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Front national : mêmes causes, mêmes effets...

mercredi 2 mai 2012, par Frédéric Lordon

Dans une parfaite prescience de ce qu’est notre condition actuelle, Rousseau ne cachait pas être effaré qu’on puisse appeler « démocratie » un système qui donne la parole au peuple une fois tous les cinq ans pour le renvoyer à la passivité et à l’inexistence politique tout le reste du temps. Il vaut donc mieux ne pas louper l’ouverture de la fenêtre quinquennale ! — coup de chance c’est maintenant… comme en témoignent les cris d’horreur des médias redécouvrant qu’il existe un électorat d’extrême droite, peut-être même qu’il existe un électorat tout court, redécouverte il est vrai facilitée chaque fois que l’électorat en question les contredit. A quelque chose malheur est bon et, au milieu de si nombreux motifs d’accablement, le spectacle de la volaille éditocratique courant en tous sens dans un nuage de plumes pourrait presque être divertissant — s’il n’était destiné à finir aussi brutalement, et inutilement, qu’il a commencé : passé le second tour des législatives, « l’électorat » retournera aussitôt au néant dont, idéalement, il n’aurait jamais dû sortir.

Vaticinations ordinaires

Dans cette agitation intellectuelle sans lendemain où la sociologie spontanée le dispute à la prophétie historique, on est à peu près sûr d’engranger quelques perles, à l’image d’une longue tradition de vaticinations post-électorales dont il est tout de même utile de rappeler quelques-uns des plus remarquables accomplissements (à l’usage d’une corporation qui aurait sans doute élu le signe zodiacal du poisson rouge s’il avait existé). En 1988, persuadés d’avoir enfin rencontré la fin de l’histoire conforme à leur vœu, François Furet, Jacques Julliard, et Pierre Rosanvallon nous annoncent l’avènement définitif de la « République du centre » [1], entendre de la raison gestionnaire, celle dont on fait les cercles, nécessairement centriste car enfin débarrassée des embardées intempestives de l’« idéologie ». En tout cas la chose est certaine : l’affrontement bipolaire est mort et bien mort.

En 2002, avec un Front national (FN) au second tour de la présidentielle, la république du centre, légèrement sonnée, n’a pas trop compris ce qui lui est arrivé. Comme en 1995 (15 % déjà tout de même), mais en plus appuyé, l’extrême droite impose son irréductible mystère puisqu’elle a la propriété, dans le même mouvement, et de plonger le commentariat dans une insondable perplexité et de se poser (à chaque fois !) comme une aberration impossible à rattacher à l’ordre des causes ordinaires. Que la république du centre et ses puissants effets d’indifférenciation politique aient pu en être l’origine ne traverse évidemment pas un instant l’esprit des vaticinateurs. Les percées successives de l’extrême droite sont donc vouées à prendre l’étrange statut oxymorique d’une « exception récurrente » : à chaque fois uniques et incompréhensibles dans leur singularité même… mais faisant régulièrement retour ! Le commentaire autorisé à tendances prophétiques reprend heureusement tous ses droits, et surtout ses aises, lorsque le FN se fait oublier et avec lui l’encombrante « exception » sur laquelle on renâclait tout de même à prononcer la fin de l’histoire. Sous ce rapport, la présidentielle de 2007 est un millésime de première qualité puisque on nous y annonce simultanément et la résolution définitive du problème de l’extrême droite en France (« siphonnée ») et – « république du centre » RIP – l’avènement d’un sain bipartisme à l’anglo-saxonne (probablement « sain » parce qu’à l’anglo-saxonne) ne laissant plus face à face que les deux partis de gouvernement sérieux (à quelques pulvérisations latérales près ; quant aux 18,5% (!) de François Bayrou ils sont déclarés quantité négligeable, preuve supplémentaire que la république du centre mange pour de bon les pissenlits par la racine).

2012, patatras ! FN à 18% et solide quadripartisme : tout est par terre…

Le paradoxe de 2007 tient sans doute au fait qu’on n’aura rarement tiré conclusions si définitives à l’occasion d’un scrutin pour le coup si peu ordinaire — et alors même que (à moins que ce ne soit parce que) il a été lu, après celui de 2002, comme faisant heureusement retour à « l’ordre des choses ». En vérité 2007 et 2012 ne peuvent être analysés séparément, et le second est comme le reflet monstrueux du premier. Car on peut au moins mettre au compte du Sarkozy de 2007 d’avoir compris qu’il y avait matière à attraper l’électorat du FN aussi par la question sociale et d’avoir délibérément monté une stratégie électorale en conséquence, notamment : revalorisation salariale (« le président du pouvoir d’achat », sans doute accommodé à la manière de droite dans les escroqueries du « travailler plus pour gagner plus » — il est en effet d’une logique élémentaire de gagner plus si l’on travaille plus… — mais peu importe, c’est « pouvoir d’achat » qui, comme prévu, a été entendu) ; et puis, déjà, prise de distance d’avec l’Europe de la concurrence et déclarations d’empathie pour la France du « non » au Traité constitutionnel européen (TCE) de 2005.

On se souviendra pourtant surtout de la désinvolture rigolarde avec laquelle la « présidence du pouvoir d’achat » a été liquidée au détour d’une conférence de presse en 2008 ; quant à la « confrontation » avec l’Europe, l’alignement sans discussion sur le modèle allemand de l’austérité généralisée, la célébration du triple-A, le sacrifice des retraites en son nom, et la déclaration de mobilisation nationale pour le conserver (avant de le perdre) la font entrer sans coup férir dans les annales des reniements « fondateurs », à l’image du « tournant » de 1983 ou de l’enterrement de la « fracture sociale » d’octobre 1995.

Il faut avoir peu de sens commun pour s’étonner qu’à ce degré de trahison, l’électorat frontiste, un instant attiré par une offre politique mainstream qui semblait prêter attention à ses revendications sociales ait si violemment fait retour à ses positions de départ, avec en prime l’intention écumante de faire la peau au menteur. Et il en faut encore moins pour ne pas remettre l’événement dans la série longue qui lui donne toute sa signification politique — au prix, il est vrai, d’attenter aux vérités que la « république du centre » (électoralement morte mais encore bien vivante dans les têtes de l’oligarchie politique-éditocratique) avait en son temps rêvé de figer pour l’éternité : la mondialisation et l’Europe libérales.

Portant à toutes les erreurs d’analyse ceux qui étaient trop disposés à prendre leur désir pour la réalité, l’« anomalie » du scrutin de 2007 demande donc bien plutôt à être reconsidérée comme une occurrence de plus d’une régularité politique de longue période — mais celle-là même qu’aucune des certifiées élites ne voudra admettre, ni seulement voir. Car sans discontinuer depuis 1995, le corps social, quoique se dispersant entre des offres politiques variées, n’a pas cessé de manifester son désaccord profond avec le néolibéralisme de la mondialisation et de l’Europe Maastricht-Lisbonne ; et avec la même constance, le duopole de gouvernement, solidement d’accord, par delà ses différences secondes, sur le maintien de ce parti fondamental, n’a pas cessé d’opposer une fin de non-recevoir à ce dissentiment populaire. La montée du FN n’est pas autre chose que le cumul en longue période de ces échecs répétés de la représentation, le produit endogène des alternances sans alternative qui pousse, assez logiquement, les électeurs à aller chercher autre chose, et même quoi que ce soit, au risque que ce soit n’importe quoi.

Granitique continuité de la vie politique française

La séquence historique devrait pourtant être suffisamment éloquente pour qu’on y prête attention. 1993 et l’élection d’Edouard Balladur seront le chant du cygne du néolibéralisme période « comme dans du beurre ». Jacques Chirac ne gagne en 1995 que d’avoir, ou de feindre avoir compris et les dégâts de cette politique et le désaveu où elle est tombée — mais d’une compréhension manifestement insuffisante pour joindre le geste à la parole. La « fracture sociale » est la première réponse politique à cette colère sociale et significativement elle rafle la mise, quoique avec déjà Le Pen père à 15 %… avant d’être abandonnée en rase campagne sous la pression, non pas des « événements » ou des « contraintes extérieures », mais de l’obstination de la classe préceptrice, technocrates de cabinets indifférenciés, éditorialistes commis et experts de service, qui, confits dans leur propre satisfaction matérielle, sont à cent lieues de concevoir qu’une partie croissante de la population ne partage pas leur félicité, et plaident sans relâche pour la perpétuation de ce monde qui leur va si bien — c’est-à-dire pour l’adaptation au cadre des contraintes, plutôt qu’à sa transformation. Le retour de manivelle ne se fera pas attendre bien longtemps. La « fracture sociale » classée sans suite fin octobre, le plus grand mouvement social depuis 1968 commence fin novembre. Et le faux rebouteux est renvoyé à l’inauguration des chrysantèmes en 1997.

Intrat Lionel Jospin, élu non seulement par la disgrâce de Chirac (Alain Juppé) mais aussi pour avoir tenu le discours susceptible de rencontrer les attentes populaires, à savoir : arrêt des privatisations, notamment celle de France Télécom, et engagement solennel à ne valider le Traité d’Amsterdam qu’à satisfaction de trois conditions catégoriques (l’instauration d’un gouvernement économique pour contrebalancer le pouvoir de la BCE, une orientation de politique monétaire qui écarte les aberrations de « l’euro fort », et une réorientation des traités économiques dans le sens de la croissance). Comme on sait France Télécom finira privatisée — le bilan du gouvernement Jospin en cette matière surpassant même celui de son prédécesseur Balladur. Quant aux trois conditions sine qua non, il ne faudra pas quinze jours pour qu’elles soient abandonnées à quelques oblats rhétoriques qui n’engagent à rien, le « pacte de stabilité » devenant « pacte de stabilité et de croissance », avec les mirifiques effets que l’on sait. Ajoutons pour la route le refus de s’opposer à la fermeture de Vilvoorde, l’aveu déconfit de ce que « l’Etat ne peut pas tout », en particulier pas sauver les LU, le grassouillet régime fiscal des stock-options (Strauss-Kahn), la conversion de la gauche-de-gouvernement au reaganisme de la baisse des impôts (Laurent Fabius), la signature (quinze jours avant le premier tour de 2002 — quel talent !) des accords européens de Barcelone ouvrant à la concurrence les services publics de l’énergie, des transports et du courrier, et il s’en trouve encore pour s’étonner rétrospectivement que Jospin se soit fait sortir, et surtout de s’être retrouvés avec le FN au second tour…

Et revoilà Chirac ! Mais assisté de tous les bien-placés qui, FN oublié depuis le lendemain de sa réélection, font bloc pour défendre le TCE en 2005. Trois fois déjà le corps social a protesté contre la continuité du duopole néolibéral, mais c’est probablement qu’il n’a pas bien compris. On va donc lui réexpliquer. Par chance la ratification du TCE offre une occasion sans équivalent de pédagogie à l’usage du peuple enfant, PS et UMP unis pour la défense des choses vraiment importantes — on se souvient de cette fameuse « une » de Paris Match conjoignant… François Hollande et Nicolas Sarkozy, en un raccourci politique saisissant de toute l’époque. Le succès est total. Expérience de pensée : soit une hypothétique élection présidentielle en décembre 2005, quel aurait pu être le score du Front national ? Vous direz quels arguments permettent de prévoir ou non sa présence au second tour et tenterez d’évaluer le nombre de manifestants lycéens et le format de titraille des « unes » antifascistes de Libération propres à éviter l’élection pour de bon de son candidat.

Arrive Sarkozy 2007… On connaît la suite : simulacre de compréhension du rejet de la population à l’endroit du néolibéralisme européen, construction d’une position politique syncrétique en campagne mais contradictoire (et intenable) en régime, résolution violente de la contradiction par reniement express, à la fois par la force des inclinations de classe — le président des riches peut à la rigueur dire certaines choses... mais certainement pas les faire — et par l’obstination de l’oligarchie dirigeante, élites économiques, administratives et médiatiques confondues. 2012, sanction, celle de Sarkozy en particulier, mais plus généralement — la cinquième d’affilée tout de même ! — d’une « démocratie représentative » qui ne représente plus rien.

Le FN, produit endogène des alternances sans alternative

On ne reconnaît pourtant jamais si bien la surdité politique qu’à son empressement à certifier qu’elle a « bien entendu le message » et que « les Français ont envoyé un signal fort ». Il faut croire que la force adéquate du « signal », désormais, ne devrait pas viser en dessous du coup de fourche pour que « le message soit entendu » pour de bon. En attendant, de secousse en secousse, le FN fait sa pelote, et toujours pour les mêmes raisons, celles de la protestation antilibérale constamment réaffirmée, et du déni qui lui est constamment opposé. Il faut donc vraiment des œillères pour ne pas voir, ou ne pas vouloir voir, la régularité granitique qui conduit la vie électorale française : quand l’orthodoxie néolibérale pressure les salaires, dégrade les conditions de travail, précarise à mort ou jette au chômage, quand elle détruit les services publics, abandonne les territoires par restriction financière, menace la sécu et ampute les retraites, toute proposition de rupture reçoit l’assentiment, toute trahison grossit le ressentiment, tout abandon du terrain nourrit le Front national [2].

La vie politique française est donc bien moins compliquée que ne voudraient le faire croire les experts à tirer dans les coins qui se sont fait une spécialité de l’évitement des questions de fond, et notamment de celle qui (les) fâche : la question de la mondialisation, et de son incarnation européenne — à l’image de l’inénarrable Bernard Guetta qui, après les baffes successives du TCE, des scrutins désastreux et de la crise européenne sans fond en est toujours à trouver insensé qu’on puisse faire « de l’Union européenne le cheval de Troie de la mondialisation [3] ». Aussi vont-ils répétant que tout projet de transformation de cet ordre social n’est que « repli sur soi »... Le libre-échange et la finance déréglementée nous détruisent, mais toute tentative d’échapper à la destruction commet la faute morale du « repli sur soi ». Le corps social devrait donc avoir l’heur de se laisser détruire avec grâce — et l’on s’étonne qu’une part croissante de l’électorat prenne le mors aux dents ! Conformément en effet à un enchaînement très semblable à celui que Karl Polanyi avait décrit à propos des années 1920-1940, le (néo)libéralisme, entre inégalités, relégation des pauvres et déréliction individualiste, détruit la société [4]. Très logiquement, et de la même manière qu’alors, le corps social lutte pour résister à sa propre destruction, quitte à s’emparer des pires moyens, parce que toutes autres solutions épuisées, ce sont les seuls, et qu’aux désespérés quelque chose vaut toujours mieux que rien.

On dira cependant que, cette année, un autre moyen il y en avait un, puisqu’il y avait un Front de gauche (FdG), et qu’il n’a pas empêché les 18 % de Le Pen. Mais c’est que le FN est dans le paysage depuis trente ans, et le FdG depuis trois ! — encore n’a-t-il eu probablement pour bon nombre d’électeurs d’existence réelle pour la première fois que cette année. Or la présence pérenne du FN a eu le temps de produire ces pires effets d’incrustation, aussi bien, dans les classes populaires, la conversion partielle des colères sociales en haines xénophobes, que, dans les classes bourgeoises (petites, et parfois grandes), la libération d’un racisme longtemps tenu à l’isolement par les conventions sociales et la menace de l’indignité, mais jouissant de nouvelles licences quand 15 % à 20 % de la population rejoignent ouvertement l’extrême droite — et qu’il est désormais permis de vivre sa « foi » à l’air libre. C’est tout cela qu’il appartient à un Front de gauche de défaire, et d’en venir à bout dès son premier scrutin présidentiel était à l’évidence trop demander. Ceux qui voyaient Jean-Luc Mélenchon au second tour se sont enivrés tout seuls, aidés le cas échéant de quelques liqueurs sondagières — mais ceci n’était pas raisonnable. Le FdG a fait 6,5 % pour sa première sortie électorale nationale (les européennes de 2009), il fait 11 % à sa deuxième, ce sont des résultats plus qu’encourageants. Mais qui ne doivent pas faire oublier que la construction d’une position électorale est une longue patience.

Une patience d’autant plus longue en l’occurrence qu’à propos des électeurs FN qu’il lui incombe de reconquérir, même la gauche (la vraie gauche) commence à donner des signes de fatigue intellectuelle. En témoignent les refus exaspérés d’entendre seulement dire « la France qui souffre ». Assez de la souffrance sociale ! et retour aux explications simples et vraies : ce sont des salauds de racistes. Dans une parfaite symétrie formelle avec la droite qui, en matière de délinquance, refuse les « excuses sociologiques », d’ailleurs tristement suivie par la (fausse) gauche depuis un sombre colloque de Villepinte en 1997 (à chaque terme socialiste ses abandons…), voilà qu’une partie de la (vraie) gauche, en matière de vote FN, ne veut plus de « l’alibi » de la souffrance sociale. Cette commune erreur, qui consiste à ne pas faire la différence entre deux opérations intellectuelles aussi hétérogènes que expliquer et justifier (et par suite « excuser »), finit inévitablement en le même catastrophique lieu de l’imputation d’essence, seul énoncé demeurant disponible quand on s’est privé de toute analyse par les causes. Les délinquants seront alors la simple figure du mal, n’appelant par conséquent d’autre réponse que la répression. Quant aux électeurs de l’extrême droite, ils sont donc « des salauds », appelant… quoi d’ailleurs ? La colonie lunaire ? Au déplaisir général sans doute, il faudra pourtant faire avec eux.

Le déplaisir, voilà précisément l’affect à laisser à sa place autant que possible quand il est tant soit peu question d’analyse politique. Et jamais peut-être la dégrisante maxime spinoziste n’aura été plus nécessaire, qui appelle à « ne pas rire, ne pas déplorer, non plus détester, mais comprendre ». Sinon la suspension complète du jugement, du moins sa trempe est en l’occurrence d’autant plus requise que, d’un racisme l’autre, la démission à comprendre le racisme tout court a le plus souvent pour terminus le racisme social : affreux, sales et méchants — on imagine sans peine les effets politiques qu’il est permis d’attendre d’un viatique intellectuel de pareille minceur, et l’on notera au passage la symétrie tropologique de ces deux cousins opposés, l’un comme l’autre démarrant du même pas : « à la fin, ça suffit, il faut bien appeler un chat un chat », soit : « les électeurs du FN sont des gros cons » exactement comme « les arabes sont trop nombreux ».

