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A 75 % les riches partiront ?

vendredi 16 mars 2012, par Frédéric Lordon

Mais qu’ils partent donc, ils ne nous manqueront pas. Ils sont très remplaçables, leur fortune est inutile à l’économie, et elle est un trouble à l’ordre public. Ah oui : en partant, qu’ils n’oublient pas de déposer leur passeport à la porte. Avant de la prendre.

Les faux-semblants de la gauche serpillière

Il y a suffisamment de raisons d’être affligé de la campagne du candidat « socialiste » — qui ne trouve mot à redire au traité MES [1] institutionnalisant les principes de l’« ajustement structurel », promet de renégocier le TSCG [2] avec la franchise d’un trafiquant de voitures d’occasion, fait des moulinets contre la finance avant de se rendre à Londres jurer l’innocuité de ses intentions réelles — il y a, donc, suffisamment de raisons d’affliction pour ne pas noter le moindre tressaillement du gauchomètre, dont tous les tracés étaient restés jusqu’ici absolument plats. Sans doute l’oscilloscope n’est-il pas menacé d’exploser : le maniement de la fiscalité individuelle n’est le plus souvent qu’un instrument de correction d’effets dont on préfère ne pas attaquer les vraies causes.

Le candidat socialiste aurait-il vraiment le projet de s’en prendre aux inégalités, aux chutes dans la précarité des uns et à l’indécente explosion des fortunes des autres, il s’attaquerait à leur principe générateur même, à savoir : la libéralisation financière, l’ouverture du commerce international à toutes les concurrences distordues — bien faites pour déstabiliser les classes ouvrières des pays développés et attaquer les Etats-providences —, l’orthodoxie de politique économique qui commande de satisfaire les investisseurs d’abord et les corps sociaux s’il en reste, soit synthétiquement les structures de la mondialisation néolibérale, spécialement mises en valeur par la construction européenne — dont les prétentions de « bouclier » (« L’Europe est un bouclier contre la mondialisation ») inspirent au choix le rire ou le dégoût. C’est à cela que s’en prendrait donc un candidat de gauche, conscient que la gauche se définit plus par le projet de transformer radicalement le cadre des structures du néolibéralisme que par celui d’y passer la serpillière [3]...

Précisément, on reconnaît la gauche serpillière, la gauche pleurnicheuse, la gauche qui ne veut pas être de gauche, aux chaudes larmes qu’elle verse sur la souffrance sociale sans jamais vouloir interroger, et encore moins modifier, les structures qui ne cessent de la recréer. On la reconnaît par conséquent aussi à ses instruments : emplois-jeunes, éducation-formation — avec le double aveu implicite que l’éducation est surtout une formation professionnelle et que, si bien sûr on les y aidera, il appartient tout de même aux individus de se rendre « employables » —, fiscalité enfin, soit tout ce qu’il reste de leviers secondaires pour atténuer les effets à l’intérieur du cadre mais sans jamais y toucher.

De tous ces palliatifs, cependant, la fiscalité est le plus significatif — quand il n’est pas manié à la baisse à la façon du socialisme Jospin-Strauss Kahn-Fabius... Mais voilà que François Hollande, décidé cette fois à le pousser dans le bon sens, semble avoir empoigné le levier, et la chose est suffisamment étonnante pour être notée (sous les habituelles réserves de la jonction incertaine du geste à la parole...). Que le gauchomètre s’en ressente et donne une mesure fiable, est confirmé par le capteur complémentaire de l’éditorialomètre, machine corrélée mais réglée selon un principe de variation inverse : sans surprise Jean-Francis Pécresse (Les Echos), Dominique Seux (Les Echos, again), Alexandre Phalippou (Huffington Post tendance Anne Sinclair) prophétisent le désastre, ainsi que Yves Calvi (C dans l’air) en charge de brancher l’expertomètre sur l’éditorialomètre (corrélation positive) et qui réunit un superbe plateau [4] à trois (plus lui) contre un pour bramer et faire bramer au désastre économique, avec parmi les bêtes à cornes l’inénarrable Philippe Dessertine, Christian de Saint-Etienne et surtout Elie Cohen, jusqu’à il y a peu conseiller économique de François Hollande mais horrifié des nouvelles velléités de gauche du candidat qu’il croyait sincèrement de droite.

On doit toutefois à l’honnêteté de reconnaître que l’éditorialo-expertomètre, machine pourtant ultra-sensible en tout cas dans cette partie là du cadran (depuis vingt ans, très peu de réaction sur bonus, fortunes et inégalités, non plus sur chômage, fin de droits et seuils de pauvreté), n’a pas fait exploser le scope comme elle l’aurait fait il y a cinq ans à peine. Jean-Michel Aphatie, par exemple, a même éprouvé le besoin de démentir avoir pris parti pour les riches et n’avoir fait que de l’ironie à propos des 75% de Hollande. Il est vrai que l’époque commence à sentir fort le goudron et les plumes et pour la classe possédante et pour la valetaille médiatique qui jusqu’ici n’avait de cesse de lui servir la soupe avec force justifications économiques et admonestations à l’endroit du peuple envieux. Les temps ont changé et, jusque chez les riches, commence à se former la conscience « d’avoir un peu exagéré »... Pas suffisamment cependant pour désarmer complètement les réflexes incorporés qui font objecter instantanément à la fuite des talents et au bris de l’élan créateur de richesses — et l’on pense irrésistiblement à ce moment là au parti qu’on pourrait tirer de la trouvaille des graphistes du film Les nouveaux chiens de garde [5] où l’on voit chaque éditocrate multicarte accompagné d’un phylactère faisant la liste de ses innombrables employeurs, combinée à la proposition de Régis Jauffret [6] demandant que chaque expert prônant le sacrifice salarial à l’usage des autres soit sommé de déclarer ses propres revenus...

Les « impossibilités » du mauvais vouloir

Entre temps, et comme toujours dans ce genre de circonstances, le syndicat des malévolents monte en chœur au créneau, mais caparaçonné d’arguments « techniques » qui disent tous « l’impossibilité », et en particulier, délicieuse menace, l’inconstitutionnalité, supposée fatale aux 75%.

À cette dernière en particulier, comme en fait au parti des « impossibilistes » en général, il faudra rappeler que les déclarations d’impossibilité sont le plus souvent l’expression de leur mauvais vouloir. À eux qui, fondamentalement, ne désirent pas changer l’ordre des choses, il est bien certain que les difficultés semblent tout de suite immenses et les impossibilités immédiatement constituées. Il faudrait redire ce que la capacité de penser doit au désir de penser, et que l’imagination ne vient qu’à ceux qui en ont vraiment envie. Pour tous les autres qui ont surtout envie de conserver, la conservation est à coup sûr la solution de bon sens, et comme elle est l’attracteur de toute leur pensée il n’y a pas lieu de s’étonner qu’ils s’y rendent aussi vite — à moins que ne se produise un événement exceptionnel dont la force finit par leur arracher un doute. Ainsi des laudateurs de la mondialisation financière qui auraient tous déclaré « impossible » de toucher en rien aux structures de la finance, mais découvrent, à partir de 2007, et leurs tares congénitales et qu’il est finalement possible d’y faire quelque chose (au moins d’y songer…) ; ainsi également des bons apôtres de la construction européenne à qui il faut le bord du gouffre pour être dessillés mais avaient tout nié en bloc tant qu’on en n’était pas à la dernière extrémité — et que la réalité finira bien par forcer à bazarder leurs dogmes (celui de la BCE indépendante, celui de l’article 63, etc.).

De même, la fiscalité à l’époque de la mondialisation fera l’objet de semblable déni tant qu’on n’aura pas atteint le point ultime de l’écœurement, et tout y demeurera délicieusement « complexité » et « impossibilité » — providentielle anti-constitutionnalité, norme supérieure de l’impossibilité ! Mais c’est oublier que la constitution n’est qu’une forme de loi, sans doute supérieure dans la hiérarchie des normes mais, que l’on sache, encore dans le champ de la délibération démocratique — après tout on a bien su la changer quand il s’agissait de rendre la banque centrale indépendante ; se peut-il qu’il y ait des révisions constitutionnelles aisément concevables et d’autres qui ne le soient pas ? Les constitutions peuvent être changées d’un trait de plume en une nuit, et les Argentins qui ont envoyé à la poubelle leur currency board fin 2001 en savent quelque chose : comme toujours, il suffit qu’une envie collective suffisamment puissante se soit manifestée. Et puis il reste à qui trouverait la procédure de révision trop lourde tous les moyens légaux ordinaires envisageables par une imagination normalement débridée. Si le Conseil constitutionnel s’inquiète que la combinaison d’impôt sur le revenu et d’impôt sur le patrimoine en vienne à imposer certains (sans doute pas nombreux) à 100 %, il suffit d’instituer un seuil sous lequel le revenu net après impôt ne pourra pas descendre, plancher pour le fisc… mais plafond pour les intéressés, en une restauration (convenablement actualisée) du principe, apologie de Georges Marchais, « au-dessus de 40 000 francs mensuels je prends tout » — comme il n’est strictement aucun argument, ni celui du mérite ni a fortiori celui du temps travaillé, qui puisse justifier qu’un individu vaille, et gagne, trois cents fois plus qu’un autre, le revenu net maximal est décidément une idée qui a de l’avenir…

À négligeable, négligeable et demi...

Mais ça n’est pas tout que la chose puisse s’avérer possible, reprend alors le chœur, mise en place elle serait terriblement néfaste. Il est donc temps de rappeler une ou deux choses à propos des supposés bienfaits de la présence des riches. Et d’abord à propos de l’idée que, entre joyaux de la couronne et cœur battant de l’économie, les riches seraient simplement indispensables à notre prospérité collective. La transfiguration des intérêts particuliers en intérêt général est certes l’enfance de l’art idéologique, mais, s’il est des cas où elle est aidée par un certain état des structures économiques qui produit objectivement l’alignement des intérêts de tous sur celui de quelques-uns — à l’image du risque systémique bancaire qui force à venir au secours des institutions financières sauf à encourir une destruction sociale générale —, il en est d’autres où la revendication d’utilité sociale des dominants n’a pas d’autre consistance que celle d’un pur et simple coup de force propagandiste. Comme dans le cas présent.

Il conviendrait pour commencer que les libéraux prennent conscience du défaut de cohérence de leur propre argument qui écarte d’abord la taxation des riches par un argument de « second ordre » : bien sûr, on peut si l’on veut l’envisager, mais elle concerne si peu de monde et s’avérera si peu efficace — quelques centaines de millions d’euros supplémentaires pour se faire plaisir, définitivement pas à la hauteur de la centaine de milliards du déficit à réduire... Or l’argument d’échelle se retourne comme un gant : si les riches pèsent si peu en termes fiscaux, c’est qu’ils ne pèsent pas davantage en termes de capacité d’investissement ! Par conséquent le coût d’opportunité économique d’une taxation des riches est aussi négligeable que leur contribution fiscale — et, comme le souci symbolique de l’équité à toute sa valeur (extra-économique), il ne faut surtout pas se priver.

De l’inutilité sociale de la fortune à l’époque actionnariale

Mais l’argument libéral a la logique incertaine, et une pratique plus éprouvée de la géométrie variable ; aussi persiste-t-il, contre toute cohérence, à soutenir que les riches sont utiles : nous leur devons tout le dynamisme financier des entreprises irriguées par les courageux réinvestissements de la fortune. Hélas, pas davantage.

Encore faut-il pour s’en apercevoir se faire une idée de la façon réelle, et non fantasmée, dont les entreprises financent leurs investissements et ce que, en cette matière, l’on doit à qui. Or, les choses ne se passent pas exactement comme le récit enchanté de la déréglementation financière voudrait le faire croire. Il faut bien reconnaître qu’en matière de contes et légendes, la libéralisation financière n’aura pas manqué d’imagination — et il est vrai qu’il en fallait pour tenter de rendre présentable l’ouverture du parc de loisir de la finance à l’échelle de la planète. Comme toujours dans ces cas-là, « rendre présentable » c’est présenter comme « avantageux à tous ». L’« avantage de tous », ce sont les entreprises — le public est invité à comprendre : emplois passionnants à profusion, innovations, marchandises bariolées et prospérité radieuse. La déréglementation, raconte l’histoire pour enfants sages, a été faite « pour elles ». Car les entreprises pour se financer ont besoin de fonds propres, la meilleure, la plus noble des formes de financement externe. Il fallait donc réveiller la Bourse et la rendre pétulante à nouveau, car c’est bien à la Bourse que se passe la merveilleuse rencontre des entreprises émettrices et des personnes souscriptrices, admirable alliance du capital et du travail qui nous offre une scène de genre propre à faire apparaître rétrospectivement les allégories de l’art pompier comme des modèles de discrétion allusive.

Le paradoxe de la libéralisation financière, mais cette fois impropre aux représentations édifiantes, consiste en ceci que l’énorme machine spéculative censément échafaudée en célébration des entreprises et à la gloire des fonds propres, n’aura que très marginalement modifié la structure d’ensemble de leurs financements — où les émissions d’actions tiennent une place toujours aussi faible, si bien que, trahissant la justification cardinale de la gigantesque opération, elles n’en auront tiré objectivement que des avantages infinitésimaux (et encore...). Sauf regrettable entêtement dans la pensée négative-critique, on se gardera bien de conclure par un « tout ça pour ça » désabusé car, de ne finalement servir aucune de ses finalités externes alléguées n’aura pas empêché la machine spéculative en question de prodiguer quantité d’autres bienfaits — évidemment à l’usage d’un nombre plus restreint de personnes et sans rapport aucun avec le dynamisme de l’investissement productif... Pas perdue pour tout le monde, la libéralisation des marchés d’actions l’aura cependant été au regard des objectifs dont elle s’était fait complaisamment un appareil de justifications. Mais à qui, ou à quoi donc aura-t-elle profité ? Au marché secondaire et à l’investissement spéculatif bien sûr.

Pour se montrer conforme à son concept, ou plutôt à son ambition imaginaire, il aurait fallu que le dynamisme boursier profitât exclusivement, ou majoritairement, au marché primaire, guichet de l’émission de nouvelles actions, c’est-à-dire lieu exclusif où s’opèrent les transferts réels de fonds (propres) des épargnants vers les entreprises. Hors de ces opérations de souscription, les entreprises ne voient pas la couleur des liquidités qui se déversent sur le marché secondaire, quand bien même ces liquidités prennent leurs titres pour support. Car le marché secondaire, marché de l’occasion où ne s’échangent que des titres déjà émis, met, par définition, en rapport non pas entreprises et apporteurs de fonds nouveaux, mais les investisseurs financiers entre eux, détenteurs de titres anciens désireux de s’en défaire et nouveaux acquéreurs qui leurs transféreront leurs épargnes, les uns comme les autres n’ayant rien d’autre en vue que la plus-value (présente pour les uns, future pour les autres), et les entreprises, au loin, observant ce jeu qui ne les concerne pas. Par construction, la circulation autocentrée des marchés secondaires n’offre aucune insertion aux entreprises demandeuses de fonds [7] et l’énorme masse des opérations qui s’y accomplit quotidiennement, faisant pour une part écrasante « l’activité de la Bourse », n’emporte aucune contrepartie en termes de moyens de financement supplémentaires de l’investissement productif.

