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Voter par Internet

mercredi 23 mai 2012, par Alain Garrigou

Voter par Internet, c’est déjà possible pour un million de Français de l’étranger à partir du 23 mai 2012. Le site www.votezaletranger.gouv.fr est ouvert pendant une semaine pour le premier tour des élections législatives. Onze sièges de députés sont à pourvoir. On pourra trouver judicieuse cette facilitation du vote pour des citoyens éloignés de la métropole et des centres de vote consulaires. Encore un bienfait de la technique.

Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles si des spécialistes d’informatique n’avaient pas mis en garde contre les risques pesant sur la régularité des élections : piratages, bugs, secret et sécurité non garantis. Ce ne sont pas seulement des craintes quand les opérations de vote électronique aux Etats-Unis en 2004 ont été entachées d’irrégularités. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a aussi considéré que « les systèmes de vote existants ne fournissaient pas encore toutes les garanties exigées par les textes légaux [1] ». Elle n’a pas été entendue. En début d’année, elle a donc encore rappelé les risques de « divulgation des opinions politiques et de manipulation des votes ». Et pour couronner le tout, une société privée espagnole basée à Barcelone gère l’ensemble du processus par son logiciel qui assure le vote, le décompte et la vérification. Sans qu’on puisse vérifier ses chiffres [2]. Selon le rapport de la CNIL, la sous-traitance concerne pas moins de cinq entreprises privées au côté du ministère des affaires étrangères. Il préconise le rapatriement du scrutin pour permettre les vérifications et par principe politique. Dans le milieu des « expats », les rumeurs de fraude électorale étaient monnaie courante depuis longtemps et beaucoup préféraient ne pas voter pour cette raison. Le vote par Internet ne les rassurera pas.

Pour le moment, l’expérience n’est qu’une exception pour faciliter le vote des personnes éloignées. Une expérience ? Si l’on prend au sérieux le terme, n’est-ce pas ouvrir la porte au vote en ligne généralisé ? On devine les arguments qui pourraient soutenir ce changement : il faut bien moderniser une procédure archaïque, les coûts vont être amoindris, il faut être de son temps, Internet a vocation à développer la démocratie, etc. Et on devine aussi l’objection aux doutes sur la fiabilité : faiblesse forcément provisoire comme pour toute innovation.

On affabule si peu que cet argumentaire est déjà public. On en voudra pour preuve le commentaire accompagnant un sondage BVA-BFM-Challenges-Aquanvest du 16 mai 2012, sur le site du sondeur. Le PDG d’Aquanvest, qui commercialise des logiciels, est président du collège éditeurs du Syntec numérique et membre du Conseil national numérique créé par Nicolas Sarkozy. Il propose le vote par Internet pour remédier à des « disparités énormes entre nos concitoyens ». Un peu excessif si l’on songe que ces inégalités ne sont que celles de l’heure à laquelle les Français ont eu connaissance du résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle : « un Français sur deux savait », selon la question posée aux sondés... par Internet. On conviendra que cette inégalité n’apparaît pas si grave. Bref, en conclut Bruno Vanryb, « l’heure est venue de changer les règles archaïques qui sous prétexte de rendre les Français égaux devant la loi, créent des disparités énormes ». On reconnaît ici une figure de la pensée réactionnaire étudiée par Albert O. Hirschman : l’effet pervers [3]. C’est ainsi qu’aujourd’hui les marchands promeuvent le progrès. En effet, plutôt qu’un simple aménagement des horaires de clôture des bureaux de vote, unifié sur tout le territoire — « une simple cautère sur une jambe de bois » —, il faudrait « une vraie réforme des méthodes de scrutin ». Vrai... ment.

Le vote par Internet présente des « risques de sécurité qui doivent être adressés » — une faute typographique sans doute, mais on n’en saura pas plus tant on devine que le progrès technique se chargera quasi naturellement de corriger. La liste des avantages importe tellement plus, « en terme de décompte des voix, de contrôle de la diffusion de l’information d’accès à distance pour les personnes qui ne sont pas en France ». En dehors du dernier argument, déjà mis en pratique, on voit bien l’intérêt de laisser la machine compter plutôt que des scrutateurs, mais pas en quoi l’information serait mieux contrôlée puisque des pointages partiels pourraient être faits à tout moment. Il est vrai que la cause est grande et belle : il s’agit de militer (!) pour « le numérique comme vecteur de croissance » et de saisir « une occasion unique de faire un grand bond en avant ». Belle synthèse du libéralisme et de la révolution. A l’ère des privatisations, pourquoi ne pas sous-traiter les élections à des entreprises privées et à l’heure de la mondialisation, pourquoi ne pas délocaliser ? On propose déjà aux consommateurs d’acheter en ligne pour ne pas se déplacer, pourquoi ne pourraient-ils pas faire la même chose pour les élections ? Après tout, les économistes du Public choice avaient déjà relevé l’analogie en soutenant : « Monsieur Martin consomme et vote. Qu’il soit dans un supermarché ou dans un isoloir, il demeure le même homme. Aussi n’y a-t-il aucune raison majeure de croire que son comportement soit différent selon qu’il se trouve dans l’un ou l’autre de ces lieux [4]. » Faire son marché, il manquait l’outil comme caddie des candidats : Internet.