Sauf à des esprits un peu épais et par trop portés aux visions du monde par antinomies, vouloir sortir les électeurs FN de la catégorie « gros cons » n’équivaut donc en rien à les verser dans celle des « gens aimables ». Il s’agit bien plutôt de les soustraire à toutes les catégories (morales) du jugement par sympathie ou par empathie (ou bien antipathie) pour les restituer à la seule compréhension causale — dénuée de toute participation. Il n’y a rien à « admettre », encore moins à « partager » du racisme des racistes, mais tout à comprendre, à plus forte raison pour tous ces cas de racisme qui, ne s’expliquant pas directement par les causes matérielles (retraités niçois ou toulonnais très convenablement argentés par exemple), n’en sont par là que des défis plus urgents à l’analyse.

Hollande, ultime recours ??

Dans l’intervalle, on accordera sans peine qu’il faut de l’estomac pour avaler les « France qui souffre » débitées ad nauseam par Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et leur clique. Mais d’une part il n’y a aucune raison de céder à une sorte de loi de Gresham par laquelle, de même que la mauvaise monnaie chasse la bonne, les usages hypocrites chasseraient les usages pertinents. Et d’autre part, la question de la sincérité pourrait bien être finalement secondaire — étrange et anachronique reliquat du débat théologique de l’attrition et de la contrition — : si la « démocratie » électorale a un seul avantage c’est peut-être, dans certaines conditions (rares), de forcer les gouvernants à au moins dire des choses que jamais ils ne diraient spontanément, et même, encore au-delà (bien au-delà), de les forcer parfois à les faire. La seule question intéressante est donc moins celle de la sincérité que celle de la jonction du geste à la parole, qui n’est pas une affaire de disposition intérieure mais de rapport de force extérieur !

Il est bien certain, pour l’heure, qu’entre le FN qui rafle la mise, Sarkozy qui court derrière, et le Front de Gauche encore à sa maturation, l’état du rapport de force en question n’est pas exactement un motif de réjouissance. C’est donc le PS de Hollande qui est l’ultime recours — nous voilà propres… Car « l’ultime recours », devenu depuis vingt ans étranger à la souffrance sociale et aux classes qui l’expriment, dénégateur des destructions de la mondialisation et de l’Europe libérale, liquidateur répété de ses propres embryons de promesses progressistes, incarnation jusqu’à la caricature sociologique de l’isolement des gouvernants, ignorant tout des conditions de vie des gouvernés, ce « recours »-là porte à part égale la coresponsabilité historique du désastre politique présent.

C’est bien pourquoi les maigrelets engagements du candidat « socialiste » ne peuvent jouir que d’un crédit très limité, particulièrement sur les questions qui décident de tout : la finance et l’Europe. Confirmant que le socialisme de gouvernement a été historiquement le meilleur ami de la déréglementation financière, François Hollande, sitôt dénoncé « l’ennemi sans visage », s’est empressé d’aller à Londres rassurer la City quant à l’innocuité de ses intentions véritables. On ne s’étonnera donc pas de trouver dans son programme sous le titre ronflant de « Dominer la finance » des propositions à l’état de simples songes, ou d’inoffensives bluettes, à l’image d’une agence de notation publique — problème dont il faut rappeler sans cesse qu’il est totalement périphérique —, ou d’un projet de contrôle des produits dérivés, pourtant crucial mais laissé à l’état de pure évocation, toutes choses d’ailleurs renvoyées à d’improbables initiatives de l’Europe — dont la passivité et l’incapacité à avoir produit la moindre avancée régulatrice sérieuse, cinq ans après le déclenchement de la plus grande crise financière de l’histoire, en disent pourtant assez long sur le degré auquel elle est commise à la financiarisation.

Plus gros morceau encore, le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), dont le candidat Hollande a promis d’un ton martial mais pas trop tout de même qu’il demanderait la renégociation — et l’on pense inévitablement au sine qua non de Jospin à propos du Traité d’Amsterdam... A tous les niveaux décidément, les mêmes causes entraînent les mêmes effets, avec en plus une aisance croissante dans le reniement, devenu pratique habituelle. Michel Sapin, potentiel ministre de l’économie, s’en va ainsi rassurer le Financial Times et jurer que son candidat « ne dit pas que nous devons renégocier la discipline budgétaire » [5] — au moins c’est clair. Tout l’article du Monde qui relate ces savants ajustements anticipés est de la même édifiante farine : « il faut à ses [François Hollande] yeux compléter le traité en adjoignant à la “règle d’or” un volet “croissance” » — « compléter » qui ne signifie donc pas « retrancher », et « adjoindre » qui veut dire « conserver »... Mais le meilleur tient sans doute à l’énoncé à peine voilé des conditions auxquelles le président Hollande a d’ores et déjà prévu de rendre les armes de bonne grâce : « les socialistes font savoir qu’un pacte non modifié (c’est moi qui souligne), mais accompagné d’un protocole additionnel, et de conclusions du Conseil européen plus substantielles sur la croissance pourrait être acceptable par la France ». « Les socialistes font savoir » que la verroterie avec laquelle on les achète est toujours aussi modique : comme en 1997, des mots suffiront.

Se peut-il que la sortie de Mario Draghi, président de la BCE, appelant à sauver la croissance en train de périr pour de bon sous les plans d’austérité magnifiquement coordonnés, puisse modifier sensiblement la donne ? A l’évidence bon nombre de pays serrent les dents des absurdités de l’austérité en période de crise, et sont visiblement en attente d’une possible coalition (à laquelle la France apporterait une contribution importante) qui permettrait de desserrer la contrainte. Si la chose se produisait, elle devrait cependant moins au volontarisme transformateur de François Hollande qu’à la cristallisation fortuite d’une situation politique nouvelle après l’accumulation d’échecs (le dernier en date étant l’Espagne) et surtout l’ajout à la liste des Pays-Bas, jusqu’ici membre insoupçonnable du hard core triple-A, mais désormais lui aussi hors des clous et condamné à la rigueur.

Que « la chose » se produise reste pourtant très improbable. Car dans un de ces faux-semblants rhétoriques qui est comme la marque de fabrique d’un néolibéralisme devenu illégitime, la « croissance » de Mario Draghi parle de tout ce qu’on veut sauf de ce dont il est vraiment question, à savoir : en finir avec l’aberrante obligation de réduire les déficits à toute force en période de récession, équivalent fonctionnel des contresens que furent les politiques de Hoover en 1929, de Laval en 1935… ou de Brüning en 1931. Bien plutôt il s’agira — il en est en fait déjà question depuis assez longtemps — de « politiques structurelles », c’est-à-dire de quelques pas de plus dans la déréglementation (des services, du marché du travail, etc.), contresens ajouté au contresens car ces politiques ne visent qu’à relancer la croissance par la compétitivité et les exports, ce qui signifie d’une part que leur généralisation les voue à l’inefficacité collective (la compétitivité par la déflation salariale n’est jamais qu’un avantage relatif… qui disparaît comme tel lorsque tout le monde la poursuit), et d’autre part, qu’à supposer même ces politiques efficaces, elles ne produiraient leurs effets au mieux qu’à horizon de plusieurs années — pas vraiment à la hauteur des urgences d’une relance réelle.

De « complément » en « adjonction » en tout cas, le candidat Hollande a déjà fait savoir que le dispositif central du TSCG, à savoir la règle d’or comme mécanisme aveugle de réduction des déficits, n’attirait pas de sa part la moindre critique de fond. Et on l’a moins encore entendu exprimer la moindre protestation à l’idée de l’empire des marchés financiers sur les politiques économiques, ni le premier projet d’y remédier sérieusement. Désormais accoutumé à la verroterie, on peut compter sur lui pour valider les prodigieuses avancées qui verront, à l’occasion de l’un de ces irréparables sommets dont l’Europe a pris l’habitude, « la-croissance » rejoindre en mots toutes les dispositions qui la tuent en fait.

***

On ne saurait que difficilement reprocher aux électeurs du FN d’être incapables de rapporter leurs misères sociales à l’article 63 (liberté de mouvements des capitaux) ou aux articles 123 (interdiction du financement des déficits par la Banque centrale européenne) et 126 (déficits excessifs) du Traité de Lisbonne, ou à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou au comité de Bâle qui en sont pourtant les causes réelles mais abstraites, et surtout lointaines — à défaut de quoi, comme on sait, la déflection du mécontentement peut élire n’importe quel fait comme cause prochaine (et dernière) : par exemple des Arabes vus à la télé… C’est lorsque ceux à qui il appartiendrait d’établir les connexions réelles des causes et des effets commencent à manquer à leurs devoirs, par la dénégation, ou pire encore par la diversion, que le débat politique prend un mauvais tour. Or, tout autour du peuple abandonné il n’y a plus que cela : précepteurs de la raison social-libérale occupés à nier toute implication de leur monde rêvé dans les infortunes populaires et à exclure même que la question soit posée — des Bernard Guetta —, ou bien, forme évidemment plus pernicieuse, crapules politiques affairées à conforter ces électeurs dans l’idée qu’en effet les Arabes sont le problème et la police la solution. Spectacle à laisser la mâchoire pendante, voilà qu’au beau milieu de la plus grande crise du capitalisme le débat de second tour roule sur le vote des étrangers et la présomption de légitime défense des flics sans qu’aucun des interrogateurs du candidat de droite ne viennent dire le caractère éhonté de sa manœuvre — il est vrai que depuis des décennies les médias n’ont eu de cesse d’escamoter les vrais problèmes et de promouvoir les faux, et eux, ce qui est peut-être pire, sans la moindre intention manœuvrière…

Alors très bien, prolongeons les tendances : un FN resplendissant, une droite désormais accrochée à ses basques, un Front de gauche sans doute sorti des limbes mais au début seulement de son parcours, un PS frappé de stupeur à l’idée qu’on puisse objecter quoi que ce soit de sérieux à l’Europe libérale et à la mondialisation, un chœur de précepteurs éditocratiques-experts obstiné à le conforter dans cette sage restriction (comme en témoigne incidemment le délire haineux dont a fait l’objet la campagne de Mélenchon, engagé à poser les questions qui ne doivent pas être posées)… On cherche la maxime qui, toutes choses égales par ailleurs, permettrait d’éclairer par anticipation la situation politique de 2017. Et facilement on trouve : mêmes causes, mêmes effets.

Notes

[1] François Furet, Jacques Julliard, Pierre Rosanvallon, La République du centre. La fin de l’exception française, Seuil, 1988.

[2] Lire Claude Julien, « Les fourriers du Front national », Le Monde diplomatique, mars 1996.

[3] Bernard Guetta, « Le crime des nouvelles droites européennes », Libération, 26 avril 2012.

[4] Cf. « Avez-vous lu Polanyi ? », Le Monde diplomatique, janvier 2012.

[5] Philippe Ricard (à Bruxelles), avec Frédéric Lemaître (à Berlin), Sandrine Morel (à Madrid), Philippe Ridet (à Rome) et Alain Salles (à Athènes), « Le débat sur la croissance s’intensifie en Europe », Le Monde, 25 avril 2012.

172 commentaires sur « Front national : mêmes causes, mêmes effets... »

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  • permalien Dr Vince :
    2 mai 2012 @19h17   »

    Une analyse exceptionnelle de la situation politique que nous vivons
    qui a le mérite à défaut de se traduire en fait et en réels changements de nous satisfaire au moins intélectuellement.

  • permalien wildleech :
    2 mai 2012 @19h25   « »
    2017 ?

    Mais les tensions s’exacerbent et cinq années font une longue période pour les populations.
    Bientôt peut-être une étincelle suffira, comme dans certains pays méditerranéens, et la conflagration sera d’une autre ampleur autant dans ses conséquences que dans sa durée.

  • permalien Olivier :
    2 mai 2012 @19h28   « »

    Article assez intéressant, mais je vous cite :

    "On ne saurait que difficilement reprocher aux électeurs du FN d’être incapables de rapporter leurs misères sociales à l’article 63 (liberté de mouvements des capitaux) ou aux articles 123 (interdiction du financement des déficits par la Banque centrale européenne) et 126 (déficits excessifs) du Traité de Lisbonne, ou à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou au comité de Bâle qui en sont pourtant les causes réelles mais abstraites, et surtout lointaines — à défaut de quoi, comme on sait, la déflection du mécontentement peut élire n’importe quel fait comme cause prochaine (et dernière) : par exemple des Arabes vus à la télé… "

    => c’est là que vous prenez les électeurs du FN pour des imbéciles, et j’imagine sans peine l’abyssale profondeur de vos préjugés.
    Ne prétendant pas parler au nom de tous les électeurs du Front National comme vous vous permettez de le faire, permettez-moi néanmoins de vous faire partager mon point de vue :

    Ayant passé beaucoup de temps à lire et écouter les électeurs du Front National, je constate que la volonté pour eux de retrouver une France souveraine et indépendante afin prendre nos distances de façon très audacieuse avec le capitalisme financier dérégulé et ses chiens de garde institutionnels, politiques, économiques et médiatiques, cette volonté est très présente, et bien plus encore depuis que Marine Le Pen a été élue à la tête de ce parti. (Quoique l’on trouve de bons discours de JMLP contre "l’euro-mondialisme" et l’aliénation politique, économique et identitaire que cet euro-mondialisme promeut par avancées constantes depuis plusieurs décennies.

  • permalien Olivier :
    2 mai 2012 @19h28   « »

    Et figurez-vous que, parmi les effets jugés excessifs de la mondialisation, considérées comme des aliénations, figurent également les migrations importantes (il suffit de voir la substitution ethniques dans les périphéries urbaines dans les villes d’Europe), et tout particulièrement les migrations de population extra-européenne, migrations organisées par les mêmes personnes qui organisent la mondialisation économique que vous décriez.
    Là où vous analysez de façon pertinente, raisonnée et lucide les conséquences de cette mondialisation sur les plans économiques, politiques et sociaux, dans le même temps parmi les conséquences sociales vous ne semblez pas capable de comprendre que la promotion incessante et à outrance de l’idéologie multiculturelle et de l’immigration, la xénophilie érigée en vertu cardinale, soient des outils utilisés par les mêmes qui dirigent la mondialisation, dans le but d’aliéner et de dissoudre les peuples et leur culture.
    Ce sont bien les mêmes élites que vous critiquez pour l’économie et la politique, mais que vous épargnez soigneusement sur leur politique d’immigration qui nourrit le communautarisme et contribue à la perte majeure et croissante de cohésion sociale.
    Je suis parfaitement convaincu que pour les électeurs du Front National, ainsi que d’un grand nombre de français même s’ils ne votent pas Front National, ces phénomènes ne peuvent pas, si l’on veut être cohérent, être dissociés, car depuis plusieurs décennies, tous les moyens ont été mis en oeuvre pour dissoudre l’existence de l’Etat-Nation.

    Cordialement

  • permalien José :
    2 mai 2012 @19h50   « »

    Il manque tout de même un élément important dans l’analyse. L’"idée qu’en effet les Arabes sont le problème et la police la solution" ou, plus exactement, que les musulmans posent problème et la solution réside dans la création d’un régime juridique d’exception, n’est pas spécifique au FN et à l’UMP. Elle est malheureusement partagée par l’ensemble du champ politique, y compris une bonne partie du FdG (Pena-Ruiz, etc.). Autrement dit, l’éventuel futur succès électoral du FdG ne garantit pas la disparition de la construction du "problème musulman" et du racisme anti-musulman.

  • permalien sdz :
    2 mai 2012 @20h13   « »

    Hollande, je le vois cohabitant rapidement avec la droite, avec les déconvenues... sûrement aussi avec des foules hurlantes !

    En tant que citoyen français je donne rendez-vous à notre oligarchie pour un troisième tour ! et un quatrième... etc... Nous sommes en fait entrés en campagne permanente depuis le passage en force sur le traité de Lisbonne !

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien Greg_95 :
    2 mai 2012 @20h17   « »

    @José
    Pouvez-vous m’indiquer les références (textes, vidéos, etc...) où vous avez constaté que le FdG cautionne l’idée selon laquelle "les Arabes sont le problème" ?
    Il est trop facile d’affirmer quelque-chose de manière péremptoire sans avancer vos sources.
    Quant à moi, j’ai lu beaucoup de textes du FdG et je n’y ai jamais entr’aperçu l’évocation d’un quelconque "problème arabe".

  • permalien
    2 mai 2012 @20h23   « »

    J’aimerais adhérer à vos conclusion, mais alors pourquoi sont-ce toujours des partis favorables à la mondialisation telle qu’elle est, à l’Europe telle qu’elle se construit (avec les nuances de gauche (?) et de droite que vous pointez) qui l’emportent au final ?

    Encore aujourd’hui, tout le monde se focalise sur les 17% du FN et les 11% du FdG, mais le total UMP-PS-Modem (on pourrait ajouter EELV) fait 66% : deux tiers des électeurs ont voté dans un sens largement favorable au libéralisme tel qu’il est. En 2007 Sarkozy avait été élu sans coup férir en annonçant clairement qu’il ne tiendrait pas compte du "non" au traité constitutionnel de 2005.

    Bref, où qu’on cherche, on ne trouve pas cette "masse" exaspérée que vous voulez voir. Ou alors il faut convenir que c’est une minorité très nette de la population.

  • permalien morse 89 :
    2 mai 2012 @20h46   « »

    D’accord avec Greg, José, citez un petit peu vos sources, vos dires semblent légèrement transpondés de l’extrême droite, mais c’est devenu une habitude en période de vote.