C’est bien dans cette formidable disproportion des marchés respectivement primaire et secondaire, opportunément confondus dans le générique fourre-tout « La Bourse », que sombre l’argumentaire des bienfaits économiques de la déréglementation financière. Car voilà son admirable bilan en cette matière : le total des émissions nettes d’actions cotées (1650 sociétés) pour 2010 est de... 13 milliards d’euros [8]. Pour qui n’a pas les ordres de grandeur en tête, le caractère dérisoire de cette « performance » s’apprécie en la rapportant par exemple au volume total de l’investissement des sociétés non financières — 193 milliards d’euros [9] —, ou bien, dans un autre registre, au volume moyen quotidien des transactions opérées sur le seul CAC 40 — entre 3 et 5 milliards d’euros... Bien sûr, pour que cette deuxième référence ait du sens il faut se souvenir que les 5 milliards d’euros de transactions quotidiennes sur le CAC 40 doivent être appréciés en tenant compte de la vitesse de circulation de la monnaie, c’est-à-dire du fait que ce sont les mêmes liquidités qui tournent plusieurs fois par jour en ne faisant que changer de mains. Mais pour autant, et en redisant toutes les précautions qui doivent l’accompagner, la mise en regard ne laisse pas d’être frappante. En gros 230 jours de Bourse à 5 milliards d’euros d’amusement chacun, soit la fête annuelle à 1150 milliards d’euros pour, au final, 13 seulement de nouvelles émissions, c’est-à-dire de fonds effectivement dirigés vers les entreprises [10].

Les riches ne font donc pas autre chose que d’alimenter, à fin de plus-value sans rapport avec le soutien de l’investissement productif, la gigantesque machine dissipative. Et si leur pesant financier per capita est assurément bien plus élevé que celui des épargnants moyens, rien ne permet de dire qu’ils répartissent différemment du commun leurs fonds entre marché primaire et marché secondaire. À quoi sert donc l’argent des riches ? Mais à rien d’autre qu’à faire tourner la machine entropique qui soutient à peine 7% de la FBCF annuelle [11] et, des énormes masses financières qu’elle enfourne, n’en convertit qu’une portion ridicule en investissement effectif. Pour le dire plus simplement : l’argent des riches ne sert à rien — qu’à s’augmenter lui-même.

Le capitalisme actionnarial, naufrageur de sa propre idéologie

On dira que les apports en capitaux propres ne se limitent pas aux actions émises par les sociétés cotées et que, sous la cote, il est tout une masse de petites entreprises qui opèrent des levées de fonds par d’autres moyens — certaines réputées prometteuses comme les start-up, financées par « amorçage » ou venture capital. Malheureusement, là encore, la mythologie « nouvelle économie » des garages, des incubateurs et des business angels réunis n’est pas tout à fait à la hauteur de la réalité, en tout cas de celle du compte financier des ménages dont l’INSEE nous dit que, pour 2010, il ne s’augmente que de 8,6 milliards d’euros d’actions non cotées et de 6,7 milliards d’euros de divers autres titres de participation... et fatale rechute dans le dérisoire.

Une dernière protestation objectera que les actions n’épuisent pas les possibilités de financement offertes aux entreprises par les marchés de capitaux en général. Car, à côté de la Bourse stricto sensu, il y a aussi tous les marchés de crédit. Mais par définition on n’y lève que de la dette (obligations), c’est-à-dire qu’on n’y réalise aucune opération qualitativement distincte d’un ordinaire crédit bancaire, par conséquent susceptible d’être réalisée dans un tout autre environnement institutionnel que celui des marchés. Pour les PME d’ailleurs la chose est réglée : n’ayant pas la surface réglementaire suffisante les autorisant à se présenter sur les marchés obligataires, elles sont bien forcées de n’avoir à connaître des charmes de la modernité financière que par presse économique interposée — et pour le reste de se présenter au seul guichet qui leur soit ouvert : celui de la banque. Les grandes entreprises jouissent-elles vraiment de possibilités plus étendues ? Formellement sans doute, mais peu exercées en réalité. Car elles aussi savent bien ce qu’il en coûte de s’en remettre aux foucades des marchés de crédit, qui peuvent céder à la panique sans crier gare, interrompre tous les financements, en général au plus mauvais moment, alors que le crédit bancaire à la papa peut parfois donner lieu à des partenariats de long terme qui permettent de voir au-delà des fluctuations conjoncturelles et de garantir une relative continuité des financements.

Le plus étonnant étant, à la fin des fins, que même les grandes entreprises cotées, a priori les mieux placées pour faire appel à l’épargne-action, ne s’y résolvent qu’avec une extrême parcimonie. Non pas qu’elles en auraient une réticence de principe... mais parce que ce sont leurs actionnaires eux-mêmes qui les en découragent ! C’est que les émissions de nouvelles actions ont, pour les actionnaires dans la place, le mauvais goût d’être dilutives, c’est-à-dire, à court terme en tout cas, de répartir le profit existant sur un plus grand nombre de parts, donc de faire baisser mécaniquement le bénéfice par action... et le cours de Bourse avec lui.

Paradoxe suprême : c’est le capitalisme actionnarial lui-même qui ne veut pas des émissions d’actions ! — de là d’ailleurs cette aberration monumentale qui voit les entreprises sommées par leurs actionnaires de racheter leurs propres actions, selon la simple logique que, si les émissions ont de mauvaises propriétés dilutives, les buy-back [12] ont les propriétés dites « relutives » exactement inverses. Résumons-nous : la Bourse a été déréglementée au prétendu motif d’encourager le financement par actions des entreprises — et porter à son plus haut l’utilité sociale de la fortune privée —, mais la logique profonde du capitalisme actionnarial qui s’est édifié sur la déréglementation financière décourage absolument ces émissions... Pendant ce temps la spéculation continue et l’on continue de clamer que les riches qui envoient leurs épargnes à la Bourse sont la providence de l’économie réelle !

Trickle down... ou trickle up economics ?

Les riches ne servent à rien qu’à eux-mêmes. Et c’est toute la magie du discours de la trickle down economics, l’économie « du ruissellement », que d’avoir tenté de nous faire croire le contraire : laissons les riches s’enrichir ; par une cascade de retombées bienfaisantes ce sont de proche en proche toutes les couches sociales inférieures qui finiront par en profiter. Car après tout les riches investissent, sans doute on vient de voir ce qu’il faut en penser..., mais au moins ils consomment et font tourner le petit commerce, disons plutôt le gros, mais qui fera tourner le moyen, etc. Un quart de siècle d’expérimentation en vraie grandeur devrait faire un délai suffisant pour tirer le bilan — rigoureusement nul — de cette idée à laquelle continuent de s’accrocher la défense et illustration de la vertu sociale des riches. Et l’on finit par se demander s’il ne reste plus que le moyen de la dérision pour balayer enfin ce fatras mensonger, comme celui choisi par le Daily Show de Jon Stewart montrant de quelle manière la trickle down economics a inopinément muté en trickle up economics, les canalisations censément dirigées vers le bas prenant soudain un tour biscornu pour se retourner vers le haut...

Il faudrait dire bien d’autres choses pour être complet, dont certaines ont été évoquées ailleurs [13], et notamment, entre autres :

— que, dans leur bilan d’ensemble, l’inutilité économique des indécentes fortunes s’accompagne de leurs effets sociaux dissolvants, car l’opinion est frappée, au point que le trouble à l’ordre public est constitué, quand devient apparent que les mêmes causes de la finance sont au principe de l’extravagante richesse des uns et des difficultés matérielles des autres, exploités de la valeur actionnariale, licenciés de la récession post crise financière, déremboursés des plans d’austérité, prolongés des retraites différées au nom du triple-A, etc. ;

— que les arguments du mérite à « justement rémunérer », dernière ligne Maginot de la pensée libérale, peinent de plus en plus à masquer les formidables ratages des supposées élites, lesquelles continuent néanmoins de jouir d’une sorte de droit de repêchage inconditionnel et de crédit illimité pour mieux entretenir le mythe des « irremplaçables » ;

— que, par une incohérence de plus, dont il est décidément coutumier, le discours libéral, pour faire l’apologie de l’allocation efficiente (!) du capital par les marchés, n’a de cesse de vanter la « sagesse des foules », des milliers d’opérateurs financiers composant une allocation d’ensemble tellement mieux avisée que toutes les décisions du Léviathan de la politique industrielle. Curieusement cependant, la « sagesse des collectifs » s’évanouit pour laisser de nouveau la place aux « grands hommes » quand il est question de direction d’entreprise... Quand bien même, dans l’ensemble des patrons supposés providentiels, on aurait fait le tri des vendus aux actionnaires, des illuminés et des naufrageurs pour ne garder que les raisonnablement compétents, il n’en est probablement pas un auquel ne puisse se substituer la démocratie récommunale [14] des producteurs assemblés, sagesse des (petites) foules qui vaut au moins celle des marchés...

Déchéances de l’évasion fiscale

Mais on voudrait pour finir évoquer ceci, qui semble prima facie sans aucun rapport avec la question — et pourtant... Il y a décidément lieu de s’affliger des effets durables du débat sur la déchéance de la nationalité qui, dans un de ces accès typiques de racisme d’Etat, spécialement quand il est sarkozyen, avait fait le charme particulier du discours de Grenoble, à l’été 2010 ; discours doublement regrettable, d’abord pour les raisons intrinsèques qu’il est inutile de développer, mais ensuite pour avoir préempté le thème de la déchéance de nationalité et l’avoir détourné de son seul usage pertinent : l’évasion fiscale.

On n’en finit donc plus de parcourir les incohérences de la pensée de droite car, comme l’avait fait remarquer Badiou [15], c’est un étonnant paradoxe que, dressé sur ses ergots patriotiques, Nicolas Sarkozy n’a pourtant jamais eu de cesse que de vouloir aligner servilement la France sur des modèles étrangers, au fil d’ailleurs des inspirations successives de l’air du temps : américain, danois, allemand [16]..., et c’en est un autre, très semblable dans sa forme, que ses apologies de la nation s’accommodent de toutes les désertions fiscales — même si, drame des écritures lentes vouées en période de campagne à être dépassées par les événements, Nicolas Sarkozy vient de s’en prendre soudainement à l’évasion fiscale, et ne veut plus être le « président des riches » — momentanément...

De même qu’il n’y a pas d’amour mais seulement des preuves d’amour, l’appartenance à la nation pourtant si bruyamment revendiquée par la droite sarkozyenne, est en définitive moins affaire de tonitruantes déclarations que d’actes tout à fait concrets comme... payer ses impôts ! L’acquittement des impôts, comme contribution proportionnelle aux charges collectives qui vont nécessairement avec la vie d’une « communauté », quelle que soit son échelle, vient peut-être en tête des manifestations réelles de l’appartenance. Et ça n’est sans doute pas un hasard que les travailleurs sans-papiers se prévalent si souvent de leurs cotisations payées, ou revendiquent le droit d’être soumis à l’impôt sur le revenu, dans une compréhension de ce qu’est l’appartenance nationale qui fait visiblement défaut à Johnny, à Liliane Bettencourt et à tous les exilés fiscaux de leur engeance, exil fiscal qu’il serait urgent de sanctionner de l’exil tout court.

La droite (et l’extrême droite) ferait donc bien de se méfier de l’idée (déjà en soi douteuse) des « vrais Français » — qui ne sont pas ceux qu’elle croit. Autrement Français les clandestins qui aspirent à être régularisés c’est-à-dire à vivre régulièrement, d’une « régularité » à laquelle les riches s’efforcent en permanence de se soustraire. Qu’ils ne veuillent plus des charges de la collectivité signifie par le fait qu’ils ne veulent plus de l’appartenance à la collectivité. Or, la frontière de la collectivité devrait fonctionner selon un principe de porosité symétrique : de même que quiconque désirant y apporter sa capacité contributive (productive, fiscale, vitale) devrait y être admis, quiconque manifestant son désir de ne plus y contribuer ne devrait pas y être retenu... Il se pourrait même que la nation ait beaucoup plus à y gagner à régulariser ceux qui veulent vivre régulièrement sur son sol qu’à tenter de retenir les Florent Pagny, les Alain Delon, et tous les faux indispensables du « dynamisme économique ». À ces derniers en tout cas il faudra expliquer le principe simple de la corrélation entre la nationalité et l’impôt. Et puis les inviter à faire leur choix — mais pour de bon. Qu’ils fuient sous d’autres cieux à la recherche des taux d’imposition qui accroissent encore un peu plus leur fortune, c’est leur affaire. Mais prière en partant de déposer passeport, carte d’électeur, carte de sécu, et d’aller définitivement se faire pendre ailleurs.

Notes

[1] MES : Mécanisme Européen de Stabilité.

[2] TSCG : Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance.

[3] Voir « Gauche de gauche, gauche de droite », Télérama, 2 mars 2012.

[4] C dans l’air, 1er mars 2012.

[5] Les Nouveaux chiens de garde, documentaire de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat, Jem Production, janvier 2012.

[6] Ce soir ou jamais, France 3, 17 janvier 2012.

[7] Sauf lorsque celles-ci s’y présentent pour racheter leurs propres actions...

[8] Données Banque de France.

[9] INSEE, Comptes de la nation 2010.

[10] Et encore les 13 milliards d’euros concernent les levées de fonds de toutes les sociétés cotées, au-delà du seul CAC 40...

[11] FBCF : Formation brute de capital fixe. La FBCF permet de mesurer l’investissement productif.

[12] Les rachats par les entreprises de leurs propres actions.

[13] Voir « Bonus et primes : le (résistible) chantage des “compétents” », Blog La pompe à phynance, mars 2009.

[14] Comme on dit « république », la chose publique, on peut parler de « récommune » pour signifier que l’entreprise, comprise non plus comme la chose patrimoniale des actionnaires, est la chose commune (res communa) de tous ceux qui y travaillent — les salariés !

[15] Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?, Lignes, 2007.

[16] À propos des contresens de la frénésie des modèles étrangers à importer, voir l’entretien de Robert Boyer, lefigaro.fr, 13 mars 2012.

269 commentaires sur « A 75 % les riches partiront ? »

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  • permalien BA :
    16 mars 2012 @11h32   »

    Si faire circuler la monnaie est indispensable, la solution retenue par la BCE présente cependant plusieurs inconvénients et dangers.

    Ce n’est pas le problème de remboursement : dans 3 ans, la monnaie pour rembourser ne sera pas loin : en majorité dans le compte de dépôt de la BCE… Mais alors, on n’aura rien résolu !

    En effet, la plupart des banques sont en fait insolvables, et elles le savent. Conséquence : elles évitent de se prêter entre elles, et à l’économie réelle, car cela augmente leurs risques et besoins financiers. D’où panne du marché interbancaire, et gros soucis. Le VLTRO [Very Long Term Refinancing Operation] va simplement permettre d’acheter un peu de temps, mais cela ne règle en rien le problème de solvabilité des banques ! Et la BCE risque de de devoir continuer à prêter de grosses sommes – et à prolonger ces insensés taux à 0 % qui durent…

    Un des dangers est que la BCE se retrouve à avoir en pension des titres de qualité très moyenne, ce qui n’est normalement pas sa règle.

    Un autre danger est que, du coup, ne restent dans les banques commerciales que les titres les plus pourris, ce qui les fragilise encore plus en les transformant de facto en bad banks…

    Un autre est que les banques soient tentées d’utiliser cette liquidité pour aller financer des investissements spéculatifs, se mettant encore plus en danger (comme Jean Peyrelevade nous l’a expliqué dans ce billet).

    Enfin, un dernier est que les gouvernements fassent pression sur leurs banques pour qu’elles achètent leurs nouvelles émissions de dette, comme actuellement en Italie ou en Espagne. Or c’est EXACTEMENT le contraire qu’il faudrait faire ! Bien sûr cela a permis de faire baisser les taux. Mais ce n’est pas le métier d’une banque d’agir ainsi, car elle se met en grand danger en prêtant à ces États insolvables. Ce qui fait qu’au jour de la restructuration, il y aura un gros problème sur l’État et sur les banques !

    Et je ne parle même pas des risques d’inflation (des prix ou des actifs) ! Aux États-Unis, la Fed a directement racheté les nouveaux bons du Trésor. Contrairement à l’Europe, l’effet sur la masse monétaire a été rapide :

    La chance des États-Unis est qu’ils peuvent exporter leur inflation, grâce au rôle international du dollar – ce qui n’est pas notre cas. De plus, une partie de cette monnaie a été mise au “frigo” dans le système bancaire. Attention le jour où elle sera relâchée dans l’économie réelle…

    Pour les amateurs de la monétisation de dettes, nous venons de le vivre en Grèce : l’État a fait défaut, cela a coulé ses banques, l’UE lui a reprêté de l’argent en urgence pour qu’il les resolvabilise (c’est délirant…). Au final, l’État grec supporte donc encore une forte dette…

    Quand viendra notre tour, qui prêtera de l’argent à l’Occident pour sauver nos banques ?

