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Société en péril

mercredi 4 avril 2012, par Alain Garrigou

Par temps de campagne plus que d’habitude, l’attention est retenue par la personnalité des dirigeants politiques, les jeux, les positions dans la course de chevaux et, à un moindre degré par les propositions. Au moins cela bouge-t-il. Mais l’élection n’est-elle pas alors un paravent qui cache l’essentiel ? Derrière le volontarisme politique de circonstance, la lucidité n’est pas forcément au rendez-vous pour comprendre l’état du pays qui explique ce qui se passe dans une élection. En l’occurrence, la crise profonde dans laquelle le pays est embourbé explique en partie la virulence inhabituelle des affrontements. Les initiés savaient que la campagne serait violente, aux limites des injures, avec des coups bas, d’autant plus que la République française plonge dans la corruption et que tout le monde a beaucoup à perdre. En partie, un effet du présidentialisme. Ce n’est pourtant pas seulement la compétition électorale qui engendre une situation dangereuse mais la situation dangereuse qui engendre ces tensions et les prolongera au-delà de l’élection.

La France s’appauvrit relativement. Son industrie est en déconfiture lente ou accélérée. Le chômage grossit avec 4 547 300 chômeurs en 2012 (Dares, 2012). Cette évolution générale est non seulement alarmante mais scandaleuse quand elle va de pair avec l’accroissement des disparités. La bourgeoisie d’affaires continue de s’enrichir comme aucune de ses devancières ne l’avait réussi aussi vite. A l’inverse, les classes moyennes s’appauvrissent lentement. Quant aux pauvres, leur nombre croît depuis si longtemps qu’ils sont 11,2 millions en France en situation de pauvreté ou d’exclusion (Rapport Onpes, 2011-2012). Les écarts de revenus ont pris une ampleur telle que les chiffres donnent le vertige, passés de 1 pour 30 à 1 pour 300 entre le salaire ouvrier moyen et le salaire patronal [1], alors que des grands patrons gagnent en une année plusieurs centaines d’années de smic, sans compter leurs bonus et stock options. Quant aux fortunes, le rapport s’établit entre les milliards des très riches et le patrimoine zéro des pauvres et moins pauvres. L’étalage du luxe ne gênerait peut-être pas si on ne voyait concrètement, et non sur les pages de papier glacé des magazines people, les signes de l’appauvrissement dans les caddies des supermarchés et surtout la montée de la misère avec, symétriques au concentrations des riches, les concentrations de pauvres, rangés sous l’acronyme déréalisant de SDF. Encore les solidarités familiales et l’Etat social atténuent-ils, mais de moins en moins, le mouvement long d’accroissement des inégalités.

Comment une société peut-elle réagir à une telle crise ? Alors qu’on a souvent parlé de la crise des années 1930 à propos de la crise actuelle, il ne semble pas que l’on ait encore bien tiré les implications de la comparaison. Pourtant les mêmes réactions sociales semblent bien à l’œuvre. L’enfermement des riches dans leurs ghettos, la peur du déclassement des classes moyennes et l’exclusion des plus pauvres dans la marginalité sociale et l’indifférence politique. Pour les exclus, l’indifférence génère l’abstention politique, la colère ou le désespoir. La descente dans les drogues sert au mieux d’adjuvant au pire de suicide lent. On ne se révolte plus comme en d’autres siècles. On meurt lentement mais systématiquement. Quant à la bourgeoisie, forte de son enrichissement qui lui donne encore plus le sentiment de sa supériorité, elle se conforme au principe de toute domination sociale énoncé par Max Weber : « L’homme heureux se contente se contente rarement du fait d’être heureux ; il éprouve de surcroît le besoin d’y avoir droit. Il veut aussi être convaincu qu’il “mérite” son bonheur, et surtout qu’il le mérite par comparaison avec d’autres. Et il veut donc également pouvoir croire qu’en ne possédant pas le même bonheur, le moins fortuné n’a que ce qu’il mérite [2]. » Elle s’en prend donc à l’assistanat et au parasitisme de ceux qui émargent aux budgets sociaux. Ils ont une bonne raison : ils paient des impôts. Trop, forcément même s’ils profitent amplement de tous les moyens pour y échapper, exonérations, niches et évasion fiscales. Il y a là quelque chose de l’égoïsme de la noblesse refusant au XVIIIe siècle de payer l’impôt sous prétexte de payer celui du sang et condamnant l’Etat d’Ancien régime à la crise fiscale. La bourgeoisie du début du XXIe siècle a cependant un grand avantage sur l’ancienne noblesse : elle a convaincu beaucoup de monde dans les classes moyennes et populaires, payant des impôts ou non, mais considérant qu’on paie trop d’impôt. Forcément pour les pauvres. Les pauvres ? Des resquilleurs qui l’ont bien mérité. L’on entend alors justifier la richesse, par ceux qui ne la connaissent pas, et condamner la pauvreté qu’ils ne connaissent pas non plus. Sans doute pour espérer la première et conjurer ma seconde. Quels que soient les subtilités du raisonnement, et les moyens de diffusion à leur service, les raisons des puissants ont été bien entendues.