  • permalien Leroy :
    2 mai 2012 @20h59   « »

    Il semble cependant que les théoriciens de la "République du centre" aient (malheureusement) raison. Le bloc anti-libéral (pour de bonnes et mauvaises raisons), constitué de ceux que vous décrivez comme une sorte de majorité hostile à ce centrisme, parvient en réalité difficilement à franchir le cap des 30% de voix, ce qui laisse une large majorité, à chaque élection, aux partis libéraux, pro-européens, pro-mondialisation... M’est avis qu’il y a en France un bloc d’un quart d’électeurs résolument hostile à l’Europe telle qu’elle est et à la mondialisation, pas beaucoup plus. On peut le déplorer, mais c’est comme ça. Même avec une crise économique majeure, dont les financiers apparaissent comme les premiers responsables, les partis de la "République du centre" sont largement majoritaires en 2012 : 65% au moins en 2012, 75% en 2007 (au moins) avec Royal, Sarkozy et Bayrou en contempteurs du "non" au TCE.

    De même, le rappel que vous faites des 15% de Le Pen en 1995 pourrait amener à une autre conclusion au sujet de l’élection d’aujourd’hui : celle d’une forme de stagnation du vote FN, dont on nous annonce à chaque fois qu’il va crever les plafond, mais qui ne gagne au final que deux à trois pour cent en 17 ans, selon les circonstances (présence ou pas d’un Villiers, d’un Sarkozy putassier...). On se focalise beaucoup sur ces 18%, en oubliant qu’il ne s’agit "que" de 18%.

    Je suis donc plus pessimiste que vous. Dire que ceux qui ont voté Chirac en 95, Jospin en 97, re-Chirac en 2002, et surtout Sarkozy en 2007, l’ont fait en pensant qu’ils tenaient là des opposants au libéralisme économique, alors que tout leur programme disait le contraire, c’est un peu les prendre pour des imbéciles qui se font berner à chaque élection. Je pense plutôt que l’immense majorité a voté en pleine conscience, croyant sincèrement que la mondialisation, la construction d’une Europe libérale, sont des phénomènes inévitables auxquels il faut "s’adapter".

    Merci quand même pour votre blog, qui montre qu’il est possible de penser autrement.

  • permalien Greg_95 :
    2 mai 2012 @20h59   « »

    @ Olivier
    Vous écrivez : "vous (Frédéric Lordon) ne semblez pas capable de comprendre que la promotion incessante et à outrance de l’idéologie multiculturelle et de l’immigration, la xénophilie érigée en vertu cardinale, soient des outils utilisés par les mêmes qui dirigent la mondialisation, dans le but d’aliéner et de dissoudre les peuples et leur culture."

    J’aimerais bien savoir où vous voyez une "promotion incessante et à outrance de l’idéologie multiculturelle et de l’immigration" ?
    Quant à moi, depuis des années et notamment depuis l’arrivée de NS au pouvoir, je constate au contraire une xénophobie de plus en plus marquée dans le discours des dirigeants français. Je ne prendrai que l’exemple du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, qui en mars 2011 a été "intrônisé" membre d’honneur du FN par Marine Le Pen.

    Par ailleurs, votre argument selon lequel "la promotion de l’idéologie multiculturelle et de l’immigration" serait un outil utilisé par "ceux qui dirigent la mondialisation" me semble complètement érronné.
    En effet, ceux qui ont intérêt à ce que continue la mondialisation y trouvent un avantage purement économique d’enrichissement. Il n’y a pas selon moi d’autre idéologie de la part des "acteurs de la mondialisation" que cette volonté d’enrichissement.
    Si l’on suit cette logique, l’intérêt de ceux qui profitent de la mondialisation économique est donc de tout mettre en oeuvre pour qu’elle ne soit pas freinée. Pour cela, un moyen bien simple pour eux est de diviser les peuples. C’est là que la stigmatisation de l’étranger trouve alors toute sa place : faire diversion ! Il ne faut surtout pas que les peuples se saisissent de la question centrale : la répartition des richesses.

    Donc chez Monsieur Olivier, par votre discours de division entre les hommes et les peuples, vous ne faites que le jeu de ceux que vous prétendez pourtant combattre : "ceux qui dirigent la mondialisation" !
    J’espère sincèrement que vous vous rendrez compte de votre erreur d’analyse.

  • permalien reynaldo moreira :
    2 mai 2012 @21h01   « »

    Je suis brésilien et içi on dit que nous vivons le temps de la prosperité. Mais la fausse gauche et sa politique de l’austerité pour le travailleur, surtout pour celui qui travaille à l´état, sont les mêmes. L’Aristrocratie Financière que domine le monde est, au fond, aveugle et est en train de construire la revolte populaire. Tu as raison, l’extrême droit se nourrit de la fraude politique et c’est la preuve qui la masque commence á tomber. Excusez les fautes du français.

  • permalien Cécile :
    2 mai 2012 @21h06   « »

    Olivier,

    Je pense comme vous que les électeurs du front national sont tout à fait capables de comprendre les articles cités ici, mais je ne partage pas votre analyse.

    Nous ne faisons plus venir d’immigrés en France comme ça a été le cas dans les années 60. Ils viennent parce qu’il fuient les conséquences de la politique libérale européennes : parce que nos marchés détruisent les leurs, parce qu’en exploitant leurs ressources, nous favorisons également l’instabilité politique chez eux (Mali), parce que nous nous engageons dans des guerres pour contrôler les ressources pétrolières (Afghanistan). Bref, ces gens viennent chez nous parce qu’ils n’ont plus le choix ! Pas par plaisir, pas pour nous faire chier, pas pour faire une OPA sur nos églises, mais parce qu’ils fuient la misère, la famine, le chômage, la guerre, les persécutions... Toutes plus ou moins conséquences de notre politique libérale.

    On sort du libéralisme, on réduit cette immigration. On ne peut pas commencer par s’attaquer aux clandestins et ensuite au libéralisme, il faut s’attaquer au libéralisme d’abord, ça réglera pour une grande partie la question des clandestins.

    Très bon article je pense, il faut sortir de l’empire vide du milieu.

  • permalien Leroy :
    2 mai 2012 @21h14   « »

    @Olivier

    Depuis une vingtaine d’années, au moins, on ne peut pas dire que les gouvernements en place aient vraiment fait la promotion du multiculturalisme et de l’immigration, c’est même plutôt l’inverse, à gauche (Rocard et sa "misère du monde", Chevènement et la chasse aux sans-papiers...) comme à droite (Pasqua, Sarkozy, Guéant... le Chirac du "bruit et l’odeur"). En pure perte à mon avis, car l’électeur de Le Pen en voudra toujours plus, et sera toujours déçu. Il verra ses idées validées, se sentira flatté qu’on s’intéresse à lui ("le pauvre, il souffre... essayons de le comprendre"), mais trouvera toujours les propositions trop tièdes.

  • permalien Sarah :
    2 mai 2012 @21h29   « »

    Le FN est un parti validé par le système oligarchique(cf.son omniprésence médiatique).

    En effet,pendant qu’elle divise les classes populaires selon des bases ethnico-religieuses,les banques,les oligarques financiers,Wall Street peuvent dormir tranquilles puisque Marine Le Pen détourne sans cesse l’attention des français vers des sujets secondaires(voile,halal,etc).

    C’est la fameuse stratégie du "diviser pour mieux régner".
    Vous verrez que le FN qui se présente comme un parti hors système rejoindra la droite classique(UMP) pour appliquer une politique néo-libérale tout en montrant du doigt l’immigré,le musulman,etc.

    Cette stratégie a été appliquée en Italie du Nord(la ligue du nord),en Hollande,en Belgique,au Danemark,en Autriche,en Suisse.

    Vue le temps médiatique accordé à ces partis populistes,je crois qu’il s’agit d’une stratégie pensée et validée par le système oligarchique qui préfèrera toujours l’arrivée au pouvoir du FN que celle du FdG.

  • permalien jean-luc T :
    2 mai 2012 @21h47   « »

    Lordon, chapeau, comme presque toujours des articles au ciseaux, précis informatifs, appelant la réflexion ! Un bémol toutefois : depuis le début de cette campagne, connaissant quelques textes et interventions de Frederic Lordon, je pensais qu’il s’investirait plus directement pour le FdG. Mais c’est à la toute fin, lorsque les dés sont jetés qu’il se mouille, dommage !
    Enfin, merci quand même pour les encouragements tombant du haut de l’Aventin.
    Allez, sautez, n’ayez pas peur !

  • permalien Jordi GRAU :
    2 mai 2012 @21h48   « »

    Bonjour à tout le monde, et merci à Frédéric Lordon pour cet article.

    Je suis d’accord avec vous, M. Lordon, quand vous faites la comparaison entre les délinquants et les électeurs du Front National. Dans les deux cas, en effet, on a tendance à confondre "comprendre" et "excuser". Je me faisais exactement la même réflexion en lisant cet article sur le site de Laurent Mucchielli. Ce sociologue a écrit récemment un excellent ouvrage, L’invention de la violence, où il s’en prend à ces discours démagogiques et moralisateurs qui refusent toute tentative d’explication de la délinquance sous prétexte que ce serait la justifier ou l’excuser. Et pourtant, ce même sociologue tient un peu le même discours vis-à-vis des électeurs du FN. Certes, il a raison de dénoncer une victimisation à sens unique, visant à flatter ces électeurs : il est vrai que ces gens-là ne sont pas les seuls à souffrir. Mais il aurait pu ajouter tout de même qu’on peut tenter de comprendre quels facteurs peuvent pousser quelqu’un à voter FN sans pour autant en faire une pauvre victime irresponsable.

  • permalien Jordi GRAU :
    2 mai 2012 @22h10   « »

    Je serai reconnaissant à tous ceux qui pourraient m’indiquer une bonne analyse de l’impact de l’immigration sur l’économie française et européenne. Peut-être Frédéric Lordon a-t-il quelque chose à dire là-dessus...

    J’ai l’impression qu’il y a à ce sujet deux types de discours :

    - pour certains (dont les électeurs du FN, mais pas seulement), l’immigration est une arme libérale permettant de faire baisser les salaires en mettant en concurrence les travailleurs ;

    - pour d’autres, l’immigration est une chance. De toute façon, les immigrés ne font pas réellement concurrence aux travailleurs nationaux, car ils ne postulent pas pour les mêmes emplois. C’est notamment le cas pour des immigrés qualifiés dans des spécialités particulières où l’on manque de travailleurs. De plus, nous avons besoin de "sang neuf" pour payer les pensions des retraités...

    Aucun des deux discours ne me satisfait. Le premier discours, même en admettant qu’il comporte une part de vérité, conduit assez facilement à une stigmatisation des immigrés. Assez facilement, mais pas nécessairement : on peut estimer en effet, que les travailleurs immigrés ne sont pas responsables de la politique libérale qui met les travailleurs en concurrence les uns vis à vis des autres. Malheureusement, les électeurs du FN (et d’une bonne partie de la droite) ne pensent pas ainsi : ils préfèrent verser dans la xénophobie plutôt que de s’attaquer aux vrais responsables du système économique.

    Quant au second discours, il ne me satisfait pas tout à fait, même s’il comporte sans doute une part de vérité. Si l’on a besoin de travailleurs immigrés qualifiés, c’est peut-être parce qu’on n’a pas eu une politique ambitieuse de formation des travailleurs français - ce qui est un scandale, étant donné le nombre de chômeurs. Cela peut venir aussi d’une mauvaise répartition des travailleurs qualifiés. Je pense ici au cas des médecins. En Moselle, pas loin de chez moi, il y a pas mal de médecins maghrébins parce que les médecins français ne veulent pas s’installer dans les petites villes de ce département. De manière générale, les médecins sont très mal répartis en France, parce qu’aucune loi ne les oblige à accomplir une mission de service public dans les zones de pénurie.

    Quant aux travaux peu qualifiés, on dit parfois que les immigrés les prennent parce que les Français n’en veulent pas. Mais pourquoi n’en veulent-ils pas (en admettant que ce soit vrai) ? N’est-ce pas à cause de conditions de travail exagérément mauvaises et de salaires trop bas ?

    Je ne suis pas économiste ni sociologue. Si quelqu’un pouvait m’aider à répondre à ces questions, cela m’intéresserait beaucoup.

  • permalien K. :
    2 mai 2012 @22h11   « »

    ...promotion incessante et à outrance de l’idéologie multiculturelle et de l’immigration, la xénophilie érigée en vertu cardinale

    Il est quand même étrange que la xénophilie des Berlusconi pour les Kadhafi, autrement moins imaginaire, ne soit jamais critiquée par le frontiste de base.

  • permalien morse 89 :
    2 mai 2012 @22h12   « »

    Olivier,

    Les limites de ce que vous dites, sont évidentes : Vous prenez prétexte d’une indépendance vis à vis des dérives du capitalisme financier dérégulé, ça fait propre et honnête, pour sauter à pieds joints sur la désignation des renégats non-nationaux (à travers la finance comme prétexte pour désigner les "tous coupables" confondus : musulmans, riches trans-nationaux, de préférence à peau basanée, et surtout la gauche non tentée par le sarkozysme).

    Commencez à nettoyer vos propres écuries très souillées d’excréments divers, dont les sources de financement de ce parti appellé FN, où on trouve des suspicions graves de détournement d’héritage, de fasifications diverses de la vérité.

    Le capitalisme financier , vous avez déjà sauté à pieds joints dedans, alors ne le critiquez pas, c’est lui qui vous nourrit. Pour résumer, il y a très très peu de différences entre votre parti, le FN-Bleu Marine, et le "rassemblement" autour de Sarkozy : vous êtes les mêmes, UMP-FN, les mêmes objectifs vous rassemblent, dites-le aux pauvres gens qui croient sans objection, qu’il y aurait du changement après les élections.

  • permalien moomootman :
    2 mai 2012 @22h22   « »

    J’ai bien fait d’acheter des Lordon Default Swaps (La crise de trop, fayard, excellent), mes calculs de Maximum Lordonhood Estimator sont complètement à côté de la plaque. Impossible de coller un modèle statistique valable à la densité de probabilité d’apparition de nouveaux posts sur ce blog ;)
    Trêves de blagues pourries, je serais encore moins indulgent que vous avec le Front de Gauche.
    Le FdG a fait la grosse erreur de caresser prioritairement le vote anti-raciste / anti-sécuritaire plutôt que d’essayer d’apporter des gages contre l’insécurité avec la même fermeté que contre l’oligarchie financière. Cela s’est très bien entendu lorsque Mélenchon déclarait qu’il vaudrait mieux poursuivre les évadés fiscaux que les voleurs de mobylette ou les fraudeurs aux allocs (assimilés aux arabes et aux noirs qui mangent le pain des bons français par l’électorat populaire FN). D’un point de vue comptable, c’est incontestable, mais politiquement c’est du suicide car assimilé directement à du laxisme.
    Si le FdG a parfaitement compris la gravité de la situation au niveau macroscopique, il est complètement à côté de la plaque dans la hiérarchie "commerciale" des remèdes. Par analogie, c’est comme si un médecin proposait une chimiothérapie à un cancéreux rendu fou par le moustique qui ne cesse de le piquer.
    Si Mélenchon avait proposé de nettoyer au Kärcher les cités ET les Hauts de Seine, il aurait sans doute fait ses 15-20%. Reste à savoir s’ils sauront se couper de leur idéologie anti-sécuritaire au prochain coup.

  • permalien sylvie :
    2 mai 2012 @22h27   « »

    En réponse au message d’Olivier :
    Quelle audace en effet : le FHaine, à un moment crucial, d’élections démocratiques il est vrai, pas un moment de plébiscite autoritaire, MLP et ses lieutenants ne trouvent rien d’autres à faire que d’appeler à s’abstenir, confirmant par là ce qu’en disait Mélenchon : elle ne sert à rien.
    Et ce croyant enchaîne sur un diagnostic : le problème n’est pas économique ni politique il est culturel. Intéressant. Mais comment la culture peut elle devenir un problème et une source de division sociale haineuse ? après quel passage à tabac ? après sa réduction à un phénomène naturel de race. C’est bien la peine d’avoir hérité d’une si longue histoire, pour finir par la ratatiner ainsi !

  • permalien morse 89 :
    2 mai 2012 @22h27   « »

    Frédéric Lordon,
    Je prends un plaisir malin à lire vos articles, fouillés, nuancés et néanmoins radicaux parce qu’à mon avis il y a du raisonnement fin avec prise de recul non idéologique. C’est ce qu’il faut en ces périodes troublées où tout peut exploser d’un moment à l’autre, les ambassades commes les idées les plus admises.
    Et figurez-vous qu’à l’instant , je n’ai pas lu votre article, mais ai répondu à l’un ou l’autre de vos contradicteurs ! quel manque de suite dans lers idées(par rapport à votre article non encore lu), pourtant, je crois que j’ai bien fait.

  • permalien morse 89 :
    2 mai 2012 @22h46   « »

    moomootman,
    Bien sûr, bien sûr, dénigrer en biaisant tactiquement un adversaire alors que le fond de l’intention est passé sous silence (c’est à dire : cet adversaire est à détruire absolument) est une vieille ritournelle.

    Il faut tuer, tel est l’ordre du groupe d’affidés et de remercieurs futurs, mais se garder une porte de sortie en cas de malheur, n’est-ce pas le must du must ??? je vous fais entière confiance , bande de cancrelas, pour négocier une sortie "honorable".

    D’autant plus en période incertaine, c’est dans ces temps changeants que nous vîmes en 2007 des drôles de retournages de vestes, tels ceux de certains interlopes de la gauche caviar (à ne pas nommer, surtout !).

  • permalien Via :
    3 mai 2012 @00h15   « »

    Du style, de l’invective, de la hargne... et aucune idée. Aucune proposition. Celles du Front de Gauche qui n’a pas financé une seule des mesures qu’il proposait, Mélenchon se permettant le luxe de reprocher à Marianne de le titiller sur le sujet en appelant à "sortir du cercle de la raison" ? On préfère pouffer.

    Et vous vous permettez de dénoncer le libre-échange. Bientôt, vous annoncez triomphalement la réfutation de l’avantage comparatif ? Ou de la croissance exceptionnelle de la Chine et de l’Inde ?

    Si l’on veut des solutions, c’est pas chez Lordon, le médiacrate plus médiacrate que ceux qu’ils dénonce, qu’il faudra les chercher.

    Bien le bonsoir.

