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Affaire Merah et campagne électorale

Services secrets à la mode socialiste

mardi 3 avril 2012, par Philippe Leymarie

« Une astuce de sous-préfecture » : c’est en ces termes que le ministre français de la défense, Gérard Longuet, a brocardé la demande de la commission sénatoriale pour le contrôle de l’application des lois, d’entendre Erard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) et Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur (DCRI), sur l’affaire Merah. Ces chefs des principaux « services secrets » devaient cependant être auditionnés à partir du 4 avril par la délégation parlementaire au renseignement, jugée seule compétente, mais qui – depuis sa création en 2008 – n’a fait preuve ni de pugnacité, ni de pédagogie ou de sens de la communication, au point que son existence est quasiment ignorée, et son rôle réel de contrôleur fort douteux.

Le massacre par Mohamed Merah de militaires d’origine maghrébine et d’écoliers de familles juives, à Montauban et Toulouse, au nom d’Al-Qaida – alors que depuis 1996, la France n’avait connu aucun acte terroriste avéré de ce type sur le territoire national – a relancé le débat sur l’efficacité et les éventuelles failles des services de renseignement.

Sur l’affaire Merah en particulier, il a été demandé :

- dans quelles conditions la DCRI a été au contact de Mohamed Merah, voire l’aurait pris un temps sous son contrôle, avec un rôle « d’indic », ce qui fait dire à un ex-directeur de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Yves Bonnet, « Ce qui, personnellement, me paraît poser question, c’est que le garçon avait manifestement des relations avec la DCRI, comme on l’a appris à travers les déclarations de Bernard Squarcini lui-même. C’est-à-dire qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Alors appelez ça “correspondant”, appelez ça “officier traitant”… Je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette “collaboration” avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point. […] Car ce qui interpelle, quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Or, avoir un correspondant ce n’est pas tout à fait innocent. Ce n’est pas anodin [1]. »
- pourquoi les écoutes dont Merah a fait l’objet ont été abandonnées (quatre mois avant les tueries) ;
- ce qu’il en a été des allées et venues du jeune homme de la cité toulousaine des Izards en Afghanistan, au Pakistan ;
- pourquoi, alors que Merah correspondait au profil de dangerosité défini par Bernard Squarcini – dans un entretien au Monde, le 7 mai 2011 (l’auto-radicalisation du « loup solitaire », un entraînement au Pakistan) –, n’a-t-il pas plus attiré l’attention des services de renseignement [2] ?

Bernard Squarcini répond à certaines de ces interrogations dans un long entretien avec Le Monde, le 23 mars dernier.

Possibles dérives

Sur les services, plus généralement, des interrogations ont surgi :

- quels sont les critères de dangerosité, susceptibles de déclencher une action préventive (enquête, infiltration, détention éventuelle) ?
- quel est le degré de communication et d’échanges entre les renseignements français et leurs homologues pakistanais ou américains, ainsi qu’entre les services intérieur et extérieur français eux-mêmes ?
- dans quelle mesure le partage se fait (ou la confusion s’entretient…), entre l’antiterrorisme pur et dur, ou un dossier plus politique comme l’affaire de Tarnac [3], ou encore une affaire uniquement politique comme celle des « fadettes » des journalistes du Monde – des dossiers dans lesquels est impliquée la même DCRI (née de l’absorption par l’ex-DST, d’une partie des anciens Renseignements généraux [RG], réforme voulue et suivie de près par Nicolas Sarkozy, ancien ministre de l’intérieur devenu président, qui a placé ses proches à la tête de ce nouvel organisme) ?
- et quel est le bilan, finalement, de ces quatre ans de DCRI - le « FBI à la française » - qui mêle le renseignement et le judiciaire, avec la possibilité de déclencher des poursuites en amont d’une action terroriste potentielle, gage d’efficacité mais aussi de possibles dérives.

Belle blonde

Dans une enquête publiée en janvier dernier, L’Espion du Président (Robert Laffont), les journalistes Olivia Recasens, Christophe Labbé et Didier Hassoux exhument un élégant propos de Bernard Squarcini, le « squale » de Sarkozy, qui avait été chargé par le président de fusionner les services de renseignement intérieur : « J’ai réussi à mettre en commun la rigueur des ST et le bordel des RG. J’ai récupéré deux mémères, j’en ai fait une belle blonde. Que beaucoup, dans le monde, voudraient avoir dans leur plumard. »

Selon ces journalistes, la DCRI, pour mener ses investigations, peut notamment s’appuyer sur un « groupe des opérations spéciales », où certains techniciens sont spécifiquement chargés des « sonorisations », d’autres ont pour mission de « casser » des ordinateurs et de siphonner des disques durs ou encore de procéder à des écoutes illégales depuis une base en Essonne – le tout dans des conditions douteuses de légalité.

D’où aussi une série de questions sur la transparence et le contrôle de ce « FBI à la française » :

- pourquoi la création de ce puissant service unifié de renseignement intérieur n’a-t-elle fait l’objet d’aucune consultation du parlement ?
- pourquoi l’accumulation des questions à propos des failles éventuelles des services ne débouche-t-elle sur aucun débat, alors que, dans n’importe quel pays, selon certains, elles auraient mené à la création d’une commission d’enquête, ou au moins d’une mission d’information parlementaire ?
- et à propos de Parlement, alors que de nouvelles lois pour lutter notamment contre l’apologie du terrorisme sont annoncées par le président-candidat Sarkozy, pourquoi continuer à empiler des textes réglementaires sans s’assurer au préalable de leur degré réel d’application (ce qui était la démarche de la commission sénatoriale à laquelle les auditions des chefs des services ont été refusées) ?

