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Mouvement étudiant et répression policière

Au Québec, même les alouettes sont en colère

mardi 12 juin 2012, par Elisabeth Vallet

Un. Les mains dans les poches, l’homme fredonne en marchant L’Alouette en colère de Félix Leclerc. Une femme sort sur son perron avec sa casserole, une spatule et une cuillère dans une main, un bambin dans l’autre. Trois collégiens arborant des carrés rouges haranguent les gens qui s’avancent sur leur balcon.

Sept. Au coin de la rue, où tous se rejoignent, les clients du bar commencent à sortir avec les instruments fournis par le patron : ils improvisent avec les lampadaires, la boîte aux lettres des postes.

Neuf. D’autres, assis en terrasse, subissent.

Onze. Ils tapent sur leurs casseroles. Les regards vaguement inquiets.

Quinze. Certains savent. D’autres se demandent ce que l’on attend.

Vingt-cinq. Applaudissements !

Deux cents. Les voitures ne circulent plus sur l’avenue Mont-Royal : depuis huit jours, le cortège assourdissant des casseroles ramasse les gens au coin de chaque rue. Ce soir ils viennent des deux côtés de l’avenue. Ils sont maintenant plus de...

Cinq cents. 500 !

Nous sommes à Montréal, sur le Plateau Mont-Royal, le 26 mai 2012. Il est 19h56. C’est le cent-quatrième jour de grève étudiante, la trente-troisième manifestation nocturne.

Venu du Chili, le « tintamarre », comme on dit en Acadie, est devenu un phénomène.

Un phénomène institutionnalisé par les médias sociaux contre la loi spéciale 78 (PDF) adoptée par le Parlement québécois en urgence pour tenter de résoudre par la force une crise qui lui échappe.

Depuis, le « tintamarre » gagne le reste du Québec. Du jamais-vu.

Tout a commencé durant l’hiver avec la hausse programmée des frais de scolarité. 75 % sur cinq ans. « Une hausse inéluctable », clame le gouvernement. 50 centimes par jour, ânonnent les ministres. Impensable, selon les syndicats étudiants, il faut un moratoire. Et alors que l’on approche de l’été, après trois mois d’enlisement, les positions demeurent figées.

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Montréal
Photo : Joël Plouffe, mai 2012.

Polarisation de la société

A Poudlard l’éducation est gratuite, pourquoi pas ici ?

Le 13 février 2012, des étudiants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et de l’Université Laval à Québec votent la grève générale illimitée (sur Twitter le hashtag #ggi). Au Québec, la grève n’est pas décidée sur une base individuelle mais bien sur une base collective : les étudiants sont affiliés à leur association étudiante qui décide, à la majorité simple.

De là, la bataille de chiffres sur le nombre d’étudiants en grève : certains expliquent qu’ils veulent être en grève mais qu’ils ne le peuvent pas (l’association a voté pour la continuation du semestre). D’autres estiment « devoir être » en grève contre leur gré et finissent par demander des injonctions au pouvoir judiciaire pour pouvoir retourner en cours. Le carré rouge, symbole de la grève étudiante de 2005, refait surface.

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Montréal
Photo : Joël Plouffe, mai 2012.

Un peu moins d’un mois plus tard, faute de dialogue, la situation s’envenime. A compter du 7 mars, les premières manifestations violentes se déroulent au centre-ville de Montréal.

Traditionnellement fondée sur le consensus, la société québécoise découvre une agitation politique qui lui semblait appartenir aux années 1970 : on ne se « chicane » pas au Québec. Mais là c’est différent. La société se polarise au fur et à mesure que le conflit s’envenime. Par le biais des lettres ouvertes, des enfants et des parents s’opposent publiquement. Le gouvernement campe — c’est inhabituel — sur ses positions.

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Montréal
Photo : Joël Plouffe, mai 2012.

Les médias traditionnels adoptent des lignes éditoriales de plus en plus tranchées. A ce point que des journalistes sont parfois pris à partie, de part et d’autre au cours des manifestations. Un chroniqueur de droite cristallise d’ailleurs cette polarisation dans ses blogs et éditoriaux, et déclenche une vague de protestation sur les médias sociaux lorsqu’il twitte, le 20 mars :
— « Vu sur une terrasse à Outremont : 5 étudiants avec carré rouge, mangeant, buvant de la sangria et parlant au cellulaire. La belle vie ! »

Mais avec 200 000 étudiants dans les rues le 22 mars, la condescendance ne suffit plus à banaliser le mouvement. Et tandis que le phénomène s’étend graduellement au reste du Québec, les actions des étudiants sont de plus en plus diversifiées et spectaculaires : ponts bloqués (Montréal est une île), Tour de l’île en rouge, manifestation nue.

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Tout le monde ou presque est sur Twitter

Le conflit devient un enjeu de société et finit par faire les émissions de grande écoute comme Tout le monde en parle. L’Ecole de la montagne rouge qui conçoit les pancartes et affiches est mise sur pied par des étudiants en design de l’UQAM. Un étudiant en arts crée des affiches sur le blog Eau tiède. Les étudiants en théâtre de l’UQAM forment quant à eux une Ligne rouge dans le métro. Un lipdub fait le tour des réseaux sociaux. Dans le même temps, certaines vidéos cherchent à réduire le fossé générationnel qui paraît se transformer en véritable ligne de fracture sociale.

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Vue d’en haut...
Photo : Frederic Bednarz, mai 2012.

L’escalade

La crise s’intensifie. Le 20 avril 2012, se tient le salon du Plan Nord — projet de développement du grand nord québécois promu par le gouvernement en place et dénoncé par les environnementalistes et les altermondialistes. Le premier ministre Jean Charest y fait une blague devant l’assemblée d’hommes d’affaires et de spécialistes de la région arctique. Ce n’est pas la première fois mais la vidéo fait le tour des réseaux sociaux. A l’extérieur, se déroulent des affrontements violents entre des groupes citoyens et les forces policières qui ont fermé le palais des congrès. Le syndrome de l’affrontement intergénérationnel/droite-gauche est de plus en plus marqué : le mouvement étudiant, qui se voit comme un mouvement syndical, est dépeint par le gouvernement et les politiciens de droite comme un rassemblement d’enfants-rois qui ne veut pas assumer sa « juste part ». Mais la foule diversifiée qui défile à Montréal pour le Jour de la Terre, le 22 avril, s’inscrit en faux contre cette description.

