Le Monde diplomatique

Euro, terminus ?

jeudi 24 mai 2012, par Frédéric Lordon

La science économique n’existe pas. Il n’y a que de l’économie politique. Il faut pourtant toujours des événements extrêmes pour dessiller ceux qui feignent de croire, ou pire, croient de bonne foi, que l’administration des choses pourrait remplacer la délibération des hommes. Ça tombe bien, en voilà un qui s’annonce. La perspective d’une sortie de la Grèce de l’euro, puis celle d’une possible décomposition de la monnaie unique par effet de contagion, promettent de rappeler à grand spectacle ce qu’il en coûte d’ignorer la part politique de l’économie. Car il suffirait de figurer l’enchaînement possible des choses sous la forme d’un arbre de décision pour apercevoir que, quoique configuré par des contraintes économiques, chacun de ses points de bifurcation a fondamentalement la nature d’un acte politique de souveraineté. La Grèce continuera-t-elle de se soumettre à l’austérité ? — politique. Décidera-t-elle le défaut en grand ? — politique. L’Europe réagira-t-elle en tentant de la garder dans l’euro ou en la poussant dehors ? — politique. Est-ce la Grèce elle-même qui anticipera en réarmant sa banque centrale et en retournant à la drachme ? — politique.

Mais politiques plus encore les mouvements réactionnels des corps sociaux qui finissent toujours par passer le point où l’étranglement de l’austérité combiné à la dépossession de souveraineté deviennent intolérables et, très légitimement, cherchent à toute force une voie de sortie, pour le meilleur — Syriza qui pourrait être le germe d’une réaffirmation des peuples contre les orthodoxies financières (celles des marchés et des gouvernements mêlées) — ou pour le pire — cette sinistre Aube Dorée, reproche vivant fait à l’Europe libérale, supposément justifiée pour que « plus jamais ça » et dont tous les actes concourent inexorablement à faire revenir « ça ».

Némésis politique

Sauf à avoir l’entendement tout à fait obturé, le résultat hautement probable d’une politique économique européenne qui n’aura rien appris de l’histoire, rien compris des erreurs d’il y a quatre-vingts ans, celles de Hoover, de Laval… et surtout de Brünning, pouvait être annoncé du moment même [1] où, fière de ses règles disciplinaires, de ses traités et de ses pactes, consciencieusement occupée à donner satisfaction aux marchés qu’elle a elle-même installés en position de tutelle, l’Europe, contre toute logique économique, a décidé qu’il n’était pas d’autre voie pour stabiliser les dettes publiques que la restriction généralisée. Il ne faut pas s’y tromper : la Grèce, sans doute le pays le plus fragile et le plus déséquilibré ex ante de la zone euro, n’est que l’éclaireur d’un parcours où bon nombre d’autres pays sont déjà engagés derrière elle — ne pas espérer de fin de crise si d’aventure un miracle, désormais il faut au moins ça, parvenait à sauver l’« éclaireur »... Car l’aberration historique dans laquelle s’est engagée l’Europe est dotée d’une très grande généralité, et produira inexorablement ses effets partout où elle est appliquée. La rechute en récession des économies européennes et l’incapacité à tenir (d’intenables) engagements de déficit, à l’image notamment de l’Espagne, en témoignent pourtant assez mais, dans une logique formellement stalinienne, d’ailleurs déjà vue à l’œuvre au moment de la transition russe, la conclusion tirée par les libéraux européens tient que les contrariétés du réel s’expliquent moins par les excès de leur politique que par l’insuffisance de ses applications. Inutile de préciser que cette logique-là n’a pas d’autre terme que le champ de ruines fumantes — précisément là où la Grèce se trouve conduite d’une main très sûre.

C’est là un chemin que les corps sociaux, sans doute stupidement attachés à quelque archaïque réflexe de conservation de soi, renâclent pourtant à suivre jusqu’au bout. La succession des plans de sauvetage, accompagnés de conditions d’ajustement structurel si bien pensées qu’elles appelaient et leur propre échec et — parce que la logique européenne est étrange — leur propre reconduction, a été une descente aux enfers. La Grèce depuis 2009 a été plongée dans une récession organisée qui lui a fait perdre 15 points de PIB cumulés, le taux de chômage y est de 22 %, l’évolution des salaires réels continûment en territoire négatif depuis 2010 (jusqu’à - 12 % en 2011 !) — mais il faudrait en fait prendre le temps de dresser le tableau social concret qui correspond à ces abstractions macroéconomiques. Et voilà qu’un gouvernement de technocrates se présente ingénument porteur d’un énième plan d’ajustement à hauteur de 5 points de PIB supplémentaires. Malencontreusement une échéance électorale passe par là. Et l’on s’étonne que le paysage politique grec vole en éclats, plus des deux tiers des électeurs se rangeant derrière les partis refusant l’austérité, quelle surprise en effet.

Parce qu’elle a oublié ce qu’elle devait être — une économie politique — la science économique de l’ajustement structurel, intrinsèquement fausse au demeurant car, même le peuple applaudissant l’austérité, jamais elle ne parviendrait à ses fins, la « science économique », donc, finit par chuter sur ses propres impensés : il y a des populations, il y a de la politique, et un beau jour le peuple dit non. La panique européenne présente est l’autre nom du retour du peuple, l’oublié qui se rappelle au bon souvenir de la Construction, laquelle en toute innocence avait fait l’impasse sur lui, le gouvernement, c’est bien connu, étant tellement plus simple sans l’importune présence des gouvernés.

C’est ce retour et rien d’autre qui sème l’effroi dans une Europe volontairement vassalisée aux marchés, et portée avec eux à croire que les populations ne pouvaient décemment venir interférer avec l’administration des choses. Et, quand les politiques macroéconomiques d’elles-mêmes déraillaient déjà et depuis très longtemps, la conscience du déraillement ne se fait vraiment que lorsque le peuple le fait enfin savoir. Mais que se passe-t-il donc dans les têtes européennes qui puisse leur faire croire qu’un pays pourrait ainsi accepter de se regarder dépérir pieds et poings liés jusqu’au dernier degré de l’agonie ? : pas de croissance possible car austérité, pas de dévaluation possible car monnaie unique, même pas de possibilité de se protéger contre le run qui assaille les banques privées grecques, puisque l’article 63 interdit toute restriction aux mouvements des capitaux ! Sous les yeux du pouvoir politique, le système bancaire grec est en train de se vider sans que personne n’y puisse rien opposer.

Sortie, mode d’emploi

Evidemment l’impossibilité d’opposer est toujours conditionnelle à un certain cadre institutionnel, en l’occurrence celui des traités, dont il suffit de sortir pour recouvrer quelques degrés de liberté — et se sauver. Sauf à ce que l’Europe modifie du tout au tout sa politique insensée, la Grèce se trouve rendue en ce point où le geste de sa propre sauvegarde va bientôt s’imposer sans appel. Sa survie passe alors par un arrachement radical :

— Défaut complet sur sa dette souveraine. Le défaut ne règle sans doute aucun des problèmes structurels de la Grèce. Si elle n’est certainement pas un Etat failli, un failed State, puisque l’ordre légal d’un Etat de droit et la sûreté y règnent, la Grèce cependant pourrait être proche d’une failed administration, notamment dans sa composante principale, à savoir l’organisation du prélèvement fiscal [2]. Mais cette refonte-là appartient aux moyen et long termes, or l’urgence c’est de ne pas mourir ! Le défaut s’impose alors, car le déficit est maintenant imputable aux trois quarts au service de la dette — 6 points de PIB sur 8 de déficit. La Grèce en effet a réduit à marche forcée son déficit primaire de 10 points de PIB début 2010 à un peu plus de 2 points de PIB fin 2011 [3], niveau — parfaitement gérable — qui serait alors celui du déficit tout court, le service de la dette disparaissant du jour au lendemain après un défaut total.

— Réarmement de la banque centrale nationale. Mais dira-t-on, précisément, il resterait deux point de PIB de déficit à financer… alors même que la Grèce ne disposera plus d’accès à aucune source de financement externe, ni les marchés, ni bien sûr les fonds de l’Europe (Fonds européen de stabilité financière [FESF], mécanisme européen de stabilité [MES]) ou du FMI après que le pays se soit affranchi de la troïka et de ses ajustements structurels. C’est pourquoi il n’est pas d’autre solution possible — mais celle-ci est possible ! — que la reprise en main souveraine de sa banque centrale nationale, réarmement qui signifie de facto sortie de l’eurosystème de banques centrales, donc de l’eurozone, et retour à la drachme. C’est la Banque de Grèce qui financera, par création monétaire, le déficit transitoire qu’un retour à la croissance achèvera de résorber.

— Dévaluation. Ce retour à la croissance sera d’autant plus vigoureux qu’à l’abandon d’une politique budgétaire récessionniste s’ajoutera le coup de fouet aux exportations consécutif à l’inévitable dévaluation de la drachme. Contrairement à ce que suggèrent Artus et Castillo [4], la dévaluation sera efficace, comme en témoigne le fait que de 2009 à 2011 l’effondrement du salaire réel (jusqu’à -12 %) a eu des effets sur la balance courante dont le déficit est passé de 16 à 10 points de PIB, et ceci largement du fait de la remontée des exportations, preuve que le commerce extérieur grec est sensible aux effets de taux de change réel. Il ne faut pas craindre en tout cas que la dévaluation soit d’ampleur — au dernier trimestre 2008, la couronne islandaise a bien perdu les deux tiers de sa valeur sans dommage pour le pays, sachant que la méga-fluctuation initiale est généralement corrigée pour faire revenir ensuite la parité à des niveaux plus convenablement ajustés. Ajoutons que, dans une économie en chute libre comme l’est la Grèce, le risque d’inflation de court-moyen terme est des plus modérés.

Arguera-t-on alors de l’alourdissement du poids des dettes ? L’objection ne tient pas pour la dette souveraine qui aura été complètement annulée. Quant aux dettes des agents privés — près de 70 milliards d’euros [5] —, celles qui ont été contractées sous droit grec seront unilatéralement relibellées en drachmes, donc sans impact de change. Celles de droits étrangers donneront lieu soit à des défauts, soit à des pertes — les plus probablement concernées étant les grandes entreprises, tout de même les agents les plus profitables du pays et les plus capables de prendre des pertes.

— Reprise en main du secteur bancaire et contrôle des capitaux. Le défaut cependant n’aura-t-il pas des conséquences internes du fait de la détention de titres souverains par le secteur bancaire privé grec ? En premier lieu, et c’est au moins l’un des avantages de la restructuration actée début 2012, les trois quarts de la dette grecque sont désormais aux mains du secteur public (banques centrales, FESF, FMI), les banques privées grecques n’en détenant plus que 7,4 %, soit 23 milliards d’euros [6]. En tout cas c’est là le deuxième avantage du réarmement de la banque centrale nationale que de lui permettre d’émettre autant de monnaie que nécessaire, à la fois pour maintenir les banques dans la liquidité, éventuellement reconstituer leurs fonds propres, et compenser (selon des critères à déterminer) les pertes des épargnants grecs de bout de chaîne. Il est probable que le gouvernement doive également reprendre les commandes dans les banques privées (par exemple par réquisition) afin de coordonner une reprise du crédit à l’échelle macroéconomique qui n’a aucune chance tant que les banques resteront prises dans les logiques de leurs intérêts particuliers actionnariaux. Et si l’on parle de reprendre en mains le secteur bancaire et financier, logiquement le contrôle des capitaux vient parachever le « package de rupture », seul moyen d’enrayer le run qui est d’ailleurs déjà en train de grossir.

— Caveat ! Est-il nécessaire de redire que rien de tout ça ne règle par soi le problème de fond de l’économie grecque ? — mais crée au moins les conditions d’une possible résolution, en restaurant un horizon de croissance de moyen terme, ce qui n’est déjà pas si mal. Ce moyen terme pourtant s’arrête là où la Grèce se montrerait pour de bon incapable de reconstruire une économie politique du prélèvement fiscal, c’est-à-dire les institutions politiques permettant de fixer une assiette adéquate de l’impôt — et d’y soumettre tous les groupes sociaux actuellement récalcitrants —, et celles administratives permettant de le percevoir effectivement. Il est bien certain qu’à défaut de cette reconstruction, la persistance d’un manque à gagner fiscal chronique vouerait de nouveau la Grèce au déficit permanent en ne lui laissant que la possibilité de la création monétaire pour le financer.

C’est une configuration très semblable qu’a connue l’Allemagne des années 1920, dans un système de médiations politiques permettant aux dominants de faire valider leur refus de l’impôt alors que le budget devait faire face au service d’une dette colossale. Quoique cette dernière fut alors le fait des réparations, on ne peut manquer d’être frappé par l’homologie formelle du problème… et, pour toutes les réserves que doit inspirer un comparatisme sauvage, de penser à ce qui s’en était suivi lorsque était restée seule la banque centrale en position de solder les impasses budgétaires incomblables autrement.

Désastres réels, désastres fantasmés

Mais avant même le caveat le coryphée est entré en scène pour prophétiser les désastres — plus exactement des désastres supposés qui devraient faire renoncer à l’idée d’échapper aux désastres réels. La version technocratique de la prophétie s’émeut des 200 à 250 milliards d’euros de dette grecque détenus par les entités « troïkiennes ». En cas de défaut total, le FMI en sera de 20 milliards d’euros — on ne peut pas dire que ce soit rien et pourtant, curieusement, nous retiendrons nos larmes. Le FESF, lui, plongerait de 107 milliards d’euros, c’est déjà autre chose. Les pertes se répartiront entre les pays contributeurs au prorata des apports (20,3 % pour la France soit 21,5 milliards d’euros tout de même), à l’occasion de quoi on va s’apercevoir des limites des stratégies qui pensaient régler le surendettement des uns en surendettant les autres qui ne l’étaient pas encore. A la figure de Münchausen (le baron qui croyait pouvoir se sortir de la vase en tirant sur ses propres lacets) il faudra en tout cas ajouter celle de Némésis, déesse de la vengeance — car il y a comme une sorte de justice immanente à ce que les pays du « centre » qui ont si bien poussé la Grèce au désastre en aient leur part de retour.

Etonnamment cependant le plus fort de l’alarme est sonné à propos des pertes possibles de la Banque centrale européenne (BCE), exposée à la dette grecque à la fois par sa politique de rachat ferme sur les marchés secondaires et par ses programmes de refinancement (notamment le LTRO) qui ont chargé son bilan en collatéraux douteux. Pour ce qui est de la seule détention ferme, il y va tout de même de 45 milliards d’euros [7]. Et voici l’oracle de malheur : les dévalorisations de ses actifs grecs vont entamer les fonds propres de la BCE et forcer à la recapitaliser. Or ses seuls actionnaires sont les Etats-membres de la zone, déjà à la ramasse financièrement et qui, après leur part de bouillon FESF, prendront mal, et leurs opinions publiques avec, d’avoir à remettre au pot pour une recapitalisation de la BCE (dont la France par exemple devrait assumer 14 %)…

Sauver Willy (avec Willy = BCE) ?...

Mais tout est faux, ou bien malhonnête, dans cette histoire de BCE en danger. On se demande en effet s’il faut invoquer la bêtise ou la duplicité pour rendre raison de ces discours dont certains vont jusqu’à faire de la BCE une sorte de zombie-bank, plus leviérisée que ne l’était Lehman Brothers en septembre 2008 — le lecteur, convenablement apeuré, est invité à conclure de lui-même que les « mêmes conséquences » devraient s’ensuivre —, asseyant son bilan à un coussin ultra mince de 2 % de fonds propres, quand Bâle III exige 7,5 % des banques privées. « Tout ça n’est pas sérieux » conclut d’un ton grave Georges Ugeux qui se trouve trop seul à avoir la clairvoyance inquiète [8] et se rêve peut-être en moderne Cassandre, extralucide mais inécouté.