  • permalien Benj :
    3 mai 2012 @00h38   « »

    Le financement Via, ne faites pas semblant de ne pas comprendre d’où il viendra : on plumera les banques, les spéculateurs, les rentiers et autres tenants du système dans votre genre.
    On les tondra, on les roulera dans le goudron et les plumes et on les mettra au salaire maximal garanti comme tout le monde.
    Ne faites pas semblant d’avoir lu Lordon, si c’était le cas vous sauriez qu’il en a déjà fait pas mal des propositions, notamment sur ce blog.

  • permalien VLS :
    3 mai 2012 @02h06   « »

    Via parle de médiacrate. L’extrême droite, à l’image de Via ou de sa prêtresse MLP, n’a pas d’autres idées que celle qui vise à instiller la haine de l’étranger. Mais comme cela ne suffit pas pour faire un discours, ils pillent allègrement, dans le fond et dans la forme, les travaux effectués par des intellectuels de la (vraie) gauche sur la mondialisation capitaliste, sur les médias (qui mentent), sur la (fausse) gauche (qui capitule)...
    Ce qui me navre le plus, c’est quand l’extrême droite se plais a parler de "nouveaux chiens de garde". C’est quand même bien la preuve qu’ils sont incapables d’avoir une seule idée brillante, et qu’ils sont obligés d’aller chercher les lumières à l’opposé de leur bord politique.

  • permalien Claude :
    3 mai 2012 @02h29   « »

    Sur Europe 1, Arlette Chabot demande à Mélenchon :
    "Quand même vous ne regretter pas de ne pas avoir su parler à un certain électorat qui a voté pour Marine Le Pen ?
    des gens qui on peur, qui souffrent  ?"
    Y’a un complot médiatique Chabot-Lordon ou quoi ?

  • permalien HN :
    3 mai 2012 @09h26   « »

    Le FdG a fait la grosse erreur de caresser prioritairement le vote anti-raciste

    En effet, avec le réservoir de couillons racistes qu’on a en France, il est beaucoup plus facile de surfer sur la vague de l’imbécilité avec une pincée d’anti-mondialisme que de faire le contraire.
    Mais bon, on ne se refait pas. Moi j’ai trouvé que ça donnait un peu d’air, même si c’était surtout du beau discours à la Mélenchon.
    Ça faisait moins poissonnerie que les débats en présence de M. Lepen, dont on devrait franchement arrêter de parler, on s’en bat la race de ses 18% d’électeurs. 1/5 des votants, ça doit pas faire bezef !

    Cdlmt

  • permalien
    3 mai 2012 @10h05   « »

    Ce qu’un économiste même bien intentionné ne peut semble-til prendre en compte, c’est l’enjeu non pas "du chômage" mais de la gestion politique des chômeurs.
    Et là il y a un consensus politique qui fait occulter bien des faits, oublier bien des décisions.
    On date la rigueur socialiste du blocage des salaires de 1983, mais on oublie que c’est dès 1982 que le gouvernement Mauroy (ce dernier n’hésitait pas lui aussi à dénoncer les "faux chômeurs"), pour "sauver le régime", faisait basculer une majorité de chômeurs dans la non indemnisation...
    On finit par comprendre que le désintérêt et le mépris que la gauche de droite voue aux catégories populaires a ouvert un boulevard au falsifications du FN et du RPR puis de l’UMP, mais on ne revient jamais sur le fait qu’en 1988, la gauche a fait adopter un RMI interdit d’accès aux moins de 25 ans, ce qui a permis depuis de dresser des générations d’entrants dans le salariat à la précarité ; un RMI déjà modelé par la préférence nationale que le Vichyssois de Neuilly (voir son pastiche immonde "le travail c’est la liberté, le plein emploi est possible..." ) veut aujourd’hui aggraver (5 ans de cotisations et 10 ans de séjour régulier pour avoir droit à un minima, dit-il) ; à l’époque, il avait fallu batailler pour que la condition des 5 ans de séjour régulier avant d’avoir droit au RMI voule par le P.S soit non pas supprimée mais diminuée à deux ans.... L’adoption du RMI a eu lieu dans un consensus politique inédit depuis la guerre de 14 (même le FN avait voté pour à l’assemblée nationale).

  • permalien Helios :
    3 mai 2012 @10h20   « »

    Pourquoi ce qui se fait en Argentine, ou en Bolivie, où les forces de gauche ont repris les pays en main, est-il inimaginable en France ? C’est parce que la gauche française, y compris le FdG, est déjà à moitié libérale (le PS plus qu’à moitié). Ce qui explique sa répugnance à penser des solutions nationales ("national" c’est un gros mot). Le libéralisme intégral c’est la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes, la disparition totale des frontières. Cette disparition est aussi une revendication de gauche, mais dans un monde différent, c’est le rève trostkyste. Le monde étant ce qu’il est, on est quand même pour la disparition des frontières, mais pour les hommes seulement, le problème étant que toutes les sortes de frontières sont intimement liées. La droite de gouvernement fait exactement le choix inverse de frontières, elle prétend les ouvrir pour les capitaux et les marchandises et les fermer pour les hommes.
    PS : un des meilleurs moments de cette campagne est l’appel à la rescousse d’un article du "Wall Street Journal" par Rue89 pour dénigrer la politique d’immigration de Sarkozy.

  • permalien Courageux zanonyme :
    3 mai 2012 @10h35   « »

    Quel plaisir de vous lire encore une fois !
    Je n’ai pas le point Godwin facile habituellement, mais vivant actuellement à Berlin, il est difficile, toutes proportions gardées, de ne pas être effrayé de voir le système médiatique se choisir l’extrême droite comme meilleur ennemi, mettant ses thèmes favoris en avant et tapant sans discernement sur l’alternative "de gauche", surtout quand on passe tout les jours devant le (double) monument à la mémoire de Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, sommairement exécutés par la police sous les ordres d’un ministre social démocrate...

  • permalien
    3 mai 2012 @11h16   « »

    Jospin a perdu. La belle affaire. Il avait osé répondre aux mouvements de chômeurs, en 1998 lorsqu’il était premier ministre, (« Je préfère une société de travail à l’assitance ». Cette façon d’opposer entre elles les catégories populaires, le Smicard à l’assisté, n’appartient ni au FN ni la droite. Il faut que les dominés se trompent de colère, alors ON exalte le ressentiment pour gouverner. Hier soir le futur DRH de l’entreprise France, Hollande, même pas foutu d’opter pour une sortie du nucléaire, à dit à propos des employés de Fessenheim, "on va réutiliser les ouvriers", ENA for ever.

    Il suffit de voir comment la gauche gouverne déjà là où elle est pouvoir, comme dans les conseils généraux (voir « Absurdité », « torture morale », une enquête sur le RSA à Paris) pour vérifier ce mépris du populaire.

    On nous bassine avec le "modèle allemand" mais là bas une coalition « rouge verte » a simien détruit les droits des chômeurs qu’il y a 20% de pauvres et que l’espérance de vie diminue voir : Dette et austérité, le modèle allemand du plein emploi précaire.

    Tant que la gauche de gauche et les syndicats verront la manière dont sont traités les chômeurs comme une affaire marginale, soluble dans l’emploi, un problème de manque sans en cerner la consistance effective, tant que le plein emploi (mort d’un accident de travail) restera pour eux un « objectif », la prise en compte de l’organisation actuelle du travail, de sa précarisation restera impossible.

    L’idéologie du travail est la première arme des exploiteurs

  • permalien Grunt :
    3 mai 2012 @11h32   « »

    Lecture intéressante. Y’a deux points qui me font réagir :

    - On ne peut pas mettre dans le même sac le "racisme sociologique" qui consiste à traiter les électeurs FN de cons, et le racisme tout court du projet du FN. Les gens choisissent de voter FN, ils ne choisissent pas d’être arabes ni fils d’immigrés. N’oubliez pas, n’oubliez jamais, que l’horreur des idéologies racistes réside aussi dans cette "punition collective" envers un groupe de gens parce qu’ils ont eu le malheur d’être né dans la mauvaise ethnie, avec la mauvaise orientation sexuelle, etc.. c’est très différent du fait de reprocher à quelqu’un un CHOIX. Être électeur FN c’est comme être musulman, en définitive un choix dans un pays où les consciences sont libres.

    - Sur ce point précis :

    On ne saurait que difficilement reprocher aux électeurs du FN d’être incapables de rapporter leurs misères sociales à l’article 63 (liberté de mouvements des capitaux) ou aux articles 123 (interdiction du financement des déficits par la Banque centrale européenne) et 126 (déficits excessifs) du Traité de Lisbonne, ou à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou au comité de Bâle qui en sont pourtant les causes réelles mais abstraites, et surtout lointaines — à défaut de quoi, comme on sait, la déflection du mécontentement peut élire n’importe quel fait comme cause prochaine (et dernière) : par exemple des Arabes vus à la télé…

    Premièrement, si, j’espère qu’on peut reprocher aux gens de ne pas se poser de questions sur les causes de leur malheur. Cet article présente une trop grande tolérance à la bêtise et à l’ignorance. La conclusion logique de votre discours serait qu’il faut flatter la bêtise de l’électeur plutôt que d’appeler à son intelligence. Je ne peux pas vous suivre sur cette pente glissante.

    Deuxièmement, si une caractéristique du FN est d’être raciste, une autre est d’être anti-européen. Les électeurs FN votent aussi peut-être pour ce parti parce qu’il promet de nous débarrasser de l’Europe. Et c’est le parti le plus anti-européen. C’est peut-être ce qui manque, une vraie critique de l’Europe. Deuxième tour, on a qui ? Deux gugusses qui ont soutenu le "OUI" au projet de constitution libérale européenne. Alors que la France a voté non. Les candidats du 6 Mai ne nous représentent pas.

  • permalien Via :
    3 mai 2012 @13h23   « »

    @VLS
    Je suis en effet un tenant du système démocratique. Raison pour laquelle je supporte mal Mélenchon, lequel, outre de faire l’apologie de la Terreur, de Robespierre et de St Just, considère que "Cuba n’est pas une dictature". Et Mao était un grand Homme ? Lénine un humaniste, le Che un soucieux du peuple ? Voir des drapeaux avec la faucille et le marteau défiler dans les meetings de Méluche mais s’inquiéter de la montée des méchants racistes de droite, on rigole. Un petit point godwin en passant : la faucille et le marteau a fait beaucoup mieux, en matière de morts, qu’Hitler ou le racisme en France n’en fera jamais. Voilà qui rassure sur le programme de Méluche (assorti d’un gentil totalitarisme de la pensée à la Autain, avec une Halde "aux pouvoirs étendus" pour "lutter contre le patriarcat").

    Passer de la prétendue "dictature des marchés" sous laquelle les États se sont eux-mêmes engagés en enchainant les gabegies depuis 30 ans (PAS UN SEUL budget n’a été voté à l’équilibre en France depuis plus de 30 ans), dictature qui produit de tels effets que la France emprunte à moins de 3% et que le PIB/hab continue de croitre en France depuis des décennies et jeter le bébé du capitalisme avec l’eau du bain des inégalités pour nous entrer cette fois, dans la dictature réelle des petits idéologues aux points levés dans votre genre, plein de slogans mais pas d’idées, et pas l’ombre du soupçon d’un début de réflexion qui serait appuyé sur un minimum de données fiables (le complote capitaliste étant l’excuse commode qui dispense de réfléchir), voilà qui m’inquiète, oui.

    Quant aux propositions de Lordon, je les aies lues, pour la plupart. Si on enlève ce qui est inapplicable, purement idéologique et complètement flou (du genre "fermer la Bourse, parce que c’est maaaaal"), il ne reste pas grand chose. Écrire du théâtre, c’est toujours amusant. La réflexion attendra.

    Il est étonnant de voir ces gentils gauchistes laïques se vautrer dans une haine de l’argent telle qu’on en a pas vu depuis la veille morale catholique pré-Thomas d’Aquin. C’est vrai, être riche, c’est maaaaal. Il vaut mieux être pauvre, même si on est radin comme un poux, ça fait plus proche du peuple, et ça vous donne un brevet de gauche assuré. Et la gauche, comme chacun sait, c’est le Bien.

  • permalien Vincent :
    3 mai 2012 @14h25   « »

    Bravo pour un nouvel article passionnant.

    On pourrait compléter par cette interview de Raffaele Simone, auteur du nouvellement paru "Pourquoi l’Europe s’enracine à droite" :

    En ce sens, j’avance l’idée que cette droite nouvelle, consommatrice, people, médiatique, liftée, acoquinée aux chaînes de télévision, appelant à gagner plus d’argent, défendant les petits propriétaires, décrétant comme ringardes les idées d’égalité et de solidarité, méfiante envers les pauvres et les immigrés, est plus proche des intérêts immédiats des gens, plus adaptée à l’ambiance générale de l’époque, plus " naturelle " en quelque sorte. Et c’est pourquoi elle gagne.

    Face à elle, la gauche semble n’avoir rien compris au véritable bouleversement "civilisationnel" de la victoire de l’individualisme et de la consommation, s’accrochant à ses seules idées sociales.

    Il faut ajouter que défendre les idées de justice, de solidarité, d’aide aux démunis et se préoccuper du long terme et de l’avenir de la planète apparaît aujourd’hui comme une attitude difficile, courageuse, mais hélas contraire à l’intérêt égoïste de court terme. Cela coûte, exige des efforts. C’est pourquoi la gauche perd.

    http://www.lemonde.fr/politique/art...

  • permalien philippulus :
    3 mai 2012 @15h16   « »
    Des idées, des idées...

    @via

    Il est vrai que F. LORDON se perd quelque fois dans ses figures de style et oublie un peu le fond. Heureusement que vous relevez brillamment le défi.

    Ainsi on est bien content que vous vous déclariez un farouche partisan de la démocratie, mais pouvez vous développer un peu ? Cinq minutes pour voter, cinq ans pour se taire ? Je me suis trompé, ou bien mon représentant me trompe ? Tant pis...l’important est de participer ! Il me semble que dans son introduction FL a quand même bien raison d’interroger la nature et la consistance de cette démocratie.

    La haine de l’argent vous apparaît stupide, et c’est vrai. Il est assez irrationnel de s’en prendre à un fétiche, n’est ce pas ? Il serait plus intéressant de s’en prendre au pouvoir démesuré qu’il confère. On comprendrait peut-être alors que la "dette" n’est que du vent fétichisé, mais que le pouvoir exorbitant de ceux qui la détiennent est lui bien réel. Légitime ce pouvoir ? La encore les réflexions de FL sont pertinentes.

    Bien je compte sur vous pour nous fournir ces idées qui nous font tant défaut.

  • permalien Bondi75 :
    3 mai 2012 @15h27   « »

    Je vous remercie de vos analyses claires et précises, qui ne manquent pas d’humour et qui sont un outil de poids pour les non-économistes. Je ne suis cependant pas complètement d’accord avec votre analyse de l’électorat frontiste. Il ne me semble pas que la précarité économique et sociale soit directement à l’origine de ce vote, nombre de votants frontistes n’étant pas touchés et nombre de pauvres s’abstenant de voter (voir Pierre Tévanian). L’adhésion des partis de gauche de pouvoir à cette république du centre, au néo-libéralisme total, et par conséquent l’abandon d’un discours et des valeurs de gauche, leur absorption par ceux de la droite qui construit un discours sécuritaire xénophobe pour mieux assoir le pouvoir des puissants qu’elle incarne, permet de nouveau de pouvoir afficher et revendiquer une position raciste et xénophobe, qui auparavant était contenue par des forces idéologiques contraires, notamment après la seconde guerre mondiale. L’extrême droite française, les idées racistes et sécuritaires ne sont pas nées avec le FN et le néo-libéralisme. Ce sont des idées et une posture politique bien ancrées historiquement et qui n’ont jamais disparu. Elles étaient associées aux crimes massifs de la seconde guerre mondiale et donc censurées mais elles sont devenues désormais "des idées comme les autres" avec la défaite des forces de gauche. Rien ne les freine plus. Le président de la République (!!!) vient de nous en faire la démonstration hier soir. La France n’a jamais vraiment été "dénazéifiée" ni fait face à son histoire coloniale (qu’on pense au préfet de la République Papon ! aux bidonvilles de Nanterre !). Les idées de l’extrême droite perdurent ainsi dans une certaine partie de la population et peuvent à présent s’afficher (certaines deviennent des politiques d’Etat). Bien sûr qu’il est important de connaitre le parcours des individus qui la compose, de comprendre leurs raisonnements et leur évolution, le contexte pour qu’il se rassemble et comment on pourrait répondre à leurs frustrations et leur idée du pouvoir, mais il n’empêche qu’ils représentent l’extrême droite française, l’idée de la hiérarchie des races, la tentation d’un régime autoritaire et anti-libertaire. La personne qui prend le bulletin Le Pen et maintenant Sarkozy cautionne ces idées. Et il y a ceux qui ne les cautionnent pas. Le vote FN n’est pas pour moi un vote de protestation, mais une victoire des idéologies de la droite ultra, néo-libérale et autoritaire (Désolée, on ne peut pas être anti-capitaliste et impérialiste). L’Europe est bleue mais en face, on se réveille. Ce qui s’est produit à l’occasion du 1er mai (et non du débat Hollande-Sarkozy), c’est une redéfinition de l’opposition gauche/droite qui avait disparu, et le rapport à l’autre dans ce qu’il a d’étrange est ici fondamental. Chacun son camp.

  • permalien Lo :
    3 mai 2012 @16h30   « »

    @ Jordi GRAU (entre autres) :

    Des chiffres sur l’immigration en France dans un rapport parlementaire de mai 2011, pour résumer "Les immigrés rapportent plus qu’ils ne coûtent" (60,3 contre 47,9 milliards)
    http://www.20minutes.fr/economie/72...

    Et sur les questions "immigration, mondialisation", voir les très bons travaux "économiques" de El Mouhoub Mouhoud
    http://el.mouhoub.mouhoud.free.fr/
    ou ses bouquins (ce lien par exemple) :
    http://www.librairiedialogues.fr/pe...

    Quelques vidéos sur le net aussi.

