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Pollution, meurtres, maladies

Quand l’industrie de la viande dévore la planète

jeudi 21 juin 2012, par Agnès Stienne

Les projections démographiques moyennes de l’Organisation des Nations unies (ONU) montrent que la planète accueillera neuf milliards de personnes en 2050, date à laquelle la population mondiale commencera à se stabiliser. Un vent de panique souffle sur la planète, certains Etats agitant le spectre de la surpopulation… Y aura-t-il alors suffisamment de ressources et de nourriture pour tous alors que déjà, en 2011, plus d’un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim ?

Depuis quelques années, les pays qui craignent une pénurie se sont lancés dans une course effrénée pour acquérir de nouvelles terres arables que se disputent les industries de l’agroalimentaire et des agrocarburants. Et une violente controverse oppose ceux qui veulent utiliser les produits agricoles pour faire tourner les moteurs à ceux qui préféreraient qu’on nourrisse les êtres humains.

Mais peu dénoncent un business encore plus vorace en ressources naturelles, en produits agricoles et en espace : celui de l’industrie de la viande.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) explique dans son rapport 2009 : « Du fait de l’expansion rapide du secteur de l’élevage, les terres et les autres ressources productives font l’objet de rivalités croissantes, ce qui pousse les prix des céréales de base à la hausse et met à rude épreuve la base de ressources naturelles, un mécanisme qui pourrait affecter la sécurité alimentaire [1]. »

« L’intervention publique est nécessaire pour atténuer l’impact de l’élevage sur l’environnement et s’assurer que ce secteur fournit une contribution durable à la sécurité alimentaire et à la réduction de la pauvreté. La production animale, comme toute autre activité économique, peut être associée à des dommages environnementaux. Le manque de clarté des droits de propriété et d’accès aux ressources et l’absence de bonne gouvernance du secteur contribuent à l’épuisement et à la dégradation des terres, de l’eau et de la biodiversité », précise-t-elle.

Nous sommes deux milliards à trop manger

La production animale n’a rien d’une activité marginale : en 2009, elle représentait 40 % de la production agricole mondiale. Fondé au tout début du XXe siècle aux Etats-Unis sur le modèle productiviste de l’industrie automobile, l’élevage industriel n’a cessé de croître tout au long du siècle, d’abord en Amérique du Nord et du Sud, puis en Europe et enfin en Chine.

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L’envol des poulets
En 2009, la Chine était le premier producteur mondial de viande avec un peu plus de soixante-dix-huit millions de tonnes produites, devant les Etats-Unis, le Brésil et l’Allemagne.
Graphique : Agnès Stienne

Bien que ce mode de production se soit révélé calamiteux — pour l’environnement mais pas seulement — la FAO a soutenu sans faille l’industrie de la viande au prétexte qu’elle serait nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. Une promesse loin d’avoir été tenue ; c’est la santé de ceux qui en mangent le plus qui est affectée.

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Production mondiale de viande en 2009
Cartographie : Agnès Stienne

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estimait en 2008 à 1,5 milliard le nombre de personnes atteintes de surcharge pondérale, 2,3 milliards d’ici 2015. Les boissons sucrées et les chips, à juste titre incriminées, sont associées à ce fléau sanitaire typiquement occidental. La viande rouge et la charcuterie sont elles aussi explicitement identifiées comme facteurs de dysfonctionnement à forte dose. Obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires et cancers du côlon sont des effets secondaires indésirables et dangereux d’une alimentation trop riche en protéines animales.

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Les Etats-Unis carnivores
Graphique : Ag. St.

L’heure est donc venue, pour les carnivores invétérés, de reconsidérer sérieusement leur plat du jour en alternant riz complet, lentilles et cuisse de poulet... Un menu plus équilibré leur serait profitable, et profiterait d’ailleurs aussi à tous. Parce qu’à n’en pas douter, de ces pavés charolais quotidiens dépend l’avenir des futures générations. Au point que l’organisation onusienne ne dissimule plus ses préoccupations : « Le secteur agricole est le plus grand utilisateur et gestionnaire mondial de ressources naturelles et, comme toute activité de production, la production animale implique un coût environnemental. L’élevage est aussi souvent conjugué aux distorsions politiques et aux dysfonctionnements du marché, et par conséquent, il a sur l’environnement des conséquences qui sont souvent sans commune mesure avec son rôle dans l’économie. Par exemple, s’il représente moins de 2 % du PIB mondial, il est à l’origine de 18 % des gaz à effet de serre à l’échelle de la planète. » Voilà qui laisse songeur. « Le changement climatique représente une “boucle de rétroaction” spéciale, puisque la production animale contribue au problème en même temps qu’elle en subit les effets. Si des mesures adéquates ne sont pas prises pour améliorer la viabilité de l’élevage, les moyens d’existence de millions de personnes seront menacés. »

En d’autres termes, l’élevage intensif pervertit le génie des sociétés humaines en agissant négativement sur les équilibres naturels, sociaux, ruraux, environnementaux, économiques et sanitaires.

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Les grandes structures à l’honneur
Graphique : Ag. St.

Traditionnellement, on pratique l’élevage quand la nourriture pour le bétail est disponible sur place, souvent en complément d’une agriculture céréalière et maraîchère (système de production mixte). Les pâturages, naturels ou cultivés, font l’objet d’une attention permanente pour permettre la régénération de la prairie après le passage des ruminants. Ce qui implique leur déplacement constant pour éviter les piétinements, la destruction des plantes et la concentration des déjections qui affectent la qualité des sols et de l’eau.

Pour les animaux restés à l’étable, la nourriture provient des résidus de récoltes, des déchets de l’alimentation humaine, de fourrages enrichis de pois, de lupins et de féveroles. Les cochons fouinent sous les arbres à la recherche de fruits et de glands dont ils raffolent. Bucolique ? Il se trouve que les pratiques ancestrales ne sont pas complètement dénuées de sens, de science et d’efficacité. Il n’est pas question de revenir à l’agriculture de nos lointains ancêtres mais bien de développer une agriculture paysanne moderne fondée sur les savoir-faire traditionnels, régionaux et durables.

Les systèmes de production mixtes ne sont pas, par nature, ceux qu’affectionne l’industrie de la viande. La diversité impliquerait un processus beaucoup trop compliqué et donc coûteux. Donc, vive l’usine à viande formatée et les chaînes d’approvisionnement sans fin qu’un technicien actionne en appuyant sur des boutons depuis son bureau.

On distingue deux catégories de production animale industrielle : le pâturage, lequel concerne surtout les bovins, et l’exploitation hors-sol où sont concentrés porcs ou volailles dans des bâtiments en béton.

Les pâturages recouvrent 60 % des terres agricoles, le fourrage quant à lui occupe 35 % des terres arables. Au total, 78 % des terres agricoles sont ainsi dédiées au bétail et à son alimentation.

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L’essentiel des terres pour l’élevage
Illustration : Ag. St.

On cherche à minimiser les coûts en « rationalisant » toute la chaîne de production jusqu’à la distribution, abattage et transformation inclus : réduction de la main-d’œuvre, automatisation et programmation des tâches, standardisation des produits. Tout un manège mis en œuvre pour répondre aux diktats productivistes de l’« agrobusiness » et de la grande distribution.

On perd jusqu’à la notion d’animal : on fabrique des côtelettes comme on fabrique une voiture, à partir d’une matière première. La différence est qu’elle est vivante et souvent souffrante.

Sélection après sélection, les bêtes ont été « élaborées » par des instituts agronomes tels que l’Institut national de recherche agronomique (INRA) en France dans le but d’obtenir des hybrides qui se distinguent pour le développement rapide de leur masse musculaire et leurs performances reproductrices.

