué. Les communautés d’immigrés ont plutôt tendance à s’isoler pour éviter d’être assimilées. Elles se sentent souvent discriminées, et les sociétés qui les reçoivent ne ressentent pas le besoin de changer quoi que ce soit puisqu’elles les considèrent comme un corps extérieur indifférencié et fragmenté. En Allemagne, après quarante ans de vie commune, les populations turques et allemandes ne savent toujours que très peu de choses les unes des autres. C’est un paradoxe.

L’étude de Goodwin a aussi mis en évidence des résultats troublants pour ce qui concerne la réponse politique envers l’extrême droite en général. Depuis que les partis politiques sont devenus des « machines électorales », les partis populistes exploitent à plein la possibilité de s’adresser directement aux électeurs et de répondre à leurs inquiétudes sur les questions d’immigration, ce que les autres partis ne font pas.

Sommes-nous prêts à laisser tomber nos approches communautaristes pour adopter une citoyenneté plurielle fondée sur des normes et des valeurs fondamentales communes ?

« La société européenne dans sa pluralité est coresponsable, explique Javier De Lucas. Nous devons apprendre à nos sociétés à accepter l’évolution vers un monde multiculturel et à négocier pour cela. Mais hélas, la société ne bouge pas. Elle n’est pas très motivée, les politiques migratoires très restrictives mises en place par nos gouvernements envoient des signaux contraires : sans négociation, sans volonté de changer, d’évoluer, le projet unilatéral d’intégration des populations immigrées est voué à l’échec [10]. »

Mariano Aguirre est directeur du Norwegian Peacebuilding Resource Centre (NOREF) à Oslo.

L’essayiste et journaliste norvégien Øyvind Strømmen a publié chez Cappelen Dammen en 2011 un livre sur l’extrême droite européenne intitulé Det mørke nettet. Il sortira en français chez Actes Sud en avril 2012 sous le titre Le Réseau brun. Stratégies et connexions de l’extrême droite européenne.

Voici un extrait de la présentation qu’en fait Actes Sud :

« Nous allons punir Anders Behring Breivik ! déclarait Jens Stoltenberg, le premier ministre norvégien. Notre réponse sera plus de démocratie, plus d’ouverture, une société encore plus multiculturelle. Mais sans naïveté. »

« La première partie de cette citation fut dénoncée par la droite et l’extrême droite qui protestaient contre ce coup de projecteur dont elles étaient l’objet. Ce qui est bizarre, c’est que la dernière partie n’est que très rarement citée : ce livre a été écrit pour tenter d’expliquer cette « naïveté » dont nous avons fait preuve à l’égard de la montée de l’extrême droite », écrit l’auteur en introduction de son ouvrage.

L’enquête d’Øyvind Strømmen replace les attentats du 22 juillet 2011 dans le contexte du réseau idéologique peu connu de la nouvelle extrême droite européenne sur Internet. L’auteur ne mâche pas ses mots : « La bête immonde est d’actualité, elle se nourrit de nos banalisations, elle nous cache ses véritables intentions. »

Notes

[1] Matthew Goodwin, « Right Response. Understanding and Countering Populist Extremism in Europe », A Chatham House Report, The Royal Institute for International Affairs, Londres, 2011.

[2] Elisabeth Ivarsflaten, « What united right wing populists in Western Europe ? » (PDF), Nuffield College, University of Oxford, 2006.

[3] Slavoj Zizek, « Barbarie con rostro humano », El Pais, 23 octobre 2010 ; « Liberal multiculturalism masks an old barbarism with a human face », The Guardian, 3 octobre 2010.

[4] Tony Barber, « Immigration : tensions unveiled », Financial Times, 15 novembre 2010.

[5] Michael Tomasky, « Republican Days of Wrath », The New York Review of Books, 29 septembre 2011.

[6] Bat Yeor, Eurabia : the Euro-Arab axis, Fairleigh Dickinson University Press, New Jersey. Les autres auteurs sont Bruce Bawer, Melanie Phillips, Peder Are Nøstvold Jensen (alias Fjordam) et Hallgrim Berg.

[7] Sindre Bangstad, « Norway : terror and Islamophobia in the mirror », Opendemocracy, 22 août 2011.

[8] Bhikhu Parekh, A new politics of identity, Palgrave, Londres, 2008, pp. 82.85.

[9] Olivier Roy, « L’islam en Europe, une religion qui doit être traitée comme les autres », in Patrick Haenni and Stéphane Lathion (Eds.), Les minarets de la discorde , Eclairage sur un débat suisse et européen, Religioscope Infolio, 2009.

[10] « Todos somos extranjeros para el otro », Pagina 12, 1er novembre 2010.

160 commentaires sur « L’extrême droite s’enracine en Europe »

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  • permalien Shanaa :
    12 mars 2012 @22h22   « »

    Le renard, ah ! ah ! Comme si Melenchon allait être élu !!! Pufff ! Les contes c’est pour les naifs !
    Les nations arabes ont intérét à laisser s’exprimer toutes les tendances, y compris islamistes, et les réunir autour d’un projet commun ! Sinon, c’est les autres rapaces qui viendront exploiter leurs faiblesses.

  • permalien le renard :
    12 mars 2012 @22h26   « »

    la religion aussi c est pour les naifs !

  • permalien le renard :
    12 mars 2012 @22h30   « »

    on voit le résultat de toutes ces superstitions au cours de l histoire,surtout pour le monothéisme ;inquisition,croisades,accords de latran,soutien clérical a la "lutte contre le bolchevisme" pour la lvf et la divison charlemagne,et maintenant les horreurs des miliciens chiites a bagdad qui s en prennent aux "punks" et "gothiques" !

  • permalien le renard :
    12 mars 2012 @22h34   « »

    les crimes homophobes perpetrés par les néofascistes le sont au nom du monothéisme,de toutes ces aberrations bibliques sur la prétendue "destruction de sodome et gomohrre par dieu"-qui c est celui la ?

  • permalien le renard :
    12 mars 2012 @22h43   « »

    les "autres rapaces" devraient etre les partis marxistes,comme le parti communiste des ouvriers de tunisie ou le front populaire de libération de la palestine.les islamistes reprennent a leur compte les mythes de l extreme droite sur le prétendu "complot maconnique",les loges étant rebaptisées "illuminati" pour la circonstance.

  • permalien Shanaa :
    12 mars 2012 @22h57   « »

    Le renard, hélas, l’espéce humaine n’a pas attendu les monotheistes pour s’entretuer !!! Durant l’antiquité, l’empire romain a montré une extréme violence à l’intérieur (gladiateurs jetés aux lions) comme à l’extérieur !!
    Idem dans certaines tribus primitives !
    Les idéologies, comme le communisme, le capitalisme ont engendré des violences inouies et un nombre incalculable de morts !
    Le mal est dans l’humain, ou plus exactement dans tout pouvoir, temporel ou intemporel. Les religions comme les idélogies sont le prétexte au nom duquel ce mal s’exerce !
    Les campagnes électorales sont aussi pour les naifs, puisque les promesses ne sont jamais tenues !

  • permalien patrice :
    12 mars 2012 @23h03   « »

    @Ph Arnaud
    Réponse tardive, désolé.
    - Jetez un coup d’oeil au bouquin d’Onfray sur la psychanalyse, si ce n’est déjà fait. Vous y constaterez que ce livre est abondamment documenté. A noter au passage le fait que le livre "contre attaque" de Roudinesco ne répond à aucunes des attaques contenues dans celui d’Onfray. Que dit ce dernier ? En principal, que Freud n’a jamais guéri ni même amélioré l’état d’un de ses malades, y compris ceux dont il commente la thérapie dans son oeuvre, et qui ont tous terminé en HP. Les preuves de ces échecs récurrents apparaissent dans les archives des hôpitaux et dans la correspondance privée du "maître" (lettres à Fliess, entre autres). Que dire d’une théorie thérapeutique qui échoue dans 100% des cas ? D’un médecin qui s’enrichit de manière éhontée en escroquant ses patients ? D’un chef de secte qui interdit toute contestation au sein de son groupe ?
    Accessoirement, plusieurs études, dont une de l’OMS, situent l’efficacité de la psychanalyse au même niveau que celui des médecines placebo, comme l’homéopathie. Seule la "Psychothérapie positive" s’en sort avec les honneurs : Moins chère, rapide, et efficace (mais sans plus, à peine mieux que la simple pratique sportive).
    Onfray considère Freud comme un philosophe, et non comme un médecin. Il reconnait l’intérêt de ses théories, qu’il connaît bien, entre autres, pour les avoir enseignées à ses élèves, mais déni à Freud le statut de thérapeute. Cela me semble cohérent.

