Le Monde diplomatique
Accueil du site > Régime d’opinion > La référence à Philippe Pétain

La référence à Philippe Pétain

lundi 30 avril 2012, par Alain Garrigou

Le ton a monté dans la campagne de l’élection présidentielle de 2012. Rien que de très normal dans une période électorale ? En l’occurrence, il y a des raisons supplémentaires. La plus apparente est le score du Front national (FN) qui amène le président sortant à droitiser sa campagne pour bénéficier des reports de vote. Un peu plus encore qu’en 2007, où il avait ponctionné une partie de cet électorat dès le premier tour. Cette fois, il ne peut donner l’illusion de la nouveauté et se trouve condamné à la surenchère. Il n’a changé ni d’inspiration, ni de conseiller. Un surcroît de droitisation s’est donc exprimé dans les mots dès la campagne du premier tour, avec encore un durcissement avant le deuxième. Il était fatal, dirait un observateur distant, que la riposte marque aussi un durcissement. Comme Clausewitz évoquait une logique d’ascension aux extrêmes à propos de la guerre, la compétition politique subirait la même fatalité... sauf le passage à la violence physique. En tout cas, en France et aujourd’hui, car la montée en tension des campagnes électorales continue souvent au-delà des normes pacifiées de la compétition démocratique. Comparer un président de la République en exercice à Philippe Pétain, ce n’est pas seulement un argument outrancier de la polémique politique. C’est évoquer une figure dictatoriale qui a aboli la République et appelé à la collaboration d’Etat avec l’occupant nazi. Ce chef de l’Etat français, après avoir été adulé par un peuple en détresse, a été condamné à mort à la Libération et gracié à cause de son grand âge. Le syndrome de Vichy continue manifestement d’habiter le présent.

L’historien se méfie de ces parallèles, même s’ils appartiennent à un procédé classique de l’historiographie. Depuis Plutarque et ses « Vies parallèles », où les biographies étaient menées par paires (Périclès-Fabius Maximus, Alcibiade-Coriolan, etc.), la comparaison et la référence ont toujours servi à comprendre l’histoire. Celle-ci fut d’ailleurs l’école qui offrait des modèles aux gouvernants. Aujourd’hui serait-ce seulement un procédé de lutte électorale pour se grandir ou discréditer l’adversaire ?

En faisant la part de ce qui revient aux débordements polémiques, l’historien doit bien s’arrêter à ces évocations historiques plus rares qu’auparavant. Il le doit d’autant plus qu’elles peuvent paraître tout sauf anodines. Car certaines comparaisons sont aussi graves si elles sont fausses que si elles sont exactes. Ce serait tellement plus commode que de mettre cela sur le compte de l’excès polémique. Mais quelle que soit cette part, la référence à Philippe Pétain aujourd’hui ne peut laisser indifférent et surtout sans analyse.

Le « parallèle » Pétain-Sarkozy s’appuie sur des affinités doctrinales. La référence au collaborationnisme, encore plus grave, est imparable puisque la proposition venait d’abord de Philippe Pétain après l’entrevue de Montoire avec Hitler. La proposition de Nicolas Sarkozy de faire du 1er mai la fête des « vrais travailleurs » peut être comprise comme une provocation habile (?) à l’égard de ces syndicats de salariés, « de gauche », qui exacerbent si facilement l’hostilité à droite. Une manière aussi de contester le monopole du 1er mai à la tradition ouvrière, depuis les émeutes de Chicago de 1886, comme le FN l’a fait en fêtant Jeanne d’Arc le même jour. Jeanne d’Arc était donc « prise » — et qui s’en préoccupe aujourd’hui ? Le FN n’a pas eu l’idée de faire du 1er mai la fête des « vrais travailleurs ». Peut-être parce que cela aurait rappelé Vichy. L’ancien secrétaire général adjoint de la CGT, René Belin, rallié au régime de Vichy (l’« ouverture »), avait convaincu le maréchal Pétain de fêter le 1er mai [correction : et non le « vrai travail »]. Une occasion supplémentaire d’alimenter le culte de la personnalité. Cela ressemble à s’y méprendre à la proposition de Nicolas Sarkozy. Ce n’est qu’un écho de Vichy parmi beaucoup d’autres sur la protection nationale (« la France aux français »), les mesures anti-naturalisation [1], etc. L’ensemble a bien des affinités avec l’idéologie vichyssoise, culturellement et économiquement protectionniste, tournée vers la protection par un chef, plus ou moins xénophobe, mais favorable aux puissants (le grand patronat français n’avait jamais été aussi fort que sous Vichy). Devant ce constat, l’historien des idées irait chercher les sources de convergence. Il les trouverait d’abord dans les hommes, bien forcé de remarquer la présence de conseillers situés à l’extrême droite dans l’entourage politique.