Le 27 avril, le gouvernement, après avoir exclu l’une des plus importantes associations (la CLASSE) des négociations suite au saccage du bureau de la ministre de l’éducation, fait une offre aux étudiants : une hausse sur sept ans au lieu de cinq. En omettant de dire que la hausse, indexée, sera avec ce nouveau calcul plus élevée que prévue. La réaction est immédiate. Et les marches nocturnes deviennent un événement quotidien, avec sa couverture par les chaînes d’information continue.

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Loi 78
Photo : Frederic Bednarz, mai 2012.

Chargeront ? Chargeront pas ? Le camion-flûte est censé avertir les manifestants. Twitter aussi. Mais l’assaut a bien souvent lieu avant que les manifestants n’aient pu se disperser.

Manifestation légale. Illégale. Tolérée. Intolérable. Puis de nouveau légale. Ou tolérée. La déclaration d’illégalité autorise donc les groupes d’intervention anti-émeute à charger, à un moment donné, la foule, pour la « disperser », en octroyant à l’assaut l’onction apparente de la légalité. Pourtant l’idée de manifestation illégale n’est pas un concept juridique et sa mise en œuvre n’est pas constante.

Inquiet, le gouvernement décide de délocaliser le Congrès du parti libéral à Victoriaville. Il devait se tenir à Montréal, mais ce n’est sans doute pas « assez loin ». Les bus de manifestants affluent et dans l’après-midi les affrontements sont d’une rare violence, opposant les manifestants aux policiers armés de fusil avec des balles en plastique, lesquels utilisent aussi des gaz irritants. Les médias sociaux sont les premiers à rendre compte en détail de l’événement. Tandis que la police fait une conférence de presse, les médias traditionnels rapportent des images troublantes qui vont mener des groupements politiques et associatifs à demander une enquête publique sur les agissements de la Sûreté du Québec. En vain.

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La police antiémeute protège le Loto Québec (grande entreprise publique québécoise)
Ici, en version calme. Photo : Frederic Bednarz, mai 2012.

Quelques jours après le rejet par les étudiants de l’entente de principe, le 10 mai, des fumigènes dans le métro à l’heure de pointe le matin paralysent la circulation durant plusieurs heures. Les médias et la police diffusent des photos prises par des passagers qui croient avoir vu les coupables. Le lendemain, quatre personnes sont arrêtées. Et seront inculpées sur le fondement des dispositions antiterroristes du code criminel pour « incitation à craindre des activités terroristes ». Entre la délation, la divulgation par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d’informations relatives à de « possibles » suspects aux médias, la diffusion sans discernement des noms (parfois erronés) de personnes suspectes, les interrogations sont de plus en plus nombreuses quant au rôle respectif que doivent jouer les acteurs du conflit mais aussi les pouvoirs et contre-pouvoirs de la société démocratique. La ministre de l’éducation Line Beauchamp démissionne et la Sûreté du Québec tente de ramener en salle de cours des étudiants qui ont obtenu des injonctions. Mais ils n’ont pas beaucoup de succès…

Le tournant de la crise se situe le 18 mai, alors que le gouvernement fait adopter au Parlement son projet de loi spéciale 78 pour assurer le retour en classe des étudiants. Durant le débat en chambre, la nouvelle ministre de l’éducation affirme que, dès l’adoption de la loi 78, les tweets pourront être « remontés » vers leur origine. On apprendra par la suite que le premier projet était encore plus dur. Dès la fin du vote, le Barreau du Québec et Amnesty International dénoncent les atteintes aux droits constitutionnels et fondamentaux des citoyens.

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Anonymous
Photo : Frederic Bednarz, mai 2012.

Manifestations et dérives policières dégénèrent. Les agents de l’anti-émeute se disent à bout, dérapent, tapent sans ménagement, manquent de discernement à de nombreuses reprises, et certains d’entre eux se retrouvent à faire la « Une » des médias sociaux, comme l’agent 728 ou le « voleur » de skateboard. Le seul média à couvrir la violence depuis le tout début est la chaîne étudiante webdiffusée de l’université de Concordia, CUTV, alors même que ses journalistes peinent à faire valoir leur statut de presse face aux policiers et se font régulièrement bousculer. L’application des règlements n’est pas pratiquée de manière équitable. Dans ce contexte, le site Arrêtez-moi quelqu’un fait son apparition : ceux qui résistent à la loi 78 y affichent leur désobéissance. L’adoption de cette loi a l’effet inverse de celui attendu par le gouvernement : elle n’est pas complètement appliquée, remobilise le mouvement étudiant. Surtout, elle amène dans la contestation d’autres groupes sociaux. Le gouvernement, mis à mal par une commission sur les nominations des juges, affaibli par une autre commission sur la corruption dans l’octroi des marchés publics, voit sa légitimité gravement mise en cause par l’adoption de cette loi spéciale.

RT @ManifencoursQbc : Passez le mot : #casseroles ce soir à Saint-Jean-sur-Richelieu #casserolesencours #manifencours #loi78 #ggi

La machine s’emballe. Le 22 mai, une manifestation monstre envahit de nouveau les rues de Montréal. Anarchopanda passe du statut de mascotte à celui de symbole tandis que Anonymous accentue le piratage des sites gouvernementaux [1]. Twitter [2] est devenu un moyen de communication central durant les manifestations (sous le hashtag #manifencours) pour les étudiants qui font en moyenne dix kilomètres tous les soirs dans Montréal en marche rapide (cartographiées depuis le 19 avril par Diametrick), et pour le SPVM (@spvm) qui utilise ce média pour communiquer avec les automobilistes dans un premier temps (pour les prévenir des blocages), puis avec les manifestants (pour signifier la nature de la marche — légale ou illégale…), interagir avec eux (pour contrer les casseurs), ou encore exfiltrer… les journalistes ! Malgré cela, et alors que des avertissements de « durcissement » de la répression circulent sur les médias sociaux, le 23 mai à minuit, les forces de l’ordre encerclent et arrêtent 500 personnes, alors que dans la ville de Québec 700 personnes sont prises dans les filets de la police…

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Historien en colère
Photo : Frederic Bednarz, mai 2012.