    Et pour le paraphraser (de mémoire approximative) : "les politiques migratoires actuelles sont non seulement injustes et immorales mais aussi inefficaces économiquement"

  • permalien HN :
    3 mai 2012 @16h37   « »

    @Via

    Ça va mieux là ? Vous vous êtes défoulé ?
    Faut vous calmer, vous ressemblez drôlement aux gauchistes hystériques au poing levé que vous dénoncez !
    Je sais, je sais, "il y a des colères saines"... Mais vous allez finir par vous péter une artère.
    "La haine des riches", "la haine de l’argent", il faudrait un petit peu freiner sur la lecture du Point, c’est anxiogène comme torchon vous savez.

    J’aimerais par ailleurs savoir ce que le communisme "a fait de pire en France que Hitler ou que le racisme".
    Que vous parliez de l’URSS, je veux bien concéder que la clique Staline & co a fait un sacré carnage. Mais en France, j’ai pas énormément d’adresses de goulags.

    Moi je pense que soit vous récitez un discours de propagande à deux balles, soit vous êtes trrrrrès riche et vous avez trrrrrès peur qu’on vous prenne pour le mal avec un grand S.

    Cdlmt

  • permalien Pittoresque :
    3 mai 2012 @17h03   « »

    @Leroy : vous réfutez le propos de l’article sur l’opposition entre une élite pro-globalisation (financiarisée) et une majorité populaire qui y est hostile, en additionnant allègrement des scores de candidats à la course présidentielle.
    Mais les votes de ces élections ne tiennent pas seulement compte des propositions et positions économiques des candidats, ou plus exactement, l’enjeu des présidentielles ne se joue pas uniquement sur la question de l’Europe & de la mondialisation. Pour beaucoup ces questions-là n’ont que peu d’intérêt, soit qu’elles ne servent ou ne desservent pas leur mode de vie, soit qu’elles soient trop complexes à appréhender pour jouer un rôle majeur dans le processus de décision de leur vote. Pourquoi croyez vous que des "affaires" et des "évènements" surgissent à l’approche de chaque élection ? Parce qu’il est bien plus facile de cristaliser une partie de l’opinion avec des "faits divers" qu’en développant des thèmes économiques/sociologiques qui ne sont pas appréhendables (sad but true) par tous. On peut d’ailleurs pousser le bouchon, Maurice, en se demandant si la dégradation de l’enseignement ne sert pas ce genre d’intérêts !
    Et cela sans parler de l’effet TV-réalité, votez utile ! tapez 1 ou 2, mais surtout pas 3, 4 ou 5...

    Hors donc, il y a eu un référendum, sur lequel le peuple s’est prononcé (envers et contre, notamment, l’immense majorité des medias). C’était en 2005, et, j’ai envie de dire, c’est le "message fort" le plus puissant qu’ai donné le peuple français depuis longtemps, puisqu’il a réussi a rallier des courants totalement opposés.

  • permalien HN :
    3 mai 2012 @17h05   « »

    On dirait que Nicolas "Copperfield" Sarkozy a fait un gros tour de prestidigitation... Il a fait "disparaître" un électorat fidèle de plus de 30 ans.
    Il ne faudrait pas oublier que l’électorat FN n’a jamais disparu, il a été volé en partie par l’UMP et Sarkozy en 2007.
    On a toujours un gros réservoir de couillons racistes pour voter FN en France.

    Ce qui m’inquiète, c’est que ce genre de gugusses, plus on leur en donne, plus ils en veulent. Malgré toutes les saloperies rabâchées par les médias depuis 5 ans, les lois en pagaille à chaque fait divers, ça ne leur suffit pas aux frontistes.
    Parce que, quand on enlève le filtre "Marine", on voit bien que l’objectif, c’est bien la purification de l’Europe. Pas à la sauce Breivik bien sûr (encore que quand on entend les micro-trottoir FN ça ne fasse pas rêver), mais je doute qu’il y ait des politesses pour expulser les "étrangers" réguliers/irréguliers/basanés/...

    Cdlmt

  • permalien Cyberpipas :
    3 mai 2012 @17h15   « »
    Avec un train de retard...

    Un de ces jours, il faudra en finir avec les alerte, FN en progression !
    Ce dont il faut se réjouir et ce qui compte après tout, c’est la progression des idées dont certaines défendues ici (ex:mis à pied de la finance) ; fussent-elles récupérées par des cancres de souche. Si le FN progresse, c’est surtout grâce à la sélection pertinente des terrains politiques à occuper : la posture anti Bruxelles ne rappelle-t-elle pas un certain vote idoine par référendum ? La posture protectionniste peut-elle être autre chose qu’un mythe, quand elle se retrouve dans les analyses de Lordon (non encore encarté au FN je précise) ?

    Hélas ce billet ne mentionne rien de la purge post-Gollnisch, ou de comment le FN s’est recentré, c’est à dire du phénomène inverse au déplacement des partis majoritaires vers les extrêmes. Ce raisonnement fonctionne aussi bien avec l’imposture sociale du nouveau FN, et avec son imposture culturelle, féministe ou homophile.

    Ce à quoi nous assistons n’a rien de dramatique : c’est la fusion entre notre droite et notre extrême droite, avec un léger retard par rapport aux autres nations européennes.

    Cela n’est pas plus imprévisible qu’extraordinaire…

  • permalien
    3 mai 2012 @17h31   « »
    Gâche de la gauche : mêmes causes, mêmes effets...

    Analyse intéressante, mais j’aimerais souligné un autre facteur qui à mon sens influence le score du Front National, peut être à moindre mesure, mais n’est pas négligeable non plus : outre la république (néo)libéral (UMP-PS-MODEM et FN, ne pas oublié que Jean Marie fussent un admirateur de Tchatcher et Reagan, cf Les dossiers du canard enchainée sur le FN), la division de la gauche, la vrai comme l’appelle M. Lordon, n’a jamais permit d’acquérir dans le milieu électoral un vrai Front de Gauche, càd une unification de la gauche anti-libéral, ce qui aurait pu clarifier le choix de l’électorat Français .

    NPA, PC (sauf 2012), FdG, FO, Beauvais (2007 je crois) et voire EELV (groupe toutefois politiquement très disparate, comme le PS, avec différentes tendance décroissante [Prudhomme je crois], Ecologie Politique [Lipietz par exemple] et la Modernisation Ecologique [Cohn-Bendit et je verrais bein Joly dedans, à débattre] par exemple) ne ce sont jamais unifié contre un mal qui semble pourtant commun. Je pense qu’il faut pointer du doigt ce facteur, pour dénoter un problème de "caste" politique (et Mélenchon en fait partit) dont l’analyse sociologique peut apporter des réponses intéressantes aussi.

    Article sérieux qui ouvre un débat intelligible.

  • permalien ladydi :
    3 mai 2012 @18h39   « »

    On ne saurait que difficilement reprocher aux électeurs du FN d’être incapables de rapporter leurs misères sociales à l’article 63 (liberté de mouvements des capitaux) ou aux articles 123 (interdiction du financement des déficits par la Banque centrale européenne) et 126 (déficits excessifs) du Traité de Lisbonne, ou à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou au comité de Bâle qui en sont pourtant les causes réelles mais abstraites, et surtout lointaines

    Hallucinant. Qui d’autre que Marine Le Pen n’a cessé, tout au long de sa campagne, de dénoncer l’impossibilité pour l’Etat d’emprunter directement à la banque centrale, et plus généralement, le dogme du libre échange ?

  • permalien Jacques :
    3 mai 2012 @18h40   « »

    1/3
    J’aurais ajouté deux points à votre analyse (prétention quand tu nous tiens...) :

    - Vous l’évoquez rapidement, mais la question de la démocratie, des pratiques politiques et institutionnelles, est essentielle.

    Premièrement, et rapidement parce que ça me semble assez évident et que vous le soulignez, la question des discours politiques et médiatiques qui valident souvent indirectement les thèses du FN et étouffent de manière de plus en plus ostensible pour les électeurs la pluralité des opinions. Ce qui sert objectivement le FN : seul parti "antisystème" ayant réellement la parole ou en tout cas de la "visibilité" (ce qui revient à peu près au même dans la communication médiatique contemporaine), il peut tout à la fois se faire passer comme victime de cette sensible absence de pluralité lorsque les journalistes les combattent, et profiter l’absence médiatique des autres alternatives possibles au fameux "système" pour régner en maître sur ce créneau.
    La gauche radicale elle a bien des difficultés à s’y faire reconnaître, pour des raisons internes (divisions...) comme externes (circonstances historiques depuis 30 ans, hostilité profonde des puissants et dirigeants...), même si on peut imaginer une évolution dans les années à venir.

    Deuxièmement, un point peut-être un peu plus original : on invoque généralement deux sources du vote FN, le mécontentement social et le repli identitaire (dont il ne faut pas sous-estimer la diversité : nationalisme, souverainisme dur, occidentalisme, attachement aux "valeurs éternelles" ou aux "modes de vie" français, fondamentalisme catholique, simple peur de l’étranger ou méfiance vis à vis des noirs, des arabes, des musulmans, rejet de la mondialisation, désir de sécurité...).
    Il me semble qu’on oublie un troisième terme qui est lui plus politique et dont Marine Le Pen joue à merveille, quoique les éditocrates ne le relèvent quasiment jamais (ce qui n’est peut-être pas simplement un aveuglement naïf...) : pour le dire vite, c’est le sentiment du "tous pourris", qui peut aller du poujadisme le plus primaire à une réflexion plus construite sur l’oligarchie (encore une fois, il ne faut pas sous-estimer la variété de l’extrême droite et les capacités de ses "intellectuels", la portée de leurs analyses, une erreur que font trop d’analyses, et cet article de Frédéric Lordon, que je trouve excellent par ailleurs, tombe un peu dans ce piège).

  • permalien Jacques :
    3 mai 2012 @18h41   « »

    2/3

    Il y a clairement une crise démocratique aujourd’hui, dont on parle trop peu : non pas que nos institutions aient véritablement fonctionné sur un mode démocratique auparavant, mais il y avait une forme d’équilibre assez apaisé qui avait été trouvé dans le système de représentation et de l’élection. Aujourd’hui le problème est double : d’une part beaucoup de Français ne se sentent plus représentés politiquement et votent donc pour le parti qui semble précisément exclu de la représentation politique, et qui a toujours su, dès Le Pen père, jouer de ce fait d’une position victimaire redoutablement efficace (là aussi ça va du simple mimétisme ("ils sont exclus comme moi") à une conviction plus étayée) ; d’autre part de nombreux électeurs, et on serait bien en peine de le leur reprocher, ont le sentiment que la politique est de plus en plus impuissante et en même temps de plus en plus corrompue par les conflits d’intérêt, les copinages divers, les lobbies, les affaires et scandales, les excès du pouvoir, etc. De ce point de vue le FN bénéficie, à la fois par son discours anti-élites et du fait qu’il n’ait jamais participé à un quelconque gouvernement (même localement c’est presque rien), d’une sympathie véritable : ils ont une image de "mains pures", d’en-dehors de la politique - la politique étant maintenant entendue de manière générale, et notamment dans les classes populaires, sous un angle plus que négatif.
    Toujours dans cette idée, le FN se sert aussi d’un discours dépolitisant ou apolitique (faussement apolitique bien sûr) en cherchant toujours à minimiser les clivages gauche-droite, en jetant le trouble sur les divergences idéologiques (ils se rattachent, en matière économique et social, à ce qui est dans l’air du temps, avec tout le cynisme électoral nécessaire), en appelant à la Nation plutôt qu’à l’Etat, au corps social plutôt qu’au corps électoral (à l’exact opposé du PS d’ailleurs sur ce dernier point, qui en appelle toujours à l’abstrait "peuple de gauche" et a abandonné en quelque sorte la lutte des classes même actualisée, cf. Terra Nova), etc.
    De ce point de vue, le discours du Front de Gauche (et de la gauche radicale en général) sur l’oligarchie doit être je crois encore mieux formulé et mieux diffusé, car ce peut être un élément essentiel. Autre implication : la nécessité, si le Front de Gauche veut réellement progresser, de se tenir désormais hors de toute participation gouvernementale, d’autant qu’historiquement ses composantes (le PCF aussi bien que l’ex-socialiste Mélenchon) sont moins "pures" de toute participation politique que le FN. Rien de "politicien" à cela en outre puisque si le FDG est cohérent avec ses idées il ne peut appliquer le programme du PS (ce serait l’inverse qui serait "politicien").

  • permalien Jacques :
    3 mai 2012 @18h42   « »

    - Le second point, et en essayant de faire plus court, c’est la question culturelle que pose la mondialisation. J’ai lu dans les précédents commentaires qu’il y avait une sorte de débat entre ceux qui dénonçaient un discours officiel xénophile et d’autres au contraire xénophobe, chacun le rattachant aux partisans de la mondialisation. En réalité les deux positions me paraissent défendables. Du point de vue de la politique politicienne jouer la peur xénophobe permet de canaliser dans des voies relativement inoffensives (tant qu’elles ne deviennent pas majoritaires...) les revendications sociales et plus proprement politiques. Mais du point de vue de l’économie mondiale, il y en effet une mondialisation culturelle néfaste qui n’a rien à voir avec les beaux atours du cosmopolitisme (ou de la "créolisation", concept créé justement en réaction à cette forme de mondialisation). Lévi Strauss dénonçait ce danger dès la fin des années 50. On peut lire aujourd’hui bien des auteurs sur ce sujet qu’on ne peut soupçonner d’accointances avec l’extrême droite (comme Lasch).
    La libéralisation économique, et c’est en ceci qu’elle est idéologie (voire globalitarisme comme certains l’ont dit), touche tous les champs de la vie humaine et notamment les multiples formes de la culture : il faut constater et penser l’uniformisation culturelle, subreptice ou autoritaire, qui manifeste à la fois une marchandisation à l’extrême des objets de culture et des volontés d’hégémonie particulières ("occidentale" notamment). Elle constitue un véritable danger, faisant disparaître, langues, pratiques, fonds culturels populaires, anciens ou modernes... Ceci est tout à fait perçu par les peuples dans le monde quoiqu’il soit particulièrement difficile de le "conceptualiser" ; aussi sa formulation la plus immédiate se traduit par une sorte de conservatisme trop vite taxé de réactionnaire, nationaliste ou identitaire, mais qui, faute de meilleur relais politique et expression théorique, conduit là encore à un vote de droite et d’extrême droite - le seul rempart auquel je pense face à ce report sur l’extrême droite est finalement le régionalisme, les revendications autonomistes les plus diverses, qui dans une part importante des cas peut conduire à un vote de gauche (par opposition au pouvoir autoritaire central) ou du moins à un vote séparatiste/communautaire (au sens large) qui évite au moins la montée de l’extrême droite classique.

  • permalien Jacques :
    3 mai 2012 @18h44   « »

    4/3 :-)

    Bref, là aussi il y a un impensé du vote extrême-droite et de la mondialisation néolibérale (qui me semble en effet au centre de ces préoccupations, et c’est tout l’intérêt de l’article (brillant encore une fois) de Frédéric Lordon). La gauche doit se ré-emparer de ces sujets, ce qui demande beaucoup de "touché" puisque le risque de se faire taxer de réac ou de nationaliste est grand. Il me semble que l’angle d’attaque le plus intelligent à tous les égards est le protectionnisme et un discours contre le libre échange : même le Front de Gauche semble gêné avec cette idée (je ne comprends pas bien pourquoi), on en a très peu parlé durant cette campagne, laissant le monopole de l’idée au FN, alors que c’est un enjeu économique et politique profond, en plus d’être un incontestable atout électoral à mon sens. A cet égard, Todd, d’ailleurs partisan du protectionnisme (et cité par le FN ! on sent là la démission idéologique du PS) est intéressant lorsqu’il explique qu’il sent en ce moment un retour de l’idée de nation à gauche (ce qui est son origine historique, ne l’oublions pas !). Je ne suis pas sûr que ce soit encore le cas, mais il est certain que repenser, en plus des différences culturelles, le concept de nation (frontières économiques, interfaces culturelles, souveraineté des peuples - ça peut prendre place aussi à l’échelle européenne) est un travail à la fois capital et extrêmement difficile pour la gauche...
    Voilà ! Et pardon pour cette longue tartine en 4 parties !

  • permalien HN :
    3 mai 2012 @18h56   « »

    @Cyberpipas

    Pour appuyer vos dires, j’ai retrouvé un article de F. Lordon sur fortune.fdesouche.com...
    En effet, grosse récupération. En même temps, vu comment ils ont "nettoyé" au FN pour se donner une "image respectable" (sic), il a bin fallu pomper à gauche à gauche car le père n’avait pas un périmètre très large : pour lui c’était immigration, Algérie, bolchos, "détails de l’histoire".

    Cdlmt

  • permalien François78 :
    3 mai 2012 @19h07   « »

    Et front de gauche (et PS), mêmes cause, mêmes effets ... (et des pas difficiles à franchir - il faut arrêter de tourner autour du pot)

    Extraits d’un entretien de Reynald Secher (docteur es lettres et historien) auteur du livre "Vendée, du génocide au mémoricide") au journal Polonais Nasz Dziennik.

    http://fboizard.blogspot.fr/2012/05...

    http://lesalonbeige.blogs.com/my_we...

  • permalien Malakine :
    3 mai 2012 @19h16   « »

    Monsieur Lordon, je vous lis avec délection depuis des années et je partage bien de vos thèses, mais là, je découvre que vous êtes aussi grossier et méprisant que n’importe quel éditocrate du système !

    Vos oeillères sont les mêmes que ces socialistes qui sont incapables de remettre en cause l’Europe, la mondialisation et le libre marché. Vous vous évertuez à voir le FN tel que la pensée unique vous a toujours dit qu’il était, comme le socialiste de base aime l’Europe et le marché parce qu’on lui a toujours dit que c’était le progrès et l’avenir.

    C’est fin et intelligent comme du Dominique Reynier ou du Yann Barthès !

    Si vous aviez deux sous de lucidité, vous verriez que dans cette élection l’offre politique représentée par Marine Le Pen était d’inspiration souverainisme et antilibérale !! En aucun cas, un vote anti arabe !

    C’est d’autant plus décevant de votre part, que ces derniers temps vous étiez plutôt sur une ligne de réhabilitation de l’idée de souveraineté, y compris dans un cadre national.