En contrepartie, les organes vitaux sont réduits au strict minimum et ne sont plus à même de remplir leurs fonctions originelles. Les animaux sont devenus hypersensibles aux maladies, d’où le recours fréquent aux médicaments, ce qui contribue au développement des bactéries résistantes aux antibiotiques dans le monde, un casse-tête pour les chercheurs avec de graves conséquences sur la santé publique [2]. Ces pratiques sélectives à outrance ont conduit à la quasi disparition des espèces naturelles et régionales.

Pâturages entre meurtres et déforestation

« L’augmentation des surfaces allouées à l’élevage contribue à la déforestation dans certains pays, alors que l’intensification de la production animale entraîne un surpâturage dans d’autres. En raison de la concentration géographique croissante de la production animale, la quantité de fumier produite par les animaux est souvent supérieure à la capacité d’absorption des sols. Le fumier devient ainsi un déchet au lieu d’être une précieuse ressource comme dans les systèmes moins concentrés de production mixte », explique encore la FAO.

A l’origine, les éleveurs menaient leur troupeau à travers des pâtures en accès libre en veillant à respecter le cycle naturel des herbages. Mais le morcellement des terres par la mise en culture et l’urbanisation a considérablement limité les possibilités de circulation des troupeaux alors que, simultanément, la demande en viande a augmenté. Les pâturages intensifs, dans certaines régions du monde, représentent une véritable catastrophe écologique qu’on aurait tort de sous-estimer.

Dans les régions sèches ou semi-arides, comme le Sahel ou l’Asie centrale, la densité trop élevée d’animaux a détruit le couvert végétal, provoquant l’érosion des sols et l’altération des cycles de l’eau [3].

C’est toutefois dans les pays industrialisés, Etats-Unis en tête, et en Amérique latine que les bouleversements agricoles ont été les plus radicaux. 90 % des prairies d’Amérique du Nord et 80 % du cerrado (savane) d’Amérique du Sud ont été urbanisés ou convertis en surfaces cultivées — en partie d’ailleurs pour la production d’agrocarburants, de fourrage et de céréales destinés à l’exportation.

Un des cas les plus préoccupants est celui du Brésil. Premier producteur et exportateur mondial de viande bovine et de cuir, le Brésil pèse à lui seul 30 % du marché mondial avec 2,2 millions de tonnes de viande exportées par an, principalement vers la Russie et l’Union européenne. Et Brasilia entend bien ne pas en rester là.

Une enquête menée par Greenpeace et publiée en 2009 montre que l’élevage bovin brésilien est responsable de 80 % de la déforestation de l’Amazonie. En dix ans, ce sont dix millions d’hectares de forêts qui sont parties en fumée pour laisser brouter deux cent millions de bovins, ce qui fait du géant sud-américain un des champions (le quatrième) d’émissions de gaz à effet de serre de la planète.

Dans son rapport, Grégoire Lejonc, chargé de campagne forêts de l’organisation non gouvernementale, peste contre l’attitude ambiguë du président de l’époque, « Lula », qui avait annoncé un plan d’action contre le changement climatique, lequel devait conduire le Brésil à réduire de 72 % le déboisement illégal d’ici 2018. « Or, ce rapport prouve clairement que 90 % de la déforestation annuelle en Amazonie est illégale tandis que des lois régularisant de facto des terres accaparées pour l’élevage ont été adoptées récemment. » Puis d’ajouter que « le gouvernement brésilien est l’un des principaux bailleurs de fonds et actionnaires du secteur de l’élevage en Amazonie, ce qui fait de lui un véritable promoteur de la déforestation amazonienne »…

En mai 2011, Le Monde se faisait l’écho d’un projet de réforme du code forestier approuvé par la Chambre des députés brésilienne, contre l’avis de l’actuelle présidente Dilma Rousseff, assouplissant les lois régissant la protection des forêts. Selon Jean-Pierre Langellier, « la réforme prévoit de ne plus obliger les “petits” agriculteurs à reboiser la réserve illégalement détruite » comme c’est le cas actuellement. « Plus de 90 % des propriétés rurales du pays ne respectent pas les quotas exigés par la loi ; 600 000 km2 de terres devraient être replantées et ne le sont pas. […] Les députés hostiles à la réforme accusent les grands exploitants de s’être cachés sous la bannière des “petits” pour défendre leurs intérêts ». Néanmoins, la présidente « rejette un élément capital du texte : “l’amnistie” des déboiseurs illégaux ». En conclusion, le journaliste nous rappelle que la bataille qui se joue en Amazonie s’avère d’une extrême violence pour les paysans écologistes et les peuples indigènes : « Le jour du vote, un militant écologiste, Joao Claudio Ribeiro da Silva, et sa femme ont été assassinés. Le couple avait reçu des menaces de mort d’éleveurs et de bûcherons. Ce double meurtre rappelle, après beaucoup d’autres, que les intérêts en jeu en Amazonie peuvent pousser certains jusqu’au crime. »

Interrogé sur ce sujet par l’Agence France-Presse (AFP), José Batista, avocat de la Commission Pastorale de la Terre (CPT), qui suit les conflits agraires en Amazonie indique que « la confiance accordée par les paysans aux autorités du Pará est limitée, en raison du “degré d’impunité” qui y règne. Au cours des quarante dernières années, il y a eu plus de 800 assassinats dans le Pará, la plupart commis par des tueurs à gages. Au total, nous avons réussi à faire un procès à seulement neuf présumés responsables et abouti à en faire condamner huit : mais aujourd’hui, il n’y en a qu’un en prison » [4].

Les entreprises d’intimidation dirigées par les gros exploitants ne ciblent pas exclusivement les paysans. L’ONG Survival dénonce depuis plus de quatre décennies le massacre des indiens vivant dans la forêt brésilienne : « Des peuples entiers sont menacés de disparition. Ainsi, il ne reste plus aujourd’hui que six survivants de la tribu Akuntsu du Brésil, les autres membres de leur groupe ayant été massacrés par des éleveurs. » Et ce n’est qu’un exemple.

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Quand le bétail mange la forêt...
Illustration : Agnès Stienne

L’élevage bovin n’est pas l’unique activité agricole à sacrifier d’immenses étendues de forêt sur l’autel du profit. La culture de soja en est une autre, tout aussi dévastatrice, dont la destination est l’estomac du bétail.

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Commerce de tourteaux de soja, de viande bovine, porcine et avicole
Cartographie : Ag. St.

Exploitation hors sol, pollutions et famines

« Le mot de tragédie est faible. Pour faire grandir plus vite nos veaux, vaches et cochons, l’industrie de l’élevage importe 80 % des protéines qui leur sont destinées. Essentiellement du soja venu d’Amérique latine. Lequel détruit à la racine l’Argentine, le Paraguay, le Brésil… » C’est sur ces mots que s’ouvre le chapitre cinq de Bidoche (Les liens qui libèrent, 2009), le livre de Fabrice Nicolino publié en 2009 sur l’industrie de la viande. Ses pages retracent l’histoire de l’élevage industriel, des firmes qui lui sont intrinsèquement liées telles InVivo ou Cargill, Sanders ou Guyomarc’h et de la « zootechnie ».

Selon le mouvement paysan Via Campesina, « la monoculture de soja occupe désormais un quart de toutes les terres agricoles du Paraguay et elles se sont développées au rythme de 320 000 hectares par an au Brésil depuis 1995. En Argentine, 5,6 millions d’hectares de terre non agricole ont été converties entre 1996 et 2006 pour produire du soja, pays où il occupe déjà la moitié des terres agricoles. Les effets dévastateurs de ces exploitations sur la population et sur l’environnement en Amérique latine sont bien documentés et reconnus par de multiples acteurs ».

