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Un fiasco oublié des sondages : Côte d’Ivoire 2010

mardi 13 mars 2012, par Alain Garrigou

« Les sondages ne peuvent se tromper à ce point. Nous avons fait depuis un an et demi huit sondages et je suis toujours en tête. » Ainsi se rassurait Laurent Gbagbo, président ivoirien, dans une interview avant l’élection présidentielle de 2010 (JDD, 29 octobre 2010). On sait ce qu’il advint. Le 28 novembre 2010, Alassane Ouattara remporta l’élection avec 54,1 % des suffrages contre 45,9 % à Laurent Gbagbo. Histoire banale de sondages qui se trompent, comme il en existe quelques-unes depuis la victoire de Truman en 1948 contre les chiffres de Gallup ? Non seulement Laurent Gbagbo perdit mais il n’admit pas sa défaite, et la Côte d’Ivoire s’enfonça dans la guerre civile avant l’intervention française et l’arrestation du vaincu. Son camp accusa le vainqueur Alassane Ouattara de fraude massive. N’avait-il donc pas triché ? Pas assez, firent observer des observateurs cyniques ou réalistes. En termes plus clairs, ils mirent en cause les sondages qui avaient si bien conforté le président en place dans son optimisme qu’il n’avait pas autant truqué les chiffres que l’adversaire. Si Laurent Gbagbo était annoncé vainqueur par tous les sondages, il fallait que le vainqueur ait triché. Cette affaire est en partie un équivalent ivoirien du 21 avril 2002 en France, où les sondages sont censés avoir induit en erreur les protagonistes [1]. La contestation était cependant cocasse, venant de ceux-là mêmes qui avaient cru les utiliser à leur profit.

Pendant la campagne, les opposants au président Gbagbo avaient mis en cause TNS-Sofres, qui avait réalisé les sondages en Côte d’Ivoire. Ou plutôt, accusaient-ils, sous-traité ceux-ci à une entreprise ivoirienne dont le savoir-faire était douteux — autant que sa neutralité politique, puisqu’elle était dirigée par un partisan de Laurent Gbagbo. Le sondeur français n’a pas eu à se justifier, même si l’on sait que dans ses rangs, certains ne sont pas fiers de leur rôle, inquiets d’une responsabilité dans le déclenchement des combats, et sans doute rassurés que l’affaire n’ait pas défrayé la chronique en France et ailleurs. Cette affaire est significative de l’introduction des sondages dans de nouveaux pays et aussi, bien sûr, de nouveaux marchés. On sait que les sondeurs, sûrs d’avoir partie naturellement liée avec la démocratie, se pensent comme des missionnaires de la démocratie. On se souvient des autocélébrations de leur arrivée dans les pays délivrés du communisme comme en Roumanie en 1989, après la chute de Ceaucescu, où les employés de BVA s’émouvaient devant ces Roumains qui faisaient la queue pour répondre aux questions des enquêteurs travaillant dans la rue. Quant aux révolutions arabes, l’enthousiasme fut tel qu’on aurait pu croire qu’elles attendaient les sondeurs. C’est en tout cas ce qu’affirmèrent certains d’entre eux. L’affaire ivoirienne nous ramène à un sain réalisme.

