Le Monde diplomatique
Accueil du site > Nouvelles d’Orient > Egypte, premier tour de la présidentielle

Egypte, premier tour de la présidentielle

dimanche 27 mai 2012, par Alain Gresh

Les électeurs égyptiens ont donc voté le mercredi 23 et le jeudi 24 pour élire leur président. Les résultats définitifs ne sont pas encore connus, mais on s’oriente vers un second tour entre le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, et un ancien ministre de Hosni Moubarak, Ahmed Chafik, considéré par beaucoup comme le représentant de l’ancien régime (graphique des résultats par candidat et par région). Il faudra une analyse détaillée du scrutin, région par région, ville par ville pour mieux comprendre : ainsi, à Alexandrie, considérée comme un bastion islamiste, le candidat nassérien arrive largement en tête, suivi par l’islamiste dissident – soutenu par les révolutionnaires et les salafistes ! – Aboul Foutouh (« Alexandria sheds its ’Islamist’ label », Ahram Online, 26 mai).

Des accusations de fraude et des demandes d’annulation du scrutin ont été formulées par certains des candidats. Et il faudra attendre mardi pour la proclamation officielle des résultats.

Mais ces chiffres, même contestés, apportent un certain nombre de leçons.

D’abord, le taux de participation reste important pour l’Egypte, autour de 50 %, équivalent à celui des élections législatives de novembre 2011-mars 2012. Malgré les difficultés économiques et sociales et la longueur de la transition, le peuple égyptien accorde une importance à son droit de vote. D’autre part, cinq candidats (sur les douze) ont rassemblé l’essentiel des votes ; mais aucun des cinq ne se détache vraiment : les suffrages sont assez bien distribués, ce qui confirme la perplexité des électeurs.

Le score obtenu par le candidat des Frères musulmans, arrivé en tête avec environ un quart des suffrages (5,5 millions de voix), est très en-dessous de celui que l’organisation avait obtenu lors des législatives — 50 %. Il y a, à cette désaffection, plusieurs raisons. En présentant un candidat à la présidentielle, les Frères sont revenus sur un engagement qu’ils avaient pris au lendemain de la chute de Moubarak et sont donc apparus comme trahissant leurs promesses. Ensuite, les faibles performances de leurs députés au Parlement (dont ils ne sont pas seuls responsables, le Conseil supérieur des forces armées – CSFA – ayant largement contribué à paralyser leur action) ; mais leur volonté de monopoliser l’écriture de la future Constitution et leur incapacité à s’entendre avec les autres forces politiques pour la création d’une commission constitutionnelle, ne les a pas servis – on se retrouve d’ailleurs dans une situation étrange où les pouvoirs du futur président ne sont pas clairement définis (lire Cam McGrath, « A Sort of President Awaits Egypt », IPS, 26 mai). Enfin, leurs propres divisions ont aussi joué.

Ahmed Chafik, l’ancien ministre de Hosni Moubarak, arriverait donc en seconde position avec environ un quart des suffrages (5,2 millions). Ancien commandant en chef des forces aériennes, il a été ministre de l’aviation civile entre 2002 et 2011 – où il a acquis une certaine réputation en réformant totalement la compagnie Egyptair (même s’il a été accusé de corruption, notamment par le grand écrivain Alaa Al Aswani). Il avait été nommé premier ministre par l’ancien Raïs quelques jours après le début des manifestations de la place Tahrir. Comment expliquer son score, alors que les felloul (« résidus » de l’ancien régime) n’avaient réussi à faire élire que quelques députés ? D’abord, lors de ce scrutin, il n’existait aucun parti organisé capable de représenter les restes de l’ancien régime (le Parti national démocratique avait été dissous), ce que Chafik a réussi à faire, jouant sur les réseaux de l’ancien pouvoir. Ensuite, il existe une certaine fatigue d’une partie de la population après une transition trop longue, chaotique, qui a eu des conséquences négatives sur l’économie (notamment le tourisme). Enfin, il semble que Chafik a rassemblé une partie importante du vote copte, cette minorité chrétienne étant effrayée par certains discours islamistes et craignant l’hégémonie des Frères musulmans (lire Gamal Essam El-Din, « How did Mubarak’s last PM make it to Egypt’s second round of presidential elections ? », Ahram Online, 26 mai). Pourtant, les coptes ont tout à craindre des militaires et des hommes de l’ancien régime qui manipulent les sentiments religieux pour se maintenir au pouvoir et pour se présenter comme défenseurs des minorités (« Egypte, sanglante répression contre les coptes »).

