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Le Bazar Renaissance chez Daniel Mermet

jeudi 29 mars 2012, par Alain Gresh

Là-bas si j’y suis : Daniel Mermet a consacré son émission du 21 mars au livre de Jerry Brotton, Le Bazar renaissance,que j’ai recensé ici.

En voici la présentation :

« Sans être un grand prophète on peut prévoir que le drame de Toulouse inspirera bientôt de profondes pensées de nos penseurs professionnels sur ce nouvel avatar de la guerre des civilisations.

Cette vision d’un monde divisé entre Eux et Nous, a une histoire, que Jerry Brotton fait remonter au XIXeme siècle, lorsqu’un historien comme Jules Michelet “inventait la Renaissance” comme socle du génie occidentale.

Or “Le Bazar Renaissance”, dont Alain Gresh nous parle aujourd’hui, démontre magistralement que l’Europe s’est constituée en intime relation et non en opposition avec les cultures et les peuples que, par la suite, elle allait diaboliser et qualifier de sous-développés et de non-civilisés.

Entretien de Daniel Mermet avec Alain Gresh. »

Vous pouvez écouter l’émission ci-dessous :

http://media.la-bas.org/mp3/120321/120321.mp3

4 commentaires sur « Le Bazar Renaissance chez Daniel Mermet »

  • permalien Vitigis :
    29 mars 2012 @15h55   »
    Le Bazar Renaissance : remettons les pendules à l’heure

    Référence

    Une impression de déjà-vu

    Pour autant, l’ouvrage n’apporte pas grand chose de neuf sous le soleil de l’historiographie. Il n’est qu’à le comparer avec The European Renaissance : Centres and Peripheries, de Peter Burke, étude parue quatre ans auparavant pour se rendre compte qu’il ne renouvelle en rien la discipline. Le livre ne peut davantage prétendre au statut de synthèse tant son organisation chaotique rend difficile son maniement. Il offre en définitive un magnifique exemple d’entropie quant à l’emploi des arguments ou des cas étudiés. Brotton a constamment recours à la ville de Venise qu’il présente comme un idéal-type. Or la Renaissance ne saurait se limiter à l’étude de la Sérénissime si fascinante soit elle. Le Bazar Renaissance offre donc une réflexion désordonnée au service d’une idée peu novatrice.

    Trop souvent, l’ouvrage cède à la caricature, insistant lourdement sur les « méfaits » de la Renaissance et finissant pas brosser un portrait à charge de la période. Au-delà de l’entreprise de démythification sourd celle de démolition qui, l’ouvrage refermé, laisse au lecteur le désagréable sentiment d’avoir été manipulé. Ironie de l’Histoire : l’auteur reproche justement aux auteurs humanistes leur démarche biaisée qui ferait d’eux des producteurs de beaux discours.

    Une préface indigeste et hors de propos

    À la décharge de l’auteur, on notera qu’il n’est pour rien dans la préface. Alain Gresh y enfourche son cheval de bataille habituel qu’est la dénonciation d’un Occident impérialiste, pétri de son bon droit et de sa supériorité. À ses yeux, l’étude de Brotton offre une réponse, fort tardive, à l’ouvrage « occidentaliste » de Sylvain Gouguenheim, Aristote au Mont Saint-Michel. Il serait aussi un remède au climat islamophobe qui selon lui s’est installé en France depuis le 11 septembre 2001.Cette posture explique sans doute le choix du sous-titre français Comment l’Orient a influencé l’Occident, beaucoup plus affirmatif que dans la version originale.

    Au-delà du travestissement de la pensée de l’auteur, la préface souffre des travers d’une certaine école de pensée qui dénie à l’Occident le droit de revendiquer tous les mérites du progrès (en quoi ils ont raison) sans lui en laisser un seul (en quoi ils ont tort). En politisant le livre de Brotton parce qu’il semble valider ses propres thèses, Alain Gresh fait fi de toute rigueur historique.

    Pertinax

  • permalien patrice :
    29 mars 2012 @16h30   « »

    "comme socle du génie occidentale."
    J’aurais jeté l’e dans l’eau. Mais bon...
    A part ça, très intéressante émission, à l’exception notable des interventions niaises des auditeurs. (On pourrait les couper ?)

  • permalien Judex :
    30 mars 2012 @06h03   « »
    Bravo Vitigis

    Choisir un blog de Fondapol qui clame haut et fort son libéralisme pour dire tout le mal qu’il faut penser d’Alain Gresh et dire que le livre n’est pas terrible, c’est d’une originalité...

  • permalien Venturii :
    31 mars 2012 @21h14   «
    Les Rois Catholiques

    Un des actes inauguraux de la Renaissance, très bien raconté dans le livres de Attali (1492), c’est le triple hold-up des Rois Catholiques :
    - 2 janvier : entrée dans Grenade
    - 31 mars : décret d’expulsion des Juifs d’Espagne (Les Musulmans espagnols seront expulsés dix ans plus tard, en 1502.)
    - 12 octobre : débarquement de Christophe Colomb

    Le Quattrocento avait commencé en Italie dans un tout autre esprit.
    1492 marque déjà - avant que Michelet en parle - une théorisation de la Renaissance.

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