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L’entente en question

La Royal Navy laisse tomber les catapultes

mardi 15 mai 2012, par Philippe Leymarie

Au moment même où est investi un nouveau président de la République en France, les portes de la coopération franco-britannique en matière de défense — un des axes du quinquennat Sarkozy — se ferment une à une. Dernier avatar : la volte-face, ces derniers jours, du premier ministre David Cameron à propos de l’équipement de ses futurs porte-avions, le « Queen Elizabeth » et le « Prince of Wales ». Le choix en faveur du chasseur F-35 américain à décollage et atterrissage vertical, dit « B » (ou « jump jet ») — et non plus de la version « C », lancée par catapulte et freinée à l’atterrissage par des brins d’acier — rendra impossible la mutualisation des groupes aéronavals des deux pays, qui avait été envisagée lors de la signature des traités de Lancaster House, en 2010.

Certes, les Britanniques ont de bonnes raisons de changer d’avis : d’une part, la version « B » est moins chère, ce qui — en ces temps de disette budgétaire — est un argument de poids ; d’autre part, ces appareils pourront être livrés à partir de 2016, au moment où les deux nouveaux porte-avions britanniques seraient mis en service, alors que dans le cas de la version « C », à catapulte, ces appareils n’auraient pas été disponibles avant 2023, laissant les nouveaux bâtiments sans avions — ce qui n’avait pas de sens.

Embarrassé, Londres se défend :

— la décision de choisir la « C » était légitime à l’époque, en 2010, mais les conditions ont changé, a soutenu Philip Hammond, le secrétaire britannique à la défense ;
— on ne pouvait anticiper les retards du programme du Joint Strike Fighter (JSF) et l’augmentation des coûts, qui est « inacceptable » ;
— l’équipement des porte-avions en catapultes aurait coûté 2,5 milliards d’euros, soit deux fois plus que le devis initial ;
— le « Prince of Wales » transformé (catapultes) n’aurait pas été livré avant 2023, au mieux, et les F-35 version « C » non plus ;
— la décision d’opter pour la version « jump jet » est fermement soutenue aujourd’hui par les chefs d’état-major concernés ;
— il aurait été malaisé, pour les pilotes de l’aéronavale britannique, d’acquérir un savoir-faire complexe, abandonné depuis plus de quarante ans (la pratique de la catapulte et de l’atterrissage sur piste embarquée) ;
— la « mémoire » des techniques de vol vertical en revanche reste vive, le déclassement des Harrier (ancêtres de la version « B » du F-35) ne datant que de quelques mois...

Présence à la mer

Reste que les Britanniques ont préféré tous ces arguments à celui qui avait été invoqué pour justifier leur choix de 2010 : l’interopérabilité entre alliés, ardemment défendue par David Cameron au début de son mandat, et actée par le traité de Lancaster House. Dans le schéma initial, les Rafale français (mais aussi les F-35 C et autres versions navales des chasseurs américains) auraient pu se poser sur le « Prince of Wales », et vice-versa. Les deux pays auraient pu mettre en œuvre une mutualisation de leurs groupes aéronavals, et garantir la présence à la mer — ou en tout cas, la disponibilité — d’au moins un porte-avions d’un des deux pays.

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Le Queen Elizabeth, vue d’artiste
Source : site des forces armées britanniques / BAe.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la France dont l’unique porte-avions — le Charles de Gaulle — est assez fréquemment indisponible : une période d’entretien de plusieurs mois tous les deux ans, un grand carénage tous les quatre ou cinq ans. Et qui comptait bien, grâce à cette coopération, pallier à sa décision — prise déjà pour des raisons budgétaires, en 2008 — de renoncer à l’acquisition d’un second navire.