A mesure que les groupes se séparent, même si ce n’est pas (encore) selon un clivage aussi tranché que les deux nations dont parlait le jeune Disraeli au XIXe siècle, la société française approche d’un état d’implosion. On est bien forcé alors de constater l’écart entre l’apparence politique d’une compétition ritualisée et les tensions qui traversent la société française. Elles s’y traduisent pourtant. En durant, la crise produit une radicalisation politique. Elle s’est développée à droite depuis un quart de siècle, avec le Front national. Il serait évidemment superficiel de voir dans les changements politiques tels que l’arrivée de la gauche au pouvoir et un nouveau mode de scrutin la source de la percée du FN dans les années 1980. Elle dépend bien plus de la fin des années de croissance et du déclassement affectant les membres des classes populaires, commerçants, artisans, ouvriers touchées par la précarité, le chômage et la paupérisation. Mais le FN n’a amorcé son décollage électoral qu’en changeant radicalement de registre, passant d’un parti poujadiste à un parti crypto-raciste, c’est-à-dire maniant toutes les connotations racistes sans les expliciter. L’immigration pouvait servir de repoussoir. Pas d’ambiguïté sur l’islam, il n’intéresse personne sinon parce qu’il est la religion de l’étranger honni.

Depuis 25 ans, le racisme a prospéré comme une forme d’idéologie latente. L’interdit légal et la réprobation diffuse limitent simplement son expression publique et même privée. Il suffit que l’expression soit anonyme comme sur les forums internet, pour qu’il s’exprime si massivement qu’il déjoue fréquemment le filtre des modérateurs. Et qu’on n’explique pas à ses zélateurs comment les nazis s’étaient enferrés dans un délire raciste avec le soutien d’une pseudoscience soutenue par d’honorables savants — ils ne verraient tout simplement pas le rapport. Et d’ailleurs, ils en ignorent tout. Or cette progression ne s’est pas arrêtée comme l’ont montré les scrutins jusqu’à la surprise du premier tour de l’élection présidentielle de 2002. Le FN a ensuite régressé du fait du vieillissement de son chef, fragilité d’un parti à direction charismatique, et de la stratégie du sarkozisme consistant à chasser sur ses terres. Rentable électoralement, elle se paie par la banalisation. Il ne suffit pas de protester de son hostilité à toute forme de racisme pour éviter absolument que les clins d’œil à l’extrême droite ne soient pas perçus comme potentiellement racistes. Sans doute, la droitisation de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) colle-t-elle à celle de la société française, c’est-à-dire à la radicalisation de nombreux électeurs conservateurs. De ce point de vue, les élus les plus à droite peuvent justifier leurs prises de positions en prétendant faire barrage au FN et représenter fidèlement leurs militants. Sur le deuxième point, ils ont raison : l’UMP subit un long et lent glissement accentuant le paradoxe d’un parti que plus personne n’appelle néogaulliste et qu’il faudrait plutôt qualifier de néopétainiste.