En effet, tout ça n’est pas sérieux, à ceci près que le « ça » en question renvoie moins aux supposés périls auxquels la BCE se serait déraisonnablement exposée qu’aux divagations du commentateur qui n’a pas tout à fait compris qu’il était de la dernière ineptie d’appliquer les catégories ordinaires de l’économie financière à la banque centrale, entité par construction absolument dérogatoire du « droit commun ». Source ultime et souveraine de la création monétaire, une banque centrale, par définition, se moque comme d’une guigne de sa leviérisation, de ses ratios de solvabilité ou de sa propre liquidité (!), considérations qui n’ont rigoureusement aucun sens pour elle ; et s’il lui a fallu des fonds propres au commencement de son existence, c’était tout simplement pour avoir de quoi se construire un bâtiment et financer son besoin en fonds de roulement (recrutements, consommations intermédiaires). En temps normal, oui, la banque centrale fait des profits sur ses opérations ordinaires, grâce auxquels elle continue de couvrir ses charges, payer quelques dividendes à ses actionnaires (les Etats) et faire du report à nouveau ou quelques investissements en équipements divers. Mais l’éventualité de faire des pertes et de « détruire ses fonds propres » est pour elle en principe un non-événement pour cette raison simple que, émettrice même de la monnaie, elle peut monétiser ses propres pertes et, si besoin est, s’auto-recapitaliser par création monétaire.

Il serait donc temps pour quelques commentateurs d’apercevoir le non-sens qui consiste à user des catégories économiques ordinaires à propos d’agents économiques extra-ordinaires. Car, de même qu’il est inepte de parler de « faillite » à propos d’un Etat (un Etat est souverain et ne laisse pas saisir ses actifs, il fait défaut et envoie la terre entière se faire voir chez Plumeau), de même la banque centrale n’est pas justiciable des arguments de l’économie bancaire ordinaire, et si l’on peut tout de même parler à son propos de profits et de pertes, ces notions n’ont pas pour elle exactement le même sens, entendre les mêmes conséquences, que pour n’importe qui d’autre, et ceci précisément parce que la banque centrale est dans l’économie l’instance ultime de validation (ou de non validation) des pertes de tous les autres agents — à commencer par les siennes.

En effet, lorsqu’une entreprise fait temporairement des pertes [9], elle les soumet à la validation de sa banque qui lui accordera (ou non) des crédits pour les surmonter. La banque elle-même apporte ses propres pertes consolidées, notamment issues de décisions de validation qui ont mal tourné, à la validation de l’étage supérieur, celui de la banque centrale. Et puis ? Et puis stop ! Car la banque centrale est le sommet du système, c’est-à-dire la source ultime et souveraine de validation de toutes les validations. De même qu’il n’y pas de nuages « au-dessus » du soleil, il n’y a rien au-delà de la banque centrale, perspective sans doute un peu effrayante pour tous ceux qui croient, à la manière des nostalgiques de l’étalon-or, qu’il y a quelque part dans l’économie des ancrages ultimes « réels » et substantiels — qui ne mentent pas.

Pour tous ceux-là, il va donc falloir trouver des mots rassurants afin d’expliquer qu’en fait non : dans l’économie en particulier comme dans le monde social en général, il n’y a que des ancrages institutionnels, en dernière analyse (clause importante) cristallisations autoréalisatrices de croyances collectives… mais (donc) toujours susceptibles d’être défaits. C’est pourquoi d’ailleurs pas tout à fait « et puis stop ! ». Car, tout extraordinaire qu’elle soit, la banque centrale ne saurait échapper à cette condition et, comme pour toute institution, la possibilité de la décomposition ne peut être chassée de son horizon. Elle prendra la forme soit d’une sédition politique (populaire) à l’encontre de ses orientations de politique monétaire (la direction que la BCE s’attache si bien à prendre…), soit d’un rejet de la monnaie en période hyper-inflationniste, c’est-à-dire quand son passif aura enflé au point, non pas d’alarmer les central bank watchers qui consultent son bilan toute les semaines et croient leur marotte universellement partagée, mais quand par un effet de percolation les agents commenceront à éprouver concrètement l’excès de liquidité environnant.

En tout cas elle n’aura en aucun cas la figure que lui fantasme Georges Ugeux qui confond banque privée et banque centrale, et croit que Lehman Brothers donne à la BCE de profondes leçons à méditer pour son propre compte — mais tout ceci sans doute pour mieux donner lui-même consistance et nécessité au titre-vocation de son blog qui en appelle à « démystifier la finance »…

… ou l’empêcher (Willy) de nager ?

En cette affaire de corne-cul de « banque centrale à recapitaliser », il n’y a cependant pas que les simplets. Il y a aussi, comme d’habitude, les cyniques. Ceux-là opposent moins une incapacité intellectuelle qu’un refus de principe à l’idée que la banque centrale puisse s’autocréditer et monétiser ses propres pertes. Car, bien dans la ligne du monétarisme, l’idée de valider des paris perdus, quand bien même il revient à la banque centrale d’assumer la fonction de prêteur en dernier ressort, et de laisser croître son passif, c’est-à-dire la masse monétaire, cette idée leur est non pas inaccessible mais insupportable. Aussi tiennent-ils sans relâche, à l’usage des impressionnables, le discours du « trou dans les fonds propres » et de la « nécessaire recapitalisation » qui coûtera tant aux Etats-actionnaires, c’est-à-dire — ici : néon clignotant — aux contribuables.

Evidemment le contribuable, « dûment » éclairé par les « démystificateurs de la finance », n’est pas tout à fait en état de savoir que l’idée de la banque centrale refinancée par les Etats est simplement bouffonne car l’instance ultime du refinancement c’est la banque centrale ! C’est pourtant cette bouffonnerie que voudraient faire advenir les doctrinaires de l’orthodoxie monétariste. En vérité il faut lire leur « raisonnement » à l’envers et considérer les conclusions alléguées comme des prémisses : parce qu’on a posé ex ante que la Grèce ne doit pas faire défaut, il s’en déduit, mais par nécessité fonctionnelle plus que logique, que le défaut est — doit paraître — un événement catastrophique pour la banque centrale — alors que, a fortiori pour un si petit encours, il n’en est rien pour elle.

Contagion

Si cette part « technique » de l’oracle ne vaut pas grand-chose, celle qui, légèrement angoissée, cherche à percer les mystères de la « contagion » — quid d’autres possibles sortants après un éventuel départ de la Grèce ? — est autrement considérable. Malheureusement, rétive à l’éviscération des poulets ou à l’herméneutique du marc de café, la réponse à la question est… qu’on ne peut pas répondre. En tout cas pas à coup sûr. Car, charme particulier des dynamiques de marché, un événement donné ne déploie ses conséquences qu’au travers de la médiation du jugement et de l’opinion collective de la finance — imprédictible ex ante… La sortie de la Grèce pourrait donc, en théorie, être reçue tout aussi bien sur le mode du soulagement — débarrassé du corps mort, l’euro repart du bon pied — que dans l’angoisse du domino suivant. En pratique, c’est plutôt de ce second côté que la balance aurait tendance à pencher, et pour la raison déjà mentionnée que la Grèce n’est que l’éclaireur avancé d’un mouvement beaucoup plus général, et que ce qu’il lui arrive en ce moment est peu ou prou au programme de tous les autres qui suivent un chemin similaire.

Le Portugal pourrait bientôt appeler à l’aide pour une deuxième tranche de sauvetage, mais c’est surtout du côté de l’Espagne où l’enfoncement dans la récession et l’impossibilité de tenir les objectifs de réduction du déficit le disputent à la sévérité de la crise bancaire, les deux nouant d’ailleurs entre eux de toxiques interactions. Car, à la suite de l’éclatement de la bulle immobilière, c’est bien l’effondrement de la croissance qui fait exploser le volume des mauvaises créances bancaires — 8,4 % des prêts sont ainsi avérés douteux dixit la Banque d’Espagne. Si l’attention s’est surtout portée sur Bankia, conglomérat de raccroc forgé puis nationalisé dans l’urgence pour sauver de la débâcle sept caisses d’épargne (cajas), le reste du système bancaire espagnol vaut à peine mieux, comme en témoigne la récente vague de dégradation annoncée par Moody’s. Les estimations les plus imprécises circulent quant aux besoins de recapitalisation du système bancaire espagnol — jusqu’à 60 voire 80 milliards d’euros. Quelle part pourrait en être assumée par les banques privées elles-mêmes, quelle part écherra à l’Etat — qui n’a vraiment pas besoin de ça — ? nul ne le sait pour l’heure. Entre temps la détérioration de la situation des banques menace à tout instant de déclencher un run, à l’image de Bankia qui a perdu plus d’un milliard d’euros en quelques jours, le système bancaire dans son ensemble accusant lui une fuite de 31 milliards d’euros en un mois… L’inconvénient du run c’est qu’il ne prévient pas et que, passé un point critique, il devient foudroyant, et menace de disloquer complètement l’économie — à peu près tout ce dont l’Espagne a urgemment besoin…

C’est donc peu dire que l’Espagne a tout ce qu’il faut pour attirer la foudre. Or le passage par les marchés de sa frontière marquerait la cessation des illusions : le FESF, quoique transformé en MES, éventuellement assisté du FMI, et dont les ressources d’ensemble ont été portées en un ultime effort à 750 milliards d’euros (effectivement ?) mobilisables, n’est plus à la hauteur d’un client comme l’Espagne, à plus forte raison après les tirages de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande… et sans même évoquer la possibilité que l’Italie la suive de près. Si par une de ces propagations funestes (et en l’occurrence probable) dont les marchés ont le secret, la Grèce sortant de l’euro conduisait surtout les investisseurs à se retourner contre l’Espagne et l’Italie, alors la monnaie unique européenne aurait vécu.

La mauvaise économie de « l’oubli du peuple »

Il faut pourtant revenir sur la part politique de l’économie politique européenne pour saisir vraiment le fond du désastre, en remarquant notamment qu’entre janvier, où le programme LTRO de la BCE est accueilli (pour la énième fois) aux vivats de « la crise est finie », et mai où tout est de nouveau à feu et à sang, la différence est que le peuple, grec en l’occurrence, a parlé. Redisons que c’est en ce point précis que se tient l’écart entre une « science économique » et une économie politique. Car de même que des patrons, laissés à leur idéal fantasmé, pourraient sans difficulté pousser le raisonnement économique jusqu’à énumérer tranquillement les avantages du salaire zéro [10], de même les gouvernants européens d’aujourd’hui poursuivent sans ciller la logique de l’ajustement structurel avec des taux de chômage à 25 %, des taux de suicide en hausse et des espérances de vie en baisse [11], jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que les « intéressés », on veut dire les préposés au chômage, au suicide et à la vie raccourcie, finissent par rappeler leur présence, matériel humain ordinairement tenu pour quantité négligeable mais qui de temps à autre recouvre sa qualité de sujet politique, et réaffirme ses intérêts vitaux, avec parfois une violence en proportion des négations dont elle a fait l’objet.

Considérée au niveau collectif, la qualité de sujet politique a pour autre nom « souveraineté ». Si l’on veut le dernier mot des tares rédhibitoires de la construction européenne, c’est bien de ce côté, et non dans les enchaînements économiques vicieux que par ailleurs elle se sera ingéniée à mettre en place, qu’il faut chercher : une construction politique sans sujet, c’est-à-dire sans peuple, voilà l’extravagante expérience historique à laquelle l’Union européenne se sera livrée. Marchés financiers, règles des traités, gouvernements de technocrates illégitimes, plans de marche impératifs enjoints par la BCE [12], pro-consuls (généralement allemands) missionnés pour prendre les commandes [13], et autres formes de mise sous tutelle par « troïka » interposée : extraordinaire conjonction de forces extra-politiques œuvrant, le sachant ou non, à la destruction de corps sociaux. Et, l’ignorant tout à fait, à la destruction de l’Europe elle-même — où l’on voit que certaines « économies » s’avèrent en fait ruineuses.

« La paix » et « l’amitié entre les peuples »
— disaient-ils…

Car voilà déjà quelques splendides résultats : des touristes allemands agressés en Grèce, des couvertures de presse injurieuses, celle de Focus par exemple avec sa Vénus de Milo faisant un doigt d’honneur, ou bien appelant à vendre les Cyclades ou l’Acropole, des pancartes de manifestants grecs représentant Angela Merkel en uniforme nazi, ou bien la fameuse « task force » de Reichenbach rebaptisée « Third Reich is back », il est évident que la paix entre les peuples européens fait sous nos yeux de stupéfiants progrès. Se souvient-on que sonnés, dans les cordes, et à cours d’arguments, l’ultime redoute des partisans des « oui » (au traité de Maastricht et au TCE de 2005), le bunker supposé indestructible, consistait à ânonner « plus jamais la guerre » ou « l’amitié des peuples européens ». Il fallait accepter la banque centrale indépendante, la concurrence non faussée et le pacte de stabilité pour « la paix », le plus précieux des biens, au nom duquel par conséquent n’importe quoi devait être avalé. Nul doute qu’un référendum se tiendrait-il sur le TSCG, « la paix » ferait, comme à chaque fois, un retour en force.

Sauf que voilà : « l’Europe de la paix » est en fait une machine à destructions sociales qui engendre de la guerre. De la guerre interne avec des résurgences d’extrême droite un peu partout, depuis longtemps déjà mais désormais sous des formes carabinées — car un parti nazi entrant dans un parlement européen (l’Aube Dorée grecque) c’est quand même un accomplissement assez remarquable. Tous ceux qui ont depuis des années consciencieusement travaillé à repousser toute idée d’une connexion entre la montée des extrêmes droites et le fléau néolibéral, notamment européen, auront sans doute plus de difficulté à soutenir qu’entre le désastre économique grec et l’avènement de l’Aube Dorée il n’y a aucun lien de cause à effet… Il y a celui du peuple socialement violenté et politiquement tenu pour rien, combinaison qui a déjà prouvé sa toxicité dans l’histoire. On jugera donc l’Europe à ses résultats : des régressions sociales sans précédent, et la résurgence de possibilités qu’on croyait définitivement appartenir au passé, comme un coup d’Etat militaire en Grèce par exemple (qui ne manquerait pas de se produire si la faillite venait à menacer le paiement des salaires de l’appareil de force).

Guerre interne mais aussi guerre externe, pour l’heure heureusement sous la seule forme de l’inimitié entre les peuples, qui ridiculise les préambules ronflants des traités européens, et au compte de laquelle il faudrait évidemment verser les tensions gréco-allemandes évoquées à l’instant, mais aussi ce fait inouï que dans l’Europe d’aujourd’hui on puisse de nouveau entendre un discours, tel celui du député (européen) britannique Nigel Farage [14], s’inquiétant de « la domination » — non pas de l’hégémonie mais bien de la domination… — d’un Etat-membre (il s’agit de l’Allemagne évidemment), chose encore moins anodine quand elle fait ouvertement référence à la domination du 3ème Reich et à la guerre mondiale qu’il avait fallu mener pour la réduire !