  • permalien patrice :
    12 mars 2012 @23h28   « »

    @Ph Arnaud Sartre
    Admettons le fait que la philosophie raisonne à partir de postulats non prouvés, ce qui d’ailleurs fait son charme. Là où ça commence à coincer, c’est juste lorsque l’on part de postulats faux, comme l’absence de comportements d’origine innée chez l’être humain...Comme si il existait un mur infranchissable entre le primate et l’homme. Alors que l’homme EST un primate, sauf aux yeux des judéo chrétiens (comme Sartre !), et qu’il partage 98.2% de son génome avec le Chimpanzé. Lorsque certains ont opposé à Sartre le fait que les observations de Lorenz prouvaient clairement l’origine génétique de nombre de comportements humains, Sartre les a traités de nazis, sans autre réponse que ce sophisme grossier.
    Si la philosophie refuse de s’intéresser aux sciences, elle disparaîtra. Elle a d’ailleurs peut être déja disparu. Des sociologues comme René Girard sont désormais capables de traiter de sujets philosophiques, comme l’origine et la fonction des religions, en s’appuyant sur des observations concrètes et prouvées. Fin des élucubrations vaseuses à la Bergson, émises par un penseur qui n’était jamais sorti de chez lui. A trop agresser la réalité, le penseur se déconsidère et ne tarde pas à lasser.
    Et lorsque ce philosophe commence à défendre des contre vérités motivé par le désir de croire possible une utopie, on atteint à la catastrophe. Exemple : "Le bébé est comme une cassette vierge à la naissance..." (Sartre). Autrement dit, on peut le façonner à volonté pour en faire une sorte de Stakhanov exemplaire....Pour les mêmes raisons, Staline avait obligé "ses" chercheurs à démontrer la transmission des facteurs acquis. La vérité est qu’une théorie philosophique dont les postulats ou les conclusions sont en contradiction avec l’observation peut être bennée sans états d’âme, surtout quand sa formulation requiert une traduction en français intelligible, comme les pompeuses déclarations des médecins médiévaux.

  • permalien patrice :
    12 mars 2012 @23h48   « »

    @Shanaa
    "Le renard, hélas, l’espéce humaine n’a pas attendu les monotheistes pour s’entretuer !!! Durant l’antiquité, l’empire romain a montré une extréme violence à l’intérieur (gladiateurs jetés aux lions) comme à l’extérieur !!
    Idem dans certaines tribus primitives ! "

    Eh ! Et les 600 ans de paix romaine ?
    Quant aux tribus primitives, je doute fort qu’elles aient jamais passé beaucoup de temps à s’entre-tuer pour un territoire. Les conflits ont vraiment commencé avec les débuts de l’agriculture, c’est à dire avec la sédentarisation, les champs défrichés, l’accumulation de biens et de nourriture. Avec les inégalités sociales, également, source de conflits internes, et qui ont naturellement enfanté les religions sociologiques dont les religions judéo chrétiennes sont les héritières. Leur rôle : Eviter la guerre civile à tout prix, faire passer le concept non "naturel" de nation (plusieurs tribus), créer de nouvelles valeurs morales, comme celle du travail (non programmé chez le singe).
    Ceci étant posé, la religion n’est pas le seul facteur favorisant pour les guerres. Mais c’est un élément à ne pas sous-estimer.

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 mars 2012 @00h09   « »

    Patrice,

    - Je me permets d’intervenir dans votre débat avec Shanaa avant de vous répondre sur la philosophie. Et j’interviens en raison d’une de vos questions, qui m’a fait sursauter :

    "Et les 600 ans de paix romaine ?"

    - Pourriez-vous fixer les dates qui, selon vous, encadreraient ces six siècles de paix ?

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 mars 2012 @00h55   « »

    Patrice,

    - A propos de Sartre, en particulier, et de la philosophie en général.

    - Vous dites : "Admettons le fait que la philosophie raisonne à partir de postulats non prouvés, ce qui d’ailleurs fait son charme."

    - Cette assertion concerne peut-être la science mais, à coup sûr, pas du tout la philosophie ! Si je puis me permettre d’esquisser [voire, encore plus modestement, essayer d’esquisser] en quelques traits ce qu’est la philosophie, je dirai que :

    - La philosophie, ce sont d’abord des questions - ou des questions portant sur un objet particulier, mais des questions où ce qui importe est moins la réponse que la discussion. Ne serait-ce que parce que, souvent, la question ne comporte, elle-même, pas de réponse. Par exemple : pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

    - La philosophie diffère aussi de la science en ce qu’elle n’est pas cumulative : chaque étape de la science englobe la précédente étape et rend celle-ci obsolète ou partielle.

    - Tel n’est pas le cas de la philosophie, dont les questions peuvent être reprises à toutes les époques, comme celle du nominalisme, qui commence au moyen âge avec Guillaume de Champeaux (à partir d’Aristote) et se poursuit jusqu’à nos jours avec Wittgenstein ou Carnap, autour de cette simple question : l’homme (ou la pierre ou le chien) existent-ils ?

    - [Ce qui est important, ici, comme je le souligne, est l’article défini en italiques].

    - Chaque nouvelle génération peut donc reprendre ces questionnements à nouveaux frais (comme on reprend sans cesse l’étude de Platon ou des présocratiques), sans que le problème soit jamais épuisé - et encore moins "résolu" - l’idée de "résolution" étant presque antinomique avec l’esprit même de la philosophie.

  • permalien le renard :
    13 mars 2012 @09h17   « »

    en plus de la menace que fait planer sur les roms de ce pays le parti "romania mara" de corneliu vadim tudor,le président roumain basescu a affirmé que s il auyrait dirigé son pays a l époque de stalingrad,il aurait des troupes pour combattre ...l u.r.s.s !rappellons que dans trois jours ont lieu des élections législatives en moldavie,qui conduiront a la désignation du nouveau président moldave,qui,s il s agit du camp "libéral" de ghimpu,pourrait déboucher sur un rattachement de la moldavie a la roumanie...

  • permalien le renard :
    13 mars 2012 @09h19   « »

    avec une partition de la transnistrie où stationnent une poignée de soldats de l ex armée rouge ?

  • permalien le renard :
    13 mars 2012 @09h22   « »

    et quel avenir pour les gagaouzes,ce peuple turcophone chrétien orthodoxe ?

  • permalien le renard :
    13 mars 2012 @09h54   « »

    le camp prooccidental a trouvé son président www.russie.net/afp/francais/... nicolae timofti

  • permalien le renard :
    13 mars 2012 @11h04   « »

    l extreme droite finnoise,l otan et la carélie zebrastationpolaire.over-blog.com/article-activisme-separatiste-sous-le-cercle-polaire-un-carelien-devant-les-tribunaux-53091792.html l alliance atlantique veut elle réserver a la fédération de russie le meme sort qu a la fédération yougoslave ?

  • permalien le renard :
    13 mars 2012 @11h09   « »

    l otan a toujours favorisé l extreme droite,en europe occidentale pendant la guerre froide,et maintenant dans l ancien camp socialiste,dans les pays baltes,en ukraine,en géorgie,ces irrédentistes finnocaréliens...

  • permalien Shanaa :
    13 mars 2012 @12h17   « »

    Patrice, mouais, "la pax romana", toute relative !
    En tous les cas, Rome respectait la culture des peuples conquis, ne semait pas volontairement le chaos, et a laissé d’immenses beaux vestiges ! Contrairement à l’empirion actuel qui séme le chaos à coup de bombes a l’uranium et au phosphore et qui ne laissera que du vide !
    En parlant des idéologies, j’ai oublié le summum de la barbarie moderne : le nazisme allemand ! Antisémite, raciste, homophobe, eugéniste !

  • permalien patrice :
    13 mars 2012 @14h46   « »

    @Ph Arnaud
    "La Paix romaine ou Pax Romana en latin, désigne la longue période de paix imposée par l’Empire romain sur les régions contrôlées."
    Autant pour moi : La paix (relative) ne concernait que l’intérieur des frontières de l’empire, et 600 ans est en effet très optimiste. J’avoue avoir repris une expression toute faite sans me poser de questions, au point que je me demande même comment cette expression a pu prendre corps. Comme quoi...

    Pour en revenir à la philosophie, s’il est encore légitime de s’interroger, selon le modèle platonicien, sur la validité des informations issues de nos sens, nombre de données issues de la science moderne nous permettent d’actualiser cette réflexion : Expérience de sociologie : On a projeté à des indiens d’Amazonie un film tourné à New York. Qu’ont ils vu ? Une poule (!). On pourrait également évoquer les bizarreries des "physiques de l’extrême" qui remettent en cause la notion de causalité, celle de temps invariable, etc. Remplacer l’habituel postulat par des données issues de l’observation performante me paraît tout sauf absent d’intérêt.
    - Affirmer que la réflexion philosophique n’est pas cumulative me paraît quelque peu hâtif. Il existe bel et bien des écoles de pensées et des filiations, comme le souligne d’ailleurs Onfray en relevant chez Freud les emprunts à Schopenhauer et Nietzsche. L’inconscient serait hérité du "Wille", et le traumatisme névrotique du refoulement. Ça n’est qu’un exemple.
    - Je pourrais aller encore plus loin en posant l’hypothèse que toute réflexion philosophique reprend des données et des débats antérieurs, en les enrichissant grâce aux progrès de la science. Notons au passage les progrès récents des neuro-sciences, qui permettent enfin de mieux définir la notion de conscience, et, cette fois à partir de données palpables.
    - Dans tous les cas, on ne peut défendre le rejet délibéré de l’observation, qui caractérise Sartre, tant dans son approche philosophique que dans son approche politique.
    - Je ne pense pas qu’il puisse exister un seul domaine de la philosophie où les sciences n’aient pas au moins leur mot à dire.

  • permalien patrice :
    13 mars 2012 @15h50   « »

    @Ph Arnaud
    J’irais même plus loin. Dans l’antiquité, la muraille qui séparait la philosophie de la théologie, des sciences exactes, et des sciences "inexactes" comme l’astrologie était indiscernable.
    Si Lavoisier et Newton, ou Copernic ont largement contribué à la naissance d’une approche plus rationnelle de la réalité, cela s’est accompli au détriment de la théologie et de la "magie". Reste à définir la nouvelle place occupée par la philosophie : Doit elle revenir en arrière en devenant, via son approche, une variante de la théologie, ou progresser en intégrant l’approche scientifique ?
    - Explorer les domaines de la réflexion auxquels la science n’a pas accès, pourquoi pas ? Mais pourquoi partir sur des bases fausses, le plus souvent, par paresse. Mais je concède le fait qu’il est bien difficile d’être humaniste au XXIème siècle, à la manière des encyclopédistes, alors que la maîtrise de toutes les données disponibles est hors d’atteinte.