La radicalisation se réalise aussi à gauche. Elle est sans doute le principal moteur du succès de campagne de Jean-Luc Mélenchon, porté par sa virtuosité professionnelle, par son travail d’organisation et surtout par la radicalisation de nombreux citoyens de gauche. Les catastrophes de la mondialisation et du néolibéralisme, l’indécence des grandes fortunes et le scandale de la misère ont de quoi provoquer l’indignation et la critique du capitalisme financier. Elle souffre cependant d’un désavantage morphologique. La société française est une société démographiquement vieillissante. La droite l’emporte en France non point par une alliance des riches, des fondamentalistes et des pauvres comme elle l’a fait aux Etats-Unis avec les républicains [3], mais par une alliance des riches, de ceux qui croient ou espèrent l’être, et du troisième âge. En 2007, Nicolas Sarkozy dépassait la majorité des suffrages parmi les sexagénaires, qui votaient moins en sa faveur que les septuagénaires, qui votaient encore moins en sa faveur que les octogénaires. Au-delà, faute de données, on suppose que le sous échantillon des nonagénaires a été jugée non représentative. Sachant que l’espérance de vie croît avec l’aisance sociale, on peut en déduire que les électeurs de droite vivent plus vieux que les électeurs de gauche dont, de surcroît, un certain nombre dérivent vers le conservatisme. A l’inverse, les jeunes citoyens fournissent les cohortes les plus abstentionnistes. Il existe une armée de réserve chez les seniors plus sensibles aux thèmes sécuritaires parce que plus fragiles, ainsi portés à s’en remettre à un chef protecteur et peu ouverts à l’idée même de changement qui n’augure rien de bon au soir de sa vie.

Il est bien clair que ces radicalisations inverses, le fossé s’élargissant, sont hautement conflictuelles. Le suffrage universel peut-il les trancher sans danger ? Il faut toujours observer avec circonspection des rapports de force sortis des urnes et d’autre part les rapports de force au-delà de la majorité d’un corps électoral. Sur le premier plan, où en sont-ils ? Les indices ne sont pas concordants. Sur le terrain électoral, le parti gouvernemental a perdu toutes les élections du quinquennat. Conformément à la logique des élections intermédiaires, les scrutins ont été favorables à l’opposition notamment dans les élections locales. Il serait hâtif d’en déduire un glissement vers la gauche. Si l’on se fie à des sondages qui rassurent aujourd’hui des partisans de l’UMP, le rapport droite-gauche se situerait à 57/43 %. Cela ne fait pas une victoire électorale tant les mystères des reports de voix défient la simple logique d’un axe droite-gauche. D’autant plus que Nicolas Sarkozy était sans doute le plus mauvais candidat de son camp qui doit faire croire qu’il a changé pour espérer l’emporter (lire Serge Halimi, « Les vieilles ficelles de Nicolas Sarkozy », 2 mars 2012). Faute de quelqu’un d’autre, des électeurs de droite se rangent à ce choix. Cela suffira-t-il ? Sinon, un candidat d’opposition peut l’emporter. Ainsi, celui qui occupe une position de centre gauche, François Hollande, figure-t-il comme celui qui peut l’emporter dans un pays largement droitisé. Présider et gouverner dans ces conditions n’est sans doute pas si difficile dans un pays dont les institutions ont montré une solide rigidité préservant largement l’exécutif de toute contestation sociale. Il serait moins facile de diriger un pays où les puissants n’ont jamais été aussi puissants, détiennent les patrimoines, les médias privés sont dotés d’une forte conscience de classe et d’autant plus décidés à ne rien céder qu’ils ont beaucoup accumulé. Mourir pour l’argent ? Peut-être pas. La mort des autres, c’est différent. Peut-être un guêpier. L’inverse vaudrait-il mieux ?

