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Tentative de coup d’Etat constitutionnel en Egypte

vendredi 15 juin 2012, par Alain Gresh

Une traduction en arabe de ce texte est disponible sur le site du quotidien libanais Al-Akhbar.

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Le Caire. La photo de « une » du quotidien Al-Shourouk du 15 juin résume bien le sens de ce qui vient de se passer : en avant-plan, des fils de fer barbelés ; en arrière-plan, les locaux de la Haute Cour constitutionnelle ; à gauche de la photo, des manifestants, à droite des militaires.

L’heure n’est plus où l’on pouvait crier « le peuple et les militaires, une seule main ». La décision, le jeudi 14 juin, de cette Cour — dont tous les membres ont été nommés par l’ancien président Hosni Moubarak — de déclarer illégale l’élection de l’Assemblée nationale et aussi la loi qui interdit aux anciens dignitaires du régime de se présenter aux élections représente, selon nombre d’observateurs ici, un coup d’Etat (sur les prétendues raisons légales, lire « What to know on Egypt’s new political drama », Ahram Online, 15 juin). Cette action ramène le pays au début du processus entamé avec la chute de Moubarak et confirme que le Conseil suprême des forces armées (CSFA) a décidé de porter un coup d’arrêt au mouvement de contestation enclenché le 25 janvier 2011.

Cette décision arrive à quelques heures du second tour de la présidentielle qui met face-à-face Ahmed Morsi, le candidat des Frères musulmans (FM), et Ahmed Chafik, le dernier premier ministre sous Hosni Moubarak (nommé le 31 janvier 2011), un militaire lié au vieux système de corruption et de répression, qui pourra néanmoins se présenter.

La révolution égyptienne est entrée dans une zone d’incertitudes. Le CSFA a lancé une offensive pour mettre à bas les conquêtes de ces derniers mois. Au-delà de la décision de la Cour d’annuler le seul scrutin libre de l’histoire égyptienne, plusieurs éléments confirment que le CSFA cherche à retourner à l’ordre ancien :
- La décision du 4 juin du ministère de la justice selon laquelle les militaires pourront arrêter des civils (« Rights advocates : Military arrest powers worrying », Egypt Independent, 14 juin) ; sans même parler de l’acquittement, durant le procès Moubarak, des principaux responsables du ministère de l’intérieur ;
- l’acquittement de plusieurs policiers et militaires accusés d’avoir tiré sur des manifestants pendant la révolution (lire, par exemple, « 14 security officers found innocent of killing Giza protesters », Ahram online, 6 juin) ;
- la poursuite des arrestations arbitraires et de la torture dans les prisons ;
- l’usage de la xénophobie avec une incroyable publicité mettant en garde les Egyptiens : il ne faut pas parler aux étrangers (on avait annoncé qu’elle était retirée, mais cela semble faux) ;
- la décision du CSFA de reprendre dans ses mains tout le pouvoir législatif qu’il avait cédé au Parlement et de « compléter » la Constitution, dans l’attente d’une réécriture totale du document ;
- la tenue du second tour de l’élection présidentielle, alors même que la déclaration constitutionnelle votée par le peuple en 2011 et soutenue par le CSFA supposait que le président ne pouvait être élu qu’après le Parlement.

Cette offensive qui vise à faire passer Chafik envers et contre tout s’accompagne du déchaînement d’une campagne contre les Frères musulmans et leur candidat. J’ai pu ainsi entendre des avocats expliquer très sérieusement que la première décision du Parlement tunisien dominé par les islamistes avait été de rétablir la polygamie. Rien n’est épargné à Morsi, même pas la publication des documents médicaux (en principe confidentiels) sur son état de santé, pour dire à la fois qu’il était très malade et qu’il avait dépensé des sommes folles pour se faire soigner à l’étranger.

Cette campagne s’appuie non seulement sur les erreurs multiples des Frères musulmans depuis leur victoire aux élections législatives, mais aussi sur un climat de peur qui rappelle celui entretenu par les pouvoirs en place avant le printemps arabe : « nous ou les islamistes ». Et on trouve, pour appuyer cette décision des militaires, les mêmes que ceux qui soutenaient que Moubarak ou Ben Ali étaient « le moindre mal » : journalistes, intellectuels « libéraux », petits partis croupions qui avaient soutenu l’ex-président égyptien (comme le Parti du rassemblement, Tagammu, soi-disant de gauche) etc. Et, surtout, se mobilise l’« Etat profond », celui qui n’a pas pâti de la révolution, mais qui avait seulement baissé la tête.

Les Frères eux-mêmes portent une responsabilité importante dans la situation créée, du fait de leurs erreurs multiples et de leur incapacité à tisser des alliances — même les salafistes, force majeure dans le pays, ont préféré soutenir au premier tour un candidat islamo-libéral, Abdelmonem Aboul Foutouh, plutôt que celui des Frères, plus proche pourtant de leur idéologie (sur la complexité du salafisme égyptien, on lira Stéphane Lacroix, « Sheikhs and Politicians : Inside the New Egyptian Salafism », Brookings, 11 juin 2011).

Non seulement les Frères ont été réservés au début de la révolution (même si les jeunes du mouvement ont joué un rôle actif), mais ils ont tout fait pour s’entendre avec le CSFA, pour passer des compromis, refusant d’appuyer vraiment les mobilisations de la rue. Quand les relations avec le CSFA se sont tendues, ils ont décidé de présenter un candidat à l’élection présidentielle, revenant sur leur parole, et favorisant la propagande du pouvoir disant qu’ils voulaient accaparer tous les pouvoirs.

Alors que le rôle essentiel du Parlement élu était d’écrire la nouvelle Constitution, ils ont été incapables de forger les alliances qui auraient permis une rédaction consensuelle de ce texte. Et aussi de calmer les craintes d’une partie des coptes, des femmes, des intellectuels.

Alors que la plus grande partie des jeunes de la révolution est pour le boycott de l’élection, notamment après que la Cour a permis à Chafik de concourir, les Frères ont accepté le jugement pour montrer qu’ils respectaient la loi, qu’ils étaient un parti d’ordre.

Tous ces manques, toutes ces erreurs, expliquent que leur candidat n’ait obtenu, au premier tour de la présidentielle, que 25 % des voix (contre 45 % aux élections législatives). Ce qui démontre d’ailleurs que le suffrage universel est un bon moyen pour faire avancer le débat démocratique.

Quel sera le résultat de l’élection ? Il est difficile de le dire, et il est impossible de prévoir l’ampleur des trucages et des pressions. Nombre de groupes de la révolution, dont le candidat arrivé en troisième position Hamdin Sabahy (nassérien), penchent pour le boycott. D’autres, comme Aboul Foutouh et les jeunes du 6 avril, appellent à voter Morsi pour barrer la route aux militaires. Au cours d’un entretien, Aboul Foutouh m’a confié que l’erreur essentielle des révolutionnaires était d’avoir accepté le CSFA comme pouvoir au lendemain de la chute de Moubarak.