Pragmatisme revendiqué

Du côté de l’opposition, dans ce domaine du renseignement, un Groupe d’étude et de réflexions sur le renseignement a exploré pendant près d’un an les développements souhaitables au cas où les socialistes viendraient au pouvoir. Ces propositions – qu’on prendra comme un élément de débat plus qu’un véritable programme du candidat du PS, François Hollande – sont résumées dans un « essai » publié l’an dernier par la Fondation Jean Jaurès, sous la signature de Jean-Jacques Urvoas, député du Finistère et secrétaire national du PS chargé de la sécurité, et Floran Vadillo, un chercheur spécialiste du renseignement.

Les auteurs se réclament d’un « pragmatisme revendiqué, allié au rappel de principes et d’objectifs incontournables », qui permet seul de « concilier efficacité et impératifs démocratiques », ne souhaitant pas « enfermer les services dans un carcan administratif ou politique que favorisent bien souvent ces exercices programmatiques ».

« Le temps n’est plus comme en 1978, où le Parti socialiste semblait totalement ignorant de ces sujets et laissait libre cours à ses peurs et phantasmes », écrivent-ils en préambule. Ils rappellent que le programme commun de la gauche, par exemple, se contentait de promettre que « les polices parallèles seront dissoutes ; le S.D.E.C.E. [ancêtre de la DGSE] sera supprimé », et d’envisager des mesures presque aussi drastiques à l’encontre de la DST et des RG – fondus en 2008, sur décision du président Sarkozy, pour former la DCRI.

« Aujourd’hui, ajoutent-t-ils, dans le cadre de la préparation de l’échéance électorale de mai 2012, le réalisme est de mise sans pour autant que soient reniées les valeurs que porte la gauche (…). Si les services de renseignement ne jouissent pas de la capacité de “sauver le monde”, de renverser les rapports de force ; à l’inverse, l’image qu’ils renvoient parfois d’officines spécialisées dans les “coups tordus” ne correspond pas à la réalité, en dépit de la forte tentation que peut exercer ce genre de pratiques. »

Outils régaliens

Les auteurs affirment que les services de renseignement, « outils régaliens par essence », sont nécessaires à la bonne marche de l’Etat, à la sécurité du territoire national, ou à la défense de la démocratie et des citoyens ; leur autre fonction étant de venir en appui d’une politique de sécurité, d’une politique internationale, d’un positionnement stratégique de la France dans le monde, sur son territoire et face à différentes entités nationales et infranationales : « Les services doivent, pour cette raison, bénéficier de directives claires… Leur potentiel réside dans l’intérêt que leur porte l’autorité politique, la place qu’elle leur réserve dans son processus d’information et sa prise de décision. »

Dans cette optique, Urvoas et Vadillo regrettent la marginalisation du premier ministre ; elle a, sous Nicolas Sarkozy, atteint « un niveau d’intensité jusqu’alors inconnu », le président de la république ayant « personnalisé l’usage des services de renseignement », et ainsi « jeté le soupçon sur le plus anodin de leurs agissements, et sur sa propre légitimité à intervenir dans ce domaine ».

A gauche en revanche, relèvent-ils, « on plaide invariablement pour une conception plus équilibrée qui réserverait au chef de l’Etat une primauté décisionnelle, tout en protégeant la fonction d’éventuelles crises et en assurant une capacité de contrôle démocratique, juste contrepoint à l’irresponsabilité politique de l’hôte de l’Élysée ».

Le suivi du parlement

D’où la série de propositions que formulent les auteurs, d’abord d’ordre général :

- vote d’une loi créant un corps juridique à la « communauté française du renseignement » et précisant les modalités de coordination et de contrôle des services spécialisés ;
- reconfiguration du Conseil national du renseignement et du rôle du Coordonnateur national ;
- création d’un Secrétariat général du renseignement rattaché au premier ministre (constitué à partir de l’actuelle structure de renseignement présente au sein du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, SGDSN).

Sur le plan du contrôle parlementaire (qui n’est pas assuré pour le moment, l’actuelle délégation ne s’occupant que du fonctionnement et des moyens des services, et non de leur activité, et étant soumise au secret-défense) :

- élargissement de la composition de la délégation parlementaire au renseignement (dont la création a constitué un progrès, mais qui n’a exercé aucun contrôle réel) ;
- création, sur le budget du Parlement, d’un Comité de suivi des services de renseignement placé auprès de la DPR et chargé (en tant qu’expert) du contrôle effectif des activités de renseignement.

Culture du renseignement

En matière de formation, recherche, recrutement, ils proposent une série d’inflexions :

- reconfiguration et élargissement des missions de l’Académie du renseignement (qui sera intégrée au secrétariat général du renseignement) ;
- efforts accrus pour une mobilité au sein de la fonction publique des membres des services (pour recruter en inter-ministériel) ;
- formation par l’Académie des primo-accédants aux services de renseignement (avec création d’un cycle de formation initiale) ;
- structuration d’un réseau d’experts et d’universitaires, interlocuteurs privilégiés des services ;
- développement d’une culture nationale du renseignement (par des sessions ouvertes à certains chefs d’entreprise, hommes politiques, universitaires, journalistes) ;
- développement des études de renseignement (retour d’expériences, recherches universitaires, etc.) ;
- nomination des directeurs de service pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois (pour inscrire l’action dans la durée) ;
- organisation de la communication des services de renseignement (actuellement embryonnaire).

L’étude propose également une série de mesures à destination des services eux-mêmes, comme une évaluation de la réforme de juin 2008 portant création de la DCRI, la création d’une Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), des efforts accrus concernant le recrutement et la formation des membres de la Sous-direction à l’information générale ou SDIG (la fraction des RG rescapée de la fusion au sein de l’ex-DST), qui devra en outre intégrer la direction du renseignement de la police parisienne (DRPP), ou encore le retrait de la compétence de lutte contre l’immigration clandestine à cette même DRPP, et la restauration de la compétence générale de la gendarmerie nationale.

Agents militaires

Les services dépendant du ministre de la défense n’ont pas été oubliés par les réformateurs socialistes qui préconisent une meilleure gestion des ressources humaines de la DGSE, avec la structuration d’un réseau d’experts ; des efforts également concernant le recrutement à la Direction du renseignement militaire (DRM) qui devra être plus ouvert ; une évaluation de l’activité de la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), etc.