Les médias internationaux s’emparent de la nouvelle, qui arrive même jusqu’au Festival de Cannes. L’analyse est parfois caricaturale car, contrairement à la vision tour à tour dramatique ou romantique de l’étranger, la population québécoise est profondément divisée. Elle est tellement partagée que les médias se livrent une véritable guerre de sondages dont le gouvernement finit par bénéficier. La caricature est toutefois plus gênante à l’intérieur même du pays : au Canada anglophone, on peine encore à appréhender la nature du mouvement. C’est l’illustration du syndrome des « Deux solitudes [3] » car même s’il y a dans le « ROC » (Rest of Canada) des manifestations de solidarité, le « printemps érable » n’y prend pas pied (voir par exemple la Une du conservateur Maclean’s). Un collectif a décidé de créer un site de traduction pour expliquer le phénomène aux anglophones, en particulier aux médias traditionnels des autres provinces.

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Pyramide des âges du Québec
Source : Institut de la statistique, QUébec.

Au Québec, au niveau gouvernemental, le débat est traditionnellement purement comptable — boutiquier diront certains — et la vision de la politique est depuis longtemps strictement sectorielle : il est rare que soient mises en perspective dans une même phrase les politiques de transport et de l’environnement, de l’éducation et de la formation des médecins spécialistes, les programmes sociaux et le soutien de la demande.

Alors ça donne ça. Il n’en coûtera que cinquante sous par jour aux étudiants répète le gouvernement. Ça a déjà coûté trop cher disent les fédérations étudiantes. On va sacrifier notre clientèle disent les organisateurs des festivals. Et pendant ce temps, au niveau fédéral

Le 1er juin, le gouvernement a rompu les négociations avec les étudiants, reportant le problème au mois d’août, estimant qu’une « accalmie » était nécessaire. A l’approche des festivals de l’été, le choix n’est peut-être pas idoine. Les manifestations se multiplient, avec ici et là des scènes de guérilla urbaine alors que se déroule le Grand Prix : se mélange alors un drôle de monde, pilotes de Ferrari, fans de Formule 1, fêtards jet-set, manifestants anticapitalistes, joueurs de casserole et étudiants arborant le carré rouge... La CLASSE annonce des manifestations à l’échelle du Québec pour le 22 juin, tandis qu’universités et lycées essayent tant bien que mal de faire rentrer deux semestres entre le mois d’août et le mois de décembre. La tension est palpable à travers le pays et, dans les réunions de famille, on évite le sujet : le conflit s’est enlisé et la société s’est polarisée... Comme si tout le monde vivait dans l’attente de l’annonce d’élections pour recommencer à respirer.

... Mais nous sommes le 27 mai. Il est 19h58, et dehors, il y a comme un bruit de casseroles…

Elisabeth Vallet est professeure associée au département de Géographie de l’UQAM et directrice de recherche à la Chaire Raoul-Dandurand ; @geopolitics2012 sur Twitter, auteure de :
— Petit guide des élections présidentielles américaines, Septentrion, 2012 (avec Karine Prémont).
— Le retour des murs en relations internationales, Etudes internationales, mars 2012 (avec Charles-Philippe David).

A lire dans Le Monde diplomatique de juin 2012 : Pascale Dufour, « Ténacité des étudiants québécois ».

Notes

[1] Lire Félix Stalder, « Anonymous, de l’humour potache à l’action politique », Le Monde diplomatique, février 2012.

[2] Lire Mona Chollet, « Twitter jusqu’au vertige », Le Monde diplomatique, octobre 2011.

[3] Même si le Canada est un Etat fédéral avec une identité relativement claire à l’extérieur du pays (promue avant l’actuel gouvernement conservateur par une politique étrangère axée sur les missions de paix et la responsabilité de protéger, la promotion de l’écologie et de la paix comme en témoignent des traités phares comme celui sur les mines antipersonnelles), à l’intérieur persiste le syndrome de « deux solitudes », expression que l’on doit à Hugh MacLennan qui décrit dans son roman Two Solitudes — dans les années 1960 — les tensions entre les deux communautés canadienne-française et canadienne-anglaise. Aujourd’hui le concept rend compte de l’isolement réciproque de ces deux communautés, qui cohabitent sans toutefois se comprendre. La barrière est linguistique, mais elle est aussi culturelle et alimente de part et d’autre les stéréotypes.

33 commentaires sur « Au Québec, même les alouettes sont en colère »

  • permalien Tabarnac :
    12 juin 2012 @14h05   »

    Merci pour ces infos.
    Ce qui est étonnant, outre la politique ultra répressive du gouvernement, c’est que dans cette "chicane", personne (?) ne souligne le fait que les étudiants doivent déjà fréquemment s’endetter pour de longues années, des décennies, pour financer leurs études, se faire "capital humain". La hausse des droits d’inscription revient de ce fait à enchaîner plus encore la vie actuelle et future de ces scolarisés.
    Ce conflit est ainsi une lutte contre un mode de gouvernement des conduites qui déborde largement le contexte québécois ou étudiant.

    A ce propos : « Le capitalisme contemporain, d’une part, encourage les gouvernés à s’endetter (aux États- Unis, où l’épargne est négative, on contracte tous genres de crédits à la consommation, pour acheter une maison, pour poursuivre ses études, etc.) en ôtant à l’endettement en général toute charge culpabilisante ; d’autre part, il culpabilise individuellement les citoyens en les rendant responsables des déficits publics (de la Sécurité sociale, de l’Assurance-maladie, de l’Assurance-chômage, etc.), qu’ils sont invités à combler en sacrifiant leurs droits sociaux. Cette incitation à contracter des crédits et cette obligation de faire des sacrifices pour réduire le déficit des dépenses sociales ne sont pas contradictoires, puisqu’il s’agit d’installer les gouvernés dans un système de dette infinie : on n’en a jamais fini avec la dette dans le capitalisme financier, tout simplement parce qu’elle n’est pas remboursable.
    La dette infinie n’est pas d’abord un dispositif économique, mais une technique sécuritaire pour réduire les risques des comportements dangereux des gouvernés. En dressant les gouvernés à « promettre » (à honorer leur crédit), le capitalisme « dispose à l’avance de l’avenir », puisque les obligations de la dette permettent de prévoir, de calculer, de mesurer, d’établir des équivalences entre les comportements actuels et les comportements à venir. Ce sont les effets de pouvoir de la dette sur la subjectivité (culpabilité et responsabilité) qui permettent au capitalisme de jeter un pont entre le présent et le futur.
    Dans la logique néolibérale, les allocations que le chômeur ou le bénéficiaires de RSA reçoivent ne sont pas tant des droits que des dettes. Les allocations chômage ne sont pas un droit acquis par les cotisations, mais une dette qui doit être remboursée avec intérêts. La conscience de cette transformation lente, mais qui progresse depuis les années1980, commence à émerger chez les usagers de Pôle emploi. (…) » (extrait de Dette objective et dette subjective, des droits sociaux à la dette).