Une victoire du candidat sortant paraîtrait plus en accord avec la radicalisation à droite mais elle aurait un effet démoralisateur inédit tant l’échec du premier quinquennat a été patent. Quelles que soient les promesses, ce serait pour continuer. Rien que de banal en politique. Aux Etats-Unis, le très libéral président Hoover soutint après le séisme de 1929 que la prospérité était « au bout de la rue ». Aux effets délétères de l’entêtement dans l’erreur du néolibéralisme, il faudrait ajouter ceux de la défaillance de la démocratie. Le principe de responsabilité qui veut que les dirigeants défaillants soient sanctionnés n’est guère appliqué en France. Quand les pires fautes restent sans conséquences, le crédit de la démocratie s’effrite. Enfin, le pouvoir sarkoziste aurait entre trois et quatre ans d’exercice puisque les mandats présidentiels sont dorénavant limités à deux quinquennats. Cette maigre consolation pour les vaincus ne serait toutefois pas rassurante tant on sait qu’un président inéligible est un « canard boiteux » ou paralysé. La foire d’empoigne des prétendants ajouterait aux tensions. En cas d’aggravation de la crise économique et sociale, une telle conjonction serait encore plus périlleuse. Or, la « classe politique », protégée des aléas économiques des pauvres, séparée des citoyens ordinaires, tant il est difficile de confondre les serrages de main avec une relation profonde, et de ce fait condamnée à se fier aux sondages et conseillers en communication, a-t-elle pris la mesure du délabrement de la société par l’approfondissement des inégalités ? Inégalement.

Notes

[1]  Frédéric Lordon, « Bonus et primes : le (résistible) chantage des “compétents” », 26 mars ; Philippe Steiner, Les rémunérations obscènes, La Découverte, Paris, 2011.

[2] Max Weber, Sociologie des religions, Gallimard, Paris, p. 337.

[3] Thomas Frank, Pourquoi les pauvres votent à droite, Agone, Marseille, 2008.

21 commentaires sur « Société en péril »

  • permalien Yvan :
    4 avril 2012 @19h23   »

    Je me demande si la haine de l’émigré, qui semble se généraliser en Europe, n’est pas due au refus des Européens, de se voir tels qu’ils sont.

    Pour émigrer, il faut rêver à un avenir meilleur, et être prêt à toutes les concessions, c’est justement ce qui manque aux Européens, ils rêvent à un passé révolu, et ne sont prêt à aucune concession.

  • permalien bert :
    4 avril 2012 @21h05   « »

    Mais la France est une république parlementaire...Ce sont les législatives qui vont indirectement désigner le gouvernement, non ?
    De fait, la présidentielle n’est peut être pas le scrutin "le plus important"...? J’ai peut être raté une réforme constitutionnelle...

  • permalien
    5 avril 2012 @05h05   « »

    Bonjour,
    J’ai lu rapidement votre article ; je le trouve singulièrement pessimiste, misérabiliste voir défaitiste et finalement bien peu convaincant. Regardez donc autour de vous et vous constaterez que la couleur Rouge est de plus en plus a la mode, et c’est une bonne chose. Ne lâchons rien ! et de l’enthousiasme nom de dieu...!

  • permalien colporteur :
    5 avril 2012 @08h49   « »

    Oui, « la société est en péril » mais il y a un souci avec le Diplo, on y dresse des constats sans jamais mettre en cause ce qui constitue pour les rédacteurs de ce journal une base d’accord fondamental avec cette société.
    Je ne parlerais pas du penchant étatiste, c’est-à-dire de ce point de vue tout à fait bourgeois qui voit l’état comme garant de l’"intérêt général" et non comme ce capitaliste collectif qui, pour le compte de l’ensemble de capitalistes particuliers incapables de remplir cette fonction, maintient et renouvelle les rapports sociaux d’exploitation et de domination, fabrique la concurrence qu’il "régule". Je ne parlerais pas non plus de la croyance en « la démocratie » représentative, toujours appelée à se renouveler, à être plus juste, plus légitime.
    Ce qui me paraît indispensable de noter, et ce que je refuse pour ma part, c’est votre adhésion à l’idéologie du travail, valeur fondamentale pour le fonctionnement du capitalisme. Comme à gauche, il n’y a pas ici de création de valeurs qui s’oppose à ce qui existe, rien qui s’affirme, en rupture avec l’ordre social. C’est comme ça que N.S peut jouer Jaurès ou Guy Moquet, qu’un FN de contremaitres, de boutiquiers et de rentiers peut chercher à capter l’héritage du Mouvement ouvrier.

