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Quelques clefs de la crise sahélo-malienne

mardi 10 avril 2012, par Philippe Leymarie

Le Mali, ou comment un putsch se défait presque aussi vite qu’il s’était déclaré. Reste la sécession du nord, qui ampute le pays des deux tiers de son territoire. Et la toile de fond sahélo-saharienne, avec une imbrication croissante des mouvements nationalistes, islamistes, et criminels (décrite dans l’édition d’avril du Monde diplomatique, en kiosques : « Comment le Sahel est devenu une poudrière »). Ci-dessous, les principales données d’un conflit qui prend une dimension régionale, et même internationale…

Vacance. La démission, dimanche 8 avril, du président déchu Amadou Toumani Touré a ouvert la voie à l’investiture, prévue jeudi 12, du président de l’Assemblée nationale comme chef de l’Etat de transition, et à la nomination d’un premier ministre « disposant des pleins pouvoirs » qui aura la charge de nommer un « gouvernement d’union nationale ». Et surtout de tenter de pacifier le Nord, dont les trois chefs-lieux – Kidal, Gao, Tombouctou – sont tombés aux mains de rebelles touareg, d’islamistes armés et de divers groupes criminels après l’entrée en scène des putschistes (qui prétendaient pourtant en finir avec « l’incompétence d’ATT » sur ce dossier). La crise humanitaire ne cesse de s’aggraver dans cette zone coupée du monde, et touchée en outre depuis plusieurs mois par une grave sécheresse, alertent ONG et témoins.

« ATT ». Amadou Toumani Toure, dit « ATT », déposé le 22 mars par les militaires, a démissionné officiellement le 8 avril : une sortie définitive et sans gloire pour l’ex-général qui devait sa réputation de « soldat de la démocratie » à un retour rapide à la caserne, en 1992, pour laisser la place aux civils. Il était revenu à la tête de l’Etat dix ans plus tard, à la faveur d’élections. Sa conduite de l’Etat a souvent été présentée comme « modèle » en Occident : l’ex-général était arrangeant et consensuel, plus fataliste et attentiste que volontariste, y compris à propos du développement et de l’insécurité au nord du Mali. Il devait passer la main le 29 avril prochain, après deux mandats. Lors du putsch, il est vite apparu que le régime ATT n’était pas défendu, le président se laissant lui-même déposséder de son pouvoir, sans véritablement réagir.

Accord-cadre. Vendredi 6 avril, à la suite de l’accord passé avec les médiateurs de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO, 15 pays dont le Mali), le chef des putschistes de Bamako avait annoncé à la télévision nationale le prochain transfert du pouvoir aux civils, avec désignation du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, comme chef d’Etat de transition et d’un premier ministre jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives. En retour, l’organisation régionale avait décidé la levée « immédiate » des sanctions (les auteurs du coup d’Etat bénéficiant d’une amnistie).

Embargo. Le 2 avril, la CEDEAO avait décidé un embargo total, avec effet immédiat contre le Mali en vue d’obtenir le retour à l’ordre constitutionnel après le coup d’Etat militaire du 22 mars. Il comprenait notamment la « fermeture de toutes les frontières des Etats membres de la CEDEAO avec le Mali, sauf à des fins humanitaires », la « fermeture au Mali de l’accès aux ports maritimes des pays côtiers de la CEDEAO », le gel du compte du Mali à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et le non-approvisionnement de ses comptes dans les banques privées.

Menaces ouest-africaines

Intervention régionale. La CEDEAO avait également menacé de recourir à la force pour mettre fin à la partition du Mali, après la déclaration d’indépendance du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) dans le nord du pays. Elle envisage d’envoyer sur place une force de 2 000 à 3 000 soldats. Les chefs d’état-major des armées de la région affirment avoir élaboré un « mandat » pour cette force, et adopté des « mesures préparatoires » pour son déploiement rapide, qui devraient être présentées au Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO dans les prochains jours. Mais l’opération ne verra pas le jour facilement : « La CEDEAO a les hommes, c’est le mandat qu’il faut définir », a affirmé à l’AFP un haut-gradé du Burkina Faso – pays qui a mené la médiation dans la crise actuelle –, pour qui les buts de l’intervention ne sont pas encore clarifiés.