L’introduction des sondages dans la politique africaine n’est pas banale. En l’occurrence, une explication en est certainement la confiance du commanditaire, le président Laurent Gbagbo qui, selon Jeune Afrique, « croit aux sondages, tout au moins à ceux qu’il a commandés à l’institut français TNS-Sofres et qui, depuis huit mois le donnent régulièrement vainqueur au second tour de la présidentielle » (15 avril 2010). Dans le sixième et dernier de la série, l’ancien président ivoirien était crédité de 46 % des intentions de vote devant Henri Bédié (26 %) et Alassane Ouattara (24 %). Effectué auprès de 1 400 personnes, ce sondage donnait par ailleurs un score de satisfaction fort élevé pour Laurent Gbagbo (49 %) et sur son programme (69 %). Ces « bons » chiffres amenaient immanquablement le soupçon. « De trop beaux sondages ? », s’interrogeait Jeune Afrique, qui signalait le scepticisme local : « Ni ses adversaires, ni la France officielle, ni même une partie de son propre entourage n’assurent accorder crédit à ces enquêtes, qui, à les entendre, seraient trop favorables à leur commanditaire pour être prises au sérieux » (15 septembre 2010). Le correspondant de l’agence Reuters avertissait de son côté que « la fiabilité des sondages en Côte d’Ivoire comme dans le reste de l’Afrique de l’Ouest est mise en doute par certains diplomates qui soulignent que les instituts n’en ont pas eu une grande pratique dans le passé » (Reuters, 14 octobre 2010). Les sondages étaient pourtant effectués par un des grands instituts internationaux, TNS Sofres, et précisément son antenne parisienne. A Paris, s’éleva la plainte d’un porte-parole de Alassane Ouattara qui accusait le camp présidentiel de « préparer les esprits à un cambriolage électoral » (28 août 2010). Avec des accusations plus précises : « TNS Sofres n’a jamais envoyé d’équipe en Côte d’Ivoire pour faire des enquêtes en vue d’un sondage. L’institut fait de la sous-traitance avec une boite en Côte d’Ivoire, appelée Marketing Field Force, dont le responsable est bel et bien M. Djahi Serge qui est un partisan du président-candidat Laurent Gbagbo » (Alliance citoyenne de la société civile ivoirienne, ACSCI, 24 avril 2010). Le 28 août, une plainte était déposée au tribunal de grande instance de Paris par le mouvement interafricain de réflexion et d’action (MIRA) dirigé par le dénonciateur, M. Mamadou Touré, qui reprochait à TNS-Sofres des « sondages frauduleux ».

Brice Teinturier, directeur-adjoint de TNS Sofres [2], se défendit : « Notre échantillon représentatif a été constitué à partir du dernier recensement de 1998 amélioré par nos propres bases de données, TNS Sofres réalisant régulièrement des études de marché en Côte d’Ivoire, et à partir de statistiques départementales et de la population enrôlée sur les listes électorales, disponibles auprès de la primature, de la CEI [Commission électorale indépendante] et de Sagem Sécurité » (Jeune Afrique, 15 avril 2010). Aux habituelles concessions sur les imperfections, il ajoutait un argument politique sur le score pas si favorable de Laurent Gbagbo, dépassé par ses concurrents si ceux-ci s’unissaient : « Plutôt que de critiquer ces sondages, l’opposition ferait mieux de les regarder de près : unie, elle gagne au premier tour et, avec un transfert de voix majoritaire entre ses deux candidats, elle gagne au second tour. » Curieux argument qui balaie la critique au nom de l’équilibre politique des chiffres. Comme si l’opposition était seulement (et à tort) mauvaise joueuse. Le sondeur pourrait cependant faire valoir que ses chiffres n’étaient pas si erronés puisqu’une majorité d’opposition s’est bien dégagée. Les écarts par rapport aux intentions de vote sautent néanmoins aux yeux puisque au premier tour, Laurent Gbagbo obtint 38,30 %, Alassane Ouattara 31,08 % et Henri Bedié 25,24 %. Avec de telles approximations, la question de la fiabilité a-t-elle encore un sens ?