Dans de sinistres hangars de béton, les animaux, croupissants par milliers, ingurgitent leurs rations quotidiennes d’aliments concentrés produits par de grosses sociétés agroalimentaires. 742 millions de tonnes de céréales ont été dévorées par les usines à viande en 2005. Qu’on ne s’y trompe pas : les céréales qui entrent dans la composition de cette pitance ne sont pas des résidus d’autres cultures. Elles sont semées, irriguées, traitées et récoltées tout spécialement pour engraisser le bétail.

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Que mange le bétail ?
Graphique : Ag. St.

En 2009, sur la quantité totale de blé, de maïs et d’orge produits dans le monde, près de 42 % ont été transformés en aliments concentrés pour bétail.

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Production céréalière pour le bétail et... pour le reste.
Graphique : Ag. St.

Lorsqu’on observe l’évolution des surfaces agricoles allouées aux principales céréales et au soja, on prend la réelle mesure des choses… Le riz, qui n’entre pas dans l’alimentation du bétail, stagne depuis une vingtaine d’années. Les rendements se sont améliorés mais tout de même, la démographie a connu parallèlement une progression sans précédent. La production de blé a fortement chuté avant de reprendre sa progression, sans pour autant revenir à son niveau de 1980. En progression constante, le soja (qui a presque doublé en vingt ans) et le maïs qui a dorénavant dépassé la production de riz.

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Surfaces cultivées
Graphique : Ag. St.

Le rapport entre viande et céréales est le suivant : il faut au moins sept kilos de céréales pour fournir un seul kilo de bœuf, quatre kilos pour un kilo de porc, deux kilos pour un kilo de poulet.

Les pressions croissantes qui s’exercent sur les ressources agricoles, ajoutées à l’action des spéculateurs, ont rendu plus vulnérables les plus pauvres. Dans son rapport de 2006, la FAO s’alarmait à propos de la Chine : « La production et les importations d’aliments pour le bétail sont en hausse. Les importations totales de produits alimentaires pour animaux ont rapidement augmenté et font craindre que la croissance du secteur de l’élevage en Chine ne se traduise par une flambée des prix et par des pénuries mondiales de céréales, comme cela a été souvent mentionné. » On connaît la suite, l’année 2008 a été celle des émeutes de la faim provoquées par la forte hausse des prix des matières premières sur le marché international.

Alors que la planète subissait les premiers soubresauts de la crise financière, ces tragédies auraient pu servir de leçon. Loin s’en faut. Malgré la baisse des coûts réels de la production des céréales, leurs prix de vente ne cessent d’augmenter. La Banque mondiale signalait dans un communiqué en février 2011 : « Les prix alimentaires mondiaux sont en train d’atteindre des niveaux dangereux, et constituent une menace pour des dizaines de millions de pauvres à travers le monde. Cette hausse des prix est déjà en train de faire basculer des millions de personnes dans la pauvreté et d’exercer des pressions sur les plus vulnérables, qui consacrent déjà plus de la moitié de leurs revenus à l’alimentation. »

Poison quotidien

Pour celui qui trouve pitance en abondance dans les pays riches, il est toutefois recommandé de regarder à deux fois ce qu’il y a dans l’assiette. Qui dit industrie de la viande dit industrie fourragère. Celle-ci adopte les principes de l’agriculture intensive à savoir l’utilisation tous azimuts de pesticides, d’herbicides, d’engrais chimiques et d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Cette mixture est ingérée par les bêtes avant de se retrouver dans les petits plats dont les consommateurs confiants se délectent (voir ou lire à ce sujet Notre poison quotidien de Marie-Monique Robin — Arte éditions / La Découverte, 2011, pour le livre, Arte éditions / Ina éditions pour le DVD). Et ce n’est pas tout… On y retrouve aussi des résidus de médicaments et de vitamines de synthèse.

En effet, les bêtes issues de la zootechnie sont anormalement faibles, et donc atteintes de pathologies diverses. Par ailleurs, la concentration des animaux est telle que la moindre infection décime l’ensemble du cheptel. Pour éviter à tout prix une hécatombe qui serait fatale pour l’exploitant, les antibiotiques sont distribués, non plus à titre curatif, mais à titre préventif.

Les descriptions qui sont faites des traitements infligés aux animaux dans ces blocs de béton, qu’ils soient porcs, veaux ou poulets, sont affreuses. Dans ces mouroirs, toutes les conditions sont réunies pour ouvrir la voie aux souches infectieuses transmissibles à l’homme. Maladie de la vache folle (encéphalopathie spongiforme bovine), grippe aviaire, grippe « porcine »…

Fabrice Nicolino rapporte le cas du Staphylococcus aureus résistant à la méticilline (SARM) ou « Staphylocoque doré », une bactérie mutante présente dans les porcheries industrielles d’Amérique du Nord et d’Europe et qui, selon lui, a eu raison de l’antibiotique qui la détruisait auparavant. Voici ce qu’il écrit : « En octobre 2007, une étude retentissante qui paraît dans la revue Veterinary Microbiology révèle des faits très graves. Menée dans vingt porcheries industrielles de l’Ontario (Canada), elle montre que le SARM est présent dans 45 % d’entre elles. Qu’un porc sur quatre est contaminé. Qu’un éleveur sur cinq l’est aussi. » Plus loin, il ajoute : « En Belgique, toujours en 2007, un autre travail commandé par le ministre de la Santé publique Rudy Demotte, indique que, dans près de 68 % des porcheries étudiées, une souche SARM est présente chez les animaux. Et cette même bactérie résistante est retrouvée chez 37,6 % des éleveurs de porcs et des membres de leur famille. Or, dans une population sans rapport avec l’industrie porcine, elle n’est que de 0,4 % ! » Il semble qu’aucune étude n’ait été réalisée en France ou aux Etats-Unis.

Autre source d’inquiétude : l’eau

Les quantités d’eau englouties par les cultures fourragères représentent 8 % de la consommation mondiale de l’eau, quantités auxquelles il faut ajouter l’abreuvage des bêtes et le nettoyage des bâtiments. C’est colossal. La FAO rapporte qu’au Botswana, la consommation directe d’eau pour l’élevage représente 23 % du total.

Dans les pays tempérés, c’est plutôt la qualité de l’eau qui inquiète. La Bretagne regroupe 60 % de la production nationale porcine (sur quatre départements, mais principalement concentrée dans les Côtes-d’Armor et le Finistère). Sans compter les vaches et les volailles. Beaucoup trop par rapport à ce que la région est en mesure de gérer. La pollution des sols, des eaux de source et du littoral sont aujourd’hui endémiques.

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Une porcherie, comment ça marche ?
Graphique : Ag. St.

Ils dévastent leurs terroirs, mais les éleveurs de porcs bretons portent leur regard ailleurs. Ils ont lancé à l’été 2011 un slogan pour redorer leur blason entaché de lisier : « il grogne, il pète, et pourtant… » Ils n’ont pas osé aller plus loin. Et pourtant. Quatorze millions de porcs (privés de paille) produits en 2010, ce sont des milliers de tonnes de lisier, un sulfureux cocktail d’azote et de phosphore, que les exploitants disséminent par épandage sur des sols plus que saturés. D’autres se contentent de déplacer le problème : en 2009, la petite entreprise Lemée en Côtes-d’Armor se félicite d’avoir ainsi exporté plus de 100 000 tonnes d’effluents de lisier, sans toutefois en préciser la destination…

Anabaena flosaquae, Aphanizomenon flosaquae, Microcystis aeruginosa et Plankthotrix agardhii… Joliment appelées « algues bleues », les cyanobactéries contaminent, année après année, les eaux des rivières bretonnes dont l’ingestion ou le contact provoque maux de tête, gastro-entérite, et des irritations cutanées et oculaires. Dans quelles conditions se développent-elles ? Lumière, température clémente, présence importante d’azote et de phosphore.