Mieux que l’autre candidat de l’ancien régime, Amr Moussa (ancien ministre des affaires étrangères et secrétaire général de la Ligue arabe), Chafik a été capable de mobiliser tous ceux à qui la révolution faisait peur – n’hésitant pas, contrairement à Moussa, à prendre ses distances à l’égard de celle-ci (Rana Khazbak et Heba Afify, « In the field of feloul, Shafiq rules », Egypt independent, 26 mai). Moussa a tout de même regroupé environ 2,4 millions de voix.

La surprise est venue du candidat nassérien de gauche, Hamdin Sabahi, avec environ 4,7 millions de voix. Il est un opposant de longue date et l’un des fondateurs du mouvement Kifaya en 2004, qui s’opposait à un nouveau mandat pour le président Moubarak et qui a contribué à semer les graines de la révolte de 2011. Très hostile à la normalisation avec Israël, il a régulièrement dénoncé le CSFA et les militaires et s’est déclaré prêt à travailler avec les autres candidats de la révolution, notamment Abdel Moneim Aboul Foutouh, Khaled Ali (« le candidat des ouvriers ») et Bothaina Kamel. Si les deux derniers ont fait de faibles résultats, Aboul Foutouh a obtenu près de 4 millions de voix.

Même si la déception est perceptible chez les partisans d’Aboul Foutouh qui espéraient le voir au second tour, le profil atypique du candidat est un bon indicateur des changements en cours en Egypte. Ancien dirigeant des Frères musulmans, il avait activement participé aux événements de Tahrir et avait décidé seul d’aller à la présidentielle, ce qui lui avait valu son exclusion de l’organisation. Il avait aussi regroupé autour de lui de nombreux jeunes de la révolution (y compris Wael Ghonim), des jeunes des Frères musulmans et aussi le soutien du principal parti salafiste Al-Nour, inquiet d’une hégémonie des Frères musulmans (« The Conundrum of Abu’l Futuh : Why His Broad Appeal », Middle East Institute, 15 mai). Il avait l’avantage de surmonter les divisions entre les courants se réclamant de l’islam et ceux favorables à un Etat civil et d’éviter une polarisation de la société autour de la religion. Est-ce pour cela qu’il n’a pas été capable de mobiliser plus, notamment chez les salafistes qui le soutenaient officiellement ? (« Jama’a al-Islamiya leader : Salafis betrayed Abouel Fotouh », Egypt News, 26 mai). Le parti Al-Nour a appelé à voter Morsi au second tour, mais son porte-parole a demandé aux Frères de prendre des initiatives pour dissiper les craintes de la population (« Nour Party urges Brotherhood to placate wary Egypt public », Ahramonline, 27 mai).

Quoiqu’il en soit, et à moins que le scrutin ne soit annulé, le second tour verra s’affronter les 16 et 17 juin le candidat des Frères musulmans et celui de l’ancien régime. Le premier cherche à se présenter comme le seul capable de garantir les acquis de la révolution, mais les Frères ne semblent pas disposés à passer des alliances réelles avec les candidats battus et à leur offrir des garanties (« Revolutionaries ponder an Egypt without a president », Ahramonline, 27 mai). Les acteurs de la révolution égyptienne peuvent-ils cependant laisser élire un membre de l’ancien régime ? Dur dilemme pour eux, qui savent néanmoins que tout ne se décide pas dans les urnes.