Sur la sincérité des réponses, le sondeur apporte une réponse incohérente en assurant que les « interrogations » seraient « valables d’ailleurs pour tous les candidats » mais ajoute que « les redressements assurés par nos soins ont été volontairement plus durs avec le président sortant qu’avec ses concurrents ». Manière de reconnaître que la sincérité était plus problématique avec un pouvoir ayant plus de capacité d’intimidation que l’opposition. C’est pour le moins une question rapidement réglée dans un pays où la liberté d’expression est limitée. Le sondeur peut-il s’en tirer à si bon compte par une correction méthodologique d’un redressement plus sévère pour l’autocrate ? Conformément à la loi française (!), Brice Teinturier ne révèle pas quels sont les coefficients de redressement. Il n’a cependant pas besoin de dire que la méthode pour l’opérer n’est pas celle du dernier souvenir du vote (les élections précédentes ayant eu lieu en 2000). Le redressement a dû emprunter à la recette du doigt mouillé. Enfin, le sondeur affirme avoir envoyé une vingtaine d’enquêteurs. Même effectué en une semaine en face-à-face, chose qui n’est pas précisée, pour 1 400 sondés, cela ferait beaucoup de travail pour chacun d’entre eux. On a quelques raisons de douter que les employés de TNS Sofres, débarqués de France et « blancs de peau », aient « passé » les questionnaires. Ceux-ci ont donc bien été sous-traités. A qui ? M. Teinturier ne semble pas ému par l’identité du commanditaire. Certes, les sondeurs travaillent pour les pouvoirs publics en France. Il est cependant interdit au service d’information du gouvernement (SIG) et aux ministères à Paris de commander des sondages électoraux. Est-il neutre de le faire en Côte d’Ivoire pour le président du pays ? D’autant plus que personne d’autre n’en commande. Le sens démocratique et la déontologie chers aux sondeurs français ont subi une singulière dévaluation sous les tropiques. Cela n’empêche nullement de lancer des oukases contre les critiques : « Les enquêtes d’intentions de vote sont volontiers clouées au pilori. Ce procès est révélateur d’une conception réactionnaire du vote et du citoyen », lançait Brice Teinturier (Le Monde, 8 novembre 2011).

Au-delà de cette manifestation nouvelle de la Françafrique, l’épisode ivoirien soulève des questions épistémologiques sur les conditions de possibilité de sondages, c’est-à-dire d’enquêtes statistiques reposant sur la représentativité. En d’autres termes, peut-on faire des sondages dans n’importe quelle société ? Il s’agit moins ici de la liberté politique minimale nécessaire pour que les réponses soient fiables, que de la structuration sociale et de ses rapports à la politique. Si le vote est organisé sur des principes régionaux, religieux ou ethniques, quelle pertinence peut avoir un échantillon représentatif basé sur les variables sociologiques et selon la méthode des quotas ou la méthode aléatoire utilisées dans les sociétés occidentales ?

Notes

[1] Le 21 avril 2002, alors que tous les sondages avaient annoncé un second tour opposant Jacques Chirac (président sortant) et Lionel Jospin (premier ministre), la deuxième place de Jean-Marie Le Pen constitua une immense surprise. Les sondages furent mis en cause pour avoir démobilisé les électeurs du premier tour (record d’abstention avec 28,4 %) et avoir pemis la dispersion des suffrages de gauche.

[2] Brice Teinturier est devenu directeur général délégué d’Ipsos en septembre 2010.

17 commentaires sur « Un fiasco oublié des sondages : Côte d’Ivoire 2010 »

  • permalien F. Feugas :
    13 mars 2012 @17h05   »

    Merci pour cette excellente analyse dans le contexte ivoirien.

  • permalien Shanaa :
    13 mars 2012 @20h45   « »

    Les sondages ont la même valeur que les "gri-gri" ou les "oracle" version moderne !
    Quand on connait Ouattara l’homme du fmi et son épouse busineswoman fatale, on reste sceptique sur les vrais motifs de l’intervention française dans ce pays !