Un des paradoxes de cette élection est que le pouvoir réel du futur président n’est pas déterminé et que le CSFA n’acceptera de céder une partie de son pouvoir que si Chafik est élu.

Ce soir, le 15 juin, une manifestation se déroule sur la place Tahrir, mais elle ne semble pas mobiliser : c’est surtout la proclamation des résultats de l’élection en début de semaine qui risque de déboucher sur de nouvelles luttes.

60 commentaires sur « Tentative de coup d’Etat constitutionnel en Egypte »

  • permalien Sarah :
    15 juin 2012 @18h40   »

    Ils sont passés où les complotistes qui nous ont expliqué,à longueur de commentaires,que les Frères musulmans et le la junte militaire avait passé un accord secret pour se partager le pouvoir ?

    Qu’en fait ,les islamistes étaient les alliés des militaires,des américains,des sionistes,des capitalistes,etc ?

    Qu’en pensent-ils aujourd’hui ?

    Ce sont les mêmes qui nous expliquent que le pauvre régime de Bashar Al Assad subit une grande conspiration qui vise à le renverser pour mettre à la place les frères musulmans,qui sont en fait des agents de la CIA.

  • permalien Goubs :
    15 juin 2012 @19h03   « »

    Un scénario à l’algérienne se précise maintenant. J’ai suivi la campagne électorale et je fus choqué par les déclarations de Chafik et de certains médias anti frères musulmans en expliquant qu’une Egypte aux mains des frères seraient un danger grave pour la nation, sans parlé aussi du rôle de certains coptes qui dénigrent la révolution en votant massivement Chafik dès le premier tour. Espérant que dimanche, le peuple égyptien dans sa diversité puisse faire passé son choix sans intervention étrangère ou de l’armée égyptienne qui ne tient plus son rôle de protecteur de la nation depuis les négociations de Camp David.

  • permalien Shanaa :
    15 juin 2012 @19h54   « »

    Goubs : "un scénario à l’algérienne se précise".
    Les egyptiens sont un peuple uni et politisé. Ce scénario est improbable. A moins que, n’ayant pas pu obtenir le chaos dans ce pays, il y a cette tentative d’essayer de le provoquer ! Cela répond à la question de Sarah, et le pourquoi du chaos en Libye, en Syrie ! Le chaos serait-il le but ?

  • permalien Orangerouge :
    15 juin 2012 @20h08   « »
    Même la porte-parole du département d’Etat américain, approuve votre analyse, Alain Gresh !

    Les Etats-Unis se sont dits aujourd’hui "préoccupés" par l’invalidation des résultats des législatives égyptiennes par la Cour constitutionnelle et étudient les implications de cette décision.

    "Nous sommes préoccupés par la décision de la cour rendue hier qui va entraîner la dissolution d’un (corps) démocratiquement élu", a déclaré à la presse la porte-parole du département d’Etat américain, Victoria Nuland.

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...

    Une fois n’est pas coutume ...

  • permalien Orangerouge :
    15 juin 2012 @20h13   « »

    à Shanaa qui demande "le chaos serait-il le but ?"

    Le but c’est, pour les militaires, de conserver la très forte part de l’économie égyptienne (selon les sources de 20 à 40% du PIB) dont ils tirent des revenus personnels en détenant la propriété d’entreprises de secteurs entiers (et qu’ils semblent gérer mal).

  • permalien K. :
    15 juin 2012 @21h56   « »

    Xénophobie du CSFA.

    A security source in Gharbiya said that the National Security Agency is tightening control over hotels and rented apartments in different governorates before the election, asking that the names and information of foreigners in Egypt, especially Palestinians, be sent to the agency.

  • permalien K. :
    15 juin 2012 @22h03   « »

    .... les Frères (...) ont tout fait pour s’entendre avec le CSFA, pour passer des compromis, refusant d’appuyer vraiment les mobilisations de la rue.

    Et si la junte militaire a refusé de jouer le jeu serait-ce parce qu’elle ne leur faisait pas confiance ?

    En tous les cas ils se sont bien faits avoir :

    The MBs collaborated with SCAF, denounced strikes and Tahrir protests, for a year.. all for a parliament that was swept away in 1 day.

  • permalien Sarah :
    15 juin 2012 @22h20   « »

    @ K :

    Oui on peut reprocher beaucoup de choses aux FM,mais avaient-ils vraiment le choix ?

    Peut-être ont-ils simplement voulu préserver l’intégrité de l’Egypte en ne confrontant pas directement SCAF.

    Peut-être avaient-ils peur d’une guerre civile à la syrienne.

    Je suis pour qu’on critique les islamistes et leurs nombreuses erreurs,mais où est passée la gauche arabe ?
    Que fait-elle en ce moment pour faire avancer vraiment les débats,au lieu de critiquer les islamistes ou parler du voile ou pleurnicher sur les plateaux de tv occidentale ?

  • permalien guessousadil@gmail.com :
    15 juin 2012 @22h21   « »

    C’est une belle mascarade dans le pays des pharaons par le nom seulement et nom par les faits ce qui arrive….
    Les Pays arabes se donnent à un spectacle dérisoire devant le monde entier (nous sommes aperçus comme des ignares) , j’ai honte pour la Tunisie, l’Egypte, la Lybie, Le Yemen, les pays du Golf sans oublier particulièrement la Syrie.
    Pour quoi, dans ce bas monde ces dirigeants ont une avidité insaisissable au pouvoir absolu et non légitime. On cherche à juger Moubark se focalisant sur cet homme, alors que le plus important pour un égyptien est de vivre dignement. Les Égyptiens se trempent de coupable, Moubarak est fini depuis longtemps mais ses collaborateurs sont encore très présents, trés puissants qu’on le croit.
    Le peuple égyptien doit s’unifier musulmans, chrétiens « coptes » pour reconstruire le pays, via la construction d’abord de la constitution qui est gibbeuse et ensuite l’opérationnaliser par la mise en place d’organe constitutionnel et des mécanismes de gouvernance pour dissuader et appliquer la démocratie car celle-ci ne faudrait pas qu’elle soit uniquement dans les bouches des un et des autres mais plutôt dans les faits.