La place du conseiller Patrick Buisson a été amplement soulignée par la presse, par le président lui-même lors d’une cérémonie de remise de légion d’honneur, puis confirmée par les proches du président-candidat. Souvent pour la déplorer. Patrick Buisson a publié un ouvrage sur Vichy dont le titre racoleur (1940-1945. Années érotiques) laisse dubitatif. Réticents à se préoccuper de ce genre de sous-littérature historienne, les historiens de métier l’ont ignoré. Une seule recension en livre la substance : « Son livre apporte peu de connaissances sérieuses sur la période dont il traite, mais il offre en revanche un point de vue saisissant sur la France de M. Sarkozy, sa curieuse vision de l’histoire, et surtout la manière dont le virilisme s’y trouve érigé à la fois en grille de lecture du monde et en mode de gouvernement » (Sylvie Tissot, « Vichy, les femmes et le sexe, Le Monde diplomatique, mai 2009). Le titre cache mal une version édulcorée de révisionnisme qui excuse largement le régime de Vichy de ses fautes. Le principe femelle de la France dominée par une Allemagne mâle, cela ressemble même à la pensée d’un éminent juriste et ministre de Vichy, Abel Bonnard. Sachant que Patrick Buisson a été nommé en 2007 directeur de la chaîne Histoire, propriété du groupe Bouygues, on ne minimisera pas le travail d’influence opéré par un homme qui cite Gramsci — le théoricien de la guerre des idées, et non le marxiste, bien sûr. On se prend à regretter un temps où le pouvoir politique confiait la présidence d’une chaîne (La Sept) à un grand historien comme Georges Duby.

Ce n’est évidemment pas une coïncidence si un second homme particulièrement présent dans la campagne de Nicolas Sarkozy est lui aussi un ancien du FN, lui aussi un catholique intégriste et a lui aussi fait des études d’histoire [2]. Selon les médias, Guillaume Peltier a Patrick Buisson pour mentor. Il est vrai que les affinités ne s’arrêtent pas là et qu’il est aussi passionné de sondages que son aîné, ayant créé « La lettre de l’opinion », comme le premier avait créé « Politique Opinion — Faits et chiffres » et se vante aussi de décrypter l’opinion. Quelle est donc cette appétence des historiens sans formation spécialisée pour les sondages, sinon la croyance d’avoir trouvé une clef de l’action politique ? Rien à voir avec Vichy, répliqueront les esprits chagrins. Erreur : Vichy avait beaucoup misé sur la statistique sociale.

L’historien des idées chercherait encore du côté des courants idéologiques et insisterait sur l’inspiration maurassienne. Cette qualification ne parle plus forcément à l’esprit de beaucoup de contemporains. On la retrouve pourtant aujourd’hui sous plusieurs plumes à propos de Patrick Buisson, « issu de la droite maurassienne ». S’agit-il de donner quelque aura à un vulgaire pétainisme ou de ne pas risquer le procès ? On sait que Charles Maurras n’inspire plus grand monde de manière explicite : ses appels au meurtres contre les juifs, Blum ou Salengro (il a réussi), sa condamnation à la Libération l’ont discrédité. A côté de ces défauts, il importe peu qu’il soit aussi un piètre penseur. Maurras fut donc l’homme qui vit une « divine surprise » dans l’arrivée au pouvoir de Philippe Pétain. Il fut celui qui inspira le maréchal : l’ancien chef de l’Action française était un agnostique sinon un athée qui pensait que la religion était nécessaire au peuple pour le contrôler ; il était un ennemi juré des juifs, des francs maçons, des étrangers et des protestants. Les haines de Vichy (sauf le quatrième terme). Le prophète du nationalisme intégral n’échappa pas à la contradiction du régime qui aboutit à la Collaboration sous couvert de patriotisme. Il fut enfin l’homme sourd et obstiné qui ressassa les vieilles haines jusqu’au bout en lançant au verdict de son procès : « C’est la revanche de Dreyfus ! »

Telle pourrait être un début de réponse de la philosophie politique et de l’histoire des idées. Cela ne suffit pas. Si le retour d’idées discréditées, tant elles sont associées aux crimes de la seconde guerre mondiale, est une question réellement posée, comment peut-on l’expliquer ? L’historien doit alors se faire sociologue, pour savoir s’il existe des conditions sociales homologues. L’histoire est singulière quand il s’agit d’évoquer les événements et les personnages, mais pas les processus. La crise des années 1930 avait radicalisé les Français dans les deux sens. Le Front populaire avait marqué une radicalisation à gauche qui a largement masqué dans la mémoire la radicalisation inverse. Cette dernière conduisit une partie du patronat français à soutenir les tendances les plus radicales de l’extrême droite, comme le Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot. Cette droitisation a touché les milieux populaires d’autant plus qu’ils étaient affectés par l’incapacité des gouvernements à agir. En 1935, Pierre Laval a été le plus incompétent dirigeant qui mena une politique de déflation accentuant encore la récession. Sans doute dans les pays voisins, les fascismes ont-ils relativisé la droitisation de la société française — malgré le 6 février 1934 — et fait croire à une « allergie française au fascisme » [3].