Ulva armoricana, ulve, salade de mer, laitue de mer, classe des chlorophycées, bref, l’ « algue verte ». Comment prolifère-t-elle ? Lumière, température clémente, excès d’azote et de phosphore. Echouée sur le rivage, elle se décompose très vite en dégageant un gaz toxique. En juillet 2009, une marée verte entraîne la mort d’un cheval sur une plage de Côtes-d’Armor. Son cavalier tombé dans le coma sera sauvé.

Deux ans plus tard, deux marcassins sont retrouvés morts sur une plage des Côtes-d’Armor envahie par les mêmes algues vertes. S’exprimant à ce sujet dans le journal Le Monde, Alain Menesguen, directeur de recherche à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) ne s’étonne qu’à moitié : « Bien avant 2009, il y avait de nombreux cas de chiens trouvés morts sur des plages. Officiellement, ce n’était jamais dû aux algues vertes. » Commentant les propos de Nicolas Sarkozy qui « refusait de désigner des coupables, de montrer du doigt les agriculteurs », et dénonçait « les intégristes de l’écologie » quelques jours avant l’incident : « C’est un discours un peu étonnant, parce qu’on pensait avoir enfin franchi un tournant en août 2009, lors de la visite du premier ministre, François Fillon, à Saint-Michel-en-Grève, après la mort d’un cheval. Pour la première fois, les services de l’Etat avaient alors reconnu officiellement que les nitrates agricoles étaient à l’origine des marées vertes. »

L’Etat français, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a empêché la tenue d’un débat public sur cette question. Il a plutôt soutenu ce mode d’élevage dévastateur au prétexte que la méthanisation débarrassait les campagnes du lisier et des algues vertes. L’association Eaux-et-Rivières de Bretagne fulmine : « Nicolas Sarkozy méconnaît un problème vieux de quarante ans, abuse l’opinion et rend un bien mauvais service à la protection du littoral. Ce n’est pas en industrialisant davantage l’élevage breton que l’on répondra aux enjeux environnementaux et sociaux-économiques majeurs qui se posent en Bretagne. »

La méthanisation des algues vertes ou du lisier, loin d’améliorer la situation, l’aggrave. Le procédé consiste à produire de l’énergie à partir de matières en décomposition. Problème : lisier et algues vertes contiennent énormément d’eau. Solution : ajouter des matières sèches telle la paille — dont on prive les animaux — et le maïs pour enclencher le processus, ce qui en soi est un non-sens. Résultat : les boues résiduelles sont en fait un concentré de nitrates. Pour rentabiliser le système, il faudrait… augmenter la quantité d’algues vertes et de lisier. Absurde.

Sources et références

— France Nature Environnement ;

— Les rapports de la FAO sur « La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture » : en 2009 « Le point sur l’élevage », et en 2006 « L’aide alimentaire pour la sécurité alimentaire ? » ;

— Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde de Fabrice Nicolino, éditions Les Liens qui Libèrent (LLL). Autour du livre, « Les ravages de l’industrie de la viande », par Jocelyne Porcher, Rue89, octobre 2009 ;

— Bovins et humains au Brésil en 2007, cartographie.

Sur les élevages porcins polonais gérés par la méga firme Smithfield, propriétaire entre autres des marques françaises Aoste, Justin Bridou et Cochonnou :

— Pig business ;

— « Smithfield Foods : Cruel to Pigs and Humans », par l’association américaine People for the Ethical Treatment of Animals (PETA) ;

— « Can Chicken Save the World ? », par Yelena Galstyan, The Daily Green, 18 juillet 2011.

Agnès Stienne est artiste, graphiste et illustratrice indépendante.

Notes

[1] FAO, La situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture – Le point sur l’élevage, (PDF), 2009.

[2] Tom Philpott, « What the USDA Doesn’t Want You to Know About Antibiotics and Factory Farms », Mother Jones, 29 juillet 2011.

[3] Lire Jared Diamond, Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006.

[4] Voir aussi « Le Brésil, puissance agricole ou environnementale ? » sur ce blog, et notamment la deuxième carte, « Assassiner pour s’approprier la terre ».

55 commentaires sur « Quand l’industrie de la viande dévore la planète »

  • permalien bwaje :
    21 juin 2012 @15h49   »

    Bravo pour cette étude très complète et l’infographie originale et percutante.

  • permalien drg :
    21 juin 2012 @16h29   « »

    Le bilan est sans appel, et il aurait été interessant de questionner encore plus les habitudes alimentaires occidentales défendues par des lobbys puissants : non l’homme n’a pas besoin de manger de la viande tous les jours pour être en bonne santé, non les portions actuelles ne sont pas adaptées ...
    Merci pour cet article bien documenté.

  • permalien Raph :
    21 juin 2012 @17h18   « »

    Vous dites :
    "La production animale (...) Fondé au tout début du XXe siècle aux Etats-Unis sur le modèle productiviste de l’industrie automobile, "

    Mais cela semble être l’inverse : (WIKIPEDIA)
    Vers 1870, le travail à la chaine est introduit aux abattoirs de Chicago et de Cincinati : « Les carcasses sont suspendues à des bennes reliées à un rail et passent d’un ouvrier à l’autre. Le déplacement automatique des bennnes oblige le travailleur à maintenir sa cadence de travail et à éliminer les gestes inutiles, augmentant de fait sa productivité. » Cet exemple sera copié par Henry Ford qui déclare dans sa biographie : « L’idée générale de la chaine m’est venue en regardant les bennes utilisées dans les abattoirs de Chicago pour parer les bœufs » "

    Bravo et merci pour votre article

  • permalien goffredo :
    21 juin 2012 @18h05   « »

    Merci Agnès et mondiplo, pour tous ces données assourdissants. Comment peut-on sympathiser avec les souffrances de nos frères humains, lorsque nous sommes assourdis par le bruit de la souffrance des animaux. Relisez le gratte-ciel de Horkheimer

  • permalien Claude GARRIER :
    21 juin 2012 @18h14   « »

    La disproportion entre la quantité de matière absorbée par un bovin et la quantité comestible, est bien connue. Ce qui n’est jamais publié, c’est que des peuples élèvent des milliers de têtes de bétail sans qu’un pour cent aille à l’abattoir ; ces animaux ne sont élevés que pour afficher la puissance de leur propriétaire. Ces bestiaux consomment des masses de fourrage et d’eau dans la discrétion la plus totale. L’auteur a vu au Sénégal une "forêt fantôme" à une trentaine de kilomètres de Bakel : le sol en est détruit par l’érosion éolienne. Les troncs noirs, morts, sur des dizaines d’hectares, ne sont que les tragiques restes de ce qui fut une forêt. A la saison sèche, des troupeaux de bovins, comptant chacun plus de 2000 têtes, traversent le fleuve. Les bouviers coupent les branchages feuillus pour l’alimentation de leurs bêtes. Retirant aux arbres leur organe respiratoire, les bouviers les tuent dans l’indifférence. Interrogé, le directeur-adjoint de l’élevage du Sénégal a répondu que s’il demandait aux gendarmes d’interdire l’entrée de ces bêtes, quitte à les abattre, ce serait la guerre entre le Mali et le Sénégal. Ainsi, pour éviter une guerre, le Sénégal accepte d’être progressivement désertisé par les Maliens.