Ces questions seront notamment posées lors de la prochaine session de l’Université populaire organisée par Nouvelles d’Orient et l’Iremmo (programme ci-dessous).

Quelle(s) gauche(s) au/pour le Proche-Orient ?

Samedi 2 juin 2012

Programme :

Séance 1 (10h30-12h30) : Les gauches arabes et les enjeux stratégiques du Proche et Moyen-Orient, avec Nicolas Dot-Pouillard, chercheur MAEE à l’Institut français du Proche-Orient (Beyrouth, Liban) ;

Séance 2 (14h-16h) : La gauche en Egypte depuis 1945, avec Didier Monciaud (Chercheur associé au GREMAMO, Université Paris VI) ;

Séance 3 (16h15-18h15) : Les gauches, les révolutions arabes et la Palestine, avec Alain Gresh.

Participation : 20 euros par cycle (12 euros pour les étudiants et les demandeurs d’emploi). Formule d’abonnement annuel : 120 euros pour l’ensemble des sessions (80 pour les étudiants et demandeurs d’emploi).

Lieu : 5, rue Basse des Carmes - 75005 Paris (Métro : Maubert-Mutualité)

Contact et inscription : universite-populaire@iremmo.org

34 commentaires sur « Egypte, premier tour de la présidentielle »

  • permalien Yvan :
    27 mai 2012 @21h47   »

    Il n’est pas impossible compte tenu de la situation économique égyptienne...

    ... que les considérations concernant les droits de l’homme, ne soient pas prioritaires pour les électeurs Égyptiens.

    Surtout que le déclin de l’économie égyptienne, est peut-être déjà été une des causes...


    ... de la révolution.

    Celui qui garantira une reprise la plus rapide de l’économie, quelque soit son passé ou sa profession de foi, ne sera certainement pas boudé par les suffrages... et par l’armée.

  • permalien K. :
    28 mai 2012 @07h23   « »

    Choix :

    Soudain une amie lui envoie un message qui le laisse hilare :« On a un choix à faire entre la Stella (la bière locale) et la police »

  • permalien Orangerouge :
    28 mai 2012 @09h49   « »

    Actuellement on dirait que toute décision gouvernementale est bloquée.

    Ce qui reste à espérer, c’est que quelque soit le Président élu, ça débloque un processus de décision en politique économique.

    Quelque soit le Président choisi, l’important serait que les Egyptiens qui ne sont pas dans la misère payent des impôts (j’ignore ce qu’il en est, si ce n’est qu’au Caire, des commerçants peuvent vous suggérer de payer plutôt en liquide ...) et que ces impôts soient utilisés pour des actions utiles au pays.

    Il y a une belle relance par l’urbanisme (réseaux d’assainissement et traitement des déchets) et le BTP (rénovation des immeubles des villes) à mettre en oeuvre dans les villes égyptiennes, en particulier au Caire.

    Il faudrait aussi que l’armée, accepte un audit et un contrôle de sa gestion d’une partie significative de l’économie (20, ou 30, ou 40% selon les sources ...).
    Il va être impossible à mon avis de faire lâcher la propriété de leurs entreprises aux cadres de haut niveau de l’armée qui les détiennent, pour l’instant en tout cas. Mais quand elles sont gérées très mal (souvent apparemment), le management devrait pouvoir leur être retiré.

    Il faudrait qu’une part du budget de l’armée aillent à la relance de l’économie égyptienne ...

    Mais je doute que l’un de ces points soit dans les programmes des candidats à la présidentielle ...

  • permalien Orangerouge :
    28 mai 2012 @10h04   « »

    A noter aussi que Amr Moussa, ancien ministre des affaires étrangères et secrétaire général de la Ligue arabe, le seul qui soit connu par l’occident et le seul "vu à la télé" partout dans le monde, n’ait convaincu que 11% des électeurs.