Rezzous. Une des solutions serait par exemple de prélever quelques centaines d’hommes parmi les contingents ouest-africains de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), mais cela formerait une troupe assez hétéroclite, de qualité inégale, qui n’est pas a priori formée à la guerre du désert, faite de « rezzous », de chevauchées rapides, de ruses, de longs camouflages [1]… De plus, les divers groupes en position au nord du Mali sont installés et disposent d’un armement conséquent, soit ex-libyen, soit pris ces dernières semaines à l’armée malienne – pour ne rien dire de leur parfaite connaissance du terrain et de leurs liens avec les populations.

Opération militaire étrangère. La junte à Bamako avait demandé aux puissances étrangères d’intervenir au Nord, pour mettre fin à la sécession de la région déclarée indépendante. Sanogo : « Si les grandes puissances ont été capables de traverser les océans pour aller lutter contre ces structures intégristes en Afghanistan, qu’est-ce qui les empêche de venir chez nous ? L’ennemi est connu et il n’est pas à Bamako. Si une force devait intervenir, il faudrait qu’elle le fasse dans le Nord » [2]. Dans la pratique, la force ouest-africaine – si jamais elle voit le jour – aurait surtout à créer un cordon de sécurité autour du Mali « utile », à partir de la région de Mopti, à titre dissuasif, le temps qu’une armée malienne reconstituée, et éventuellement appuyée par de discrets éléments autres, soit en mesure de se redéployer plus au nord…

Poudrière sahélienne

Algérie. Elle a les moyens de lutter efficacement contre Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et d’être un médiateur de qualité, mais a refusé toute participation européenne ou américaine à la médiation, et considère qu’une action militaire extérieure aurait pour conséquence d’embraser le Sahel, en mobilisant l’ensemble des touaregs, y compris ceux du sud algérien [3]. Selon le journal algérien L’Expression, un émissaire américain a rencontré les autorités algériennes « pour trouver une sortie de crise sans provoquer des dommages majeurs, sans intervention militaire et éviter une guerre civile qui pourrait durer longtemps ». L’enlèvement début avril du consul d’Algérie à Gao et de six membres de sa mission rend également Alger prudent : l’opération a été revendiquée par un groupe dissident d’AQMI, le Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’ouest (MUJAO), qui avait déjà revendiqué le rapt fin octobre dans l’ouest algérien de deux Espagnols et d’une Italienne.

Le désert. Il est peu peuplé : au Nord-Mali, par exemple, qui équivaut aux deux tiers du territoire du pays, on compte 1,3 million d’habitants, soit un dixième de l’ensemble de la population malienne. Ce sont des lieux traditionnels de passage et d’échanges (caravanes), peu ou pas administrés (zones dites de « non-droit »), qui servent de vases communicants entre six pays. Sur le plan militaire, c’est un théâtre immense : la seule région du Nord-Mali, revendiquée par les nationalistes touaregs (l’Azawad) est étendue comme une fois et demi la France ; et la bande sahélo-saharienne – aux confins de la Mauritanie, de l’Algérie, du Niger, du Burkina, du Mali, du Tchad et de la Libye – a une superficie équivalente à celle de toute l’Europe occidentale. L’armée malienne a ainsi été impuissante à contrôler les 900 kilomètres de frontière avec la Mauritanie, et les 1200 km avec l’Algérie. Mais ce dernier pays, malgré un budget défense trente fois plus élevé, n’y est pas parvenu non plus.

Bandes (ou katibas) armées. Elles parcourent le désert, d’oasis en oasis. Elles peuvent être de type criminel : trafic illégal d’armes, cigarettes, cocaïne ; de type politico-religieux-terroriste, comme AQMI, le MUJAO – qui serait une scission d’AQMI –, Ançar Dine, ou encore certains éléments du groupe islamiste nigerian Boko Haram (signalés à Gao) ; de type ethno-nationaliste, comme le MNLA, ainsi qu’un nouveau Front de libération nationale de l’Azawad (FLNA), qui serait composé quasi exclusivement d’Arabes de la région de Tombouctou. Le tout sur des effectifs assez limités : de quelques centaines à quelques milliers.