    Olivier Berruyer.

  • permalien BA :
    16 mars 2012 @11h33   « »

    Lien de l’article d’Olivier Berruyer :

    http://www.les-crises.fr/la-monnaie...

  • permalien Un partageux :
    16 mars 2012 @13h44   « »
    Pauvres riches !

    Partageux rencontre des personnes cabossées par notre société libérale, change leur identité et ne mentionne ni son nom ni sa ville pour qu’on ne puisse les reconnaître.

    Partageux doit faire son acte de contrition. Il a causé retraitée affamée, femme de ménage, chômeuse, immigrés, gentiment dézingués et même lavandières. Bref (presque) tous les oubliés. Mais Partageux s’est cantonné aux pauvres et a oublié que les riches pouvaient eux aussi beaucoup souffrir. Au point d’envisager l’exil.

    Partageux ne manquera pas de réparer cette lacune fâcheuse dans ses prochaines chroniques.

    http://partageux.blogspot.com

  • permalien AdrienPG :
    16 mars 2012 @13h47   « »

    Pourquoi n’avoir pas mentionné la proposition du Front de Gauche de fixer à 360 000€/an le revenu maximum ?

  • permalien Nicks :
    16 mars 2012 @14h04   « »

    Imparable, comme à l’habitude. On se rappellera également que dans ce paradis pour capitalistes que sont les Etats-Unis, Roosevelt avait introduit une taxation à 90% pour les très hauts revenus...

  • permalien Julia :
    16 mars 2012 @15h09   « »

    Il semble par bonheur que la totale indécence des riches et des spéculateurs , avec la cohorte néolibérale bien en place, ait quelque inquiétude à se faire pour leurs gros mensonges.
    Récemment, le déficit grec est suspecté d’avoir été bidouillé à la hausse, sur ordre de Papandréou, pour faire apparaître les Grecs comme "punissables", donc "ajustables" aux mesures d’austérité ; cette méga-magouille a été dénoncée, et le chef de l’institut statistique grec est en examen.
    De ci, de là, apparaissent des juges ou procureurs qui feraient leur travail, sans doute questionnés par le fait que leurs compatriotes descendent fouiller dans les poubelles la nuit pour manger.
    Or donc, quand nous descendrons nous aussi faire les poubelles du voisin pour y racler les peaux de bananes, suite aux mêmes mesures d’austérité, nous pourrions espérer quelque juge un peu plus bavard, ou un sursaut de conscience honnête du côté politique...
    Pour l’instant, je ne vois que le programme de Front de Gauche à proposer des mesures économiques cohérentes, à s’opposer aux articles destructeurs du traité de Lisbonne, au MEs ,au TSCG...
    L’espoir réside donc dans le fait qu’au bout de 9 plans d’austérité ,les Français , leurs enfants et petits enfants auront faim, et finiront par comprendre le véritable fonctionnement de l’Europe : une machine à détruire.

  • permalien patrice :
    16 mars 2012 @16h00   « »

    Revenons sur Terre
    - Le projet de taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million par an est confiscatoire, entre autre, car il générera dans certains cas une imposition totale (avec ISF, CSG, CRDS) supérieure à 100%. Cette mesure sera retoquée par le Conseil Constitutionnel. Or, la gauche n’aura pas de majorité suffisante pour changer la constitution.
    - Le pourcentage du revenu payé actuellement par les ultra riches est généralement inférieur à 15%...4%, cette année, pour Liliane Bettencourt.
    - Les moyens employés par les experts pour défiscaliser les revenus sont le plus souvent légaux. Dans le cas de Liliane Bettencourt, ses revenus sont versés à une société de gestion.
    - Les sommes volées par les milliardaires, ou les grosses sociétés comme Total, atterrissent dans des paradis fiscaux, avant d’être utilisées pour financer la spéculation sur les matières premières, sur la dette des états, ou de financer l’expansion chinoise. Pour mémoire, la dette de la France est principalement détenue par des paradis fiscaux !
    - Si les milliardaires étaient imposés à 60%, le taux acceptable par le Conseil Constitutionnel, et qu’on investissait quelques dizaines de millions dans les contrôles fiscaux des ultra riches et des sociétés du CAC, (et si l’état français pouvait emprunter à 1% à la BCE), il serait possible d’équilibrer le budget du pays. A noter au passage la méthode employée par Total pour échapper à l’IS, qui est illégale (transfert des bénéfices vers des pays à imposition faible...A ce propos, la "correction" suggérée par Sarkozy nous conduirait à verser à Total 4 milliards par an !).
    - En résumé, annoncer des mesures spectaculaires mais irréalisables conduit le PS à oublier les modifications efficaces qui pourraient être mises en place facilement, et qui rapporteraient beaucoup d’argent tout de suite.
    - Mais, admettons le fait que, dans ce cas, nombre de sociétés multinationales basées en France prendraient la poudre d’escampette. De toutes façons, perdu pour perdu...

  • permalien patrice :
    16 mars 2012 @16h12   « »

    Suite.
    Autre mesure proposée par Hollande : Remonter le taux de l’ISF, c’est à dire le ramener à sa valeur initiale. En revanche, le seuil de déclenchement demeurera inchangé, ce qui permettra à notre candidat PS d’échapper à cet impôt, qu’il ne paie plus depuis la réforme décidée par Sarkozy. On est peu de choses.

  • permalien françois lemarechal :
    16 mars 2012 @16h30   « »

    Monsieur Lordon
    Merci pour ce billet corrosivement édifiant mais qui n’aura malheureusement pas l’écho qu’il mérite...
    Ce serait tellement bien que vous sortiez de votre milieu très"technique"pour faire profiter les béotiens comme moi de votre approche hétérodoxe des questions économico-financières.
    Je vous ai entendu dire (ou lu sur le Diplo..je ne sais plus) qu’à chaque fois que l’on vous invite à la télé ou la radio on ne vous laisse pas plus de 5 mn, en conséquence vous déclinez l’invitation, mais, 5 mn pour expliquer la foutaise boursière (marché primaire et secondaire) en terme de financement des entreprises, rien que ça, et avec votre humour c’est largement suffisant !
    Ne laissez pas toujours les mêmes (qui n’ont pas vos scrupules) occuper les esprits et en ces temps de tempête nous avons besoin de vous.
    Et peut-être même que vous pourrez redire (comme lors d’un colloque des économistes attérés) qu’à votre sens seul le front de gauche apporte une réponse pertinente à cette abomination.
    Merci encore

  • permalien Gladiador :
    16 mars 2012 @16h36   « »

    Alléluia ! Un nouveau Lordon en ces temps obscurs !

  • permalien patrice :
    16 mars 2012 @16h37   « »

    Quelques idées glanées ici ou là dans les programmes, et qui pourraient contribuer à relancer l’économie ;
    - Taxation différentielle du bénéfice réinvesti et du bénéfice distribué.
    - Cette mesure serait couplée à un impôt sur le CA, dont la cible serait les sociétés à gros CA.
    - Création d’une banque nationale finançant exclusivement les investissements (achat de matériel par les PME, construction de maisons par les particuliers).
    - Création d’une seconde banque nationale pour financer les reprises de sociétés en faillite par leurs employés, ainsi que les créations d’entreprises de type coopérative ouvrière. Actuellement, ce type de structure ne peut pas emprunter, faute de garanties type "caution personnelle du dirigeant".
    - Suppression des aides d’état aux grosses sociétés. Transfert des sommes vers les PME (qui embauchent, alors que les entreprises du CAC licencient).
    - Suppression des aides type "prime à la casse", qui font le bonheur de l’allemand Volkswagen ou du marocain Renault. Les sommes économisées permettraient de financer des chantiers hexagonaux, comme la réfection des centrales nucléaires les plus pourries...entre autres.

  • permalien Arrêtons de Réformer, Révolutionnons :
    16 mars 2012 @16h44   « »

    C’est pour tout cela qu’on va reprendre la Bastille, dimanche !
    J’espère qu’on vous y verra, Professeur ;)...

  • permalien six_toyens :
    16 mars 2012 @16h46   « »

    Une fois encore, je n’aurais qu’un mot pour vos explications, vos positions, votre pièce : Merci.

  • permalien Pierre :
    16 mars 2012 @16h47   « »

    "à la façon du socialisme Jospin-Strauss Kahn-Fabius". Ne pas oublier Pascal Lamy qui dans l’ombre continu son travail de sape !

  • permalien patrice :
    16 mars 2012 @17h08   « »

    A propos des positions de François Hollande sur l’article 123 du Traité de Lisbonne, qui nous a fait perdre 1200 milliards d’Euros depuis 1980. Pas question de remettre en cause le dépouillement de la France par les banques. A voir absolument :
    http://www.dailymotion.com/video/xh...
    Votez Mélenchon ou crevez !

  • permalien Le Monolecte :
    16 mars 2012 @17h58   « »

    @ françois lemarechal :
    C’est à nous de faire circuler le Lordon, à nous de nous l’approprier, de le vulgariser et de le diffuser dans ses idées le plus largement possible.
    Ma voisine ne lira pas Lordon, pas plus que mon beau-père et que des tas d’autres gens, et c’est à moi de leur en servir l’argumentation à table, au marché, à la sortie de l’école, quand les esprits englués dans les ânonnements des éditocrates si largement relayés et vulgarisés, eux, ne savent que répéter inlassablement les conneries qu’ils tiennent pour vraies, juste parce qu’ils les ont vues à la télé !
    Lordon nous donnent les cartouches, à nous de brandir les armes de l’esprit et de la raison.

  • permalien Nathan :
    16 mars 2012 @19h38   « »

    J’estime aussi que les inégalités ont atteint des niveaux scandaleux et que la moindre des choses est de contribuer au bien-être collectif et à la résorption des déficits publics mais il me semble tout de même que Frédéric Lordon oublie deux trois choses dans son énumération.

    - L’argent en tant que facteur de motivation. Qu’on le veuille ou non, nous vivons dans un monde où l’argent est roi. Si on enlève cette motivation, les gens qui entreprennent partiront ailleurs sous des cieux plus favorables. Je n’ai pas de sympathie particulière pour Bernard Arnault, d’autant plus qu’il a pu acheter Boussac pour un franc symbolique sans respecter sa promesse de maintenir les emplois mais force est de reconnaître que ce type a bâti un véritable empire à partir d’une vision, empire qui génère des retombées sur la prospérité du pays et sur l’emploi (quoique les ouvrières des ateliers Vuitton sont payées au SMIC).

    - L’argent des riches permet de faire vivre les secteurs haut de gamme (où la France est en bonne place).

    - Frédéric Lordon omet de mentionner le marché obligataire primaire qui est une source de financement importante des entreprises et auquel souscrivent les gros revenus.

    Plus généralement, dans cette campagne électorale, on entend ici et là des propositions radicales comme celle de Lordon ("les riches s’en vont et on confisque leurs passeports") mais aussi, "on sort de l’Euro" (Marine Le Pen), "On cesse de rembourser la dette" (Emmanuel Todd, Michel Rocard), "Au delà d’un certain revenu, on prend tout" (Mélenchon) etc. Pourquoi pas ? C’est radical, c’est costaud, ça soulage, ça fait du bien de le dire etc… Mais une fois que c’est dit, personne n’est en mesure de nous faire un petit tableau des conséquences possibles. C’est curieux. A l’ère des jeux de simulation (comme les célèbres Sims), personne n’est capable de nous faire une petite simulation des situations possibles engendrées par ces louables initiatives. On a l’impression qu’il suffit de le dire et ça s’arrête là. Après, c’est le noir total. On est supposé faire une confiance aveugle.

  • permalien albert.marque@wanadoo.fr :
    16 mars 2012 @20h46   « »

    Parfaite démonstration...Effectivement,en 2007, Sarkozy a fait courir l’idée,ce qui explique le Bling-Bling qu’il pouvait tomber des miettes de la table des riches...Ce qui a permis le ralliement de nombreux démunis..PB n°1 Ont-ils compris

  • permalien dugland :
    16 mars 2012 @21h17   « »

    Pas de soucis, qu’ils partent, mais confiscation des biens, essais par tous les moyens de récupérer les biens planqués à l’étranger, déchéance de la nationalité française et fichage à interpol...

  • permalien Wilmotte Karim :
    16 mars 2012 @21h24   « »

    Très cher Nathan, la dette, nous ne la payerons pas (ni entièrement, ni dans les délais). Et les riches vont de toutes façon payer plus.

    Enfin, si on continue l’austérité imbécile sans échappatoire politique pour le corps social, on va avoir une recomposition politique d’extrême droite/droite radicale .

    Aujourd’hui, c’est vos mièvreries qui nous conduisent vers un cataclysme économique, social et politique. Le temps des demi-mesure s’achève (sous le poids des conséquences de vos demi-mesures).

  • permalien grignotti :
    16 mars 2012 @21h24   « »

    donc si on comprend bien ça ne date pas d’aujourd’hui !

    tous les 20 ans nous avons eu le droit a crack boursier bien planifié et bien venue.

    pourquoi ?

    les riches n’ont jamais été aussi riche que pendant une crise soit disant crise financière et structurel

    nous sommes tout simplement manipuler,

    pourquoi ?

    Pour désengorger et avorter les primo- riches

    donc c’est toujours les mêmes qui dirige le monde

  • permalien Bdch :
    16 mars 2012 @23h28   « »

    Merci Professeur.
    Espérons que vous reviendrez un peu plus souvent par ici ... on a bien besoin de vous ces temps-ci.
    Sursum corda !

  • permalien FRV 100 :
    17 mars 2012 @00h06   « »

    Je comprends plutôt que c’est leurs comptes en banques qu’ils veulent expatrier tout en continuant à les garnir ici...me tromperai-je ?

  • permalien Vincent :
    17 mars 2012 @00h50   « »

    patrice > Revenons sur Terre. Le projet de taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million par an est confiscatoire

    Il s’agit du taux marginal, pas du taux sur la totalité du revenu imposable :

    www.impotsurlerevenu.org/fonctionnement-de-l-impot/662-bareme-impots-2012.php

    Et quand bien même, ça laisse largement de quoi vivre correctement dans la France de 2012.

  • permalien patrice :
    17 mars 2012 @02h02   « »

    @Vincent
    Ce qui est au delà de 1 million d’Euros par an serait taxé à 90, 100, voire 110%. Cette tranche sera donc confisquée. Ça n’est pas choquant, mais c’est anticonstitutionnel, donc long et difficile voire impossible à mettre en place. Les économistes de Hollande ont d’ailleurs été atterrés par cette sortie improvisée à but publicitaire.
    A noter le fait qu’une telle mesure, si, après un long combat, elle venait être mise en pratique, ne générait pas Liliane Bettencourt, qui fait toucher ses dividendes par la société de gestion de son patrimoine créée par l’ingénieux De Maistre. Si Notre Liliane désire s’exiler, ça n’est pas pour échapper au fisc français, qui ne l’embête pas vraiment, mais pour échapper à son horrible fille.
    En résumé, je proposerais plutôt :
    - Une tranche à 55% avec bouclier fiscal à 65%.
    - La suppression de la plupart des niches fiscales.
    - La multiplication des contrôles fiscaux pour les grandes fortunes.
    - L’application des lois existantes...Oui, ça peut paraître bizarre, mais certains milliardaires, comme Guy Wildenstein, membre du premier cercle de l’Ump, ont été quasi exonérés de droits de succession, alors que "« Au moment du divorce d’Alec, deux ans avant la mort de son père, la fortune Wildenstein était évaluée à 10 milliards de dollars »... A comparer avec les fameuses "fraudes au RSA et prestations sociales diverses" qui coûtent moins de 3 milliards par an à l’état*. Dans le cas qui nous occupe, l’impôt serait de 3.5 milliards d’Euros, plus le redressement (en théorie, 7 milliards en tout).