Mais ce n’est pas tellement bon non plus pour la Royal Navy, qui s’était ralliée à la version catapultée pour un de ses deux porte-avions. Elle sera finalement dotée, avec la version « B », d’un appareil d’un rayon d’action inférieur d’un tiers (le F-35 à décollage et atterrissage vertical consomme beaucoup de carburant durant ces phases de vol), et d’un système d’armement également réduit par rapport à la version catapultée : ce choix conditionnera les capacités aéronavales britanniques pour plus d’une cinquantaine d’années — étant entendu, tout de même, comme le signale Mer et Marine, que « l’aéronavale britannique va connaître une évolution importante de sa puissance offensive », puisque « le F-35 B, appareil de cinquième génération, sera, quoiqu’il en soit, bien supérieur en termes de capacités aux anciens Harrier ».

Feue l’interopérabilité

Certes, explique ce site spécialisé, l’abandon du F-35 C empêchera le groupe aérien embarqué britannique d’être interopérable avec les porte-avions américains et français. Mais il le sera avec les porte-aéronefs italien et espagnol, qui ont mis en œuvre des Harrier dans le passé, et vont être équipés eux aussi des F-35 B. En fait, l’interopérabilité était une piste intéressante lorsque Londres n’envisageait la construction que d’un seul porte-avions. La mise à la disposition de la Royal Navy de deux bâtiments lui permet de se passer des Français. « Au final, la décision de Londres apparait donc particulièrement pertinente, tant d’un point de vue financier qu’opérationnel et stratégique », juge Mer et Marine.

Le gouvernement Cameron s’est cependant trouvé sous le feu de son opposition travailliste, qui a dénoncé son « incompétence », sa façon de prendre des décisions sans en étudier suffisamment la faisabilité, sa propension à se déjuger spectaculairement à deux ans d’intervalle, etc. Les mêmes travaillistes — alors au gouvernement, avant 2010 — avaient opté pour la solution « B », avant que David Cameron, du temps de sa lune de miel avec Nicolas Sarkozy, ne se décide pour la version « C », interopérable avec les Rafale français.

Le paradoxe est que, du fait des renoncements successifs auxquels a dû se résoudre la défense britannique, Londres — dont l’industrie de l’armement est exsangue — se retrouve à acheter des F-35 à atterrissage vertical, conçus selon la technologie développée en Grande-Bretagne pour la construction des anciens chasseurs Harrier, mais cédée à un industriel américain... qui la revend à la Royal Navy.

Cavalier seul

Ce nouveau virage à 180° n’est qu’un épisode de plus dans la saga des futurs porte-avions britanniques. Initialement, ils devaient être construits en coopération avec la France : les études menées en commun en 2005 avaient coûté une vingtaine de millions d’euros ; l’opération était censée faire faire des économies aux deux pays, mais impliquait que Londres se rallie à la technique de la catapulte.

Les Britanniques ayant finalement choisi de faire cavalier seul, la construction du « Queen Elizabeth » avait été engagée, avec une mise en service prévue pour 2016, quitte à ce qu’il soit utilisé durant plusieurs années, comme... porte-hélicoptères, faute d’avions, voire vendu lorsque le second porte-avions aurait été opérationnel.

Mais, il avait été décidé en 2010, dans le cadre d’une « revue stratégique de défense et de sécurité », de modifier les plans de construction du sister ship du « Queen », le « Prince of Wales », pour le doter de catapultes et d’un pont d’atterrissage oblique lui permettant de d’accueillir les F-35 C, ou les Rafale français. C’est après avoir procédé ces derniers mois à un audit à la fois technique et financier que le département britannique de la défense vient donc de renoncer aux transformations prévues, quels qu’en soient les désagréments politiques.

Mauvais signal

Sur le plan diplomatique, c’est plutôt un mauvais signal au moment où François Hollande accède à la présidence. Le traité de Lancaster House paraît désormais vidé d’une part appréciable de son contenu. Le projet d’utilisation croisée des groupes aéronavals était au cœur de ce traité bilatéral de défense signé entre les deux poids lourds européens du genre. Un rendez-vous manqué, alors que depuis une décennie, les marines se familiarisaient en échangeant des navires d’escorte, en pratiquant des ravitaillements mutuels en mer, etc. Leur coopération avait été particulièrement intense l’an dernier, durant une campagne de Libye menée principalement par ces deux pays européens, sous la casaque de l’OTAN.