Il est vrai que la procédure de vote actuelle est « archaïque ». Un siècle ! Autant dire une éternité. C’est la loi du 29 juillet 1913 qui a adopté en France le vote sous enveloppe, l’isoloir et la représentation des candidats [5]. Encore la France s’est-elle convertie à une procédure rigoureuse de secret bien après d’autres pays qui l’ont fait avec des variantes : en Australie dès 1857 (d’où le nom d’australian ballot), au Royaume-Uni en 1872 (ballot act), en Belgique en 1876, en Allemagne en 1903. La procédure est lourde, mobilisant beaucoup de scrutateurs et plus encore de monde pour dépouiller les votes. Archaïque et chère assurément. Mais peut-être a-t-elle quelque vertu que les modernisateurs marchands n’ont pas vue. Elle fonctionne plutôt bien depuis un siècle. Son caractère rituel, physique, concret n’est-il qu’une lourdeur archaïque ? Il n’est pas indifférent que d’élection en élection, les citoyens puissent vivre en réalité la communauté de personnes exerçant leur souveraineté. Cette idée fort abstraite a-t-elle beaucoup d’occasions de se matérialiser en une chose concrète ? Se sent-on citoyen dans les rassemblements des supermarchés ? Voir les autres électeurs, prendre sa place dans une file devant l’urne, accomplir les mêmes gestes, même avec des bulletins de vote différents, c’est faire la même chose et donner à l’expression de « corps électoral » une certaine réalité concrète. C’est encore donner à ce geste du vote un sens qui se réalise collectivement, celui de l’expression de la conviction. Elle a même son petit symbole, la « cabine de réflexion » comme disaient ses promoteurs d’antan, pour rappeler à chacun — ne serait-ce plus nécessaire ? — que le vote n’est pas un acte d’achat et intéressé. Mais de tout cela les marchands n’ont cure. Ils sont prêts à donner des leçons de démocratie, sans jamais l’avoir étudiée, pourvu qu’elle augmente leurs profits.

Notes

[1] http://www.legifrance.gouv.fr/affic...

[2] Agnès Rousseaux, « Législatives : de graves menaces de fraudes planent sur le vote par Internet », Bastamag, 14 mai 2012.

[3] Albert O. Hirschman, Deux siècles de rhétorique réactionnaire, Fayard, 1991.

[4] Gordon Tullock, Le marché politique. Analyse économique des processus politiques, Economica, 1978, p. 13.

[5] Alain Garrigou, Les secrets de l’isoloir, Le bord de l’eau, 2012.

12 commentaires sur « Voter par Internet »

  • permalien Yvan :
    23 mai 2012 @21h35   »

    La fraude n’a pas attendu internet pour s’inviter dans la démocratie.

    Chili : disparus sous Pinochet, inscrits sur les listes électorales

    Par contre la disparition du "rituel" républicain est beaucoup plus préoccupant, à l’heure où le consumérisme s’empare d’internet.

    Le vote, une des dernières activités républicaine de beaucoup de citoyens, risque d’être assimilé à un acte de consommation, avec tout l’environnement propre au consumérisme en prime (SAV, litiges, recours, obligation de résultat, etc,), déjà perceptible dans milieux hospitaliers, dans les tribunaux et à la sortie des écoles.

    Ce rituel républicain correspondait à un époque où les symboles n’étaient pas noyés dans la débauche d’iconographie marchande à laquelle nous sommes en permanence noyés, et participe certainement pour beaucoup au le désintérêt croissant observé chez les citoyens pour le projet national.

    Le vote électronique, s’il est conçu dans un sens participatif, peut re-dynamiser, l’intérêt des citoyens sur les enjeux qui les concernent. Il peut aussi devenir outil d’occultation du débat, sur un terrain déjà bien balisé par les intérêts privés. L’enjeu est donc de faire coexister les deux systèmes (électronique et manuel) en veillant que personne ne soit laissé sur le chemin.