    Pour ce qui est des entreprises, la plupart des très grosses, celle du CAC, ont des filiales dans des paradis fiscaux. Un jeu d’écritures basique permet de faire transiter les marchandises (sur le papier) par Jersey ou les Iles Vierges. Cet "achat/revente" fictif se fait avec un bénéfice ajustable, pour que l’entreprise française ne gagne rien. Cette pratique est illégale. Elle est assez facile à découvrir. Chaque Euro que l’on investirait dans les contrôles nous en rapporterait 1000. Et qu’on ne me dise pas que Total va abandonner ses stations service française au motif qu’on le taxerait à 33, ou 40%, ou moins, si il réinvestit. Ça rapporte, point barre. Mais une autre façon de contourner la fraude serait, comme déjà indiqué, de taxer le CA. Là, aucune échappatoire possible.
    Seul inconvénient : Les grosses entreprises en difficulté y laisseraient leur peau. Mieux vaut donc lutter contre la fraude. Ceci dit, l’une et l’autre solutions sont viables, sans remise en cause de la constitution, ni, à ma connaissance, des règles européennes.
    *En revanche, les fraudes sociales patronales représentent 27 milliards.

  • permalien un passant :
    17 mars 2012 @07h25   « »
    L’argent est elle une motivation en soit ?

    Je voudrais revenir sur ce point en me concentrant sur la science et technologie (domaine où je travaille) qui, selon le gouvernement, a connue une fuite des cerveaux depuis quelques années, et l’enseignement.

    Il est vrai que l’argent motive beaucoup de jeunes chercheurs qui arrivent sur le marché du travail pour les 2-3 premières années. Mais il faut bien distinguer plusieurs catégories.
    Une majoritée de ces jeunes "cerveaux" qui s’expatrient pour raison financier ne font pas partie de l’élite intélectuelle, mais plutôt sont de type "ingénieurs" (càd qui s’intéressent à l’application des technologies surtout dans le domaine privée). En revanche, ceux qui sont responsables des avancées de la connaissance sont motivés par la qualité et le sujet de leur recherches, et donc préfèrent rester ou rentrer en France après une courte période à l’étranger. Par ailleurs, ces même personnes choisiront une carrière à l’université ou dans la recherche publique plutôt que dans le privé, surtout du fait de la liberté intélectuelle présente dans la recherche publique, mais évidement pas dans le privé où le rendement dicte la donne.

    Une autre catégorie professionelle est l’enseignement où les profs sont souvent motivés par un sentiment de de bienfaiteur plus que par le salaire (ridiculement bas). Et justement, la proposition du petit napoléon de "travailer plus pour gagner plus" est vu par ces enseignants comme une insulte.

  • permalien sdz :
    17 mars 2012 @08h38   « »

    Les plus fortunés, contrairement à ce que vous dîtes, ne regrettent pas d’avoir poussé le bouchon trop loin, cela n’est pas dans leur psychologie. Ils sont à la France et à la République ce que la psychopathie est à l’amour du prochain ! Seule une opposition réelle les mettrait hors d’état de nuire, or Hollande à1.2million de patrimoine appartient à cette frange des 3.8% de Français les plus riches...

    Curieux que vous parliez de droite concernant l’UMP alors qu’ils sont hors système républicain, tout comme le PS. Je préfère parler de néo-impérialisme, un terme plus clair pour caractériser le projet de l’unio européenne, de l’imbrication entre diplomatie européenne et Otan, de leur système d’usure forcenée etc...

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien Gilbert :
    17 mars 2012 @09h14   « »

    Toute la partie sur l’immigration est à revoir : ce n’est pas par amour d’une patrie qui n’est pas la leur et à laquelle ils ne demandent que des titres de séjour que les clandestins déclarent leurs revenus ou non-revenus. Ca fait un document de plus à mettre dans un dossier de demande de régularisation. Je peux verser 10000 dollars sur le compte Paypal du Trésor Américain, je ne recevrai pas une carte verte et encore moins un brevet de patriotisme en échange.

    Par ailleurs les pauvres (qu’on trouve aussi chez les immigrés), qui ont souvent plus de bon sens que les petit-bourgeois, connaissent la valeur des choses, ont le respect de la propriété individuelle, et quand l’un d’entre eux a la chance de pouvoir économiser de l’argent son environnement trouvera normal qu’il le planque ou le ramène dans son pays. Réflexe qu’on trouvera également chez nombre de non-salariés : le précariat, la volonté de laisser quelque chose à ses enfants, amène à des arrangements avec la morale. A cet égard personne ne parle de l’évasion fiscale vers l’Algérie ou la Roumanie, alors que les résidents fiscaux ne se confondent pas avec les nationaux (l’idée d’introduire un impôt sur la nationalité n’est pour le moment qu’un propos de campagne de Mélenchon repris par Hollande et Sarkozy, l’"exit tax" qui s’appliquera dès cette année touchera tous les résidents quittant la France avec plus de 1,3 millions d’euros et pas seulement les Français.)

    Quand les communistes sont arrivés au pouvoir à l’Est de l’Europe le premier réflexe de beaucoup a été d’essayer de cacher sous terre ce qui n’avait pas encore été confisqué. Est-ce "anti-patriotique" ?

  • permalien Zeca :
    17 mars 2012 @09h23   « »
    Foin des études, si on passait à "la méthode" !

    Merci à Frédéric Lordon d’appuyer encore où ça fait mal, mais j’ai malheureusement l’intime conviction au fil du temps qui passe que la douleur n’est pas partagée, alors à la fin, à quoi ça sert ? Le premier acte révolutionnaire sera la prise du château, mais on peut continuer à parler des instances qui nous enfument (je suis là depuis un bail), c’est moins risqué et ça permet de travailler sa prose à l’écriture. J’ai aussi beaucoup pratiqué, c’est uriner dans un saxo à cordes.

  • permalien steph :
    17 mars 2012 @10h37   « »

    @un passant

    notez que vos propos ne pourront pas être compris par Nathan par exemple qui nous explique que c’est l’argent qui motive...

    pour rester dans la même veine, je vous conseille le petit bouquin de Maria Beauvallet : "stratégies absurdes" qui explique très bien la différence entre les motivations extrinsèques et intrinsèques et comment en voulant privilégier la première (primes, salaires...) on finit par détruire la première. C’est vrai dans l’éducation nationale, dans l’enseignement supérieur, j’imagine également dans la santé et le social...

    A tout le moins, cela convient aux quelques mercenaires des différents milieux ce qui à tendance à rompre les liens interpersonnels qui font tenir les différentes structures. Il s’agit donc bien d’une entreprise de sabotage généralisé.

  • permalien Djeissi :
    17 mars 2012 @10h38   « »

    Je vous trouve bien dur avec la gauche. Après tout, elle fait ce qu’elle peut (comme vous ?) pour penser le monde sans prendre le risque de se tuer elle-même.
    En effet, si la devise républicaine de "l’égalité et de la fraternité" reprise en chœur par tous les beaux esprits sans provoquer aucune émotion particulière alors que la réalité nous montre tous les jours l’énorme contradiction qu’elle masque, je n’arrive pas à comprendre pourquoi cela vous offusque.
    Il me semble que quand on a la chance de venir au monde avec une bonne intelligence, une bonne santé, dans un pays qui offre la possibilité de faire de bonnes études, de passer les bons concours, de réussir selon ses mérites personnels, etc., la moindre des choses est de pouvoir en profiter au maximum.
    Ceux qui ne répondent pas à ces critères n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. Qu’ils moisissent dans leur coin sans trop venir nous emmerder avec des revendications largement indécentes.

  • permalien steph :
    17 mars 2012 @10h47   « »

    correction : changer le deuxième "première" par deuxième...

  • permalien kama :
    17 mars 2012 @10h53   « »

    Encore un excellent papier !!! J’ai lu des commentaires demandant plus de visibilité du Lordon, je crois qu’ils ont raison, la tempête commence toujours comme un murmure, et votre voix nous est nécéssaire au delà de vos trop rares papiers.
    Ou alors il nous faut plsu de lecture, mais du Lordon, nous en redemandons, par les temps qui courent ça fait du bien ;)

  • permalien Alexandre :
    17 mars 2012 @11h30   « »
    Fusion CSG/IR et prelevement a la source D’ABORD

    Mais qu’ils partent donc ...
    J’aime bien M. Lordon mais par principe les propos du type "La France tu l’aimes ou tu la quittes" sont a rejeter, quelques soient les personnes auxquelles ils s’adressent (etrangers, riches etc) et c’est un, si ce n’est LE, principe de la Republique.

    La justice fiscale commence a mon avis par l’application des idees d’elargissement des assiettes fiscales de T. Piketty (fusion CSG/IR, prelevement a la source), par l’annulation des niches fiscales telles que recommandees par la cour des comptes, et le renforcement des moyens pour lutter contre l’evasion et la fraude fiscales.
    Le candidat qui sera serieux/credible sur ces 3 points, meritera la confiance des electeurs pour le vote du 22 Avril 2012.

    Dire que taxer 1000 a 3000 familles a 75% changerait quoique ce soit, c’est se laisser distraire des problemes de fond de notre fiscalite.

  • permalien Alexandre :
    17 mars 2012 @11h40   « »
    D’accord avec Gilbert , 17 mars @09h14

    Comme disait Coluche, ...

    Si les riches sont les mechants et les pauvres, les gentils ; alors les pauvres veulent devenir mechants.

    Faire croire q taxer a 75% quelques 1000 a 3000 familles multimillionnaires c’est se distraire des problemes de fond de notre fiscalite.

  • permalien Vincent :
    17 mars 2012 @12h52   « »

    Merci d’affirmer de telles évidences trop souvent occultées, dans le fond.
    Par ailleurs, dans la forme, la langue que vous utilisez est certes brillante et admirable mais j’ose relever un détail :
    "malévolent" ne se trouve pas dans le Petit Robert 2012.
    Sur ce critère, je me permets de me poser cette question : êtes-vous allé trop loin dans la sophistication linguistique ?
    Parce que, bon, est-elle utile ?

  • permalien Guillermo :
    17 mars 2012 @14h28   « »
    Il faut vulgariser ! On est en campagne !!

    Je suis bien embêté, et je rejoins le contributeur Lemarchal qui souhaite une version condensée du propos, afin qu’elle puisse s’intégrer dans le débat public et éviter que cette rare mesure du gauche ne soit noyée par le baratin éditocratique habituel.

    Je suis un lecteur de vos livres, donc ça ne me dérange pas particulièrement de prendre le temps de vous suivre, mais nous sommes en campagne ; l’intellectuel exhaustif doit se faire combatif, et prendre le risque de la vulgarisation. Bourdieu ne s’en était pas privé je crois.

    En celà pas d’accord avec Monolecte, je ne vais pas expliquer Lordon à mon voisin, j’ai pas le temps et ce n’est pas à nous de se la jouer exegète d’une pensée difficile, qu’on risque en plus de trahir.

    Je rêve donc d’un billet simple et qu’on puisse aisément diffuser, centré sur la promesse du titre ("que les riches se cassent, ils ne servent à rien"), avec le niveau nécessaire d’esbrouffe chiffresque pour être lu des économistes orthodoxes jusqu’à la gauche molle.

    Et je ne suis pas le seul à le penser, et à le dire, hein.

  • permalien Jordi GRAU :
    17 mars 2012 @16h06   « »

    A Alexandre

    Il est certain que l’idée de taxer les plus riches à hauteur de 75 % n’est qu’une solution parmi d’autres. A elle seule, elle a surtout une portée symbolique. Mais ce symbole est fort, comme en témoigne la contre-attaque de certains éditorialistes et économistes. Il me semble d’ailleurs que le propos de F. Lordon n’est pas de défendre à tout prix la mesure proposée par Hollande (qui est elle-même une reprise de Mélenchon reprenant Marchais). Tout l’intérêt de cet article est de démonter une série d’arguments prétendant justifier le maintien d’une fiscalité extrêmement inégalitaire.

    Je pense qu’il en va de même de l’idée de retirer la nationalité française aux riches qui s’exilent fiscalement. Cette idée est peut-être discutable, mais elle a le mérite de mettre en lumière une certaine incohérence dans un discours politique xénophobe qui pointe du doigt ces salauds d’immigrés qui viennent bouffer le pain des Français tout en étant très complaisant à l’égard des riches Français qui n’ont visiblement rien à foutre de leur pays. Et qu’on ne vienne pas s’apitoyer sur eux : ils ne sont pas dans la position de pauvres gens qui cachent leurs économies sous leur matelas parce qu’ils ont peur de ne pas boucler leur fin de mois !

    Quant à l’aphorisme de Coluche, il mérite d’être discuter. Je ne suis pas sûr que tout le monde veuille devenir millionnaire. Quand on est pauvre ou précaire, on veut sans doute améliorer sa situation, mais cherche-t-on nécessairement à écraser tout le reste de la société pour arriver au sommet ? Je n’en suis pas sûr. Avec tout le respect que je dois à Coluche, je trouve que cette blague fait tout à fait penser à un discours ultra-conservateur qui consiste à dire : "Au fond, ceux qui prétendent vouloir diminuer les inégalités, ce sont simplement des jaloux et des hypocrites. Ils sont comme nous, les bons bourgeois : rapaces, avares et sans scrupules." Certaines formes de cynisme sont revigorantes. Celle-là est simplement répugnante. Elle n’est qu’une façon - prétendument "réaliste" - de conforter l’ordre établi.

  • permalien patrice :
    17 mars 2012 @17h27   « »

    Et si on commençait par le commencement ?
    Il existe en France des lois qui fixent l’impôt sur le revenu des plus riches à 41%+CSG+CRDS+ISF, ce qui nous amène aux alentours de 50%.
    Concernant les entreprises, l’impôt sur les bénéfices est de 33%. Dans la pratique, le décalage entre bénéfice fiscal et bénéfice réel porte cet impôt à 35 ou 36%. Les micro entreprises sont encore plus taxées.
    Dans la pratique, les ultra riches paient souvent moins de 10% d’impôts, et les sociétés du Cac 40, 8% d’IS.
    Avant toute chose, on pourrait songer à appliquer la loi, et à supprimer les niches fiscales conçues pour favoriser la fraude légale, que Sarkozy a maintenues en échange de dons désintéressés à l’UMP.
    Difficile d’évaluer le montant actuel des fraudes légales et illégales. Si on explore la toile, par exemple, à la recherche du CA des entreprises du CAC, et du cumul de l’IS, on tombe sur autant de chiffres que de sites ! Le chiffre de 8% d’IS n’est même pas certain. On ne peut donc qu’estimer à la louche le montant total des sommes détournées par les riches(Is+IR+charges sociales impayées+ISF impayé+CSG et CRDS impayés+droits de succession impayés+plus values non déclarées) : Je dirais : 100 milliards d’Euros par an...Tiens, ça me rappelle quelque chose... Ça ne correspondrait pas au déficit budgétaire de la France ?
    Et en plus, rappel : Si on avait pu emprunter à une banque fédérale directement, la dette serait quasi nulle !
    Imaginez : 100 milliards de plus par an, et plus de dettes. Telle serait notre situation actuelle si on avait géré le pays correctement depuis les années 80. Il n’est pas trop tard pour redresser la barre. Mais ça passe en priorité par les contrôles fiscaux, pas par des effets d’annonce débiles.
    Et ne croyez surtout pas que les inspecteurs des impôts ne sont pas capables de déceler les fraudes, lorsqu’ils sont autorisés à intervenir. Juste pour mémoire : Liliane Bettencourt : 18 ans sans contrôle. (alors qu’elle pèse 17 milliards d’Euros. Cherchez l’erreur)

  • permalien JBS :
    17 mars 2012 @17h45   « »

    Merci encore, Frédéric Lordon, on en redemande !
    Judith Bernard aura certainement goûté l’adorable "prima facie"..
    Le simplet que je suis adorerait un générateur de slogans basiques et musclés.