  • permalien Véro :
    21 juin 2012 @18h28   « »

    Bonjour,
    J’habite la Chalosse dans le sud des Landes et depuis la tempête de 2009, j’ai remarqué que les élevages de volailles ont explosé, les bâtiments et les silos ont poussé comme du chiendent. J’ai moi-même quelques poules sans race, jusque là très rustiques, mais qui contractent des maladies jusqu’ici inconnues. La Lucilie bouchère (mouche africaine qui consomme les animaux vivants) tue mes poules depuis l’intensification de ces élevages, mais personne semble en connaître l’existence. J’achève et incinère tout animal contaminé, mais les poulaillers industriels sentent le cadavre... Et je trouve couleuvres, hirondeaux ou crapauds atteints.
    D’autre part les battues au "nuisibles" se sont multipliées et il est devenu illusoire de croiser un renard ou un blaireau. Les animaux plus petits (fouines, rapaces, corneilles...) sont abattus ou empoisonnés à tout moment de l’année.
    A quoi va ressembler la "nature" si nous continuons dans ce sens ?
    Il n’est pas nécessaire d’aller voir très loin pour constater les destructions engendrées par les élevages industriels.

  • permalien Végéta :
    21 juin 2012 @18h52   « »

    Bravo pour cet article, beaucoup de choses que l’on savait déjà, mais c’est bien de les voir reconfirmer, avec de bons arguments, exemples, et illustrations à l’appui...

  • permalien Olivier :
    21 juin 2012 @19h57   « »

    Bravo pour cet article très instructif.
    En revanche, pourquoi n’est-il pas possible de le faire "partager" sur sa page Facebook par exemple, comme c’est le cas un peu partout ?

    Ce serait un bon moyen de délivrer le message à un plus grand nombre et ferait par ailleurs de la pub pour les meilleurs articles du Monde diplomatique...

    Dommage. Encore une occasion ratée...

  • permalien berrald :
    21 juin 2012 @21h19   « »

    @Olivier :
    Il suffit de copier l’adresse de la page qui se trouve en haut de la fenêtre de votre navigateur (http://blog.mondediplo.net/spip.php...) et de la coller sur votre page Facebook (ou autre)… Et voilà, c’est partagé !

  • permalien Croa :
    21 juin 2012 @22h52   « »

    Et ça ne va pas en s’arrangeant !

    Bientôt même la production de lait se fera aussi ainsi (sauf réaction des gens) !
    C’est ainsi que dans la Somme une exploitation industrielle de ce type est en projet. Pour en savoir plus :
    http://www.l214.com/

  • permalien Keeryan O’Cankly :
    22 juin 2012 @00h46   « »

    Ce bel article me fait revenir en mémoire ces quelques vers chantés par Guy Béart :

    "Vers Cassiopée, vers Aldébaran
    Nous avons bu mille lampées
    Les soldats errants, les hommes en rang
    Dans l’espace, vont porter l’épée."

    A quoi bon tant se préoccuper d’une petite planète mourante lorsque des milliards d’autres sont à conquérir ?

  • permalien le Gouverneur :
    22 juin 2012 @06h56   « »

    Et si pour une fois on parlais avec autant de détail de l’impact de l’industrie du journalisme sur l’écosysthéme,le mental des populations occidentales et surtout l’ordre du jour de ses sujets et leurs éfficacités dans nos quotidiens, et, au moins pour commencer à cours terme,disons depuis les années 1960/70 date qui n’est pas choisi au hasard vous le constaterez dés lors que vous souhaiteriez toujours de vous occuper de nos quotiens et de l’avenir de la planéte.Evitez moi les généralités please.Toutefois,pour conclure, je n’attend pas non plus de vous aussi un méssage ou une réponse dans ma boite mail devotre part.Vous connaissez la raison n’est ce pas ? Cordialement. Le Roi des cons.(N’est ce pas.)

  • permalien jpland :
    22 juin 2012 @07h26   « »

    Connait on le rapport : développement élevages,cultures industrielles/créations d’emplois ?

  • permalien Yvan :
    22 juin 2012 @08h59   « »

    Dès 1974 des "solutions" se profilaient.

  • permalien Maxime :
    22 juin 2012 @10h23   « »
    viande = meurtre

    Et pour couronner le tout, rappelons que nous consommons de la viande par habitude, par commodité et par goût, en aucun cas par nécessité !

  • permalien Ali bin fodel :
    22 juin 2012 @11h02   « »

    Très bon article. Vivement l’entomophagie.

  • permalien MAEREVOET Jean-Louis :
    22 juin 2012 @11h10   « »

    Bravo,
    Il faut parler de ce qui dérange

    MAIS !!!!!!!!!!!!!!

    Les chiffres de la FAO de 2009 bien que très indicatifs, ne font pas encore apparaître l’utilisation abusive des rares terres arables des pays du sud par les dévoreurs de cultures intensives destinées à l’agrocarburant. Ces 20 derniers mois semblent faire basculer l’équilibre de manière encore plus dramatique que les prévisions les plus pessimistes......

    Mais effectivement, la viande constitue un très sérieux problème aussi.

    JLM

  • permalien ecolo :
    22 juin 2012 @13h41   « »

    La mer renferme 80% des etres vivants sur la planète et seulement 20% sur la terre ferme(source documentaire).
    Malgré les maladies les guerres la pratique de l’avortement la famine les projections des nations unies disent qu’en 2050 la terre accueillera 9 milliars de personnes et certains craignent une surpopulation. D’autres organisations elles brandissent la menace d’une diminution des ressources halieutiques et prônent une utilisation durable des ressources de la mer pour que nous ne soyons pas un jour en manque de poisson. Je dis que nous devrions par la même occaz contrôler notre respiration pour ne pas un jour manquer d’air . Si on fait le rapport on conclue direct que l’humanité peinerait à se nourrir. Ce qu’il y a comme réserve dans la mer nous ne pourrons jamais l’appréhender correct. C’est trop stupide donc que de vouloir faire croire que c’est parce que certains mangent beaucoup que d’autres mangent pas, que si notre nombre augmente nous n’aurons pas suffisamment de ressources pour nous nourrir tous. Le temps n’est-il pas venu pour nous humain de savoir que notre savoir est très limité, que nous n’avons aucune maîtrise de cette nature que nous devons juste traiter avec respect et exploiter avec raison. Celui qui ne se rationalise pas son malheur retombera sur lui seul(obésité) et pour ceux qui n’ont pas quoi manger, il faut déployer la même ardeur que celle déployée pour fabriquer et transporter des armes pour leur faciliter l’accès aux ressources.

    Tous ces êtres sont mis à notre disposition .Certains servent de montures, d’autres de nourriture. On ne peut pas donc reprocher aux hommes de les utiliser au besoin. Seulement, il ne faudrait pas aussi que nous nous comportions comme des fauteurs de troubles sur terre. Certes, par la pensée et l’action nous devons œuvrer pour un meilleur monde, cependant, nous ne devons jamais oublier que la pérennité et la sauvegarde de toute chose n’incombe qu’ AU CRÉATEUR.