  • permalien Joseph Berbery :
    12 juin 2012 @15h10   « »

    La question posée dépasse de loin celle du coût des études. Il y a quelques jours, dans une entrevue-éclair donnée à la TV, et qui a passé inaperçue, une ancienne ministre du gouvernement Charest, madame Jérôme-Forget, a involontairement posé le vrai problème : « il s’agit de provoquer une révolution culturelle. Les citoyens vont devoir s’habituer à payer pour les services qu’ils reçoivent ».

    La vraie question est désormais claire. Aujourd’hui on met la hache dans le service public de l’Éducation Nationale. Demain ce seront les soins médicaux, la participation de l’État aux frais pharmaceutiques, l’hospitalisation gratuite, le soutien au logement, l’aide judiciaire, etc.

    Vive l’État Gendarme qui ressuscite au service des empires financiers.

  • permalien Yvan :
    12 juin 2012 @17h53   « »

    Yves Lambert,’’Çà ne pourra pas toujours ne pas arriver’’ et ’’ Çà va venir’’ - YouTube

    Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver
    Nous entrerons là où nous sommes déjà
    Ça ne pourra pas car il n’est pas question
    De laisser tomber notre espérance



  • permalien arndebian :
    13 juin 2012 @09h46   « »
    Divisez pour régner

    Merçi Elisabeth Vallet pour ce billet sur un mouvement complètement passé sous silence par les mass-médias.

    Comme on peut le voir par ses déclarations, la statégie de Charest comme toute l’oligargie depuis des décennies est de diviser ses administrés pour mieux les controler.
    Celle-ci à néanmois une limite et au Quebec à force de diviser il n’aura bientôt plus rien sur quoi régner. Là peut être se trouve la limitation de ce régime, à moins que l’éclatement (plus probable dans le cas du voisin du sud) ne soit plus une option impensable. Il ne restera plus qu’à former un Conseil de Transition National au Quebec puis une petite interdition de survol ...

    @Joseph Berbery :
    L’état gendarme est une composante essentielle des états fascistes modernes.
    Ce qui est étonnant c’est que la réticence du régime Charest à utiliser la violence à plus grande échelle (policiers déguisés en casseur et répréssions qui s’ensuit comme l’année dernière), sans doute le milieu des affaires commence à le lâcher.

  • permalien K. :
    13 juin 2012 @14h45   « »

    Une des choses remarquables est le décalage entre les raisons vertueuses invoquées par les dirigeants ("modernisation" "amélioration", etc... des universités) et leur propre vertu qui est celle d’hommes et de femmes profondément corrompus.

  • permalien shazzam :
    14 juin 2012 @02h28   « »
    Violence interdite

    Au Québec il y a des panneaux "toute violence même verbale sera sanctionnée" partout dans les points de service publics ou privés, mais le hockey se doit d’être violent illégalement.

    Au Québec, en dehors du hockey où elle est encouragée, la violence doit être feutrée, économique.

    Au Québec, l’extrême-droite est économique, pas politique.

    Au Québec, on veut plus de taux de participation aux élections, mais on interdit les bureaux de vote dans les universités, alors qu’on autorise les bureaux de recrutement militaire dans ces mêmes universités (et des étudiants endettés, ça fait de bons candidats au désendettement militarisé).

    Le Québec c’est un laboratoire politique de sept millions d’habitants avec des écarts idéologiques beaucoup plus grands qu’en France.

    Le Québec, c’est une province qui n’a pas signé la Constitution Canadienne, qui vit hors cadre constitutionnel, grâce à la bonne volonté, et tant qu’il y a de la bonne volonté.

    Le Québec mérite absolument ce qui lui arrive.

  • permalien Gaspésien :
    14 juin 2012 @13h07   « »

    À Shazzam : vous dites n’importe quoi. Où ces panneaux anti-violence se trouvent-ils ? C’est de la désinformation de votre part. Pour le hockey, quel est le lien avec ces étudiants ? En quoi la non adhérence à la constitution vient-elle interférer avec le conflit étudiant ? Svp, vos commentaires n’ont aucune substance et aucun rapport avec le conflit étudiant. Nous assistons présentement à une division entre les générations qui n’est pas prête de se terminer. Les vieux veulent faire payer les jeunes et ces derniers n’avaleront pas la pilule aussi facilement. Ce conflit s’est bien sûr propager dans la population suite aux allégations de corruption du gouvernement libéral du Québec. À suivre...

  • permalien Éric McComber :
    14 juin 2012 @15h51   « »

    En 2005, j’ai aperçu ce message sur une banderole mesurant presque un coin de rue et apposée au sommet d’une école secondaire montréalaise : La colère : tolérance zéro.
    Ça m’a beaucoup angoissé.

    Monsieur Shazzam, vous avez le courage d’aborder un point très sensible et cela vous honore. Mais votre dernière phrase me donne un haut le cœur inouï et me fait entrer dans une colère telle qu’elle risque à elle seule de faire s’écrouler les Cévennes qui m’entourent de leurs pierres. Comment une personne peut-elle concevoir (et de surcroit partager) de telles opinions ? Ce monde est de plus en plus sidérant.

  • permalien
    14 juin 2012 @16h06   « »

    Au Canada, nous sommes pris avec un premier ministre qui manque cruellement de charisme et de vision, et qui a fait reculer notre pays de quelques décennies en arrière : Lois anti-environnementales, investisements dans l’armement, crédits d’impôts aux plus riches, lobbying pétrolier, allégeance à la monarchie anglaise, implication dans des conflits armés (que sont devenus nos vénérables casques bleus ?).