La dernière série de propositions concerne « l’intelligence économique », avec un renforcement du rôle défensif des services de renseignement dans ce domaine longtemps ignoré ou sous-estimé ; la création d’une Agence française de l’information ouverte en matière économique ; le renforcement de la coordination des préfets en matière d’intelligence économique, avec des dispositifs régionaux d’alerte et de veille ; ou encore le vote d’une loi encadrant les activités privées d’intelligence économique ...

On trouvera, toujours sous la signature de Jean-Jacques Urvoas une notice explicative plus récente datée du 19 janvier dernier, sous le titre « La RG, la SDIG et après ? Rebâtir le renseignement de proximité ».

Notes

[1] La Dépêche du Midi, 27 mars 2012.

[2] Ainsi que se le demande entre autres François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique, auteur du récent Espionnage et renseignement : le vrai dossier (Odile Jacob).

[3] Lire David Dufresne, Tarnac, magasin général, Calmann-Lévy, Paris, 2012.

29 commentaires sur « Services secrets à la mode socialiste »

  • permalien zomby :
    3 avril 2012 @12h31   »

    Bonjour
    La volonté des socialistes d’élargir le recrutement de la DRM me fait bien rire.
    Ils sont déjà avec Joxe, à l’origine de sa création.
    Et lorsque l’on apportait une information importante par des moyens purement français, elle était SYSTEMATIQUEMENT négligée, au profit de sources US .... qui reprenaient nos informations
    Alors, la réforme à faire, ce n’est pas celle de l’élargissement du recrutement, c’est celle du changement de mentalité de ces dirigeants et du contrôle de leur aptitude à les comprendre !

  • permalien ben ramden :
    3 avril 2012 @16h37   « »

    avec "l’affaire merah" on peut supposer l’echec des services secrets francais.un service secret est toujours et d’habitude,une loge ou les manigances et les intigues et les calculs sombres sont les plus frequents.
    peut etre aussi,l’echec d’une strategie sur un terrain miné que celui de l’afghanistan.il ya certainement une correlation etroite entre ce qui s’est passé labas et à toulouse.c’est aussi,l’echec d’une collaboration avec le mossad avec sa logistique et la mythologie médiatique.
    le remue menage et les reglements de compte,c’est toujours le cas apres un echec.mais c’est difficile de devoiler tous les mysteres et toutes les verités.
    pourquoi tant de speculations,c’est évident,le doute est parmis.vouloir rationnaliser ,n’est -il pas une simple manoeuvre dilatoire en peiodes electorale ou la machine mediatique invente la fiction pour camoufler ses propres eches et de ceux qui sont derriere ?

  • permalien Robert :
    3 avril 2012 @17h35   « »

    Quand même, c’est bizarre, ce type qui pète un plomb et tue tous des gens juste avant les élections...

    Sans tomber dans les théories de complots, ça rappelle un peu l’attentat tchètchène au début des années 2000, juste avant l’élection de Poutine et son "on les butera jusque dans les chiottes".

    On peut se douter que le FSB était en fait derrière l’attentat.

    Dans un pays démocratique, cela ne peut bien sûr pas arriver, bien sûr. Vous avez dit bien sûr ?

  • permalien Robert :
    3 avril 2012 @17h37   « »

    Opération Himmler

    L’incident de Gleiwitz le 31 aout 1939 a servi de prétexte pour déclencher la guerre contre la Pologne le 1er septembre 1939 au début de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit en réalité d’une opération, l’opération Himmler, montée de toutes pièces par les Nazis.

    Motivations d’Hitler

    Après l’annexion de la Tchécoslovaquie, grisé par les derniers « succès » de sa politique d’agression, Hitler déclara, le 23 mai 1939 : « Il n’est pas question d’épargner la Pologne. »1.

    Il souhaitait rattacher la ville libre de Dantzig, anciennement allemande mais séparée de l’Allemagne par le Corridor de Dantzig, scission décidée lors du traité de Versailles pour offrir à la Pologne un accès à la Baltique.

    L’autre volonté du chancelier était, bien entendu, la conquête de son espace vital, le Lebensraum1.
    Situation polonaise[modifier]

    Himmler, homme de confiance d’Hitler, fut convoqué le 23 juin 1939 à la réunion du conseil de défense du Reich pour arrêter les modalités de l’opération. Himmler conçut lui-même le plan de l’opération qu’il nomma « opération Himmler », puis confia la réalisation du plan à Heydrich. Heydrich appela l’un de ses bras droits, Alfred Naujocks rencontré à Kiel après son entrée dans les S.S. Naujocks, à son tour, choisit six hommes du S.D. Himmler exigea de l’Abwehr qu’elle lui fournisse de véritables papiers et uniformes militaires polonais. Wilhelm Canaris, chef de l’Abwehr, tenta d’empêcher l’opération, mais Wilhelm Keitel, chef de l’OKW, dont les services de Canaris dépendaient, se rangea avec Himmler3.

    Heinrich Müller, chef de la Gestapo, prodigua les derniers éléments du plan, autrement dit douze criminels issus de camps de concentration, déguisés en Polonais, destinés à être laissés pour morts sur les lieux de « l’attaque ». Heydrich leur donna le nom de code « conserves » ; il leur avait été promis qu’en échange de cet acte patriotique, ils seraient libérés des camps4.
    L’attaque de l’émetteur radio[modifier]

    Les six membres de la S.D et les douze prisonniers déguisés en Polonais arrivèrent à Gliwice et diffusèrent un message appelant la minorité polonaise de Silésie à prendre les armes pour renverser le chancelier allemand Adolf Hitler. Les douze prisonniers furent assassinés et l’on convoqua plusieurs journalistes pour témoigner de l’attaque polonaise. Ce prétexte, repris par la propagande nazie comme casus belli, permit à Hitler d’attaquer la Pologne dès le jour suivant, entraînant dans la foulée la déclaration de guerre de la France et du Royaume-Uni. Le conflit devenait mondial5.