Touaregs. A cheval aujourd’hui sur plusieurs pays (notamment Niger, Algérie, Mali), ils n’ont jamais trouvé leur place. Révoltés, combattus et soumis sous la colonisation française, ils ont demandé sans succès à la France de leur permettre d’accéder à l’indépendance, alors qu’étaient créés le Soudan français, puis la fédération du Mali. Un projet d’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS ), qui avait en fait pour ambition de détacher des espaces territoriaux de l’Algérie, du Soudan français, du Niger et du Tchad –zones réputées riches en ressources minières, au bénéfice de la puissance coloniale - avait échoué, en raison notamment de l’opposition du président Modibo Keita, le premier président du mali indépendant. Par la suite, les révoltes touareg se sont succédées : 1959, 1990, et - pour le Mali seul – 2006, et 2012.

Etat ethnique. Alors que le MNLA a déclaré le Nord-Mali indépendant, cette réaction à un papier de Serge Daniel, le correspondant de RFI à Bamako, de Y. Karabenta, un internaute pour qui, au troisième millénaire, il est impensable de se lancer dans la formation d’un Etat ethnique : « Cette zone du Sahel a toujours été un espace partagé par de nombreuses communautés, elles-mêmes en mouvement (transhumances…). La “purification de la zone” implique-t-elle la déportation des Sonrhaïs, Soninkés / Markas, Nonos, Peuls, Rimaïbés, Bellas, Sourakas / Maures, Arabes, Bozos… présents historiquement sur la zone ? Rappelons au passage que Gao et Tombouctou ne sont pas des villes touaregs ».

Faire le ménage ?

Ansar Dine (Défendre l’Islam). Selon Iyad Ag Ghali, son chef (Jeune Afrique, avril 2012) , à propos du MNLA : « Ils suivent notre chemin et nous le nôtre ». Il ne se reconnaît pas dans la revendication d’indépendance de l’Azawad : « Ansar Dine ne connaît que le Mali et la Charia ». Il réfute tout massacre de soldats maliens à Aguelhoc, le 24 janvier (NDLR : point de départ de la nouvelle guerre du Nord), contrairement à ce que soutient le gouvernement de Bamako (qui évoque 70 exécutions, dont certaines par égorgement), et affirme : « Aucune exécution n’a eu lieu ».

Libye. Les jeunes touaregs formés en Libye, revenus au pays natal après la fin de la guerre du Tchad, avaient déjà constitué le gros des combattants de la rébellion de 1990 à 1997, au Mali aussi bien qu’au Niger. De jeunes touaregs ont été à nouveau enrôlés dans l’armée du colonel Kadhafi qui, après ses échecs au Proche-Orient et au sein de l’Union africaine, se rêvait en « Roi du Sahara ». À la chute du dictateur libyen, le retour au pays avec armes et bagages de centaines de combattants aguerris a fait pencher la balance en faveur des indépendantistes touaregs.

France. Elle est indirectement responsable de ce désordre, ayant pris la tête de la croisade anti-Kadhafi sans se préoccuper des conséquences de son initiative. Ses admonestations, conseils, pressions ont été mal supportés par ATT en son temps, comme ensuite par les putschistes du capitaine Sanogo. La France, bien que fortement tentée de « faire le ménage » – et elle en aurait les moyens, à partir du Tchad, de la République centrafricaine ou du Burkina où elle maintient des effectifs – est contrainte à la retenue, surtout en période électorale. En outre, AQMI ou une de ses succursales détient toujours quatre otages français, et avait rappelé le mois dernier que la principale condition à leur libération – la fin de la présence militaire française en Afghanistan – n’était pas satisfaite. Paris a toutefois offert son aide logistique, en cas d’intervention d’une force ouest-africaine, ce qui risque d’être considéré comme de l’ingérence, notamment par Alger.

Notes

[1] Un savoir-faire que détiennent les forces spéciales de plusieurs puissances étrangères, dont la France, ainsi que certaines unités de l’armée algérienne ou mauritanienne.

[2] Entretien avec Libération et Le Monde, 5 avril 2012.

[3] Lettre TTU, 4 avril 2012.