  • permalien Quel art Pierre :
    22 juin 2012 @19h40   « »

    Je suis devenu abstinent de viande (avec quelques exception pour ne pas virer radical soit moins d’un kilo de viande animale par an) et peut être bientôt de chair de poisson (depuis que j’ai appris que les filets de poissons passaient dans différents bain pour la conservation, la bonne couleur etc ) pour toutes ces raisons que vous exposez dans votre article !!!
    C’est la seule manière que j’ai trouvé pour gagner en cohérence.
    Merci d’éclairer celles et ceux qui ne savent pas encore combien cette industrie pèsent sur tout ces systèmes, et pour celles et ceux qui souhaitent encore plus d’exhaustivité je vous invite à sortir des sentiers battus !!! Bonne randonné sur le web avec vos chos’(es) sures rando, allez y à poil soit sans certitudes ni croyance ni représentation et alors !!!
    Allez quelques pistes pour avancer step by step
    Voir où revoir : Nos enfants nous accuserons
    Solutions globales pour un désordre local

    Lire l’indispensable : Nous redeviendrons paysans, Philippe Desbrosses,Edition du Rocher en 1988
    " Tout ce qui est vivant ne peut se maintenir que dans un étroite plage d’entropie, dont la température nous donne souvent une perception mesurable. Trop , cela ne fonctionne pas, trop peu non plus. Le contrôle est là pour maintenir le fragile équilibre. Ce contrôle est important pour toute les formes de liberté et d’accomplissement. Depuis l’acquisition de nos nécessaires connaissances jusqu’à nos plaisirs et à la réalisation de nos espérances.
    Un des domaines où une assez grande anarchie règne depuis un demi-siècle, surtout à cause des médias, est celui de notre alimentation. Si nous sommes adaptatifs, plus que d’autres espèces vivantes, cette adaptations n’est pas sans limites, loin de là. Le contrôle doit s’exercer dans la variété. Nous devons apprendre à mieux nous nourrir, à mieux connaître nos aliments et leurs préparations. ...........
    je souhaite que ce passage de la page 230 de mon édition vous donne envie d’aller plus avant encore ....

    Un peu d’ethnologie des média avec la lecture certes très partisane du journal "La décroissante" toujours et encore sans compromission, très sourcé et d’une eau plus pure que l’on ne pense où panse ....

    Et puis l’action avec celui qui sont les vrais "papes vivants" de "l’écologie, mot valise mais .. soit la recherche action du social appliquée j’ai nommé Brigitte et Patrick Baronnet

  • permalien rcaron :
    22 juin 2012 @20h37   « »

    Magnifique texte, magnifique outil...

    Mais l’inforgraphie "Commerce de tourteaux de soja, de viande bovine, porcine et avicole" n’est pas très lisible... Possible de l’avoir en plus grand ?

    Un grand merci

  • permalien nad :
    22 juin 2012 @22h02   « »

    Excellent article que tout le monde devrait lire car très peu de gens connaissent les dégâts causés par l’élevage industriel des animaux, outre sa cruauté.
    Au niveau de chacun au quotidien, on doit réduire notre consommation de produits animaux (viande, lait, oeufs,...)
    On devrait sensibiliser également nos enfants, créer une matière écologie-environnement-planète dans les programmes scolaires et présenter sans oeillères les dégâts causés par nos excès alimentaires, entre autres, afin de les préparer à leurs responsabilités face à la planète.

  • permalien ISISRET :
    22 juin 2012 @23h20   « »

    Bon article. Dommage que l’infographie soit illisible.

    Ceux qui veulent approfondir la question pourront se tourner vers mon e-book publié pour la première fois en septembre 2010 et régulièrement mis à jour.
    Le titre : Être végétarien, le bon choix ?

    Téléchargeable gratuitement sur www.vegetari1.net

  • permalien L’équipe du Monde diplomatique :
    23 juin 2012 @00h11   « »

    @rcaron et ISISRET

    Pour consulter plus facilement l’infographie, vous pouvez ouvrir les images dans un autre onglet (par exemple avec Firefox : clic droit sur l’image et "Ouvrir le lien dans un nouvel onglet").

    Une fois l’image ouverte, vous pouvez également utiliser le zoom de votre navigateur.

  • permalien Deadboat Inthewind :
    23 juin 2012 @01h24   « »

    Excellent Articles et c’est du très bon travailles !

    Je partage sur mon facebook et j’éspere que plusieurs d’entre eux seront vraiment touché et qui deviendront peut-etre Végétariens ou Végétaliens.

    L’heure est tellement grave qu’il faut changer notre manière de nourrir.

    On devrait prendre l’exemple sur l’inde.

    Merci encore et je vous soutiens.

  • permalien cedricn :
    23 juin 2012 @10h07   « »

    Excellent article, particulierement révelateur de l’inconscience de l’être humain...

  • permalien Sqoia :
    23 juin 2012 @11h52   « »

    Bonjour,

    Cet article est-il paru ou à paraître dans Le Monde Diplomatique papier ?

    Merci

  • permalien iota368 :
    23 juin 2012 @12h38   « »

    Excellent article, très complet, concis et précis. J’en profite pour féliciter de tout coeur les cartographes, des sites et des revues, pour leur travail extraordinaire, dans certains cas du vrai art (dernier numéro sur la Chine par exemple).
    Un géographe-cartographe agrégé...

  • permalien
    23 juin 2012 @12h42   « »

    @Sqoia non, ce billet n’est pas prévu pour l’édition papier

  • permalien Hervé :
    23 juin 2012 @13h39   « »

    Bonjour,

    Félicitation pour cet article fort illustré et documenté. L’homme saura-t-il s’adapter à lui même ?

    Pour compléter les commentaires : s’il relève de notre responsabilité d’être vigilant sur la part que la viande animale représente dans notre consommation alimentaire, nous nous devons aussi de profiter de l’existence d’un nombre important de labels sous contrôle de l’État qui améliorent sensiblement les impacts sociaux et environnementaux de notre alimentation. L’agriculture bio comme différentes AOC garantissent un lien au sol de l’élevage par exemple.

    Bonne journée à tous.

  • permalien Tamara :
    23 juin 2012 @19h07   « »
    graphique

    Merci pour cet excellent article !

    Le graphique "Commerce de tourteaux de soja, de viande bovine, porcine et avicole" a l’air extrêmement intéressant, mais est malheureusement illisible, trop petit. Est-ce que ce serait possible d’avoir une version plus grande ?

    Merci d’avance

  • permalien Clémence :
    23 juin 2012 @19h14   « »

    Bonjour,
    Voici un article très bien documenté et très intéressant.
    Il ne peut pas laisser insensible et permet de se remettre en question sur ses habitudes alimentaires et sur leurs conséquences pour la planète et les êtres vivants.
    Merci pour cette prise de conscience.

  • permalien Agnès Stienne :
    23 juin 2012 @19h26   « »

    à propos de la figure "Commerce de tourteaux de soja, de viande bovine, porcine et avicole" nous allons remédier au plus à ce petit inconvénient (c’est week-end). Avec toutes mes excuses. Et grand merci pour tous vos commentaires très sympathiques et encourageants.

  • permalien Galgo :
    23 juin 2012 @20h28   « »
    Massacre en Espagne

    Oui vraiment trés bon article.
    C’est aussi sans compter avec la souffrance animale jusqu’à l’ abattage...
    Mais même le meilleur ami de l’ homme subit des cruautés que l’ on pensait d’ un autre âge, en Espagne par exemple avec le massacre des Galgos : les chiens sont purement et simplement pendus -" La tradition veut que les galgos soient pendus, les pattes arrières touchants à peine le sol pour que l’agonie soit plus longue." - Attention images difficiles

    http://www.levriers-du-sud.org/site...

  • permalien Daneel Olivaw :
    24 juin 2012 @12h41   « »

    Que voilà un bon article, auquel je ferais maintenant référence...
    J’ai souvent consacré mes propres articles à ce sujet sur mon blog "2013 Continuum"...
    Notamment :
    - "L’AGNVS ET LE VRAI DÉFI ÉCOLOGIQUE !..."
    (http://2013-continuum.blogspot.fr/2...)