    Cela reflèterais la confiance des Egyptiens dans la Ligue Arabe et sa politique ?

  • permalien Yvan :
    28 mai 2012 @10h13   « »

  • permalien K. :
    28 mai 2012 @12h01   « »

    Mark Levine

    Les militants en l’Egypte devraient prendre des notes sur la stratégie des Frères musulmans et créer des infrastructures de base maintenant.

    Si les vraies forces révolutionnaires utilisent les prochaines années à bon escient, en créant des fondements dans la classe ouvrière dans les régions rurales et les zones urbaines, et en développant un discours politique qui va au-delà des dichotomies séculaires / religieux et autres qui ont longtemps servi à diviser la population, ils seront prêts à jouer un rôle beaucoup plus important qu’aujourd’hui dans l’avenir de l’Egypte.

    ...aussi déprimants que puissent paraître les événements aujourd’hui, la voie de la révolution reste toujours grande ouverte ....

  • permalien Salem L :
    28 mai 2012 @12h30   « »

    Enfin, ils sont au pouvoir après avoir servi les pouvoirs dont les seuls ennemis étaient les Démocrates Egyptiens et ce n’est que l’aboutissement logique des inconséquences de ceux ci ! Les dictateurs, en fin de régne ont ceci de particulier c’est d’avoir fait dans l’islamisme, croyant s’attirer la sympathie de ceux - ci au lieu d’aller vers la démocratie qui constitue aujourd’hui le seul rempart contre l’absolutisme religieux ! les Fréres Musulmans sont parvenus à leurs fins sans trop de dégats, ils fallait juste de la patience car les régimes nés des indépendances ont décu trop d’espoirs et fait le lit à des gens qui ne proposent rien et qui partent du principe qu’ils ne sont tenus à aucune obligation puisque tout est question de destin ! Enfin, avec un régime issu de ces elections, il y’a la neutralisation d’un geant aux pieds d’argile qui n’a que des problèmes à se mettre sous la dent et dont les solutions relévent de la cour des miracles et c’est lla mise en route du grand moyen orient et de l’Afrique du nord ! car pour les occidentaux, à leur tete les USA, il n’y’a que les islamistes qui sont capables de domestiquer les sociétés Musulmannes, surtout pour un pays qui vit de tourisme et de dons pour avoir la neutralité dans une région ou la seule préoccupation est la sécurité d’Israel !

  • permalien le journal de personne :
    29 mai 2012 @15h18   « »

    Dites-moi pour qui je dois voter pour ne pas être rejetée ?

    Qu’est-ce que vous nous reprochez, à nous autres égyptiens, égyptiennes ?
    De renoncer à nos vies anciennes ?
    De dénoncer une armée à l’arme américaine ?
    De tourner le dos à nos minorités juives ou chrétiennes ?
    Ou... de représenter un danger pour la colonie Israélienne ?
    C’est notre probable déclin touristique qui vous fait de la peine ?

    http://www.lejournaldepersonne.com/...

  • permalien Salem L :
    29 mai 2012 @16h04   « »

    Dans tous les pays démocratiques, à l’occasion des élections, les électeurs ont l’embarras du choix et nous c’est le choix de l’embarras ! Pourquoi faut il choisir entre le pire et le moins pire ? Pourquoi n’avons nous pas des hommes d’Etat qui tout en se servant nous servent au moins un peu ? Demain, les freres Musulmans au pouvoir vont-ils s’occuper des problèmes des Egyptiens à cause desquels, des gens ont donné leurs vies ou passer leur temps à voir ce qui est conforme à la loi coranique et ce qui ne l’est pas ! Que deviendront les cooptes, les Chrétiens dans un pays régi par la Chariaa ? Quand à Israel, Allié des USA , maitre de l’occident, ils sont gagnants quelque soit le vainqueur de cette élection et ce n’est un secret pour personne, je me rappelle ce que disait le bougre Président Algérien Chadli à Feu Saddam ’’Si tu essaies de menacer les interets des Usa et d’Israel, ils vont déclencher une guerre mondiale ! Le cas Tunisien est là pour démontrer encore une fois que la solution est démocratique et que toute solution contraire conduira au KO !