  • permalien Merlmokeur :
    3 mai 2012 @19h30   « »

    Vote Hollande pour virer Sarkozy et l’ultraconservatisme oligarchique. Près de 60% de l’electorat de la fille à papa du Front Familiardaire en A.F. sa monnaie préférée s’apprêtent à voter pour le Fouquet’s club des milliardaires.
    Mr Lordon c’est le moment de synthétiser. Quelles sont les mesures économiques et financières principales à prendre selon vous si la Gauche gagne et voulait avancer ? J.Généreux s’est mouillé. D’accord sur la réhabilitation de la Nation et de l’internationalisme prôné par Chevènement depuis 30 ans face au discours transnational du Medef et de certains trotskystes qui sont inaudibles. Mais après ? C’est là que vous avez le plus à apporter.

  • permalien LNA :
    3 mai 2012 @19h42   « »

    La hargne, la rogne pro-immigration et philo-musulmane de certains ici est le meilleur exemple de ce que dit Olivier. Ces gens là sont dangereux, tout autant que les cadres du FN ou les Guéant et Buisson de Sarkozy.

    Les immigrés sont traités épouvantablement en Grèce (c’est le meilleur exemple) ? Et bien tapons sur les Grecs, puisque la troika ne leur a pas encore suffisamment tapé dessus à leur goût. Tapons les plus pour leur apprendre à accueillir "fraternellement" les immigrés, voilà leur remède.

  • permalien Houcine :
    3 mai 2012 @19h42   « »

    Maintenant que Nicolas Sarkozy n´a plus de chance, malgré tout le soutien du Crif, son départ est plus qu´éminent et Hollande s´est déjà investi, fustigeant le début de sa victoire, les français, dans leur ensemble ont mis l´accent sur ce qui concerne leurs postes de travail et leur pouvoir d´achat, sans se soucier de l´Europe et du monde entier, nous qui sommes issus des colonies françaises, toujours en mains de cette grande nation, notre sort, comme celui de nos grands parents qui avaient sacrifié leur vie défendant la souveraineté française et nos parents qui ont gâché leur jeunesse et santé réalisant les travaux les plus pénibles, ne logeant que dans des foyers nord africains et les bâtiments les plus malsains, nous sommes en droit de poser des questions à Monsieur Hollande, qui malgré sa position peu différente à celle de son adversaire, heureusement, il s´est au moins opposé à Sarko, lui rappelant qu´en France, il y a aussi des français musulmans.

    Puisque Sarkozy n´a jamais caché ses sentiments de haine et ses manifestations de force à l´égard des enfants issus de l´émigration (surtout les maghrébins), les musulmans de France sont en devoir de rompre avec leurs ennemis au sein du Front national et tous ceux qui ont adhéré au Club Sarko, Arno – BHL & Co. Car, cette haine, elle va ensemble et l´hégémonie israélienne puisant sa force au sein de ce Club parisien, où Sarko n´a jamais épargné ses efforts, prohibant tout ce qui est symbole musulman. Quant à son allusion concernant la viande Halal et des piscines réservées aux femmes, malgré sa malice et ruses, il n´a confirmé que son ignorance !

    La viande casher a été introduite en Europe par les premiers juifs, il y a plus de 2000 ans, et ce genre de piscines non mixtes, elles n´existent ni en Algérie, ni en Tunisie, sauf aux palais de celui que Sarko tente d´associer au salafisme, le nommant Commandeur des croyants, comme pour le diffamer, se vengeant de lui, parce qu´il a refusé d´admettre l´achat des Rafales, n´acceptant qu´un TGV qui sera un trop lourd fardeau pour les marocains, les privant d´une infrastructure à la hauteur de leurs besoins les plus élémentaires.

    Etant la monarchie alaouite marocaine une alliée des fascistes, Sarko et amis, ils seront toujours les biens venus au plus corrompu des royaumes.

    Houcine en Autriche__

  • permalien marco polo :
    3 mai 2012 @19h58   « »

    Analyse que je partage complètement. Reste à se servir de celle-ci comme argumentaire, comprendre pour faire comprendre, le travail est d’autant plus important qu’il se heurte à un monde médiatique pétri de ses certitudes néo-socialo-libérales.

    Je pense que l’élection de FH, paradoxalement, va permettre de mettre en lumière bien des choses. Notamment l’exigeance de justice sociale populaire qui va se heurter aux choix de la social-démocratie dans ce sytème financier.

    Dans cette lutte, il y a le Front de gauche ; il se trouvera en face des idées toutes-faites et des haines. Il devra pour éclairer faire preuve d’imagination, de force combative. La force du nombre.

  • permalien LNA :
    3 mai 2012 @20h38   « »

    Hallucinant. Qui d’autre que Marine Le Pen n’a cessé, tout au long de sa campagne, de dénoncer l’impossibilité pour l’Etat d’emprunter directement à la banque centrale, et plus généralement, le dogme du libre échange ?

    (Ladydi)

    Hallucinant. Qui d’autre que Marine Le Pen n’a cessé de voter systématiquement au parlement européen POUR tout ce qu’elle dénonce dans ses jolis discours ?

    @ Houcine
    Ouiii, faisons une belle guerre civile pour rendre justice aux pauvres- indigènes-musulmans-qui-souffrent.

  • permalien samuel :
    3 mai 2012 @20h45   « »

    @François78

    Mr Boizard...

  • permalien
    3 mai 2012 @20h50   « »

    Monsieur Lordon,j’adore tes analyses. Et même si ton style m’oblige régulièrement à repartir au début de la phrase (tu dois avoir fait de la logique, à un point donné de ton cursus, c’est pas possible autrement !), ça se déroule implacablement (et impeccablement).

    Chapeau.

    E. (logicien de bazar, musicien dilettante, producteur de faux travail label AB)

  • permalien Crapaud Rouge :
    3 mai 2012 @20h59   « »
    @Olivier (2 mai @19h28)

    Pas besoin d’avoir "passé beaucoup de temps à lire et écouter les électeurs du Front National" pour savoir que le FN est contre le néolibéralisme européen, et qu’il préconise une "reprise en main" de la finance sous l’égide de la souveraineté nationale. Mais si ses électeurs en sont aussi convaincus que vous le dites, alors pourquoi a-t-il autant besoin de se montrer raciste ? Pourquoi se concentre-t-il sur son système de "préférence nationale" ? La raison, c’est tout simplement que les dirigeants du FN, sachant fort bien que leurs petits électeurs sont incapables de lier leur condition matérielle aux politiques financières, agitent sous leur nez des coupables qu’ils connaissent beaucoup mieux, et beaucoup plus concrètement.

    "et j’imagine sans peine l’abyssale profondeur de vos préjugés" : quelque chose vous obligeait à dire ça ?

  • permalien Dupondt :
    3 mai 2012 @21h50   « »

    Lu dans Le Monde il y a quelques jours :

    Vu le contexte international, comment le PS et l’UMP peuvent-ils continuer de tout miser sur le retour de la croissance ? Il n’y a qu’une chance sur mille pour que ce rêve devienne réalité. "Ça va être effroyable, me confiait récemment un responsable socialiste. Il n’y aura aucune marge de manœuvre. Dès le mois de juin, on va geler des dépenses. Dans quelques mois, le pays sera paralysé par des manifestations monstres et, en 2014, on va se prendre une raclée historique aux élections.

  • permalien
    3 mai 2012 @22h27   « »

    Excellente analyse, particulièrement pertinente, efficace et utile.

  • permalien Jordi GRAU :
    3 mai 2012 @23h09   « »

    A Lo

    Merci pour les références. Je vais regarder ça...

  • permalien BA :
    3 mai 2012 @23h10   « »

    L’Espagne paie plus cher pour emprunter, après la sanction de Standard and Poor’s.

    L’Espagne a levé jeudi 2,516 milliards d’euros lors d’une émission obligataire à trois et cinq ans, la première depuis la dégradation de deux crans de sa note souveraine par Standard & Poor’s, et sans surprise ses taux d’intérêt ont donc grimpé.

    La demande des investisseurs est restée forte, dépassant les 8 milliards d’euros, ce qui a permis au Trésor d’emprunter un peu plus que la fourchette prévue (1,5 à 2,5 milliards), mais à un coût plus élevé, les taux passant au-dessus des 4% sur les deux échéances, selon un communiqué de la Banque d’Espagne.

    Le taux moyen de l’émission à trois ans a ainsi atteint 4,037%, contre 2,617% lors de la dernière émission similaire, le 1er mars.

    Ceux des émissions à cinq ans, avec deux références proposées, ont été de 4,752% et 4,960%, bien plus que ceux des dernières émissions comparables, 3,565% le 2 février et 3,696% le 17 février 2005.

    L’Espagne vit depuis quelques semaines un regain de tension sur les marchés, qui s’est encore ressentie mercredi, amenant la Bourse de Madrid à clôturer en forte baisse, de 2,55%, à son plus bas niveau en trois ans.

    Le pays, mis sous pression par ses partenaires pour assainir ses finances publiques, inquiète aussi en raison de son secteur bancaire.

    Ce dernier, ayant accordé des crédits à tout-va pendant la bulle immobilière, est fragilisé depuis son éclatement en 2008.

    Selon la Banque d’Espagne, fin 2011, il accumulait 184 milliards d’euros d’actifs immobiliers problématiques, soit 60% de son portefeuille.

    http://www.leparisien.fr/flash-actu...

  • permalien HW :
    3 mai 2012 @23h11   « »
    Réveillez vous !

    Si l’on prend le cas de la France, la majorité des "étrangers ou citoyens d’origine étrangère visibles" sont Algériens, Maliens, Antillais, Marocains, Tunisiens, Sénégalais, Vietnamiens. Les autres représentent des proportions totalement négligeables. Donc tous issus de pays (ou leurs parents) qui ont été départements français ou le sont encore, pour les Antilles. Je ne vois pas dans ce cas à quoi sert cette angoisse créée par les politiciens et les médias, sinon à stigmatiser des gens qui font partie intégrante de la société française, sont sa richesse, et devraient être mieux représentés dans les médias et les centres de décision.

  • permalien Sarah :
    4 mai 2012 @03h41   « »

    Si vous aviez deux sous de lucidité, vous verriez que dans cette élection l’offre politique représentée par Marine Le Pen était d’inspiration souverainisme et antilibérale !! En aucun cas, un vote anti arabe !

    Alors comment expliquez-vous que plus de 60% de l’électorat FN s’apprete à voter pour Sarkozy au deuxième tour ?
    Sans doute pour préserver la souveraineté de la France et pour mener une politique anti-libérale ?

  • permalien Berrillimité :
    4 mai 2012 @06h04   « »
    La raison du plus seul est toujours la meilleure

    En 1988, persuadés d’avoir enfin rencontré la fin de l’histoire conforme à leur vœu, François Furet, Jacques Julliard, et Pierre Rosanvallon nous annoncent l’avènement définitif de la « République du centre » [1], entendre de la raison gestionnaire, celle dont on fait les cercles, nécessairement centriste car enfin débarrassée des embardées intempestives de l’« idéologie ». En tout cas la chose est certaine : l’affrontement bipolaire est mort et bien mort.

    C’est toujours aussi bien écrit, Frédéric.

    Effectivement, le Centre est nécessairement de raison, mais je mettrais un bémol à gestionnaire, car la raison du Centre est plus un choix sémantique qu’un choix technique ou moral.
    D’abord, la raison du Centre est celle de l’isolement.
    En cela elle suit l’aphorisme espagnol "tener la razón y nada mas", aphorisme forgé par les Jésuites pour fustiger les Libres Penseurs, et destiné à leur rappeler qu’a vouloir avoir raison (contre Dieu) ils n’auraient que cela, raison solitaire et isolée de leur esprit mortel et non pas foi collective de leur âme immortelle, en tout cas raison desafortunadamente dépourvue de l’idéologie salvatrice. Aphorisme que la société civile espagnole a déconstruit pour en tirer la signification païenne et idéologique suivante : il vaut mieux avoir tort en groupe et foi dans le groupe, plutôt qu’avoir raison tout seul.
    La Raison du Centre est celle de ceux qui dénoncent les erreurs des groupes.

    Pour autant, une autre Raison meut aussi le Centre, plus profonde et moins avouable, celle d’un autre aphorisme, français celui-là, qui dit que "la raison du plus fort est toujours la meilleure" .

    Ces deux raisons permettent évidemment des amures variables, entre celles d’un Borloo qui s’émancipe par beau temps et rentre au port au premier grain, et celle d’un Bayrou qui décidera toujours - décidément - d’avoir raison le plus seul possible, soit en groupe, soit carrément tout seul, et que le choix soit technique ou moral.

    Je dois reconnaître qu’encore une fois, jusqu’au 22 avril, j’ai cru que l’hémicycle pourrait se recomposer entre une opposition intelligente et une majorité qui me convient (soit une Droite au Centre et une Gauche à gauche), et je me rend compte, une fois de plus, que l’extrême droite impose son irréductible mystère, mystère effectivement opposé non pas tant à l’une ou l’autre idéologie de gauche qu’à toutes les raisons du Centre.

  • permalien Houcine :
    4 mai 2012 @11h19   « »

    LNA

    Continuons a bien eduquer nos enfants, soutenir les causes humaines partout dans le monde et ne pas cesser de celebrer le printemps arabe en Egypte, en Tunisie, au Yemen, Bahraine et surtout au Maroc.

    Cordialement

    Houcine__

  • permalien Merlmokeur :
    4 mai 2012 @11h22   « »

    La marge d’erreur des sondages, si on les prend au sérieux est plus ou moins trois points. ON Y EST.

    Pour ceux qui veulent Faire Halte à l’oligarchie financière et virer les banksters sarkozystes du Fouquet’s qui pressurent de plus en plus le peuple voter F.H.

  • permalien Merlmokeur :
    4 mai 2012 @12h08   « »

    - Sarkozy et le courage
    • Le courage de prétendre lutter contre l’exclusion en baissant de 30% les crédits du Samu social au point de provoquer la démission de son fondateur.
    • En 2010, le courage de laisser 340 SDF mourir dans la rue en France en ayant annoncé lors de la campagne 2007 qu’à la fin de son mandat, il n’y aurait plus de SDF.
    • Le courage de fermer les places d’hébergement aux SDF en disant donner l’accès au logement quand ils seront construits.
    • Le 31 mai 2011, le courage de mettre en place la circulaire Guéant visant à expulser les étudiants étrangers.
    • Le 9 février 2008, le courage de faire voter la loi sur la rétention de sureté, la première fois depuis l’adoption de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen qu’une personne est maintenue en rétention alors qu’elle a purgé sa peine, cette mesure étant issue d’une loi nazie de novembre 1933.
    • En juin 2009, le courage de supprimer purement et simplement le secrétariat aux droits de l’homme.
    • En 2006, le courage de promettre un toit à tous les sans abris et les traquer dans les centres-villes pendant un quinquennat.◦ http://www.marianne2.fr/Que-plus-pe...
    http://www.lemonde.fr/societe/artic...

    • Le courage de mettre en place une taxe carbone qui n’a jamais vu le jour.
    • En mars 2009, Le courage de dépenser 400 000 euros pour un déplacement de Paris à Saint-Quentin, soit une distance de 165 kilomètres.
    • Le courage d’annoncer chaque année depuis 2007 une réforme de la dépendance qui n’a jamais vu le jour.
    • Le courage de faire licencier une vendeuse pour une plaisanterie.
    • Le courage de faire signer un chèque de 30 millions d’euros par le fisc à Liliane Bettencourt.
    • Le courage de tenter de placer son fils, débutant total, à la tête d’un organisme brassant des centaines de millions d’euros.
    • Le courage de dépenser chaque jour 11 780 euros de denrées alimentaires à l’Élysée.
    • Le courage d’augmenter le montant des sondages de 500 000 euros sous Chirac à 2,2 millions en cinq ans.
    • Le courage de passer la France de la 31ème à la 44e place au classement mondial de la liberté de la presse.
    • Le courage d’augmenter le déficit commercial de 36 milliards en cinq ans.
    • Le courage de faire basculer dans la pauvreté 60 000 retraités
    • Le courage de prétendre être le président du plein emploi et avec un million de chômeurs en plus.
    • Le courage de faire passer la dette publique de la France de 63,9% du PIB en 2007 à 81,7% en 2010.

    • Le courage de ne pas lever le « secret défense » sur l’affaire Karachi, qui a couté la vie à 14 personnes.
    • Le courage de choisir les journalistes et la maison de production pour ses interventions télévisées.

  • permalien Hugalito :
    4 mai 2012 @12h08   « »
    FN antilibéral ? 1/2

    Si vous aviez deux sous de lucidité, vous verriez que dans cette élection l’offre politique représentée par Marine Le Pen était d’inspiration souverainisme et antilibérale !! En aucun cas, un vote anti arabe !

    Je rejoins l’idée de Sarah sur sa réponse à cette affirmation et je poursuis.
    L’offre politique de Marine Le Pen est effectivement d’inspiration souverainiste. Elle est en cela en parfaite adéquation avec la ligne politique historique de son parti.
    Par contre, "antilibérale", je demande à voir...
    Le discours économique de Le Pen père a toujours été flou, pour ne pas dire pire... Et ses préceptes se sont en tout cas toujours plus rapproché d’un libéralisme économique dans lequel la France (aux français) prendrait toute sa place dans le wagon de tête, celui des vainqueurs. L’image s’arrête d’ailleurs là.
    Les récentes prises de position sur le thème économique de la part du FN sont, à mon humble avis, liées uniquement à l’avènement de la crise. Autrement, on n’en entendrait pas parler. Et vogue le navire de la préférence nationale...
    Mais ne pas tenter d’apporter une réponse à cette crise aurait bien évidemment été une erreur politique majeure de la part du FN. Ainsi, le -nouveau- discours économique apporté s’est cristallisé autour du thème de la sortie de l’euro et de l’europe, et donc de la souveraineté nationale retrouvée.
    Rien de nouveau sous le soleil national me direz-vous !
    Certes, mais cette fois-ci, le discours paraît plus structuré, se parant notamment des atours de l’anticapitalisme, mais sans pourtant en être vraiment...