Evidemment le discours européiste aura tôt fait de disqualifier ce genre de propos comme europhobie patentée de longue date (Farage est membre de l’UKIP, un parti britannique ouvertement anti-européen), mais comme toujours sans être capable de faire la différence entre deux opérations intellectuelles pourtant aussi différentes que délivrer une approbation et identifier un symptôme. Même à l’eurobéat le plus endurci, quelques alarmes devraient tinter au simple constat que, indicibles il y a peu encore, pareilles choses se disent à nouveau. Pour désagréable qu’il soit, l’on devra bien faire également le constat qu’elles ont pour objet l’Allemagne. Et pire encore accorder que ce choix d’objet et l’argument d’ensemble sont loin d’être mal fondés ! Au moment où même les insoupçonnables Pays-Bas connaissent et le dérapage budgétaire et les turbulences politiques de l’austérité, au moment où les marchés financiers, le FMI et jusqu’à la presse financière anglosaxonne la plus idéologiquement engagée en faveur du néolibéralisme disent l’aberration de politiques de restriction autodestructrices, il apparaît de plus en plus clairement que seul l’acharnement doctrinaire de l’Allemagne porte le poids de la catastrophe européenne. Et l’on aperçoit enfin dans toute son ampleur l’aberration inaugurale qui aura consisté à imposer à tous le modèle d’un seul. Décidément l’Allemagne nous coûte… On se retiendra de voir dans les actuelles dévastations économiques et sociales une nouvelle manière de mettre le continent à feu et à sang, mais tout de même, c’est bien son obstination et elle seule qui est en train de ruiner l’Europe.

En finir avec le boulet du « couple franco-allemand »

Au passage, il ne manquerait pas de sel de lui soumettre ses propres contradictions. Car l’Allemagne-la-rigueur est bien la même qui n’hésite pas à mettre 100 milliards d’euros sur la table pour sauver la banque Hypo Real Estate de ses petits débords. Mais y a-t-il là rien qui ne soit à l’image du colossal scandale des sauvetages respectifs des banques et des Etats ? Les unes seront sauvées à presque 0 %, les autres aux 5 % du FESF et du FMI. Aux premières l’argent gratuit donc, et l’inconditionnalité en prime : a-t-on entendu exiger quoi que ce soit des banques en contrepartie de leur sauvetage… et de l’immense désastre qu’elles ont laissé derrière elle ? Aux seconds l’argent prohibitif avec, en plus, la conditionnalité de l’ajustement structurel ! Mais le meilleur pour la fin : l’Allemagne, droite dans ses bottes et qui mettra l’Europe à l’agonie plutôt que d’autoriser le moindre financement monétaire des Etats, n’a visiblement aucun problème avec la création monétaire à centaines de milliards d’euros quand elle est dirigée vers les banques [15], et c’est peut-être à ce genre de « différence » que l’orthodoxie montre le mieux son vrai visage…

Il est maintenant temps de prendre conscience qu’il n’y aura aucune solution de survie de la monnaie européenne, et en fait de l’Union tout entière, sans une modification radicale de la position allemande — et l’acceptation de tout ce qu’elle a toujours refusé : révision profonde des missions de la banque centrale, autorisations d’actions ponctuelles de création monétaire au profit des Etats, abandon du dogme de l’équilibre fiscal structurel, contrôle des capitaux, etc. — et l’on évalue d’ici la probabilité de la chose… La solution est donc ailleurs qu’à Berlin : à Paris ! Elle suppose de renoncer enfin au mythe catastrophique du « couple franco-allemand » et d’accepter d’entrer en rude confrontation avec l’Allemagne. Cette dernière après tout n’avait-elle pas, au moment de la chute du Mur, imposé à toute l’Europe, France en tête, son ultimatum : ou l’adoption inconditionnelle de mon modèle de politique économique et l’euro selon mes directives, ou l’éloignement de l’Europe et le déport vers la Russie. Il n’est donc que temps de lui présenter l’ultimatum inverse et d’autant plus légitimement qu’il y va des intérêts vitaux des peuples européens : si l’Europe crève de suivre le modèle allemand, il faut l’abandonner ou nous referons une autre Europe sans vous [16].

Mais la probabilité de cette autre chose est-elle beaucoup plus grande ? Par réflexe incorporé au point d’être devenu quasi-reptilien, les élites françaises arrivant au pouvoir, et spécialement les élites « socialistes », ont pour tout premier mouvement de faire le pèlerinage de Berlin et de psalmodier la gloire indestructible du-couple-franco-allemand. Mais l’Allemagne est devenue néfaste à l’Europe et, par transitivité, ce couple également. Il est malheureusement à craindre que seuls des événements considérables, entendre des destructions de très grande ampleur comme l’effondrement bancaire européen généralisé, puissent éventuellement conduire le pouvoir socialiste français actuel à sortir de son hébétude et de sa pusillanimité pour envisager — mais tautologiquement ! — que, l’Europe en ruine, le concept de moteur franco-allemand de l’Europe perd beaucoup de son sens… Et songer à refaire autre chose.

Notes

[1] Voir « Crise, la croisée des chemins » et « En route vers la Grande Dépression ? », La Pompe à phynance, mai 2010.

[2] Voir à ce sujet Anastassios Anastassiadis, « L’Etat grec, son passé et son avenir », entretien avec Nicolas Delalande, La Vie des Idées, 23 février 2012.

[3] Données BCE.

[4] Patrick Artus et Jésus Castillo, Natixis, Special Report, n° 55, 15 mai 2012.

[5] The Economist, 19 mai 2012, données Banque des Règlements Internationaux.

[6] Données Natixis, Special Report, n° 55, op. cit.

[7] Id.

[8] Georges Ugeux, « La Banque Centrale Européenne risque-t-elle d’exploser en prêtant aux banques ? », blog Démystifier la finance, Lemonde.fr, 12 février 2012.

[9] On peut ici généraliser la notion de « pertes » à toute situation de tension de trésorerie.

[10] Au prix évidemment d’une erreur connue sous le nom de « sophisme de composition », car si d’aventure tous les patrons parvenaient à obtenir du travail contre salaire zéro, leur production ne rencontrerait plus aucune demande (sauf à devenir une économie ouverte à 100 %... c’est-à-dire un non-pays).

[11] Voir Stathis Kouvelakis, « Grèce : destruction programmée d’un pays », Revue des Livres, n° 4, mars-avril 2012.

[12] Comme celle envoyée le 5 août 2011 par Jean-Claude Trichet, président de la BCE, à Silvio Berlusconi, président du conseil italien.

[13] En euphémismes européens, Horst Reichenbach est plutôt nommé « chef de la task-force européenne » en Grèce…

[14] Intervention au Parlement européen, 16 novembre 2011.

[15] Le programme LTRO (Long Term Refinancing Operations) de la BCE met à disposition des banques un total d’approximativement mille milliards d’euros de liquidité à trois ans.

[16] Point de vue défendu ici depuis un certain temps déjà… voir « Ça n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne ! », mars 2010.

159 commentaires sur « Euro, terminus ? »

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  • permalien sdz :
    24 mai 2012 @11h27   »

    Une Union latine aurait eu plus de sens sur un plan culturel, diplomatique, économique, sauf monétaire bien sûr. Quant au rapprochement entre l’Allemagne et la Russie, je demande à voir : il m’étonnerait fort que les Russes aient perdu la mémoire, notamment d’une guerre qui sur un plan démographique leur coûte encore aujourd’hui...

    Mettre en avant le souverainisme alors que nous ne cessons de payer les délires de Mitterrand et Delors, dès l’acte unique et Maastricht, je le comprends puisque je suis souverainiste. Mais l’espace politique m’apparaît bouché pour cette option à gauche...

    Je persiste à penser également que la francophonie devrait être intégré par nos élites pour ce qui concerne la défense de nos intérêts vitaux, ce que fait l’IRC. L’impasse du couple franco-allemand est flagrante (sauf à apprécier le confort du paillasson sur le palier et l’indignité qui va avec), autant choisir alors partenaires et monnaies de substitution jusqu’en dehors de l’Europe !

    http://www.la-France-contre-la-cris...

  • permalien Guy :
    24 mai 2012 @11h36   « »

    "refaire autre chose" ... mais quoi ? Avez-vous une réponse ? (un nouvel article, un livre ?...) Merci.

  • permalien Grincheux :
    24 mai 2012 @11h37   « »

    L’histoire ne repasse pas les plats, qu’il disait ?
    2007 comme 1929, L’Allemagne qui trouve que ses voisins européens "ne sont pas sérieux" (voire assez européens ?) (1933), le "front populaire" en France (je sais, je blague un peu), 1936...

    Bon, elle va se faire où, la guerre d’Espagne ? En Espagne...ou en Grèce ?

    Des solutions économiques et politiques, il y en a surement, mais je remarque que l’histoire nous montre plutôt que la solution de l’affrontement militaire est toujours un palliatif pour le manque d’imagination et de compétences de nos dirigeants politico/économiques...

  • permalien spinoza13 :
    24 mai 2012 @11h44   « »

    bravo pour ce travail de demystification
    l economie c est passionnant quand ce
    n est pas du cathechisme mais une vraie
    reflexion

  • permalien BA :
    24 mai 2012 @12h33   « »
    Décembre 2010 : recapitalisation de la Banque Centrale Européenne.

    Lundi 20 décembre 2010 :

    Le contribuable à la rescousse de sa banque centrale.

    Ce n’est qu’une phrase dans la déclaration finale des chefs d’Etat de la zone euro lors du Conseil européen de vendredi 17 décembre 2010. Mais elle pourrait peser plusieurs milliards d’euros dans les comptes publics des seize Etats de la monnaie unique. Ces dirigeants européens déclarent en effet « être déterminés à garantir l’indépendance financière des banques centrales de l’Eurosystème », c’est-à-dire de la Banque centrale européenne (BCE) et des seize banques centrales nationales des pays ayant adopté l’euro, à l’instar de la Banque de France.

    Cela rappelle que les contribuables des Etats membres doivent renflouer la banque centrale de leur pays (par exemple les contribuables français pour la Banque de France) si elle n’était plus suffisamment capitalisée pour continuer sa mission.

    Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a pris soin de faire répéter cette obligation aux chefs d’Etat lors du dîner de jeudi 16 décembre 2010. Le matin même, il avait acté avec ses homologues du Conseil des gouverneurs de la BCE le doublement du capital de la banque centrale européenne, grâce à une injection de 5 milliards d’euros venant des banques centrales nationales (711 millions d’euros pour la Banque de France).

    Jean-Claude Trichet s’inquiète de couvrir les pertes éventuelles qu’encourent la BCE et, par ricochet, les banques centrales nationales de la zone euro, si les obligations de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, qu’elles ont achetées pour 72 milliards d’euros depuis mai pour aider ces Etats membres, n’étaient pas remboursées.

    Aussi, la BCE a rappelé, dans un avis du 9 décembre 2010 à propos du doublement du capital de la Banque de France (« une opération comptable ne modifiant pas ses fonds propres », selon une source proche de l’établissement), que, « dans l’éventualité où le capital de la banque centrale nationale deviendrait inférieur à son capital statutaire, voire négatif, l’Etat membre concerné serait tenu de la pourvoir des fonds nécessaires dans un délai raisonnable afin de respecter le principe d’indépendance financière ».

    Dès lors, le contribuable paierait aussi cette note d’une faillite d’un Etat de la zone euro, comme la Grèce ou l’Irlande, jusqu’ici secouru par la BCE et ne pouvant plus rembourser ses emprunts.

    http://www.latribune.fr/journal/edi...

  • permalien Coma81 :
    24 mai 2012 @13h11   « »

    Dossier : Jacques Sapir sur la fin de l’euro

    http://et-pendant-ce-temps-la.eklab...

  • permalien JEG :
    24 mai 2012 @13h49   « »

    Petite question :

    Le "To Big To Fail" est-il applicable aux Etats ?

    Je dis ça parce que je m’aperçois que en réalité les "marchés" ont tendance à faire grimper les taux d’intérêts des Etats dont le volume de la dette est finalement peu important.

    Grèce : 300 Mds €
    Espagne : 950 Mds €
    Portugal : 230 Mds €

    France : 1 800 Mds €
    Allemagne : 1 400 Mds €

    Somme toute le raisonnement serait logique.

    Si un créancier estime que plus de 80% des fonds qu’ils a prêtés sont détenus par des emprunteurs dont la capacité de remboursement est douteuse, celà conduit forcément à déduire que ce même créancier est lui-même douteux......

    Si les agences de notations dégradent violemment la notation des dettes souveraine d’Etats comme la France, ou l’Allemagne......C’est de facto une dégradation de l’actif détenu par les principaux groupes bancaires mondiaux, et donc une dégradation de la note des groupes en question (dont G&S).

    Seul bémol au raisonnement, la dette Italienne.
    Presque aussi importante que la dette française et pourtant soumise à de fortes tentions sur ses taux d’intérêts.

    Mais l’Espagne est au contraire un exemple très intéressant.
    Feu le bon élève de la classe européenne, qui affichait des excédents budgétaires, et un endettement (public) minimal, se retrouve aujourd’hui dévorée vivante par ses créanciers, malgré la stricte application de la règle d’Or pendant presque dix ans.....

    Au contraire, la République Française, grande consommatrice de dette publique, conserve des taux d’emprunts raisonnables malgré la dégradation de la note de sa dette souveraine.

    TO BIG TO FAIL donc.
    La stratégie des groupes bancaires américains pour contraindre les budgets publics à venir les renflouer, pourrait bien se révéler une arme à double tranchant.

    Lorsque vous détenez la majorité des prêts accordés par un créancier, plus que par les sentiments, c’est par les bourses que vous le tenez......

  • permalien Helios :
    24 mai 2012 @14h34   « »

    Le "retour du peuple" oui, mais parmi les adorateurs de Mélenchon et Syriza on est prèt à lui passer dessus le peuple, lorsqu’il refuse l’immigration massive. Dans ce cas ce n’est plus le peuple, c’est le "populisme".

  • permalien le journal de personne :
    24 mai 2012 @14h51   « »
    Les faux monnayeurs !

    Je suis sur le mont des oliviers
    Avec des hommes en aval et Dieu en amont
    Et un soleil qui passe son temps
    À rompre le rythme des saisons
    Et j’ai pas intérêt à dire tout et n’importe quoi
    Et j’irai pas jusqu’à dire que j’ai perdu la Foi
    Parce qu’il m’en reste juste un peu
    Pour vous dire qu’on fait ce qu’on peut
    Mais qu’on ne fait pas ce qu’on veut
    Ouvrez bien les yeux… dans nos plus belles cités, il y a déjà le feu
    La Grèce a renoncé à son referendum
    Et l’Europe va bientôt renoncer à son impossible unité
    Formelle et matérielle… en substituant le vrai fiel au faux miel
    Et qu’est-ce qu’on nous raconte pour faire amende honorable ?
    Que ce sont les marchés qui nous font marcher ? On le savait déjà !
    Que la parole des peuples est hachée ? On le craignait déjà !
    Que la démocratie est un mensonge éhonté qui a un peu trop duré ?
    C’est ce que nous avons toujours refusé de voir, de croire, de savoir
    En effet, il n’y a pas d’autre pouvoir que le culte du pouvoir
    Avec deux ingrédients pour le nourrir : Dieu ou l’argent. Que choisir ?
    L’un des deux mène le monde à sa perte, je vous laisse deviner lequel
    Je vous rassure : il ne peut y avoir de troisième terme… pas d’alchimie.
    On monte… ou on descend… l’atermoiement est exclu.
    Et les deux se donnent la main, lorsque le culte du pouvoir devient pouvoir du culte.
    De la théocratie, on ne peut pas en sortir… jamais.
    Quand ce n’est pas Dieu… c’est un dollar ou un dinar divinisé
    Qui prend la parole et ne la rend jamais
    Pour que nous soyons obligés d’acheter des appareils pour s’entendre
    Et des ordinateurs pour échanger nos fausses monnaies
    En désespoir de cause, je me dis que nous n’avons guère le choix
    Aucun embarras mais deux bons débarras : le pire et l’empire.
    La fausse monnaie et l’empire des faux monnayeurs
    Tout est là… Pas la peine d’aller voir ailleurs !
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/11/les-faux-monnayeurs/

  • permalien Pouyoul :
    24 mai 2012 @15h37   « »

    Une petite correction : ce n’est pas la Bild Zeitung mais l’hebdomadaire Focus (jugé plus respectable) qui a placé en Une l’image de la Vénus de Milo faisant un doigt d’honneur, sous le titre : "Les escrocs de l’Euro-famille." Il y aurait beaucoup à dire sur le pilonnage auquel se livrent les médias allemands contre le peuple grec, présenté comme un ramassis de fainéants et de fraudeurs qui passent leur temps à faire les poches du contribuable allemand, la violence de cette campagne n’ayant d’égale que l’immense bienveillance réservée aux banques et à la troïka. Si la presse de boulevard, Bild en tête, brille par son acharnement à cogner sur le bouc-émissaire grec, la presse "sérieuse" n’est pas en reste.