    JBS

  • permalien Rician :
    17 mars 2012 @19h39   « »

    Et pourtant, il se trouve des illuminés pour défendre les "grosses paies". Non ce n’est pas une plaisanterie !

    http://www.independent.co.uk/news/b...

  • permalien Hasta la victoria :
    17 mars 2012 @20h12   « »
    "Egalité territoriale"

    Je viens d’apprendre que François Hollande souhaite créer un ministère de l’"égalité territoriale". Cette République n’y suffit donc plus ?

    On pourrait faire bien pire que voter Mélenchon
    Une fois fini de lire, Frédéric’ Lordon.

     ;-)

  • permalien Diogénius :
    17 mars 2012 @21h45   « »

    Lordon pourrait faire bien plus court. Appeler au vote Sarkozy par exemple. Ce serait une manière de racourci qui nous épargnerait ces salades. Mélenchon et Lordon n’ont qu’une envie : la réelection de Sarkozy. Par où ils conserveront leur magistère des aboyeurs. Cette attitude qui revient à trucider le candidat socialiste au pretexte qu’on ne le trouverait pas gauche gauche gauche, quand il est le seul à pouvoir battre la droite me paraît être une saloperie.
    Hollande aux dires de ces messieurs ne serait pas de la gauche pure, celle de Mélenchon.
    La belle affaire que d’avoir les mains pures quand on n’a pas de mains.

  • permalien Joao :
    17 mars 2012 @22h55   « »

    Merci Mr Frederic !
    La France a encore une pensée libre de conditions.
    C’est un réel plaisir de vous lire, je ressent le "réveil d’une vieille joie" et la peur qui s’installe petit à petit dans mon égo capitaliste.
    Le verre est dans la pomme...le temps ferra le reste.
    Vive la liberté !

  • permalien BA :
    17 mars 2012 @23h07   « »

    Samedi 17 mars 2012 :

    A propos de l’Espagne :

    Les banques espagnoles ont obtenu 47 % des prêts accordés par la BCE en février ; la dette publique de l’Espagne est de 110 % du PIB, et non de 68 % comme elle l’avait déclaré ; l’Espagne va imploser. C’est un miracle que ça ne soit pas encore arrivé.

    Spanish Banks Account for 47% of ECB Credit in February ; Spain’s Real Debt to GDP Ratio is 110% Not Reported 68% ; Spain Will Implode. It’s a Wonder it Hasn’t Already.

    http://globaleconomicanalysis.blogs...

  • permalien Hasta la victoria :
    17 mars 2012 @23h55   « »

    Diogénius :
    Hollande c’est tout de meme le gauchiste des années Blair, avec tout le gratin du social-capitalisme derriere lui. Et puis avec au moins 10% d’avance sur le FN quel est le risque pour Hollande ? Ne s’agirait-il pas plutot d’un manque de confiance en lui-meme et son programme ?

  • permalien Shanaa :
    18 mars 2012 @00h54   « »

    "Reprendre la Bastille" ? Mais à qui ? Les candidats ne sont plus que des gérants ! Le centre du pouvoir n’est ni visible ni accessible aux lambda !

  • permalien fred :
    18 mars 2012 @08h43   « »

    @diogenius,

    F. Lordon et JL. Mélenchon ont des convictions. Qu’ils ne se reconnaissent pas dans celles de F. Hollande, le vrai candidat de l’immobilisme, c’est bien leur droit. L’époque où la gauche renonce à ses idées au nom du pseudo vote utile est en train de s’achever. Et nous sommes quelques uns à trouver ce changement particulièrement sain. Vous acceptez l’idée que F. Hollande puisse gouverner, comme il le laisse entendre, avec F. Bayrou ? Ce contorsionnisme politique est respectable. Mais acceptez (et sans les traiter "d’aboyeurs", SVP) que beaucoup d’électeurs de gauche aient des convictions, et n’aient plus envie d’avaler cette bouillie politique indigeste.

  • permalien JMM :
    18 mars 2012 @09h46   « »

    Merci pour cet éclairage très intéressant, M. Lordon.Le problème est de faire connaître cette analyse dans les grands médias aux ordres. S’il reste une apparence de liberté de penser dans les pays du "libéral-totalitarisme", elle devrait permettre de diffuser cette analyse. Un test, en somme. Personnellement, les distorsions de pré-campagne en faveur des représentants des oligarchies m’ont amené à émettre déjà de sérieux doutes sur la validité des scrutins à venir. Cela ne m’empêchera pas de participer mais les chambres d’échos que sont les commentateurs aux ordres( consciemment ou inconsciemment), ajoutées aux disproportions énormes dans les temps de parole des candidats, voire le black-out sur certaines idées comme celles de la décroissance, donnent à notre démocratie un aspect purement formel.
    JMM
    Le Triptyque Economique
    http://jmmasson.wordpress.com

  • permalien Alexandre :
    18 mars 2012 @14h12   « »
    EN REPONSE A JORDI GRAU

    .
    La revolution fiscale proposee en 2011 par F Hollande me paraissait justement retablir plus d’equite au systeme.
    Pour les 75% d’imposition qui tomberont sur les 0,1% de familles, ca ne me pose pas de pb, je me dis juste q c l’arbre qui cache la foret de reformes necessaires pour notre fisaclite,
    Le probleme c q Hollande ne parle plus de fusion CSG/IR ni de prelevement a la source, et Melenchon non plus.

    "L’idée de retirer la nationalité française aux riches qui s’exilent fiscalement."
    Ce ne sera pas constitutionnel donc en discuter c’est perdre son temps.
    Mais gel/saisie des avoirs, interdiction de vote et d’elegibilite, interdiction d’occuper des postes de direction dans des conseils d’administration, prisons etc, pourquoi pas.

    "Quant à l’aphorisme de Coluche, il mérite d’être discute"
    D’accord sur le fait que ce serait une exageration q de dire q les pauvres seraient cupides, avares etc... pas plus ni moins que les riches, si ?

    De façon generale, un budget equilibre n’est pas une mauvaise chose en soi. Les pays scandinaves s’en accommodent et leurs services publics, sauf erreur car je ne connais pas leur systeme, n’ont pas l’air pires q les notres.
    Comparons avec nos voisins et inspirons nous des meilleurs exemples pour nos reformes structurelles.

    On a en France des reductions de depenses potentielles dans notre "mille feuille" des administratios territoriales : communes, intercommunalites, communautes urbaines, departements, regions. La France compte plus de communes (> 36500) que dans le reste de l’UE.

    Pourtant je ne crois pas que les Belges Italiens ou Finlandais soient moins bien administres ques nous ; Que dit le FG sur cela ?

    Quand Hollande dit qu’il maintiendra le nombre de fonctionnaires de sante, education securite justice, mais pas les autres, je me dis qu’il y a (peut-etre) du bon, pas d’accord ?

    Et on n’a pas parle des depenses (soi disant "investissements") maintenues pour "acheter" le soutien des syndicats/dirigeants des grands corps d’etat : EDF (nucleaire, tout electricitie), la SNCF (tout TGV), les betonneurs/autoroutiers, les petroliers etc.
    Avec les "barons" territoraiux (pour les elections locales) ils representent une sorte d’interets particuliers qui s’opposent a l’interet general.
    Ma question est comment reduire l’influence de ces "lobbys" regionaux/parisiens sur nos depenses publiques ?

    Qui est le plus honnete/credible sur cette question merite mon vote.

    L’histoire des 75% n’est que poudre aux yeux ; en faire des grands titres c’est cacher le manque de courage pour les reformes qui amelioreraient l’efficacite/qualite de nos services publics et du modele France.

  • permalien patrice :
    18 mars 2012 @15h00   « »

    @Diogenus
    L’Italie, l’Espagne, l’Angleterre ont élu des gouvernements de centre gauche qui ont soutenu l’ultralibéralisme sans états d’âme. Résultat : L’arrivée au pouvoir de la droite dure et la disparition des partis de gauche. Si Mélenchon fait 12 ou 13%, le PS sera obligé de faire une vraie politique de gauche. Les demi mesures proposées par Hollande nous amèneront droit dans le mur. Son projet : La politique d’austérité réclamée par Merckel. Pas question de revoir le rôle de la BCE. Seule proposition osée : Les 75%, anticonstitutionnels. Du bluff.

  • permalien tberriot :
    18 mars 2012 @17h53   « »
    Eviter l’effondrement, lutter contre la précarité et agir pour une Europe enfin démocratique

    www.Roosevelt2012.fr : plusieurs personnalités comme Stéphane Hessel, Edgar Morin, Dominique Méda, Caroline Fourest, Susan George, Michel Abhervé, Alain Grandjean ou encore Curtis Roosevelt, petit fils de FD Roosevelt ont décidé de s’unir autour d’un manifeste pour changer la donne.

    Est né de ce manifeste et de ce collectif un mouvement citoyen qui, s’il prend une ampleur de plus en plus grande, permettra d’introduire dans le débat public et la présidentielle les 15 réformes proposées applicables dans les 100 premiers jours du mandat du prochain président !

    Signez ce collectif pour donner du poids à nos idées dans cette présidentielle !
    www.Roosevelt2012.fr

  • permalien Helios :
    18 mars 2012 @18h20   « »

    Je vous suis partout jusque là

    "de même que quiconque désirant y apporter sa capacité contributive (productive, fiscale, vitale) devrait y être admis,..."

    et c’est ce qui explique à mon avis en partie le handicap de la gauche (la vôtre).

  • permalien
    18 mars 2012 @20h48   « »
    TINA ?

    Je comprends votre désir, en tant qu’intellectuel, de ne pas adopter de positionnement politique à l’intérieur des partis qui sont en lice pour remporter les prochaines élections - à moins que votre choix soit simplement celui d’un électeur qui ne trouve nul part un programme qui le satisfasse. Je ne vous demande donc pas pourquoi vous ne manifestez aucun signal de fumée à un front de gauche dont le discours, vous en conviendrez, résonne bien souvent d’accents lordoniens. Cependant, je me demande si vous faites le bon choix en faisant comme si M.Hollande était le seul et unique candidat de la gauche, même si, pour reprendre un article que vous avez publié récemment, pour mettre sérieusement en doute sa souscription aux idées de gauche. Vous l’aurez compris, si vous prenez la peine de lire les commentaires, ma question est la suivante : pourquoi ne jamais évoquer, ou presque, la candidature de M.Mélenchon, qui par son vote négatif au MES, ou sa proposition de taxer à 100% la part des revenus qui s’élevent au-dessus des 360 000 euros, me semble aller dans le sens d’une dé-financiarisation de l’économie ? Ne pensez-vous pas que tout en critiquant vivement l’orthodoxie médiatique dominante, vous y contribuez en quelque sorte par omission ?

  • permalien double salto arrière :
    18 mars 2012 @21h44   « »
    Enfin !!!

    Enfin un nouveau Lordon ! Rien à ce mettre sous la dent depuis mi août...dites professeur, pas un peu longue ces vacances ? Vous revenez quand vous voulez, la période mérite un billet par semaine !

  • permalien Jordi GRAU :
    18 mars 2012 @22h03   « »

    A Alexandre - Première partie

    Merci pour cette longue réponse, même si vous y soulevez plusieurs questions qui n’était pas dans mon message. Mon but n’était pas de défendre le Front de Gauche contre le PS (même si, effectivement, mes préférences vont au premier) mais de montrer que l’article de Frédéric Lordon n’était que peu touché par vos objections.

    Quant au déficit budgétaire, dont je ne parlais pas dans mon message, je vous concède que ce n’est pas en soi une bonne chose. Réduire des dépenses administratives inutiles, pourquoi pas ? Mais je crois surtout que les Etats devraient cesser d’être aussi dépendants des créanciers privés. Ils devraient avoir la possibilité de se financer, soit auprès de la Banque centrale européenne, soit auprès des banques nationales. Tout cela nécessiterait sans nul doute un coup de force, puisque c’est impossible ou quasi impossible d’après les traités européens actuels (même si je crois savoir qu’il y a moyen de les contourner dans une certaine mesure). Mais ce coup de force vaut sans doute la peine d’être accompli, car le carcan "libéral" que nous impose l’Union européenne actuelle est largement responsable du fait que nous soyons écrasés par une dette trop lourde et en grande partie illégitime.

    Par ailleurs, beaucoup d’économistes un tant soit peu hétérodoxes considèrent qu’une certaine quantité de dette publique n’est pas en soi scandaleuse, à condition que cette dette soit relativement modérée, qu’elle ne serve pas à engraisser des parasites (c’est-à-dire des créanciers privés qui profitent de leur position de force pour ratisser les Etats) mais à des investissements publics utiles. Tout cela, l’économiste Jacques Généreux (un des proches de Mélenchon) l’explique mieux que moi dans son petit livre : Nous, on peut !

  • permalien Jordi GRAU :
    18 mars 2012 @22h05   « »

    A Alexandre - Deuxième partie

    Enfin, pour ce qui est de l’avidité, je veux bien vous accorder qu’on peut la trouver dans toutes les couches de la société. Il ne faut certes pas idéaliser les pauvres ou les gens de condition modeste. Mais je pense aussi que la boulimie de richesses est quelque chose de culturel, en partie du moins, et que son intensité varie beaucoup suivant l’éducation qu’on a reçu. Et il y a fort à parier que les plus riches ont généralement une éducation qui les encourage à accumuler toujours plus d’argent, voire qui les culpabilise s’ils se contentent de revenus modestes. Dans l’ancienne noblesse, travailler de ses mains était déchoir de son rang. Dans l’aristocratie bourgeoise qui nous gouverne, se contenter de revenus modestes est également déchoir : c’est devenir un looser.

    Pour terminer sur cette histoire d’avarice, je crois qu’il faut de toute façon des règles très strictes pour limiter les revenus (mais aussi le patrimoine) des plus riches. Même si l’avarice était vraiment une tendance naturelle de tout être humain (ce qui reste à démontrer), il faudrait contrarier cette tendance pour éviter que la société ne s’autodétruise à force d’inégalités et de consommation ostentatoire génératrice de pollution et de gaspillage (cf. à ce sujet le livre d’Hervé Kempf : Comment les riches détruisent la planète).

  • permalien Jordi GRAU :
    18 mars 2012 @22h09   « »

    Enfin, pour ce qui est de l’avidité, je veux bien vous accorder qu’on peut la trouver dans toutes les couches de la société. Il ne faut certes pas idéaliser les pauvres ou les gens de condition modeste. Mais je pense aussi que la boulimie de richesses est quelque chose de culturel, en partie du moins, et que son intensité varie beaucoup suivant l’éducation qu’on a reçu. Et il y a fort à parier que les plus riches ont généralement une éducation qui les encourage à accumuler toujours plus d’argent, voire qui les culpabilise s’ils se contentent de revenus modestes. Dans l’ancienne noblesse, travailler de ses mains était déchoir de son rang. Dans l’aristocratie bourgeoise qui nous gouverne, se contenter de revenus modestes est également déchoir : c’est devenir un looser.

    Pour terminer sur cette histoire d’avarice, je crois qu’il faut de toute façon des règles très strictes pour limiter les revenus (mais aussi le patrimoine) des plus riches. Même si l’avarice était vraiment une tendance naturelle de tout être humain (ce qui reste à démontrer), il faudrait contrarier cette tendance pour éviter que la société ne s’autodétruise à force d’inégalités et de consommation ostentatoire génératrice de pollution et de gaspillage (cf. à ce sujet le livre d’Hervé Kempf : Comment les riches détruisent la planète).