    Au Québec, nous sommes pris avec un premier ministre déconnecté, égocentrique, arrogant et corrompu à l’os. Les dépenses s’accroitent, mais les revenus de l’état baisse. Surtout, la machine étatique souffre d’obésité et agit en "control freak" en agissant maternellement avec ses citoyens.

    À Montréal, nous sommes pris avec un maire qui manque de couille et de leadership ! Encore là, aucune vision. Les infrastructures tombent en morceau, les investissements routiers continuent d’encourager la culture de l’automobile. Les transports en commun sont désuets et donnent l’impression à leurs fidèles et pauvres usagers qu’ils sont du bétail entassé dans des wagons et qui file droit à l’abattoir, et ça à chaque jour de travail.

    Bref, politiquement parlant, c’est décourageant. La population vieillie et les coûts en santé exploseront. Ça augure rien de bon et de motivant. La génération qui dirige se remplie les poches avec des jobs de fonctionnaires grassement payés et qui, un coup rendu à l’âge de la retraite, ne renouvelle pas ses fonctions. Ce qui laisse les générations suivantes avec des dettes scolaires records et un marché de l’emploi en-déça d’une rémunération qui suit le coût de la vie qui, en plus, s’accentu à un rythme effréné, voire inquiétant. C’est donc normal que les plus jeunes générations crient haut et fort leur mécontentement. Classe dirigeant égoîste, déconnectée et corrompue jusqu’à la moelle. Au moins, le ras-le-bol a quelque chose d’encourageant. Une solidarité sociale est en train de se formée. Il faut maintenant faire "Notre" place et tasser les pépères et mémères qui nous lègueront vraisemblablement une société endettée et remplie de "nids-de-poules" !!!

  • permalien infotrad :
    14 juin 2012 @17h20   « »

    Il y a beacoup de pensée genre « tout m’est dû » là-dedans. Au Québec, on aime se plaindre.

  • permalien infotrad :
    14 juin 2012 @17h25   « »

    shazzam : vous auriez intérêt à rassembler vos idées, à les coucher sur papier, puis à les organiser de façon intelligible. Mais avant cela, arrêtez immédiatement toute consommation de drogue ou d’alcool pendant au mions une semaine.

  • permalien AquiLaFaute ? :
    14 juin 2012 @18h46   « »
    Pour l’Etat... contre les parents

    Le probleme n’est pas que les etudiants ne doivent pas faire des manif, mais plutot quel doit etre leur cible ? Ils accusent le gouvernement, mais ce sont leurs parents qui sont les premiers a blamer... Nous vivons dans une societe tellement individualiste que meme les parents preferent financer leur propre voyage et non pas l’avenir de leurs enfants... Pourquoi les autres parents devraient le faire a leur place alors ??

  • permalien Le militant101 :
    14 juin 2012 @19h44   « »

    Le 23 mai à minuit, les forces de l’ordre encerclent et arrêtent 500 personnes.

    Il faudrait ajouter ce lien sur cette grande rafle :

    http://youtu.be/vrbw7UomifY

  • permalien le journal de personne :
    14 juin 2012 @20h28   « »

    C’est quoi ce vacarme ?
    Ce sont les étudiants canadiens qui hésitent à prendre les armes
    Et pourquoi est-ce qu’ils hésitent ? Parce que les uns prétendent que les carottes sont crues et les autres qu’elles sont cuites. Parmi eux, il y en a qui craignent le bâton, ignorent que c’est le bâton qui les craint... etc...etc...etc...
    Ils cherchent l’entrée... en crise et on n’arrête pas de leur montrer la sortie.
    Ils veulent la guerre et n’ont que faire du moindre traité de paix. La guerre à l’argent, la guerre aux bouffons... la guerre aux puissants. Ils se sont enfin rendus compte... que leur pire ennemi, ce n’est ni l’état dans tous ses états ni tout l’arsenal des lois liberticides mais l’individu... l’individualisme de toutes ces coquilles vides et avides à la solde du modèle américain.
    On me dit : de quoi je me mêle ?
    Il ne s’agit pas là de canada dry mais d’un gin pas tonique qui ne peut pas être digéré par une héritière de mai 68.
    N’empêche que je ne peux m’empêcher de dire, que si j’étais Vous... j’arrêterai toute étude.
    Un atermoiement illimité... Jusqu’à ce que les autorités daignent ouvrir gratuitement les portes de toutes les facultés... à tous ceux qui veulent bien les remplir !

    http://www.lejournaldepersonne.com/...

  • permalien shazzam :
    15 juin 2012 @04h16   « »
    C’est tu dont loin la Gaspésie ?

    Ben là, Gaspésien, je sais pas sur quelle planète tu vis, mais à Montréal, dès qu’il y a un guichet, à la poste, à l’hôpital, dans n’importe quelle administration, à la douane dès qu’on sort de l’avion, bref : partout où il y a un guichet, il y a un panneau qui dit sous une forme ou une autre que toute violence même verbale est interdite, voire sera poursuivie.
    C’est tellement obsessionnel, ces petits panneaux, que je ne suis pas surpris que tu ne le remarques même plus.

    C’est assez paradoxal pour une province où le sport national défraye la chronique par sa violence complètement hors règlement, et c’est aussi paradoxal pour un pays où la police est omniprésente, et en plus très largement gonflée aux stéroïdes.
    Le Québec a une relation avec la violence qui est au mieux paradoxale (et au pire psychotique).

    Pour ce qui est des frais de scolarité, l’analyse des vieux contre les jeunes est plutôt courte.
    D’abord il y a pas mal de personnes âgées qui portent le carré rouge, parce qu’elles ont connue la Révolution Tranquille, et parce qu’elle sont du côté des étudiants. Ensuite, ce ne sont pas "les vieux" qui tiennent le Québec, ce sont les baby boomers, et ceux-là, ils ont entre 50 et 60, et ils s’apprêtent à prendre leur retraite - et à faire partie des vieux.

    L’analyse jeunes contre vieux, c’est typique des discours clivants de la clique au pouvoir au Québec, qui ne cherchent qu’à dresser les Québecois les uns contre les autres pour rester au pouvoir. Divide and Conquer.

    Ceci étant dit, les Québécois ont le droit de vote, et si cette clique reste au pouvoir, c’est grâce aux Québécois.

    Autrement dit : le Québec a exactement ce qu’il mérite.