  • permalien Gédéon :
    24 mai 2012 @15h48   « »

    @Helios

    En 2012, 6% des habitants de l’UE27 n’y sont pas nés (chiffres Eurostat). J’ai beau chercher, je ne voit pas trace de ce déferlement massif qui fait tant fantasmer l’extrême-droite et une partie de son électorat.

  • permalien Sarah :
    24 mai 2012 @16h04   « »

    Gédéon :

    Vous avez raison.

    Au fait où sont passés les milliaaaards de Maghrébins qui devaient déferler sur la France après la Révolution tunisienne et la guerre en Libye ?

  • permalien Helios :
    24 mai 2012 @16h19   « »

    @Gédéon

    J’entends ça depuis 1974, statistiques et sociologues à l’appui, ça devrait me rentrer dans la tète quand même.
    En gros le peuple est donc entouré de gens qui veulent lui montrer le monde tels qu’ils le voient, et pour qui ceux qui ne le voient pas comme ça sont des idiots, voire des malades mentaux. Pour les uns c’est l’Europe et la mondialisation libérale qui devraient être vues comme des bienfaits absolus. Pour les autres c’est l’immigration qui n’existe pas. Que font ceux qui ne sont convaincus par aucuns ?

  • permalien Sarah :
    24 mai 2012 @16h32   « »

    @ Hélios :

    Qui a dit qu’il n’existait pas d’immigration ?
    On nie seulement son caractère massif et les fantasmes de l’extrême droite à son sujet.

  • permalien JEG :
    24 mai 2012 @17h12   « »

    @ Sara et Hélios....

    Toujours les mêmes arguments, valables, et qui vous placent directement dans la catégorie "bobo de gauche" et "droit de l’hommiste"......Strictement inaudible pour un électeur FN

    @ Gédéon

    Qui selon vous est responsable de l’immigration massive ou pas en France ?

    Savez-vous par exemple que les toits de l’Avenue Kleber dans le 16ème arrondissement de Paris sont remplis de clandestins Filipéens ?

    Femme de ménage clandestine le jour, prostituées la nuit, le tout chez les patrons bourgeois des étages du dessous.

    Vous croyez que c’est différent à Saint Cloud ? Dans l’Hotel Particulier de Mme Le Pen ??

    Qui profite réellement de l’immigration clandestine si ce n’est les patrons du CAC 40, qui organisent leurs filières de sous-traitants avec une main d’oeuvre bon marché et corvéable à merci ???

    Les mêmes patrons que M.Mélanchon attaque avec justesse et virulence....

    Les mêmes patrons qui financent le FN depuis leur fief de Saint Cloud.....

    Le FG n’est pas pour l’immigration massive.....Au contraire !
    Que les camarades travailleurs immigrés puissent vivrent dans leur pays est même un droit pour tout socialiste "internationaliste" .....

    Pour arrêter l’immigration incontrolée il faut attaquer le problème à la source : LE PATRONAT !!!!!!!!!!

    Donc, sauf si vous habitez Saint Cloud......VOTEZ FG......
    C’est encore le meilleur remède contre l’immigration incontrolée !

  • permalien Helios :
    24 mai 2012 @17h30   « »

    @JEG et les autres

    Ce que je voulais pointer principalement ce n’est pas le problème de l’immigration (ce n’est pas le sujet), mais celui de l’appel au peuple, ou son évocation.
    Pour dire que dans divers milieux on considère l’avis du peuple comme valable et méritant d’être pris en considération dans certains cas, et pas dans d’autres.

    .

  • permalien nofi :
    24 mai 2012 @18h03   « »

    Dans le cas d’un retour à la drachme et d’une dévalutation, cela renchérirait les importations, non ?
    Quelles serait les conséquences sur la balance commerciale et sur l’économie grecque ?

  • permalien BA :
    24 mai 2012 @18h13   « »
    Vendredi 17 décembre 2010 : les contribuables européens paient 5 milliards d’euros pour recapitaliser la BCE.

    Vendredi 17 décembre 2010 : les contribuables des 16 Etats membres de la zone euro paient 5 milliards d’euros pour recapitaliser la Banque Centrale Européenne.

    Lisez cet article :

    Les leçons de l’augmentation de capital exceptionnelle de la BCE.

    Depuis le mois de mai et la crise grecque, la BCE est en effet intervenue directement sur le marché obligataire et a racheté 72 milliards d’euros d’emprunts grecs, portugais, irlandais et espagnols, afin de réduire le coût de refinancement de ces États.

    L’augmentation de capital de la BCE peut aussi être interprétée comme « un appel à la responsabilité des dirigeants de la zone euro » qui ne sont toujours pas prêts à augmenter leur fonds d’aide aux pays en difficulté, considère Philippe Simonnot.

    « Jean-Claude Trichet (son président) veut montrer qu’il ne pourra pas faire plus que ce qu’il fait déjà », car la BCE a un capital limité. Les États devront donc trouver une solution globale à la crise pour calmer l’inquiétude des investisseurs.

    Pour Gilles Moëc, économiste à la Deutsche Bank, la BCE signifie aux États que « son intervention n’est pas gratuite ».

    Ce message sera d’autant mieux relayé si les banques centrales nationales, qui souscriront à l’augmentation de capital de la BCE, décident de puiser dans leurs bénéfices et réduisent au passage les dividendes qu’elles versent chaque année à leur État respectif en fonction de leurs résultats. Un manque à gagner potentiel de 820 millions d’euros pour la France.

    Mais elles pourraient tout aussi bien choisir de taper dans leurs réserves. Une solution moins favorable à la solvabilité du système, alors que la capitalisation totale des banques centrales de l’Euroland est limitée à 78 milliards d’euros pour un bilan consolidé de près de plus de 1.900 milliards…

    Un « effet de levier équivalent, voire plus important que celui des banques commerciales à qui l’on a reproché leur imprudence », rappelle Philippe Simonnot qui dénonce une véritable « fuite en avant » du système.

    http://www.lepoint.fr/economie/les-...

  • permalien L’équipe du Monde diplomatique :
    24 mai 2012 @18h26   « »

    @Pouyoul

    C’est rectifié, merci de votre vigilance.

  • permalien Gladiador :
    24 mai 2012 @19h13   « »

    Merci une fois de plus pour votre pédagogie économique hors manipulation médiatique. C’est long mais c’est bon.

  • permalien Jordi Grau :
    24 mai 2012 @19h43   « »
    A propos de l’Allemagne

    Bonsoir à tout le monde, et en particulier à M. Lordon

    J’ai en général énormément de respect et d’admiration pour Frédéric Lordon, mais j’avoue qu’il m’agace un peu quand il parle de l’Allemagne. Certes, c’est bien ce pays - ou plutôt ses dirigeants - qui a le plus insisté pour que la BCE soit indépendante des gouvernements et mène une politique presque exclusivement anti-inflationniste. Certes, c’est encore l’Allemagne qui résiste le plus à la transgression de cette règle sacrée. Mais il faut bien comprendre que cette doctrine s’inscrivait parfaitement dans la vulgate néolibérale partagée par toutes les "élites" européennes. Parmi les plus fameux gouverneurs de la BCE, on trouve un Français nommé Trichet.

    De manière générale, les politiques d’austérité et d’ajustements structurels ont été mises en oeuvre jusqu’à aujourd’hui par des Européens issus des pays les plus variés, y compris les fameux pays latins, qui seraient paraît-il plus sympas, plus sociaux, plus humains. Rappelons quelques noms, qui ne sonnent pas spécialement germaniques : Camdessus, Barroso, Monti, Lagarde, Draghi...

    Dire qu’il faut arrêter avec le couple franco-allemand ne me paraît qu’à moitié vrai. Ce qu’il faut, c’est en terminer avec l’Union européenne telle qu’elle existe actuellement. L’Allemagne n’est qu’une partie du problème. Par ailleurs, si elle est aujourd’hui si intransigeante, c’est parce qu’elle ne s’en tire pas trop mal économiquement. Mais comme la plus grande partie de ses exportations est destinée aux autres pays de l’Union, il lui faudra sans doute rapidement devenir moins arrogante et comprendre qu’elle n’a aucun intérêt à couler ses partenaires.

    D’ailleurs, il faut rappeler que beaucoup d’Allemands ont vu leurs revenus sévèrement diminuer à cause de la politique antisociale menée par Schröder et poursuivie ensuite par Merkel. Le ras-le-bol commence aussi à monter à l’intérieur de la Germanie.

    Jordi GRAU (je signale que mon nom de famille, malgré les apparences, n’est pas allemand, mais d’origine catalane, donc "latin")

  • permalien Mafalda :
    24 mai 2012 @20h26   « »

    Dans vos analyses vous êtes à côté de la plaque........Les dettes à partir d’une certaine somme c’est du virtuel......
    Ce qui donne des sueurs froides à nos banquiers et aux politiques, c’est la montée des droites en Europe et des populistes masqués ! Et ceux-ci n’ont rien à cirer des dettes, et il auront les peuples pour dire non ça suffit, on ne paient plus. Les socialistes au pouvoir sous Mitterrand ont dénationalisés les banques préparant le terrain pour plus tard,
    De plus je me pose cette question : pourquoi les banquiers jouent -ils contre eux-même ? Pour être encore et encore renfloués, rien n’est mieux pour eux que la faillite

  • permalien Crapaud Rouge :
    24 mai 2012 @22h24   « »
    @Malfada

    "Dans vos analyses vous êtes à côté de la plaque........Les dettes à partir d’une certaine somme c’est du virtuel...... " : vous le dites sans le démontrer et sans même l’expliquer. Sûr qu’ainsi vous ne risquez pas d’être "à côté de la plaque". Z’êtes plutôt dans les nuages.

  • permalien Echarpe Man :
    24 mai 2012 @22h39   « »

    Bien que le fond soit intéressant, je rejoins l’avis de @Jordi Grau sur la relative condescendance dont font preuve beaucoup d’observateurs (de gauche comme de droite) envers l’Allemagne, laissant penser aux lecteurs français pas forcément au faite de la réalité Allemande que le débat n’y existe pas, et que le peuple allemand est comme un seul homme derrière la BCE, les Banques et contre le peuple grec.

    De (très) nombreux Allemands souffrent et condamnent (durement) les politiques néolibérales de leurs gouvernants, de la même façon que de nombreux Grecs acceptent et encouragent les mesures d’austerité dans leur propre pays.

  • permalien Nang’ :
    24 mai 2012 @23h18   « »

    Merci Freeeeeeed j’te kiffe grave !
    Ton article pète sa mère, comme toujours.

    Cassons-nous vite de l’Eurozone et tournons-nous vers notre réseau francophone, bientôt plus riche que le plus riche des pays européen. Faire ses courses à Brazzaville est une expérience inoubliable : dans une ville où il n’y a ni eau ni électricité, avec 8 € ne pas pouvoir acheter plus qu’à Paris.... c’est vraiment que notre monnaie de singe ne vaut plus grand chose.

    PS : en récupérant des affaires oubliées pendant dix ans dans un garde-meuble, nous avons retrouvé la semaine dernière la K-7 audio distribuée par le ministre des finances de l’époque, un certain DSK hahaha, destinée à nous expliquer les vertus cardinales de l’euro : stabilité, croissance, lutte contre l’inflation et toutes les resucées du catéchisme euro-libéral. La K-7 concluait par "l’Euro, c’est la paix". Vu que tous les autres postulats se sont avérés à ce point mensonger, on ne peut peut qu’être inquiets par cette dernière assertion.

  • permalien bernard :
    25 mai 2012 @07h31   « »

    La question allemande se repose une fois de plus,Cf Annie Lacroix Riz,le couple franco allemand est un leurre,deux économies différentes(offre,demande),deux conceptions différentes de l’état(fédéralisme,centralisme jacobin),deux façons de gérer le service public,etc...
    Oui il faut refonder l’Europe politique,fédéralisme,zone d’états nation solidaire ???
    Voir à l’est:ouvrir à la Russie, au Maghreb,abandon de l’atlantisme,...
    Du pain sur la planche pour des politiques frileux

  • permalien Yvan :
    25 mai 2012 @08h07   « »

    « La science économique n’existe pas. Il n’y a que de l’économie politique. »

    Démonstration :

    Marc Fiorentino : le 7 mai, la France sera attaquée !
    Ecartons tout d’abord le volet politique de cette anticipation.. Je n’ai aucune arrière-pensée politique. Je ne milite pour personne, ni contre personne. Je voterai blanc. Mais c’est une réalité. Le 7 Mai la France sera attaquée. Et mise à genoux. Dans la City et dans les plus grands hedge funds américains, c’est la veillée d’armes. On se prépare. Dans le calme mais avec une détermination froide et inquiétante.Il faut dire que depuis que l’Allemagne a mis la zone euro sous tutelle, les « spéculateurs » s’ennuient. Du coup l’euro et les indices boursiers européens rebondissent. Même les dettes Italiennes et Espagnoles se placent sans problème. Quant à la France, elle n’a presque jamais été aussi bien que depuis qu’elle a perdu son Triple A avec des taux à 10 ans inférieur à 3%. Tout cela attriste le monde de la spéculation qui cherche un angle d’attaque.

    ... pour les dépressifs, Marc Fiorentino, nous fait régulièrement son numéro burlesque, à "la nouvelle édition" de Canal+.

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @10h00   « »

    Immigration massive en France, chute de l´Euro, fin de l´Union europeenne, racisme et Pogroms contre les africains en terre des amis lepenistes !

    http://www.demainonline.com/2012/05...

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @10h07   « »

    Nang !

    Certains penseurs et analystes de l´histoire, ils commencent deja `a associer la crise finaciere actuelle (strategie de l´Euro) et la prochaine guerre mondiale !

    Houcine__

  • permalien Trevor Stanton :
    25 mai 2012 @11h17   « »

    Monsieur Lordon,

    Je pense que vous avez volontairement occulté une partie de la réalité dans votre analyse.

    En substance, vous affirmer que quoi qu’il advienne de la crise, la BCE sera le prêteur en dernier ressort, et il lui est aisé d’avoir recours à la création monétaire pour financer les déficits.