    L’opération qui s’ensuit porte le nom de campagne de Pologne

  • permalien Shanaa :
    3 avril 2012 @18h11   « »

    Cette histoire rappelle les USA en Afghanistan et leur "baby" BinLaden !!! Aprés, les gens ont compris la manipulation du "terrorisme islamique", surtout avec les alliances en Libye !
    Paradoxalement, les statistiques sont de 0% concernant le terrorisme islamique ou même celui d’extrême gauche en exagone. En revanche, l’accent est mis sur le terrorisme "régionaliste" !
    Enfin, il serait intéréssant de voir les propos de Naomi Klein sur "la stratégie du choc" !!!
    On dit souvent, que ce qui se passe aux USA, arrive, avec un peu de retard dans l’exagone, voire dans le monde, vu les moyens de communication !

  • permalien patrice :
    4 avril 2012 @01h45   « »

    @Robert
    "Quand même, c’est bizarre, ce type qui pète un plomb et tue tous des gens juste avant les élections..."

    Pas forcément. Je verrais plutôt, jusqu’à preuve du contraire, un hasard exploité ad libitum par le pouvoir. Sarkozy a d’ailleurs tort de creuser ce "coup de chance", car le retour de manivelle risque d’être sévère. Il apparaît en effet que la DCRI s’est faite berner, qu’ils ont mis beaucoup de temps à comprendre, que lever toute surveillance concernant la famille Mérah était très stupide, et que le Raid aurait pu prendre le jeune homme vivant si Guéant n’avait pas outrepassé ses fonctions en ordonnant l’assaut. Bref, un gros flop.
    Autre flop : L’arrestation "surprise" de 17 "terroristes" de pacotille, détenteurs de 3 Kalachnikov démilitarisées (inutilisables, juste pour les photos genre : "Moi en djihadiste"). Juste pour mémoire, en banlieue, presque tout le monde possède une arme. Dans le temps, c’était en vente libre chez l’armurier. Aujourd’hui, c’est de la contrebande. Mais ça ne change pas grand chose.
    On pourrait aussi parler de Hicheur, le chercheur mythomane accusé de "correspondance suspecte avec un type suspecté d’appartenir à Al Qaida" ! Ca aurait du faire trois lignes dans le Figaro et déclencher un simple sermon. On parle de 6 ans de prison. Là encore, on exploite tout ce qui est susceptible d’entretenir la psychose.
    En réalité, comme le rappelle Shanaa, il n’y a pas de terrorisme en France. Mais je ne pense pas que la DCRI ait monté les attentats de Mérah. De même que je doute fort qu’ils aient levé la surveillance pour favoriser le passage à l’acte. C’est évidemment possible, mais c’est improbable.

  • permalien patrice :
    4 avril 2012 @01h53   « »

    @Shanaa
    "Cette histoire rappelle les USA en Afghanistan et leur "baby" BinLaden !!! Aprés, les gens ont compris la manipulation du "terrorisme islamique", surtout avec les alliances en Libye ! "

    Première conséquence de notre intervention en Libye : Le Mali sera bientôt conquis par Aqmi. Je suppose qu’ils ont utilisé les armes fournies pas la France.

  • permalien Bob :
    4 avril 2012 @02h17   « »

    Mentionné sur une autre page

    Brigades rouges infiltrées en Italie
    Tuerie d’Omagh (infiltration de l’IRA - the "New IRA")

    Tout récent
    Recrutement d’"islamistes" parmi les illétrés des prisons US : Newburgh Four (télécommande admise d’attentat "bidon" contre des synagogues)

    L’Affaire Merah est présentée comme un complot politique par des gens passent leur temps à dénoncer le conspirationnisme.

    À chacun sa vision du complot.

  • permalien Sarah :
    4 avril 2012 @02h45   « »

    Il reste des zones d’ombre dans cette affaire,c’est certain.

    La manipulation du terrorisme par les états n’est pas une chose nouvelle :
    La CIA avait infiltré des milieux d’extreme gauche et d’extreme droite en Italie pendant la guerre froide avec la fameuse "stratégie de la tension".
    Ainsi,le réseau Gladio,manipulé par les américains, avait commis des attentats avant les échéances électorales pour empecher la formation d’un gouvernement de coalition avec les communistes.

    De meme qu’il est de notoriété publique les gouvernements pakistanais et algérien ont utilisé des terroristes pour parvenir à leurs fins:l’un avec l’infiltration de réseaux fondamentalistes notamment au Cachemire,l’autre en créant le GIA pendant la guerre civile algérienne pour empecher l’arrivée au pouvoir du FIS.

    On sait aussi que le gouvernement Bush(fils) avait soit fabriqué des menaces terroristes,soit "réactivé’ d’anciennes menaces,juste avant les élections présidentielles de 2004.

    Bref,personnellement je reste très prudente quant à la manipulation de ce genre d’événement,surtout à quelques jours des élections.

  • permalien mahourdi :
    4 avril 2012 @05h51   « »
    Gone... Phishing !

    Le premier degré de la manipulation de terroristes par les renseignement, c’est l’hameçonnage, soit une prise de contact incitative visant à faire passer à l’acte des terroristes de façon contrôlée, dans le temps et dans la manière, de façon à leur mettre le grappin dessus en flagrant délit avant que leurs actions ne soient hors de contrôle.
    Un second degré de manipulation, c’est le recrutement d’agents doubles. Un troisième degré serait l’infiltration.
    Les bévues dans ces situations finissent toujours par arriver, comme lors de l’attentat dans la base de Khost en janvier 2010.

    Quand l’ancien avocat de M. Merah déclare qu’il est totalement irrationnel de penser que son ex-client ait pu être manipulé au prétexte qu’il a justement le bon profil pour être un assassin (indécelable au demeurant même par son avocat), on a le choix entre s’inquiéter de la collusion entre la Justice et le Renseignement, et/ou s’inquiéter de la candeur de la Justice en matière de renseignement.