  • permalien Titi :
    13 mars 2012 @22h04   « »

    C’est vraiment incroyable de se fonder sur des chiffres bidon validés par l’ONU (plus de 100% de participation dans des zones contrôlées par les rebelles pro-Ouattara) pour tirer des conclusions sur l’incompétence des sondeurs. Cela permet subtilement une fois de plus de valider la thèse farfelue de la victoire électorale de Ouattara pourtant contredite par les faits, si l’on veut bien les regarder.
    Ouattara n’a pas gagné la présidentielle en Côte d’Ivoire. Le taux de participation annoncé est passé de 70,86% à 82% en deux jours, après modification des procès-verbaux. Les preuves existent. Enquêtez dessus au lieu de renforcer l’histoire officielle qui conforte une dictature françafricaine naissante.

  • permalien Shanaa :
    13 mars 2012 @23h12   « »

    Les sondages ont encore frappé : Sarkozy devancerait Hollande au premier tour !!!
    Comme dirait Christophe Alévéque : "Ils nous prennent pour des c... mais là on en est sùr" !!

  • permalien Bernard Desgagné :
    14 mars 2012 @01h04   « »
    Le Monde des suiveurs

    À l’image des autres journalistes au service de l’oligarchie, vous prétendez que Ouattara a remporté la victoire. Qu’est-ce que vous en savez exactement, Monsieur le perroquet ?

    Je vous suggère, à vous et vos lecteurs, de lire ceci.

  • permalien Blaise :
    14 mars 2012 @02h08   « »

    Bien sur la représentativité des sondages posent d’autres défis en Afrique mais elle est loin d’être impossible. Par exemple, une méthode de tirage aléatoire simple n’a pas de raison d’être plus fausse la-bas que chez nous s’il existe une base de sondage nationale représentative. De nombreux chercheurs en sciences sociales travaillent depuis longtemps en Afrique et ont développé des méthodes pour rendre leurs échantillons le plus représentatif possible. La perfection est bien sur loin d’être possible mais ce n’est pas aussi noir que vous le décrivez. Le problème, il me semble, avec les instituts de sondage est plutôt qu’ils ne répondent pas a une logique scientifique et qu’ils ne publient pas leurs données brutes comme le font les chercheurs.

    Plus généralement je pense que les sondages ont quelque chose a amener aux jeunes démocraties africaines. Ils permettent aux électeurs de juger le rapport de force politique et ils peuvent être un frein aux élections truquées. Bien sur, pour cela il ne faut pas qu’il y ait un seul institut de sondage lie au régime mais il faudrait plutôt pousser a l’émergence de plusieurs instituts. Ceux qui seraient systématiquement faux perdraient vite leur crédibilité et si les données brutes des sondages étaient disponibles cela pourrait augmenter le contrôle citoyen.

  • permalien Yoji :
    14 mars 2012 @23h49   « »

    M. Ouattara a bel et bien gagné ces élections. Le nord de la Côte d’Ivoire était acquis à la cause de Ouattara comme il est évident qu’en pays bété Gbagbo a eu des scores importants et que en pays baoulé Bédié a fait de très bons scores. Il faut surtout ne pas oublier l’évidence : le PDCI allié au RDR permets la victoire c’est aussi simple que cela... après on peut prétendre que l’ONU et le monde entier se trompent ... mais les faits sont là.

  • permalien Titi :
    15 mars 2012 @04h23   « »

    Citer trois ou quatre ethnies ne vous donnera pas raison. Si les ethnies prédéterminent tout a quoi bon aller aux élections ? L’ONU peut se tromper, l’ONU peut même mentir parce que l’ONU en cote d’Ivoire c’est la France. Un fait est constant. L’ONU a évoque un taux de participation de 70 pour cent. Au final, on a eu 82 pour cent avec plus de cent pour cent de participation au nord. Citer des ethnies c bien revenir a l’arithmétique c mieux. De plus, cet article franco français ne parle que des sondages de la SOFRES. Il y a eu des sondages d’un institut béninois payes par soro et des sondages payes par ouatera qui donnaient les mêmes résultats. Gbagbo gagnant. Je m’étonne qu’en france on glose sur les scores de Poutine dans le Caucase et qu’on sanctifie des scores impossibles dans la zone pro ouattara. Je m’étonne également qu’en france on soit progressiste sur l’Amérique latine, le moyen orient et tribalo francafricain sur l’Afrique. Sauf a soutenir des leaders morts et des causes perdues.