  • permalien bimi :
    15 juin 2012 @13h22   « »

    Si cette clique libérale reste au pouvoir, c’est essentiellemt dû aux votes des Québécois anglais et, j’ajouterai, des Québécois italiens. Leur aversion pour le parti d’opposition, le parti québécois, les lie, à la vie et à la mort, à la corruption libérale.

    Tous les comtés à majorité anglaise et italienne revotent toujours, peu importe le niveau de corruption du parti libéral présentement au pouvoir, pour l’actuel premier ministre et sa clique.

    Le vote francophone est beaucoup plus volatile.

    Peu importe, cette crise me paraît plutôt saine. Elle brasse des enjeux politiques que le parti libéral, au pouvoir depuis plus d’une décennie, refuse d’aborder tant il est voué à la protection de ses intérêts propres et ceux d’une certaine oligarchie financière avant ceux du peuple.

    Les étudiants ont été l’élément déclencheur d’une réflexion et d’un ras-le-bol sur le néolibéralisme et ses affres : le népotisme, la magouille puante, l’autoritarisme économique qui se fait loi 78, la concentration de la richesse...

    Un beau printemps qui écrira l’histoire du Québec, avec ses heurts et ses chocs, ses palabres, malheureusement aussi, ses violences, sa répression policière et un gouvernement pris en souricière entre le mouvement étudiant et l’enquête sur sa corruption dans le milieu de la construction.

  • permalien Collectif Contre la Dictature :
    15 juin 2012 @17h58   « »
    Choisis ton côté

    Nous sommes un collectif international d’artistes mobilisés contre la dérive dictatoriale actuelle et pour soutenir le peuple québécois dans son épreuve. Nous avons produit une chanson (en téléchargement gratuit) et un court métrage. Le voici.

    Nous croyons sincèrement que les peuples de la Terre vaincront éventuellement leurs chaînes, mais il nous faudra pour cela sacrifier une dose inouïe de confort immédiat. Que dis-je, il faudra risquer… il faudra risquer… tout.

  • permalien Jack l’éventreur :
    15 juin 2012 @18h37   « »
    Au Québec, même les pigeons chient du haut des arbres

    Il y a tellement de commentaires inutiles sur ces sites que l’on dit voués à l’information (Le Monde Diplomatique ne fait malheureusement pas exception à la règle). Beaucoup de frustration, d’émotions mal canalisés. Les conspirateurs et autres paranos du Québec (Hello Montréal !) sont quasiment en transe branché 24h par jour sur la Toile à essayer de faire croire à tous que nous sommes à l’agonie, sous la domination d’un état policier. Un vrai machine à propagande. Au fond, plus on est de mouton à faire consensus et plus on est con...

  • permalien Lewis Casserolle :
    15 juin 2012 @18h48   « »

    @ Jack l’éventreur, tueur en série comme le psychopate Luka Rocco Magnotta

    Vous devriez sortir de votre forêt enchantée. Car votre trop long séjour sous les arbres a pour effet que vos propros sentent fortemetn la fiente...

  • permalien shazzam :
    16 juin 2012 @04h05   « »
    Au Québec, les alouettes scient les branches. Si si.

    Je suis d’accord avec toi, Bimi, sur le raz-le-bol des magouilles, et finalement le raz-le-bol du PLQ.
    Par contre, là, attention :
    Si cette clique libérale reste au pouvoir, c’est essentiellemt dû aux votes des Québécois anglais et, j’ajouterai, des Québécois italiens. Leur aversion pour le parti d’opposition, le parti québécois, les lie, à la vie et à la mort, à la corruption libérale.

    Effectivement, il y a des sondages qui montrent que les immigrants ne font pas confiance au PLQ en raison de sa corruption, mais qu’ils font encore moins confiance à l’Opposition en raison de son souverainisme.
    Les Immigrants ont souvent quitté des pays corrompus, mais ils souhaitent en général que leur nouveau pays reste "d’une mer à l’autre".

    Alors dire que le PLQ reste en place à cause de telle ou telle communauté, c’est typiquement auto-réalisateur, parce que si l’opposition commence à dénoncer des minorités comme responsables du maintien du PLQ, forcément, les immigrants vont se sentir visés, et craindre l’Opposition, et maintenir le PLQ.

    Mon impression c’est que le PLQ a gravement verrouillé les institutions - Justice en tête - et que la corruption ne sera réduite qu’en votant le PLQ dehors (et non pas en comptant sur la Justice), mais ça ne peut se faire qu’au prix du souverainisme, et ce n’est pas forcément acceptable pour tout le monde.
    C’est de même que le Parti Libéral a été mis dehors au prix de l’arrivée des Conservateurs. Il fallait punir le scandale des Commandites, mais le prix à payer, c’est Harper au pouvoir.

    Jack : désolé, la fin du PLQ, ou même la fin du Québec, c’est pas la fin du monde, et c’est pas non plus vraiment une conspiration, parce que précisément, le Québec conspire contre lui-même (et c’est pour ça que le Québec mérite ce qui lui arrive).

  • permalien Jojo le gréviste québécois :
    16 juin 2012 @23h46   « »

    Je suis tout à fait d’accord, le Québec n’a que ce qu’il mérite. Cette crise est ce qui est arrivé (et qui continue d’arriver) de mieux au Québec depuis la révolution tranquille. On est en train de vivre l’éveil politique d’un Québec endormie.

    Par contre, je ne crois pas que le noyau du problème soit le PLQ. Si on avait le PQ ce serait pareil. En 1996 quand il y eu grève étudiante contre le dégel des frais, le PQ était au pouvoir avec nul autre que Pauline Marois comme ministre de l’éducation.
    La mascarade péquiste actuelle quant au gel des frais de scolarité n’est que flafla pour s’attirer des votes.
    Resterait donc Québec Solidaire pour nous sauver de l’impasse. Malheureusement, ce n’est pas demain la veille qu’on les élira et sur le chemin qui mène au pouvoir se trouve bien des obstacles qu’il nous faut éviter en tournant à droite.
    Il suffit de comparer ce que le PQ offrait il y a 40 ans et ce qu’il offre maintenant pour voir ce qui attend QS... Une dérive vers la droite.