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 mars 2012 @16h09   « »

    Patrice (n° 1)

    - Sur la "Paix romaine".

    - Vous avez raison, la (prétendue) paix romaine ne concernait pas l’extérieur, puisque, durant les - un peu plus de - deux siècles de son apogée [d’Octave inclus à Sévère-Alexandre inclus, c’est-à-dire jusqu’en 235] l’empire ne cessa pas d’être en guerre à l’extérieur.

    - Mais là où je me permets de tempérer votre optimisime, c’est que, dans cette période de relative stabilité institutionnelle, l’empire connut aussi des troubles intérieurs, parmi lesquels :

    - L’insurrection de Boudicca en Bretagne (Angleterre), en 61, sous Néron (70 000 fonctionnaires et colons romains massacrés, tout de même...)
    - La révolte de Civilis le Batave sous Vespasien, en 69-70,
    - L’année des quatre empereurs (69-70), qui vit s’affronter Galba, Othon, Vitellius et Vespasien - avec batailles de légions,
    - Les deux guerres de Judée de 70 et 135,
    - La tentative d’empire gaulois de Tutor, Classicus et Sabinus (en même temps que Civilis), etc.

    - Que veux-je suggérer par là ? Que la vision embellie - et fausse - que nous avons de l’empire romain est une vision non pas historique mais littéraire, qui est passée par le désastreux filtre de l’époque classique française (du 17e siècle à Napoléon inclus) et qui, se voulant époque d’ordre, s’est élaboré un mythique âge - d’or et d’ordre - qu’elle est allé reconstruire en lieu et place de l’empire romain réel.

    - On ne dira jamais assez les séquelles laissées, en France, par les souvenirs embellis de l’empire romain et de l’époque louis-quatorzienne, époques d’ordre, d’autorité, de discipline, de hiérarchie, de conservatisme, bref, en un mot, de médiocrité...

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 mars 2012 @16h56   « »

    Patrice (n° 2)

    - De la philosophie.

    - Lorsque j’ai parlé du processus non-cumulatif de la philosophie par rapport à la science, j’ai voulu dire ceci : à la différence de la démarche scientifique, la démarche philosophique conserve intactes les écoles précédentes. L’école aristotélicienne ne frappe pas d’obsolescence l’école platonicienne et celle-ci laisse intacte la pensée présocratique. Et les philosophies matérialistes laissent intactes les philosophies idéalistes.

    [Je ne vois pas, pour ma part, par exemple, de difficulté à analyser le monde selon un schéma marxiste, et, par ailleurs, à le concevoir selon un idéal berkeleyen].

    - Par exemple, depuis Thomas d’Aquin, bien des écoles et courants philosophiques ont vu le jour, ce qui n’a pas empêché, au 19e siècle, au néo-thomisme de se constituer, de devenir, en 1914, la pensée officielle de l’Eglise catholique (avec des théologiens tels que Przywara ou Rahner).

    - Je nuancerai, par ailleurs, ce que vous dites des liens entre théologie et philosophie dans l’Antiquité. Le lien, en effet, ne se conçoit qu’à partir de l’Antiquité chrétienne, où la philosophie devient comme une propédeutique de la théologie, ce qu’elle fut durant tout le Moyen âge, les clercs l’étant dans tous les sens du terme (ecclésiastiques et savants).

    - La science, en revanche, n’a pas plus à voir avec la philosophie qu’elle n’a à voir avec l’art - ou avec la littérature. Certes, la science peut aider à trouver la composition des pigments d’une peinture rupestre ou médiévale, elle peut retrouver, par radiographie, les diverses étapes d’une oeuvre, mais la démarche philosophique est hétérogène à la démarche scientifique. [Même si, effectivement, des gens comme Descartes, Leibniz, Russell ou Quine ont été l’un et l’autre].

  • permalien Shanaa :
    13 mars 2012 @17h09   « »

    Ph.Arnaud, "médiocrité" ? la notion d’état moderne en occident est un leg romain, bien qu’elle fut emprûntée aux grecs !
    Il est vrai que l’héritage grec et arabe qui a irrigué la renaissance-naissance occidentale est plus intéressant...et moins guerrier !
    Il serait intéressant de se demander, philosophiquement, pourquoi certains peuples sont plus belliqueux que d’autres ?
    Ainsi, les grecs philosophaient dans les places publiques, alors que les romains se battaient dans les arénes !!!

  • permalien patrice :
    13 mars 2012 @18h49   « »

    @Ph Arnaud
    " La science, en revanche, n’a pas plus à voir avec la philosophie qu’elle n’a à voir avec l’art - ou avec la littérature. "

    Mon dieu ! Depuis quand la philosophie serait elle devenue une expression du cerveau droit ? Doit on se vider l’esprit de toute intention pour mieux philosopher ?
    Qu’on le veuille on non, la philosophie est fondamentalement analytique et logique. L’art communique une émotion, alors que la philosophie raisonne, dissèque, et argumente. La littérature peut être spontanée, hors intention, et propre à transmettre un ressenti, ou à exprimer l’inconscient de l’auteur. En revanche, toute réflexion sur l’essence de l’homme correspond à une démarche logique, souvent destinée à apaiser une inquiétude qui l’est moins. Séparer la philosophie des sciences est certes concevable lorsque l’on attaque des interrogation hors d’atteinte de l’observation. Mais la démarche est quand même identique.

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 mars 2012 @19h45   « »

    Shanaa

    - Message de 17 h 09.

    - Vous vous faites des illusions sur le comportement des Grecs et des Romains.

    - D’abord l’exemple des Grecs qui philosophaient sur les places publiques est surtout valable pour Athènes, qui n’était qu’une cité parmi d’autres. Il ne l’est pas - ou peu - pour Sparte, Thèbes, Corinthe, Syracuse, ou les grandes confédérations du nord et du centre.

    - Ensuite, ces mêmes Grecs (à commencer par les Athéniens) ont développé des empires - à l’échelle du pays s’entend - et se sont battus avec férocité lors de la guerre du Péloponnèse (voir par exemple le sort des Athéniens dans les latomies de Syracuse). Et ils n’ont pas, non plus, hésité à se trahir entre eux en s’alliant à l’ennemi perse.

    - Enfin, n’oubliez pas que, contrairement aux Grecs, qui furent très chiches de leur citoyenneté, les Romains l’accordèrent beaucoup plus libéralement, ce qui ne fut pas sans conséquences sur la fortune ultérieure (j’entends politique) de l’empire romain, par rapport à l’échec et des cités grecques et des empires hellénistiques.

  • permalien Ph. Arnaud :
    13 mars 2012 @21h35   « »

    Patrice,

    - Pourquoi voulez-vous soumettre la philosophie à l’observation ? Quelle observation ?

  • permalien patrice :
    13 mars 2012 @23h36   « »

    @Ph Arnaud
    Wikipédia : "Le mot philosophie (du grec ancien φιλοσοφία, composé de φιλεῖν, « aimer » et σοφία, « la sagesse, le savoir », c’est-à-dire littéralement : « l’amour de la sagesse » ou « l’amour du savoir ») désigne une activité et une discipline existant depuis l’Antiquité et se présentant comme un questionnement, une interprétation et une réflexion sur le monde et l’existence humaine, ou encore comme un savoir systématique. Différents buts peuvent lui être attribués, de la recherche de la vérité, et de la méditation sur le bien et le beau, à celle du sens de la vie, et du bonheur, mais elle consiste plus largement dans l’exercice systématique de la pensée et de la réflexion. Ancrée dès ses origines dans le dialogue et le débat d’idées, la philosophie peut également se concevoir comme une activité d’analyse, de définition, de création ou de méditation sur des concepts."
    A noter qu’il était initialement question de Sartre, lequel s’interrogeait sur les facteurs comportementaux innés. On a également évoqué le refoulement, tel que décrit par Nietzsche, ou la volonté inconsciente de Schopenhauer. C’est bel et bien l’observation qui a conduit ces penseurs à formuler leurs concepts. Il est des gens pour estimer que le philosophe, au final, n’observe et n’analyse que lui même, mais rien ne lui interdit d’éclairer cette analyse en observant autrui, par exemple, ou en prenant connaissance de telles observations , menées de manière systématique. Même le doute platonicien sur la vraie nature de la réalité peut, le cas échéant, se nourrir d’observations, ou, désormais, de données issue de la neurologie, de la sociologie, ou de la physique. Toujours à la remorque de Platon, on peut envisager de raisonner sur le beau en faisant appel à ce type de données, et démonter au passage pas mal de certitudes du maître...
    - Au fait, parmi les philosophes antiques et amoureux des sciences bien que non chrétiens (...), n’oublions pas Thalès et Pythagore.

  • permalien Ph. Arnaud :
    14 mars 2012 @06h31   « »

    Patrice,

    - Vous dites : "Toujours à la remorque de Platon, on peut envisager de raisonner sur le beau en faisant appel à ce type de données, et démonter au passage pas mal de certitudes du maître... "

    - Si vous concevez ainsi la philosophie, vous passez complètement à côté de sa visée ou de sa finalité...

  • permalien Nathan :
    14 mars 2012 @11h05   « »

    Il est pour le moins ironique de voir les thèses de Ph. Arnaud en faveur de l’immigration défendue par l’incarnation de tout ce qu’il déteste, l’organe de l’ultra-libéralisme anglo-saxon, j’ai nommé le Wall Street Journal, et qui plus est, dans les mêmes termes que lui.