  • permalien David Leclercq :
    15 juin 2012 @22h43   « »

    Comme d’habitude, les officines européennes se taisent dans toutes les langues. Les « soucis » listés par la Commission Européenne dans son rapport de progression annuel sur l’Egypte pour l’année 2011, sont principalement de la responsabilité des cercles de pouvoir proches d’Ahmed Chafik. On a assez parlé d’une prétendue "inutilité" du parlement. Pourtant, ce parlement a fait plus de propositions que tous les parlements réunis depuis 1952. On parle par contre peu du catastrophique et contre-révolutionnaire gouvernement Ganzouri. En permettant la candidature de Chafik, le Conseil Militaire ne respecte pas sa promesse faite aux Egyptiens et au monde entier de rendre le pouvoir à des autorités civiles à la fin juin 2012, le gouvernement n’aura civil que de nom et ne réformera pas le problème fondamental égyptien qui est sa profonde militarisation. Si l’union Européenne soutient le peuple égyptien et sa société civile et ses intérêts à long terme, elle aurait largement du mettre en garde contre tout retour aux affaires de résidus de l’ancien régime dont Ahmed Chafik fait partie. Or, rien n’est venu de ce côté-là...

  • permalien K. :
    15 juin 2012 @22h54   « »

    @ Sarah,

    Pour les FM tout est possible, mais je vous avoue que personnellement je n’y crois pas du tout.

    Petite précision au cas où : ce que je reproche aux FM ce n’est pas de ne pas être de gauche (et/ou laiques).

    Pour prendre un exemple proche, Joumblatt- stratège géopolitique dollaro-dépendant- est un membre éminent de l’Internationale socialiste et de la laicité internationale...

  • permalien adeline christin :
    15 juin 2012 @23h43   « »

    ’La révolution égyptienne est entrée dans une zone d’incertitudes’.
    CELA poutr vous citer et dévoiler votre insuffisance dans l’analyse de la situation égyptienne.La zone d’incertitude est là depuis le départ de Mubarak, et la zone d’incertitude n’est restée que pour notre confort.Ayant un peu de culture révolutionnaire nous savons bien, qu’un pouvoir militaire ne peut étre que contre révolutionnaire.
    Merci a Gresh pour sa haute lucidité contre-révolutionnaire.
    Je m’épargne toute les insultes vulgaires que mes tripes pourraient vous lancer.
    J’espère que vous corrigerez le tir,cela en mémoire des morceaux de cervelles(pas la votre) recueillies au cours de cette’ revolution’.
    Adeline Christin

  • permalien Yvan :
    15 juin 2012 @23h59   « »

    A la vue de la crise des ONG qui avait opposée en début d’année l’armée égyptienne aux USA, on peut se dire que finalement le pouvoir du parlement ou le passé du nouveau président restent des éléments secondaires :

    opi 16 (Al-Ahram Hebdo)

    Malgré cette escalade, aucune des deux parties ne voulait une détérioration irrémédiable de leurs liens étroits, forgés du temps de l’ancien président Anouar Al-Sadate. La preuve : le président américain Barack Obama a demandé au Congrès la semaine dernière, en plein crise avec Le Caire, de maintenir à son niveau l’assistance militaire (1,3 milliard de dollars) et économique (250 millions de dollars) accordée annuellement à l’Egypte. De son côté, le général Dempsey a plaidé devant le Congrès pour le maintien de l’aide militaire, évoquant l’intérêt des Etats-Unis à poursuivre leur partenariat avec l’armée égyptienne. L’aide américaine, dans ses deux volets, sert en effet des intérêts américains majeurs au Moyen-Orient. Elle s’était décidée au départ à la suite de la conclusion du traité de paix égypto-israélien en 1979 pour encourager Le Caire à maintenir la paix avec Tel-Aviv, dont la sécurité est un intérêt américain capital. Cette paix constitue l’un des fondements de la politique de Washington au Moyen-Orient. L’aide offre également à l’armée américaine des avantages stratégiques importants dans la région, nécessaires notamment en temps de crise (survol du territoire égyptien, passage dans le Canal de Suez, transit de troupes, partage de renseignements, etc.) et a permis une coopération étroite avec Le Caire contre le terrorisme islamique.


  • permalien Yvan :
    16 juin 2012 @12h40   « »
    Coup d’état ou "soft révolution"...

    ... au pays du FLN ?

    Algérie : vent de fronde au FLN - Algérie - RFI

    Malgré sa large victoire aux législatives algériennes, l’après élections vire au règlement de comptes au Front de libération nationale (FLN), l’ex parti unique. Le secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem subit la fronde d’une partie des militants et de hauts cadres du parti. Ils lui reprochent une gestion trop autoritaire. Un comité central du FLN se tient à Alger ces 15 et 16 juin. Il regroupe les 333 plus hauts responsables du parti. Les frondeurs attendaient ce rendez-vous pour tenter d’obtenir le départ du secrétaire général.


  • permalien Orangerouge :
    16 juin 2012 @12h41   « »

    Un article pas mal du journal "Le Point" :

    http://www.lepoint.fr/monde/l-egypt...

    Sa conclusion :

    Ce n’est pas fini. Un difficile compromis a été trouvé au bout de plusieurs mois pour la mise en place d’une Assemblée constituante. Le combat s’est tenu entre les militaires et les islamistes pour se mettre d’accord sur la répartition des sièges au sein de cette constituante. Le 7 juin, l’accord est trouvé. Or, hier, une source militaire a déclaré que c’était le Conseil suprême des forces armées qui allait rédiger la Constitution.

    C’est peut-être pour fêter ça que, le matin du 14 juin, un convoi de militaires et de policiers a défilé toutes armes et tous klaxons dehors sur la corniche à Alexandrie. Une démonstration de force, après un coup de force. À la veille du second tour des élections présidentielles, la tension s’ajoute à l’incertitude en Égypte.

  • permalien K. :
    16 juin 2012 @13h32   « »

    Le BHL étasunien : Thomas Friedman. Aussi hilarant.

  • permalien Shanaa :
    16 juin 2012 @16h19   « »

    Historiquement, depuis Nasser, l’Egypte a toujours été gouvernée par des dirigeants issus de l’armée. Celle-ci est donc bien ancrée et, comme le souligne Yvan à travers un article de "Al ahram hedo", l’armée egytienne reçoit formation et aide intéréssées des USA, en échanges de services stratégiques et économiques rendus.
    Donc, quel que soit l’issue du scrutin, il devra tenir compte, d’abord, des exigences des puissances dominantes.
    Les egyptiens ne sont pas un peuple de querelleurs, mais ils sont tellement inondés d’informations contradictoires via les chaines satellitaires, qu’il devient impossible d’avoir une idée précise sur le devenir du pays.