Pour Mer et Marine, la constitution d’un groupe aéronaval franco-britannique, en dehors des périodes d’exercices, se heurtait au fait que « ces bâtiments sont, par définition, des outils stratégiques de puissance ne se partageant pas — surtout le Charles de Gaulle et son groupe aérien, qui peuvent mettre en œuvre des missiles nucléaires. Engager un tel bâtiment dans une opération militaire conjointe, sous la tutelle de deux Etats, aurait pu poser d’importants problèmes politiques, Paris et Londres pouvant avoir des vues divergentes, comme ce fut le cas pour l’Irak en 2003 ».

Les mêmes réserves ont joué s’agissant de la dissuasion nucléaire, le projet un temps caressé de mutualisation, ou même simplement de coordination, des patrouilles de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) n’ayant pas débouché sur du concret. En revanche, un laboratoire commun de simulation nucléaire est bien en construction, comme prévu, sur le site du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Valduc, en Côte d’Or : il sera en fonction en 2014, et devrait être vraiment opérationnel en 2022.

Les « Queen Elizabeth » et « Prince of Wales » seront les porte-avions les plus imposants d’Europe (un tiers en volume de plus que le « Charles de Gaulle »), mais ne seront pas en service avant 2016, voire 2018. D’ici là, la Royal Navy doit se contenter du HMS Illustrious, un vieux porte-avions léger, transformé de fait en porte-hélicoptères... en attendant les fameux F-35 américains.

15 commentaires sur « La Royal Navy laisse tomber les catapultes »

  • permalien thierry :
    15 mai 2012 @13h43   »
    La Royal Navy laisse tomber les catapultes françaises

    Intéressant, il y a des contradictions avec l’article suivant de The Register :

    Cameron’s F-35 U-turn : BAE Systems still calls the shots at No 10.

    Le F35B serait plus cher que le F35C, et le surcoût des catapultes serait largement surévalué, au bénéfice de BAE. L’ironie est qu’il existerait une troisième option avec les catapultes : acheter des F18...

    Quel est la version la plus juste ?

  • permalien Tolomei :
    15 mai 2012 @15h05   « »
    La Royal Navy laisse tomber les catapultes françaises

    Quelques erreurs dans cet article :

    - le titre est inexact, la France ne construit pas de catapultes, elles sont toutes américaines, même celle du CdG !

    - la mise en service du QE est prévue pour 2020, pas 2016 ni 2018. Il n’y a d’ailleurs pas de livraison de F-35 avant 2018 au mieux.

    - Le PoW doit toujours être vendu, les anglais ne le conservent pas et ils auront donc bien un seul porte-avion à l’horizon 2020.

    - La France a reporté sine die la décision d’un deuxième PA mais n’y a pas renoncé. En fait on attendait de voir ce que font les anglais. Maintenant on sait.

  • permalien L’équipe du Monde diplomatique :
    15 mai 2012 @17h53   « »

    @Tolomei

    Nous avons rectifié le titre, merci de votre vigilance.

  • permalien Bat :
    15 mai 2012 @18h04   « »

    Contrairement à ce que vous dites, la version B est bien plus chère que la version C (car bien plus complexe techniquement), et qui plus est moins performante. C’est pourquoi il est régulièrement question d’abandonner le développement de cette version, qui a pris plein de retard et a explosé tous les coûts. Ce sont les porte-avions à catapultes et brins d’arrêts qui sont plus chers qu’un petit porte-aéronef.

  • permalien Ph. Arnaud :
    15 mai 2012 @23h28   « »

    - Est-il utile, pour un pays de 3e rang comme la France, de se doter de porte-avions, de surcroît nucléaires ?

    - Ne serait-il pas plus "rentable" de se constituer, à la place, une flotte de frégates, qui présenteraient, par rapport à un porte-avion, l’avantage du nombre ?

    - D’autant plus qu’il semble bien que, depuis quelques décennies, avec l’augmentation de la vitesse, de l’autonomie, du perfectionnement des moyens de détection et de transmission, de l’efficacité accrue des armes, le tonnage maximum des navires - hors porte-avions - tend à diminuer.