    "Dans cet article non signé, publié dans la rubrique "Review & Outlook", le Wall Street Journal, quotidien conservateur appartenant au magnat australien Rupert Murdoch, estime que la position du candidat de l’UMP, qui menace de suspendre la participation de la France à l’espace Schengen si celui-ci n’est pas renforcé pour lutter contre l’immigration, est une "sale pensée, non seulement en raison des sales sentiments sur lesquels elle repose, mais aussi en tant que cas d’école d’analphabétisme économique".

    Le Wall Street Journal estime en effet que "seule l’immigration peut maintenir une population active assez nombreuse pour supporter la charge grandissante de la dépendance et des retraites"."

    http://www.lemonde.fr/election-pres...

    On peut s’étonner que l’extrême-gauche défende les mêmes positions que les ultra-libéraux les plus radicaux. Certes, les uns et les autres ne manquent pas de justifier le recours à l’immigration par des arguments rationnels : vieillissement de la population, diminution des actifs etc.

    Il n’en reste pas moins qu’on est en droit de s’interroger. Serait-ce une nouvelle forme de pensée unique ? N’y a-t-il pas là à l’oeuvre une sorte de diktat de l’ouverture, un peu comme il y a désormais l’impératif catégorique de la transparence ?

    Les uns sont en faveur d’une circulation non-régulée des hommes et des capitaux comme l’exige l’OMC. Ils s’opposent aux mesures protectionnistes, aux barrières douanières, aux lois et règlements nationaux qui freinent le développement des entreprises et la "destruction créatrice".

    Les autres, comme notre bon Ph. Arnaud, sont également en faveur d’une circulation dérégulée des hommes, sous prétexte qu’il en a toujours été ainsi. Des esprits aussi opposés finissent paradoxalement par se rencontrer. Et le plus amusant, c’est que les ultralibéraux du WSJ ou du The Economist reprennent, de manière particulièrement cynique les mêmes arguments culpabilisants que Ph. Arnaud en évoquant de "sales sentiments" pour détruire ce qui reste de souveraineté des nations alors que même un Frédéric Lordon est bien obligé d’admettre que l’espace national reste la référence.

  • permalien Ph. Arnaud :
    14 mars 2012 @11h34   « »

    Nathan (n°1)

    - Ou vous ne comprenez rien du tout ou vous êtes particulièrement de mauvaise foi en essayant pernicieusement de me mettre dans le même camp que les ultralibéraux du Wall Street Journal.

    - Déjà, lors du référendum de 2005, les partisans du Oui avaient, tout aussi malhonnêtement, mis dans le même sac l’extrême gauche, l’association Attac et le Front National, tous partisans du Non, pour dire : voyez comme les deux extrêmes se rejoignent ! Les extrêmes bruns et les extrêmes rouges, tous les deux sont repliés sur leur pré carré, crispés dans leur nationalisme.

    - En réalité, il n’en était pas du tout ainsi : le F.N. était (et est toujours) opposé à l’Europe par chauvinisme - en ce qu’il est aussi, par exemple, opposé à l’Allemagne - et par réflexe de petit bourgeois possédant, qui ne veut pas payer pour les plus pauvres (à l’instar, par exemple, des Suisses, qui ont toujours refusé l’Europe par nationalisme étriqué et par refus de payer pour ces fainéants de Grecs ou de Portugais).

    - Le refus de l’extrême gauche ne se fondait pas du tout sur les mêmes principes : le refus de l’extrême gauche était celui d’une Europe ultralibérale (et, pour des raisons exactement inverses, les ultralibéraux refusaient aussi l’Europe, car, pour eux, l’ultralibéralisme de cette dernière n’allait pas encore assez loin).

    - L’extrême gauche est aussi pour l’Europe, mais pour une Europe où la BCE a une muselière, où elle prête aux Etats, où elle laisse filer l’inflation. L’extrême gauche est pour une Europe d’unification fiscale vers le plus haut (de guillotine fiscale, si vous préférez), de suppression de ces chancres et bubons que sont Monaco, Andorre, Liechtenstein, Luxembourg, etc. L’extrême gauche est pour un Europe où tous les Etats s’alignent systématiquement sur le mieux disant social : meilleure prise en charge publique de la santé, droits d’inscriptions les plus bas possibles à l’université, taux de remplacement de la retraite le plus haut, etc.

    [Toutes choses, au passage, auxquelles le F.N. est parfaitement indifférent, quand il n’y est pas hostile].

    - La malhonnêteté a consisté à confondre contraire et contradictoire, à feindre de croire que tout ce qui n’était pas blanc était noir (qui est le contraire) et non pas le non-noir, qui est le contradictoire, et qui est l’infinie variété du spectre lumineux.

  • permalien Ph. Arnaud :
    14 mars 2012 @12h07   « »

    Nathan (n° 2)

    - La malhonnêteté de la position consistant à mêler ultralibéralisme et extrême gauche à l’égard de l’immigration s’éclaire bien par un rappel d’une autre événement historique.

    - Lors de l’affaire Dreyfus, ceux qui ont pris parti pour le capitaine se fichaient, à l’origine, des juifs ou de l’armée. Au début, il ne s’agissait que d’une banale histoire d’espionnage (comme il y en eut beaucoup à l’époque) et qui n’aurait dû occuper les journaux qu’une huitaine de jours. Si Esterhazy avait été démasqué dès le début, il serait parti en taule et on n’en aurait pas davantage parlé.

    - Pourquoi l’affaire a-t-elle connu cet élargissement historique ? Parce que, au départ, les antidreyfusards lui ont conféré des valeurs de principe bien plus larges que le cas particulier qu’elle représentait. Quelles valeurs de principe ? Celle que l’innocence ne valait rien contre la raison d’Etat et celle qu’un juif, un "étranger", un "allogène" ne pouvait triompher contre la masse d’une France "catholique-depuis-toujours".

    - C’est, très précisément, l’agressivité, l’hostilité, l’animosité des antidreyfusards qui a amené les dreyfusards à dégager, à mettre en valeur des principes opposés, à élargir leur lutte.

    - Eh bien, il en va de même des immigrés. Pour l’extrême gauche, initialement, le problème n’est pas dans sa couverture radar. Ce dont l’extrême gauche s’occupe, c’est de l’égalité [et, au passage, cette égalité signifie égalité de tous les salariés, sans considération d’allure ou de nationalité]. Pourquoi l’extrême gauche devient-elle donc sensible à l’immigration ?

    - Parce que, au départ, l’extrême droite - celle de Sarkozy ou de Le Pen - se moque bien de la préservation de la nation, de ses industries ou de ses valeurs ! Lorsque, en effet, on fait des contrôles au faciès, qu’on refuse un bail ou une entrée en discothèque à la tête du client, lorsqu’on refuse une construction de mosquée, ce qu’on a en tête, ce n’est pas la préservation de la nation française, c’est la xénophobie et c’est la haine !

    - Et c’est précisément ce mouvement de rejet instinctif, irraisonné, épidermique, imbécile, qui suscite, en retour (du moins chez moi) la volonté d’imposer aux agresseurs ce dont ils ne veulent à aucun prix, de les punir par où ils ont péché, un peu comme un voleur est puni dans ses biens.

    - Pour le reste, je suis même pour une relocalisation totale des activités, pour l’interdiction des délocalisations. Mais je ne vois nulle contradiction, dans le même temps, à estimer que l’immigration est nécessaire pour maintenir le pays à un état constant de prospérité. Car une fécondité de 2,1 est insuffisante...

  • permalien patrice :
    14 mars 2012 @15h18   « »

    @Ph Arnaud
    "à l’instar, par exemple, des Suisses, qui ont toujours refusé l’Europe par nationalisme étriqué et par refus de payer pour ces fainéants de Grecs ou de Portugais)."
    Je crois surtout que les suisses ont opté pour une politique protectionniste, jugée "suicidaire" dans les années 80, mais qui a préservé leur industrie et leur agriculture (entre autre, leur viticulture peu performante).
    L’espace européen pose deux problèmes : L’absence d’homogénéité des salaires et des charges, cause de la faillite de nombreuses PME hexagonales, et le fait que cet espace économique soit ouvert "portes béantes" au monde entier, sans prise en compte des balances entre pays. La Chine, par exemple, exporte en France 6 fois plus qu’elle n’importe, et les 15% d’exportation vers la Chine sont surtout constitués de matières premières, ce qui a d’ailleurs pour effet de faire grimper le prix des métaux.
    En outre, les bénéficiaires de tous ces échanges échappent à l’impôt en France. La politique européenne est donc bel et bien suicidaire, et, n’en déplaise à Alain Minc et Cohn Bendit, c’est la Suisse qui a fait le bon choix. Juste pour mémoire, ce pays ne vit pas que de ses banques.

  • permalien Ph. Arnaud :
    14 mars 2012 @17h27   « »

    Patrice,

    - Je serais peut-être (pour une fois !) d’accord avec vous sur quelques points, mais sans doute pour des raisons différentes.

    - A mon avis, la Construction européenne est un échec, et un échec parce qu’elle a voulu aller trop vite. Ce qu’il aurait fallu faire, c’était en rester aux six Etats initiaux du Traité de Rome, et en rester là 30, 40 ou 50 ans, le temps que ce bloc s’unifie de toutes les façons possibles (et d’abord politiquement et socialement).

    - Ce bloc présentait en effet deux traits qui lui permettaient de tenir le coup. D’abord, économiquement, il dominait tout le reste et il n’y avait aucun risque que se crée un bloc concurrent de force équivalente. Ensuite, ce bloc était un bloc compact, qui séparait tous les autres ensembles européens (slave, scandinave, britannique, hispanique) et les empêchait de former une masse territoriale contiguë. [Car je pense qu’à tous les points de vue - politique et économique - la compacité est un avantage décisif].