  • permalien Hugalito :
    4 mai 2012 @12h09   « »
    FN antilibéral ? 2/2

    L’argumentaire frontiste (ou mariniste...) est pourtant simple : l’europe (et tous ces technocrates) est la cause de tout nos problèmes, sortons-en ! Cette approche a le double avantage d’une part de flatter les orgueils nationaux des électeurs historiquement frontistes mais également de surfer sur des idées de gauche, dont une partie de ses sympathisants commence à se rendre compte, après avoir cru à une possible transformation de l’intérieur de ses politiques, d’une nécessaire sortie de l’europe pour commencer à construire, à notre humble niveau national, une société plus juste et moins indécente.
    Mais là où le discours de la gauche de gauche étaye son propos avec des propositions (bien sûr souvent inaudibles où considérées comme infaisables sur les mass média) dans le sens d’une plus grande répartition des richesses, on se rend compte très vite, en creusant un peu, que les propositions du FN quant au devenir de la politique économique française, une fois la sortie de l’euro et de l’europe consommée, sont quant à elle, de nouveau très floues. Où est l’anti-libéralisme dans tout çà ? Et l’anti-capitalisme ? Répondre à une crise n’est pas la même chose que donner une vision politique (et donc économique) d’un pays.
    Mais là n’est pas le plus important pour eux. Il peuvent s’afficher à bon compte comme anti-système et anti-libéral. Je ne peux leur accorder, à la limite, que le premier des qualificatifs.
    Car on pourrait croire que çà y est, en plus d’avoir une vision sociale du pays (construite autour de la préférence nationale et de valeurs somme toute très conservatrices), le FN s’est trouvé une vocation à proposer des solutions économiques en faveur de la classe des petites gens !
    Mais ce n’est finalement qu’un nationalisme primaire maquillé de social...

  • permalien Merlmokeur :
    4 mai 2012 @12h10   « »

    • Le courage de dire à un citoyen énervé « Descends de là, si t’es un homme », en étant entouré de CRS armés jusqu’aux dents.
    • Le courage d’exiger de celui qui souhaite partir en retraite à 60 ans qu’il prouve un handicap d’au moins 20%.
    • Le courage de dépenser 1,3 million par jour pour une guerre injuste en Afganistan, au détriment de l’éducation, la santé, le chômage.
    • Le courage de siphonner le fonds de réserve des retraites créé en 2002 par Jospin pour financer la dette publique.
    • Le courage d’avoir lancé un grand plan Marshall des banlieues qui n’a jamais vu le jour.
    • Le courage de ne pas trouver les 13 000 places manquantes d’hébergement d’urgence.
    • Le courage de parler de « charges sociales » et non de « cotisations sociales ».
    • En janvier 2008, le courage d’augmenter son salaire présidentiel de 172%.
    • En janvier 2010 le courage de dépenser 1,6 million d’euros pour un voyage à la Réunion.
    • Le courage de supprimer l’année de formation en alternance de la formation des maîtres.
    • Entre 2007 et 2010, le courage de supprimer 80 000 postes dans l’Éducation nationale en prétendant lutter contre l’échec scolaire.
    • Le courage de donner la Légion d’Honneur à son couturier.
    • En 2009, le courage de supprimer près de 10 000 emplois de professionnels de santé dont 5 000 personnels soignants.
    • Le courage de supprimer les cotisations retraite sur les heures supplémentaires pour en conclure qu’il fallait réformer les retraites.
    • Le courage d’acheter un avion à 180 millions d’euros.
    • Le courage d’investir aux législatives de 2012 Christian Vanneste, un homme qui clame haut et fort que les homosexuels sont inférieurs aux hétérosexuels, et qui compare homosexualité et pédophilie.
    http://www.lemonde.fr/politique/art...

    • Le courage d’organiser un Grenelle de l’Environnement en 2007 et de dire dans le même temps que « l’environnement ça suffit ».
    http://www.pouruneautrepac.eu/2010/...
    • Le courage de lutter contre la pauvreté : en 2008, 7,836 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté En 2009, 8.173 vivaient sous le seuil de pauvreté.
    • Le courage d’une augmentation annuelle moyenne du nombre de chômeurs de 105 000 personnes.

  • permalien Helios :
    4 mai 2012 @12h55   « »

    @Hugalito
    Vous avez raison sur l’anti-libéralisme ambigu du FN. Mais il existe aussi une ambiguïté au moins aussi grande de l’extrème-gauche. Ses propositions sont bien entendu inapplicables dans un contexte de libre-échange et de libre circulation des capitaux. Il lui faut donc instaurer des frontières pour les appliquer. Mais les frontières c’est tout le contraire de ce que veulent les "citoyens du monde". Elles supposent une distinction entre ce qui est à l’intérieur et ce qui est à l’extérieur (l’ "exclusion" c’est vilain). Les frontières supposent aussi un contrôle policier. Et pour être efficaces elles doivent exister pour tout (capitaux, marchandises, personnes). En fait l’extrème-gauche est très à l’aise dans le monde sans frontières et sans nations de l’ultra-libéralisme, à part en ce qui concerne l’économie. Son seul salut est donc de changer les choses sur toute la planète d’un seul coup, ce qui semble un peu difficile. ça rappelle un peu la vieille controverse sur "le socialisme dans un seul pays" consécutive à la
    révolution de 1917.

  • permalien Hugalito :
    4 mai 2012 @14h38   « »

    @Helios

    Tout vient de la difficulté de changer l’ordre établi, pour de bon. Comment s’y prendre ?
    L’altermondialisme, et la notion de "citoyen du monde", auquel vous faites référence, et dans lequel une grande partie de la gauche de gauche s’est reconnu (moi y compris...) a perdu de son souffle. Et pour cause ! Changer les choses tout d’un seul coup ne s’avère pas possible... le combat est par trop inégal. Et les revendications par trop disparates. Et ce changement est d’autant moins concevable aujourd’hui que l’internationale socialiste, qui s’adressait à l’époque à une classe (ouvrière) qui se reconnaissait comme tel, n’a plus d’interlocuteur bien défini. La classe des petites gens (ouvriers, chômeurs, employés... dont je fais parti...) est complètement déstructuré à l’échelle d’un pays. Comment pourrait-elle se rassembler de manière cohérente à l’échelle du monde ?
    Bref, le changement d’échelle apparaît comme la seule alternative.
    Le combat contre l’Europe qui nous est proposé, et au sein même des institutions de l’Europe, aurait pu s’avérer payant. Mais les trahisons successives (Maastricht, Lisbonne, Traité de 2005...) auront eu raison des quelques dernières velléités de combat (en tout cas des miennes, et, soit dit en passant, de bon nombre d’électeurs du FN, je crois...)
    Finalement, reste la France, le territoire national. Voilà un levier qui semble encore abordable. C’est le dernier... Ou alors, arrêtons de rêver (la base du combat !) et travaillons plus pour gagner moins...
    Ainsi, le combat contre les banques et leur folie doit être radicalement réglé, le rôle de la BCE revu (et si ce n’est pas possible, faire sans...), le pouvoir actionnarial contraint pour laisser d’une part les coudées franches aux véritables entrepreneurs, et permettre une plus juste répartition des richesses produites par l’entreprise...
    Une fois ces principes mis en place (oui, je sais, c’est déjà beaucoup mais c’est finalement le minimum minimorum...), on peut discuter (entre avis et contraintes diverses et variés) et mettre en place une vrai politique pour le pays (l’écologie, la santé, les services public, l’agriculture, la compétitivité des entreprises, bref, tout ce qu’on voudra et ou on pourra continuer à discuter vivement mais sur des bases plus saines.).

    Enfin, concernant le mot frontière, je n’ai pour ma part pas d’à priori négatif. Ceci dit, bien que tout aussi à l’aise dans un monde avec frontière (avec policiers !), je ne peux m’empêcher de continuer à avoir une visée internationaliste de mon discours. En gros, souhaiter à tous de parcourir le chemin vers l’abandon du capitalisme et de l’hyperlibéralisme sauvage.

    Nous avons les pieds et poings liés et il ne faudrait rien faire. je m’y refuse. Pêché de jeunesse ?

  • permalien BA :
    4 mai 2012 @17h14   « »

    Jeudi 3 mai 2012 : les banques espagnoles ont dans leurs livres 225 milliards d’euros d’actifs pourris.

    "Les banques espagnoles ne reconnaissent pas tous les risques. Beaucoup de leurs débiteurs sont les promoteurs immobiliers, avec des capitaux propres négatifs, ils ne peuvent même pas payer les intérêts de leur dette", a déclaré jeudi Fernando R. Rodriguez de Acuna, président du conseil, dans une interview téléphonique accordée à Reuters.

    Rodriguez a déclaré que, selon les données publiées par 92 % des banques espagnoles à la fin de l’année 2011, les crédits problématiques pourraient s’élever à 225,200 milliards d’euros, près de 50 milliards d’euros de plus que les dernières données officielles de la Banque d’Espagne, datant du premier semestre de 2011.

    "Los bancos no reconocen todos los riesgos. Muchos de sus deudores son promotoras inmobiliarias con un patrimonio negativo, que no pueden ni siquiera pagar los intereses de su deuda", dijo el jueves Fernando R. Rodríguez de Acuña, presidente de la consultora, en una entrevista telefónica con Reuters.

    Rodríguez dijo que, de acuerdo con los datos publicados y extrapolados por el 92 por ciento de los bancos y cajas al cierre de 2011, el crédito problemático del sector podría ascender a 225.200 millones de euros, casi 50.000 millones por encima de los últimos datos oficiales del Banco de España, que datan del primer semestre de 2011.

    http://lacartadelabolsa.com/leer/ar...

  • permalien Alexandria :
    4 mai 2012 @17h57   « »

    @ via 3 mai 13:23

    [les États] « enchainant les gabegies depuis 30 ans (PAS UN SEUL budget n’a été voté à l’équilibre en France depuis plus de 30 ans) ... ».

    Il ne vous est pas venu à l’esprit que le début du déficit de l’État français coïncide étroitement avec l’interdiction que l’État s’est imposée à lui-même, en 1973 (loi Pompidou-Giscard) d’utiliser, comme auparavant, sa propre banque centrale pour emprunter les moyens de son action (i. e. : investissements), et que la “dette” n’est constituée de rien d’autre que des intérêts exorbitants versés tous les ans aux banques privées qui ont recueilli le pactole ?

    Quant à l’équilibre budgétaire, si l’on retranche cette infamie de la "dette" aux banques, il reste le même, bon an mal an, qu’il y a trente ans. Évidemment, admettre cela suppose que l’on cesse de confondre dépense et investissement...

    Illustration actuelle dans le "débat" politique "droite"-"gauche" (benêt blanc et blanc benêt) : les créations d’emplois de fonctionnaires dans l’enseignement proposées par FH, et la mesure de leur coût : l’argument de droite étant que le calcul du PS ne prend en compte que les cinq années du mandat présidentiel, alors qu’un fonctionnaire « c’est un coût à vie, oui, madame Michu !, quarante ans, sans compter la retraite ! », sans que jamais soit rétorqué que l’éducation n’est pas une "dépense", mais un investissement, sans que jamais soit énoncé que le traitement d’un fonctionnaire passe en quasi-totalité en consommation, investissement, autrement dit vient irriguer ce qu’il est bizarrement convenu d’appeler « l’économie réelle » (qui, je suppose, se déroule en temps "réel")...

  • permalien JP lefebvre urbaniste :
    4 mai 2012 @18h16   « »

    Quelques idées : le FN progresse parce que , comme en 1929 , le capitalisme est en crise grave et que les solutions de la gauche , par nécessité (difficile de prédire l’avenir) sont forcément hasardées, plurielles et contradictoires. Le racisme est un peu travesti, pour cause de volonté d’intégration de la fille dans la droite classique recomposée. Il faut un bouc émissaire si on veut constituer une solution de rechange démagogiques voire violente aux solutions de droite calssique qui ne marchent plus. L’autre leurre c’est l’Europe. Celle-ci est le contenant, justifié par les blocs de la mondialisation(USA, BRIC). Le contenu est libéral parce que chacun des gouvernements l’est aussi. Supprimer l’Europe ne changera pas la mainmise des oligarchies sur leurs propres opinions publiques. Supprimer l’Euro ne supprimera pas les déficits, ouvrira seulement la porte à l’inflation qui frappe toujours en premier lieu les pauvres.
    Hollande va remplacer Sarkozy. Une oligarchie va en remplacer une autre . La classe des énarques et autres mandarins étatiques , élus ou non, en place de la gestion directe par le CAC 40 et son délégué Sarko. Il y aura naturellemnt un compromis avec le CAC 40. C’est pourquoi la bonne performance de Mélenchon ne suffit pas : il faudrait que les 92 % des actifs que constitue le salariat accèdent à des formes de démocratie directe , court-circuitant l’une ou l’autre des classes dominantes ( Oligarchie versus mandarinat). La gauche de la gauche devrait donc inscrire en premier point de sa sixième république la refondation d’une démocratie de base à partir des quartiers ( un élu pour deux cents électeurs partout) en refondant la pyramide de la délégation de pouvoir, vivante, transparente. Elargir les droits des comités d’entreprise à l’ensemble de la gestion , instituer des conseils de surveillance des banques, composés des salariés et des titulaires de compte élus. De ce point de vue accroître les services publics serait une erreur. Si on ne s’engage pas sur le chemn de ces réformes révolutionnaires (allant vers l’autogestion et le dépérissement de l’Etat), on laisse sans moyens le salariat immensément majoritaire en l’abandonnant stratégiquement aux mains de la droite, des réformistes, des aventuristes fascisants. Rappelons qu’en 1975 , toute la gauche avait peu ou prou ces points à ses programmes !

  • permalien Compagnon du devoir :
    4 mai 2012 @18h40   « »

    En fait quand je lis ces commentaires je ne constate qu’une seule chose ...ce blog à été fait pour encenser la gauche et l’extrême gauche de Mélénchon...les analyses sont axées sur des convictions personnelles repranant les arguments de l’extrême gauche...Vous n’oublier qu’une chose c’est la pilule enfin le suppositoire qu’a pris le dictateur Mélenchon...car oui il s’agit bien d’un dictateur qui manoeuvre le peuple en lui faisant croire qu’il leur donne pouvoir pour mieux prendre ce pouvoir....Continuons à vouloir jouer les bobos tout le monde il est beau tout le monde il est gentil sans connaitre ce qui se passe vraiment au fond des choses ;; vous verrez ou tout ça va vous mener...vous ferez crever vos enfants...

  • permalien K. :
    4 mai 2012 @19h54   « »

    Sardhafi.

  • permalien annie :
    4 mai 2012 @19h59   « »

    il n’y a rien à comprendre aux idéaux qui portent le racisme.Votre analyse est juste,et rappeler que notre misère est financière et dépendantes de privés qui rakettent l’état,oui.
    Mais cette analyse objective et juste,est balayée pour la plupart qui votent FN,qui énoncent leurs raisons affectives de leur malheur,l’étranger.
    A les entendre,à échanger sur le fond,le silence se fait quelques temps,puis,revient en lame de fond,avec ironie et virulence,du côté de la passion.
    La haine est inhérente à l’humain,au pire,il guerroie,au mieux,il déteste son père,son frère,son voisin,et mieux l’étranger,qui lui garantit de supporter les proches,alimentant une cohésion de parti..
    C’est un état de fait.
    La culture,le lien social est une éducation qui cherche à limiter,à inhiber,à réinterroger ces passions,
    .
    Et chaque fois,se produit ce combat à mener..
    On est effectivement sur des terrains différents,des discours qui ne se croisent pas.
    tout reste à faire du côté du néolibéralisme,pour l’éradiquer
    et recommencer..

  • permalien Houcine :
    4 mai 2012 @20h12   « »

    Ce qu´on n´a pas voulu débattre et ce qu´on a laissé timidement sous-entendre !

    Concernant ce dernier débat Sarko–Hollande, je voudrais revenir sur l´énergie (le pétrole) que le président sortant responsabilise de tout le mal (l´économie c´est l´énergie et cette énergie c´est l´Arabie Saoudite), lui demandant :

    (1) Comment le baril a-t-il arrivé à son haut prix actuel ?

    (2) Pourquoi et qui avait organisé l´assaut sur les ministres de l´OPP à vienne, lorsque Cheikh »Zaki Al Yamani« fut son président ?

    (3) Qui est derrière les pirates au large de la somalie ?
    (4) Qui a détruit l´Irak qui offre actuellement son pétrole aux américains à 1 $ / baril ?

    (5) Pour quelles raisons Sarko & Co. ont-ils détruit la Libye et puissament armé ce qu´ils appellent l´Aqmi ? (les mercenaites !)

    (6) Qui sont les compagnies qui profitent le plus de ces prix, et en mains de qui sont-elles ?

    - En conclusion

    (7) Pourquoi Hollande n´a-t-il pas pensé à poser au moins une de ces questions concernant le gaz, le pétrole et leurs prix ?

    (8) Pourquoi le Moyen Orient et l´Afrique du Nord sont toujours en feu ?

    (9) Quant à l´Arabie Saoudite et l´ensembles des Cheikhs et gouvernants dans la région (inclus le Maroc et l´Algérie), ils ne font que ce que leur exigent leurs Mentors, au détriment de la paix mondiale et la prospérité de ces trop démunis peuples arabes.

    (10) Pourquoi Sarko veut-il faire de l´Algérie des généraux une puissance militaire ? Et parlant de l´islamisme, pourquoi il a nommé le roi du Maroc, le rappelant en qualité d´Amir al Mouminine ?

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    4 mai 2012 @20h15   « »

    Corrigé : point 5

    les mercenaires, au lieu des mercenaites !

    Houcine__

  • permalien Crapaud Rouge :
    4 mai 2012 @20h20   « »
    @Via : 3 mai @13h23

    "Je suis en effet un tenant du système démocratique. Raison pour laquelle je supporte mal Mélenchon, lequel, outre de faire l’apologie de la Terreur, de Robespierre et de St Just, considère que "Cuba n’est pas une dictature"."