  • permalien Ahmed :
    23 mai 2012 @22h33   « »
    Voter par Internet : et voilà comment la démocratie disparut

    Au delà de l’anonymat qui sera évidemment perdu, quel contrôle que son vote a bien été pris en compte dans le décompte global ? Comment peut-on donner un tel pouvoir à des logiciels conçus par des entreprises privées ? Le vote est l’acte central dans une démocratie. Il doit être sans aucun intermédiaire ! Je suis triste que si peu de gens se révoltent contre cette possibilité ouverte aux français de l’étranger. Je redoute une généralisation prochaine. En effet ce serait tellement pratique pour tout le monde.
    Qui contrôlera ces logiciels ? qui contrôlera ces informaticiens ? Qui contrôlera ces entreprises ? Qui contrôlera la poignée de contrôleurs ?
    Arrêtons de jouer avec ce bien inestimable qu’est la démocratie ! Que chacun contrôle son vote en glissant son bulletin dans l’urne ! Il faut sortir dans la rue pour éviter qu’on nous vole notre droit de vote, pour interdire le vote par internet.

  • permalien vvillenave :
    24 mai 2012 @00h13   « »

    Bonjour,
    je me permets d’évoquer ici le fait que certaines formations politiques récentes, telles que le Parti Pirate auquel j’appartiens (de même que, semble-t-il, quelques-uns de vos étudiants), se saisissent actuellement de ce problème : nous avons publié un communiqué il y a tout juste deux jours. http://lists.partipirate.org/piperm...
    La supposée nécessaire "modernisation de la démocratie" est un idéologème dangereux, particulièrement à l’heure d’une sorte d’hystérie positiviste qui érige le vote électronique en parangon censément "démocratique".
    Pour autant, l’outil informatique ouvre réellement des possibilités d’information pluraliste et d’expression citoyenne facilitée (je parle ici de débat et de consultation, non de processus décisionnel et encore moins de scrutin). Il donne également un éclairage nouveau sur le choix, jusqu’ici apparemment indépassable, entre démocratie directe (référendaire ou autre) et démocratie théoriquement représentative : c’est l’hypothèse dite de "démocratie liquide", qui constitue l’un de nos champs d’étude depuis plusieurs années.
    Quoi qu’il en soit, souhaitons que la période actuelle, faite d’argumentaires publicitaires à la petite semaine et de foi béate en le progrès technologique/industriel, ne soit qu’une étape transitoire et n’aboutisse pas à une authentique régression de nos systèmes démocratiques, qui n’en ont assurément pas besoin.

  • permalien Jordi Grau :
    24 mai 2012 @08h31   « »

    Merci pour cet article.

    Je vais le communiquer à M. Saint-Paul, "directeur des Français à l’étranger" (comme si ce monsieur avait le droit de me diriger !), qui m’envoie un mail pour m’expliquer comment voter par internet.

    Cordialement,

    Un Français vivant en Allemagne

  • permalien Matif :
    24 mai 2012 @15h57   « »
    Témoigner

    Des candidats se sont présentés uniquement sur ce thème du vote par internet les les 4eme et 6eme circonscriptions.
    Il y a une page consacrée au recueil de témoignages
    padabu.fr/temoignez

  • permalien Altos :
    24 mai 2012 @21h37   « »

    Les voix officielles (politiques, administrations, prestataires) vont forcement nous dire que tout se passe bien. Je me souviens que les mêmes disaient que tout se passait bien lors de l’élection par Internet pour les dernières prud’homales à Paris. Résultat : sanction de la CNIL contre le ministère du travail compte tenu des graves dysfonctionnements constatés, mais la CNIL a décidé de ne pas rendre publique sa délibération, ce qui ajoute à la suspicion.

    Pour se faire une idée, elle est consultable à l’adresse suivante : http://www.ordinateurs-de-vote.org/...

  • permalien 1b6l :
    24 mai 2012 @21h43   « »

    Bonjour,
    je vais voter par internet dans la 7eme circonscription qui représente en tout 16 pays d’Europe. Essayez svp d’imaginer un peu la densité des bureaux de vote par rapport à la superficie ;-)
    Tous les moyens simples de voter à l’étranger permettent aux expats d’user de leur droit de vote , de s’exprimer c.à.d. d’être un peu plus francais. Il faut pas oublier que les expats sont plus directement "touchés"pour la politique du pays où ils vivent, ce qui peux mener à se désintéresser de la politique française. Peut-être le vote par Internet sera un essai .."transformé". On pourra aussi directement comparer la participation avec la présidentielle et son voteclassique.

    PS Bien sûr je préférerais aller à la mairie de ma ville natale

    1b6l

  • permalien dougglast :
    25 mai 2012 @05h58   « »
    Hourra ! Ça marchotte !

    Bon. Évidemment ça marchotte. UNE fois.

    Le premier membre de la famille vote sans problème, la configuration java du PC est correcte, RAS.
    Quand vient le tour du second membre de la famille, le PC se réveille et va chercher une version Java plus à jour... et en fait apparemment trop à jour pour le portail gouve-point-effaire.
    Lequel portail explique que "les certificats ne forment pas une chaîne de certificats"
    Un truc un peu comme les excuses d’Air-France sur le retard de départ de l’avion dû à une arrivée tardive de l’appareil.