    - Avant la guerre, la France avait non seulement des croiseurs, mais aussi des cuirassés. Aujourd’hui, ses navires de surface les plus importants sont les frégates de 1er rang.

    - Le porte-avion stérilise trop de navires pour son escorte, sans compter qu’il peut être mis hors d’usage par quelques missiles anti-navires tirés d’un simple patrouilleur.

  • permalien arndebian :
    16 mai 2012 @11h36   « »
    Le bateau ivre continue de sombrer ....

    La planification stratégique semble manquer singulièrement de ... planification.

    Quand un plan impliquant des milliards et des décennies évolue sur une période de l’année (voir mois par mois) il y a de quoi se poser des questions sur les personnes qui prennent ces décisions mais peut être plus encore sur le système complet dans lequel nous vivons (décisions, intérêts, finalités ...).

    D’un point de vue technique, cet accord "stratégique" de mutualisation est mort. Que vont mutualiser les marines en question maintenant ?
    Le manuel du règlement, les uniformes, ou peut être les menus français contre les rations anglaises ; on va pas risquer l’insubordination, voir l’insurrection pour cela ? Autant rendre la chose officielle, cela évitera peut être des malentendus.

    De toute façon les intérêts entre les deux pays divergeant de plus en plus n’importe quel accord devient caduque si ce n’est pour parer à la misère actuelle que l’on arrive plus à cacher. La question reste depuis les années soixantes d’actualité ; les intérêts stratiques sont ils partageables ?

    Quand on voit que depuis l’accord de Nassau (accords de Nassau signé le 22 Décembre 1962 et octobre 1962 pour la crise de Cuba ... les dates sont importantes) le RU n’a dans les faits plus de dissuation nuclèaire.

    Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord... d’ailleurs très different de : http://en.wikipedia.org/wiki/Nassau...

    La france veut-elle assugétir sa sécurité à celle du Royaume Uni ou même à celle des états unis d́’Amérique ? Je rappel ici les rapports du "US department of state" lors de la crise de cuba que les généraux US ont froidement acceptés le sacrifice du Royaume uni face à la riposte Soviètique en cas d’escalade nuclèaire. Il n’y avais guère que JFK pour s’y opposer (on sait comment il a fini...).

    Qui pense ici que les USA risquerait l’annihilation pour défendre le Royaune Uni ? Depuis au moins un demi siècle il n’y a pas d’intérêt britanique qui ne soit pas des intérêts US, donc les Vanguard ne sont donc que des auxiliaires aux Ohio assurément pour le malheur des contribuables britaniques mais certainement pas pour leur sécurité.

    Ce qui est interessant ici est l’inconsistence permanente des décisions. On décide puis on change d’avis constament sans aucune conséquence sur les définitions des responsabilités, attitude générale bien caractèristique de notre époque et particulièrement typique des "responsables" néo-conservateurs.
    Peut être qu’il serait temps d’envisager la possibilité d’une révocation à tous instant des élus.

    ... / ...

  • permalien arndebian :
    16 mai 2012 @11h38   « »
    Le bateau ivre continue de sombrer .... suite

    Le F35B a été mis en "probation" par Gates pendant deux ans afin de savoir si l’on pouvais résoudre les problèmes de conception (il était prévu d’arreter ce projet dans le cas contraire), il n’a été relancé que récement dès que Gates est parti (sur des solutions techniques "provisoires") alors que les difficultés perssistes et que le programme de test n’en n’est qu’à ces débuts, cela ressemble bien à des décisions politiques pour résoudre les problèmes techniques du F35 et les difficultès financancières de Lookeed-Martin.

    Parler de prix du F35 est d’ailleurs d’une hypocrisie presque risible sauf si elle n’impliquerais pas la qualité de vie des citoyens. Parle t on bien du JSF (ex JASF coté en début de programme pour ... $22M et environ $35M pour le STOL), pour lequel les premiers exemplaires (non conforme pour le combat) seront produit pour plus 10 fois la somme annoncée lors du lancement (sans compter les inévitable remise à niveaux car ce ne seront que des prototypes..)