Il est toujours surprenant de constater que les pauvres puissent être tentés par l’extrême droite. Ce n’est pourtant qu’une banalité de la condition des « petits blancs », ainsi qu’on désignait après la guerre de Sécession aux Etats-Unis les Blancs pauvres du Sud, plus racistes que tous les autres parce qu’ils se sentaient plus menacés par les Noirs qui leur étaient inférieurs. La peur du déclassement n’est pas abstraite mais se fonde sur les rapports concrets de la vie ordinaire. Fussent-ils fantasmatiques comme dans le Sud raciste américain. La proximité matérielle et spatiale nourrit le racisme et l’extrême droite, qui apportent des réponses simples et rattachées à l’expérience, même si celle-ci est trompeuse. Dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, il est frappant de constater combien les suffrages en faveur des nazis suivirent la courbe du chômage. Le nazisme s’est fondé sur l’antisémitisme, non point une partie de son programme mais son ressort car il répondait à l’angoisse du déclassement de nombreux Allemands en créant une catégorie paria qui grandissait à l’inverse tous ceux qui n’en étaient pas — les membres du volksgemeinschaft [4]. On voit bien comment aujourd’hui, l’immigré, non plus le juif mais le musulman à moins que ce ne soit l’arabe, sert de classe paria pour à la fois effrayer et rassurer les Français apeurés par le déclassement [5].

Un point de vue commode dans les cercles intellectuels et médiatiques est de stigmatiser le FN comme force politique représentant cette extrême droite pétainiste et d’en évaluer l’importance au gré des fluctuations de ses scores électoraux. On peut craindre que ce ne soit minimiser cette force politique. A en juger non seulement par les discours de Nicolas Sarkozy, mais aussi par ceux de ses fidèles comme la droite populaire de Lionnel Luca ou de Laurent Wauquiez, mais aussi à observer les militants du parti du président, leur sociographie et leurs réactions dans les meetings et sur les forums internet, il semble bien que l’UMP soit aujourd’hui un parti néopétainiste. Pour une formation qui vient historiquement du gaullisme, c’est, au mieux, un sacré paradoxe.

Ce n’est pas une conclusion rassurante. Le plus sûr indice en est la place nouvelle du vote d’extrême droite dans les catégories des jeunes les plus touchées par le chômage [6]. La défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai ne ferait qu’enregistrer le fiasco d’un chef et de son équipe. Le péril en serait-il amoindri ? Il ne faut jamais jouer la politique du pire. Mais le péril subsistera tant que nos sociétés ne sortiront pas de la crise. Et quoiqu’il en soit de la majorité, il restera, même en cas de victoire démocratique, une infinie tristesse d’en être là. Autant de citoyens encore tentés par les solutions autoritaires et racistes, sans en comprendre les implications sans doute, c’est déjà désespérant.

À noter : dans le numéro de mai du Monde diplomatique Alain Garrigou signe un article sur le système Sarkozy — en vente en kiosques.

Notes

[1] La loi du 22 juillet 1940 a instauré une commission de révision des naturalisations accordées depuis 1927. Cf. Michèle Cointet, Nouvelle histoire de Vichy, Fayard, 2011, p. 243.

[2] Patrick Buisson est titulaire d’une maîtrise d’histoire ; Guillaume Peltier a obtenu un Capes et exercé brièvement le professorat.

[3] Michel Dobry (sous la direction de), Le Mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, 2003.

[4] Harald Welzer explique bien comment l’antisémitisme opère comme un anoblissement absolu particulièrement séduisant pour ceux qui sont menacés d’un déclassement absolu : Les Exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse, Gallimard, 2009, p. 81.

[5] Lire Alain Gresh, « La chasse aux musulmans est ouverte », Nouvelles d’Orient, 26 avril.

[6] A en juger par des sondages insuffisants car portant sur des sous échantillons réduits qui, de surcroît, excluent les plus nombreux, les abstentionnistes.

25 commentaires sur « La référence à Philippe Pétain »

  • permalien rscarcpac :
    30 avril 2012 @18h22   »

    Peut-on avoir la référence où belin parle de "vrai travail" ? Il semble que l’expression ne soit pas vichyssoise mais que des affiches habilement photoshoppées aient induit en erreur pas mal de monde.

  • permalien Yvan :
    30 avril 2012 @18h27   « »

    Il faut expliquer que cette comparaison avec Philippe Pétain, n’est pas une "insulte électorale", mais qu’elle est revendiquée par Nicolas Sarkozy comme hier sur France2 où il se référait au discours sur "un vent mauvais".

    Discours qu’il n’est pas inintéressant de relire car il possède de nombreuses thématiques de la campagne de Sarkozy.