    MEILLEURES PENSÉES...

  • permalien skimmington :
    24 juin 2012 @14h44   « »

    Bonjour,

    Excellent article comme d’habitude du Monde Diplomatique, il est temps que le genre humain se rend compte qu’il est entrain de dévorer les ressources, que ces ressources sont certes renouvelables mais pas inépuisables. Si vous respectez les animaux alors ne les manger pas.

  • permalien Charles Burow :
    24 juin 2012 @15h52   « »

    "Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l’argent ne se mange pas."

  • permalien corinne :
    24 juin 2012 @21h59   « »

    Qui sait combien de tonnes de viande les animaux de compagnie devorent par année

    Aux USA, 1 pers sur 2 est proprio d au moins un animal de compagnie.. cela fait plus de 175 millions et en France..Angleterre..

  • permalien Ukko El’Hob :
    24 juin 2012 @22h17   « »

    An attempt to make good use of your article. Thanks, Martin

    http://ukkoelhob.blogspot.be/2012/0...

  • permalien Françoise C. :
    26 juin 2012 @22h12   « »

    Un bon article qui ravive ce que je lis depuis les années 70. Ce qui me laisse triste et songeuse, c’est que des spécialistes et des journalistes avisés décrivent ce problème depuis 40 ans. Des solutions sont proposées qui, normalement, devraient être prises dans les plus brefs délais. Alors, comme pour tous les autres problèmes de la planète, comment se fait-il que les décisions politiques vont toujours en sens inverse du bon sens et du bien commun ? Comment se fait-il que la population elle-même ne s’avise pas de s’informer et de changer ses habitudes alimentaires... pour son bien et le bien commun ?

  • permalien gosselent :
    30 juin 2012 @04h22   « »
    la viande, première culture

    Avant d’en dire encore plus de mal, on peut rappeler que la chasse - donc la viande - est la première culture humaine. Lascaux.
    C’est beaucoup, ça forge une sacrée habitude (et vice versa).

    Les habitudes, c’est aussi fait pour en changer.

    La goutte redevient une maladie répandue en Amérique du Nord.
    Les animaux nourris aux hormones de croissance donnent une viande qui parait adulte mais qui est physiologiquement jeune et riche en composés qui favorisent la goutte - l’accumulation douloureuse de cristaux d’acide urique dans les articulations.

    Pour les mangeurs de viande modérés qui échapperont à la goutte, l’acide urique pourrait aussi élever le pH urinaire, et faire précipiter des oxalates dans les reins (des oxalates de calcium - l’acide oxalique est présent dans de nombreux aliments, et les oxalates précipitent en milieu acide).
    Les oxalates cristallisent en petits graviers (dits calculs) cause de coliques néphrétiques très douloureuses elles aussi, voire d’insuffisance rénale si les graviers s’agrègent en concrétions.

    Un médicament - l’allopurinol - permet d’aider l’élimination de l’acide urique, mais cette pastille est aussi un des grands pourvoyeurs de la Maladie de Lyell : en fin de compte, un régime sans viande est plutôt plus sain. Surtout quand la médication est prescrite à vie (pour pouvoir continuer à manger de la viande).

    Ça n’est pas un choix socialement anodin : ne plus manger de viande en Amérique du Nord signifie se priver du lien social indispensable qu’est le barbecue, une vraie religion au sens propre comme au sens figuré.

    Ne plus manger de viande signifie se renseigner sur les façons de manger du soja, notamment sous la forme de tofu. C’est moins facile à faire cuire qu’un hamburger. Par contre, cru et passé au mixer avec eau ou lait, ça fait une bonne base pour des boissons au chocolat ou aux fruits (sans cuire), ou bien des soupes (on fait cuire), etc. qui nourrissent bien.

    Tout ça, je suis bien d’’accord, ça ne remplacera jamais une bonne tête de veau ravigote, ou un ris de veau, ou des rognons, mais là, les abats, c’est du concentré d’acide urique, alors même si le tofu ne remplace pas des abats bien cuisinés, un rein non plus ça ne se remplace pas facilement (ou bien alors il va être prélevé dans des conditions douteuses, ou vendu contre un iPad, etc. finalement le tofu reste quand même plus sain, même au plan éthique).

  • permalien gosselent :
    30 juin 2012 @04h29   « »
    The Meatrix

    Oups, j’allais oublier un classique...

    http://www.themeatrix.com/

  • permalien Didier Barthès :
    1er juillet 2012 @20h59   « »
    Et la question démographique ?

    Certes tout ceci est vrai mais...
    Bien sûr, arrêter de manger de la viande par respect pour les animaux à qui nous imposons des conditions de vie et d’abattage monstrueuses est respectable et doit être encouragé.
    Bien sûr, arrêter de manger de la viande par choix diététique est respectable.
    Mais par contre, arrêter de manger de la viande pour limiter les prélèvements sur la nature me pose problème, en effet ce n’est qu’une façon parmi d’autres de nous permettre d’être à toute force plus nombreux.
    Et si nous acceptions la viande (sauf pour les deux raisons indiquées ci dessus) mais que nous acceptions d’être moins nombreux ?
    Car, attention au chemin que nous sommes en train de prendre : Nous allons peu à peu supprimer tous nos luxes et tous nos conforts au profit du seul droit au nombre.
    Quand nous serons 10 ou 12 milliards sur la planète, tous pauvres, tous végétariens, avec un droit réduit aux voyage et à l’habitat, serons nous plus heureux ? Je ne pense pas. Nous aurons en plus réduits les espaces sauvages à preque rien (voire à rien tout court).
    Ne serait-il pas plus raisonnable d’accorder aux hommes un peu plus de confort et de leur demander de se reproduire un peu moins ? Ceci nous permettrait aussi de mieux protéger la nature.
    Après tout, les effectifs que nous connaissons aujourd’hui sont tout récents, l’essentiel de son histoire l’humanité était beaucoup beaucoup moins nombreuse (35 fois moins à l’époque de Jésus Christ). Nous en portions-nous moins bien ? Etions-nous moins humains ? Je ne crois pas.

  • permalien shazzam :
    1er juillet 2012 @21h27   « »
    D’une viande à l’autre...

    @ Didier Barthès

    La réduction du cheptel humain au profit du cheptel bovin est une proposition que vous présentez de manière intéressante.

    Pour l’instant, c’est la Chine qui s’y est attelée le plus concrètement, d’une part en défendant la pilule abortive RU486 contre les évangélistes américains et le Vatican, et d’autre part en rendant dissuasif le second enfant.
    La seconde de ces deux options a engendré un grave déficit de naissances en fille.

    Ceci devrait nous alerter sur le fait que la gestion de la population humaine est plus délicate que celle du cheptel bovin. Les motivations des deux espèces à se reproduire sont sensiblement différentes.

    Par conséquent, nous devrions commencer par ce que nous savons faire : gérer la population de bovins est finalement beaucoup plus simple que gérer la population humaine.

  • permalien Didier Barthès :
    1er juillet 2012 @22h04   « »
    Oui, c’est vrai, réguler nos effectifs est difficile.