    Je crois que les étudiants québécois mettent le doigt sur un problème beaucoup plus profond qu’un simple parti politique corrompu. Ce qui est pointé du doigt en ce moment chez nous, c’est l’impasse dans laquelle un système économique déficient nous fait foncer.
    On ne peut comparer la situation particulière du Québec avec celle de la Grèce de l’Espagne ou du Chili. Le taux de chômages, la démographie, la culture et les conditions de vie sont différentes. Par contre, le noyau est le même. C’est contre tout un système économique contre-productif basé sur une dette irremboursable et sur des politiques d’austérité complètement inutile que nous nous battons. Pas contre un petit parti incompétent au service de la haute finance.

    Voilà pourquoi ce qui nous arrive en ce moment est ce qui nous est arrivé de mieux depuis longtemps. On réalise enfin quelque chose d’important si on veut continuer à vivre collectivement : la dysfonction et l’absurdité du système économique néolibéral actuel.
    Avec ça, le plus gros est fait. Reste plus qu’à changer la donne. Et c’est exactement la dessus que s’attarde toute une génération qui en a marre d’être toujours pressée et écrasée. Pressé parce qu’il faut étudier pour trouver un bon travail qui nous permettra de bien payer les dettes en ne regardant que son propre nombril (et la télé) jusqu’à la retraite...

  • permalien Eric :
    17 juin 2012 @12h14   « »
    A Tabernac

    Il n’a rien a redire a votre intervention. En toute bonne logique le gouvernement devrait demissionner. Les etudiants ont raisons et leur attitude civique. Comment tolerer de s’endetter pour suivre des etude, avec le risque dans certaines disciplines de se faire chatrer face au marcher de l’emploi, faute d’experience, comme c’est le cas de ma niece. j’ai connu la meme situation voici trente ans ; mais il y avait encore de la marge.... Tatcher et Regan n’avaient pas encore completement accompli leurs oeuvre. La charge de l’education doit etre a charge des etats qui doivent s’en donner les moyens plutot que les sacrifier a la finance des marcher.

  • permalien André lefebvre :
    17 juin 2012 @17h18   « »

    Le problème actuel n’est pas circonscrit au Québec seulement. Il est international. Cependant, chez nous, il fut relevé par les étudiants.

    Les faits sont qu’il y a trois générations, les Québécois se sont battus pour instaurer un "contrat social" qui garantissait un minimum de sécurité et de services à la population. Les deux générations suivantes en ont profité. Par contre, elles ont cru que le développement social futur garderait la même "visée".

    Depuis autour de 1975, une philosophie économique venant des USA s’est peu à peu implantée chez nous, qui exigeait au moins 10% d’augmentation de profit par année pour les entreprises. On est parvenu à convaincre une bonne partie de la population, de la nécessité de cette philosophie pour assurer une bonne qualité de vie. C’est cette philosophie qui s’est implantée partout dans le monde capitaliste.

    Rapidement, l’efficacité des services sociaux fut diminuée pour arriver à cette fin économique. De sorte que le "contrat social" initial est pratiquement considéré, aujourd’hui, comme une "utopie" par plusieurs citoyens.

    En fait, le but visé par les économistes et le gouvernement actuel est d’installer la notion "d’utilisateur/payeur" dans notre société ; et ce malgré le taux d’imposition provincial le plus important au Canada.

    Les frais de scolarité ne sont qu’une petite portion de ce qui est attaqué par l’économie en place. Tous les autres "frais sociaux" augmentent continuellement pendant que le service en est de moins en moins efficace.

    La révolte n’est pas dirigée vers la hausse des frais de scolarité exclusivement. La réalité est qu’en y ajoutant la mauvaise qualité de l’administration gouvernementale, on y englobe tous ce qui ne fonctionne pas dans notre société. Finalement, ce qui en ressort est une insatisfaction de plus en plus percevable de notre système politique actuel. Le gouvernement s’affirme absolument démocratique et les manifestants le disent oligarchique sinon tyrannique.

    Il devient de plus en plus évident qu’il faudra apporter plusieurs changements importants à notre "démocratie" qui ne nous permet que de faire valoir, qu’une fois tous les 4 ans, notre choix entre des partis politiques qui sont tous sous l’emprise d’oligarques financiers.

    La seule façon de faire disparaître cette main mise sur le pouvoir politique me semble d’installer une démocratie qui rejetterait simplement la notion de "parti politique" pour n’élire que des "indépendants" afin de leur donner la possibilité de faire valoir, à chacun, sa propre notion visant l’amélioration de la situation des citoyens. Cette exigence de base demandera que nous installions une autre façon de former un gouvernement ; soit par l’élection d’un premier ministre ou en laissant le choix aux élus de se choisir un "chef" qui ne servirait qu’à "présider" les travaux de la chambre sans avoir de droit de vote.

    Mais là, c’est un tout autre sujet.

  • permalien Jack l’éventreur :
    17 juin 2012 @23h44   « »
    Au Québec, même les chaudrons

    @ M. Casserolle (?)

    Casserole avec un "L" monsieur Lewis. Et, dyslexique par-dessus le marché ! L’école buissonnière n’aide en rien votre cause ;-)

  • permalien Lewis Casserolle :
    18 juin 2012 @02h13   « »

    Vous ne savez pas, M. l’Étrangleur de Boston, que les noms propres sont sujets à des licences orthographiques, et permettent toutes les fantaisies...

    Une famille « Perrault », au fil des baptêmes, mariages et décès, pouvait devenir Péraud, Pérraut, Perrot, Pérod, etc.

    Mais est-ce là votre seule riposte. Alors, compte tenu du sujet traité ici, elle est des plus anémiques... Pour un tueur, vous manquez de sang-froid...

    Mais pour s’amuser, regardons votre texte : (peut-être étiez-vous trop occupé par un massacre ?)

    frustration : normalement avec un « s »
    canalisés : normalement avec « ées », s’accorde avec frustrations et émotions fém. plur.
    branché : devrait être précédé d’une virgule et prendre un « s » s’accorde avec conspirateurs et ... masc. plur.

    Vous ne consultez pas souvent ce mensuel, car vous sauriez que le Le Monde diplomatique. Observez « diplomatique » s’écrit avec une minuscule et non avec une majuscule.

    Un vrai machine, l’éventreur, s’écrit au féminin, une vraie machine.

    Parlez-moi donc de votre ignorance des règles de base de la langue ! Vous avez beau assister à vos cours ; rien n’y fait, il semble.