  • permalien Nicognito :
    30 avril 2012 @18h58   « »
  • permalien Ym :
    30 avril 2012 @19h42   « »

    tout ça c’est du vent ! en tout cas Sorel se retournerait dans sa tombe s’il savait à quel point les syndicalistes sont impotent : à preuve leur incapacité à entrer dans la critique de la concurence ( l’import) faite du vol de la protection sociale des travailleurs alors après souscrire au candidat untel c’est le gage de l’impuissance organisationnelle à lutter sur le terrain de l’économie ; ( et la référence à la " collaboration" doit on l’écouter sans la référence à l"occupation" ) à petit malin petit malin et demi

  • permalien Jordi Grau :
    30 avril 2012 @19h52   « »

    A Yvan

    Qu’il y ait des similitudes entre Sarkozy et Pétain, c’est incontestable. Mais la référence au "vent mauvais", en l’occurrence, n’est pas très probante. Si j’ai bien entendu ce que dit Sarkozy dans la vidéo, il conteste l’idée qu’il y a - comme le prétend Lang - un "vent mauvais" qui souffle sur la France. En d’autres termes, il essaie de nous dire que ce n’est pas lui qui tient un discours pétainiste, puisqu’il récuse l’expression même de "vent mauvais".

    Par contre, le fait qu’il fasse un appel du pied aux électeurs du FN est évidemment significatif, et contribue à renforcer l’idée qu’il y a une proximité idéologique entre notre Président bien-aimé et le regretté Maréchal.

  • permalien Marcel :
    30 avril 2012 @20h33   « »

    @ Jordi Grau

    "proximité idéologique entre Sarkozy et Pétain..."

    Franchement je ne suis pas certain que Sarkozy ait tant d’idéologie que ça. Je pense au contraire qu’il incarne à peu près parfaitement ceux que l’on nomme "opportunistes". Si la mode qui trotte voulait qu’un Stalinien eut le poids qu’a aujourd’hui Marine Le Pen Mr Sarkozy épouserait sans état d’âme l’ "idéologie" de Staline. Ce ne sont pas ses idées qui font de Sarkozy un homme dangereux mais sa nature. Sa soif du pouvoir relève d’une pathologie et lorsqu’il nous dit que s’il abandonne la politique il se consacrera à l’argent je soupçonne qu’il ne se consacrera à l’argent que parce que ce dernier est un moyen de pouvoir. Posséder des biens et en jouir l’intéresse sans doute moins qu’imposer son pouvoir à autrui ou au moins le montrer. Le peuple de France a commis une erreur en élisant ce malade, avouant ainsi au monde que faire jouer ses muscles était un fantasme collectif très français ; espérons que cette erreur ne sera pas répétée

  • permalien Nathan :
    30 avril 2012 @21h14   « »

    Sarko n’est pas plus pétainiste qu’il n’était communiste lorsqu’il faisait lire la lettre de Guy Môquet dans les écoles. C’est un politicien ventriloque, une sorte de Zelig qui surfe sur la vague et fait des emprunts à gauche ou à droite par pur opportunisme et en fonction de considérations tactiques. L’idée que Sarkozy se fait du travail n’a pas grand chose à voir avec l’image héroïque du travail au sein d’une société organique et réconciliée qui prévalait du temps de Vichy. Le travail pour un libéral comme Sarkozy, c’est l’autonomie, la libre entreprise, l’initiative. C’est un tout autre monde. Pour Vichy, les corps intermédiaires étaient à éliminer parce que trop progressistes et fauteurs de division sociale et nationale. Pour un libéral comme Sarkozy, les corps intermédaires sont un facteur de conservatisme et de sclérose. Ce n’est pas du tout la même chose.

  • permalien Jordi Grau :
    30 avril 2012 @22h20   « »

    A Marcel et à Nathan

    Je crois qu’on juge de l’idéologie de quelqu’un à ses actes plus qu’à ses discours. Du point de vue du discours, il est clair que Sarkozy a fait feu de tout bois. Ce fut un temps sa force, d’ailleurs. Mais la politique qu’il a menée est bien plus cohérente que ses paroles : accentuation du côté monarchique de la cinquième république, lois sécuritaires, politique fiscale favorable aux riches, contre-réformes sociales, affaiblissement de la fonction publique, etc.

    Quant à la différence entre l’antisyndicalisme de Pétain et celui de Sarkozy, elle ne me paraît pas si grande que vous le dites, Nathan. Certes, Sarkozy reprend la phraséologie libérale. Il prétend incarner la "réforme" contre le "conservatisme" et la "sclérose". Il est clair que plus personne en France ne peut se réclamer ouvertement d’une idéologie conservatrice ou réactionnaire. Nous ne sommes pas en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, où l’épithète de "conservative" n’est pas forcément perçue comme péjorative. Mais les changements que Sarkozy a mis en oeuvre sont typiques d’une pensée conservatrice, voire réactionnaires : ils visaient à défaire tout l’héritage du Conseil National de la Résistance, selon les voeux du Medef (cf. les propos de Denis Kessler à ce sujet il y a quelques années). Toutes ces prétendues "réformes" sont en réalité des régressions.