  • permalien X :
    16 juin 2012 @16h29   « »

    Un correspondant d’aljazira à rapportē le rēsultat d’un sondage rēalisē à la sortie des urnes par un journal égyptien qui ne sera publiē que demain :

    Morsi aurait 67 %

  • permalien Shanaa :
    16 juin 2012 @16h31   « »

    Un grand nombre de personnes issues des classes populaires ont voté pour les "fréres musulmans", connus pour être présents sur le terrain social.
    Le but premier, pour les fréres comme pour l’armée, est de sauvegarder la stabilité du pays. Vu sous cet angle, le "clip" dont il est question dans l’article, n’est pas "raciste" mais pédagogique. Il met en garde contre les faux amis qui viennent distiller le divisionnisme , ou faire dégénerer les manifestations !
    Certes, l’Egypte a beaucoup d’amoureux, d’amis, mais aussi des ennemis qui peuvent manipuler des pauvres bougres !

  • permalien Yvan :
    16 juin 2012 @17h40   « »

    Les "démocraties du Golf" ont aussi de gros problème avec leur "élections" :

    Décès du prince Nayef, héritier du trône d’Arabie saoudite - Arabie Saoudite - RFI

    Le prince Nayef ben Abdelaziz Al Saoud, héritier du trône d’Arabie Saoudite depuis seulement huit mois, s’est éteint samedi 16 juin à Genève en Suisse où il se trouvait depuis mai pour soigner un mal incurable. Le roi Abdallah va donc devoir pour la troisième fois désigner un successeur, probablement issu de la même génération que le défunt.


    Souhaitons à Abdallah, d’en trouver un pas trop vieux pour lui survivre, mais pas trop jeune pour le renverser.

  • permalien Yvan :
    16 juin 2012 @17h44   « »

    Qui a dit qu’il n’y avait pas de justice dans le Golf ?

    Bahreïn : réduction de peine pour des médecins jugés en appel - Flash actualité - Monde - 14/06/2012 - leParisien.fr

    Une cour d’appel de Bahreïn a réduit jeudi les peines à l’encontre d’un groupe de médecins et membres du personnel médical jugés pour leur soutien au mouvement de contestation chiite.
    L’arrestation et le jugement de ces 15 médecins et cinq membres du personnel médical de l’hôpital de Salmaniya, le plus grand de Manama, qui avaient affirmé avoir été torturés en détention, avaient provoqué de vives critiques des organisations internationales des droits de l’Homme.


    ... à propos des chiites : Deux attentats sanglants frappent des pèlerins chiites à Bagdad - Irak - RFI

  • permalien Tamtam :
    16 juin 2012 @18h42   « »

    Visiblement rétablir la polygamie en Tunisie ne dérange pas grand monde. Vraiment sympathique pour les femmes tunisiennes ! Et puis, comme le fait Mr. Gresh, continuons à faire croire que le spectre de l’islamisme n’est qu’une manoeuvre pour semer la peur et consolider l’autocratie...même si toutes les elections libres dans les pays arabes ont porté au pouvoir des islamistes.

  • permalien Deïr Yassin :
    16 juin 2012 @19h08   « »

    Je remercie @ Rouzbeh qui a mis un beau documentaire sur le Bahrein, produit par d’Arte sur un autre fil.
    Pour que personne ratent ce portrait - surtout des femmes - qui vaut vraiment la peine d’être vu :
    - www.youtube.com/watch ?v=8ccW...

    PS. Je vois que le Djinn s’est mit à la percussion. Ma foi, c’est vrai, ce sont les tonneaux vides qui font le plus de bruits...

  • permalien Sarah :
    16 juin 2012 @19h34   « »

    à Tamtam :

    Où avez-vous vu que le gouvernement tunisien avait rétabli la polygamie ??

    Et puis, comme le fait Mr. Gresh, continuons à faire croire que le spectre de l’islamisme n’est qu’une manoeuvre pour semer la peur et consolider l’autocratie...même si toutes les elections libres dans les pays arabes ont porté au pouvoir des islamistes.

    Et alors ?
    Que proposez-vous cher démocrate ?Qu’on supprime les élections ?

  • permalien Shanaa :
    16 juin 2012 @19h47   « »

    A ceux ou celles qui parlent de polygamie sans savoir de quoi il s’agit !
    La polygamie existait avant l’islam, et la majorité des musulmans sont monogames. De plus, les femmes musulmanes ont assez de caractére pour se défendre toutes seules !
    Dans certains pays non musulmans, les choses sont plus hypocrites. Ainsi, des personnes ménent des doubles vies, familles recomposées, échangisme, etc... Et, en régle générale, les autres peuples ne se mélent pas des organisations internes des sociétés occidentales.

  • permalien Tamtam :
    16 juin 2012 @21h30   « »

    à Sarah

    Pas supprimer les élections mais arrêter de se pamer devant ce qui se passe dans les pays arabes et de prendre la juste mesure des sérieux dérapages qui ont lieu en Tunisie, en Egypte, au Maroc, et ailleurs.

    Voici ma modeste proposition : que la démocratie ne s’exerce pas dans des conditions où des partis politiques s’accaparent le capital affectif et culturel de la tradition, de la foi religieuse et de l’identité culturelle, pour prendre le pouvoir et gouverner. Est-ce de la démocratie que de meler la politique au bien et au mal, au paradis et à l’enfer ? Ne faites pas de l’idée de démocratie une espèce de fétiche et une fin en soi. La démocratie est un moyen d’établir et de développer une réelle culture de l’égalité, notamment entre hommes et femmes, croyants et non-croyants.

  • permalien Shanaa :
    16 juin 2012 @21h53   « »

    Ce n’est pas le sujet, et je m’en excuse : pour en revenir à la polygamie, jusqu’au 19iéme siécle certains mormons avaient 7 femmes ! Aujourd’hui encore, les mormons pratiquent la polygamie ! Voir la série "Big love".
    Quant à ceux que "l’islamisme" inquiétent, ils devraient autant s’inquiéter des populismes et de la montée des extrêmes droites en Europe !

  • permalien K. :
    16 juin 2012 @22h03   « »

    Intox ou Info ?

    "Sur la politique étrangère, Shater [des Frères Musulmans] a offert un soupçon de conciliation quand il [a] dit que le nouveau gouvernement serait prêt à garder certains responsables du renseignement de haut niveau très appréciés des chefs du renseignement des États-Unis, d’Israël et d’Europe."

  • permalien K. :
    16 juin 2012 @22h37   « »

    "Certains disent, d’autres disent," il est certain qu’avec les FM il est clair que rien n’est jamais clair.

    Issandr El Amrani :

    ...

    La chose étrange est que je ne vois pas beaucoup d’indignation en dehors de Twitter.

    Les Frères musulmans ont choisi d’accepter la décision et de se concentrer sur la course à la présidentielle. C’est peut-être tout simplement un choix tactique pour stimuler leur postulat qui affirme que Mohammed Morsi est le candidat révolutionnaire à un moment où ils ont perdu beaucoup de leur principale revendication à la légitimité, leur majorité parlementaire. D’autres murmurent que cela indique un accord en devenir, où Morsi prendra la présidence. (...)