    Cela je dois l’admettre, réguler les effectifs de bovins est plus facile que réguler les effectifs humains, vous avez raison. Mais cela serait faire preuve d’un certain bon sens de s’interroger sur notre nombre et de s’engager vers une décroissance de nos effectifs. Pas une décroissance brutale (qui impliquerait des drames) mais une décroissance sur quelques générations qui permettrait à terme à l’humanité d’être plus en harmonie avec sa planète. Une décroissance dont bien sûr le seul outil serait la baisse de la fécondité (je me permets de le préciser, car dès qu’on dit souhaiter une baisse démographique, on vous soupçonne de vouloir tuer les gens tant la caricature des opinions opposées est plus facile qu’une réponse argumentée).
    N’oublions pas une chose : Si nous voulons que beaucoup d’êtres humains profitent de la vie sur Terre, il faut d’abord (c’est une condition sine qua non) que l’humanité dure et pour cela aller vers une modestie démographique ne serait peut-être pas une si mauvaise voie.
    Ces idées sont défendues par assez peu de mouvements, en France à ma connaissance seule l’association Démographie Responsable ose les mettre sur la place publique.

  • permalien shazzam :
    2 juillet 2012 @03h55   « »

    @Didier Barthès

    Une décroissance dont bien sûr le seul outil serait la baisse de la fécondité

    La Chine pratique la baisse de fécondité explicite, et ça génère des drames, pas seulement celui du féminicide, mais aussi celui de millions de chinois qui devront rester célibataires.

    L’Allemagne, le Japon, l’Italie, l’Espagne, pratiquent la baisse de fécondité implicite. Ça crée des sociétés où retraites et vieillesse pèsent sur les plus jeunes. L’Allemagne ouvre ses portes à l’immigration, le Japon préfère l’automatisation. Je suis d’accord avec vous que ces deux démarches sont respectables.
    J’imagine que vous et Démographie Responsable proposez l’arrêt de la politique nataliste française ? Fin des réductions pour les familles nombreuses, etc. ?

  • permalien Dr. Tushar Mehta :
    9 juillet 2012 @22h42   « »

    Dear Friends,

    Bravo and congratulations for such an elegant depiction of this destructive force to the planet.

    If you have the time and energy, then an english translation of this article could double the impact. I would love to promote both English and French versions of this article.

    I also suggest the following movie which is free online. There is a French version narrated by the famous Canadian Georges Laraque also.

    http://earthlings.com/

    Merci !

  • permalien
    1er août 2012 @05h02   « »
    merci

    Alors que mes copines me trouvent rabas-joie et croient que je ne mange ( et ma famille) que des carottes, je me dis que j’ai raison au quotidien, merci pour ton article

  • permalien valérie Labarre :
    17 août 2012 @20h05   « »

    Tout petit boulot facile à faire : dire à son médecin qu’on apprécierait qu’il retire de sa salle d’attente les prospectus des lobbies de la viande industrielles....(où on "explique" aux mamans que leurs enfants doivent manger de la viande tous les jours, etc).
    Les médecins sont souvent aussi débordés que confiants : ils ne lisent pas ;)
    A dire avec le sourire donc :)

  • permalien Yann Kervennic :
    30 septembre 2012 @03h26   « »

    Actuellement l’industrie de la viande en prend plein la tronche. Certes elle le merite, mais pas plus ni moins que l’agriculture industriel en general. Il est faux de pretendre que la viande soit le centre du probleme, elle n’en est qu’un symptome.

    Le probleme, ce ce qui nous concerne c’est principalement la monoculture, les bovins bresiliens en paturage n’arriavant pas dans l’assiette des francais.

    En effet, ce n’est pas la viande qui a determine l’extension de la monoculture mais la necessite de trouver des debouches a cette pratique agricole industrielle qui permettait d’obtenir de fort rendements en calorie et de "rationaliser la production".

    Ce sont les exces de la production de cereal qui ont donne naissance aux feed lots, pas les feeds lots qui ont posse a l’extension. Aujourd’hui, c’est un creneaux sature et moins profitable que les bio carburants. La production de mais subventionne doit trouver des debouches les plus rentables possible et part principalement en bio carburant aux etats unis (ce que l’article minimise tres malhonnetement).

    Ensuite il y’a des approximations medicales :

    La viande n’est pas la cause de l’obesite mais plutot les produit riche en glucide. De meme que le diabete et la plupart des maladies degeneratives lies a notre alimentation (on commence a parler d’alzheimer comme un type de diabete, voir new scientist et l’article de Monbiot dans le guardian).

    Sinon comment expliquer que le regime LCHF (low carb high fat) soit le regime le plus efficace pour perdre du poid de facon durable et qu’il permet une diminution de la resistance a l’insulline ?

    Voir le reportage d’arte la verite sur les graisse, avec l’interview de Gary Taub. Depuis de nombreuses etudes ont confirme cette remise en cause, a tel point que les autorites suedoises ont reintegre certains docteurs radie pour avoir soutenu ce regime et on reevalue les RDI en graisse. D’apres science et vie, une telle reforme est en preparation en france.

    Ensuite pretendre que notre conssommation en viande est inedite dans l’histoire est faux. La conssommation de viande a baisse dans toutes les couches social en occident lors du passage a l’agriculture et l’explosion demographique qui a suivi, et a parfois ete tres faible mais surtout tres inegalitaire entre paysans et nobles. Cela se voit sur les ossements des cadavres.

    Il suffit de voir combien de viande et de poisson devorent les sami qui pratiquent encore l’elevage, tout en ayant de tres bons marqueurs biologique pour voir que tout le laius medical presente n’est qu’un laius et que la science n’a certainement pas tranche dans le sens de l’auteur.

    Le probleme c’est qu’il y’a viande et viande. Une viande nourrie au grains a de mauvaises graisses (omega 6), et les animaux des feed lots ont une faible esperance de vie compare aux broutards.
    On ne peut donc pas parler de la viande en general pour evaluer les impacts sanitaires. Ce qui rejoint la critque de l’agriculture industrielle.

  • permalien Yann Kervennic :
    30 septembre 2012 @03h31   « »

    Pour ceux qui ne veulent pas se limiter au point de vue de Paul Mc Cartney et Nicolino, je recommande vivement la lecture de l’excellent livre de Lierre Keith, The vegetarian myth.
    Tout y est aborde, l’ethique, l’economie, le medical et lepoint de vue ecologique et historique.

    Ensuite serait il possible de pouvoir repondre a cet article de facon exhaustive ou d’initier un debat sur le sujet ?

  • permalien Michael :
    15 octobre 2012 @17h47   « »

    Il faut trouver des équilibres de proximité. Dans le passé, l’absence des transports nous poussait à rationaliser. Aujourd’hui il faut s’y forcer ! J’ai lu un autre article sur le biogaz, c’est ce type de rationalisation qu’il faut réussir !

  • permalien prophy :
    11 février 2013 @14h41   « »

    "L’homme s’auto-detruira" etc... Je ne suis pas d’accord. Une bonne partie de l’humanité est ou serait tout à fait d’accord avec les conclusions de cet article. C’est un peu facile de mettre tout le monde dans le même panier. Ce sont des hommes (surement quelques femmes) responsables, suffisamment respectables pour accéder à de hautes fonctions de la société, qui décident pour leur intérêt personnel au mépris des générations futures.
    Comment les faire agir en fonction de l’intérêt général ? Là est l’enjeu de civilisation actuel.

  • permalien venturii :
    13 février 2013 @00h58   « »
    On ne s’en lasse pas...

    Un petit bijou d’infograpĥie contre l’élevage industriel inspiré de The Matrix.
    http://www.themeatrix.com/

  • permalien camillou :
    16 janvier @17h43   « »

    pour voir les photos en grand : cliquer dessus puis cliquez droit dessus et mettre afficher l’image

  • permalien Lysemna :
    24 janvier @01h54   «

    Bonjour,

    Je me suis permise d’utiliser l’un de vos graphique dans un article sur l’élevage intensif. J’ai bien évidement mis un lien vers le votre.
    Voici le lien si cela vous intéresse : http://blogdunegeekette.blogspot.fr...

    Cordialement,
    Lysemna

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