    Pour terminer, je rappellerai que cet habillage moderniste de la réaction était déjà présent à l’époque de Pétain, puisque celui-ci était censé mettre en oeuvre une "révolution nationale". Je crois que Pétain lui-même n’appréciait guère ce vocable, mais ses conseillers avaient sans doute dû penser qu’il était préférable à celui de "restauration".

  • permalien l’équipe du Monde diplomatique :
    30 avril 2012 @23h01   « »

    @rscarcpac vous avez raison de souligner cette erreur. Alain Garrigou nous avait demandé de rectifier ce passage, mais nous n’avons pris connaissance de son message qu’après la mise en ligne. Le texte a désormais été corrigé. Avec nos excuses.

  • permalien Yvan :
    30 avril 2012 @23h04   « »

    Jordi Grau : "il conteste l’idée qu’il y a - comme le prétend Lang - un "vent mauvais" qui souffle sur la France."

    Vous avez mal entendu, il faisait dire à Hollande, des propos qu’il n’a jamais prononcés... Mais c’est bien Sarkozy qui les prononce.

    Quelqu’un dans l’opposition ne peut pas prononcer ces mots, parce qu’il est "le vent mauvais".

    Visiblement vous êtes de ceux pour qui 5 ans de sarkozisme, n’ont pas suffi. L’expression "droite décomplexée" ne serait en quelque sorte qu’une figure de rhétorique. Demandez vous par rapport à quoi la droite française devrait avoir des complexes, et vous entendrez autrement les discours de Sarkozy.

    S’il y a eu une constante pendant ces 5 années, ça a bien été la destruction systématique, de tout ce qui constitue la république. Justice, éducation, solidarité, citoyenneté, tout a été obstinément piétiné, dépecé, laminé (tout ce qui pour Pétain constituait la "faute" pour laquelle les Français devaient expier).

    Relisez Pétain :

    Le trouble des esprits n’a pas sa seule origine dans les vicissitudes de notre politique étrangère. Il provient surtout de notre lenteur à reconstruire un ordre nouveau, ou plus exactement à l’imposer. La révolution nationale, dont j’ai, dans mon message du 11 octobre, dessiné les grandes lignes, n’est pas encore entrée dans les faits. Elle n’y a pas pénétré, parce qu’entre le peuple et moi, qui nous comprenons si bien, s’est dressé le double écran des partisans de l’ancien régime et des serviteurs des trusts. Les troupes de l’ancien régime sont nombreuses ; j’y range sans exception tous ceux qui ont fait passer leurs intérêts personnels avant les intérêts permanents de l’Etat : maçonnerie, partis politiques dépourvus de clientèle mais assoiffés de revanche, fonctionnaires attachés à un ordre dont ils étaient les bénéficiaires et les maîtres, ou ceux qui ont subordonné les intérêts de la patrie à ceux de l’étranger.

    ... et vous entendrez Sarkozy. Remplacez "ancien régime" par république, "révolution nationale" par "réformes" et "ordre nouveau" par "restauration", et vous saurez de quoi Sarkozy parle. Par ce que c’est ainsi que la droite a toujours fonctionné, en se réclamant de ce qu’elle veut détruire.

    ... et le plus beau, c’est que Sarkozy, l’assume,. Il fait un procès à Médiapart pour l’affaire Kadhafi, mais ce garde bien d’attaquer l’Humanité, parce que Pétain, la honte de la droite française, c’est loin et parce que les Français ont oublié ce qu’est réellement la droite.

  • permalien lcparis20 :
    30 avril 2012 @23h06   « »

    Toute l’ambiguïté vient aussi du fait que dans le gaullisme il y a toujours eu une composante pétainiste (pour certains militants et sympathisants en tout cas, le passage de l’un à l’autre étant courant pendant ou après la libération). Il est vrai qu’aujourd’hui cette tendance paraît plus forte que jamais, cela dit le 30 mai 1968 des slogans comme "La France aux Français" étaient audibles dans la grande manifestation gaulliste sur les champs élysées si on en croit des témoignages, par exemple http://membres.multimania.fr/mai68/...

    Attention en le rappelant on ne légitime pas la xénophobie (la signification du slogan est différente alors, l’immigration étant un thème peu évoqué par les médias et les partis politiques), mais on rappelle que le succès du gaullisme - y compris dans son action sociale, ou comme avec la décolonisation de l’Algérie - a largement résidé dans cette ambiguïté (dont le régime de la Ve république, démocratie très monarchique, est une conséquence évidente). Espérons qu’on en sortira un peu le 6 mai.