17 commentaires sur « Quelques clefs de la crise sahélo-malienne »

  • permalien Yvan :
    10 avril 2012 @20h27   »

    La France est directement responsable de ce conflit en n’ayant pas tenu compte en 1958 de la pétition du cadi de Tombouctou :

    LE PAYS TOUAREG : 01/12/06 - 01/01/07
    Nous vous assurons que nous ne pourrons sous aucune force soumettre à cette autorité africaine que si ce n’est pas la France nous l’ignorons totalement.
    C’est pourquoi nous sollicitons votre haute intervention équitable pour être séparé politiquement et administrativement et le plutôt possible d’avec le Soudan Français pou intégrer notre pays et sa région Boucle du Niger au Sahara français dont faisant partie historiquement sentimentalement et ethniquement.

  • permalien Stephane :
    10 avril 2012 @21h21   « »

    Nous avons deja 54 etats en Afrique (un record). Si on se met a creer des etats sur des bases ethniques, nous aurons au minimum 300 etats !!! En Afrique plus qu’ailleurs, les ethnies lorsqu’on les cherche, on les trouve...
    Aucun de nos 54 etats ne pese bien lourd sur la scene internationale et tous les 54 ont fort a faire : pauvrete, corruption, manque d’infrastructures et autres...
    La realite c’est que tous les etats Africains sont multi-ethniques. Un etat Touareg est aussi chimerique qu’un etat Peulh, qu’un etat Bambara ou un etat Somali... Autant d’ethnies qui sont arbitrairement reparties sur plusieurs etats.
    Plus que jamais, nous devons nous battre a l’interieur de nos frontieres (aussi imparfaites soit-elles) pour garantir a l’ensemble des citoyens l’acces aux droits civiques, a la justice, a la liberte plutot que de nous lancer dans de douteuses aventures nationalistes. La problematique est entre deux visions de l’Etat : une conception ethnique (et etroite) de l’Etat ou une vision plus assimilationiste, plus multiculturelle.
    Je choisis la seconde et je laisse ma Kalach a quelqu’un d’autre.

  • permalien ben ramden :
    10 avril 2012 @22h08   « »

    c’est l’inextricable probleme de l’intangibilité des frontiers heritées du collonialisme et l’echec de la greffe jacobine.ce bourbier sahelien en est la parfaite illustration.reste encore à définir avec precision,la mission et le role da chaque protagoniste dans ce conflit.il ya des enjeux et des interets divergents.un seul agenda,preserver ses propres interets quitte à schotomiser ce pays et profiter au maximum des gisements recemment découverts dans le nord du mali.nouer des alliances douteuses avec les uns et les autres en meme temps.c’est aussi l’echec de l’union africaine,on ne peut imposer le point de vue d’un groupe d’etats qui est parti prenante de la crise.
    on fait appel à une organisation regionale pour une tache qui dépasse de loin ses capacités,un pis aller,pour cacher le role de ceux qui considérent cette region comme leure chasse gardée.
    dans cette immense aire geographique,il faudrait peut etre une armée de compagne bien rodée à l’exercice.une chose et certaine,il ya des lignes au dela desquelles il est impossible de s’aventurer.
    AQMI et autres le savent tres bien et meme les autres protagonistes.a quoi bon,perdre du temps precieux pour se partager ce gateaux et laisser détruire et s’auto- detriure sans raison.

  • permalien K. :
    10 avril 2012 @22h11   « »

    Ansar Dine (Défendre l’Islam).

    Ansar = partisan

    Dine = religion

  • permalien
    11 avril 2012 @01h35   « »

    Je me permets juste de poster ici l’interview de Firoze Manji, éditeur en chef du site Pambazuka News, dans le journal alternatif américain Democracy Now. Cet interview apporte plus de lumière et dans un style beaucoup moins orientaliste que les "clefs" cités plus haut. Notamment, ce monsieur fait la lumière sur l’identité des rebels et de l’histoire de leur mouvement, soulignant qu’ils sont loin d’être ces "islamistes" dont on entends les europo-américains nous menacer tant.

    Bien à vous.