    Le coût de maintenance étant proportionnel au coût d’achat il est fort à parier que même si avec ses finances publiques aux abois, le RU, l’Espagne et L’Italie se ruinent pour l’achat de sa quicallerie il ne resteras qu’à la brader pour manque de fonds (cf : les batimemts de la Royal Navy).

    Rien aujourd’hui ne permet d’affirmer que le JSF est sortie d’affaire alors le programme de test n’en n’est qu’à ces débuts, que les logiciels en sont encore à la phase de codage, que les coûts sont intentionnellement sous-évalués, que la maintenance (estimé à 44% du F16, comme en 1998 !) est frauduleusement fausse et totalement centralisée aux USA (donc le prix non controlé et le code source restera fermé à tous les autres pays ...), que les vois s’élèvent pour annuler cette folie, que le dollar voit sa domination s’écrouler, etc ...

    Curieux destin que celui du JSF, conçu pour détruire ce qui restait de l’industrie européenne de défence et qui semble bien partie pour détruire celle des USA, avec l’USAF et tout ceux qui sont montés dans le train.

    "mais les conditions ont changé" comme a déclaré Philip Hammond, en effet, les USA sont maître d́’oeuvre du JSF et ils font ce qu’il veulent avec ou plutôt ce qu’ils peuvent.

    Et si le JSF (Just (A)nother Speedy Fail ...) n’était pas assez big too fail ? (un peu comme une certaine banque...) ?

    Bonne journée

    Un lien sur ce sujet l’excellent POGO et les autres catastrophes :
    http://www.pogo.org/investigations/...

    et sur le JSF :
    http://www.pogo.org/investigations/...

  • permalien Ph. Arnaud :
    16 mai 2012 @14h50   « »

    A propos du F-35.

    - On peut se demander si ce programme ne va pas finir par capoter en raison de son excès d’ambition. Ambition de couler l’aéronautique militaire européenne, d’abord ; ambition de produire un avion unique, décliné en de multiples versions, censées remplacer une foule d’autres appareils, ensuite.

    - L’idée qui préside à cet appareil me semble être la même que celle qui a présidé à la conception des Tornado et autres Typhoon, celle d’un avion MRCA (multirôles), qui n’est finalement bon dans aucun. Un peu comme, dans les années 1930, l’hydravion, qui était tout à la fois un mauvais avion et un piètre bateau.

    - Il semble aussi faire double emploi avec le F-22 Raptor, qui a un prix tel que les Américains ne peuvent se l’offrir qu’à doses homéopathiques (comme le B2 Spirit), ce qui, pour l’efficacité, est ridicule. En outre, cet avion semble présenter des défauts de conception, certains de ses pilotes se plaignant de troubles. [On se souvient aussi, comme autres joyeusetés, de son dérèglement complet lors de son franchissement de la ligne de changement de date, de sa mise hors circuit au-dessus de Bagdad, en raison des contre-mesures électroniques destinées à empêcher le déclenchement des bombes artisanales, et du blocage d’un de ses pilotes durant plus de deux heures dans le cockpit. On espère pour lui qu’il avait pris ses précautions avant...].

    - Les Américains pourraient, à moindres frais, moderniser le F-18. Ils pourraient aussi prendre modèle sur des avions européens peut-être moins ambitieux - comme le Saab Gripen, mais bien moins chers.

  • permalien arndebian :
    17 mai 2012 @09h21   « »
    De la nature du problème

    Cher Ph. Arnaud.

    Merci pour vos questions éclairées a propos du F-35.

    A la remarque "Ils(Les Américains) pourraient aussi prendre modèle sur des avions européens peut-être moins ambitieux - comme le Saab Gripen, mais bien moins chers."