  • permalien Jordi Grau :
    30 avril 2012 @23h20   « »

    A Yvan

    Il est possible que j’ai mal entendu ce que disait Sarkozy. Mais vous, de votre côté, vous m’avez mal lu, puisque vous écrivez :

    Visiblement vous êtes de ceux pour qui 5 ans de sarkozisme, n’ont pas suffi. L’expression "droite décomplexée" ne serait en quelque sorte qu’une figure de rhétorique. Demandez vous par rapport à quoi la droite française devrait avoir des complexes, et vous entendrez autrement les discours de Sarkozy.

    Dans un message adressé à Marcel et à Yvan, je rappelais à quel point toute la politique menée par Sarkozy avait correspondu aux voeux du Medef : défaire systématiquement le programme du Conseil National de la Résistance. Si, après cela, vous jugez que je n’ai pas encore compris la nature du sarkozysme, alors je ne sais plus quoi faire....

  • permalien Jordi Grau :
    30 avril 2012 @23h22   « »

    Erratum : je voulais dire "Dans un message adressé à Marcel et à Nathan" (et non "à Marcel et à Yvan")

  • permalien Jordi Grau :
    30 avril 2012 @23h23   « »

    Erratum :

    J’ai écrit : "Dans un message adressé à Marcel et à Yvan" au lieu de ""Dans un message adressé à Marcel et à Nathan".

  • permalien Yvan :
    30 avril 2012 @23h39   « »

    @ Jordi Grau,

    J’ai dû mal m’exprimer. Je ne vous suspecte pas de sarkozisme, mais de ne pas avoir saisi toute la subtilité du discours de droite (en réalité d’extrême droite). Qui fait dire "réforme", quand on fait des contre-réformes, "révolution" quand on fait des contre-révolutions, et quand on met dans la bouche de l’ennemi ce qu’on pense soi-même (ou comme dans ce cas, quand on veut faire passer un message subliminal).

  • permalien Jordi Grau :
    30 avril 2012 @23h49   « »

    A Yvan

    Nous sommes d’accord sur le fond. J’écrivais d’ailleurs la même chose que vous sur les mots "réformes" et "révolutions". D’ailleurs, cette rhétorique sarko-pétainiste est tellement répétitive qu’elle n’a plus rien de "subtil", et c’est pourquoi je pense l’avoir assez bien comprise.

    Cordialement,

    J.G.

  • permalien Hammett :
    1er mai 2012 @10h47   « »

    Laurent Wauquiez n’est pas membre de la droite populaire mais se veut le chef de file de la droite sociale. Cette précision n’est pas affaire de détail dans la mesure où si les membres de la première passent leur temps à lier immigration et insécurité, les militants de la seconde, eux, relient immigration et chômage. En outre, Wauqiez a écrit un livre sur les classes moyennes ("La lutte des classes moyennes") pour montrer qu’elles supportaient tous les sacrifices et payaient pour les plus modestes, les "assistés". Déjà, dans les années 30, de la Rocque se voulait le défenseur des classes moyennes (boutiquiers, employés,paysans propriétaires) contre le prolétariat "sous l’emprise communiste" et contre l’élite républicaine "corrompue".
    Vous avez raison, hélas, c’est une vraie rupture avec le gaullisme que cette évolution de l’UMP car le premier voulait rassembler tous les citoyens ; même si ce fut souvent une fiction bien faite pour s’imposer dans la compétition politique , les valeurs mobilisées n’avaient rien à voir avec la droite actuelle (même à l’époque du RPF). Comme vous, je crains le pire car une gauche pusillanime ne fera pas long feu et , sera vite menacée dans les urnes par une droite radicalisée et courant après le FN ; certes, les élections intermédiaires ne remettront pas en cause le pouvoir, mais on peut craindre qu’il prendra alors peur en donnant des gages à l’adversaire. De ce point de vue, la prudence du candidat socialiste n’est pas rassurante.
    PS Pour rester optimiste, je conseille la lecture faite ces jours-ci d’un magnifique petit bouquin de Gérard Noiriel qui dans un entretien paru en 2007 ("Le racisme, la responsabilité des élites" chez Textuel) montre que le vote FN n’est pas une fatalité.

  • permalien Houcine :
    1er mai 2012 @12h35   « »

    Philippe Pétain - Sarkozy, ou Tagore et Alexis de Tocqueville !

    Pétain et ses armées avaient subit leurs défaites dues aux »plans des entreprises de Roosevelt« et les pièges tendues aux »leaders du National Socialisme« , en quête d´étendre leur hégémonie sur l´Europe et détruire l´Union soviétique. Plan Marshall, la création du Pakistan et d´Israël trop peuplé par les sauvages russes, la soumission de toute la rive sud de la Méditerranée et l´alliance des ex patrons des pirates khaligis avec l´Empire du mal contre la souveraineté iranienne, ils expliquent la politique impérialiste qui vient de relever toute la longue et trop dure période coloniale.