    - [Au passage, on peut constater que l’Europe de 1957 recouvrait à peu près l’Empire carolingien de 814 - un peu moins en Italie du Sud, un peu plus en Slovénie et Autriche. Mais les points lourds de l’Europe actuelle se situaient aux mêmes endroits : Bruxelles, Luxembourg, Strasbourg se situaient en Austrasie - berceau des Carolingiens - ou sur ses marges].

    - Cet ensemble aurait aujourd’hui dans les 235 millions d’habitants. Or, j’ai le sentiment (je n’ai rien pour étayer mes dires, juste une connaissance globale des rapports de force) que cette population représente un optimum entre la superficie et la population. Je ne suis pas certain que les très grands ensembles (Chine, Inde, Russie, Etats-Unis, Brésil) soient tellement plus solides que des ensembles moins peuplés et moins vastes.

    - Cette Europe (réduite et compacte) s’étendrait sur environ 1,3 millions de km². Pour une population en gros du double du Japon, elle aurait (ou elle a) 3,38 fois plus d’espace.

    - Pour en revenir à l’Europe, comme je l’ai dit à Nathan, je suis pour le protectionnisme et la relocalisation, éventuellement déclinés au niveau de chaque pays européen.

  • permalien patrice :
    15 mars 2012 @01h51   « »

    @Ph Arnaud
    " Pour en revenir à l’Europe, comme je l’ai dit à Nathan, je suis pour le protectionnisme et la relocalisation, éventuellement déclinés au niveau de chaque pays européen."

    On n’aura sans doute pas d’autre choix que celui de rétablir le protectionnisme et l’accès direct à une banque centrale dans notre coin, à moins d’attendre que l’Allemagne ne réalise que l’Italie va la mettre en faillite. Quant à l’Angleterre, inutile d’espérer de ce pays autre chose que des prises de position ultra libérales, quand bien même il serait au bord du gouffre. Il n’y a pas non plus de consensus à propos de la lutte contre les paradis fiscaux.
    Accessoirement, la Grèce risque de se relever le jour où elle reprendra son indépendance et plantera tout le monde. Ça risque de donner des idées à pas mal de pays en difficulté. Je ne sais pas quand ça arrivera. Sans doute avant la fin de l’année. J’avoue que j’ai du mal à imaginer une tentative de reconstruction en pleine tempête. Par ailleurs, une éventuelle scission de l’Europe pourrait très bien nous repousser dans le camp des losers.
    J’ai donc bien peur qu’il ne soit trop tard pour sauver cette Europe bancale et suicidaire. Attendons nous à retrouver le Franc en 2013. Mais je peux me tromper.

  • permalien Ph. Arnaud :
    15 mars 2012 @14h59   « »

    Patrice (n° 1),

    - Lorsque je défends le protectionnisme (ou, plutôt, la relocalisation des activités), je le fais à partir des considérations suivantes :

    - Aujourd’hui, le travail est devenu très efficace. La Chine, par exemple, sur certains secteurs, assure entre un quart et la moitié de la production manufacturière mondiale. Et encore n’y occupe-t-elle qu’une partie minoritaire de sa population active. Si elle double cette population, elle pourrait, dans certains secteurs, en assurer la totalité - y compris, bien entendu, dans la plus haute technologie.

    - Le problème est alors : à qui vendra-t-elle alors ses produits lorsqu’elle aura aspiré à elle toute l’activité manufacturière du monde ? Ou, corrélativement, avec l’argent de quelle activité les habitants des autres pays achèteront-ils les produits chinois ?

    - Autre considération : il est nécessaire, il est indispensable, pour la santé économique d’un pays, pour son équilibre psychologique, que ses habitants sachent faire le maximum de choses (et d’abord dans l’agriculture). En outre, cela correspond à la distribution normale des goûts et des compétences dans une population donnée : il faut que chacun puisse s’épanouir dans les multiples activités que l’homme a créées depuis les origines.

    - Enfin, stratégiquement, il est dangereux qu’une activité soit concentrée dans un seul pays (comme on le voit actuellement pour les terres rares, monopolisées par la Chine - monopole qui a été délibérément organisé avec l’assentiment des firmes occidentales).

  • permalien Ph. Arnaud :
    15 mars 2012 @15h17   « »

    Patrice (n° 2)

    - La Communauté européenne n’est qu’une des multiples tentatives des Européens, depuis la chute de l’empire romain d’Occident, de recréer l’unité de cet empire.

    - Toutes ces tentatives ont échoué, sans doute parce que les habitants n’y croyaient guère ou n’en voyaient pas la nécessité. Et il faut dire que le CEE n’a pas eu des idéaux exaltants : éviter la guerre et faire concurrence aux Etats-Unis, il n’y a pas de quoi sauter au plafond d’enthousiasme.

    - Malheureusement, il faut bien le reconnaître, presque toutes les constructions politiques, presque tous les Etats se sont édifiés en réaction ou en opposition à une puissance, à un pouvoir, à une entité, à une caste ou à une classe. Il n’y a que l’opposition - et je dois le dire, une opposition violente, farouche, passionnée, qui soude les gens et leur donne une envie de constituer un Etat. Mais je n’ai pas envie que l’Europe se crée au prix d’une guerre.

    - L’Europe aurait dû se donner des objectifs plus modestes, dans lesquels, d’ailleurs, elle réussit très bien (comme les constructions d’avions ou de fusées). Et peut-être, comme je l’ai dit précédemment, devait-elle se proposer l’émulation du mieux-disant social : que tous les pays européens se calent, dans tous les domaines, sur ce qui se fait de mieux, dans un autre pays, dans le domaine social. [En prévoyant, bien entendu, des paliers et des objectifs différents selon les niveaux].

  • permalien patrice :
    16 mars 2012 @14h47   « »

    @Ph Arnaud
    100% d’accord avec les souhaits développés dans les deux paragraphes. Demeure le problème de la faisabilité, dans un monde où les états ne décident plus rien, et "l’Europe" pas grand chose. Idem pour les Etats Unis, où tout le monde a compris que le président était un pantin sans réel pouvoir.
    Le retour à l’indépendance, que ce soit au niveau d’un seul pays ou d’un petit groupe de pays, passerait par un certain nombre de mesures difficiles à appliquer, comme l’annulation des dettes, la rupture avec les paradis fiscaux, la nationalisation des grosses sociétés, la réduction à un ratio de 1 à 20 des revenus...
    De telles mesures ne pourront être mises en place qu’à l’issue d’une crise épouvantable, devenue quasi inéluctable. Je ne m’en réjouis pas, car le risque de guerre va devenir maximal.
    En ce qui concerne les pays émergents, je me souviens que les trotskistes rêvaient dans les années 70 d’une ré-harmonisation des revenus mondiaux. On y est. Et ça risque de devenir saignant dans un monde où les matières premières commencent déjà à manquer. La Chine n’aura bientôt d’autre choix que celui de relancer son économie via la consommation intérieure, même si cet option est combattue par les multinationales. Problème : Quel sera le prix du fer, du cuivre, ou du pétrole, le jour où tous les chinois rouleront en voiture ?
    Vous savez quoi ? Ce qui nous attend, ça n’est pas le Grand Soir, c’est le sac de Rome. Mais bon...

  • permalien Ph. Arnaud :
    16 mars 2012 @20h39   « »

    Patrice,

    - Je crois, effectivement, que les changements ne peuvent avoir lieu qu’à l’issue de catastrophes (guerrières, naturelles, sanitaires, écologiques, etc.).

    - C’est ce qui s’est effectivement passé, pour la France, après 1871. Toutes les mesures (militaires, scolaires, diplomatiques...) bloquées sous le Second Empire ont été mises en place sous la IIIe République et nous ont permis, à nous Français, de vaincre l’Allemagne en 1918.

    - [Car le sort de la Grande Guerre ne s’est joué ni en Russie ni dans les Balkans, mais en France. Hélas ! Trois fois hélas...].

    - De même, c’est ce qui s’est passé en Allemagne à l’issue de la guerre de Trente ans. Il a fallu que les Allemands connaissent la plus longue guerre de leur histoire pour élaborer des traités de paix qui, politiquement et religieusement, sont des chefs-d’oeuvre - et dont les diplomates contemporains pourraient s’inspirer utilement.

    - Cela tient simplement à ce que les humains sont, par nature, indolents et conservateurs et que, tant qu’il y a un petit quelque chose à perdre, ils ne bougent pas. Pour bouger, il faut qu’on n’ait pas d’autre issue...

    - Je ne sais si, un jour, tous les Chinois (ou tous les Indiens) rouleront en voiture. Mais on peut imaginer que, ce jour-là, la voiture leur mangera une quantité énorme de leur énergie : soit pour l’acquérir, soit pour la fabriquer, soit par tout le temps perdu par les gigantesques embouteillages générés par un parc aussi phénoménal...

    - De quel sac de Rome voulez-vous parler ? De celui de 1527 ? Si c’est effectivement celui-là que vous évoquez, je ne saisis pas bien la relation avec nos ennuis contemporains...

  • permalien Ph. Arnaud :
    16 mars 2012 @22h18   « »

    Patrice,

    - Ah, j’oubliais, bonne fête...