    Vous avez juste "omis" de préciser que cela aurait deux conséquences dramatiques :
    - Une inflation démesurée au sein de l’union, qui ferait baisser largement le pouvoir d’achat des européens.
    - Une dévaluation de l’Euro, déjà au plus bas, qui ferait fuir tous les investisseurs étrangers. Comment expliquer à un chinois qu’il doit investir en Europe, s’il sait pertinemment que son investissement va être dévalué ?

    Désolé de d’avoir à vous ramener à la dure réalité : l’économie est bel et bien une science.

  • permalien BA :
    25 mai 2012 @11h17   « »

    Vendredi 25 mai 2012 :

    Une sortie de la Grèce de l’euro déstabiliserait l’économie mondiale.

    Le directeur général de l’organisation bancaire mondiale IIF, Charles Dallara, juge qu’une sortie de la Grèce de l’euro déstabiliserait l’économie mondiale et appelle l’Europe à se doter d’un mécanisme de garantie des dépôts bancaires, vendredi dans Il Sole 24 Ore.

    Il est erroné de penser qu’une sortie de la Grèce de la zone euro n’aurait pas de très lourds effets sur les banques européennes, sur la BCE, sur des pays comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal à cause de la contagion. En outre, cela déstabiliserait l’ensemble de l’économie mondiale, estime-t-il dans un entretien accordé au quotidien économique italien.

    Le patron de l’IIF appelle en outre les Européens à se doter d’un mécanisme de garanties des dépôts bancaires, une mesure qu’il qualifie d’urgente.

    Les dirigeants européens ont chargé mercredi le président de l’UE, Herman Van Rompuy, de plancher notamment sur ce sujet.

    Il n’existe pas pour le moment de risque d’une fugue des capitaux à grande échelle mais on a laissé l’incertitude sur la Grèce toucher d’autres pays comme l’Espagne, au point qu’aujourd’hui le marché ne sait pas différencier de manière adéquate la solidité des trois grandes banques - Santander, BBVA et Caixa - des caisses d’épargne, souligne M. Dallara.

    http://www.romandie.com/news/n/_Une...

    Garantir les dépôts bancaires de la zone euro ?

    Oui, ce serait bien.

    Garantir les dépôts bancaires de la zone euro.

    Mais avec quel argent ?

  • permalien Citizen :
    25 mai 2012 @11h51   « »

    nofi : 24 mai @18h03

    Dans le cas d’un retour à la drachme et d’une dévaluation, cela renchérirait les importations, non ?
    Quelles serait les conséquences sur la balance commerciale et sur l’économie grecque ?

    Non seulement ça renchérit les importations mais aussi certains biens fabriqués sur place (et qui ont besoin de matière 1ère importée pour être fabriqué).
    Les conséquences pour la balance commerciale sont plutôt "bénéfiques" (si on considère qu’une balance commerciale excédentaire est forcément bénéfique, ce qui se discute).

    Les conséquences pour les grecs c’est une baisse massive et généralisée de leur niveau de vie.

  • permalien Citizen :
    25 mai 2012 @12h00   « »

    @ Trevor Stanton :

    Ajoutons que la notion de "Prêteur en dernier ressort" joué par la BCE n’a jamais concerné les États mais simplement les banques commerciales quand celles-ci refusent de se prêter de l’argent sur le marché inter-bancaire.

    Il est donc hors de question que la BCE monétise la dette des États sans avoir comme elle l’a pour les banques commerciales avec une réglementation ad hoc et un contrôle strict des titres qu’elle prend en escompte.
    Déjà que certains ont du mal à accepter une BCE indépendante, on voit mal comment celle-ci pourrait prendre l’ascendant sur le pouvoir politique...

  • permalien wildleech :
    25 mai 2012 @12h06   « »
    @ Trevor

    Une science ?
    Seulement à condition de transformer toutes les variables sociales en constantes, c’est à dire la démocratie en dictature. (la démonstration Chilienne est limpide)
    Sinon, l’économie ne possède qu’une seule et unique constante, la terre ronde et non extensible, et les économistes "mainstream" n’en tiennent pas compte.

  • permalien Trevor Stanton :
    25 mai 2012 @13h07   « »

    wildleech : 25 mai @12h06

    "Sinon, l’économie ne possède qu’une seule et unique constante, la terre ronde et non extensible, et les économistes "mainstream" n’en tiennent pas compte."

    C’est un problème d’ordre démographique plus qu’économique, mais il est évident que les deux sont liés.

    Certains économistes et penseurs "non-mainstream" commencent à oser évoquer LA question qui se pose comme une évidence : doit-on limiter la natalité, et quelles en seraient les conséquences ?

  • permalien JEG :
    25 mai 2012 @13h19   « »

    @ Travor Stanton.

    Si elle est une science, l’économie reste une science "normative".
    Donc même si elle utilise une méthode scientifique, elle ne peut pas se prévaloir de l’objectivité d’une science descriptive comme la chimie, ou la géographie.

    Je crois que c’est en ce sens qu’il faut comprendre l’assertion de F.Lordon, "La science économique n’existe pas. Il n’y a que de l’économie politique".

    Trop souvent les analystes financiers libéraux considèrent l’économie comme une science descriptive qui énonce des vérités fondamentales et incontestables.

    Le concept d’économie politique redonne à l’économie sa vraie position de science normative, qui produit les effets qu’elle analyse, certes scientifiquement.

    Concernant le rôle de la BCE en tant que prêteur en dernier ressort.

    Me semble-t-il, c’est précisément ce rôle que tiennent la Banque Centrale Anglaise, et la Réserve Fédérale américaine.

    Pourquoi donc la BCE ne pourrait pas elle aussi intervenir de la sorte ??

  • permalien Claire :
    25 mai 2012 @14h08   « »

    Ce qui me parait sûr, c’est que M. Frédérick Lordon ne fait pas grand chose pour la science économique, tant ses analyses sont confuses, rébarbatives, et semblent pouvoir être lues dans un sens, comme dans son contraire...

  • permalien wildleech :
    25 mai 2012 @14h19   « »
    @ Trevor stanton

    selon vous, l’économique sert-elle l’humanité ou est-ce l’humanité qui doit servir l’économie ?

    Une "science" a été inventée pour satisfaire les capitalistes.
    Elle a démontrer sa nocivité, et la fausseté de nombre de ses postulats.
    Mais, selon vous, l’humanité doit s’y soumettre coûte que coûte, pour que le capitalisme puisse rester le même.
    Le seul équivalent que je trouve à votre position est celui de l’église catholique et de l’inquisition.
    Tous les opposants à la religion officielle, aussi contestable soit-elle, doivent être brulé vif.

  • permalien Citizen :
    25 mai 2012 @14h23   « »

    @ JEG : En réalité la FED n’intervient pas pour soutenir la dette des États fédérés. Elle ne viendra pas aider la Californie ou l’Ohio si ceux-ci se retrouvent en défaut de paiement ou dans l’incapacité de se financer sur les marchés financiers.

  • permalien Roland011 :
    25 mai 2012 @14h59   « »

    • Claire : • Claire : Vous ne comprenez rien, dommage. Ce n’est pas une raison pour déblatérer bêtement sur F L ! Abstenez-vous ce serait mieux (comme d’autres pseudo ‘’intelligent’’ d’ailleurs.)

  • permalien yvan le vrai :
    25 mai 2012 @15h13   « »

    Claire, personne ne peut vous reprocher de ne pas comprendre car TOUT est fait, dans notre éducation, dans les média, dans la propagande, pour que vous ne compreniez pas.
    Ce texte est limpide. Malheureusement.
    Bon, maintenant que l’état des lieux est fait. Lançons-nous des paris entre la chute des US ou de l’Europe en premier, ou attendons-nous le premier gros événement de meurtre d’une foule de manifestants pour nous prendre en main..?? Ceci arrivera de toute façon lorsque 30% d’une population d’un état ne pourra plus bouffer... Autant faire une révolution avant.

  • permalien Trevor Stanton :
    25 mai 2012 @15h34   « »

    @ JEG

    Pour moi, l’économie est effectivement une science qui décrit le comportement humain partant du postulat que ce comportement est rationnel et tourné vers l’accumulation des moyens de subsistance. Mais au vu de la force du capitalisme, comme vous dites, comment nier cette évidence ?

    Ca peut vous paraitre fataliste et injuste (à moi aussi dans un sens), mais c’est un fait.

    Les seules fois ou une force politique a réussi à contrer cette dynamique, ça c’est terminé dans un bain de sang galactique.

    Ma conclusion est donc que l’économie de marché est tout comme la démocratie, un moindre mal.

  • permalien arndebian :
    25 mai 2012 @15h42   « »
    Euro, terminus ! tout le monde descend ....

    Décidément il y aura toujours un fou pour crier plus fort que les autres.

    Aujourd’hui Trevor Stanton se dévoue à la tâche.
    >Merci JEG & wildleech mais je vous trouve presque concilliant.

    Une science sans théorême, sans axiomes défini, sans logique ni formalisme. Une science où ses apôtres peuvent réclamer une chose et son contraire en même temps (on réclame la croissance ET l’austérité ...), où la modification des hypothèses de base n’a absolument aucune influence sur le résultat (je fait référence entre autre à l’hypothèse libérale mobilité de la main d’oeuvre et immobilité du capital puis à son inversion...).

    Il fut une période ou les grecs (encore eux !) avait définis les arts de façon bien plus "scientiques" que cette calamiteuse ""science économique".

    On affuble l’adjectif science à économie, puis on modère le tout pour les puristes en la qualifiant d’humaine, ce qui permet de se draper dans le prestige blanc de l’idée du progrès infini de la Science et permet au passage de ramener sa "comm".

    Je trouve Monsieur Lordon déjà bien complaisant (mais courageux de la part d’un chercheur en économie) quand à la qualification de "politique économique" mais si elle reste inacceptable pour certains extrémistes libéraux ici imaginer ce que feront bientôt de cette "science" ces gens qui crêvent littéralement sous les mensonges intéréssés de l’élite.

    >Claire : si vous n’avez toujours pas compris le point de vue de Mr Lordon, lisez donc les journaux économiques, ceux qui prédisait une excellente année 2008 par exemple (vous pouvez choisir au hazard ...).
    Si vous pensez faire mieux que ce chercheur, veuillez donc nous poster vos articles et référence à vos livres sur le sujet.

  • permalien BA :
    25 mai 2012 @15h56   « »

    Vendredi 25 mai 2012 :

    Les banques préparent des plans d’urgence sur la Grèce.

    Les banques françaises, qui font partie des établissements bancaires étrangers les plus exposés à la Grèce, préparent dans le plus grand secret des plans d’urgence dans l’éventualité d’une sortie de la République hellénique de la zone euro, ont indiqué à Reuters des sources informées des préparatifs.

    D’après des responsables de la zone euro, le comité de préparation de l’Eurogroupe avait demandé aux gouvernements de la zone de préparer chacun de leur côté des plans d’urgence pour se préparer au retour de la drachme en Grèce.

    "Chaque banque a désormais une équipe spéciale chargée de regarder les conséquences possibles d’un retour de la drachme", a dit à Reuters un banquier parisien sous couvert d’anonymat.

    Ni BNP Paribas, ni le Crédit agricole, de loin la banque française la plus exposée à la Grèce, ni la Société générale n’ont souhaité faire de commentaires.

    (Dépêche Reuters)

    http://www.lesechos.fr/economie-pol...

  • permalien aliena :
    25 mai 2012 @16h12   « »
    Indeed

    The ECB cannot go broke – get over it

    "What about the Eurozone, where there is no fiscal authority ? In the Eurozone, the pecking order is that the member state treasuries are deemed to guarantee their own national central banks which “own” the ECB and which provide lender of last resort facilities to their own banking systems. There is no fiscal authority backing the ECB but despite all the legal niceties (complexities) involved in how the national central banks might carry out their lender of last resort duties, the reality is that the ECB is the ultimate lender of last resort in the EMU."


    Irlande contre US : un seul des deux a une crise de la dette (publique)

  • permalien Vincent Orwell :
    25 mai 2012 @16h12   « »

    @Trevor Stanton
    "l’économie est effectivement une science qui décrit le comportement humain partant du postulat que ce comportement est rationnel et tourné vers l’accumulation des moyens de subsistance"

    Voilà ce qui s’appelle, comme dirait Zizek, "un postulat anthropologique fort", qui demanderait quelques éclaircissements : Est-ce qu’il y a des exceptions ? Où trouve-t-on le tome 2 ? Que faire des non-rationnels ? Des pas intéressés par l’accumulation ? Doit-on les considérer comme victimes de pathologies ? Quand je baise, qu’est-ce que j’accumule au juste ? Et si ma tante en avait ?

  • permalien philippulus :
    25 mai 2012 @16h17   « »
    viva la muerte ?

    L’économie est-elle une science ? Lorsque je laisse choir mon briquet (oups ! est-il permis de fumer sur internet ?), celui-ci tombe invariablement de haut en bas. Si je le lâche d’une hauteur d’un mètre, je peux même prévoir la durée de sa chute. Je pourrais multiplier les exemples de phénomènes qui sont régis par des lois intangibles, valables ici et ailleurs, maintenant ou il y a un million d’années. Ce n’est évidemment pas le cas de l’économie.

    Ceci dit on peut effectivement décrire, interpréter et prévoir (avec plus ou moins de bonheur) un certain nombre de choses.

    On peut ainsi dire qu’il était aisé de prévoir que les mesures imposées à la Grèce allaient fortement aggraver le mal qu’elles étaient censées combattre. Alors pourquoi un tel acharnement et une telle constance dans "l’erreur" ? Sans doute parce qu’il n’y a pas d’erreur, et que la situation actuelle (bien pourrie) était bien celle qui était recherchée.

    Toute la question est alors : recherchée par qui et dans quel but ?

    Un intervenant, il se reconnaîtra, a parlé de la finitude du bac à sable de l’humanité. Je pense que les dominants (si, si, ça existe) ont intégré cette dimension incontournable du problème "économique". Alors ils commencent à agir : mort aux gueux, aux pauvres, aux métèques. La Grèce est un laboratoire de leurs intentions.

  • permalien Paulus :
    25 mai 2012 @16h18   « »

    Merci M.Lordon pour cet article.
    Concernant les mesures que vous préconisez pour l’état Grec, il est évident qu’elles sont impossibles à prendre dans le cadre européen actuel. Cela étant dis, il y a alors deux options :
    1) réformer l’ensemble du fonctionnement de l’Union Européenne pour permettre leurs mises en œuvre : on connaît l’opposition de l’Allemagne (et de quelques autres pays), cela ne se fera donc pas.
    2) quitter l’Union Européenne et son cadre institutionnel. Cette option est possible grâce à l’article 50 du TUE (Traité sur l’Union Européenne).
    C’est clairement la seconde option qu’il faut envisager.
    Cette seconde option est d’ailleurs prônée par un parti politique en France, l’UPR : www.u-p-r.fr.

  • permalien Vincent Orwell :
    25 mai 2012 @16h25   « »

    @philippulus

    Voir "La stratégie du choc" de Naomi Klein, sauf si vous voulez continuer à dormir. Ce qui se passe en Europe en ce moment ressemble effectivement à une partie de jeu de massacre des Chicago Boys.

  • permalien Jordi Grau :
    25 mai 2012 @16h47   « »
    Science normative et science descriptive

    Bonjour à tou-te-s.