    Quant à Nicolas qui n´est qu´un autre citoyen issu de l´exil de ses parents qui avaient dévalisé les hongrois, se refugiant en France, de rien, il est devenu haut cadre au sein de l´Etat français !

    Pétain, au moins fut un grand soldat, et il a inscrit son nom parmi tous ceux qui avaient fait face aux troupes allemandes pendant la première guerre mondiale. Sa défaite et collaboration sous l´infernale machine hitlérienne misant sur les 2 millions d´otages français, elles furent dues à plusieurs circonstances, sans exclure la volonté des gérants de l´autre puissante entreprise en mains de tous ceux qui ont bien su exploiter les conflits intereuropéens, la guerre mondiale et l´extermination de millions de victimes ! Quant à notre Sarko & Co., dans leur triomphe, ils n´ont fait que profiter des récents vents qui agitent les conflits des civilisations, le flux migratoire de nombreux damnés de la terre, la délinquance des jeunes dénués de tous les principes et valeurs humains, les drogues et la violence qui a profondément fatigué de nombreux français.

    Quoi que ce soit le résultat des œuvres, on ne devrait nullement comparer un grand soldat et un petit agent qui n´a jamais déguisé sa mauvaise volonté, son méchant comportement, sa collaboration avec les roitelets arabes les plus corrompus, la Cia, les redoutables racistes et les nombreux bourreaux israéliens.

    Houcine__

  • permalien Zakir :
    1er mai 2012 @15h27   « »

    Merci à Alain Garrigou pour cet excellent post et pour tout son travail de décryptage.

    Pour ceux qui douterait encore de l’orientation néo-pétainiste de l’UMP, voici l’interview de Gérard Longuet dans l’hebdo d’extrême-droite Minute, dans laquelle le Ministre de la Défense et ancien du mouvement Occident dénonce les socialos-communistes et tend la main à Marine Le Pen :

    http://www.slideshare.net/lesinrock...

  • permalien Judex :
    1er mai 2012 @22h07   « »
    Du gaullisme

    A en juger non seulement par les discours de Nicolas Sarkozy, mais aussi par ceux de ses fidèles comme la droite populaire de Lionnel Luca ou de Laurent Wauquiez, mais aussi à observer les militants du parti du président, leur sociographie et leurs réactions dans les meetings et sur les forums internet, il semble bien que l’UMP soit aujourd’hui un parti néopétainiste. Pour une formation qui vient historiquement du gaullisme, c’est, au mieux, un sacré paradoxe.

    Le paradoxe de la droite française est-il de voir le gaullisme sombrer dans le néopétainisme ? Ou le paradoxe de la droite française ne serait-il pas plutôt d’avoir connu pendant si longtemps un "courant" comme le "gaullisme" ?

    Il faut rappeler que ce qu’on appelle le "gaullisme" n’a été qu’une pseudo-idéologie servant avant tout à identifier les partisans du Général et à servir d’outil de résurrection pour une droite discréditée pour son collaborationnisme outrancier sous l’occupation (cf. les remarques de nombreux résistants qui ont refusé de se joindre au RPF en voyant qu’il était un refuge pour la droite).

    Depuis la mort de De Gaulle, ses successeurs se sont évertués, en pure perte, à maintenir en vie un outil qui n’avait plus grande utilité. Le sommet de la bouffonnerie fut atteint avec Chirac, essayant en pure perte de revêtir un costume trop grand pour lui.

    Avec Sarkozy et sa clique, la droite française est enfin redevenue elle-même. Pour le pire, sans doute...

  • permalien Judex :
    1er mai 2012 @22h09   « »
    @ Nathan

    Je serais curieux de comprendre ce que vous entendez par image héroïque du travail sous le régime de Vichy...

  • permalien Salam Nafghoon :
    2 mai 2012 @05h09   « »
    Pétain Sarkozy

    En terme d’image, Sarkozy est un matamore, Pétain est une icône de la soumission (ou de l’obéissance, selon le point de vue), Sarkozy est un avocat médiatique, Pétain est un militaire décoré, ça ne colle pas.

    Les circonstances n’ont aucun rapport, la France aujourd’hui n’est pas menacée ni envahie, elle a un droit de véto à l’ONU, etc.

    Les projets politiques sont différents, en tout cas dans les faits, même si dans le discours, Sarkozy exprime des intentions qui - mises en pratiquent - réduiraient gravement le fonctionnement républicain.

    Sarkozy se sert du discours Pétainiste en premier lieu pour attirer l’attention par la transgression.

    En second lieu, Sarkozy utilise le langage pétainiste parce qu’il fait référence à une période historique qui lui convient pour deux raisons.
    D’une part, cette période concerne son électorat de base, né à cette période.
    D’’autre part, cette période sombre est représentée comme la dernière période avant que la France de l’après-guerre n’affronte l’Algérie, militairement, puis socioéconomiquement.
    De ce point de vue, il ne faut pas sous-estimer le tropisme familial anti-musulman des Sarkozy, surtout chez quelqu’un qui vit autant dans le roman familial que le président sortant.