  • permalien Yvan :
    31 mai 2012 @15h12   « »
    Le calendrier a aboli l’état d’urgence en Égypte...

    Longue vie au futur président...

    LE CAIRE - Egypte : l’état d’urgence levé, plus de 30 ans après son instauration - 20minutes.fr
    LE CAIRE - L’état d’urgence imposé en 1981 en Egypte et qui expirait jeudi a pris fin, a annoncé l’armée, au pouvoir depuis la chute du président Hosni Moubarak en février 2011.

    ... quelqu’il soit !

  • permalien Yvan :
    1er juin 2012 @11h18   « »
    Egypte-Iran, révolutions-élections... et Loppsi 2

    Ce matin dans sa chronique étrangement baptisée "Géopolitique", l’amuseur fantaisiste Bernard Gueta s’étonnait, que Rafsandjani fasse l’éloge des réseaux sociaux.

    Effectivement vu du gentil pays des droits-machins et de Loppsi 2 (entre autres), cette marque de modernité venant d’une des "théocraties les plus obscures" et pour tout dire exotiques, ne pouvait que susciter la méfiance d’un esprit aussi aiguisé que celui de notre humoriste...

    ... qui avait oublié qu’en 2009, il soutenait avec l’"Occident", Moussaoui, candidat officiel de Rafsandjani, et meneur de la tentative de révolution qui suivit, pour renverser Ahmadinejad, vainqueur lui-même de Rafsandjani (et de sa corruption) en 2005,... à partir des réseaux sociaux.

    Ou alors Gueta n’est drôle du tout, mais fait l’âne pour nous servir en bon petit soldat son discours droit-de-l’hommiste, au service des intérêts supérieurs de sa patrie.

  • permalien Yvan :
    2 juin 2012 @20h03   « »

    Moubarak "à perpète"...

    ... autant dire relaxé (sauf rémission miraculeuse).

    Comme Soraya...

    Egypte : L’état de santé de Hosni Moubarak se dégrade - News Monde : Afrique - tdg.ch
    L’état de santé de l’ancien président égyptien, 84 ans, s’est dégradé lors de son arrivée en prison, après avoir été condamné à la prison à vie. Il a en outre refusé en pleurant d’entrer dans le bâtiment.

  • permalien Lou :
    3 juin 2012 @00h42   « »

    Photo de ‪Tahrir‬ ce soir via tweet Warda Mohamed

  • permalien K. :
    3 juin 2012 @11h09   « »

    PIC OF THE DAY. The Arabist.

  • permalien Lou :
    3 juin 2012 @12h21   « »

    Et la suite ? par Snony le 2 juin 2012

    (...) Aujourd’hui, les dernières naïvetés sont tombées. Le jugement de ce matin qui a condamné Mubarak et son sinistre ministre de l’intérieur Adly à 25 ans de prison, soulève déjà débat, notamment pour ceux qui attendaient la peine de mort, pas forcément par goût sanguinaire mais parce qu’ils sont persuadés qu’une nouvelle étape juridique les sortira du trou (doré) où ils sont pour l’instant.

    De plus, la relaxe des six principaux responsables de forces intérieures et de la police est une véritable injure à tous les jeunes qui sont morts sous leurs balles, ou sous leur torture, pour défendre la révolution. La “sécurité centrale” (al-marqazy), nouvelle forme de la “sécurité d’état” (amn al-dawla) n’a pas été restructurée malgré les demandes des députés de la nouvelle assemblée nationale. Elle va donc retrouver ses chefs, dont le tristement célèbre Ramzi, honni par tous les militants.(...)

  • permalien Lou :
    3 juin 2012 @22h44   « »

    Sharif Kouddous

    Tahrir at 10:30pm Sunday night.