  • permalien Titi :
    15 mars 2012 @04h25   « »

    Vous l’aurez rectifie vous mêmes l’ONU n’est pas "le monde entier" surtout quand l’on s’en tient a ses administrations dans des opérations en Afrique.

  • permalien Kakiharaa :
    15 mars 2012 @15h00   « »

    @Bernard Desgagné :
    Bonjour,
    il ne me semble pas pourtant que la question examinée ici soit de savoir qui a réellement gagné les élections. M. Garrigou ne se prononce nullement là dessus. Il ne fait que rappeler les scores officiels sans cacher qu’il y a eu des fraudes. Le sujet est l’examen de la méthodologie des sondages et des conséquences possibles de telle ou telle méthode dans ce contexte particulier. Le gros de l’article est consacré à cette question.

    Les postures possibles pour un intellectuel ne se résument pas au fait d’être soit pro-Ouattara soit pro-Gbagbo. Même si cette analyse peut avoir des conséquences sur l’opinion de certains, il me semble que l’auteur a pris les précautions nécessaires.

  • permalien koui :
    15 mars 2012 @20h24   « »
    sondages idiots en cote d’ivoire

    Il faut bien comprendre que la population ivoirienne est beaucoup plus segmenté que la population française. Les opinions politiques varient selon l’ethnie, il y en a des dizaines, le lieu de résidence (abidjan, villes moyennes, campagnes). De plus, les régions n’ont pas le même taux de participations : le sud vote peu, le nord quasiment à 100 % avec des pointes au dessus de 100% avec 100% des voix pour Ouattara par endroits. Dans ces conditions, un sondage réaliste nécessiterai un échantillon de plusieurs milliers ou dizaines de milliers de personnes. Il est beaucoup plus économique de faire un sondage limité sur abidjan mais le résultat est forcément peu crédible. De plus, le résultat des élections par bureau n’a jamais été rendu public. Les PV frauduleux exhibés par le camp Gbagbo n’ont jamais été expliqués. On peut soupçonner une manipulation des résultats, même si la victoire de Ouattara reste une option vraisemblable. Comparer une élection douteuse à un sondage idiot est donc délicat.

  • permalien tigalion :
    16 mars 2012 @11h15   « »

    Effectivement, l’analyse ne fait que rappeler les résultats officiels. Mais il faut rappeler une chose ces resultats étaient les mêmes pour le camp Gbagbo, la seule différence c’est que ce camp annulait purement et simplement les résultats de certains bastions du RDR (où il n’avait trouvé rien à redire au premier tour avec les mêmes résultats). Sans cette ’correction’, les résultats étaient les mêmes que ceux certifiés par l’ONU.

  • permalien Gbagbazè :
    17 mars 2012 @06h24   « »

    @Kakiharaa

    Arrêtez vos balivernes SVP sur la neutralité journalistique de cette article ! Vous savez bien où un tel article de journalistes imposteurs veut nous conduire...

    Des preuves des tricheries de Mr allassane Ouattara ont été présentées et sont étalées sur la toile ! On attend jusqu’à présent, que des gugus comme ses journalistes de propagande, viennent nous démontrer le contraire ! C’est mathématique ! C’est pas sorcier !

    On entendrait presque dans cette article : "les sondages fonctionnent que chez les soit disant civilisés mais pas ailleurs... ! Qui a gagné les élections de 2010 en Côte d’Ivoire ! C’est sur cette grande question que ces journaleux pathétiques menteurs auraient dû en premier faire une investigation minutieuse, puis ensuite parler du sondage ! Et non le contraire ! Mr Desgagné a bien raison, lui est un vrai journaliste !

  • permalien Lili :
    25 mars 2012 @05h35   « »

    Il y a une ’petite’ nuance...