  • permalien patrice :
    18 mars 2012 @16h50   « »

    @Ph Arnaud
    Merci !
    - Je faisais référence à la chute de l’empire romain, et au pillage de la ville par les vandales(...) en 455, même si l’empire avait encore 20 ans à vivoter. Disons que c’était le commencement de la fin. Mais dans le cas qui nous occupe, c’est toute l’humanité qui risque de payer l’addition, du fait du gaspillage insensé des matières premières. A noter le fait que personne à ma connaissance ne se préoccupe de chercher des produits de substitution à l’acier, au cuivre, etc. Quant à la pénurie de pétrole elle aura des conséquences secondaires effrayantes, dans la mesure où engrais et pesticides sont souvent fabriqués à partir de ce carburant.
    cf. : " L’agriculture intensive repose sur l’utilisation d’intrants (engrais chimiques, pesticides) élaborés à partir de l’énergie pétrolière ou issus de l’industrie pétrochimique. L’agriculture consomme aussi de grandes quantités de plastiques (serres, mulch, emballages, outils…)."
    Notez, ça nous permettra de consommer bio, mais bon...

  • permalien patrice :
    18 mars 2012 @17h19   « »

    suite

    2012 : fin du terbium

    2018 : fin du hafnium

    2021 : fin de l’argent

    2022 : fin de l’antimoine

    2023 : fin du palladium

    2025 : fin de l’or

    Fin du zinc

    Fin de l’indium

    2028 : fin de l’étain

    2030 : fin du plomb

    2038 : fin du tantale

    2039 : fin du cuivre

    2040 : fin de l’uranium

    2048 : fin du nickel

    2050 : fin du pétrole

    2064 : fin du platine

    2072 : fin du gaz naturel

    2087 : fin du fer

    2120 : fin du cobalt

    2139 : fin de l’aluminium

    2158 : fin du charbon

    ( Dommage, car on peut fabriquer du pétrole et du plastique à partir du charbon.)

  • permalien Ph. Arnaud :
    19 mars 2012 @09h53   « »

    Patrice (n°1)

    - Karl Marx disait (je cite de mémoire) : ’L’humanité ne se pose jamais que les problèmes qu’elle peut résoudre".

    - A cet égard, on peut se remémorer que, jusqu’au 18e siècle (et ce depuis les origines), l’humanité a été une civilisation du bois. Le bois, en effet, était la seule source énergétique (avec l’eau et le vent), la seule source de fabrication des outils et des moyens de transports (chariots, bateaux), la seule source de fabrication des habitations - pour les charpentes - et même une grande partie de la ressource alimentaire (arbres fruitiers, nourriture pour animaux).

    - Si on n’avait pas découvert le "charbon de terre", toutes les forêts auraient été dévastées. En France, le 19e siècle marque le début du reboisement. Au 18e siècle, les forêts n’étaient pas loin de la disparition.

    - Et c’est la même chose qui s’est passée pour le charbon, non en raison de sa pénurie (il y en a plus que de pétrole), mais de sa difficulté d’exploitation, de transport, et même de son inadaptation totale à l’automobile.

    - Pour l’énergie, je ne pense pas que le successeur du pétrole sera une seule source, mais une combinaison de multiplicités de sources : solaire, éolien, biomasse, marémotrice, géothermique, etc. (sans oublier charbon et pétrole, qui ne disparaîtront pas du jour au lendemain), plus, évidemment, le "négawatt", c’est-à-dire l’énergie qu’on ne dépense pas, l’économie, en somme.

    - Intellectuellement, je suis optimiste : l’humanité dispose de tous les outils pour faire face à la crise énergétique. Le problème est que, psychologiquement, cela impliquera une transformation radicale des modes de consommation et de production, et donc des rapports sociaux et internationaux. Et ça, c’est autrement dur à imaginer, à admettre et à faire passer dans les habitudes !

    - Une des choses à transformer sera d’être moins une civilisation des transports, où on aboutit, aujourd’hui, à des folies, soit dans les avions (Airbus A-380) ou le Allure of the seas, avec 6300 passagers et 2000 membres d’équipage, qui en fait une Grande-Motte sur l’eau (avec les désastres qu’on imagine en cas d’accident).

    - Il faudra aussi, sans doute, cesser de transporter la nourriture d’un continent à l’autre et, sauf famine, en revenir au principe de la nourriture sur place.

  • permalien Ph. Arnaud :
    19 mars 2012 @11h32   « »

    Patrice (n° 2)

    - Le sac de Rome de 455 ne me semble ni significatif ni symbolique, précédé qu’il fut par celui de 410. Il n’eut, en tout cas, pas la même portée que les deux sacs de Constantinople de 1204 et de 1453, qui, eux, marquèrent carrément un changement de régime, si ce n’est de civilisation, temporaire pour l’un, définitif pour l’autre.

    - La fin de l’empire romain d’Occident n’est, en tout cas, plus vue comme elle l’était encore il y a quelques décennies. Ce ne fut nullement, à l’image (ultérieure) de la chute de Constantinople de 1453 ou de la Révolution de 1789, un changement brutal de civilisation.

    - Depuis un certain temps déjà, la période du IIIe au VIe siècle est plutôt désigné sous le nom d’Antiquité tardive et, en tout cas, plus considéré comme une époque de "décadence".

    - [Cette notion de "décadence", d’ailleurs, est un des marqueurs de l’idéologie de droite, qui aime bien se représenter des époques mythiques de prééminence militaire, de "culture" et/ou d’ordre politique - empire des Julio-Claudiens et Antonins, Charlemagne, Louis XIV, Napoléon... - qui forment comme des "sommets" après lesquels tout aurait dégénéré : la domination militaire, l’obéissance, la culture...].

  • permalien patrice :
    19 mars 2012 @15h32   « »

    @Ph Arnaud
    Je suis moins inquiété par la pénurie d’énergie que par celle des matières premières en général, et des métaux en particulier.
    Pour ce qui est de l’énergie, des solutions existent, y compris dans le secteur du nucléaire : Centrales nucléaires consommant du Thorium, surrégénérateurs U238/PU239. Sinon, on a la géothermie profonde, également dangereuse, mais on y viendra, et bien sûr, le solaire thermique et les éoliennes de pleine mer. Concernant l’automobile, on sait désormais transformer le charbon en pétrole, on sait faire des moteurs hybrides à consommation faible (pour les riches), et l’on peut même rêver de voitures électriques dotées d’une autonomie acceptable.
    En revanche, la pénurie de métaux constitue, à ma connaissance, un problème sans solutions. Il faudrait s’y atteler dès aujourd’hui sauf à envisager de retourner à l’âge de pierre. Or, la recherche piétine.
    Envisager une éventuelle "décroissance" est illusoire. La Chine et l’Afrique n’ont pas trop envie de réduire leur niveau de vie. Ça serait plutôt l’inverse, et on les comprend.
    Le pire de tout est que, le jour où l’on découvrira des solutions technologiques à cette pénurie à venir, on n’aura plus non plus les matières pour les mettre en oeuvre. (plastiques "dopés" ou autres)
    Je ne sais pas s’il existe dans la galaxie d’autres planètes habitées, mais je commence à comprendre une chose : La durée de vie d’une civilisation industrielle ne doit être que de deux ou trois siècles. C’est pour ça que SETI ne capte pas de messages extra terrestres.

  • permalien Ph. Arnaud :
    19 mars 2012 @18h48   « »

    Patrice,

    - A votre différence, je place la question de l’énergie avant (et même bien avant) celle des matières premières. Car, sans énergie, on pourra avoir toutes les matières premières qu’on voudra, on ne pourra ni les transformer ni les mettre en oeuvre.

    - Comme je vous l’ai dit initialement, ces questions ne présentent pas de difficultés intellectuelles à être résolues. Ce qui est difficile, c’est d’imaginer un tout autre mode de consommation, de production, de rapports sociaux et internationaux. Je donne quelques idées :

    - Pour économiser les matières premières, il faudra en revenir à quelque chose qui était la règle il y a un siècle (et avant, bien entendu) : la réparation, l’usage d’un produit le plus longtemps possible, le recyclage et non plus la sortie d’un produit neuf tous les quatre matins, avec des matériaux neufs, ce qui entraîne un gaspillage considérable.

    [- Je vous renvoie, à cet égard, à la règle des "8 R" de Serge Latouche : Réévaluer, Reconceptualiser, Restructurer, Redistribuer, Relocaliser, Réduire notre empreinte écologique, Restaurer l’activité paysanne et Recycler.]

    - Je précise, à cet égard, que l’application de cette règle n’entraînerait aucune régression ni de standard de vie ni de niveau technologique. Car je suis convaincu que l’humain produit encore avec une déperdition phénoménale de matériel et d’énergie. J’en donne seulement deux exemples, tirés de deux domaines différents, celui de l’électronique et celui de l’eau.

    - Aujourd’hui, les smartphones sont des espèces de petits ordinateurs dont l’équivalent, en 1945, devait occuper plusieurs pièces et nécessiter une énergie capable de tirer un camion.

    - Les habitants des déserts comme ceux des forêts équatoriales arrivent à recueillir de l’eau de condensation à partir de feuilles ou de filets et, avec ça, ils nourrissent des communautés. On pourrait aussi trouver des exemples ailleurs.

    - Je répète aussi que l’on n’a pas besoin d’être autant une civilisation des transports et qu’il est impensable qu’un jour la Chine ou l’Inde soient une civilisation des transports à l’instar des Etats-Unis. Ou alors, toute leur énergie, tous leurs efforts seront engloutis dans leurs bagnoles.

    - Quant aux extra-terrestres, je pense que c’est un faux problème (ou un problème mal posé). J’ai même le sentiment - si ce n’est la conviction - que nous sommes seuls non seulement dans la galaxie mais aussi dans l’ensemble de l’univers. [Par "seuls", j’entends seules entités disposant d’une intelligence se manifestant hors d’elle-même]. Si l’occasion s’en présente, je vous développerai un jour le sujet...