  • permalien Lou :
    3 juin 2012 @23h38   « »

    vidéo de Kikhote

    Tahrir overview @ 23.30

  • permalien K. :
    4 juin 2012 @11h14   « »

    Le comportement de l’Egypte vis-à-vis de Gaza est un des critères pour savoir qui détient actuellement le pouvoir en Egypte,

    Raed Fatouh, coordinateur principal de l’Autorité palestinienne au point de passage Kerem Shalom entre le sud de la bande de Gaza et Israël, a déclaré à l’AFP que le retard [de livraison de carburant à Gaza] était le résultat de "problèmes techniques" du côté égyptien.

    Il a déclaré que la livraison du combustible, qui doit être transporté à travers le passage Al-Awja d’Egypte et le sud d’Israël, puis dans la bande de Gaza par Kerem Shalom, aura lieu le mardi.

    C’est le troisième retard du genre en moins de trois semaines, ce qui a déclenché un accès de colère de l’Autorité de l’énergie et des ressources naturelles palestinienne (PENRA), qui a déclaré que la cargaison était immobilisée dans le port égyptien de Suez "depuis un mois et demi. "

    "Il ya eu un changement des rôles entre les Israéliens et les Egyptiens dans l’étouffement du peuple palestinien et la poursuite du siège de Gaza," a dit un communiqué publié sur le site du PENRA.

  • permalien K. :
    4 juin 2012 @23h57   « »

    El Amrani :, sur la théorie farfelue de promotion de la démocratie en Egypte par les yankees.

    Il n’y a pas de complot [yankee] en vue de renforcer les libéraux en Egypte, il y a seulement un objectif, celui ​​du maintien des intérêts de base - la coopération militaire, Israël - peu importe qui est au pouvoir.

    Au-delà de cela, la promotion démocratique à travers des choses comme la formation, entraine des résultats très négligeables, à part faire que les hommes politiques américains qui financent de tels projets se sentent bien et donner aux fonctionnaires un sujet de discussion.

    Une tentative de cooptation tout au plus et un moyen de semer la fitna.

  • permalien Lou :
    5 juin 2012 @21h16   « »

    vidéo de Kikhote

    Tahrir overview @ 20.30

  • permalien Shanaa :
    5 juin 2012 @22h17   « »

    Yvan : "Celui qui garantira une reprise la plus rapide de l’économie, quelque soit son passé ou sa profession de foi, ne sera certainement pas boudé par les suffrages... et par l’armée."
    Tout à fait ! Mais, les egyptiens sont las des manifestations et exigent un retour à la normale, condition de reprise du tourisme et de l’économie.
    Il se trouve aussi trop de contradictions internes, sans compter les éléments nocifs, égyptiens ou non, qui cherchent à alimenter l’instabilité. Heureusement que l’Egypte posséde un noyau politique fort et une armée solide pour contenir la débandade !

  • permalien K. :
    6 juin 2012 @19h11   « »

    Tony Karon :

    Il pourrait y avoir des luttes épiques à l’avenir pour façonner l’ordre post-Moubarak, mais il est peu probable que cela soit obtenu à la place Tahrir.

    La junte s’est montrée experte dans l’absorption de l’impact des protestations, (...) en [partie en] s’appuyant sur la distance entre les manifestants et une grande partie de la société autour d’eux pour construire un ressentiment contre les perturbations et les incertitudes et finalement faire évacuer la place.

    S’ils veulent éviter ce destin - à nouveau - ceux de la place ont besoin d’une stratégie pour se connecter à la masse des Égyptiens qui n’ont pas rejoint leur mouvement de protestation.

  • permalien K. :
    6 juin 2012 @23h21   « »

    Les Frères musulmans ont trouvé la recette pour, comme diraient certains internautes, "remettre" (vu comme ça je comprends mieux pourquoi certains d’entre eux voient la main des Etats-Unis dans les soulèvements) l’Egypte dans les rails du succès économique : logiquement il s’agit de relancer la politique du président déchu (je me demande bien pourquoi), soit, texto, les prêts du FMI et les privatisations....