    Je pense qu’au contraire il ne le peuvent pas (ou plutôt plus) car cela impliquerai un processus de décision rationnel centré sur l’efficacité et l’intérêt général, et vous en conviendriez que poser ainsi le problème c’est y répondre.
    Ici les remarques de Noam Chomsky sur la nature fasciste des économies dites capitalistes en générale et celle des USA en particulier sont particulièment pertinentes dans le cas de l’industrie de la guerre.
    Le budget militaire US (1200 milliard de $ / an) n’est rien d́’autre qu’une subvention du contribuable vers le privé et les soit disantes menaces soviétiques, terroristes puis bientôt chinoises (ou russes avec le candidat républicain) ne servent de pretexte qu’à cette manne publique.

    Un collègue de John Kenneth Galbraith a eu la tâche de planifier la réforme du département d’état US, il a décliné polimment cette offre car en effet, déjà à cette époque il le considérait irréformable et la seule chose raisonnable à faire selon lui était de le supprimer.

    Qui aujourd’hui pourrait penser autrement pour cette adminstration, ou pour par exemple le pentagone quand on voit le tonneau sans fond on l’on y déverse trilliard par trillard sans espoirs d’amélioration ; ou le 10 septembre 2001 le ministre de la défence US admettait la perte de 2300 milliard de $ dans la comptabilité de son ministère et lancait en conséquence une enquête (dûment stoppée par la destruction des archives comptable par un avion très malheureusement tombé pile sur le coffre de ces dites archives ... vraimment pas de chance).
    Vous parliez du F22, la précédente catastrophe, des performances ratés au dire de ces concepteurs (1/3 trop pesant), des capteurs trop chère donc installés en option, son prix aujourd’hui de 1/2 milliard / appareil. Le dernier capteur a y être installé (vision infrarouge) coutera 8 milliard de $, le prix du developpement des dernirères générations d́ avion russe ou chinois, prototypes compris !
    Le B2 à plusieurs milliard de $ par machine (personne ne sait combien exactement et sans doute pas le pentagone en raison des blacks budgets qui y sont associés) qui nécessite des bases climatisées et repérable par les stations radar ondes moyennes, etc ...

    Il n’y a rien qu’il soit possible de faire pour réformer les USA, la seule chose raisonnable qui reste à faire est de la supprimer.
    Cordialement

  • permalien Stef :
    17 mai 2012 @13h08   « »

    Ce qui est surprenant c’est qu’ils aient envisagé des catapultes EMALS sur des navires absolument pas dimensionnés en terme d’énergie et transport d’énergie pour les recevoir.
    Ces catapultes EM demandent une puissance électrique que même les réacteurs nucléaires du CDG sont incapables de fournir.

    Ce qui est encore plus surprenant c’est qu’ils n’ont pas considéré l’installation de catapultes à vapeur. Ils n’ont pas mené d’étude à ce sujet, privilégiant les EMALS.

    Quelle conclusion ?
    Ils n’ont en réalité jamais voulu de PA dotés de catapultes ?
    Ont-ils lancé ces études pour "démonter" un retour au système CATOBAR pour l’aéronavale ?

    Manifestement, il y a un truc pas clair. Ça donne le sentiment qu’ils n’ont jamais voulu installer de catapultes à bord.

  • permalien Ph. Arnaud :
    17 mai 2012 @13h24   « »

    Cher Arndebian

    - Michel Tournier a dit, de façon très originale, que ce ne sont pas les enfants qui jouent aux petits soldats, ce sont les adultes (les militaires, en l’occurrence) qui jouent aux tanks, aux cuirassés et aux avions avec des jouets grandeur nature.

    - On l’a vu jadis, par l’usage de ces forteresses sur l’eau que furent les cuirassés, mais qui n’avaient d’autre fonction que de flatter l’ego des amiraux et autres capitaines de vaisseau. Et, de fait, durant toute l’époque des cuirassés (disons des années 1880 à 1950), il n’y eut que deux batailles à grande échelle, celle de Tsoushima, en 1905, et celle du Jutland, en 1916.

    - Le reste du temps, les cuirassés servirent surtout de plate-formes de pilonnage des côtes (comme les Américains le firent lors de la guerre du Liban ou de la première guerre du Golfe). Ce qui, pour un grand navire, est une fonction assez humiliante...