    Consutez un dictionnaire et regardez : voir la paille dans l’œil de son voisin et ne pas voir la poutre dans le sien.

    Comme cet adage vous sied bien.

  • permalien bimi :
    18 juin 2012 @05h43   « »

    Comme l’écrit M. Lefebvre, les présents événements dégagent des tentacules polyformes : au départ, les frais de scolarité, mais rapidement, une contestation des valeurs économiques venues des US, avec des revendications écologistes et une réflexion sur les fondements de la démocratie.

    Présentement, ces valeurs néo-libérales sont soutenues et appliquées principalement au Canada, par Harper et le parti conservateur, au Québec par Charest et le parti libéral. Les deux partis au pouvoir.

    Shazzam a raison de prétendre que rediriger le vote vers le PQ, ne garantit en rien une remise en question des doctrines néo-libérales et que la souveraineté n’est pas une panacée.

    Toutefois actuellement, la corruption reste essentiellement le fait du parti libéral au pouvoir. Or trop d’anglophones sont totalement soumis à ce parti (j’ai lu que dans certains comtés le vote anglophone est quasiment monolithique) ; ce qui assure au parti libéral une assise sure et un certain nombre de comtés. Toutefois, je pense que ce problème est secondaire, bien qu’important.

    Et peu importe l’origine ethnique, la question fondamentale est : « Que voulons-nous comme société ? » Une société qui raffermit sa solidarité ou une société où les Godzilla de la finance feront la Loi en berçant tout le monde dans l’illusion quasi narcotique de la consommation effrénée ?

    Oui « Le problème actuel n’est pas circonscrit au Québec seulement. Il est international. »

  • permalien Laenek :
    18 juin 2012 @18h48   « »

    Il n’y a pas que CUTV, il y a aussi UTV, la webtélé de l’UdeM.
    http://universitv.tv/archives/1622

  • permalien Jack L’éventreur :
    20 juin 2012 @18h17   « »

    M. Casserollllleee... Votre érudition est épatante ! Cependant, vous perdez littéralement le focus du sujet qui est traité dans cet article et qui nous concerne tous, qu’on le veuille ou pas.

    Gros égo !

    Salutation

  • permalien Houcine :
    20 juin 2012 @18h33   « »

    Historiens et philosophes en colère ! Nous aussi.

    - Vive la révolution des jeunes reveurs !

    Houcine & Samya__

  • permalien Lewis Casserrolle :
    22 juin 2012 @05h21   « »

    Après presque trois mois, le conflit, qui oppose une partie importante des étudiants de niveau postsecondaire au gouvernement, impulse la loi 78 votée par le gouvernement libéral et l’opposition caquiste.

    Dans Le Devoir, un important groupe d’historiens québécois qualifient la loi 78 : « Une loi scélérate et une infamie », « une agression » rarement vue dans l’histoire du Québec

    Les historiens québécois dénoncent la loi

    « Ceux qui ont documenté, avec d’autres, l’histoire politique du Québec » affirment « que, rarement, a-t-on vu une agression aussi flagrante être commise contre les droits fondamentaux qui ont sous-tendu l’action sociale et politique depuis des décennies au Québec. »

    Des philosophes ont aussi écrit sur la loi 78. Un exemple parmi tant d’autres, ce texte :

    L’acte fondateur de l’âge barbare

    « Cette loi menace les libertés fondamentales et rompt avec les principes fondateurs de la démocratie. »

  • permalien chapoudeau :
    26 juin 2012 @02h29   « »
    La migration des casseroles

    En dehors des oies sauvages et des monarques, le Québec est aussi un lieu de migration pour les casseroles.
    Elles sont reparties vers leurs villégiatures estivales, remplacées par les barbequeues, dont c’est la haute saison.

    Il se fait au moins autant de politique autour des barbequeues, voire aussi sur les terrains de golfs, très tendance en été.
    Chacun nourrit son network à qui mieux mieux, renove ses alliances,
    c’est la saison des barbequeues et du golf.
    Harper rencontre Mulroney, appelle du pied à Marois, c’est la saison des barbequeues et du golf, une accalmie avant une rentrée des classes qu’on pressent électorale.

    C’est là, sur les grills et les greens que se fait la politique québécoise, entre les fines herbes et les albatros, toute en finesse sociale oligarchique.

  • permalien K. :
    2 décembre 2012 @10h12   « »

    C’est sur, après il faut compenser

    Scandales immobiliers de grande ampleur au Québec

  • permalien LeDragon :
    1er avril @14h52   «

    Analyse intéressante et assez équilibrée. Comme le répète à quelque reprises l’auteure : la société québécoise est assez divisée sur la question.
    Pendant un quart de siècle, les oppositions politiques s’articulaient autour du débat constitutionnel, en gros de 1975 à 2000. Mais, après deux référendums non concluant, le mouvement souverainiste est essoufflé. Remontent alors les oppositions droite-gauche, qui étaient présentes dans les esprits, mais ne s’exprimaient pas, ou si peu, publiquement.
    De plus, dans la dernière décennie, un nouveau phénomène apparaît : une jeunesse de droite très vocale ( si on accorde cette qualité jusqu’à 35 ans ). Économiquement très près des républicains américains, même si sociologiquement distants, sauf pour des envolées anti-féminisme. Cette droite s’alimente aussi d’anti-métropolisme : Montréal, terre de la gauche, des ethnies revendicatrices, de la dépendance économique !
    Finalement, il faut aussi souligner des événements qui ont précédé la décision sur les frais de scolarité qui ont favorisés une certaine adhésion de citoyens non-reliés aux étudiants : imposition d’une taxe santé fixe, quelque soit le revenu du contribuable ; augmentation de différents tarifs, toujours selon des formules régressives ( i.e. le citoyen-consommateur doit payer quelque soit ses revenus ).
    Mais, quelques mois plus tard, le mouvement étudiant s’essouffle. Ce n’est pas sans gain : les hausses du gouvernement Charest ne seront pas appliquée au niveau prévu, elles seront fort modestes, les aides ( prêt et bourse ) seront augmentées.
    Ce qui restera du mouvement ? Probablement une future classe politique. Et, peut-être, la reconnaissance d’une démocratie qui peut être plus que de voter une fois tous les 4 ans, mais aussi de s’exprimer sur les mandats accordés à ses représentants.

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