    Vu le langage guerrier développé au Ministère de l’Intérieur à propos des banlieues - à commencer par le Kärcher - on ne voit rien d’étonnant à ce que le Renseignement applique aux banlieues des méthodes de renseignement.

    M. Merah semble avoir été un client idéal chez qui un contact de 30mn avec un sous-gradé de la DCRI allait être l’affaire de toute une vie, la révélation d’une vocation.
    Ce serait tout de même bête, avouez, que M. Merah ait rencontré un sous-fifre du Renseignement pendant 30mn il y a trois ans, et que depuis, toute sa vie intérieure tourne autour de cet événement, pour aboutir à ce massacre, bien malheureusement "dédié" par Merah à cette rencontre...

    Merah, l’Agent Fatal...

  • permalien Shanaa :
    4 avril 2012 @12h53   « »

    Patrice, je vous suggére de voir une intervention de Naomi Klein au "Grand journal", chez Denisot. Ce qu’elle dit sur la "stratégie du choc" est fort édifiant, et sa conclusion sur la France est...prémonitoire !!! Cette vidéo circule sur youtube !
    Ceci dit, il est dommage de faire des amalgames stupides et dangereux et de constatater le traitement médiatique sélectif en France. Il me semble qu’un croyant, qu’il soit chrétien, juif ou musulman ne tue pas au nom de dieu ! Aprés, tout le reste est manigance de lutte pour le pouvoir !

  • permalien patrice :
    4 avril 2012 @14h50   « »

    @Shanaa
    J’ai trouvé sans problème cette interview de Naomi Klein (publiée par Reopen...). A noter le fait qu’elle dénonce la récupération systématique des catastrophes, y compris naturelles, comme katerina, sans pour autant poser le fait que ces catastrophes seraient provoquées. Le fait que Sarkozy aurait pu avoir eu intérêt à déclencher des attentats ne prouve pas qu’il l’a fait.
    Vous m’opposerez sans doute le fait que les attentats que nous avons subis sous Chirac "première mixture" ont été provoqués délibérément par la politique de ce dernier, sans doute dans le but de renforcer la répression policière.
    Mais, précisément, c’est en général de cette manière que les attentats sont provoqués. J’appelle ça la méthode Pearl Harbour. On pousse à bout une population jusqu’à ce qu’elle commette la faute fatale.
    Dans l’affaire Mérah, la manipe serait plus les déclarations de guerre de Sarkozy ("je vais faire la guerre aux délinquants" "je vais passer les banlieues au karcher"), que la manipulation directe du jeune homme par un officier de la DCRI.
    Les agressions verbales ou autres de la droite contre les banlieues sont susceptibles de provoquer, soit des attentats, soit plus généralement des émeutes, avec des dérapages que l’on peut stigmatiser ad libitum.
    En résumé, je ne crois pas à un complot "précis". Même analyse pour le 11/9 après avoir très longtemps hésité, au vu du nombre d’éléments louches, comme ceux touchant au financement.
    Par ailleurs, il y a toujours plusieurs degrés possibles dans un complot. Ca va de "réduire les effectifs des forces de l’ordre" à "faire commettre l’attentat par un flic" en passant par "laisser faire", "manipuler", "infiltrer", etc... Dans le cas Mérah, l’impression générale est que la DCRI s’est faite avoir, et que Sarkozy a sauté sur l’occasion pour placer 7 discours télévisés en 4 jours, hors temps de parole/candidat (la raison pour laquelle il a "repris" ses fonctions présidentielles pendant la crise).
    On ne peut dénoncer que des faits prouvés. Ca suffit d’ailleurs généralement pour condamner une politique vicieuse. Pour en revenir à Bush, l’affaire des ADM suffit à prouver le complot. Inutile d’en rajouter avec des suppositions douteuses comme l’a fait Meyssan, dont les bouquins ont dé-crédibilisé l’opposition américaine qui dénonçait la manipulation. A se demander si Meyssan ne faisait pas partie du complot. Grâce à lui, on n’ose plus aborder le sujet.

  • permalien Shanaa :
    4 avril 2012 @22h54   « »

    Patrice, Naomi Klein parle de la politique USA. Et, précisément, la France n’ a pas la culture "cow boy" qui la met au même niveau de violence, heureusement ! Vous avez remarqué que Naomi Klein emploi le conditionnel ! Un événement n’est pas forcément provoqué mais exploité, ce qui n’est pas une nouveauté en politique !

  • permalien mahourdi :
    5 avril 2012 @05h22   « »
    "Un Tiens vaut meux que deux Tu l’auras"

    http://www.marianne2.fr/Mohamed-Mer...

    Je ne crois pas à l’argument selon lequel les invectives politico-médiatiques déterminent des comportements terroristes dans une population plutôt qu’une autre. Breivik ou Merah sont mentalement malades, et n’importe quoi peut les faire déraper.
    N’importe quoi, mais certaines choses plus surement que d’autres.

    Par exemple, les contacts - même minimes, vite suspendus - entre les Renseignements et des individus comme Merah ou Breivik peuvent suffire à déterminer leur comportement pour le reste de leur vie.
    Ce sont des personnes qui doivent, au bon moment, rencontrer un psychologue plutôt qu’un employé de la DCRI.

    Une fois mis en contact même par hasard avec la DCRI, leur roman-photo se met en route, plus rien ne les dissuadera qu’ils font partie d’un complot.
    Ça ne peut que finir mal.
    Ce ne sont pas les médias qui mettent en danger la santé mentale de ces personnes, ce sont les Renseignements.
    La DCRI n’est pas équipée pour garder le contrôle sur l’ampleur des dégâts psychiatriques qu’elle cause en prenant contact avec des personnes dont la santé mentale ne demande qu’à déraper, et qui d’ailleurs sont en demande de ce genre de contacts (et pas en demande de psychologue, évidemment).