    Plusieurs d’entre vous ont fait référence à la différence entre science normative (comme l’économie) et science descriptive (comme la physique). Autrement dit, la plupart des économistes ne décrivent pas le monde tel qu’il est mais tel qu’il devrait être (à leurs yeux, évidemment). Et si, dans une certaine mesure, la réalité correspond à leur théorie, c’est parce que les gouvernements et les institutions internationales ou supranationales (FMI, OMC, Union européenne...) font tout ce qu’ils peuvent pour ça. D’une façon extrêmement volontariste, on privatise les services publics, on met les travailleurs en concurrence les uns vis-à-vis des autres, etc. Cependant, malgré tous ces efforts pour faire entrer la réalité dans le cadre fixé par la théorie, il y a toujours d’énormes décalages.

    Pour bien comprendre cette distinction entre science normative et science descriptive, je vous recommande la lecture d’un ouvrage relativement récent d’André Orléan : L’empire de la valeur. Pour un non spécialiste comme moi, c’est très clair et très instructif. J’y ai compris à quel point l’économie dominante (inspirée de l’école néo-classique) est déconnectée de la réalité. Je le savais déjà par le biais du Monde diplomatique ou par mon séjour chez ATTAC, mais là, c’est vraiment expliqué dans le détail. Est-il besoin de le préciser, M. Orléan ne se rattache pas à l’école de pensée dominante. En fait, si j’ai bien compris, il fait partie du même courant que F. Lordon, avec lequel il a d’ailleurs écrit un ou deux ouvrages.

    Maintenant, si vous n’avez pas la patience de vous lancer dans la lecture d’un livre, il suffit de se rappeler à quel point les économistes dominants se sont plantés en ce qui concerne les marchés financiers. Ils n’ont pas vu venir la crise de 2007-2008, malgré les nombreuses bulles spéculatives qu’ils avaient pourtant pu observer auparavant. Contre toute logique et contre les faits les plus évidents, ils se sont obstinés à croire en une auto-régulation de ces marchés. Comme quelqu’un l’a fait remarquer, une telle attitude fait davantage penser à la religion qu’à une science digne de ce nom.

  • permalien Trevor Stanton :
    25 mai 2012 @17h04   « »

    @ arndebian

    Je n’ai pas très bien compris ou vous vouliez en venir, j’ai juste retenu de vos propos que vous refusez d’admettre que l’économie est une science car elle est basée sur des postulats.

    Mais n’est est-il pas de même pour la physique ? D’ailleurs, ces postulats ne risquent ils pas d’être remis en cause par les scientifiques du CERN a brève échéance ?

    La physique n’est-elle donc pas une science ?

  • permalien JEG :
    25 mai 2012 @17h16   « »

    @Citizen.

    Très intéressante remarque.
    Néanmoins la planche à billet tourne à plein régime aux USA et au Royaume Uni.

    La Fed rachète bel et bien les titres de la dette émis par le Trésor.

    La seule différence entre les banques centrales de ces pays et la BCE, c’est le traité de Lisbonne.
    Pour combien de temps encore

    @Trevor Stanton.

    Un moindre mal......C’est un point de vue, mais je ne vois pas en quoi il atteste du caractère non normatif des sciences économiques.

    Peut-être la "Justice divine" pratiquée au moyen âge par les nations chrétiennes était-elle un moindre mal à l’époque par rapport à la sauvagerie tribale.
    Cela n’en n’a jamais fait une science pour autant.

    Je crois donc que vous changez de propos.

    Et finalement moindre mal par rapport à quoi ?
    Là encore l’approche descriptive de votre démonstration scientifique est peut-être mal appuyée.

    S’il s’agit d’un "moindre mal" par rapport à un "néant théorique" incarné partiellement par les zones de pauvretés extrêmes du tiers monde, c’est une démonstration éminemment normative.

    Qui vous dit que ces zones de pauvreté ne sont pas générées par le "moindre mal" que vous évoquez. Vous comparez entre eux deux « résultats » d’un même phénomène en prenant le second comme une constante pour mesurer le premier.

    Si maintenant vous considérez la "progression" du "niveau de vie" par exemple, pour qualifier le pendant de votre "moindre mal", qui vous dit qu’un autre modèle économique n’aurait pas fait mieux, ou moins pire pour rester dans le thème du "moindre mal".

    Encore une fois vous confirmer l’approche normative de vos raisonnement, et vous appuyez donc l’assertion de Lordon qu’il n’existe qu’une économie politique, et pas scientifique.

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @17h20   « »

    Monsieur Recard et son regard sur l´economie mondiale, les banques et l´Euro en date du 3 Oktobre 2011 ( ),

    http://www.lemonde.fr/idees/article...

    Bonne lecture

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @17h27   « »

    à l´attention de la modération Blogs du Diplo :

    S´il vous plait ! Mon commentaire Monsieur Recard et son regard......, je le vois sur votre titre d´annonce, mais pas sur la définition au sein des Commentaires !

    Prière corriger l´erreur

    Cordialement

    Houcine en Autriche__

  • permalien philippulus :
    25 mai 2012 @18h16   « »
    1984 revisited

    @ Vincent Orwell

    J’ai lu "La stratégie du choc". J’ai aussi lu votre grand père (George).
    J’ai lu plein de livres et j’ai la folle prétention d’en avoir peu ou prou compris le contenu. Entre autres, "Le rapport Lugano" (Susan George), "Effondrement" (Jared Diamond) ou "Ecocide" (Franz Broswimmer). Les deux derniers traitent d’effondrements sociaux et écologiques, locaux dans le passé, ou éventuellement global dans l’avenir. Le Rapport Lugano est une fiction qui décrit en détails les mesures préconisées par un groupe d’experts pour éviter cet effondrement et pérenniser ainsi le capitalisme.

    Ce que je voulais exprimer, c’est que nous en sommes là. Nous ne sommes plus au Chili en 1973. Il s’agissait alors de mettre fin à l’expérience politique en cours.

    Je pense que ce qui se passe n’est pas de même nature. Je me répète : les dominants ont bien compris que la croissance pour le plus grand nombre est inéluctablement suicidaire pour tous. Ne les sous-estimons pas, ces crapules : Ils cherchent activement comment sortir d’une impasse, l’impasse Adam Smith. Avant de tomber au bout de celle-ci, dans l’abime.

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @18h18   « »

    Bien expliqué par Monsieur Recard, depuis 1933 jusqu´à 1980, tout en appliquant »la formule Roosevelt« , l´Europe fut à l´abri des subites crises financières ! C´est l´Allemagne qui s´est opposée à cette politique de contrôle contre la spéculation et les fonds fictifs, donnant lieu à des activités à risque et aux créances douteuses !

    Dans ces circonstances entourant l´explosion de la bulle financière, ruinant la Grèce, les allemands se demandent-ils si la solidarité européenne est conforme à la constitution de leur royaume industriel et financer ?

    Dans un autre Commentaire censuré, nous avons (Samya et père) déjà parlé de l´Allemagne et de ces races supérieures, dont l´économie et les finances peuvent trop spéculer, ravageant le reste du petit monde tout détaché du réel et qui exige à ses pauvres contribuables de serrer les ceintures (Portugal / Espagne) et rembourser des crédits, sans savoir où ont-ils atterri tous les milliards disparus, à l´instar de Madoff & Co.?

    Cordialement

    Houcine & Samya__

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @18h20   « »

    Corrigé :

    royaume financier !

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @18h33   « »

    Le grand père du liberalisme et des catastrophes financières !

    http://www.alternatives-economiques...

    Travaillez plus, vous gagnerez plus, nous a dit une fois Nicolas Sarkozy !

    Houcine & Samya__

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @18h43   « »

    Le Maitre et son serviteur, l´economie des puissants et de la puissance !

    Qu´est-ce qu´on a changé depuis le XVIIIème siècle à nos jours ?

    Houcine & Samya__

  • permalien Wilmotte Karim :
    25 mai 2012 @18h59   « »

    "Pour moi, l’économie est effectivement une science qui décrit le comportement humain partant du postulat que ce comportement est rationnel et tourné vers l’accumulation des moyens de subsistance."

    1- Le comportement humain est largement rationnellement irrationnel.
    Comme c’est mis sous le tapis... (mais bon, les économistes étant souvent eux-mêmes rationnellement totalement irrationnel).

    2- Le comportement humain est foncièrement baser sur l’altruisme et l’empathie, élément nécessaire de l’existence d’une société (sans société, pas d’économie autre que basique).

    En bref, vos postulats de départ doivent être remis dans un contexte tellement contraignant qu’ils y perdent quasiment tout leur poids.

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @19h08   « »

    La libre concurrence financière, pourra-t-elle toujours aboutir sur l´equilibre et la prospérité, ou ce n´est qu´une aventure menant vers la fatale misère des salariés ?

    http://www.alternatives-economiques...

    Houcine & Samya__

  • permalien Vincent Orwell :
    25 mai 2012 @19h22   « »
    I had a nightmare

    @philippulus

    A la relecture, je m’aperçois que l’expression employée ("sauf si vous voulez continuer à dormir") prête à confusion (contrairement aux banquiers, qui eux ne prêtent plus rien du tout), laissant croire que je vous soupçonne de sommeil idéologique, ce qui n’est pas le cas. J’aurais du dire : "... sauf si vous voulez éviter de faire des cauchemars". Et je vous remercie au passage de me donner de nouvelles occasions d’alimenter les miens o_O. Je vais aller voir mon libraire.

    Sur la sortie de la fameuse impasse, notre hôte a donné une conférence, à science-po me semble-t-il (et qu’on trouve sur Youtube), décrivant les joies à venir du capitalisme neuro-économique. Pour résumer, et dans l’esprit des posts de Jordi (tu as arrêté la chanson ?) visant à épargner l’indigestion aux moins courageux d’entre nous, il s’agit d’abandonner la théorie néo-classique (offre/demande, équilibre naturel, toussa), pour créer des modèles prédictifs (et donc, normatifs, si vous me suivez) concernant l’individu et exploitant la scientificité supposée des neurosciences en les mariant au marketing et aux techniques de pointe du management. Frédéric Lordon lui-même, peu suspect d’être impressionnable vu sa connaissance des bouchers financiers actuellement en charge, en parle avec frisson. Ça m’a donné des visions mêlant une version beaucoup moins rock’n’roll de l’univers cyberpunk, hybridé avec une pharmacie, un hôpital psychiatrique et avec de vrais morceaux de Jean-Pierre GAILLARD dedans, la bonhomie en moins, et Jean-Marc Sylvestre à la seringue.

    Et là je dis : au secours.

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @19h52   « »

    Les ciments des sociétés de Durkheim !

    Son analyse des relations entre l’individu et la société demeure une actualité, comparant les sociétés traditionnelles à les toutes modernes, en analysant la place de la solidarité et des interdépendances sociales.

    Le ciment qui liait les hommes en sociétés traditionnelles, il fut un fondement de la cohésion au sein de sa communauté et le rôle du pouvoir fut également de faire respecter les croyances, les traditions, là où les déviances ne pourraient nullement etre tolérées.

    Selon les mutations, l’individu va prendre une large place au sein de sa société, laissant naitre des comportements qui désignent l’indifférence à l’égard de sa communauté, provoquant l’affaiblissement des règles de la solidarité au travail et au voisinage.

    Le phénomène du suicide, montre que plus l’individu est intégré dans un groupe social, moins il a recours à cette brutale action, sachant que les protestants sont les plus candidats à ce recours, parce que leur croyance leur laisse davantage de choix individuels !

    Nonobstant, ce fénomène (le suicide) a bien augmenté le long du XIXe siècle (révolution industrielle, solitude, alcool), affirmant la théorie de Durkheim, la basant sur la misère morale et l’affaiblissement de la sociabilité, comme on levoit dans notre temps marqué par les crises économiques, le chomage et l´absence d´espoir.

    ( ),

    Houcine & Samya__

  • permalien Crapaud Rouge :
    25 mai 2012 @20h11   « »
    @Claire : "rébarbatives" ?

    "rébarbatives" les analyses de Lordon ? Vous avez sans doute confondu avec "roboratives" ! Vérifiez dans le dico, ça ne vous fera pas de mal.

  • permalien philippulus :
    25 mai 2012 @21h10   « »
    No future

    @ Vincent Orwell

    Bon, ça va mieux, mais je me disais bien qu’il devait y avoir quelque peu méprise (de ma part). Sur un éventuel avenir cyber-psycho-1984 du capitalisme, j’ai un peu peur d’être déjà dedans. Dans "Propaganda", Edward Bernays, (neveu de Sigmund Freud !) avait établi de solides fondations, dès la fin des années 20, au monde merveilleux des cyber-Gédéons et autres turbo-Bécassines si bien dépeints par Gilles Chatelet dans "Vivre et penser comme des porcs". Ce dernier s’est lucidement suicidé. André Gorz aussi, mais il était âgé. Je crois qu’il faudrait que j’arrête la lecture, car je crains que l’infinitésimal optimisme de ma volonté soit un jour balayé par les téra-tonnes du pessimisme de la raison.

    Sur ce je vais me servir un double anti-dépresseur highland single malt.

    Bien cordialement.

  • permalien Crapaud Rouge :
    25 mai 2012 @22h34   « »
    L’économie, une science ?

    Sans doute l’économie est-elle une science, mais :

    Les économistes ne sont pas foutus de savoir si les banques privées créent ou non de la monnaie quand elles font crédit. Certains disent que oui, d’autres que non.

    Ils ne peuvent même pas dire ce qu’est la monnaie, ils ne sont d’accord que sur ses fonctions. Si d’aventure les commerçants acceptaient d’être payés en petits-pois, force serait d’admettre que les petits-pois sont de la monnaie.

    Les dépôts sont-ils de la monnaie ? Oui, parce qu’ils servent de moyen de paiement, non parce que, du point de vue juridique, c’est tout le contraire : ce sont des dettes.

    Une banque prête-t-elle l’argent de ses dépôts ? Non disent les uns, « mais bien sûr que oui » répondent les autres. Une chose est sûre : les engagements d’une banque sont supérieurs à ses fonds propres et, si elle fait faillite, elle ne peut plus rendre les sommes déposées.

    Existe-t-il une loi économique qui fasse consensus ? Celle de l’offre et de la demande sans doute, mais ce n’est qu’une tautologie bien connue de ma grand-mère : plus vous vendez cher, moins vous avez de clients. Et fabriquer une Ferrari coûte plus cher que produire un litre de lait.

    Prenons plutôt la loi du profit : là, le consensus c’est du super béton armé. Quoique vous entrepreniez, votre bilan sera jugé « rationnel », donc relevant de la science, pour peu que votre bilan financier soit positif. C’est ainsi que vous pouvez aussi bien embaucher que licencier, augmenter vos dépenses que les diminuer, ce sera toujours « rationnel » si, in fine, vous faites un profit. Mais que peut dire la science de deux causes de sens opposés produisant le même effet ? On l’ignore.

    Plus rigolo encore : vendre à perte, donc en pleine violation de la loi fondamentale du profit, est un choix rationnel pour casser les reins de la concurrence.

    Il est certain que la prospérité économique exige de la confiance, mais comment faire pour l’obtenir ? Les économistes n’en savent rien, les psychologues non plus, et les politiques n’ont qu’une recette de sorcier : envoyer un signal fort aux marchés, comme une offrande aux dieux qui dispensent la pluie. Bonjour la science !

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @22h55   « »

    La crise financière, la fin du reve et la chute de l´Europe !

    à lire :

    Jean Pisani-Ferry / le réveil des démons

    ( ),

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @23h20   « »

    Pour vaincre l´ennemi, il faut détruire sa monnaie (son économie, ses finances !)