  • permalien JC :
    18 mars 2012 @22h53   « »

    Certes un revenu maximal….Mais il y a mille façons de contourner le problème….La plus simple est de passer d’une personne physique à autant de personnes morales que le nécessitent les besoins du riche…Une structure dédiée pour prendre en charge son immobilier, une autre pour son parc automobile, une pour ses chevaux de courses …etc…Le tout taxé au maximum à 33%...(loin des 75%..).sur le territoire français …sans évoquer les immenses possibilités qu’offre l’extraterritorialité ….ces pratiques sont d’ailleurs largement répandues …
    De même si l’idée d’assujettir la nationalité au niveau contribution fiscale semble excellente…il est bien évident que bons nombres de riches préfèrent à l’extrême devenir apatride que de contribuer à l’intérêt général…
    L’argent est surement le signe d’un hermétisme à l’altruisme et à la pensée de Rousseau..dans la mesure ou ce dernier pensait que chacun est en mesure de trouver l’intérêt général en lui.. par un travail introspectif….Devenir riche est de toute évidence le résultat d’un exercice réussi d’égoïsme…pas d’introspection…
    Tout ceci pour en arriver encore et toujours à la grande cause anthropologique de notre humanité… que pouvons nous pour nous ? Quels seront les leviers qui pourront faire que les résultats des productions d’une partie de l’humanité ne se fassent pas au détriment d’une autre… _ ???
    En attendant il faut chercher… Merci à M. Lordon pour ses esquisses…un bon coup de « patte »… !

  • permalien monkeysee :
    19 mars 2012 @09h41   « »

    Ton texte envoie du chamois, je te kiffe, mon Frédo !!!!

  • permalien Diogénius :
    19 mars 2012 @11h44   « »

    Que Lordon fustige comme il le fait François Hollande, ça reste l’affaire de Lordon. Il me semble tout au moins que Hollande est en quelque façon plus spinoziste que Lordon le spinoziste, qui imagine agir dans un monde tel qu’il le souhaite, ou tel qu’il voudrait qu’il fût, quand Hollande envisage de faire avec le monde qui lui est donné.
    La tirade anti-Hollande de Lordon a ceci d’outrancier qu’elle insulte plus qu’elle n’aiguillonne, ce qui la rend hautement insupportable.
    Mais c’est quand Lordon laisse penser que "l’époque commence à sentir fort le goudron et les plumes et pour la classe possédante et pour la valetaille médiatique" qu’on ne le suit plus. Lordon imagine-t-il que ce pourrait être le fait de Mélenchon, plus habile dans les déclamations que dans la présentation d’un projet crédible devant le peuple dont il sollicite les suffrages ? L’humain d’abord relève plus du catéchisme pour gogos que du projet politique et j’ai envie de dire : Mélenchon, combien de divisions ? Ce foutu principe de réalité.
    Le Lordon du"Capitalisme, désir et servitude" (à lire toutes affaires cessantes) dit quelque part que son opus s’adresse d’abord à ses paires qui, soit dit en passant n’indiqueront pas qu’elle attention ils comptent lui prêter.
    On est en droit de se dire que ce point de vue qui nous est d’abord adressé nous balade joyeusement, en ce que la résistance à la réalité qui en est le substrat demeure douteuse, parce qu’elle fait curieusement fi de la la résistance de la réalité.
    Si la conceptualisation du projet politique nécessite de mettre un savant dans la machine, pour le dire comme Bourdieu, sa mise en œuvre pratique implique la sortie du laboratoire pour la confrontation au monde réel. Et la douteuse analogie avec la situation de l’Argentine du début des années 2000 est grosse de toute les confusions, qui oublie (ou fait semblant d’oublier, ça revient au même), qu’ il pourrait s’avérer autrement plus compliqué pour la France de faire défaut sur la dette. Parce que nous ne sommes pas au devant de la même situation ou le même monde.
    Je serais tenté d’inviter Lordon et tous ces purs qui font la fine bouche de poser la question aux électeurs de gauche ou simplement à tous ceux qui ne veulent qu’une chose, c’est que Sarkozy dégage, s’ils jugent Hollande plus en fonction de la pureté de ses convictions d’homme de gauche qu’à la capacité qu’ils lui prêteraient de pouvoir satisfaire cette finalité qu’enfin Sarkozy dégage et plus si affinité.

  • permalien denis :
    19 mars 2012 @12h09   « »

    Merci M Lordon.
    Une belle démonstration de la relative inutilité des riches.
    Pour répondre à pas mal de gens demandant à M Lordon plus de visibilité, je me joint à la réflexion de Madame Monolecte, qui me semble juste : c’est à nous de diffuser ces écrits et ces idées. On imprime, et on met à la place du 20 minute et du métro, on en parle, on refile aux voisins, aux parents etc.

    Il y a deux texte de M Lordon parus récemment, Dans télérama (http://www.telerama.fr/idees/presid...) et ici : http://www.elcorreo.eu.org/Leur-det..., qui sont pas mal d’actualité et qui peuvent être refilés.

  • permalien Jordi GRAU :
    19 mars 2012 @15h51   « »

    A Diogenius - Première partie du message

    Bonjour.

    La question du réalisme d’un projet politique est évidemment crucial. Encore faut-il qu’elle ne serve pas de prétexte à une énième réitération du TINA ("There is no alternative") cher à Mme Thatcher et à ses disciples. A force de vouloir apparaître comme "crédible" et "responsable", la social-démocratie a de plus en plus ressemblé à la droite. Parfois même, elle s’est révélée plus à droite que la droite, comme le montre l’exemple des lois Hartz votée sous Schroeder. Mieux vaut proposer un modèle de justice sociale exigeant, quitte à l’assouplir si on parvient au pouvoir, que de s’avouer d’emblée battu et de s’aligner sur les diktats de la finance et de l’orthodoxie économique. Car à quoi bon virer Sarkozy si c’est pour avoir à la place quelqu’un qui est d’accord avec lui sur l’essentiel ?

    D’ailleurs, on peut se demander si François Hollande s’aventurerait à proposer quelques mesures vraiment social-démocrates (pour ne pas dire socialistes) s’il n’était aiguillonné sur sa gauche par Mélenchon.

    A suivre...

  • permalien Jordi GRAU :
    19 mars 2012 @15h54   « »

    Suite du message précédent

    Enfin, il serait intéressant de se demander concrètement ce qui est réaliste et ce qui ne l’est pas. Comme l’article de F. Lordon le montre excellemment, le conservatisme social s’appuie sur un postulat apparemment indubitable : une taxation importante des plus riches entraînerait leur départ de la France, et avec lui une catastrophe économique. Quoi de plus "réaliste", en apparence, qu’un tel postulat ? Et pourtant, il est pour le moins contestable. Je me demande si on ne pourrait pas faire une analyse analogue des propositions de Mélenchon ou de l’extrême gauche. Sont-elles si irréalistes que cela ? Je vous renvoie à ce sujet au livre de Jacques Généreux, économiste du parti de gauche : Nous, on peut ! L’idée centrale du livre est assez intéressante : contrairement à une idée reçue, le capitalisme néolibéral n’est pas si libéral qu’il en a l’air. En réalité, l’Etat dispose encore d’une grande marge de manoeuvre. Le problème, c’est que les gens qui le dirigent utilisent leur pouvoir pour saborder ce qui reste des protections sociales et du droit du travail. Si une gauche de gauche (pour reprendre l’expression de Bourdieu) prenait les commandes de l’Etat, il est probable qu’elle aurait quelques leviers significatifs pour mettre en oeuvre au moins une partie de son programme.

    Si quelqu’un comme Mélenchon a encore peu de chances d’être élu cette année, ce n’est pas d’abord parce que son programme est irréaliste. C’est surtout parce que beaucoup de gens – notamment sous l’influence des médias – considèrent qu’il n’a aucune chance d’arriver au pouvoir. Il s’agit en grande partie d’une prophétie autoréalisatrice. Naturellement, d’autres facteurs entrent en jeu, comme le fait qu’une partie de l’électorat est séduite par le nouveau discours du Front National, qui associe un côté « social » (au moins en apparence) au vieux fond de commerce xénophobe. Bref, il est peu probable que Mélenchon soit élu en 2012. Mais cela ne veut pas dire qu’on n’a pas intérêt à voter pour lui au premier tour. Car plus il fera un score significatif, plus il sera considéré comme un concurrent sérieux, et plus il aura des chances de l’emporter lors de prochaines élections.

  • permalien JT :
    19 mars 2012 @15h54   « »

    @BA

    Si l’on ajoute les différents niveaux de dette, on s’aperçoit que le niveau atteint n’est plus gérable et pas seulement en Espagne. Aux USA, la dette totale (état fédéral, états, municipalités, ménages) est de 57 000 milliards de dollars. La dette totale du RU correspond à 480% du PIB et celle de l’Irlande atteint 1233% du PIB. La question est donc la suivante : qui tombera en premier et quand ?

  • permalien patrice :
    19 mars 2012 @16h22   « »

    @Diogenus
    La politique de F Hollande s’inscrit dans un ensemble, qui est celui de la politique socio démocrate du PS depuis Mitterrand, et relayée ensuite par Jospin : Acceptation sans réserve de la mondialisation, privatisation des grosses sociétés et des services publics, ouverture des marchés publics à la concurrence, baisse (effective) des impôts des plus riches et des sociétés multinationales basées en France, pour des raisons de pragmatisme (dumping fiscal).
    L’UMP n’est pas seule responsable de la montée du libéralisme sauvage. Mitterrand et Jospin y ont également largement contribué, avec une conséquence que l’on pouvait prévoir sans difficulté dès les années 80 : La désindustrialisation de la France, incapable de lutter avec les pays de l’Est, ou le bloc asiatique, où le taux horaire charges comprises est 70 fois plus faible qu’en France.
    Accessoirement, Hollande ne remet même pas en cause l’obligation de passer par les banques pour emprunter in fine à la BCE. C’est pourtant la principale origine de la dette.
    On a donc bel et bien à faire à un problème de fond : Shampouiner un système suicidaire, ou remettre en cause le règles qui nous ont conduits à la ruine. Exemple : Total, issu de Elf, géant français du pétrole, et qui passe aux mains des hedge funds américains, et, depuis peu, du Qatar, Total qui, de surcroît, ne paie plus d’impôts en France... Bientôt, ça sera le tour d’EDF, de la SNCF, et même de La Poste. Pour les autoroutes, c’est déjà fait.
    Hollande a-t-il prévu de mettre fin à ce saccage ?
    Non. Son projet : Un plan d’austérité qui va achever le pays. L’activité va diminuer, et la dette continuera d’augmenter, comme en Grèce, "modèle" du projet d’assassinat de l’Europe par les multinationales et les banques, modèle auquel Hollande adhère sans états d’âme, au motif évident qu’il vise la clientèle de Bayrou au deuxième tour, puisqu’il est avéré que les électeurs de Mélenchon ne lui feront pas défaut.
    Gagner à tout prix, c’est bien. Mais pour faire quoi ? Pour échouer et plonger le pays dans la misère ? Pour faire le lit de Coppé en 2017 ?
    La vérité est qu’il aurait fallu dire non à la mondialisation dès le 10 Mai 81. Ne recommençons pas la même erreur. Cette politique a mis tous les indicateurs économiques dans le rouge. Sauf à la remettre en question, notre situation va continuer à se dégrader. Si Hollande termine son quinquennat avec 10 millions de chômeurs, vous vous demanderez peut être à ce moment là si on n’aurait pas du, au final, opter pour une autre politique. Trop tard. L’UMP et le FN récolteront les lauriers.
    Le problème de la real politik, c’est qu’elle oublie souvent la réalité.

  • permalien patrice :
    19 mars 2012 @16h38   « »

    @JT
    Qui tombera en premier ? Sûrement pas les USA, qui fabriquent des Dollars. Le principe est simple : Les USA ne feront jamais défaut, car ils se sont réservés la possibilité de rembourser via la planche à billets virtuelle (un clic, et on crée ex nihilo 1000 milliards de Dollars).
    Bien entendu, tout le monde le sait, d’où la chute de cette monnaie il y a quelques années, et la réticence des investisseurs à acheter des obligations américaines. C’est la raison pour laquelle certains financiers ont un temps préféré l’Euro. Et c’est pour contrer ce mécanisme que les agences de notation dégradent l’Europe, tandis que les banques d’affaires américaines spéculent sur la chute de l’Euro. Une manière de dire : "Nous, on remboursera en monnaie de singe, mais c’est quand même mieux que rien".
    D’Où la nécessite impérative et urgente, que j’exprimais dans ma réponse à Diogénus, de faire intervenir la BCE en direct. Même les allemands y auraient intérêt, car, si l’Italie fait défaut, ils sont morts. C’est tellement évident que je me demande parfois si les gens qui nous dirigent (nous, les européens) ont assisté au moins une fois dans leur vie à un cours d’économie basique.

  • permalien Shanaa :
    19 mars 2012 @16h50   « »

    Patrice : "Les USA ne feront jamais défaut, car ils se sont réservés la possibilité de rembourser via la planche à billets virtuelle (un clic, et on crée ex nihilo 1000 milliards de Dollars).

    Hum, il ne faut jamais dire : Jamais ! Le Titanic, à ce que l’on disait était insubmersible ! Vous connaissez la suite...

  • permalien Diogénius :
    19 mars 2012 @17h33   « »

    @Patrice
    J’entends bien Patrice, que vous considérez Hollande ni plus ni moins que comme un stipendié de la droite libérale. C’est votre affaire. Du reste vous faites état d’une politique de Hollande qui n’est pas mise en œuvre. Par où vous illustrez avec un certain éclat cette vielle propension de la gauche dite radicale aux procès d’intention.
    Je note simplement que les envolées de Mélenchon ne nous donne pas à entendre le moindre début de commencement d’un projet qui ferait sens. Nous restons dans les mots. C’est bel et bon, mais la convocation des figures tutélaires, en soit, ne fait pas une politique.
    Mon problème à moi, c’est que je refuse de me laisser payer de mots. Et je répète que l’humain d’abord est avant tout un truc de boy scoot, pas adapté à la situation. Et d’ailleurs, depuis quand l’humain viendrait-il après ?
    Vous écrivez que "Accessoirement, Hollande ne remet même pas en cause l’obligation de passer par les banques pour emprunter in fine à la BCE.". Où donc êtes vous allé chercher ça ? Même accessoirement, ce n’est pas vrai.
    Il y a sans doute des reproches que l’on pourrait faire à Hollande à propos de son programme. Le fait d’aller en chercher qui ne soient pas fondés, entame le crédit que l’on pourrait vous accorder à priori. Puisque je vous devine sincère.
    La théorie très en cour selon laquelle un Mélenchon très haut tirerait Hollande élu vers une politique de gauche est à mon sens une stupidité. Une telle situation faciliterait surtout la réélection de Sarkozy. Il n’y a que le FDG pour croire à ce genre de fadaise.
    La politique, ce n’est pas du poker au sens où vos cartes, vous n’en faites pas ce que vous voulez. Ce sont les électeurs qui les posent à la fin de la partie qui ne se joue pas à la Bastille, même si c’est bon enfant et coloré, mais le 6 mai. J’ai bien peur que Mélenchon n’ait rien compris de la politique, malgré une carrière déjà fort longue.
    J’entends Mélenchon se gargariser du fait que ses réunions publiques sont de plus en plus peuplées. C’est très bien, ça fait sortir les gens quand il fait beau. Ce que ne comprend pas Mélenchon et ses soutiens, c’est que ce n’est en aucun cas le signe que l’étiage de cet agrégat d’ambitions disparates qu’est le FDG atteindrait le niveau que les sondages lui promettent dans les urnes.
    Un adage de mon île des Antilles dit qu’il est imprudent de compter les œufs que la poule n’a pas pondus. C’est à mon avis l’exercice auquel se livre la mélenchonie. Le réveil pourrait bien la surprendre.
    Etre entrainé dans la débacle même en compagnie de gens si attachants me causerait quand même quelques aigreurs.