    La question maintenant c’est : toutes ces personnes arrêtées ces jours-ci, est-ce que ce sont des Merah potentiels, déstabilisés par des "contacts" avec la DCRI, ou bien est-ce que ceux-là, les Merah potentiels, sont complètement hors de suivi et hors de contrôle ?

    L’idée que les "loups solitaires" comme Merah sont nécessairement des cas isolés est fausse si on admet que la DCRI a mis au point - sans le vouloir - une "machine à faire disjoncter" des types comme Merah (... une machine administrative, pas un IG-Nobel)
    Dans ce cas, des types comme Merah, il y en a quelques uns dans le tuyau, à des stades divers de maturation. Et ce ne sont pas forcément ceux-là qui se font arrêter en période électorale.

    Je comprend la nervosité gouvernementale sur le sujet... qui n’est pas uniquement une nervosité électorale...

  • permalien patrice :
    5 avril 2012 @16h47   « »

    @mahourdi :
    Je note quelques étrangetés dans cette interview du n°3 de la DCRI
    - Il parle d’une centaine de terroristes potentiels en France. 100 personnes, c’est facile à surveiller, vu les effectifs de ce service.
    - Il ne justifie pas la levée de surveillance ordonnée par la DCRI, et dénoncée par Le Canard.
    - Il évoque l’achat de 20 000 Euros d’armes de guerre, en s’interrogeant sur l’origine du financement. En effet. Bonne question.
    - Il omet de parler des planques et des voitures de locations. Encore des dépenses importantes dont on aimerait connaître le mécène.
    - Il ne parle pas du "troisième homme", celui qui a envoyé la Vidéo au Qatar.

    A part ça, il est exact que le terrorisme Al Qaida en France se réduit à bien peu de chose, et que cette nébuleuse exerce plutôt ses talents dans les pays musulmans. AQMI vient d’ailleurs de mettre la main sur Tombouctou. On ne peut pas être partout.
    Je ne sais que conclure des observations ci dessus. Mais la théorie du loup solitaire psychopathe et mythomane n’explique les choses que partiellement. Dans tous les cas, la DCRI s’est bien faite promener. Est elle la cause directe du dérapage mental de Mérah ? Peut être. Mais pourquoi la DCRI et la police ont elles levé la surveillance, alors qu’on avait à faire à un multirécidiviste dont le frère recrutait des djihadiste ? Mérah était il sensé espionner son frère ? Son statut possible d’indic l’autorisait il à commettre des délits graves ? Vous savez quoi ? Cette histoire est vraiment glauque. Et, quid de ses "missions" à l’étranger ?

  • permalien Shanaa :
    5 avril 2012 @17h09   « »

    Mahourdi, le danger entre Breivik et Mehra c’est la différence de traitement médiatique !
    L’un est désigné pour son acte, l’autre est désigné dans un ensemble qui fait planer la stigmatisation sur une communauté qui n’a rien à voir avec cette histoire ! D’ailleurs, dans les pays musulmans Mehra est perçu comme un fou et non comme un musulman !
    Aux USA, les fusillades font réguliérement la une de la presse. Alors qu’en Europe c’est un phénoméne nouveau, comme par exemple, dans des lycées allemands et autrichiens, il y a quelques années. Cela mérite un débat sur la culture ambiante, le discours des politiques, les violences fictives ou réelles que les sociétés projettent via les moyens de communications.

  • permalien Shanaa :
    6 avril 2012 @13h19   « »

    Patrice, j’oubliais : Thierry Meyssan a, au moins, le courage de nager à contre-courant. En ces temps de consensus, c’est une prouesse !
    De plus, ce qu’il dit est souvent étayé par des documents officiels ! Il lui arrive aussi de se tromper, et les erreurs sont rectifiées par des droit de réponse ! Parfois, c’est vrai, on y décéle un peu de complotisme, mais aussi des infos censées !
    D’ailleurs, si les médias dominants étaient crédibles, indépendants, objectifs, démocratiques, la "théorie du complot" n’aurait aucune raison d’être ! Si les gens "doutent" c’est qu’ils sont mal informés ou n’ont pas confiance dans l’intelligentsia !

  • permalien patrice :
    6 avril 2012 @15h42   « »

    @Shanaa
    Je n’ai jamais entendu Meyssan revenir sur l’une de ses erreurs, en dépit des démonstrations irréfutables qui lui étaient opposées. Je veux bien entendu parler de la théorie "les tours ont été détruites avec des explosifs". Il se trouve que ce type de théorie dé-crédibilise toute personne qui, plus tard, se pose des questions au sujet, par exemple, du financement éventuel de l’opération par le Pakistan et l’Arabie Saoudite, alors que, cette fois, des preuves existent. D’une certaine manière, Meyssan a "vacciné" l’opinion contre le soupçon.
    "Mahmoud Ahmad et Omar Cheikh Saïd logisticiens du 11.9 ? (patron de l’Isi, et agent double de la même organisation). Mouais, pourquoi pas ? Mais la personne qui soutient ça prétend aussi que le Pentagone a été percuté par un missile, alors que les poteaux d’éclairage détruits prouvent que l’engin faisait plus de 35 mètres de large"....Résultat, impossible de demander une enquête sur le volet financier et logistique sans passer pour un dingue. Cela explique le succès médiatique de Meyssan. Il est le meilleur allié de Georges Bush. N’oublions pas que le conspirationnisme a aussi contribué à éclipser l’affaire des ADM, et les accusations de complicité entre Saddam et Ben Laden. On pourrait aussi évoquer la protection dont a joui ce même Ben Laden durant dix ans. Mélanger le vrai et le faux est la meilleure manière d’aider les menteurs.
    A noter aussi l’invraisemblable mauvaise foi qui sous-tend les films de Meyssan, que j’ai très longuement étudiés : Photos soigneusement sélectionnées, et interprétées de manière trompeuse, affirmations scientifiquement erronées, et surtout, "questions naïves" genre "Ne trouvez vous pas bizarre que..." ? Tout est fait pour induire le spectateur en erreur, et c’est délibéré. Meyssan n’a jamais pris en compte les démonstrations irréfutables qui infirmaient ses théories, comme l’interminable rapport du NIST, qui est un modèle de rigueur scientifique. Si je suis aussi affirmatif, c’est pour avoir passé des mois à étudier tout ça (entre autres, les mensonges éhontés de Meyssan et agonistes concernant le fameux bâtiment 7, basés sur l’occultation de la photo qui tue : Celle de la face "fleuve" du bâtiment avant son effondrement). Plus on étudie le problème, plus on découvre chez les conspirationnistes une volonté évident de tromper le public. Mais, encore une fois, à qui profite cette manipulation ? A Georges Bush et à sa clique d’assassins.