    Lenine

    ( ),

    Houcine__

  • permalien gruffala13 :
    25 mai 2012 @23h25   « »
    Ouf, le désespoir me guettait..

    et le voilà qui ne m’est plus si proche. N’étant en rien spécialiste de la chose, je commençais à hyperventiler à la lecture des journaux. La honte absolue puisque je ne me rendais plus compte des lacunes réelles des articles, voire des journalistes.
    Merci donc d’avoir pris le temps de rappeler le fonctionnement de la BCE dont ma mémoire avait égaré le souvenir.
    La seule chose qui m’effraye toujours est l’orthodoxie non seulement de la politique économique, mais aussi et surtout de son traitement médiatique. Lisant souvent des journaux allemands (c’est ma langue maternelle->lue plus vite que le français->donc plus souvent), je suis sidérée par le refus de toute critique de la politique économique européenne de Mme Merkel. Hollande y apparaît comme un aggresseur pour la seule raison qu’il ose aller voir d’autres chefs d’Etat et ne pas tomber d’accord sur tout. Alors j’imagine les réactions dans le cas où Hollande se souvenais de ce qu’est une politique économique de gauche...

  • permalien Houcine :
    25 mai 2012 @23h38   « »

    @Gruffala13

    http://www.20minutes.fr/economie/85...

    Cordialement

    Houcine__

  • permalien Berrillimité :
    26 mai 2012 @02h42   « »
    Euro moins fort pour tout le monde ?

    Du fond de ma nullité économicophynancière, j’ai tendance à penser que l’Allemagne impose un niveau tel à l’Euro que seule l’économie allemande peut encore y montrer sa compétitivité, et que si l’Euro baissait, les autres économies européennes gagneraient - évidemment - en compétitivité, mais que l’Allemagne pense que cela se ferait au détriment de l’économie allemande au motif qu’elle ne serait pas en mesure à elle seule de profiter de tout le gain de productivité lié à la baisse de l’Euro.

    Ce qui me gène dans cette idée, c’est qu’elle repose sur une Europe cloisonnée, alors que si l’Allemagne laissait baisser l’Euro en deçà de sa propre capacité à en profiter directement, elle en profiterait indirectement par le biais du gain de productivité de ses voisins européens.

    Mais cela, l’Allemagne n’’y croit pas, notamment parce que l’Europe n’est effectivement pas encore assez intégrée pour ce qui est du marché de l’emploi, ou du marché des infrastructures ou des commodités.
    L’Allemagne préfère s’en remettre au trickle down, où elle dispensera - avec sagesse naturellement - les bienfaits de la croissance aux bons élèves de l’Europe, alors qu’elle sera en réalité un goulet d’étranglement de cette croissance, qui serait plus forte si elle ne passait pas toute par celle de l’Allemagne.

    L’Allemagne voit l’Europe comme une salle de classe, pas comme une union politico-économique.

  • permalien Un_peuple_européen_nécessaire :
    26 mai 2012 @03h30   « »

    Bonjour,
    à mon humble avis, Frédéric Lordon signe là un de ses meilleurs articles. Sur le volé éco rien à dire c’est une vraie « tuerie ». La façon dont le défaut grec fait exploser la monnaie unique est on ne peut mieux exposée : les banques privées explosent, elles vont se refinancer auprès de la BCE manque de pot la BCE est à sec, puis run, puis explosion de la monnaie unique, puis BCE kaputt.(dans le cadre de la poursuite des politiques d’austérité).

    J’ai apprécié l’humour satirique qui consiste à rapprocher les fanatiques néolibéraux à ce qu’ils considèrent eux même comme l’incarnation du mal absolu ; à savoir le stalinisme.

    La logique formellement stalinienne, … les contrariétés du réel s’expliquent moins par les excès de leur politique que par l’insuffisance de ses application.

    (très virulent et subversif)

    Les références au Reich me semblent tout à fait pertinente.

    C’est une configuration très semblable qu’a connue l’Allemagne des années 1920, dans un système de médiations politiques permettant aux dominants de faire valider leur refus de l’impôt alors que le budget devait faire face au service d’une dette colossale.

    J’aime bien aussi la façon dont la notion de peuple souverain prend toute sa dimension dans une version « don’t fuck with me » de monarque imposant son autorité notamment aux marchés financiers et à la BCE.

    (un Etat est souverain et ne laisse pas saisir ses actifs, il fait défaut et envoie la terre entière se faire voir chez Plumeau).

    Le thème de « sauver VS finir » Willi m’a fait littéralement me tordre de rire. Cette touche de cynisme envers cette créature attachante, affectueuse et infantile à réveillé en mois les instincts les plus bas.
    Quant à Georges Ugeux il à droit au casse-de-Brice.

    Ah oui ! quand même, je ne peut pas terminer sans une petite remarque sur la fermeté envers l’Allemagne préconisée par notre hôte.
    Avant de parler de fermeté, il faudrait peut être attendre les prochaines élections en Allemagne. Le teuton est grincheux par nature, n’allez pas nous l’énerver avant qu’il soit passé par l’isoloir. Après en fonction du résultat on verra...
    Mais encore, il ne faut faire attention aux apparences. Si on se fie à la presse mainstream en France, on peut tout à fait prendre les Français pour un ramassis de fachos ultralibéraux (cf : la couverture du figaro avec le chômeur vautré dans le drapeau national pour ne citer que cet exemple).
    Il me semble que les mouvements de gauches sont puissants en Allemagne. Le problème c’est juste ces racailles d’extrême droite qui squattent le pouvoir depuis 20 ans (si hartz4 n’est pas un programme d’extrême droite alors qu’est ce qu’il vous faut ?).

  • permalien bernard :
    26 mai 2012 @07h14   « »
    Le problème n’est pas "qu’européo européen"

    Il y a une interdépendance ,une intrication voulue (libre circulation=système néo libéral,mondialisation) et subie(les peuples =homooeconomicus model ),une surcapacité de production(politique de l’offre),une accumulation du capital dans une bulle financière spéculative non régulée déconnectée de l’économie réelle,une recherche effrénée de nouveaux marchés de production à bas coût(dumping) et de consommation(chacun attend une politique de relance de la consommation intérieure des "émergents",nouvelle locomotive depuis la mise au rancard de la trans américaine),un dollar national et international permettant aux USA de vivre largement à crédit sur le dos de la planète,....
    Bref et pour faire simple ce n’est pas l’Europe qui convulse et agonise mais bien le système dans son ensemble,le système dit indépassable du capitalisme,les solutions ne peuvent que systémiques,peut être apocalyptiques

  • permalien Jean-Michel Masson :
    26 mai 2012 @09h43   « »

    Supposons que nous arrivions au terminus de l’Euro ou que l’Allemagne change de stratégie pour éviter les drames qui menacent.La question alors serait de choisir un autre système économique, moins monochrome : lequel ? Ensuite, il y a la crise qui arrive, celle de la finitude des ressources non-renouvelables. Est-il possible de croître sans fin dans un système fini avec ou sans Euro, avec ou sans modèle allemand ?
    La crise de la dette financière est présentée par certains comme grave, mais comme l’indique M. Lordon, il y a la solution qui consiste à arrêter la partie de "Monopoly".
    Est-ce possible pour la dette environnementale ?
    Voici une des questions que je me pose sur http://jmmasson.wordpress.com

  • permalien Houcine :
    26 mai 2012 @09h44   « »

    Introduction à la philosophie politique !

    1- [La plus grande erreur des libéraux, me semble-t-il, est d’avoir cru que le libéralisme politique et le libéralisme économique allaient de pair] - Raymond Aron

    2- L’éternelle maladie occidentale, la révolte de l’individu contre l’espèce / Auguste Comte

    3- La Route de la Servitude

    [Il y a un principe fondamental : à savoir que dans la conduite de nos affaires nous devons faire le plus grand usage possible des forces sociales spontanées et recourir le moins possible à la coercition]

    Rien n’a sans doute tant nui à la cause libérale que l’insistance butée de certains libéraux sur les principes massifs (la règle du laissez-faire) - Friedrich Hayek

    4- Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie / John Maynard Keynes

    5- [Il existe une loi vraie, c’est la droite raison qui est conforme à la nature, répandue dans tous les êtres, toujours d’accord avec elle-même, non sujette à périr, qui nous rappelle impérieusement à remplir notre fonction, nous interdit la fraude et nous en détourne.

    A cette loi, nul amendement n’est permis et il n’est licite de l’abroger ni en totalité, ni en partie. Ni le Sénat ni le peuple ne peuvent nous dispenser de lui obéir] - Cicéron / la Republica.

    Aux archives de mon père__

    Samya

  • permalien toto :
    26 mai 2012 @10h04   « »

    Bonjour, j’suis une fan (ca arrive).

    Juste une chosse, le revenu de base, en solution, pour l’Europe, je crois qu’il faudrait y penser.

    un petit lien :
    http://revenudebase.info/#more-title

  • permalien Houcine :
    26 mai 2012 @10h15   « »

    @Toto !

    Puisque philosophiquement nous sommes tous propriétaires, politiquement, nous devrions donc réclamer ensemble notre part de richesse.

    http://www.tetedequenelle.fr/2012/0...

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    26 mai 2012 @10h42   « »

    Pourquoi certains opportunistes ont-ils vite adopté l´Euro au détriment de la volonté de leurs peuples ?

    http://www.alternatives-economiques...

    Les allemands n´ont pas sacrifié leur Deutschmark pour rien. Ils ont trouvé leur autre occasion pour se marier avec des veuves condamnées à mourir à cause de leur viellesse, et donc, s´approprier de leur immobilier et or en Espagne et ailleurs !

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    26 mai 2012 @11h11   « »

    En conclusion : Préparons-nous au pire !

    Dans cette crise qui certainement ne s´achèverait guère en paix, ce sont les stratèges économistes qui ont remplacé leur Deutschemark par l´Euro, en attente de voir leur puissante industrie monopolisant les finances de la vieille Europe et s´approprier légalement de ses petits peuples qui ne sont nés que pour être administrés par ces plus forts !

    Parmi les plus perdants dans ce conflit, c´est notre France qui craint rester seule devant ce terrible géant !

    L´Allemagne a tout fait pour disloquer les Etats qui furent satellites de l´Union Soviétique, leur promettant une liberté qui n´a jamais existée parmi les germains, et une fois certifiée la fin de la force russe, les ex partenaires du pacte de Warsovie ont été invités à former »l´union fictive et trempeuse« , tout en profitant de leur main d´œuvre et de leurs territoires qui sont devenus des zones de décharge de tous les déchés.

    Après ce stratagème, c´est l´Allemagne qui se plaint le plus de la délinquance de l´Est et de l´absence du sérieux en Espagne et en Grèce !

    Houcine__

  • permalien Houcine :
    26 mai 2012 @11h31   « »

    Le monde des idées, l´explication des phénomènes et la réalité de notre univers, toujours en mains des plus opportunistes et des grands fraudeurs !

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Philos...

    Bonne fin de semaine aux membres de ce Forum et excellente lecture !

    Houcine & Samya__

  • permalien cepheelme :
    26 mai 2012 @11h47   « »

    Dommage qu’un Frédéric Lordon soit si peu audible dans les médias instutionnels. Ce n’est malheureusement pas le discours dominant, bien qu’à la lecture de ses articles année après année, on se rende compte que les faits lui donnent souvent raison

  • permalien Bigtof :
    26 mai 2012 @12h06   « »
    Allemagne hégémonique ou France faible ?

    Merci de rappeler l’importance de la politique !

    C’est parce que la France s’est montrée faible vis à vis de l’Allemagne que celle-ci a pris un tel leadership.
    Peu importe la bonne santé de l’économie allemande. Pour aller au bout des négociations, il faut être prêt à dire non, et s’y tenir.
    Alors, certes l’Allemagne a abusé de sa position et de sa force, mais nous les avons laissé faire. A tous les niveaux ! Il suffit de se rappeler comment l’Allemagne a réussi a être dominante dans Airbus Industrie et a s’approprier la plupart des créations d’emploi au dépends de la France alors qu’elle n’est entré dans Airbus que dans les années 2000...
    Voyez comment notre pays renonce à sa langue et à sa culture pour s’angliciser à outrance, alors que les autres pays francophones se battent pour la langue française..
    Il est temps que les Français arrêtent de s’auto-flageller et se rendent compte que notre histoire est porteuse de bien de sujets de fierté, et pas seulement de honte (style, notre modèle n’est pas bon...)
    Et il reste à reconstruire une Europe politique démocratique avec les pays qui le souhaiteront.
    Mais je gage que le jour où la France, l’Italie et l’Espagne diront "stop, on sort de l’Euro parce que c’est intenable", les Allemands seront alors prêts à toutes les concessions. Et si ce n’était pas le cas, cela signifierait juste que ça n’était pas un partenaire avec lequel il fallait travailler (en tous les cas depuis près de 20 ans).

  • permalien Philippe Galez :
    26 mai 2012 @12h41   « »

    Analyse économique visionnaire de Jacques Brel tirée de sa chanson "Le diable, ça va" (1955) :

    Rien ne se vend mais tout s’achète
    L’honneur et même la sainteté ça va
    Les États se muent en cachette
    En anonymes sociétés ça va
    Les grands s’arrachent les dollars
    Venus du pays des enfants
    L’Europe répète l’Avare
    Dans un décor de mil neuf cent
    Ça fait des morts d’inanition
    Et l’inanition des nations ça va

  • permalien chokdee :
    26 mai 2012 @13h07   « »

    Je partage le point de vue d’yvan le vrai : pourquoi attendre les émeutes pour faire une révolution ? Mais comment faire ???

    Peut-être une piste fourni en octobre par Frédéric Lordon : http://rimbusblog.blogspot.fr/2011/...

    Notre but devrait donc être de renationaliser gratuitement les banques au plus vite. Reste plus qu’à provoquer leur chute.

    Seconde piste : Cantona ;)

    Si nous retirons donc notre argent de nos comptes, nos banques s’effondrent.

    Est-ce une solution valable selon vous ?

  • permalien jbmattret :
    26 mai 2012 @14h17   « »

    La science économique existe

    L’observation des faits fonde une science. L’OCDE, par exemple, les observe et montre les voies du retour à la croissance : elle implique la réduction de la dette publique.

  • permalien Crapaud Rouge :
    26 mai 2012 @15h39   « »
    @jbmattret

    "les voies" dites-vous ? Il y en aurait donc plusieurs ? Heu... Vous êtes sérieux là, ou pince-sans-rire ?

  • permalien Vincent Orwell :
    26 mai 2012 @16h16   « »

    @jbmattret

    Normalement, il faut commencer par "En vérité je vous le dis" et finir par "Amen".

  • permalien Vincent Orwell :
    26 mai 2012 @16h30   « »

    @philippulus

    "Gilles Chatelet dans "Vivre et penser comme des porcs"

    Oui monsieur je l’ai lu et me découvre au nom de cet hurluberlu.


    Il est bien certain qu’il y a peu de motifs rationnels d’avoir envie de séjourner dans le merdier sociétal qu’on nous a construit.

    Ceci étant dit, la raison est à mon avis "way overrated" comme on dit chez Facebook, donc la consommation de substances psychotropes, de préférence légales et bien dosées, en compagnie de gens qui ne mettent pas la raison trop haut, et surtout pas celle de l’intérêt bien compris (ce que le vulgaire appelle ’apéro’, quoi), me semble constituer un point de départ tout aussi légitime que, disons, un cursus à sup-de-co ou un dîner au Siècle pour élaborer un plan de bataille et reconquérir le terrain perdu au profit de la raison raisonnante.