    La précarisation se développe depuis déjà plus de trois décennies mais jamais ici on ne verra un article qui considère les précaires où les chômeurs comme autre chose que des victimes ; ce ne sont ni des sujets productifs, bien que 75% des embauches se fassent en CDD, ni des acteurs politiques, puisqu’ils ne sont pas des travailleurs assez "classiques" pour mériter cette dignité, disposer de cette aptitude.

    Toute la gauche est installée dans une nostalgie du plein emploi (pourtant mort d’un accident de travail) qui lui interdit de prendre en compte la situation. On pourra bien se démarquer des "chasses au fraudeurs sociaux" (en oubliant que Mauroy fut l’un des premiers à dénoncer les "faux chômeurs"), on reste finalement d’accord avec le sinistre résumé de la doctrine fourni par Jospin lorsquil était premier ministre, en réponse aux mobilisations de chômeurs et précaires : « Je préfère une société de travail à l’assistance ».

  • permalien colporteur :
    5 avril 2012 @09h00   « »

    Il faut noter, rappeler que cette adhésion à l’idéologie du travail reste par exemple celle d’un Mélanchon qui se veut mitterrandien, lui qui ne répugnait pas à être ministre d’une formation professionnelle qui paye 17% du SMIC les apprentis les plus jeunes, fidèle à une gauche qui a décidé, en 1988 (dans un consensus politique inédit depuis 14-18), d’interdire les moins de 25 ans d’accès au pauvre revenu minimum que concédait le RMI. On doit à ces gens un dressage à la précarité, un sadisme social qui s’exerce sur tous les entrants dans le salariat. Pour résumer méchamment, mais on a assez morflé depuis 1917 ou 1981 pour dire les choses sans fard, nous avons une gauche de négriers, d’oncles Tom et de bouffons...

    Pourquoi s’étonner que certains d’entre émargent grassement dans des conseils d’administration de florissantes sociétés ? A Paris, par exemple, divers responsables municipaux se distinguent par leur implication et leurs bénéfices, à LVMH, chez Free, pendant que l’action sociale de la ville la plus triche du pays se montre des plus pingres, appliquant une logique comptable destinée à préserver l’évaluation de la Ville par les agences de notation, réalisant des économies sur les pauvres tout en jouant une politique dont l’axe majeur est et demeure la com’.

    Que la gauche caviar soit corrompue dans son mode d’existence, on paut guére s’en étonner non plus. Allons donc voir ailleurs, prenons le cas du "modèle allemand" dont on nous bassine les oreilles de toutes parts. Un pays riche ? Certes. Mais c’est au prix d’un recul stupéfiant : désormais, l’espérance de vie y diminue désormais. Comment est-ce possible ? Pa la peine d’accuser Merkel, le FMI, le TCE... L’imposition dans les faits de idéologie du travail à aussi d’autres ressorts (voir Dette et austérité, le modèle allemand du plein emploi précaire.). C’est la coalition "rouge verte" qui, lorsqu’elle était au pouvoir, a (contre)réformé à plusieurs reprises la protection sociale du chômage (les plans Hartz) en réduisant les droits, c’est elle qui a repoussé l’âge du droit à pension de retraite.