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @01h27   « »

    @Ph Arnaud
    Hors sujet, mais intéressant
    " Quant aux extra-terrestres, je pense que c’est un faux problème (ou un problème mal posé). J’ai même le sentiment - si ce n’est la conviction - que nous sommes seuls non seulement dans la galaxie mais aussi dans l’ensemble de l’univers. [Par "seuls", j’entends seules entités disposant d’une intelligence se manifestant hors d’elle-même]. Si l’occasion s’en présente, je vous développerai un jour le sujet..."
    N’hésitez pas à commenter. Le sujet m’intéresse.
    - Concernant la conception des objets de consommation, entièrement d’accord. On construit également pas mal de choses inutiles, voire nuisibles, comme les armes. Malheureusement, si on n’avait que des activités utiles, 99% des entreprises de France fermeraient demain. Je n’aimerais pas avoir à diriger une telle reconversion des compétences.
    - Concernant la production d’énergie, je maintiens que le problème est aisément soluble, même en l’état actuel de nos connaissances.
    - Et je maintiens dans la foulée que la pénurie de métaux va déclencher un véritable cataclysme, car on n’a pas de produits de substitution, même si on disposait d’une énergie illimitée genre fusion nucléaire. Il y a déjà pénurie de terres rares (pour les éoliennes et les voitures électriques, entre autres). Et personne ne songe à économiser les métaux qui vont nous faire défaut le plus cruellement, comme le cuivre, l’aluminium, et le fer. L’expérience prouve que l’on attend toujours la pénurie pour chercher des solutions de remplacement. C’est ce qu’il s’est passé pour le pétrole. Seule l’augmentation des tarifs pousse les chercheurs à faire leur boulot...Ou, les patrons des chercheurs à leur demander de solutionner le problème. A noter au passage les performances accablantes des voitures électriques : 20 000 Euros pour un truc qui tombe en rideau au bout de 150 Km. (Pour mémoire, il n’y a pas de métro en Normandie)

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @01h55   « »

    @Ph Arnaud
    Retour au hors sujet...
    250 milliards d’étoiles dans la voie lactée. 200 ou 300 milliards de galaxies. Très probablement : plusieurs planètes par étoile, selon un article récent de Science & Vie. Toujours selon Sciences et Vie, de la vie à chaque fois qu’on aura de l’eau liquide. Cela peut inclure des lacs souterrains dans le système solaire. Ensuite, il y a l’évolution, qui fabrique des êtres complexes dès que le taux d’oxygène produit par les cyanobactéries atteint un seuil de 10%, voire moins (peut être 1.5%). Ensuite, tout s’accélère. L’homme, ou agoniste, apparaît au bout de 600 millions d’années, joue au singe quelques millions d’années, bafouille pendant 200 000 ans, et bousille sa planète en 300 ans. La question n’est peut être pas de savoir si la Voie Lactée a produit d’autres civilisations que la nôtre. La question est de savoir : Quand ? et : Pendant combien de temps ? La Voie Lactée est vieille de 12 milliards d’années. Il y a peut être eu des dizaines de milliers de races intelligentes à quelques dizaines de milliers d’années lumières de chez nous, voire encore plus près. Mais il n’y en n’a peut être pas en ce moment qui soit déja, ou encore capable de communiquer par radio, laser, (ou autre ? après tout, il y a peut être plus pratique)
    Au fait, les neutrinos supraluminiques, c’était une erreur de mesure. On a réveillé Albert pour rien.
    Et l’extrême droite dans tout ça ? Eh ! J’ai précisé : Hors sujet.

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @02h24   « »

    @Ph Arnaud
    "A votre différence, je place la question de l’énergie avant (et même bien avant) celle des matières premières. Car, sans énergie, on pourra avoir toutes les matières premières qu’on voudra, on ne pourra ni les transformer ni les mettre en oeuvre."
    Le lien ci dessous décrit les réacteurs à thorium(déja cités, mais vous n’aviez pas percuté). 5000 ans d’électricité sans risque de fusion du combustible nucléaire (sur la base de la consommation actuelle). Ça n’est pas sans danger, mais c’est 100 fois plus sûr que les centrales actuelles. Et c’est viable.
    Restera à transporter cette électricité sans cuivre ni aluminium...Certains investissent dans la pierre. Ils feraient mieux de stocker du cuivre. Les gitans domineront bientôt le monde civilisé.

  • permalien Ph. Arnaud :
    20 mars 2012 @10h40   « »

    Patrice,

    - Sur les extra-terrestres et la conversion des industries, je propose d’arrêter nos échanges qui, bien qu’aimables, deviennent discourtois pour le rédacteur du billet.

    - Ont-ils, néanmoins, un lien avec le sujet de l’extrême-droite ? Oui, je crois, sous le rapport suivant : si l’on relocalisait les activités (comme cela répond, d’ailleurs, à la simple raison), les gens, notamment dans les pays occidentaux, trouveraient, chez eux, un emploi - entendons, cela va de soi, décemment rémunéré - et qui correspondrait à leurs capacités.

    - Je sais bien que cela contredit les idéologies économiques ambiantes, mais il n’y a aucune raison pour que chaque pays (et, en particulier les pays d’Europe) ne sache pas TOUT faire. Il n’y a pas de raison pour que nous Français, ou, plus largement, nous Européens, ne produisions plus de façon industrielle des produits électroniques.

    - Il me semble donc qu’un pays qui aurait moins à craindre pour ses emplois, un pays où - comme encore dans les années 1950 - on pouvait sortir de l’école avec un simple certificat d’études et néanmoins avoir un emploi régulier convenablement rémunéré, donnerait moins de prise à l’extrême droite.

    - Bien sûr, je ne suis pas naïf au point de croire que le racisme n’est lié qu’à des conditions économiques ou sociales*. Mais je pense qu’un de ses terreaux est la peur et moins la peur de la délinquance ou de l’étranger que la peur sociale de ne pas avoir de travail, de ne pas disposer d’un emploi à son niveau, etc.

    - * Hélas ! Le meurtre de Breivik a eu lieu dans un petit pays, la Norvège, au très haut niveau de vie, au coefficient de Gini élevé (la Norvège est au 6e rang mondial sur 124) et qui gère très sagement ses ressources pétrolières.

  • permalien Ph. Arnaud :
    20 mars 2012 @14h54   « »

    Patrice,

    - Y a-t-il des liens entre l’extrême droite et les extra-terrestres ?

    - Oui, évidemment, ne serait-ce que par la commune racine qui sert à les désigner : "extra" ("dehors", "hors de", "le plus à l’extérieur de"). Les personnes d’extrême-droite sont en effet "à l’extérieur" en ce sens que leurs valeurs, leurs représentations du monde sont étrangères aux normes communes.

    - Par ailleurs, si ceux qui professent des idées d’extrême droite sont xénophobes à l’égard d’êtres humains qui sont, pourtant, comme eux, des Terriens, à plus forte raison risquent-ils de l’être bien davantage à l’égard d’êtres qui ne seront même pas de leur planète !

    - On peut d’ailleurs supposer, à juste raison, que les éventuels extra-terrestres susciteront encore plus de xénophobie car (si ça se trouve) ils seront plus laids que les Noirs, plus voleurs que les Gitans et plus fourbes que les Asiatiques (et peut-être qu’ils ne comprendront même pas l’arabe...).

    - Pire encore : à supposer qu’il soit possible de se reproduire entre Terriens et extra-terrestres, on peut imaginer que les gens d’extrême-droite considéreront avec horreur la possibilité d’avoir des descendants aux yeux bleus (comme eux), mais à la ramure de cerf ou aux pieds palmés, comme leur père - ou leur mère - extra-terrestre.

    - [Et, personnellement, même si je ne suis pas raciste, je vous avoue que je serais réticent à l’idée d’avoir un petit-fils avec une ramure de dix corps de chaque côté de ses oreilles. Sans compter que cela l’empêcherait de mettre son casque de moto].

    - Néanmoins, et pour la bonne entente interplanétaire, il me semble qu’on devrait se débarrasser de l’extrême-droite avant de prendre contact avec une exoplanète : car que penseraient de nous ces êtres, s’ils voyaient que nous ne sommes déjà pas capables de nous supporter entre Terriens ?

    - Cela ferait aussi mauvais effet que lorsqu’on invite des hôtes à la maison et que, tout à trac, on vide devant eux nos querelles de famille. C’est la raison pour laquelle je recommande de geler les crédits du SETI tant que Marine Le Pen ne sera pas descendue en dessous des 1 % d’intentions de vote.

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @16h52   « »

    @Ph Arnaud
    La Terre, honte de la galaxie ? Sûrement, si certains aliens sont parvenus à survivre à leur expansion industrielle, sauf à envisager que les mêmes causes produisent inéluctablement les mêmes effets.
    Ou alors, on a à faire à des herbivores, comme votre cerf. Bonjour la pollution au méthane. Comme quoi Marine n’a pas forcément pas tord de se méfier d’une race qui passe sa vie à roter et pourrit la soucoupe avec ses bouses.
    En attendant, je ne saurais jamais pourquoi vous supposez que nous sommes seuls au monde. Mais bon...
    Au fait : Et les Ovnis ? Ils viennent d’où ? Et la Vierge Marie ? Ne me dites pas que Bernadette Soubirous l’a inventée ? J’ai même vu une photo où elle baisse les bras modestement en faisant "hé", histoire d’attirer quand même un peu l’attention. Et Jeanne d’Arc, idole du FN et arrière grand mère de Nadine Morano ? Notez mon habileté à revenir au sujet et éviter ainsi les foudres de la modération.