    Pensez-vous qu’un sondé en CI va OSER dire qu’il ne votera pas pour Grand Leader de Président, M. Gbagbo ?

    Vous souvenez-vous du climat de terreur qui régnait alors avec les ’patriotes’ qui descendait dans la rue pour couper le jarret des opposants avec de grands coupe-coupe ?

    Allons allons, tu parle un sondage à ce moment là !

  • permalien Romarick :
    19 avril 2012 @21h18   « »

    1/ Un principe assez farfelu courait à l’époque et voulait démontrer que Gbagbo n’organiserais l’élection que s’il était sure de l’emporter. Donc selon cette ’logique’ les ’stratèges’ du rdr ont dit qu’ils avaient demandés à leurs militants de dire qu’ils allaient voter pour Gbagbo afin de lui faire croire qu’il gagnerait. C’est ce qui expliquait selon eux le fait que les sondages avaient menti. Question : Pourquoi porter plainte contre des sondeurs qu’on a intentionnellement induit en erreur ?

    2/ Sur le plateau de france24 au début 2010, un journaliste français a affirmé ne pas croire au sondage car selon les rumeurs, il se disait dans le camp de Laurent Gbagbo : ’’les blancs-la nous blaguent pour qu’on organise élection vite-vite’’. Traduction : ils nous font miroiter des sondages pour qu’on se dépêche pour aller à l’élection et se faire avoir. Question : qui peut-être responsable de manipulation quand celui qu’on accuse est celui qui doit en être trompé par les chiffres affichés ?

    Ce que je me demande en fait c’est pourquoi fait-on des fixations inutiles sur des sondages. On sait très bien que l’on peut avoir deux personnes qui affirment détenir des sondages qui les donnent chacun gagnant pour le même scrutin. Un Sondage qui donne perdant n’est-il pas un stimulant pour chercher à redresser la barre ? Les électeurs ne sont-ils pas capable de changer d’avis entre la veille d’une élection et le jour même du vote ? Les sondages sont scientifiques oui peut-être mais la politique ne l’est pas encore. Même si on parle de sciences politiques. C’est ce qu’on voudrait qu’elle soit. On est dans le domaine des opinions, des avis, des jeux, des influences, du contrôle sur autrui, de pérenniser des intérêts partisans, etc.

    En quoi un sondage qui donne gagnant à 90 % devrait-il être respecté ? C’est à ce demander pourquoi se fatiguer pour procéder au vote. Autant designer le vainqueur par sondage. En quoi un sondage est-il plus criminel qu’un éditorial, un article ou une information tendancieuse d’un journaliste de qui présenterait sans aucune objectivité, une idée, une opinion, une idéologie ou un politicien sous un mauvais angle et un autre sous un bon ? N’y a-t-il pas intention de manipuler de parts et d’autres ?

    Les sondages vous donnaient perdant et vous affirmez avoir gagner à la fin ? mais quels comptes faudrait-t-il encore solder ? Ou-bien dans ce beau monde qui est le notre cela est un crime d’avoir annoncé l’ami personnel de Sarkozy perdant ? Faudrait peut-être arrêter un peu de se faire croire que tous étaient contre nous, tous ont toujours été contre nous, tous pensent toujours du mal de nous, tous doivent payer payer pour cela car nous, nous ne faisons jamais rien de mal. Alors on ne voit pas tout le mal que l’on fait en voulant forcement se venger sur les autres. Ca devient de la mythomanie ou alors plus grave de la paranoïa tout simplement.

  • permalien Romarick :
    20 avril 2012 @18h13   « »

    On ne peut pas relier tout simplement les sondages à la crise post-électorale qui a suivie en Côte d’Ivoire. Le président Gbagbo n’a jamais dit qu’il était le vainqueur du scrutin parce-que les sondages le disaient. Les raisons pour lesquelles il se croyait vainqueur du scrutin sont connus de tous. En ce qui concerne les sondages, il se disait confiant avant l’élection à cause de sondages favorables un point et c’est tout.