  • permalien colporteur :
    5 avril 2012 @09h06   « »

    Il n’y a et il n’y aura plus de gauche tant que celle-ci n’en aura pas fini avec un travaillisme mortifère qui sert le capitalisme tout comme il sert d’appui aux immondices de la droite. En 2007 déjà, le Vichyssois de Neuilly déclarait « Le travail, c’est la liberté, le plein emploi est possible », sans que sa paraphrase du IIIe Reich n’éveille l’attention des mass media (Diplo compris).
    Mais c’est dès 1982 -et non avec le blocage des salaires de 1983 comme on le croit le plus souvent- que la gauche de gvt choisissait la « rigueur » en déglinguant les droits des chômeurs (dont la majorité devient ensuite non indemnisé).
    La refondation « sociale » patronale (la création du Medef etc.) a elle aussi commencé sur le chômage, contre les chômeurs, mais à gauche et dans les syndicats on continue à considérer, avec un soupçon d’indignation morale et de compassion sans frais, que les chômeurs sont une variable d’ajustement, et pas que la crise du travail, de l’emploi, le chômage imposent de faire de la politique à nouveau frais. On peut certes dire ici que les politiques sont loin du réel, mais les journalistes, les experts, y compris à réputation "critique", sont eux aussi totalement coincés par leurs manière de voir.

    Ayant depuis des décennies alterné périodes d’emploi et de chômage j’informe les journalistes d’un point décisif qui pourrait ouvrir à bien des investigations utiles quant à la connaissance et à la transformation de cette société : foin de morale, foin d’idéologie, le chômage n’est pas l’envers du travail mais l’un de ses moments.

  • permalien sdz :
    5 avril 2012 @09h09   « »

    On devrait parler d’élites néo-impérialistes quel que soit les procédés électoraux utilisés pour manipuler l’opinion. Considérer l’UMP comme un parti de droite "néo-pétainiste" me semble une faute d’appréciation monumentale car il faudrait m’expliquer en quoi cette caste aime la France !?! Il y a le discours voire des convergences dans les pratiques à l’UMP avec certains objectifs du FN mais sur le fond, le FN reste un parti nationaliste.

    La vraie rupture est celle de Maastricht (après l’acte unique) qui à l’instar de la révocation de l’Edit de Nantes coupe le peuple français en deux et le précipite vers sa ruine ! Jamais on n’aurait du trancher sur une question engageant la souveraineté du pays donc le vivre-ensemble sur notre territoire à une majorité de 50% ! Jamais ! Mitterrand était aussi chef des armées, c’était son devoir de préserver la paix civile. Et je n’aborde pas les questions monétaires, financières etc...

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien
    5 avril 2012 @12h03   « »

    De Tryphon à Colporteur, Mélenchon, s’écrit comme vous pouvez le voir : M e l E n c h o n... avec un E, et pas avec un A comme "mélanger".
    D’où l’intérêt d’avoir les idées claires.
    Adios.

  • permalien Jordi GRAU :
    5 avril 2012 @15h37   « »

    Au correcteur d’orthographe anonyme

    Plutôt que d’attaquer "colporteur" sur des détails (l’orthographe du nom de Mélenchon, qu’est-ce qu’on en a à faire, franchement ?), ce serait intéressant de discuter avec lui du fond. Je suis d’accord avec beaucoup de ses idées. Cela ne les empêche pas d’être discutables.

    Par exemple, faut-il forcément choisir entre la lutte contre le chômage et la lutte pour les droits des chômeurs ? Certes, le travail n’est pas tout. Certes, ce n’est pas parce qu’on est chômeur qu’on doit être traité comme un travailleur de seconde zone, voire comme un profiteur. Mais une diminution conséquente du chômage - sans même parler d’un hypothétique plein emploi - serait tout de même une bonne nouvelle, y compris pour les chômeurs. En effet, le fait d’avoir un emploi est une arme importante dans le combat contre l’injustice sociale.

    Et c’est pourquoi, sans doute, rien de sérieux n’a été fait depuis trente ans pour lutter contre le chômage de masse. Cette situation arrange bien les patrons, les actionnaires et les politiciens. Cela permet de diviser la société, de terrifier les salariés qui ont un emploi et de mettre en concurrence les travailleurs pour le plus grand profit des propriétaires d’entreprises.