  • permalien mahourdi :
    6 avril 2012 @18h31   « »
    Breivik - Merah...

    @Shanaa.

    Oui, c’est vrai qu’en France, Merah est médiatisé au travers d’un groupe auquel on nous demande de l’identifier, alors que ce n’est pas le cas de Breivik, en tout cas pas en France.
    Cela dit, vu de la Suède, la situation est déjà plus similaire. Le discours de Breivik (pas ses actes) est exemplaire de courants d’extrême-droite nord-européens, et ce sont ces courants - qui ont des représentations parlementaires - qui sont montrés du doigts à cause de Breivik.

    S’il y a bien un point commun entre Breivik et Merah, c’est la pathologie mentale, et la manière dont des contextes politiques et sociaux soit encouragent sans discernement des discours portés par la pathologie mentale, soit purement et simplement nient le bienfondé de la psychiatrie.

    Dans le cas de Merah, celui-ci s’est retrouvé pris - en partie à sa demande, ça fait partie de la pathologie - entre un discours de Renseignement (espionnage, double-jeu, etc.) et un discours fondamentaliste (complotiste aussi). Dans les deux cas, sa pathologie mentale est au mieux encouragée implicitement, voire niée, voire même instrumentalisée.
    Le fondamentalisme religieux - musulman ou catholique - nie la psychiatrie. Le Renseignement la manipule. Une personne suivie par le Renseignement n’est pas assurée de maintenir un espace privé en psychiatrie ou en psychanalyse.

    Dans le cas de Breivik, les mouvements fondamentalistes dont il se réclame nient la psychiatrie. La pathologie mentale a été éliminée de l’univers de Breivik, a fortiori la sienne.

    Les mentors fondamentalistes de Merah ne l’ont certainement pas encouragé à consulter un psychologue, et la DRCI non plus - et si elle l’avait fait, Merah se serait sans doute méfié, sans doute avec raison.

    D’une manière générale, la pathologie mentale reste un tabou dans toutes les situations de confrontation, qu’elles soient politiques ou religieuses. Or, la Sarkofrance vit dans la confrontation perpétuelle.

    C’est manifeste aussi dans la politique de tous les jours. La France est dirigée par un président pour qui la pathologie mentale est un ennemi à abattre, ce qui en soi résume le problème. Cela dit sans surprise de la part du président de la Ve république avec la pathologie du pouvoir la plus prononcée (Chirac étant celui qui a été le moins affecté par le pouvoir).
    Sarkozy est en délicatesse avec la pathologie mentale (pour des raisons que lui seul connaît). C’est un sujet qui est écarté du fonctionnement des services de l’État, au niveau des prisons, de l’éducation nationale, de l’armée, voire même de l’État lui-même.
    C’est un sujet qui met le président trop mal à l’aise pour qu’on en parle.

  • permalien gerlub :
    8 avril 2012 @15h36   « »

    Sans trop rentrer dans les détails, je me permets, humblement, de vous dire que la DCRI est un outil. Et je pense même un bon outil ! Après tout dépend de l’usage que l’on en fait ? C’est comme le marteau !!! Très bien pour planter les clous et dangereux pour taper sur la tête de son voisin !

    Dans cette affaire il est à considérer, au moins, 2 aspects. Le rôle initial de la DCRI et l’intervention du RAID par la suite !

    Je vais commencer, succinctement, par l’intervention du RAID. Il est patent qu’elle a souffert de la présence du ministre sur les lieux et que le chef d’unité n’aurait peut-être pas agit de la même manière s’il avait eu la totale décision opérationnelle. Il n’est cependant pas exempt de reproches car il était de son devoir de l’exiger qu’elles qu’en soient les conséquences, notamment pour sa carrière.

    La DCRI, depuis sa création a été utilisée à maintes reprises par le pouvoir dans des missions qui avaient pour but de protéger ce pouvoir contre d’éventuels scandales, plus ou moins « people » parfois. S’il est bien dans ses missions de veiller aux atteintes à la « sûreté » de l’état, il s’agit d’un service de police qui agit dans l’intérêt de tous et en aucun cas ne doit être l’instrument de tel ou tel dirigeant, fût-il le plus le haut placé, à des fins qui peuvent paraître personnelles et / ou politiques.

    Un tel service, vu ses compétences et ses attributions ne peut pas être exempt d’un contrôle strict par les représentants du peuple. Ces derniers quoique soumis au secret défense, se doivent de prévenir par tous moyens conformes à la loi, qu’ils votent d’ailleurs, que de telles dérives se produisent. Tant dans l’affaire qui nous occupe aujourd’hui que dans celles, certes moins graves, car il n’y a pas eu de pertes de vies humaines, mais quand même graves du point de vue de l’état de droit et de l’esprit qui devrait prévaloir chez de vrais démocrates.

  • permalien mahourdi :
    9 avril 2012 @03h29   « »
    ... un bon outil...

    gerlub, le ministre était sur les lieux parce que c’était sa politique qui était en jeu, et malheureusement pas sa politique en tant que ministre, mais bien la politique que ce même ministre avait mise en place en tant que conseiller de l’Élysée.
    Le ministre n’était pas là en tant que ministre, mais en tant qu’ex-conseiller de l’Élysée.
    Il représentait directement l’Élysée.