    Les raisons de la crise post-électorales ont bien plus de profondes et beaucoup plus sérieuses que cela. Et c’est ce sont ces raisons qu’il nous faut chercher à comprendre afin de retrouver un pays en état de fonctionner. Mais il y en a peut-être à l’intérieur qui aiment pourtant leur pays ou à l’extérieur qui se soucient pourtant de la démocratie en Afrique qui s’en foutes complètement.

    Je me souvient que Mr. Bayrou en 2007 avait bruyamment raillé les agences de sondages parce-que ces derniers lui donnaient un score moins élevé que ce qu’il avait finalement obtenu. Tout le monde s’est plein en 2002 du fait que les instituts n’aient prévu l’échec de Jospin au premier tour. Vouloir que les chiffres des sondages soient les mêmes que ceux du scrutin réel n’est pas pas sérieux. Le sondage nous donne une réflexion approximative de ce qui constitue l’ÉTAT DE L’OPINION à un certain moment donné. Rappelons que la photographie réelle est disponible le soir du scrutin.

    Je pense vraiment pour ma part qu’il faut continuer à encourager les sondages en Afrique. Avec le temps les techniques vont s’améliorer si on y met du sérieux et se perfectionner. Il y a du chemin à faire mais c’est en en faisant et avec l’aide des uns et des autres et en apprenant des erreurs ponctuels que l’on pourra se rapprocher d’une perfection que l’on n’atteindra jamais de toute les façon dans cette matière. Le meilleur échantillon représentatif c’est la population en entier. Or on sait tous qu’on ne peut sonder toute la population en entier. Cela se fait le jour du vote que est secret. Cela n’est même pas possible en occident qu’est-ce que l’on pense que cela sera en Afrique quand le déroulement même du vote lui-même laisse à désirer sur tous les plans.

    Les sondages sont nécessaires pour savoir par exemple si les politiques gouvernementales sont acceptées, sont assimilées, sont comprises par tous et pour savoir ou est-ce que la population veut diriger sa vie politique et sociale. Ils sont aussi nécessaires pour les entreprises, pour leurs produits qui se trouvent sur le marché, pour les accords qui sont signés par les pays sur le plan international ou pour sonder le degré d’approbation ou pas de différentes décisions qui sont prises sur notre continent. Il n’y a pas que pour les élections que l’on devrait procéder à des coups de sonde. Merci à tous.

  • permalien tiendur :
    29 octobre 2012 @19h34   «

    Français marié à une "ivoirienne du Sud" j’aimerais attirer l’attention des journalistes sur un point qui n’a jamais été soulevé : la partialité de la CEI qui a établi les listes électorales. En effet, si elle a bien mis en oeuvre les "audiences foraines" qui ont permis de donner des papiers et donc d’inscrire sur les listes électorales les "ivoiriens" qui n’avaient pas été déclarés à l’état-civil à leur naissance, elle a systématiquement éliminé des listes électorales ceux qui avaient des fautes d’orthographe sur leur acte de naissance ou encore ceux qui avaient bénéficié d’un "jugement supplétif peu conforme" dans le passé, ce qui est le cas de tous les villageois qui "se sont fait rajeunir pour pouvoir poursuivre leurs études". Or dans la réalité :
    - les audiences foraines ont concerné essentiellement des "nordistes" réputés pro-Ouattara.
    - les populations massivement déclarées à l’état-civil sont celles du Sud, réputées pro-Gbagbo, et ce sont elles qui ont été victimes des radiations tous azimuths (je parle en connaissance de cause car ma femme et de nombreux amis en ont été victimes).
    Ce qui m’a le plus surpris c’est l’insouciance de l’équipe Gbagbo qui n’a pas vu que cette stratégie de la CEI introduisait un biais important dans les résultats électoraux à venir.

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