  • permalien Salem L :
    11 avril 2012 @10h00   « »

    Stephane,
    La création de nouveaux Etats, meme sur une base ethnique est un phénoméne qui ira en s’agrandissant car les autochtones des pays comme le Mali, l’Algérie et autres ont toujours été considérés comme des citoyens de seconde zone qui n’ont droit qu’à une éxhibition dans les revues touristiques ! C’est bien beau de critiquer ceux qui veulent s’autogouverner et ainsi échapper à des gouvernants génocidaires qui ne reconnaissent meme pas le droit à certains autochtones de revendiquer leur identité, leur langue et leur culture et les bonnes consciences qui ne se’ sont jamais émues du sort de ces personnes qui vivent une injustice criarde et quand ils décident de briser les carcans de l’oppression on essaie de faire des paralléles avec les groupes terroristes et je ne sais quoi alors meme que les Touarègues de l’Azawad le disent clairement que leur but est de nettoyer cette zone de tranfiquants et de criminels qui l’écument et de pouvoir vivre en paix .

  • permalien Fruits rouges :
    12 avril 2012 @04h15   « »
    Un dossier sur la crise sahélo-malienne

    Nous avons constitué sur le site www.fruits-rouges.org un dossier Mali-sahel qui essaie de tenir compte des positions des gauches maliennes (SADI, MP22) et mauritanienne (UFP), pour le moment. Si on ne peut qu’être d’accord avec le petit bréviaire que vous donnez dans votre article, il reste une inconnue de taille : comment vont réagir les peuples face à cette catastrophe annoncée. Le peuple malien se mobilise, déjà et chaque jour un peu plus. Le peuple touareg, qui révait de liberté, supportera-t-il longtemps l’imposture islamiste ? La colère gronde aussi en Mauritanie ou le régime militaire, si apprécié de la France, arrive en bout de course. La liste serait longue des pays africains ou le peuple pourrait décider à la surprise générale de donner au printemps arabe une suite africaine. A suivre donc sur fruits-rouges.org

  • permalien ben ramden :
    13 avril 2012 @04h04   « »

    pour etre plus rationnel,ne pas se contenter de critiquer la politique étrangére de la france ,mais aussi le séparatisme de khadafi.la politique de ce dérnier a déja posé des problemes à bon nombre d’etats africains et non pas le mali seulement.
    il a laissé des traces partout en afrique,en finançant toutes les entreprises de déstabilisition du continent.à commencer par l’appui du dictateur aidi amin dada en envoyant un contingent libyen de deux mille hommes pour se battre à coté du sinistre dictateur.tout ce contingent a été décimé d’un seul coup dans la jungle.des soldats mal entrainés.le peuple libyen ne lui a pas demandé des comptes et pour cause !
    il a longtemps manipulé les touaregs,annexé injustement la bande d’aouzou et l’irredentisme tribal dans la region.il a voulu à un certains moment livré au polisario des pieces d’artillerie de longue porté dont ne disposent pas les armées modernes.il a été au darfour et a participé de façon directe et indirecte dans ce conflit.au burkina fasso aussi.partout,un acteur et un bailleur de fond dans tous les foyers de tension en afrique et partout.
    la politique de la france ,on la connais déja.mais de la à faire de khadafi un leader pan-africain est un non sens.
    sa politique en libye est axé sur le séparatisme entre les tribus.aujourd’hui ce pays souffre de son lourd heritage.
    jacob zuma,n’est pas different de sarkozy ou de khadafi,son seul interet est l’uranium des touaregs ni plus ni moins.pourquoi,vouloir cacher cette verité ?

  • permalien ben ramden :
    13 avril 2012 @05h33   « »

    juste un tout petit message pour mes freres marocains maliens.oui mes freres.moi je suis déja un africain.la situation au mali a toujours constiué pour moi personnellement un sujet de consternation.j’ai des origines maliennes,etant negro africain,arabo-berbere,d’origine hebraique aussi et meme portuguaise.
    une des mes grandes meres fille d’esclave venus du mali.je me vante de cette racine.,une grande majorité de maliens sont d’origine marocaine qui ont eu une attache solide depuis l’epoque d’al mansour edahbi avec le royaume cherifien.les touaregs,je les apprecie beaucoup,des gens toujours fidels à eux meme.mes ancetres ont eté des hommes du désert,ils ont combattu depuis le 16 siecles les portuguais qui voulait s’emparer du littorale marocain, des champs de cereale et la canne à sucre et la soie.une de mes grandes méres est portugaise.ou commence et se termine l’arabo-berbere et le negro -africain ?
    je regrette de le dire,le malheur de ce pays est endogene et en meme temps exogéne.il ya une conjuration interieure et exterieure qui s’accentue davantage contre ce pays pour le disloquer et profiter de ses richesses.nul intervenant n’est animé par de bonnes intentions humanitaires,il veut se tailler sa part du butin et apres c’est le déluge.
    l’union africaine n’a rien fait contre l’otan,ni pour sauver khadafi de son triste sort,ne peut rien faire pour le mali sauf pour cautionner faciliter aux grandes puissances de s’immiscer dans les affaires interieure de ce pays.aucune armée africaine ni capable de contrecarrer le banditisme dans la région sauf pour profiter de la manne de ce trafic .