    Ce qui fait bondir de joie le journaliste de Reuters.

    Ses rivaux décrivent la Confrérie comme une organisation nébuleuse obsédée par la religion, mais son vaste plan, dont les détails ont été révélés au cours de la préparation du premier tour du scrutin présidentiel, projette un pragmatisme qui place la croissance économique rapide avant l’idéologie.

    Ce qui est extraordinaire avec les journalistes MSM, c’est que les privatisations ne sont jamais présentées comme une idéologie.

  • permalien K. :
    7 juin 2012 @21h12   « »

    Une fois n’est pas coutume, un très bon reportage de la CNN sur l’Egypte.

    Par Lauren E. Bohn.

  • permalien
    7 juin 2012 @23h48   « »

    Le 14 juin (j’ignore l’heure ) la cour constitutionnelle d’Egypte va rēpondre à ces deux questions :

    - a) : l’ēlēction du dernier parlement ētait elle conforme à la constitution ?
    - b) : Shafiq, a t il le droit d’ētre candidat à la prēsidentielle qui se dērolenra 2 jours plus tard ?

    Théoriquememt 4 scénarios sont possibles :

    - 1 : a) oui , b) oui
    - 2 : a) oui , b) non
    - 3 : a) non , b) oui
    - 4 : a) non , b) non

    Tout est possibles.

    Le dernier scēnario est probablement le must, mais il est improbable.
    J’ai du mal à penser ce qui pourrait se passer dans les autres scēnarios, surtout le 3, qui est trēs plausible, ce ne sera pas la fin monde, mais à voir ce qui se passe à la place Tahrir on ne sait jamais.

  • permalien K. :
    14 juin 2012 @14h56   « »

    Il se passe de très droles de choses en Egypte, pour qui est intéressé par le domaine des couillonnades.

  • permalien Lou :
    14 juin 2012 @21h42   « »
  • permalien X :
    14 juin 2012 @23h44   « »

    K. :
    14 juin @14h56 «  »
    Il se passe de très droles de choses en Egypte, pour qui est intéressé par le domaine des couillonnades.

    Soyons sērieux c’ētait plus que prévisible.
    Est ce qu’il s’agit d’une couillonnade des militaires ? ou (encore) d’un complot ? personnellement je ne pense pas. Il faut surtout blâmer l’amateurisme des forces de la rēvolution et des islamistes qui perdent du même coup le parlement.

    La suite de ce feuilleton aprēs l’ēlēction présidentielle.

  • permalien Nathan :
    15 juin 2012 @00h04   « »

    La démocratie dans un pays arabe ? C’est à peu près aussi réaliste et crédible qu’un zèbre qui danse le rock. Les Egyptiens avaient voté pour un Parlement à majorité islamiste (Frères musulmans + salafistes). Ça ne plaisait pas en haut lieu, au sein du gang militaire qui tient le pays à sa botte. Et hop, on dissout le Parlement. C’est aussi simple que ça là-bas, mon ami.

  • permalien K. :
    15 juin 2012 @07h43   « »

    TONY KARON :

    ...[l]es actions [du CSFA] pourraient être moins le résultat d’une stratégie cohérente pour [assurer] son pouvoir que le résultat d’improvisations maladroites entraînées par un désir de protéger ses intérêts fondamentaux et démobiliser les révolutionnaires.

    [Marc] Lynch estime que les dernières mesures de la junte sont basés sur "la conviction qu’elle avait efficacement stériliser les mouvements révolutionnaires et les manifestants" et qu’il était peu probable de faire face à une recrudescence révolutionnaire suite à la répression qu’elle a menée et aux divisions entre ses adversaires et la lassitude croissante du grand public égyptien après 18 mois de turbulences."