    Vous êtes ma frangine ou quoi ? Vous parlez exactement comme elle, avec les mêmes mots et la même colère déplacée. On a pourtant entendu des mensonges ou des croyances pires que "Cuba n’est pas une dictature", non ?

  • permalien iAPX :
    4 mai 2012 @21h14   « »

    Putain d’analyse !
    Désolé d’être grossier mais ce n’est rien en dehors de ce que font les pornographes (au sens propre du terme) du PS et de l’UMP !

  • permalien Hugalito :
    4 mai 2012 @22h04   « »

    @ Compagnon du devoir

    vous ferez crever vos enfants...

    Cà va pas de dire des choses pareilles ! Vous êtes fous où quoi ?
    Que vous ayez la haine du vilain gauchiste, d’accord, mais laissez mes enfants là où ils sont !
    Et puis vos remarques de visionnaire à 2 balles sur le prétendu dictat que mènerai Mélenchon s’il était au pouvoir, vous pouvez vous les gardez. Où alors étayez votre propos !!
    J’attends d’ailleurs avec impatience votre réponse pour débattre sur ce sujet...
    Sans déconner...

  • permalien morse 89 :
    4 mai 2012 @22h17   « »

    Crapaud Rouge
    Cuba n’est sutout pas une dictature, c’est un pays assiégé depuis plus de 60 ans par un empire 1000 fois plus puissant qui cherche à l’étouffer avec sa culture ultra marchande et agressive militairement. Que feriez-vous dans cette situation ?

    Pour vous consoler de tant d’injustice, puisque vous prenez les Etats Unis (du moins les responsables et faiseurs d’opinion) pour des victimes, apprenez que la musique cubaine a été l’inspiration heureuse de beaucoup de pays africains, que leur médecine est performante malgré un embargo féroce des US, et que l’enseignement de base est solide , ce qui devient de moins en moins le cas dans l’enseignement public occidental tourné hystériquement vers le privé (pour une minorité aisée).

    Jean Luc Mélenchon vaut ce qu’il vaut dans ses idées et sa personne, mais il désigne les vrais problèmes et a le mérite de ne pas louvoyer entre l’ultra libéralisme et la social médiocratie. De plus, je lui suis gré de vouloir rapidement la sortie de la FRANCE de l’OTAN et des traités honteux comme celui de Lisbonne.

  • permalien Jordi GRAU :
    4 mai 2012 @22h20   « »

    A Annie (Première partie)

    Bonsoir.

    Permettez-moi d’être en désaccord avec une bonne partie de ce que vous dites.

    il n’y a rien à comprendre aux idéaux qui portent le racisme.

    Si, il y a quelque chose à comprendre. Dire cela, cela ne signifie pas qu’il y a une rationalité dans la xénophobie. Cela veut dire qu’il faut chercher une explication rationnelle y compris pour les phénomènes irrationnels, y compris pour les délires les plus fous. En l’occurrence, on ne peut s’empêcher qu’il y a un lien entre la montée (plus ou moins lente suivant les cas) de partis xénophobes en Europe et la dégradation de la situation économique. Quand les choses vont mal, l’histoire montre qu’on cherche davantage qu’à l’ordinaire des boucs émissaires. Socrate en fit les frais jadis. Pendant longtemps, les juifs furent parmi les principaux boucs émissaires de l’Europe. Aujourd’hui ce sont plutôt les musulmans (maghrébins ou turcs) ou les tziganes.

    Naturellement, il n’y a pas de lien mécanique entre les difficultés économiques et le vote Le Pen. Parmi les électeurs du FN, beaucoup de gens font partie des classes moyennes ou supérieures. Inversement, les gens du peuple ne votent pas tous, loin de là, pour ce parti. Mais il y a quand même un lien très probable entre le pourrissement de la situation économique, le délitement du lien social, et la projection de toutes les peurs et de toutes les haines vers quelques boucs émissaires commodes.

  • permalien Jordi GRAU :
    4 mai 2012 @22h22   « »

    Deuxième partie de mon message à Annie

    La haine est inhérente à l’humain,au pire,il guerroie,au mieux,il déteste son père,son frère,son voisin,et mieux l’étranger,qui lui garantit de supporter les proches,alimentant une cohésion de parti..
    C’est un état de fait.
    La culture,le lien social est une éducation qui cherche à limiter,à inhiber,à réinterroger ces passions,

    Je ne suis pas entièrement convaincu par cette analyse. Vous semblez dire que la haine fait partie de la nature humaine. C’est possible, mais elle est aussi en grande partie un produit de la culture. Car cette dernière, malheureusement, n’est pas seulement ce qui "humanise" l’homme et modère ses passions. Exemple : sur France Culture (justement !), un certain Alain Finkielkraut déverse régulièrement son venin réactionnaire. Entre autres analyses lumineuses, il avait interprété les émeutes de 2005 comme un effet de la propagande islamiste dans les banlieues. C’est ce genre d’analyse qui nourrit, au "mieux", le vote Sarkozy, au pire le vote FN.

    Autre exemple, le démographe Hervé Le Bras faisait remarquer dans cette émission que l’immigration est loin d’être en tête des préoccupation des Français dans les enquêtes d’opinion... sauf en période électorale, ou ce sujet remonte alors dans les premières places. Tout laisse donc penser que la xénophobie est attisée par une partie des politiciens (y compris de la droite "classique", voire de la gauche) avec la complicité des médias dominants.

  • permalien morse 89 :
    4 mai 2012 @22h23   « »

    Compagnon du devoir , c’est plutôt à vous que j’adressais le mail précédent envoyé à crapaud rouge (excuses à crapaud rouge !).

    Vous n’avez pas honte ou vous ne réfléchissez pas "Compagnon du devoir" (devoir de quoi ?)

  • permalien BlueTak :
    4 mai 2012 @22h51   « »

    "Fait si violemment fait retour à ses positions de départ, avec en prime l’intention écumante de faire la peau au menteur."... dites vous. Mais est-ce si sur ?
    Les électeurs du F.N sont souvent des gens de droite qui rêvent de se lâcher( et qui au deuxième tour de la présidentielle voteront Sarkozy) mais dire qu’on est raciste, ça ne passe pas bien ( pour le moment ) alors ils gueulent sur Sarkozy, histoire de justifier leur "transgression" civique.
    N’empêche que sur le fond ils colportent le même type de discours : "Moi je travaille toute la journée ( et même la nuit sans doute ) et je ne gagne rien (et même moins que rien ) alors que le chômeur d’à côté, lui, a une télé grand écran (et part en vacances au club med...)"

  • permalien BA :
    5 mai 2012 @11h21   « »

    Vendredi 4 mai 2012 :

    La Norvège se méfie de la zone euro.

    Le fonds souverain norvégien s’est débarrassé au cours du premier trimestre 2012 de la majorité des obligations souveraines dépréciées qu’il détenait au sein de la zone euro.

    Le fonds a vendu ses obligations souveraines portugaises et irlandaises, et a également réduit ses investissements dans les dettes de plusieurs pays, dont l’Italie et l’Espagne, a précisé son directeur général Yngve Slyngstad.

    "La prévisibilité est importante pour un investisseur à long terme, et la zone euro est confrontée à des difficultés structurelles et monétaires considérables", a expliqué Yngve Slyngstad.

    Le fonds, qui est chargé d’investir les revenus fiscaux issus des activités pétrolières et gazières norvégienne, a en revanche acheté des obligations émises en devises locales dans des pays émergents, comme le Brésil, le Mexique et l’Inde.

    La politique d’investissement du fonds, premier investisseur sur les Bourses européennes, l’a jusqu’à maintenant forcé à conserver un important portefeuille d’actifs européens, et lui a fait manquer une partie importante de la croissance rapide constatée en Asie et en Amérique latine.

    Le fonds a annoncé qu’il allait allouer une plus grande partie de ses investissements au Moyen-Orient où il n’a pour le moment qu’une présence limitée.

    Au 31 mars, la valeur du fonds se montait à 3.496 milliards de couronnes norvégiennes (460 milliards d’euros), contre 3.312 milliards d’euros au 31 décembre.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20...

  • permalien Vincent Orwell :
    5 mai 2012 @11h50   « »

    @Jacques et d’autres qui se reconnaîtront

    A propos de réactionnaires, il me semble intéressant de mentionner ici les réflexions de Jean-Claude Michéa, qui depuis longtemps se demande très intelligemment pourquoi la gauche ne comprend plus le peuple, et réciproquement.

    C’est un philosophe de formation et sa réflexion remonte jusqu’aux guerres de religion (« L’empire du moindre mal ») et tire jusqu’aux conséquences concrètes et contemporaines des choix idéologiques civilisationnels faits à l’époque (« Impasse Adam-Smith », plus proche des (pré)occupations de notre hôte). Ses inspirateurs se nomment Orwell et Lasch, entre autres, et le concept de ‘common decency’ est central dans sa réflexion, en tant que pivot pas suffisant mais nécessaire de toute réflexion sur ce que devrait être une éthique de gauche.

    Pour la faire (très (trop)) courte, sa conclusion est qu’aucun mouvement de gauche ne pourra se ré-enraciner dans les couches populaires sans intégrer des composantes généralement identifiées comme réactionnaires, à savoir : l’enracinement dans un lieu, l’attachement à certaines valeurs positives (contrairement à des valeurs définies négativement sur le mode juridique), et la revendication d’une certaine continuité de l’existence impliquant un rejet du mouvement perpétuel (idéologique, physique, géographique), fut-il progressiste.

    On reconnaît là des thèses auxquelles beaucoup d’électeurs FN souscriraient certainement, mais toute la question consiste justement à ne pas lâcher la proie pour l’ombre : c’est la différence qu’il y a entre l’opportunisme électoral et l’attachement réel aux « simples gens », selon la belle expression de Georges Orwell.

    Il me semble qu’il y a là un boulevard pour une gauche de gauche.

  • permalien Pierre-Joseph de Stal :
    5 mai 2012 @16h08   « »

    Frédéric Lordon nous somme de choisir entre l’affect et l’intellect. Mais cette distinction n’est-elle pas abusive et artificielle ? En effet, on peut fort bien poser une injonction morale dans le cadre d’une stratégie politique en expliquant aux électeurs que voter pour le FN les range sans appel dans la catégorie des « gros cons » (ce qui n’a aucun caractère définitif), mais aussi, dans le même temps, chercher à comprendre les causes de ce vote et proposer les mesures politiques, sociales et économiques susceptibles de les éradiquer.

    Notre point de vue est davantage étayé sur notre blog dans l’article "A propos des gros cons : Mélenchon versus Lordon".

  • permalien INDIGNE :
    5 mai 2012 @17h20   « »

    Le racisme des intellectuels

     ; Par Alain Badiou.

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/05/le-racisme-des-intellectuels-par-alain-badiou_1696292_1471069.html

    " Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du "problème immigré", pour que ne soit pas trop visible qu’ils servaient avant tout les intérêts de l’oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l’hypothèse communiste d’un manteau d’inepties sur le péril islamique et la ruine de nos "valeurs" !

    Ce sont eux qui doivent aujourd’hui rendre des comptes sur l’ascension d’un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental."

  • permalien berthierch :
    5 mai 2012 @18h55   « »

    on prend comme acquis que les dirigeants du mouvement social sont insoupçonnables.
    et que à force de ne pas se voir offrir de perspectives, on ne verra pas en france une situation à la tunisienne
    mais in fine, "la Force est en nous".
    meme si son irruption fait de la casse.
    et c’est plus ou moins pareil partout en europe.
    on a tort de fonder toute l’analyse sur le front national qui n’est que la resultante du manque de perspective claire offerte au peuple sur la base des idées qui sont pourtant nées en lui et pour lui, le peuple.
    Quelque part, JLM utilise l’argument FN pour ne pas postuler vraiment à la tete du peuple de gauche.

  • permalien BA :
    5 mai 2012 @21h01   « »

    Le glas sonne pour l’Espagne.

    Le glas se remet à sonner sur l’économie européenne et, par extension, sur les marchés mondiaux. Cette fois, les mauvaises nouvelles partent de l’autre rive de la Méditerranée : une Espagne en situation critique pourrait occuper l’actualité des prochains mois.

    Depuis la Grèce, le scénario, connu, obéit à une mécanique infernale. Quelles sont les étapes qui ne manqueront pas de se produire avant la fin 2012 ? L’État espagnol devra lever des fonds pour rembourser la part de sa dette arrivant à échéance. La situation se dégrade si vite que les investisseurs exigeront des taux d’intérêt intenables. Le gouvernement en appellera à la solidarité européenne ; l’audit mené sans doute encore par la « troïka » (Communauté européenne, BCE et FMI) rendra un diagnostic attendu : l’Espagne est incapable, à moyen ou à long terme, d’honorer la plus grande partie de sa dette. Les créanciers perdront donc les fonds prêtés. Ceux qui devront prendre les pertes seront d’abord les banques privées, sommées depuis des années de souscrire les bons émis par leur propre ministre des Finances.

    C’est là qu’interviendra la variante espagnole, différente du cas grec ou irlandais. Ces banques espagnoles sont parmi les plus importantes du monde. Plusieurs ont été déclarées « systémiques » par les autorités monétaires internationales, c’est-à-dire susceptibles, en cas de faillite, d’entraîner la totalité du système financier planétaire. En clair, les pertes liées à un défaut de l’État espagnol feraient exploser l’Europe, et en suivant, le reste du monde.

    Donc, il n’y aura pas le choix : il faudra renflouer, et la facture sera très lourde pour les rares cautions de la zone. Le singulier suffirait en l’espèce : la seule garantie digne de ce nom se nomme l’Allemagne, dont la capacité de résistance se trouverait alors mise à rude épreuve. Dès lors, le colmatage impératif deviendrait le seul sujet de conversation des chefs d’État d’Occident, reléguant aux calendes « grecques » d’hypothétiques plans d’investissement ou de relance.

    D’autant que le cas espagnol illustre à quel point le mal est ancien, profond et récurrent. Le déséquilibre de l’économie ibérique date de près de vingt ans, quand il devenait nécessaire de trouver un relais aux premières décennies de démocratie, de transferts européens et de comblements des retards en tous genres. Au lieu d’une croissance certes lente, mais solide et structurelle, on préféra une fuite en avant, fondée sur le développement immobilier, des réseaux de transports surdimensionnés, des équipements publics aberrants.

    Philippe Dessertine, économiste.

    http://www.sudouest.fr/2012/05/05/l...

  • permalien Maco81 :
    5 mai 2012 @21h45   « »

    Pour répondre à la crise de la démocratie représentative, voici l’idée défendue par Etienne Chouard : la réunion d’une Constituante au tirage au sort...

    http://www.youtube.com/watch?featur...

  • permalien Claude :
    6 mai 2012 @01h23   « »

    Frédéric Lordon,
    Pourquoi la vraie gauche devrait-elle trouver des "excuses sociologiques" au électeurs FN alors que ceux ci sont les premiers à ne pas vouloir en trouver pour les autres ?
    Qu’ils trouvent au contraire que sur le plan de la répression et de l’immigration Sarkozy a été un peu mou ?

    Le fait, qu’ils goûtent un peu au traitement qu’ils infligent aux autres me parait au contraire être un juste retour de balancier.

    Attention aussi à ne pas donner un brevet d’ "antilibéralisme" au NON d’extrême droite du référendum de 2005.
    On peut parfaitement être ultra-libéral et être anti-européen.
    Comme une Margaret Thatcher par exemple ou bien un Václav Klaus en république Tchèque.
    Au delà de sa politique économique ultra-libérale, l’UE est aussi un monstre bureaucratique qui prétend réglementer même la façon dont on fait le fromage.

    D’autre part, croire que les électeurs du FN on voté Sarkozy (souvent dès le premier tour d’ailleurs) sur la position qu’il développait sur le pouvoir d’achat me semble un peu court.
    Sarkozy 2007, c’est aussi "la France, tu l’aimes ou tu la quittes".
    C’est aussi celui qui a foutu le feu aux banlieues.
    Celui des incidents de la gare du Nord en mars 2007 etc...

    Et aussi celui qui avait dit clairement qu’il ne demanderait pas leur avis aux français sur le nouveau traité constitutionnel européen !

    Salutations amicales.

  • permalien Bob :
    6 mai 2012 @02h17   « »

    Pourquoi la vraie gauche devrait-elle trouver des "excuses sociologiques" au électeurs FN alors que ceux ci sont les premiers à ne pas vouloir en trouver pour les autres ?
    Qu’ils trouvent au contraire que sur le plan de la répression et de l’immigration Sarkozy a été un peu mou ?

    Il y a des explications sociologiques. Mais la mise en scène de l’information et de la politique est déterminante.

    Relisez aussi les textes de Marx et d’Engels sur la nocivité pour les travailleurs anglais eux-mêmes de la haine entretenue parmi eux par leur État contre les travailleurs irlandais.

    Rien de vraiment nouveau sous les nuages du capital.

    Au Québec, certains manipulateurs d’opinion, inspirés grandement par Zemmour et Finkielkraut, ont d’abord essayé - sans succès - d’agiter l’épouvantail islamiste. À présent, ils recommencent à se déchaîner contre les "assistés sociaux", qui jouent le même rôle que les immigrés - d’un côté, il y a les "gentils contribuables" et de l’autre, les ignobles profiteurs assistés. On a toujours besoin d’une classe dangereuse pour faire peur - imposer sans avoir l’air de contraindre.

    KRAUS
    "Le national-socialisme n’a pas anéanti la presse, mais la presse a produit le national-socialisme
    . »

    Jacques Bouveresse : Dire que les médias, c’est la culture de la démocratie, est très unilatéral et très optimiste parceque, malheureusement, il y a un point sur lequel Kraus a raison : tous les dictateurs ont trouvé aussi une presse prêteà se mettre à leur service. Il ne faut pas s’imaginer que, par définition, la presse est anti-totalitaire, au service de ladéfense des libertés individuelles et de la démocratie. N’oubliez pas que Kraus pense, de façon cruelle mais pas complètement
    dépourvue de pertinence, que l’état naturel de la presse, c’est la prostitution et qu’elle se met spontanément du côté du plus fort.

    J. Bouveresse a refusé la Légion d’honneur.

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