    Il y a une composante xénophobe du discours pétainiste qui est peu analysée, celle de la xénophobie générationnelle.
    Contrairement à la France de Zola, celle de Pétain est de manière relative ponctuellement vieille, en raison de la saignée démographique de la Grande Guerre.
    La France de l’entre-deux-guerre est aussi confrontée à l’immigration - surtout italienne, un peu espagnole à partir de 36, et Est-européenne (polonaise). Les immigrés d’alors sont jeunes (ils le sont toujours quand ils émigrent), la France d’alors est, toutes proportions gardées, vieille.

    Aujourd’hui, la France retraitée ne se perçoit pas comme multiethnique, et la France multiethnique ne se perçoit pas comme âgée.
    Ou, dit autrement, la France retraitée ne se perçoit pas comme Diverse, et la France de la Diversité ne se perçoit pas comme âgée.
    Le discours pétainiste peut fonctionner. Donc, on va s’en servir.

    Lorsqu’on présente une France multiethnique réconciliée, on présente toujours des couples mixtes jeunes. C’est une erreur de communication.
    Dans les pays depuis longtemps multiethniques - et ce indépendamment de leur multiculturalisme - on voit des couples mixtes de tous âges, et notamment des couples mixtes du troisième âge.
    Il ne peut pas y avoir de filiation, citoyenne, symbolique, etc. entre des retraités toujours présentés comme non immigrés, et des jeunes toujours représentés comme mixtes ou immigrés.

    Les seniors français se percevraient peut-être moins comme voués de gré ou de force au pétainisme d’opérette de Sarkozy si on les représentaient de temps en temps comme des couples mixtes.

  • permalien Pierre M. Boriliens :
    2 mai 2012 @20h03   « »

    En plus de Pétain, il y a d’autres références, plus anciennes mais déjà dans la même veine.
    A preuve cet article de Montalembert paru dans le Moniteur Universel, 1850, p. 197 (17 janvier) que Sarkozy a repris pratiquement mot pour mot dans son discours sur "le curé et l’instituteur" :

    http://atheisme.free.fr/Contributio...

    Le moins que l’on puisse dire est que c’était déjà très inquiétant, bien que peu de monde l’ait vraiment relevé.

  • permalien Précaire :
    5 mai 2012 @00h45   « »
    La domination de l’idéologie du travail, première arme des exploiteurs

    Le passé ne passe pas... Le terme ’fête du travail" est resté d’usage courant dans les média. Il faut occulter la lutte des classes, vive l’intérêt général, l’unité nationale.
    Le RMI a dès 1988 été modelé par une préférence nationale en imposant 2 ans de séjour régulier comme préalable à son obtention (encore avait il fallu combattre le projet socialiste qui prévoyait un seuil de 5 ans de séjour régulier...) que le Vichyssois de Neuilly veut aggraver en portant à 5 ans de cotisations et 10 ans de séjour régulier les conditions de l’ouverture de droits aux étrangers.
    Même sans Pétain, L’idéologie du travail semble parfaitement dominante. Lionel Jospin avait osé dire, lorsqu’il était premier ministre, "Je préfère une société de travail à l’assistance", faisant la courte échelle au "travailler plus" de 2007. Pour sa part le Vichyssois de Neuilly avait pastiche, sans que les commentateurs ne le relèvent un slogan immonde, habituellement écrit en allemand, en déclarant "le travail c’est la liberté "....

  • permalien kulturophage :
    8 mai 2012 @22h17   «

    C’est curieux me disait un collègue il y a quelques jours, on dirait que dans les médias est passé à peu près inaperçue une allusion « étrange » de Sarko dans le discours qu’il a prononcé en Alsace le 25 avril dernier http://www.u-m-p.org/actualites/a-l.... Il parle à un moment donné (voir à 46 min 26 s) de l’histoire de la France, et des « malgré nous » (Alsaciens et Mosellans enrôlés de force dans l’armée allemande) et enchaîne sur le titre d’un livre « Le Soldat oublié » de Guy Sajer. Or, Guy Sajer (Guy Mouminoux de son vrai nom et alias Dimitri, auteur de BD) n’a pas été enrôlé de force mais s’est engagé volontairement dans la Wehrmacht, notamment dans l’unité d’élite « Grossdeutschland » http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Sol...
    Plus étrange encore est l’expression « espace vital » pour défendre la notion de frontière (voir à 51 min 25 s).
    Mais tout est peut-être normal quand on sait que le meeting a eu lieu dans la ville de Cernay, où, selon wikipédia « Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que la ville se trouvait en zone annexée au Reich allemand, l’ancien asile psychiatrique servit de centre d’instruction pour les sous-officiers de la Waffen-SS, en particulier pour les membres des divisions francophones, comme la division "Charlemagne". »
    Des choix bien curieux en tous les cas…

Ajouter un commentaire