  • permalien philippulus :
    19 mars 2012 @18h02   « »
    Taxer ou étêter ?

    Taxer les riches sous-entend qu’il y ait des riches...
    A quoi servent les riches ? Arrêtons tout de suite la fable de l’investissement dans l’économie réelle : les riches se servent abondamment sur celle-ci et c’est d’ailleurs ainsi qu’ils développent leurs richesses. Pur parasitisme.
    Qu’ils partent serait un bon début. Mais ils peuvent revenir.

    Keynes, chantre de la régulation du capitalisme, avait proposé en son temps de "mettre le tigre en cage". Ce qui fut fait pendant quelques temps, mais, hélas, ce qui devait arriver arriva : le fauve finit par s’échapper. Pas bien affaibli par sa captivité et prêt à tout bouffer. Ce qu’il fit.
    Il eut mieux valu l’euthanasier.

    Alors taxer ou étêter ? Et surtout en finir avec le fétichisme de l’argent.

  • permalien patrice :
    19 mars 2012 @18h47   « »

    @Diogénus
    ""Accessoirement, Hollande ne remet même pas en cause l’obligation de passer par les banques pour emprunter in fine à la BCE.". Où donc êtes vous allé chercher ça ? Même accessoirement, ce n’est pas vrai. "
    Je ne l’ai pas inventé : http://www.dailymotion.com/video/xh...

    Je comprends votre option pour le vote utile, partagée, d’ailleurs par certains de mes amis. Mais je crains un anéantissement de ce qui est aujourd’hui l’opposition, qui ferait suite à un échec retentissant de Hollande. Or, cet échec est probable, au vu de la situation économique actuelle de l’hexagone, qui ne sera pas solutionnée par une politique consensuelle à la Bayrou.
    Le consensus et l’hésitation, c’est ce qui définit la politique grecque, avec le résultat que l’on sait. Si ce pays avait été géré correctement, il aurait fait défaut. Il aurait alors un avenir. L’extrémisme est difficile à admettre lorsque la situation économique est acceptable. Mais tel n’est plus le cas. Le libéralisme débridé est omniprésent, et a déjà fait des ravages considérables. Maintenant, c’est l’hallali. Hollande pense que le cerf devrait négocier, sans attaquer les chiens ni les chasseurs. Est-ce d’ailleurs sa véritable analyse ? Je pense qu’il ne se préoccupe que de se faire élire, sans bien réaliser qu’il sera bientôt aussi conspué que Sarkozy, pour les mêmes raisons : L’échec d’une politique qui a fait les preuves de sa toxicité.
    Ceci étant posé, il est certain que Mélenchon ne sera pas élu. Mais mieux vaut que Hollande compose avec Mélenchon plutôt que de composer avec Bayrou, le juste milieu entre la merde et les excréments. Scénario catastrophe : Bayrou premier ministre. Autrement dit : Un gouvernement d’union nationale qui échouera et propulsera le FN au rang de seule alternative à ce qu’ils appellent "l’UMPS".
    Tout le problème du PS, c’est que ce parti a abandonné ses valeurs. Si les primaires avaient désigné Montebourg, tout serait différent, car un nouveau Front Populaire serait envisageable. Ca n’est pas de ma faute, ni celle de Mélenchon. Le PS est un parti libéral qui aurait plébiscité DSK si il n’avait pas été obsédé sexuel.

  • permalien Diogénius :
    19 mars 2012 @20h38   « »

    @patrice,
    je m’apperçois que vous êtes parti sur un chemin où je puis malheureusement pas vous suivre. Juste au moment où ça devenait intéressant. C’est un conte pour enfants, votre affaire. Hollande chargeant Bayrou de composer un gouvernement. Je n’avais jamais rien entendu d’aussi risible.
    Ce scénario est le fruit de la phantasmagorie du FDG pour diaboliser Hollande. Je ne comprends même pas que l’on puisse imaginer un truc de ce genre. Et je n’ai pas entendu dire que cette hypothèse avait les faveurs de Hollande. Merci de m’en informer.
    Le mieux serait quand même de ne pas faire des constructions que rien ne vient etayer.
    Quant à composer avec Mélenchon, je ne sais pas très bien ce que cela veut dire. Un type qui a tant insulté un allié potentiel, mon inclination n’est pas de composer avec lui. Mélenchon du reste, ne comprend que les rapports de force. Raison de plus pour que Hollande fasse son chemin et attende que Mélenchon vienne à lui. Mais que ce soit sur la base du projet de Hollande. Les gouvernements dans lesquels certains tirent dans un sens quand d’autres tireraient dans un autre, on sait comment ça finit.
    Ce que vous préconisez, ce n’est jamais qu’un truc de boutiquier et ça ramène à la 4emme République de sinistre mémoire.

  • permalien ADA-Théâtre :
    19 mars 2012 @21h04   « »
    Sur scène en ce moment !

    Et personne pour dire que la pièce de Frédéric Lordon sur la crise financière, D’un retournement l’autre, se joue en ce moment à guichets fermés à Paris ? La mise en scène est de Judith Bernard, et le spectacle épatant ! ;-).
    Attention, complet jusqu’à fin mars ; il reste des places début avril...
    Infos et résa par ici : http://www.theatregalabru.com/

  • permalien fred :
    19 mars 2012 @21h08   « »

    @ diogenius

    "un projet crédible devant le peuple". Parce que le projet crédible c’est aller renégocier à la marge je ne sais quel paramètre du MES dans l’Union européenne telle qu’elle fonctionne ? Là, c’est vous qui n’êtes pas crédible, ou bien pas informé. Cette union est une passoire à impôt sur les sociétés (voir article de Marianne sur le sujet de l’IS dans les grands groupes français, plutôt précis sur les chiffres), une passoire à TVA (carrousels, etc). Si vous vous donnez la peine de chercher "conseil d’état arrêt mark & spencer", ou bien "top 50 des intérêts notionnels belgique", vous aurez un début d’aperçu de deux de multiples manières dont les grands groupes, avec la complicité passive des institutions, vident les coffres ici et ailleurs dans l’union. Bien sûr, vous n’entendrez pas parler les candidats "sérieux" de ce genre de chose, pas plus que vous trouverez des propositions pour revenir sur ces dispositifs de pillage organisé des recettes fiscales. Mais puisqu’ils font, eux, prévaloir le principe de réalité, vous avez raison, allons-y, repartons pour un tour ! J’ai cependant bien peur que tout cela ne finisse par une vraie explosion sociale, et que la poursuite inconséquente de telles politiques économiques / fiscales / sociales ne finisse par me donner, à moi aussi, quelques aigreurs...

  • permalien Jordi GRAU :
    19 mars 2012 @21h29   « »

    A Diogénius

    Je ne veux pas répondre à la place de Patrice, mais je me permets tout de même de vous faire quelques objections :

    - On peut penser ce qu’on veut de Mélenchon. En ce qui me concerne, il ne m’inspire pas une confiance illimitée et certains aspects du personnage m’agacent. Néanmoins, on ne peut pas réduire son projet à une formule ("L’humain d’abord"). J’ai lu son bouquin Qu’ils s’en aillent tous ! et j’y ai trouvé pas mal de propositions intéressantes et qui ont du sens.

    - Exprimer de sérieux doutes à l’égard de François Hollande et du PS en général, ce n’est pas nécessairement leur faire un "procès d’intention". Patrice a rappelé comment le PS s’est comporté quand il était au pouvoir, et quel candidat il était prêt à désigner pour les présidentielles. J’ajouterai que la plupart des parlementaires socialistes ont laissé voter la modification constitutionnelle qui a rendu possible l’adoption du traité de Lisbonne en 2008. Cf. ce lien.

    Rares sont les socialistes à avoir eu la franchise de Manuel Valls, qui a voté carrément pour la modification de la constitution. La plupart d’entre eux (dont François Hollande) se sont hypocritement abstenus. Autrement dit, ils se sont assis sans complexe sur les résultats du référendum de 2005. Quand on voit le respect que ces gens ont pour la démocratie, on peut légitimement avoir quelque méfiance à leur égard.

    Plus récemment, les socialistes se sont encore une fois abstenus, comme F. Lordon, au sujet du MES.

    - Comme quoi, ce que dit Patrice au sujet d’un rapprochement possible entre Bayrou et Hollande n’est pas si absurde. Depuis des années, une fraction du PS affirme vouloir se rapprocher de Bayrou. Cf. cet article du Figaro de 2009

    Même en admettant que Bayrou n’ait aucune chance de devenir ministre de Hollande, il n’est pas impossible que les idées du centre continuent d’exercer leur influence sur le PS. Certes, nous ne sommes plus dans la quatrième république, mais les cloisons entre les partis ne sont pas étanches, comme en témoignent le ralliement de quelques socialistes à Sarkozy en 2007 et la proximité d’une partie de l’UMP avec le FN.

  • permalien Pascale :
    19 mars 2012 @23h55   « »

    Pour ceux qui voudraient réentendre ou lire du Lordon, outre les émissions de Daniel Mermet, il y avait les émissions sur Aligre qu’on peut retrouver là http://dsedh.free.fr/emissions_pass... ( émissions 167-168-169 +110) et une interview en video+son+ transcription de mars 2009 là : http://jaidulouperunepisode.org/Int....

    Si Frédéric veut répondre aux appels de ses lecteurs, je suis toujours open++ pour lui tendre le micro... Avec moi, on a le temps d’expliquer les choses... Ca infuse lentement, mais ça infuse.Qu’il n’hésite pas !

    Sur la Bourse, on écoutera aussi avec grand bénéfice les émissions 5-6-7 avec Jacques Nikonoff qui expliquait aussi notamment ce que dit Frédéric Lordon sur les marchés primaires et secondaires.Mais il y a aussi Bruni Jetin, très pédagogue, et pour mieux saisir tout ce que dit Frédéric sur le problème du "cadre" et en particulier du libré-échange ou de l’UE, une multitude d’autres interviews...

    Le tout se télécharge et peut s’écouter sur son lecteur MP3 préféré...

    Evidemment, ce n’est pas France Inter ou BFM et c’est plus confidentiel - et pour cause...

    Pascale

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @00h40   « »

    @Diogénus
    DSK et Cohn Bendit ne sont pas les seuls à avoir fait du pied à François Bayrou. Il y a aussi Delors, en 94, le père de Martine Aubry, mais aussi celui qui a bien failli devenir président. Plus récemment, on se souvient de Ségolène sonnant à la porte de Bayrou entre les deux tours. Bien sûr, le fait que Hollande ait rencontré Bayrou à plusieurs reprises ne signifie en aucune manière qu’il ait l’intention d’en faire un allié. C’est pourquoi je parlais de scénario catastrophe. Il n’en reste pas moins qu’il existe un électorat centriste qui hésite entre Sarkozy et Hollande, alors que les électeurs de Mélenchon voteront Hollande au deuxième tour, comme déjà argumenté. N’oubliez pas non plus que le Modem a signé des accords locaux avec le PS aux dernières législatives, dans certaines circonscriptions. Tous ces éléments nous poussent à considérer que la fracture entre le PS et le Modem est tout sauf nette. Elle le sera encore moins si Bayrou fait 17% et Mélenchon, moins de 10. D’autant, qu’une fois encore, il faudra songer aux législatives, c’est à dire éviter de pousser le Modem dans les bras accueillants de l’UMP.
    Je ne cherche pas à noircir la situation, mais je n’oublie pas qu’il y a au PS des gens comme Rocard ou Vals qui préfèrent Bayrou à Mélenchon. Même chose chez les écologistes, où une partie des voix ira à Sarkozy au deuxième tour (les "hulotistes", que le Grenelle de l’environnement n’a pas éclairés).
    Essayez de comprendre que la gauche n’est pas majoritaire en France, et que, pour le PS, la tentation est forte de faire des concessions aux centristes et autres écolos de droite. Les accords du second tour dépendront donc des résultats du premier. Et je préférerais pour ma part, tant pour les présidentielles que pour les législatives, que l’on zappe l’héritier spirituel de Giscard d’Estaing (et l’ancien ministre de Balladur).
    L’avenir nous dira si j’ai raison de me méfier. Si Bayrou appelle à voter Hollande au deuxième tour, on pourra commencer à redouter le pire : Un gouvernement d’union nationale vendu aux marchés par "l’ennemi de la Finance".

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @00h56   « »

    @Diogénus
    Tiré de l’article du Figaro indiqué par Jordi grau, et dont j’ignorais la teneur (mais qui corrobore ma source, le journal Marianne)
    "L‘alliance avec le centre continue de diviser le PS. Certains sont prêts à avancer vite. Par exemple, Ségolène Royal s’est récemment entretenue avec François Bayrou. Ensemble, ils ont parlé du « Parlement de l’alternance » que le président du MoDem voudrait mettre en place. L’aile gauche du PS poursuit au contraire sa mise en garde. Pour des raisons de fond, mais aussi stratégiques. « L’objectif de Bayrou est de prendre la place du PS ! », prévient-on inlassablement. Au MoDem, on ne dit pas le contraire."
    Bien sûr, cela ne permet pas d’établir formellement le projet d’alliance entre Hollande, trop prudent pour en faire état, et Bayrou, qui délègue Marielle de Sarnez pour ce genre de tractation. Le plus probable est que François Hollande va improviser en fonction des résultats et des propositions qui lui seront faites. Les sacs de noeuds, c’est sa spécialité. Ça, et les promesses...Mais bon. Mélenchon aussi en fait beaucoup. Drôle de métier.

  • permalien Helios :
    20 mars 2012 @09h52   « »

    Et qu’en est-il de la "réalité" de l’argent manipulé par les "riches" ?
    Si, comme le souligne l’article, la Bourse fonctionne en très grande partie en dehors de l’économie réelle, il serait idiot d’en conclure que les sommes qui seraient détournées de ce trafic parasite se transformeraient illico en subsides distribués aux plus nécessiteux. Je pense plutôt qu’elles s’évanouiraient purement et simplement.
    Ce qui fait l’intérèt d’être riche c’est qu’une (petite) partie ce cet argent de casino peut à certains moments en être détournée et transformée en biens réels, comme les bonus des traders transformés en appartements luxueux ou voitures de sport. Mais je pense que ça ne peut être qu’une petite partie. Ce qui rend difficile à évaluer les effets réels d’un coup d’arrèt donné à la finance.

  • permalien Diogénius :
    20 mars 2012 @10h20   « »

    @Patrice
    le thème du gouvernement d’union nationale, vous savez comme tout le monde que c’est un truc de Bayrou et qu’à plusieurs reprises Hollande a exprimé son aversion pour un tel échafaudage.
    Un président élu à qui le peuple accorde une majorité au parlement, c’est l’hypothèse la plus probable. En imaginer une autre relève de la littérature.
    Ensuite, il existe des majorité d’idées. A savoir que sur tel sujet une majorité de gauche pourrait recevoir le soutien à l’assemblée de parlementaires du Modem, s’il en reste.
    Tout le monde sait que Hollande aura besoin pour être élu d’attirer des électeurs qui ne votent pas habituellement à gauche. Et bien, pour gouverner, le soutien ponctuel de parlementaires de ce que l’on nomme le centre ne me paraît pas scandaleux en soit. On est loin là de l’épure d’un gouvernement d’union nationale. Le P.S. dans la configuration actuelle est capable d’obtenir une majorité entre 280 et 300 députés. Pourquoi voudriez vous qu’il s’encombre d’histoire de gouvernement d’union nationale ? Cela n’a aucun sens. J’ajoute que même si Mélenchon obtient un score honorable aux présidentielles, ça ne préjuge en rien du nombre de députés au label FDG dans l’assemblée future. J’incline pour une petite vingtaine et je suis large.
    C’est dire que toute cette construction autour de la montée de Mélenchon dans les sondages et son résultat final repose sur du vent à un point que personne n’imagine.
    Tout le monde fait mine de croire que Bayrou et Mélenchon par leurs équations personnelles sont en mesure de bouleverser la donne actuelle, qui est que l’alternance se fait autour des deux grands partis de gouvernements P.S. et UMP.
    Je ne dis pas que c’est bien ou pas bien, je dis que c’est comme ça. Et ce qui pourrait bouleverser cette situation ne point pas à un horizon visible. C’est pour avoir ignorer ce fait très simple que Bayrou, Rocard et Delors peuplent depuis longtemps une sorte de cité des morts où ils seront d’ailleurs rejoints avant longtemps par Mélenchon (c’est le pari que je fais).
    Et il repose sur un rapprochement que j’opère avec le fondateur de DIE LINKE en Allemagne Oscar Lafontaine. C’est le type qu’on vient fleurir une fois tous les cinq ans et qui ne sert à rien.
    C’est la version allemande de l’armoire normande de mémé. Çà encombre le grenier mais, on ne se résout pas à s’en séparer.
    A titre personnel, je serais peiné que Mélenchon connaisse un tel sort, l’homme est de qualité. Mais c’est à lui de voir.