    Peut-être que la situation finira par s’inverser, peut-être que les chômeurs parviendront à se déculpabiliser et à s’organiser suffisamment pour faire changer la situation. Je l’espère de tout cœur, mais je ne suis pas sûr que les choses vont se passer ainsi.

  • permalien Shanaa :
    5 avril 2012 @16h41   « »

    Excellent article ! Constat tellement vrai que tout commentaire est superflu !

  • permalien Salem L :
    5 avril 2012 @16h55   « »

    Merci Mr Garrigou pour cet article qui décrit une situation avec ses vérités qu’on refuse de regarder en face ! Je pensais naivement que ces choses n’existaient que dans nos pays et quand on découvre ce qui se passe en France, grande nation que les serviteurs de la bourgeoisie ont plongé dans le ko. Une seule chose frappe ceux qui suivent de loin la campagne electorale pour les présiditentielles c’est l’UMP et son clan qui tire sur tout ce qui bouge alors meme que pendant 5 ans, ils n’ont rien fait ! on a la nette impression que la terre s’arretera de tourner si Sarko et sa clique perdent cette élection !

  • permalien patrice :
    5 avril 2012 @17h22   « »

    @sdz
    "Considérer l’UMP comme un parti de droite "néo-pétainiste" me semble une faute d’appréciation monumentale car il faudrait m’expliquer en quoi cette caste aime la France !?!"

    Laisseriez vous entendre que le Maréchal Pétain "aimait la France" ? On parle bien du Pétain condamné pour haute trahison, qui a déporté les résistants français, pendant que les "patriotes" de droite dénonçaient les juifs à la Kommandantur ?
    A moins que je n’ai mal compris ?

  • permalien
    6 avril 2012 @01h01   « »

    Je vous ferais remarquer, que je ne suis pas anonyme, puisque j’indique mon nom "Tryphon" ; mais je ne sais pas pourquoi, le site du Diplo ne m’indique pas en entête de mon commentaire.
    Pour ce qui est de l’article ; je le trouve simplement non constructif et sans grand intérêt pour les débats autour de l’actualité du moment. Je préfère largement F. Lordon.
    Mais je persiste et signe, il est important de respecter la lettre qui est quand même la figure de l’esprit.
    Ce sera là ma dernière contribution à cet article.
    Salutation.
    Tryphon

  • permalien Savonarole :
    6 avril 2012 @09h34   « »

    Intéressant, quoi que trop long sur le style.

    mais ne partage pas la fin "pro sarko a défaut", les gens ne bougent pas c’est vrai, mais il sont arrivé au bout du supportable

    aprés les présidentielles, il y a les législatives et fort a parier que le président en place sera obligé de faire des alliances : l’UMP/PS députes godillot c’est Fini, ils vont se taper le MUR c’est sur !

  • permalien Daniel RIFFET. :
    6 avril 2012 @18h18   « »

    Réponse à Bert.
    Non, nous ne sommes pas dans un régime parlementaire.
    Les ministres et l’ensemble du gouvernement n’est pas responsable devant la Chambre des Députés.
    Le premier ministre est désigné par le président, élu au suffrage universel. Il n’est pas nécessaire d’être député pour être ministrable.

  • permalien
    10 avril 2012 @10h21   « »

    La grave situation économique que connaissait notre pays nous promettait une campagne présidentielle de grande qualité. Projet contre projet. Nous allions voir ce que nous allions voir. Le casting apparaissait parfait entre un Président sortant qui devait nous affirmer que sans lui notre pays se serait écrouler et un challenger qui devait offrir une alternative permettant de reconquérir un pouvoir perdu dans les méandres jospino-mitterandiennes. Ce duel devait être arbitré voire bousculé par des outsiders aux dents longues : un 3ème homme s’élevant au delà du clivage droite-gauche en imposant une véritable force au centre, à moins qu’il ne s’agisse d’une femme marchant sur les traces de son Père en offrant enfin à son parti un programme économique. Cette campagne nous présentait également des rebelles de gauche et de droite qui avaient pris la décision de s’affranchir des deux partis dominants pour proposer un projet alternatif. Puis il y avait les classiques : les écologistes (sans Ushuaïa), les trostkystes (sans Arlette) et les anti-capitalistes (sans facteur). Cette élection avait même prévu une surprise du chef même si elle était identique à 1995. Les conditions parfaites étaient donc réunies pour bénéficier d’un débat public de qualité. Il n’en est rien.