  • permalien L’homme de Timbouktou :
    13 avril 2012 @06h39   « »

    En effet, si on devait donner a chaque ethnie son territoire déjà dans le nord du Mali il faudrait un état pour nous aussi les arabes, car on ne va jamais accepter de se faire gouverner par une minorité Tamachèque (Touareg). De même, je pense que les Sonrai aussi vont réclamer leur état... les maures et puis les peulhs.

    Dans cette zone, il n’a jamais eu d’état ou même de royaume Tamachecque. Pourtant ont existé les empires du Ghana au 7eme Siècle, l’empire du Mali, l’empires Sonrai et enfin les Almoravides arabes qui ont fait la dernière conquête avant l’arrivée des colons.

    Vraiment, ceci est chao crée par le gouvernement et les medias français. C’est vraiment absurde de penser de créer un état pour des nomades qui sont d’origine berbère en Kabylie. Pourtant l’état malien a investit au 1,500 milliards de FCFA ces dix dernières années au Nord pour apaiser les tensions avec Bamako. Je suis sur que les peuples du sud sont très jaloux de ces dépenses dans une zone qui n’a pas d’eau et pas de terres pour l’agriculture. D’ailleurs l’état malien venait juste de conclure le financement d’un grand barrage hydro-électrique à Taoussa. A l’image du barrage de Manantali a l’ouest, ce barrage avec le Niger et le Nigeria aurait pu cas même amener de l’eau, de l’électricité et un peu d’espoir dans cette zone.

    En résumé, le gouvernement de Sarkozy était très mecontent de ATT et ne se donne pas le gène de punir tout un peuple avec de pertes de vie humaines considérables. Simplement parce que ATT ne voulait pas dépenser son argent pour les armes et combattre AQMI. Cette vérité peut choquer mais elle est ce qu’elle est, car ATT ne voyait pas pourquoi il doit dépenser dans les armes pour garder les mines d’Uranium d’Arlit au Niger que visait AQMI. Comme s’il ne suffisait pas de donner la vie de nos enfants pour combattre AQMI. Et jusqu’à preuve de contraire, personne ne puisse encore dire ou indiquer qu’ATT avait un compte bancaire a l’extérieur du Mali. Combien de dire que même les ministres qui volent ont de la peine à nourrir convenablement leurs familles aux familles. En moyenne 50% des revenus familiaux vont dans la bouffe et après le téléphone portable (10 euros /jour en moyenne) et le carburant (1.3 euro/litre). Dans ces situations comment peut-on dépenser dans les armements que seul Kadhafi pouvait se permettre d’acheter avec l’argent du pétrole ?

    C’est vraiment dommage que les blancs ne comprennent pas nos souffrances !

  • permalien ben ramden :
    13 avril 2012 @08h28   « »

    laissez moi vous dire,ça peut paraitre simpliste,qu’est ce que c’est que l’AQMI ?CE PETIT réseau de ce grand réseau.rien qu’un petit gropuscule qui navigue à sa guise dans cet immense désert.une pure creation de ceux qui font semblant de le combatre dans ce simulacre de guerre inventé,pour mieux assurer leur mainmise sur la région.c’est une affaire de quelques mois et peut etre moins,pour une armée rodée à l’exercice du guerilla.ce gropuscule,a fat des tentatives pour corrompre des gardes frontieres,dans les frontieres lesmieux surveillées dans la region,elle s’est fait vite repérée.ceux qui utilisent ce petit réseau,veulent à tout pris,faire criore aux autres qu’ilss’agit là d’un danger reeel.en fait,il veulent priver les autres d’une gloire,en finir avec dans un laps de temps le plus court.c’est une supercherie,un mensonge inventé de toute piece.