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @18h12   « »

    @Ph Arnaud
    "tord"...lire : tort, du verbe tortre. (inutile de souligner, logiciel absent d’humour)

  • permalien Noëlle VINCENSINI :
    29 mars 2012 @08h04   « »
    Le Haut Comité des Célébrations Nationales veut rendre hommage au pro-nazi CELINE

    « Comment le « Haut Comité des Célébrations Nationales » a-t-il pu inscrire Céline dans son calendrier ? » écrit dans son dernier bulletin « Ami entends-tu », le Comité du Sud de la Corse des Anciens Combattants et Amis de la Résistance.

    Pour avoir eu la même attitude que Céline, Robert BRASILLACH a été fusillé.
    Dans ces Mémoires, le Général De Gaulle écrit : « je ne me sentis pas le droit de gracier, car, dans les Lettres, comme en tout, le talent est un titre de responsabilité » (rappelons que le collectif antiraciste de Corse Ava Basta est contre la peine de mort).

    Etre pro-nazi, pour BRASILLACH et CELINE, ce n’était pas simplement un délit d’opinion. Non ! C’était un appel au meurtre.
    BRASILLACH prônait l’extermination de la « race maudite » (les juifs) dès le berceau.
    CELINE exprimait son admiration pour les lois racistes de NUREMBERG, et réclamait « l’épuration révolutionnaire de la race française, rue par rue, immédiatement, au couteau de boucher ».
    Ce n’était pas paroles en l’air, car, très concrètement, les enfants juifs étaient exterminés. Par millions. En Europe. Et en France.
    Il paraît que le choix des élus du Haut Comité des Célébrations Nationales se fait sur « des individus dignes d’être célébrés, c’est à dire dont la vie, l’oeuvre, la conduite morale et les valeurs qu’ils symbolisent sont aujourd’hui reconnues comme remarquables... ».

    A l’heure où l’assassinat innommable de sept personnes, dont deux enfants et leur père tués, eux, parce que juifs, à l’heure où sont annoncées des mesures contre l’antisémitisme et tous les racismes, moins que jamais on ne comprend les honneurs nationaux rendus à CELINE.
    Que son talent d’écrivain soit reconnu, c’est une chose. Mais, de grâce, n’oublions pas l’homme tellement indigne qu’il fut.
    Quelle sorte d’exemplarité veut-on donner à notre jeunesse ?...

    Noëlle VINCENSINI,
    Présidente d’honneur du collectif antiraciste de Corse AVA BASTA
    Résistante, déportée de Ravensbruck, chevalier de la Légion d’Honneur.

  • permalien Allergie :
    24 juin 2012 @18h35   « »

    Pour ce qui est du procès Breivik, les démocraties sont en train de se suicider en médicalisant, contre toute argumentation médical scientifique rigoureuse, un fait monstrueux commis par un homme. C’est une faute lourde.

    Il me semble que la France est particulièrement propice au développement du nationalisme du fait de sa centralisation forte d’origine Jacobine : une sorte de péché originel qui a nié les particularités régionales (Bretonnes, Corse, Alsacienne, Aquitaines, Basques, Normandes et Vendéennes avec les massacres anti-chrétiens qui l’ont accompagné (nous n’avions pas besoin des "islamistes")). Il est probable mais pas certain (l’Allemagne et l’Italie ont montré qu’il était possible d’unifier ces régions dans une cause nationaliste apocalyptique) que la régionalisation puisse être un frein à ces actions.

    Il est certain en tout cas que nos pays n’ont pas travaillé à l’intégration des migrants comme ils auraient du le faire. Un immigré ne vient pas dans un pays par hasard : il en a une image "a priori" positive et c’est arrivé sur les lieux, avec les difficultés, les stigmatisations qui lui sont imposées qu’il se renferme sur sa communauté.

    Il me semble que, pour le moins, nous devrions avoir un travail politique (entendez par là : de vie de la cité) de découverte de ce qui nous rapproche et de ce qui nous différencie pour que nous puissions cohabiter paisiblement. L’utilisation de tant d’étudiants, désoeuvrés, en sociologie aurait permis de travailler sur le terrain auprès des différentes communautés ces points de friction culturels et ainsi de les amoindrir. Il était plus facile, rapide et efficace en bulletin de vote d’accuser une communauté ou une autre. Nous nous méfions forcément de ce qui n’est pas "comme nous".

    Je pense aussi mais là c’est un avis qui n’est pas partagé de beaucoup que l’infantilisation de la politique en clans gauche-droite aide à opposer les thèses entre pro et con au lieu d’aboutir à des solutions de consensus qui sont évidentes à la majorité des citoyens.
    (Les nazis étaient-ils de gauche (national socialisme et alliés à Staline) ou de droite (national primant sur socialisme et rompant l’alliance avec Staline) ; Les Egyptiens ? Les grecs ? Les phéniciens ? La République populaire de Chine est-elle "de gauche" ? etc.)

    Sur des questions comme l’intégration des immigrés légaux, il y aurait aisément consensus. Au lieu de celà, on s’oppose à la marge sur les immigrés illégaux, les éventuels "extrémistes" et les peurs irrationnelles de perte d’identité et de nos valeurs "chrétiennes" au détriment des peuples de culture islamique ou de nos économies au détriment des peuples d’Asie.

    Notre démocratie, nos politiciens, sont responsables de ces situations. Ils n’ont pas assumé correctement les responsabilités qui étaient les leurs et nous le payons tous avec le développement des nationalismes haineux (de "droite" ou de "gauche").

  • permalien Sarah :
    20 février 2013 @17h12   « »

    Je fais un exposé sur l’extrêmisme de droite, je suis tombée sur votre article Je voulais vous dire qu’il était très bien écrit et très intéressant.

  • permalien kikid13 :
    2 septembre 2013 @23h53   « »

    Tu ne tueras point
    Et l’homme a tué Jésus
    Qu’adviendra t-il des hommes ?

    Droite gauche extrêmes...
    Arabes noirs juifs...
    Jaune marron blanc...
    Il faut de tout pour faire un monde et surtout le COURAGE d’être et de se reconnaitre. A chacun ses origines et sa place il n’y en à pas pour tout le monde. OBSERVE attentivement la cruauté de la nature.

    Réalise un court instant dans ta petite vie que ce ne plus la peur qui t’anime mais cette douce et prometteuse inconscience d’une société parfaite ou l’on forme à tour de bras menteurs lâches et hypocrites en tout genre.

    Un petit bout de ton miroir...
    Pourquoi vouloir à tout prix détruire les insectes qui tente de rentrer dans ton idyllique petite demeure n’est-ce pas la le début d’une frontière entre toi et ce qui est différent de toi ? GROS NAZE-I de droite gauche et des extrêmes.

    Le plus grand défaut de l’Homme est d’aimer uniquement les Hommes qu’il arrive à apprivoiser. Ca y est tu commence as te reconnaitre, c’est un bon début !

  • permalien valentini :
    31 mars @18h05   « »

    ils ne cessent de critiquer les démocraties en les accusant d’être bien trop libérales sur la question des flux migratoires

    Tout à fait ! Mais, ce faisant, ils ne font qu’amplifier les positionnements politiques des démocraties européennes, se considérant, en quelque sorte, comme l’ultime rempart des états capitalistes européens, en matière de sécurité intérieure. Ils ne sont donc nullement en rupture avec l’actuelle politique d’administration de la main d’oeuvre notamment immigrée et, de ce fait, de la force de travail en général, révélant ainsi leur nature totalement capitaliste et leur intégration à la démocratie capitaliste en tant que force supplétive de police qui peut virer, comme vu en Norvège, à la terreur pure et au massacre. Et il est bon de rappeler à ce propos, qu’une de leurs fonctions, régalienne est le tabassage qui peut aller jusqu’au meurtre, de travailleurs immigrés. Ce sont donc les forces libérales et conservatrices, sociaux-démocrates compris, qui doivent être mises, en permanence sur la sellette, pour examiner les accointances qu’elles entretiennent avec l’extrême-droite. Si celle-ci est leur adversaire politique, elle n’est nullement leur ennemi de classe.

  • permalien valentini :
    31 mars @18h19   « »

    « Le seul vrai moyen de mobiliser les gens, c’est de leur faire peur : peur des immigrés, peur de la criminalité… », écrit le philosophe Slavoj Zizek [3]

    Slavoj Zizek est un idiot.

    Empêcher toute forme de mobilisation et donc aussi d’organisation contre les politiques économiques mises en oeuvre, voilà en quoi consiste concrètement l’action de toute démocratie capitaliste. Soit par la persuasion de type électoraliste notamment, soit en faisant peur et pas seulement en paroles. La police n’est pas faite pour les chiens !

  • permalien valentini :
    31 mars @18h36   « »

    les populations turques et allemandes ne savent toujours que très peu de choses les unes des autres. C’est un paradoxe.

    Franchement ! Cet argument minimaliste n’est pas sérieux ! Sans passer par la sociologie, je parie que les Turcs connaissent l’essentiel de ce qu’il y a à savoir sur la démocratie allemande, son état, ses lois, ses polices, ses patrons. Et les Allemands que connaissent-ils des Turcs, abstraction faite des milieux prolétariens et ouvriers ?

    Le catéchisme islamiste propagé par les héritiers du nazisme, en grandes toilettes théologiques in partibus infidelium

    toute la crasse allemande, toute l’imbécillité allemande, toute la science para-administrative allemande ! Voilà la vérité toute crue.

  • permalien valentini :
    31 mars @18h44   «
    à propos des commentaires

    j’invite Shanaa et le renard à aller se disputer le camembert de la bêtise dans des sites plus adaptés à leurs discours, les sites consacrés à la télé réalité, par exemple.

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