    Il se peut que les FM rongent leur frein et exprimeront leur indignation au cas où leur candidat perd, mais la décision de ne pas insister sur l’illégitimité du verdict du tribunal est certainement étonnante.

    (...)

    Il ya quelques jours j’ai commencé à écrire un post appuyant Mohammed Morsi pour la présidence. Je voulais attendre de voir si Shafiq était encore dans la course avant de le publier.

    Mais la décision de dissoudre le parlement sonne le glas de la crédibilité du processus politique en Egypte, et tandis que je préfère encore une victoire de Morsi (avec beaucoup, beaucoup, de réserves) à celle de Shafiq, je pense que ce n’est pas la peine de donner foi à l’ensemble d’un système politique qui n’a aucune crédibilité. La seule chose que je vois dans l’avenir de l’Egypte est un régime militaire, la désobéissance civile, et la violence.

    Le CSFA en est le principal responsable , mais ceux qui acceptent ce verdict et la prise en charge des pouvoirs législatifs par le CSFA ont aussi leur part de responsabilité. l’histoire ne les oubliera pas.

  • permalien K. :
    16 juin 2012 @22h42   « »

    Je dois avouer que j’ai personnellement "murmuré" « que cela indique un accord en devenir, où Morsi prendra la présidence. »

  • permalien K. :
    16 juin 2012 @23h49   « »

    Finalement les FM montent au créneau.

    The Muslim Brotherhood has decided to challenge the Supreme Constitutional Court’s dissolution of Parliament

    Et préviennent les électeurs de fraudes éventuelles.

  • permalien K. :
    17 juin 2012 @00h16   « »

    I plan to vote — for the candidate who is a little less bad.

    En se bouchant le nez....

  • permalien ErJiEff :
    17 juin 2012 @08h59   « »

    Une fois de plus, les peuples arabes auront le libre choix entre armée et religion... ce qui signifie dans les deux cas soumission à une loi indiscutable.

    L’armée étant un des tout premiers propriétaires d’Égypte, on voit mal le CSFA se résoudre à remettre en question son formidable patrimoine.

    Et pour finir, une victoire électorale du prolongateur de Moubarak sera vite proclamée garante de sécurité et de démocratie par une communauté internationale maladivement focalisée sur la garantie de ses approvisionnements énergétiques dont Israël reste un des principaux chiens de garde.

    Les peuples arabes ont encore bien du souci à se faire.

  • permalien granit noir :
    17 juin 2012 @09h14   « »

    Depuis environ 6 mois que ce parlement a été élu, ils ont systématiquement rejetés les propositions de lois économiques et/ou sociales des libéraux, des laics, des démocrates ou des socialistes....

    par contre ils ont mis en délibrations des propositions de loi sur 3 sujets (apparement très importants pour l’Egypte)

    1/ Autoriser le mariage des filles dès l’âge de 14 ans
    2/ Abolir la loi qui criminalise l’excision des filles (pourtant appliquée de manière très aléatoire)
    3/ Autoriser un mari à pratiquer le coït avec sa femme défunte, pendant les 6 heures consécutives à son décès.

    Un député salafiste a même proposer de fermer les écoles "puisque le prophète lui-même était analphabète" ...

    A part cela, la scène du député islamiste qui s’est levé pour appeler à la prière en pleine réunion de l’assemblée dans l’hémicicle a fait le tour du monde, et a définitivement ridiculisé cette assemblée de guignols.

    Le peuple égyptien n’est pas dupe : Il a vu que cette assemblée ne servait à rien et ne représentait personne.

    Il est donc indifférent au sort qui lui a été fait.

    Ceci étant dit, il y a aussi une raison plus profonde à cette indifférence :

    Les candidats islamistes étaient surnommés "abou cartona" (celui qui a une boite en carton).

    Ladite boite contenait du sucre, de la viande, de l’huile, peut être d’autres produits d’alimentation...

    Elles étaient remises aux des pauvres qui à la sortie de l’isoloir remettaient en échange les bulletins des candidats concurents, preuve qu’ils avaient "bien" voté.

    Certains, pour plus de sureté, ont échangé ces "cartona" avec des procurations de vote ... c’était plus sur.

    Les cartonas étant maintenant vides ... la dissolution du parlement permettra d’avoir une ration supplémentaire ... c’est donc une très bonne nouvelle.

    La mauvaise nouvelle c’est que l’armée ne laissera pas faire cette fois-ci.

    En effet, le candidat social/démocrate/nassérien (Hamdein Sabbahy) est arrivé en 3e position, avec une différence de 100000 voix avec le premier (le candidat Islamiste).

    100000 voix sur plus de 20 000 000 voix exprimée.

    Mais Sabbahy a obtenu ce résultat sans aucun finance ment de sa campagne. Les médias lui étaient innaccessibles et il était combattu par tous ...

    L’armé n’est pas dirigée par des imbéciles. Ils ont compris le véritable rapport de forces.

  • permalien Salem L :
    17 juin 2012 @10h34   « »

    Les tyrans d’Alger ont fait des adeptes et le scenario ne différe en rien de ce qui s’est passé en Algérie car tout a commencé avec l’annulation du 2éme tour des législatives (les islamistes avaient obtenu la majorité au1er tour ).Entre les 2 tours les leaders du parti dissous nous promettait l’enfer et menaçaient de prendre les armes !D’ailleurs les FM ont déclaré la meme chose après l’arret de la cour Egyptienne ! le CSFA cherche la confrontation avec les FM parcequ’il ne peut s’accommoder d’une puissance qui pourrait remettre en cause sa supprématie donc la confrontation est inévitable et là adieu la démocratie et retour à la dictature et les FM ne doivent en aucun cas envisager la confrontation avec le régime militaire qui n’attend que ça

  • permalien Shanaa :
    17 juin 2012 @13h37   « »

    Granit noir, vos 3 énumérations laissent perpléxes !
    Tout d’abord, la premiére énumération est une tentative avortée d’entériner une pratique minoritaire qui existe dans les campagnes.
    Votre deuxiéme énumération concerne aussi une pratique qui n’a rien à voir avec la religion, qui se pratiquait chez les chrétiens, les falashas,les africains, dans l’antiquité. Pour preuve, aucun pays musulman ne pratique l’excision hormis l’Egypte !
    Votre troisiéme énumération qui a choqué l’immense majorité des musulmans du monde, vient d’un clown-imam marocain, donc pas d’un égyptien !
    Ces clowns provocateurs sont probablement briefés(wahabisme entre autre) pour donner une piétre image de l’islam !