    - Les Américains adoptent exactement la même attitude en matière de santé et en matière de défense. En matière de santé, ils vont se concentrer sur des opérations chirurgicales très haut de gamme, très chères, mais limitées à un petit nombre de cas. En revanche, ils se désintéressent (quand ils ne méprisent pas) la médecine préventive - telle qu’elle se pratique à Cuba - qui fait bénéficier la grande masse de la population d’une très bonne santé.

    - Les Américains ont enrichi les avionneurs au-delà de toute mesure. En revanche, les soldats partant pour l’Irak ont dû acheter eux-mêmes leurs gilets pare-balles et souder des plaques d’acier sur les portes de leurs Humwees. Et les blessés ou handicapés de retour d’Irak ou d’Afghanistan sont traités de façon indigne. Et, bien entendu, l’abondance des porte-avions missiles et F-22 n’a empêché ni la défaite en Irak, ni la défaite en Afghanistan...

  • permalien science politique :
    17 mai 2012 @22h43   « »

    contre qui toute cette copération militaire franco-britanrique ?
    qui menace l’europe ?l’iran,la corée du nord ? je crois pas.
    en plus l’article montre que l’italie et l’aspagne sont interssées par f35avec l’adaptation de leur portes avions.
    nicolas sarkozy a été contre une 2eme porte-avions par contre les les militaires n’ont exclu pas cet ambition.
    je pens que la hémogée occidentale est encore la contre les payes moins armées
    pour extraire leur énirgie fossile et imposer la fausse démocratie occidentale sur ces pays

  • permalien arndebian :
    20 mai 2012 @16h30   « »
    Le bateau ivre (suite et fin)

    Cher Ph. Arnaud (et autres lecteurs)

    Il y a en effet dans chacunes des anecdotes un lien fort qui qui n’a qu’un seul point commun, le systeme de production dans lequel nous vivons.
    Chaque problème pris à part (comme le ferait un "décideur") n’a aucune signification mais la vue d́’ensemble qu’il en résulte sur notre société est édifiante.

    Dans cette histoire de catapultes, il faut tout de même noter que le coût estimé (par BAE ...) actuellement est dix fois supérieur au coût calculé lors de la conception du bateau conçu spécifiquement pour pouvoir accepter les deux types de lancement (rampe ou catapultes).
    Dans divers industries nous sommes habitués à des variations de l’ordre de 5%, 10% parfois 25 ou 30% (le projet vacille déjà avec ces taux) mais 1000% cela devrait faire réagir bien des gens. Rien, aucune réaction tant ce genre de chose devient la norme.
    Le niveau de corruption n’augmentant qu’avec un gradiant modéré on s’habitue à elle, même si comme la grenouille plongée dans ĺ’eau chaude on sait pertinement que l’on finira comme elle, cuit.

    http://www.theregister.co.uk/2012/0...

    Autre catastrophe, L’eurofighter :
    Toujours plus chère pour toujours moins et moins longtemps à un point où il reste juste une centaine de chasseurs (pas tous à 100% !) à la RAF.

    http://www.theregister.co.uk/2011/0...

    et on pourrait continuer comme cela sur des encyclopédies entières (F35, F22, B1, B2, les ponts du Quebec, etc ...)

    Mais ce qui valable pour la quincallerie l’est aussi pour la santé, ĺ’emploi, ĺ’éducation ... étant donné que ce systeme de production dictatorial produit pratiquement la totalité de tous les biens et services existant.

    Il restera toujours une conclusion à faire, et celle-ci est que notre systeme de production (capitaliste-corporatiste-fasciste peu importe l’appelation) est dans état de pourrisement avancé et va droit vers son suicide en accélérant comme on le voit. Les marxistes avais bien anticipés cette descente mais juste un peu trop en avance.
    Une seule question reste : A quand le Grand Soir ?

  • permalien nonmaisdisdonc :
    25 août 2012 @11h30   « »

    @ Ph Arnaud...

    "Est-il utile, pour un pays de 3e rang comme la France, de se doter de porte-avions, de surcroît nucléaires ?
    - Ne serait-il pas plus "rentable" de se constituer, à la place, une flotte de frégates, qui présenteraient, par rapport à un porte-avion, l’avantage du nombre ?"