  • permalien Sakhra :
    14 avril 2012 @23h46   « »

    Sahel : « l’Etat algérien n’a pas une grande marge de manœuvre »

    aux côtés du MNLA, activent d’autres organisations armées proches de la mouvance d’Al Qaida : le groupe wahhabite, Ansar Eddine, dirigé par un ancien consul malien en Arabie Saoudite, le Mouvement de l’Unicité et du Jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO) qui est une dissidence d’AQMI et enfin au moins trois groupes armés appartenant à cette dernière.
    ...
    On voit mal l’Algérie s’embarquer dans une telle aventure même si elle a intérêt à en découdre avec les groupes d’AQMI qui menacent régulièrement sa sécurité nationale. D’une part, il est difficile d’envisager une entrée en guerre de l’Algérie contre le mouvement séparatiste Touareg pour la raison simple qu’elle doit ménager sa propre minorité touarègue du Hoggar et du Tassili. D’autre part, un tel engagement risque de pousser tous les mouvements Touaregs dans les bras des organisations djihadistes qui contrôlent actuellement plusieurs endroits de l’Azawad alors que la stratégie algérienne consiste jusqu’ici à s’appuyer sur les mouvements rebelles Touaregs pour combattre les groupes affiliés à AQMI et à neutraliser les autres groupes salafistes comme « Ansar Eddine » qui n’ont jamais perpétré des actions armées sur le territoire algérien.

    Cependant, la coopération de l’Algérie sur le terrain avec le MNLA, qui a déjà proposé ses services en vue de libérer les otages algériens, a des limites dans la mesure où elle risque d’être interprétée à Bamako comme un soutien déguisé aux rebelles Touaregs. Ce risque est d’autant plus grand que des voix irresponsables s’élèvent en Algérie pour appeler à soutenir le séparatisme Touareg au Mali avec une arrière-pensée à peine cachée d’un effet domino qui arrangerait bien les calculs de ceux qui agitent le slogan commode d’un « fédéralisme » concocté dans des laboratoires étrangers bien connus en vue de porter atteinte à l’intégrité territoriale de l’Algérie.

    http://www.algerieinfos-saoudi.com/...

  • permalien Sakhra :
    14 avril 2012 @23h57   « »

    DÉCLARATION D’INTELLECTUELS, HOMMES ET FEMMES DE CULTURE
    SUR LA RÉBELLION AU NORD DU MALI

    Nous sommes dans un processus programmé de désintégration de l’Etat et de cristallisation des identités ethniques et régionales. De ce point de vue, nous questionnons même la genèse de l’appellation « régions du Nord ».
    N’y a-t-il pas une volonté d’affaiblir des Etats de la CEDEAO et l’Organisation elle-même ?

    N’allons-nous pas vers une résurgence du vieux projet de l’Organisation des Etats Riverains du Sahara (OERS) ?

    Après le découpage du Soudan, nous sommes en droit de nous interroger sur l’intention des pays de l’OTAN de procéder à une nouvelle balkanisation de l’Afrique. Ne sommes-nous pas de fait en présence d’un processus de dépossession des ressources agricoles et minières africaines, qui constituent aujourd’hui une partie importante des réserves mondiales pour la relance de la croissance économique globale ?

    De l’approche globale que nous privilégions, il ressort que l’issue à cette guerre fratricide récurrente n’est ni militaire ni financière mais politique, économique, sociale, culturelle et diplomatique.

    http://www.socialgerie.net/spip.php...