  • permalien Zulfikar Al-Ansari :
    17 juin 2012 @13h38   « »
    Coup d’Etat constitutionnel en Egypte (2/2)

    Autre dilemme : si l’armée égyptienne venait à être fortement ébranlée, c’est la position régionale de l’Egypte qui serait en jeu. Israël a toujours lorgné vers le Sinaï ,et la question du partage des eaux du Nil, dont le Sud-Soudan - créé sous les auspices de la "Communauté Internationale" - et l’Ethiopie ont remis en cause le partage datant de 1929 ces dernières années, risqueraient de mettre à genoux l’Egypte pour des décennies.

    Dans la situation explosive actuelle que connait la région, on peut se demander si les militaires égyptiens ne vont pas se risquer à un conflit pour sauver leur peau...

    Enfin, une nouvelle chaîne satellitaire vient de voir le jour : il s’agit almayadeen.net que vient de lancer Ghassan Ben Jeddo, l’ancien chef du bureau d’Al-Jazeera à Beyrouth, qui avait eu le mérite de démissionner dès le début des manipulations médiatiques de la chaine qatarie. D’autres journalistes de la chaîne l’avaient suivi et font aujourd’hui partie d’Al Mayadeen.

    La première impression d’As’ad Abu Khalil, l’hôte du blog Angry Arab Blog, est plutôt positive. Si le très radical As’ad dit ça...alors... :-)

    Salutations à tous. A bientôt.

  • permalien Zulfikar Al-Ansari :
    17 juin 2012 @13h41   « »
    Coup d’Etat constitutionnel en Egypte (1/2)

    Bonjour à tous,

    Dans un de ses articles sur l’Egypte, Alain Gresh avait relevé, lors de son enquête sur le terrain au printemps 2011, combien la révolution égyptienne était en réalité complexe dans la mesure où les slogans variaient d’une région à une autre. Voir l’extrait de son article paru en juillet 2011 dans le Monde Diplomatique - que l’on devrait lire et citer plus souvent ;-) .

    L’Egypte en révolution par Alain Gresh (Le Monde Diplomatique, juillet 2011)

    Y a-t-il alors deux Egypte, celle des couches moyennes de Tahrir et celle du reste du pays ? « Trois », répond Alaa Al-Din Arafat , un jeune chercheur qui travaille au Centre d’études et de documentation économiques, juridiques et sociales (Cedej) et qui arpente le territoire, du nord au sud et d’est en ouest, depuis deux ans déjà. 

    « Le Caire, Alexandrie et les grandes villes, où les slogans étaient centrés sur la démocratie et la liberté ; les villes moyennes et les campagnes, notamment dans le Delta, où l’accent était mis sur le chômage, l’éducation, les prix, et où la critique des Etats-Unis et d’Israël se faisait entendre ; et enfin les régions “périphériques” (le Sinaï, une partie de la Haute-Egypte, Marsa Matrouh), où les interrogations portaient plus sur le statut de ces régions délaissées, sur l’identité de populations souvent méprisées par le pouvoir central. »

     Ce qui a changé depuis la chute du régime ? « Le mouvement a permis de se débarrasser des responsables du premier rang. Mais ceux des deuxième et troisième rangs sont toujours en place, avec la même mentalité, la même culture. »

    Or, le coup d’Etat constitutionnel des militaires risque fort de lui aliéner toute la population égyptienne dans son ensemble.

    Autre sujet d’inquiétude : l’économie. Quel que soit le prochain président, les défis économiques auxquels l’Egypte aura à faire face, allant du chômage chronique à la difficulter de se financer sur les marchés financiers étrangers risque d’aggraver encore plus la situation. Au cours des 18 derniers mois, les réserves du pays en devises étrangères ont chuté de plus de la moitié, et l’investissement direct étranger a totalisé l’an dernier seulement un tiers du chiffre 2010. Le tourisme s’est enfoncé. Mis à part l’institution militaire, les ressources de l’État fonctionnent mal, quand ça leur arrive de fonctionner...

  • permalien K. :
    17 juin 2012 @14h12   « »

    Marwan Bishara :

    Ce qui est totalement incompréhensible, c’est pourquoi une révolution réussie n’a pas fini le travail en créant les conditions nécessaires pour une seconde république. Cela signifiait rien de moins que de créer un système unifié de Conseil Suprême des Forces Révolutionnaires (CSFR) pour gérer la transition politique dans le pays avec l’appui des places publiques.

    (...)

    Pour qu’une révolution réussisse, il faut plus qu’un grand soutien populaire en faveur d’une une rupture avec le passé. Il faut également plus que des élections. Il faut traduire le contrôle des rues et des places publiques par le contrôle du peuple sur les piliers de l’Etat.

    PS : le, « Autoriser un mari à pratiquer le coït avec sa femme défunte, pendant les 6 heures consécutives à son décès. » est un canular (puissance de la calomnie quand elle est le fait des MSM même quand elle est démentie ensuite).

  • permalien K. :
    17 juin 2012 @14h49   « »

    L’article de Marc Lynch cité ici traduit par Slate Afrique

  • permalien Shanaa :
    17 juin 2012 @17h08   « »

    Marwan Bishara cité par K. : " Pour qu’une révolution réussisse, il faut plus qu’un grand soutien populaire en faveur d’une une rupture avec le passé. Il faut également plus que des élections."
    Pour qu’une révolution réussisse, il faut surtout un état souverain, libre des puissances néo-coloniales qui téléguident le changement en faveur de leurs intéréts !
    Une révolution réussie est le fruit d’une longue maturation de luttes sociales et politiques, pas un incendie provoquée via la toile qui est un autre aspect des guerres !
    Enfin, qui dit "rupture", pense "violence. Tout le contraire d’une évolution mûrement réfléchie !
    Comme le Zulfikar Al-Ansari : "si l’armée égyptienne venait à être fortement ébranlée, c’est la position régionale de l’Egypte qui serait en jeu. Israël a toujours lorgné vers le Sinaï ,et la question du partage des eaux du Nil, dont le Sud-Soudan - créé sous les auspices de la "Communauté Internationale" - et l’Ethiopie ont remis en cause le partage datant de 1929 ces dernières années, risqueraient de mettre à genoux l’Egypte pour des décennies."

  • permalien Ou Min Xi :
    18 juin 2012 @05h27   « »

    Avec la dissolution de l’Assemble, on va vers l’echec des revolutions arabes.
    Cela confirme un retour en arriere des promoteurs a savoir les USA et leurs allies : Ceux-ci se voient critiquer de par tout le monde du fait que les revolutions arabes qu’ils ont appye installent au pouvoir des partis islamistes qui leur sont hostiles, ce qui cree un paradox dans la politique des USA et de ses allies occidentaux.
    Les declarations de Mme. Clinton sont remplies d’hyprocrisie, en effet, je ne voit pas les USA contents de soutenir un regime islamiste en Egypte. Les USA se trouvent dans une situation tres ambigue : Ils sont pour et contre la democratie, et leur situation change selon leurs interets. Officiellement, ils ne peuvent que regretter la dissolution de l’Assemble, mais dans les coulisses, ils se frottent le mains.
    Quand aux europeens, c’est la meme chose.