    La suite sur ce lien : Une Présidentielle au ras des pâquerettes ?

  • permalien hannibal :
    10 avril 2012 @15h11   « »

    excellentissime analyse de Colporteur, mettant à mon sens le doigt sur qql chose de plus fondamental encore que l’article...

  • permalien marco :
    10 avril 2012 @15h37   « »

    Est-il possible de croire que Le front national représente entièrement l’extrême droite en France, qu’il représente la seule menace pour la démocratie et la république laïque ?
    Car nous trouvons dans les gouvernements présidés par NS, ainsi que parmi ces amis, conseillers ou experts, d’anciens membres actifs du mouvement OCCIDENT. Mouvement politique, anti communiste, xénophobe, qui a milité pour l’Algérie française et cassé du gauchiste.
    Ses actions étaient violentes.

  • permalien Iyhel :
    10 avril 2012 @22h09   « »

    M. Garrigou,
    Je ne suis pas rentré dans le détail des classes d’âge de la population française mais en jetant un œil à la pyramide des âges (http://www.insee.fr/fr/themes/table...) je ne discerne nul déséquilibre flagrant en faveur des plus de soixante ans.
    Votre analyse d’un peuple français majoritairement à droite parce que vieux me semble donc réductrice. À moins de ne choisir de considérer que le peuple électoral exprimé, qui n’est pas nécessairement celui qui décidera du scrutin à venir ni du devenir du pays à moyen terme.

  • permalien jcpres :
    12 avril 2012 @07h09   « »

    Le Travail. Valeur refuge de la nouvelle religiosité des maladies individuelles, le travail est devenu le culte de la personnalité. On s’y consacre avec dévotion en priant le bon dieu employeur de préserver son employé du chômage qui est suspendu sur les têtes, comme l’épée de Damoclès ! Chacun y voit un épanouissement capable d’extraire la morosité des psychoses quotidiennes fabriquées par un système de conditionnement en plein essor ! Le travail ! C’est la nouvelle liberté surveillée ! On prie pour ne pas être victime des récessions économiques et on collabore professionnellement pour une compétitivité capable de lutter contre la concurrence. Ces points forts de l’élaboration sociale ont véritablement libéré les citoyens de la crainte de l’inutilité dans la société. Titre de reconnaissance et d’acceptation au sein des classes, le travail occupe une logique de raisonnement qui prévaut, à nouveau, dans les critères d’intégration. Au cœur des problèmes économiques actuels, travailler devient une référence reconnue par tout organisme issu de ce fonctionnement. La crédibilité de la force dissuasive qu’il représente a fini par gommer la personnalité de chaque travailleur réfugié dans une manière productiviste de distinction. Le fruit du labeur en est le résultat du système : une exploitation raisonnée du productivisme ; et l’on ne peut et surtout ne doit imaginer une autre société en dehors de ce phénomène.

    Jean Canal de presselibre.fr

  • permalien Claudec :
    16 avril 2012 @18h47   «

    Et au-delà du pays il y a le reste du monde dont il est indissociable.
    La planète était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains, au début de notre ère.
    Au début du second millénaire, cette population compte 7 milliards d’habitants, dont 1,2 à 1,4 milliard vivent dans un état de pauvreté profonde.
    L’homme, et le progrès dont il est l’auteur, ont ainsi créé, en 20 siècles, 5 fois plus de miséreux qu’il n’y avait d’habitants de toutes conditions sur terre.
    Et la population augmente quotidiennement de 220 à 250 000 individus (au net des décès).

    http://claudec-abominablepyramideso...
    Sociologie, démographie - De la richesse à l’exclusion sociale, par la démographie

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