  • permalien Salem L :
    15 avril 2012 @15h56   « »

    La menace de l’intégrité territoriale de l’Algérie, si menace, il y’a , incombe principalement aux despotes d’Alger, qui au nom d’un panarabisme, sans queue, ni tete ont cru que l’histoire a fermé alors qu’elle est en perpétuel bouleversement ! Faire accroire, l’idée selon laquelle, seuls les baathistes se soucient du devenir de l’Algérie frise le ridicule car lorsqu’on prétend aimer son pays, on le sert loyalement, pas en se servant de lui, en le pillant et en faisant de lui, le dernier de la classe et il est impossible que les choses continuent d’évoluer de cette manière car il y va de l’avenir d’une nation qui est le dernier souci de ce régime et des voleurs qui l’applaudissent ! Quand à l’Azawad, les memes causes produisant les memes effets et le comble c’est que ceux qui sont historiquement minoritaires, voient dans les majorités, des minorités, faites pour etre dominées par des charognards qu’ils soient au Mali ou en Algérie et ailleurs

  • permalien nadarlana :
    17 avril 2012 @01h35   « »

    Pourquoi ne lit-on nulle part que Aqmi est probablement une émanation des généraux algériens ? Partant de là l’enlèvement au consulat ressemble à un spectaculaire moyen pour donner aux islamistes beaucoup d’importance est ainsi justifier un interventionnisme lié à la lutte contre le terrorisme islamiste. Parallèlement le MNLA ne dit nulle part qu’il souhaite créer un état ethnique touareg, il propose au contraire une démocratie laïque.
    Dans ce cas c’est peut-être areva qui a du souci à se faire et qui devra peut-être raquer plus cher ce qui serait tout bénef pour les gens de cette région.
    La question est donc de savoir si le Mnla maitrise aussi bien la situation qu’il le prétend. Car s’il parvient à mettre hors d’état de nuire Aqmi les puissances occidentales auront du mal à s’en désoler...

  • permalien bob :
    30 avril 2012 @10h13   « »

    et les etats unis,que font ils ?leur principal souci est de sanctuariser israel,ils se fouttent eperdumment si les djihadistes font main basse sur le sahel...

  • permalien lewat :
    8 mai 2012 @15h08   «

    l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme n’a aucun sens, c’est une notion dépassées, cependant pendant longtemps ça a servi tous les dictateurs et sanguinaires chefs d’états africains et arabes. je ferais remarquer que tous les états africains et arabes sont des états éthniques (au nord les royaumes arabes, au sud les royaumes africains tous racistes, favorisant respectivement les éthnies "arabes" et noires. Dans le cas du mali l’éthnie raciste bambara s’impose et domine le mali en réduisant les tuaregs à l’esclavage. le même sénario raciste se reproduit dans toute l’afrique
    curieusement le mali reconnait la république (éthnique) arabe sahraouie comme l’union africaine d’ailleurs, mais ne reconnais pas la république AZAWAD (majoritairement Tuareg, mais d’autres éthnies y participent).
    le royaume arabe alaouite du maroc, le royaume arabe de boutef (algerie), le royaume arabe de merzouki (tunisie), libye, egypte, soudan, somalie, niger, sénégal, côte d’ivoire, nigeria, congo, ......., sont tous des royaumes éthniques racistes et sous domination occidentale.
    Ceci explique les graves problèmes qui empoisonnent le continent africain incapable de s’organiser dans le respect de la démocratie et des minorités éthniques.
    en afrique les arabes et les noires ont pour seul objectif de gommer les différentes ethnies berbères autochtones et porteuses de civililisations.
    les arabes, minoritaires en afrique mais très puissants financièrement ont réussi à arabiser tout le nord de l’afrique grace aux soutient de la france et des vrais arabes asiatiques (riches en pétrodollars, mais sous domination américaine).
    En dehors du coran et des pétrodollars, les arabes n’apportent rien à l’afrique (hormis le pillage, l’esclavage, le terrorisme, le racisme et l’islamisation forcée).
    curieusement les pays d’afrique noire soutiennent le colonialisme arabe en afrique du nord et sur l’ensemble du continent et personne ne bouge le petit doigt.
    les arabes ont prèsque réussi à irradiquer totalement la culture et la civilisation des autochtones berbères de l’afrique du nord et de certains pays africains à l’instar du soudan et, somalie, mauritanie, ....
    il est donc tant de redessiner la carte de l’afrique et remettre chaque peuple à sa place afin d’y remédier au désordre colonial.
    kadhafi est le seul "arabe" à s’opposer au colonialisme arabe (sous couvert de l’islamisme), mais victime de la coalisation franco-arabe il a été renversé et masacré sauvagement.
    vive la république azawad

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