    Je me porte volontaire si notre hôte, vous, Jordi et deux ou trois autres visiteurs réguliers sont de la partie. J’irais même jusqu’à offrir la première tournée, mais c’est vraiment parce que c’est vous, et que Mauss a dit qu’il fallait faire comme ça.

  • permalien Jean Charles BENOLIEL :
    26 mai 2012 @17h19   « »

    Merci, Frédéric Lordon, pour votre contribution - une fois de plus si pertinente. Vous imaginez à juste titre la nécessité d’un « arrachement radical » dans lequel vous intégrez le réarmement de la banque centrale grecque permettant ainsi le financement de l’Etat par création monétaire. Vous précisez qu’un tel réarmement signifierait de facto la sortie de l’eurosystème de banques centrales et le retour à la drachme.

    Est-ce bien la seule hypothèse imaginable ? La violence de la situation présente n’autoriserait-elle pas – tout du moins dans un premier moment – une création monétaire…en euros ?

    Cette « solution » vous paraît-elle si fumeuse et si invraisemblable que cela ? Est-elle techniquement possible ?

    Si c’est le cas, le « Politique » ne devrait-il alors pas - en de telles circonstances - dépasser le cadre ainsi que vous nous le rappelez si souvent à juste titre ?

    Je mesure le courage politique nécessaire et je pense entrevoir les conséquences d’une telle hypothèse (si elle est viable), notamment sur le cours de l’euro et sur l’ensemble des échanges internationaux.

    Précisément ne serait-ce pas un moyen de mettre le manche entre les mains du peuple grec (et des autres peuples européens) et d’initier enfin un parcours vertueux ?

  • permalien Crapaud Rouge :
    26 mai 2012 @17h46   « »
    L’économie, une science ?

    Y a-t-il, oui ou m..., "création monétaire" par les banques privées quand elles font crédit ? Cette question me fiche en rogne depuis des lustres, au point que je m’en vois réduit à féliciter Jorion, - que pourtant je DETESTE depuis qu’il m’a viré -, pour avoir soutenu que non, il n’y a pas "création". Mais cette question est emblématique du fait de savoir si l’économie est une science, question à laquelle on est tenté de répondre oui, mais une science ridicule.

    Sur Agora Vox, quelqu’un vient de poser un article qui reprend la question : "La monnaie, résumée, (http://www.agoravox.fr/actualites/e...). Citons cet auteur :

    "En effet la création de monnaie scripturale par un réseau bancaire est stricto sensu l’inscription simultanée du montant du crédit sur le compte de l’emprunteur qui va ainsi pouvoir payer ses fournisseurs, parallèlement à l’inscription de la dette (je préfère dire « la garantie »), à l’actif du bilan de la banque."

    L’erreur, c’est de croire qu’une inscription sur le compte de l’emprunteur constitue un PAIEMENT. Si c’était le cas, et si la banque créditrice n’était pas tenue de trouver la monnaie nécessaire à ce paiement, alors il y aurait effectivement création monétaire.

    Mais ce n’est pas le cas, le paiement a lieu plus tard. Par exemple quand l’emprunteur va retirer son crédit en billets, lesquels ne peuvent être créés que par la banque centrale. Ou encore, quand les banques des fournisseurs, payés avec des chèques, viendront réclamer leur dû, là encore en "monnaie banque centrale", laquelle ne peut pas être créée par une banque privée. In fine, une banque privée ne peut pas créer de monnaie pour alimenter un crédit. CQFD.

    Mais il y a sans doute, au moment où un crédit est ouvert, création ex nihilo de VALEUR. Ce n’est pas du tout pareil, ce n’est pas de la monnaie, et c’est uniquement comptable.

  • permalien Merlmokeur :
    26 mai 2012 @22h38   « »

    Science économique ?
    La science sert qui s’en sert, disait l’économiste S.Ch.Kolm. Doit-on laisser le prestige de la science aux idéologues de la méga-hyper-rente financière ?
    L’humanité est devant des choix cruciaux. Soit poursuivre avec la pseudo science du méga profit financier maximum, soit approfondir la véritable science écolo-socio-économique ou économie politique du développement durable. Logique du méga-profit d’abord ou logique de l’humain d’abord ?
    Le terme de science économique a remplacé celui d’économie politique dans les années 60 en plein boom de l’économie et du keynésianisme. Alors vers une économie politique scientifique ?
    Quid par ailleurs de l’hypothèse de J.Généreux et du Front de Gauche de renationalisation effective des banques centrales avec possibilité de financer le service de la dette publique à 1% de taux d’intérêt comme actuellement les banques de la zone € et les principaux Etats développés (USA, UK, Japon...) ?
    L’avantage si j’ai bien compris serait de faire payer le coût de la transition monétaire aux gouvernements de Droite notamment allemands, qui veulent maintenir l’austérité néo-libérale pour les travailleurs. Ces Etats seraient alors incités à payer le coût de la sortie de la zone euro s’ils veulent maintenir leur politique austéritaire et parfois suicidaire pour les travailleurs mais ultra-rentable pour l’oligarchie.

  • permalien Anton :
    27 mai 2012 @07h38   « »

    Le problème principal, il me semble, vient de la création monétaire et du système mit en place et conforté année après année donnant que plus de pouvoir au banque au cours du temps.

    Je pense qu’il est très intéressant et absolument nécessaire de bien comprendre notre système pour pouvoir trouver une solution.

    Pour cela (de manière synthétique, résumée) on peut voir ces quatre petites vidéos documentaires très bien faites :
    http://www.association-reseda.com/n... (lien en bas de page)

    Et pour ouvrir un peu les yeux je vous conseil une série de documentaire absolument formidable (même si on est en droit de ne pas partager la solution proposé). Le dernier des trois documentaires a gagné à lui seul 19 prix !!
    http://www.zeitgeistmovie.com/ (Pour sous-titre voir cc en bas à droite de la vidéo)

    Pour finir je crois qu’il ne faudrait jamais perdre de vue deux choses qu’un grand homme du nom de Gandhi a dite : "Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde" & "Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête"

    Anton.

  • permalien BA :
    27 mai 2012 @08h44   « »

    Dimanche 27 avril 2012 :

    Sur son blog, Olivier Berruyer met en ligne un dessin hilarant :

    "ils vont sauver le monde"

    http://www.les-crises.fr/images/ima...

    Les surendettés vont sauver le monde :

    Dette totale (dette publique + dette privée) :
    Irlande : 663 % du PIB.
    Japon : 512 % du PIB.
    Royaume-Uni : 507 % du PIB.
    Espagne : 363 % du PIB.
    Portugal : 356 % du PIB.
    France : 346 % du PIB.
    Etats-Unis : 340 % du PIB.
    Italie : 314 % du PIB.
    Allemagne : 278 % du PIB.

  • permalien jbmattret :
    27 mai 2012 @09h32   « »

    À Vincent Orwell

    Puisque vous invitez a prier, souhaitons que le capitalisme retourne à ses sources : le capital ! La financiarisation de l’economie et les doctrines qui la diffusent laissent peu d’espoir.

  • permalien Nathan :
    27 mai 2012 @10h02   « »

    Quelqu’un peut-il répondre à ma question ?

    Pourquoi un Allemand moyen, qui paie ses impôts et dont le salaire a peut-être été raboté pendant les années de vaches maigres devrait-il se sentir solidaire avec la Grèce, un pays notoirement corrompu, qui a profité des largesses européennes et d’une politique d’argent bon marché, un pays dans lequel les riches ont planqué 200 milliards dans les paradis fiscaux et où le sport national consiste à éviter de payer les impôts.

    Qu’on m’explique pourquoi il devrait se sentir solidaire.

  • permalien Nathan :
    27 mai 2012 @10h18   « »

    Jordi Grau : 25 mai @16h47

    Maintenant, si vous n’avez pas la patience de vous lancer dans la lecture d’un livre, il suffit de se rappeler à quel point les économistes dominants se sont plantés en ce qui concerne les marchés financiers. Ils n’ont pas vu venir la crise de 2007-2008, malgré les nombreuses bulles spéculatives qu’ils avaient pourtant pu observer auparavant.

    Je suis un profane dans ce domaine mais il me semble que certains économistes avaient pourtant tiré la sonnette d’alarme. Et une école de pensée au moins (l’école autrichienne) explique clairement la naissance des bulles spéculatives et des crises financières en général par la politique monétaire des banques centrales (qu’elle juge artificielle, déconnectée de l’état de l’économie et néfaste). L’école autrichienne (von Mises, Hayek, Rothbard) estime que la banque centrale est inutile et qu’il faudrait laisser au marché, c’est-à-dire à la loi de l’offre et de la demande (selon elle) le soin de déterminer les taux d’intérêt.

    Je n’ai aucune compétence pour juger si ces économistes ont raison mais il faut admettre que l’argent bon marché fut une des conditions de la crise financière. Elle n’explique probablement pas la crise elle-même mais elle a apporté les munitions nécessaires au déclenchement de la crise.

  • permalien Jordi Grau :
    27 mai 2012 @10h41   « »

    A Nathan

    Au sujet des Grecs, il y a beaucoup de choses à dire. On peut tout de même noter que le contentieux avec l’Allemagne va bien au-delà de ce que vous dites. Des Grecs ont présenté les Allemands actuels comme des nazis. De l’autre côté, une partie des Allemands ont présenté les Grecs comme un tas de feignants, alors que les premiers travaillent en moyenne moins que les seconds.

    Par ailleurs, le problème vient moins d’une absence totale de solidarité que d’une pseudo-solidarité qui est pire encore. Je m’explique. Les Allemands pourraient dire aux Grecs : "Débrouillez-vous, mes pauvres amis ! On ne veut pas payer pour vos conneries." Ce serait cruel, mais peut-être plus salutaire que de dire : "On veut bien vous aider, mais à condition que vous entamiez de sévères réformes structurelles". Car ce sont ces fameuses "réformes" qui plongent le pays dans la misère et l’empêchent justement de rembourser sa dette. Mieux vaudrait sans doute inciter la Grèce à faire défaut, comme l’Argentine l’a fait à juste titre en 2001 (si ma mémoire est bonne).

    D’autre part, les Grecs ne sont pas les seuls responsables de la crise dans laquelle ils se noient. N’oublions pas la crise financière mondiale de 2007-2008, qui est tout de même partie des Etats-Unis et s’est propagée en Europe par l’intermédiaire des banques européennes. Cette crise, qui a provoqué un net ralentissement de l’économie, est une des principales causes de la crise de la dette actuelle. N’oublions pas également que Goldman Sachs (dont un des anciens administrateurs dirige actuellement la Banque Centrale Européenne) a aidé naguère le gouvernement grec à maquiller ses comptes !

    Enfin, les Allemands ont tout intérêt à se montrer solidaires vis-à-vis de leurs partenaires européens en général, puisque ce sont leurs principaux clients. S’ils se montrent intraitables avec la Grèce, pourquoi pas aussi avec le Portugal, l’Italie, et bientôt la France ? L’intérêt bien compris, en économie comme ailleurs, ne se confond jamais avec l’égoïsme à courte vue, ou à un désir de punir un peuple pour "ses" fautes.

  • permalien Jordi Grau :
    27 mai 2012 @10h51   « »

    A Nathan (suite)

    Au sujet des bulles spéculatives, je ne suis pas sûr que l’intervention des banques centrales en soit la principale raison. Je ne suis pas plus économiste que vous, mais il me semble que l’euphorie "irrationnelle" des marchés (lorsque la bulle gonfle) ainsi que la panique qui suit l’éclatement de la bourse s’expliquent de façon suffisante par le comportement mimétique des acteurs économiques.

    Quand il s’agit de pure spéculation, on ne se préoccupe guère de la valeur réelle des produits qu’on achète. On s’appuie simplement sur l’espoir de pouvoir revendre ces produits à meilleur prix. Beaucoup de gens savaient certainement que les subprimes étaient pourris (et notamment les banques qui en faisaient commerce) de la même manière que beaucoup d’opérateurs boursiers savaient que les start-up de la fin des années 90 étaient largement surcotées. Mais cela ne les a pas empêchés d’acheter ces titres déconnectés de toute valeur économique réelle, parce qu’ils avaient de bonnes raisons de penser qu’ils pourraient en tirer un profit à court terme. L’euphorie comme la panique sont des phénomènes qui s’autoentretiennent. C’est tout le paradoxe des prophéties autoréalisatrices.

    Ici, point n’est besoin de faire intervenir un interventionnisme de la banque centrale. C’est au contraire l’absence de régulation publique qui explique ces mouvements spéculatifs aberrants, qui croissent et se propagent comme un cancer dans l’économie mondiale.

  • permalien Jordi Grau :
    27 mai 2012 @10h55   « »

    Erratum

    A la fin du premier paragraphe de mon dernier message, je voulais bien sûr écrire : "l’éclatement de la bulle" et non "l’éclatement de la bourse" (comme quoi, l’inconscient existe bien !).

  • permalien BA :
    27 mai 2012 @12h47   « »

    Dimanche 27 mai 2012 :

    Les grands banques de l’IIF jugent ingérable une sortie de la Grèce de l’euro.

    Une sortie de la Grèce de l’euro coûterait plus de 1.000 milliards d’euros et serait probablement ingérable par le système financier, estime l’Institut de la finance internationale (IIF), qui appelle les tenants d’une telle solution à y réfléchir à deux fois.

    Ceux qui pensent que l’Europe, et plus généralement l’économie mondiale, est préparée à une sortie de la Grèce devraient y réfléchir à deux fois, a indiqué le directeur général de l’IIF Charles Dallara, dans un entretien accordé à la veille du week-end à l’agence de presse Bloomberg.

    L’IIF rassemble 450 des plus grandes banques mondiales.

    Dans une estimation non rendue publique, l’IIF avait estimé à la mi-février que le coût d’une sortie de la Grèce dépasserait les 1.000 milliards d’euros.

    Cette projection est désormais un peu datée et probablement un peu sous-évaluée, a ajouté M. Dallara à Bloomberg.

    Le responsable a notamment souligné que l’exposition de la Banque centrale européenne à la Grèce représente désormais plus de deux fois ses fonds propres. En cas de sortie de la Grèce, la BCE serait dans l’incapaicté de fournir la liquidité suffisante pour stabiliser le système, a-t-il redouté.

    La BCE serait insolvable si la Grèce devait quitter l’Europe. L’Europe devra avant toute chose recapitaliser sa banque centrale, selon lui.

    Pour le responsable bancaire, il serait plus efficace d’apporter de l’argent supplémentaire à la Grèce pour l’aider à sortir de la récession, qui l’englue pour la cinquième année consécutive.

    Pour lui, 10 milliards d’euros supplémentaires pourraient suffire. Nous parlons là de sommes très modestes au regard de ce qui est déjà sur la table, a-t-il fait valoir. Ce n’est pas une alternative à des réformes de fond, mais la reconnaissance que certains éléments du programme (négocié avec les créanciers internationaux du pays) n’étaient pas si bien conçus que cela. Ce serait une chose sage à faire et de préférence plutôt tôt que tard, a relevé M. Dallara.

    Le directeur de l’IIF a par ailleurs estimé qu’il n’était pas clair à ce stade que l’Espagne ait besoin d’une aide internationale. L’audit prévu des comptes bancaires devrait montrer que les difficultés du secteur financier espagnol sont gérables, selon lui.

    (©AFP / 27 mai 2012 11h41)

    http://www.romandie.com/news/n/_Les...

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