    "Elle ne se sent pas menacée par quelques milliers de manifestants isolés dans Tahrir, et est probablement en train de parier qu’ils ne seront pas rejoints par les masses qui ont fait la révolution du 25 janvier l’année dernière", note Lynch. "Ils peuvent également estimer que les intenses clivages de suspicion et de rage divisant la Confrérie musulmane des tendances politiques non-islamistes sont maintenant si profonds qu’ils ne ne seront pas en mesure de coopérer efficacement pour réagir. Ou ils peuvent estimer que la Confrérie choisirait plutôt de conclure une entente, même maintenant, plutôt que la confrontation. "

  • permalien Shanaa :
    15 juin 2012 @13h08   « »

    La "vraie démocratie", qui a prévalu à Athénes, bien que toute relative à cause de l’exclusion des femmes et des météques, n’a aucun rapport avec les prétendues démocraties actuelles. Dans la premiére, le peuple choisissait directement ses dirigeants , votait les lois, participait à la rédaction de la constitution ! Or, dans les "démocraties" actuelles, le peuple est réduit à glisser un bout de papier dans l’urne et retourne somnoler ! Ce n’est pas lui qui choisit les candidats sélectionnés par l’oligarchie, il ne vote pas les lois, et ignore ce qui est écrit dans la constitution, rédigée par ceux qui vont gouverner, qui l’écrivent dans le sens qui les arrange !
    Ainsi, depuis des années, la France est en crise, son peuple voué à "choisir" le "moins pire" des candidats !
    C’est pour cela, que l’Egypte rejette une greffe artificielle, exogéne, concoctée par intérét stratégique et malveillant !

  • permalien Shanaa :
    15 juin 2012 @13h21   « »

    X, les musulmans n’ont jamais été dirigés par des "islamistes". Ce terme est une création française ! De plus, le mouvement des fréres musulmans date seulement de 1928 !
    En revanche, les musulmans ont été dirigé par des califes musulmans, pas islamiste sauce wahabite ! Les musulmans ont aussi été dirigés par des émirs, des rois !
    En bref, l’islamisme actuel est nouveau pour les musulman, et c’est pour cette raison que les choses ne vont pas de soi !

  • permalien gloc :
    15 juin 2012 @14h38   « »

    @Shanaa,

    Il n’est pas impossible que la démocratie athénienne telle que nous la percevons ne soit au mieux un mythe, au pire de la propagande.

    En effet quand nous regardons son fonctionnement de plus près (en particulier, pour ce qui est considéré comme sont apogée, le "Siècle de Périclès"), on s’aperçoit, qu’elle se cantonne à la gestion de la citée d’Athènes et ne concerne en rien, l’état athénien, le contrôle des colonies (donc des guerres) étant l’exclusivité de la classe aristocratique.

    En France ce que nous appelons "démocratie" tel que vous l’avez décrit, ressemble beaucoup plus à l’aristocratie élective, telle qu’elle a été pratiquée depuis au moins les Celtes, et qui n’a été interrompue que par la parenthèse capétienne d’une royauté de droit divin... et reprise après la Révolution.

    Comment alors s’étonner que le mode de gouvernement qui s’impose en Égypte diffère de celui a régit la région de tous temps et pourquoi attendre que ce pays mette en place un concept abstrait de gouvernement inadapté a son histoire et à sa géographie et de toute façon existant nul part ailleurs ?

  • permalien Shanaa :
    15 juin 2012 @20h07   «

    Gloc, il y a probablement une part de mythe dans la démocratie athénienne, mais il faut reconnaitre que ce n’était pas mal pour l’époque ! Surtout si l’on prend en compte la barbarie environnante.
    Quant aux pays arabes, la colonisation ayant broyé leur parcours, ils sont encore le jouet des puissances. La sortie du tunnel est encore loin. Pour ce faire, il faut une décolonisation totale. C’est à ce prix que s’établira, le débat, la Nahda qui permettra enfin un mode de gouvernance qui sied aux réves des peuples arabes !

Ajouter un commentaire