  • permalien Kali :
    20 mars 2012 @10h39   « »
    Traçez des lignes claires M.Lordon !

    M.Lordon, vous nous dites que la vraie gauche humaniste et partageuse n’est pas la social-démocratie libérale de M.Hollande, qui partage les valeurs conservatrices de M.Sarkozy. Mais alors dîtes le : M.Mélenchon est l’homme de la situation ! Vous savez très bien qu’il manque de soutiens dans le monde médiatique. Or, en jouant le jeu de ni...ni vous n’élevez pas le débat politique car les indécis ou bien les socialistes hollandistes pensent (en lisant cet article) qu’Hollande n’est pas capable de changer l’ordre des choses, vous ne dîtes rien sur Sarkozy donc on pourrait deviner qu’il en ai capable lui alors qu’il est pire. Et le pire dans cela c’est que vous sous-entendez qui’l n’y a aucun candidat se rapprochant de ses idées justes. Or M.Mélenchon est , de loin, celui qui se rapproche le plus de ces idées. Vous faites parti pourtant parti de l’association "Les économistes atterrés" comme la plupart des économistes du Front de Gauche.

  • permalien baric :
    20 mars 2012 @11h56   « »

    Exceptionnel article, Lordon !
    Je fais passer.

  • permalien Jordi GRAU :
    20 mars 2012 @12h00   « »

    Cela me gêne un peu de parler à la place de F. Lordon, mais comme il intervient très rarement dans son propre blog, j’aimerais réagir à ceux qui l’appellent à s’engager pour Mélenchon. Il me semble qu’un tel engagement serait superflu. Il est très clair, à lire Frédéric Lordon, que le PS n’a pas sa faveur. Il est encore plus clair qu’il est radicalement opposé à la politique menée par l’UMP ou au Front National. Dès lors, à chacun(e) d’en tirer les conclusions qu’il souhaite, comme un(e) grand(e).

    A nous de décider de la stratégie la plus raisonnable : voter pour Mélenchon, voter pour l’extrême gauche, ne pas voter, voter blanc, etc. Je ne pense pas que ce soit le rôle de F. Lordon de nous donner des conseils de stratégie politique. Ce qui est intéressant chez lui, c’est la manière qu’il a d’analyser l’économie et les discours idéologiques sur l’économie. Je ne pense pas que ce soit à lui (ni à quiconque, d’ailleurs) de nous donner des "consignes de vote".

  • permalien Diogénius :
    20 mars 2012 @12h20   « »

    @Kali
    Vous parlez d’idées justes, quelles sont elles ? Qui décide de la justesse des idées ? Vous partez là dans un ailleurs où il y aurait les idées justes, les idées nulles, les bons et les méchants. Si on sortait une fois pour toutes de cet enfer.
    A la question que faut il faire ? Frédérique Lordon répond ailleurs que (je résume), la solution ne peut être obtenue qu’après une longue période de maturation des idées, des concepts. Par où on comprend que le savant même en poussant la machine à fond, c’est une expression de Lordon, n’a pas de réponses clé en main. Pas plus qu’il ne peut tracer "des lignes claires" comme vous lui en enjoignez. Ce serait bien trop simple.
    A l’instar de Bourdieu qui lors des élections de 2002 avait demandé explicitement aux ouvriers de ne pas voter Jospin à qui Bourdieu faisait manifestement le reproche d’impureté idéologique. On sait ce qu’il en a résulté. Lordon dit en substance que Sarkozy c’est l’enfer, mais, qu’avec Hollande les flammes seraient simplement d’une autre couleur et que par conséquent, contentons nous de regarder. Je ne parle même pas de Mélenchon, puisque Lordon pour n’être pas analyste politique n’intègre pas moins que Mélenchon dans une élection à deux tours n’a aucune chance d’être élu.
    Et c’est là que doit intervenir la seule question qui vaille : Sarkozy ou Hollande ?
    Bourdieu m’a définitivement rendu adulte en politique, ce n’est pas Lordon qui me ramènera à l’enfance, ce serait trop bête, même si je prends le plus grand plaisir à la lecture de l’un ou l’autre.

  • permalien un patriote déterminé :
    20 mars 2012 @12h28   « »

    A vous lire on est en plein délire avec les riches et les grands groupes. Chasser tout le monde aurait du bon....pour le chômage à 20%, pour l’économie à 0, pour les revenus, etc...
    Avec vos idées de gauche vous allez plonger la France dans l’abîme, nous en sommes quand même tout près. Continuez et on y va.

  • permalien Diogénius :
    20 mars 2012 @12h38   « »

    @un patriote déterminé
    si vous avez autre chose en magasin que ces élucubrations, on est preneur. Autrement, il faudrait envisager d’aller jouer ailleurs. Je n’ai pas observé que ça ressemble ni de près ni de loin avec un réunion de section UMP.
    Ici on débat et on n’a pas de Morano ou de Lefevre, on est des grandes personnes.

  • permalien El JEm :
    20 mars 2012 @13h10   « »
    l’équipe de France vit en Suisse

    l’équipe de France vit en Suisse

    http://www.20min.ch/ro/videotv/?vid...

  • permalien Ango :
    20 mars 2012 @13h10   « »

    @ diogenus,

    Je ne la connaissais pas cett référence à Bourdieu. Je ne sais pas d’où vous la tenez. Mais en admettant que cela soit vrai, je crois qu’il y avait un peu plus à reprocher à Jospin que l’impureté idéologique - c’est quand même prendre Bourdieu pour un crétin première classe - et croire que Bourdieu était un leader spirituelle du vote ouvrier avec un réel pouvoir sur cette classe, c’est surrestimer largement ce qui est dans le champ de ses capacités objectives.

    Ceci dit, Lordon fait des textes qui sont suffisament engagés. Il est donc sage de ne pas en rajouter. De plus, il s’est planté royalement lors de la dernière campagne présidentielle en appelant à voter Bayrou. Je me demande encore quelle mouche l’a piqué. Il fait donc son boulot de chercheur et surtout il a appris de ses erreurs, ou plutôt son erreur, et ça il y a pas beaucoup de gens qui peuvent en dire autant. Enfin, quel intérêt y-a-t’il à faire ce genre de déclarations ? Faire plaisir à ceux qui préfèrent Mélanchon ? Je suis globalement d’accord avec vous mais on peut encore être plus précis.

  • permalien parkway :
    20 mars 2012 @13h17   « »

    ah !

    m. Lordon !

    que vous êtes cher à mon coeur !

    Votre verve humaniste est un grand bonheur contre ces friqués pauvres d’esprit qui ne voient pas plus loin que le bout de leur compte en banque en se déresponsabilisant de leur civisme social.

    je me souviens que concernant un certain chanteur populaire qui voulait payer moins d’impôt, on avait simplement fait savoir qu’il ne fallait plus lui acheter ses disques, sûr alors qu’il ne paierait plus d’impôts...

  • permalien Diogenius :
    20 mars 2012 @14h31   « »

    @Ango,
    pour la phrase sur Bourdieu, vous pouvez me croire, je l’ai même réécoutée il n’y a pas longtemps.
    A moi de vous dire ma surprise à mon tour. J’ignorais que Lordon avais appelé à voter Bayrou et les bras m’en tombent. Passer de l’appel au vote Bayrou pour dire pis que pendre de Hollande, il y a là comme un écart dont je n’aurais pas cru Lordon capable.
    Bayrou c’est exactement le type dont les mieux intentionnés ne sauraient pas que faire. La même approche livresque de la politique que Lecanuet à l’époque. Je veux au moins une fois voir Lordon appeler à voter Bayrou, rien que pour le coté surréaliste.

  • permalien Miclav :
    20 mars 2012 @14h59   « »

    Bayrou :
    Un petit lien quand même, histoire qu’on ne s’engage pas trop vite dans le n’importe quoi :
    http://www.fredericlordon.fr/textes...

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @15h29   « »

    @patriote
    "Avec vos idées de gauche vous allez plonger la France dans l’abîme, nous en sommes quand même tout près. Continuez et on y va."
    L’abîme, on y est. Tous les indicateurs économiques sont au rouge. Déja, en 2007, Fillon estimait le pays "en faillite". Depuis, les choses se sont nettement aggravées, suite à une crise liée au libéralisme, et à sa gestion libérale par Sarkozy. Il aurait pu, par exemple, prendre des participations dans les banques au lieu de les renflouer sans compensations. Cela lui aurait permis d’obliger ces organismes financiers à faire leur travail au lieu de spéculer à nouveau avec les sous. Résultat : La construction immobilière régresse, les PME font faillite, et les banques redemandent des sous pour combler leurs pertes ("l’aide" à la Grèce).
    Mais cette crise financière n’est que l’un des aspects d’une crise plus globale liée à la mondialisation, phénomène généré par la pensée de droite, laquelle a corrompu nombre d’élus de gauche séduits par "la modernité" des thèses d’Alain Minc. Ce n’est pas la gauche, la vraie, de culture socialiste, qui dérégule à tout va, brade les services publics aux multinationales et autres hedge funds, baisse les impôts des riches, et subventionne les groupes qui dépouillent le pays, comme Mittal.

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @15h32   « »

    suite
    Cette crise est une crise du capitalisme, comme celle que l’on a connu en 29. Toutes les règles de régulation bâties plus tard à l’instigation de la gauche se sont trouvées annihilées par l’ouverture des frontières. D’une certaine manière, la Chine et les paradis fiscaux nous imposent leur absence de règles. Cela joue aussi sur les acquits sociaux, le salaire minimum, les inégalités croissantes entre ultra riches et ultra pauvres. En votant à droite, on va bien entendu accélérer le mouvement, sauf à gober les prétentions sociales de Marine Le Pen, ou à adhérer au "Sarkozy, candidat du peuple". Historiquement, le FN est né des cendres du poujadisme ultra libéral, qui proposait la suppression de l’impôt sur le revenu et celle de la sécu. Bien entendu, ce parti originel souhaitait une dérégulation totale. Depuis son arrivée à la tête du FN, Marine Le Pen a abandonné ses fondamentaux (libéralisme, racisme, xénophobie, sécurité) pour un schéma plus "intellectuel", à base protectionniste, qui ne séduit guère ses électeurs de base, quelque peu paniqués par une sortie éventuelle de l’Euro, la dévaluation, et l’essence à 3 Euros le litre. D’où sa baisse dans les sondages, et son retour, depuis peu, aux théories racistes habituelles. Ce comportement "social" de l’extrême droite n’était pourtant pas singulier, confère les thèses de Mussolini, ou les prétentions sociale de Hitler. Dans la pratique, le rôle de l’extrême droite est de protéger les nantis en déviant la colère populaire vers les immigrés ou les juifs. Ne pas confondre manœuvre électorale ratée et projet de société. Que Marine Le Pen commence par manifester pour l’augmentation du SMIC, la retraite à 60 ans, et la revalorisation du RSA, et on commencera à la croire. Quant à Sarkozy, j’ai beau chercher, je ne vois pas quelle erreur il n’a pas commise. Mais c’est bien que, à travers vos propos, la patrie lui en soit reconnaissante. Après tout, tirer sur l’ambulance, c’est méchant.

  • permalien Diogénius :
    20 mars 2012 @15h34   « »

    @ Miclav,
    merci Miclav.
    C’est plus clair, si on peut dire.
    Il reste que, postuler, voire conseiller le vote Bayrou en vue d’un éclatement suivi d’une recomposition du P.S., ce n’est pas exactement une stratégie clausewitzienne, politiquement parlant. Il y a même un coté absurde dans ce que ce texte contient intrinsèquement. Lordon veut un congrès de tour à l’envers et ça en dit long ou pas assez sur la perception qu’il a de la politique pratique.
    Finalement je vais opter définitivement pour le Lordon passeur de Spinoza et laisser l’autre Lordon, parce que ça craint.

  • permalien MadMax :
    20 mars 2012 @15h41   « »

    Lordon avait soumis un argument en faveur du vote Bayrou, mais surement pas base sur son programme ! Voici le lien pour pour avoir les idees plus claires :
    http://www.oulala.net/Portail/spip....

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @16h15   « »

    @tous
    Résumé de la thèse de Lordon citée par Mad max :
    Mieux vaut voter Bayrou que Ségo, car
    - Ils feront la même politique.
    - Les conséquences seront assumées par la droite.
    - L’alliance entre l’aile droite du PS et le Modem fera exploser le PS, lequel pourra ensuite se recomposer en deux tendances : La tendance centriste, et la tendance socialiste + extrême gauche, autrement dit une tendance "front populaire" qui sortira renforcée de l’aventure.

    Il décrit une stratégie hypothétique, (pour le fun), et non un souhait assumé. En actualisant, ça débouche sur une alliance Montebourg, Mélenchon, Joly, Besancenot, dans un contexte porteur de décrédibilisation de Bayrou et de Vals/Ségo.
    Remerciez moi d’avoir résumé ce texte interminable et d’une clarté assez limite.

  • permalien Ango :
    20 mars 2012 @17h28   « »

    @ Diogenus

    http://www.mouvements.info/Le-centr...

    Ce n’est pas par amour pour le centrisme, mais à cause d’une hypothèse farfelue. Le vote centriste comme instrument pour ramener des clivages francs... Bon on a également le droit de se planter une fois.

  • permalien patrice :
    20 mars 2012 @17h55   « »

    @Ango
    " Bon on a également le droit de se planter une fois."
    S’agissant d’une "hypothèse stratégique", autrement dit, d’une fiction, notons l’existence d’une analyse sous jacente : Le vote Ségolène aurait dé-crédibilisé durablement la gauche.
    Or...Imaginez une gestion libérale de la crise financière par Ségolène Royal. Je lui fais peut être un faux procès. certaines de ses propositions révèlent chez elle une bonne compréhension des problèmes des PME, de leurs rapports aux banques, et de la nécessité de les financer. Le tout est de savoir jusqu’où elle serait allée...Jusqu’à la nationalisation partielle des banques ? Pourquoi pas. Mais j’en doute un peu.

  • permalien Ango :
    20 mars 2012 @20h20   « »

    @ Patrice :

    Effectivement et des hurluberlu comme wacquant avaient invité à voter pour elle.

    Je ne vois pas de différence.

    Mais rappeler cette épisode est une excellente chose : c’est un moyen de montrer qu’on peut se planter, et même royalement, quand on sort de son domaine de compétence. Cela nous invite à relativiser. Et peut-être cela explique-t-il ce que les affidés de Mélenchon n’arrivent pas à comprendre. Je me suis planté une fois alors maintenant je vais tenir ma langue là où elle doit rester. Moi je voulais juste expliquer ça.
    C’est quand même un sujet secondaire.

  • permalien Ango :
    20 mars 2012 @20h23   « »

    Autre chose Patrice, il faut être structuraliste sur ce point : ce ne sont pas les personnes qui comptent, mais les personnes dans des conditions données. Il faut pas s’imaginer que les gens ont une nature qui les conduit à faire quelque chose.

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