  • permalien Nathan :
    18 juin 2012 @08h53   « »

    La veille de l’élection probable du candidat des Frères musulmans en Egypte, la junte qui tient le pouvoir réel dans ce pays ajoute une petite clause à la Constitution – oh, trois fois rien – elle s’attribue les pleins pouvoirs.

    C’est comme ça que ça se passe là-bas, mon ami…

  • permalien Orangerouge :
    18 juin 2012 @09h49   « »

    La France, ce pays qui est si fier de sa révolution ... a mis un siècle à faire la sienne  :

    Bonaparte puis l’empire de Napoléon,... puis chute de l’empire, mais ensuite restauration de la royauté (Louis XVIII et Charles X) ... trois glorieuses, puis troisième restauration de la royauté (Louis Philippe), abdication de Louis Philippe, IIème république, ... puis Napoléon III plébiscité empereur. Ce n’est que dans les années 1870, avec la IIIème république que ce régime s’est stabilisé.

    C’est comme ça que ça se passe en France.

    Parce que partout la démocratie est un long (et très douloureux) apprentissage.

    Bonjour aux sales racistes qui se reconnaitront.

  • permalien Orangerouge :
    18 juin 2012 @10h02   « »

    Ou Min Xi, tout n’est pas de la faute des Etats-Unis, et si la junte égyptienne est financée par les Etats-Unis, je ne pense pas que les Etats-Unis soutiennent actuellement le maintien d’une dictature militaire en Egypte.
    Mais la junte a les armes et le pouvoir économique.

    Il faudrait de nouveau, une révolte conjointe de la population et des hommes de troupe (la base de l’armée qui est maltraitée par ses chefs). Et cela signifie encore beaucoup de victimes.

    Les Etats-Unis travaillent facilement avec des régimes islamiques.

    Les Etats-Unis luttent contre les états qui recherchent leur autonomie économique (un certain degré de protectionnisme) et l’indépendance vis à vis des multinationales. Ces deux éléments sont des conditions nécessaires et indispensables pour installer un développement économique axé sur la population, dans un pays.

  • permalien Shanaa :
    18 juin 2012 @12h41   « »

    Plusieurs remarques : Tout d’abord, le disqualificatif "junte" est inadéquat. Les USA qui sont à l’origine de toutes les guerres, n’ont jamais soutenu de "démocratie". L’Amérique latine en sait quelque chose !
    On remarque, que les puissances néo-coloniales sont en crise. Comme de coutume, elles rafistolent leurs économies par la guerre. Les guerres profitent surtout à l’oligarchie militaro financiére.
    On remarque un acharnement particulier sur les régimes arabes laics avec complaisance des médias français ! Pourtant la chute de Saddam et de Khadaffi ont débouché sur le chaos et la violence !

  • permalien Shanaa :
    18 juin 2012 @13h01   « »

    Donc, dans ce monde instable, l’Egypte a besoin de son armée comme la Russie a besoin de Poutine, dans ce contexte actuel. Aprés on verra ! L’armée et les fréres ont compris cela, d’ou le dilemme !
    Ahmed Shafik, n’est pas Moubarak. Il sera obligé de tire des leçons de la contestation et de s’adapter au nouveau contexte d’instabilité régionale. Shafik est à l’origine de la restructuration réussie d’EgyptAir. Il a des compétences , une connaissance du terrain et une maitrise des affaires internationales. D’un point de vue pragmatique, il est indispensable pour une transition en attendant que passe la tempéte !
    Les fréres ont leur soutien dans le peuple et mérite d’oeuvrer pour le pays dans des institutions démocratisées, mais ils sont novices en gouvernance et, vu le contexte régional, c’est risqué pour l’Egypte ! L’Irak, puis la Libye doivent rester dans nos têtes afin de ne pas céder aux chants des sirénes ! Entre l’armée et les fréres il y a la stabilité de l’Egypte !

  • permalien Shanaa :
    18 juin 2012 @13h07   « »

    Petite question à Nathan : Puisque vous parlez de constitution.
    Qui a rédigé ou aidé a rédiger la constitution libyenne ?

  • permalien HN :
    18 juin 2012 @14h59   « »

    que la démocratie ne s’exerce pas dans des conditions où des partis politiques s’accaparent le capital affectif et culturel de la tradition, de la foi religieuse et de l’identité culturelle, pour prendre le pouvoir et gouverner.

    Donc quand Sarkozy rassemble son parti en leur disant "VOUS êtes la France" (en gros les "vrais" travailleurs, les patrons, les rentiers, les non-chômeurs et non-étrangers), qu’il définit lui-même ce qu’est l’identité nationale, vous considérez qu’on n’est pas en démocratie ?

    C’est comme ça que ça se passe là-bas, mon ami…

    Du Raoult tout craché : "On n’est pas à Bamako ici".
    On apprécie toujours vos petites remarques assassines sur le mode de vie "là-bas". Que doit-on comprendre ? Chez les sauvages ?

    Cdlmt

  • permalien Deïr Yassin :
    18 juin 2012 @18h33   « »

    Si Nathan pourrait juste nous dire un mot sur la constitution israélienne....
    Ah, ils n’en ont pas ?
    C’est comme ça que cela se passe la-bas !

    Combien de temps est-qu’on doit subir les propos racistes de ce vieux c.. ?

  • permalien Sarah :
    18 juin 2012 @19h04   « »

    @ Deir Yassin :

    Ben voyons,la constitution israelienne, c’est la Torah.

    En fait,avez-vous regardé l’intervention de Finky au forum "démocratie et religion" à Tel Aviv,où il affirme,sans plaisanter,que la définition donnée par la Halakha(loi juive) pour savoir qui est Juif(c’est à dire une personne dont la mère est juive)est une définition laique ?

  • permalien Deïr Yassin :
    18 juin 2012 @19h41   « »

    @ Sarah
    Je n’ai pas suivi cette farce d’autocélébration à Tel Aviv, rien que la liste des intervenants suffit.
    Si vous avez un lien, cela m’intéresse. J’ai googlé et n’avais trouvé qu’une intervention de Caroline Fourest et Finkielkraut de 30 minutes. C’est trop pour ma santé, d’autant plus que je suis tombée pile le moment où la soeur Caroline rendait hommage à Chalghoumi, le grand intellectuel :-)

    Si je comprend bien les Juif ont donc inventé la laïcité aussi, selon Finky ?

  • permalien Sarah :
    18 juin 2012 @20h00   « »

    Deir Yassin :

    Je crois qu’on a vu la même vidéo,qui se trouve sur le site de Soeur Caroline :

    http://carolinefourest.wordpress.com/

    Moi non plus je n’ai rien trouvé d’autre sur ce fameux forum.