    Le choix du nucléaire est dicté essentiellement par la fait de pouvoir s’affranchir des limites de disponibilité (temps passé a la mer) et de distance (autonomie) rien n’empêche évidemment de se doter de solution mécanique plus conventionnelle, là n’est pas le nœud du problème, c’est un choix...

    Par contre la comparaison frégates/PA n’est pas a faire et n’a pas de sens stratégique, tactique.
    Psychologiquement le PA est l’affirmation de la puissance d’un pays (peu maîtrise cela, demandez aux chinois et aux indiens. En mettre un à l’eau est une chose, maitriser un groupe aero naval en est une autre) et c’est bien là son utilité..donner de "l’allonge" a une puissance feu militaire (nucléaire également ne l’oublions pas) en disposant d’un groupe d’avions de combats ou on le souhaite sans avoir se poser la question d’un aérodrome pour atterrir, ravitailler.. C’est également la projection de la puissance d’un groupe de moyen aérien en "eau internationales" donc libre d’accès
    Le PA est donc également le moyen de donner une crédibilité supplémentaire à une décision politique.
    Pour l’exemple, celui de la crise CINE/USA/TAIWAN en mer de Chine en 1996, période ou la chine ne disposait pas de PA - Les USA ont immédiatement affirmé leur suprématie politique et militaire en positionnant des PA a porté des côtes Chinoise mais en eau internationale... La CHINE a rapidement compris que l’affirmation de sa puissance politique et militaire passait par une dotation en PA. (a noter que le SNLE est également un "outil" de suprématie polico/militaire.)

    La frégate pour ces quelques raisons et bien que nécessaire en nombre ne peut pas être un outil de substitution au PA mais agit en complément

    Enfin détruire un PA est simple a décider sur le papier mais a ce jour beaucoup plus délicat a réaliser concrètement car celui ci se déplace JAMAIS qu’entouré de ses protections ; frégate de lutte ASM (anti sous marine), frégate de lutte AA (lutte anti-aerienne), sous marin d’attaque etc

    Il y aurait encore beaucoup a dire mais l’essentiel est là.
    Cordialement

  • permalien nonmaisdisdonc :
    25 août 2012 @11h57   «

    @ Stef...

    "Ce qui est encore plus surprenant c’est qu’ils n’ont pas considéré l’installation de catapultes à vapeur. Ils n’ont pas mené d’étude à ce sujet, privilégiant les EMALS"

    Il faut pour comprendre revenir a la genèse de ces études. Au moment ou se posait la définition des besoins GB pour un PA , ce pays n’opérait pratiquement plus que des AV8 chasseur bombardier a décollage vertical ce qui, ouvrons une parenthèse, à généré également le fait que le Typhoon, concurrent actuel du Rafale, n’a jamais été prévu initialement en version embarquée (navalisée), ce qui a contrario a été le cas du Rafale pour notre PA, fermons la parenthèse (*). Les britanniques n’avait donc pas besoins de catapultes et le successeur annoncé le célèbre F35 développé par les US l’était également en version décollage vertical - La continuité étant assurée, l’affaire en est restée là.

    Les nouvelles catapulte EM sont le fruit de recherche US et sont sur le point de sortir des planches a dessin en équipant le prochain PA, actuellement en construction. La technologie resterait a partager avec les britanniques mais rien n’est moins sûr !

    Cordialement

    (*) La France ne s’est pas associé ou s’est désengagé du projet commun Typhoon avec quelques raisons :

    1- Elle souhaitait remplacer divers types d’avions par un avion "Omnirole" ce qui n’etait pas le choix retenu concernant le Typhoon qui est un pur chasseur de suprématie aérienne.

    2- La France avait besoin d’un avion navalisé pour catapultes à vapeur équipant le CDG ce dont n’avait pas besoin des britanniques n’y les italiens équipés eux aussi d’’AV8 Harrier sur leur porte aéronefs. Les autres nations européennes ^pouvant concernées ne sont pas équipées de PA

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