    Et de préciser que d’ailleurs, ils le savaient, il ne fallait pas utiliser la dernière version de java (1.7)

    Le vote par internet a apparemment simplement prévu que le monde informatique allait rester figé comme la belle au bois dormant jusqu’à la fin du scrutin...

    C’est un peu comme si ils organisaient le vote au troisième sous-sol d’un parking, que les plombs sautaient, et qu’ils savaient plus où sont les bougies...

    ... "Quality by surprise" ... un nouveau concept technologique.

    Vivement le coucher de soleil sur le technocrétinisme sarkofrançais.

  • permalien Nisco :
    26 mai 2012 @06h08   « »
    Regression de la démocratie ?

    La bonne blague !

    Dire que le "rituel républicain" ne devrait pas se perdre, c’est bien parce que c’est le SEUL acte démocratique que la 5ième république a daigné laissé au citoyen français...

    Combien de candidats à la présidentielle ? Combien de gagnant potentiels ? Est-ce qu’un mécanisme est prévu pour donner du poids à ceux qui ne sont pas au 2ième tour mais ont quand même récolté quelques millions de voix ? Et que dire du vote blanc, assimilé à un vote nul, juste une crainte que tous les candidats se fassent balayer par une vague blanche demandant un renouvellement du monde politique (quelle stagnation des représentants politiques depuis 50 ans...). Je ne vais pas ajouter le coup du référendum "mal" voté par les français (véritable viole démocratique sans aucune conséquence, c’est dire l’attente des français envers leur "démocratie"...).

    Bref, accuser le vote par internet d’être à l’origine de la régression de la démocratie en France, c’est participer au mensonge qui consiste à dire qu’elle est belle et grande, la démocratie française...

    Pourquoi le vote n’est pas obligatoire ? Pourquoi ne pas voter aussi pour des proposition de lois (celles qui ont une certaine importance) ? Pourquoi ne pas étendre obligatoirement le débat à la société entière pour certaines questions cruciales au lieu de maintenir les discussions au sein de l’hémicycle ? En un mot : pourquoi ne pas donner le pouvoir au peuple ?!

  • permalien Vruchtgebruik :
    26 mai 2012 @15h19   « »

    A mon avis, aussi longtemps que nous serons des corps faits de matière, notre vote doit être de même nature, il doit rester une trace physique de notre passage au bureau de vote. L’urne transparente et le comptage manuel est d’une simplicité imbattable. Le système de vote doit rester vérifiable par les sens, et ce par chaque individu !
    Le vote electronique est tout simplement une aberration. Vouloir entretenir l’idée que "démocratie" puisse coexister avec un tel système est tout simplement ilusoire ou de profonde mauvaise-foi : nous savons pertinemment qu’aucun système informatique n’est parfaitement fiable, les exemples ne finissent pas de nous navrer, et quand bien même ce serait quasiment le cas, l’enjeu est précisément un de ceux qui ne doive pas laisser de place au doute.
    Quand à la situation actuelle, où c’est un gouvernement en place qui dit assurer la fiabilité du procédé via des entreprises privées étrangères, ça en dit long sur le réel niveau d’exigence démocratique de nos politiciens...

  • permalien El Sinsé :
    27 mai 2012 @10h04   « »
    Comment se faire élire député des Français ...

    ... résidant à l’étranger en une journée de travail et un investissement de 12€ :

    https://joindiaspora.com/posts/1651344

    Et il paraitrait que nous vivons sous un régime démocratique ?

    Cré-@ctivement votre

  • permalien Laurent CAPRANI (Montréal) :
    9 juin 2012 @06h11   «

    Le vote par Internet se justifie pour les électeurs vivant à l’étranger
    et particulièrement au Canada, dont le gouvernement conteste la tenue du scrutin, ne permettant pas aux États « d’ajouter le Canada à leurs circonscriptions électorales extraterritoriales respectives. »

    Ce n’est pourtant pas une pratique à généraliser.

    Les graves ratés techniques que nous avons connus lors de cette élection (le deuxième tour est ouvert depuis le 6 juin) seront toujours présents. L’informatique ne se corrige jamais complètement ni définitivement.

    L’utilisation d’Internet ouvre la porte à de nombreux abus. En témoigne la conduite du candidat UMP pour l’Amérique du Nord, M. Frédéric Lefebvre (ancien ministre, comme il aime à le rappeler) qui pratique le bourrage de courriel (spam) sur les listes électorales électroniques. Je lui ai demandé à 6 reprises d’oublier mon adresse et de me ficher la paix. En vain.

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