    Si ce n’est justement l’intervention de notre éminent intellectuel Chalghoumi :
    http://www.youtube.com/watch?v=4ig8...

    Mais là je dois avouer que je suis incapable de regarder la vidéo qui dure,quand même, plus de 42 minutes : )

  • permalien Orangerouge :
    19 juin 2012 @12h09   « »

    Un Tunisien m’a dit que les services secrets israéliens avaient été très actifs en Tunisie en soutien au dictateur Ben Ali.

    Ici, on les accuse d’y être toujours très actifs :

    http://oumma.com/13142/mossad-oeuvr...

    Y a-t-il des informations fiables sur l’action d’Israël dans les pays arabes ?

  • permalien Nathan :
    19 juin 2012 @12h35   « »

    Orangerouge : 19 juin @12h09

    Y a-t-il des informations fiables sur l’action d’Israël dans les pays arabes ?

    Oui, ils sont partout. Les Yahouds avec leurs doigts crochus sont partout. Normal, ils veulent dominer le monde, si ce n’est déjà fait. L’autre jour, Shanaa - une source très fiable, la preuve, elle lit oumma.com - nous informait qu’ils voulaient dépecer le Sud de l’Egypte et partager les beaux morceaux avec le Sud-Soudan et l’Ethiopie. Dingue, non ?

    40% d’analphabètes en Egypte ? C’est de la faute des Yahouds.

    Un Egyptien sur deux ne gagne que 2 misérables dollars par jour ? C’est de la faute des Yahouds.

    Près de quinze mille morts en Syrie dans une guerre impitoyable entre le clan mafieux au pouvoir et des islamistes ? C’est de la faute des Yahouds.

    En Irak, les attentats de samedi contre les pèlerins chi’ites ont fait 30 morts. Hier, c’était les funérailles. Un islamiste en a profité pour se faire sauter pendant les prières. Bien sûr, c’est de la faute des Yahouds. Ils n’ont même pas le respect des morts.

    En France, un islamiste tue trois enfants dans une école de Yahouds. En fait, c’est de leur faute. Ils n’avaient qu’à pas se trouver dans la ligne de mire.

    En Belgique, un islamiste français poignarde une policière. Toujours, les Yahouds...

    Etc, etc...

    Tout est de la faute des Yahouds. Tout ! Ils sont partout !

  • permalien HN :
    19 juin 2012 @14h16   « »

    Le discours de Finki est hallucinant.
    Il "démontre" la division en deux du mot populaire en France :
    - les classes populaires : "le peuple autochtone, d’origine européenne" (sic).
    - les quartiers populaires : "une majorité de... de... de....... gens... (appréciez l’hésitation, on se demande s’il hésitait avec humains, animaux ou protozoaires) issus de l’immigration maghrébine et africaine".

    Il est tellement baisé dans sa tête que l’origine des habitants passe avant leur condition sociale.
    Les classes populaires autochtones, ce sont des pauvres.
    Les quartiers populaires ne peuvent pas être pauvres, ce sont des personnes issues de l’immigration. Mais ils ne sont pas là parce qu’ils sont pauvres bien sûr. Ils y sont par pur plaisir...

    PS : Si qqn peut m’expliquer sur quel continent se trouve le Maghreb (sarcasme) et pourquoi il différencie à chaque fois immigrés maghrébins et africains, je suis preneur.

    Sacré Finki.

  • permalien HN :
    19 juin 2012 @14h21   « »

    Ah oui, la mauvaise foi de Nathan... Ça me manquait.
    On vous parle de services secrets et de gouvernements Nathan, ne vous enflammez pas. On a les même partout.
    Vous allez pas me dire que la CIA, le Mossad, le MI5, le DoHS, l’ISI, ça vous inspire confiance ??
    Ils ne font pas que des dons pour des organisations caritatives, vous savez...

    Cdlmt

  • permalien Deïr Yassin :
    19 juin 2012 @21h23   « »

  • permalien Bdldz :
    20 novembre 2012 @00h54   « »
    A quand le printemps algérien ?

    Une sorte de maffia politico financière à gangréné ce pays depuis lustre.Le seul remède est le déracinement à la base de l’hydre étatique qui ne cesse de sucer comme un parasite, la moelle de toute une nation jetée aux abois. Avec toute les richesses pétrolière et l’emplacement stratégique le pays a fait les frais de tout les loups garou venus d’ailleurs. On a compris que les enjeux sont énormes, ce qui a pousser certaines puissances à donner un coup de pousse à une vermine nauséabonde pour contrôler ce pays.Le résultat on le connait une guerre civile qui a fait plus de 200.000 mort plus de 10.000 disparus, un mystère que même les instances internationales ne sont capable d’élucider.Création d’une maffia politico financière régie par la DRS qui sème la zizanie à travers le pays.Le régime dictatoriale algérien à travers ses généraux sont derrières tout les grands coups de ces dernières décennies.A savoir les dilapidations de richesses en touchant des grands pourcentages sur chaque affaire.L’affaire de la Brc et de la banque El Khalifa ne sont que des exemples concrets.Tout le monde peut vous jurer que le faux terrorisme qu’ils ont crée dans ce pays n’est que l’œuvre de la drs pour brouiller les pistes aux organismes internationales y compris L’ONU.Ce qui facilitera l’œuvre de ces charognards dépeceurs de cadavres pour blanchir leurs milliards de vol dans diverses affaires lucratives.On a même dit qu’il investissent dans l’achat de somptueuse demeures à l étranger (Espagne, France.....etc). Le deuxième point du camouflet est le gaspillage de milliards de dollars dans l’achat d un armement moderne russe(Avions, sous marin conventionnel, missile....etc)qui n a jamais servi à quoi que ce soit.Le seul courage de l’armée algérienne est de tirer à balle réelle sur des pauvres jeunes désœuvrés qui revendiquent des changements où une forme de liberté.Comme tout système qui ne tiennent à leurs survits que par leur lâcheté et le contournement de toutes les lois internationales ce régime néfaste essaie dans le plus grand secret de s’accaparer de la technologie nucléaire à des fins militaires pour déstabiliser la région ou faire du chantage aux pays voisins.Un régime aux abois qui posera certainement à l’avenir des problèmes à la communauté internationale.

  • permalien mehdi mountather :
    11 juillet 2013 @15h46   «

    Après ce coup d’état satanique en Égypte par les généraux de la franc maçonnerie les amis de satan ALLAH exterminer les franc maçons de monde entier surtout les arabes par les virus pire H1N1 et coronavirus arrêt cardiaque les accidents de la route crash d’avion feu de forêt les séismes tsunami volcan météorite foudre ovni si la fin du monde aux êtres humains de convertir a l’islam pour éviter le vrai cataclysme et éternel l’enfer

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