  • permalien Bonette :
    9 avril 2012 @11h12   « »

    Robert :
    3 avril @17h35 «  »

    Quand même, c’est bizarre, ce type qui pète un plomb et tue tous des gens juste avant les élections... (...)

    Moi ce qui m’ étonne aussi dans cette histoire c’est que nos super policiers n’ avaient pas de grenade lacrymogène ou incapacitante en stock pour faire sortir le tueur... oui, vraiment bizarre... et puis le tueur abattu par deux balles dans la tête, pour tuer donc... nos tireurs d’ élite ne savent donc que faire mouche dans la tête ?? bizarre, oui, vraiment bizarre...

  • permalien Manière de voir :
    9 avril 2012 @19h05   « »
    Droiture

    Sur l’affaire de Toulouse :
    Seuls des professionnels peuvent s’exprimer sur le rôle de la DCRI et ce n’est pas mon cas.
    En revanche, sur la gestion de crise, le contexte, l’assaut et les discours, c’est open bar.

    - Qui prend la décision de faire intervenir le GIGN ou le RAID ?

    - Qui décide de l’utilisation d’armes à feu dans une opération où la hiérarchie demande dans la mesure du possible de prendre le forcené vivant ?

    - Est-il normal d’invoquer la "légitime défense" lorsque l’équipe d’intervention, ici le RAID, laisse trente-deux heures de répit à un individu suspecté d’avoir mis à terre deux symboles républicains, à savoir l’armée française et des écoliers ?

    - Est-il normal, pour une unité d’élite, de subir le tempo imposé par le suspect ? ( je me rends, je me rends pas... peut-être ce soir, peut-être jamais... )

    - Le Plan Ecarlate a été levé bien trop tôt et peut laisser penser que cette opération était millimétrée. Donc qui a décidé la levée du Plan Ecarlate alors même qu’il est affirmé publiquement qu’on recherche un troisième homme ?

    - Comment se fait-il qu’un ministre en exercice commente et relaye des informations précises sur une opération en cours ?

    - Existe-t-il des enregistrements de la négociation suspect-négociateur ? Cela vaudrait mieux pour la personne qui a publiquement parler à la place du suspect...

    - Possibilité d’un deuxième scooter identique. D’un deuxième pilote.

    - Corps militaire mis de côté. Maîtrise totale de l’évènement par la police, par le ministère de l’Intérieur.

    - Enfin dernier point. Nous sommes onze années après le onze zéro neuf. Premier militaire tué le onze mars.

    - Non divulgation de l’identité des victimes de l’école dans les médias mainstream.

    - Journalisme français couché, à plat ventre.

  • permalien Droiture :
    9 avril 2012 @19h19   « »
    Manière de voir

    Parlement couché, à plat ventre.
    Députés, sénateurs.
    Premier prétendant au trône : discrédité.
    Deuxième prétendant au trône, dans les sondages : discrédité.

    Cela fait du beau monde de discrédité tout ça...

  • permalien RECKNEWAR :
    9 avril 2012 @22h37   « »

    @ Manière de voir : qu’entendez vous par "non divulgation des noms des victimes" ? que cela changerait-il de savoir comment s’appelaient ces enfants ? le savez vous ? quelle(s) conclusion(s) en tirez vous ?

  • permalien dada :
    10 avril 2012 @03h13   « »

    Pour les sénateurs, évidemment qu’ils sont couchés... ils dorment !

  • permalien Rhino :
    10 avril 2012 @14h56   « »

    à Reck : indice pour l’enquête. Possiblement contrat narré comme hasard dans la version officielle. Comme aucune hypothèse n’est à rejeter, c’est un élément comme les autres. La vidéo elle est un dispositif criminel, avant d’être narcissique ou perverse. Ce gamin sûrement espiègle n’a pas pu agir seul. D’un côté il serait doué et de l’autre il se serait fait épingler comme un bleu. No way.

  • permalien Aziz :
    13 avril 2012 @13h30   « »

    Un coup classique , celui de déposer des documents des services tcheks (prague) dans les locaux de la victime qu’on veut faire, ce fût le cas dans l’affaire de Benbarka, ce coup est répété jusqu’à nos jours par les anciens colons juifs de Casablanca, qui jadis avaient tenter à la vie de feu SAM le roi Mohammed5 en temps de colonisation et qui avaient synchroniser l’attentat avec la présence de nos généraux en France, Benbarka fût assassiné pour son anticolonialisme et fût cible de manipulations politiques pour l’opposer à SAM le roi Hassan 2 pour coller le meurte à SAM le roi, et d’une pierre deux coups.
    pour de plus amples informations voir internet pour le titre : " les grands dossiers du Maroc’ partie(I) et suivants

  • permalien Coeurine :
    5 mars 2013 @17h59   «

    En France notamment, les classes dirigeantes impérialistes_ la bourgeoisie impérialiste_ n’ont pas eu besoin de salarier des agents de la DCRI-DST pour mener la GUERRE DES SALAIRES, GUERRE POLITIQUE, GUERRE IDÉOLOGIQUE, GUERRES COLONIALES contre les salariés et les peuples : les journalistes de classe "font très bien le business" ;

    De même, les DCRI-DST-CIA (...) jouent très bien les journalistes
    Deux métiers interchangeables sur les fronts économiques et militaires.

    HADOPI, ou quand votre PC est fait pour vous espionner.

    L’insonorisation de l’habitat (avec caméra, bien sûr), et divers moyens de harcèlement des civils "rebelles", "terroristes", "opposants", "récalcitrants" devient un jeu pour ces soldats du Capital. Surveiller, et rendre enragé.

    Bel organisation. Belle démocratie.
    Jour de manif.
    tu avais écrit la réalité objective, koba, Il se leurre le Sans théorie et sans parti.

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